17 juin 2017

Te laisser partir...

391_1999"Il y a des moments où elle est là tout entière, réceptive aux allées et venues dans la chambre, aux présences autour de son lit. Il y a des moments où l'étau de la morphine se desserre et où elle voudrait se redresser, participer, être ce qu'elle a toujours été, vivante, présente, pleine de mots et d'attentions. Tu lui parles, ses doigts bougent. Tu lui caresses le front, tu lui dis qu'elle est belle. Elle fronce légèrement les sourcils et ce mouvement te fait sourire : elle pense encore que tu as de drôles d'idées.

Il y a des moments où elle s'en va, où tu la regardes s'éloigner, où tu ne sais plus comment l'atteindre. Tu as peur qu'elle n'ai plus la force de rester et tu t'accroches à sa respiration, tu scrutes son visage." p. 99

"Il y aura d'autres matins où tu lui diras que tu l'aimes et que ce sera toujours comme ça. Mais ce jour là, en prenant ton élan du plus loin de l'enfance, que tu peux la laisser s'en aller." p. 102

[Vingt-quatre mille baisers - Françoise de Luca]

Merci Madame de Luca pour ces mots qui me rappelle ma mère. Mais même si je me disais prête, on ne l'est jamais vraiment... Je ne l'étais pas. Nous ne l'étions pas. 15 ans sans toi... une éternité. Je t'aime maman.

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14 mai 2017

Le moment captif d'un dimanche : et si l'abandon...

2017-05"On est si petit, le monde est si grand. -- Que serait la vie, sans notre Maman" [Mick Michevl]

Quand on est petit, on croit qu'elle sera éternelle. On sait bien qu'elle partira avant nous. C'est logique. Mais elle sera vieille. Très vieille.

J'ai fermé les yeux. Il faisait toujours trop froid. Une cage vide. Une vie passée à travers la fenêtre du salon. Je l'ai laissée seule, un instant. Ce fut suffisant. Elle est partie. Elle a désertée nos vies.

Un entrefilet dans les journaux. Une anecdote banale. La fin du monde pour nous.

Et la vie continue. On oublie ses faiblesses. Son corps torturé. Son tourment fut mon naufrage. Ne reste que le besoin de sa présence. De sa force. De ses bras. De son amour. Quand tout s'écroule autour de moi, où es-tu maman ?

"C'est toi, Maman, la plus belle du monde -- Et lorsque tout s'effondre autour de moi -- Maman, toi tu es là !" [Luis Mariano]

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17 juin 2015

Acceptation

2015-06-17Ici, je suis volubile. Je parle de ma mère au moins 3 fois par année: à son anniversaire de naissance (21 janvier), à la fête des mères et aujourd'hui, le 17 juin, anniversaire de sa mort. J'ai aussi mes petites archives de Pauline, où je pose des souvenirs d'elle et des réflexions sur elle.

C'est ici que je partage le vide laissé par son départ. C'est ici que je laisse paraître ma tristesse. Vous êtes mes lecteurs captifs. Je vous oblige à lire mes soupirs. Bon, vous cliquez peut-être rapidement sur le petit x pour vous soustraire à mes mots larmoyants, mais c'est normal. Et je le comprends. J'ai le droit de partager mes états d'âme et vous avez le droit de ne pas les lire.

Mais c'est ici que je suis volubile. Ailleurs, dans ma vie physique, je suis muette. J'en parle peu. J'en parle si peu que même les gens proches de moi oublient que ma mère me manque. Que son absence est un cri quotidien. Parce que je suis forte et que je l'accepte. On me dit que je suis forte et cette force qui semble être mon masque normal est aussi ma faiblesse.

Car je l'accepte en principe. Je l'accepte car il faut bien vivre. Je l'accepte car je ne peux faire autrement et que la vie c'est la vie et c'est la mort. Accepter c'est vouloir vivre dans la douceur. Mais accepter peut aussi vouloir dire pleurer silencieusement tous les jours. L'un n'empêchant pas l'autre.

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21 janvier 2014

Les archives de Pauline : pas assez de photos

Tu sais maman, tu aurais eu 74 ans aujourd'hui. Je sais, je sais, tu n'aurais pas voulu qu'on te le rappelle. Tu n'aurais pas voulu de fête et pas de cartes.

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Mais tu n'aurais pas dit non à un beau gâteau.

Tu n'aurais pas voulu qu'on prenne de photos. Tu n'aimais pas te faire prendre en photo. Je fouille dans mes albums et j'ai bien plusieurs photos de toi. Mais pas assez à mon goût. C'était avant le numérique tu vois. On prenait moins de photos dans ce temps-là et comme tu fuyais toujours l'objectif, je n'ai pas assez de photos de toi. Et si peu sur lesquelles tu souris. Tu ne souriais pas souvent sur les photos. Parfois un petit sourire. Mais tu disais que cela te faisais des rides. Tu ne serais sûrement pas contente de savoir que je poste des photos de toi sur Internet. Surtout celles où tu souris. Tu te trouverais mille défauts.

