21 septembre 2016

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Roi02Le roi disait que j'étais diable : roman / Clara Dupont-Monod. — Paris : Grasset, [2014]. – 236 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-246-85385-5

Quatrième de couverture

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…

Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.

Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible. Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

L’auteur

Clara Dupont-Monod est née à Paris en 1973. Elle étudie à la Sorbonne en Lettres et obtient une maîtrise en ancien français. Elle travaille d’abord comme journaliste pour le magazine Cosmopolitan. Elle rejoint ensuite le magazine Marianne et en 2007, elle est nommée rédactrice en chef des pages Cultures. Elle travaille également pour la radio et la télévision dans diverses émissions.Roi01

Elle publie son premier roman Eova Luciole, en 1998. Elle continue à écrire et plusieurs de ses romans sont listés pour des prix littéraires. Elle obtient le prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire pour son 4e roman, La passion de Juette ainsi que le prix Point de vue pour Le roi disait que j’étais diable.

Bibliographie partielle

  • Eova Luciole (1998)  
  • La folie du roi Marc (2000)
  • Histoire d'une prostituée (2003)
  • La Passion selon Juette (2007)
  • Bains de nuit (avec Catherine Guetta (2008)
  • Nestor rend les armes (2011)
  • Le roi disait que j’étais diable (2014)

Mes commentaires

Ce roman est tout simplement parfait. Pour moi en tout cas. Pour vous, je ne sais pas. Mais j’adore me plonger dans l’époque médiévale – peu importe l’époque, car le Moyen âge est vaste – et Clara Dupont-Monod excelle à nous raconter cette époque. Dans Le roi disait que j’étais diable, elle nous raconte Aliénor d’Aquitaine. Elle nous fait vivre sa version d’une partie de la vie tumultueuse de cette reine unique.

Aliénor est jeune, libre et l’héritière du duché d’Aquitaine. Elle est cultivée, a une éducation soignée et aime profondément son pays, l’Aquitaine. Après la mort de son père, Guillaume X, duc d’Aquitaine, elle épouse, en 1137, à l’âge de 15 ans, le futur roi de France, Louis VII. Aliénor est belle, elle sait ce qu'elle veut, ce qu'elle aime et ce qu'elle croit. Elle est indépendante, orgeuilleuse, imprévisble et forte. Elle sera aimée mais aussi détestée. On aura peur de cette liberté, cette envie de vivre pleinement. Elle est différente. On dira d'elle qu'elle est une fée maléfique, un diable et qu'elle a ensorcellé le roi. Qui lui l'aimera malgré tout. Et malgré elle. Elle ne voulait pas de ce mariage, elle ne comprend pas ce roi et ce peuple qu'elle trouve rigide, , rustre, froid, pieux, ennuyant. Elle vit pour l'Aquitaine, la passion, l'art, l'amour courtois, la liberté.

L'auteur nous raconte la rencontre entre ces deux personnages si loin l'un de l'autre. Elle imagine leurs pensées, leurs peurs, leurs espoirs, leurs soupirs. On suit ensuite les personnages dans les premières années de cet improbable mariage. Elle reprend les moments connus : arrivée à Paris, conquête de Poitiers, incendie de Vitry-en-Perthois, croisades, ... Et nous offre la vision d'Aliénor puis celle de Louis VII et enfin d'autres personnages.

Le tout est romantisé. Évidemment. Comment savoir ce qu'ils pensaient vraiment, ce qu'ils ressentaient. Mais l'auteur connait bien son "matériel" : l'époque, les personnages historiques, etc. Je suis loin d'être une experte, mais j'ai quand même beaucoup lu sur l'époque. Et j'ai lu quelques ouvrages sur Aliénor d'Aquitaine. Et j'ai vraiment senti que Dupont-Monod avait réussi a faire vivre cette époque. Une époque beaucoup plus vivante que l'on ne le croit souvent. Et Aliénor m'apparait aussi très réaliste, un brin idéalisé, mais pas trop. Elle est plus grande que nature, guerrière, et aime les plaisirs de la vie. Et Louis est un peu malmené mais pas trop. Il est faible, pieux et austère. L'auteur nuance quand même ses personnages même si son idée directrice est claire. Aliénor est la star du roman. Et elle est parfaite même dans ses faiblesses. C'est un personnage mythique. Et comme tout mythe, elle est surtout un symbole. Sa vie, pourtant bien réelle, semble parfois un brin merveilleuse, légendaire, fabuleuse.

Je ne dis pas grand chose de l'histoire. C'est l'histoire d'une jeune fille qui épouse un jeune homme. C'est l'histoire de de deux solitudes qui n'arrivent pas à se rencontrer et à se comprendre. C'est une histoire d'amour à sens unique. Et tout ça sur fond de guerres, croisades, conquêtes, massacres, sang, cris et souffrances, ... Et l'auteur nous présente tout ceci dans un roman doux, léger, fluide et enivrant. Mais qui garde aussi un fond historique, brutal, réaliste et qui oscille entre troubadours, prières et guerre sainte.

J'ai adoré le texte et surtout l'écriture de Clara Dupont-Monod. Et j'ai aimé sa façon de s'approprier l'Histoire pour faire vivre des vies et des histoires.

Les mots de l’auteur

« On parlait de moi. La voici, celle qui possède dix fois le royaume de France. Celle qui donne des ordres, chevauche comme un homme et ne craint pas le désir qu’elle suscite. Qui colore ses robes. N’attache pas ses cheveux. Porte des souliers pointus. Qui donne l’argent du royaume à des poètes venus d’en bas. La petite-fille de ce fou de Guillaume, sorcière qui a grandi en écoutant des textes obscènes, tandis que le roi, ce sage, s’est nourri des phrases sacrées. Je suis le poison, la faute, l’immense faute de Louis.» pp. 58-59

 « Les gens se déguisent, chevauchent des bâtons, conduisent des rondes autour des tombes… Ils font la fête au cimetière ! Ma Dame, est-ce que vous vous rendez compte ? me presse-t-il en écarquillant les yeux. Mais comment lui expliquer que ces farandoles relient les vivants aux morts ? On danse, mais oui l’abbé. On appelle du corps ceux qui n’en ont plus. On rit aussi, et on taquine, en espérant que les morts souriront. Les hommes d’Église voudraient briser ce lien et faire du cimetière un lieu hostile, coupé des vivants.» p. 128

Pour en savoir un peu plus…


23 mars 2016

Du domaine des murmures de Carole Martinez

DDMurmures1Du domaine des murmures : roman / Carole Martinez. — [Paris] : Gallimard, c2001. – 200 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-07-013149-5

Quatrième de couverture

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

L’auteur

Carole Martinez est née en 1966 à Créhange (Alsace) en France. Elle va avoir plusieurs emplois – serveuse, ouvreuse, vendeuse, photographe, comédienne, metteur en scène, pigiste - avant de devenir enseignante de français dans un collège d’Issy-les-Moulineaux. Elle commence à écrire et publie son premier roman pour la jeunesse en 1998 et son premier roman pour adulte en 2007. Ses romans sont nommés et reçoivent de nombreux prix dont le Renaudot des lycéens et le Goncourt des lycéens. Elle vit aujourd’hui à Paris.

