21 septembre 2016

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Roi02Le roi disait que j'étais diable : roman / Clara Dupont-Monod. — Paris : Grasset, [2014]. – 236 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-246-85385-5

Quatrième de couverture

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…

Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.

Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible. Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

L’auteur

Clara Dupont-Monod est née à Paris en 1973. Elle étudie à la Sorbonne en Lettres et obtient une maîtrise en ancien français. Elle travaille d’abord comme journaliste pour le magazine Cosmopolitan. Elle rejoint ensuite le magazine Marianne et en 2007, elle est nommée rédactrice en chef des pages Cultures. Elle travaille également pour la radio et la télévision dans diverses émissions.Roi01

Elle publie son premier roman Eova Luciole, en 1998. Elle continue à écrire et plusieurs de ses romans sont listés pour des prix littéraires. Elle obtient le prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire pour son 4e roman, La passion de Juette ainsi que le prix Point de vue pour Le roi disait que j’étais diable.

Bibliographie partielle

  • Eova Luciole (1998)  
  • La folie du roi Marc (2000)
  • Histoire d'une prostituée (2003)
  • La Passion selon Juette (2007)
  • Bains de nuit (avec Catherine Guetta (2008)
  • Nestor rend les armes (2011)
  • Le roi disait que j’étais diable (2014)

Mes commentaires

Ce roman est tout simplement parfait. Pour moi en tout cas. Pour vous, je ne sais pas. Mais j’adore me plonger dans l’époque médiévale – peu importe l’époque, car le Moyen âge est vaste – et Clara Dupont-Monod excelle à nous raconter cette époque. Dans Le roi disait que j’étais diable, elle nous raconte Aliénor d’Aquitaine. Elle nous fait vivre sa version d’une partie de la vie tumultueuse de cette reine unique.

Aliénor est jeune, libre et l’héritière du duché d’Aquitaine. Elle est cultivée, a une éducation soignée et aime profondément son pays, l’Aquitaine. Après la mort de son père, Guillaume X, duc d’Aquitaine, elle épouse, en 1137, à l’âge de 15 ans, le futur roi de France, Louis VII. Aliénor est belle, elle sait ce qu'elle veut, ce qu'elle aime et ce qu'elle croit. Elle est indépendante, orgeuilleuse, imprévisble et forte. Elle sera aimée mais aussi détestée. On aura peur de cette liberté, cette envie de vivre pleinement. Elle est différente. On dira d'elle qu'elle est une fée maléfique, un diable et qu'elle a ensorcellé le roi. Qui lui l'aimera malgré tout. Et malgré elle. Elle ne voulait pas de ce mariage, elle ne comprend pas ce roi et ce peuple qu'elle trouve rigide, , rustre, froid, pieux, ennuyant. Elle vit pour l'Aquitaine, la passion, l'art, l'amour courtois, la liberté.

L'auteur nous raconte la rencontre entre ces deux personnages si loin l'un de l'autre. Elle imagine leurs pensées, leurs peurs, leurs espoirs, leurs soupirs. On suit ensuite les personnages dans les premières années de cet improbable mariage. Elle reprend les moments connus : arrivée à Paris, conquête de Poitiers, incendie de Vitry-en-Perthois, croisades, ... Et nous offre la vision d'Aliénor puis celle de Louis VII et enfin d'autres personnages.

Le tout est romantisé. Évidemment. Comment savoir ce qu'ils pensaient vraiment, ce qu'ils ressentaient. Mais l'auteur connait bien son "matériel" : l'époque, les personnages historiques, etc. Je suis loin d'être une experte, mais j'ai quand même beaucoup lu sur l'époque. Et j'ai lu quelques ouvrages sur Aliénor d'Aquitaine. Et j'ai vraiment senti que Dupont-Monod avait réussi a faire vivre cette époque. Une époque beaucoup plus vivante que l'on ne le croit souvent. Et Aliénor m'apparait aussi très réaliste, un brin idéalisé, mais pas trop. Elle est plus grande que nature, guerrière, et aime les plaisirs de la vie. Et Louis est un peu malmené mais pas trop. Il est faible, pieux et austère. L'auteur nuance quand même ses personnages même si son idée directrice est claire. Aliénor est la star du roman. Et elle est parfaite même dans ses faiblesses. C'est un personnage mythique. Et comme tout mythe, elle est surtout un symbole. Sa vie, pourtant bien réelle, semble parfois un brin merveilleuse, légendaire, fabuleuse.

Je ne dis pas grand chose de l'histoire. C'est l'histoire d'une jeune fille qui épouse un jeune homme. C'est l'histoire de de deux solitudes qui n'arrivent pas à se rencontrer et à se comprendre. C'est une histoire d'amour à sens unique. Et tout ça sur fond de guerres, croisades, conquêtes, massacres, sang, cris et souffrances, ... Et l'auteur nous présente tout ceci dans un roman doux, léger, fluide et enivrant. Mais qui garde aussi un fond historique, brutal, réaliste et qui oscille entre troubadours, prières et guerre sainte.

J'ai adoré le texte et surtout l'écriture de Clara Dupont-Monod. Et j'ai aimé sa façon de s'approprier l'Histoire pour faire vivre des vies et des histoires.

