29 octobre 2017

Le moment captif d'un dimanche : orbites

2017-10-29"Ses yeux profonds sont faits de vide et de ténèbres,
Et son crâne, de fleurs artistement coiffé" [Danse macabre, Charles Baudelaire]

Ils en ont peur. Ils croient qu'ils volent leur âme. S'ils les regardent trop longuement, ils perderont leur humanité. Car ces yeux sont vides, noirs, dépouillés de vie. Ils sont froids et cruels.

C'est une oeuvre d'art. Votre ossature. Sans elle vous n'existez pas. Vous n'êtes qu'une carcasse désertée de toute force. Sans lui, vous n'êtes qu'une enveloppe.

Ils détournent le regard. Ils n'osent le regarder en face. Ce visage les terrorise. Mais ils ne peuvent s'empêcher de le regarder. Il les fascine.

C'est votre mortalité qui vous dévore des yeux. C'est votre vie qui s'échappe. C'est votre passé qui sera oublié et votre furtur qui n'existera jamais. C'est votre présent qui s'efface à jamais.

Il les regarde. Les yeux vides, noirs, dépouillés de vie. Il ne voit rien.

"Aucuns t'appelleront une caricature,
Qui ne comprennent pas, amants ivres de chair,
L'élégance sans nom de l'humaine armature." [Danse macabre, Charles Baudelaire]

Posté par Laila_Seshat à 21:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


21 octobre 2017

Vouloir croire aux fantômes, 3-3

Et dites-moi, maintenant vous croyez aux fantômes ? Probablement pas. Moi, oui. Encore. Malgré tout. Même si parfois, j'ai eu des doutes. J'ai douté defrayeurmes yeux. Douté de ce que je voyais ou pensais voir. Parce que les histoires de fantômes, on aimerait parfois ne pas les vivre.

Comme cette nuit, il y a plusieurs années, où je dormais chez mes parents. J'étais en visite pour la fin de semaine et je couchais avec ma soeur dans sa chambre qui était mon ancienne chambre. J'avais passé bien des nuits blanches dans cette chambre. Des bruits, des mouvements, ... cette chambre et cette maison m'ont donné bien des sueurs froides. Quand je suis déménagée, j'étais bien contente de ne plus ressentir cette pression. Que j'étais la seule à ressentir. Donc, je devais bien sûr m'imaginer des choses. Après une super soirée avec ma famille, ma soeur et moi allons nous coucher. Évidemment, nous papottons pendant un long moment. Elle me raconte des anecdotes de sa vie d'adolescente, je lui raconte mes déboires de jeune adulte en appartement depuis peu. On rit beaucoup. Puis, elle me dit qu'elle a beaucoup de difficulté à dormir ces derniers temps. On discute, on parle de ses migraines. Puis, on finit par s'endormir. Soudainement, je me réveille. Je suis tournée vers le mur. Je sens ma soeur qui s'agite dans le lit à côté de moi. Je me retourne. Et je la vois qui se débat. Le problème c'est qu'elle n'est pas complètement à côté de moi mais semble flotter à quelques centimètres du lit. Elle se débat. Je ne suis pas capable de dire quoi que ce soit. Puis j'arrive à dire son nom. Je ne me rappelle pas si j'ai crié ou murmuré. Elle est retombée sur le matelas. Et a ouvert les yeux. "Quoi ?", qu'elle dit endormie. "Rien, rendors-toi." Ce qu'elle fit immédiatement, mais pas moi. Le lendemain, je lui raconte ce que j'ai vu. C'est alors qu'elle me dit qu'elle rêve souvent que deux bras sortent du plafond pour la prendre et essayer de l'attirer.

Évidemment, j'étais à moitié réveillée. Elle a beaucoup de difficulté à dormir. Moi aussi, d'ailleurs. Nous nous convainquons que tout ça c'est des histoires. C'est des histoires, non ? Des histoires de fantômes pour nous faire peur.

Mais parfois les histoires de fantômes, on espère aussi qu'elles ne sont vraiment qu'une simple histoire de fantômes. On préfèrerait nettement que ce qu'on a vu c'était vraiment un fantôme.

