07 octobre 2009

Des frayeurs en souvenirs - 2

Des rideaux blancs dans le noir... voilà tout ce qu'il fut nécessaire pour me causer une terreur presque quotidienne et inoubliable. Ma deuxième peur fut plus terrible, intense et courte. Elle ne dura que quelques heures, mais je dois avouer que jamais je n'ai ressenti une peur aussi forte. Une véritable "panique" irrationnelle.

La deuxième...

J'étais une jeune adolescente d'environ 15 ans. J'étais très indépendante et relativement sûre de moi. J'allais me promener seule ou avec mes amies au centre-ville. Je sortais le soir. Je gardais des enfants depuis mes 12 ans -et soeurette depuis mes 10 ans. Je restais seule chez moi sans problème.

Mes parents avaient été invités chez des amis. Je n'avais aucune envie d'aller chez des inconnus pour la journée et la soirée. Ils partirent donc avec ma soeurette me laissant seule chez moi. Malgré quelques recommendations d'usage, mes parents n'étaient pas du tout inquiets pour moi. Ils savaient que je pouvais très bien prendre soin de moi et que j'étais très prudente. Et ce n'était pas la première fois que je restais seule.

L'après-midi passe rapidement et très agréablement. Être toute seule dans la maison n'était pas fréquent. Je me souviens avoir écouter de la musique très fort ; avoir dansé dans le corridor ; parlé au téléphone sans me faire avertir ; m'avoir fait du pop-corn en plein après-midi et avoir mangé du gâteau pour souper. Un bel après-midi de liberté adolescente !

Puis après le souper, j'ai descendu au sous-sol pour écouter la télévision. Un film qui passait à la télévision. Je crois que c'étaitDSC_8887 Staying Alive, mais je ne suis pas certaine. En tout cas c'était un film léger. Il faisait noir dehors et il ventait très fort. La fenêtre du sous-sol donnait sur la cour arrière de la maison. Je regardais tranquillement la télévision. Un bruit dehors. Je lève les yeux vers la fenêtre. Silence. Je retourne à mon film. Un autre bruit plus fort. Je lève encore les yeux à la fenêtre. Rien. Je retourne au film mais je me sens un peu moins tranquille. Je me questionne... toutes les fenêtres sont-elles bien fermées en haut ? J'étais certaine des portes, mais pas des fenêtres.

Et puis là... un très très gros bruit se fit entendre dehors juste devant la fenêtre du sous-sol et une ombre noire derrière les rideaux... Une peur incontrôlable me prit tout d'un coup. Je suis monté en courant à toute vitesse jusqu'à la cuisine. Et là j'ai carrément paniqué ! Affolée, je ne savais pas quoi faire... (inutile de me dire, de regarder dehors, c'était hors de question... et je ne semblais pas pouvoir me rendre au téléphone qui était trop près de la fenêtre de la cuisine), j'ai couru au tiroir et j'ai pris le plus gros couteau de cuisine et je me suis enfermée dans la salle de bain. La seule pièce qui se verroullait et qui n'avait qu'une minuscule fenêtre inacessible de l'extérieur !

Et c'est couché - ou plutôt, recroquevillé sur moi-même - sur le tapis de la salle de bain avec le couteau dans les mains que j'ai passé les heures suivantes !!! Ce que je ressentais... je ne crois pas qu'on peut appeler cela de la "peur"... j'étais momifiée dans une terreur panique, complètement paralysée, à l'affût du moindre son. C'était, quand j'y ai repensé par la suite, totalement irrationnel !!! J'ai eu des peurs depuis ce soir-là, mais jamais je ne me suis sentie aussi terrorisée qu'à ce moment. Je me rappelle une sensation de froid, de calme bizarre et de blanc... Une terreur panique complète... Je sentais intérieurement que c'était ridicule mais je ne pouvais vraiment pas bouger !

Quand j'ai entendu l'auto de mes parents, je me suis levée rapidement et ouvert la porte. Tout était calme dans la maison, seul le bruit de la télévision se faisait entendre dans le sous-sol. J'ai couru ranger le couteau et je me suis pris un verre d'eau. Mes parents et ma soeur sont entrés dans la maison. Je les accueillis dans l'entrée.

