11 juillet 2017

De la fabrication des fantômes de Franck Manuel

FabFantome1De la fabrication des fantômes / Franck Manuel.  — Toulouse : Anacharsis, [2016] – 121 p. : 20 cm. – ISBN 979-10 -92011-32-6

Quatrième de couverture

Aujourd’hui, il est le roi de la fête. Il a cent ans. Sous ses yeux fatigués s’agite sa descendance. Tous des étrangers. Sauf Lucie, belle, insolente, une lueur de cruauté dans
le regard. Elle n’a jamais eu peur de lui. Elle connaît pourtant la terreur qu’il inspire, cette histoire d’ogre, de passe-muraille, de chats mangés vifs.

Mais il faut qu’elle sache. Alors elle le traîne sur les lieux du drame, survenu trente-sept ans plus tôt. Ce sera son cadeau d’anniversaire.
Dans la petite pièce poussiéreuse, face au mur couvert de mots épars écrits au crayon gris, les fantômes vont prendre corps.
Franck Manuel invente peut-être ici un registre littéraire inédit : le terrible magique.

L’auteur

Franck Manuel est né en 1973 dans le département Le Loiret au sud de Paris. Il étudie en Lettres à Toulouse et travaille comme facteur. Il FabFantome2obtient son doctorat en 2006. Il enseigne le français au lycée. Il publie son premier roman « Le facteur phi » en 2013.

Bibliographie

  • Le Facteur phi (2013)
  • 029-Marie (2014)
  • De la fabrication des fantômes (2016)

Mes commentaires

2073, un homme célèbre ses 100 ans parmi sa famille. Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, conjoints, ils ont été le chercher spécialement pour l'occasion. Il ne les écoute pas vraiment, perdu dans ses souvenirs. Sa famille ne s'occupe pas vraiment de lui non plus. À part l'occasionnel "encore un peu de gâteau ?", ils l'évitent autant que possible. Il est vieux et il est probablement fou. Après tout, après la mort de sa femme, il a escaladé des murs, il a erré dans la cour des voisins, envahi la vie des gens à leur insu, s'est réfugié dans une maison abandonnée, a vraisemblement tué et mangé des chats et quoi d'autres... on ne le sait pas. Sa famille en a légèrement peur, sauf son arrière-petite-fille, Lucie.

Lucie n'a pas peur de lui et elle veut savoir ce qui s'est réellement passé. Elle lui prépare donc une surprise pour son anniversaire. Elle va le ramener sur les lieux de ses crimes, dans la maison abandonnée, où les ossements de chats furent retrouvés ainsi que des mots écrits sur les murs. Des mots, des phrases qui semblent sans sens. Elle veut savoir et espère que de ramener le vieillard dans cette pièce le fera parler.

Il ne parlera pas mais nous le suivrons dans ses souvenirs. Pas nécessairement ordonnés mais qui nous amèneront sur les traces de moments de son enfance, de son amour pour son épouse, son désespoir et son inertie face au cancer et à la mort de celle-ci, son voyage par-dessus les murs, chez les autres, sa découverte des mots mystérieux et impénétrables sur un mur, et sa fabrication de fantômes. De fantômes sanguinaires, obsessiifs et affamés.

Lécriture de Manuel est nette, douce et froide en même temps. Le roman est intriguant. Il m'a envoûtée pendant toute ma lecture. J'ai aimé ce soupçon de futur qui ne m'a pas semblé si loin, j'aurais moi-même 102 ans en 2073. J'ai aimé le côté fantastique des fantômes dévoreurs de chats. J'ai aimé ces murs à la fois obstacles, supports et libération. J'ai aimé suivre le cheminement de ce veuf apathique devant la maladie et la mort de son amour. Et pourtant, j'ai refermé le livre avec l'impression qu'il me manquait quelque chose... que je n'avais pas lu tout ce que j'aurais pu lire. Que des mots n'étaient pas là ou que je n'avais pas su les lire. Et pourtant... j'ai bien aimé les secrets, les sensations, les souvenirs, la folie et les fantômes.

Les mots de l’auteur

« La mémoire n’est pas chronologique. Elle est topographique. Une vaste mer. Des failles. Des îlots. Des volcans. Des cendres aériennes. Ce souvenir de gauche. Celui-ci de droite. Même si la notion de droite ou de gauche est relative en pleine mer. Quant à un éventuel centre… Sa conscience flotte et ride la surface sur laquelle, surgie d’on ne sait où, tournoie la robe blanche de Rosalie. » p. 1

Pour en savoir un peu plus…

  • Article dans le webzine SuperFlux : le Toulousain indispensable
  • Avis sur Babelio
  • Avis sur CritiquesLibres


31 octobre 2016

Joyeuse Halloween !

"Je rigole face au danger, ensuite je cherche un trou pour me cacher"

[Xander dans Buffy, the Vapire Slayer]

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C'est le temps des fantômes, des squelettes, des citrouilles et 

des peurs contrôlées - ou non !

Joyeuse Halloween !

