15 janvier 2017

Le moment captif d'un dimanche : l'envolée

2017-05"La pensée a des ailes. Nul ne peut arrêter son envol." [Youssef Chahine]

Je vire, je volte, je virevolte ; je tourne, je billonne, je tourbillonne. Je m'échappe, je m'envole, et puis je m'évapore. Absence de ciel, absence d'infini. Mes mots sans sens, ni direction, dansent vaillamment.

Je connais des mots majestueux, pas nécessairement des grossièretés, mais plutôt des impressionnabilités. Des mots qui voltigent et flottent dans ma tête. Des mots compliqués, des mots simples. Des envies de crier et des envies de rire. Une histoire à raconter. Des verbes à utiliser. Des verbes pour vivre. Pour décrire mes vertiges.

Les mots s'échappent. Ils m'échappent. Ils écrivent des pensées qui n'existent plus. Leurs ailes violent le ciel. Je ne sais plus dire. Je ne sais plus écrire. Je récupère des syllabes et quelques voyelles qui vacillent. Et je recommence.

"Les mots sont des oiseaux sauvages qu'on ne rattrape jamais, une fois lâchés." [Jean Simard]

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24 juillet 2016

Le moment captif d'un dimanche : l'envolée

2016-09-04"Rien n'est trop haut pour l'oiseau, s'il vole de ses propres ailes." [William Blake]

Qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que je vois ? Une ligne, un mur, une falaise. Il y a des gens partout. J'étouffe. Je ne sais plus comment parler. Les mots se perdent dans ma gorge. Ça se bouscule autour de moi. Ça jacasse. Je suis étourdis. Je suis incapable de me concentrer. Je ne vois plus rien.

Et pourtant, j'avais une idée. J'avais un rêve. J'étais déterminée et motivée. Et puis, j'ai eu peur ? Peut-être. J'ai paniqué. Un peu. Le mur m'a semblé infranchissable. La falaise profonde. La ligne insurmontable. J'ai trouvé des excuses. La pression était insoutenable. C'était impossible. J'ai reculé.

Et puis, j'ai levé les yeux. Le ciel était bleu. Ce jour-là. Mais, il sera peut-être menaçant demain. Peu importe. Il m'invite subtilement. Il me dit que je n'ai qu'à me lancer. Et m'envoler. Qu'il soit bleu ou noir. Les bruits s'estompent. La falaise, le mur, la ligne. Je ne vois plus d'obstacle. Du ciel, je vois mon rêve, je vois mon idée. Et je les poursuis. J'ai un frisson. Mais je n'ai plus peur.

"L'oiseau, c'est une idée dans l'air." [Jean Rollin]

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02 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : s'envoler

2015-08-16"Tout le monde peut rester jeune, à condition de s'y entraîner de bonne heure". [Paul Fort]

Je suis vieille. Je ne suis plus capable de me déplacer comme avant. C'est très frustrant. Et certains jours, je rouspète toute seule comme une mémère. Ce n'est pas facile d'accepter que je peux plus me lever et aller.

C'est que j'étais très indépendante. Personne pour me dire "fais ceci" "ne fais pas cela" et surtout personne pour me dire "attends, je vais le faire pour toi". C'est le "je vais le faire pour toi" qui m'énerve. Mais je suis vieille. Et je dois accepter ce corps usé.

Et pourtant, je me sens si jeune dans ma tête. J'ai l'impression que je pourrais m'envoler comme ces oiseaux. Que je pourrais courir sur la place, manger dix glaces et puis danser toute la nuit. Ça sert à quoi de vivre si longtemps si on ne peut plus gambader comme avant.

Mais je suis vieille. Et je veux vivre longtemps. Alors, je mange ma glace et je regarde courir les enfants. Je suis peut-être vieille mais moi je sais que je suis toujours la même.

"Vieillir est encore le seul moyen qu'on ait trouvé de vivre longtemps." [Charles-Augustin Sainte-Beuve]

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27 avril 2014

Le moment captif d'un dimanche : défilé

2014-04-20"Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes." [Antoine Marin Lemierre]

Je les entends... chutttt... nous devons être complètement silencieux si on veut les entendre. De jolis gazouillis et quelques piaillements. Une belle petite famille: papa, maman et dix petits oisillons. Ils semblent figés mais bientôt ils s'envoleront.

Ils attendent le bon moment. Il faut que tous ces petits oisillons soient prêts à quitter la sécurité de l'étagère. Ils sont un peu hésitants, mais ils savent qu'ils doivent se lancer. Malgré la petite boule de nervosité dans le creux de leur estomac, ils sont joyeux, ils rigolent. Ils ont une chanson dans le coeur. Ils veulent chanter et ils veulent voler. C'est le début de leur vie. Ils quitteront bientôt leurs parents. Mais pas tout de suite. Ils ne sont pas encore tout à fait prêt à s'élancer dans le vide. Alors ils gazouillent et piaillent gaiement. 

