05 mars 2017

Le moment captif d'un dimanche : oublier de dormir

2017-01-15"Avec les insomnies, on peut faire des bouquets noirs de grandes fleurs friables et crissantes comme le sable sous les dents." [Jean-Claude Pirotte]

Elle revient toujours cette vieille amie. Mon insomnie chérie.

Elle me quitte parfois pour quelques nuits. Elle se cache, fait semblant de m'oublier. Elle me donne tous les espoirs, mais jamais pour longtemps. Elle revient toujours celle qui sans cesse me poursuit. Mon insomnie chérie.

Elle revient blanchir mes nuits. Elle égratigne mes pensées ; les torture et les déforme. Elle les peint en noir. Elle les transforme en pantins difformes et grimaçants. Encore une fois elle est revenue cette cruelle ennemie. Mon insomnie chérie.

Elle me rejoint tranquillement chaque nuit. Elle devient une habitude. Elle est confortable. Je la connais. Je connais sa noirceur, sa fragilité, sa monstruosité. C'est une vieille connaissance. Elle reviendra toujours celle qui épuise ma vie. Mon insomnie chérie.

" Elles sont bien noires, les pensées des nuits blanches." [Edmond et Jules de Goncourt]

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26 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : simplicité

2015-05-03"Si les pissenlits étaient difficiles à cultiver, ils seraient les bienvenus sur toutes les pelouses." [Andrew V. Mason]

Je vois mon voisin se courber chaque printemps pour arracher ses pissenlits. Je fais de même. Et je le vois tout l'été se battre contre les mauvaises herbes, contre les insectes ravageurs. Je fais de même.

Et pourtant, c'est si beau une fleur. Fut-elle un pissenlit. Les champs de pissenlits près de chez moi sont comme un tapis d'or chaque printemps. Mais tout le monde déteste les pissenlits. Moi de même.

Oui, ils me donnent des allergies. Oui, ils sont envahissants. Oui, ils deviennent blancs.

Mais ils sont si simples. Si humbles. Si lumineux. Si invincibles. Si indestructibles. Si rayonnants. Si vivants.

Et cette simplicité ne fut pas facile à atteindre. Cette immortabilité fut un combat difficile. On pourrait croire que le pissenlit est une mauvaise herbe. Une fleur trop simple pour être belle. On ne s'arrête plus pour la regarder. Pour observer toute sa beauté. On se penche et on l'arrache. On l'asperge de poison dans l'espoir de ne plus la revoir.

Et pourtant, elle respire, elle vit, elle rayonne. Elle travaille fort pour ne jamais disparaître. Et lorsque nous, nous ne serons plus que poussière ; elle, elle brillera toujours. Celle que nous avons trouvé trop simple pour l'aimer, envahira notre tombe.

 "Avoir une vie facile est un but difficile à atteindre." [William Cowper]

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19 avril 2015

Le moment captif d'un dimanche : ce qui est important

Une rose est une rose est une rose..."La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine, une réalité." [Alfred de Musset]

Les roses, c'est important semble-t-il. Une rose peut tout changer dans une vie. Une rose c'est même une métaphore de la vie.

Il semblerait qu'une rose est une rose est une rose est une rose...

Une rose dans une cour inconnue est-elle plus ou moins importante qu'une rose dans ma cour. Est-ce uniquement le temps que je consacre à mes roses qui les rendent importantes. Cette rose inconnue ne m'appartient pas. Mais elle me semble importante aussi. Peut-être pas pour moi. Mais pour quelqu'un d'autre.

Et si la rose est éphémère, ma vie n'est peut-être pas réelle. Une rose est une rose est une rose est une rose, dit-on.

Et pourtant, la rose n'est pas ma fleur préférée. Elle me semble s'accorder trop d'importance. C'est une illusion pourtant. Chaque rose est une illusion bien réelle. Tranchante et touchante. Douloureuse et voluptueuse.

