05 avril 2017

Le huitième livre de Vésale de Jordi Llobregat

8Le huitième livre de Vésale / Jordi Llobregat ; traduit de l'espagnol par Vanessa Capieu. — Paris: Cherche Midi, c2015. – 619 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-7491-4508-2. – (Coll. Thrillers). – Titre original : EL secreto de Vasalio.

Quatrième de couverture

Barcelone, 1888. Quelques jours avant l’ouverture de l’Exposition Universelle, Daniel Amat, un jeune professeur d’Oxford, est de retour dans sa ville natale pour assister aux funérailles de son père. Il y apprend que ce dernier, médecin dans les quartiers pauvres de la ville, enquêtait sur les meurtres mystérieux de jeunes ouvrières. Leurs blessures rappelant étrangement un ancien fléau ayant sévi il y a bien longtemps, la ville est la proie de toutes les superstitions.
À l’aide d’un journaliste et d’un étudiant en médecine, Daniel reprend les investigations et découvre bientôt que les crimes sont liés à un mystérieux manuscrit, œuvre d’un anatomiste du XVIe siècle, Vésale. C’est dans les galeries de tunnels souterrains qui courent sous la ville que Daniel mettra à jour l’incroyable secret qui hante Barcelone.
 
Avec cette œuvre monumentale saluée par une critique unanime, véritable labyrinthe de mystères et d’énigmes, Jordi Llobregat signe un thriller historique qui fera date. Au-delà de personnages aux ambiguïtés multiples, et d’une construction diabolique, il nous fait véritablement ressentir l’âme d’une ville, Barcelone avant l’apparition de l’électricité, plus fascinante, sombre et baroque que jamais. Magistral !

L’auteur

Jordi Llobregat est né à Valence, en Espagne en 1971. Il commence à écrire alors qu'il a à peine 12 ans. Il a fait des études8a en commerce à l'Université de Valence et a complété sa formation à l' ESIC - Business & Marketing School, également à Valence. Il fait partie du groupe littéraire El cuaderno rojo.

En 2015, il publie son premier roman, El secreto de Vesalio. Aujourd'hui, il combine sa vie littéraire avec son travail comme dirigeant d'une entreprise qui oeuvre dans le développement communautaire dans les villes. Il est aussi le co-fondateur et directeur du festival de littérature noire de la ville de Valence, Valencia Negra.

Bibliographie

  • El secreto de Vesalio (2015)

Mes commentaires

Est-ce qu'il y a juste moi qui trouve cette couverture magnifique ? Même la cicatrice me semble envoûtante. Et oui, je n'ai emprunté ce roman qu'à cause de sa couverture. Puis, le fait que cela se passait à Barcelone m'a entièrement convaincue. Je suis devenue tellement superficielle comme lectrice !!!

Quel roman ! Plus de 600 pages qui m'ont captivée. Avec une fin un peu tirée par les cheveux mais qui ne gâchent pas tout le reste. L'auteur nous offre un voyage incroyable dans le temps. On a vraiment l'impression de marcher dans les rues de Barcelone à la fin du XIXe siècle. La ville semble vivante et terriblement sombre. Autant hier qu'aujourd'hui, Barcelone a un côté obscur. L'intrigue policière est intéressante mais se retrouve souvent en second plan... Les personnages - même secondaires -, l'époque et la ville sont définitivement au premier plan.

À quelques jours de l'Exposition universelle de 1888, les corps mutilés de jeunes filles sont retrouvés dans les égoûts de Barcelone. Les autorités semblent indifférentes, les barcelonais ont peur et des rumeurs courent que le coupable est le Gos Negre, un chien noir démoniaque, gardien des portes de l'Enfer.

Daniel Amat, jeune professeur à Oxford à l'avenir qui s'annonce brillant doit revenir d'urgence à Barcelone, à l'annonce de la mort de son père, brillant médecin, avec qui il n'avait plus aucun contact. Il découvre à son arrivée que son père soignait maintenant les habitants des quartiers pauvres et enquêtait secrètement sur les meurtres des jeunes filles. Il espère repartir rapidement pour l'Angleterre, mais plusieurs événements et rencontres l'obligent à rester. Il rencontre notamment un journaliste et un jeune étudiant en médecine, assistant de son père. Ensemble, ils vont enquêter sur le meurtre de son père et sur les meurtres horribles qui marquent toujours la ville.

