26 juin 2017

Dolmen de la Creu de Falibe

Lorsque nous habitions à Barcelone, nous avons reçu beaucoup de visites. Famille et amis sont venus nous voir et surtout visiter les environs. Nous faisions évidemment le tour des choses à voir à Barcelone. C'était facile. Il y a tant de choses à visiter... églises, musées... en fait chaque rue a quelque chose à voir. Les gens restaient souvent plusieurs semaines et donc, nous sortions aussi souvent de la ville. Habituellement, nous amenions les gens voir des DSCN7696endroits que nous avions "testés" : villes, villages, monastères, abbayes... Nous amenions les gens à des endroits que nous avions visités et aimés.

Parce qu'il y avait toujours une sorte de stress bizarre qui accompagnait nos visites. Pour une raison incertaine et irrationnelle, nous - enfin, surtout moi - avions toujours peur que nos invités soient déçus par ce que nous les amenions visiter. Donc en allant voir des endroits connus et que nous aimions bien, on avait moins de chance de décevoir. Je sais que c'est un peu stupide mais nous voulions vraiment que nos visiteurs aiment leur voyage.

Mais évidemment, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, tout le temps. Et des endroits que nous trouvons extraordinaires peuvent sembler ordinaires à d'autres. En général, nous allions voir nos valeurs sûres et c'était parfait. Parfois les gens sont un peu moins enthousiastes que nous, mais toujours contents de la visite.

566_09 Visite d'AnnikUne amie est venue nous visiter pendant quelques semaines. Comme d'habitude nous avons visité Barcelone qu'elle a adorée. Puis, nous avons fait quelques petites excursions en dehors de la ville. Nous avons visité quelques villages espagnols et aussi fait un saut dans le Languedoc et dans les Pyrénéées-Orientales. Que des endroits que nous avions déjà vu. Tout se passait super bien. On se dirige vers Castelnou, un petit village que nous aimons bien pour prendre le repas du soir avant de retourner à Barcelone. La journée à été longue, chargée mais superbe. Et puis, je vois sur la carte qu'il y a un dolmen pas trop loin. Vous me connaissez... j'adore les dolmens. Je suggère de faire le détour avant d'arriver à Castelnou. Cela ne semble pas loin, mais vous connaissez les petites routes campagnardes dans les montagnes... tout est tortueux et prend un millions de fois plus de temps que la carte ne le laisse entendre.

On arrive enfin à un croisement avec un petit chemin. Un panneau indique "Dolmen". On devrait y arriver bientôt. On quitte la D2 et on prend le petit chemin. Mais c'est encore long... ça prend un temps fou. Evidemment, comme je commence à trouver que cela prend beaucoup plus de temps que prévu, j'ai l'impression que le chemin est interminable. PisTout est habitué à ce que ce soit si long, ça nous arrive souvent de faire des heures de voitures pour voir uniquement un dolmen, une chapelle, une rivière. Mais pas notre amie. Elle ne dit rien mais j'ai peur qu'elle ne soit fatiguée et qu'elle trouve que nous perdons notre temps dans des routes sinueuses pour aller voir un tas de roches. Il commence à se faire tard et nous devrons revenir sur nos pas pour aller à Castelnou qui est encore loin.

Je commence à stresser. Ce dolmen a besoin d'en valoir la peine. Ils sont parfois en piteux états. À mes yeux, ils sont tout aussi fascinants, mais je reconnais qu'ils sont parfois assez ordinaires et à peine visibles. Nous arrivons à un autre croisement avec un plus petit chemin. On s'engage avec la voiture. Et après quelques minutes, il est là, tout près de la route. Je respire.568_09 Visite d'Annik

Il est en bon état. Il semble avoir été restauré. Et il se trouve au centre d'un cairn circulaire (tumulus de pierres). Nous n'en avons pas vu beaucoup ainsi. Je suis très contente. Il est magnifique. Nous en faisons le tour. Il en valait la peine, c'est certain. Et la pierre de couverture est couverte de symboles... Récents, anciens, je ne le sais pas encore, mais je suis toute énervée.

