11 juin 2017

Le moment captif d'un dimanche : rapidité

093_1977"Age is a case of mind over matter. If you don't mind, it don't matter" [Satchel Paige]

À 6 ans, il me manquait quelques dents et un clown sur une poche. À 46 ans, j'ai quelques cheveux blancs et des rides sur le visages, dans le cou, sur les mains.

Contrairement à beaucoup de gens de mon entourage, j'aime mon âge. Je ne panique pas à l'idée de vieillir. C'est parfois étrange mais pas effrayant. Dans ma tête, je ne sais pas trop quel âge j'ai réellement. Je n'ai pas l'impression d'avoir 46 ans, mais je n'ai pas non plus l'impression d'avoir 20 ans. C'est intemporel dans ma tête. Mon corps lui, il sait bien qu'il n'a pas 20 ans, ni même 35 ans. Mais ça c'est une autre histoire.

Mais il y a parfois des moments que ces années qui passent si rapidement me terrifient. J'ai l'impression que le temps passe trop vite et que je n'en profite pas assez. Bientôt j'aurai 50 ans, puis 90 ans. Et est-ce que j'aurai vraiment profité de mon temps sur cette terre ? Est-ce que j'aurai gaspillé des jours, des heures, des années ? Est-ce que je me pose trop de questions ?

"Don't just count your years, make your years count" [George Meredith]

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07 mai 2017

Le moment captif d'un dimanche : mutation

2017 033"Au fond, c'est ça la solitude : s'envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours." [August Strindberg]

J'ai normalisé l'importance de vivre. Et la beauté des silences est détruite. Je change de peau en un rire invisible. À mes pieds, des poussières de vies.

Je suis seule. J'attends ma transfiguration. Un amoncellement d'apparences à mes pieds. Je suis nue. Je sacrifie ma biographie et je renais mille morts.

Je me transforme et je me dépouille de mes cicatrices. Je perds ma laideur, je perds ma beauté. Je suis dépouillée. Ma vie est courte, puis elle recommence. Elle se transforme, si je la laisse vivre pleinement sa mutation.

"Vouloir transformer c'est d'abord et toujours vouloir supprimer" [Michel Polac]

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25 septembre 2011

Le moment captif d'un dimanche : sur le pont

"Une fable est un pont qui conduit à la vérité" [Antoine-Isaac Sylvestre de Sacy] 11_11_09

Il traverse le pont. Le regard tourné vers l'espoir. Vers la vérité. Il croit en une vérité. En une liberté. Il veut changer les choses. Il fabulait disait-on. Il a trop fabulé et on l'a exécuté. Son regard fixe est tourné vers le Parlement. Il y voit une démocratie. Et maintenant, on se rappelle de lui quand on veut parcourir les ponts infranchissables.

On aimerait aller le rejoindre sur le pont. Lui dire que tout va bien. Le protéger de la pluie. On ne peut que de le regarder en silence. Il a combattu. Et maintenant on se contente de se rappeller de ce combat. Certains l'oublient. Certains le conteste. Certains le pleure. Nous, on n'a rien à dire. C'est ainsi.

On regarde tout simplement ce témoignage d'événements que nous ne connaissons pas. Il pleut. Doucement. Nous essayerons d'en savoir plus. De connaître l'homme sur le pont. L'homme qui nous dit de rêver et de franchir les ponts. De cesser de les regarder et de les franchir.

"Il y a des homme n'ayant pour mission parmi les autres que de servir d'intermédiaires ; on les franchit comme des ponts, et l'on va plus loin." [Gustave Flaubert]

Statue d'Imre Nagy - Place Vértanúk tere à Budapest.

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30 juillet 2011

Des livres, des livres, des livres... et beaucoup plus.

jibPetite tranche de vie... pour une petite histoire personnelle. Il était une fois, une jeune fille qui après une 3 ans d'université en Études françaises et un diplôme en poche, décide d'attendre avant de faire sa maîtrise parce que le professeur qu'elle voulait comme directrice de thèse était en sabbatique. Mais en attendant, la jeune fille décide de faire un certificat en archivistique. À la fin de l'année, avec son certificat terminé, elle réalise qu'elle est tombée en amour avec les documents... et elle décide de laisser faire les Études françaises pour faire à la place sa maîtrise en Bibliothéconomie et Sciences de l'information. Elle n'a jamais regretté son choix...

Car j'adore les livres, les documents, la documentation et l'information sous toutes ses formes !!!!