Posté par Laila_Seshat à 09:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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25 octobre 2015

Le moment captif d'un dimanche : imperceptible

2015-10-12"Si l'oeil pouvait voir les démons qui peuplent l'univers, l'existence serait impossible." [Le Talmud]

Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui a passé un nombre incalculable de nuits la tête sous les couvertures. Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui laisse encore parfois une petite lumière dans le corridor pour qu'il ne fasse pas trop noir si elle doit se lever pendant la nuit.

Mais elle y a déjà cru. Intensément. Et pourtant, elle souhaitait désespérément ne pas y croire. Parce que les fantômes la terrorrisaient. Les ombres furtives dans la nuit de sa chambre la terrifiaient. 

Oh, pendant le jour, c'était bien plaisant d'y croire. Ses amies et elle se racontaient un tas d'histoires les plus horrifiantes les unes que les autres. C'était passionnant. Elles frissonnaient de peur en riant. C'était terriblement excitant.

Mais lorsque la nuit tombait et qu'il fallait se coucher, seule, dans un grand lit entouré de noirceur, elle ne trouvait plus cela excitant du tout. Elle fermait les yeux très fort et se répétait inlassablement que les fantômes cela n'existaient pas. Combien de nuits blanches a-t-elle passées dans le noir ?

Je ne crois plus aux fantômes, dit-elle en regardant attentivement la photo sur son écran.

"Si tout est illusion, nos illusions sont illusoires." [Alain Pontaut]

* Si vous cliquez sur la photo, vous la verrez en plus grand. Voyez-vous le fantôme que j'ai cru voir ? ;-)

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27 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : sac d'os

001"Fantômes : Signe extérieur évident, d'une frayeur interne." [Ambrose Bierce]

Un "bag of bones" et des fantômes illuminés. Voilà ce qui manquait au décor. Et voilà qui complète la décoration. Un "bag of bones", "bag of bones", "bag of bones", c'est comme un litanie. C'est plus horrifiant et chantant que "sac d'os".

Je ne peux m'empêcher de le répéter dans ma tête. C'est une obsession. Je place chaque os avec soin. Et puis je les entoure d'une ribambelle de fantômes. Les fantômes éclaireront les os. Toujours en répétant "bag of bones", "bag of bones", "bag of bones". C'est une obsession, je dis.

Je suis bien fière de mes ossements et de mes fantômes. Ils seront effrayant pour les enfants qui viendront chercher des bonbons. "Bag of bones", "bag of bones", "bag of bones".

Je vais me coucher. Les fantômes encore illuminés. Ils s'éteindront plus tard... le minuteur est bien programmé. Je m'endors doucement. Mes rêves sont remplis de brouillard. Des lumières envahissent le brouillard. Des lumières blanches qui dansent parmi des ossements. C'est une danse macabre euphorique. C'est artistique et horrifique. J'essaie de les chasser, mais je leur ai donné une vie, je dois les accepter. Je les rejoins donc en chantant joyeusement : "bag of bones", "bag of bones", "bag of bones".

"Les fantasmes sont comme les fantômes : ils n'obsèdent et hantent que celui qui leur donne naissance." [Maxime Chattam]

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26 octobre 2009

Quelques mots...

"Je ne crois évidemment pas aux fantômes. Si vous en aviez rencontrés autant que moi, vous n'y croiriez pas non plus." [Don Marquis]

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03 octobre 2008

Des livres et des frissons

Des rangées de livres... un silence sourd... des mouvements aériens... Malgré les changements technologiques, les supports modernes, les ordinateurs envahissants, les activités incessantes et la vie tourbillonnante des bibliothèques - ou autres noms que l'on peut donner aujourd'hui - on garde encore une image voilée, feutrée, indéfinissable de ces lieux.

Les livres - mais peu importe aujourd'hui le support - semblent tous contenir des secrets... L'information ouvre les portes, donne accès à la connaissance, mais semblent également contenir une part de mystère, de danger...
Ghosts
J'ai travaillé dans différents lieux, mais la dernière bibliothèque où j'ai travaillé était vieille... enfin une partie était vieille, dans un collège de Montréal en place depuis de nombreuses années... où quelques religieux se promenaient encore dans les couloirs. Des livres neufs, récents, des ordinateurs, et tout... mais aussi des rangées de livres plus vieux, certains très anciens... qui sentaient la poussière, le passé, mais aussi un mélange de secret et de révélation...

Est-il étonnant que dans le silence de ces rangés on entende des craquements indéfinissables, des bruissements discrets, que l'on sente les livres se déplacer ? Des mouvements obscurs du coin de l'oeil, des chuchotements imaginés...

Non ! Je n'ai jamais vu de fantômes dans la bibliothèque... que des mouvements délicats. Mais les bibliothèques semblent un endroit naturel pour les fantômes et l'année dernière -oui, je sais tout le monde a probablement déjà vu le lien, je le découvre aujourd'hui-

Et il y a bien sûr la fameuse bibliothèque Willard, dans l'Indiana oú les apparitions sont si fréquentes que des webcams sont installées en permanence afin de capturer des images des fantômes qui la hantent !

Posté par Laila_Seshat à 17:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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