02 octobre 2017

Identité

Peut-être qu’on se surprend sur mon silence sur ce qui se passe en Espagne. En Catalogne. Peut-être pas… Vous vous en foutez sûrement. Enfin...

J’allais dire : sur ce qui se passe dans mon pays. Car l’Espagne est mon pays. Ainsi que le sont la Catalogne et le Québec.192g_Peratallada_26mai

En effet, je n’ai rien dit. Je n’ai pas partagé d’articles. Je n’ai rien dit de mon indignation et je n’ai pas partagé mon opinion.

Vous savez, je suis présentement en larmes. À cause de ce qui se passe. C’est inimaginable. C’est terrible. C’est fou ce qui se passe dans un pays démocratique. Ce n’est pas unique… malheureusement.

Le gouvernement d’Espagne se trompe. Le droit de vote, le droit à l’autodétermination est vital. Ce n’est pas optionnel. Il fallait laisser les catalans décider. Pour ou Contre. Le droit de voter n’est pas une option. Même si ce n’est pas constitutionnel. C’était une erreur du gouvernement espagnol.

Mais. Mais. Je suis espagnole, vous savez. Ma famille a quitté l’Andalousie au milieu du XXe siècle pour adopter Barcelone comme terre d’accueil. Ils aiment la Catalogne. Un père, des grands-parents, des oncles, des tantes. Ils y ont vécu ou ils y vivent présentement. Des cousins, des petits- cousins, des petits-petits cousins y sont nés. Ils parlent catalans. Certains sont pour l’indépendance. D’autres non. Mais tous, aiment leur terre d’accueil ET leurs racines andalouses. Un n’empêche pas l’autre.

On oublie que tous les catalans (d’origine ou d’adoption) ne sont pas indépendantistes. Et que tous les espagnols ne sont pas contre l’auto-détermination.

J’ai visité l’Espagne. J’aime Barcelona, Madrid, Sevilla, Santiago de Compostela, Bilbao, Girona, Toledo, Málaga, Vic, Calafell, Tarragona, Valencia, Zaragoza, San Sebastian, Pamplona, Peratallada, Rupit, Alicante, Logroño, Soria, Nerja, … C’est mon pays. Je l’aime. J’ai un faible pour la Costa brava et pour la région de Soria, je l’avoue. Mon époux a vécu 4 mois à Madrid. Il adore cette ville et ses habitants. Moi, moins… mais on s’accorde pour Peratallada, Beget et les villages blancs des Alpujarras

J’ai vécu près de 7 ans à Barcelone. Ma famille vit dans les environs de cette ville extraordinaire que je considère encore mon chez moi autant que Montréal et Pointe-Claire. Quand l’avion approche de la ville, mon cœur se serre. J’arrive chez moi. Je me suis fait des amis et des connaissances merveilleuses… Joaquim, Núria, Alberto, Carles, Rosa, … Ces gens si ouverts et accueillants.

Mais je n’oublie pas aussi tous ces gens – oui, ces catalans - si fermés, arrogants, intransigeants, que j’ai rencontrés lors de ces années. Ces regards méprisants et ces mots que l’on m’a dit. Je m’en souviens. Je ne peux les oublier. C’est une chose d’être un visiteur, un conférencier, un touriste en Catalogne. C’est autre chose que d’y être un résident étranger. Car oui, j’étais et je suis, une étrangère. Même en ayant ma citoyenneté espagnole. Je n’étais pas une catalane. C’est une chose de voir la région pendant quelques jours et une autre d’y vivre et de venir d’ailleurs. Car bien que j’aie parfois vécu l’accueil chaleureux des gens dans certains endroits, j’ai aussi vécu la fermeture complète à l’étranger – touristes ou pas – dans d’autres endroits. Plus qu’une fermeture, un rejet et un dédain total.

C’est évident pour moi que le gouvernement espagnol se trompe. Il devait laisser aux catalans le droit de tenir ce référendum. De faire leur choix. Mais le gouvernement catalan se trompe aussi s’il déclare l’indépendance après ce vote… tant de gens n’ont pas osé se rendre aux urnes. Beaucoup ont eu peur de la répression policière ou n’ont pas voulu affronter la loi espagnole. D’autres ont voté uniquement pour montrer leur opposition à cette interdiction. D’autres s’en foutent complètement et n’ont pas ressenti le besoin d’aller voter. Car oui, les images sont une chose, la vie quotidienne une autre.

Ce qui se passe présentement dans mon pays est horrible. Les affrontements, la répression policière, … tout ça… La liberté, la démocratie, les cultures distinctes, … c’est important. Primordial.

Mais… tout n’est pas si blanc et noir quand il s’agit d’identité.
Je suis québécoise, catalane, canadienne, espagnole, un peu italienne aussi, je suis de Saint-Michel, Montréal-Nord, Villeray, Barcelone, Calafell et Pointe-Claire… sans oublier Ayer’s Cliff et Alicún… Je suis multiple et je pleure aujourd’hui.

