16 mai 2017

Nous sommes époustouflés

« On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner » [François de La Rochefoucaud]2017-05-17

Sans vouloir trop en faire un plat, nous sommes quand même un peu étourdis ce matin. Car hier, cela faisait bien 25 ans. Et demain, cela fera 14 ans. C'est incroyable, tout de même. Le 25 ans, je veux dire. 25 ans. C'est long 25 ans. C'est interminable. Et pourtant cela se passait hier, il me semble. 

Nous hésitons entre l'émerveillement et la stupéfaction. Nous sommes aussi confus. Doit-on faire quelque chose de vraiment spécial ? Oui, chaque année, nous soulignons ce moment, mais là, 25 ans, il nous semble qu'il faudrait insister un peu plus, non ?

Mais ce n'est pas comme si c'était un accomplissement incroyable ou extraordinaire. C'est juste la vie qui passe. Et nous l'avons simplement vu passer ensemble.

Mais nous n'en revenons pas. Ces 25 années nous surprennent alors que nous ne nous y attendions pas. Elles furent étonnantes et incroyablement banales. Souvent bien ordinaires, parfois inconcevables, parfois magnifiques. Mais elles ont passé si rapidement  que ce matin, elles nous étonnent tout simplement.

 

 

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24 décembre 2016

Joyeux Noël !

En attendant les cadeaux et la bonne bouffe en famille,

Mini-Brum vous souhaite un Joyeux Noël !

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18 septembre 2016

Le moment captif d'un dimanche : tête à tête

2016-09-18Having a sister is like having a best friend you can’t get rid of. You know whatever you do, they’ll still be there.” [Amy Li]

Elles s'aiment mais ne peuvent s'endurer. Hier, elles jouaient ensemble. Aujourd'hui, elles se chamaillent et s'affrontent. Elles se crient après puis elles s'embrassent. Les rivalités, les jalousies, les querelles. Les rires fous, la solidarité, l'amour inconditionnel.

Elles s'aiment à la folie, les petites soeurs. Même si elles ne peuvent se supporter. Elles se poussent, elles veulent de la tranquilité. La plupart du temps, elles ont envie d'arracher la tête de l'autre. Et puis, elles tombent dans les bras l'une de l'autre. Elles pleurent ensemble, se consolent, écoutent les peurs, les joies, les larmes. Elles ne pourraient vivre sans l'autre.

Elles ne se comprennent pas toujours. Et voudraient secouer l'autre, lui faire comprendre les choses. Puis, elles soupirent et se prennent dans les bras. Elles s'aiment comme elles sont. Les petites soeurs. 

If you don’t understand how a woman could both love her sister dearly and want to wring her neck at the same time, then you were probably an only child.” [Linda Sunshine]

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04 août 2016

L'ascendant d'Alexandre Postel

Ascendant02L’ascendant : roman /Alexandre Postel. — [Paris] : Gallimard, 2015. – 124 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-07-014908-7

Quatrième de couverture

Le narrateur, à la demande d’une psychiatre, raconte les événements qui, en l’espace de cinq jours, ont dévasté sa vie.

Tout commence lorsque ce vendeur de téléphones mobiles apprend le décès de son père, avec lequel il entretenait des rapports très lointains. Afin d’organiser les obsèques, le jeune homme se rend dans la petite ville où vivait le défunt et s’installe dans la maison paternelle. Il fait alors une découverte terrifiante qui le plonge, au fil d’un enchaînement insidieux de faux pas, dans une situation cauchemardesque.

On retrouve ici ce qui faisait la force du premier roman d’Alexandre Postel : une narration implacable et ironique, qui donne au récit la forme d’une tragédie. Le sentiment de culpabilité, au centre du texte, génère une atmosphère trouble et inquiétante : jusqu’à la dernière ligne, le lecteur hésite entre l’empathie, la révolte et l’effroi.

