11 octobre 2017

L’accident / C. L. Taylor

Accident02L’accident / C. L. Taylor ; traduit de l'anglais par Luce Michel.  — [Paris] : Marabout, 2015 – 355 p. : 23 cm. – ISBN 978-2-501-09631-7

Quatrième de couverture

Sue Jackson mène une parfaite vie de famille. Mais le jour où sa fille Charlotte se jette sous un bus,  tout vole en éclats. Le coma de l'adolescente met Sue face à une sombre réalité qu'elle ne peut ignorer.

Après avoir découvert dans le journal intime de Charlotte une phrase qui la glace d'effroi. Sue n'a d'autre choix que de plonger dans la vie privée de sa fille. Une quête de la vérité qui détruit sa confiance en ses proches et la contraint à fouiller dans les profondeurs troubles de son propre passé.

Sue est prête à tout pour protéger sa fille. Mais si elle-même était la cause du danger que court Charlotte ?

L’auteur

Carol Louise Taylor est née à Worcester en Angleterre en 1973. Elle étudie en psychologie à l'Université de Northumbria à Newcastle-on-Tyne. Elle occupe différents emplois et travaille entre autres comme concepteur graphique et développeur web.

Elle commence à écrire dans sa jeunesse et publie ses premières nouvelles en 2005. Elle publie son premier roman, Heaven Can Wait, en 2009, sous le pseudonyme de Cally Taylor. Ses nouvelles et ses romans ont reçu plusieurs prix. Accident01

Aujourd'hui, elle vit avec sa famille à Bristol.

Bibliographie

  • Heaven Can Wait (sous le pseudonyme de Cally Taylor) (2009)
  • Home For Christmas (sous le pseudonyme de Cally Taylor) (2011)
  • The Accident (2014)
  • The Lie (2015)
  • The Missing (2016)
  • The Escape (2017)
  • The Treatment (2017)

Mes commentaires (attention spoilers)

Quelle belle lecture, je vous le dis. Pas parfaite, oh que non, mais parfaite pour moi, en ce moment où j'ai besoin de me changer les idées et ne pas trop réfléchir. Bien qu'elle ne fut pas sans émotion, oh que non ! 

Le roman de C.L Taylor se divise entre l'enquête désespérée d'une mère pour comprendre pourquoi sa fille a tenté de mettre fin à ses jours et l'histoire d'une relation amoureuse infernale entre une femme et un manipulateur, véritable pervers-narcissique. Ce qui nous donne un excellent suspense couplé d'un très bon roman psychologique. Mais je dois avouer que j'ai légèrement plus aimé le roman psychologique que le suspense. Bien que de toute évidence les deux histoires vont se rejoindre. Bien sûr, parce que sinon, ça servirait à quoi d'avoir deux histoires dans un roman...

La vie de Sue Jackson était parfaite : un mari aimant, une adorable fille adolescente et une vie paisible. Mais un terrible accident va venir tout changer. Sa fille Charlotte se jette intentionnellement devant un autobus et est maintenant à l'hôpital dans un coma. Pourquoi sa fille a-t-elle voulu mettre fin à ses jours ? Sue ne comprend pas. Elle est persuadée que sa fille n'a pas voulu se tuer et que quelqu'un d'autre est responsable. Elle cherche à comprendre, à savoir, et elle commence son enquête. Elle retrace les pas de sa fille, lit son journal, interroge ses amis. Et découvre peu à peu les secrets de sa fille.

La vie de Sue Jackson n'a pas toujours été parfaite. Il y a longtemps, elle est tombée en amour avec un homme qu'elle croyait merveilleux. Mais rapidement sa relation est devenu malsaine. L'amour de sa vie s'est transformé et est devenu de plus en plus contrôlant. Et elle se trouve prise dans une relation avec un homme manipulateur, pervers et violent. Cette partie de la vie de Sue nous est racontée à travers des flashbacks très difficiles à lire tant ils décrivent bien la lente et sournoise descente aux enfers d'une relation avec un pervers-narcissique. Sue a réussi à s'en sortir mais elle vit toujours dans la peur que cet homme ne la retrouve.

Le roman est très prenant. L'auteur réussit à nous captiver jusqu'à la fin. On suit Sue dans sa recherche désespérée de la vérité. Elle se sent seule, personne ne veut la croire, mais elle persévère pour sa fille. Et on suit Sue dans sa relation tragique et son cheminement vers la liberté. Les émotions de Sue sont très bien rendues et on s'attache à son personnage, malgré ses faiblesses et même si je l'ai parfois trouvé exaspérante.

Comme je l'ai dit, c'est la relation de Sue avec son ancien petit ami qui m'a vraiment secouée. J'ai connu quelqu'un proche de moi qui a vécu une relation semblable et c'est incroyablement difficile. L'horreur s'installe sournoisement, sans qu'on ne s'en aperçoive et après elle semble normale. Comme Sue, cette personne a réussi à s'en sortir mais ce fut déchirant et cela l'a changée à jamais. Taylor a réussi à transmettre toutes les émotions d'une telle relation, du début à la fin. C'est une lecture très difficile. Mais l'auteur réussit très bien à exprimer toute la complexité de cette histoire d'amour toxique. 

Oh et l'autre histoire est aussi très intéressante !

Les mots de l’auteur

« Je me suis levée et j’ai enfilé mon manteau. Comment osaient-ils se montrer aussi moralisateurs et plus pieux que tous les saints réunis juste parce que mon mec avait un peu trop bu et l’avait un peu trop ouvert ? – Je vais bien, ai-je insisté. Mieux que bien, même. Je suis plus heureuse que je ne l’ai été depuis un bail. » p. 134

Pour en savoir un peu plus…


22 septembre 2009

The Old Gumbie Cat de T.S. Eliot

The Old Gumbie Cat
(T.S. Eliot)

I have a Gumbie Cat in mind, her name is Jennyanydots;
Her coat is of the tabby kind, with tiger stripes and leopard spots.048

All day she sits upon the stair or on the steps or on the mat;

She sits and sits and sits and sits--and that's what makes a Gumbie Cat!


But when the day's hustle and bustle is done,

Then the Gumbie Cat's work is but hardly begun.

And when all the family's in bed and asleep,

She tucks up her skirts to the basement to creep.

She is deeply concerned with the ways of the mice--

Their behaviour's not good and their manners not nice;

So when she has got them lined up on the matting,

She teachs them music, crocheting and tatting.


I have a Gumbie Cat in mind, her name is Jennyanydots;

Her equal would be hard to find, she likes the warm and sunny spots.

All day she sits beside the hearth or on the bed or on my hat:

She sits and sits and sits and sits--and that's what makes a Gumbie Cat!
But when the day's hustle and bustle is done,
Then the Gumbie Cat's work is but hardly begun.

As she finds that the mice will not ever keep quiet,

She is sure it is due to irregular diet;

And believing that nothing is done without trying,

She sets right to work with her baking and frying.

She makes them a mouse--cake of bread and dried peas,

And a beautiful fry of lean bacon and cheese.
I have a Gumbie Cat in mind, her name is Jennyanydots;
The curtain-cord she likes to wind, and tie it into sailor-knots.

She sits upon the window-sill, or anything that's smooth and flat:

She sits and sits and sits and sits--and that's what makes a Gumbie Cat!
But when the day's hustle and bustle is done,
Then the Gumbie Cat's work is but hardly begun.

She thinks that the cockroaches just need employment

To prevent them from idle and wanton destroyment.

So she's formed, from that lot of disorderly louts,

A troop of well-disciplined helpful boy-scouts,

With a purpose in life and a good deed to do--

And she's even created a Beetles' Tattoo.


So for Old Gumbie Cats let us now give three cheers--

On whom well-ordered households depend, it appears.

Commentaires personnels

"She sits and sits and sits and sits--and that's what makes a Gumbie Cat!" Combien de Gumbie Cat connais-je ? me questionnais-je alors que je chantonnais involontairement le poème de T.S. Eliot. Oh... quelqu'uns... au moins 3, probablement 4 ou 5... Chat typique... Le chat semble dormir sans arrêt... partout... sur les marches, sur le sofa, sur le tapis, sur le lit, sur nos genoux. Chat normal... comme tous les chats.