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11 avril 2017

Dolmen de la Vinya del Rei

Mon dernier article sur le Dolmen de les Fades m'a rendue terriblement nostalgique de tous ces dolmens et menhirs que nous avons eu la chance de voir. Alors, je ne peux résister de parler d'autres rencontres particulièrement incroyables. Et je pense tout d'abord au Dolmen de la Vinya del Rei.

Quelques temps avant de quitter l'Espagne pour revenir au Québec, j'ai trouvé une merveilleuse carte à grande échelle de l'Alt Empordà indiquant les différents sites mégalithiques à découvrir. Ce n'est vraiment pas loin de Barcelone, juste un peu plus haut que Girona. Il faut donc y aller. Nous sommes partis par un bel après-midi d'un samedi d'avril.

DSC_4771Les indications sont claires. Le chemin semble facile à suivre. Et au début tout va très bien. Nous connaissons quand même bien la région. Nous sommes déjà allés au Monastère de Sant Pere de Rodes et avons visité de nombreux petits villages du coin. On arrive donc rapidement au village de Vilajuïga et prenons le chemin indiqué pour se rendre au dolmen. C'est une petite route de campagne mais on a l'habitude. Sur la carte, il est indiqué que le chemin deviendra en terre. C'est un chemin qui mène au dolmen de la Vinya del Rei mais aussi à quatre autres dolmens.

Nous arrivons à un endroit où la route devient un peu plus petite. Il y a un espace pour les autos et une voiture y est stationnée. Nous nous arrêtons. On indique bien le chemin vers le dolmen par le chemin de terre qui suit une petite rivière. Le chemin est de terre, comme prévu, mais assez large. Nous décidons donc de continuer la route en voiture. Tout va vien. C'est un peu cahoteux, mais on a aussi l'habitude.

Mais soudainement, le chemin rétrécit dramatiquement. Une seconde il était assez large pour deux voitures et l'autre, il est à peine la largeur de la voiture. Et la terre se transforme en roches. On arrête. Le changement fut vraiment brutal. La route est tellement étroite que nos roues sont carrément sur le bord de la rivière. Il n'y a qu'un fil d'eau dans le fond mais le lit est profond. Bon, on se dit que le chemin redeviendra normal bientôt. On continue très tranquillement. Mais alors là, très tranquillement.

Pour se rendre compte que rien ne change. La route est minuscule, faite de roches qui bousculent la voiture et nous entendons des bruits inquiétants. Nous ne savonsDSC_4780 plus quoi faire. Nous ne pouvons pas faire demi-tour ; reculer nous angoisse. Nous essayons tous les deux de rester calme. Mais nous commençons à nous douter que nous avons été insouciants et que nous aurions dû laisser la voiture au début du chemin.

Car ce n'est pas un chemin... c'est un sentier pédestre. De toute évidence. Mais on ne peut rien faire. J'essaie de rester calme pour PisTout qui conduit. Et il essaie de rester calme pour moi. Mais nous sommes tous les deux complètement paniqués. Et puis, un miracle. Il y a un espace droit devant nous. Assez grand pour se retourner. Nous faisons notre virage pour mettre la voiture en sens inverse et nous arrêtons la voiture. Nous sortons. Et là, j'ai littéralement eu une crise de panique. Je me suis penchée en deux, la tête entre les mains. Et j'ai hyperventilé pendant plusieurs minutes. PisTout me dit qu'il a marché rapidement entre la rivière et la voiture, sans arrêt, à répétition. Je ne sais pas, j'étais complètement terrorisée et je ne le voyais pas. Puis nous nous enlaçons. Nous ne pouvons croire à notre chance. Nous avons pu nous retourner. Nous pourrons rebrousser chemin. Ce sera difficile, mais nous l'avons fait dans un sens, nous pourrons le faire dans l'autre.

Et puis, nous nous regardons. Est-ce que nous continuons à pied ? On va le voir ce foutu dolmen ? Et bien oui, merde. Après tout ça, nous allons continuer notre chemin. Et nous suivons les indications et marchons encore et encore. Et puis le voilà ! Et heureusement, il est superbe - oui, car si cela n'avait été que quelques pierres à peine identifiables, comme c'est souvent le cas, je crois que nous aurions été très déçus et peut-être légèrement furieux. Mais il est là, incroyablement captivant et surnaturel.

Mais nous devons partir. Nous oublions les autres dolmens, nous les verrons une autre fois. Nous devons retourner à la voiture et rebrousser chemin. Ce que nous fîmes. Incroyablement, doucement et lentement. Avec moi, marchant devant la voiture, enlevant les grosses pierres et dirigeant PisTout qui conduisait avec précaution. Ce n'est qu'une fois retournés à notre point de départ que nous avons vu le panneau indiquant que nous étions dans le "Barranc de les Comes de l'Infern". L'enfer ? Oui, mais nous avons aussi vu l'éternité !