Chaque rose est une parcelle de vie éphémère. Importante. Car une rose est une rose est une rose est une rose...

"Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain, Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie." [Pierre de Ronsard]

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01 mai 2014

Les archives de Pauline : les pouces verts ?

SAM_0188Après mes déboires avec ma terrasse barcelonaise (ici, ici, ici et ici), j'avais bien hâte de revivre dans les fleurs et les plantes. Au Québec, j'ai une grande cour remplie d'arbustes, d'arbres et de vivaces. Chaque année, je joue à jardiner et potager. Je parsème des fleurs annuelles un peu partout. Je plante des légumes. Je fais des essais et quelques erreurs. Mais je réussis à fleurir, verdurer et légumer tout autour de ma maison.

Mais pas dans ma maison. J'ai bien quelques plantes chez moi. Pas beaucoup. Et pourtant il y a plusieurs années, dans mes appartements montréalais, j'avais de nombreuses plantes vertes. À Barcelone, comme sur mon balcon, les plantes intérieures avaient une vie difficile. Je m'étais donc résignée à vivre dans un appartement sans verdure.

Mais quand nous sommes revenus au Québec, comme pour l'extérieur, j'ai cru pouvoir reverdir mon intérieur. Les plantes vertes se sont multipliées dans les premiers mois: achats, cadeaux... j'ai même retrouvé mon laurier que j'avais laissé à mes beaux-parents à notre départ pour l'Espagne. De toutes les plantes qui ont trouvé le chemin de mon domicile, il m'en ait resté deux. Un palmier reçu en cadeaux et mon vieux laurier. Le palmier commence après 3 ans à faire de nouvelles feuilles mais ne grossit pas vraiment. Le laurier a finalement fait quelques fleurs l'été dernier et en décembre mais refuse toujours de grandir.

DSC_4873Et pourtant, j'en prend soin. Je suis toutes les consignes. Je bouquine dans mes dizaines de livres sur le sujet, j'internet sur des centaines de sites différents. Rien à faire. Et toutes mes autres plantes ont succombé. Je les ai changées de places... sait-on jamais, j'ai lu sur un site que les énergies sont importantes. J'ai nettoyé une à une chaque feuille pour me débarrasser de certains insectes. J'ai fait des calendriers pour suivre les arrosages... Je rêvais la nuit que je perdais mes pouces devenus bruns. Enfin, je suis devenue presque folle.

Comme ma mère avec ses violettes africaines. Ma mère n'avait pas un pouce très vert. Mais il était verdâtre. Elle arrivait à avoir de belles plantes. Quoique avec le recul, j'ai tendance à croire que les pouces verts appartenaient à mon père. Mais comme c'est tout de même elle qui s'occupait au quotidien des plantes d'intérieur, on peut dire qu'elle avait un peu de vert sur ses pouces. Sauf pour les violettes africaines. Elle voulait tellement avoir des violettes africaines. Ses soeurs en avaient. Ma grand-mère en avait. Et en fleurs. Et donc, elle en achetait. Elle en recevait en cadeau. Toujours de belles petites plantes bien vertes et bien en fleurs. Et puis, les fleurs tombaient et ne revenaient jamais. Jamais. À son grand désespoir. Elle demandait conseil à tous et chacun. Elle allait à la bibliothèque pour emprunter des livres. Elle allait dans les pépinières demander aux jardiniers. Elle suivait à la lettre tous les conseils. Et pourtant les fleurs tombaient de ses violettes africaines qui ne refleurissaient ensuite plus jamais. Et elle en devenait folle !

J'ai essayé aussi d'en avoir. Sans succès. Ma soeurette aussi. Sans succès. Jusqu'à son dernier appartement. Aujourd'hui, soeurette a une dizaine de violettes africaines toutes en fleurs toute l'année. Elle dit que c'est à cause de son appartement. L'ensoleillement et la centrale électrique à côté ! Peut-être qu'après tout les énergies environnantes influencent nos plantes... Peut-être un jour j'essaierai d'avoir des violettes africaines. Je l'avoue c'est un rêve. Mais je n'ose pas... pour l'instant, je ne rêve que d'un peu de vert et peut-être que mon laurier soit un peu plus fleuri.

