18 février 2018

Le moment captif d'un dimanche : illusion hivernale

2018-022"La neige. C'est de la lumière dont la terre est couverte. Des franges d'écume sur les rochers. Un vol de papillons blancs." [Roger Mondoloni]

Mes pensées naviguent les vagues de neige qui recouvrent la terre devant ma fenêtre. Mon regard se perd dans cette blancheur qui semble sans fin. Je ferme les yeux, éblouie.

J'ouvre les yeux. La neige m'envahit. Elle a traversé la vitre et recouvre le sol. Il fait froid. Je commence à grelotter. Tout est blanc autour de moi. Je ne peux l'empêcher de s’infiltrer partout. Elle brise doucement les couleurs et tout devient blanc et glacé.

Les murs s’effondrent. Je ne reconnais plus rien. Tout est blanc. Vide. Que des vagues de neige qui ondulent doucement à perte de vue. Je me sens seule au milieu d'un désert blanc. Je n'ai plus froid.

"Une averse de soleil tombait sur ce désert blanc, éclatant et glacé." [Guy de Maupassant]

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06 mars 2016

Le moment captif d'un dimanche : dans la confusion

2016-04-21« On peut affronter la brise, mais il vaut mieux s'affaler dans la tempête » [Stephen King]

Insondable et incompréhensible. Tu marches dans la tourmente. Tu devrais te cacher mais tu veux avancer. Tu as l'impression d'affronter une immensité glaciale. Tu cherches le calme. Tu as peur. Mais tu marches.

Tu te poses tant de questions. Tu cherches les réponses mais elles t'échappent. Tu te questionnes sur tout. Et rien. Tu ne cesses jamais de te torturer avec des pourquoi, des si, des peut-être. Tu imagines des passés différents, tu essaies de modifier tes souvenirs, tu cherches des futurs possibles.

Et tu marches dans l'incertitude. Mais tu marches. Tu ne cesses de marcher. Dans la brise, dans la tempête. Tu crois que les réponses viendront dans cette marche contre tes doutes. Et tes réponses surgiront des profondeurs. Un jour.

« La mer est aussi profonde dans le calme que dans la tempête » [John Donne]

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03 janvier 2016

Le moment captif d'un dimanche : givrée !

2015-12-08"Ma vitre est un jardin de givre." [Emile Nelligan]

Si on ne regarde jamais par la fenêtre, on ne verra jamais passer l'inspiration. Un oiseau qui s'envole, un flocon qui virevolte, un ciel bleu, un ciel gris, un dessin sur la vitre.

On a perdu l'art de regarder longuement par la fenêtre. On ne regarde plus par la fenêtre que rapidement. Un simple coup d'oeil pour voir le temps qu'il fait. Un regard rapide quand on entend un bruit inconnu. Une oeillade distraite pour constater le passage des éboueurs. On ne passe jamais plus que quelques secondes à la fenêtre.

Car on accuse les gens qui regardent trop longuement par la fenêtre de paresse, de perdre leur temps, de ne rien faire. On accuse même certains d'écorniflage et de curiosité malsaine. On leur demande tout de suite ce qu'ils regardent. Et si la réponse est "rien de particulier", alors on se questionne. Pourquoi regarde-t-elle par la fenêtre ? Elle perd son temps. Que fait-il tout le temps à la fenêtre ? Il cherche à espionner les gens. Mais peut-être qu'elle contemple simplement le temps qui passe lentement. Peut-être observe-t-il les gens qui vivent. Et cette contemplation lui inspire un poème dans son coeur. Cette observation lui murmure une chanson à l'oreille. Ou tout simplement ces moments perdus à la fenêtre amènent un soupir doux à leur vie qui passe trop rapidement.

"Écris tout ce qui te passe par la fenêtre." [Lise Deharme]

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04 janvier 2015

Le moment captif d'un dimanche : givrures

0534"La pensée se glace en se traduisant en phrases." [Gérard de Nerval]

Qu'est-ce que j'écris ? Il me semble que je n'ai rien à dire. Rien à écrire. C'est la peur, je crois. Je me sens rouillée. Mes doigts sont figés sur le clavier. Et pourtant j'ai plein d'idées. Les mots se bousculent dans ma tête. Mais ils n'arrivent pas à s'ordonner.

J'ai les doigts gelés. Il fait froid dans la maison. Je dois monter le chauffage, que je me dis. Mais je ne bouge pas. J'essaie de rassembler mes pensées pour les faire naître. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas écrit. J'ai trop d'idées. Elles s'éparpillent dans un vide qui me semble infini.