"Chante-la ta chanson -- La chanson de ton cœur --La chanson de ta vie -- Chante-la ta chanson -- L´oiseau le fait -- Le vent le fait -- L´enfant le fait aussi" [Jean Lapointe]2014-04-20b

Petite note... Ces jolis oiseaux colorés se trouvaient sur une tablette dans un magasin d'antiquités, je crois. Ou alors dans un magasin général dans un petit village. Je ne me souviens plus exactement. Ils sont un peu kitsch, je sais bien mais tellement mignons. Et puis, ils m'ont rappelé mon petit oiseau bleu et jaune qui un jour a disparu de ma vie pour s'envoler je ne sais trop où... J'imagine qu'il a suivi la chanson de sa vie, la chanson de son coeur...

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13 octobre 2013

Le moment captif d'un dimanche : hululer

2013-10"Sans remuer ils se tiendront -- Jusqu'à l'heure mélancolique -- Où, poussant le soleil oblique, -- Les ténèbres s'établiront." [Baudelaire]

Il est là. Silencieux. Il attend le moment parfait pour se fondre à la nuit. Il surveille le soleil qui se perd de l'autre côté de l'horizon. Il est vigilant mais il ne m'a pas vu. Je suis triste qu'il ait fait cette erreur. Il doit tout savoir, il devrait tout voir.

J'essaie de rester immobile. Je ne fais pas un son. Mais je sais qu'il ne peut pas ne pas m'entendre même s'il semble ne pas se rendre compte de ma présence.

Car il porte en lui la connaissance de la nuit. Il contrôle les ombres des ténèbres. Il est magique et méthodique. Il est lumière sombre, l'étincelle de l'obscurité. Sans lui, la nuit nous envahit. Sans lui nous serions perdus dans le noir.

Il regarde le soleil mourir. Et lorsque le soleil meurt, il commence à chanter. Il nous dit enfin qu'il est vivant, plein de vie, plein de nuit. Il sait tout, il nous protège de nos peurs, des fausses terreurs que la nuit amène. Il chasse le froid et nous dévoile la beauté du ciel sans étoile, du brouillard envoûtant et la nuit noire et sans lumière.

"Quand le hibou chante, la nuit est silence"[Charles de Leusse]

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29 septembre 2013

Le moment captif d'un dimanche : seul sur le sable

01"Un mot est un oiseau au milieu d'une page. C'est l'infini" [Antonio Soler]

Il marche sur le soleil. Ce sont les premiers mots qui me sont venus à l'esprit quand je l'ai vu. Ses pattes laissent une écriture fine sur le sable et il m'a semblé qu'il resterait là pour l'éternité.

Puis il a commencé à courir de plus en plus vite. Arrête ! que je me suis dit, tu vas perdre ton ombre. Mais il ne m'écoutait pas vraiment. Comment pouvait-il m'entendre de toute façon puisque je me parlais à moi-même.

Je le regardais se mouiller du soleil couchant et je sus qu'il partirait à ce moment. Il devait bien finir par partir.  Il ne pouvait rester sur le sable uniquement parce que je voulais le regarder encore un peu. Je n'avais pas vraiment le droit de l'obliger à rester. Il le savait et je le savais. Alors, je l'ai regardé s'envoler. Sur le sable, le soleil illumine encore la trace de son passage. Le soleil se couchera bientôt. Les vagues viendront bientôt effacer ses pas sur le sable. Mais ils ne s'effaceront pas de ma mémoire.

"Les adieux ressemblent à des oiseaux qui apprennent à voler" [Dominique Sampiero]

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01 juillet 2013

Dans ma tête, je m'imagine...

Dans ma tête, je m'imagine...
des envolées de plumes...

Oiseaux

...des ailes imaginaires ont poussé dans mon dos,
des ailes pour m'aider à m'envoler vers le ciel...

Bien sûr, les oiseaux ne veulent pas de moi.
Pourquoi voudraient-ils d'une imposteure ?
Je vole de plus en plus haut.
Je m'envole solitaire.
Je rêve.

Je n'ai pas peur des oiseaux qui m'envahissent
et m'accusent de voler leur ciel.
Je bats des ailes et ferme les yeux.
Je fonce vers le bout du monde.


J'ouvre les yeux.
Je suis couchée dans l'herbe, je regarde le ciel.
Des oiseaux sur une branche me chantent une chanson.
Ils me pardonnent mes rêves fous d'ailes et de plumes.