Comme cette nuit dans mon nouvel appartement. Mon premier appartement. J'avais passé le week-end à déménager avec ma coloc. Toute la fin de semaine, moi, ma coloc et nos copains avions nettoyé, fait de la peinture et fêter un peu. Premier appartement, c'était énervant. Puis le dimanche est arrivé. Ma coloc devait retourner chez ses parents car elle travaillait tout l'été dans sa ville. Son copain l'a évidemment suivi et mon copain - oui, mon PisTout - est retourné chez lui. Je me suis donc retrouvée seule en ce dimanche soir, dans mon nouveau chez moi. Je regarde la télé jusqu'à tard... je dois avouer que j'avais un peur d'aller me coucher. Du haut de mes 21 ans, je me sentais bien fragile tout d'un coup. Mais je finis par aller me coucher. Je ferme les lumières et je m'enveloppe dans mes couvertes. J'ai toujours eu de la difficulté à dormir. Et je me réveille fréquemment pendant la nuit. Et donc, vers 2 h du matin, je me réveille. J'ouvre les yeux. Et là, dans le coin de ma chambre je vois une forme noire. Un homme se tient à côté de mon lit. Je suis tellement habituée à voir des formes quand je me réveille la nuit, fantômes ou hallucinations noctures, que je me retourne simplement dans mon lit vers le mur en me disant : "non, je ne continuerai pas à voir des fantômes ici., NON...". Et je parviens à me rendormir. Je me réveille le matin, assez fière de moi. Non, je traînerai pas les fantômes de chez mes parents dans mon nouvel appartement. Je me lève et quand je sors de ma chambre pour aller dans le corridor, je me retourne et je vois la porte d'entrée grande ouverte. En une fraction de seconde, je me rappelle mes amis quittantr l'appartement, je me rappelle leur dire au revoir, je NE me rappelle PAS avoir verrouillé la porte et je me rappelle l'homme dans le coin de ma chambre pendant la nuit. Je ferme les yeux, vais fermer la porte en tremblant, mets le verrou et me répète sans arrêt : "c'était un fantôme, c'était un fantôme, c'était un fantôme."

Parce que parfois on espère vraiment que ce qu'on a vu était un fantôme !

Posté par Laila_Seshat à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 octobre 2017

Croire encore aux fantômes, 2-3

Et alors, vous croyez aux fantômes ? Moi, oui. Encore. Malgré tout. Mais je sais que mes petites histoires ne vous ont pas convaincus. C'est normal. Les DSC_9748histoires de fantômes, à moins de les vivre, sont toujours tellement incroyables. Il y a toujours mille et unes petites explications pour ces moments inexplicables. 

Évidemment, aujourd'hui, j'ai beaucoup lu. J'ai lu sur les hallucinations nocturnes, sur les images résiduelles sur notre rétine, sur les rêves éveillés, sur l'apnée du sommeil, ... enfin toutes ces choses qui peuvent expliquer ces choses.

Bien sûr, ces hallucinations nocturnes peuvent expliquer pourquoi soeurette venait me voir la nuit. Car quand elle était toute petite, genre cinq ou six ans, je la voyais fréquemment à côté de mon lit. Je me réveillais au milieu de la nuit et soeurette était là. Elle me regardait tranquillement et ne répondait jamais quand je lui parlais. Et quand j'ouvrais la lumière, elle n'était jamais là. Si je me levais pour aller dans sa chambre, elle était bien endormie dans son lit.

Et bien sûr, ces hallucinations nocturnes expliquent parfaitement ce matin ensoleillé où je paressais dans mon lit. Un samedi matin de mes 19 ans. Ou peut-être 20 ans. Je ne sais plus. Il était bien passé 9 h 00. J'ai toujours aimé dormir le matin. Mais même si j'étais encore dans mon lit, je ne dormais plus depuis longtemps. Difficile de dormir quand dans la maison tout le monde est réveillé et s'active bruyamment. Mais je ne voulais pas me lever. En cette belle journée d'automne, j'étais bien enveloppée dans mes draps et je n'avais pas envie de me lever. Mon lit est contre le mur de la fenêtre et j'étais tournée vers celle-ci. Mes stores verticaux, bien que fermés, laissaient amplement passer la lumière du jour. J'entends ma mère crier quelque chose à soeurette. Mon père passe la tondeuse dehors. J'ouvre les yeux. J'observe les rayons de soleil se faufiler à travers les lattes des stores. Je me retourne et mon coeur s'arrête. Debout à côté de mon lit et penché sur moi, il y a un homme masqué. Je ne vois que ces yeux. Il a un couteau dans une main et il se rapproche d'un coup. Je me rappelle avoir crié et fermé les yeux. J'étais certaine que j'allais sentir le couteau d'une seconde à l'autre. Je ne sens rien. J'ouvre les yeux. Il n'y a personne.