Caractéristiques

  • Nom: Vinya del ReiDSC_4797
  • Situation: Vilajuïga, comarque de l’Alt Empordà, province de Gérone, Communauté autonome de Catalogne, Espagne. Suivre la route en direction du Monastère de St. Pere de Rodes.
  • Coordonnées : Latitude nord: 42º 19´ 50" Longitude est: 3º 7´ 30"
  • Altitude : 150 mètres
  • Axe : Sud-ouest
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen
  • Matériau : Gneiss (roche métamorphique contenant du quartz, du mica, des fledpaths plagioclases et parfois du fledspath alcalin. Wikipedia)
  • Âge: environ 5200 av. J.-C.  
  • Découverte : 1934 par Isidre Macau. Le site aurait été connu depuis le XIXe siècle.

Description

Tombeau corridor formé d’une double cavité de forme trapézoïdale :

  • Cavité intérieure forme une large chambre ayant 2.20 m. de largeur par 2.80 m. de longueur et une hauteur maximale est de 1.65 m.
  • L’antichambre a 1.30 de largeur et une hauteur de 0.80 m.
  • Cinq grandes dalles verticales composent la chambre recouverte par avec une simple dalle de 4.15 m. de longueur par 2.95 m. de largeur et ayant entre 0.15 m. et 0.30 m. d’épaisseur.
  • À noter qu’une dalle plus petite que les autres est posée à l’entrée de façon perpendiculaire à la paroi septentrionale de la chambre. La forme de cette dalle semble artificielle et laisse supposer la tombe aurait pu avoir une entrée de type fenêtre.

Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 1940 par J. Garriga. Différenta artefacts furent retrouvés à ce moment : une pointe de flèche en silex, des fragments de vases et deux plaquettes d'ardoise verdâtre. En 1942, d’autres fouilles ont permis de retrouver des ossements dans la chambre. Tous les vestiges sont conservés au Musée d'Archéologie de Barcelone.

Ce dolmen est le plus imposant de la région.

Pour en savoir plus

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05 avril 2017

Le huitième livre de Vésale de Jordi Llobregat

8Le huitième livre de Vésale / Jordi Llobregat ; traduit de l'espagnol par Vanessa Capieu. — Paris: Cherche Midi, c2015. – 619 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-7491-4508-2. – (Coll. Thrillers). – Titre original : EL secreto de Vasalio.

Quatrième de couverture

Barcelone, 1888. Quelques jours avant l’ouverture de l’Exposition Universelle, Daniel Amat, un jeune professeur d’Oxford, est de retour dans sa ville natale pour assister aux funérailles de son père. Il y apprend que ce dernier, médecin dans les quartiers pauvres de la ville, enquêtait sur les meurtres mystérieux de jeunes ouvrières. Leurs blessures rappelant étrangement un ancien fléau ayant sévi il y a bien longtemps, la ville est la proie de toutes les superstitions.
À l’aide d’un journaliste et d’un étudiant en médecine, Daniel reprend les investigations et découvre bientôt que les crimes sont liés à un mystérieux manuscrit, œuvre d’un anatomiste du XVIe siècle, Vésale. C’est dans les galeries de tunnels souterrains qui courent sous la ville que Daniel mettra à jour l’incroyable secret qui hante Barcelone.
 
Avec cette œuvre monumentale saluée par une critique unanime, véritable labyrinthe de mystères et d’énigmes, Jordi Llobregat signe un thriller historique qui fera date. Au-delà de personnages aux ambiguïtés multiples, et d’une construction diabolique, il nous fait véritablement ressentir l’âme d’une ville, Barcelone avant l’apparition de l’électricité, plus fascinante, sombre et baroque que jamais. Magistral !

L’auteur

Jordi Llobregat est né à Valence, en Espagne en 1971. Il commence à écrire alors qu'il a à peine 12 ans. Il a fait des études8a en commerce à l'Université de Valence et a complété sa formation à l' ESIC - Business & Marketing School, également à Valence. Il fait partie du groupe littéraire El cuaderno rojo.

En 2015, il publie son premier roman, El secreto de Vesalio. Aujourd'hui, il combine sa vie littéraire avec son travail comme dirigeant d'une entreprise qui oeuvre dans le développement communautaire dans les villes. Il est aussi le co-fondateur et directeur du festival de littérature noire de la ville de Valence, Valencia Negra.

Bibliographie

  • El secreto de Vesalio (2015)

Mes commentaires

Est-ce qu'il y a juste moi qui trouve cette couverture magnifique ? Même la cicatrice me semble envoûtante. Et oui, je n'ai emprunté ce roman qu'à cause de sa couverture. Puis, le fait que cela se passait à Barcelone m'a entièrement convaincue. Je suis devenue tellement superficielle comme lectrice !!!

