09 février 2017

Vingt-quatre mille baisers de Françoise De Luca

24Vingt-quatre mille baisers : nouvelles /Françoise De Luca. — Montréal : Marchand de feuilles, c2008. – 102 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-922944-43-3

Quatrième de couverture

Les nouvelles de Vingt-quatre mille baisers explorent la genèse de l'amour. Des petits abandons de l'enfance aux femmes enchanteresses en passant par les élans littéraires qui font voyager, ces textes brefs nous offrent les talismans du coeur et posent une grande question hypnotique: Comment devient-on qui on est? Avec en filigrane la chanson italienne. Un baume pour le myocarde.

L’auteur

Françoise de Luca est né à San Giovanni in Fiori en Italie.

Elle a grandi en France. Elle a licence en journalisme du Centre universitaire d'enseignement du journalisme de Strasbourg. Elle fait ensuite des études en Lettres et détient une maîtrise de l'Université de Reims. Elle fait ensuite des études en arts à Avignon. 243

Elle travaille comme journaliste et comme enseignante dans diverses régions de France.

Elle s'installe à Montréal au Québec en 2000 et publie son premier roman, Pascale, en 2003.

Bibliographie

  • Pascale (2003)
  • Vingt-quatre mille baisers (nouvelles) (2008)
  • Jason et la tortue des bois (jeunesse) (2011)
  • Sèna (2015)
  • Reine (2015)

Mes commentaires

Bon, je n'aime pas les nouvelles. Même si les recueils de nouvelles dont j'ai parlé ici, je les ai généralement bien aimés. Je ne choisis jamais de lire des nouvelles. Disons, qu'elles viennent à moi ? Parfois c'est parce que j'aime le titre.  Cette fois, c'est la couverture. Celle-ci m'obsédait littéralement.  Et donc, j'ai pris le livre. À ce moment-là, je ne me souvenais même pas qu'il contenait des nouvelles. Et je ne voyais pas le lien entre l'image et le titre. Nos choix de lecture ont parfois des raisons étranges.

Le livre de Françoise De Luca qui n'a que 109 pages, renferme 9 nouvelles très courtes. Les textes sont très poétiques. Et j'ai parfois eu l'impression de lire de longs poèmes plutôt que des histoires. Chaque nouvelle tourne autout de l'amour. L'amour parental, l'amour de la langue, de la musique, des livres, l'amour de l'ailleurs, de ses racines et de l'autre.

Les souvenirs d'enfance, les quêtes d'identité, les désirs de l'ailleurs... on a parfois l'impression que l'auteur se livre, se dévoile. Sûrement un peu. Sûrement pas tout. Les histoires sont des moments, des vies... une enfant qui aime la langue, un premier amour, une mère malade qui va mourir, ce sont des histoires d'amour.

Les textes sont très beaux. Mais contrairement à d'autres avis, je les ai trouvés parfois un peu empesés. Et surtout pas sobres ou dépourvus de fioritures, comme on le dit parfois. L'auteur nous offre des textes pleins de poésie, d'ivresse et de musique. Parfois, j'aurais aimé lire une histoire, connaître un peu les personnages, en savoir un peu plus. Mais l'auteur préfère nous livrer des notes, des mots, des moments, des instants... parfois intimes, parfois sensuels, parfois tristes, mélancoliques ou réconfortants. 

J'ai bien aimé mais je ne le recommenderais pas à tout le monde. Ou plutôt, je dirais qu'il faut savoir aller à la rencontre de ce livre. Et il faut le lire au bon moment pour pouvoir l'aimer.

Les mots de l’auteur

« Je dois à un livre une nuit étrange. Une nuit déviée de son cours, sortie de son lit, une parenthèse du hasard.» p. [41]

« Les rêves d’enfant ne déçoivent pas. Peut-être parce qu’ils n’ont pas de contours  nets, parce qu’ils sont flous et ouverts. Parce qu’ils ne sont qu’un point de départ, souvent juste un désir qui s’est planté dans la mémoire et qui grandit, qui fait son chemin, qui tisse une petite pelote de fils transparents. » p. [49]

Pour en savoir un peu plus…

 

Posté par Laila_Seshat à 17:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,


23 janvier 2017

Madame Victoria de Catherine Leroux

Victoria2Madame Victoria / Catherine Leroux. — Québec (Québec) : Alto, [2015]. – 195 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-89694-192-6

Quatrième de couverture

A l'été 2001, un squelette apparaît à l'orée d'un petit bois, à quelques pas de l'Hôpital Royal Victoria à Montréal. Une enquête s'amorce, qui deviendra une quête : découvrir l'identité de cette femme morte sans bruit. Mais toutes les pistes mènent à l'impasse ; celle qu'on a baptisée madame Victoria continue d'attendre que quelqu'un prononce son nom.