Évidemment... il y a sûrement de belles explications bien logiques. Après tout, j'aime les histoires de fantômes donc j'ai tendance à sauter un peu aux conclusions.

Mais il y a aussi ce matin où j'étais couchée dans le lit de mes parents. J'avais environ 7 ans. Soeurette était encore un bébé dans sa bassinette. Mon moment préféré de la semaine était le dimanche matin. Je me levais très tôt et j'allais me coucher dans le lit avec mes parents. Pour dormir bien sûr. Je n'ai jamais été matinale, même enfant. Je me glissais entre les deux et il me semble que je dormais tellement mieux, tellement bien. Ma mère se levait toujours la première. Soeurette avait besoin de son biberon. Je prenais alors toute sa place à côté de mon père. J'aimais bien rester là dans le lit tout chaud. À écouter mon père ronfler et à écouter ma mère s'activer dans la cuisine. Parfois je me rendormais, parfois non. La porte de la chambre était grande ouverte et les rideaux cachaient à peine le soleil. Ce qui n'empêchait pas mon père de ronfler. Il aimait le dimanche matin où il pouvait dormir. Et puis, il y a eu ce matin, où j'ai ouvert les yeux soudainement. Il m'avais semblé sentir quelqu'un près de moi. Sur le lit, j'ai vu un homme debout. Je me souviens parfaitement de ces jambes tout à côté de moi. Le reste de son corps était flou. Je me suis figée. Je n'étais plus capable de bouger. Je voulais appeler mon père, mais je n'étais pas capable. Quand j'ai finalement pu dire "papa", l'homme a sauté en bas du lit. Mon père s'est tourné vers moi et m'a dit : "arrête de faire bouger le lit, ma chouette, papa veut dormir." Et il s'est rendormi.

Posté par Laila_Seshat à 08:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17 octobre 2017

Croire aux fantômes, 1-3

Vous, vous croyez aux fantômes ? Moi, oui ! Surtout en ces jours d'octobre si pleins de douces terreurs halloweenesques ! J'ai toujours quelques histoires Croire01à raconter à ceux qui me demandent si je crois aux fantômes. Je ne sais pas si ces histoires parlent vraiment de fantômes, mais elles m'ont toujours fait lever un sourcil en disant de façon dramatique : "il y a peut-être une explication bien rationnelle à tout ça, mais je ne la connais pas...".

Je pourrais vous raconter pleins de petites anecdotes bien mystérieuses qui ont fait que j'ai parfois passé des nuits blanches.

Comme la fois où j'ai dormi dans la chambre de ma soeur chez mes parents alors qu'elle restait en résidence au cégep. Ma soeur a toujours eu des petits animaux, des lapins, des hamsters, des rats... à cette époque, elle avait un joli hamster. Elle ne pouvait évidemment pas l'amener dans sa chambre à la résidence. Elle le laissait donc dans sa chambre chez mes parents pendant la semaine. À cette époque, je vivais déjà en appartement, mais j'allais parfois passer une nuit au milieu de la semaine pour voir mes parents et passer un peu de temps avec ma mère. Toute la nuit, son hamster a fait du bruit, princpalement en courant dans sa roue. Toute la nuit, je me suis réveillée en pestant contre le hamster qui m'empêchait de dormir. J'ai bien pensé me lever pour mettre la cage dans la salle de bain, mais il faisait un peu froid et je n'avais pas envie de quitter les couvertures bien chaudes. Quand je me suis levée le matin, je n'ai pas pensé à aller voir le trouble-fête. Il n'y avait plus de bruit et je me suis dit qu'il devait dormir puisqu'il avait couru toute la nuit. Je vais donc prendre un café dans la cuisine avec ma mère. Elle me demande si j'ai passé une bonne nuit. "Horrible !", que je m'exclame. "Le maudit hamster a tourné dans sa roue toute la mautadine de nuit." Ma mère me regarde bizarrement. "Hum, c'est que le hamster de ta soeur est mort la semaine dernière...".

