16 avril 2017

Le moment captif d'un dimanche : amour et cruauté

2017-07"Le caractère le plus profond du mythe, c'est le pouvoir qu'il prend sur nous, généralement à notre insu." [Denis de Rougemont]

Au début, il y a une activation irraisonnée de croyances émotionnelles. Puis vient la construction des autels. Abandon de liberté pour un pardon artificiel. Droit à la sérénité. Sans questionnement. Douce quiétude.

Besoin de détresse. Croyances épidémiques. Toutes différentes. Idoles cycliques, incroyablement similaires.

Beauté des mots et poésie des gestes. La plupart du temps. Volonté de bons sentiments : amour, compassion, ouverture, entraide... Pour un temps.

Inflexibilité des pensées et rigidité des actes. Trop souvent. Interdiction de la différence. Privation, condamnation, intolérance. Généralement.

Les yeux fermés. Un chant, une prière, un poème, un cri, un espoir pour une mythologie universelle.

"Secte, religion ; foi, superstition, juste un problème de définition." [Antonio Navalhas]

Posté par Laila_Seshat à 09:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


26 juin 2015

Quel monstre ?! - Suite

Donc, je disais qu'il fallait que je fasse quelques recherches sur le net... (premier texte ici)

Peu de liens mais quand même, Wippi est documenté sur le web, surtout en anglais. Et il semblerait que j’ai manqué la « nouvelle » sur le monstre. En 2005 (alors que j’habitais à Barcelone, voilà pourquoi j’ai raté l’article), il y aurait eu une photo de prise du monstre. Cela aurait même paru à CTV, faut le faire. Mais rien Maasa2dans les journaux ou télévision francophones. Selon l’article que j’ai retrouvé (l’original sur CTV.ca n’est plus disponible) un touriste aurait capturé en vidéo le monstre et aurait donné des copies photos au propriétaire du Ripplecove – une auberge située à quelques maisons de chez mes grands-parents ! Donc, théoriquement, si un touriste hébergeant à deux pas de la maison de ces derniers a photographié le monstre, j’aurais dû le voir moi aussi, ou du moins en avoir entendu parlé par ma famille.

En tout cas, selon l’article, le propriétaire ainsi qu’un guide touristique proposant des tours sur le lac Massawippi – et soi-dit en passant, je connaissais les deux personnes – disent être convaincus de l’existence de Wippi. D'autres liens parlent, encore une fois, de la profondeur du lac, de cavernes remontant dans les montagnes, de tunnel entre les lacs - à la Black Point - et de tourbillons faisant chavirer les canots.

On raconte aussi qu'on disait aux enfants de ne pas se baigner trop loin car il y avait un serpent de 6Maasa4 à 7 pieds avec une tête de vache ou de barbotte (c'est selon), dans le lac. Bon, cela me laisse croire que ma famille n'était pas trop protectrice car on ne nous a jamais dit ça ! Je me suis même baigné en plein milieu du lac. Et près des falaises en plus ! Pas de monstre qui est venu nous chatouiller les orteils ! Mais, je peux vous dire que les brochets, eux, ne sont pas peureux. Et même sur le bord de l'eau, il y en a qui sont venus se faufiler entre nos jambes. Il y en a même un qui a mordu mon amie. Oui, oui, je vous le jure. C'est vrai ! Tout comme l'araignée qui avait à peu près 30 cm d'envergure avec les pattes... vous savez les araignées au corps tout petit et aux longues, longues pattes... je vous le jure !!!

Bon, revenons au monstre.

Selon un des liens, il y aurait une carte du lac réalisée par un certain Major Stein sur laquelle, on aurait indiqué les monstres et merveilles du lac. Encore une fois, dans les sites visités, on parle un peu partout, de lac profond, de grands poissons, et surtout d'esturgeons monstrueux. On parle aussi du rocher "Donda" qui portait autrefois une sculpture représentant une tête d'amérindien avec un serpent autour du cou... une belle légende qui ne semble pas avoir de lien avec le  monstre. Malheureusement, encore une fois, je n'ai jamais entendu parler de cette histoire. 