Les mots de l’auteur

« On parlait de moi. La voici, celle qui possède dix fois le royaume de France. Celle qui donne des ordres, chevauche comme un homme et ne craint pas le désir qu’elle suscite. Qui colore ses robes. N’attache pas ses cheveux. Porte des souliers pointus. Qui donne l’argent du royaume à des poètes venus d’en bas. La petite-fille de ce fou de Guillaume, sorcière qui a grandi en écoutant des textes obscènes, tandis que le roi, ce sage, s’est nourri des phrases sacrées. Je suis le poison, la faute, l’immense faute de Louis.» pp. 58-59

 « Les gens se déguisent, chevauchent des bâtons, conduisent des rondes autour des tombes… Ils font la fête au cimetière ! Ma Dame, est-ce que vous vous rendez compte ? me presse-t-il en écarquillant les yeux. Mais comment lui expliquer que ces farandoles relient les vivants aux morts ? On danse, mais oui l’abbé. On appelle du corps ceux qui n’en ont plus. On rit aussi, et on taquine, en espérant que les morts souriront. Les hommes d’Église voudraient briser ce lien et faire du cimetière un lieu hostile, coupé des vivants.» p. 128

Pour en savoir un peu plus…


26 juin 2015

Quel monstre ?! - Suite

Donc, je disais qu'il fallait que je fasse quelques recherches sur le net... (premier texte ici)

Peu de liens mais quand même, Wippi est documenté sur le web, surtout en anglais. Et il semblerait que j’ai manqué la « nouvelle » sur le monstre. En 2005 (alors que j’habitais à Barcelone, voilà pourquoi j’ai raté l’article), il y aurait eu une photo de prise du monstre. Cela aurait même paru à CTV, faut le faire. Mais rien Maasa2dans les journaux ou télévision francophones. Selon l’article que j’ai retrouvé (l’original sur CTV.ca n’est plus disponible) un touriste aurait capturé en vidéo le monstre et aurait donné des copies photos au propriétaire du Ripplecove – une auberge située à quelques maisons de chez mes grands-parents ! Donc, théoriquement, si un touriste hébergeant à deux pas de la maison de ces derniers a photographié le monstre, j’aurais dû le voir moi aussi, ou du moins en avoir entendu parlé par ma famille.

En tout cas, selon l’article, le propriétaire ainsi qu’un guide touristique proposant des tours sur le lac Massawippi – et soi-dit en passant, je connaissais les deux personnes – disent être convaincus de l’existence de Wippi. D'autres liens parlent, encore une fois, de la profondeur du lac, de cavernes remontant dans les montagnes, de tunnel entre les lacs - à la Black Point - et de tourbillons faisant chavirer les canots.

On raconte aussi qu'on disait aux enfants de ne pas se baigner trop loin car il y avait un serpent de 6Maasa4 à 7 pieds avec une tête de vache ou de barbotte (c'est selon), dans le lac. Bon, cela me laisse croire que ma famille n'était pas trop protectrice car on ne nous a jamais dit ça ! Je me suis même baigné en plein milieu du lac. Et près des falaises en plus ! Pas de monstre qui est venu nous chatouiller les orteils ! Mais, je peux vous dire que les brochets, eux, ne sont pas peureux. Et même sur le bord de l'eau, il y en a qui sont venus se faufiler entre nos jambes. Il y en a même un qui a mordu mon amie. Oui, oui, je vous le jure. C'est vrai ! Tout comme l'araignée qui avait à peu près 30 cm d'envergure avec les pattes... vous savez les araignées au corps tout petit et aux longues, longues pattes... je vous le jure !!!

Bon, revenons au monstre.

Selon un des liens, il y aurait une carte du lac réalisée par un certain Major Stein sur laquelle, on aurait indiqué les monstres et merveilles du lac. Encore une fois, dans les sites visités, on parle un peu partout, de lac profond, de grands poissons, et surtout d'esturgeons monstrueux. On parle aussi du rocher "Donda" qui portait autrefois une sculpture représentant une tête d'amérindien avec un serpent autour du cou... une belle légende qui ne semble pas avoir de lien avec le  monstre. Malheureusement, encore une fois, je n'ai jamais entendu parler de cette histoire. 

Alors j'en veux un peu à ma mère, à mes grands-parents, à tout le village, en fait... C'est quoi l'idée de ne jamais m'avoir parlé de ce monstre ! Il va falloir que je parte à sa recherche à ma prochaine visite de la région !

lac_massawippiUn peu d'information :

Le nom du lac, Massawippi, serait un mot abénaquis qui signifierait "grand lac profond". Certains disent que ce mot signifie plutôt "beaucoup d'eau claire" ou encore "rivière aux eaux profondes". On parle aussi de déformation du mot "nasawipi" "nipi" signifiant eau et "nasaw" entre ou milieu, ce qui donnerait "entre les eaux".

Situé dans les Cantons de l'Est, cinq municipalités bordent le lac : North Hatley, Canton de Hatley, Hatley, Ayer's Cliff et Sainte-Catherine de Hatley.

