26 décembre 2009

Chialage annoncé

Vous savez, parfois, je chiale. J'essaie de ne pas trop le faire à voix haute mais souvent ça bouillonne à l'intérieur. Depuis quelques années, je travaille très fort à laisser aller et ne pas m'énerver inutilement pour des choses, somme toute, sans importance. J'ai toujours eu tendance à m'impatienter et même à "pogner les nerfs" quand les gens ou les choses ne me semblent pas avoir de sens... 

Mais parfois... c'est plus fort que moi... et je chiale. Et parfois, je dois avouer que cela fait du bien de ventiler. Donc ventilons...

Il y a des choses que je ne comprendrai jamais, je suppose. On a beau avoir du sang espagnol dans le corps, il y a des choses qui demeurent incompréhensibles pour moi. Et il y a des souvenirs qui reviennent à la mémoire... Par exemple, quand j'étais petite, je me souviens que ma mère disait parfois en soupirant: "avec ton père, il faut toujours s'assurer de savoir s'il parle de 10 minutes québécoises ou de 10 minutes espagnoles" ! J'avais toujours supposé que ces délais et les attentes occasionnés par mon père était un trait personnel de mon père... mais quand je suis venu vivre à Barcelone, je me suis rapidement rendue compte que c'était carrément quelque chose d'ici ! Si on donne rendez-vous à 14h00, on peut être sûr qu'il n'y aura que moi de présente... il faut compter 20-30 minutes et même une heure de délai.... C'est ainsi... pour tout... même les rendez-vous professionnels !

ChialageIl y a donc plusieurs petites choses comme ça qui m'exaspèrent. En général, j'essaie de les prendre avec sérénité et avec le sourire... les différences culturelles sont ce qui fait le charme de vivre à l'étranger... non ? Oui, bon... parfois... mais parfois... cela m'irrite comme vous pouvez pas l'imaginer...

Je veux en venir où avec toute cette longue et ennuyante introduction ??? À cette joli photo d'une rue illuminée de Barcelone pour le Temps des Fêtes! C'est joli, hein? Mais c'est une photo qui date de la semaine dernière ! Oui, car aujourd'hui... il n'y avait pas de lumières dans les rues. En fait, aujourd'hui, samedi 26 décembre.... tout est fermé à Barcelone !!!

Pas d'épiceries, pas de magasins, et pas de lumières de Noël ! Oui, car évidemment, après avoir fermé tôt le jeudi 24 décembre - ce qui est normal, il faut aller réveillonner - et avoir fermé toute la journée du vendredi 25 décembre - ce qui est aussi normal, il faut récupérer des excès de la veille - et bien, il faut continuer à fêter le samedi 26 décembre et inventer une autre fête ! La San Estaban ! En Catalogne, on s'est dit, "hum... quelle raison pourrait-on bien trouver pour encore manger et boire excessivement et ne pas travailler ? Mais bien sûr, célébrons la San Estaban... la mort du premier martyr !!!" Et hop, on ferme tout et on fait un autre repas de famille... On ne se questionne pas trop sur cette mort martyre et on sort le turrón et le cava !

Je suis bien d'accord pour fêter et avoir du plaisir... mais ici, on a parfois l'impression que c'est la seule raison de vivre. Tout est une raison pour faire du bruit et faire la fête. Je n'ai rien contre dans un sens. Que ceux qui veulent faire la fête, la fasse - pas trop bruyamment svp, mais bon, c'est pas trop possible, ici. Mais là où, je deviens aggressive, c'est quand après, on vient se plaindre que l'économie va mal dans ce pays... que les gens n'achètent pas... que les magasins sont vides... Oui, bon... si vous ouvriez de temps en temps... on achèterait peut-être un peu plus !!! Car il ne faut pas oublier que le 27 décembre et bien c'est dimanche... et ici, le dimanche tout est fermé !!! Car il faut se reposer et passer du temps en famille ! Arrrhhhh !!! J'ai rien contre le fait de passer du temps en famille et de profiter de la vie ! Mais, ouvrir les magasins le dimanche baisseraient peut-être cet horrible taux de chômage...