Quel roman ! Plus de 600 pages qui m'ont captivée. Avec une fin un peu tirée par les cheveux mais qui ne gâchent pas tout le reste. L'auteur nous offre un voyage incroyable dans le temps. On a vraiment l'impression de marcher dans les rues de Barcelone à la fin du XIXe siècle. La ville semble vivante et terriblement sombre. Autant hier qu'aujourd'hui, Barcelone a un côté obscur. L'intrigue policière est intéressante mais se retrouve souvent en second plan... Les personnages - même secondaires -, l'époque et la ville sont définitivement au premier plan.

À quelques jours de l'Exposition universelle de 1888, les corps mutilés de jeunes filles sont retrouvés dans les égoûts de Barcelone. Les autorités semblent indifférentes, les barcelonais ont peur et des rumeurs courent que le coupable est le Gos Negre, un chien noir démoniaque, gardien des portes de l'Enfer.

Daniel Amat, jeune professeur à Oxford à l'avenir qui s'annonce brillant doit revenir d'urgence à Barcelone, à l'annonce de la mort de son père, brillant médecin, avec qui il n'avait plus aucun contact. Il découvre à son arrivée que son père soignait maintenant les habitants des quartiers pauvres et enquêtait secrètement sur les meurtres des jeunes filles. Il espère repartir rapidement pour l'Angleterre, mais plusieurs événements et rencontres l'obligent à rester. Il rencontre notamment un journaliste et un jeune étudiant en médecine, assistant de son père. Ensemble, ils vont enquêter sur le meurtre de son père et sur les meurtres horribles qui marquent toujours la ville.

Ça, c'est le côté roman policier. Qui est vraiment intéressant, mais qui est rapidement devenu secondaire à mes yeux. Car en parallèle, le roman nous dresse un portrait historique fascinant de Barcelone et de l'époque : l'Exposition universelle, la naissance de l'électricité, les différents quartiers, la vie universitaire, le monde du journalisme, etc. Et de tous les sujets et intrigues du roman, c'est définitivement le portrait de la médecine en 1888 qui m'a complètement hypnotisée. C'était vraiment intéressant. Retourner dans la réalité de cette époque, être confronté aux connaissances et aux croyances de ce temps.

Ça, c'est le côté roman historique. Qui fut vraiment ce qui m'a le plus ravi dans le livre, mais qui ne doit pas faire oublier l'importance des personnages. Et ça, c'est le côté roman psychologique du livre. Les personnages sont incroyablement bien écrits. L'auteur nous propose des personnages vivants, forts et colorés. Leur passé, leurs émotions, leurs interactions... nous les découvrons petit à petit et c'est passionnant.

Oh, j'oubliais presque le fameux huitième livre de Vésale, un célèbre anatomiste du XVIe siècle. Et bien, vous savez, j'adore les manuscrits. Et les manuscrits cachés et mystérieux encore plus. Vésale a bien écrit sur l'anatomie un ouvrage en sept livres De humani corporis fabrica libri septem (appelé La Fabrica). Ce huitième livre est bien entendu fictif et ma foi très bien caché dans le roman de Llobregat. Il apporte aussi le côté roman légèrement fantastique.

Malgré ses 600 pages, le livre se lit rapidement et le rythme est très rapide. Petit à petit le suspense s'installe. Et on ne peut s'empêcher de poursuivre sa lecture. Le roman est très bien construit. On se questionne, le suspense augmente et les revirements sont inattendus (jusqu'à la fin, car, comme je l'ai dit, la fin m'a un peu déçue). Cela faisait longtemps que mes nuits n'ont pas été aussi courtes... cela m'apprendra à lire avant de me coucher !

Les mots de l’auteur

« Elle ne ratait rien non plus du marché trépidant de la Boquería, avec ses boutiques bondées et ses cafés bruyants, pleins de lumière. Elle s’imprégnait des odeurs, des couleurs et du mouvement incessant des gens. […] Barcelone était, à ses yeux, un monde fascinant à découvrir.

Cette fois, pourtant, elle n’avait guère envie de flâner. La nuit était tombée et la pluie menaçait. Les commerces et les kiosques avaient baissé le rideau et seuls quelques rares cafés étaient encore éclairés. Elle serra son châle sur ses épaules. Il faisait vraiment un froid glacial.» p. 126

Pour en savoir un peu plus…

10 mars 2010

Quelques boutiques à Barcelone...

Barcelona Shops / Photographs by Consol Bancells ; [Redacció i coordinació: Begoña Garcia]. – [Barcelona]: Angle Editorial, 2007. – 190 p. : photgr. en coul. ; 19 x 19 cm. – 978-84-96970-05-2

Livre en anglais, espagBShopnol et catalan.

Quatrième de couverture

The most charming traditional shops – Las tiendas tradicionales con más encanto – Les botigues tradicionals amb més encant.

L'auteur

Consol Bancells est une photographe indépendante catalane. Elle a fait des études en Histoire de l'Art à l'Universitat de Barcelona. Elle se consacre aujourd'hui à la photographie et se spécialise dans l'architecture et les arts décotatifs. Elle a écrit et réalisé les photographies de plusieurs oeuvres, principalement sur le modernisme. Elle publie également dans diverses revues et magazines.

