10 avril 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka - Suite

certaines1Certaines n'avaient jamais vu la mer / Julie Otsuka ; traduit de l'anglais (américain) par Carine Chichereau. -- [Paris] : Phébus, c2012. -- 139 p. : 21 c. -- ISBN 978-2-7529-0670-0

Quatrième de couverture

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.

C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

Commentaires personnels (suite)

Mais revenons au roman de Julie Otsuka. Dans ses deux romans, l'auteur a choisi de parler de la vie des immigrés japonais du début du 20e siècle. Dans son premier roman, elle nous présentait les camps d'internement américains où plus de 120 000 Japonais durent vivre pendant et après la 2e Guerre Mondiale. Elle s'était en grande partie inspirée de l'histoire de sa propre famille ; sa mère, son oncle et ses grands-parents maternels ayant dû vivre dans un camp de l'Utah pendant plusieurs années. Dans son 2e roman, Otsuka reprend se sujet mais commence son histoire bien avant. Elle nous parle de ses jeunes Japonaises qui ont traversé l'océan Pacifique pour venir rejoindre en Amérique des maris qu'elles n'avaient jamais vus qu'en photographie. Ce sont les "picture brides", de jeunes femmes, souvent jeunes, vierges, naïves, venant de la campagne, pauvres (pas toutes, évidemment, mais la plupart). Elles cherchent une vie meilleure et se laissent séduire par ces hommes qui les courtisent par lettres et photographies leur promettant richesse et bonheur. Elles font donc des mariages par correspondance et embarquent dans des bateaux en direction des États-Unis et de leur mari qui les attendent.

Le roman nous raconte donc en 8 chapitres le parcours de ces femmes : la traversée en bateau, alors qu'elles sont remplies d'espoirs et de craintes ; l'arrivée et la rencontre avec ce mari inconnu, les mensonges, la première nuit trop souvent difficile et triste, la violence ou l'indifférence ; la rencontre avec les Américains, les incompréhensions et préjugés, le travail et la vie dure, le désenchantement et la résignation ; la naissance des enfants ; la vie de leurs enfants, les petites joies et le détachement des jeunes ; le début de la guerre, la méfiance, les peurs, la stigmatisation, la solitude, la suspicion qui pèse sur eux tous, les traitres ; l'annonce des départs pour les camps d'internement, le dernier jour, le déchirement, la peur, la souffrance, la séparation ; et puis la disparition, où sont les Japonais se demandent les Américains qui les côtoyaient souvent dans l'indifférence. Nous avons les voix des femmes, puis des Japonais en général pour terminer avec la voix des Américains. Est-ce un roman historique ? Sûrement... Julie Otsuka nous raconte l'histoire des premiers immigrés japonais. Une histoire peu connue. La vie de ses femmes - et de leurs maris et familles - est difficile, remplie de sacrifices, souvent triste. Elles travaillent durement, sans relâche. Elles ont perdus tous les rêves, illusions, espoirs qu'elles avaient sur le bateau qui les a amenées vers cette nouvelle vie. On pourrait avoir l'impression que le roman ne nous parle que des malheurs et des déceptions de ces femmes, mais on peut aussi trouver ici et là des traces de moments doux et joyeux. Toutes n'ont pas eu la même vie, certaines furent malheureuses, certaines furent heureuses.

Tant d'histoires à raconter. L'auteur aurait pu ne choisir que de parler d'une ou de quelques unes de ces histoires. Mais elle a choisi de nous les raconter toutes ! Je trouve cette décision absolument géniale. Car malgré les 139 pages, l'auteur arrive à nous raconter toutes les histoires, toutes les possibilités, tous les rêves, toutes les déceptions, toutes les blessures, toutes les petites joies. Elles nous présentent donc des bribes, des fragments, des portions de vies. Pour certains lecteurs, c'était trop peu, trop bref, trop rapide, trop sec, trop énumératif, trop répétitif, ... J'ai trouvé ce procédé imaginatif, inspirant... j'ai pris les bribes et j'ai imaginé le reste de leur vie. J'ai pu ainsi apprendre et comprendre ces différentes vies... Je ne lis pas uniquement sur la vie d'une ou deux ou trois de ces femmes, mais sur des milliers ! Qui se ressemblent et qui sont toutes différentes les unes des autres.