Aujourd'hui, la fiction prend le relais.

A partir d'une série de portraits de femmes, Catherine Leroux décline les vies potentielles de son héroïne avec une grande liberté. D'abord nettes comme le jour, ses hypothèses plongent de plus en plus loin dans l'imaginaire, comme des flèches filant vers un point où la mémoire et l'invention se confondent, vers un minuit où tout est possible, jusqu'au dernier souffle.

L’auteur

Catherine Leroux est né à Rosemère au Québec en 1979. Après avoir eu divers emplois (caissière, Victoria1téléphoniste, barmaid, commis de bibliothèque, bergère, journaliste, etc.), elle publie son premier roman, La marche en forêt, en 2011. Son deuxième roman Le Mur mitoyen publié en 2013 a remporté le Prix littéraire France-Québec en 2014. En 2015, elle publie sa troisième oeuvre Madame Victoria qui remporte en 2016 le Prix Adrienne-Choquette. Elle habite maintenant à Montréal.

Bibliographie

  • La marche en forêt (2011)
  • Le mur mitoyen (2013)
  • Madame Victoria (nouvelles) (2015)

Mes commentaires

Roman ou nouvelles ? C'est bizarre, quand j'ai lu Madame Victoria, je ne me suis pas vraiment questionnée. J'ai lu les différentes déclinaisons d'une inconnue comme des parcelles de vies sans lien entre elles. Un fil conducteur oui, mais des histoires différentes. Et puis est venu le temps de rédiger ce billet. Et puis là, je ne sais plus comment décrire le/les texte/s de Leroux. Roman ? Nouvelles ? Les avis sont partagés. Et je suis partagée. Je vais donc mettre les deux dans mes "tags"... aux lecteurs de faire leur propre idée.

Un fait divers réel a inspirée l'auteure. Le 26 janvier 2011, l'émission Enquête diffusait un premier reportage sur la découverte en 2001 du cadavre d'une femme non identifiée dans un stationnement de l'Hôpital Royal-Victoria à Montréal. La mort de la femme remontrerait à 1999 et le reportage tentait de découvrir l'identité de celle qu'on a surnommé "Madame Victoria". Même la célèbre auteure et anthropologue judiciaire Kathy Reichs a participé à l'enquête. À la suite du premier reportage, de nouveaux éléments parviennent aux enquêteurs et un second reportage est diffusé.

Catherine Leroux voit le reportage d'Enquête et décide d'imaginer qui a pu être cette femme inconnue. Et elle nous livre de nombreuses Victoria toutes différentes les unes des autres mais toutes liées dans leur mort anonyme et solitaire. Ces femmes, une dizaine au total, sont toutes différentes mais semblent toute mourir dans l'indifférence ; qu'elles aient été journaliste, comptable, fille-mère, gardienne,...

Si les textes de Leroux sont tout d'abord près des faits connus et rapportés dans le reportage, petit à petit, ils s'en éloignent. Elle remonte le temps, ces personnages vivent aujourd'hui ou dans un autre siècle - passé ou futur. Certaines Victoria sont réalistes, d'autres improbables et impossibles. Et le surnaturel, et même la science-fiction, frôlent certaines de ces vies. Leroux maniant parfaitement tous ces genres. Les textes m'ont tous parus solides et forts.

Chaque vie est donc une nouvelle histoire et c'est pourquoi j'ai pris les textes comme des nouvelles. L'auteur nous présente à chaque fois, une femme, sa vie et sa mort. Il y a certes un fil conducteur, celui qui a trouvé le cadavre et l'enquête qui est menée, et qui revient périodiquement dans de courts chapitres nous rappelant la prémisse des histoires qui suivent. Mais ensuite chaque histoire est véritablement indépendante. Peut-être peut-on parler de roman choral ? Ou encore peut-être peut-on voir le livre comme un recueil de portraits ? Je ne sais pas. Et je n'ai pas envie de savoir, en fait.