Bon... il ne faut oublier que les Fêtes sont loin d'être finie ici... et quand tous les congés du Temps des Fêtes seront finies, et bien il y aura bien d'autres fériés et ponts pour ne pas travailler et encore faire la fête ! Et bien sûr les dimanches et les heures du lunch de plus de 2 heures... Et sinon, et bien, il y a toujours les victoires des équipes de futból !!!!

Enfin... c'était mon moment de chialage... je l'avais d'ailleurs annoncé ;)

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28 décembre 2008

28 décembre : Les Saints Innocents

Ce n'est pas comme si le 28 décembre signifiait quelque chose de particulier pour moi. En fait, c'est tout simplement une journée entre Noël et le Jour de l'An. Une journée pour se reposer après les repas de Noël et se préparer pour les festivités du Jour de l'An. Tout simplement. Mais il semblerait que le 28 décembre soit une date à souligner par ici. Et donc, ce matin, on annonçait "Los Santos Inocentes".

En Amérique Latine, en Espagne et dans certains autres pays, on souligne la fête des Saints-Innocents en faisant des tours et des farces. Les médias en profitent pour faire des fausses nouvelles humoristiques, les enfants, en particulier, s'amusent à faire des tours aux adultes. Un tour bien connu est d'accrocher un bonhomme de papier dans le dos des gens.

Dans certaines parties d'Amérique Latine on dit qu'il ne faut rien prêter pendant cette journée, que ce soit de l'argent ou des objets. Car celui qui emprunte quelque chose en cette journée est libre ensuite de garde ce qu'il a emprunté. Cette "tradition" est cependant plus récente. Et si on réussit à convaincre quelqu'un de nous prêter quelque chose le 28 décembre, on peut lui dire "Inocente palomita que te dejaste engañar, sabiendo que en este día nada se puede prestar". Qui se traduit à peu près par "Innocent grain (palomita signifie grain de maïs soufflé) qui t'ai laissé abuser, en sachant que en ce jour rien ne peut se prêter". Mais si on remet ce qui est prêté, on le remet accompagné de bonbons, jouets et le message correspondant: " Herodes, cruel e inclemente, nos dice desde la fosa, que considera inocente al que presta alguna cosa"... (Hérode, cruer et inclément, nous dit depuis la fosse, qu'il considère innocent à celui qui prête quelque chose).

Bizarrement, ces traditions se sont greffées à cette journée qui commémore pourtant un Innocent1événement triste. En effet, cette journée rappelle un épisode des évangiles survenant après la naissance de Jésus. Le roi Hérode ayant appris, par des mages qui se rendaient rendre hommage à un nouveau-nés, la naissance d'un enfant qui deviendrait "roi", prit peur et décida de faire tuer tous les bébés garçons de moins de 2 ans. Il voulait ainsi éviter tout prétendant à son trône. Les soldats d'Hérode massacrèrent ces petits enfants que l'on a appelé les saints innoncents, puisqu'ils étaient innocents de tout péché.

Certains analystes contestent la date choisie pour rappeler ce triste épisode, puisqu'il devrait avoir lieu après le 6 janvier qui est la date soulignant la visite des mages... Mais comme ces dates sont de toute façon un peu aléatoires... Certains disent que la coutume de faire des farces et tours en cette journée souligne que comme les enfants massacrés sur les ordres d'Hérode, les gens victimes de tours ne peuvent rien faire et doivent accepter leur destin... (Ce qui me semble une curieuse façon d'expliquer la chose, mais enfin...) 

Mais évidemment la façon pour certains de célébrer aujourd'hui le Jour des Saints Innocents ne date pas d'aujourd'hui. Déjà au Moyen-âge, cette journée était un prélude au Carnaval et on se permettait de fêter, rire et manger en abondance. On incluait cette journée dans les festivités liées au solstice d'hiver pendant lesquelles on voulait à oublier la noirceur de l'hiver en se réunissant et en se distrayant.

Peu importe la raison, le 28 décembre est aujourd'hui en Espagne, une bonne occasion pour rire et fêter encore un peu !