Je suis incapable d'écrire. Je suis glacée. Tout se fissure en moi. Je dois me resaisir et laisser les mots se déposer doucement sur la page lumineuse. Je les prends. Je ferme les yeux. Et j'attends. Un à un, ils se placent et se figent. Ils se forment et se transforment et des phrases se fixent. Et mes idées se cristallisent enfin en phrases... qui peut-être feront du sens ou peut-être pas... on verra !

"Les pensées peuvent vivre longtemps comme les nébuleuses qu'un rien, un jour, cristallise." [Pierre Dehaye]

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23 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : rayonnement

2014-02-26"Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver." [Henry David Thoreau]

Il fait froid. C'est un hiver froid. Très froid. On a bien eu de la neige à Montréal, mais pas tant que cela. Il neige toujours autour de l'île mais jamais beaucoup sur celle-ci. Ce qui fait le bonheur de la plupart des gens que je connais mais qui me rend un peu triste. J'aime la neige.

J'aime aussi le froid. Mais un peu moins, je l'avoue. Et surtout lorsqu'il persiste. Mais je l'aime bien aussi. Le froid mordant, vivifiant... celui qui donne un nez et des joues rouges, celui qui me secoue le matin et me dit "allez réveille-toi, la journée va être magnifique!"

Car quand il fait froid, le ciel est habituellement si bleu. Le soleil est envahissant. Il est partout. Il s'empare de chaque coin du ciel. Et se répand partout. Il glisse sur la neige et nous oblige à fermer les yeux. Il est absolument éblouissant et résolument aveuglant.

Il fait froid. On dit qu'il fait -14ºC mais avec le facteur vent, on frise les -22ºC. Et pourtant, le soleil est si brillant qu'il s'amuse à faire fondre la neige sur mon toit. Elle vacille et se laisse tomber goutte à goutte. Mais il fait si froid. Elle n'a d'autres choix que de se transformer en longs glaçons scintillants. Le soleil joue avec le froid. Il illumine ma maison, la chauffe et la transforme en château de glace.

"La maison tournée vers le soleil est chauffée la premiere." [Proverbe chinois]

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26 janvier 2014

Le moment captif d'un dimanche : effeuillée

2013-12b"L'arbre se sauve en faisant tomber ses feuilles." [P.J. Jouve]

Un livre se ferme. Une feuille s'échappe sournoisement. Elle tombe doucement sur le sol. Elle porte l'histoire de nos vies. Chaque nervure est une cicatrice naturelle. Une ride sur ma peau.

J'ai froid. Je regarde la feuille tombée et je sais que je dois me sauver. Je dois quitter cet endroit. Suivre l'autre feuille qui tombe un peu plus loin. C'est une erreur. Je le sais. Je dois récupérer toutes les feuilles. Je me retourne. Je dois retrouver la première page. Je fouille dans la neige. Je ne trouve plus mon chemin. Je ne vois plus la trace de mes pas dans la neige.

Où se trouve la première page. La première feuille se cache dans un rayon de soleil. J'ai failli la détruire. Je me penche. Je suis incapable de la cueillir. Je dois refaire ma vie et la retranscrire sur d'autres feuilles qui feront de nouveaux livres. Je soupire et je récupère ma vie. Je me souviens des feuilles passées qui sont tombées des arbres qui se sont sauvés trop vite. Je souris. Je poursuis ma route.

"Mes livres ne sont pas des livres, mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard sur la route de ma vie." [Chateaubriand]

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12 janvier 2014

Le moment captif d'un dimanche : perspective

2013-12d"Icebergs, icebergs, cathédrales sans religion de l'hiver éternel." [Henri Michaux]

D'immenses falaises de neige ont envahi ma terrasse. Je m'enveloppe de mon manteau et je sors pour déneiger un peu. Il y a tant de neige que je dois sortir par en avant et faire le tour de la maison pour me rendre en arrière.

J'approche des marches en me creusant un chemin. C'est qu'il y a beaucoup de neige dans la cour. J'approche des marches pour monter à la terrasse. Je commence à pelleter les premières marches. Je lève la tête pour regarder la terrasse et j'ai soudainement l'impression de me retrouver dans une chaîne de montagnes enneigées. La neige accumulée sur les rebords ressemble à des falaises immenses entourant une plaine blanche immaculée.