Son roman Du domaine des Murmures sera adapté pour le théâtre en 2015.

Bibliographie

  • Le cri du livre (1998)
  • Le cœur cousu (2007)
  • Du domaine des Murmures (2011)
  • L’œil du témoin (2011) (reprise du roman jeunesse Le cri du livre)
  • La terre qui penche (2015)

Mes commentaires (attention spoilers)

Voici un petit roman historique qui m'a replongée dans mon époque préférée. Et j'en avais bien besoin. J'aime beaucoup le moyen-âge mais il est très rare que je lise un roman contemporain se déroulant à cette époque et que je le trouve réussi (ouf... phrase boîteuse mais que je vais laisser ainsi). Je dis "petit roman", mais je ne voudrais pas qu'on sous-estime l'histoire. Le roman est court mais incroyablement intense.

Esclarmonde a quinze ans et ne veut pas se marier. Nous sommes en 1187 et peu d'options s'offre à une jeune femme qui ne veut pas devenir épouse et mère. Elle se tourne donc vers la religion. Le jour de son mariage, alors qu'elle doit dire "oui" à un homme qu'on lui impose, elle déclare qu'elle choisit Dieu. Elle demande devant toute l'assistance réunie pour son mariage  qu'on lui construise une cellule où elle sera emmurée pour toujours pour prier. Elle déclare donc préférer vivre l'isolement jusqu'à sa mort que de vivre avec un homme qu'elle n'a choisi. Son père est furieux, son fiancé anéanti, sa suivante dévouée et le peuple ébloui.

Mais alors qu'elle se prépare à être enfermée, elle est violée par un homme. Elle ne dit rien et rejoint sa cellule. Seule une petite fenêtre lui permet de communiquer avec le monde. Mais la solitude qu'elle désirait semble lui échapper. Non seulement, les gens la considèrent comme une sainte et s'empressent devant sa tour et sa fenêtre, espérant la voir ou lui parler mais l'agression dont elle fut victime l'a poursuivie dans sa cellule. Et lorsqu'elle accouche d'un petit garçon, elle devient une miraculée. Les gens viennent de partout pour un moment avec elle, son ancien fiancé ne peut vivre sans elle et même sa belle-mère vient chercher son conseil. Seul son père est inconsolable et ne veut pas la voir.

Religion, croisades, visions, inceste, maternité, le roman est dur et incroyablement réaliste. L'époque est très bien décrite et vivante sans être trop "historique". On ressent le désespoir d'Esclarmonde et sa passion pour la vie. Pour vivre sa vie comme elle l'entend, pour ne pas se marier, pour être plus près de Dieu, elle s'est fait emmurée. Et bien qu'elle était convaincue de sa décision, maintenant les doutes l'envahissent. La situation lui échappe, le monde extérieur ne la laisse pas tranquille, la maternité l'enflamme. Mais renoncer à son isolement n'est plus de son pouvoir.

On peut bien sûr aller au-delà de l'histoire et voir dans cet isolement, une métaphore sur notre propre isolement, sur les murs que nous construisons autour de nous. On peut également lire une analyse de la condition féminine, à cet époque et aujourd'hui. Mais j'ai parfois de la difficulté avec ce type d'analyse. Était-ce l'intention de l'auteur ? Peut-être que oui, problablement pas. Plusieurs ont analysé le texte sous ces angle, cela m'a effleuré aussi l'esprit.

Mais au final, j'ai préféré me laisser porter par le texte et par l'époque. 

Les mots de l’auteur

« Car ce château n’est pas seulement de pierres blanches entassées sagement les unes sur les autres, ni même de mots écrits quelque part en un livre, ou de feuilles volantes disséminées de-ci de-là comme graines, ce château n’Est pas de paroles déclamées sur le théâtre par un artiste qui userait de sa belle voix posée et de son corps entier comme d’un instructeur d’ivoire.

Non, ce lieu st tissé de murmures, de filets de voix entrelacées et si vieilles qu’il faut tendre l’oreille pour les percevoir. De mots jamais inscrits, mais noués les uns aux autres et qui s’étirent en un chuintement doux. » p. 14

« Christ était puissant dans l’esprit des femmes de mon temps. Christ seul pouvait tenir les hommes en échec et leur arracher une vierge. Il semblait alors aux familles qu’elles concluaient avec le ciel une alliance nouvelle en cédant à Dieu une enfant qui prierait pour eux depuis le sommet des cieux ou la cellule d’un cloître. » p. 24

« Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l’oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n’imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi. » p.(?)

Pour en savoir un peu plus…

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19 avril 2011

Le plaisir au Moyen Age de Jean Verdon

UntitledLe plaisir au Moyen Âge / Jean Verdon. -- [Paris] : Éd. Perrin, 2010. -- 238 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-262-03220-3. -- (Coll. Tempus ; no 314). Comprend une bibliogr.

Quatrième de couverture

Chaque époque a ses plaisirs, ou du moins sa façon de les accompagner. Ainsi, au Moyen Âge, la jouissance sexuelle n'allait pas sans trouble ni ruse, en raison du contrôle exercé par l'Église prompte à réprimer des pratique réputées sataniques. La bonne chère aussi était à l'honneur, sous des formes aujourd'hui surprenantes quant à la nature et à la quantité des mets consommés, en particulier le vin coulant à flots jusque dans les réfectoires des monastères.

Aux danses et chansons des fêtes populaires s'ajoutaient des arts de cour de plus en plus raffinés, ainsi que des exercices physiques parfois très violents, comme les tournois et les joutes.

Nourri d'exemples vivants pris dans tous les milieux, l'ouvrage de Jean Verdon donne du plaisir au Moyen Âge une image singulière et, somme toute, joyeuse.

L'auteur

Jean Verdon est né à Châtellerault en 1937. Il étudie au collège Descartes et obtiendra une agrégation d'histoire. Il enseigne Verdonpendant 5 ans dans des classes préparatoires puis en 1968, il est nommé professeur d’histoire du Moyen-Âge à l’Université de Limoges. En 1974, il rédige sa thése d'état traitant des femmes en France au Xe et XIe siècle. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur le Moyen- Âge, dont Les Loisirs au Moyen-Âge (1980), Voyager au Moyen-Âge (1998) et Les Femmes en l’An Mille (1999).