Mais quand le jour s'envole, le chat s'éveille et commence sa journée... sa journée chargée, très très chargée ! Alors que les humains vont se coucher après une journée fatiguante... alors que les yeux se ferment enfin pour offrir un peu de repos... alors le Gumbie Cat s'active enfin. C'est quand les humains vont dormir que le Gumbie Cat retrouve sa vitalité et s'anime enfin... peut-être,,, sûement... un peu trop !!!

Le Gumbie Cat est très actif et a beaucoup de responsabilités. Ce chat es responsable pour tout ce qui se passe dans sa maison. Et il se doit de contrôler tout et tous... Alors que le jour, le Gumbie Cat semble invisible et inactif... il contrôle absolument tout son environnement... de la poussière sur les meubles, aux insectes qui se cachent, aux humains qui tentent de l'approviser.

Le Gumbie Cat se sent responsable... Le poids du monde est sur ses épaules. Il semble ne pas s'en préoccuper mais c'est sa seule préoccupation. C'est le chat qui passe inaperçu car si silencieux, si discret... mais c'est le chat indispensable à la maisonnée. Sans ce chat, la maisonnée ne pourrait pas fonctionner. Invisible et résevé, il n'en est pas moins actif. Il veut aider tout le monde, mème ceux qui ne veulent pas de son aide !

Il est vrai que nombre de chats sont furtifs et insaisissables et parfois on croit qu'ils ne font absolument rien. Mais on découvre rapidement qu'ils contrôlent tout et qu'ils sont éveillés et laborieux. Comme... beaucoup de gens. Qui semblent ne rien accomplir mais qui sont toujours à l'affût des besoins - même inconnus - des autres.

On a immédiatement associés les chats d'Eliot à des traits de caractères humains. On a supposé que les vers apparamment enfantins du poète visaient en fait à décrire satyriquement des traits, des comportements humains... Et on peut facilement voir dans le Gumbie Cat, une parodie des fonctionnaires semblant ne jamais travailler, ou encore des bureaucrates qui croient pouvoir tout faire et sauver tout le monde... remettre dans le droit chemin les délinquants et criminels (oh ces méchantes coquerelles et souris qu'il faut réformer à tout prix !!!) malgré même leur volonté ! Il est évident que le Gumbie Cat se croit supérieur et qu'il doit aider - et contrôler - les autres ! Car le chat est parfait, non ?

À lire sur ce carnet:

À consulter

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21 septembre 2009

Old Possum's Book of Practical Cats de T.S. Eliot - II. L'oeuvre

ChatsOld Possum's Book of Practical Cats / T.S. Eliot; with decorations y Nicolas Bentley. -- London, Boston: Faber and Faber; 1987.

Quatrième de couverture

These lovable cat poems were written by T.S. Eliot for his godchildren and friends in the Thirties. They have delighted generations of children since, and inspired Andrew Lloyd Webber's brilliant musical Cats.

L'oeuvre

T.S. Eliot écrivit ses poèmes à partir du début des années 1930. Les poèmes sont en fait tirés de lettres que l'auteur écrivit à ses filleuls et aux enfants de ses amis. Il utilisa même le surnom de Old Possum pour signer ses lettres. Le recueil contenant 15 poèmes fut publié par la firme Faber and Faber en 1939. La première édition contenait des illustrations de T.S. Eliot, lui-même. En 1940, le recueil fut réédité avec cette fois des illustrations de Nicolas Bentley. L'édition de 1982 propose des illustrations d'Edward Gorey.

Les poèmes sont avant tout destinés à des enfants, mais malgré leur caractère léger et humoristique, ils ont immédiatement conquis un large public. Le recueil Old Possum's Book of Practical Cats est rapidement devenu une oeuvre classique. 

Une première adaptation musicale se fit en 1054 par le compositeur Alan Rawsthorne. Ce dernier prit six poèmes du recueil et les adapta en musique dans une oeuvre intitulé Practical Cats. L'acteur Robert Donat prêta ensuite sa voix lors de l'enregistrement de cet oeuvre.

L'adaptation la plus connue demeure la comédie musicale de Andrew Lloyd Webber intitulée Cats. L'oeuvre de Webber continent les poèmes de Eliot mais inclut aussi des poèmes de pièces non publiées de l'auteur.

Contenu:

  • The Naming of Cats
  • The Old Gumbie Cat
  • Growltiger's Last Stand
  • The Rum Tum Tugger
  • The Song of the Jellicles
  • Mungojerrie and Rupelteazer
  • Old Deutorenomy
  • Of the Aweful Battle of the Pekes and The Pollicles Together With Some Account of the Participation of the Pugs and the Poms, And the Intervention of the Great Rumpuscat
  • Mr. Mistoffelees
  • Macavity: The Mystery Cat
  • Gus: The Theatre Cat
  • Bustopher Jones: The Cat about Town
  • Skimbleshanks: The Railway Cat
  • The Ad-dressing of Cats
  • Cat Morgan Introduces Himself

Commentaires personnels

Le recueil Old Possum's Book of Practical Cats a pour thème principal les chats. Ou plutôt la nature des chats, leurs comportements, leurs personnalités, leur caractère, leurs manies, leurs qualités et leurs défauts. Pratiquement chaque poème nous présente un chat unique. Deux poèmes n'ont pas un chat en particulier comme sujet principal, mais s'attardent plutôt à nous parler des chats, de leur nature et de leurs noms. Ces poèmes ouvre et feme le recueil. Chaque poème est une oeuvre complète et achevée mais l'ensemble des poèmes du recueil nous offre une unité poétique presque parfaite !

Les poèmes du recueil Old Possum's Book of Practical Cats sont souvent critiqués pour n'être pas de "vrais" poèmes. Souvent ramenés à de simples contes, comptines ou fables rimées pour enfants, on leur reproche leur facilité, leur caractère humoristique et enfantin. Mais d'autres y ont vu une complexité charmante, des rimes et répétitions musicales et surtout un symbolisme rempli de charme et d'humour. Car ces chats ne sont-ils pas en fin de compte semblables à nous ? Ces chats caractériels n'ont-ils pas les mêmes personnalités que bien des hommes ? On peut facilement reconnaître nos défauts et nos qualités, nos peurs et nos espoirs,... dans les chats de T.S. Eliot. L'imagerie utilisée est drôle mais complètement réaliste. Chaque poème est la description d'un chat, d'un humain... Chaque personnage est admirablement décrit, une peinture complexe d'un être unique. Par ses poèmes, Eliot charme les enfants avec ses rimes cocasses et la simplicité de ses vers, mais il décrit aussi la société qui lui est contemporaine.

Les mots d'Eliot sont harmonieux, musicaux et terriblement "anglais".La société anglaise est délicieusement décrite. Et on sent véritablement l'atmosphère des rues londonnaises, des salons anglais,... Le livre ne peut que se lire en chantonnant. La musicalité des vers est complètement ensorcelante. Il n'est donc pas étonnant que plusieurs artistes l'ont mis en musique et en chansons. Évidemment, aujourd'hui, pour ceux qui ont vu la comédie-musicale Cats, il est difficile de lire les poèmes sans les chanter...

Mais même en lisant simplement les vers... on ne peut s'empêcher de se faufiler furtivement derrière Macavity ; d'entendre les smash, crash et ping, résultats des frasques de Mungojerrie et Rumpelteazer ; de se dandiner à la suite Jennyanydots...

Lire aussi sur ce carnet:

Extraits

"Macavity, Macavity, there's no one like Macavity,
For he's a fiend in feline shape, a monster of depravity.
You may meet him in a by-street, you may see him in the square--
But when a crime's discovered, then Macavity's not there
!
"
(Macavity - The Mystery Cat)

"And when you heard a dining-room smash
Or up from the pantry there came a loud crash
Or down from the library came a loud ping
From a vase which was commonly said to be Ming--
Then the family would say: "Now which was which cat?
It was Mungojerrie! AND Rumpelteazer!"-- And there's nothing
at all to be done about that!
."
(Mungojerrie and Rumpelteazer)

Sources

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08 septembre 2009

Old Possum's Book of Practical Cats de T.S. Eliot - I. L'auteur

ChatsOld Possum's Book of Practical Cats / T.S. Eliot; with decorations y Nicolas Bentley. -- London, Boston: Faber and Faber; 1987.