"Alors, tu as passé une belle journée?" m'a demandé ma mère. "Oui, super", j'ai répondu. Ma soeur a couru au sous-sol pour s'empresser de changer le poste, en bonne soeurette insupportable qu'elle était à cette époque. J'ai descendu avec elle. La vie a repris son cours dans la maison. Des bruits dans le salon, dans la cuisine, des voix connues, des sons familiers...

Finalement, quelques heures plus tard, j'ai regardé dans la cour arrière. Sur la fenêtre du sous-sol, il y avait un grand sac de vidange noir.

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05 octobre 2009

Des frayeurs en souvenirs - 1

En ces temps remplis de coupables frissons, je me questionne un peu sur la peur. J'aime lire des livres qui vont me faire trembler de peur, j'adore regarder des films qui vont me faire retourner pour vérifier qu'il n'y a rien de surnaturel derrière moi... j'aime me coucher et penser en frissonnant aux dernières pages lues, aux dernières images vues... Puis m'endormir tranquillement... Ces frayeurs sont momentanées. Elles disparaissent tranquillement. J'aime bien regarder un film et avoir peur. Lire un livre et le poser car j'ai cru entendre un bruit inquiétant. Mais j'aime aussi que cette peur ne soit qu'éphémère et qu'elle ne soit que le résultat d'une lecture ou d'un film.

Mais il y a parfois des peurs qui sont réelles. Qui ne sont pas le fait d'un livre ou d'un film. J'ai parfois eu peur dans ma vie. Une fois, je me rappelle m'avoir fait suivre dans une rue près de chez moi... ce fut très épeurant... Et des peurs d'hôpitaux et de maladies et de mort ...

Mais de toute ma vie, je me rappelle de deux moments où j'ai vraiment eu peur. Une peur effroyable, incontrôlable. La première... une peur d'enfant, presque quotidienne. La seconde... une terreur d'une soirée.

0La première...

Quand j'étais enfant, ma mère travaillait. J'avais 4 ans. Avant l'arrivée de soeurette. Ma mère avait recommencé le travail et ne voulait pas que j'aille tout de suite à la garderie. Enfin, elle n'avait pas trouvé une garderie à son goût. Mais elle avait rencontré une dame et s'était liée d'amitié avec elle. Cette dame avait une fillette de mon âge et était une "mère à la maison". Elle offrit à ma mère de me garder. Je pris donc le chemin de sa maison tous les jours pendant un an.

Je m'entendais très bien avec la fillette, Nathalie, et nous passions la journée à jouer. Ce furent des moments très plaisants. Sauf pour les après-midis. En fait pour quelques heures des après-midis.

La dame était une adepte de la sieste après le lunch. Mais je me doute, qu'elle avait aussi besoin d'un petit break ;-). Tous les jours après le repas du midi, elle nous faisait faire une sieste pour une heure ou deux. Évidemment, elle ne nous permettait pas de dormir dans la même chambre, elle savait bien qu'on aurait joué et ri pendant toute la sieste. Et donc, sa fille dormait dans sa propre chambre et moi, je dormais dans la chambre des parents. C'était une grande chambre, avec de grandes fenêtres, avec de grands rideaux blancs.

Elle me faisait donc dormir dans sa chambre et elle fermait la porte. Et alors commençait pour moi, de longues minutes de terreur absolue. Et je n'exagère pas du tout. Je me rappelle très bien de ces moments que je n'ai jamais racontés à personne. J'étais complètement terrorisée toute seule dans le noir, dans une immense chambre inconnue, avec de grands rideaux blancs qui me semblaient voir remuer doucement. Combien de fantômes et de monstres vivaient dans ces rideaux, je ne savais pas, mais je savais que si je fermais les yeux, ils viendraient me... me... je ne savais au juste ce qu'ils me feraient, mais je savais que je ne devais pas fermer les yeux.