Et puis, il y a la fois où j'écoutais tranquillement la télévision dans le sous-sol chez mes parents. J'étais seule et tout le monde dormait tranquillement dans leur lit. J'écoutais des vidéos. C'était avant Musique Plus. Il avait une émission qui passait très tard et qui présentait des vidéos. Je crois que cela s'appelait Nuit blanche, mais je ne suis pas certaine. Duran Duran, A-ha, Corey Hart,... la soirée était bonne. Et puis, soudainement, la porte de la chambre froide, située à côté de la télévision, s'est ouverte tranquillement. Mal fermée, aurais-je pu me dire. Le problème c'est que ladite porte est toujours verrouillée.... et avec un verrou de box. Je respire tranquillement. Bon, peut-être que le verrou était mal mis, la porte mal fermée. C'est quand la porte s'est refermée tranquillement que je me suis levée, fermée la télévision et été me réfugier dans mon lit. Le lendemain, je me suis levée avant tout le monde. La porte était bien fermée et verrouillée. 

Évidemment... il y a sûrement de belles explications bien logiques. Après tout, j'aime les histoires de fantômes donc j'ai tendance à sauter un peu aux conclusions.

Mais il y a aussi la fois, il y a à peine deux ans, où mon père est venu nous visiter. Mon père ne croit pas aux fantômes. Il ne croit pas en grand chose, en fait. Pendant sa visite, nous voulions lui faire visiter notre ville et les coins que nous adorons. Nous allons donc nous promener dans le vieux Pointe-Claire. On lui montre les vieux édifices, l'église, le moulin. Il est surpris par le village. Il ne connaissait rien de la région et de son histoire. Nous l'amenons dans un pub pour prendre un verre. Le pub est dans un ancien hôtel datant du milieu du XIXe siècle. Nous sommes assis près du foyer. Il ne connait rien de l'endroit. Il fait dos au foyer. Je suis à côté du côté du passage et mon PisTout en face de lui. De l'autre côté, une table avec deux personnes. Nous jasons, nous rions. Soudainement mon père se retourne et regarde derrière lui. Je lui demande ce qui se passe. "Quelqu'un m'a poussé", dit-il. "Papa, il n'y a personne." Il regarde autour de lui. "Tu es sûre ? Quelqu'un m'a vraiment poussé." Nous nous regardons tous. Personne n'a passé, personne ne s'est même approché de nous. Mon père regarde autour de lui, prend une gorgée de sa bière. Et change de sujet. Il ne croit pas aux fantômes.

Posté par Laila_Seshat à 09:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

31 octobre 2016

Joyeuse Halloween !

"Je rigole face au danger, ensuite je cherche un trou pour me cacher"

[Xander dans Buffy, the Vapire Slayer]

DSC_9812

C'est le temps des fantômes, des squelettes, des citrouilles et 

des peurs contrôlées - ou non !

Joyeuse Halloween !

Posté par Laila_Seshat à 09:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


30 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : merveilleuse chimère

2016-10-09 ogres« Ne sommes-nous pas, comme le fond des mers, peuplés de monstres insolites ? » [Henri Bosco]

Il y a des monstres partout. Dans nos maisons et dans nos jardins. Il y en a qui se cachent dans la forêt, dans les champs, dans les grottes, sur les routes et dans les lacs. Je vois des monstres dans mon miroir, dans mes cauchemars et dans mes rêves. Il y a des monstres dans les yeux de mes amis, de ma famille, de mes collègues et dans mes yeux.

