26 juin 2017

Dolmen de la Creu de Falibe

Lorsque nous habitions à Barcelone, nous avons reçu beaucoup de visites. Famille et amis sont venus nous voir et surtout visiter les environs. Nous faisions évidemment le tour des choses à voir à Barcelone. C'était facile. Il y a tant de choses à visiter... églises, musées... en fait chaque rue a quelque chose à voir. Les gens restaient souvent plusieurs semaines et donc, nous sortions aussi souvent de la ville. Habituellement, nous amenions les gens voir des DSCN7696endroits que nous avions "testés" : villes, villages, monastères, abbayes... Nous amenions les gens à des endroits que nous avions visités et aimés.

Parce qu'il y avait toujours une sorte de stress bizarre qui accompagnait nos visites. Pour une raison incertaine et irrationnelle, nous - enfin, surtout moi - avions toujours peur que nos invités soient déçus par ce que nous les amenions visiter. Donc en allant voir des endroits connus et que nous aimions bien, on avait moins de chance de décevoir. Je sais que c'est un peu stupide mais nous voulions vraiment que nos visiteurs aiment leur voyage.

Mais évidemment, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, tout le temps. Et des endroits que nous trouvons extraordinaires peuvent sembler ordinaires à d'autres. En général, nous allions voir nos valeurs sûres et c'était parfait. Parfois les gens sont un peu moins enthousiastes que nous, mais toujours contents de la visite.

566_09 Visite d'AnnikUne amie est venue nous visiter pendant quelques semaines. Comme d'habitude nous avons visité Barcelone qu'elle a adorée. Puis, nous avons fait quelques petites excursions en dehors de la ville. Nous avons visité quelques villages espagnols et aussi fait un saut dans le Languedoc et dans les Pyrénéées-Orientales. Que des endroits que nous avions déjà vu. Tout se passait super bien. On se dirige vers Castelnou, un petit village que nous aimons bien pour prendre le repas du soir avant de retourner à Barcelone. La journée à été longue, chargée mais superbe. Et puis, je vois sur la carte qu'il y a un dolmen pas trop loin. Vous me connaissez... j'adore les dolmens. Je suggère de faire le détour avant d'arriver à Castelnou. Cela ne semble pas loin, mais vous connaissez les petites routes campagnardes dans les montagnes... tout est tortueux et prend un millions de fois plus de temps que la carte ne le laisse entendre.

On arrive enfin à un croisement avec un petit chemin. Un panneau indique "Dolmen". On devrait y arriver bientôt. On quitte la D2 et on prend le petit chemin. Mais c'est encore long... ça prend un temps fou. Evidemment, comme je commence à trouver que cela prend beaucoup plus de temps que prévu, j'ai l'impression que le chemin est interminable. PisTout est habitué à ce que ce soit si long, ça nous arrive souvent de faire des heures de voitures pour voir uniquement un dolmen, une chapelle, une rivière. Mais pas notre amie. Elle ne dit rien mais j'ai peur qu'elle ne soit fatiguée et qu'elle trouve que nous perdons notre temps dans des routes sinueuses pour aller voir un tas de roches. Il commence à se faire tard et nous devrons revenir sur nos pas pour aller à Castelnou qui est encore loin.

Je commence à stresser. Ce dolmen a besoin d'en valoir la peine. Ils sont parfois en piteux états. À mes yeux, ils sont tout aussi fascinants, mais je reconnais qu'ils sont parfois assez ordinaires et à peine visibles. Nous arrivons à un autre croisement avec un plus petit chemin. On s'engage avec la voiture. Et après quelques minutes, il est là, tout près de la route. Je respire.568_09 Visite d'Annik

Il est en bon état. Il semble avoir été restauré. Et il se trouve au centre d'un cairn circulaire (tumulus de pierres). Nous n'en avons pas vu beaucoup ainsi. Je suis très contente. Il est magnifique. Nous en faisons le tour. Il en valait la peine, c'est certain. Et la pierre de couverture est couverte de symboles... Récents, anciens, je ne le sais pas encore, mais je suis toute énervée.

Mon amie semble contente. Mais je la sens fatiguée. Je sais que ce fut beaucoup de routes pour quelques pierres ; même si elles ont été assemblées il y a trois milles ans ; même si elles ont protégé la dépouille d'un ou d'une inconnue. Ce n'est pas tout le monde qui a les larmes aux yeux à la vue d'un tas de pierres. Je pense que mon amie était quand même impressionnée par le site. Mais le soleil tombe rapidement et nous avons un petit village à rejoindre si on veut manger avant que le restaurant ne ferme.

