05 mars 2017

Le moment captif d'un dimanche : oublier de dormir

2017-01-15"Avec les insomnies, on peut faire des bouquets noirs de grandes fleurs friables et crissantes comme le sable sous les dents." [Jean-Claude Pirotte]

Elle revient toujours cette vieille amie. Mon insomnie chérie.

Elle me quitte parfois pour quelques nuits. Elle se cache, fait semblant de m'oublier. Elle me donne tous les espoirs, mais jamais pour longtemps. Elle revient toujours celle qui sans cesse me poursuit. Mon insomnie chérie.

Elle revient blanchir mes nuits. Elle égratigne mes pensées ; les torture et les déforme. Elle les peint en noir. Elle les transforme en pantins difformes et grimaçants. Encore une fois elle est revenue cette cruelle ennemie. Mon insomnie chérie.

Elle me rejoint tranquillement chaque nuit. Elle devient une habitude. Elle est confortable. Je la connais. Je connais sa noirceur, sa fragilité, sa monstruosité. C'est une vieille connaissance. Elle reviendra toujours celle qui épuise ma vie. Mon insomnie chérie.

" Elles sont bien noires, les pensées des nuits blanches." [Edmond et Jules de Goncourt]

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01 janvier 2017

Le moment captif d'un dimanche : promesse

9953a"Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l'imagination est sans frontières." [Jean-Jacques Rousseau]

Et bien, la voici cette nouvelle année. Pleine de promesses. Et remplie d'incertitudes. Elle est inexplorée, immaculée. Elle n'est pas innocente, bien sûr. Elle vient avec un bagage riche, éclatant, précieux. Mais aussi avec un sac lourd, oppressant et même parfois embarrassant. Ces moments qu'on veut parfois oublier mais qui sont en nous et nous définissent malgré nous. Malgré tout.

Mais cette nouvelle année est réelle et prête à accueillir les rêves les plus fous. Une nouvelle page qui recevra les joies, les rires, les larmes, les réalisations, les pertes, les moments réels et imaginés de nos vies.

"Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte."  [Virginia Woolf]

 


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13 novembre 2016

Le moment captif d'un dimanche : s'ensommeiller

2016-11-13"L'insomnie est mauvaise conseillère ; surtout elle exagère les images. Elle transforme facilement l'inquiétude en effroi, l'effroi en épouvante." [Yves Thériault]

Je me couche. J'ai les yeux qui brûlent. Je baille. J'ai de la difficulté à les garder ouverts. Mes yeux sont pleins de sommeil. Je m'endors. Je dors.

Je me réveille. Ce n'est pas le matin. Il fait noir. La lune brille froidement. Toute la maison est endormie. J'écoute le silence. Et les craquements et bruits non identifiés.

Je me tourne. Je ferme les yeux encore une fois. Mais je ne m'endors pas. Je ne dors plus. J'ai le sommeil qui fuit. Et alors je me tourne encore. Et encore. Encore.

J'ouvre les yeux. Les ombres semblent s'agrandir. Elles bougent, se transforment. Je ferme les yeux. Je me tourne. J'essaie de penser à autre chose. Je pense à des petites choses, de petits événements. Et je ne les comprends plus. Je suis certaine d'avoir oublié quelque chose. J'angoisse. Puis, pendant un moment, je sais ce que j'ai oublié. Puis, je l'oublie. Je me tourne. J'ouvre les yeux.

Je referme les yeux. J'ai l'impression de dormillonner. Je crois bien que je dors un peu puisque j'ai l'impression de me souvenir de rêves. Des images se faufilent dans ma tête. J'ouvre les yeux. Les images sont toujours là. Je ne rêve pas. Je rêve éveillée. Mes rêves sont des réalités voilées. Je suis inquiète. Ma chambre semble peuplée de monstres. J'ai peur. Je ferme les yeux.

