06 août 2017

Le moment captif du dimanche : perspectives

2017-08 (2)"Connaîtrions-nous le nom de Madame de Sévigné si elle avait eu le téléphone ?" [Jean Cocteau]

C'était mieux avant non ? Avant, on s'écrivait. On prenait le temps de se dire des choses sur une feuille de papier. On s'envoyait des cartes d'anniversaires qu'on avait soigneusement choisi. On ouvrait sa boîte au lettres et on y trouvait autre chose que des prospectus. Parfois une lettre d'un ami ou une carte postale d'une tante. Aujourd'hui, il n'y a même plus de factures. Juste des publicités.

Dans la lettre, on prenait son temps. On disait des choses importantes. Ou parfois moins importantes. Mais on prenait le temps d'y réfléchir. On n'écrivait pas n'importe quoi. Et on faisait attention à nos mots, à notre écriture. C'était mieux avant non ?

Oui, c'était mieux avant. On ne perdait pas notre temps à écrire de longues lettres sans importance. On ne passait pas par quatre chemins pour dire ce que l'on voulait dire et on ne se perdait pas dans les figures de styles et les acrobaties grammaticales. On s'assoyait tout près l'un de l'autre et on se parlait doucement. On se racontait nos bonheurs et nos malheurs.

Dans la conversation, on reconstruisait le monde. On disait des choses importantes. Ou parfois moins importantes. Mais on prenait le temps d'y réfléchir. On ne disait pas n'importe quoi. Et on faisait attention à nos mots, à nos intonations. Oui, c'était mieux avant.

C'était mieux avant non ? On ne s'écrivait pas des textos secs, rapides et tronqués. On prenait le temps de s'appeler, de prendre des nouvelles. On ne s'envoyait pas des messages sur Facebook ou par courriel. On ne prenait pas une simple photo pour dire qu'on était heureux ou malheureux. On ne partageait pas notre vie en un texte de 140 caractères.

Au téléphone, on passait des heures à parler avec nos amis, notre famille. On appelait pour raconter nos vies. On appelait pour parler de la pluie ou du beau temps. On appelait simplement pour entendre la voix de l'être aimé. On appelait pour dire notre façon de penser. On prenait le temps de dire les choses. On ne les résumait pas en une fraction de seconde. On était moins pressé. C'était mieux avant non ?

Oui, c'était mieux avant... on avait tellement de plateformes pour exprimer nos pensées. Que quelques clics et tout était dit. On ne perdait pas notre temps à....

C'était mieux avant non ? Oui, c'est toujours mieux avant...

"Une heure de conversation vaut mieux que cinquante lettres" [Madame de Sévigné]


19 février 2017

Le moment captif d'un dimanche : réalité

2017-01« Regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l'avenir le bouleverse. » [Gaston Berger]

Ne rien vouloir voir. Ne pas vouloir regarder l'avenir. Faire semblant de ne plus voir le passé. Vouloir l'effacer. Dire qu'on l'a oublié. Puis baisser la tête et se retourner. Se laisser envahir par les images. Des instants importants, des moments anodins. Voir des mirages, des illusions, des rêves brisés, des chutes et des mensonges, des excuses et des échecs.

Baisser à nouveau la tête. Fermer les yeux. Ne plus vouloir voir. Puis soupirer et relever la tête. Se retourner et regarder une autre fois derrière soi. Et puis voir aussi les succès, les victoires, les espoirs, les conquêtes, les idées, les efforts, les plans. Sourire. Les échecs, les succès, tous ces moments sont importants.

Et donc, on se retourne vers le futur. On est prêt à le regarder. On se sent la force de l'affronter. Et peut-être de le changer. Sourire même si on a peur. Mettre son chapeau, son manteau, prendre ses lunettes et regarder le plus loin qu'on peut. Et on avance.

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. » [Winston Churchill]

Posté par Laila_Seshat à 09:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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