Le mois dernier, soeurette m'a donné quatre autres plantes. Des faciles... des plantes araignées et des lierres... hum arums, je crois... enfin, j'ai toujours eu ces plantes quand j'étais jeune et elles ont toujours été belles. Sauf à Barcelone... sauf depuis mon retour ici. Mais là j'ai bon espoir. Elles viennent de son appartement et elles sont magnifiques. Et donc, je croise mes doigts verdâtres venant de ma mère et je croise mes pouces verts venant de mon père. Et je rêve d'un intérieur vert...

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17 juin 2013

Les archives de Pauline : cherchez la fleur

02Devant ma maison, il y a une multitude de tulipes. Presque toutes rouges, mais certaines roses, d'autres violettes. Et puis, il y a aussi des jonquilles. Toutes jaunes, elles sont les jonquilles, comme toutes les jonquilles.

Il y a presque trois ans, nous revenions d'Espagne. Nous aménagions dans notre nouvelle maison. C'était le mois d'octobre. Et j'ai couru acheter des bulbes de tulipes. C'était pratiquement une obsession. J'ai acheté des sacs et des sacs de tulipes. Il commençait à faire froid et j'ai tout planté très rapidement, découvrant au fil des trous que je creusais d'autres bulbes déjà cachés.

Alors qu'il y avait un million de choses à faire, un million de choses à acheter, je ne pensais qu'au besoin impératif d'acheter des tulipes qui bouillait en moi. Pour le printemps. C'est à peu près tout ce que je savais. Il faut planter les bulbes de tulipes l'automne pour qu'elles fleurissent au printemps. Et au printemps, fleurir, elles le firent. À ma grande surprise. Je n'en revenais tout simplement pas ! J'avais voulu des tulipes, j'avais planté n'importe comment des tulipes et maintenant j'avais des tulipes !

Des tulipes, des tulipes, des tulipes, partout autour de ma maison. Et l'année suivante et encore une fois cette année. Des tulipes, partout des tulipes. Mais il me fallut faire lire un peu aussi. Car des tulipes, je n'en avais jamais fait pousser. C'est relativement simple, quand même. Juste un peu long après la floraison. Vous savez, il faut laisser se faner les feuilles et tout.DSC_0680

Mais c'est si simple. On plante les bulbes à l'automne. Peut-être un peu d'engrais, un peu de farine de sang pour éloigner les écureuils, les ratons laveurs, les mouffettes, les lapins et les marmottes. Et puis, pouf, au printemps on a tout plein de tulipes.

C'est si simple. Trop simple. Et je me demande pourquoi je croyais que c'était si compliqué. Que c'était presque une tâche impossible. Enfin, c'est ce que j'ai toujours cru. Car ma mère a toujours voulu avoir des tulipes. Et jamais elle n'en a eu.

Chaque printemps, mes parents allaient au marché et de belles fleurs annuelles ils achetaient. Malgré son amour des fleurs, ma mère n'était pas trop jardinière. À genoux sur le sol à planter des fleurs, jamais je ne l'ai vue. Même l'entretien des plantes de la maison n'était pas son fort. Ses violettes africaines n'ont jamais fleuri. Pas le pouce vert, ma maman. C'est donc mon père qui s'occupait des fleurs extérieures. Mon père lui ce sont les mains complètes qui sont vertes. Il est incroyable avec le jardinage. Mais mon père, lui, les fleurs, il s'en fout un peu. Tout ce qui l'intéresse, c'est son potager. Tomates, piments, oignons... Alors, les fleurs, c'était une étape vite faite à la fin mai. Hop, on plante les annuelles faciles d'entretien, qui se trouve partout et qui fleurissent tout l'été. Et on les plante toujours au même endroit. On ne se casse pas la tête. Cosmos, bégonias, pourpiers, pétunias... Une année, ma mère a insisté pour des dahlias et des glaïeuls. Elle en a eus. Cet été-là. Car conserver les bulbes tout l'hiver, c'était trop compliqué. On ne savait pas trop comment faire. On nous l'a bien expliqué... mais pour mon père, c'était trop d'ouvrage pour des fleurs. Faire sécher ses graines de piments ou ses tomates, ça, pas de problème. Mais s'occuper de bulbes... ouf, non, trop compliqué. Alors... des tulipes ! On oublie ça.