L’auteur

Alexandre Postel est né en 1982 à Colombes en France. Il fait ses études à Lyon et reçoit un diplôme en Lettres modernes. Il enseigne à Paris la littérature française en classes préparatoires. En 2013, il publie son premier roman, Un homme effacé, qui reçoit le Prix Goncourt du 1er roman, le Prix Ascendant01Landerneau Découvertes  ainsi que le Prix Québec-France Marie-Claire Blais.

Bibliographie

  • Un homme effacé (2013)
  • L'ascendant (2015)
  • Les deux pigeons (2016)

Mes commentaires [attention spoilers.... vous saurez tout ou presque]

Oh la la. Je vous jure que je voulais vraiment, mais alors là vraiment aimé ce roman. Et j'aurais voulu faire des commentaires positifs. Malheureusement, ce fut une lecture aussi rapide que difficile. Difficile d'aimer quand on n'arrive pas à croire à l'histoire.

Résumons un peu l'histoire et je vous avertis de nouveau, je dis presque tout. Un homme ordinaire, vendeur de téléphone de cellulaire, apprend que son père est mort. Il doit donc se rendre chez son père pour la succession et tout le tra la la qui accompagne le décès d'un parent. Cet homme banal nous raconte comment s'est déroulé ce voyage chez son père avec qui il n'avait plus que très peu de contacts. Son père était un homme solitaire, surtout depuis la mort de son épouse, et il gardait la porte du sous-sol fermée à clef. Et donc, une des premières choses que voulut faire le narrateur à son arrivée dans la maison de son père est évidemment de descendre dans le sous-sol - histoire de voir pourquoi, il ne pouvait jamais y aller - en pensant naïvement découvrir une cave à vin. Évidemment, le lecteur se doute bien que ce ne sont pas des bouteilles de vin qu'il va trouver. La quatrième de couverture nous a bien préparé : "Il fait alors une découverte terrifiante qui le plonge, au fil d’un enchaînement insidieux de faux pas, dans une situation cauchemardesque".

Et donc, on se doute tout de suite du genre de découverte qu'il fera. Ce n'est pas bien difficile à deviner et donc, je ne me sens pas coupable d'annoncer qu'il découvre une cage avec à l'intérieur une jeune femme. Il est évidemment horrifié, tente d'appeler la police, est incapable d'avoir une connexion, est pris d'un malaise, remonte, perd son téléphone, ne se sent pas la force de redescendre le chercher, décider de prendre des pilules et se couche. Il appelera demain. Et voilà. Bien sûr, le lendemain il est déjà trop tard et il hésite. Décide de la libérer lui-même, mais en attendant de la libérer - car il ne trouve pas la clef - il continue à la nourrir. Et le voilà pris dans l'engrenage. Il n'est pas seulement le complice de son père, il prend sa place.

Bien sûr, il se questionne. Il cherche à comprendre comment son père a pu faire cela, qui est la jeune femme, depuis combien de temps est-elle là. Il essaie de fouiller les souvenirs qu'il a de son père et sa relation avec lui. Il se sent coupable de l'avoir négligé. Il se dit que c'est peut-être sa faute, s'il s'était occupé plus de lui, il n'aurait peut-être pas séquestré une femme dans sa cave. Puis, il se rend compte du ridicule de son raisonnement. Et il continue d'avaler alcool, pilules et à chercher la clef pour sortir la pauvre victime de sa cage. D'ailleurs, elle semble bien s'y trouver dans sa cage, la victime. Et puis, peut-être son père voulait-il lui laisser en héritage la cage et son contenu. À la fin, il la libère, s'y prend très mal, la tue et l'enterre. Et oui, bon, ça ne pouvait que mal finir, non. Pas très surprenant comme dénouement... oh... et elle n'était pas la première occupante, non plus... pas non plus une grande surprise.