Bibliographie partielle

  • Les loisirs au Moyen Âge (1980)
  • Voyager au Moyen Âge (1998)
  • Les femmes en l'An mille (1999)
  • Rire au Moyen Âge
  • S'amuser au Moyen Âge
  • Le plaisir au Moyen Âge
  • La nuit au Moyen Âge
  • Les superstitions au Moyen Âge
  • Information et désinformation au Moyen Âge
  • Boire au Moyen Âge
  • La femme au Moyen Âge

Résumé et Commentaires personnels

L'oeuvre de Jean Verdon est divisée en trois partie: Faire l'amour, L'Église et le refus du plaisir, Plaisirs en tous sens. Dans la première partie "Faire l'amour", l'auteur traite principalement des préliminaires de l'amour autant dans la littérature que dans la vie réelle. Il parle ensuite de l'acte lui-même particulièrement de la perception qu'on les médecins, les auteurs et les gens en général de celui-ci. Et il termine cette partie en nous parlant des "déviances": les diverses positions, la masturbation, la bestialité, le masoschisme, l'homosexualité, etc.

La deuxième partie nous entretient des rapports de l'Église et du plaisir. Cette partie nous présente comment le plaisir est perçu par l'Église et les clercs, les interdictions du plaisir instaurées par l'Église, comment les religieux vivent leur sexualité, le mépris du monde, du plaisir et surtout de la sexualité que l'Église propage et préconise.

La troisième partie se concentre sur les autres plaisirs: le plaisir de la table, les distractions incluant les activités physiques, les jeux, les fêtes et finalement l'auteur nous parle des plaisirs esthétiques et les plaisirs de l'esprit qui aborde autant le côté intellectuel que l'aspiration vers Dieu.

Les oeuvres de Jean Verdon s'attardent généralement sur un thème en particulier. Ici, il nous présente le plaisir au Moyen Âge. Quelles étaient les sources de plaisir, comment les gens concevaient le plaisir, qu'est-ce qu'ils recherchaient comme plaisirs, etc. Le livre s'attarde cependant davantage sur le plaisir à travers l'amour et la sexualité. Autant la perception de la population que les interdictions en place concernant la sexualité et l'amour sont analysées.

À travers les plaisirs étudiés, c'est une analyse des comportements des gens au Moyen Âge qui est proposé. Le texte est vivant et dynamique et se lit parfois comme un roman. Il m'a semblé cependant par moment, très inégal. Certains passages se lisent aisément, le texte est clair et simple. Et par moment, le style devient plus lourd et le propos devient plus académique. Mais la lecture demeure très intéressante. L'auteur appuie son texte de nombreux extraits, ce qui a pu déplaire à certains, mais j'ai personnellement adoré me replonger dans ces textes et les extraits choisis appuyaient parfaitement les propos de Verdon.

J'aurais cependant aimé qu'il s'attarde davantage sur les autres types de plaisirs tels que les plaisirs de la table, les fêtes, le plaisir esthétique, les activités ludiques, etc. L'auteur a cependant écrit d'autres ouvrages concentrés uniquement sur les loisirs au Moyen-Âge et sur l'art de s'amuser au Moyen-Âge. Et il annonce ses couleurs rapidement. Reste que j'aurais aimé qu'il aborde plus en profondeur les plaisirs de la table et des jeux.

L'oeuvre est cependant vraiment passionnante et nous présente un Moyen-Âge vraiment loin de l'image rigide que l'on s'en fait souvent. 

L'avis de Le Barbe, Le chevalier Dauphinoi,

Extraits

"Je [Le Maistre] dis que quelqu'un peut désirer prendre du plaisir, d'abord par goût de ce plaisir lui-même, ensuite pour éviter l'ennui et la peine d'une mélancolie qui proviendrait de l'absence de ce plaisir. Les rapports conjugaux qui servent à éviter la tristesse issue de l'absence de plaisir sexuel ne sont pas coupables." p. 96

"Plaisir d'assiter au spectacle de la rue lorsqu'on flâne, que l'on se rend à ses occupations. La rue, en effet, depuis le lever du soleil jusqu'au couvre-feu est remplie de mouvement et de bruit. [...] La foule aime s'assembler pour regarder les acrobates, entendre les conteurs et les chanteurs ; elle apprécie les jongleresses qui dansent et charment des serpents." p.169

Sources à consulter

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28 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge - Suite

Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN DSC_0601978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Commentaires personnels

Publié en 1977, l'ouvrage de Régine Pernoud demeure malheureusement encore très pertinent. Toute la période que l'on appelle communément le "Moyen Âge" est encore méconnue et beaucoup d'idées reçues et clichés la définissent dans l'imaginaire des gens.

Régine Pernoud tente donc dans son livre de rectifier les erreurs sur le Moyen Âge. Elle aborde beaucoup de sujets: l'art, la femme, la féodalité,... Le livre est peut-être un peu court pour tant de sujets différents et on a parfois l'impression de ne faire qu'effleurer le sujet. Et on voudrait plus d'information. Mais l'ouvrage demeure très intéressant et divertissant. L'auteur prend un ton très familier et nous raconte plusieurs anecdotes personnelles.
Ce qui en fait peut-être un livre très subjectif. On note de toute évidence la passion de l'auteur pour le Moyen Âge, mais on ressent aussi son opinion négative sur la Renaissance. Il est vrai cependant que celle-ci a nettement contribué à donner une mauvaise image à l'époque qui la précédait.

Le livre est très facile d'accès et se laisse lire comme un roman. On passe de préjugé en préjugé et il est très intéressant de voir certaines visions de cette -ces- période corrigées. Il est aussi parfois très enrageant de voir qu'encore aujourd'hui beaucoup de gens ne connaissent pas cette période et conservent des idées négatives et fausses. Le Moyen Âge prend peu de place dans l'enseignement de l'histoire et c'est dommage. Tant de choses furent accomplies et découvertes pendant ces siècles... près de 1000 ans ! L'auteur analyse d'ailleurs la profession même d'historien pour la critiquer ouvertement.