Quatrième de couverture

These lovable cat poems were written by T.S. Eliot for his godchildren and friends in the Thirties. They have delighted generations of children since, and inspired Andrew Lloyd Webber's brilliant musical Cats.

L'auteur

Thomas Steams Eliot est né à Saint-Louis (Missouri) aux Etats-Unis. Il commença ses études à la Smith Academy où il étudia plusieurs langues. Il poursuivit d’abord ses études au Merton College puis il étudiera à Harvard de 1906 à 1909 où il obtiendra un B.A et un master. Il étudia principalement en philosophie. Pendant ses années à Harvard, il publiera quelques poèmes dans le Harvard Advocate. Il restera à Paris pendant un an alors qu’il étudie à la Sorbonne. Il retourne ensuite à Harvard pour obtenir son doctorat en philosophie. Il pensait poursuivre ses études mais alors qu’il était en Allemagne en 1914, la première guerre mondiale commença, et il partit pour Londres puis Oxford.

En 1915, un ami lui présente Vivien Haigh-Wood, une danseuse. Il tombe immédiatement amoureux de la jeune fille et le couple se marie la même année, à la grande surprise de la famille du poète. Ce mariage soudain causera à Eliot de nombreuxChats2 problèmes avec sa famille qui a du mal à accepter la jeune danseuse qui semble laisser voir des problèmes physiques et émotionnels. Vivien refuse également de vivre aux Etats-Unis et après un bref retour en Amérique, le couple s’installera à Londres où Eliot aura plusieurs emplois d’enseignement dans différentes institutions. De plus, il écrit divers articles et critiques. En 1916, il enverra sa thèse à Harvard qui l’acceptera, mais il n’obtient pas son diplôme puisqu’il ne se présente pas en personne pour le recevoir. En 1917, il prend un emploi de banquier à Londres. L'emploi stabilise la situation d'Eliot et lui permet de se consacrer à son écriture. Il publie en 1917 son premier livre, Prufrock and Other Observations.

Il continue d'écrire à la fois de la poésie mais également de nombreux essais critiques. Il obtient beaucoup de succès et fit son chemin dans différents groupes d'artistes et intellectuels britanniques, Pound, Yeats, Lewis,...

Son mariage n’est cependant pas un succès et des rumeurs d’infidélités sur sa femme se font entendre presque immédiatement. En 1917, le père du poète décède sans qu'Eliot n'ait pu vraiment se réconcillier. En 1921, Eliot se retire dans un sanatorium en Suisse pour se remettre d'un épuisement total qui l'empêche d'écrire.

Après cet épisode, il reprend l'écriture et publie un poême sur lequel il travaillait depuis des années The Waste Land. Le poême obtient beaucoup de succès mais fut parfois mal interprété. Cependant sa vie personnelle continue d'être difficile, surtout avec son épouse. Il se tournera vers l'Église Anglicane pour trouver du support. En 1925, il quitte finalement son emploi à la banque pour se joindre à la firme d’édition Faber and Gwyer, où il deviendra éventuellement le directeur. Il sera également l’éditeur du journal littéraire Criterion.

Il surprendra beaucoup de gens en se faisant baptiser en 1927, puis en prennant finalement la citoyenneté britannique. Ces écrits et convictions politiques et religieuses font également parler les critiques. Mais il continue d'écrire de la poésie, des essais et des pièces. Il obtient beaucoup de succès. Il est cependant très sévère avec ses écrits et n'hésite pas dire que sa réputation n'est fondée que sur quelques poèmes.

Quelques années plus tard il acceptera un poste d’un an, de 1932 à 1933 à l’Université Harvard. Cet éloignement lui permettra de se séparer de sa femme et lorsqu’il revient en Angleterre, le couple se sépare définitivement. Il refuse cependant le divorce à cause de ses convictions religieuses. Vivien tente à plusieurs reprises la réconciliation sans succès. El 1938, elle devra être internée dans une institution mentale.

En 1939, le journal Criterion doit fermer. La Seconde Guerre Mondiale commence. Elliot sera alors pendant quelques temps garde des alertes aériennes. Il continue cependant à écrire, mais ses écrits sont nettement plus sombres. Ces textes seront à la fois très populaires mais également vivement critiqués. Les opinions religieuses et politiques conservatrices d'Eliot seront également critiqués. Et après la guerre, il sera même accusé par certains d'anti-séminisme.

De 1946 à 1957, il vivra avec un de ses amis, John Davy Hayward, qui rassemblera de nombreuses archives sur Eliot. Il n'écrira presque plus de poésie, se concentrant sur le théâtre et les essais. Vivien décède en 1947. En 1948, il recevra le prix Nobel de littérature. Eliot se mariera une seconde fois en 1957 avec Esmé Valerie Fletcher.

Gravement atteint d’emphysème et de tachycardie, il meurt en 1965.

Bibliographie sommaire

  • Prufrock and Other Observations (1917)
  • Ezra Pound: His Metric and Poetry (1918)
  • Poems (1919)
  • The Sacred Wood: Essays on Poetry and Criticism (1920)
  • The Waste Land (1922)
  • Homage to John Dryden (1924)
  • Shakespeare and the Soicism of Seneca (1927)
  • Dante (1929)
  • Sweeney Agonistes (1932)
  • The Rock (1934)
  • After Strange Gods (1934)
  • Murder in the Cathedral (1935)
  • Old Possum's Book of Practical Cats (1939)
  • The Family Reunion (1939)
  • East Coker (1940)
  • Burnt Norton (1941)
  • The Dry Salvages (1941)
  • Britain at War (1941)
  • The Music of Poetry (1942)
  • Four Quartets (1943)
  • On Poetry (1947)
  • The Cocktail Party (1950)
  • The Confidential Clerk (1954)
  • The Frontiers of Criticism (1956)
  • On Oetry and Poets (1957)
  • The Elder Statesman (1959)

Commentaires personnels ici

Voir aussi: The Old Gumbie Cat de T.S. Eliot

Extraits

"But above and beyond there's still one name left over,
And that is the name that you never will guess;
The name that no human research can discover -
But THE CAT HIMSELF KNOWS, and will never confess. "

(The Naming of Cats)

"The Rum Tum Tugger is a Curious Cat:
If you offer him pheasant he would rather have grouse.
If you put him in a house he would much prefer a flat,
If you put him in a flat then he'd rather have a house.
If you set him on a mouse then he only wants a rat,
If you set him on a rat then he'd rather chase a mouse."

(The Rum Tum Tugger)

Sources

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09 février 2009

Un cadavre dans la bibliothèque

cadaUn cadavre dans la bibliothèque / Agatha Christie ; texte français de Louis Postif. -- Paris: Librairie des Champs-Élysées, 1967. -- 252 p. ; 17 cm.

Titre original: The body in the library

Quatrième de couverture

- Madame, Madame ! Il y a un cadavre dans la bibliothèque !

Puis, avec un sanglot nerveux, la femme de chambre sortit. Mrs. BANTRY se dressa sur son séant. Son rêve prenait-il un tour extravagant, ou Mary s'était-elle vraiment précipitée dans la pièce en criant cette phrase incroyable, fantastique: "Madame, Il y a un cadavre dans la bibliothèque"?
- C'est impossible, prononça tout haut Mrs BANTRY, j'ai dû rêver !
Mais elle était convaincue de n'être point le jouet de son imagination, Mary, cette femme si pondérée, avait réellement proféré des paroles étranges.