Je me suis perdue parmi toutes ces voix. J'ai tendu l'oreille et il m'a semblé les entendre chuchoter doucement juste pour moi, leurs rêves, leurs peurs, leurs tristesses, leurs déceptions et leurs espoirs. Elles parlaient toutes en même temps mais elles me parlaient une après l'autre, pour être certaines que je comprenne bien leur histoire. Elles parlaient ensemble, comme un chœur antique, et semblaient réciter un poème, une litanie, une incantation...

L'auteur a choisi un style narratif qui en a rebuté plusieurs et qui surprend au début. Je dois avouer qu'on aime ou on déteste. Certains ont aimé au début puis s'en sont lassé. J'ai ADORÉ ! Il n'y a pas de narrateur, car les femmes sont toutes les narratrices, toutes à la fois, une à une. Elles nous parlent directement, par un "nous" collectif qui semble parfois devenir inclusif. Nous faisons partie des histoires, de l'Histoire. Chaque fragment de ces vies peut nous rejoindre, peut être un fragment de notre vie. Et à la toute fin, ce nous appartient aux autres, aux Américains. Et nous sommes encore une fois inclus dans ce nous.

Pour moi, ce roman a été un long chant poétique. J'ai été envoûté, charmé et bercé par les mots de Julie Otsuka et surtout par les moments emprisonnés par ces mots... Peut-être que vous n'avez pas aimé, peut-être que vous n'aimerez pas... moi, j'ai encore un frisson qui me parcoure quand je pense à ce roman. Je ferme les yeux et la couverture me hante ; j'entends les chants de ces femmes - ces hommes, ces enfants,... tous ces gens - qui me rappellent qu'elles -ils- ont existé.

L'avis d'Hélène, Vermicélia, Les Écrits Vains, L'Oeil qui fume, Achille 49, George, Colette sur Mediapart, et les 287 avis sur Babelio !

Mon premier billet sur l'auteur et quelques premiers commentaires ici...

Extraits

"Au début nous nous posions sans cesse des questions. Pourquoi montaient-ils sur leurs chevaux par la gauche et non la droite ? Comment parvenaient-ils à se différencier les uns des autres ?[...] À quoi rêvaient-ils ? Qui priaient-ils ? Combien de dieux avaient-ils ? Était-ce vrai qu'ils voyaient un homme dans la lune au lieu d'un lapin ?" p. 35

"Nous avons accouché en silence, comme nos mères, qui n'avaient jamais émis ni cri, ni plainte. [...] Nous avons accouché en pleurant, comme Nogiku, qui a attrapé les fièvres et n'a pas pu se lever pendant trois mois. Nous avons accouché facilement, en deux heures et puis nous avons eu la migraine pendant cinq ans. [...] Nous avons accouché en secret, dans les bois, d'un enfant dont notre mari savait qu'il n'était pas de lui." p.67

Sources à consulter

Posté par Laila_Seshat à 01:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


09 avril 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

certaines1Certaines n'avaient jamais vu la mer / Julie Otsuka ; traduit de l'anglais (américain) par Carine Chichereau. -- [Paris] : Phébus, c2012. -- 139 p. : 21 c. -- ISBN 978-2-7529-0670-0

Quatrième de couverture

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.

C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

L'auteur

certaines2Julie Otsuka est né en Californie aux États-Unis en 1962 dans une famille d'origine japonaise. Elle étudie la peinture et la sculpture à l'Université Yale et obtient son diplôme en Arts en 1984. Elle poursuit ses études l'Université de Columbia où elle obtient une Maîtrise en Arts en 1999. Elle commence sa carrière en tant qu'artiste peintre mais commence à écrire vers ses 30 ans. Elle publie son premier roman When the Emperor Was Divine en 2002. Il remportera de nombreux prix. Son second roman, The Buddha in the Attic, est publié en 2011. Il remportera également de nombreux prix. La traduction française, Certaines n'avaient jamais vu la mer, a remporté le Prix Femina étranger en 2012.

Elle continue d'écrire et vit aujourd'hui à New York.

Bibliographie

  • When the Emperor Was Divine (2002) (Quand l'empereur était un dieu, 2004)
  • The Buddha in the Attic (2011) (Certaines n'avaient jamais vu la mer, 2012)

Site de l'auteur en anglais.