Et avec une phrase comme ça, je ne peux qu'adorer !  "La règle, c'est que l'étudiant en littérature fasse une thèse sur Proust et que l'étudiant d'histoire accepte de s'intéresser à tout, sauf à la période médiévale" (p.132). Pour la "petite histoire", je voulais tout sauf faire une thèse sur Proust (brrrrr...) pendant mes Études littéraires et j'ai opté pour la littérature médiévale ! Alors !!! :D

L'avis de Schlabaya

Premier article

Extraits

 "... Dans la vision, dans la mentalité de ce temps (et non seulement du XVIe siècle, mais des trois siècles suivants) il y aurait eu deux époques de lumière : Antiquité et Renaissance - les temps classiques. Et, entre les deux, un « âge moyen » - période intermédiaire, bloc uniforme, « siècles grossiers », « temps obscurs »." p. 15

" [...] le passage bien connu du Trésor de Brunetto Latini expliquant à ses lecteurs, au milieu du XIIIe siècle la rotondité de la terre. "Tiens me dit-elle, très étonnée, je croyais que Galilée avait été brûlé vif au Moyen Âge pour avoir dit que la terre était ronde." Je lui expliquai que sa phrase contenait trois erreurs historiques : Galilée n'avait pas découvert que la terre était ronde ; on le savait depuis plus de quatre siècles. Ensuite il n'avait pas été brûlé vif, mais seulement emprisonné, ce qui était déjà une manière bien peu courtoise de traiter quelqu'un qui s'avisait pour la première fois que la terre tourne autour du soleil. Enfin le tout ne se passait pas au Moyen Âge. Là, pour la convaincre, j'ai dû avoir recours au Larousse en vingt volumes. C'Est avec un intense étonnement qu'elle a dû admettre que "l'affaire Galilée", que chacun attribut au Moyen Âge, appartient bien à l'époque classique, puisqu'elle a eu lieu en 1633." p. 100

Sources à consulter

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24 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge de Régine Pernoud

DSC_0601Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Quatrième de couverture

Méprisés pendant des siècles, encensés par les Romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. Godiche ne vient-il pas de gothique ? Féodal ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? Moyenâgeux les vieilleries poussiéreuses ?

Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire émergent enfin - le Moyen Age est mort, vive le Moyen Age !

L'auteur

Régine Pernoud est née en 1909 à Château-Chinon (Nièvre) en Bourgogne. Elle grandit à Marseille au sein d'une famille de 6 enfants. Elle obtient une licence de Lettres à l'Université d'Aix-en-Provence en 1929. Elle poursuit ses études à l'École nationale des chartes. Elle obtient son doctorat de lettres en 1933. Elle devra cependant attendre 14 ans avant d'obtenir un poste lié à ses études. Pendant ses études et avant d'obtenir un poste, elle travaillera comme répétitrice, préceptrice, pernoud1agente de classement de différents fonds d'archives. Elle poursuit également ses études en muséologie à l'École du Louvre pendant cette période et commence ses travaux d'historienne.

Finalement, en 1947, elle est nommée conservateur au musée de Reims. Elle sera ensuite, en 1949, conservateur au musée de l'Histoire de France, puis aux Archives nationales. Elle fondera en 1974 le centre de documentation historique Jeanne d'Arc d'Orléans. Pendant sa carrière d'historienne et médiéviste, elle publiera de nombrexu ouvrages scientifiques mais également de vulgarisation destinés au grand public.

Elle décède le 22 avril 1998 à Paris.

Bibliographie partielle

  • L'Unité française (1944)
  • Lumière au Moyen Âge (1944)
  • Les villes marchandes aux XIVe et XVe, impérialisme et capitalisme au Moyen Âge (1948)
  • Vie et mort de Jeanne d'Arc (1953)
  • Les grandes époques de l'art en Occident(1954)
  • Les Gaulois (1957)
  • Les croisés (1959)
  • Un Chef d'État, Saint Louis de France (1960)
  • Histoire de la bourgeoisie en France (2 vol.) (1960-1962)
  • Les Croisades (1960)
  • Histoire du peuple français (4 tomes) (1961)
  • Croyants et incroyants d'aujourd'hui (1962)
  • Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins (1962)
  • Notre-Dame de Paris (1963)
  • L'Histoire des rois mages : selon l'Évangile de saint Matthieu (1964)
  • La Formation de la France (1966)
  • Aliénor d'Aquitaine (1966)
  • 8 mai 1429, la libération d'Orléans (1969)
  • L'histoire racontée à mes neveux (1969)
  • Jeanne devant les Cauchons (1970)
  • Héloïse et Abélard (1970)
  • Beauté du Moyen Âge (1971)
  • La Reine Blanche (1972)
  • Les Templiers (1974)
  • Pour en finir avec le Moyen Âge (1977)
  • Les Hommes de la Croisade (1977)
  • La femme au temps des cathédrales (1980)
  • Sources de l'art roman (1980)
  • Jeanne d'Arc (1981)
  • Christine de Pisan (1982)
  • Le Tour de France médiéval : l'histoire buissonnière (1982)
  • La Plume et le parchemin (1983)
  • Jeanne et Thérèse (1984)
  • Les Saints au Moyen Âge : la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? (1984)
  • Saint Louis et le crépuscule de la féodalité (1985)
  • Le Moyen Âge pour quoi faire ?(1986)
  • Isambour : la reine captive (1987)
  • Richard Cœur de Lion (1988)
  • Jeanne d'Arc et la guerre de Cent ans (1990)
  • La Femme au temps des croisades (1990)
  • La Vierge et les saints au Moyen Âge (1991)
  • La spiritualité de Jeanne d'Arc (1992)
  • Villa Paradis : souvenirs (1992)
  •  Hildegarde de Bingen : conscience inspirée du XIIe siècle (1994)
  • Réhabilitation de Jeanne d'Arc, reconquête de la France (1995)
  • Les Templiers, chevaliers du Christ (1995)
  • Celui par qui la Gaule devint chrétienne (1996)
  • Jardins de monastères (1996)
  • Martin de Tours (1996)
  • Saint Jérôme : père de la Bible(1996)
  • Jeanne d'Arc, Napoléon : le paradoxe du biographe (1997)
  • Histoire et lumière (1998)
  • Visages de femmes au Moyen Âge (1998)

Résumé

L'ouvrage de Régine Pernoud entend démystifier cette grande période de notre histoire qui est le Moyen Âge. Elle s'attarde plus précisement au Moyen Âge français et aborde dans chacun des chapites un sujet différent: l'art, la place de la femme, la religion, l'éducation, la féodalité, etc.

Ce petit livre tente d'affronter et corriger les nombreuses idées reçues et préjugées sur cette période méconnue. L'auteur nous présente donc un Moyen Âge diversifié, étonnant, et composé en fait de périodes bien différentes.

Commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Dans les actes notariés il est fréquent de voir une femme mariée agir par elle-même, ouvrir par exemple une boutique ou un commerce, et cela sans être obligée de produire une autorisation maritale. Enfin, les rôles de la taille (nous dirions les registres du percepteur), lorsqu'ils nous ont été conservés comme c'est le cas pour Paris à la fin du XIIIe siècle, montrent une foule de femmes exerçant des métiers : maîtresse d'école, médecin, apothicaire, plâtrière, teinturière, copiste, miniaturiste, religieuse, etc.

Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle, par un arrêt du Parlement daté de 1593, que la femme sera écartée explicitement de toute fonction dans l'état." p. 97

Sources à consulter

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11 mai 2010

La passion du livre au Moyen Age - II

La passion du livre au Moyen Age / Sophie Cassagnes-Brouquet. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, 2003. -- 126 p. :livreMA ill. en coul. ; 27 cm. -- ISBN 2-7373-3018.1. -- (Coll. Histoire)
 
Comprend une bibliographie et un glossaire.