Ça, c'est le côté roman policier. Qui est vraiment intéressant, mais qui est rapidement devenu secondaire à mes yeux. Car en parallèle, le roman nous dresse un portrait historique fascinant de Barcelone et de l'époque : l'Exposition universelle, la naissance de l'électricité, les différents quartiers, la vie universitaire, le monde du journalisme, etc. Et de tous les sujets et intrigues du roman, c'est définitivement le portrait de la médecine en 1888 qui m'a complètement hypnotisée. C'était vraiment intéressant. Retourner dans la réalité de cette époque, être confronté aux connaissances et aux croyances de ce temps.

Ça, c'est le côté roman historique. Qui fut vraiment ce qui m'a le plus ravi dans le livre, mais qui ne doit pas faire oublier l'importance des personnages. Et ça, c'est le côté roman psychologique du livre. Les personnages sont incroyablement bien écrits. L'auteur nous propose des personnages vivants, forts et colorés. Leur passé, leurs émotions, leurs interactions... nous les découvrons petit à petit et c'est passionnant.

Oh, j'oubliais presque le fameux huitième livre de Vésale, un célèbre anatomiste du XVIe siècle. Et bien, vous savez, j'adore les manuscrits. Et les manuscrits cachés et mystérieux encore plus. Vésale a bien écrit sur l'anatomie un ouvrage en sept livres De humani corporis fabrica libri septem (appelé La Fabrica). Ce huitième livre est bien entendu fictif et ma foi très bien caché dans le roman de Llobregat. Il apporte aussi le côté roman légèrement fantastique.

Malgré ses 600 pages, le livre se lit rapidement et le rythme est très rapide. Petit à petit le suspense s'installe. Et on ne peut s'empêcher de poursuivre sa lecture. Le roman est très bien construit. On se questionne, le suspense augmente et les revirements sont inattendus (jusqu'à la fin, car, comme je l'ai dit, la fin m'a un peu déçue). Cela faisait longtemps que mes nuits n'ont pas été aussi courtes... cela m'apprendra à lire avant de me coucher !

Les mots de l’auteur

« Elle ne ratait rien non plus du marché trépidant de la Boquería, avec ses boutiques bondées et ses cafés bruyants, pleins de lumière. Elle s’imprégnait des odeurs, des couleurs et du mouvement incessant des gens. […] Barcelone était, à ses yeux, un monde fascinant à découvrir.

Cette fois, pourtant, elle n’avait guère envie de flâner. La nuit était tombée et la pluie menaçait. Les commerces et les kiosques avaient baissé le rideau et seuls quelques rares cafés étaient encore éclairés. Elle serra son châle sur ses épaules. Il faisait vraiment un froid glacial.» p. 126

Pour en savoir un peu plus…


25 février 2014

Colère et résignation

La semaine dernière j'avais un rendez-vous chez un dermatologue. La semaine dernière je n'ai pas vu ladite dermatologue. Cette semaine, je vous propose mes réflexions plus que personnelles et une tranche un peu trop personnelle de ma vie. Mais je suis trop découragée et en même temps en colère. Et je crois que PisTout est un peu tanné de m'entendre chialer alors je vais profiter de cette plateforme pour me confier et me défouler. Vous avez la permission de ne pas lire le reste, je comprends parfaitement ! ;-)

Il y a plusieurs mois, j'ai découvert une tache brunâtre sur mon bras (près de l'aisselle). C'était de la grandeur d'un 0,25$. Pas de démangeaison, pas de croûte, tout lisse et pas très grande. J'étais très, très, très - ai-je assez insisté sur le "très"? - stressée alors je me suis dit que c'était relié. Cela m'était déjà arrivé de faire des "plaques" lors de grands stress. J'ai donc un peu oublié sa présence. Je regardais de temps en temps, mais rien ne changeait.