  • Superficie : 18,7 km²
  • Profondeur maximale : 85,7 m
  • Profondeur moyenne : 41,6 m
  • Longueur : 14,2 km
  • Largeur maximal : 1,9 km
  • Poissons communs : Truites, achigans, perchaudes, brochets, barbottes, crapets-soleil, dorés, etc.
  • Animaux et oiseaux : Bernaches, oies blanches, grands hérons, canards, urubus, cerfs de Virginie, Orignaux, dindons sauvages, rats musqués, castors, etc.
  • Source principale : Rivière Tomifobia
  • Source de la rivière Massawippi

Quelques liens intéressants :

Monstres des lacs du Québec : mythes et troublantes réalités / Michel Meurger avec la collaboration de Claude Gagnon. -- Montréal, Paris : Éditions internationales Stanké, 1982. -- 319 p., [1] feuillet de planche : ill. ; 23 cm. -- ISBN :  978-2-760401723

Extrait sur le site de Claude Gagnon

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25 juin 2015

Quel monstre ?!

monstresmarins2À la recherche d’un document bien précis dans notre magasin, je fouillais dans les rayonnages des livres oubliés. C’est à cet endroit que l’on place entre autres les livres un peu fatigués mais qu’on ne peut pas remplacer. On décide de les conserver pour diverses raisons : ce sont des classiques incontournables – particulièrement s’ils sont québécois -  le livre n’est plus édité et il est rare, etc. Malheureusement, même si ces livres sont toujours disponibles pour le public, les mettre au magasin les condamne à l’oubli. Bon, je digresse…

Toujours est-il que j’étais à la recherche d’un livre lorsque mes yeux croisèrent la tranche d’un autre qui retint mon attention : Monstres des lacs du Québec. Je l’avoue j’ai été intriguée et je l’ai pris pour l’observer. Je connaissais Memphré le « monstre » du lac Memphrémagog – difficile de manquer la sculpture à Magog ! Et j’avais entendu parler de Ponik, celui du lac Pohénégamook. Mais alors que je lisais la table des matières, mes yeux se sont accrochés sur un nom. Au chapitre 1, partie 8, je lis ceci : « Les monstres des lacs Memphrémagog et Massawippi ». MASSAWIPPI ! Et hop, un emprunt immédiat !

C’est que voyez-vous, le lac Massawippi, c’est le lac de mon enfance ! Là où j’ai passé tous mes étés quand j’étais jeune. La maison de mes grands-parents était située au bord du lac Massawippi, à Ayer's Cliff, et c’est un lieu que je connais si bien. J’ai fait du bateau sur le lac, je me suis baignée dans le lac, j’ai pêché sur le lac, j’ai patiné sur le lac et j’ai passé des heures à le contempler. J’ai entendu mille et une histoires à propos du lac. Mais d’un monstre ? Je n’ai jamais entendu parler ! Étrange, non ?

Je me plonge dans le livre. Et je commence par les pages qui parlent de « mon » lac. On y parle de falaises à pic, de lac très profond, de lac sans fond, de cavernes sous les montagnes bordant le lac, de poissons phénomènes, de tunnel entre le lac Massawippi et le lac Memphrémagog, de noyés qui ne reviennent jamais, et, évidemment de monstres mystérieux.

Alors que j’avance dans ma lecture, des souvenirs commencent à surgir. Car tout ça, je me souviens d’en avoir entendu parler. Tout, sauf le fameux monstre.

Je me souviens de ma grand-mère parlant de bateaux ayant coulé dans le Memphrémagog et Maasa1mystérieusement retrouvés dans le Massawippi – car il y aurait un tunnel souterrain entre les deux lacs. Je me souviens de mon grand-père racontant la pêche de brochets immenses, et disant que des plongeurs avaient affirmé avoir vu des poissons, probablement des esturgeons, de plusieurs mètres. Je me souviens de mes tantes parlant de connaissances du village qui s’étaient noyés dans le lac et dont on n’avait jamais retrouvé les corps ; on disait qu’ils étaient peut-être dans ses fameuses cavernes sous les falaises. Je me souviens de ma mère racontant comment un après-midi qu’elle se faisait bronzer dans une chaloupe, elle avait vu passer « entre deux eaux » le corps d’un homme qui s’était noyé quelques semaines auparavant ; il était boursouflé mais intact. Je me souviens d’enfants disant que Massawippi signifiait « lac sans fond » et que les algues pouvaient nous entraîner vers ces profondeurs inatteignables.

Mais bizarrement, encore une fois, je ne me souviens pas d'avoir jamais entendu qui que ce soit parler de monstre. Et pourtant, j’en ai passé des soirées avec des amis du village à se raconter des histoires de fantômes – je peux même vous montrer toutes les maisons hantées du village. Et j’en ai passé des soirées autour d’un verre, ma foi, un peu illégal puisque nous n’avions que 16 ans, à une table de l’hôtel de Shady Crest, à se raconter des histoires sans queue ni tête. Oui, ce même hôtel, dont le propriétaire raconte dans le livre des histoires de poissons avec des têtes de vache et d’esturgeons monstrueux. Il ne nous a jamais raconté ces histoires ! Le monstre a même un petit nom « Wippi » ou « Whippi » dépendant de la langue du raconteur.

Et donc non… pas de monstres dans mes souvenirs. Je suis un peu déçue, je l’avoue !

Quelques recherches sur le net s’imposent... (à suivre)

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13 novembre 2013

Abbaye de Valmagne - Un peu d'histoire...

(Note : L'histoire de l'abbaye de Valmagne est longue et mouvementée. Je ne prétends pas ici présenter son historique complet. Les sources proposées plus bas, le font très bien. Voici juste un petit aperçu tout personnel. - Voir aussi : Abbaye de Valmagne - Réflexions).

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Un peu d'histoire...