Je me sens devenir minuscule. Je commence à marcher dans l'immensité de ce paysage hivernal. Il fait froid, il y a de la neige à perte de vue. C'est calme. On n'entend que le vent qui soulève des nuages de neige à intervalles irréguliers. Je m'approche d'une falaise. Elle est immense. Elle semble glacée, brutale et si fragile. Je continue à marcher dans la neige. J'essaie d'être le plus légère possible. On ne sait jamais avec la neige. J'ai l'impression que je suis au bout du monde. La vie m'apparaît infinie et si courte. J'entends ma respiration. Je la vois aussi dans le froid qui m'entoure. Je me sens si petite dans ce paysage glacé.

Un mouvement attire mon attention. Mon chat me regarde par la fenêtre. Il semble se demander ce que fait dans les marches, la pelle dans une main, immobile. Je retrouve ma grandeur normale et je commence à détruire les falaises et la plaine enneigées.

"Il faut sans cesse se jeter du haut d'une falaise et se doter d'ailes durant la chute." [Ray Bradbury]

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05 janvier 2014

Le moment captif d'un dimanche : des étoiles dans ma fenêtre

2014-01b"Ce n'est que quand il fait nuit que les étoiles brillent." [Winston Churchill]

Je ne sais pas ce que Churchill voulait dire exactement. Je pourrais bien entendu faire quelques recherches, mettre la citation originale en anglais et tout. Enfin... ce que je veux dire, c'est que, de un,  je ne sais ce qu'il avait en tête ET que, de deux, textuellement, je ne suis pas d'accord.

Les étoiles existent aussi le jour. Et elles brillent tout autant. Elles sont là dans le ciel, invisibles à nos yeux à cause d'une étoile trop brillante. Le soleil les masque mais elles sont là. Il y a toujours des étoiles, qu'il fasse jour ou qu'il fasse nuit. Elles semblent peut-être plus brillantes lors qu'il fait nuit, mais c'est une illusion. Elles brillent tout autant. Nous ne sommes simplement pas capables de le percevoir à l'oeil nu.

Le ciel est rempli d'étoiles. Et il y a des étoiles dans ma fenêtre. Des étoiles dans mes yeux, dans mon coeur et dans mes rêves. Des étoiles dans vos yeux, vos coeurs et vos rêves. Mes étoiles brillent à toute heure du jour et elles me remplissent d'espoir et de lumière. Elles me racontent mes rêves. Et déposent sur moi une poussière magique étincelante.

"Le ciel remplit d'étoiles est l'endroit où vit la magie et les rêves les plus fous." [Catherine Janssens]

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13 janvier 2013

Moment captif du dimanche : au clair de la lune

neige"Dans l'obscurité de la lune, nos rêves éclairent le chemin" [Anonyme]

Silence. Je veux voir le silence. La nuit, je vois si clairement le silence dont est fait mes rêves. Je vois les reflets de choses à venir.

Est-ce absurde de rechercher la lune même dans mes rêveries éveillées? Est-ce futile de vouloir du silence enneigé ?

J'ai mal à la tête. Les migraines m'envahissent depuis deux jours. Je ne peux que me perdre dans la contemplation de cette image lunaire et froide. Cette image glacée me permet d'espérer, tout simplement, un instant de paix, sans cette douleur persistante, sournoise et vicieuse.

Je voulais aujourd'hui, poursuivre tant de textes commencés et commencer tant de textes imaginés. Les mots me font mal et peinent à venir s'inscrire sur l'écran. Mes mains tremblent. J'ai beaucoup de rêves. Ils devront attendre.

Je ne peux que m'envelopper de silence et de noirceur. Et rêver que la lune éclaire doucement le silence du froid. Demain... je veux écrire.

"La neige. C'est de la lumière dont la terre est couverte. Des franges d'écume sur les rochers. Un vol de papillons blancs" [Roger Moudoloni]

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01 janvier 2013

Dans ma tête, je m'imagine...

Dans ma tête, je m'imagine...
des  boules de poils et de plumes...

AnimauxHiver

...dans le froid de ce début d'année,
dans la neige des derniers jours...

As-tu froid ?
As-tu trouvé une cachette bien chaude ?
Attends-tu bien sagement le printemps
ou marches-tu sur la neige parfois folle, parfois dure,
à la recherche de ton prochain repas ?

Ton poil et ta plume te protègent-ils suffisamment ?
Ou ris-tu discrètement de moi avec ma peau toute nue
qui même recouverte de chauds manteaux
tout de même grelotte ?


Boules de poils, boules de plumes,
venez dans ma chaumière imaginaire vous réchauffez un peu...
et rire de ceux qui ont peur
de l'hiver si doux et frileux.

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