Bibliographie

  • Sant Pau, Hospital Modernista (1988)
  • El Modernisme a Mallorca (1989)
  • Guia del Modernisme a l'Eixample (1990)
  • Farmàcies Modernistes de Barcelona (2006)
  • Botigues Històriques de Catalunya (2006)
  • Barcelona Botigues amb encant (2007)
  • Farmàcies Històriques de Catalunya (2007)
  • El Modernisme (2008)
  • Ignasi Oms i Ponsa Arquitecte (2009)
  • Barcelona II.lustrada. La Ciutat del segle XVIII (2009)

Le site de la photographe.

Résumé

Une promenade dans Barcelone à la rencontre des boutiques historiques de la ville. La photographe nous propose ses photographies des plus belles, anciennes et représentatives boutiques de Barcelone.

Commentaires personnels

Barcelona Shops est un livre de petit format mais chaque page nous fait découvrir une boutique de Barcelone. Ces boutiques ne sont BShop2pas, pour la plupart, cachées ou inacessibles. Elles se trouvent facilement. On les croise souvent. Mais il suffit d'ouvrir les yeux. Et c'est ce qu'à fait la photographe.

Nous la suivons dans les rues de la ville à la recherche des boutiques anciennes. Les vieilles boutiques de Barcelone qui se caractérisent par leur ancienneté, mais aussi par leur beauté et leur architecture traditionnelle. La grande majorité des endroits datant du début du XXe siècle et sont représentatives du Modernisme et du Noucentisme (mouvement essentiellement catalan). Mais certaines boutiques sont plus anciennes.

Ces boutiques sont emblématiques de la ville. Elles rappellent son histoire, ses traditions, sa vie. Se sont souvent de vieilles épiceries  ou encore des pharmacies, toujours en fonction. Quelques boutiques de vêtements, et même une boutique de bougies et chandelles... la plus vieille de Barcelone.

J'ai souvent croisé ces endroits. J'ai même aussi photographié ces boutiques. Je me souviens aussi d'avoir acheté des chandelles, lors d'une visite en 1994, dans cette boutique antique "Cerería Subirá" qui existe et vend des chandelles depuis 1761.

Les photos du livre sont superbes et un petit texte accompagne chaque boutique. Peut-être un peu court. Il aurait été plaisant d'avoir un peu plus d'information sur l'histoire de chaque boutique. Mais le livre est essentiellement centré sur la photographie et sur la découverte de ces boutiques. On nous offre un plan avec la localisation de chacune des boutiques afin de pouvoir les admirer par soi-même... Barcelone se découvre véritablement à pied ! Il faut se promener tranquillement et toujours regarder partout afin de découvrir les endroits un peu plus discrets mais aussi superbes et intéressants que les attraits plus connus (les maisons de Gaudí, les cathédrales, etc.).

Sources à consulter

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09 mars 2010

Des flocons venus chatouiller Barcelone

Cet hiver fut particulièrement difficile pour l'Espagne. Les pluies torrentielles, les averses de neige et le froid ont marqué cetteDSC_2188 saison. Évidemment, il pleut, il neige et il fait froid chaque année en Espagne !!!

Et je trouve toujours étrange que les gens viennent en vacance ici pendant les mois d'hiver en s'attendant à du soleil et de la plage ! Comme ses amis québécois qui m'avaient annoncé en novembre qu'ils avaient achetés des billets pour passer Noël à Málaga en Andalousie !!! Mon dieu, quelle idée, n'avais-je pu m'empêcher de dire! Mais pourquoi donc ? Heu pour fuir l'hiver québécois et voir le soleil et la plage, d'eux de me répondre... Hum... comme je leur ai dis, il a fait froid et il a plu pendant tout leur séjour. Évidemment, 5-10ºC est plus chaud que -20ºC mais c'est pas chaud... surtout dans les maisons mal isolées. Parce que voyez-vous, l'Espagne ce n'est pas les Caraïbes ! Et en février à Barcelone, tu mets ton foulard et tes mitaines... pas tes bermudas et tes gougounnes... Bon... enfin...

Évidemment... il y a toujours les espagnols qui chaque année semblent être pris au dépourvu par les neiges, le froid et les pluies... Il me semble qu'à la longue, il aurait réalisé que les pneus 4 saisons seraient peut-être plus appropriés que les chaînes... et que les doubles fenêtres isoleraient mieux les maisons... Bon... enfin...

Mais cette année... j'avoue que l'hiver fut très très difficile en Espagne. Pas une région qui ne fut affectée... les inondations, les dommages aux routes, maisons, terrains... On a vu des images de pluies, de neige pendant tout l'hiver. Et on a eu froid. Pour les gens d'ici, des degré de 5-10ºC c'est froid, alors quand le thermomètre va sous zéro... c'est la panique.