Commentaires personnels

Comment ce petit livre de 139 pages peut-il contenir autant d'émotions et de poésie ? Je suis littéralement tombée en amour avec le "roman" de Julie Otsuka. Ce fut un coup de coeur renversant.

Et je suis vraiment heureuse de l'avoir lu en français. Je suis certaine qu'il est aussi magnifique en anglais, après tout, il a été écrit en anglais. Mais je trouve le titre en français beaucoup plus joli que celui en anglais. "The Buddha in the Attic" me semble sec, impersonnel, froid, matériel. "Certaines n'avaient jamais vu la mer" me rappelle une chanson, un vers. Il m'enveloppe et m'intrigue : qui sont-elles ? pourquoi n'avaient-elles jamais vu la mer ? pourquoi la voyaient-elles maintenant ? Et la couverture de la traduction française est magnifique, les couleurs sont douces. Oh, la couverture du roman en anglais est bien aussi... mais un simple coup d'oeil à la couverture française et l'image et le titre m'avaient conquise. Je n'ai même pas lu le quatrième de couverture, c'est tout dire. Ce pourquoi, je ne savais pas que le roman était une traduction (le nom de l'auteur ne me donnant aucun indice). Et je suis bien heureuse de ne pas avoir lu ce quatrième de couverture, car j'aurais sûrement pris la version originale puisque je préfère habituellement lire, si possible, un roman dans sa langue d'origine. Encore une fois, j'aurais peut-être beaucoup aimé... mais je m'imagine mal, en anglais, la même poésie, la même musicalité du texte traduit.

Mais revenons au roman... commentaires à suivre !

Extraits

"Sur le bateau chaque nuit nous nous pressions dans le lit les unes des autres et passions des heures à discuter du continent inconnu où nous nous rendions. Les gens là-bas, disait-on, ne se nourrissaient que de viande et leur corps était couvert de poils [...]. Les arbres étaient énormes. Les plaines immenses. Les femmes, bruyantes et grandes - une bonne tête de plus, avions-nous appris, que les plus grands de nos hommes. Leur langue était dix fois plus compliquée que la nôtre et les coutumes incroyablement étranges. Les livres se lisaient de la fin vers le début et on utilisait du savon au bain. On se mouchait dans des morceaux de tissu crasseux que l'on repliait ensuite pour les ranger dans une poche, afin de les utiliser encore et encore. Le contraire du blanc n'était pas le rouge mais le noir. Qu'allions-nous devenir, nous demandions-nous, dans un pays aussi différent ?" p. 15

"Certains des nôtres sont partis en pleurant. Et certains en chantant. L'une avait la main plaquée sur la bouche parce qu'elle avait le fou rire. Certains étaient ivres. D'autres sont partis en silence, tête baissée, pleins de gêne et de honte." p.116

Sources à consulter

Posté par Laila_Seshat à 03:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

18 septembre 2011

Le moment captif d'un dimanche : détailler les souvenirs

11_09_29"On ne marchande pas avec les rêves, les hasards et les coïncidences". [Claude Lelouch]

Mais peut-on marchander avec ses souvenirs ? Leurs demander de se rappeler des choses qui n'ont pas existé ? Ou qui se sont passer différemment ? Et si je me rappelle des moments qui sont étrangement plus réels que ceux qui ont habité ma vie, suis-je une marchande de vide pour autant ?

Des incertitudes m'assaillissent... où, quand, qui ? Des imprécisions s'infiltrent dans les instants passés. Et parmi, les heures précises se faufilent des minutes inventées. Elles sont souvent plus belles que les réelles mais pas nécessairement. Parfois je me chicane avec ma mémoire. De longues discussions s'ensuivent. Qui a dit quoi, où cela s'est-il passé, qu'ai-je vu après ceci, quelle musique y avait-il à ce moment ? On se contredit sans arrêt. S'ensuivent même des nuits sans sommeil à la recherche d'une seconde furtive qui se cache résolument dans un coin de mon cerveau.

Alors je me rappelle comme je crois que je devrais me rappeler. Et ce n’est pas parce que c’est imaginaire que ce n’est pas réel. Et puis quel rapport entre ceci et cela... si cela n'en a pas dans mes souvenirs. Ce sont mes souvenirs après tout !!!