L'auteure avoue avoir été touché par l'histoire de celle qu'on a appelé Madame Victoria. Par la solitude, l'anonymat, la violence de sa mort. Elle a voulu donner un peu de beauté et de poésie à cette femme morte seule et sans nom. Elle ne lui a pas redonné une seule vie, mais une multitude de vies. Et elle nous livre des portraits troublants, bouleversants. Ces femmes sont belles, laides, fortes, faibles, remplies d'amour et de haine, elles sont uniques et multiples.

Les mots de l’auteur

« Le lendemain, Victoria se retrouva en possession d’une lettre élogieuse tissée de mensonges qui, en vantant sa foi, sa modestie et ses prodiges intellectuels, la libérait de la misère des campagnes et des prétendants bouseux que lui réservaient ses parents. » p39

« Enfant, elle était convaincue que le mont Royal était un volcan. Cette légende, véhiculée de génération en génération dans toutes les cours d’écoles montréalaises, prenait appui principalement du cratère. Cette croyance maintenant Clara dans une sublime terreur, dans le sentiment qu’à tout moment quelque chose d’énorme, d’extraordinaire et de tragique pouvait se produire. Le volcan a fait d’office de monstre sous le lit, de bonhomme Sept-Heures, mais aussi de château enchanté, d’ami imaginaire. » p. 191

Pour en savoir un peu plus…

Posté par Laila_Seshat à 10:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

22 avril 2011

Le mannequin enchanté d'Anthony Phelps - Commentaires

Man1Le mannequin enchantée : nouvelles / Anthony Phelps. -- [Montréal] : Léméac, [2009]. -- 114 p. ; 20 cm. -- ISBN 978-2-7609-3309-5.

Quatrième de couverture

Avec la grâce du poète, sur la musique des mots et au rythme des phrases, Anthony Phelps écrit comme un danseur, en défiant les lois de la gravité. Du Carré Saint-Louis à une plage près de Barcelone, dans une prison de Papdoc ou dans le merveilleux d'une fabrique de poupées, c'est une veine ludique et aérienne que l'auteur explore ici, quand le réel et l'imaginaire, l'absurde et le malentendu se côtoient et s'entremêlent parfois. Le Mannequin enchanté est l'oeuvre d'un écrivain dont toute la vie a été consacrée à comprendre et à utiliser le pouvoir incantatoire des mots.

[Expérience de lecture] et commentaires personnels

[Le Mannequin enchanté est un recueil de nouvelles. Et ceci n'est pas clairement annoncé sur le quatrième de couverture. Si on avait mentionné ce fait, je n'aurais jamais acheté le livre et encore moins lu. Il aurait évidemment suffit que j'ouvre le livre et lise la page de titre pour voir la mention "nouvelles", mais le quatrième de couverture m'avait emballé et je suis partie avec le livre. On me parlait du Carré Saint-Louis, de Barcelone, d'Haïti, de fabrique de poupée... je trouvais le tout très prometteur. Et donc ce fut tout d'abord une très très grosse déception quand je me suis aperçue que c'était des nouvelles. Je ne suis pas vraiment amateur de nouvelles. Même si j'ai adoré certains recueils ou certaines nouvelles et que j'en écrit même parfois... en général, je passe mon tour pour la lecture. 

Mais ayant acheté le livre, je me suis dit que le moindre que je pouvais faire c'est de le lire. Donc, je l'ai ouvert. Et là... bon, ma lecture fut plaisante dans l'ensemble, mais je ne peux m'empêcher de critiquer... pour la plupart des textes, ce ne sont pas des nouvelles... des textes poétiques, des contes, , des fables, des histoires... mais pas des nouvelles. Et je suis pointilleuse sur le sujet. Ce qui ne veut pas dire que les textes ne sont pas intéressant, beau, poétique... mais ce ne sont pas tout à fait des nouvelles. J'imagine qu'à défaut de pouvoir vraiment les identifier, il fut décidé d'opter pour nouvelles... et puis la licence poétique fait que les nouvelles peuvent sortir de leur définition et règles stylistiques, mais enfin, j'aurais préféré voir sur la page de titre, "textes" ou quelque chose du genre. Bon, mon commentaire maintenant, qui est assez positif en soit - puisque ce ne sont pas vraiment des nouvelles selon moi !]