Alors, je relis l'histoire et je me dis qu'il y avait là matière à faire un bon roman. Mais j'ai été totalement incapable de croire à l'histoire. Tout d'abord, - et ça c'est la faute de l'éditeur - je me doutais avant même de commencer ma lecture de ce qui se trouvait à la cave. Ok, pas grave, je me dis, comme on nous révèle le "punch", c'est que le roman nous offrira autre chose. On plongera dans la vie du père, les questions du fils pour le comprendre, pour vivre avec l'horreur de ce que le père a fait, etc. On lira un peu ça, mais à peine. On ne saura rien du père. On n'a que le fils qui se prends dans un engrenage de procrastination. Et je ne suis pas arrivée à y croire. Il découvre une femme dans une cage dans la cave de son père mort et il n'appelle pas la police mais va plutôt se coucher en se disant qu'il appelera quand il se sera reposé et plus calme. Ben voyons donc ! Ce n'est pas tant qu'il n'a pas appelé immédiatement qui m'achale mais toutes les raisons qu'on nous donne. Il est facile de deviner pourquoi il n'a pas appelé tout de suite : parce qu'il ne veut pas dénoncer son père - même après sa mort ; il veut protéger sa propre vie, il ne veut pas subir l'enquête qui va suivre, les accusations sur son père et sur lui (on l'accusera de savoir, d'avoir été complice, etc.). Peut-être même qu'il a les mêmes travers que son père. Ça aurait été intéressant, ça.

Bon, on va me dire que c'est le but de l'auteur... de nous faire comprendre que le narrateur se ment à lui-même... peut-être mais alors, il a très mal construit son roman car je n'ai pas du tout senti ça. J'ai juste eu l'impression de lire la relation de cinq jours de procrastination interminable et peu plausible. On s'entend, je suis moi-même une procrastinatrice irrécupérable, mais je n'y aie pas cru une minute. Y'a quand même une limite à mettre ça sur le dos de la procrastination... et puis l'excuse de "je vais la sauver quand j'aurai trouvé la clef..." pas très crédible non plus. Si le personnage est supposé être aussi stupide et naïf c'est un peu trop gros pour moi. Je comprends bien que le personnage est lâche, et qu'il n'arrive pas à accepter ce que son père a fait, mais soit que le roman est trop court pour que l'auteur m'amène à croire que c'est pour ça qu'il ne passe pas cet appel, soit il manque quelque chose dans le texte. Roman sur la filiation, la culpabilité, etc.... oui, peut-être, mais en surface, vraiment en surface.

Et puis, il y a la narration. Le personnage raconte tout ça à un psychiatre - ou psychologue ou policier, je ne me rappelle plus trop. Il s'adresse à nous. On a donc des "vous le savez", et autres adresses directes. J'ai déjà lu des romans avec ce procédé narratif, mais ici, j'ai trouvé cela un peu lourd et que cela permettait d'escamoter bien des détails. Dans les critiques que j'ai lu, j'ai noté beaucoup de "glacer le sang", "rebondissements" "roman puissant, troublant, dérangeant" "effet de surprise", etc.  Et bien zéro pour moi. J'ai bien compris l'ascendant du père et du fils, mais cela ne m'a pas paru ni troublant, ni froid, ni crédible.

Le roman est vraiment court. On reste en surface, on n'approfondit rien, on ne sait rien. Certains disent que c'est le but de l'auteur... moi, je dis que c'est trop facile... On compare l'auteur à Camus, Poe... heu non...

Bon, je me trouve bien sévère... disons que ce fut une rencontre manquée.

Les mots de l’auteur

 « Ouvrir la porte de la cage, c’était tout ce qu’il y avait à faire. Encore fallait-il trouver la clef. L’obscurité de la cave ne facilitait pas mes recherches. Je me suis promis de régler au plus vite ce problème d’éclairage, mais il était plus urgent de trouver la clef. Partout, je l’ai cherché partout, dans la jarre où étaient rangées les cuillères, au-dessus du micro-ondes, à l’intérieur du frigidaire, sur les quelques étagères fixées aux murs – en vain.