"La mer ? Quel rapport entre la mer et mes poissons ?" [Ordralfabétix]

Posté par Laila_Seshat à 07:28 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

30 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : gribouillis

10_05_30"L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible" [Eugène Fromentin]

"Tu parles trop fort, que je lui dis, tu vas le déranger." "Mais non, qu'il me répond, il semble bien concentré." "Oui, tu as raison... mais taisons-nous tout de même, juste au cas..."

"Il décore sa boutique, tu penses?" "Peut-être... histoire que son commerce soit joli même lorsqu'il est fermé". "Et peut-être mettre un peu de traditionnel à côté du moderne".

"Je crois qu'il y a une histoire dans ses dessins." "Tu crois?" "Oui, une histoire invisible qu'il raconte silencieusement." "Et elle a un lien avec sa boutique?" "Difficile à dire, je ne comprends pas vraiment le nom et on ne voit pas à l'intérieur". "Tu sais, ce n'est peut-être pas sa boutique... et il n'a été engagé que pour ce boulot... tu te fais peut-être des histoires, toi aussi!"

"Peut-être... mais de toute façon, ce n'est qu'une histoire. Tu sais de ces histoires qui peuvent se lire sans jamais se répéter. Il nous raconte une histoire universelle... mais qu'il colore de sa vie, et que nous lirons selon nos émotions, selon nos envies, nos désirs... Une histoire n'est jamais qu'une histoire. Elle nous raconte milles choses à la fois et ne nous dit rien du tout... Mais je n'en sais rien, tu sais!".

"Un artiste ne peint jamais la vie tout à fait telle qu'elle est. Il la colore de sa personnalité et de ses désirs" [Lucille Roy]

Posté par Laila_Seshat à 11:16 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

30 septembre 2008

Une balade japonaise, partie 3

011Après avoir nourri les cerfs sika et avoir visité les temples… après avoir acheté quelques statuettes de chats… Notre prochaine direction était Osaka.

Ah osaka… ville résolument moderne… fini les temples. Bien sûr il y en a quelques uns ainsi que quelques palais. Mais la ville ne compte plus vraiment sur ses attraits anciens… Elle est moderne. Un point c’est tout. Et je dois dire que de tout notre voyage… c’est la ville la plus « trash » du Japon. C’est la ville plus « sale », il y avait des papiers sur les trottoirs (chose que nous n’avions pas vu à date), la ville la plus désordonnée… C’était un tantinet plus « humain » ! Mais un peu moins « sécuritaire » aussi.

Nous avons visité les quartiers les plus connus. Et le fameux quartier « Blade Runner ».015

Le premier soir, j’étais complètement épuisée mais nous sommes tout de même sortis pour dîner. Et sans le savoir, nous avons mangé exactement au restaurant photographié par tous (avec la tour comme fond) et qui sert le fameux poisson qui s’il n’est pas bien coupé, peut être mortel ! Nous avons survécu… car oui, nous en avons mangé… un peu à notre insu ! C’est ça quand on pointe une photo dans un menu et qu’on a aucune idée de ce qu’on commande !!!

Et je dois dire que j'étais bien contente de ne plus visiter de temples. C'est qu'après tant de lieux sacrés... j'avais l'impression qu'ils se ressemblaient tous... Et puis, cette obligation de toujours devoir donner quelques pièces pour prier, pour cogner la cloche aux souhaits, etc... Je comprends le concept de sacrifice personnel, mais ça sonnait très monétaire à mes yeux et très rentable pour les moines. Bon... j'y reviendrai un autre jour...

Osaka fut donc très moderne. Notre ryokan fut très très beau. Un peu en dehors de la ville. Avec un jardin intérieur magnifique. Tenu par un français et sa femme japonaise. Charmante.

016Puis après Osaka, nous avions prévu une nuit dans un ryokan "de luxe" sur une péninsule tout près d'Utsumi. Très traditionnel. Avec bains chauds et repas compris. Nous étions les premiers "occidentaux" qu'ils recevaient. Nous avions même le petit déjeuner de compris... poisson cru 'a 8h00 AM, c'est tout de même difficile pour mon pauvre estomac !

Mais le ryokan était complètement sublime... très relaxant. En cet fin de voyage... les bains chauds furent les bienvenues. Et bien sûr la vue sur la mer... pas de refus !