J'ai commencé par enseigner (oui, on engage des jeunes professeurs parfois...sans expérience) à la technique de la documentation au Cégep. Puis, j'ai travaillé comme bibliothécaire dans une bibliothèque collégiale (STME, qu'on appelle ça !). Mais pendant ces deux expériences de travail, j'ai toujours continué à toucher les archives et les documents. Donc, je touchais à tous les aspects et j'en étais bien heureuse, car j'aime autant les documents que les livres !

Et puis, nous sommes partis pour l'Espagne et j'ai quitté le monde des bibliothèques. Pendant 7 ans, j'ai travaillé en gestion des documents administratifs... j'ai adoré mon expérience et elle s'est poursuivi à mon retour au Québec... Mais autant j'aime les plans de classification, les calendriers de conservation, les documents administratifs, les documents électroniques, offrir des formations, aider les gens à organiser leurs documents, etc... je dois avouer que je m'ennuyais énormément des livres.

Oh... j'aime les documents, mais chaque fois que j'entrais dans une bibliothèque, des odeurs de livres m'envahissaient. Et des souvenirs de questions de référence, des désirs de développement de collections... enfin un besoin de bibliothèque me prenait à la gorge.

Et puis... il y a quelques semaines, j'ai osé. Je ne cherchais pas... enfin, pas vraiment. Et puis, je n'ai pu résister à l'offre... j'ai appliqué et après un très long processus, j'ai obtenu le poste. Bibliothèque publique. Mais que faire... car cette entreprise qui m'emploie depuis l'Espagne, avec qui j'ai vécu des milliers de haut et de bas... et bien... je me sentais incapable de la quitter. Une relation plus que professionnelle... une relation personnelle.

Mais, je vieillis... l'avenir est incertain... je dois penser à ma carrière... et je dois m'avouer que je m'ennuie de la bibliothèque... et donc... ce fut une dure décision. Je pensais les réflexions et les indécisions et les choix difficiles derrière moi... Et les dernières semaines furent un tourbillon de pensées... Et quand j'ai fait mon choix, j'ai pleuré.

Mais aujourd'hui, cela fait une semaine que je suis de retour en bibliothèque. Et je ne regrette pas mon choix. Byebye documents, bonjour livres !

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23 juin 2011

Dans ma tête, je m'imagine...

 Dans ma tête, je m'imagine...
des portes qui se révèlent, s’étirent, s’ouvrent…

Portes

De regarder les portes, on les voit fermer
De contempler les portes, on oublie qu'elles s'ouvrent
Les portes fermées rassurent
étrangement les incertitudes
qu'apportent les portes ouvertes

Mais on ne peut obliger
les portes à rester fermées
Elles vivent d'aventures et d'éternité
Elles aiment la vie
et se placent sur notre chemin

Elle rigolent de nous voir hésiter
"Entre, entre", nous disent-elles
"N'aie pas peur d'entrer"
"Tu verras, de l'autre côté,
c'est différent et étranger
mais rempli de livres, d'histoires et de vie...

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12 juin 2011

Le moment captif d'un dimanche : célestrer

11-06"Nous ressemblons tous à des eaux courantes... Nos années se poussent comme des flots : ils ne cessent de s'écouler." [Jacques-Bénigne Bossuer]

Que suivre ? Que faire ? Suivre le courant ? Le courant que l'on connait. Que l'on peut suivre les yeux fermés. Des efforts, oui, mais si peu. Un chemin connu. Un courant familier.

Ou alors, changer de direction. Avec les années qui coulent, le courant devient un questionnement. Suivre les années, c'est une obligation. Suivre le courant ?

Des choix étranges furent faits au cours des années. Des décisions qui ont étonnées les autres. La rivière fut souvent tortueuse. Souvent tulmutueuse. Mais petit à petit, le tortueux est devenu familier. L'étonnant est devenu usuel.

Et maintenant, je me questionne. Un questionnement personnel et professionnel... Suivre le courant apprivoisé ou en sortir et explorer d'autres berges, de nouveaux cours d'eau ?

"Souviens-toi qu'un poisson mort peut flotter en suivant le courant, mais seul un poisson vivant peut nager en le remontant" [W.C. Fields]

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20 mars 2011

Le moment captif d'un dimanche : directionnel

11_03_27"Il n'y a rien de négatif dans le changement, si c'est dans la bonne direction" [Winston Churchill]

C'est par là-bas, je vous dis. Il n'y a qu'un là-bas ? Bien sûr que non. Mais c'est par là-bas, je vous le dis. Et qu'est-ce qu'il y a par là-bas ? Notre royaume.