Mon amie semble contente. Mais je la sens fatiguée. Je sais que ce fut beaucoup de routes pour quelques pierres ; même si elles ont été assemblées il y a trois milles ans ; même si elles ont protégé la dépouille d'un ou d'une inconnue. Ce n'est pas tout le monde qui a les larmes aux yeux à la vue d'un tas de pierres. Je pense que mon amie était quand même impressionnée par le site. Mais le soleil tombe rapidement et nous avons un petit village à rejoindre si on veut manger avant que le restaurant ne ferme.

Mais j'ai appris la leçon... finis les détour  interminable  à la tombée du jour, pour aller voir des pierres. Aussi anciennes et remplies d'histoires soient-elles. Hum... vraiment ?

Caractéristiques

  • Nom: Dolmen de la Creu de Falibe
  • Autres noms: La Creu de la Llosa
  • Légende :
  • Situation: Saint-Michel-de-Llotes, Département des Pyrénées-Orientales, France.
  • Coordonnées : Latitude: 42.634216N  Longitude: 2.643614E
  • Altitude : 466 mètres.
  • Axe : Nord-Ouest / Sud-Est
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen avec cairn (tumulus de pierres)
  • Âge: Néolithique final, fin du IIIe millénaire
  • Découverte : Étudié pour la première fois en 1930 par  Eugène Devaux
  • Restauration : Restauré en 1996 par J-Ph Bocquenet.

Description

Le dolmen se trouve au centre d'un cairn (tumulus de pierres) d'un diamètre d'environ 10 m. délimité par un cercle de grosses pierres. La chambre principale est rectangulaire et a une dimension de 2,5 m. par 1,5 m. Elle est faite de quatre pierres, fermée au Nord par une autre dalle plus petite et est couverte d'une grande dalle de 1,95 m par 1,30 m. gravée de lignes, croix et autres marques et signes. Les croix seraient certainement une christianisation des signes gravés. Elle a une épaisseur variant entre 15 et 25 cm. Une rigole fait le tour, possiblement pour récupérer un liquide. On suppose que la dalle aurait pu être utilisé pour faire des offrandes aux morts ensevelis sous le dolmen.

Le site a été étudié par Eugène Devaux en 1930. Mais il aurait été pillé avant sa découverte officielle. Peu de vestiges a donc été retrouvés : quelques tessons de poteries. Le dolmen et son cairn ont été restaurés en 1996 par J-Ph Bocquenet. Le cairn a été constitué de pierres de shistes de 7 m. de large. Pour toutes les dimensions des dalles ou pour plus d'information sur la datation du site, visitez les sites mentionnés plus bas. Plusieurs indices laissent supposer des destructions ou des déplacements de pierres.

Il y a deux autres dolmens à visiter tout près. Les dolmens sont situés sur un chemin de transhumance utilisé depuis des siècles. On dit que les bergers laissent une marque sur la dalle du dolmen de la Creu de Falibe lors de leurs passages afin de les préserver eux et leurs troupeaux de tout ce qui peut nuire à leur santé.

Pour en savoir plus

  • Article sur Wikipedia
  • Informations sur le site Lieux insolites en France et ailleurs
  • Informations sur le site Les Pyrénées-Orientales
  • Fiche sur The Magalithic Portal
  • Fiche sur le site Mégalithes du monde

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15 mars 2017

Dolmen des Fados

Depuis notre retour au Québec, nous nous ennuyons beaucoup de nos petites escapades catalanes et françaises. Nous partions souvent une journée ou un week-end pour explorer la campagne ou les petits villages aux alentours de Barcelone. Et donc, il y a deux ans, quand nous sommes allés voir mon père en Espagne, nous en avons profité pour prendre la voiture et partir sur la route pendant quelques jours. Nous avons beaucoup exploré le Languedoc. Alors là, vraiment beaucoup. C'est un de nos endroits préférés. Mais il reste bien sûr tant de choses à y découvrir.