J’ai écarté les bras en signe d’impuissance. J’aurais pu pourtant prévenir immédiatement la police. Il était encore temps de faire cesser la situation – terme commode, discret, sur lequel je m’appuyais pour désigner le crime dont je commençais à devenir le complice. Mais je n’ai pas prévenu la police, vous le savez, ni à ce moment ni plus tard, les faits sont connus. » p. 32

« Pour la première fois je prenais conscience de l’importance que j’avais eue, peut-être, dans la vie de mon père. Je n’avais jamais imaginé qu’il pouvait avoir besoin de moi, sans doute est-ce une chose que tout enfant a du mal à concevoir. Si je m’étais comporté autrement, si j’étais resté auprès de lui, si seulement j’étais venu le voir plus souvent, y aurait-il eu la cage ? Absurde. Ils étaient nombreux les hommes seuls, les veufs, les vieillards brouillés avec leurs enfants : ils prenaient un chien. » p. 66

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05 juillet 2016

Le reste de sa vie d'Isabelle Marrier

ResteVie01Le reste de sa vie : roman / Isabelle Marrier. — [Paris] : Flammarion , c2014. – 141 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-0813-1417-7

Quatrième de couverture

« Voici son dernier jour à la Xenon. Fin du charivari de biberons et de rapports, de trains de banlieue, de fêtes d'école, de mots d'excuse, de contrôles techniques et de vaccins en retard, et les gros chagrins à six ans et six heures du soir quand le frigo est vide et que le téléphone sonne. Désormais, elle prendra la mesure des choses. L'une après l'autre. Elle vivra une seconde enfance auprès des petites, goûtant à nouveau la naïve plénitude des choses minuscules, gommettes et gouttes de pluie. »

Délia aurait voulu que cette journée, la dernière avant son congé parental, soit réglée comme du papier à musique. Elle avait tout prévu, sauf de se laisser déborder par elle-même. Jusqu'à commettre l'irréparable. Ce court roman nous entraîne dans vingt-quatre heures de la vie d'une femme et nous fait assister, impuissants, à son destin qui bascule. En distillant subtilement tous les signaux d'alerte, ResteVie02Isabelle Marrier campe une inoubliable Délia et écrit une tragédie aussi parfaite qu'un crime.

L’auteur

Isabelle Pestre est née en 1965 en France. Après avoir dirigé pendant une quinzaine d'année une entreprise spécialisée dans la surveillance des médias, elle publie son premier roman La onzième heure en 2011. En 2012, elle publie son deuxième roman, La rencontre. En 2014, elle publie son troisième roman sous le nom d'Isabelle Marrier. Elle vie aujourd'hui à Versailles où elle continue d'écrire, tout en se consacrant à ses cinq enfants. 

Bibliographie

  • La onzième heure (2011)
  • La rencontre (2012)
  • Le reste de sa vie (2014)

Mes commentaires

Ce roman est court et terriblement efficace. Il semble tout d'abord assez inoffensif. On semble errer dans un quotidien banal. Une jeune femme, Délia, a décidé de prendre un congé parental pour s'occuper de ses trois enfants, principalement de la petite dernière, un bébé encore. Son mari, Jérôme, quoique peu enthousiaste à l'idée, peut supporter financièrement sa famille.

Le roman débute donc sur le matin de la dernière journée de travail de Délia. On suit la routine matinale de ce couple, de cette famille. Une routine ordinaire, quotidienne, anodine. Mais sous les apparences de la petite famille parfaite, il y a des fissures partout. Délia est épuisée, maladroite, oublieuse ; Jérôme est tyrannique, froid, à la limite du pervers-narcissique. Délia n'a qu'un souhait, passer à travers cette dernière journée pour se retrouver dans le calme de sa maison avec ses trois enfants. Ce matin qui débute le reste de sa vie est difficile à lire tant il est banal et tant chaque instant est décrit minutieusement et douloureusement. Chaque détail souligne la tension entre Délia et Jérôme. Chaque geste est difficile pour Délia. Et elle a peur, peur de déplaire à son mari, de faire un mauvais geste, de se tromper, de même demander la voiture pour cette dernière journée... cette peur est palpable. Tout comme l'arrogance de Jérôme, son dégoût, son mépris, son impatience, ses reproches, sa froideur. Ces premières pages sont pesantes, et pour moi, à la limite de l'insoutenable.

