17 juin 2017

Te laisser partir...

391_1999"Il y a des moments où elle est là tout entière, réceptive aux allées et venues dans la chambre, aux présences autour de son lit. Il y a des moments où l'étau de la morphine se desserre et où elle voudrait se redresser, participer, être ce qu'elle a toujours été, vivante, présente, pleine de mots et d'attentions. Tu lui parles, ses doigts bougent. Tu lui caresses le front, tu lui dis qu'elle est belle. Elle fronce légèrement les sourcils et ce mouvement te fait sourire : elle pense encore que tu as de drôles d'idées.

Il y a des moments où elle s'en va, où tu la regardes s'éloigner, où tu ne sais plus comment l'atteindre. Tu as peur qu'elle n'ai plus la force de rester et tu t'accroches à sa respiration, tu scrutes son visage." p. 99

"Il y aura d'autres matins où tu lui diras que tu l'aimes et que ce sera toujours comme ça. Mais ce jour là, en prenant ton élan du plus loin de l'enfance, que tu peux la laisser s'en aller." p. 102

[Vingt-quatre mille baisers - Françoise de Luca]

Merci Madame de Luca pour ces mots qui me rappelle ma mère. Mais même si je me disais prête, on ne l'est jamais vraiment... Je ne l'étais pas. Nous ne l'étions pas. 15 ans sans toi... une éternité. Je t'aime maman.

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25 février 2014

Colère et résignation

La semaine dernière j'avais un rendez-vous chez un dermatologue. La semaine dernière je n'ai pas vu ladite dermatologue. Cette semaine, je vous propose mes réflexions plus que personnelles et une tranche un peu trop personnelle de ma vie. Mais je suis trop découragée et en même temps en colère. Et je crois que PisTout est un peu tanné de m'entendre chialer alors je vais profiter de cette plateforme pour me confier et me défouler. Vous avez la permission de ne pas lire le reste, je comprends parfaitement ! ;-)

Il y a plusieurs mois, j'ai découvert une tache brunâtre sur mon bras (près de l'aisselle). C'était de la grandeur d'un 0,25$. Pas de démangeaison, pas de croûte, tout lisse et pas très grande. J'étais très, très, très - ai-je assez insisté sur le "très"? - stressée alors je me suis dit que c'était relié. Cela m'était déjà arrivé de faire des "plaques" lors de grands stress. J'ai donc un peu oublié sa présence. Je regardais de temps en temps, mais rien ne changeait.

DSC_0297J'avais d'autres chats à fouetter. Et puis, soudainement... cela a doublé de grandeur. Je m'en suis aperçue par hasard car ce n'était pas évident. Je me suis dis qu'il fallait faire quelque chose. J'ai été à la pharmacie, fais une petite consultation et reparti avec quelques conseils et crèmes. Et avec la résolution d'aller chez le dermatologue.

J'imagine que malgré le fait que je suis au courant de la situation ici et que j'avais eu beaucoup de difficulté à avoir un nouveau gynécologue, j'étais encore sous l'illusion que ce ne serait pas si difficile que ça de trouver un dermatologue. Je veux dire, je ne cherche pas un médecin de famille, je veux voir un "spécialiste". J'ai mis les crèmes et j'ai commencé à chercher un dermatologue. Et là, j'ai frappé mon premier mur. Mais pas trop fort, car je n'étais pas très énervée encore et je ne faisais que commencer à chercher. Je me suis vite aperçue que les dermatologues oeuvrant dans l'aspect médical de la chose, et bien, ce n'est pas courant ! Des dermatologues qui font de la dermatologie plastique ou esthétique, ça il y en a des tonnes. Si j'ai besoin de botox, pas de problèmes, mais faire analyser ma tache... ouf pas facile. Faire une recherche sur internet avec dermatologue ou dermatologie... il y a peu de clinique publique non esthétique. Les quelques numéros que j'ai trouvés, j'ai appelé. Je me suis fais dire aussitôt qu'il me fallait un billet de mon médecin de famille. N'ayant pas ledit médecin... ça partait mal. Cela impliquait donc que je devais aller à la clinique sans rendez-vous pour avoir ce billet.