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24 juin 2013

Le moment captif d'un dimanche : le souhait du lundi

04"On en vient à aimer son désir et non plus l'objet de son désir." [Friedrich Nietzsche]

J'aime la pluie. J'aime les gouttes qui dégouttent sur mon toit. J'aime les gouttelettes qui tombent doucement sur ma terrasse. J’aime l’odeur de la pluie d’été.

Il y a quelques jours c’était une pluie de printemps. Trop froide. Aujourd’hui, c’est une pluie d’été. Trop humide.

J’aime la pluie. Mais trop de pluie me fait soupirer. Les fleurs brunissent. Les tomates restent désespérément vertes. Et mes yeux s’ensommeillent.

Ma tête est lourde ; mes gestes pesants ; mes idées paresseuses. Je suis sans mouvement.

C’est alors que l’oiseau s’est posé sur mon balcon. Il m’a regardé doucement. Il m’a promis de faire revenir le soleil. Mais il m’a aussi dit de faire attention que le soleil pouvait avoir le même effet.  J’ai répondu que j’en avais assez de la pluie. Je voulais du soleil et de la chaleur. L’oiseau a acquiescé et s’est envolé.

Aujourd’hui, il fait soleil. Un soleil puissant produisant une chaleur étouffante. La pluie de hier a disparu. L’humidité a pris sa place. Il fait beau, il fait chaud. Et le soleil brille.

J’aime le soleil. Mais trop de soleil me fait transpirer. Les fleurs sont molles. Les feuilles jaunissent et ramollissent. Et mes yeux s’ensommeillent.

Ma tête est lourde ; mes gestes pesants ; mes idées paresseuses. Je suis sans mouvement.

L’oiseau me regarde d’une branche à l’ombre. Il me demande si je suis contente, il a tenu sa promesse. Je lui réponds que je suis contente. Il me regarde en soupirant, il sait bien que je lui mens. Il fallait faire attention à ton souhait, me dit-il. Il se moque de moi. Et il a bien raison. La prochaine fois, je prendrai garde à bien réfléchir avant de souhaiter…  

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26 mai 2013

Le moment captif d'un dimanche : de plumes et d'eau fraîche

DSC_2551"L'oiseau chante, même si la branche sur laquelle il est perché craque, parce qu'il sait qu'il a des ailes." [José Santos Chocano]

Pique, picosse, picosser. Sur la branche d'un arbre, il n'a pas peur de tomber. Il est bien accroché et il le sait. Et sinon, il sait voler.

Pique, picosse, picosser. Je le regarde manger. Et j'ai envie de l'agacer. Un tout petit peu, juste pour m'amuser.

Bris, brise, briser. Changer mes idées prises dans les responsabilités. Avec le vent, tourbillonner. Oublier la morosité. Et fuir ce ciel trop mouillé.

Chat, chatouille, chatouiller. Et donc, j'aimerais bien qu'il veuille avec moi jouer. Mais mon chat ne le laisse pas approcher.

Chat, chatouille, chatouiller. Mon chat sur le ventre se fait gratouiller en regardant l'oiseau qui se sait observer. Je soupire et je ne peux que l'envier. Quand il aura fini de picosser, il pourra s'envoler.

"Un arbre peut loger dix mille oiseaux" [Proverbe birman]

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31 mars 2013

Le moment captif d'un dimanche : oiseaux de verre

2013Paques"Il y a le possible, cette fenêtre du rêve ouverte sur le réel" [Victor Hugo]

Un air de printemps se dessine. Sur la vitre d'une fenêtre flottante, l'oiseau gazouille doucement. Il chante la couleur qui l'entoure.

Pâques est ici et on se dit alors qu'on peut finalement croire que les fleurs rêvées vont bientôt nous envahir. La neige lumineuse et douce paisiblement disparaît. Il n'en reste presque plus. Encore un peu, ici et là.

Au détour d'une randonnée, ce balcon fleuri apparaît joyeusement. Les couleurs s'emparent de chaque coin. Des guirlandes, des fleurs, des oeufs, des oiseaux... le printemps quoi.

L'hiver m'a enveloppé. Avec joie, je me suis emmitouflée dans la neige et le froid. Mais petit à petit, j'ai commencé à rêver du printemps. Je me demandais où il se cachait vraiment. Et je l'ai trouvé... camouflé sagement, dans une cour intérieure, sur un balcon secret, d'une boutique discrète, au coin d'une rue silencieuse, d'un petit village joyeux.

"L'oiseau s'est libéré de la terre. Désormais, il sera prisonnier du ciel" [Valeriu Butulescu]

 

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