Sources:

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saints_Innocents

http://redescolar.ilce.edu.mx/redescolar/efemerides/diciembre/trad-28.htm

http://es.wikipedia.org/wiki/Santos_Inocentes

http://www.churchforum.org.mx/santoral/Diciembre/2812.htm

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29 décembre 2006

12 uvas

La nuit de la Saint-Sylvestre, ou la veille du Jour de l’An… une tradition espagnole assez connue souligne le passage à la nouvelle année. La vieille du Jour de l’An, et donc le 31 décembre, que les gens appellent ici la « Nochevieja » (en catalogne, on parle de la « nit de cap d’any »), après le traditionnel repas de famille qui se prend à la maison mais également souvent dans les restaurants, les gens vont se réunir dans le salon ou encore descendre dans la rue pour être prêt pour les douze coups de minuits.

uvasLes gens ont sur eux douze grains de raisins. Les raisins de la chance. Et à chaque coup de l’horloge, à minuit, on mangera les raisins, un à un. Si on réussit à manger les 12 raisins pendant les 12 coups, nous aurons de la chance pendant toute la année. La plupart des espagnols suivent religieusement cette tradition et au fil des années, les commerces ont même commencé à vendre des boîtes de conserve avec 12 raisins sans peau et sans pépins pour rendre la consommation plus facile ! On dit qu’en ce moment, pendant ces 12 secondes, les espagnoles dépensent près de 6 millions d’euros en raisins ! Plus de 1 600 tonnes de raisins seront consommés !

Et donc manger les 12 raisins aux 12 coups de minuit qui marque la fin de l’année et le début de la nouvelle année, apportera une bonne année ! On spécifie aussi qu’il faut garder son sérieux pendant le rituel, sinon il est sans valeur. Ensuite les bouchons de la Cava sautent et on porte un toast à la nouvelle année avec les confettis et les baisers… comme un peu partout d’ailleurs. Beaucoup de villes et villages organisent des fêtes sur les places, où on va danser et boire toute la nuit.

D’où provient cette tradition ? On dit qu’elle est relativement récente et qu’elle remonte au tout début du XXe siècle, en 1909 ou 1904. On dit qu’une année du tout début du siècle fut particulièrement bonne pour les viticulteurs de toute l’Espagne. Les vignobles produirent des récoltes si abondantes que les viticulteurs ne savaient que faire de tout ce raisin ! Des viticulteurs de la région d’Alicante ont donc pensé à commencer une nouvelle tradition : manger des raisins à minuit ce qui apporterait la chance et la prospérité pour l’année à tout ceux qui réussiraient à manger les douze grains… tout comme eux avaient eu de la chance et de la prospérité… On dit aussi que si on ne réussit pas à manger les raisins, c’est plutôt une année de malchance qui suivra. Le nouveau rite se répandit rapidement à travers l’Espagne et on ne saurait aujourd’hui ne pas suivre cette tradition. Douze raisins… pour les 12 coups de minuit évidemment, mais on dit aussi pour les 12 mois de l’année. On mange en Espagne, des raisins frais ou en canne, mais dans d’autres pays hispanophones, comme par exemple, l’Argentine, ce sont des raisins secs.

Cependant, certaines références font remonter plus loin les origines de cette tradition – jusqu’à l’époque romaine. On croyait en effet que les raisins avaient des vertus bénéfiques et donc prendre un grain pour chacun des mois à venir assurait une bonne année. Le raisin fait partie de toutes les cultures méditerranéennes, il est donc normal de le retrouver dans beaucoup de rites et traditions. 

On peut également ajouter certains éléments à cette coutume de consommer 12 grains de raisins aux 12 coups de minuit. Tout d’abord, il est coutume de mettre de l’argent –habituellement une pièce de monnaie- sous le pied droit dans le soulier, le tout enveloppé dans un petit mouchoir rouge avec son nom écrit dans le mouchoir… ceci nous dit que nous entrons dans la nouvelle année avec de l’argent à ses pieds, en foulant de l’argent, et que donc toute l’année, nous aurons de l’argent au besoin. Quand arrive minuit et l’heure de trinquer la nouvelle année, il faut mettre un anneau ou tout objet d’or que l’on porte sur soi pendant l’année dans la coupe avec laquelle on trinquera et qui comporte les 12 grains de raisins. En plus d’apporter la chance lorsqu’on réussit à manger les 12 raisins, on dit aussi qu’il faut faire un vœu à chaque grain pour chaque mois… un vœu pour janvier, un vœu pour février, etc. On peut répéter les vœux…