Et donc, nous avions été visité le magnifique village de Minerve et nous retournions vers notre auberge, un peu fatigués mais très contents de notre 2314djournée. Et puis, alors que je regarde le paysage défilé, jevois soudain un petit panneau avec le mot dolmen. C'est rapide, mais je l'ai vu ! "Oh, un dolmen", je crie littéralement. Mon PisTout soupire. Il me connait trop bien. "Tu veux y aller ? Il commence à être tard." " On y va quand même". Il soupire mais rebrousse chemin. Je regarde sur notre carte. "Je crois que c'est le Dolmen des Fades".

On arrive au site rapidement. Il y a même un endroit bien aménagé pour laisser la voiture. Et des panneaux qui nous expliquent les caratéristiques du dolmen qui semble bien grand. Nous marchons rapidement jusqu'au site, car, en effet, il commence à se faire tard.

Nous apercevons des pierres au loin. On s'approche. Et c'est impressionnant ! Beaucoup plus grand que je ne l'imaginais. Oui, j'avais bien lu la description dans le stationnement, mais je ne m'attendais pas du tout à cette ampleur. Et oui... je sais que tout cela a été restauré, et que tout n'est pas exactement comme on l'a découvert et surtout comme cela était il y a des millénaires... Mais je suis tout de même émue 2314cen approchant. Je ne suis pas seule, PisTout a bien beau rouspété à chaque fois que je veux aller voir un dolmen ou un menhir... il est émotionné lui aussi. Nous sommes impressionés par l'ampleur du site, sa beauté, son histoire.

Nous sommes seuls sur le site. C'est silencieux. Et la nuit tombe petit à petit. On ne peut que se sentir projeter dans le temps. La magie du lieu nous affecte beaucoup. Nous marchons doucement tout autour en prenant beaucoup trop de photos. Puis, nous nous essayons tout près pour l'admirer en silence. Je suis vraiment ébranlée par l'énergie que dégage l'endroit. J'ai soudainement l'impression que nous sommes seuls au monde et que nous ne quitteront jamais ce dolmen. Il sera notre tombe aussi. J'ai un frisson.2314f

Il faut dire qu'il commence à faire vraiment noir. La nuit est presque tombée et on ne voit plus grand chose. Il serait peut-être temps de rebrousser chemin et de dire nos adieux au Dolmen des Fados avant que les fées ne fassent leur apparition et nous retiennent prisonniers de ce lieu éternel. On commence à marcher en direction du stationnement... et je dois avouer que j'ai eu un minuscule moment de panique car la nuit a tombée d'un coup et il faisait vraiment noir. La forêt apparaissait beaucoup plus dense qu'il y avait à peine quelques minutes et le chemin semblait nous échapper.

Mais nous avons retrouvé la voiture et repris la route la tête remplie de poésie et d'émotions.

Caractéristiques

  • Nom: Dolmen Lo Morrèl dos Fados (Dolmen du coteau des Fées)
  • Autres noms: Dolmen de las Fadas (Dolmen des Fées) - Dolmen des Fados - Dolmen des Fades - Dolmen de Pépieux - Allée couverte du Mourrel das Fadas
  • Légende : Le dolmen des Fados est également appelé "Palet de Roland" par les locaux car selon la légende le neveu de Charlemagne, Roland, y aurait laissé l'empreinte de sa main.
  • Situation: Pépieux, Département de l'Aude, France. Le dolmen est situé sur un coteau dans un bosquet de pins.
  • Coordonnées43° 18′ 45″ nord, 2° 40′ 48″ est
  • Axe : sud-ouest / nord-est
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen - Allée couverte ou Dolmen à couloir large
  • Âge: Bâti à la fin du Néolithique vers - 3000 (donc, plus de 5000 ans) - Toujours en usage au Chalcolithique (ou Énéolithique) et au début de l'Âge du bronze
  • Peuple : Culture de Véraza ou peuple du Vérazien
  • Protection : Inscrit 1943, Classé 1969
  • Restauration : Travaux de sauvegarde à partir de 1962, sous la direction de Jean Guilaine. Consolidation générale en 1972. Remise en état à la fin des années 1990. (Voir détails sur le blogue Lieux sacrées)