DSC_0297J'avais d'autres chats à fouetter. Et puis, soudainement... cela a doublé de grandeur. Je m'en suis aperçue par hasard car ce n'était pas évident. Je me suis dis qu'il fallait faire quelque chose. J'ai été à la pharmacie, fais une petite consultation et reparti avec quelques conseils et crèmes. Et avec la résolution d'aller chez le dermatologue.

J'imagine que malgré le fait que je suis au courant de la situation ici et que j'avais eu beaucoup de difficulté à avoir un nouveau gynécologue, j'étais encore sous l'illusion que ce ne serait pas si difficile que ça de trouver un dermatologue. Je veux dire, je ne cherche pas un médecin de famille, je veux voir un "spécialiste". J'ai mis les crèmes et j'ai commencé à chercher un dermatologue. Et là, j'ai frappé mon premier mur. Mais pas trop fort, car je n'étais pas très énervée encore et je ne faisais que commencer à chercher. Je me suis vite aperçue que les dermatologues oeuvrant dans l'aspect médical de la chose, et bien, ce n'est pas courant ! Des dermatologues qui font de la dermatologie plastique ou esthétique, ça il y en a des tonnes. Si j'ai besoin de botox, pas de problèmes, mais faire analyser ma tache... ouf pas facile. Faire une recherche sur internet avec dermatologue ou dermatologie... il y a peu de clinique publique non esthétique. Les quelques numéros que j'ai trouvés, j'ai appelé. Je me suis fais dire aussitôt qu'il me fallait un billet de mon médecin de famille. N'ayant pas ledit médecin... ça partait mal. Cela impliquait donc que je devais aller à la clinique sans rendez-vous pour avoir ce billet.

En passant, j'ai su de source sûre - c'est à dire un médecin - que cette histoire d'avoir un billet de médecin généraliste pour voir un spécialiste c'est dans 90% des cas de la foutaise. De la magouille. Parce que si on pouvait aller voir un spécialiste (qui gagne une tonne d'argent) sans passer par un généraliste (qui en gagne un peu moins), cela voudrait dire qu'on n'irait pas voir ce généraliste. Donc une visite payante de moins (avec la carte d'assurance-maladie, on s'entend) pour le généraliste. Il y a donc comme une entente... Sans commentaire.

Alors, comme je ne voyais pas d'urgence... j'ai reporté (ma faute, ma très grande faute), le fameux rendez-vous à la clinique, si déprimante, sans rendez-vous. Je n'avais juste pas le temps ni l'envie de perdre des heures et des heures (sans exagération aucune) à la clinique sans rendez-vous. Donc j'ai un peu laissé les mois passés.

Et puis dans le Temps des Fêtes, j'ai remarqué que la tache n'était plus ronde mais commençait à être plus un ovale pas très régulier. Et ça, je sais que ce n'est pas bon. Alors, je me dis "en janvier, je vais à la clinique et je prends rendez-vous chez un dermatologue". Vous noterez ici, ma très grande stupidité... oui, car y avoir pensé avant, et comme on dit "avoir su ce que je sais maintenant"... j'aurais pris un rendez-vous chez un dermatologue avant d'avoir mon billet de médecin - en mentant tout simplement. Mais bon... je continue...

Mais janvier arrive, les jours passent trop vite et je ne vais pas à la clinique sans rendez-vous. Demain, je me dis. Procrastination, oui mes amis. Et puis, un matin... je me lève et je m'habille. Et là... oh my, wtf... la tache est comme le triple de ce qu'elle était et un des côtés est comme rougeâtre... et un peu bosselé (rien qui pique, pas de croûte, rien de "suintant", juste plus gros et un peu rouge). J'ai senti mon coeur battre un peu plus vite. Bon j'appelle aujourd'hui. J'arrive dans la salle de bain... et là panique totale... j'ai des taches sur la joue droite ! Panique complète. Crise d'hystérie et visite à une clinique sans rendez-vous immédiatement. Une clinique un peu plus loin mais moins déprimante que celle près de chez moi. Pendant l'attente - pas longue, juste 2 heures - j'ai eu le temps de réaliser que les taches sur mon visages étaient sûrement dues aux crèmes échantillons que j'avais reçues dans un grand magasin deux jours plus tôt. J'ai la peau sensible et il y avait sûrement trop de parfum dans les crèmes. Mais la tache sur mon bras avait encore changée et donc je voulais le fameux billet.