On peut aussi lire que à ce moment, lorsqu’on lève la coupe de cava, il faut dire au 72 génies, aux 4 éléments (terre, eau, feu et air) et au « dieu » de notre tradition (habituellement en Espagne, se sera le dieu chrétien ;) ) : « je demande que cette cava, de même de cette coupe, sortent les bulles et que soit retirés de mon corps toute la négativité et que dans la prochaine année entre tout ce qui est positif ».

Il existe aussi des directives très précises pour la décoration, principalement en rouge, mais également avec d’autres couleurs. Un cendrier avec un parchemin sur lequel on a écrit avec un crayon, 3 vœux à « nettoyer ». On écrit sur le parchemin les choses négatives de l’année qui vient de se terminer et qu’on veut brûler, on roule le parchemin, le noue d’un ruban rouge et on le brûle ensuite. Il est aussi coutume de porter des souliers neufs ou du moins un morceau neuf.

Et donc… 12 raisins pour célébrer la prochaine année !

Sources :
http://enciclopedia.us.es/index.php/12_uvas
http://es.wikipedia.org/wiki/12_uvas

© 2006 Laila

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26 décembre 2006

L’Home dels nassos

Une autre tradition de Catalogne sur laquelle je n’ai malheureusement pu trouvé beaucoup de renseignements. J’essaierai au cours de l’année de faire une petite recherche plus poussée.

Le 31 décembre, il existe une vieille tradition qui se perd aujourd’hui. Le jour de la Saint Sylvestre était en effet le jour de l’ « homme aux nez ». On raconte aux enfants qu’un homme assez particulier se promène dans les rues de Barcelone, en particulier dans la vielle ville. Cet homme a autant de nez qu’il y a de jours dans l’année. Le dernier jour de l’année, le 31 décembre, il ne lui reste qu’un seul nez, mais de belles proportions. Les enfants vont parcourir les rues à la recherche de cet homme aux nombreux nez, sans réaliser que puisque c’est le dernier jour de l’année, il n’aura qu’un seul nez comme tout le monde. On dit alors que nous sommes tous cet homme et les enfants cherchent en vain.

La recherche pour l’Home dels Nassos commencent parfois avant – on cherche alors un homme avec autant de nez qu’il reste de jours à l’année. On va parfois voir encore des parades ou des rassemblements en l’honneur de l’Home dels nassos. On verra alors le personnage avec des mouchoirs immenses et même des draps. Traditionnellement, on retrouvait la parade sur le Passeig Marítim, maintenant on la retrouve plutôt à la Plaça del Palau.

Ce personnage semble originaire de Barcelone, mais on peut retrouver cette tradition dans différentes villes de la région. Dans d’autres villes, par exemple dans la province de Girona, le personnage passe dans les rues en menaçant les enfants qui ne sont pas sages. Les enfants lui offrent alors parfois une pièce de monnaie.

Ce semble être une tradition ancienne même si son origine est inconnue. On note des références à cette histoire au 18e siècle et selon Jairo Labrador sur la page L'alfabet de Ciutat Vella http://www.xtec.es/centres/a8052700/abc/abc_poster.htm, sur le site du réseau éducatif de Catalunya, les origines pourraient être majorquines – de Mallorca.

Selon le folkloriste catalan, Joan Amades, le personnage serait une transformation ou même une parodie d’un autre symbole mythique qui symbolise l’année, l’arbre des nez. À la souche de cet arbre vivait l’homme des nez, qui le 31 décembre était vêtu des feuilles de 12 arbres différents. Le folkloriste affirme également que l’origine de l’home dels nassos pourrait être trouvée dans la figure du dieu romain Janus. En effet, le dieu romain (lui-même aux origines incertaines) a deux visages, un tourné vers le passé et l’autre vers l’avenir… et donc vers l’année qui vient de terminer et l’autre qui commence.

