17 juin 2017

Te laisser partir...

391_1999"Il y a des moments où elle est là tout entière, réceptive aux allées et venues dans la chambre, aux présences autour de son lit. Il y a des moments où l'étau de la morphine se desserre et où elle voudrait se redresser, participer, être ce qu'elle a toujours été, vivante, présente, pleine de mots et d'attentions. Tu lui parles, ses doigts bougent. Tu lui caresses le front, tu lui dis qu'elle est belle. Elle fronce légèrement les sourcils et ce mouvement te fait sourire : elle pense encore que tu as de drôles d'idées.

Il y a des moments où elle s'en va, où tu la regardes s'éloigner, où tu ne sais plus comment l'atteindre. Tu as peur qu'elle n'ai plus la force de rester et tu t'accroches à sa respiration, tu scrutes son visage." p. 99

"Il y aura d'autres matins où tu lui diras que tu l'aimes et que ce sera toujours comme ça. Mais ce jour là, en prenant ton élan du plus loin de l'enfance, que tu peux la laisser s'en aller." p. 102

[Vingt-quatre mille baisers - Françoise de Luca]

Merci Madame de Luca pour ces mots qui me rappelle ma mère. Mais même si je me disais prête, on ne l'est jamais vraiment... Je ne l'étais pas. Nous ne l'étions pas. 15 ans sans toi... une éternité. Je t'aime maman.

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10 novembre 2016

Triste semaine...

Aujourd'hui, une autre triste nouvelle... Sa musique, sa voix, mais surtout ses mots m'ont envoûtée, ensorcelée, LCréconfortée, fait parfois pleurer...

Et pour ne pas passer ce départ sous silence, voici des mots qui résument tous les événements de cette triste semaine...

Leonard Cohen - Democracy

Democracy

[Leonard Cohen]

It's coming through a hole in the air
From those nights in Tiananmen Square
It's coming from the feel
That this ain't exactly real
Or it's real, but it ain't exactly there
From the wars against disorder
From the sirens night and day
From the fires of the homeless
From the ashes of the gay
Democracy is coming to the USA

It's coming through a crack in the wall
On a visionary flood of alcohol
From the staggering account
Of the Sermon on the Mount
Which I don't pretend to understand at all
It's coming from the silence
On the dock of the bay,
From the brave, the bold, the battered
Heart of Chevrolet
Democracy is coming to the USA

It's coming from the sorrow in the street
The holy places where the races meet
From the homicidal bitchin'
That goes down in every kitchen
To determine who will serve and who will eat
From the wells of disappointment
Where the women kneel to pray
For the grace of God in the desert here
And the desert far away:
Democracy is coming to the USA

Sail on, sail on
Oh mighty ship of State
To the shores of need
Past the reefs of greed
Through the Squalls of hate
Sail on, sail on, sail on, sail on

It's coming to America first
The cradle of the best and of the worst
It's here they got the range
And the machinery for change
And it's here they got the spiritual thirst
It's here the family's broken
And it's here the lonely say
That the heart has got to open
In a fundamental way
Democracy is coming to the USA

It's coming from the women and the men
Oh baby, we'll be making love again
We'll be going down so deep
The river's going to weep,
And the mountain's going to shout Amen
It's coming like the tidal flood
Beneath the lunar sway
Imperial, mysterious
In amorous array
Democracy is coming to the USA

Sail on, sail on
O mighty ship of State
To the shores of need
Past the reefs of greed
Through the squalls of hate
Sail on, sail on, sail on, sail on

I'm sentimental, if you know what I mean
I love the country but I can't stand the scene
And I'm neither left or right
I'm just staying home tonight
Getting lost in that hopeless little screen
But I'm stubborn as those garbage bags
As time cannot decay
I'm junk but I'm still holding up this little wild bouquet
Democracy is coming to the USA
To the USA

Et pour aller plus loin... ses propres mots sur cette chanson.

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21 janvier 2016

Dis, quel âge aurais-tu maman ?