Je passais donc une heure, parfois deux, à transpirer sous les couvertes, avec seulement le haut du visage qui dépassait pour toujours observer ces rideaux blancs qui bougeaient... oui, oui, ils bougeaient... je pouvais le jurer. Et quand, la gentille dame ouvrait la porte pour voir si j'avais fini ma sieste, je me levais et je ne disais rien. Je n'ai jamais rien dit. Ni à elle, ni à mon amie. Ni à mes parents. J'avais peur. J'étais terrorisée. Mais je ne le disais pas. En fait, je me souviens avoir demandé une fois de laisser la porte ouverte, mais elle avait dit gentiment que cela m'empêcherait de dormir. Et elle avait fermé la porte.

Je crois que je me souviendrai toujours de ces rideaux blancs et des après-midis de terreur totale qu'ils m'ont procurés.

 

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05 septembre 2009

Les archives de Pauline: Histoire d'un visage

Rides2

Le jour se lève. En fait, habituellement, il est bien levé, quand moi, je sors de mon lit. La lumière du jour inonde propablement la chambre. Tout semble alors trop lumineux. Cela sent trop le réveil. Le début de la journée. Mes yeux ont toujours de la difficulté à se résigner à accepter cette clarté.

Je cherche un peu ce que je vais porter sauf si je dois sortir, alors habituellement, j'ai déjà décidé la veille. Même si je vais de toute évidence changer d'idée plusieurs fois avant de m'habiller. Ce moment dure une éternité.

Je me réfugie à la salle de bain. Malgré la lumière du jour qui entre par la fenêtre givrée, j'allume les lumières du plafond. Et je me regarde dans le miroir. L'image que je vois a changé au cours des années. En fait tous les jours j'observe une image différente. Un peu d'eau... de la crème autour des yeux... un peu de fond de teint... parfois un peu plus de maquillage, si je sors à l'extérieur... et ma journée commence.

L'autre matin, je me suis levée fatiguée. Le sommeil m'avait fuit une bonne partie de la nuit et j'aurais bien dormi encore quelques heures. Je me regarde dans le miroir. Des yeux ensommeillés m'observaient avec difficulté. La peau de mon visage m'apparu fripée et terne. Des plis couraient sur mon visage dans tous les sens. Ils entouraient les yeux, descendaient sur les joues, chatouillaient ma bouche et descendaient sournoisement sur mon cou.

Je me mis les deux mains sur le visage et quelques mots sortirent inconsciemment de ma bouche. Je ne les ai pas pensé... je n'y ai pas réfléchi... les mots sortirent sans que je m'en rende compte: "maudite vieille face ridée"... Et à l'instant où j'ai prononcé ces mots, j'ai entendu la voix douce de ma mère.

Chaque matin, devant le miroir de la salle de bain, elle prononçait ces mots. Je ne me souviens pas d'un temps où elle n'a pas dit ces quelques mots en se levant le matin. Et même parfois au courant de la journée. Elle les a prononcés à ses trente ans. Elle les a répétés pendant ses quarante ans. Elle les a marmonés durant ses cinquante ans. Et elle les a psalmodiés chaque jour de ses soixante ans. Les rides n'ont jamais été les mêmes, mais sa plainte n'a jamais changé. Elle a toujours vu dans le miroir un visage qu'elle n'aimait pas. Des plis qui l'offensaient quotidiennement. Ces lignes l'ont rendu triste chaque jour de sa vie.

Il m'arrive de me regarder dans le miroir et de m'étonner des changements que je vois sur mon visage. Et il m'arrive de répéter les mots tristes de ma mère. À l'occasion. Car mes rides, je ne les déteste pas. J'aimerais parfois qu'elles ne soient pas si évidentes, mais je sais qu'elles ne font que me rappeler le temps qui passe. Je n'ai pas peur de ma vieillesse, et je n'ai pas peur de mes rides.

Ces rides sur ma peau me racontent les pleurs et les rires des années qui ont passé. Elles me rappellent les moments difficiles et les moments heureux. Et je me souviens parfaitement quand certains plis ont fait leur apparition dans le coin d'un oeil. D'autres sont apparus sans que je ne m'en rende compte. À l'improviste, au détour de la vie. Les années passent tranquillement et dessinent mon visage. Tout simplement.