  • Nom : Abbaye Sainte-Marie de Valmagne
  • Fondation : 1138
  • Localisation : Villeveyrac  au Languedoc  (près de Mèze)
  • Congrégations : Ordre de Saint-Benoît (1138 à 1145) / Ordre cistercien (1145 à 1791)

L’abbaye est officiellement fondée en 1138. Les religieux qui la fondèrent venaient de l’abbaye Notre-Dame d’Ardorel  et suivaient la règle bénédictine. Le terrain leur fut donné par les seigneurs de Cabrières. Cette donation fut confirmée par Raymond Trencavel, Vicomte de Béziers. L’endroit était idéal à cause de la proximité d’une source et de la protection naturelle contre les vents offerte par les rochers. Le lieu était aussi près de l’ancienne Via Domitia. Le territoire était connu sous le nom de Vallis Magna ou encore Villa Magna. L’évêque d’Agde sanctionne en 1139 la donation.

L’abbaye se rattacha à l’Ordre de Saint-Benoît jusqu’en 1144 alors que le second Abbé voulut l’incorporer à l’Ordre cistercien qui était très fort à cette époque. L’abbaye fut donc rattachée à l’abbaye de Bonnevaux. Malgré certaines oppositions, l’abbaye devient cistercienne et suit une règle plus stricte fortement influencée par Saint Bernard de Clairvaux. L’architecture de Valmagne est donc aussi pensée afin de favoriser la prière et le recueillement : simplicité, dépouillement,… Ce rattachement, confirmé par le pape Adrien IV en 1159, permis également la construction de moulins, de granges, d’un jardin, d’un vignoble, …

La vie à l’abbaye exige un travail manuel. Les moines travailleront donc comme forgerons et tisserands, certains seront copistes. Les moines, qui ont fait vœu de silence, vivent cependant principalement pour la contemplation et la prière. Ce sont les frères convers, qui sont des religieux et non des moines, qui vont travailler aux champs, vignobles, etc.

Les richesses de Valmagne s’accumulent rapidement au fil des ans. On remplace en 1257, la simple église romane par une église gothique. Le cloître est aussi remplacé. Des bâtiments s’ajoutent au fur et à mesure des donations. L’abbaye de Valmagne devient rapidement très riche et puissante. Elle est également intimement liée à l’Histoire et on retrouve son nom ou celui de plusieurs de ses abbés mentionnés à plusieurs reprises.

Mais les temps d’opulence vont arriver à une fin. Les famines au début du XIVe siècle, la Guerre de Cent Ans débutant en 1337, l’effroyable épidémie de

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peste noire de 1348 vont transformer l’abbaye. Plusieurs bâtiments disparaissent, le nombre de moines et de frères diminuent et les difficultés ne font que croître. En effet, les abbés avaient toujours été élus par les moines, mais en 1477 l’abbaye fut mise en commende, c’est-à-dire que les abbés sont maintenant nommés par le Roi. Ceux-ci sont choisis au bénéfice des familles nobles de la région et beaucoup d’abus sont commis. Les guerres de religion viennent s’ajouter au tableau et Valmagne est à l’agonie. Il n’y a plus vraiment d’abbé à partir de 1571. Le dernier abbé s’étant réformé au protestantisme. En 1575, plusieurs moines et des catholiques s’étant réfugiés à l’abbaye sont massacrés par les troupes de l’abbé, l’église est saccagée. L’abbaye est abandonnée et est la cible de brigands.

Un siècle plus tard, les moines tentent de revenir à Valmagne et à reconstruire ce qu’ils pouvaient. Ils tentent de redonner sa splendeur passée à l’église mais ne peuvent tout restaurer. Ils devront par exemple, murer les fenêtres ne pouvant refaire les vitraux. Quelques familles nobles de la région contribuent à la restauration mais ce n’est que vers 1680 que Valmagne retrouve un peu de sa splendeur. En effet, le Cardinal Pierre de Bonzi administre l’abbaye et veut faire de celle-ci un palais épiscopal. La richesse revient à Valmagne et on y vit une vie aux allures royales. Les moines ne vivent plus vraiment selon la règle cistercienne.

Les travaux ont cependant ralenti car l’abbaye est fortement endettée. La Révolution française va clore cette période faste. En 1790, les quelques moines encore sur place s’enfuient. L’abbaye est envahie et détruite par les paysans. Elle devient un bien national et est vendue. Le nouveau propriétaire qui acheté le domaine principalement pour le vignoble, transforme l’église en cave à vin. L’abbaye évite ainsi la destruction complète.

À la mort du propriétaire, le domaine est encore une fois mis en vente. Il est racheté par le comte de Turenne en 1838 et appartient toujours à cette famille. De nombreuses restaurations furent entreprises par le comte puis par ces descendants. Depuis 1997, l’ensemble de l’abbaye est classé aux monuments historiques. Le vignoble fonctionne toujours et les vins qui y sont produits sont réputés. On peut visiter le domaine et de nombreux concerts ont lieu dans l’abbaye.

Quelques sources à consulter...

  • Abbaye de Valmagne. -- [Colmar : S.A.E.P, 1989]. -- 39 p. : photogr. certaines en coul. ; 25 cm. -- Comprend une bibliogr.

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11 novembre 2013

Abbaye de Valmagne - Réflexions

Val1Il y a de ces endroits qui nous volent une partie de notre coeur. Le château de Quéribus est un de ces endroits. Et l'Abbaye de Valmagne en est un autre. J'ai ainsi un morceau de mon coeur dans divers pays. Mais les lieux qui m'ont vraiment troublée, il y en a peu. Quéribus fait cependant encore partie de la liste... ainsi que Valmagne.