J'ouvre les yeux. Je les frotte. Il n'y a rien. Je ne vois rien. Je ne dors pas. Mais les images étaient pourtant remplies de poésie. Je me dis que je me rappelerai ces poèmes au matin. Je me tourne. La lune brille un peu moins. Les petits oiseaux commencent à gazouiller. Il fait encore noir. Plusieurs heures ont passé. Et le matin pointe le nez.

Je me tourne. Je sens le sommeil revenir. Je dors à nouveau. Enfin. Mais pour peu de temps. Bientôt, il faut se réveiller pour de bon. J'ouvre les yeux. Je soupire. Je me lève. Je ne me rappelle plus. Que des images effacées. Je suis fatiguée.

Et ce, chaque nuit.

"La poésie vit d'insomnie perpétuelle." [René Char]

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25 septembre 2016

Le moment captif d'un dimanche : mes lumineuses ténèbres

2016-10-23 « Plus on s'approche de la lumière, plus on se connaît plein d'ombres. » [Christian Bobin]

Il fait noir. On n'y voit rien. Je ne vois rien. Tu ne vois rien. Nous ne nous voyons pas. Nous marchons l'un vers l'autre. Seul le bruit de nos pas est audible. Je ne te reconnais pas. Tu ne me reconnais pas. J'ai peur. Toi aussi. Je vois une ombre s'approcher. Un monstre peut-être. Je suis épouvantée. Tu vois une ombre s'approcher. Un monstre probablement. Tu es effrayé.

L'angoisse nous enveloppe. Nous sommes remplis de cauchemars. Nous essayons de penser à autre chose. Nous cherchons la lumière. Mais la nuit nous empêche d'oublier nos peurs. Elles ne nous quittent plus. Nous avançons l'un vers l'autre, dans le noir, dans le doute, dans la nuit. Nous marchons vers l'inconnu. Nous sentons une menace invisible.

Une lumière s'allume. Les ombres autour de nous s'allongent. Elles semblent vouloir nous saisir. Elles sont terrifiantes. Elles se multiplient avec la lumière. Nous courons l'un vers l'autre. Tu tombes dans mes bras. Je bascule dans tes bras. Les ombres nous entourent. Nous n'avons plus peur.

« Si la nuit est noire, c'est pour que rien ne puisse nous distraire de nos cauchemars.» [Bill Watterson]

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24 juillet 2016

Le moment captif d'un dimanche : l'envolée

2016-09-04"Rien n'est trop haut pour l'oiseau, s'il vole de ses propres ailes." [William Blake]

Qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que je vois ? Une ligne, un mur, une falaise. Il y a des gens partout. J'étouffe. Je ne sais plus comment parler. Les mots se perdent dans ma gorge. Ça se bouscule autour de moi. Ça jacasse. Je suis étourdis. Je suis incapable de me concentrer. Je ne vois plus rien.

Et pourtant, j'avais une idée. J'avais un rêve. J'étais déterminée et motivée. Et puis, j'ai eu peur ? Peut-être. J'ai paniqué. Un peu. Le mur m'a semblé infranchissable. La falaise profonde. La ligne insurmontable. J'ai trouvé des excuses. La pression était insoutenable. C'était impossible. J'ai reculé.

Et puis, j'ai levé les yeux. Le ciel était bleu. Ce jour-là. Mais, il sera peut-être menaçant demain. Peu importe. Il m'invite subtilement. Il me dit que je n'ai qu'à me lancer. Et m'envoler. Qu'il soit bleu ou noir. Les bruits s'estompent. La falaise, le mur, la ligne. Je ne vois plus d'obstacle. Du ciel, je vois mon rêve, je vois mon idée. Et je les poursuis. J'ai un frisson. Mais je n'ai plus peur.