Mais j'ai appris la leçon... finis les détour  interminable  à la tombée du jour, pour aller voir des pierres. Aussi anciennes et remplies d'histoires soient-elles. Hum... vraiment ?

Caractéristiques

  • Nom: Dolmen de la Creu de Falibe
  • Autres noms: La Creu de la Llosa
  • Légende :
  • Situation: Saint-Michel-de-Llotes, Département des Pyrénées-Orientales, France.
  • Coordonnées : Latitude: 42.634216N  Longitude: 2.643614E
  • Altitude : 466 mètres.
  • Axe : Nord-Ouest / Sud-Est
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen avec cairn (tumulus de pierres)
  • Âge: Néolithique final, fin du IIIe millénaire
  • Découverte : Étudié pour la première fois en 1930 par  Eugène Devaux
  • Restauration : Restauré en 1996 par J-Ph Bocquenet.

Description

Le dolmen se trouve au centre d'un cairn (tumulus de pierres) d'un diamètre d'environ 10 m. délimité par un cercle de grosses pierres. La chambre principale est rectangulaire et a une dimension de 2,5 m. par 1,5 m. Elle est faite de quatre pierres, fermée au Nord par une autre dalle plus petite et est couverte d'une grande dalle de 1,95 m par 1,30 m. gravée de lignes, croix et autres marques et signes. Les croix seraient certainement une christianisation des signes gravés. Elle a une épaisseur variant entre 15 et 25 cm. Une rigole fait le tour, possiblement pour récupérer un liquide. On suppose que la dalle aurait pu être utilisé pour faire des offrandes aux morts ensevelis sous le dolmen.

Le site a été étudié par Eugène Devaux en 1930. Mais il aurait été pillé avant sa découverte officielle. Peu de vestiges a donc été retrouvés : quelques tessons de poteries. Le dolmen et son cairn ont été restaurés en 1996 par J-Ph Bocquenet. Le cairn a été constitué de pierres de shistes de 7 m. de large. Pour toutes les dimensions des dalles ou pour plus d'information sur la datation du site, visitez les sites mentionnés plus bas. Plusieurs indices laissent supposer des destructions ou des déplacements de pierres.

Il y a deux autres dolmens à visiter tout près. Les dolmens sont situés sur un chemin de transhumance utilisé depuis des siècles. On dit que les bergers laissent une marque sur la dalle du dolmen de la Creu de Falibe lors de leurs passages afin de les préserver eux et leurs troupeaux de tout ce qui peut nuire à leur santé.

Pour en savoir plus

  • Article sur Wikipedia
  • Informations sur le site Lieux insolites en France et ailleurs
  • Informations sur le site Les Pyrénées-Orientales
  • Fiche sur The Magalithic Portal
  • Fiche sur le site Mégalithes du monde

Posté par Laila_Seshat à 01:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


15 mars 2017

Dolmen des Fados

Depuis notre retour au Québec, nous nous ennuyons beaucoup de nos petites escapades catalanes et françaises. Nous partions souvent une journée ou un week-end pour explorer la campagne ou les petits villages aux alentours de Barcelone. Et donc, il y a deux ans, quand nous sommes allés voir mon père en Espagne, nous en avons profité pour prendre la voiture et partir sur la route pendant quelques jours. Nous avons beaucoup exploré le Languedoc. Alors là, vraiment beaucoup. C'est un de nos endroits préférés. Mais il reste bien sûr tant de choses à y découvrir.

Et donc, nous avions été visité le magnifique village de Minerve et nous retournions vers notre auberge, un peu fatigués mais très contents de notre 2314djournée. Et puis, alors que je regarde le paysage défilé, jevois soudain un petit panneau avec le mot dolmen. C'est rapide, mais je l'ai vu ! "Oh, un dolmen", je crie littéralement. Mon PisTout soupire. Il me connait trop bien. "Tu veux y aller ? Il commence à être tard." " On y va quand même". Il soupire mais rebrousse chemin. Je regarde sur notre carte. "Je crois que c'est le Dolmen des Fades".

On arrive au site rapidement. Il y a même un endroit bien aménagé pour laisser la voiture. Et des panneaux qui nous expliquent les caratéristiques du dolmen qui semble bien grand. Nous marchons rapidement jusqu'au site, car, en effet, il commence à se faire tard.