Et apparemment, il y aurait un « hommes aux oreilles » qui serait vue le 30 décembre… mais je n’ai pas trouvé beaucoup de références à ce sujet.

Sources:

http://www.xtec.es/centres/a8052700/abc/h_text.htm
http://www.ub.es/geohum/inventari/fitxes/invt145.htm
http://ca.wikipedia.org/wiki/Home_dels_nassos

http://www.labuenanoticia.com/?q=node/158

http://www.bcn.es/nadal/en/tradicions.htm
http://www.barcelona-on-line.es/noticies/noticia.asp?idIdioma=2&idPublicacio=1573


- Almerich, L "Tradicions i costums populars a Barcelona", Ed. Milà, Barcelona, 1944, pàg. 89
- Amades, J. "Costumari Català", Salvat editores, Ed. 62, Barcelona, 1982, vol. 1, pàg. 255-260

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22 décembre 2006

Le Père Noël

Laissons de côté les traditions purement catalanes ou espagnoles, j'y reviendrai au cours de la prochaine semaine. Voyons plutôt les origines d'une figure un peu plus connue à travers de multiples cultures.

Une discussion sur un forum sur les origines du Père Noël ainsi que sur son image m'ont obligée à fouiller dans mes souvenirs et à aller feuilleter des références papier et virtuelles pour retrouver d'où venait ce personnage...

Un résumé... nick1

La grande majorité des sources s'accordent pour dire que l'origine du "Père Noël" est bien Saint Nicolas. Et elles s'accordent également pour dire que le Père Noël est le nom français de "Santa Claus" qui lui même est une déformation du nom hollandais "Sinter klaas" qui est une contraction de Sint Nicolaas !

Et donc, le Père Noël actuel a certaines de ses origines dans la figure de Saint Nicolas. On retrouve d'ailleurs dans l'image du personnage, la barbe blanche, le chapeau (la mitre a été remplacé par un bonnet) et le grand manteau. Saint Nicolas est un évêque qui a vécu au IVe siècle dans le sud de la Turquie. On l'appelle également Nicolas de Myre ou Myra. C'est une figure importante du christianisme. De nombreuses légendes existent à son sujet et on dit qu'il sauva des enfants de la mort.  Et après sa mort, des miracles lui furent attribué.

Plusieurs mythes, légendes et traditions païennes existaient pour célébrer l'hiver, le solstice, etc, et donc au Moyen äge, l'Église tenta de donner un air chrétien à toutes ces fêtes et traditions. On remplaça alors diverses figures païennes par des figures saintes au sein de l'église catholique. Et donc Saint Nicolas, qui est présenté comme le protecteur des enfants, est célébré le 6 décembre. On le représente avec sa barbe longue, les habits et symboles d'un évèque et il va dans chaque maison donner des cadeaux aux enfants -sages.

nick2Les protestants vont rejeter ce symboles - comme ils rejettent le culte aux saints. Ce sera donc Jésus - enfant -qui prendra la place du protecteur des enfants et est donc celui qui amène les cadeaux aux enfants. Cette tradition est d'ailleurs rester dans de nombreuses cultures... "le petit Jésus va t'amener des cadeaux si tu es sages" disait ma grand-mère québécoise... ;)

Dans les Pays-Bas, la réforme protestante va transformer Saint-Nicolas en Sinter Klaas... qui n'est pas tout à fait Saint-Nicolas même s'il lui ressenble... Et lorsque des immigrants hollandais et allemands s'installent aux États-Unis au XVIIe siècle, la prononciation de Sinter Klaas devient petit à petit "Santa Claus".