Le lendemain nous retournions à Tokyo pour notre dernière nuit. Le voyage de retour fut difficile. Mais il n'effaça pas les trois semaines que je venais de vivre...

Quelques mots... modernité, cuteness, temples, spiritualité, symboles et fashion. Volonté de reconstruire, construire. Tradition. Modernisme. Séparation. Intégration. Volonté de protection. Volonté d'ouverture. Anglais... Français... souvent boîteux mais si 013important. Travail, travail, travail... épuisement. Volonté de rire et s'amuser... Technologie? Faux... pas dans la vie de tous les jours... On prie pour et par l'argent... On accroche les amulettes avec les breloques... on vénère les bouddhah et les mangas !

Je crois que Fine a tout dit... fascinant et étrange. Et à revoir... rapidement... je n'ai rien dit... je crois que j'aurai d'autres choses à définir bientôt !!!

À lire aussi:

Posté par Laila_Seshat à 17:50 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

29 septembre 2008

Une balade japonaise, partie 2

005aEt donc nous nous sommes ensuite dirigés vers Takayama. Cette fois, il a fallu prendre l’autobus qui était le plus rapide pour atteindre cette petite ville dans les montagnes. Takayama signifie d’ailleurs « haute montagne ». Je dis petite ville, mais avec ses près de 100 000 habitants, elle sait se faire respecter.

Je dois avouer qu’avec Kyoto, Takayama fut l’un de mes endroits préférés du voyage. J’ai adoré la ville avec ses rues anciennes, ses temples, le village traditionnel de Hida non loin, ses chars et surtout le « sarubobo », petite amulette qu’on retrouve partout dans la ville.

Nous sommes restés 3 jours dans la ville et j’aurais voulu y rester d’avantage. Les gens y étaient très sympathiques. Nous avons beaucoup visités et nos pieds nous en ont longtemps voulu. 008b

Ce fut également à Takayama que nous avons eu droit à notre premier ryokan – auberge traditionnelle japonaise. Et donc, enlève souliers, met pantoufle, enlève pantoufle, met pantoufle de salle de bain, enlève pantoufle, et ainsi de suite… C’est d’ailleurs la même chose dans les temples et dans nombres de palais et maisons traditionnelles que nous avons visités. On a beaucoup marché nu-pied et en pied de bas !

C’est aussi à Takayama que nous avons eu droit à notre premier plus traditionnel repas. Et que nous avons goûté le meilleur thé. Bien que le thé était excellent partout, même le thé en sachet offert dans nos chambres ! Et bien sûr c'est aussi la ville du saké... très important dans la région.

Puis direction Kyoto… Qui m’a complètement conquise. Les 4 jours se sont envolés et nous avons regretté n’avoir pas resté plus longtemps. Il y avait tant de choses à faire et à voir. Enormément de temples. La ville compte 2000 temples, ainsi que des palais et plusieurs jardins. Encore une fois, la ville oscille entre tradition et modernité… 008soulignée avec excès par les anime et les mangas !!!

Évidemment, le fameux quartier Gion fut visité… et nous avons pu voir quelques geishas. Je suis très ambivalente sur le concept et je vais m’abstenir de commenter, mais je dois avouer que ce fut étrange et intéressant de voir de vraies geishas.

Le premier soir nous avons beaucoup marché pour trouver un resto... finalement nous sommes entrés un peu par hasard dans un resto qui affichait quelques mots d’anglais. Nous étions tout près de Gion, mais un peu en dehors des rues plus connues.

Et nous sommes tombés sur un super
resto traditionnel... un peu défraîchi, mais très typique... une expérience 006incroyable. Salle privée pour nous deux, assis sur les tatamis, la serveuse habillée de son kimono, nous a préparé le repas devant nous à nos petites tables, cuisant nos aliments et tout... et nous a fait la conversation... bon, sûrement moins qu’elle en a l’habitude, son anglais étant limite, mais quand même... un vrai repas traditionnel avec une ancienne geisha qui aujourd’hui travaille avec ses anciennes collègues dans ce restaurant traditionnel. Assez incroyable et complètement inattendu... nous aurions voulu trouver un resto de ce genre que nous n’aurions jamais trouvé !!!

Pendant notre séjour à Kyoto, nous sommes allés visiter le palais de Himeji qui se trouve non loin de la ville. Le château est très différent des autres palais que nous avons visités et le voyage en vaut la peine.