Nous apercevons des pierres au loin. On s'approche. Et c'est impressionnant ! Beaucoup plus grand que je ne l'imaginais. Oui, j'avais bien lu la description dans le stationnement, mais je ne m'attendais pas du tout à cette ampleur. Et oui... je sais que tout cela a été restauré, et que tout n'est pas exactement comme on l'a découvert et surtout comme cela était il y a des millénaires... Mais je suis tout de même émue 2314cen approchant. Je ne suis pas seule, PisTout a bien beau rouspété à chaque fois que je veux aller voir un dolmen ou un menhir... il est émotionné lui aussi. Nous sommes impressionés par l'ampleur du site, sa beauté, son histoire.

Nous sommes seuls sur le site. C'est silencieux. Et la nuit tombe petit à petit. On ne peut que se sentir projeter dans le temps. La magie du lieu nous affecte beaucoup. Nous marchons doucement tout autour en prenant beaucoup trop de photos. Puis, nous nous essayons tout près pour l'admirer en silence. Je suis vraiment ébranlée par l'énergie que dégage l'endroit. J'ai soudainement l'impression que nous sommes seuls au monde et que nous ne quitteront jamais ce dolmen. Il sera notre tombe aussi. J'ai un frisson.2314f

Il faut dire qu'il commence à faire vraiment noir. La nuit est presque tombée et on ne voit plus grand chose. Il serait peut-être temps de rebrousser chemin et de dire nos adieux au Dolmen des Fados avant que les fées ne fassent leur apparition et nous retiennent prisonniers de ce lieu éternel. On commence à marcher en direction du stationnement... et je dois avouer que j'ai eu un minuscule moment de panique car la nuit a tombée d'un coup et il faisait vraiment noir. La forêt apparaissait beaucoup plus dense qu'il y avait à peine quelques minutes et le chemin semblait nous échapper.

Mais nous avons retrouvé la voiture et repris la route la tête remplie de poésie et d'émotions.

Caractéristiques

  • Nom: Dolmen Lo Morrèl dos Fados (Dolmen du coteau des Fées)
  • Autres noms: Dolmen de las Fadas (Dolmen des Fées) - Dolmen des Fados - Dolmen des Fades - Dolmen de Pépieux - Allée couverte du Mourrel das Fadas
  • Légende : Le dolmen des Fados est également appelé "Palet de Roland" par les locaux car selon la légende le neveu de Charlemagne, Roland, y aurait laissé l'empreinte de sa main.
  • Situation: Pépieux, Département de l'Aude, France. Le dolmen est situé sur un coteau dans un bosquet de pins.
  • Coordonnées43° 18′ 45″ nord, 2° 40′ 48″ est
  • Axe : sud-ouest / nord-est
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen - Allée couverte ou Dolmen à couloir large
  • Âge: Bâti à la fin du Néolithique vers - 3000 (donc, plus de 5000 ans) - Toujours en usage au Chalcolithique (ou Énéolithique) et au début de l'Âge du bronze
  • Peuple : Culture de Véraza ou peuple du Vérazien
  • Protection : Inscrit 1943, Classé 1969
  • Restauration : Travaux de sauvegarde à partir de 1962, sous la direction de Jean Guilaine. Consolidation générale en 1972. Remise en état à la fin des années 1990. (Voir détails sur le blogue Lieux sacrées)

2314bDescription

Galerie de 24 mètres incluse dans un tumulus d'environ 35 m. La galerie comprend trois parties :

  • 1 couloir de 12 m. de long par environ 2 m. de large et constitué de piliers en murets de pierres sèches
  • 1 antichambre de 6m. comportant une table de couverture de 6.70m. de long par 2.80 m. de large et pesant environ 9 tonnes
  • 1 "cella" terminale qui est barrée par une dalle de chevet.

L'allée couverte comporte également deux portes qui délimitent l'espace à l'intérieur.

C'est le plus grand dolmen du midi de la France.

De nombreux vestiges y furent découverts : ossements, tessons, poteries, armes, etc. dont le fameux poignard métallique (voir article dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française).

Pour en savoir plus

 

Posté par Laila_Seshat à 22:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

09 février 2017

Vingt-quatre mille baisers de Françoise De Luca

24Vingt-quatre mille baisers : nouvelles /Françoise De Luca. — Montréal : Marchand de feuilles, c2008. – 102 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-922944-43-3

Quatrième de couverture

Les nouvelles de Vingt-quatre mille baisers explorent la genèse de l'amour. Des petits abandons de l'enfance aux femmes enchanteresses en passant par les élans littéraires qui font voyager, ces textes brefs nous offrent les talismans du coeur et posent une grande question hypnotique: Comment devient-on qui on est? Avec en filigrane la chanson italienne. Un baume pour le myocarde.

L’auteur

Françoise de Luca est né à San Giovanni in Fiori en Italie.