En passant, j'ai su de source sûre - c'est à dire un médecin - que cette histoire d'avoir un billet de médecin généraliste pour voir un spécialiste c'est dans 90% des cas de la foutaise. De la magouille. Parce que si on pouvait aller voir un spécialiste (qui gagne une tonne d'argent) sans passer par un généraliste (qui en gagne un peu moins), cela voudrait dire qu'on n'irait pas voir ce généraliste. Donc une visite payante de moins (avec la carte d'assurance-maladie, on s'entend) pour le généraliste. Il y a donc comme une entente... Sans commentaire.

Alors, comme je ne voyais pas d'urgence... j'ai reporté (ma faute, ma très grande faute), le fameux rendez-vous à la clinique, si déprimante, sans rendez-vous. Je n'avais juste pas le temps ni l'envie de perdre des heures et des heures (sans exagération aucune) à la clinique sans rendez-vous. Donc j'ai un peu laissé les mois passés.

Et puis dans le Temps des Fêtes, j'ai remarqué que la tache n'était plus ronde mais commençait à être plus un ovale pas très régulier. Et ça, je sais que ce n'est pas bon. Alors, je me dis "en janvier, je vais à la clinique et je prends rendez-vous chez un dermatologue". Vous noterez ici, ma très grande stupidité... oui, car y avoir pensé avant, et comme on dit "avoir su ce que je sais maintenant"... j'aurais pris un rendez-vous chez un dermatologue avant d'avoir mon billet de médecin - en mentant tout simplement. Mais bon... je continue...

Mais janvier arrive, les jours passent trop vite et je ne vais pas à la clinique sans rendez-vous. Demain, je me dis. Procrastination, oui mes amis. Et puis, un matin... je me lève et je m'habille. Et là... oh my, wtf... la tache est comme le triple de ce qu'elle était et un des côtés est comme rougeâtre... et un peu bosselé (rien qui pique, pas de croûte, rien de "suintant", juste plus gros et un peu rouge). J'ai senti mon coeur battre un peu plus vite. Bon j'appelle aujourd'hui. J'arrive dans la salle de bain... et là panique totale... j'ai des taches sur la joue droite ! Panique complète. Crise d'hystérie et visite à une clinique sans rendez-vous immédiatement. Une clinique un peu plus loin mais moins déprimante que celle près de chez moi. Pendant l'attente - pas longue, juste 2 heures - j'ai eu le temps de réaliser que les taches sur mon visages étaient sûrement dues aux crèmes échantillons que j'avais reçues dans un grand magasin deux jours plus tôt. J'ai la peau sensible et il y avait sûrement trop de parfum dans les crèmes. Mais la tache sur mon bras avait encore changée et donc je voulais le fameux billet.

Le médecin est d'accord avec moi pour mon visage, n'est pas du tout inquiet pour mon bras, me prescrit une crème et me donne le fameux billet. Je repars moins inquiète et forte de mon billet. Et là, je recommence ma recherche de dermatologue non esthétique. Calvaire. C'est pas facile. Et le médecin qui m'avait été recommandé à la clinique ne prend plus de nouveaux patients. Comme les 10 autres que j'ai appelés. Je commence à être un peu découragé, lorsque oh miracle ! une dermatologue près de chez moi, me donne un rendez-vous 3 semaines plus tard. Je suis si surprise que j'ai dû redemander au moins 3 fois, si c'était une clinique privée.

Et donc, la semaine dernière, je vais au fameux rendez-vous. Mais je n'ai jamais pu voir la dermatologue qui avait overbooké ses rendez-vous - c'est selon les critiques, très commun pour elle. Parfois, elle ne vient même pas à ses rendez-vous. Qu'un médecin puisse agir ainsi avec ses patients me dépasse. Je retourne chez moi. Le lendemain, j'ai commencé ma recherche pour un autre dermatolgue. Je vous avoue que j'ai pleuré. Ce fut un long, très long calvaire. J'ai commencé par chercher des dermatologues "médicaux", mais je ne trouvais que des cliniques privées. Mais... les cliniques privées ne font en général que de la dermatologie esthétique. Parce que bien sûr c'est plus payant d'enlever les rides que d'aider les gens avec des problèmes médicaux, le psoriasis, l'acnée et les cancers de peau... ça ne rapporte pas. J'ai fini par trouver quelques cliniques privées, j'ai noté les prix - très élevés - les délais - tout de même très longs - et je les garde dans ma manche.