Les textes du recueil Le Mannequin enchanté sont selon moi très poétiques. L'auteur a beaucoup écrit de poésie et cela se sent dans chacun de ses textes.

Chaque texte balance doucement entre l'irréel et le réel. On retrouve un mélange de magie et de réalité. Et on passe rapidement du réel à l'imaginaire. Les histoires peuvent sembler ancrer dans le réel mais semble toutes dériver vers l'instabilité, la folie, ou tout simplement l'imaginaire. Ce qui n'empêche pas les histoires racontées d'être habitées d'un discours parfois très dur. On sent nettement les préoccupations politiques, sociologiques et même mystiques de l'auteur. Et les histoires se passant en Haïti sont envahi de douleurs, de critiques d'un régime de dictature, d'injustice, de désirs de changements.Les textes sont aériens, doux mais polémiques et durs.

Les histoires ne sont cependant pas d'un seul lieu. On voyage... Québec, Brésil, Haïti, Espagne... Chaque texte est un conte qui voyage. Dans d'autres lieux ou d'autres réalités. Parfois, on sent la réalité brutale à travers la fantaisie d'autres fois, on sent un déséquilibre presque parfait. Et on voit... on sent... beaucoup de solitude dans ce recueil, ainsi que des personnages qui touchent du bout du doigt à la folie.

Le premier texte est fort. "La boîte à surprise" est un désir, un désir pour quelque chose d'instable. Un désir qu'on ne sait pas s'il vaut la peine d'acquérir. Une page unique, mais très forte. Et puis on touche à l'amour et à l'art. Un déséquilibre artistique, une recherche de la perfection (Osiris). "La petite vieille qui cherchait des étoiles", les yeux sur le sol, examinant chaque brin d'herbe. Elle chercher pour l'importance de chercher. Peu importe que l'on ne sache pas ce que l'on cherche. Et puis un "Portrait" d'à peine quelques lignes. Un éternel recommencement vivant dans la peur de ne pouvoir recommencer.

Ces textes m'ont semblé puissants. Flous, fous, mais puissants. Les textes suivant sont plus longs. Peut-être plus complets. De vraies nouvelles ? Non... ils n'avaient pas la formes. Mais ce sont des textes plus finis, plus réels en quelque sorte. Mais ils m'ont semblé justement trop complets et finalement pas assez longs. Ces histoires très fortes me semblaient mériter plus de pages. Surtout "Hier, hier encore!..." Cet homme qui se retrouve en prison en Haïti, une erreur d'identité, mais qui finit par prendre cette fausse identité et même à se transformer. Un chat ?

Beaucoup de monologues dans ce recueil. Les personnages se parlent à eux-mêmes ou alors à une personnafication d'eux-mêmes. En sont-ils conscients ? Sont-ils fous ? On ne peut vraiment le déterminer. Comme ce veilleur de nuit de la fabrique de poupée dans "Le Mannequin enchanté".

C'est à nous à interpréter les personnages et leurs folies. Comme un poème que l'on lit selon nos frontières, nos déséquilibres, nos propres fantaisies.

Lire aussi: Le mannequin enchanté d'Anthony Phelps - L'auteur

Note: J'ajoute le logo de Suzanne «J’aime lire la plume québécoise» car même si Anthony Phelps fait partie de la Jaime_la_plumeQlittérature haïtienne, il fait aujourd'hui également partie de la littérature québécoise.

Extraits

"Le regard lucide s'avance sur les Ramblas, lentement pénètre dans la profonde et large alléee et, méticuleusement, prend possession de son agitation. Piétons affairés, promeneurs, voitures et marchands ambulants. Perroquets, perruches, oiseaux-mouches. Oeillets, glaïeuls et roses blanches, roses, rouges. Le regard croise des vendeurs de loterie, traverse le fourmillement des passants. Flâneurs et hommes d'affaires, femmes indigènes, ou touristes, malaxant de leurs mandibules petis gâteaux, sandwichs, tapas." p54

Sources à consulter

Posté par Laila_Seshat à 19:02 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 avril 2011

Le mannequin enchanté d'Anthony Phelps - L'auteur

Man1Le mannequin enchantée : nouvelles / Anthony Phelps. -- [Montréal] : Léméac, [2009]. -- 114 p. ; 20 cm. -- ISBN 978-2-7609-3309-5.