Elle a grandi en France. Elle a licence en journalisme du Centre universitaire d'enseignement du journalisme de Strasbourg. Elle fait ensuite des études en Lettres et détient une maîtrise de l'Université de Reims. Elle fait ensuite des études en arts à Avignon. 243

Elle travaille comme journaliste et comme enseignante dans diverses régions de France.

Elle s'installe à Montréal au Québec en 2000 et publie son premier roman, Pascale, en 2003.

Bibliographie

  • Pascale (2003)
  • Vingt-quatre mille baisers (nouvelles) (2008)
  • Jason et la tortue des bois (jeunesse) (2011)
  • Sèna (2015)
  • Reine (2015)

Mes commentaires

Bon, je n'aime pas les nouvelles. Même si les recueils de nouvelles dont j'ai parlé ici, je les ai généralement bien aimés. Je ne choisis jamais de lire des nouvelles. Disons, qu'elles viennent à moi ? Parfois c'est parce que j'aime le titre.  Cette fois, c'est la couverture. Celle-ci m'obsédait littéralement.  Et donc, j'ai pris le livre. À ce moment-là, je ne me souvenais même pas qu'il contenait des nouvelles. Et je ne voyais pas le lien entre l'image et le titre. Nos choix de lecture ont parfois des raisons étranges.

Le livre de Françoise De Luca qui n'a que 109 pages, renferme 9 nouvelles très courtes. Les textes sont très poétiques. Et j'ai parfois eu l'impression de lire de longs poèmes plutôt que des histoires. Chaque nouvelle tourne autout de l'amour. L'amour parental, l'amour de la langue, de la musique, des livres, l'amour de l'ailleurs, de ses racines et de l'autre.

Les souvenirs d'enfance, les quêtes d'identité, les désirs de l'ailleurs... on a parfois l'impression que l'auteur se livre, se dévoile. Sûrement un peu. Sûrement pas tout. Les histoires sont des moments, des vies... une enfant qui aime la langue, un premier amour, une mère malade qui va mourir, ce sont des histoires d'amour.

Les textes sont très beaux. Mais contrairement à d'autres avis, je les ai trouvés parfois un peu empesés. Et surtout pas sobres ou dépourvus de fioritures, comme on le dit parfois. L'auteur nous offre des textes pleins de poésie, d'ivresse et de musique. Parfois, j'aurais aimé lire une histoire, connaître un peu les personnages, en savoir un peu plus. Mais l'auteur préfère nous livrer des notes, des mots, des moments, des instants... parfois intimes, parfois sensuels, parfois tristes, mélancoliques ou réconfortants. 

J'ai bien aimé mais je ne le recommenderais pas à tout le monde. Ou plutôt, je dirais qu'il faut savoir aller à la rencontre de ce livre. Et il faut le lire au bon moment pour pouvoir l'aimer.

Les mots de l’auteur

« Je dois à un livre une nuit étrange. Une nuit déviée de son cours, sortie de son lit, une parenthèse du hasard.» p. [41]

« Les rêves d’enfant ne déçoivent pas. Peut-être parce qu’ils n’ont pas de contours  nets, parce qu’ils sont flous et ouverts. Parce qu’ils ne sont qu’un point de départ, souvent juste un désir qui s’est planté dans la mémoire et qui grandit, qui fait son chemin, qui tisse une petite pelote de fils transparents. » p. [49]

Pour en savoir un peu plus…

 

Posté par Laila_Seshat à 17:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

13 novembre 2013

Abbaye de Valmagne - Un peu d'histoire...

(Note : L'histoire de l'abbaye de Valmagne est longue et mouvementée. Je ne prétends pas ici présenter son historique complet. Les sources proposées plus bas, le font très bien. Voici juste un petit aperçu tout personnel. - Voir aussi : Abbaye de Valmagne - Réflexions).

valmagne3

Un peu d'histoire...

  • Nom : Abbaye Sainte-Marie de Valmagne
  • Fondation : 1138
  • Localisation : Villeveyrac  au Languedoc  (près de Mèze)
  • Congrégations : Ordre de Saint-Benoît (1138 à 1145) / Ordre cistercien (1145 à 1791)

L’abbaye est officiellement fondée en 1138. Les religieux qui la fondèrent venaient de l’abbaye Notre-Dame d’Ardorel  et suivaient la règle bénédictine. Le terrain leur fut donné par les seigneurs de Cabrières. Cette donation fut confirmée par Raymond Trencavel, Vicomte de Béziers. L’endroit était idéal à cause de la proximité d’une source et de la protection naturelle contre les vents offerte par les rochers. Le lieu était aussi près de l’ancienne Via Domitia. Le territoire était connu sous le nom de Vallis Magna ou encore Villa Magna. L’évêque d’Agde sanctionne en 1139 la donation.