Il a neigé dans nombres d'endroits qui habituellement n'ont pas de neige... Car je répète, chaque année, il neige. Surtout en Catalogne. C'est normal. Mais bizarrement, Barcelone est souvent isolée. Quand il pleut ou il neige en Catalogne, à Barcelone, rien du tout. Il peut même neiger à quelques kilomètres de la ville, dans les banlieues... mais pas à Barcelone.

NeigeSauf hier. Hier, le 8 mars 2010, alors que mes amis et ma famille de Montréal me disaient que ça sent le printemps au Québec... nous à Barcelone nous avions notre première tempête de neige de l'année... en fait des dernières décennies ! Oh... si on compare à la neige qui a recouvert la Catalogne... Barcelone n'a pas vu grand chose. Toute la région fut perdue dans une grosse tempête de neige ! Mais pour une fois, Barcelone a aussi vu des flocons la recouvrir !

Et pendant que toute la ville était paralysée et que les gens s'affolaient... mon PisTout et moi, nous sommes allés prendre une belle marche. Direction plage. Au début de notre marche, la neige était encore très fondante et il n'y avait presque aucune accumulation, mais plus les minutes passèrent, plus la neige s'intensifia.

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Une fois sur le bord de la mer, la tempête était à son plus fort... la neige recouvrait le sol, le sable... les vagues étaient immenses... Et nous n'étions pas les seuls à regarder cette tempête sur Barcelone. Beaucoup d'autres s'amusaient et riaient de cette neige si rare dans la ville.

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Puis, nous sommes retournés chez nous... complètement gelés et trempés ! Il faut dire que nous ne sommes plus "équipés" pour l'hiver ! La neige a cessé quelques heures plus tard... Aujourd'hui, il a fait soleil. Plus une trace dans la ville. Encore une fois, Barcelone se démarque de sa région... car la neige paralyse encore une bonne partie de la Catalogne...

Mais ici, ces flocons venus chatouiller Barcelone ont chassé les nuages... et le soleil est enfin revenu dans le ciel !

 

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26 décembre 2009

Chialage annoncé

Vous savez, parfois, je chiale. J'essaie de ne pas trop le faire à voix haute mais souvent ça bouillonne à l'intérieur. Depuis quelques années, je travaille très fort à laisser aller et ne pas m'énerver inutilement pour des choses, somme toute, sans importance. J'ai toujours eu tendance à m'impatienter et même à "pogner les nerfs" quand les gens ou les choses ne me semblent pas avoir de sens... 

Mais parfois... c'est plus fort que moi... et je chiale. Et parfois, je dois avouer que cela fait du bien de ventiler. Donc ventilons...

Il y a des choses que je ne comprendrai jamais, je suppose. On a beau avoir du sang espagnol dans le corps, il y a des choses qui demeurent incompréhensibles pour moi. Et il y a des souvenirs qui reviennent à la mémoire... Par exemple, quand j'étais petite, je me souviens que ma mère disait parfois en soupirant: "avec ton père, il faut toujours s'assurer de savoir s'il parle de 10 minutes québécoises ou de 10 minutes espagnoles" ! J'avais toujours supposé que ces délais et les attentes occasionnés par mon père était un trait personnel de mon père... mais quand je suis venu vivre à Barcelone, je me suis rapidement rendue compte que c'était carrément quelque chose d'ici ! Si on donne rendez-vous à 14h00, on peut être sûr qu'il n'y aura que moi de présente... il faut compter 20-30 minutes et même une heure de délai.... C'est ainsi... pour tout... même les rendez-vous professionnels !

ChialageIl y a donc plusieurs petites choses comme ça qui m'exaspèrent. En général, j'essaie de les prendre avec sérénité et avec le sourire... les différences culturelles sont ce qui fait le charme de vivre à l'étranger... non ? Oui, bon... parfois... mais parfois... cela m'irrite comme vous pouvez pas l'imaginer...

Je veux en venir où avec toute cette longue et ennuyante introduction ??? À cette joli photo d'une rue illuminée de Barcelone pour le Temps des Fêtes! C'est joli, hein? Mais c'est une photo qui date de la semaine dernière ! Oui, car aujourd'hui... il n'y avait pas de lumières dans les rues. En fait, aujourd'hui, samedi 26 décembre.... tout est fermé à Barcelone !!!

Pas d'épiceries, pas de magasins, et pas de lumières de Noël ! Oui, car évidemment, après avoir fermé tôt le jeudi 24 décembre - ce qui est normal, il faut aller réveillonner - et avoir fermé toute la journée du vendredi 25 décembre - ce qui est aussi normal, il faut récupérer des excès de la veille - et bien, il faut continuer à fêter le samedi 26 décembre et inventer une autre fête ! La San Estaban ! En Catalogne, on s'est dit, "hum... quelle raison pourrait-on bien trouver pour encore manger et boire excessivement et ne pas travailler ? Mais bien sûr, célébrons la San Estaban... la mort du premier martyr !!!" Et hop, on ferme tout et on fait un autre repas de famille... On ne se questionne pas trop sur cette mort martyre et on sort le turrón et le cava !