Quatrième de couverture

Avec la grâce du poète, sur la musique des mots et au rythme des phrases, Anthony Phelps écrit comme un danseur, en défiant les lois de la gravité. Du Carré Saint-Louis à une plage près de Barcelone, dans une prison de Papdoc ou dans le merveilleux d'une fabrique de poupées, c'est une veine ludique et aérienne que l'auteur explore ici, quand le réel et l'imaginaire, l'absurde et le malentendu se côtoient et s'entremêlent parfois. Le Mannequin enchanté est l'oeuvre d'un écrivain dont toute la vie a été consacrée à comprendre et à utiliser le pouvoir incantatoire des mots.

L'auteur

Anthony Phelps est né à Port-au-Prince, en Haïti, en 1928. Après ses études primaires et secondaires, il quitte Haïti pour aller étudier aux États-Unis et au Canada. Il étudie la chimie, la céramique, la photographie et la littérature. Il retourne ensuite en Haïti où il est impliqué dans plusieurs projets. Il co-fonde le groupe Haïti Littéraire ainsi que la revue Man2Semences. Il particpe également à la mise en place de la troupe de comédiens, Prisme ainsi la station Radio Cacique, pour laquelle il anime des émissions de poésie et de théâtre.

Après des difficultés dans son pays natal et un séjour en prison, il est "forcé" de quitter son pays. Depuis 1964, il vit à Montréal, au Québec. En plus, d'écrire, il fait également du théâtre, de la radio, de la télévision et touche au journalisme. Il réalise et produits de nombreux disques de poésie. Il travaille activement à Radio-Canada mais prend sa retaite en 1985 pour écrire.

Il a reçu de nombreuses bourses et prix. Ses oeuvres ont été traduites en plusieurs langues, dont l'anglais, le russe, l'espagnol, le japonais et le catalan.

Bibliographie partielle

  • Été (1960)
  • Présence (1961)
  • Éclats de silence (1962)
  • Points cardinaux (1966?)
  • Image et verbe (1966)
  • Le conditionnel (1968)
  • Et moi, je suis une île (1973)
  • Motifs pour le temps saisonnier (1976)
  • Mon pays que voici... suivu de Les dits du fou-aux-cailloux (1978)
  • Père caraïbe (1979)
  • La bélière caraïbe (1980)
  • Même le soleil est nu (1983)
  • Osiris (1985)
  • Haïti! Haïti! (1985)
  • Orchidée nègre (1987)
  • La bouche du Père (1987)
  • Carib father / Even the Sun is Naked / Black Orchid (1987)
  • Les Doubles quatrains mauve (1995)
  • À peine plus qu'un cyclone aux Antilles (1998)
  • Immobile voyageuse de picas (2000)
  • Mémoire en colin-maillard : roman (1976) (2001)
  • Moins l'infini (2001)
  • Paul Laraque, vingt ans sous les drapeaux entre Marx et Breton (2004)
  • Une phrase lente de violoncelle (2005)
  • La contrainte de l'inachevé (2006)
  • Mon pays que voici (2007)
  • Le mannequin enchanté (2009)
  • Et moi, je suis une île (2010)

[Expérience de lecture] et commentaires personnels à venir...

Extraits

"Je pars vers l'autre extrémité du square et je me mets à l'ouvrage. Je tâte l'herbe, l'écarte, la peigne. Je m'avance sans précipitation. Ce que je cherche est important, je ne dois rien laisser au hasard. Chaque petite touffe est suspecte. Il faut soulever la moindre feuille, regarder en dessous. Il est si facile d'égarer un objet sur une pelouse. Une médaille, une bague, une boucle d'oreille. Elle se détache et tombe. On la sent tomber, mais l'espace qui la sépare du sol est vite franchi. Et la voilà qui disparaît, happée par les brindilles qui se referment, anémones !" p.18

"Les vieux sont tous des veilleurs. Ils veillent sur le temps qui passe. Ils sont copain-copain, les vieillards et le temps. Je connais les heures de la nuit, les petites heures de l'aube me sont famillières, aussi celles du grand jour, car le soleil est tellement indiscret, sans manière, il entre partout, amenant sans gêne tous ses copains: bruits, cris, sirènes. " p101