Résumé

Tout est tranquille chez les Bantry en ce matin ordinaire. Lorsque soudain, on vient annoncer en catastrophe, au couple encore au lit, que le cadavre d'une femme inconnue vient d'être découvert dans la bibliothèque. La police arrive sur les lieux et l'enquête est mené par le Colonel Melchett qui est un ami des Bantry et l'inspecteur Slack. Mais Mme Bantry fait aussi appel au support de la calme et sensée Miss Marple, qui vient immédiatement retrouver son amie.

L'enquête commence et on cherche d'abord à connaître l'identité de la femme qui a été étranglée et abandonnée dans la bibliothèque des Bantry. On interrogera les serviteurs, puis un jeune artiste un peu trop fêtard qui habite non loin et qui serait un suspect idéal. On découvre finalement l'identité de la jeune femme, une danseuse dans un luxueux hôtel voisin. Alors que l'enquête avance très - trop - tranquillement, les rumeurs dans le village vont bon train. On ne peut que pointer du doigt le Colonel Bantry. Sa femme décide donc de séjourner à l'hôtel, tout en amenant avec elle la précieuse Miss Marple, pour tenter de résoudre le mystère et faire cesser les rumeurs sur son époux.

Différentes personnes sont interrogées - et soupçonnées -  des clients de l'hôtel, des employés, la cousine de la jeune victime... Finalement, l'enquête se centre sur un vieil homme, riche, handicapé. Il a perdu l'usage de ses jambes lors d'un accident d'avion qui a aussi tué sa femme, son fils et sa fille. Il vit présentement avec son gendre et sa bru. Le vieil homme s'était entiché de la jeune danseuse et voulait l'adopter, contre l'avis de sa famille.

L'enquête se complique lorsque la voiture d'un des clients, une des dernières personnes à avoir vu la victime vivante, est retrouvée complètement brûlée et contenant le corps d'une jeune fille. Deux corps que rien ne semblent liés mais qui pourtant mèneront Miss Marple vers la vérité et la capture du coupable.

L'oeuvre

Ce roman policier d'Agatha Christie fut publié en 1942 et met en vedette Miss Marple. Personnage central de 13 livres de l'auteur, Un cadavre dans la bibliothèque est le troisième roman avec la vieille demoiselle vivant bien tranquillement dans son petit village de St. Mary Mead mais qui semble toujours impliquée dans la résolution des crimes commis aux alentours. Les personnages des Bantry sont également déjà connus des lecteurs par l'entremise d'une nouvelle de l'auteur.

Agatha Christie a elle-même décrit son roman comme un "cliché" du genre policier. Elle avait voulu les lieux conventionnels et le cadavre improbable. Un exercice sur le thème classique du cadavre dans la bibliothèque. Le roman est souvent donc considéré comme une excellente parodie du genre. On y retrouve d'ailleurs de nombreuses allusions comiques souvent exagérées principalement sur les différences entre les classes sociales de l'époque. Les personnages sont volontairement caricaturaux.

Le roman fut en général bien reçu lors de sa publication. Le personnage de Miss Marple devient plus important dans l'oeuvre de l'auteur et les lecteurs semblent l'apprécier. Quelques critiques soulignent cependant une intrigue bien mince et un développement diffus. Mais on applaudit en général l'utilisation ingénieuse par Christie de lieux communs en littérature policière.

Le roman fut adapté pour la télévision en 1984 par la BBC dans le cadre d'une série mettant en vedette Miss Marple. Cette adaptation est fidèle au roman. Le roman fut de nouveau adapté en 2004 par ITV, mais on changea alors beaucoup l'intrigue.

Commentaires personnels

Ce roman d'Agatha Christie peut sembler légèrement différent de la plupart de ces autres romans policiers. L'auteur a elle-même expliqué qu'elle souhaitait revisiter un thème commun au genre : le cadavre dans la bibliothèque, mais en y ajoutant certains aspects atypiques pour transformer l'histoire. On retrouve donc une jeune femme inconnue, vêtue de façon extravagante, retrouvée étranglée dans une bibliothèque quelconque d'un manoir austère chez un couple plus que respectable ! La première scène du roman demeure d'ailleurs une des plus célèbre de l'auteur et une de mes préférées - et je ne suis pas la seule à adorer cette scène ! Les mots prononcés par la domestique (qu'on retrouve dans le quatrième de couverture de la présente édition) sont pour moi, légendaires ! Et des mots même de Christie dans une entrevue pour le Life Magazine en 1956 : "the best opening I ever wrote" !!!

L'intrigue semble souvent simple, mais les suspects et les enquêteurs se multipliant au cours des chapitres, on ne sait plus bien si la solution sera jamais trouvée. L'auteur multiplie aussi les clichés sur ses personnages. On a toujours senti les traits bien caractérisés de ces personnages, dans tous ses romans: la bourgeoisie, l'aristocratie, les gens sans argent, les étrangers, les domestiques, les artistes, la jeunesse moderne, les aînés vieux jeu,... ils sont tous bien empreints des idées reçues et des valeurs de l'époque. Mais on sent dans ce roman que l'auteur a volontairement forcé la peinture et que les clichés sont intentionnels. Et j'ai parfois ri franchement des traits et des propos de ces personnages.

Le roman met en scène Miss Marple, la vieille dame sage et posée qui réussit toujours à élucider tous les crimes en faisant de simples déductions et associations. Miss Marple étudie la nature humaine. Elle affirme sans cesse qu'on peut retrouver les mêmes caractéristiques chez la plupart des gens. Telle personne agit de la même façon que telle autre personne, on peut donc en déduire que... Et Miss Marple se trompe très rarement. Vieille dame gentille, charmante, généreuse mais réaliste, pragmatique et ne faisant confiance à personne. Mon principal regret est que la vieille dame est trop peu présente dans le roman. On a trop peu de ses remarques si justes. Et on voit trop peu cette fameuse bibliothèque !

Mais tout le reste y est... surtout cette atmosphère bien anglaise que j'aime tant des romans d'Agatha Christie !

L'avis d'Erzebeth et Sheherazade.

Citations

" -- Tiens ! J'oubliais votre présence. Il est temps que vous déguerpissiez... Auparavant, laissez-moi faire les présentations : Dinah Lee, le colonel Machin-Chouette de la police du comté... Vous pouvez constater que ma blonde est vivante et en bon état. Et maintenant, colonel, veuillez poursuivre votre besogne, concernant les fredaines du vieux Bantry. Bonjour !

Le colonel répliqua:

-- Je vous conseille un peu plus de politesse, jeune homme, autrement, il vous en cuira.  Là-dessus, Melchett s'en alla, le visage rouge de colère." p.34

"Ah ! oui. Aimez-vous les romans policiers? Moi, j'en raffole. Je les lis tous et j'ai obtenu des autographes de Dorothy Sayers, d'Agatha Christie, de Dickson Carr et H.-C. Bailey. Est-ce qu'on parlera du crime dans les journaux?" p. 84

Sources

 

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09 janvier 2009

L'affaire Raphael

RafL'affaire Raphael / Iain Pears ; traduit de l'anglais par Georges-Michel Sarotte. -- [Paris] :  Belfond, 2002. -- 299 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-264-03277-5. -- (Coll. 10/18 : Grands détectives, 3365)

Quatrième de couverture

"L'Affaire Raphaël est un parfait exemple de ce nouveau genre qui associe le punch d'une intrigue à surprises à une connaissance appronfondie de l'histoire de l'art. Le thème en est la course que se livrent connaisseurs, policiers et escrocs pour s'approprier une toile inédite du célèbre Raphaël. Dissimulée depuis plusieurs siècles sous la crasse et la peinture d'un petit maître sans grand talent, la précieuse toile dormirait, oubliée, dans la poussière d'une église romaine. Tous les ing´rdients d'un classique sont ici réunis par l'auteur Iain Pears. Le vieux flic diplomate et roublard, la jeune recrue aussi maligne que jolie, l'étudiant anglais maladroit, le marchand d'art ambigu et le directeur de musée imbuvable... Agrippé aux basques des héros, le lecteur voyage de palais toscans en vieilles demeures du Yorkshire, survit à nombre de coups fourrés et se laisse porter, ravi, par le tourbillon des rebondissements. L'Affaire Raphael est un livre léger et instructif, qui se lit avec jubilation."