Sur le visage de ma mère, il y avait aussi tant d'histoires, tant de caresses, tant de larmes et soucis, tant de rires et baisers. Elle ne les voyait pas. Elle refusait de les écouter. Elle ne voyait qu'une peau flétrie qu'elle aurait voulu changer. Elle ne comprennait pas que si elle avait effacé ses rides, elle aurait perdu la beauté d'une vie remplie de moments uniques, difficiles et extraordinaires...

J'ai lu le visage de ma mère et j'y ai beaucoup appris. Et j'ai compris qu'il faut chérir chaque petit pli qui apparaît sur notre visage et sur le visage de ceux qu'on aime...

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19 juin 2009

Quelques mots...

"Having a sister is like having a best friend you can't get rid of. You know whatever you do, they'll still be there."

[Amy Li]

"Sisters annoy, interfere, criticize. Indulge in monumental sulks, in huffs, in snide remarks. Borrow. Break. Monopolize the bathroom. Are always underfoot. But if catastrophe should strike, sisters are there. Defending you against all comers."

[Pam Brown]

"A younger sister is someone to use as a guinea-pig in trying sledges and experimental go-carts. Someone to send on messages to Mum. But someone who needs you - who comes to you with bumped heads, grazed knees, tales of persecution. Someone who trusts you to defend her. Someone who thinks you know the answers to almost everything".

[Pam Brown]

"An older sister is a friend and defender - a listener, conspirator, a counsellor and a sharer of delights. And sorrows too."

[Pam Brown]

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17 juin 2009

Les archives de Pauline: Pardon

Mam2"On aime sa mère presque sans le savoir, et on ne s'aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu'au moment de la séparation dernière."

Guy de Maupassant


Me pardonnes-tu maman, les cris et les paroles méchantes de mon adolescence
Me pardonnes-tu maman, les soupirs d'exaspérations à l'écoute de tes conseils
Me pardonnes-tu maman, de ne pas t'avoir assez dit que je t'aimais
Me pardonnes-tu maman, de t'avoir reproché tes maladies et souffrances
Me pardonnes-tu maman, de t'en vouloir de ne pas être là, aujourd'hui

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06 juin 2009

Les archives de Pauline : Pauline à la plage

C’est Pauline à la plage. Elle vit à Montréal depuis quelques années maintenant. Mais elle part parfois la fin de semaine; de Pauline___la_plage1retour au village qui l'a vu grandir.


À quelques minutes du village de son enfance, il y a le terrain près du lac. Sur ce terrain, ces parents ont une cabane. Un jour, ces parents prévoient quitter Montréal, pour revenir dans ce village et bâtir sur ce terrain une maison, où ils passeront leur retraite. Sur le bord du lac de Massawippi.


Les jours chauds d'été, toute la famille profite de ce terrain sur le lac... pour venir voir un peu du soleil, loin de la ville. On arrive le matin, on s'installe sur le terrain et on prend du soleil en mettant parfois son orteil à l'eau.


Je n'aime pas particulièrement aller à la plage. Je trouve le temps long... le soleil trop chaud... l'eau inquiétante... et il y a toujours un pli sur mon ventre que je n'aime pas.


Les moments au soleil de ma mère que j'ai connus, ne ressemblaient pas au moment paisible de cette photo. Elle détestait l'eau. Elle détestait se mettre en maillot de bain. Elle détestait le sable qui s'infiltrait partout et qui ne voulait plus quitter les racoins qu'il avait envahi. Elle avait déjà aimé le soleil, mais elle ne le supportait plus qu'avec difficulté. Elle détestait avoir chaud. Elle détestait les gens couchés un peu partout, toujours trop proche, d'elle. Et surtout, elle détestait les plis sur son ventre.