Sources à consulter

Posté par Laila_Seshat à 03:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 mars 2010

Petites histoires avec un chat dedans (sauf une)

Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) : nouvelles / Véronique Papineau. -- [Montréal]: Boréal, 2008. -- Pap1175p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-7646-0596-7

Quatrième de couverture

La vie n'est pas toujours simple, même - et surtout? - quand on est jeune, comme les personnages que Véronique Papineau met en scène dans ces nouvelles. Histoires de cœur, histoires de baise, problèmes de travail ou d'argent, tout cela peut nous faire passer de fichus quarts d'heure, qu'il nous arrive très souvent de traverser sous le regard à la fois attentif et impassible de nos chats. Ils voient tout, comprennent tout, mais ils ne nous jugent jamais.

Avec le chat, Véronique Papineau partage de nombreuses qualités: l'art de la légèreté, le coup de griffe qu'on n'a pas vu venir, la caresse qui déchire.

Qu'elle raconte l'histoire d'amants qui se rencontrent à 120 kilomètres-heure sur l'autoroute, la fugue de deux adolescents dans la grande ville, la fin de la noce pour la demoiselle d'honneur qu'emporte l'ambulance, chacune de ces scènes de la vie contemporaine prend un relief inattendu, tout comportement est soumis au regard de cette fine observatrice, à son humour à la fois tendre et cruel. Jamais elle ne rate sa proie. 

Pap2L'auteur

Véronique Papineau est née à Sainte-Brigide d'Iberville, petit village québécois, en 1980. Elle étudia en Lettres au cégep puis en traduction à l'université. Elle a travaillé comme rédactrice de sous-titre pour les malentendants. Elle aime depuis toujours la littérature et dit volontiers que son rêve était de publier un livre à 30 ans. Elle participe à divers concours. Elle publiera sa première oeuvre, un recueil de nouvelles, à l'âge de 28 ans. Petites Histoires avec un chat dedans (sauf une) a été en nomination pour le Grand Prix Littéraire Archambault 2009 (prix du public - 9e édition).

Elle habite aujourd'hui Montréal et est correctrice pour un magazine local. Elle continue d'écrire et prépare un nouveau roman.

Résumé

Ce livre nous propose douze nouvelles, douze petites histoires, sauf une, qui nous offre le passage d'un chat. Un passage parfois furtif, où l'on sent à peine sa présence. Un passage parfois central, alors qu'il devient le coeur de l'histoire. Mais toutes les histoires, sauf une seule, comporte la présence d'un chat.

Une histoire de rupture, une histoire de dépression, une histoire de fugue, des histoires de frères, des histoires de couples, une histoire de rencontre, des histoires d'amour, une histoire de folie, des histoires d'enfants,...

Commentaires personnels

Onze histoires avec un chat faisant une apparition. Une histoire, sans chat. L'auteur a donc écrit la majorité de ses histoires en intégrant la présence d'un chat. Le chat est à parfois à peine visible. On le sent au détour d'une phrase et on le voit plus. Parfois, il est essentiel à l'histoire. Comme un vrai chat, sa présence est parfois discrète, parfois sournoise, parfois douce, parfois féroce. Les personnages détestent parfois le chat, l'ignorent souvent... ou alors en sont complètement épris. Le chat est souvent l'observateur, parfois le catalysateur... D'une façon ou d'une autre, sa présence est un symbole important de l'histoire. Même lorsqu'il ne fait que passer rapidement. Il a toujours une raison de faire partie de l'histoire.

Ce recueil de nouvelles est la première oeuvre de Véronique Papineau. L'auteur n'a de toute évidence pas choisi de commencer avec un genre facile. Et comme la plupart des recueils de nouvelles, les histoires sont ici inégales. Certaines m'ont parues simples, voire simplistes. D'autres, beaucoup trop courtes. J'ai beaucoup aimé certaines histoires, d'autres m'ont carrément ennuyées. L'auteur a cependant fait un effort évident pour varier le style de ces nouvelles. Le thème qu'elle s'était elle-même imposée a cependant parfois semblé difficile à suivre. Elle a donc tenté de suivre un thème tout en cherchant à éviter l'uniformité de ses textes. Mission très difficile qu'elle a plus ou moins réussi. Dans l'ensemble, cependant, je dirais qu'elle s'en ait assez bien tiré.