L'auteur

Iain Pears est né en Angleterre en 1955. Diplômé en philosophie et en histoire de l'art. Il est aujourd'hui historien de l'art, écrivain et journaliste.

Pour une biographie plus détaillée et la bibliographie de l'auteur, consulter le billet suivant.

Résumé

À Rome, le commissaire Bottando est chargé de toutes les enquêtes concernant le monde de l'art.  On lui présente une nouvelle affaire, d'apparence banale. Un étudiant anglais, Jonathan Argyll, a été arrêté dans une petite église de Rome. Son histoire semble cependant incroyable. Il est convaincu qu'une peinture de Raphaël était cachée sous une toile de Mantini appartenant à l'église. La toile, cependant vient d'être vendu et expédiée à l'extérieur de l'Italie.

Il semblerait pourtant qu'Argyll avait raison et le gouvernement italien rachète l'oeuvre à grand prix. Alors qu'on célèbre l'acquisition de l'oeuvre au Museo Nazionale, des doutes persistent sur son authenticité. Argyll, aidé de l'assistante de Bottando, Flavia Di Stefano, continue son enquête sur l'oeuvre. Mais l'oeuvre est brûlée avant qu'on ne puisse l'étudier davantage. Vol d'oeuvres d'art, contrefaçons, fraudes... Iain Pears nous plonge dans les coulisses du monde et du commerce des oeuvres d'art.

Commentaire personnel et expérience de lecture

L'Affaire Raphaël est le premier roman d'une série d'enquêtes se déroulant dans le milieu de l'art. Iain Pears possédant un diplôme en Histoire de l'Art, ses enquêtes sont très bien documentées. Peut-être trop selon certains. Mais personnellement, je me suis complètement perdue dans ce roman. Dans ce premier roman nous faisons connaissance avec certains personnages qui reviendront ensuite dans les prochains enquêtes - toutes liées au monde l'art.

L'enquête se déroule en grande partie en Italie avec quelques courts passages en Angleterre. On sent que l'auteur connaît bien Rome et qu'il aime cette ville. Je dois cependant avouer que les clichés pour la décrire ne font pas défaut, malheureusement. D'ailleurs en copiant le quatrième de couverture pour cet article, je me suis sentie "gênée" des descriptions des personnages. Ils semblent bien "typiques". Et l'histoire n'est ni fracassante, ni renversante. Mais on peut facilement passer sur ces détails. L'enquête pour découvrir l'authenticité du Raphaël nous fait bien vite oublier ces défauts de style.

J'ai passé un très bon moment avec ce roman que j'ai lu pendant mon trajet d'avion de Tokyo à Amsterdam... Et quand j'ai tourné la dernière page, je me surprenais d'avoir déjà terminé, j'étais agréablement surprise par la fin et j'aurais voulu pouvoir continuer à lire... Pourquoi on ne vend pas de livres dans les avions, dites-moi ? Du parfum oui, mais pas de romans !!!

L'avis de Lilly, de Choupynette de Restin et de Sheherazade.

Citation

"Les icônes sont relativement peu connues en dehors du milieu de l'art : c'est un domaine obscur qui n'intéresse que les passionnés. Ces peintures, en général en bois, qu'on accroche dans les églises orthodoxes pour aider les fidèles à se concentrer pendant la prières, sont souvent difficiles à apprécier. Sur un siple fond doré, leur forme stylisée ne séduit pas d'emblée, d'autant que l'absence de perspective les rend peu compréhensibles pour ceux dont l'éducation artistique se fonde sur le dynamisme de la Renaissance. Mais lorsqu'on y a pris goût, elles peuvent devenir une passion, tant leur élégance dépouillée et leurs formes épurées dégagent une aura de paix et de sérénité dont s'approchent rarement les oeuvres plus robustes etplus animées produites en Occident." p. 72-73

"Tôt ou tard, les faux sont démasqués ; c'est notre seule véritable consolation du point de vue de l'art. Ou en tout cas, c'est ce dont se persuadent les connaisseurs pour justifier le prix exorbitant des originaux." p. 105

Sources

http://italian-mysteries.com/IPap.html

http://www.bastulli.com/Pears/Pears.htm

http://en.wikipedia.org/wiki/Iain_Pears

http://www.rue-des-livres.com/auteurs/237/iain_pears.html

http://www.barnesandnoble.com/writers/writerdetails.asp?cid=883549

http://www.ratsdebiblio.net/pearsiainlaffaire.html


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03 janvier 2009

Le cercle de la croix

DSCN5842Le cercle de la croix / Iain Pears. -- [Paris] : Belfond, 1999. --924 p. ; 18 cm. -- ISBN 2-226-08802-5. -- (Coll. Pocket, 10572)

Titre original: An Instance of the Fingerpost

Quatrième de couverture

Université d'Oxford, 1663. Le professeur Grove est retrouvé mort dans son cabinet. L'autopsie est formelle: il y a trace d'arsenic dans son foie. L'enquête conduit à l'arrestation de sa servante. Interrogée, elle est jugée, condamnée et exécutée.

Que s'est-il réellement passé ce jour-là? À ces questions quatre témoins apportent des réponses différentes et contradictoires. Le premier est Marco de Cola, médecin vénitien, qui se trouvait à Oxford au moment des faits. Son témoignage est contredit par celui de Jack Prescott, fils d'un traître mort en exil, ainsi que par celui du Dr. John Wallis, maître espion au service du pouvoir. Il faudra attendre le récit de John Wood, historien, pour entrevoir ce qui pourrait être la vérité.


L'auteur

Iain Pears est né en Angleterre en 1955. Il étudia à la Warwick Scholl, au Warwick Wadham College et au Wolfson College à Oxford. Il obtiendra des diplômes en philosophie et en histoire de l'art. Il travailla comme journaliste pour la BBC au Royaume-Uni et pour la ZDF en Allemagne. Entre 1982 et 1990 il fut correspondant pour Reuters en Italie, France, aux IainÉtats-Unis et au Royaume-Uni.

Il est aujourd'hui historien de l'art, écrivain et journaliste. Il vit avec son épouse et ses enfants à Oxford.

Bibliographie sommaire

  • The Discovery of Painting (1989)
  • The Raphael Affair (1991)
  • The Titian Committee (1992)
  • The Bernini Bust (1993)
  • The Last Judgement (1994)
  • Giotto's Hand (1995)
  • Death and Restoration (1996)
  • An Instance of the Fingerpost (1998)
  • The Immaculate Deception (2000)
  • The Dream of Scipio (2002)
  • The Portrait (2005)

Résumé

Nous sommes au 17e siècle à Oxford en Angleterre pendant la Restauration. Un meurtre a lieu et est vite résolu par les autorités locales. On accuse, condamne et exécute la servante de la victime. Malgré le fait que les autorités semblent satisfaites du dénouement de l'affaire, plusieurs ne sont pas croire à la culpabilité de la servante. Le professeur Grove allait obtenir un poste important et plusieurs pouvaient souhaiter sa mort.

Quatre témoins vont raconter ce qu'ils croient être la vérité sur le meurtre. Les témoignages vont éclairer les circonstances et les mobiles de la mort du professeur, vont parfois se compléter mais vont aussi se contredire. La première partie est la version de Marco da Cola, un négociant venu de Venise pour mettre de l'ordre dans les affaires de son père. Puis nous avons la version de Jack Prestcott qui est à Londres pour réhabiliter son père qui est disgrâcié pour trahison. John Wallis, quant à lui, est également professeur à Oxford. Il est mathématicien et cryptographe et travaille pour le gouvernement. Finalement, nous avons la version de Anthony Wood, un jeune historien.