Alors j'en veux un peu à ma mère, à mes grands-parents, à tout le village, en fait... C'est quoi l'idée de ne jamais m'avoir parlé de ce monstre ! Il va falloir que je parte à sa recherche à ma prochaine visite de la région !

lac_massawippiUn peu d'information :

Le nom du lac, Massawippi, serait un mot abénaquis qui signifierait "grand lac profond". Certains disent que ce mot signifie plutôt "beaucoup d'eau claire" ou encore "rivière aux eaux profondes". On parle aussi de déformation du mot "nasawipi" "nipi" signifiant eau et "nasaw" entre ou milieu, ce qui donnerait "entre les eaux".

Situé dans les Cantons de l'Est, cinq municipalités bordent le lac : North Hatley, Canton de Hatley, Hatley, Ayer's Cliff et Sainte-Catherine de Hatley.

  • Superficie : 18,7 km²
  • Profondeur maximale : 85,7 m
  • Profondeur moyenne : 41,6 m
  • Longueur : 14,2 km
  • Largeur maximal : 1,9 km
  • Poissons communs : Truites, achigans, perchaudes, brochets, barbottes, crapets-soleil, dorés, etc.
  • Animaux et oiseaux : Bernaches, oies blanches, grands hérons, canards, urubus, cerfs de Virginie, Orignaux, dindons sauvages, rats musqués, castors, etc.
  • Source principale : Rivière Tomifobia
  • Source de la rivière Massawippi

Quelques liens intéressants :

Monstres des lacs du Québec : mythes et troublantes réalités / Michel Meurger avec la collaboration de Claude Gagnon. -- Montréal, Paris : Éditions internationales Stanké, 1982. -- 319 p., [1] feuillet de planche : ill. ; 23 cm. -- ISBN :  978-2-760401723

Extrait sur le site de Claude Gagnon

Posté par Laila_Seshat à 02:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

25 juin 2015

Quel monstre ?!

monstresmarins2À la recherche d’un document bien précis dans notre magasin, je fouillais dans les rayonnages des livres oubliés. C’est à cet endroit que l’on place entre autres les livres un peu fatigués mais qu’on ne peut pas remplacer. On décide de les conserver pour diverses raisons : ce sont des classiques incontournables – particulièrement s’ils sont québécois -  le livre n’est plus édité et il est rare, etc. Malheureusement, même si ces livres sont toujours disponibles pour le public, les mettre au magasin les condamne à l’oubli. Bon, je digresse…

Toujours est-il que j’étais à la recherche d’un livre lorsque mes yeux croisèrent la tranche d’un autre qui retint mon attention : Monstres des lacs du Québec. Je l’avoue j’ai été intriguée et je l’ai pris pour l’observer. Je connaissais Memphré le « monstre » du lac Memphrémagog – difficile de manquer la sculpture à Magog ! Et j’avais entendu parler de Ponik, celui du lac Pohénégamook. Mais alors que je lisais la table des matières, mes yeux se sont accrochés sur un nom. Au chapitre 1, partie 8, je lis ceci : « Les monstres des lacs Memphrémagog et Massawippi ». MASSAWIPPI ! Et hop, un emprunt immédiat !

C’est que voyez-vous, le lac Massawippi, c’est le lac de mon enfance ! Là où j’ai passé tous mes étés quand j’étais jeune. La maison de mes grands-parents était située au bord du lac Massawippi, à Ayer's Cliff, et c’est un lieu que je connais si bien. J’ai fait du bateau sur le lac, je me suis baignée dans le lac, j’ai pêché sur le lac, j’ai patiné sur le lac et j’ai passé des heures à le contempler. J’ai entendu mille et une histoires à propos du lac. Mais d’un monstre ? Je n’ai jamais entendu parler ! Étrange, non ?