L'image du personnage va peu à peu se transformer pour prendre une allure plus joviale, plus festive... il perd aussi l'aspect moralisateur ainsi que le personnage du Père Fouettard qui l'accompagnait auparavant.  Et c'est le pasteur américain Clement Clarke Moore qui donne au personnage, au début des années 1820, la plupart des attributs maintenant si connus. Il écrit d'abord un conte "The Night before Christmas" et ensuite un poème qui s'intitule: A Visit from St. Nicolas. Son Saint Nicolas y est représenté comme un personnage sympathique, souriant, légèrement dodu. Il donne des cadeaux aux enfants dans leurs maisons et se déplace dans un traîneau qui vole et qui est tiré par des rennes au nombre de huit et qui ont les noms bien connus de « Fougueux », (Dasher) « Danseur », (Dancer) « Fringant », (Prancer) « Rusé », (Vixen) « Comète », (Comet) « Cupidon », (Cupid) « Élégant », (Donder), et « Éclair » (Blitzen). Ces textes furent publiés à plusieurs reprises au cours des années suivantes et furent même traduits dans plusieurs langues et donc diffusé dans nombreux pays. D'autres éléments furent rajoutés à ces histoires, le 9e renne Rudolf, parpn1 exemple.

C'est dans les années 1860, qu'un journal de New York, le Harper's Illustrated weekly, transforme encore un peu plus l'image du Santa Claus. C'est l'illustrateur Thomas Nast qui lui donne le costume rouge avec de la fourrure blanche, la ceinture noire de cuir, le gros ventre, la barbe bien fournie, etc. Il dessine pendant 30 ans, ce personnage et c'est lui qui lui a donné l'image actuelle. C'est également lui qui aurait déterminé la résidence du personnage au Pôle Nord - même si toutes les traditions ne sont pas d,accord sur ce lieu!

On dit souvent que c'est la compagnie Coca-Cola qui a "inventé" Santa Claus ou le Père Noël, et ce a des fins commerciales - raison de plus pour médire du personnage et de sa symbolique... Mais bien que l'illustrateur Haddon Sundblom reprit en effet en 1931, le personnage pour une campagne publicitaire de la fameuse boisson et que cette image fut utilisée très longtemps - encore aujourd'hui, l'image était déjà bien en place...

Beaucoup d'autres traditions ou légendes se rattachent au personnage... On dit aussi que le personnage serait inspiré d'un lutin nordique "Julenisse" qui au milieu de l'hiver apportait des cadeaux, ou encore au dieu celte Gargan ou le dieu viking Odin...

pn2Mais qu'on l'appelle Santa Claus, St. Nicholas, Father Christmas, Kris Kringle, Santa, Père Noël, Chalande, Père janvier, Olentzaro, Père froid, Barbassionné, ... il demeure une figure importante de l'imaginaire de Noël... peu importe ses origines... il fait partie de ces images fictives qu'on aime bien laisser croire qu'elles sont réelles ! On retrouve ses traces dans tant de cultures... Norvège, Russie, France, Suède, États-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Québec,Grèce, ... sous tant de forme, tant de ressemblaces et différences...

Il serait si intéressant de répertorier toutes ces traditions ainsi que la symbolique du personnage... une autre fois... ;)

Aujourd'hui, on retrouve autant de gens qui aiment que de gens qui détestent... on le dit américian, on le dit anti-chrétien, on lui attribut des pensées commerciales et mercantiles, le symbole du capitalisme... enfin...

Moi, je me contente de lire sur les origines possibles du mythe, sur les transformations au cours des siècles, et sur les raisons qui font que les enfants écrivent de longues lettres à ce personnage...

Quelques sources:
http://www.noel-vert.com/pere-noel.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8re_No%C3%ABl

http://en.wikipedia.org/wiki/Santa_Claus
http://www.newadvent.org/cathen/11063b.htm

http://www.planet-turquie-guide.com/pere_noel.htm

© 2006 Laila

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13 décembre 2006

El Caganer

Autre tradition catalane de Noël, la présence d'un petit personnage singulier parmi les figures de la crèche traditionnelle, le "caganer". Les origines du personnage sont incertaines, mais sa présence parmi les personnages de la crèche daterait du 18e siècle. On dit cependant qu'on retrouvait caga
ce personnage dans diverses imageries populaires. Traditionnellement, ce personnage est habillé du costume traditionnel catalan avec chemise blanche, pantalon noir et le bérêt rouge et est représenté en une position précise - il est accroupi pour "faire ses besoins"... hum... en effet caganer signifie "chieur" !!! ;)

Le personnage est habituellement situé à l'arrière de la crèche de Noël, parfois bien caché... c'est d'ailleurs une coutume de trouver la cachette du caganer !