Le médecin est d'accord avec moi pour mon visage, n'est pas du tout inquiet pour mon bras, me prescrit une crème et me donne le fameux billet. Je repars moins inquiète et forte de mon billet. Et là, je recommence ma recherche de dermatologue non esthétique. Calvaire. C'est pas facile. Et le médecin qui m'avait été recommandé à la clinique ne prend plus de nouveaux patients. Comme les 10 autres que j'ai appelés. Je commence à être un peu découragé, lorsque oh miracle ! une dermatologue près de chez moi, me donne un rendez-vous 3 semaines plus tard. Je suis si surprise que j'ai dû redemander au moins 3 fois, si c'était une clinique privée.

Et donc, la semaine dernière, je vais au fameux rendez-vous. Mais je n'ai jamais pu voir la dermatologue qui avait overbooké ses rendez-vous - c'est selon les critiques, très commun pour elle. Parfois, elle ne vient même pas à ses rendez-vous. Qu'un médecin puisse agir ainsi avec ses patients me dépasse. Je retourne chez moi. Le lendemain, j'ai commencé ma recherche pour un autre dermatolgue. Je vous avoue que j'ai pleuré. Ce fut un long, très long calvaire. J'ai commencé par chercher des dermatologues "médicaux", mais je ne trouvais que des cliniques privées. Mais... les cliniques privées ne font en général que de la dermatologie esthétique. Parce que bien sûr c'est plus payant d'enlever les rides que d'aider les gens avec des problèmes médicaux, le psoriasis, l'acnée et les cancers de peau... ça ne rapporte pas. J'ai fini par trouver quelques cliniques privées, j'ai noté les prix - très élevés - les délais - tout de même très longs - et je les garde dans ma manche.

Et puis, je continue ma recherche. Après ma mauvaise expérience, les médecins que je trouvais, j'allais voir les commentaires sur les sites d'évaluation des médecins. Et là, les larmes sont revenues. Je ne comprends pas. Pourquoi les commentaires sont-ils toujours "médecin très froid", "pas intéressé", "ne m'a jamais regardé", "n'écoute pas quand on lui parle", "m'a prescrit un traitement au laser coûteux", "m'a à peine regardé, m'a dit que je n'avais rien et j'avais un cancer", "cela a pris 1 an pour avoir un rendez-vous, j'ai attendu 3 heures, et la consultation a pris 5 minutes"... Je ne comprends pas. Pourquoi devenir médecin quand on se fout des gens et de leurs problèmes ?

Les seuls médecins avec des bons commentaires, je n'ai soit, jamais réussi à les rejoindre, soit, ils ne prennent plus de patients. J'en suis venu à appeler ceux avec les moins pires commentaires... délais d'attente entre 8 et 12 mois et ce, quand il y avait une réponse ou qu'ils prenaient de nouveaux patients. Après 4 heures de recherches et d'appels, j'ai fini par avoir un rendez-vous pour la fin du mois d'avril. D'ici là, je vais continuer à chercher. Et si jamais ma tache change trop, j'irai tout simplement au privé.

Je pourrais continuer encore et encore à écrire mais je sais qu'il y a des situations bien pire que la mienne. Alors, je vais respirer par le nez et essayer de refouler cette aversion pour les médecins... et surtout pour ces spécialistes qui trouvent plus important d'effacer des rides que de diagnostiquer et prévenir des cancers, d'enlever des tattoos que de guérir des psoriasis et autres maladies de la peau...

Merci pour m'avoir laissée ventiler un peu et désolée pour ce long texte !

Posté par Laila_Seshat à 02:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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