Quand j'ai vieilli, j'ai commencé à planter les fleurs pour ma mère. Même une fois que j'ai quitté la maison, je venais pour l'achat des annuelles. J'ai réussi à diversifier les fleurs qu'ils achetaient. Et ensuite, c'est moi qui les plantais. J'ai même fait une belle rocaille de fleurs sauvages. Ma mère était bien heureuse. Mais pour les tulipes, je ne savais trop comment faire. Mon utilisation d'Internet en était à ses débuts, et bizarrement, je n'ai jamais pensé à prendre un livre sur le sujet. Je savais qu'il fallait les mettre à l'automne mais pour je ne sais quelle raison, cela m'apparaissait très compliqué. Alors ma mère n'a jamais eu de tulipes.

Chaque printemps, je regarde mes tulipes et je m'imagine qu'elle les admire elle aussi... Mes tulipes, maman, elles sont juste pour toi ! Tu me manques, tu sais...

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31 mars 2013

Le moment captif d'un dimanche : oiseaux de verre

2013Paques"Il y a le possible, cette fenêtre du rêve ouverte sur le réel" [Victor Hugo]

Un air de printemps se dessine. Sur la vitre d'une fenêtre flottante, l'oiseau gazouille doucement. Il chante la couleur qui l'entoure.

Pâques est ici et on se dit alors qu'on peut finalement croire que les fleurs rêvées vont bientôt nous envahir. La neige lumineuse et douce paisiblement disparaît. Il n'en reste presque plus. Encore un peu, ici et là.

Au détour d'une randonnée, ce balcon fleuri apparaît joyeusement. Les couleurs s'emparent de chaque coin. Des guirlandes, des fleurs, des oeufs, des oiseaux... le printemps quoi.

L'hiver m'a enveloppé. Avec joie, je me suis emmitouflée dans la neige et le froid. Mais petit à petit, j'ai commencé à rêver du printemps. Je me demandais où il se cachait vraiment. Et je l'ai trouvé... camouflé sagement, dans une cour intérieure, sur un balcon secret, d'une boutique discrète, au coin d'une rue silencieuse, d'un petit village joyeux.

"L'oiseau s'est libéré de la terre. Désormais, il sera prisonnier du ciel" [Valeriu Butulescu]

 

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05 août 2012

Moment captif d'un dimanche : fragilité

DSC_6013"Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir" [Matisse]

Sur le ciment insensible poussent ces fleurs fragiles. Elles semblent inébranlables et indifférentes. Oui,  elles semblent dures ainsi sans chlorophylle, mais je vous le dis, elles sont douces et exubérantes.

Sur les clochers d’églises, dans les ruelles bétonnées, sur le château en ruine et dans les coins ombragés, elles sont partout si on les cherche un peu, il suffit, dit-on, d’ouvrir simplement les yeux.

Elles se dressent, charmantes et charmeuses. Cherchant notre regard, souriant à nos clins d’œil. Et c’est avec grâce qu’elles nous accueillent, toujours troublantes et ensorceleuses.