Je suis bien d'accord pour fêter et avoir du plaisir... mais ici, on a parfois l'impression que c'est la seule raison de vivre. Tout est une raison pour faire du bruit et faire la fête. Je n'ai rien contre dans un sens. Que ceux qui veulent faire la fête, la fasse - pas trop bruyamment svp, mais bon, c'est pas trop possible, ici. Mais là où, je deviens aggressive, c'est quand après, on vient se plaindre que l'économie va mal dans ce pays... que les gens n'achètent pas... que les magasins sont vides... Oui, bon... si vous ouvriez de temps en temps... on achèterait peut-être un peu plus !!! Car il ne faut pas oublier que le 27 décembre et bien c'est dimanche... et ici, le dimanche tout est fermé !!! Car il faut se reposer et passer du temps en famille ! Arrrhhhh !!! J'ai rien contre le fait de passer du temps en famille et de profiter de la vie ! Mais, ouvrir les magasins le dimanche baisseraient peut-être cet horrible taux de chômage...

Bon... il ne faut oublier que les Fêtes sont loin d'être finie ici... et quand tous les congés du Temps des Fêtes seront finies, et bien il y aura bien d'autres fériés et ponts pour ne pas travailler et encore faire la fête ! Et bien sûr les dimanches et les heures du lunch de plus de 2 heures... Et sinon, et bien, il y a toujours les victoires des équipes de futból !!!!

Enfin... c'était mon moment de chialage... je l'avais d'ailleurs annoncé ;)

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26 décembre 2006

L’Home dels nassos

Une autre tradition de Catalogne sur laquelle je n’ai malheureusement pu trouvé beaucoup de renseignements. J’essaierai au cours de l’année de faire une petite recherche plus poussée.

Le 31 décembre, il existe une vieille tradition qui se perd aujourd’hui. Le jour de la Saint Sylvestre était en effet le jour de l’ « homme aux nez ». On raconte aux enfants qu’un homme assez particulier se promène dans les rues de Barcelone, en particulier dans la vielle ville. Cet homme a autant de nez qu’il y a de jours dans l’année. Le dernier jour de l’année, le 31 décembre, il ne lui reste qu’un seul nez, mais de belles proportions. Les enfants vont parcourir les rues à la recherche de cet homme aux nombreux nez, sans réaliser que puisque c’est le dernier jour de l’année, il n’aura qu’un seul nez comme tout le monde. On dit alors que nous sommes tous cet homme et les enfants cherchent en vain.

La recherche pour l’Home dels Nassos commencent parfois avant – on cherche alors un homme avec autant de nez qu’il reste de jours à l’année. On va parfois voir encore des parades ou des rassemblements en l’honneur de l’Home dels nassos. On verra alors le personnage avec des mouchoirs immenses et même des draps. Traditionnellement, on retrouvait la parade sur le Passeig Marítim, maintenant on la retrouve plutôt à la Plaça del Palau.

Ce personnage semble originaire de Barcelone, mais on peut retrouver cette tradition dans différentes villes de la région. Dans d’autres villes, par exemple dans la province de Girona, le personnage passe dans les rues en menaçant les enfants qui ne sont pas sages. Les enfants lui offrent alors parfois une pièce de monnaie.

Ce semble être une tradition ancienne même si son origine est inconnue. On note des références à cette histoire au 18e siècle et selon Jairo Labrador sur la page L'alfabet de Ciutat Vella http://www.xtec.es/centres/a8052700/abc/abc_poster.htm, sur le site du réseau éducatif de Catalunya, les origines pourraient être majorquines – de Mallorca.

Selon le folkloriste catalan, Joan Amades, le personnage serait une transformation ou même une parodie d’un autre symbole mythique qui symbolise l’année, l’arbre des nez. À la souche de cet arbre vivait l’homme des nez, qui le 31 décembre était vêtu des feuilles de 12 arbres différents. Le folkloriste affirme également que l’origine de l’home dels nassos pourrait être trouvée dans la figure du dieu romain Janus. En effet, le dieu romain (lui-même aux origines incertaines) a deux visages, un tourné vers le passé et l’autre vers l’avenir… et donc vers l’année qui vient de terminer et l’autre qui commence.

Et apparemment, il y aurait un « hommes aux oreilles » qui serait vue le 30 décembre… mais je n’ai pas trouvé beaucoup de références à ce sujet.