Ah Valmagne... Juste dire ton nom me fait soupirer. Le pire est que j'ai si peu de photos de toi de notre première rencontre. Il faut dire que la première fois que je t'ai visité j'avais mon premier appareil numérique et j'avais encore des réflexes anciens... on ne prenait vraiment pas beaucoup de photos dans ce temps-là. Et les photos intérieures... ouf, on n'en parle même pas... floues, floues, floues. Mais d'autres visites eurent lieues. Et là, je t'ai pris sous toutes tes coutures... intérieures et extérieures. Le moindre recoin de tes bâtiments, de tes jardins, fut capturé. Et donc moi aussi j'ai des morceaux de toi.

Je suis allée à Valmagne une dizaine de fois. Je l'ai visité en entier deux fois seulement. La première fois, ce fut une visite guidée incroyablement intéressante où notre guide nous a raconté Valmagne. La deuxième fois, c'était un 26 décembre, alors que nous revenions de fêter Noël chez des amis à Montpellier. Arrêt obligatoire à Valmagne. Pas de tour guidé, nous dit-on à la boutique. Mais nous pouvions tout de même aller à l'intérieur avec des informations dans un cahier et un plan. Nous étions seuls. Il faisait froid, humide. C'était inoubliable. J'adore ces visites à des dates improbables qui nous permettent de découvrir ces lieux en solitaire. valmagne2

Les autres fois nous n'avons fait que passer rapidement. L'abbaye était sur notre chemin et nous ne pouvions pas ne pas nous arrêter. Parfois un simple arrêt devant pour l'observer. Parfois, un tour rapide des jardins. Souvent - très souvent - une simple visite à la boutique pour faire le plein de bons produits et de livres. Ah la boutique... Pour moi, elle est aussi magique que l'abbaye. Remplie de tentations littéraires, culinaires et viticoles. Et les gens sont si souriants et accueillants.

C'était un arrêt obligatoire... nécessaire. Et habituel. Je m'ennuie de ne plus pouvoir dire lorsque nous sommes sur la route : "on arrête à Valmagne?". Valmagne est loin maintenant. J'y rêve parfois. Lorsque nous retournons voir mon père en Espagne, nous faisons toujours un saut en France. Et en octobre 2012, nous n'avons pas trahi notre tradition. Et un saut à plusieurs de nos endroits préférés fut fait. Valmagne fut évidemment obligatoire.

Un peu d'histoire...

Note : L’histoire de l’abbaye de Valmagne est longue et mouvementée. Je ne prétends pas ici présenter son historique complet. Les sources proposées plus bas, le font très bien. Voici juste un petit aperçu tout personnel. Cliquez ici.

Quelques sources à consulter...

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02 septembre 2012

Moment captif d'un dimanche : bric-à-brac

Magasingeneral"Je voudrais travailler dans un magasin de rêve où l'on ne vendrait que des choses imaginaires" [Pierre Dac]

"Bonjour ! J'aurais besoin de clous et d'un tournevis. Je prendrais également 1 kilo de patates, 1 kilo de farine, des pommes et un peu de lait. Je vais également prendre cette petite veste. L'automne arrive et je vais avoir besoin d'une petite laine. Et avez-vous reçu les verres que je vous avais commandés ?"

"Non, ma petite dame. Ils doivent arriver de la grande ville bientôt."

"Et comment va votre petite ? Elle m'a semblé un peu pâlote. Elle serait pas malade, toujours?"

"Elle traînasse un mauvais rhume, mais elle va mieux."

"Avez-vous su pour les voisins ? Leur fils va se marier avec une étrangère !"

"On aura tout vu ! Bon, sera tout ? Vous payez tout de suite ou vous voulez le marquer ?"

"Je vais le faire marquer, mon mari passera quand il reviendra de bûcher dans le Nord."

 

"Parfait, merci bien et à la revoyure !" Et pour vous mademoiselle, ce sera quoi ?"

Je prendrais une dose de souvenirs, quelques rêves doux, quelques grammes d'un passé que je n'ai pas connu, un songe d'une nuit d'été, et si vous aviez une réserve d'imagination, je la prendrais bien pour les jours tristes. Merci beaucoup.

"Quand je veux noyer mon chagrin - Je vais me perdre chez Eaton - On voit jamais pleurer personne - Sur le comptoir des magasins" [Clémence Desrochers]

 

 

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28 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge - Suite

Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN DSC_0601978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Commentaires personnels

Publié en 1977, l'ouvrage de Régine Pernoud demeure malheureusement encore très pertinent. Toute la période que l'on appelle communément le "Moyen Âge" est encore méconnue et beaucoup d'idées reçues et clichés la définissent dans l'imaginaire des gens.

Régine Pernoud tente donc dans son livre de rectifier les erreurs sur le Moyen Âge. Elle aborde beaucoup de sujets: l'art, la femme, la féodalité,... Le livre est peut-être un peu court pour tant de sujets différents et on a parfois l'impression de ne faire qu'effleurer le sujet. Et on voudrait plus d'information. Mais l'ouvrage demeure très intéressant et divertissant. L'auteur prend un ton très familier et nous raconte plusieurs anecdotes personnelles.
Ce qui en fait peut-être un livre très subjectif. On note de toute évidence la passion de l'auteur pour le Moyen Âge, mais on ressent aussi son opinion négative sur la Renaissance. Il est vrai cependant que celle-ci a nettement contribué à donner une mauvaise image à l'époque qui la précédait.