"L'oiseau, c'est une idée dans l'air." [Jean Rollin]

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01 juillet 2016

La Signora Wilson de Patrice Salsa

Wilson01La Signora Wilson : roman / Patrice Salsa. — Arles : Actes Sud, c2008. – 138 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-7427-7240-7

Quatrième de couverture

Le narrateur de ce livre vient d’arriver à Rome. Nommé dans une ambassade, ce jeune Français issu de la grande bourgeoisie découvre avec délices la splendeur de la cité italienne et, non sans ironie, l’indolence des fonctionnaires en poste. Très vite, il s’installe dans un palazzo romain, un lieu où tout serait parfait si ce nouveau locataire n’était sans cesse dérangé par une multitude d’appels téléphoniques. Une certaine Signora Wilson est chaque fois demandée.

D’une promenade à l’autre, le jeune homme apprivoise cette ville incomparable, mais sa fascination pour ces lieux prestigieux et son désoeuvrement professionnel l’entraînent vers de tout autres rêveries. Perdu dans la contemplation des pierres, il traverse la rue sans prendre garde et bascule soudain par-dessus le capot d’une automobile. Mais dans l’instant il se relève.

Commence alors une autre histoire, un voyage au cours duquel il pourra percevoir l’origine de ses peurs, revisiter son enfance, sublimer l’antique, démultiplier le désir, et comprendre l’étrange machination de la Signora Wilson.

L’auteurWilson02

Patrice Salsa est né à Lyon en France en 1962. Il fait des études en sciences humaines et se spécialise en linguistique. Il se dirige ensuite vers l'informatique et touchera à divers domaines. Il vivra à Paris et Rome pour revenir à Lyon. Il travaille dans le secteur de l'informatisation des bibliothèques et des musée. Il publie son premier roman, Un garçon naturel, en 2005.

Page Facebook de l'auteur, sa page personnelle sur Amazon.fr, son compte Twitter, son profil LinkedIn.

Bibliographie partielle

  • Un garçon naturel (2005)
  • La Signora Wilson (2008)
  • Le joueur de théorbe (nouvelle) (2011)
  • La part des anges (2013)
  • Le prix à payer (2014)
  • [Court] Traité des (gros) Câlins (2015)
  • La joueuse de théorbe (nouvelle) (2011)

Mes commentaires

Comme je l'ai déjà dit, nous devons faire beaucoup d'élagage à la bibliothèque. Les nouveautés se multiplient à une vitesse folle et il faut leur faire de la place. Nous sommes donc de plus en plus sévères. On reste de glace, objectifs et intraitables. Pas de pitié ou de sentiments. Bon, parfois, oui parfois, on ne peut résister à l'envie de comprendre... Et je me laisse donc parfois attendrir par une couverture, une quatrième de couverture, un titre... Et je triche. J'emprunte le pauvre livre abandonné pour le lire moi-même. Et lui donner une autre chance. Et La Signora Wilson fait partie de mes "lectures sauvetages".

Disons-le tout de suite j'ai bien aimé ce roman de Patrice Salsa, mais j'ai beaucoup de difficulté à en parler. Car il m'a aussi légèrement agacé. L'auteur a dit en entrevue qu'il n'y a jamais de sens caché dans ses histoires, mais que chaque lecteur contribue à la mise en place du ou des sens du texte. Et je crois que le roman peut en effet avoir différents sens. Mais l'auteur dirige définitivement le lecteur. Ou pas. C'est selon votre lecture.

Personnellement, j'ai lu le récit d'un long rêve et d'une sombre machination ; la narration d'un possible coma et la poursuite d'un potentiel héritage ; la réécriture de mythes antiques et la vision de perverses hallucinations. Et aussi, il ne faut pas l'oublier, le texte de Salsa est aussi un roman de musique, de sensations, de tissus, de peintures, de fresques, de vêtements, d'architecture et surtout un roman sur Rome... même si la ville n'est jamais nommée.

Le texte est subtil par endroit et assez lourd et évident à d'autres endroits. On devine l'histoire tranquillement mais les coïncidences sont trop incroyables pour y croire. On s'aperçoit assez vite que tout est faux ou rêvé, mais bizarrement, le texte reste agréable à lire, tout en finesse et douceurs. Il y a beaucoup de descriptions, une abondance de détails. Parfois c'est magnifique, parfois c'est pesant. L'histoire est par moment étrange, intense, étouffante et par moment on peine à être intéressé. Je ne sais pas. Je donne l'impression de ne pas avoir aimé, mais c'est tout le contraire. J'ai vraiment aimé ma lecture.