Je me plonge dans le livre. Et je commence par les pages qui parlent de « mon » lac. On y parle de falaises à pic, de lac très profond, de lac sans fond, de cavernes sous les montagnes bordant le lac, de poissons phénomènes, de tunnel entre le lac Massawippi et le lac Memphrémagog, de noyés qui ne reviennent jamais, et, évidemment de monstres mystérieux.

Alors que j’avance dans ma lecture, des souvenirs commencent à surgir. Car tout ça, je me souviens d’en avoir entendu parler. Tout, sauf le fameux monstre.

Je me souviens de ma grand-mère parlant de bateaux ayant coulé dans le Memphrémagog et Maasa1mystérieusement retrouvés dans le Massawippi – car il y aurait un tunnel souterrain entre les deux lacs. Je me souviens de mon grand-père racontant la pêche de brochets immenses, et disant que des plongeurs avaient affirmé avoir vu des poissons, probablement des esturgeons, de plusieurs mètres. Je me souviens de mes tantes parlant de connaissances du village qui s’étaient noyés dans le lac et dont on n’avait jamais retrouvé les corps ; on disait qu’ils étaient peut-être dans ses fameuses cavernes sous les falaises. Je me souviens de ma mère racontant comment un après-midi qu’elle se faisait bronzer dans une chaloupe, elle avait vu passer « entre deux eaux » le corps d’un homme qui s’était noyé quelques semaines auparavant ; il était boursouflé mais intact. Je me souviens d’enfants disant que Massawippi signifiait « lac sans fond » et que les algues pouvaient nous entraîner vers ces profondeurs inatteignables.

Mais bizarrement, encore une fois, je ne me souviens pas d'avoir jamais entendu qui que ce soit parler de monstre. Et pourtant, j’en ai passé des soirées avec des amis du village à se raconter des histoires de fantômes – je peux même vous montrer toutes les maisons hantées du village. Et j’en ai passé des soirées autour d’un verre, ma foi, un peu illégal puisque nous n’avions que 16 ans, à une table de l’hôtel de Shady Crest, à se raconter des histoires sans queue ni tête. Oui, ce même hôtel, dont le propriétaire raconte dans le livre des histoires de poissons avec des têtes de vache et d’esturgeons monstrueux. Il ne nous a jamais raconté ces histoires ! Le monstre a même un petit nom « Wippi » ou « Whippi » dépendant de la langue du raconteur.

Et donc non… pas de monstres dans mes souvenirs. Je suis un peu déçue, je l’avoue !

Quelques recherches sur le net s’imposent... (à suivre)

Posté par Laila_Seshat à 16:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

28 juillet 2008

L'ange Lailah

J'ai choisi Laila pour pseudonyme et j'en parle un peu ici. C'est étrange mais à la longue, il me colle à la peau et je me sens autant Laila que mon véritable prénom. J'avais lu un peu sur le nom avant de le choisir, mais j'ai voulu faire un peu plus de recherche... donc voici, ce que j'ai trouvé...


On retrouve le nom de Laila sous différente forme : Lailah, Leliel, Lailael, Layla. Cette entité est généralement considérée comme un ange faisant partie du folklore religieux juif.  Son caractère est ambivalent puisqu’on le retrouve à la fois décrit comme ange « saint », « bénéfique » ou « lumineux » dans certains textes et comme un ange « déchu », « maléfique » ou « d’ombre » dans d’autres. Certains textes incluent dans leursLailah propos à la fois ces deux aspects considérés comme « contraires ».

Laila, est souvent appelé l’ange de la nuit – souvent considéré comme démoniaque- et son nom dérive du mot hébreu « lailah » qui signifie justement « nuit ». On dit d’ailleurs « Lailah tov » pour dire « bonne nuit ». On retrouve le terme dans le Livre de Job 3:3 : « Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! ». Mais Laila est également décrit comme le « prince de la conception ». Dans ce verset de l’Ancien Testament, « lailah » ou la « nuit » est donc considéré comme à la fois maléfique et comme « supervisant » la conception.