Résumé

Les livres au Moyen Age occupent une place importante et privilégiée dans la société. Ils sont omniprésents dans la vie religieuse, et petit à petit, ils envahissent la vie laïque.

C'est une histoire du livre au Moyen Age que l'auteur a voulu faire connaître à un public de non initié. Elle nous présente d'abord, en première partie, les conditions de production du livre: le travail des scribes et enlumineurs ainsi que les lieux de production. Le livre est ensuite introduit. Elle nous parle du prix de ces ouvrages précieux, des premières bibliothèques, des collectionneurs et des bibliophiles. La troisième partie, nous parle de l'utilisation des livres, des lecteurs et de la lecture. La dernière partie revient sur le travail de l'enlumineur. Les livres du Moyen Age sont en effet, non seulement un texte, mais une oeuvre d'art complète renfermant des images et des peintures fabuleuses.

Les livres produits au Moyen Age font partie du patrimoine culturel et artistique de notre société. Trop souvent cependant, ces oeuvres sont protégées et cachées dans les musées et les bibliothèques. L'auteur a voulu nous faire connaître ce patrimoine méconnu.

Commentaires personnels

J'ai une passion des livres. On s'en doute ! J'ai une passion des livres, autant pour leur contenu que pour le contenant. J'aime l'objet. Au complet. Et j'aime le Moyen Age. Comme je l'ai déjà dit sur ce carnet, j'ai étudié la littérature et en particulier la littérature médiévale. Cet ouvrage était donc pour moi !

L'auteur, spécialiste du Moyen Age et de l'art médiéval, nous propose un texte complet mais accessible sur le livre au Moyen Age. Le livre s'adresse à un grand public, mais l'auteur ne simplifie pas à l'extrême son propos. L'ouvrage nous présente plusieurs aspects du livre à cet époque. On nous présente les méthodes de fabrication des livres, de leurs prix et valeurs, les endroits où sont conservés les ouvrages, les différentes bibliothèques de l'époque. On nous parle ensuite de l'utilisation des livres qui varie selon les lecteurs et des différentes façons de lire.

DSC_5180Les différents types de livres sont brièvement présentés. L'auteur s'attarde très peu sur les formes et genres du livre. Elle nous présente plutôt l'aspect artistique des livres au Moyen Age. Une grande partie de l'ouvrage aborde l'enluminure. On nous parle des artistes, les enlumineurs, qui décorent les livres. Les façons de travailler, les peintures utilisées et les outils sont décrits. On nous parle aussi des liens entre le texte et les illustrations, des libertés artisitiques que les enlumineurs prenaient parfois et de l'iconographie utilisée.

L'ouvrage de Sophie Cassagnes-Brouquet est surtout axé sur le côté artistique. Il ne faut donc pas consulter l'ouvrage pour connaître la littérature au Moyen Age. J'aurais personnellement aimé un peu plus d'information sur les types de littératures, mais ce n'est de toute évidence pas le but poursuivi par l'auteur. Le livre nous parle principalement du livre en tant qu'objet et de l'utilisation que l'on en fait à cet époque. On peut également voir les transformations du livre au cours de cette longue période qu'est le Moyen Age : les méthodes de création, les façons de l'aborder et de le conserver, la valeur et les prix du livre, les formes de lectures et les différents types de lecteurs. Et surtout les façons d'illustrer les textes.

Le livre est abondamment illustré et on nous présente des livres et des pages d'ouvrages provenant de bibliothèques de toute la France. On découvre ainsi des livres et des enluminures magnifiques et que l'on ne peut pour ainsi dire jamais voir. L'ouvrage de Cassagnes-Brouquet veut nous faire découvrir les trésors qui se cachent dans les bibliothèques.

Je tiens cependant à souligner un irritant qui concerne, je suppose, la maison d'édition, plus que l'ouvrage ou l'auteur. Ce livre me semblait une bonne approche du livre au Moyen Age et de l'enluminure. Il remplit bien son rôle d'introduction et les images complètent de façon magnifique le texte de Sophie Cassagnes-Brouquet. Cette édition coûte 15€, ce qui me semble normal pour un livre de ce genre : format, papier glacé, abondantes illustrations en couleur... Quelques temps plus tard, je vois un autre livre sur le "livre au Moyen Age". Petit livre poche, sans illustration à 6€. Le titre est différent : "Le Livre au Moyen Age" et le quatrième de couverture aussi. Je ne remarque pas le nom de l'auteur. Et bien, c'est exactement le même livre. Mot pour mot. Et sans illustrations. Il est moins dispendieux, il est vrai. Mais un livre traitant principalement de l'enluminure sans images illustrant le propos, me semble bien triste. Et pourquoi mettre un autre titre? J'ai cru à un autre texte... et je me retrouve avec une version moins intéressante du même livre. Évidemment, c'est ma faute pour ne pas avoir reconnu le nom de l'auteur... mais quand même !!!

Enfin... le texte de Sophie Cassagnes-Brouquet est intéressant, facile à lire et l'édition illustrée est tout simplement fascinante et magnifique ! Pour découvrir des manuscrits pratiquement inaccesibles et pour connaître un peu les façons de lire et d'aborder le livre au Moyen Age, c'est un excellent ouvrage !

Premier article : La passion du livre au Moyen Age - I

ExtraitsDSC_5178

"Les bibliothèques des laïcs conservent également quelques manuscrits profanes, destinés au plaisir et au désir d'évasion de leurs lecteurs. Ces ouvrages sont écrits en langue ulgaire. Ces livres sont souvent plus précieux et plus rares que les manuscrits de dévotion et ne sont accessibles qu'aux plus riches membres de l'aristocratie. [...] Ces manuscrits sont souvent somptueusement décorés par des peintures qui allient l'anachronisme à une élégance courtoise." p. 76

"La distance qui nous sépare de leur création [les livres], leur conservation miraculeuse en font des objets presque sacrés que les bibliothèques ou les collectionneurs privés conservent jalousement. De temps en temps, de trop rares expositions dévoilent à un public ébloui la richesse de ce patrimoine." p. 125

Sources

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10 mai 2010

La passion du livre au Moyen Age - I

livreMALa passion du livre au Moyen Age / Sophie Cassagnes-Brouquet. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, 2003. -- 126 p. : ill. en coul. ; 27 cm. -- ISBN 2-7373-3018.1. -- (Coll. Histoire)

Comprend une bibliographie et un glossaire.