Aujourd'hui, tu aurais eu 74 ans. J'aimerais tant que tu sois encore ici avec nous. Mais je sais que tu es heureuse et en santé quelque part dans l'immensité de l'univers. Tu étais belle tu sais. Et tu serais encore si belle, même à 74 ans ! Oui, oui, je te le dis... et arrête de chialer, tu le serais, un point c'est tout. Tu veux un morceau de gâteau. Il est au chocolat.

 

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04 octobre 2011

Byebye Poppy Corn...

Ce n'est rien... mais j'ai quand même quelques larmes aux yeux...

Il y a déjà quelques mois... mon PisTout passait la tondeuse. Vous savez quand on a une cours... ben faut passer la tondeuse. Une des joies d'avoir une cours avec du gazon. On est bien content, remarquez, de passer la tondeuse !

Soudain... il arrive en courant dans la maison : "oh my god... viens vite dehors... j'ai passé proche de faire une catastrophe!!!" me crie-t-il sans plus d'explication. Je cours dehors... ne sachant trop de quoi il parle. "J'ai passé proche de faire quelque chose d'horrible" me répète-t-il encore. Il tremble presque... et je n'exagère pas. "Tu vois... je passais la tondeuse... je voyais une tache grise là-bas et je me disais que c'était sûrement un champignon ou une feuille... et sans plus y penser, j'allais passer dessus avec la tondeuse" "... la grosse tondeuse..." "Viens voir", me dit-il devant mon air interrogatif et complètement : mais de quoi tu parles?!?!?

Et là, je vois la tache gris dans le gazon... la tache grise bouge. C'est un minuscule petit écureuil... tout petit, encore les yeux fermé... tombé de l'arbre, du nid que l'on voit tout en haut... il crie, il bouge à peine... PisTout tremble encore et me décrit les images d'horreur pleines de sang qui passent devant ses yeux.

Mais rien n'est arrivé... il est là tout petit. Et on ne sait pas quoi faire ! On ne peut le remettre dans son nid... sa mère viendra-t-elle le chercher ? Va-t-il finir dans le ventre d'un chat errant, d'une corneille voisine ?

Je ne sais que faire... quelques recherches sur Internet plus tard... je sais qu'on peut le recueillir et le sauver. Mais que faire ? PCLaisser la nature suivre son cours ? Des bébés écureuils meurent tous les jours... c'est sûrement son destin. Mais je ne suis pas capable... il est là dans ma cours, devant chez moi et il pleure. Je vais le prendre et le mettre dans le noeud de l'arbre. Il pleure encore plus... semble perdu, semble chercher ma présence... il est seul.

J'appelle soeurette qui fut pendant longtemps une technicienne en santé animale et qui est la "maman chat" comme on l'appelle. Elle est radicale... "il mourra sûrement si tu le laisses là". Mais elle propose de le prendre. Elle en prendra soin.

Et c'est ce qu'on a fait. Je l'ai pris dans mes mains. Il a pleuré mais s'est blotti dans le creux de ma main. Et nous sommes allés le porter chez elle. Pendant 4 jours et 4 nuits, à tous les 4 heures (heureusement, maintenant traductrice, elle travaille de la maison), elle l'a nourri au biberon. Puis, il a ouvert les yeux. Il a passé ses jours et ses nuits chez elle. Accourant quand elle arrivait. Se blottissant sur elle. Jouant avec les chats...

Il était grand maintenant. Sa belle queue toute touffue. Il était magnifique. Il commençait à cacher ses pinottes dans les pots des plantes et se faisait des nids pour se cacher. Il courait partout, semait la pagaille, affolait les chats, se cachait dans le cou de soeurette quand il savait avoir fait un mauvais coup. Soeurette disait qu'une fois l'hiver passé, elle le ramenerait ici, et le laisserait aller... Il serait mieux dehors, mais avec moi qui serait là pour le nourrir un peu... car on le sait, je nourris les écureuils, malgré les ravages à mes fleurs !

Mais après l'hiver... car il était trop domestiqué et peu habitué à la nature et au froid... donc pas tout de suite. Il était en santé, vigoureux, plein de vie et d'espièglerie !

Et puis, ce matin, elle s'est levée... et il était mort. Sans avertissement... sans signe... sans cri... Il était simplement couché dans son nid. Elle ne comprend pas... et nous pleurons tous ce petit écureuil rescapé de la méchante tondeuse...

Ce n'était qu'un petit écureuil tombé de son nid... des écureuils il y en a partout ici... mais Poppy Corn, tu étais unique...

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