J'adore la mer. J'adore la plage. J'adore l'odeur du sel et du sable. Mais, je dois avouer que je n'aime pas la plage. Je n'aime pas avoir chaud. Je n'aime pas le sable qui s'empare de tout. Je m'impatiente. J'essaie de lire. Je reste sous le parasol. Je vais rapidement dans l'eau, toujours craintive des choses que je vois pas et toujours attentive à toucher le fond. J'essaie de ne pas me mettre près des autres... pour toujours pouvoir écouter les vagues venir me dire pourquoi j'aime la plage.


Et je regarde les plis sur mon ventre. Je pense au ventre de ma mère. Qu'elle n'aimait pas. Ni ses cuisses. Ni ses bras. Pauline n'aimait pas la plage. Mais je me rappelle le sable chaud et doré. Je me souviens des châteaux chambralants que je contruisais. Puis la course vers ma mère qui m'appelait... Et ses bras qui m'enveloppaient d'une grande serviette. Je posais ma tête sur ses cuisses et j'écoutais les vagues... Et alors j'aime la plage.

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22 avril 2009

Les archives de Pauline - Les lumières du cinéma

cinemaIl y a longtemps que je n'ai pas pris le temps de me rendre dans une de ces salles. Et pourtant, j'ai toujours adoré aller au cinéma. Dernièrement, on dirait que je ne prends plus le temps de vivre cette expérience.

Le temps de choisir un film, me déplacer vers les lieux, acheter le billet, me diriger vers l'employé qui déchirera d'une façon irrémédiable ce même billet et me pointera distraitement la salle, me diriger ensuite vers ce comptoir qui me procurera ces maïs si délicieusement soufflés et m'asseoir ensuite dans un fauteuil souvent inconfortable. Et puis. Regarder.

Non, depuis quelques temps, je ne prends plus ce temps. Et pourtant c'est une expérience inégalable à mes yeux. Et une passion qui me vient de mon enfance.

Ma mère adorait nous amener au cinéma. Malgré l'expérience effroyable que cela devait être pour elle... je me rappelle de samedis après-midis dans un cinéma bondé d'enfants et de parents exaspérés... cela devait être pénible !  Enfin j'ai peine à m'imaginer à sa place... j'ai même de vagues souvenirs d'avoir trouvé les lieux bruyants (j'étais une petite fille très sage et discrète... et encore aujourd'hui, j'ai toujours le réflexe de vouloir baisser le son pour ne pas déranger... même au cinéma) !

Mais je me souviens que c'était une sortie très importante pour elle. Elle devait nous amener au cinéma. Bien sûr à l'époque, il n'y avait pas de magnétoscope... les seuls films que nous pouvions voir étaient à la télévision et bien entendu au cinéma.Et elle adorait le cinéma... les films étaient des oeuvres d'art de première importance pour elle.  Et elle aimait beaucoup de genres. Mais pour ma mère, vivre l'expérience du cinéma était unique. On devait aller au cinéma. Et on devait comprendre cette expérience et la vivre pleinement.

Cela semble difficile à comprendre ainsi, mais cela faisait du sens, croyez-moi. Aller au cinéma... c'était une sortie à ne pas prendre à la légère. On n'y allait pas tous les jours, ni même toutes les semaines. On devait choisir nos films avec soin et il fallait planifier toute cette journée: sélectionner le film et le jour, choisir l'ami qu'on pouvait amener avec nous, être tranquille toute la semaine, et puis surtout tranquille sur le chemin vers le cinéma.

Il y avait un cinéma en particulier qu'on visitait très souvent. La plupart des films de Walt Disney y jouaient... Je me souviens du nom "Cinéma Lumière", mais je suis incapable de le retrouver. Je devrai aller dans les archives de la ville de Montréal un de ces jours. Il me semble que le cinéma était sur Saint-Denis, mais rien n'est moins sûr ! Mais je me souviens qu'à chaque visite, on nous donnait une lettre. Ces lettres formaient le mot LUMIERE et si on rassemblait toutes les lettres du mot, on gagnait un prix ! Nous sommes allés un nombre incalculable de fois à ce cinéma, mais nous n'avons jamais formé le mot LUMIERE... nous avions beaucoup de E et plusieurs M et R mais nous n'avons jamais pu faire le mot ! Bizarre non ? ;)

J'ai vu Bambi, Fantasia, Bernard et Bianca et beaucoup d'autres Disney... et j'ai vu d'autres types de films, dont un film avec Claire Pimparé qui m'avait traumatisée car je voyais Passe-Carreau pour la première fois dans un autre rôle !!!