L'auteur dit qu'elle observe les gens et que ses histoires sont inspirées de ses observations. Les personnages sont très bien dépeints et crédibles. Les situations sont anecdotiques. L'auteur nous offre des situations familières. On reconnait facilement des gens de notre entourage ou des situations que nous avons vécues ou que des gens que nous connaissons ont pu vivre.

Il y a beaucoup d'humour dans les textes de Véronique Papineau. Un humoir plutôt noir, parfois très ironique et sarcastique. Mais j'ai parfois senti quelques clichés. Et certaines situations ou personnages m'ont semblé stéréotypés. On note une certaine désillusion de l'amour et des couples qui est assez caractéristique de notre époque. Et on pourrait croire que l'auteur passe certains "messages" ainsi que ses idées sur le monde contemporain, sur une génération qu'elle qualifie certainement de désabusée et sur les relations en géneral.

Je crois aussi que certaines histoires auraient pu être facilement développées. Je suis souvent restée sur ma faim, dans un sens. Les personnages m'ont souvent semblé intéressants et complexes mais trop peu développés. Même dans le contexte d'une nouvelle. L'auteur nous en dit trop ou pas assez, dans un sens. Et certaines histoires me semblaient mériter plus que quelques pages.

Le propos le plus important et intéressant du volume demeurent cependant la présence du chat qui ancre définitivement chaque histoire dans la réalité et le quotidien. D'ailleurs, l'histoire qui m'a le moins plu est celle qui n'a point de chat dedant !

Les avis de Christine Jeanney (Pagesapages), Club de lecture, Maxime Jobin, Caro[line], Jessica, d'autres avis sur la Recrue du mois.

Voir aussi: Petites histoires avec un chat... Expérience de lecture

Extraits

"Dormir très mal. Se réveiller au milieu de la nuit et, jusqu'à l'aube, avoir des pensées comme une autoroute. Vers cinq heures, voir les lampadaires s'éteindre. Sombrer dans un sommeil impalpable.Snoozer pendant une heure. Être en retard, comme chaque matin. S'en foutre. Avant de se mettre debout, songer que notre vue sera la même jusqu'à la fin de semaine, jusqu'à la fin du mois, jusqu'à la fin de l'année. Être envahie par une immense lassitude." p. 55 (Dormir très mal)

"Costa nous connaissait et nous connaissions Costa. Qu'il aille trouver refuge dans le lavabo de la salle de bains par les chaudes journées de juillet ne nous étonnait plus. Qu'il passe ses après-midi à dormir dans le fauteuil capitonné du salon n'était plus un secret pour personne. Qu'il vienne immanquablement nous voir chaque fois que l'un de nous siégeait sur les toilettes, qu'il vienne poser ses deux pattes de devant sur notre cuisse avant qu'on ne se penche vers lui et que notre nez ne touche son museau humide, cela faisait partie du quotidien." p. 108 (La mort d'un chat)

Sources à consulter

... et mon deuxième roman du Défi la Plume Québécoise...

Defi

Posté par Laila_Seshat à 23:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

07 avril 2007

Index des livres présentés

Index par région (romans)

Littérature allemande:

Littérature américaine:

Littérature anglaise:

Littérature australienne:

Littérature argentine:

Littérature belge

Littérature brésilienne:

Littérature canadienne:

Littérature catalane:

Littérature chilienne:

Littérature écossaise

Littérature espagnole:

Littérature française:

Littérature haïtienne:

Littérature indienne

Littérature islandaise:

Littérature italienne:

Littérature japonaise

Littérature néerlandaise

Littérature québécoise:

Littérature suédoise:

Littérature suisse:


Index par genre

Analyses:

Contes et fables:

Fictions:

Nouvelles:

Poésie:

Romans autobiographiques:

Romans et nouvelles fantastiques:

Romans historiques et/ou basés sur des faits réels:

Romans et récits policiers:

Textes et contes philosophiques:

Théâtre:

Thrillers, Suspenses et Romans noirs :

Premier compilation : 7 avril 2007

Dernière mise à jour: 24 février 2018

Posté par Laila_Seshat à 21:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,