Le livre est très facile d'accès et se laisse lire comme un roman. On passe de préjugé en préjugé et il est très intéressant de voir certaines visions de cette -ces- période corrigées. Il est aussi parfois très enrageant de voir qu'encore aujourd'hui beaucoup de gens ne connaissent pas cette période et conservent des idées négatives et fausses. Le Moyen Âge prend peu de place dans l'enseignement de l'histoire et c'est dommage. Tant de choses furent accomplies et découvertes pendant ces siècles... près de 1000 ans ! L'auteur analyse d'ailleurs la profession même d'historien pour la critiquer ouvertement.

Et avec une phrase comme ça, je ne peux qu'adorer !  "La règle, c'est que l'étudiant en littérature fasse une thèse sur Proust et que l'étudiant d'histoire accepte de s'intéresser à tout, sauf à la période médiévale" (p.132). Pour la "petite histoire", je voulais tout sauf faire une thèse sur Proust (brrrrr...) pendant mes Études littéraires et j'ai opté pour la littérature médiévale ! Alors !!! :D

L'avis de Schlabaya

Premier article

Extraits

 "... Dans la vision, dans la mentalité de ce temps (et non seulement du XVIe siècle, mais des trois siècles suivants) il y aurait eu deux époques de lumière : Antiquité et Renaissance - les temps classiques. Et, entre les deux, un « âge moyen » - période intermédiaire, bloc uniforme, « siècles grossiers », « temps obscurs »." p. 15

" [...] le passage bien connu du Trésor de Brunetto Latini expliquant à ses lecteurs, au milieu du XIIIe siècle la rotondité de la terre. "Tiens me dit-elle, très étonnée, je croyais que Galilée avait été brûlé vif au Moyen Âge pour avoir dit que la terre était ronde." Je lui expliquai que sa phrase contenait trois erreurs historiques : Galilée n'avait pas découvert que la terre était ronde ; on le savait depuis plus de quatre siècles. Ensuite il n'avait pas été brûlé vif, mais seulement emprisonné, ce qui était déjà une manière bien peu courtoise de traiter quelqu'un qui s'avisait pour la première fois que la terre tourne autour du soleil. Enfin le tout ne se passait pas au Moyen Âge. Là, pour la convaincre, j'ai dû avoir recours au Larousse en vingt volumes. C'Est avec un intense étonnement qu'elle a dû admettre que "l'affaire Galilée", que chacun attribut au Moyen Âge, appartient bien à l'époque classique, puisqu'elle a eu lieu en 1633." p. 100

Sources à consulter

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24 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge de Régine Pernoud

DSC_0601Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Quatrième de couverture

Méprisés pendant des siècles, encensés par les Romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. Godiche ne vient-il pas de gothique ? Féodal ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? Moyenâgeux les vieilleries poussiéreuses ?

Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire émergent enfin - le Moyen Age est mort, vive le Moyen Age !

L'auteur

Régine Pernoud est née en 1909 à Château-Chinon (Nièvre) en Bourgogne. Elle grandit à Marseille au sein d'une famille de 6 enfants. Elle obtient une licence de Lettres à l'Université d'Aix-en-Provence en 1929. Elle poursuit ses études à l'École nationale des chartes. Elle obtient son doctorat de lettres en 1933. Elle devra cependant attendre 14 ans avant d'obtenir un poste lié à ses études. Pendant ses études et avant d'obtenir un poste, elle travaillera comme répétitrice, préceptrice, pernoud1agente de classement de différents fonds d'archives. Elle poursuit également ses études en muséologie à l'École du Louvre pendant cette période et commence ses travaux d'historienne.

Finalement, en 1947, elle est nommée conservateur au musée de Reims. Elle sera ensuite, en 1949, conservateur au musée de l'Histoire de France, puis aux Archives nationales. Elle fondera en 1974 le centre de documentation historique Jeanne d'Arc d'Orléans. Pendant sa carrière d'historienne et médiéviste, elle publiera de nombrexu ouvrages scientifiques mais également de vulgarisation destinés au grand public.

Elle décède le 22 avril 1998 à Paris.

Bibliographie partielle

  • L'Unité française (1944)
  • Lumière au Moyen Âge (1944)
  • Les villes marchandes aux XIVe et XVe, impérialisme et capitalisme au Moyen Âge (1948)
  • Vie et mort de Jeanne d'Arc (1953)
  • Les grandes époques de l'art en Occident(1954)
  • Les Gaulois (1957)
  • Les croisés (1959)
  • Un Chef d'État, Saint Louis de France (1960)
  • Histoire de la bourgeoisie en France (2 vol.) (1960-1962)
  • Les Croisades (1960)
  • Histoire du peuple français (4 tomes) (1961)
  • Croyants et incroyants d'aujourd'hui (1962)
  • Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins (1962)
  • Notre-Dame de Paris (1963)
  • L'Histoire des rois mages : selon l'Évangile de saint Matthieu (1964)
  • La Formation de la France (1966)
  • Aliénor d'Aquitaine (1966)
  • 8 mai 1429, la libération d'Orléans (1969)
  • L'histoire racontée à mes neveux (1969)
  • Jeanne devant les Cauchons (1970)
  • Héloïse et Abélard (1970)
  • Beauté du Moyen Âge (1971)
  • La Reine Blanche (1972)
  • Les Templiers (1974)
  • Pour en finir avec le Moyen Âge (1977)
  • Les Hommes de la Croisade (1977)
  • La femme au temps des cathédrales (1980)
  • Sources de l'art roman (1980)
  • Jeanne d'Arc (1981)
  • Christine de Pisan (1982)
  • Le Tour de France médiéval : l'histoire buissonnière (1982)
  • La Plume et le parchemin (1983)
  • Jeanne et Thérèse (1984)
  • Les Saints au Moyen Âge : la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? (1984)
  • Saint Louis et le crépuscule de la féodalité (1985)
  • Le Moyen Âge pour quoi faire ?(1986)
  • Isambour : la reine captive (1987)
  • Richard Cœur de Lion (1988)
  • Jeanne d'Arc et la guerre de Cent ans (1990)
  • La Femme au temps des croisades (1990)
  • La Vierge et les saints au Moyen Âge (1991)
  • La spiritualité de Jeanne d'Arc (1992)
  • Villa Paradis : souvenirs (1992)
  •  Hildegarde de Bingen : conscience inspirée du XIIe siècle (1994)
  • Réhabilitation de Jeanne d'Arc, reconquête de la France (1995)
  • Les Templiers, chevaliers du Christ (1995)
  • Celui par qui la Gaule devint chrétienne (1996)
  • Jardins de monastères (1996)
  • Martin de Tours (1996)
  • Saint Jérôme : père de la Bible(1996)
  • Jeanne d'Arc, Napoléon : le paradoxe du biographe (1997)
  • Histoire et lumière (1998)
  • Visages de femmes au Moyen Âge (1998)