Ce sont des moments complètement fabuleux et parfois, j'ai dû mal à rattraper ces souvenirs... ils commencent à être flous. Mais ce dont je me souviens c'est la passion de ma mère, non seulement pour les films et le cinéma... mais pour l'expérience dans son ensemble !

Et il faut que je prenne le temps d'aller dans ces salles, parfois toute petite et toute vieille, parfois toute moderne et trop grande mais si confortable. Et m'installer avec mon pop-corn dans un fauteuil... puis observer pour voir s'il me faudra changer de place (si un grand vient s'installer devant moi, ou si ça jase trop en arrière) et puis regarder les "previews" (oui, parce que j'aime ça les previews moi !) et finalement... me perdre dans le film... que j'aimerais ou peut-être pas... là n'est pas la question... L'important c'est la visite au cinéma !

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21 janvier 2009

Les archives de Pauline: Frémissement

"L'amour d'une mère c'est comme l'air : c'est tellement banal qu'on ne le remarque même pas.
Jusquà ce qu'on en manque"


Pam Brown


Mam

J'ai cru sentir ton odeur l'autre nuit
ce mélange de crème, de parfum, de savon et de toi
Couchée dans mon lit
me questionnant sur l'année à venir
J'ai senti ton odeur.

Et j'ai su
Que la décision serait la mienne
Que tu me suivrais

J'aimerais que tu sois là
pour cet anniversaire
Déjà trop longtemps que
tu ne célèbres plus les années
qui ne passent plus pour toi

Mais je sais que
tu seras là
où que je sois

Bon anniversaire
Maman

 

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23 décembre 2008

Mission accomplie ! :D

Et bien voilà ! Il suffit de réduire le temps de cuisson de moitié... en fait, il suffit de rester assis devant le four et surveiller attentivement ! Et donc, après 4 ans de biscuits désastreux, mais mangeable ... j'ai enfin réussi... grâce:Biscuit2

- au sucre à glacer trouvé à 2 heures de route de Barcelone... Vive Perpignan !
- un nouveau four
- et une surveillance assidue du temps de cuisson

J'ai mes biscuits de Noël !!!!

Et je peux vous assurer qu'il y en a en quantité suffisante pour Noël...  et de différentes saveurs... J'ai même répondu à la demande spéciale de mon Pis.Tout (bon ça c'est le nom qu'il semble que je donne à mon copain... sans le savoir... non, non, pas "pitou", mais bien Pis.Tout... longue histoire qui vient du fait que je donne rarement des surnoms ou des noms affecteux aux gens... mais que je dis souvent "pis tout"... je sais sans rapport avec le post, mais comme j'appelle ma soeur soeurette dans ce blog, il fallait bien que je donne un nom à mon époux... et comme je déteste dire "mon mari"... bon... longue parenthèse pour rien ! soupirs ;) ).... je disais dooonnnc...

Mon
Pis.Tout voulait des bisucuits au beurre de pinotte... (parce que dire biscuits au beurre d'arachide, ça n'a pas la même connotation !) et que même si ces biscuits ne font pas partie de mon répertoire biscuitesque de Noël habituel, j'étais si fière d'avoir trouvé les bons temps de cuisson, que j'ai accepté de les intégrer exceptionnellement dans mes biscuits de Noël !!!

Et maintenant, temps pour une petite danse de victoire dans la cuisine...