L’abbaye se rattacha à l’Ordre de Saint-Benoît jusqu’en 1144 alors que le second Abbé voulut l’incorporer à l’Ordre cistercien qui était très fort à cette époque. L’abbaye fut donc rattachée à l’abbaye de Bonnevaux. Malgré certaines oppositions, l’abbaye devient cistercienne et suit une règle plus stricte fortement influencée par Saint Bernard de Clairvaux. L’architecture de Valmagne est donc aussi pensée afin de favoriser la prière et le recueillement : simplicité, dépouillement,… Ce rattachement, confirmé par le pape Adrien IV en 1159, permis également la construction de moulins, de granges, d’un jardin, d’un vignoble, …

La vie à l’abbaye exige un travail manuel. Les moines travailleront donc comme forgerons et tisserands, certains seront copistes. Les moines, qui ont fait vœu de silence, vivent cependant principalement pour la contemplation et la prière. Ce sont les frères convers, qui sont des religieux et non des moines, qui vont travailler aux champs, vignobles, etc.

Les richesses de Valmagne s’accumulent rapidement au fil des ans. On remplace en 1257, la simple église romane par une église gothique. Le cloître est aussi remplacé. Des bâtiments s’ajoutent au fur et à mesure des donations. L’abbaye de Valmagne devient rapidement très riche et puissante. Elle est également intimement liée à l’Histoire et on retrouve son nom ou celui de plusieurs de ses abbés mentionnés à plusieurs reprises.

Mais les temps d’opulence vont arriver à une fin. Les famines au début du XIVe siècle, la Guerre de Cent Ans débutant en 1337, l’effroyable épidémie de

valmagne4

peste noire de 1348 vont transformer l’abbaye. Plusieurs bâtiments disparaissent, le nombre de moines et de frères diminuent et les difficultés ne font que croître. En effet, les abbés avaient toujours été élus par les moines, mais en 1477 l’abbaye fut mise en commende, c’est-à-dire que les abbés sont maintenant nommés par le Roi. Ceux-ci sont choisis au bénéfice des familles nobles de la région et beaucoup d’abus sont commis. Les guerres de religion viennent s’ajouter au tableau et Valmagne est à l’agonie. Il n’y a plus vraiment d’abbé à partir de 1571. Le dernier abbé s’étant réformé au protestantisme. En 1575, plusieurs moines et des catholiques s’étant réfugiés à l’abbaye sont massacrés par les troupes de l’abbé, l’église est saccagée. L’abbaye est abandonnée et est la cible de brigands.

Un siècle plus tard, les moines tentent de revenir à Valmagne et à reconstruire ce qu’ils pouvaient. Ils tentent de redonner sa splendeur passée à l’église mais ne peuvent tout restaurer. Ils devront par exemple, murer les fenêtres ne pouvant refaire les vitraux. Quelques familles nobles de la région contribuent à la restauration mais ce n’est que vers 1680 que Valmagne retrouve un peu de sa splendeur. En effet, le Cardinal Pierre de Bonzi administre l’abbaye et veut faire de celle-ci un palais épiscopal. La richesse revient à Valmagne et on y vit une vie aux allures royales. Les moines ne vivent plus vraiment selon la règle cistercienne.

Les travaux ont cependant ralenti car l’abbaye est fortement endettée. La Révolution française va clore cette période faste. En 1790, les quelques moines encore sur place s’enfuient. L’abbaye est envahie et détruite par les paysans. Elle devient un bien national et est vendue. Le nouveau propriétaire qui acheté le domaine principalement pour le vignoble, transforme l’église en cave à vin. L’abbaye évite ainsi la destruction complète.

À la mort du propriétaire, le domaine est encore une fois mis en vente. Il est racheté par le comte de Turenne en 1838 et appartient toujours à cette famille. De nombreuses restaurations furent entreprises par le comte puis par ces descendants. Depuis 1997, l’ensemble de l’abbaye est classé aux monuments historiques. Le vignoble fonctionne toujours et les vins qui y sont produits sont réputés. On peut visiter le domaine et de nombreux concerts ont lieu dans l’abbaye.

Quelques sources à consulter...

  • Abbaye de Valmagne. -- [Colmar : S.A.E.P, 1989]. -- 39 p. : photogr. certaines en coul. ; 25 cm. -- Comprend une bibliogr.

