04 mars 2018

Le moment captif d'un dimanche : s'étirer

2017-11-02« Tout tient à un fil, on est toujours en péril. » [Alberto Giacometti]

Nous sommes éternels et en un instant nous n’existerons plus. Nous sommes poussières, non ?

On nous martèle la tête toute notre vie avec notre futur. On doit le préparer, calculer chaque moments qui viendra, prévoir ce dont on aura besoin. On nous dit d’économiser pour ces années à venir. Il faut accumuler les noix pour demain. Pas question d’en perdre une ou d’y goûter tout de suite. Il faut tout prévoir, tout anticiper. Et préparer le moment où il sera enfin possible d’en profiter. Quand nous serons vieux.

Mais parfois, je me dis… et si ce moment où je serai vieille n’arrive jamais. Ma mère est partie à 62 ans, sa mère à 99 ans. Que faire… Vivre aujourd’hui pour demain, vivre aujourd’hui pour aujourd’hui ou attendre demain pour vivre ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Enfant, il fallait me préparer à vieillir. Préparer une carrière, choisir les bons cours, avoir les bonnes notes. Puis, il faut vivre cette carrière. Chaque matin, se lever et travailler. Pour amasser, pour vivre, pour son futur.

On essaie bien d’en profiter un peu quand on peut. On voyage, on se procure des babioles, on s’évade dans un livre, un film, une passion quelconque. Mais on nous bombarde de mots importants : économie, retraite, futur.

Et on se sent coupable de vivre maintenant. Il faut penser au futur. Mais, et si ce futur ne vient jamais ? Et si nous avions passé notre vie à prévoir un futur qui n’existera pas ? Et si le fil de notre vie se brisait soudainement sans nous avertir ?

Je préfère tricoter un peu aujourd’hui, parce que je ne connais pas la longueur de mon fil. Et demain est peut-être un peu aujourd’hui.

« Quand la vie ne tient qu'à un fil, c'est fou le prix du fil ! » [Daniel Pennac]

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04 septembre 2016

Le moment captif d'un dimanche : arrogance ou humilité

2016-07-19"La fierté et la bêtise sont faites du même bois." [Proverbe allemand]

Il ne sait pas s'il devrait être fier ou s'il est devrait se sentir honteux. Il aime bien pavaner. Mais il sait qu'il n'est pas unique. Il est fort, robuste et ancestral. Il fait parti d'une lignée majestueuse et fière. Il se bat régulièrement pour prouver qu'il est redoutable. Et il se battra jusqu'à son dernier souffle.

Mais il sait qu'il n'est pas exceptionnel. Il y en a d'autres. Tout aussi fiers et magnifiques. Il se sent un peu sot de parader ainsi. Pour qui se prend-il à la fin ? Il n'est pas meilleur que les autres. La vanité n'est pas jolie. Il se sent coupable. Il devrait être humble. Et il pourrait simplement se reposer. Oublier de tenir sa tête haute. Se fondre dans le troupeau. Laisser les autres prendre la place, se battre, protéger et mener.

Il relève la tête. Il ne peut cacher sa fierté. Il s'est battu pour arriver là. Il a travaillé fort. Il est peut-être fou d'avoir fait tout ça, d'avoir tant fait d'efforts, tant de sacrifices, mais il ne regrette rien. Il est fier de sa vie, fier de ses accomplissements, fier d'avoir pu protéger les siens. Il aurait pu avoir une autre vie, mais il est fier de celle qu'il a eu.

"Il y a une dignité à vieillir comme on a vécu." [Pierre-Henri Simon]

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24 avril 2016

Le moment captif d'un dimanche : des vieilleries

2016-03-02"Le grand public pense que les livres, comme les oeufs, gagnent à être consommés frais. C'est pour cette raison qu'il choisit toujours la nouveauté." [Johann Wolfgang von Goethe]

Chaque semaine, je vois de nouveaux livres naître. Je lis les quatrièmes de couverture de tant de livres qui sont publiés. Et j'en choisis certains qui me semblent intéressants, qui je crois vont plaire aux lecteurs de ma bibliothèque. Petit à petit, ils arrivent. Nous les accueillons, nous les décrivons, nous les recouvrons, nous les préparons pour leur exposition dans la section des nouveautés.