Job dans ce texte maudit le moment de sa conception : « Ce jour ! qu'il se change en ténèbres, Que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, Et que la lumière ne rayonne plus sur lui ! Que l'obscurité et l'ombre de la mort s'en emparent, Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, Et que de noirs phénomènes l'épouvantent ! Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu'elle disparaisse de l'année, Qu'elle ne soit plus comptée parmi les mois ! Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie ! Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan ! Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore ! […] » (traduction de Louis Segond, 1910).

Étant le « prince de la conception », Laila est donc responsable – ou le « superviseur » - de toute conception. Cet attribut a d’ailleurs, dans certaines traditions magickes ou spiritualités qui invoquent ou évoquent cet ange, fait de Laila une entité féminine, alors que les anges n’ont, par définition pas de sexe – bien que la plupart des représentations d’anges leurs donnent des traits masculins (de plus, le mot « ange » : malakh  est un nom masculin). Laila est souvent comparée, parfois même assimilée, à Lilith, la première femme, ou démon féminin de la conception –bien que Lilith détruise habituellement le fruit de la conception. On associe également Laila à un ange « féminin » en raison de la sonorité féminine de son nom. Son nom ne ressemble pas aux noms habituels d’anges et ne comporte pas la terminaison « el » qui signifie « dieu » (bien qu’une graphie du nom soit « Leliel ».)

Selon le Zohar – étude approfondie de la Torah ou Pentateuque ; en particulier de la Genèse et l’Exode – Lailah est l’ange qui est chargé de protéger et garder l’esprit à sa naissance. Ce qui n’en fait pas une entité négative. Laila est donc en charge à la fois de la conception et de la protection des esprits conçus à leur naissance. Plusieurs prières existent d’ailleurs pour appeler l’ange de la conception. Ces prières demandent à l’ange Laila de favoriser la conception d’un enfant. Dans ces prières on promet de s’occuper et d’aimer l’enfant à naître et on remercie l’ange de son aide, sa protection et de cette création – toujours en rappelant le rôle principal de « dieu » auquel l’ange est soumis. Cette conception demeure possible par la grâce de « Dieu » dont l’ange est uniquement l’intermédiaire. L’ange permet la conception car « Dieu » le permet.

Laila préside donc sur la nuit et la conception, à la fois démon (ange déchu) et ange. Cependant, certains textes – qui analysent la Genèse, par exemple, Bereshit Rabba - disent qu’on peut retrouver une histoire qui raconte comment l’ange Lailah a combattu pour Abraham lors de ces affrontements avec les Rois. Ceci renforce l’image positive et bénéfique de l’ange. On retrouve aussi cette histoire dans « The Legend of the Jews » par Louis Ginzberg.

D’autres textes peuvent être trouvés sur l’ange Laila et mettent en évidence son lien avec la conception de la vie. On retrouve d'ailleurs plus d'occurence soulignant le lien avec la conception que le lien avec la nuit.

BeforeDans son livre pour enfants « Before you were born », l’auteur et folkloriste Howard Schwartz aborde la nature de l’ange Laila d’une façon simple et très complète.

L’auteur appelle Laila, la sage-femme des âmes. Il souligne que l’ange rassemble l’âme – ou l’esprit - et la semence pour ensuite s’assurer que cette semence, cette « graine » contenant maintenant une âme, sera déposée dans un ventre maternel. Laila accomplit cette tâche sur l’ordre de Dieu et va chercher l’âme dans le Jardin d’Eden. Il ordonne à l’âme d’entrer, de s’unir à la semence pour former le futur être humain.