Posté par Laila_Seshat à 19:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11 novembre 2013

Abbaye de Valmagne - Réflexions

Val1Il y a de ces endroits qui nous volent une partie de notre coeur. Le château de Quéribus est un de ces endroits. Et l'Abbaye de Valmagne en est un autre. J'ai ainsi un morceau de mon coeur dans divers pays. Mais les lieux qui m'ont vraiment troublée, il y en a peu. Quéribus fait cependant encore partie de la liste... ainsi que Valmagne.

Ah Valmagne... Juste dire ton nom me fait soupirer. Le pire est que j'ai si peu de photos de toi de notre première rencontre. Il faut dire que la première fois que je t'ai visité j'avais mon premier appareil numérique et j'avais encore des réflexes anciens... on ne prenait vraiment pas beaucoup de photos dans ce temps-là. Et les photos intérieures... ouf, on n'en parle même pas... floues, floues, floues. Mais d'autres visites eurent lieues. Et là, je t'ai pris sous toutes tes coutures... intérieures et extérieures. Le moindre recoin de tes bâtiments, de tes jardins, fut capturé. Et donc moi aussi j'ai des morceaux de toi.

Je suis allée à Valmagne une dizaine de fois. Je l'ai visité en entier deux fois seulement. La première fois, ce fut une visite guidée incroyablement intéressante où notre guide nous a raconté Valmagne. La deuxième fois, c'était un 26 décembre, alors que nous revenions de fêter Noël chez des amis à Montpellier. Arrêt obligatoire à Valmagne. Pas de tour guidé, nous dit-on à la boutique. Mais nous pouvions tout de même aller à l'intérieur avec des informations dans un cahier et un plan. Nous étions seuls. Il faisait froid, humide. C'était inoubliable. J'adore ces visites à des dates improbables qui nous permettent de découvrir ces lieux en solitaire. valmagne2

Les autres fois nous n'avons fait que passer rapidement. L'abbaye était sur notre chemin et nous ne pouvions pas ne pas nous arrêter. Parfois un simple arrêt devant pour l'observer. Parfois, un tour rapide des jardins. Souvent - très souvent - une simple visite à la boutique pour faire le plein de bons produits et de livres. Ah la boutique... Pour moi, elle est aussi magique que l'abbaye. Remplie de tentations littéraires, culinaires et viticoles. Et les gens sont si souriants et accueillants.

C'était un arrêt obligatoire... nécessaire. Et habituel. Je m'ennuie de ne plus pouvoir dire lorsque nous sommes sur la route : "on arrête à Valmagne?". Valmagne est loin maintenant. J'y rêve parfois. Lorsque nous retournons voir mon père en Espagne, nous faisons toujours un saut en France. Et en octobre 2012, nous n'avons pas trahi notre tradition. Et un saut à plusieurs de nos endroits préférés fut fait. Valmagne fut évidemment obligatoire.

Un peu d'histoire...

Note : L’histoire de l’abbaye de Valmagne est longue et mouvementée. Je ne prétends pas ici présenter son historique complet. Les sources proposées plus bas, le font très bien. Voici juste un petit aperçu tout personnel. Cliquez ici.

Quelques sources à consulter...

Posté par Laila_Seshat à 06:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

27 mars 2009

Dolmen de Coste Rouge

La fin de semaine dernière nous avons fait une petite escapade imprévue dans une région que j'aime beaucoup, le Languedoc-Roussillon... Si près de Barcelone... à peine quelques heures de routes...

Mais nous avions prévu une fin de semaine de ménage, commission, rangement de paperasse, etc. Pourtant on annonçait une si belle température qu'en milieu de semaine, PisTout vient me proposer de nous enfuir pendant deux jours. Grosse hésitation... il y avait tant à faire... la raison dictait de rester bien sagement à Barcelone faire toutes ces corvées, mais le coeur a gagné et nous sommes partis samedi matin.

Nous avons roulé et fait quelques escales... Puis le dimanche, nous avons fait une petite visite au Prieuré de Saint Michel de Grandmont près de Lodève. En ce début de printemps, nous étions les deux seuls visiteurs. La visite du prieuré fut très agréable... accompagnée de documentation pour nous faire connaître l'histoire de l'endroit, nous avons pu apprécier le silence et la tranquilité... ce qui est rare lorsqu'on visite ce genre d'endroits toujours bondés de touristes. Conseil: venez en mars ou avril ! Il fait beau et vous pouvez admirer des endroits exceptionnels complètement seuls.

Dolmen3Sur le site du Prieuré, il est aussi possible de visiter un magnifique parc. La personne à la réception nous a ouvert le parc - habituellement fermé à cette époque - et nous a mené vers le fameux Dolmen de Coste-Rouge... et nous a ensuite raconté son histoire... Le Prieuré fut toujours un endroit privilégié, depuis des milliers d'années, les hommes se sont appropriés l'endroit...