L'histoire ? La quatrième de couverture la résume plutôt bien... en dire plus serait en dire trop. Un homme arrive dans une grande ville pour travailler à l'ambassade. Il semble riche et ne pas avoir trop de soucis. Il loge dans un superbe appartement, travaille pour la forme, méprise ses collègues, visite la ville, fait des rencontres galantes. Les seuls irritants dans cette nouvelle vie sont des téléphones bizarres pour une certaine Signora Wilson et bien sûr le fait qu'il se fasse renverser par une voiture. Mais il se relève indemne de l'accident et les appels cessent, donc son quotidien se poursuit tranquillement. Mais en fait, petit à petit, il comprend que rien n'est comme avant. Sa vie semble osciller entre le rêve, l'étrange et le réel. Il ne sait bientôt plus ce qui est vrai ou inventé. Est-ce qu'il imagine des choses, a-t-il des hallucinations ou alors le manipule-t-on ? Alors qu'il essaie de comprendre ce qui lui arrive, il se perd dans le sommeil, ses souvenirs et des boutiques fantômes.

Avec lui, nous plongeons donc dans un roman peuplé de rêves, de cauchemars, de fantasmes et de sombres machinations. Et oui, nous saurons qui est la Signora Wilson.

Les mots de l’auteur

 « Comme pour les robes, ces pierres semi-précieuses sont disposées en une manière d’arc-en-ciel libre, bien que les pierre translucides ou opaques soient rassemblées sur un seul présentoir, comme autant de paires de pupilles minérales dans l’attirail d’un taxidermiste. Il y a là un systématisme compulsif, une méthode rigoureuse qui ne laisse rien au hasard et me donne le sentiment de jouer une partie dont j’ignore non seulement l’enjeu, mais aussi les règles » p. 58

Pour en savoir un peu plus…

20 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : terreur matinale

DSC_2804"Tristesse du réveil. Il s'agit de redescendre, de s'humilier. L'Homme retrouve sa défaite : le quotidien." [Henri Michaud]

Les matins de mon existence sont difficiles. Ils ont toujours une raison d'être incontournables.

J'aimerais être comme les matinaux. Ouvrir mes yeux avec les premières lueurs du matin, avant même que le soleil n'apparaissent dans le ciel. On me dit que le réveil du jour est unique, que tout a une couleur indescriptible. On me dit qu'on se sent renaître quand le soleil s'éveille.

Mais tout est trop lumineux. Cela sent trop le réveil. Le début de la journée. Mes yeux ne veulent jamais se résigner à accepter cette clarté. Je refuse de me lever. Je suis terrorisée par le gazouillement des oiseaux qui annnonce le début de la journée.

Tant que nos nos yeux sont fermés, tant que l'on reste dans son lit, la vie s'arrête. C'est quand on se lève qu'il faut faire face à son quotidien. Les problèmes ne peuvent nous rejoindre tant que l'on se tortille dans ses draps. On n'est jamais tenu d'affronter la vie quand on est caché dans son lit. Dans son lit, on peut rêver à des nuits sans fin peuplées de songes. Mais il faut bien se lever et vivre. On ne peut passer son temps à s'évader dans des vies imaginaires. Et une fois, la réalité du soleil acceptée, le matin m'apparaît moins inhumain.

"La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue." [Virginia Woolf]

 

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24 mai 2015

Le moment captif d'un dimanche : une histoire sans fin

2015-03"Donde se termina el arcoiris, ¿en tu alma o en el horizonte? [Pablo Neruda]

Sur une route, je roule. Il pleut. Beaucoup. C'est l'été. Presque l'automne mais encore l'été. Il pleut. Il fait chaud. Je tiens le volant fermement. Il pleut beaucoup.