L’auteur explique aussi qu’alors que l’enfant grandit dans le ventre de sa mère, l’ange Laila place une chandelle allumée à la tête de l’enfant – toujours dans le ventre – pour qu’il puisse voir d’un bout à l’autre de l’univers. Le Livre de Job 29 :3 évoquerait d’ailleurs cette lumière : « Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit : Oh ! que ne puis-je être comme aux mois du passé, Comme aux jours où Dieu me gardait, Quand sa lampe brillait sur ma tête, Et que sa lumière me guidait dans les ténèbres ! »  Laila a également comme responsabilité d’apprendre à l’enfant à naître, la Torah ainsi que l’histoire de son âme. L’enfant à naître est pur et il fait d’ailleurs la promesse à Laila qu’il gardera son âme pure. L’ange lui montrera également le Ciel et l’Enfer. Lorsque l’enfant doit naître, l’ange éteint la chandelle et assiste la naissance. Mais lorsque l’enfant sort du ventre maternel, Laila frappe la lèvre de l’enfant avec son doigt (lui laissant cette petite marque ou pli que l'on a au-dessus de la lèvre) ce qui fait en sorte que l’enfant oublie tout ce qu’il a appris avant sa naissance. L’histoire souligne cependant que ce que l’enfant a appris ne disparaît pas vraiment. Ce qui explique certains souvenirs, connaissances. Le mythe rapporté par Schwatz continue en disant que Laila surveille l’enfant durant toute sa vie – une sorte d’ange gardien – et à sa mort, l’ange le guidera jusqu’au « ciel », vers un nouveau monde, devant Dieu où la personne devra rendre compte de sa vie passée sur « terre ».

Ce mythe fait de Laila, plus qu’un ange bénéfique, mais également un ange gardien. On peut retrouver ce mythe dans le texte : Midrash Tanhuma Pekude 3 qui fut publié en 1522.  Cette histoire présente donc Laila comme l’ange qui sur l’ordre de Dieu, ira chercher une âme dans le Jardin d’Eden qu’elle obligera à naître. On ajoute parfois que l’âme refuse d’abord de se plier à la volonté de Dieu car elle se « rappelle » la souffrance de naître. Et donc cette âme aurait déjà vécu. Le texte cherche cependant en grande partie à souligner la présence de Dieu à chaque instant de la vie – avant même la conception. Il souligne également l’aspect essentiellement pur de l’âme humaine mais qui peut être influencée par le pourvoir du « mal ». Et finalement que à notre naissance – ou plutôt avant notre naissance, notre âme - nous avions la capacité de comprendre Dieu ainsi que les secrets de la Torah mais que nous oublions cette connaissance.

À lire :

Posté par Laila_Seshat à 12:29 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 juillet 2008

Cette petite boîte

Il y a quelques jours, j'ai eu une discussion intéressante avec des amis en visite chez moi. Et à un moment, quelqu'un a dit : "c'est toute une boîte de Pandore que tu ouvres". On sait tous qui est Pandore et ce qu'elle aurait fait... Mais peut-être y a-t-il plus à cette histoire ? Je suis curieuse... et parfois, certaines choses restent accrochées à mes pensées, et je me dois d'approfondir... Et cette boîte de Pandore - au moment de cette conversation - m'a achalée... donc quelques recherches se sont imposées.

L’histoire   

8066553_1_Deux légendes existent au sujet de Pandore. 

Une première moins connue nous raconte l’histoire de trois sœurs, filles du roi Érecthée qui pour être le vainqueur d’une guerre promit de sacrifier la plus jeune de ses deux enfants. Lorsqu’elles apprirent le destin que leur père avait pour leur jeune sœur Chthonia ; lorsque celle-ci fut sacrifiée, Protégénia et Pandore se tuèrent également, ayant fait vœux que si une d’elles mourait, elles mourraient toutes.

Cette histoire est peu connue et on connaît plutôt la deuxième légende se rapportant à Pandore.

Celle-ci nous raconte la création d’une femme par les dieux. Lorsque le feu fut dérobé du ciel par Prométhée pour l’offrir aux hommes, les dieux menés par Zeus voulurent punir les humains pour cette offense. Les hommes devenaient trop puissants avec la connaissance du feu.