2314bDescription

Galerie de 24 mètres incluse dans un tumulus d'environ 35 m. La galerie comprend trois parties :

  • 1 couloir de 12 m. de long par environ 2 m. de large et constitué de piliers en murets de pierres sèches
  • 1 antichambre de 6m. comportant une table de couverture de 6.70m. de long par 2.80 m. de large et pesant environ 9 tonnes
  • 1 "cella" terminale qui est barrée par une dalle de chevet.

L'allée couverte comporte également deux portes qui délimitent l'espace à l'intérieur.

C'est le plus grand dolmen du midi de la France.

De nombreux vestiges y furent découverts : ossements, tessons, poteries, armes, etc. dont le fameux poignard métallique (voir article dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française).

Pour en savoir plus

 

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21 septembre 2016

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Roi02Le roi disait que j'étais diable : roman / Clara Dupont-Monod. — Paris : Grasset, [2014]. – 236 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-246-85385-5

Quatrième de couverture

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…

Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.

Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible. Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

L’auteur

Clara Dupont-Monod est née à Paris en 1973. Elle étudie à la Sorbonne en Lettres et obtient une maîtrise en ancien français. Elle travaille d’abord comme journaliste pour le magazine Cosmopolitan. Elle rejoint ensuite le magazine Marianne et en 2007, elle est nommée rédactrice en chef des pages Cultures. Elle travaille également pour la radio et la télévision dans diverses émissions.Roi01

Elle publie son premier roman Eova Luciole, en 1998. Elle continue à écrire et plusieurs de ses romans sont listés pour des prix littéraires. Elle obtient le prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire pour son 4e roman, La passion de Juette ainsi que le prix Point de vue pour Le roi disait que j’étais diable.

Bibliographie partielle

  • Eova Luciole (1998)  
  • La folie du roi Marc (2000)
  • Histoire d'une prostituée (2003)
  • La Passion selon Juette (2007)
  • Bains de nuit (avec Catherine Guetta (2008)
  • Nestor rend les armes (2011)
  • Le roi disait que j’étais diable (2014)

Mes commentaires

Ce roman est tout simplement parfait. Pour moi en tout cas. Pour vous, je ne sais pas. Mais j’adore me plonger dans l’époque médiévale – peu importe l’époque, car le Moyen âge est vaste – et Clara Dupont-Monod excelle à nous raconter cette époque. Dans Le roi disait que j’étais diable, elle nous raconte Aliénor d’Aquitaine. Elle nous fait vivre sa version d’une partie de la vie tumultueuse de cette reine unique.

Aliénor est jeune, libre et l’héritière du duché d’Aquitaine. Elle est cultivée, a une éducation soignée et aime profondément son pays, l’Aquitaine. Après la mort de son père, Guillaume X, duc d’Aquitaine, elle épouse, en 1137, à l’âge de 15 ans, le futur roi de France, Louis VII. Aliénor est belle, elle sait ce qu'elle veut, ce qu'elle aime et ce qu'elle croit. Elle est indépendante, orgeuilleuse, imprévisble et forte. Elle sera aimée mais aussi détestée. On aura peur de cette liberté, cette envie de vivre pleinement. Elle est différente. On dira d'elle qu'elle est une fée maléfique, un diable et qu'elle a ensorcellé le roi. Qui lui l'aimera malgré tout. Et malgré elle. Elle ne voulait pas de ce mariage, elle ne comprend pas ce roi et ce peuple qu'elle trouve rigide, , rustre, froid, pieux, ennuyant. Elle vit pour l'Aquitaine, la passion, l'art, l'amour courtois, la liberté.