Les monstres en moi sont multiples. Ils se font parfois discrets, je ne les entends pas, je les oublie. Mais parfois ils sont assourdissant et omniprésents. Je ne peux les éviter, je ne peux les combattre. Ils font surface et m'envahissent. Ils prennent toute la place. Ils grimacent et essaient de me faire peur. Ils se réflètent dans mes gestes, mes mots, mes espoirs, mes doutes.

J'ai déjà voulu les combattre, les anéantir ; je me suis épuisée à vouloir les détruire. Mais ces monstres font parties de moi. Sans eux, je serais incomplète. Et donc je les cajole et petit à petit je les calme et les dompte. Et j'apprends à vivre avec eux, les contrôler mais les laisser aussi vivre en moi. Mes petits monstres grimaçants.

« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir.» [Madeleine Ferron]

Posté par Laila_Seshat à 21:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

28 octobre 2016

Le Wagon de Philippe Saimbert & Isabelle Muzart

waLe Wagon / Philippe Saimbert & Isabelle Muzart ; d'après un scénario et des dialogues originaux de Philippe Saimbert. -- [Paris?] : [Éditions Asgard], [2011]. -- [22- p.?] ; 24 cm. -- ISBN 978-2-91914012-1. -- (Coll. Nuits d'avril / sous la direction de Franck Goulbert)

Quatrième de couverture

Un train emporte un groupe de voyageurs à la rencontre de mystérieux phénomènes, relatés par la presse locale d'un petit pays d'Europe centrale. En pleine nuit, leur wagon e détache : ils se retrouvent abandonnés au beau milieu d'une vaste forêt recouverte de brume. Dès lors, l'excursion tourne au cauchemar.

Apparitions étranges et surnaturelles, puis morts brutales vont s'enchaîner tout au long du récit. S'agit-il d'une rencontre du troisième type ou de quelque chose de plus incroyable encore ?

Connu pour ses scénarios de B.D., Philippe Saimbert signe ici, avec la complicité d'Isabelle Muzart, un thriller naviguant entre mystère, fantastique et agoisse.

Les auteurs

Philippe Saimbert est né à Pau en France en 1962. Romancier et scénariste, il a écrit depuis 1999, une douzaine de bandes dessinées. Il privilège le fantastique, la science-fiction et le thriller. Il écrit aussi parfois des textes humoristiques dont le plus connu : L'héritage de tata Lucie paru en 2010. Son scénario "Le wagon" a été acheté pour adaptation cinématographique.

Bibliographie partielle

  • Les Processionnaires - BD (2001-2003)
  • Les âmes d'Hélios - BD (2003-2007)
  • Break Point - BD (2004)
  • Les Brumes hurlantes - BD (2005-2006)
  • Blood Academy - BD (2010)
  • Objectif rencontres - BD (2010-     )
  • L'héritage de tata Lucie - roman (2010)
  • Le wagon (2011)

Page Facebook de Philippe Saimbert ; Site de l'auteur

Isabelle Muzart est née dans la ville d'Alençon en 1966. Elle est écrivaine et selon son site elle continue encore à vendre des machines agricoles !

Bibliographie sommaire

  • L'inavouable secret (2009)
  • Le journal d'Anne F. (2010)
  • Neige au paradis
  • Le Wagon (2011)
  • Recherche désespérément Fée clochette
  • Chasse à l'homme
  • Secret de fille
  • Le lotissement

Le site de l'auteur.

Mes commentaires…

Alors, voici une autre lecture sauvetage. Oui, j'ai l'âme charitable !!! :P Encore une fois, un roman qui avait des statistiques pauvres, très pauvres, le pauvre. Lors d'un élagage des romans classés dans la section Science-Fiction, ce roman a attiré mon attention. La quatrième de couverture disait bien "rencontre du troisième type", mais le reste du texte me semblait plus fantastique que science-fiction. Alors hop, à la maison pour une lecture. Et hop, on reclasse le roman, car non, en effet, le roman est définitivement fantastique et n'a pas du tout sa place en Science-Fiction. Voyons voir s'il a plus de chance dans cette deuxième vie !