« Je ferai présent aux hommes, dit Zeus, d’un mal en qui tous, au fond du cœur, se complairont à entourer d’amour leur propre malheur… » (Hest. 58)

Les dieux créent donc une femme d’une grande beauté, ayant la grâce, la force, ils lui donnèrent toutes les qualités, mais également la ruse, l’audace et la curiosité. Façonnée par Héphaïstos et éduquée par les dieux et les déesses. Ils l’envoyèrent sur terre après lui avoir donner pour nom : Pandore – « qui a tous les dons »

« […]il met en elle la parole et à cette femme il donne le nom de Pandore parce que ce sont tous les habitants de l’Olympe qui, avec ce présent, font présent du malheur aux hommes. » (Hest. 82)

Ils l’envoyèrent sur terre pour séduire les hommes, les perdre et ainsi se venger de la perte du feu. Elle fut présentée au frère de Prométhée, Épiméthée, qui en tomba follement amoureux. Malgré l’avertissement de son frère, qui l’avait prévenu de ne rien accepter venant des dieux, Épiméthée épousa Pandore. Cette dernière avait reçu des dieux une jarre fermée qu’elle ne devait jamais ouvrir, mais la curiosité l’emporta et elle ouvrir la jarre. Tous les maux enfermés dans la jarre pour protéger les hommes (vieillesse, la maladie, la folie, etc.), se répandirent sur terre, épouvantée, elle ferma la jarre, empêchant l’espérance qui était tout au fond de sortir. Par sa faute, tous les maux affligèrent les hommes qui ne pouvaient compter sur l’espérance…

Une autre version dit que ce sont les dons des dieux qui s’échappèrent pour retourner à l’Olympe en privant ainsi les hommes de ceux-ci.

Sources :

  • Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine / par Joël Schmidt. – Paris : Larousse, 1991. – 319 p. : ill. – ISBN 2 03 720203 2.
    Dictionnaire des symboles : Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres / Jean Chevalier, A
    lain Gheerbrant. – Paris : Robert Laffont, Jupiter; 1982. – 1060 p. -- ISBN 2 221 50319 8.

Réflexion personnelle :

Alors qu’on peut de toute évidence dire que Pandore peut symboliser le danger représenté par la beauté, ma réflexion se penche surtout sur l’aspect féminin du mythe qui est de toute évidence colorée par la vision patriarcale et misogyne dont sont empreints la plupart des mythes et mythologies ainsi que par une peur ou une méconnaissance évidente des femmes8066561_1_. On peut souvent très bien comprendre la place de la femme et son statut dans la société en lisant ces histoires. On peut également voir comment elle a souvent changé de statut et comment sa place dans la société a pu être reléguée au dernier plan, alors qu’elle avait souvent une place très importante dans ces sociétés primitives. Les histoires se sont modifiées, et on a mis l’accent sur certains aspects des mythes, les « personnages » féminins ont été mis au second plan, leur rôle se bornant à être figuratif ou alors la cause de tous les maux… par exemple. Je crois qu’il faut voir plus loin dans ce mythe que « Pandore, la femme à l’origine de tous les maux de l’humanité » « ou la beauté, faiblesse » « ou le malheur de l’homme ». Et plus loin qu’un simple « mal », « mal-aimée » dont on ne peut se passer mais qu’on ne peut supporter.