Sources:

http://www.xtec.es/centres/a8052700/abc/h_text.htm
http://www.ub.es/geohum/inventari/fitxes/invt145.htm
http://ca.wikipedia.org/wiki/Home_dels_nassos

http://www.labuenanoticia.com/?q=node/158

http://www.bcn.es/nadal/en/tradicions.htm
http://www.barcelona-on-line.es/noticies/noticia.asp?idIdioma=2&idPublicacio=1573


- Almerich, L "Tradicions i costums populars a Barcelona", Ed. Milà, Barcelona, 1944, pàg. 89
- Amades, J. "Costumari Català", Salvat editores, Ed. 62, Barcelona, 1982, vol. 1, pàg. 255-260

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13 décembre 2006

El Caganer

Autre tradition catalane de Noël, la présence d'un petit personnage singulier parmi les figures de la crèche traditionnelle, le "caganer". Les origines du personnage sont incertaines, mais sa présence parmi les personnages de la crèche daterait du 18e siècle. On dit cependant qu'on retrouvait caga
ce personnage dans diverses imageries populaires. Traditionnellement, ce personnage est habillé du costume traditionnel catalan avec chemise blanche, pantalon noir et le bérêt rouge et est représenté en une position précise - il est accroupi pour "faire ses besoins"... hum... en effet caganer signifie "chieur" !!! ;)

Le personnage est habituellement situé à l'arrière de la crèche de Noël, parfois bien caché... c'est d'ailleurs une coutume de trouver la cachette du caganer !

Pourquoi ce personnage irrévérencieux ? Plusieurs théories existent:

- Une simple tradition drôle et ironique
- Symbole apportant la chance et la prospérité
- Symbole de fertilisation de la terre - et donc pour favoriser les récoltes de l'année à venir
- Représentation des origines simples et humbles de la naissance de Jésus

Les caganers traditionnels sont très réalistes et figuratifs. Au cours des années, plusieurs figures populaires se sont ajoutées au caganer traditionnel: personnages politiques contemporains, artistes, célébrités, athlètes, etc.

Le caganer fait partie des crèches catalanes traditionnelles, incluant les crèches publiques dans les églises, cathédrales et places publiques. Malheureusement, depuis quelques années, le politiquement correct fait quelques ravages et on enlève parfois le caganer de la créche.

On retrouve certaines similarités au caganer catalan dans d'autres traditions d'Europe, tel le Père la Colique, par exemple.

Sites:
- http://www.amicsdelcaganer.org/
- http://www.webquestcat.org/~caceres/caganer/index.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Caganer

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10 décembre 2006

Caga Tío

J'aurais pu commencer par relater des légendes et contes du Québec, il y en a tellement et de si beaux ! Mais j'ai tant d'années à rattraper de mes racines espagnoles... Et donc j'aurais pu y aller des contes et légendes du sud de l'Espagne, mon père venant de l'Andalousie ! Mais je vis présentement à Barcelone et la majeure partie de la famille incluant mon père vivant ici, je commence par une tradition catalane...

Les derniers Noël, j'avais bien vu cette bûche à chapeau rouge traditionnel catalan, avec son visage cocasse et quatre pattes, mais je n'y avais pas porté trop attention... mais voilà, hier, en me promenant près de la Cathédrale de Barcelone, il y avait la Feria de Santa LLucia et cette énorme bûche que les enfants frappaient de toute leur force ! Il fallait que je connaisse le pourquoi du comment ! ;) medium_tiocaga1

Et donc, en Catalogne, on décore allégrément une bûche, appelé "tío",  d'un visage et d'un chapeau. On choisit traditionnellement cette bûche, le 13 décembre lors de la Sainte Lucie. On la trouve traditionnellement dans les bois et forêts et de plus en plus, tout simplement dans les marchés de Noël. Elle est vendue de plus en plus déjà décorée. Mais on passait traditionnellement plusieurs heures en famille à la décorer. On la place ensuite à la maison ou dans la classe.

Les enfants passent ensuite les prochains jours à "nourrir" la bûche qui doit habituellement rester cacher sous une couverture - même si cette coutume n'est pas toujours respectée. Ils donnent des friandises, du turrón, des fruits, etc. à cette bûche qui a pour nom "caga tío", ce qui signifie plus ou moins bûche ou tronc qui "chie" ;) et ce jusqu'au 24 décembre.

Le jour de Noël, les enfants vont se rassembler autour de la bûche et chanter une chanson - assez vulgaire ma foi :D. J'ai pu lire plusieurs versions des vers chantés, en général, on dit:

"Caga Tio, almendras y turron. Si no cagas, te doy con baston, un dos tres cuatro"

On dit donc au tronc de "chier" ce qu'il cache ou alors on lui donnera des coups de bâton !

Les enfants vont donc danser et tourner autour de la bûche et ensuite lui donner des coups de bâton jusqu'à ce que les friandises tombent... On enlève ensuite la couverte et on découvre tous les bonbons, turrónes, etc...

On célèbre évidemment souvent cette tradition avant le jour de Noël, et samedi dernier, nous avons pu voir sur la place de la Cathédrale de nombreux enfants frappés une énorme bûche !!! On faisait même la file pour pouvoir frapper cette énorme bûche !

On dit que cette fête remonte très loin dans le temps et que c'est une façon de célébrer l'arbre - matière de tant d'objets essenciels ! Le bois servait à construire, chauffer, nourrir, etc et il fallait une fête pour souligner le rôle essentiel de l'arbre dans la vie de l'homme et lui rendre hommage par la même occasion.

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