007Quel âge aurais-tu, maman, si tu vivais encore ? 76 ans, je crois. Est-ce que quand tu étais petite tu aimais célébrer ton anniversaire ? Est-ce que tu souriais toute la journée parce que tu avais eu une année de plus ? Tu souris sur la photo, c'est rare de te voir sourire sur une photo. C'était peut-être ton anniversaire.

Je ne sais pas pourquoi, je t'ai souhaité un Joyeux anniversaire ce matin. Mais ce n'est plus ton anniversaire. Tu auras éternellement 62 ans. Ou alors, tu auras l'âge que tu préfères. 5 ans ? 16 ans ? 22 ans ? 34 ans ? 43 ans ? 51 ans ? Tu choisis le moment qui te plait. C'est comme tu veux. Je ne t'oblige à rien. Personnellement, j'aimerais bien que ce soit un âge où nous étions tous dans ta vie. Mais je comprends que c'est peut-être un moment avant. Tu fais comme tu veux. C'est ton anniversaire après tout ! 

 

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08 septembre 2013

Elle nous a quitté aussi

BeFunky_null_3Elle est partie au début de ce mois de septembre. Elle a vécu 99 ans. Mais il semblerait, selon ses médecins,  qu'elle aurait pu vivre encore plusieurs années si ce n'était de cette tumeur qui l'avait prise par surprise à ses 98 ans. Et pourtant, elle l'avait combattue. Et elle avait fêté ses 99 ans après deux opérations (à la jambe et au sein). Elle riait encore, elle nous racontait une tonne d'histoire. Elle marchait doucement avec sa marchette. Elle s'installait avec sa couverte sur le balcon pendant des heures pour regarder son lac. Et elle nous chicanait même encore quand on lui cachait des choses. Il faut dire que cela ne donnait rien de lui cacher les choses puisqu'elle les devinait immanquablement. Elle savait tout ma grand-mère. Tout ce qui était important. Il suffisait qu'on se demande "hum, devrait-on appeler grand-maman pour lui dire" pour que le téléphone sonne 2012-12et qu'on entende sa voix nous demander "bon qu'est-ce qui se passe là". Comment elle faisait pour tout savoir ? Je crois que c'est l'amour infini qu'elle avait pour sa famille et ses amis. Son coeur nous entendait toujours.

Quelques jours avant qu'elle nous quitte, j'étais à l'hôpital avec elle. Cette tumeur était en train de gagner et il avait fallu l'amener aux soins palliatifs. Elle y était depuis deux jours et on lui donnait de la morphine pour apaiser la douleur. Malgré tout, elle parlait et nous reconnaissait sans problème. Elle se plaignait même du manque de diversité dans les repas.

Je me suis retrouvée seule avec elle pendant quelques minutes. Elle avait les yeux fermés et elle semblait dormir. Je lui tenais la main. J'étais un peu triste. Sereine avec son départ imminent - à 99 ans, elle avait eu une vie incroyable et belle, et elle n'était très malade que depuis quelques jours -  mais triste tout de même. Toujours certaine qu'elle dormait, j'ai dit doucement "je vous aime grand-maman". Elle a ouvert les yeux, m'a regardée et a dit d'un ton légèrement exaspéré "j'le sais !". Je n'ai pu m'empêcher de rire. Elle savait tout ma grand-mère !

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17 juin 2013

Les archives de Pauline : cherchez la fleur

02Devant ma maison, il y a une multitude de tulipes. Presque toutes rouges, mais certaines roses, d'autres violettes. Et puis, il y a aussi des jonquilles. Toutes jaunes, elles sont les jonquilles, comme toutes les jonquilles.

Il y a presque trois ans, nous revenions d'Espagne. Nous aménagions dans notre nouvelle maison. C'était le mois d'octobre. Et j'ai couru acheter des bulbes de tulipes. C'était pratiquement une obsession. J'ai acheté des sacs et des sacs de tulipes. Il commençait à faire froid et j'ai tout planté très rapidement, découvrant au fil des trous que je creusais d'autres bulbes déjà cachés.