"Fa la la la la, la la la la.
Tis the season to be jolly,
Fa la la la la, la la la la"


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17 décembre 2008

C'est une question de biscuits

Il y a une tradition chez moi. En fait commencée par moi ! Quand j'étais petite, j'adorais cuisiner et avec mon petit four - qui fonctionnait vraiment et qui devait être hyper dangereux, mais on ne pensait pas à cela dans le temps - je faisais des petits gâteaux de Noël. Puis j'ai suivi les recettes de mon livre de Blanche-Neige - je ne me rappelle que vaguement de ce livre dans lequelle Blanche-Neige et les sept nains cuisinaient, mais je me souviens d'avoir fait toutes les recettes. Finalement, vers l'âge de 11 ans, j'ai suivi des cours de cuisine, dans ce qu'on appelerait maintenant des "activités parascolaires". Et pendant ces cours, j'ai entre autres appris à faire nombres de desserts, une bûche de Noël à la crème glacée et des biscuits de Noël.

BiscuitQue je me suis empressée de reproduire chez moi. Je dois souligner que c'était les premiers biscuits maison que je goûtais et je les avais fait moi-même. Je crois me souvenir qu'ils étaient succulents, mais il faudrait vérifier auprès de ma famille ! Toujours est-il que j'ai répété la recette de nombreuses fois, mais toujours pendant le Temps des Fêtes. Jamais à un autre moment. Chaque année depuis mes 11 ans, je fais des biscuits... Et donc, cela fait 26 ans que je fais ces biscuits (et je vous prie de ne pas faire le calcul... tnon mais !). Évidemment, mes biscuits se sont sûrement améliorés pendant les premières années de réalisation. Mais c'est rapidement devenu une tradition. Chaque année, vers le 15 décembre, ma soeur et ma mère me demandaient quand je ferais mes biscuits. Mon père lui ne mange pas de sucre.. il n'aime pas, étrange mais vrai.

Je m'installais donc dans la cuisine un samedi ou un dimanche après-midi, et je faisais des biscuits, de toutes les couleurs, de toutes les formes... Et c'était toujours un succès. Ils disparaissaient vite et je devais en refaire une ou deux fois pendant la période des Fêtes. Une tradition annuelle... Même pendant les années difficiles de mon adolescence, entre deux crises de larmes, je faisais mes biscuits. Même pendant mes examens pénibles de fin de session, je faisais mes biscuits. Même en peine d'amour ou trop en amour, je faisais mes biscuits. Même quand j'ai quitté la maison, je venais faire mes biscuits chez ma mère ou alors je les préparais chez moi et je les amenais dans une belle boîte de métal.

J'ai toujours fait mes biscuits.

Et donc, il n'y avait aucune raison de ne pas les faire, une fois ici à Barcelone. Mais ce n'est pas aussi facile. C'est même un sacré bordel. Les deux premiers Noël, ce fut le sucre en poudre. Introuvable. J'ai finalement trouvé un petit flacon pour soupoudrer... j'ai besoin de 4 tasses minimum et c'est sans compter le glaçage. Modification de la recette. Sucre raffinée. Moyen... on peut toujours improviser les recettes mais les desserts c'est plus délicat. Résultat? Biscuits acceptables mais loin d'être parfaits. Trop granuleux. Mais mangeables.

Et puis, miracle... l'année dernière, je trouve à Perpignan du sucre en poudre dans des formats acceptables. J'achète, j'achète, j'achète... Parfait. Pâte parfaite... Mais c'était sans compter avec le four minus qui était inclus dans l'appartement. Seul le haut chauffe. Et donc après 1 heure au four (au lieu de 20 minutes) les biscuits ne sont pas cuits. Je laisse et évidemment, ils cuisent trop... On a donc des biscuits pas assez cuits et des tout secs... Tristesse... Oh, on les a mangé tout de même, mais ce n'était pas ça.

Cette année, je suis confiante. Nous avons encore du sucre en poudre et nous avons acheté un nouveau four. Tout démarre bien. Je viens de terminer ma première batch. Mais là c'est que le four est trop performant. Après 15 minutes, ils sont trop cuits... Ils sont bons, mangeables mais trop secs à mon goût. Je prévois donc faire une deuxième batch demain et ne les laisser que la moitié du temps.

Je finirai bien par y arriver !!! Souhaitez-moi bonne chance !!! ;)

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