Cela semble si loin. Cela semblait si loin. Cela ne semblait pas réel. Là-bas ne semble pas bien différent d'ici. Ici ne semble pas bien différent de là-bas. C'est la même chose peut-être. Peut-être. Mais là-bas est par là-bas. Et ici n'est plus ici. Là-bas est devenu ici. Vous me suivez? Non. Dommage. Il me semble que c'est clair pourtant. Pour un pélican, tout est clair.

Quand on prend le chemin pour aller là-bas, on pense au départ et on pense à l'arrivée. On pense un peu au trajet et à peine aux moments après l'arrivée. Et parfois le là-bas semble plus éloigné qu'il ne le paraissait d'ici. Mais le ici est maintenant le là-bas. Et c'est où tout ça? Par là-bas qu'il nous dit. Suivez les indications du pélican et tout ira très bien.  Il indique la bonne direction. Ça s'occupe de tout les pélicans. Et il nous dit que nous avons pris un bon chemin pour trouver le là-bas. Et que maintenant on a qu'à prendre le là-bas et le changer en ici...

"Qu'est-ce que vous allez chercher là-bas? J'attends d'être là-bas pour le savoir." [André Gide]

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06 janvier 2010

Les archives de Pauline : Remue-ménage

J'aime voyager. J'aime les changements. Mais j'aime mon chez-moi. J'aime avoir un endroit que je peux appeler "chez-moi". AvecSalon_de_la_terrasse4 les années j'ai découvert que cet endroit pouvait se situer n'importe où, dans n'importe quel pays... en autant que je sois entourée des objets que j'aime et qui me sont familiers. Je n'oublie pas les gens non, évidemment. Mais mon logis est important. L'endroit où je me sens en sécurité, où je me sens bien.

Mais autant j'aime les repères de mon foyer, autant j'aime les changements. La routine s'empare rapidement de nous, si on la laisse faire. La routine est rassurante, elle est ce qui me permet de lire un livre engloutie confortablement dans mon sofa préféré. Mais la routine me pèse rapidement. Et alors les choses changent autour de moi... le travail, le pays... changement d'emploi, voyages, changement de pays... Mais pas les gens, pas les objets.

Et parfois, le temps passe et il n'y a pas de changement... le travail continue, le logis demeure au même endroit, et les voyages se font rares. Je me sens alors soupirer. Et la crainte que le quotidien ne devienne routine m'envahit. Et alors, je ressens un immense besoin de tout bousculer dans la maison. Cela m'a pris des années à comprendre ce besoin de chambarder mon logis. De changer d'endroit ce vase bleu, de trouver un nouvel emplacement pour ce miroir, de carrément culbuter les meubles d'un côté à l'autre. De perdre mes repères dimensionnels pour me retrouver dans un nouvel univers entre les mêmes murs et avec les mêmes objets.

Et je me rappelle ma mère. Il arrivait fréquemment que nous revenions de l'école pour trouver le salon complètement transformé. Les meubles avaient changés de place, les plantes envahissaient un nouveau coin et il y avait un cadre en moins, puisqu'il se trouvait maintenant dans le corridor. Trois mois plus tard, la cuisine avait de nouveaux rideaux, la table était à l'autre bout de la pièce et le comptoir présentait le rangement pour épices qui la veille était sur le mur. Et puis, 6 mois plus tard tout changeait à nouveau. Régulièrement, elle venait dans nos chambres et nous demandait ce qu'on voulait changer: le lit sur le mur opposé ? l'armoire en biais ? changer de tapis avec soeurette ?

Je ne me suis jamais questionnée. C'était normal. On changeait la disposition de la maison et c'est tout. Mais pourquoi ? Nous avons longtemps demeuré au même endroit. La même maison. La même rue. Le même quartier. La même ville. Ma mère a peu travaillé. Une grande partie de sa vie fut à la maison. Nous faisions peu de voyages. Puis elle fut de plus en plus incapable de sortir. Ma mère vivait dans son logis. C'était son chez soi.

Mais ma mère aimait sortir et voyager. Elle aurait voulu aller dans des soirées, voir le monde. Parcourir les rues, les villes, les pays. Elle aurait aimé rencontrer des gens, dévaliser les magasins des grandes villes, découvrir les cuisines nouvelles et étranges. Elle rêvait de voyages et d'aventures.

Nous allions visiter la famille, nous allions au parc, au cinéma, au centre d'achat, à la bibliothèque. Et quand son intérieur bouillonnait et cherchait à s'enfuir, elle chambardait sa demeure. Quand son regard s'évadait par la fenêtre, elle déplaçait les objets de son chez-soi. Et un autre intérieur existait pour un moment.

Quand j'ai l'âme qui soupire, je pense à la citation de Vivane Chocas, et à ma mère... et je me réinvente et me recompose en chahutant un peu ces objets qui m'entourent...

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