Le roman nous raconte le périple d'un groupe de voyageurs qui partent pour un voyage un peu spécial. Ils ont en effet réservé une place pour une excursion touristique dans un train qui doit les amener dans un voyage vers un endroit - une forêt en Europe centrale - qui aurait été témoin de manifestations étranges, possiblement extraterrestres. Les premières pages nous présentent chacun des personnages qui prennent place dans ce wagon. Cela peut sembler un peu long mais chaque personnage est important à l'histoire : le père et ses deux enfants, une journaliste, un homme d'affaires, un couple, le conducteur et le narrateur. Tous les passagers sont impatients de vivre l'expérience et espèrent voir quelque chose de surnaturel et surtout quelque chose d'extraterrestre.

Et puis, bizarrement, leur wagon se détache du train et se retrouve isolé, abandonné au milieu de la fameuse forêt. C'est alors que la vie des personnages dérapent et sombrent petit à petit dans le fantastique. On croit, tout d'abord, comme les personnages, que la nuit est peuplée d'êtres venant d'autres mondes. Puis, on finit par comprendre qu'il n'en est rien. Mais le surnaturel et la mort sont bien au rendez-vous.

L'auteur amène son sujet tranquillement. Chaque personnage est présenté et on a l'impression de les connaître peu à peu. Ce préambule peut sembler un peu long mais il est réellement essentiel à ce qui arrive aux personnages. Car ce que sont les personnages est l'explication de ce qui leur arrive. Et chaque personnage a une raison d'être sur ce train.

La tension est palpable et augmente au fur et à mesure que l'histoire avance. Et la fin est très surprenante. J'ai beaucoup aimé l'écriture des auteurs et surtout la façon qu'on croit d'abord à quelque chose mais qu'ensuite tout est différent... j'aimerais beaucoup en dire plus, car je crois que c'est ce qui fait le roman si intéressant, mais c'est aussi le "punch"... et je m'en voudrais de tout révéler... Je dirais simplement... si votre librairie ou votre bibliothèque a classé ce roman en science-fiction... oubliez cette classification. Si vous cherchez un roman de SF, vous serez déçus et si vous passez votre tour car vous pensez qu'il y aura des ET... et bien, vous aurez manqué un très bon roman fantastique qui nous confronte à nos peurs. Ce voyage est unique, effrayant mais terriblement réel.

Les mots des auteurs (Extraits)

"Une aube grise et terne pointait au-dessus de l'immense forêt. Le brouillard ne s'était pas dissipé et enveloppait toujours les lieux d'un couvercle poisseux. La lumière du matin s'immisçait avec difficulté dans le wagon toujours abandonné sur sa voie, au milieu de nulle part. Elle révéla un à un les corps figés des passagers, recroquevillés sur eux-mêmes dans des postures improbables." p.75

"- Vous le connaissiez bien ? demanda madame Richter. - Comme tout le monde ici. Ni plus ni moins. Mais il me rappelait quelqu'un... Une simple impression. Un peu comme un souvenir qui ne parviendrait pas à remonter à la surface. Comment expliquer ? - Inutile, je comprends. J'ai la même sensation que vous. Un peu comme un rêve fait et refait, et aussitôt oublié." p. 223

Pour en savoir un peu plus…

  • Biographie de l'auteur sur le site BDGest's
  • Critiques sur Babelio
  • Un avis sur le blogue Lire ou Mourir
  • L'avis de Liliba sur le blogue Les lectures de Liliba
  • L'avis d'Archessia sur le blogue Les mots d'Archessia
  • L'avis de Loreley sur le blogue Les Ô Troubles
  • L'avis d'Elodie sur le site ActuSF.com

23 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : encager son corps

2016-10-23a« On cloue les cercueils comme si on avait peur que les morts s'envolent. » [Georges Perros]

Les morts sont morts. Nous serons tous un mort, un jour. Un mort ne se lève plus. Il ne respire plus. Il n'est plus qu'un corps qui deviendra un jour un squelette puis après une éternité, il ne sera plus que poussière. Sauf, si on l'a incinéré. Alors, il est déjà poussière. Ce qui accélère le processus. Un petit coup de pouce comme on dit.

On choisit souvent, depuis toujours, d'enfermer les morts dans des coffres, sarcophages, cercueils... Une protection contre la décomposition. Il faut la ralentir, l'arrêter, l'oublier. Et une protection pour les vivants, si jamais le corps voulait retrouver sa vie et revenir les tourmenter.