Résumé

L'ouvrage de Régine Pernoud entend démystifier cette grande période de notre histoire qui est le Moyen Âge. Elle s'attarde plus précisement au Moyen Âge français et aborde dans chacun des chapites un sujet différent: l'art, la place de la femme, la religion, l'éducation, la féodalité, etc.

Ce petit livre tente d'affronter et corriger les nombreuses idées reçues et préjugées sur cette période méconnue. L'auteur nous présente donc un Moyen Âge diversifié, étonnant, et composé en fait de périodes bien différentes.

Commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Dans les actes notariés il est fréquent de voir une femme mariée agir par elle-même, ouvrir par exemple une boutique ou un commerce, et cela sans être obligée de produire une autorisation maritale. Enfin, les rôles de la taille (nous dirions les registres du percepteur), lorsqu'ils nous ont été conservés comme c'est le cas pour Paris à la fin du XIIIe siècle, montrent une foule de femmes exerçant des métiers : maîtresse d'école, médecin, apothicaire, plâtrière, teinturière, copiste, miniaturiste, religieuse, etc.

Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle, par un arrêt du Parlement daté de 1593, que la femme sera écartée explicitement de toute fonction dans l'état." p. 97

Sources à consulter

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28 octobre 2009

La Fontaine de Vaucluse

Fontaine3Il y a quelques mois, nous avions décidé de prendre la route - encore une fois. Cette fois, nous allions un peu plus loin... en Provence. Nous nous sommes arrêtés à quelques endroits. Dont un lieu qui n'avait droit qu'a, à peine, quelques lignes dans notre guide. Il aurait dû en avoir beaucoup plus !

Nous avions visité quelques villages aux alentours et sur le chemin du retour, il y avait cette fontaine. Bon... je suppose que ce n'est pas vraiment une fontaine; mais c'est son nom: la Fontaine de Vaucluse. Elle se fait discrète dans les guides touristiques mais elle vaut un détour... ce fut une rencontre magnifique et inoubliable.

La Fònt de Vauclusa ou La Font de Vau-Cluso (selon la norme linguistique que l'on choisit) est tout d'abord une commune française, située en Provence. Mais la Fontaine de Vaucluse est aussi une source, une résurgence,  plutôt qu'une fontaine. On la trouve au pied d'une falaise de plus de 230 mètres. On dit que c'est la plus grosse source de France et la cinquième plus grosse au monde. Son écoulement moyen peut ateindre jusqu'à 630 millions de m3 par année ! L'eau provient de l'infiltration dans la montagne des eaux de la pluie et de la neige. Ces eaux viennent en grande partie du Mont Ventoux, du Mont de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la Montagne de Lure. Toute cette eau pénètre la montagne et n'a qu'une seule sortie: la Fontaine de Vaucluse.

À l'origine, l'endroit s'appelait Vallis Clausa qui signifie en latin "vallée close". Et quand on arrive à la fontaine, on ne peut queFontaine1 comprendre le sens de ce nom. Après une longue marche le long d'un cours d'eau qu'on nomme la Sorgue, on arrive à une falaise qui semble la source du cours d'eau. Entourée de falaises vertigineuses, il n'y a aucune issue... la vallée est close.

Et donc, au fond de la vallée close, au pied de la falaise, de l'eau provenant d'un réseau souterrain et qui peut parfois jaillir violemment, est la source de La Sorgue. Le site est connu depuis très longtemps et on retrouve des mentions de la fontaine dès l'Antiquité alors qu'elle fait l'objet d'un culte des eaux et d'offrandes rituelles. La source est habituellement paisible en hiver et en été. L'eau est claire et transparente... d'une couleur turquoise saisissante.

Mais parfois, principalement au printemps et en automne, l'eau monte et prend une couleur rouge. Les habitants de la région y voient un mauvais présage. Lorsque l'eau prend la couleur du sang, on craint des malheurs, la peste, des épidemies, etc. La couleur de l'eau s'explique bien entendu par la présence d'argile rouge qui lorsque l'eau monte dans les réservoirs souterrains teinte la source de Vaucluse.

L'homme a toujours voulu comprendre la fontaine de Vaucluse et très tôt, on tenta de sonder les fonds de la falaise, puis les rivières souterraines. Aujourd'hui, les plongeurs ne peuvent que rarement s'aventurer sous la falaise, mais grâce à des sondes automatisées on a pu calculer en 1985, la profondeur du gouffre a 308 mètres. Mais la source de la fontaine demeure encore mystérieuse et n'a pas encore révélé tous ses secrets.