"L'homme regarde la fleur, la fleur sourit" [Koan zen]

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17 février 2012

Bibliographie no1 : Des jardins et des livres

Fictions

  • Le jardin au bout du monde / Gabrielle Roy. -- 1975.  [Quatre récits. Le quatrième porte le titre du recueil. "Un jardin au JardinsLivresbout du monde est né de la vision que je saisis un jour, en passant, d'un jardin pleins de fleurs à la limite des terres défrichées, et de la femme y travaillant, sous le vent, en fichu de tête, qui leva vers moi le visage [...]" Gabrielle Roy]
  • Le jardin des Henderson : roman / Catherine Hermany-Vieille. -- 1991. [Mai 1929. Un romancier et son épouse quittent la Virginie pour Paris. Mais la vie à Paris n'est pas celle à laquelle ils s'attendaient. L'Allemagne menace et malgré leurs problèmes, ils décident de s'enfuir en Tunisie où ils achètent un terrain. Ils y construiront une maison entourée d'un jardin magique. Une nouvelle vie les attend.]
  • Le jardin du docteur Des Oeillets / Denis Monette. -- 2011. [Narcisse Des Oeillets est médecin. Il épouse une jeune fille du nom de Marguerite Fougère. Ils décident de créer un jardin dans lequel ils cultiveront des fleurs au nom de leurs futurs enfants. Ils auront 4 enfants: Rose, Iris, Violette et Jasmin. Mais la vie est loin d'être facile pour cette famille dont le père légèrement déséquilibré est plus horticulteur que médecin.]
  • Lila et les neufs plantes du désir / Margot Berwin. -- 2009 (Traduction de l'anglais). [Une jeune femme de 32 ans, newyorkaise jusqu'au bout des doigts n'imagine pas la vie ailleurs. Pourtant, sa vie sera complètement transformée lorsqu'elle achètera un oiseau du paradis. Les fleurs deviennent sa passion et elle part à l'aventure au coeur de la jungle du Yucatan pour découvrir les 9 plantes du désir.]
  • Le petit jardin des fées / Anne Duguël. -- 2010. [Trois petites filles se retrouvent pendant les vacances d'été à Pastourou, petit village du Tarn, et s'amusent dans un petit jardin clos qu'elles appelent le "Petit jardin des Fées". Le jardin appartient à la grand-mère de deux des petites filles, Vanille, 9 ans et Fleur, 7 ans. Mais cette année, un horrible drame arrive et elles ne viendront plus jouer dans le petit jardin.]
  • Quatre saisons parmi les fleurs / Janine Montupet. -- 2000. [Anicia subit un très grave accident. Elle y survit, mais est complètement défigurée et devient aveugle. Elle va vivre chez son oncle horticulteur et ses cousins sur une grande propriété près de Nice. Alors qu'elle tente de réapprendre à vivre elle se voit confronter aux secrets de sa famille.]
  • Le Roman de la Rose / Guillaume de Lorris et Jean de Meun. -- XIIIe siècle. [Voyage initiatique d'un poète dans le jardin du plaisir. Il y rencontrera la rose, véritable incarnation de la femme aimée.]
  • Rosa Candida / Audur Ava Olafsdottir. -- 2007 (Traduction de l'islandais). [À la suite de l'accident de voiture de sa mère, son fils Arnljótur décide de quitter sa famille. Un lien spécial unissait le garçon à sa mère, son jardin et sa serre où elle cultivait une rose très rare, la Rosa candida, et où Arnljótur a aimé Anna.]
  • La tulipe du mal / Jörg Kastner. -- 2011 (Traduction de l'allemand).[Au XVIIe siècle, les Pays-bas sont fous de la tulipe. Mais un meurtrier sème la terreur dans la population en tuant les citoyens et en laissant dans leur main un pétale d'une variété de tulipe inconnue.]
  • La tulipe noire / Alexandre Dumas. -- 1850. [Avec comme toile de fond la guerre franco-hollandaise, le roman raconte l'histoire de Cornelius van Baerle qui malgré les malheurs et péripéties poursuit son rêve de créer une tulipe noire.]
  • Un jardin en Espagne : retour au Generalife / Katia Canciani. --2006. [La rencontre d'une femme et d'un jardin. Au fil de ses promenades dans ce jardin d'Andalousie, une femme se rémémore sa vie et ce questionne sur ses choix, son destin.]