Pourquoi ce personnage irrévérencieux ? Plusieurs théories existent:

- Une simple tradition drôle et ironique
- Symbole apportant la chance et la prospérité
- Symbole de fertilisation de la terre - et donc pour favoriser les récoltes de l'année à venir
- Représentation des origines simples et humbles de la naissance de Jésus

Les caganers traditionnels sont très réalistes et figuratifs. Au cours des années, plusieurs figures populaires se sont ajoutées au caganer traditionnel: personnages politiques contemporains, artistes, célébrités, athlètes, etc.

Le caganer fait partie des crèches catalanes traditionnelles, incluant les crèches publiques dans les églises, cathédrales et places publiques. Malheureusement, depuis quelques années, le politiquement correct fait quelques ravages et on enlève parfois le caganer de la créche.

On retrouve certaines similarités au caganer catalan dans d'autres traditions d'Europe, tel le Père la Colique, par exemple.

Sites:
- http://www.amicsdelcaganer.org/
- http://www.webquestcat.org/~caceres/caganer/index.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Caganer

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10 décembre 2006

Caga Tío

J'aurais pu commencer par relater des légendes et contes du Québec, il y en a tellement et de si beaux ! Mais j'ai tant d'années à rattraper de mes racines espagnoles... Et donc j'aurais pu y aller des contes et légendes du sud de l'Espagne, mon père venant de l'Andalousie ! Mais je vis présentement à Barcelone et la majeure partie de la famille incluant mon père vivant ici, je commence par une tradition catalane...

Les derniers Noël, j'avais bien vu cette bûche à chapeau rouge traditionnel catalan, avec son visage cocasse et quatre pattes, mais je n'y avais pas porté trop attention... mais voilà, hier, en me promenant près de la Cathédrale de Barcelone, il y avait la Feria de Santa LLucia et cette énorme bûche que les enfants frappaient de toute leur force ! Il fallait que je connaisse le pourquoi du comment ! ;) medium_tiocaga1

Et donc, en Catalogne, on décore allégrément une bûche, appelé "tío",  d'un visage et d'un chapeau. On choisit traditionnellement cette bûche, le 13 décembre lors de la Sainte Lucie. On la trouve traditionnellement dans les bois et forêts et de plus en plus, tout simplement dans les marchés de Noël. Elle est vendue de plus en plus déjà décorée. Mais on passait traditionnellement plusieurs heures en famille à la décorer. On la place ensuite à la maison ou dans la classe.

Les enfants passent ensuite les prochains jours à "nourrir" la bûche qui doit habituellement rester cacher sous une couverture - même si cette coutume n'est pas toujours respectée. Ils donnent des friandises, du turrón, des fruits, etc. à cette bûche qui a pour nom "caga tío", ce qui signifie plus ou moins bûche ou tronc qui "chie" ;) et ce jusqu'au 24 décembre.

Le jour de Noël, les enfants vont se rassembler autour de la bûche et chanter une chanson - assez vulgaire ma foi :D. J'ai pu lire plusieurs versions des vers chantés, en général, on dit:

"Caga Tio, almendras y turron. Si no cagas, te doy con baston, un dos tres cuatro"

On dit donc au tronc de "chier" ce qu'il cache ou alors on lui donnera des coups de bâton !

Les enfants vont donc danser et tourner autour de la bûche et ensuite lui donner des coups de bâton jusqu'à ce que les friandises tombent... On enlève ensuite la couverte et on découvre tous les bonbons, turrónes, etc...

On célèbre évidemment souvent cette tradition avant le jour de Noël, et samedi dernier, nous avons pu voir sur la place de la Cathédrale de nombreux enfants frappés une énorme bûche !!! On faisait même la file pour pouvoir frapper cette énorme bûche !

On dit que cette fête remonte très loin dans le temps et que c'est une façon de célébrer l'arbre - matière de tant d'objets essenciels ! Le bois servait à construire, chauffer, nourrir, etc et il fallait une fête pour souligner le rôle essentiel de l'arbre dans la vie de l'homme et lui rendre hommage par la même occasion.

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