Et puis, je continue ma recherche. Après ma mauvaise expérience, les médecins que je trouvais, j'allais voir les commentaires sur les sites d'évaluation des médecins. Et là, les larmes sont revenues. Je ne comprends pas. Pourquoi les commentaires sont-ils toujours "médecin très froid", "pas intéressé", "ne m'a jamais regardé", "n'écoute pas quand on lui parle", "m'a prescrit un traitement au laser coûteux", "m'a à peine regardé, m'a dit que je n'avais rien et j'avais un cancer", "cela a pris 1 an pour avoir un rendez-vous, j'ai attendu 3 heures, et la consultation a pris 5 minutes"... Je ne comprends pas. Pourquoi devenir médecin quand on se fout des gens et de leurs problèmes ?

Les seuls médecins avec des bons commentaires, je n'ai soit, jamais réussi à les rejoindre, soit, ils ne prennent plus de patients. J'en suis venu à appeler ceux avec les moins pires commentaires... délais d'attente entre 8 et 12 mois et ce, quand il y avait une réponse ou qu'ils prenaient de nouveaux patients. Après 4 heures de recherches et d'appels, j'ai fini par avoir un rendez-vous pour la fin du mois d'avril. D'ici là, je vais continuer à chercher. Et si jamais ma tache change trop, j'irai tout simplement au privé.

Je pourrais continuer encore et encore à écrire mais je sais qu'il y a des situations bien pire que la mienne. Alors, je vais respirer par le nez et essayer de refouler cette aversion pour les médecins... et surtout pour ces spécialistes qui trouvent plus important d'effacer des rides que de diagnostiquer et prévenir des cancers, d'enlever des tattoos que de guérir des psoriasis et autres maladies de la peau...

Merci pour m'avoir laissée ventiler un peu et désolée pour ce long texte !

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04 août 2013

Moment captif d'un dimanche : céphalée migratoire

BeFunky_DSC_8164"C'est que j'ai mal à la tête ce matin -- Ce qui me cause, ce qui me cause -- C'est que j'ai mal à la tête ce matin -- Ce qui me cause bien du chagrin"

Toc toc toc !!!  Chut, silence, pas un bruit... TOC TOC TOC !!! Mais qui est là ? Qui cogne si fort sur ma tête ? Qui cherche à entrer et foutre encore plus le bordel ? Mais c'est moi, ma chérie, celle qui aime bien envahir ta tête et s'y installer confortablement. Je ne veux pas de toi, vilaine. Quand tu viens chez moi, tu prends toute la place, tu ne me laisses plus une minute pour penser. Quand tu es là, je ne comprends plus rien. Je n'ouvrirai pas la porte.

Tu n'as pas le choix ma jolie. Quand tu me sens frapper à ta porte c'est que je suis déjà là. Et je suis là pour rester. Je m'installe et tu n'as rien à dire. Tu peux bien essayer tous tes trucs, toutes tes potions magiques, toutes tes incantations, j'y suis, j'y reste.

Méchante migraine. Sournoise parasite. Je vais te combattre avec toutes les armes possibles. Les conventionnelles, les fantaisistes, les traditionnelles et les nouvelles. Tu partiras car je ne veux pas de toi.

Je partirai. Oui. Parfois, je te laisserai gagner rapidement. Parfois, je te ferai souffrir aussi longtemps que possible. Je fais à ma tête. Et c'est tout. Mais je promets de partir. Mais pour l'instant, je frappe. Je frappe un peu partout... sur les murs de ta tête, sur les parois de ton cerveau, sur les idées de ton imaginaire. Toc, toc, toc.

"La poésie est une maladie du cerveau" [Alfred de Vigny]

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27 juin 2011

Il y a dix jours, il y a 9 ans et 10 jours...

Le 17 juin, j'ai décidé de ne pas y penser. Pourtant, habituellement, je mets toujours un petit mot. Il y a 9 ans, tu es partie. OldPics00069 ans et 10 jours en fait. Car c'était un 17 juin, et le 17 juin, c'était il y a 10 jours.

C'est que parfois, j'ai l'impression que je t'en veux. Je t'en veux de n'être plus là. Et je t'en veux d'avoir abandonné. Et aujourd'hui, je ne peux te dire que tu m'énerves ou que je t'aime. Je ne peux pas te cacher mes émotions. Je ne peux pas faire semblant que tout va bien. Je ne peux venir te voir et juste discuter de tout et de rien. Je ne peux pas me dire que je ne peux pas te dire mes peines parce que je ne veux pas t'énerver avec mes tracas quotidiens. Et je ne peux pas me dire que j'aimerais bien te raconter mais que ce sera pour une autre fois parce qu'aujourd'hui je ne veux te dire que des banalités qui te feront sourire.