Une dernière journée, un dernier matin et elle sera libre. Elle doit passer à travers ces quelques heures, courir encore un peu : préparer le petit déjeuner pour toute la famille, préparer les lunchs pour les enfants, les préparer pour l'école. Tout en évitant de déplaire à son mari. Mais tout va mal, elle oublie tout. Elle finit par avoir le courage de demander la voiture à Jérôme car elle doit aller déposer les enfants à l'école et le bébé chez la nounou. Il est furieux. Elle part tout de même en voiture pour cette dernière journée de travail. Il fait chaud et elle court après le temps. Elle va porter les enfants, arrive en retard au bureau, parle aux collègues, songe à ce que sa vie sera maintenant. Ce que sera le reste de sa vie. Elle pourra se consacrer à sa famille et être la femme et la mère parfaite qu'espère Jérôme. Elle ne sera plus maladroite, oublieuse, elle ne fera plus d'erreurs. Mais rien ne se passera comme elle le veut et un oubli changera tout. Et le reste de sa vie ne sera jamais comme elle l'espèrait.

Un roman intense, dérangeant et horrible où on voudrait pouvoir tout changer. J'ai détesté Jérôme à en vouloir le tuer. Quel personnage détestable. Et Délia m'a exaspérée même si j'aurais voulu la bercer doucement. Le début lent et routinier est parsemé d'indices qui annoncent la tragédie de la fin. Je dois avouer que dès les premières pages, j'avais deviné l'irréparable annoncé dans la quatrième de couverture. Chaque mot amenait Délia a faire un ultime oubli. L'histoire d'une journée. Et quand on sait finalement, quand les appels se font,que les gens s'aperçoivent de tout, quand la chaleur est insoutenable, il est trop tard. Tout bascule.

L'auteur nous offre un roman triste, humain, angoissant, et enrageant. Je l'ai lu en quelques heures. Je l'ai aimé et détesté. Il m'a secoué et choqué, il m'a mise en colère. Beaucoup d'émotions. Trop peut-être. Une petite erreur peut faire basculer une vie. Le texte est bref, direct, délicat et efficace. Et j'ai lu le roman en criant presque que c'était trop évident, qu'elle devait se réveiller, que personne ne pourrait faire un oubli de ce gene... que... mais malheureusement, des vies ordinaires basculent parfois dans l'insoutenable à cause d'un instant.

Les mots de l’auteur

 « Telle est la  maison, ce lieu désarmé, d’où l’on entend tomber la pluie et venir le soir. Éloïse et Flore se blottissent, avec des bruits de moineaux, sur le canapé, face à la fenêtre ouverte sur le couchant. Elles sont petites filles en majuscule, claires et roses, à queue-de-cheval, rires ;a fossettes et douces joues. Elles sautent à tire d’ailes entre les meubles, campent sous la table, pirouettent des danses d’elles seules connues. Le plan de l’appartement n’a rien à voir avec leur géographie ; seule la lumière dessine les lieux de leur tranquillité et de leurs effrois. » p. 17

 « Chaque geste tricote chaque minute les unes aux autres. Ce qui est fait aussitôt avalé par ce qui est à faire. Ni œuvre ni regret, mais, au bout du compte, du sommeil dans des draps propres, les meubles sans poussière, Noël à temps, et si peu de fleurs. » p. 19

« Ce fut un commencement prolongé, jamais un dessein amoureux, mais une semblance d’accord qui s’obstinait ; il fallait en faire quelque chose.

Ils se comparaient, ils se convenaient. Le temps s’étaient mis à cisailler leurs vies, ils avaient besoin d’un avenir.