Il faut voir en effet, le caractère contradictoire de l’humanité mais au-delà de « l’homme » et je crois que l’élément central du mythe est bien le « feu » et non « la femme ». Pandore dans le mythe est le « prix du vol du feu » ou plus simplement « le prix du feu ». Et l’ambivalence de ce « prix » ou « cadeau » est dans la symbolique du feu. Le feu détient d’immenses pouvoirs, mais est également destructeur. Le feu est venu à l’humanité et lui a permis d’exister et de croître mais ce « cadeau » est rempli de danger. Il peut détruire tout ce que l’humanité a pu accomplir. Et n’oublions pas que le feu est un symbole ambivalent également dans le sens qu’il symbolise à la fois le « céleste » et « divin » ainsi que le « souterrain » et « infernal ». C’est le démiurge et le démon… la création et la destruction. Et symbolise également un cycle car de la destruction peut venir la régénérescence. Il est certain que la femme était aussi un bon choix pour représenter ce cycle mais il faut y voir un lien très proche avec le feu. Et donc, je crois qu’il faut voir dans ce mythe de Pandore autre chose que la femme belle mais curieuse et à l,origine de tous les maux de l’humanité.

On peut aussi voir un symbole important dans la jarre et qui rejoint un peu la dermière idée. La jarre servait à conserver les grains et les récoltes des hommes. C,est la récolte et le travail des hommes qui a rempli la jarre. La femme doit l’ouvrir pour nourrir sa famille. En laissant toujours l’espérance dans la jarre pour la remplir à nouveau.

Le mythe de Pandore et celui d’Eve sont d'ailleurs très proches l'un de l'autre et de nombreuses thèses ont été écrites à ce sujet ! Jean Deluneau, dit dans son ouvrage :

"Mal magnifique, plaisir funeste, venimeuse et trompeuse, la femme a été accusée par l'autre sexe d'avoir introduit le péché, la malheur et la mort. Pandore grecque ou Eve judaïque, elle a commis la faute originelle en ouvrant l'urne qui contenait tous les maux ou en mangeant le fruit défendu. L'homme a cherché un responsable à sa souffrance, à l'échec, à la disparition du paradis terrestre, et il a trouvé la femme. Comment ne pas redouter un être qui n'est jamais si dangereux que lorsqu'il sourit ?" Jean DELUMEAU, Le péché et la peur. La culpabilisation en Occident (XIIIe-XVIIIe siècle).  alt=Pandore3 v:shapes="_x0000_i1027">

8066576_1_Les hommes ont toujours eu "peur" de ce qu'ils ne comprennent pas ou de ce qu'ils ne peuvent accomplir. Portant la vie en elle, la femme est de toute évidence un "mystère"... et donc un "danger". Qui peut créer à part "dieu" ? Ne pouvant assimiler la femme une force créatrice et donc "divine", mais ne pouvant enlever cette possibilité de création, il a tout simplement fait de la femme un être diabolique... qui pouvait donner la vie mais qui était la cause de tous les péchés...

On se questionne souvent sur ce que l’espérance faisait avec tous ces maux… Selon certaines sources, c’est une mauvaise traduction du texte grec qui fait du terme ελπίς / elpís, qui signifierait « l’attente de quelque chose » et qui n’est pas nécessairement synonyme d’espoir, mais plutôt anticipation ou même crainte. Et ainsi, on peut comprendre que les hommes vont subir les maux – folie, maladie, etc.- mais pas la crainte perpétuelle de subir ces maux.

Ce mythe peut être étudier beaucoup plus en profondeur et nous révèle plus qu’un niveau d’interprétation.

Liens à consulter:

Posté par Laila_Seshat à 13:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

04 juillet 2007

Cultures, Légendes et Traditions

Articles publiés sous la catégorie : Cultures, Légendes et Traditions


Lieux et Bâtiments - Culture, Légendes et Traditions

      Dolmens et menhirs

      Lac Massawippi - Monstre Wippi

      Mont Saint-Michel - Légendes

      Santiago de Compostela - Légendes

      Endroits divers


Fêtes et Journées

       Noël

      Pâques

       Autres fêtes


Légendes et Mythes

      Archange Saint-Michel


Légendes et Traditions - Religions


Légendes et Traditions - Objets

      Le balai


Premier compilation : 4 juillet 2007
Dernière mise à jour: 26 juin 2017

Posté par Laila_Seshat à 14:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,