Alors qu'il y avait un million de choses à faire, un million de choses à acheter, je ne pensais qu'au besoin impératif d'acheter des tulipes qui bouillait en moi. Pour le printemps. C'est à peu près tout ce que je savais. Il faut planter les bulbes de tulipes l'automne pour qu'elles fleurissent au printemps. Et au printemps, fleurir, elles le firent. À ma grande surprise. Je n'en revenais tout simplement pas ! J'avais voulu des tulipes, j'avais planté n'importe comment des tulipes et maintenant j'avais des tulipes !

Des tulipes, des tulipes, des tulipes, partout autour de ma maison. Et l'année suivante et encore une fois cette année. Des tulipes, partout des tulipes. Mais il me fallut faire lire un peu aussi. Car des tulipes, je n'en avais jamais fait pousser. C'est relativement simple, quand même. Juste un peu long après la floraison. Vous savez, il faut laisser se faner les feuilles et tout.DSC_0680

Mais c'est si simple. On plante les bulbes à l'automne. Peut-être un peu d'engrais, un peu de farine de sang pour éloigner les écureuils, les ratons laveurs, les mouffettes, les lapins et les marmottes. Et puis, pouf, au printemps on a tout plein de tulipes.

C'est si simple. Trop simple. Et je me demande pourquoi je croyais que c'était si compliqué. Que c'était presque une tâche impossible. Enfin, c'est ce que j'ai toujours cru. Car ma mère a toujours voulu avoir des tulipes. Et jamais elle n'en a eu.

Chaque printemps, mes parents allaient au marché et de belles fleurs annuelles ils achetaient. Malgré son amour des fleurs, ma mère n'était pas trop jardinière. À genoux sur le sol à planter des fleurs, jamais je ne l'ai vue. Même l'entretien des plantes de la maison n'était pas son fort. Ses violettes africaines n'ont jamais fleuri. Pas le pouce vert, ma maman. C'est donc mon père qui s'occupait des fleurs extérieures. Mon père lui ce sont les mains complètes qui sont vertes. Il est incroyable avec le jardinage. Mais mon père, lui, les fleurs, il s'en fout un peu. Tout ce qui l'intéresse, c'est son potager. Tomates, piments, oignons... Alors, les fleurs, c'était une étape vite faite à la fin mai. Hop, on plante les annuelles faciles d'entretien, qui se trouve partout et qui fleurissent tout l'été. Et on les plante toujours au même endroit. On ne se casse pas la tête. Cosmos, bégonias, pourpiers, pétunias... Une année, ma mère a insisté pour des dahlias et des glaïeuls. Elle en a eus. Cet été-là. Car conserver les bulbes tout l'hiver, c'était trop compliqué. On ne savait pas trop comment faire. On nous l'a bien expliqué... mais pour mon père, c'était trop d'ouvrage pour des fleurs. Faire sécher ses graines de piments ou ses tomates, ça, pas de problème. Mais s'occuper de bulbes... ouf, non, trop compliqué. Alors... des tulipes ! On oublie ça.

Quand j'ai vieilli, j'ai commencé à planter les fleurs pour ma mère. Même une fois que j'ai quitté la maison, je venais pour l'achat des annuelles. J'ai réussi à diversifier les fleurs qu'ils achetaient. Et ensuite, c'est moi qui les plantais. J'ai même fait une belle rocaille de fleurs sauvages. Ma mère était bien heureuse. Mais pour les tulipes, je ne savais trop comment faire. Mon utilisation d'Internet en était à ses débuts, et bizarrement, je n'ai jamais pensé à prendre un livre sur le sujet. Je savais qu'il fallait les mettre à l'automne mais pour je ne sais quelle raison, cela m'apparaissait très compliqué. Alors ma mère n'a jamais eu de tulipes.

Chaque printemps, je regarde mes tulipes et je m'imagine qu'elle les admire elle aussi... Mes tulipes, maman, elles sont juste pour toi ! Tu me manques, tu sais...

Posté par Laila_Seshat à 05:04 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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