L'auteur nous raconte la rencontre entre ces deux personnages si loin l'un de l'autre. Elle imagine leurs pensées, leurs peurs, leurs espoirs, leurs soupirs. On suit ensuite les personnages dans les premières années de cet improbable mariage. Elle reprend les moments connus : arrivée à Paris, conquête de Poitiers, incendie de Vitry-en-Perthois, croisades, ... Et nous offre la vision d'Aliénor puis celle de Louis VII et enfin d'autres personnages.

Le tout est romantisé. Évidemment. Comment savoir ce qu'ils pensaient vraiment, ce qu'ils ressentaient. Mais l'auteur connait bien son "matériel" : l'époque, les personnages historiques, etc. Je suis loin d'être une experte, mais j'ai quand même beaucoup lu sur l'époque. Et j'ai lu quelques ouvrages sur Aliénor d'Aquitaine. Et j'ai vraiment senti que Dupont-Monod avait réussi a faire vivre cette époque. Une époque beaucoup plus vivante que l'on ne le croit souvent. Et Aliénor m'apparait aussi très réaliste, un brin idéalisé, mais pas trop. Elle est plus grande que nature, guerrière, et aime les plaisirs de la vie. Et Louis est un peu malmené mais pas trop. Il est faible, pieux et austère. L'auteur nuance quand même ses personnages même si son idée directrice est claire. Aliénor est la star du roman. Et elle est parfaite même dans ses faiblesses. C'est un personnage mythique. Et comme tout mythe, elle est surtout un symbole. Sa vie, pourtant bien réelle, semble parfois un brin merveilleuse, légendaire, fabuleuse.

Je ne dis pas grand chose de l'histoire. C'est l'histoire d'une jeune fille qui épouse un jeune homme. C'est l'histoire de de deux solitudes qui n'arrivent pas à se rencontrer et à se comprendre. C'est une histoire d'amour à sens unique. Et tout ça sur fond de guerres, croisades, conquêtes, massacres, sang, cris et souffrances, ... Et l'auteur nous présente tout ceci dans un roman doux, léger, fluide et enivrant. Mais qui garde aussi un fond historique, brutal, réaliste et qui oscille entre troubadours, prières et guerre sainte.

J'ai adoré le texte et surtout l'écriture de Clara Dupont-Monod. Et j'ai aimé sa façon de s'approprier l'Histoire pour faire vivre des vies et des histoires.

Les mots de l’auteur

« On parlait de moi. La voici, celle qui possède dix fois le royaume de France. Celle qui donne des ordres, chevauche comme un homme et ne craint pas le désir qu’elle suscite. Qui colore ses robes. N’attache pas ses cheveux. Porte des souliers pointus. Qui donne l’argent du royaume à des poètes venus d’en bas. La petite-fille de ce fou de Guillaume, sorcière qui a grandi en écoutant des textes obscènes, tandis que le roi, ce sage, s’est nourri des phrases sacrées. Je suis le poison, la faute, l’immense faute de Louis.» pp. 58-59

 « Les gens se déguisent, chevauchent des bâtons, conduisent des rondes autour des tombes… Ils font la fête au cimetière ! Ma Dame, est-ce que vous vous rendez compte ? me presse-t-il en écarquillant les yeux. Mais comment lui expliquer que ces farandoles relient les vivants aux morts ? On danse, mais oui l’abbé. On appelle du corps ceux qui n’en ont plus. On rit aussi, et on taquine, en espérant que les morts souriront. Les hommes d’Église voudraient briser ce lien et faire du cimetière un lieu hostile, coupé des vivants.» p. 128

Pour en savoir un peu plus…

28 octobre 2009

La Fontaine de Vaucluse

Fontaine3Il y a quelques mois, nous avions décidé de prendre la route - encore une fois. Cette fois, nous allions un peu plus loin... en Provence. Nous nous sommes arrêtés à quelques endroits. Dont un lieu qui n'avait droit qu'a, à peine, quelques lignes dans notre guide. Il aurait dû en avoir beaucoup plus !