Documentaires

  • Au Jardin des émotions / Lorraine Bourgeois et François Perreault. -- 2008.  [Les auteurs nous montrent que jardiner ce n'est pas seulement cultiver la terre, mais aussi une expérience unique. La créativité, l'amour, l'amitié et les émotions font partie des jardins.]
  • C'était le printemps : la vie rurale traditionnelle dans la vallée du St-Laurent / Jean Provencher et Johanne Blanchet. -- 1990. [On nous présente la saison du printemps et les activités qui la caractérisaient à l'époque de nos ancêtres.]
  • Jardins oubliés, 1860-1960 / Alexander Reford. -- 1999. [Témoignage des magnifiques jardins du patrimoine québécois.  Plus d'une centaine de jardins est présentée nous révélant que la tradition du jardin au Québec a ses racines aux débuts de la colonisation.]
  • Les plus beaux jardins du monde : deux milles ans de créations / Jean-Paul Pigeat. -- 2003. [Promenade dans les plus beaux jardins du monde. L'auteur nous les présente, nous les raconte... Jardins d'eau, jardins paysager, etc. c'est un tour de jardins historiques, modernes, connus et inconnus.]
  • Printemps au jardin / Steven Bradley. -- 1999. [Idées, trucs et informations pour créer son jardin au printemps.]
  • La sagesse du jardinier / Gilles Clément. -- 2006. [L'auteur nous présente son métier de jardinier comme une voie vers la sagesse, comme un chemin initiatique. À travers ses expériences personnelles et professionnelles, il partage sa vision sprituelle du jardin.]

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17 juillet 2011

Le moment captif du dimanche : vitesse

DSC_2480a"La vie, ça bouge, ça bourdonne, ça construit et démolit, ça avance et ça recule. Et ça meurt" [Gilbert Langlois]

 "Allez... bzzz, bzzz, bzzz... ici et là... je n'ai pas une minute à perdre."

"Mais attends, regarde, ne vois-tu pas cette fleur si jolie, et qui sent si bon ? Arrête une seconde..."

"Pas le temps... la vie passe si vite, la fin est proche... demain, dans une semaine, dans dix ans, dans cent ans, nous ne serons plus là... je ne serai plus là... vite, vite, vite, il faut tout faire..."

"Mais si la vie est si vite passée, si elle est si remplie de vie, ne devrait-on pas s'arrêter pour la regarder passer ?"

"Bzzz, bzzz, bzzz... peut-être, mais il y a tant à faire, il faut construire et refaire ; défaire et reconstructurer... il faut lire et relire, apprendre et désapprendre... avancer et reculer... vivre et mourir."

"Mais cela ne durera qu'un instant, alors que les secondes ne sont qu'éternité. Pourquoi ne pas rendre cette seconde aussi belle que possible ?"

"C'est qu'il faut travailler, travailler, travailler."

"Je sais, je sais et je suis d'accord... mais rien n'empêche de semer un peu de vie dans cette vie. Un peu de couleur et d'odeur. On a beau construire et détruire, vivre et mourir... rien n'empêche de respirer un peu aussi, non?"

"Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs" [Montaigne]

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21 juin 2011

Les plantes, les hommes et les dieux - Michèle Bilimoff

Plantes1Les plantes, les hommes et les dieux : enquête sur les plantes messagères / Michèle Bilimoff. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, [c2006]. -- 126 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 2-7373-3657-0. -- Comprend une bibliogr. et un index.

Quatrième de couverture

Sorties de l'eau primordiale, les plantes ont peu à peu donné naissance à la vie sur terre. Elles étaient là depuis des millénaires lorsque l'homme y est arrivé.