C’est le moment. Ils reposent leur verre, se sourient l’un à travers l’autre. Ils se promettent ce qu’ils ignorent. On se marie, on aura une voiture neuve et des enfants, on choisira des carrelages de salles de bains. Leurs mains laissent fuir des caressent, leurs phrases achèvent un amour ébauché, ce croquis banal qu’ils encadreront pour l’accrocher au mur de leur entêtement.

Rien ne dérive, rien ne se rêve. Tu as fermé le gaz ? Je ne t’aime pas. On a loué une maison en Bretagne pour quinze jours. Que fais-tu là ? Achète le pain en rentrant. J’ai coupé mes ailes, mangé mon cœur, et tu es là. Tu as fais le contrôle technique ? » pp. 101-102

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08 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : patient amour

2016-05-09"Le véritable amour d'une mère, c'est d'aider l'enfant à couper le cordon ombilical" [Jean Gastaldi]

Il veut jouer. Et encore jouer. Mais elle est fatiguée. Elle est vidée.

Elle n'en peut plus. Elle aimerait dormir. Elle veut s'enfuir. Elle a l'impression de s'être perdue.

Un jour, il ne voudra plus jouer. Un jour, il s'en ira. Il ne voudra plus l'écouter. Et il l'ignorera.

Et elle regrettera sa fatigue passée. Elle l'aura oubliée. Elle se sentira seule et âgée. Elle regardera des images usées.

Elle attendra. Il reviendra. Ils se retrouveront. Et ils riront.

"L'amour et la patience vont obligatoirement ensemble" [André Pronovost]

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28 février 2016

Le moment captif d'un dimanche : égratignure

2016-02-07"La parenté est comme un manteau d'épines" [Proverbe africain]

Qui a dit que c'était facile d'aimer sa famille ?

Parfois on ne l'aime pas du tout. Et c'est ok. On peut avoir de parfaitement bonnes raisons de ne pas aimer sa famille.

Mais très souvent on aime notre famille. On l'adore même et on ne pourrait s'imaginer vivre dans eux. Mais même si on l'aime, on se demande souvent pourquoi. On a parfois l'impression que c'est un travail douloureux et sans fin. Qu'il faut y travailler sans arrêt. Et que ce sont toujours les mêmes qui font les efforts. On tend la main, on écoute, on console, on conseille, on supporte et on prend dans nos bras... mais parfois on a l'impression qu'on ne reçoit en retour que des égratignures. Elle ne veut pas de notre écoute, de nos conseils. Elle supporte à peine nos bras et nos mots.

Mais on l'aime tout de même. Et on sait bien qu'elle nous aime aussi. Comme elle le peut. De sa manière à elle. 

"Prend-on la vie autrement que par les épines ?" [René Char]

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16 mai 2014

Choisir sa date

DSC_3142"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre." [Jacques Salomé]

PisTout et moi, on sait parfaitement que la date, c'est le 15 mai. Nous en sommes certains. En fait, j'en suis certaine. Car c'est la date du deuxième début de notre relation. Et je me souviens parfaitement de cette soirée.

Mais, 11 ans après le début de notre relation. 11 ans après une reconnaissance annuelle de ce 15 mai, nous nous sommes mariés. Étrange, après 11 ans, vous vous dites peut-être. Bon, peut-être pas, car ma vie ne vous intéresse pas tant que cela, je comprends parfaitement, mais j'ai envie de blablater alors tant pis, je vous dirai tout !

Après 11 ans de relation de "couple"... nous avons décidé de nous marier. Parce que en fait, nous partions pour l'Espagne et que pour les papiers c'était évidemment plus facile pour PisTout. Comme je suis citoyenne espagnole, et bien... faites le calcul. Au lieu des démarches pénibles pour visa et tout, ce fut papier rapide pour résidence. Donc, je suis capable de me sacrifier pour mon PisTout et j'ai dit ok au mariage. Ça vous surprend ? Et oui, c'est moi qui avait le plus de réticence au mariage. Pour moi, cela ne veut absolument rien dire de plus. Pas besoin de papier ou de cérémonie pour dire que j'aime. Et on s'entend qu'après 11 ans, cela ne changeait rien dans notre relation. Mais légalement cela nous donnait un sacré coup de main. Alors la décision fut évidente.