Le Dolmen de Coste-Rouge aussi nommé le Dolmen de Grandmont n'est pas le seul mégalithique de l'âge du bronze du parc, mais il est sans conteste le plus connu. Il est appelé en occitan "Ostalet de las fadas", ce qui signifie "petite maison des fées". Il date de plus de 4000 ans, il a environ 2 mètres de haut. La chambre intérieure a environ 3 mètres de long. Le dolmen est surtout exceptionnel pour son ouverture avec une porte, communément appelée "porte de four". Cette dalle d'ouverture est d'environ 9m carré. Peu de dolmen ont encore cette porte. On voit également très bien le tumulus qui tenait les murs de soutènement (et qui aurait peut-être aidé à poser la pierre du dessus) ainsi que le passage qui menait à la chambre intérieure.

Le dolmen fut, comme tous les dolmens, une sépulture collective. On venait y mettre les corps des morts, probablement de dignitaires ou d'hommes importants. On dit que jusqu'à 50 corps y furent placés. Les moines de Saint Michel de Grandmont ont laissé le dolmen intact sur leur terrain mais ont cependant gravé une croix sur le côté.... histoire de christianisé ce monument ancien. On rapporte aussi que les moines soignaient les maladies de la peau en faisant allonger le malade sur le dessus du dolmen... Quand superstition et religion se croisent... comme toujours finalement !

De ce site, il est possible de voir le lac de Salagou, la vallée et surtout - par temps très clair - la mer au loin. On dit aussi, qu'au solstice d'hiver (ou est-ce d'une autre saison? j'ai un petit blanc de mémoire...), le soleil touche directement la porte...

À consulter:

Posté par Laila_Seshat à 19:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

26 août 2008

Les livres du Somail

Un peu de silence j’ai recherché pendant la fin de semaine. Mais nous avions une destination… Il y a quelques années, nous avions fait un petit arrêt à ce joli petit village sur le Canal du Midi et découvert cette librairie… Malheureusement, les horaires étant ce qu’ils sont, je n’ai pu que me visiter quelques minutes la librairie « Le trouve tout du livre »… pas assez pour me perdre dans ces milliers de livres. 

SomailEt donc, je m’étais promis de retourner au Somail pour retourner dans cette librairie qui ressemble beaucoup aux librairies de mes rêves… Et donc, cette fuite de la fin de semaine dernière avait pour principal but, Le Somail et sa librairie. Ensuite une nuit à Narbonne et un retour à notre rivière des Pyrénées espagnoles tout près de Beget.

Je dois avouer que la première partie du samedi fut particulièrement éprouvante. Un trajet qui aurait dû nous prendre 2h30, dura 5 heures. Des embouteillages monstres dans les environs de Girona… puis un cheminement de tortues jusqu’à la frontière… notre patience fut mise rudement à l’épreuve et nous avons tout deux pensé rebrousser chemin vers Barcelone.

Finalement – et après une presque crise de nerfs aux alentours de Perpignan lorsque j’ai vu les autos complètement arrêtées sur l’autoroute – nous sommes arrivés au Somail. Toujours aussi joli… Il était 17h15, la librairie devait fermée à 18h30… donc aucune minute à perdre.Somail2

Une marche lente à travers la librairie… odeur feutrée… lumière lourde et claire. Livres murmurant doucement. Et parmi ces livres, trois m’ont choisie. Ces livres ont chuchoté délicatement et mon regard les a croisés. Je les ai pris dans mes mains. Touché tranquillement la couverture, frôlé et senti les pages… Et je les ai ramenés avec moi. Parmi ces trois livres, il y en a un… un qui m’a bouleversée quand je l’ai vu… je l’ai pris, incrédule. Ouvert. Feuilleté. Et soupiré. Un livre sur une de mes auteurs préférés. Un auteur que j’aime tellement que j’ai suivi un cours complet à l’université sur elle… Et ce livre traite des femmes qui peuplent ses romans. Un livre contenant des gravures magnifiques… un livre presque intact avec seulement quelques rousseurs…

La « Galerie des femmes de George Sand »… publiée en 1843… Lélia, Indiana, Lavinia, Pauline, Consuelo, … des extraits ainsi que des commentaires du « Bibliophile » Jacob… des gravures de chacune de ces femmes… Les 5 heures de routes furent rapidement oubliées. Peut-être un petit questionnement sur cette folie des livres qui ne me quitte pas… Le contenu autant que le contenant… la lecture des mots autant que le bruit des pages, l’odeur du papier, la couleur de la reliure…

Posté par Laila_Seshat à 22:24 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 août 2008

À la recherche d'un peu de silence

BruitsCette fin de semaine, je fuis. Je vais essayer de trouver un peu de silence. C'est que le bruit de Barcelone me rend complètement folle et je dois essayer de trouver un peu de silence... Je sais que ce silence aura quelques bruits d'oiseaux, quelques bruits de vents, quelques mouvements furtifs... En autant que l'on n'entende pas les ambulances interminables et irraisonnables, les klaxons irresponsables, les conversations et les cris assourdissants qui surgissent à toute heure...