Tout au long de cette nouvelle enquête, l'auteur a pu constater combien, depuis la nuit des temps, les humains avaient compris l'impotrtance vitale, essentielle et mystérieuse de la végétation. Dans toutes les religions du monde, au fil des siècles, les plantes ont symbolisé concrètement les forces inconnues, inquiétantes ou bénéfiques du Cosmos. Arbres, fleurs, fruit et même légumes- ont été investis de rôles essentiels: messagers auprès des dieux, lieu idéal pour leur donner naissance, dons capables d'attirer leur bienveillance…

Si les religions monothéistes ont remplacé les multiples dieux païens, les croyances dans les forces de la nature ont subsisté. Elles sont toujours là, au fond de nous, et de nombreuses preuves en sont apportées dans ce livre. Pourtant, la recherche accrue de l' " utilisable " estompe peu à peu le respect que nous devons à la végétation, malgré les risques pour sa survie… qui conditionnne la nôtre! Le souvenir de l'impotrtance vitale de cette végétation, si fortement perçue et vénérée par nos ancêtres, joint aux avertissements des experts et des défenseurs de la nature, doit tous nous inciter à la protéger!

L'auteur

Michèle Biblimoff a fait des études à l'École du Louvre où elle a obtenu un diplôme. Elle a ensuite étudier en anglais, en archéologie et en histoire de l'art. Elle a d'abord travaillé au CNRS comme ingénieur de recherche en archéologie où elle a participé à des travaux sur l'orfèvrerie et l'art du métal. Mais sa passion pour les plantes l'a menée à écrire de nombreuses oeuvres sur le sujet.

Bibliographie partielle:

  • Dictionnaire des poinçons de fabriquants d'ouvrage d'or et d'argent de Paris et de la Seine, 1798-1838 (1991) avec Catherine Arminjon et James Beaupuis
  • L'art du métal: vocabulaire technique (1998) - avec Catherine Arminjon
  • Enquête sur les plantes magiques (2003)
  • Promenade dans des jardins disparus (2005)
  • Les plantes, les hommes et les dieux (2006)
  • Français, Américain, Russe?, ou, L'insolite destinée de Gleb, artiste et homme de guerre (2008) - avec Gleb Plaxine
  • Les remèdes au Moyen-Âge (2011)

Résumé et Commentaires personnels

Les arbres, les plantes et les fleurs ont, très tôt, fait partie des religions ; parfois comme symboles des dieux, souvent comme intermédiaires entre les dieux et les hommes. De nombreux récits, mythes et légendes nous racontent la naissance ou l'origine des plantes ou nous expliquent leurs rôles dans dans l'histoire ou nos vies.

Aujourd'hui, dans un monde moins empreint des religions anciennes, les mythologies et la symbolique des plantes sont moins connues. Les arbres, les fleurs et les plantes font toujours partis de nos vies, ils nous entourent et se retrouvent dans nos jardins, nos maisons et sur notre table. Mais les plantes ne semblent plus avoir la même importance religieuse et symbolique.

Michèle Bilimoff nous raconte donc l'histoire de ces plantes. Elle retrace l'origine des croyances concernant les arbres, les plantes, les fleurs, les fruits et les légumes. Elle nous présente d'abord les "origines". En nous parlant de la naissance des plantes, elle introduit l'homme sur une planète déjà envahie par la végétation. Les liens entre l'homme et la végétation sont nombreux et surtout vitaux. L'homme est dépendant de la végétation pour vivre et survivre. Il est donc normal que celui-ci lui donne des pouvoirs, parfois bénéfiques, parfois maléfiques ou inquiétants. Les plantes demeurent mystérieuses pour l'homme et sont liées aux forces de la nature qu'il ne comprend pas bien. Elles prennent un aspect mythique et deviennent donc soit des dieux ou des intermédiaires entre l'homme et les dieux.