Commentaire personnel

Une histoire de meurtre et d'espionnage parsemée d'informations sur la société et les croyances de l'époque. On apprend sur les avancées de la médecine, sur les croyances et superstitions de l'époque, sur la politique et l'économie de l'Angleterre au milieu du XVIIe siècle. Les personnages fictifs se mèlent aux personnages ayant réllement existés. Quatre parties qui racontent chacune la même histoire d'un point de vue différent. Les histoires se complètent mais se contredisent également. Certaines narrations confirment les déclarations des histoires précédentes ou les réfutent. Chaque témoins cherchant à nous convaincre de sa vérité. Chaque narrateur voyant et interprêtant les faits selon ses convictions. Chaque personnage certain de sa vérité et ajustant les faits pour monter sa théorie. Et finalement, le lecteur doit lui-même tiré ses propres conclusions.

Le roman de Pears est en fait quatre parties distinctes, on nous présente la même histoire de quatre perspectives différentes. Et malgré les plus de 900 pages du roman, la lecture m'a paru très rapide. Il est vrai que, comme il a parfois été dit du roman, il y a des répétitions et on comprend que certains ont trouvé des passages redondants. Mais après avoir fermé le roman, j'ai eu envie de reprendre la lecture pour revoir les histoires de chacun à la lumière des autres narrations. La traduction semble correcte mais j'aimerais beaucoup relire le roman en anglais pour vraiment m'imprégner de l'époque.

On retrouve dans le roman, nombres d'informations sur l'époque et la société anglaise du XVIIe siècle. La plupart des personnages ont réellement existés et on retrouve à la fin du roman, une liste des noms avec une courte biographie. Il estparticulièrement intéressant selon moi de voir la part des croyances et supersitions dans la tous les aspects de la sociéte de l'époque, surtout en médecine.

Définitivement une lecture à faire et refaire !

Citations

"Ayant établi que le dépôt de la bouteille était vraiment de l'arsenic (ou, pour être plus précis, qu'il réagissait dans tous les cas comme de l'arsenic et jamais autrement que comme de l'arsenic, si bien qu'on pouvait raisonnablement affirmer qu'il en possédait toutes les caractéristiques) et que, d'autre part, lorsqu'on donnait un peu de ce dépôt à un chat, il mourait d'une façon très semblable à celle dont mourait un chat à qui on avait fait prendre de l'arsenic, nous étions à deux doigts d'une conclusion alarmante." p. 179

" Il est cruel qu'on nous ait dotés du désir de savoir sabs nous accorder le temps nécessaire à son complet assouvissement. Nous mourons tous frustés : voilà la grande leçon qu'il nous faut retenir." p.738

Sources

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13 novembre 2008

Sepulchre de Kate Mosse

Critique de lectureSe

Sepulchre / Kate Mosse. -- [London : Orion Books, c2007]. -- 739 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-0-7528-9396-9

Quatrième de couverture:

1891. Seventeen-year-old Leonie Vernier and her brother abandon for the sanctuary of their aunt's isolated country house near , the Domaine de la Cade. But in the nearby woods, Leonie stumbles across a ruined sepulchre - and a timeless mystery whose traces are written in blood. 

2007. Meredith Martin arrives at the Domaine de la Cade as part of her research for a biography she's writing. But Meredith is also seeking the key to her own complex legacy and soon becomes immersed in the story of a tragic love, a missing girl, a unique deck of tarot cards, an unquiet soul and the strange events of one cataclysmic night more than a century ago...

L'auteur:

Née un 20 octobre de 1961 dans le Sussex Ouest en Angleterre, Kate Mosse est un auteur et une présentatrice à la télévision. Elle vit présentement à la fois dans le Sussex Ouest et à Carcassonne avec son époux Greg Mosse, ainsi qu’avec leurs deux enfants. Pour plus de détails, voir l'article suivant.

Résumé:

Léonie Vernier est une jeune fille de 17 ans vivant à Paris à la fin du 19e siècle. Elle vit heureuse avec sa mère et son frère plus âgé. Elle va à l'opéra et commence sa vie de jeune parisienne. Son frère semble avoir quelques soucis mais rien de bien grave. Elle reçoit alors une invitation de sa tante à aller passer quelques semaines dans un manoir dans le sud de la France, à Rennes-les-Bains. D'abord avec réticence, elle quitte finalement Paris et sa mère pour un séjour chez cette tante inconnue. Son frère l'accompagne.

Elle est tout de suite conquise par le domaine, sa tante, le village, la région et ses habitants. Pendant son séjour, elle découvre un livre, écrit par son oncle, présentant un jeu de tarot et une séance particulière ayant eu lieu dans un sépulcre wisigoth situé sur le domaine. Alors qu'elle tente de trouver le sépulcre et comprendre les cartes, le passé de sa tante et son frère les rejoint dans leur refuge dans les Pyrénées.

Près d'un siècle plus tard, Meredith est en France pour terminer son travail de recherche sur un compositeur. Mais elle a également entrepris ce voyage pour retrouver ses racines familiales. Ses recherches l'amènent à Rennes-les-Bains. Dans ce village, elle retrouvera non seulement des liens avec sa famille mais se trouvera mêler dans une histoire de tarots, diables et meurtres.

Commentaires personnels et expérience de lecture:

Mon expérience de lecture du roman de Mosse, Labyrinth, ne fut pas particulièrement heureuse. Et ma critique fut assez sévère. À un tel point, que je me sentis coupable. Mais je n'ai pas pour politique de juger un auteur sur un seul roman. Alors, j'ai décidé de lire Sepulchre, le dernier roman de Kate Mosse.

Commençons par dire que la lecture fut nettement plus agréable. Mais pas sans problème. Le roman avait encore en théorie tout pour me plaire. Encore une fois, les lieux me sont familiers et je connais très bien la région. On traite de sujets qui me semblent intéressants, musique, tarots, symboles religieux... J'ai beaucoup lu sur Rennes-le-Château, sur l'abbé Saunière, sur le tarot (que je peux d'ailleurs lire). J'aime beaucoup la musique et encore plus l'association de la musique à la science et à la religion... Donc...

Le roman est construit sensiblement de la même façon que son précédent. Deux femmes. Deux histoires qui finissent par évidemment se rejoindre. On retrouve même quelques liens avec le roman précédent. Et cette fois, les deux histoires m'ont très intéressée... et c'est là le problème. Le roman est très long. Et les deux histoires sont, selon moi, mal présentées. Ce n'est pas le seul auteur à avoir utiliser ce procédé de deux histoires se déroulant en alternance à des époques différentes. Mais, je trouve que l'auteur ne manie pas bien ce procédé. Malheureusement, je ne peux passer ma journée à lire. Et donc, la lecture de 739 pages se fait sur plusieurs jours. On passe plusieurs chapitres sur un personnage, puis on saute à l'autre... mais les parties sont beaucoup trop longues et on perd le fil... De plus, la partie "moderne" est peu exploitée et on en vient à se demander sa pertinence.

Autre déception... le côté musique/ésotérisme. On nous présente beaucoup de possibilités, mais on ne finit rien. On en vient à se demander pourquoi, on a introduit ces cartes de tarots, cet séance occulte, ce "démon", etc. On en parle d'abord, on croit que c'est important et puis on en parle plus... On y revient un peu à la fin... un peu comme si on voulait faire croire qu'on n'avait pas oublié le sujet. Et la musique ? Même chose... un prétexte effleuré et vite oublié.

J'aurais préféré qu'on oublie tous ces aspects... et qu'on se concentre sur Léonie et peut-être qu'on mentionne Meredith qui découvre ses racines. Pas besoin de tout le reste. L'histoire était suffisamment intéressante. Et même passionnante. Et si on amène les autres sujets... la musique, le tarot, la magie, etc. Parfait,mais qu'alors qu'on en parle vraiment...

Oh... et si on veut introduire des mots français dans son texte anglais... alors qu'on le fasse correctement... rien ne m'énerve plus que les phrases mal formulées et surtout les expressions massacrées. "Ce n'est pas la fini" p. 449. "Oui, elle souffle! Mais vite alors" p. 701. Les clichés sont innombrables et les "facilités" aussi... le roman a plus de 700 pages, mais Meredith trouve le jeu de tarot en 5 lignes ! Enfin...

Mais j'ai tout de même nettement mieux apprécié ce roman au précédent. Et ma lecture fut plus rapide et plus passionnée. J'ai même eut de la difficulté à poser le roman pour la nuit. Mais honnêtement... trop long, trop de sujets, trop de chemins jamais aboutis...