J'ai compris il y a très longtemps que les espagnols aimaient le bruit... j'ai su très jeune que les conversations en espagnol étaient plus bruyantes... par définition. L'Espagne est bruyante et présentement... je crois que je vais perdre la raison... besoin de tranquillité, besoin de silence... J'avais en tête un superbe texte sur le bruit et l'Espagne... je le ferai un autre jour ! Présentement, je me sauve... dans le silence de la campagne... je reviens lundi... je ferai peut-être alors ce texte !

Posté par Laila_Seshat à 15:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 janvier 2008

Quéribus, ce château cathare

Située à environ 2 heures de Barcelone, se situe la frontière de la France. La région qui se trouve en bordure de la frontière est le Languedoc-Roussillon, qu'on appelle encore aujourd'hui la Catalogne du Nord.  Étant donné la proximité de cette région nous y avons fait de nombreuses visites, parfois en train mais surtout en auto et nous y avons parcouru de nombreux chemins et routes.

Dans cette région du sud de la France connue pour ses vignobles, il y a de nombreux châteaux forteresses. Ces forteresses font parties de ce qu'on appelle les Châteaux Cathares. Plusieurs de ces châteaux forteresses peuvent encore être visités. Il ne reste souvent que quelques ruines, mais certains sont encore assez bien conservés.

Qu_ribus1 Parmi ces châteaux, le château de Quéribus demeure un de mes préférés. Considéré comme un des "cinq fils de Carcassonne", il fut un des derniers points de lutte et de refuge des Cathares lors de la Croisade contre les Albigeois. Nous l'avons visité à quatre reprises. Reconnaissable de très loin par sa tour-dongeon, il est situé sur un pilon rocheux à une altitude de 728 mètres. La montée se fait d'abord en auto, puis évidemment à pied. Malgré les apparences, il est relativement facile d'accès.

Je connaissais le nom de Quéribus. J’avais déjà lu des romans et des ouvrages qui mentionnaient ce nom. Et j’ai eu une période pendant laquelle j’ai beaucoup lu sur le Graal. Le nom de Quéribus apparaît dans nombres d’ouvrages explorant le mythe et la réalité du Graal. Et j’ai aussi lu sur les Cathares… impossible ici aussi de lire sur les Cathares et ne pas connaître le nom de Quéribus.

Malgré tout ceci, la première fois que nous avons pris les routes du Languedoc, je ne pensais pas à Quéribus en particulier. EnQu_ribus2 fait, nous avions prévu aller au château de Peyrépertuse… la planification du week-end avait été fait par la sœur de mon conjoint et je n’avais pas eu le temps de regarder les guides.

Et donc, lorsqu’au détour d’une route, alors que je regardais par la fenêtre de l’auto, j’ai vu la tour de Quéribus, j’ai littéralement senti mon cœur se serrer… Je l’ai reconnu tout de suite. Mais j’ai tout de même vérifié sur la carte du guide que nous avions… oui, c’était Quéribus. Nous n’allions pas le visiter cette fois-là… mais je savais que j’étais conquise… j’ai rarement des pincements ou des émotions vives quand je visite les lieux et cela me déçoit souvent. Je suis contente de visiter et voir les lieux, mais c’est rare que je me sente « émotionner ». Mais Quéribus m’a complètement chavirée.

Quelques mois plus tard, nous retournions dans la région qui nous avait enchanté lors de notre premier séjour. Et cette fois-ci, nous sommes allés à Quéribus. Le lieu était fermé, nous étions au mois de mars et il y avait de la neige sur le sentier. Mais il n’y avait personne et nous sommes donc monté au château. Il faisait froid, il ventait, nous étions complètement seuls… Et jamais je n’oublierai cette rencontre avec Quéribus.

Et maintenant, à chaque nouvelle visite, je découvre à nouveau Quéribus. Même lorsque nous ne faisons que passer sans nous arrêter, je ne peux m’empêcher de le regarder jusqu’à ce qu’il ne soit plus visible…  

Posté par Laila_Seshat à 22:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,