Depuis toujours, on a décrit la beauté du site. Char, Mistral, Chateaubriand, Pline l'Ancien, Scudéry, Voltaire,... Au Moyen-Âge, Fontaine2au VIe siècle, un ermite du nom de Veran se serait installé près de la Fontaine et y aurait combattu une "couloubre". Cette couleuvre monstrueuse terrorisait la région et vivait près de la Sorgue. Veran la tua et ramena la paix dans la région. Il accomplit de nombreux miracles et devint l'évêque de Cavaillon. Des moines auraient suivi l'exemple de Veran et s'installèrent dans un monastère près de la Fontaine. Pétrarque vécut aussi près de celle-ci au XIVe siècle et mentionne dans ses écrits la Fontaine et le figuier, qui plongeant ses racines dans la Fontaine, semble éternel. 

La Fontaine de Vaucluse nous offre beaucoup d'autres légendes. Une épave s'y trouve à plus de 25 mètres. Elle cacherait aussi, bien entendu, un trésor. On a longtemps cherché à la retrouver. Aujourd'hui, le site est protégé. Mais la découverte en 2001 de plusieurs pièces antiques, en bronze, argent et en or, certaines datant du 1er siècle avant J.-C. permet aux chercheurs de trésor de continuer à rêver.

Lorsqu'on arrive au pied de la falaise et que l'on voit pour la première fois, l'eau turquoise de la Fontaine, on ne peut qu'être envoûter par le charme de l'endroit. On imagine mille fées qui dansent ardemment sur la surface translucide de la Fontaine. Des secrets éternels sont chuchotés à nos oreilles. Une folie profondément paisible nous envahit et nous raconte nos désirs, nos joies et nos peines. La Fontaine nous connait et nous reconnait. Elle a toujours existé et nous rappelle notre immortalité.

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15 janvier 2008

Quéribus, ce château cathare

Située à environ 2 heures de Barcelone, se situe la frontière de la France. La région qui se trouve en bordure de la frontière est le Languedoc-Roussillon, qu'on appelle encore aujourd'hui la Catalogne du Nord.  Étant donné la proximité de cette région nous y avons fait de nombreuses visites, parfois en train mais surtout en auto et nous y avons parcouru de nombreux chemins et routes.

Dans cette région du sud de la France connue pour ses vignobles, il y a de nombreux châteaux forteresses. Ces forteresses font parties de ce qu'on appelle les Châteaux Cathares. Plusieurs de ces châteaux forteresses peuvent encore être visités. Il ne reste souvent que quelques ruines, mais certains sont encore assez bien conservés.

Qu_ribus1 Parmi ces châteaux, le château de Quéribus demeure un de mes préférés. Considéré comme un des "cinq fils de Carcassonne", il fut un des derniers points de lutte et de refuge des Cathares lors de la Croisade contre les Albigeois. Nous l'avons visité à quatre reprises. Reconnaissable de très loin par sa tour-dongeon, il est situé sur un pilon rocheux à une altitude de 728 mètres. La montée se fait d'abord en auto, puis évidemment à pied. Malgré les apparences, il est relativement facile d'accès.

Je connaissais le nom de Quéribus. J’avais déjà lu des romans et des ouvrages qui mentionnaient ce nom. Et j’ai eu une période pendant laquelle j’ai beaucoup lu sur le Graal. Le nom de Quéribus apparaît dans nombres d’ouvrages explorant le mythe et la réalité du Graal. Et j’ai aussi lu sur les Cathares… impossible ici aussi de lire sur les Cathares et ne pas connaître le nom de Quéribus.

Malgré tout ceci, la première fois que nous avons pris les routes du Languedoc, je ne pensais pas à Quéribus en particulier. EnQu_ribus2 fait, nous avions prévu aller au château de Peyrépertuse… la planification du week-end avait été fait par la sœur de mon conjoint et je n’avais pas eu le temps de regarder les guides.

Et donc, lorsqu’au détour d’une route, alors que je regardais par la fenêtre de l’auto, j’ai vu la tour de Quéribus, j’ai littéralement senti mon cœur se serrer… Je l’ai reconnu tout de suite. Mais j’ai tout de même vérifié sur la carte du guide que nous avions… oui, c’était Quéribus. Nous n’allions pas le visiter cette fois-là… mais je savais que j’étais conquise… j’ai rarement des pincements ou des émotions vives quand je visite les lieux et cela me déçoit souvent. Je suis contente de visiter et voir les lieux, mais c’est rare que je me sente « émotionner ». Mais Quéribus m’a complètement chavirée.

Quelques mois plus tard, nous retournions dans la région qui nous avait enchanté lors de notre premier séjour. Et cette fois-ci, nous sommes allés à Quéribus. Le lieu était fermé, nous étions au mois de mars et il y avait de la neige sur le sentier. Mais il n’y avait personne et nous sommes donc monté au château. Il faisait froid, il ventait, nous étions complètement seuls… Et jamais je n’oublierai cette rencontre avec Quéribus.

Et maintenant, à chaque nouvelle visite, je découvre à nouveau Quéribus. Même lorsque nous ne faisons que passer sans nous arrêter, je ne peux m’empêcher de le regarder jusqu’à ce qu’il ne soit plus visible…  

Posté par Laila_Seshat à 22:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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