Je regarde des photos et j'ai l'impression que je t'oublie. Alors je mets des photos alors que tu étais jeune... avant que je n'existe.

Je te vois sourire et je ne me souviens pas de toi. J'efface ces moments où tu étais toute petite dans ton lit d'hôpital et j'oublie ton visage fatiguée. Je vois ce visage que je ne connais pas et je me souviens de toi.

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18 juin 2007

Des pellicules de matières grises

Des semaines que nous attendons ces résultats. Les problèmes de santé de mon conjoint ne cessant pas, mais étant de plus en plus étranges et surtout mouvants... il y a un certain temps, son docteur l'a envoyé chez le neurologue qui a demandé une résonance magnétique de la tête... évidemment, les déductions, les soupçons, les doutes, les maudites recherches sur Internet - "arrête de chercher sur Internet... tout ce que ça fait, c'est allongé la liste des possibles maladies et problèmes"... mais évidemment, il ne pouvait s'en empêcher... et on se demande à lire tout ça comment on peut n'avoir aucun problème- les semaines précédants et suivants la résonance furent assez pénibles. Des jours s'encourageant, d'autres jours imaginant le pire. Et les douleurs et symptômes continuant et augmentant...

cerveaurEt puis, aujourd,hui... finalement, nous allions chercher les résultats de la résonance... Tout d'abord, nous avions su par d'autres que nous devions aller chercher les résultats nous-mêmes. Ici, la plupart du temps, il faut aller chercher ses radiographies, ses résultats, etc. et les amener au médecin. Je suppose que cela coupe dans la messagerie et le transport, mais c'est assez déroutant. De plus, nous gardons ces radiographies... mon père a de belles radiographies de son estomacs dans son tiroir de bureau...

Mais là... premier choc... on nous remet une grande enveloppe scellée et on nous dit "byebye". Et donc dans nos mains, l'enveloppe qui contient des jours et des jours de questionnement, de peurs et d'angoisse. On se dit que s'il y avait eu quelque chose d'urgent, ils nous auraient appelés...

On se dirige vers le métro et on s'en va chez le neurologue. Qui nous avait simplement dit : "quand vous aurez les résultats, vous viendrez, pas besoin de prendre de rendez-vous". On arrive, on nous dirige vers la porte 4. Et on attend, l'enveloppe sur nos genoux. Après un certain temps, je retourne à la réception et oh désolé, on avait oublié que le neurologue n'était pas là cette semaine. Revenez la semaine prochaine !

Et on fait quoi en attendant !!! On garde tranquillement l'enveloppe sur le bureau en attendant la semaine prochaine ! C'est incroyable ! On nous conseille de peut-être aller voir le médecin qui nous a envoyés chez le neurologue. Il pourra peut-être nous donner les résultats...

Et on repart... silencieusement... et on se rend jusqu'à la clinique... pleins de doute... un rendez-vous pour demain seulement. Et donc, on retourne à la maison... avec l'enveloppe.

Et alors, mon conjoint décide qu'il n'en peut plus... il veut ouvrir l'enveloppe... je ne veux pas... ce sera peut-être pire, on ne saura interpréter les résultats. Mais il est à bout... je le comprends.

Il ouvre l'enveloppe remplie de radiographie de son cerveau et... d'une feuille... on lit la feuille... conclusion: tout est beau !!! Il n'a rien au cerveau, pas de tumeur, rien... le soulagement est intense...

Je suppose que s'il avait eu quelque chose de grave, ils auraient appelé, ils nous auraient donné les résultats plus rapidement... je suppose qu'ils ne laissent partir les gens avec l'enveloppe que s'il n'y a rien de grave... enfin, je suppose...

Évidemment, nous irons demain au rendez-vous, cela va de soi... il faut qu'on nous donne les résultats et qu'on nous explique plus en détails et aussi, il faut faire d'autres tests, les douleurs et malaises étant toujours là... mais un gros poids est levé...

Mais j'avoue que je ne comprends pas trop cette façon de faire... le trajet en métro avec l'enveloppe fut vraiment une expérience très... difficile...

Posté par Laila_Seshat à 22:33 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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