Le lendemain, nous partions pour Nara… Petite ville tout près… et célèbre pour ses temples, encore une fois, et pour ses daims. Nous avions un très joli ryokan, même s’il était un peu beaucoup défraîchi. Il datait de 1916, et je crois qu’à part une télévision dans la chambre qui datait de 1960 et de divan dans le lobby datant de 1975, il n’y a pas eu beaucoup de modernisation… Et j’exagère à peine ! Mais c’était bien sympathique 009comme endroit.

Toute la ville semble d’ailleurs vivre dans le passé… une atmosphère étrange des années 70, je dirais. Mais c’était bien joli… Bien sûr, la ville est connue pour ses daims. Symbole important du bouddhisme, cet animal se promène librement dans la ville. On retrouve les cerf sika surtout dans les parcs immenses de la ville, mais on peut en voir un peu partout sur les routes, dans les rues et surtout près des temples ! Ceux qui se trouvent dans les parcs, sont plus sauvages, se laissant approcher et nourrir mais se promenant surtout tranquillement. Mais les daims près des temples… savent sentir la bonne affaire et poursuivent les touristes avec avidité, quêtant les biscuits !!!

010La ville a aussi la plus grosse structure en bois ainsi que la statue géante du Bouddha Vairocana appelée daibutsu. Très impressionnant. Il faut dire que la plupart des temples, palais, etc que nous avons pu visiter sont souvent des reconstructions. Il reste peu des monuments anciens car tout étant en bois, de nombreux feux et les nombreuses guerres ont détruits la plupart de ces structures. Mais on reconstruit...

La statue du Bouddhah est immense ainsi que les autres statues... Elles m'ont beaucoup impressionnée. Il est d'ailleurs rare de voir des statues dans les temples... Je préparerai un texte sur ce temple et son bouddhah... et je reparlerai des temples dans la suite de cette promenade...

(À suivre...)

Voir aussi:

Posté par Laila_Seshat à 21:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

28 septembre 2008

Une balade japonaise, partie 1

003Et bien voilà… on a tous ses voyages rêvés. Et je commence par dire que ce voyage était le voyage rêvé de mon copain. Il rêvait du Japon depuis des années ! Non, ce n’était pas mon voyage de rêve. J’avais tout de même hâte à ce voyage… tout de même, le Japon ce n’est pas rien. De plus, ayant un ami qui a fait un stage d’études pendant plusieurs mois à Tokyo, j’avais une image assez intéressante de l’endroit.

Donc… c’était la destination rêvée de « mon pit ». Moi… j’ai simplement suivie. Et j’en suis bien heureuse !!!  

Nous sommes partis le 4 septembre. Barcelone-Amsterdam en environ 90 minutes, un « gros » 50 minutes pour changer d’avion. C’est-à-dire, courir comme des fous d’un bout à l’autre de l’aéroport, repasser les douanes et s’asseoir dans l’avion en direction de Tokyo. Et puis, un bon 11h30 jusqu’à la destination finale. Le vol s’est bien déroulé… complètement absorbé par les 5 films que j’ai écoutés. Et puis nous y étions. 002

Direction hôtel. Premier hôtel… complètement occidental. Mon choix. Pour le premier hôtel, j’avais besoin de lieux familiers. Les ryokans traditionnels suivraient ensuite. Et puis Tokyo ?

Tokyo c’est époustouflant et 4 jours ne furent pas suffisants pour même l’aborder. Si on fait abstraction du trajet en train et métro jusqu’à l’hôtel (suivi d’un somme de quelques heures), notre premier contact avec la ville fut de nuit. Une marche vers le quartier de Shibuya. Quartier des lumières et quartier qu’on a pu voir tant de fois dans les films. Beaucoup de gens, beaucoup de lumières… Incroyable ! Mais bizarrement, malgré tous ces gens, jamais je ne me suis sentie oppressée, jamais je ne me suis sentie bousculée… jamais je ne me suis sentie envahie par le bruit, les gens… et même l’odeur… puisque même dans la rue, il y a des espaces fumeurs – interdiction de fumer dans la rue sauf aux endroits indiqués !