Quatrième de couverture

Depuis le Moyen Age, l'histoire du livre est indissociable de celle de notre civilisation occidentale. La passion du livre est bien un trait caractéristique du Moyen Age, un legs que cette période a transmis parmi tant d'autres à notre civilisation occidentale. Les bibliothèques européennes renferment ainsi une grande part de notre patrimoine culturel et artistique, trop souvent méconnu.
C'est cette relation passionnelle que les hommes et les femmes du Moyen Age on entretenue avec le livre que cet ouvrage souhaite éclairer. La production de cet objet rare et précieux est due au travail lent et laborieux des scribes et au talents des enlumineurs. Les lecteurs et leur façon de lire nous introduisent dans le monde varié des livres du Moyen Age. Les livres ne sont pas seulement un texte mais aussi un fabuleux répertoire d'images. S'il en a les moyens, le commanditaire d'un manuscrit n'hésite pas à faire appel à un enlumineur pour décorer son livre. Les plus grands artistes participent au décor des manuscrits, la peinture est dans les livres.
La diversité des images, leur richesse et leur fantaisie qu'un lecteur contemporain découvre en parcourant les manuscrits du Moyen Age, ce monde de couleurs inaltérées, toujours aussi chatoyantes que ni le temps ni l'usure n'ont pu ternir, sont autant d'éléments qui permettent d'expliquer la fascination qu'exercent encore sur nous les manuscrits du Moyen Age.

L'auteur

Sophie Cassagnes-Brouquet est née à Chatou en 1957. Elle fait des études à l'Université de Toulouse et est agrégée d'histoirelivreMA1 en 1981. Elle possède un doctorat en histoire médiévale (thèse sur la violence des étudiants à Toulouse à la fin du Moyen Age qu'elle fit sous la direction de Jacques Le Goff) ainsi qu'un doctorat en histoire de l'art médiéval. Elle est d'abord conservateur des Antiquités et des Objets d'Art en Corrèze. Elle est ensuite professeur agrégé de l'enseignement du seconde degré à l'Université de Dijon-Bourgogne de 1991 à 1997. Puis, elle sera Maître de conférences à l'Université de Rennes II jusqu'en 2002. Elle est professeur d'histoire médiévale à l'Université de Limoges en 2002. Elle enseigne aujourd'hui l'histoire médiévale à l'Université de Toulouse II le Mirail et fait partie de plusieurs groupes et sociétés historiques.

Elle se consacre à la recherche sur l'histoire du Moyen Age et est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur le sujet autant pour les chercheurs que pour le grand public, tels que La passion du livre au Moyen Age, Les métiers au Moyen Age, La vie des femmes au Moyen Age, etc. Ses recherches portent sur de nombreux aspects de la vie au Moyen Age, principalement sur la ville à la fin du Moyen Age, et sur l'art et la culture.

Ses recherches récentes portent sur les arts, l'iconographie, l'artisanat et les artistes aux Moyen Age, spécialement les métiers artistiques. Elle écrit également des romans. Elle publie son premier roman, L'anonyme d'Avignon en 1992.

Bibliographie partielle

  • Les Vierges noires. Regards et fascination (1990)
  • Marien en Limousin (1991)
  • L'anonyme d'Avignon (roman) (1992)
  • Les anges & les démons (1993)
  • Les couleurs de la norme et de la déviance (1993)
  • Les feux barbares (roman) (1995)
  • L'Àge d'or de la forêt (1995)
  • Culture, artistes et société dans la France médiévale (1998)
  • Histoire de l'Angleterre médiévale (2000)
  • D'art et d'argent: les artistes et leur clients dans l'Europe du Nord, XIIIe-XVe siècle (2001)
  • La passion du livre au Moyen Age (2003)
  • L'image du monde: trésors des enluminures de la Bibliothèque de Rennes (2003)
  • Un mystère à Brocéliande (roman) (2004)
  • La vie quotidienne au Moyen Age (2004)
  • Vivre en ville au Moyen Age (2005)
  • Sur les pas des papes d'Avignon (2005)
  • Les Romans de la Tables ronde: premières images de l'univers arthurien: un trésor enluminé de la bibliothèque de Rennes (2005)
  • L'art en famille: les millieux artistiques à Londres à la fin du Moyen Age (2005)
  • Le château fort (2005)
  • Le manuscrit de Compostelle (roman) (2006)
  • Louis XI ou le mécénat bien tempéré (2007)
  • L'alchimiste errant (roman) (2007)
  • Poètes et artistes : la figure du créateur en Europe au Moyen Age et à la Renaissance (2007)
  • Un manuscrit d'Anne de Bretagne (2007)
  • Les métiers au Moyen Age (2008)
  • Meurtres à la cour de Richard III (2008)
  • La vie des femmes au Moyen Age (2009)

Résumé et commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Une vision excessive a longtemps persisté à propos de "temps obscurs" où la culture était réservée à quelques moines, cloîtrés dans leurs abbayes. Une grande masse d'illétrés, nobles et paysans, aurait été dénuée de tout savoir, tenue à l'écart des connaissances les plus élémentaires. C'est une interprétation assez erronée. Elle omet un fait majeur, celui de la lecture orale et collective" p.49

"À l'époque où les écoles fleurissent à PAris, les laïcs, en particulier les aristocrates, abandonnent l'oralité pour la lecture silencieuse de livres religieux et profanes. La lecture se répand dans la noblesse aussi bien chez les hommes que chez les femmes." p.60

Sources

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23 février 2010

J'aime... 7 choses qui font battre mon coeur

Et un petit tag pour se rappeler qu'il y a de belles choses dans la vie... des petites choses qui nous permettent de sourire... Un petit clin d'oeil et un gros merci à L'Or des chambres pour ce tag ! ;)

Petit exercice finalement pas aussi facile qu'il ne le semblerait. Car finalement, il y a plusieurs choses qui peuvent faire battre mon coeur... des choses importantes et des petites choses... J'ai hésité longtemps et j'ai sélectionné 7 choses... Et j'ai hésité longtemps aussi mais finalement j'ai décidé de ne pas céder à la tentation du romantisme et je n'ai pas inclus mon PisTout dans la liste... non, car bon, cela va de soi, non... et je ne voudrais pas tomber dans le romatisme quétaine ! Ce tag le dit bien:  des choses qui font vibrer notre coeur... donc pas de famille dans le lot ! ;-)

Alors voyons voir !

J'aime les chats...

3

Oui... j'aime vraiment beaucoup les chats... j'aime les animaux en général... j'aime les chiens, les oiseaux, les vaches, ... Mais vraiment les chats font parties de moi. Quand mon gros minou nous a quitté, je me suis dis que je ne pourrais vivre sans chat... mais que je ne pouvais pas avoir tout de suite un autre minou dans ma vie. Mais j'ai besoin de chats. Mon gros Vasky sera toujours là... mais j'ai hâte que de nouveaux miaulements s'introduise dans nos vies !

J'aime jardiner...