Puis soudainement, la pluie cesse. Je respire. La route sera plus facile, je me dis. Le soleil perce les nuages violemment. La violence de son apparition est frappante. Il y a quelques secondes, les nuages envahissaient ma vision. Et maintenant, le soleil l'obscurcit.

Je cligne des yeux. Soudainement, elles apparaissent. Un carrousel de couleurs. Un arc-en-ciel est né.

Je soupire, légèrement blasée. J'en ai vu dans ma vie des arcs-en-ciel. Toujours beaux mais anodins. Et puis, je regarde à nouveau. Et je réalise que je vois l'endroit impossible. Le lieu insaississable... où les leprechauns cachent leurs chaudrons remplis d'or... où les rêves se cachent et où ils se réalisent.

J'ai beau accélérer, il s'éloigne sans pitié. C'est la première fois que je vois l'endroit où les couleurs rejoignent le sol et je ne peux que tenter de l'atteindre. Mais je sais qu'il n'existe pas. Ce n'est qu'un conte pour enfant. Une illusion d'optique.

Mais j'aime croire aux berceuses et je suis convaincue que si on ose les chanter, elles se réaliseront... les couleurs nous berceront et nos rêves se matérialiseront.

"Somewhere over the rainbow way up high -- There's a land that I heard of once in a lullaby -- Somewhere over the rainbow skies are blue -- And the dreams that you dare to dream really do come true." [The Wizard of Oz]

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22 mars 2015

Le moment captif d'un dimanche : évasion

2015-02"Le soleil accepte bien de passer par de petites fenêtres." [Frederik van Eeden]

Nous avons passé des nuits dans la noirceur avec les étoiles pour nous guider. Puis nous nous sommes enfermés dans une chambre obscure et avons rêvé de l'horizon.

Cette chambre si sombre enveloppe nos vies. Elle obscurcit notre réalité. Nous ne voyons plus rien. Nous oublions d'ouvrir les yeux. Nous oublions de rire, nous oublions de pleurer, nous oublions de voir la beauté du ciel, des étoiles et du soleil. Les promesses de nos vies.

Une petite fenêtre. Trop petite peut-être. Nous ne la voyons pas. Nous oublions de voir toutes les possibilités promises par cette petite ouverture. Mais la lumière s'infliltre sans pitié par la moindre fissure. Elle nous envahit et nous colore sans pitié. Chaque étincelle de couleur fouette notre regard de folie. La beauté qui transperce de ce trou de soleil nous illumine et nous aveugle. Le monde est notre rêve et nous l'acceptons à bras ouvert.

"Le monde n'est pas moins beau pour n'être vu qu'à travers une fente ou le trou d'une planche." [Henry David Thoreau]

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22 février 2015

Le moment captif d'un dimanche : compréhension

2015-03-05"Pour me libérer de ce que je vis, je vis." [Antonio Porchia]

Laissez-moi vivre ! Laissez-moi courir ! Laissez-moi mourir ! Laissez-moi pleurer ! Laissez-moi rire !

Je suis libre de crier et je suis libre de me taire. Je suis libre de vous dire quoi faire et quoi ne pas faire. Mais vous êtes libre de ne pas m'écouter.

Je ne vous dirai pas comment respirer. Mais vous pourrez me reprocher de ne pas l'avoir fait. Si je l'avais fait, vous auriez alors pu me reprocher de l'avoir fait. Je suis libre de ne rien comprendre à ce que je dis. Et je suis libre de ne rien comprendre à ce que vous dites.

Je ne suis pas libre de mes mouvements. Je ne peux pas bouger. Le passé m'enrobe de ses regrets et emprisonne mon désordre. Je suis libre de crier et je suis libre de me taire. Je décide de crier mon immobilité. Je piétine ma prison de plâtre et je m'envole vers une cage invisible. Suivez-moi dans cette liberté éphémère et infinie. Nous serons éternellement libres.

"Nul ne peut apprendre aux autres à se libérer s'il n'a pas commencé à se libérer lui-même." [Mariano Picon Salas]

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