004La ville contient évidemment aussi beaucoup de parcs, des temples, des endroits plus traditionnels. Les parcs sont magnifiques et on oublie immédiatement que nous sommes en ville… le changement est drastique et presque insensé. Une minute, tu te trouves parmi des buildings sans fins, la minute suivante, tu es en pleine nature…

Les gens sont très sympathiques… très souriants, très polis… à la limite du « trop » ! Nous ne sommes pas habitués à tant de sourire dans les magasins ! Les gens semblent cependant très épuisés… beaucoup de gens endormis dans les métros. Et beaucoup de gens affaissés sur leur table dans les restaurants après quelques verres de bières ou de saké.  005

Et je dois dire que les gens sont très soignés ! Surtout les japonaises ! Très fashion ! Je me sentais très touriste avec mes jeans et mes chandails très ordinaires ! Aller hop, un peu de maquillage, on se monte les cheveux, et surtout on va s’acheter une tonne de bas stay-up, de bas aux genoux, de collants… Mais on ne peut « compétionner » en originalité. Et en « cuteness »… Les petits bonhommes, les mangas, les toutous, il y en a partout ! Le Japon c'est un constant aller-retour entre tradition et modernité !

Et puis ? La langue ? Et bien… nous avions quelques mots, évidemment, les traditionnels, bonjour, bonsoir, merci, pardon… Et puis, quelques mots d’anglais sont parfois compris… sinon, des gestes, des sourires, et un livre avec des phrases en espagnols et l’équivalents en symboles japonais… Et les restaurants ? La même chose… et une préférence pour les cartes avec images… sinon… et bien, on a découvert bien de nouveaux plats ! Tous excellents !

Mais 4 jours… c’est peu. Il y a tant de choses à découvrir à Tokyo. Mais nous avions d’autres destinations ! Et donc départ pour Nagano. Nous avions beaucoup de trains à prendre pour ce voyage. Mais il n’y avait aucune inquiétude… je n’ai jamais de ma 007vie, vu un réseau de trains si efficace. Jamais une seconde de retard. Quand il est indiqué que le train arrive à 15h04 et qu’il repart à 15h04… c’est exactement ce qui arrivera !

Donc direction Nagano. Pas vraiment pour la ville, même si nous l’avons rapidement visitée en soirée. Non, notre direction était en fait, le fameux parc de singes… Oui, vous savez, ces reportages que l’on peut voir sur les macaques japonais dans les bains chauds entourés de neige… Bien sûr, il n’y avait pas de neige… mais les macaques et les bains étaient au rendez-vous. Expérience très étrange. Après 4 jours de ville moderne, nous étions en pleine montagne. Trajet de train, puis d’autobus, puis 008amarche dans la forêt… pour finalement atterrir sur le terrain des singes. Pas d’enclos… nous marchons avec eux. Rien ne nous sépare des singes qui s’épouillent, jouent, mangent, se baignent et nous observent. Défense de les nourrir, de les toucher et de les fixer dans les yeux… ce sont des animaux sauvages tout de même. Mais l’expérience est indescriptible.

Puis, nous avons marché jusqu’à un village tout près, célèbres pour ces bains et ryokans. Quelques photos… et puis retour à Nagano. Le lendemain, Takayama nous attendait…

À suivre...

(Cliquez sur les photos pour mieux les voir...)

Voir aussi:


 

Posté par Laila_Seshat à 22:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

23 septembre 2008

Un petit oubli...

Et oui... il semblerait que j'ai... hum hum... oublié de dire que je n'étais pas là !!!! Mais je reviens aujourd'hui ! Le 3 septembre, je suis partie en voyage ! Et je reviens aujourd'hui. Dans quelques heures, je devrais être chez moi.
Oups
J'ai triché un peu ! Et j'ai préparé quelques textes en avance... ah les joies des blogs et de la modification de dates ! J'avais fait quelques recherches sur le Mont Saint-Michel et je me suis dit que je pourrais mettre ces textes pendant mon absence...

Et donc, j'étais en vacances ! De belles vacances ? J'espère bien ! Je pourrai confirmer dans quelques heures. Ou jours... je suppose que j'aurai besoin de vacances pour me reposer de mes vacances !

Et où se sont passées ces vacances ? Dans un pays dont rêvait mon copain depuis des années... le Japon !
Donc, je suis présentement sur le chemin du retour. Et je vous dirai bientôt comment se sont passés ces dernières semaines !

Posté par Laila_Seshat à 16:46 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,