4

Oui... et malgré toutes les aventures désastreuses sur mon balcon barcelonais... j'adore jardiner. Et depuis toujours. J'aimais me mettre les deux mains dans la terre pour aider mon père avec son potager... ses tomates, piments, cerisiers, pruniers, framboisiers, oignons, melons... Et aussitôt que j'ai pu faire entendre ma voix, j'ai décidé avec ma mère des fleurs qui seraient sur le devant, sur le côté, sur le mur, dans les pots... Et un jour... la température sera plus clémente avec moi...

J'aime les ousons...

1

Oui... tout comme l'Or des chambres, j'adore les oursons en peluche. Depuis toujours. Et j'ai encore le premier qui me fut offert par ma grand-mère à ma naissance. J'aime les peluches en général... mais j'ai une passion pour les oursons en particulier. Et depuis quelques années, j'agrandis ma "collection" que je vois plutôt comme ma famille.  Et une étape obligatoire de mon voyage au Japon... étape que mon PisTout m'accorda en riant... fut le passage au musée des Teddy Bear!

J'aime le fromage...

5

Oui... Honnêtement... on me donne un plateau de fromages et un plateau de gâteaux... et je vais choisir le plateau de fromages. C'est une passion depuis mon enfance à la grande incompréhension de mes parents. Et j'essaie de mettre du fromage dans tous mes plats si c'est possible.

J'aime la mer...

6

Oui... mais pas spécialement pour m'y baigner. Simplement pour la regarder, l'observer, la prendre dans mes yeux et la conserver dans mes oreilles. J'avoue que je ne voudrais jamais vivre sur le bord de la mer... le bruit serait horrifiant... Mais tout près... pour tous les jours la regarder et marcher dans le sable... sans personne d'évacher sur le sable, sans personne qui joue à la balle... juste les vagues qui viennent dévisager mes pieds...

J'aime les livres...

2

Oui... Je sais que c'est évident... pour un blog de ce genre. Mais c'est un amour qui va au-delà des mots. Les mots sont importants. Bien sûr. Mais j'aime les livres. Mon coeur bât au toucher des pages d'un vieux livre... J'aime les nouveaux livres bien sûr... les pages neuves et craquantes. Mais ce sont les vieilles pages, lourdes et jaunes, qui me font fermer les yeux et imaginer les vies de ces livres...

J'aime la littérature médiévale...

7

Oui... Je sais, ce n'est pas bien original... Mais c'est mon premier amour. Je suis bibliothécaire/archiviste, mais avant cette maîtrise, j'ai fait trois ans d'université en littérature... et ma spécialisation ? littérature médiévale. J'ai passé très près de continuer dans cette voie... et aujourd'hui je continue de lire des oeuvres de cette, si longue, époque... de lire sur ces siècles si bizarres et changeants... et j'ai la chance de voir tant d'endroits appartenant à ces temps fous et lointains.

Et quoi d'autres ?  J'aurais pu parler de mon amour des portes, des fêtes, des fontaines, des sacs à main, des ...

Et qui je taggue ? Oui car on doit continuer le tag... habituellement. J'hésite... disons... si elles le veulent bien... car il ne faut pas se sentir obliger... Allie (j'espère tant qu'elle va un peu mieux...), Heartless Witch (qui vient de déployer ses ailes...) et Lhisbei (si ces amis Biily lui laissent le temps...).

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20 août 2009

À la table du Moyen Âge

CuisinePuis-je me permettre un très mauvais jeu de mot ? Enfin, un jeu de mot facile et même enfantin ? Et bien oui, je vais me permettre. Pourquoi ? Parce que j'en ai envie, voilà tout! (mais enfin... que de chichi pour un mauvais jeu de mots !)

Alors voilà ce fameux mauvais jeu de mots: j'ai absolument dévoré l'ouvrage de Birlouez: A la table des seigneurs, moines et paysans du Moyen Age! Une fois que j'ai commencé ma lecture, je n'ai pu arrêter... presque comme un roman qu'on ne peut plus reposer car on veut connaître la suite immédiatement.

J'ai lu le livre en deux soirées, dans mon lit, dans une auberge perdue près de Séverac-le-Château. Le lendemain, dans la voiture, je ne faisais que parler du livre avec mon PisTout. "Savais-tu ceci?" "Te rends-tu compte de cela?"

Nous avions prévu plusieurs arrêts ce jour-là, dont une visite du Château de Coupiac, dans le sud de l'Aveyron. Le château est géré depuis plus de 25 ans, par l'association "Los Amics del Castel de Copiac" qui en plus de s'occuper de la restauration des lieux, organise diverses activités et animations tout au cours de l'été (et parfois pendant les autres saisons).

Nous voilà donc à Coupiac pour la visite de ce lieu haut en histoire et fort bien conservé et restauré. Nous payons notre entrée et commençons la visite. Quelle ne fut pas notre surprise - enfin plutôt la mienne! - de constater que l'animation de la journée se déroulait dans la cuisine du château. Une gentille dame, toute costumée, expliquait les coutumes et habitudes alimentaires au Moyen Age ! Quelle coïncidence incroyable !

Nous nous sommes donc assis et avons écouté ses explications. Ma lecture étant plus que fraîche dans ma mémoire, ma langue picotait à chaque question qu'elle posait : "savez-vous pourquoi on dit telle chose?" "saviez-vous que l'on ne mangeait pas de telle chose?" Et quand on lui posait des questions, je me tortillais sur le banc afin de ne pas répondre à sa place ! Et c'est que j'aurais pu !

L'animation fut un bon complément à ma lecture. Installés dans une cuisine médiévale, entourés d'objets des différentes périodes médiévales, nous avons aussi eu droit, en conclusion, à une dégustation d'hypocras, ce vin des chevaliers !

Ma seule déception: le seul livre sur le sujet à la boutique était l'ouvrage de Birlouez ! J'espèrais pouvoir acheter d'autres volumes et compléter ainsi ma lecture sur ce sujet (que je trouve personnellement) passionnant !

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19 août 2009

À la table des seigneurs, des moines et des paysans du Moyen Âge

À la table des seigneurs, des moines et des paysans du Moyen Âge / texte Eric Birlouez. -- [Rennes] : Editions RepasOuest-France, [c2009]. -- 127 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 978-2-7373-4629-3. -- (Coll. Histoire)

Quatrième de couverture

En nous invitant à découvrir la table au Moyen Âge, Éric Birlouez nous entraîn dans un univers d'une éblouissante richesse sensorielle et symbolique. A la table des seigneurs, les plats étaient parfois colorés en jaune orangé ou en rouge vif. Ils étaient généreusement assaisonnés de coûteuses épices aux subtifs arômes. Certains mets présentaient un degré de raffinement inouï, tels ces cygnes au bec et aux pattes dorés à l'or fin, servis revêtus de leurs plumes et avec les ailes déployées. Le festin médiéval était un spectacle "total", qui se déroulait selon un rituel très codifié et qu'agrémentaient musiciens et conteurs, jongleurs et acrobates.