Un mort est mort. Mais on ne peut le laisser en paix. Il faut d'abord le mettre en cage ou le détruire. Puis une fois le risque qu'il s'échappe de sa mort envolé, on peut l'invoquer à volonté. On lui parle, on l'harcèle de nos demandes, prières, questions, inquiétudes. On le met dans un cerceuil ou dans une  urne pour mieux l'encager. 

Et un jour, on m'emprisonnera aussi. Quand la mort m'envahira et me libérera de mon corps. Je serai aussi un mort séquestré dans un contenant quelconque. Mais je m'envolerai et viendrai chatouiller les orteils de ceux qui m'auront mis en cage. 

« Le squelette, c'est la mort : il est dans notre corps. » [Charles de Leusse]

Posté par Laila_Seshat à 12:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : s'oublier

2016-10-30"La mémoire est un drôle de brouillard" [Valère Staraselki]

Parfois, il fait bon s'oublier. Se perdre dans un nuage et oublier qu'on existe. Une envie d'avancer dans la brume et disparaître lentement. Pendant un instant, on se perd et on efface toute trace de notre vie. Le passé est confus. Le présent est imprécis. Le futur est indéfini. On déserte notre corps, on désapprend nos souvenirs, on se débarrasse de nos rêves et cauchemars.

On oublie tout. Et on avance doucement dans un vide embrouillé. On sait que c'est temporaire. On ne peut être invisible bien longtemps. Mais pendant quelques instants, on s'évapore. On est insaisissable, imperceptible, volatile et indécelable. Une ombre parmi les ombres. Un reflet sur le brouillard. Une illusion impossible.

Et puis, le brouillard se dissipe. Et on se souvient de tout.

"J'adore le brouillard. Il vous cache du monde, et inversement. Vous sentez que tout a changé, que l'on ne peut plus se fier aux apparences." [Eugene O'Neill]

Posté par Laila_Seshat à 17:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

09 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : tarte à la citrouille

2016-10-09Il y a des jours où les citrouilles ne sont que des citrouilles.” [Martine Delerm]

C'est l'automne. C'est bientôt l'Halloween. Et donc les citrouilles sont de retour. Depuis que je suis petite, les citrouilles ont toujours été présentes à l'Halloween. Mais elles faisaient plutôt offices de décorations. Ma mère en achetait une ou deux. Nous les décorions, enlevions les graines, sculptions des visages grimaçant et mettions des chandelles à l'intérieur le soir de l'Halloween pour éclairer notre porte. Symbole évident qu'il y avait des bonbons à donner à notre adresse.

Puis nous jetions le tout, le lendemain : graines et citrouilles éventrées. Ma mère n'était pas trop cuisinière. En fait, elle ne l'était pas du tout. Et même plus, elle avait la cuisine en horreur. Les tartes étaient habituellement remplie de fraises ou de framboises en canne. Alors, on s'entend qu'elle n'avait rien à faire des restes de citrouilles.

J'adore cuisiner. Mais les premières citrouilles que j'ai achetées, je les ai décorées, vidées de leurs graines, découpées, puis après qu'elles eurent illuminées mon portique, je les ai tout simplement jetées. Il ne m'était jamais venu à l'idée de faire quelque chose d'autres avec mes citrouilles.

Et puis, d'années en années, les citrouilles se sont multipliées sur mon perron. Parfois sculptées, parfois non. Juste pleins de citrouilles dans mes décorations. Et puis, c'est en vidant une citrouille en grignotant des graines de citrouilles achetées en magasin que je me suis dit... hum, je peux peut-être récupérer celles que je suis en train de jeter !

Et maintenant, toutes les graines de mes citrouilles sont séchées, cuites et dévorées. Et puis évidemment, j'ai aussi récupéré le reste de la citrouille. Et mes automnes sont remplis de potages, crèmes, tartes, purées, pains d'épices à la citrouille.

Et bizarrement, à chaque fois que je prépare mes citrouilles pour remplir nos ventres, je pense à ma mère et sa cuisine.

 

Posté par Laila_Seshat à 17:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,