L'avis de Clarabel, Alwenn et Cuné.

Citations:

"The stories begins in a city of bones. In the alleyways of the dead. In the silent boulevards, promenades and impasses of the Cimetière de Montmartre in Paris, a place inhabited by tombs ans stone angels and the loitering ghosts of those forgotten before they are even cold in their graves" p. 3

She'd read somewhere that certain people saw music in their heads as colour." p. 96

Sources:

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11 octobre 2008

Le Flambeau

FlambeauCritique de lecture

Le Flambeau / Agatha Christie
; avant-propos de François Guérif. – [Paris]: Librairie des Champs-Élysées, c1981. -- 185 p. ; 17 cm. -- Coll: Club des Masques; 584. -- ISBN 2-7024-1809-0

Quatrième de couverture


Un meurtre futur reflété dans un miroir ; un héritier génant changé en matou docile ; une religieuse qui tue à distance et à volonté…


Ces histoires-là auraient pu être des énigmes policières ; elles en ont la construction, le suspense… Pourtant, les limiers de Scotland Yard y chercheraient en vain les indices chers à leur cœur. Ici, point de traces de pas, d’emplois du temps truqués ou de mégots tachés de rouge. Les Esprits sont bien au-dessus de ces contingences qui nous turlupinent, nous, simples mortels…

L’œuvre et Commentaires personnels:

Le Flambeau est un recueil de nouvelles fantastiques publié en 1981. Les nouvelles qui se retrouvent dans ce recueil furent d’abord publiées en 1933 dans le recueil « The Hound of Death and Other Stories ». Dans l’ouvrage paru en 1933 nous retrouvons en fait douze nouvelles. Ce recueil ne fut jamais traduit comme tel en français.

L’ouvrage Le Flambeau comprend sept des douze nouvelles qui composent le recueil de 1933. Il comprend également deux nouvelles supplémentaires qui parurent dans d’autres ouvrages.


Nous retrouvons dans le recueil Le Flambeau, les nouvelles suivantes :

  • Le Flambeau (The Lamp)
  • Le Chien de la mort (The Hound of Death)
  • Le Cas étrange de sir Arthur Carmichael (The Strange Case of Sir Arthur Carmichael)
  • Dans un battement d'ailes (The Call of Wings)
  • La Gitane (The Gipsy)
  • La Vivante et la morte (The Fourth Man)
  • Fleur de magnolia (Magnolia Blossom)
  • La Dernière Séance (The Last Seance)
  • Le Miroir (In a Glass Darkly)

 

Agatha Christie est surtout connue pour ses romans policiers et pour ses personnages Hercule Poirot et Miss Marple. Peu de gens savent qu’elle a écrit quelques nouvelles fantastiques. La plupart de ses nouvelles fantastiques furent publiées dans un recueil en 1933 mais elle continua à en écrire toute sa vie. Ce qui démontre un intérêt marqué de l’auteur pour ce genre de littérature.

 

Ces incursions dans le monde occulte et fantastique demeure toutefois souvent ignorées du grand public. Ces écrits fantastiques sont courts, uniquement des nouvelles. Mais alors qu’ils ne paraissent qu’en 1981 pour les lecteurs français et qu’ils sont un peu une surprise pour ceux-ci, les lecteurs anglophones avaient appris à trouver parfois une nouvelle différente dans l’univers très logique de la romancière.

 

On dit parfois que ces nouvelles fantastiques ne sont que le prolongement de ses écrits policiers. Une sorte de rappel que la mort ne peut pas toujours être expliquée. Et que si la plupart du temps, un détective peut résoudre une mort ou un événement en apparence inexpliquée, il arrive que parfois l’explication soit hors des explications rationnelles. On retrouve dans ces nouvelles, des fantômes, des prémonitions, des cas de possessions, des médiums, de la sorcellerie.

 

L’auteur avoue elle-même qu’elle a commencé par écrire des histoires sombres, fantastiques. Mais que ce n’est que lorsqu’elle a écrit des romans policiers qu’elle a connu le succès. Elle continuera cependant à toujours écrire quelques lignes fantastiques.

 

Les nouvelles de ce recueil semblent toutes garder une part d’obscurité, d’ombre. On ne peut trouver d’explication rationnelle, seuls l’inquiétude, le doute, le mystérieux, l’ombre, l’occulte semble pouvoir offrir une réponse.

 

Ces nouvelles sont inquiétantes. Elles sont construites comme des œuvres policières, comme toutes les oeuvres de Christie. Et donc on pourrait croire à une réponse logique. Et le dénouement très irrationnel est présenté comme tous les dénouements de ces romans. L’anormal est normal dans ces nouvelles. Mais la peur et l’inquiétude demeurent importantes.

 

Sauf pour une des nouvelles, Fleur de Magnolia, qui ne semble avoir rien de « surnaturel ». Et qui selon moi, n’a pas sa place dans ce recueil.

 

Les nouvelles sont toutes très brèves. D’ailleurs c’est parfois irritant. En quelques pages, nous avons un dénouement. Et on aurait voulu avoir plus de détails, et même plus de flous… mais enfin, plus de lignes. Et on regrette que l’auteur n’ait pas développé quelques unes de ces nouvelles en romans – comme l’a d’ailleurs fait pour d’autres nouvelles policières qui furent reprises en romans.

 

Aujourd’hui, on peut lire ces nouvelles fantastiques avec un regard trop moderne, et elles peuvent nous sembler naïves… voire trop simples. Il est évident, que l’a terreur n’est pas au rendez-vous. Cependant, le traitement très neutre de ces histoires m’a paru être ce qui donnait à ces nouvelles leurs émotions… Ces histoires sont racontées avec impartialité, comme si elles étaient des faits divers dans un quotidien. Ce côté logique et réel semble donner aux histoires un aspect normal… comme si cela pouvait arriver. Une normalité dans le fantastique et donc me semble relever toute l’horreur des histoires. Dans nos vies ordinaires, normales, à tout moment peut survenir un événement inexplicable, anormale, fantastique et on n’y pourra absolument rien… C’est là toute l’horreur de ses nouvelles ! 

 

Citation:

« C’était une vieille maison. Toutes les maisons de la place étaient vieilles, pétries de cette digne et très méprisante ancienneté que l’on rencontre communément dans les villes épiscopales. Mais le nº 19 faisait figure d’ancêtre parmi les ancêtres. Elle possédait une solennité toute patriarcale. Elle s’élevait, plus grise encore que les plus grises, plus glaciale que ls plus glaciale. Austère, sinistre, empreinte de la désolation qui s’attache aux demeures inoccupées depuis longtemps, elle régnait sur ses voisins. »
p. 9


Sources :

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04 février 2008

Le Fou et le professeur

Simon2Critique de lecture

Le Fou et le professeur: une histoire de meurtre, de démence, de mots et de dictionnaire / Simon Winchester ; traduit de l'anglais par Gérard Meudal. -- [Paris]: JC Lattès, c2000. -- 316 p. ; 18 cm. --ISBN 2-253-15082-7

Quatrième de couverture :

À l'automne 1896, le Dr James Murray, prestigieux auteur de l'Oxford English Dictionary, décide de rendre visite à un certain Dr Minor, qui depuis des années lui adresse bénévolement des notices érudites d'une remarquable précision. Une surprise de taille l'attend : le Dr Minor vit à Crowthorne (Berkshire), dans un asile d'aliénés, où il a été interné à la suite d'un meurtre. Entre cet ex-chirurgien militaire américain, en proie à des pulsions sexuelles morbides, et le brillant universitaire autodidacte, va naître une étrange amitié.

Le Fou et le professeur : une histoire vraie où les obsessions d'un meurtrier dément côtoient l'élaboration du monumental dictionnaire anglais ; un récit haletant où les mots « folie », « passion » et « mort » sont explorés dans leurs plus ténébreux arrière-plans...

La société américaine de Luc Besson a acheté les droits cinématographiques du livre de Simon Winchester.