Nous avions visité quelques villages aux alentours et sur le chemin du retour, il y avait cette fontaine. Bon... je suppose que ce n'est pas vraiment une fontaine; mais c'est son nom: la Fontaine de Vaucluse. Elle se fait discrète dans les guides touristiques mais elle vaut un détour... ce fut une rencontre magnifique et inoubliable.

La Fònt de Vauclusa ou La Font de Vau-Cluso (selon la norme linguistique que l'on choisit) est tout d'abord une commune française, située en Provence. Mais la Fontaine de Vaucluse est aussi une source, une résurgence,  plutôt qu'une fontaine. On la trouve au pied d'une falaise de plus de 230 mètres. On dit que c'est la plus grosse source de France et la cinquième plus grosse au monde. Son écoulement moyen peut ateindre jusqu'à 630 millions de m3 par année ! L'eau provient de l'infiltration dans la montagne des eaux de la pluie et de la neige. Ces eaux viennent en grande partie du Mont Ventoux, du Mont de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la Montagne de Lure. Toute cette eau pénètre la montagne et n'a qu'une seule sortie: la Fontaine de Vaucluse.

À l'origine, l'endroit s'appelait Vallis Clausa qui signifie en latin "vallée close". Et quand on arrive à la fontaine, on ne peut queFontaine1 comprendre le sens de ce nom. Après une longue marche le long d'un cours d'eau qu'on nomme la Sorgue, on arrive à une falaise qui semble la source du cours d'eau. Entourée de falaises vertigineuses, il n'y a aucune issue... la vallée est close.

Et donc, au fond de la vallée close, au pied de la falaise, de l'eau provenant d'un réseau souterrain et qui peut parfois jaillir violemment, est la source de La Sorgue. Le site est connu depuis très longtemps et on retrouve des mentions de la fontaine dès l'Antiquité alors qu'elle fait l'objet d'un culte des eaux et d'offrandes rituelles. La source est habituellement paisible en hiver et en été. L'eau est claire et transparente... d'une couleur turquoise saisissante.

Mais parfois, principalement au printemps et en automne, l'eau monte et prend une couleur rouge. Les habitants de la région y voient un mauvais présage. Lorsque l'eau prend la couleur du sang, on craint des malheurs, la peste, des épidemies, etc. La couleur de l'eau s'explique bien entendu par la présence d'argile rouge qui lorsque l'eau monte dans les réservoirs souterrains teinte la source de Vaucluse.

L'homme a toujours voulu comprendre la fontaine de Vaucluse et très tôt, on tenta de sonder les fonds de la falaise, puis les rivières souterraines. Aujourd'hui, les plongeurs ne peuvent que rarement s'aventurer sous la falaise, mais grâce à des sondes automatisées on a pu calculer en 1985, la profondeur du gouffre a 308 mètres. Mais la source de la fontaine demeure encore mystérieuse et n'a pas encore révélé tous ses secrets.

Depuis toujours, on a décrit la beauté du site. Char, Mistral, Chateaubriand, Pline l'Ancien, Scudéry, Voltaire,... Au Moyen-Âge, Fontaine2au VIe siècle, un ermite du nom de Veran se serait installé près de la Fontaine et y aurait combattu une "couloubre". Cette couleuvre monstrueuse terrorisait la région et vivait près de la Sorgue. Veran la tua et ramena la paix dans la région. Il accomplit de nombreux miracles et devint l'évêque de Cavaillon. Des moines auraient suivi l'exemple de Veran et s'installèrent dans un monastère près de la Fontaine. Pétrarque vécut aussi près de celle-ci au XIVe siècle et mentionne dans ses écrits la Fontaine et le figuier, qui plongeant ses racines dans la Fontaine, semble éternel. 

La Fontaine de Vaucluse nous offre beaucoup d'autres légendes. Une épave s'y trouve à plus de 25 mètres. Elle cacherait aussi, bien entendu, un trésor. On a longtemps cherché à la retrouver. Aujourd'hui, le site est protégé. Mais la découverte en 2001 de plusieurs pièces antiques, en bronze, argent et en or, certaines datant du 1er siècle avant J.-C. permet aux chercheurs de trésor de continuer à rêver.