On a travaillé fort pour que cela se fasse près du 15 mai. Car oui, ça j'y tenais. Non, je ne suis pas romantique, je l'ai déjà dit. Mais cela ne veut pas dire que je ne peux pas être sentimentale parfois. Parfois. Je le souligne. Mais le 15 mai, c'était important pour moi. Et on a réussi à faire ce mariage un certain 17 mai 2003. Je vous épargne les détails. Je me laisserai sûrement aller à les raconter un autre mois de mai de toute façon.

Sauf que maintenant, on hésite toujours. Moi, je dis qu'il faut souligner le 15 mai. Mais la famille parle du 17 mai. Et bien que PisTout et moi ne sommes pas particulièrement attachés au 17 mai, ben, on a toujours une petite hésitation. Et donc, en général, on fait un compromis et on choisit le 16 mai.

Mais en fait, je blague... l'important pour nous c'est de le souligner tout simplement. Alors autant le 15 mai que le 17 mai, on se fait un clin d'oeil le matin. Et on se fait une petite soirée spéciale la fin de semaine avant ou après, c'est selon ce qui nous adonne le mieux. On n'est pas regardant sur la date ! Mais est-ce que la date exacte est si importante après tout ?

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27 juin 2011

Il y a dix jours, il y a 9 ans et 10 jours...

Le 17 juin, j'ai décidé de ne pas y penser. Pourtant, habituellement, je mets toujours un petit mot. Il y a 9 ans, tu es partie. OldPics00069 ans et 10 jours en fait. Car c'était un 17 juin, et le 17 juin, c'était il y a 10 jours.

C'est que parfois, j'ai l'impression que je t'en veux. Je t'en veux de n'être plus là. Et je t'en veux d'avoir abandonné. Et aujourd'hui, je ne peux te dire que tu m'énerves ou que je t'aime. Je ne peux pas te cacher mes émotions. Je ne peux pas faire semblant que tout va bien. Je ne peux venir te voir et juste discuter de tout et de rien. Je ne peux pas me dire que je ne peux pas te dire mes peines parce que je ne veux pas t'énerver avec mes tracas quotidiens. Et je ne peux pas me dire que j'aimerais bien te raconter mais que ce sera pour une autre fois parce qu'aujourd'hui je ne veux te dire que des banalités qui te feront sourire.

Je regarde des photos et j'ai l'impression que je t'oublie. Alors je mets des photos alors que tu étais jeune... avant que je n'existe.

Je te vois sourire et je ne me souviens pas de toi. J'efface ces moments où tu étais toute petite dans ton lit d'hôpital et j'oublie ton visage fatiguée. Je vois ce visage que je ne connais pas et je me souviens de toi.

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21 janvier 2011

Les archives de Pauline: Encore un anniversaire

Une mère c'est l'amour, oui c'est l'amour
C'est un roman à chaque jour
Le roman d'un vie
D'un instant ou d'une seconde

[F. Gignac]


21

Comme chaque année
à cette date, je pense à toi.
Je me lève et je te souhaite silencieusement
un joyeux anniversaire.

Puis soeurette appelle
et me dit:
"tu sais que c'est aujourd'hui?"
Je lui réponds toujours
"oui, c'est aujourd'hui".
Et puis papa m'appelle.
Je ne dis rien...
j'attends qu'il en parle s'il le veut.

Habituellement, il parle de tout et de rien
mais juste avant de raccrocher, il le dit:
"elle aurait eu... ans, aujourd'hui"
et je réponds toujours
"oui, et elle n'aurait pas été contente!"

Tu aurais eu 71 ans
et tu aurais rouspété, encore.
Je sais, je sais...
mais je te souhaite tout de même
un joyeux anniversaire maman...

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