Cet ouvrage nous parle aussi du pain et des bouillies de céréales, des humbles légumes et des modestes plats de fèves. C'est-à-dire de la nourriture des pauvres... qui constituaient les neuf dixièmes de la population ! Il évoque également l'alimentation des moines et nous rappelle que l'Église imposait, aux religieux comme aux laïcs, la stricte alternance des jours "gras" et des "maigres". Le style d'alimentation du mangeur médiéval devait impérativement être conforme à son rang social. C'est pourquoi, en nous penchant sur les tables du Moyen Âge, nous en apprenons beaucoup sur la société de l'époque, sur son organisation et ses activités économiques, sur ses normes cultuelles et sa symbolique.

L'auteur

Éric Birlouez est tout d'abord un ingénieur agronome qui s'est spécialisé en histoire de l'alimentation. Il est également sociologue et consultant. Il enseigne en Histoire de l'alimentation et sociologie des comportements alimentaires à plusieurs universités françaises et étrangères. Il a également publié des ouvrages et articles sur les sujet de l'alimentation et des aliments toujours en y soulignant les aspects historiques et sociologiques.

Bibliographie

  • Le lait, premier aliment de l'homme (2001) (Avec Inès Birlouez-Aragon)
  • La civilisation du blé : pain, amidon, froment, épi, engrain, farine (2002)
  • A la table des seigneurs, des moines, et des paysans du Moyen Age (2009)

Résumé et Commentaires personnels

C'est une invitation à s'asseoir à une table - ou plutôt des tables - médiévale que nous propose Eric Birlouez avec son ouvrage "À la table des seigneurs, des moines et des paysans". L'auteur qui est un spécialiste de l'histoire de l'alimentation, nous fait découvrir les habitudes alimentaires des gens du Moyen Âge. L'ouvrage pose le sujet en soulignant les différences alimentaires importantes entre les différentes couches de la société. En effet, on ne mange pas de la même façon, ni la même chose si l'on fait partie de la noblesse/bellatores (seigneurs et chevalerie), du clergé/oratores (moines et religieux) ou des paysans/laboratores (pauvres, humbles, travailleurs, etc.).

L'ouvrage traite différents sujets tous reliés évidemment au monde de l'alimentation au Moyen Age. Cette période étant très vaste (environ mille ans), il est évident que l'auteur ne peut couvrir tous les aspects reliés à la cuisine, la table, l'alimentation. Il ne peut que survoler certains de ces thèmes.

- On nous présente d'abord les trois groupes sociaux de l'époque et on distingue bien les différentes habitudes alimentaires associées à chacun. Les codes alimentaires et sociaux sont très stricts et on les suit à la lettre.

- L'auteur nous parle ensuite de différents aliments présents dans les plats médiévaux: céréales, pain, légumes, chairs, miel, vin,... La nourriture change et évolue.

- On décrit ensuite les différentes étapes des repas, particulièrement les festins et banquets. On y traite du service, du rituel du repas et surtout de l'importance des couleurs en cuisine médiévale.

- Un chapitre complet nous parle ensuite des épices, omniprésente dans les mets.

- Le mobilier, les ustensiles et les bonnes manières de table sont ensuite présentés.

- Finalement, l'auteur s'attarde sur la cuisine et les cuisiniers.

Le livre est riche en information sur les habitudes alimentaires de cette vaste époque et on découvre les origines de nombres de coutumes encore en vigueur aujourd'hui. Manger et "bien manger" est depuis toujours au centre de nos préoccupations. Et étudier comment on s'alimentait au Moyen Age nous en apprend beaucoup sur la société de l'époque.

Cette collection des Éditions Ouest-France est dédiée principalement au Moyen Âge est un excellent moyen de se familiariser avec cette époque. Les ouvrages sont agréables à lire et abondamment illustrés. Les ouvrages sont évidemment brefs et ne prétendent pas faire le tour des sujets qu'ils abordent. C'est un premier contact, une première approche. On nous propose un survol du sujet en tentant de couvrir le plus d'aspects possibles.

Comme tous les ouvrages de cette collection, ce livre est richement illustré. On nous propose quantité de gravures et enluminures pour illustrer les propos. Cependant, l'ouvrage semble légèrement "plus" illustré que d'autres livres de la collection et même peut-être un peu "trop", selon moi. Les illustrations prennent souvent toute la place dans la page et laissent peu d'espace pour les textes qui se trouvent ainsi très réduits. Il manque aussi d'explications plus détaillées des illustrations. Même si nous savons que le livre n'est qu'une introduction, un peu plus d'informations aurait été intéressant. Et quelques recettes auraient ajoutées un petit élément intéressant selon moi.

On passe rapidement sur les sujets, il y a peu de chronologies et on fait peu de nuances entre les habitudes alimentaires dans une même couche de la société. Évidemment, on s'attarde plus aux habitudes alimentaires des nobles, la documentation étant plus détaillée sur cette classe de la société.

Ceci dit, l'ouvrage est très intéressant et même passionnant. Une chose est certaine... je vais continuer mes lectures sur cet aspect peu connu de la vie au Moyen Âge.

Extraits

"Comme le haricot et les courges dont nous avons déjà parlé, d'autres légumes "américains" - et pas des moindres - sont totalement absents du répertoire alimentaire des hommes du Moyen Age: la pomme de terre, le maïs, la tomate, les poivrons et les piments, le topinambour... ne débarqueront sur l'Ancien Continent qu'au début du XVIe siècle (mais faudra attendre encore près de trois siècles pour que les Français acceptent enfin de consommer tomates et pommes de terre!)" p. 42-43

"[...] les plats chauds arrivent couverts d'un autre plat retourné afin qu'ils ne refroidissent pas trop. En effet, dans les grandes demeurent des familles nobles, la cuisine est éloignée des autres pièces d'habitation pour limiter les risques de propagation d'un éventuel incendie. Cet usage est à l'origine de l'espression "mettre le couvert"." p. 83

"Au Moyen Age, la notion de salle à manger", c'est-à-dire de pièce dédiée de manière permanente aux repas, n'existe pas. Chez les paysans et les citadins pauvres, c'est dans l'unique pièce du logement que l'on mange. Dansl es châteaux, le spalais princiers, les hôtels aristocratiques et les grandes demeures bourgeoises, on prend les repas dans la pièce que l'on juge la plus appropriée aux circonstances... [...] Ce choix est d'autant plus aisé à concrétiser qu'il n'existe pas (ou peu) de tables de repas fixes. Lorsqu'approche le moment de manger, on pose une planche sur des tétraux, matériel que l'on range à l'issu du repas. C'est de cette pratique que viennent les expressions "dresser" la table ou "mettre" la table..." p. 107

Sources à consulter

Quelques critiques de l'ouvrage:

Un blog sur la cuisine au Moyen-Âge

 

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