L'auteur:

Simon Winchester est un journaliste et auteur, né en Angleterre en 1944.

Il étudia la géologie au St Catherine’s College à Oxford. Il travailla tout d’abord comme géologue et ingénieur pendant quelques temps en Afrique sur des plates-formes pétrolières. Il devient ensuite journaliste et publia divers articles et essais pour plusieurs magazines et journaux tels The Guardian, Smithsonian Magazine, The Sunday Times et National Geographic. SesSimon articles traitent de sujets très diversifiés, allant de l’architecture, l’océan Pacifique, de critiques de romans, relations de voyages, … Il est également connu pour avoir été arrêté et détenu par les forces argentines pour espionnage, dans les Iles Malouines dans les années 1980.

Il a écrit de nombreux ouvrages dont les plus connus sont The Map That Changed the World (2001), A Crack in the Edge of the World:America and the Great California Earthquake of 1906 (2005) et The Surgeon of Crowthorne (1998). 

Il vécut dans de nombreuses villes, Hong Kong, London, New Delhi, New York, Belfast, entre autres. Il vit présentement, à la fois, sur une petite ferme du Massachusetts aux Etats-Unis et en Écosse sur les Western Isles. Il est membre de l’Ordre de l’Empire Britannique (OBE).

Le site de l’auteur: http://www.simonwinchester.com/

Bibliographie partielle :

  • In Holy Terror: Reporting the Ulster Troubles (1974)
  • American Heartbeat: Some Notes from a Midwestern Journey (1976)
  • Their Noble Lordships: The Hereditary Peerage Today (1981)
  • Prison DiaryArgentina (1983)
  • Stones of Empire: The Buildings of the Raj/Jan (1983)
  • Outposts: Journeys to the Surviving Relics of the British Empire (1985)
  • Korea: A Walk through the Land of Miracles (1988)
  • The Pacific Hutchinson (1991)
  • Pacific Nightmare (1992)
  • Small World (avec Martin Parr) (1995)
  • The River at the Centre of the World (1997)
  • The Surgeon of Crowthorne: A Tale of Murder, Madness and the Making of the Oxford English Dictionary (Publié aux EU sous le titre: The Professor and the Madman) (1998)
  • The Fracture Zone: A Return to the Balkans (1999)
  • America's Idea of a Good Time (avec Kate Schermerhorn) (2001)
  • The Map That Changed the World (2001)
  • Krakatoa - The Day the World Exploded: 27 August 1883 (2003)
  • The Meaning of Everything: The Story of the Oxford English Dictionary (2003)
  • A Crack in the Edge of the World: America and the Great California Earthquake of 1906 (2005)

Résumé et commentaires:

Dans son livre, Le Fou et le professeur, Simon Winchester nous raconte comment est né au XIXe siècle, le Grand Dictionnaire d’Oxford. Ce Dictionnaire est le premier ouvrage à répertorier et définir tous les mots de la langue anglaise et il est le résultat de près de 70 ans de travail. Avec ses 424 825 définitions, le Dictionnaire qui naquit en 1857, est considéré comme la référence par excellence de la langue anglaise.

Le livre nous raconte comment l’idée de ce grand dictionnaire a fait son chemin dans l’histoire de la lexicographie. Un dictionnaire comme le Oxford English Dictionnary était une nouveauté et sa naissance fut difficile. Les débuts laborieux du Dictionnaire nous sont expliqués ainsi que la méthode utilisée pour construire cette œuvre gigantesque. L’auteur nous présente également deux figures centrales et essentielles du Dictionnaire : celui qui deviendra le directeur du Dictionnaire, le professeur James Murray ainsi qu’un des principaux collaborateurs volontaires, le docteur, W.C. Minor.

On nous raconte la rencontre et l’étroite collaboration entre les deux hommes. La vie des deux hommes nous est d’abord racontée : leur enfance, leur cheminement et ce qui les a conduit au Dictionnaire. On s’attardera beaucoup sur la vie de W.C. Minor, ce collaborateur précieux mais étrange qui contribuera fortement à l’élaboration du Dictionnaire. Le docteur W.C. Minor est un américain, chirurgien retraité de l’armée qui vécut les horreurs de la Guerre de Sécession et qui s’exila à Londres où il sera arrêté et condamné pour meurtre. Il est ensuite enfermé dans un asile pour criminel pour le restant de ces jours d’où il offrira sa collaboration à la réalisation du Dictionnaire. L’équipe du Dictionnaire avait en effet demandé l’aide de volontaires pour répertorier et noter des citations pour tous les mots du Dictionnaire. Cet appel à tous avait été répondu par nombres de personnes, dont le docteur Minor. Le Professeur Murray et son équipe ignorèrent longtemps que leur plus précieux collaborateur, l’érudit et méthodique, docteur Minor, était certes un génie mais également était également un meurtrier dément. On nous raconte d’ailleurs en détail la psychose paranoïaque de Minor, ses causes probables et son évolution. L’auteur nous offre également quelques explications sur le type de folie qui aurait affecté Minor.

Cette oeuvre n’est pas un roman. Winchester nous offre ici une sorte de compte-rendu historique, le récit des événements et personnes qui ont entourées la réalisation d’une œuvre unique. Cependant, il faut noter que l’auteur s’est tout de même permis quelques effets et extrapolations. Certains événements sont nécessairement inventés ou déduits.  

L’histoire est par moment captivante mais parfois décousue. On passe souvent du coq à l’âne et on peut noter certaines répétitions. Certains passages m’ont apparus très longs et j’avais hâte qu’on en revienne à Minor et Murray. J’aurais aimé également qu’on traite un peu plus de Murray lui-même. Mais dans l’ensemble, le récit est bien mené et nous avons un compte-rendu historique, une intrigue psychologique, l’histoire d’un meurtre et le récit de l’étrange amitié de deux hommes liés par une même passion (obsession) et enfermés chacun dans leur prison (l’un dans un asile, l’autre dans le scriptorium qui est son lieu de travail)… mais surtout nous avons l’histoire de mots et de définitions. Chaque chapitre commence d’ailleurs par des définitions extraites du Dictionnaire et qui viennent illustrées la suite du récit.

Finalement, Winchester nous offre ses réflexions personnelles et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce récit bien véridique de la naissance et la réalisation d’un ouvrage magnifique et grandiose. Et qui est marqué à jamais par la collaboration d’un génie complètement fou.

Le réalisateur Luc Besson a apparemment acheté les droits du livre pour une adaptation cinématographique. Et on parle de Mel Gibson et Robin Williams dans les deux rôles principaux. J’avoue que cela m’intrigue et je vois très bien Robin Williams dans le rôle de ce professeur qui malgré ses hallucinations et sa démence est un homme cultivé et érudit.

Sources :

Citations :

« Peu de livres [Dictionnay of the English Language / Samuel Johnson] sont aussi agréables à regarder, à toucher, à feuilleter, à lire. On peut encore en trouver des exemplaires. Ils sont terriblement lourds, davantage prévus pour le lutrin que pour la main. Ils sont reliés de beau cuir brun, le papier est épais, d’un blanc crémeux, les caractères sont fortement imprimés sur la feuille. » p. 121.

« Définir correctement un mot exige un talent très particulier. Il existe des règles. Un mot (prenons par exemple un nom) doit d’abord être défini en fonction de la catégorie à laquelle il appartient (mammifère, quadrupède par exemple) puis différencié des autres membres de sa catégorie (bovin, femelle). La définition ne doit comporter aucun mot compliqué ou susceptible d’être moins connu que le mot qu’elle cherche à expliquer. Elle doit préciser ce qu’est une chose et ce qu’elle n’est pas. […] Tous les mots employés dans la définition doivent se trouver par ailleurs dans le dictionnaire. Le lecteur ne doit jamais tomber sur un terme dont il ne pourrait trouver la signification dans le dictionnaire. Si l’auteur de la définition suit rigoureusement toutes ces règles, s’il introduit dans cette confusion un souci constant d’élégance et de concision, s’il s’applique à la tâche, alors il doit en résulter une définition correcte. » p. 201

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