Lorsqu'on arrive au pied de la falaise et que l'on voit pour la première fois, l'eau turquoise de la Fontaine, on ne peut qu'être envoûter par le charme de l'endroit. On imagine mille fées qui dansent ardemment sur la surface translucide de la Fontaine. Des secrets éternels sont chuchotés à nos oreilles. Une folie profondément paisible nous envahit et nous raconte nos désirs, nos joies et nos peines. La Fontaine nous connait et nous reconnait. Elle a toujours existé et nous rappelle notre immortalité.

Sources à consulter

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27 mars 2009

Dolmen de Coste Rouge

La fin de semaine dernière nous avons fait une petite escapade imprévue dans une région que j'aime beaucoup, le Languedoc-Roussillon... Si près de Barcelone... à peine quelques heures de routes...

Mais nous avions prévu une fin de semaine de ménage, commission, rangement de paperasse, etc. Pourtant on annonçait une si belle température qu'en milieu de semaine, PisTout vient me proposer de nous enfuir pendant deux jours. Grosse hésitation... il y avait tant à faire... la raison dictait de rester bien sagement à Barcelone faire toutes ces corvées, mais le coeur a gagné et nous sommes partis samedi matin.

Nous avons roulé et fait quelques escales... Puis le dimanche, nous avons fait une petite visite au Prieuré de Saint Michel de Grandmont près de Lodève. En ce début de printemps, nous étions les deux seuls visiteurs. La visite du prieuré fut très agréable... accompagnée de documentation pour nous faire connaître l'histoire de l'endroit, nous avons pu apprécier le silence et la tranquilité... ce qui est rare lorsqu'on visite ce genre d'endroits toujours bondés de touristes. Conseil: venez en mars ou avril ! Il fait beau et vous pouvez admirer des endroits exceptionnels complètement seuls.

Dolmen3Sur le site du Prieuré, il est aussi possible de visiter un magnifique parc. La personne à la réception nous a ouvert le parc - habituellement fermé à cette époque - et nous a mené vers le fameux Dolmen de Coste-Rouge... et nous a ensuite raconté son histoire... Le Prieuré fut toujours un endroit privilégié, depuis des milliers d'années, les hommes se sont appropriés l'endroit...

Le Dolmen de Coste-Rouge aussi nommé le Dolmen de Grandmont n'est pas le seul mégalithique de l'âge du bronze du parc, mais il est sans conteste le plus connu. Il est appelé en occitan "Ostalet de las fadas", ce qui signifie "petite maison des fées". Il date de plus de 4000 ans, il a environ 2 mètres de haut. La chambre intérieure a environ 3 mètres de long. Le dolmen est surtout exceptionnel pour son ouverture avec une porte, communément appelée "porte de four". Cette dalle d'ouverture est d'environ 9m carré. Peu de dolmen ont encore cette porte. On voit également très bien le tumulus qui tenait les murs de soutènement (et qui aurait peut-être aidé à poser la pierre du dessus) ainsi que le passage qui menait à la chambre intérieure.

Le dolmen fut, comme tous les dolmens, une sépulture collective. On venait y mettre les corps des morts, probablement de dignitaires ou d'hommes importants. On dit que jusqu'à 50 corps y furent placés. Les moines de Saint Michel de Grandmont ont laissé le dolmen intact sur leur terrain mais ont cependant gravé une croix sur le côté.... histoire de christianisé ce monument ancien. On rapporte aussi que les moines soignaient les maladies de la peau en faisant allonger le malade sur le dessus du dolmen... Quand superstition et religion se croisent... comme toujours finalement !

De ce site, il est possible de voir le lac de Salagou, la vallée et surtout - par temps très clair - la mer au loin. On dit aussi, qu'au solstice d'hiver (ou est-ce d'une autre saison? j'ai un petit blanc de mémoire...), le soleil touche directement la porte...

À consulter:

Posté par Laila_Seshat à 19:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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