Les plantes régissent la vie des hommes et leur culture, leur cueillette, leurs utilisations sont rapidement ritualisées et réglementées. Il faut craindre et vénérer certaines plantes : " "Gardez-vous de briser les branches d'un arbre, n'oubliez pas que leurs tiges peuvent contenir des corps divins", écrit Ovide dans Les Métamorphoses."p.9

L'auteur s'attarde donc, tout d'abord, à nous présenter le rapport qu'avaient différents peuples avec les plantes. Elle nous présente ensuite le lien entre l'eau et les plantes, et donc, nous présente l'importance des plantes aquatiques qui sont liées à la création et à la naissance. Le lotus est un parfait exemple, et elle nous présente la symbolique de cette plante en Inde, en Chine et en Égypte.

Les arbres sont évidemment rapidement investis de grands pouvoirs... arbres de vie, cosmiques, sacrés, mythiques. En plus de nous introduire au rôle majeur que prennent les arbres dans les religions du monde, l'auteur nous parle plus en détail des croyances, mythes, légendes et symboles de quelques arbres: le chêne, le hêtre, le bouleau, le tilleul, le laurier, le peuplier, le platane, les conifères, les arbres fruitiers (le pommier, l'olivier, la vigne, ...), etc. Certains fruits et racines sont aussi présentés : la grenade, la pêche, la mandragore, le ginseng, etc.

Après les arbres, les céréales sont évidemment très présentent dans les mythes et légendes: le blé, l'orge, le maïs, le riz... Ces céréales d'Europe, d'Amérique, d'Asie, sont intimement liées à la vie quotidienne des hommes et sont empreintes de pouvoirs de renaissance et de sacrifices. Le livre s'attarde ensuite aux différents légumes. Moins présents dans les mythes et légendes, certains légumes sont tout de même très importants : l'ail, l'oignon, les fêves, ...

Les fleurs, sauvages ou cultivées, sont particulièrement liées aux dieux. Elles se retrouvent dans de nombreux mythes, soit par leur création, leurs attributs, ou leur offrande. L'iris, le lis, les roses, la violette, la pivoine, etc. ont toutes une légende ou une histoire fabuleuse. Les parfums et leur symbolisme sont également présents dans l'ouvrage.

Finalement, l'auteur résume ce que tous ces mythes et croyances sur les plantes peuvent signifier et leurs évolutions avec le temps. Elle reprend certains mythes et en approfondis l'analyse. Et en conslusion, elle nous rappelle l'importance des plantes pour notre survie.

Abondamment illustré, l'ouvrage est magnifique et très agréable à lire. L'auteur est une passionnée des plantes et cela se sent à travers les textes. L'auteur a également tenté de vraiment parcourir les légendes et croyances sur les plantes à travers le monde, même si elle s'attarde beaucoup plus sur les peuples méditérranéens.

L'ouvrage ne présente pas toutes les plantes, mais se concentrent plutôt sur quelques unes. L'auteur a voulu nous faire découvrir les croyances concernant certaines plantes et l'importance de ces dernières dans la vie des hommes. Le but de l'ouvrage n'était pas de répertorier toutes les légendes concernant toutes les plantes. On pourra donc parfois déplorer le silence de l'auteur sur certaines fleurs ou arbres, ou encore, la brièveté de certains articles. Mais c'est un choix de l'auteur et cela évite que le livre ne devienne un "dictionnaire". Bien que l'auteur nous présente plusieurs plantes, elle a laissé une grande place à l'analyse des origines de ces légendes, et à leur importance dans les religions antiques.

Extraits

"La rose avait aussi été attribuée à Bacchus, peut-être parce qu'elle avait (comme le lierre) la réputation de calmer l'ivresse. Dans les banquets les convives se couronnaient donc parfois de roses." p 79

"Toutes ces tristes légendes sont cependant pleines d'espoir, montrant que la jeunesse et la beauté perdues peuvent donner naissance à d'autres formes de beauté, à une résurrection sous une autre apparence." p.83

Sources à consulter

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