Finalement, ils sont placés sur nos présentoirs. En avant. Et ils seront empruntés. Les gens se dirigeront directement vers le présentoir des nouveautés. C'est merveilleux. Les livres seront empruntés. Ils seront lus. Ils vivront pendant quelques semaines.

Parce que dans quelques jours d'autres livres arriveront. Tout aussi intéressants. Et les premiers iront rejoindre les étagères de la fiction. Ils ne seront plus des nouveautés. Ils seront des romans, des livres. À lire. Mais loin du présentoir des nouveaux livres, les vedettes du moment.

Et ils se perdront. Ils deviendront invisibles. Ils verront les gens passer près d'eux sans les voir. Ils essaieront d'attirer l'attention. Pour se faire lire. Pour que la main s'étende, les prenne, les regarde et décide de les lire ou non. Mais que cette main prenne une décision. La plupart du temps, je pleure car il y a tant de livres invisibles. Ils ont été la vedette pendant quelques temps mais la minute qu'ils ne sont plus à l'avant, ils sont oubliés. Ce sont des vieilleries.

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16 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : tolérer le temps

2015-07-05"Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui." [Sénèque]

Ils attendent patiemment. La patience est une vertu. Alors, ils attendent. Tout vient à point à ceux qui savent attendre, ne dit-on pas ? Alors, ils attendent.

Jour après jour, ils viennent sur ce quai et attendent. Parfois, un poisson récompense leur patience. Ils sont alors heureux. Puis, ils remettent leur ligne à l'eau et attendent.

Tout vient à point à qui sait attendre, ne dit-on pas ? Alors ils attendent. Mais ils ne font que ça. Ils attendent. Ils nous disent qu'ils ont besoin de tranquillité, besoin d'attendre et de prendre le temps de perdre leur temps.

Et je les envie. Je les crois. J'essaie d'attendre aussi. L'attente est une façon de vivre chaque seconde de sa vie. Doucement. Avec intensité. Mais attendre quoi ? Parfois il faut laisser le temps passer. Et parfois attendre est une folie.

Je veux attendre mais je veux pas voir la vie passée pendant que j'attends. Je veux prendre mon temps. Mais la vie est si courte et je ne veux pas en perdre une minute. Je veux respirer et profiter tranquillement des moments qui passent. Mais je ne veux pas voir le temps disparaître et s'évanouir sans que je les respire momentanément.

Je veux vivre aujourd'hui. Je veux vivre hier et j'espère vivre demain.

"On croit user le temps, c'est le temps qui nous use." [Proverbe français]

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02 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : s'envoler

2015-08-16"Tout le monde peut rester jeune, à condition de s'y entraîner de bonne heure". [Paul Fort]

Je suis vieille. Je ne suis plus capable de me déplacer comme avant. C'est très frustrant. Et certains jours, je rouspète toute seule comme une mémère. Ce n'est pas facile d'accepter que je peux plus me lever et aller.

C'est que j'étais très indépendante. Personne pour me dire "fais ceci" "ne fais pas cela" et surtout personne pour me dire "attends, je vais le faire pour toi". C'est le "je vais le faire pour toi" qui m'énerve. Mais je suis vieille. Et je dois accepter ce corps usé.

Et pourtant, je me sens si jeune dans ma tête. J'ai l'impression que je pourrais m'envoler comme ces oiseaux. Que je pourrais courir sur la place, manger dix glaces et puis danser toute la nuit. Ça sert à quoi de vivre si longtemps si on ne peut plus gambader comme avant.

Mais je suis vieille. Et je veux vivre longtemps. Alors, je mange ma glace et je regarde courir les enfants. Je suis peut-être vieille mais moi je sais que je suis toujours la même.

"Vieillir est encore le seul moyen qu'on ait trouvé de vivre longtemps." [Charles-Augustin Sainte-Beuve]

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08 juin 2014

Le moment captif d'un dimanche : miroiter les années

DSC_9573"Le plus souvent nous ne pensons pas, nous réfléchissons ; nous reflétons ce qui nous arrive sans le transformer ni le comprendre." [Jean-Luc Marion]

Je suis debout devant l'eau. J'essaie de comprendre ce que je vois. J'ai de la difficulté à distinguer les branches réelles des branches qui ne sont une illusion, un simple reflet.

Mes yeux ne comprennent pas. Sous l'eau semblent flotter des branches fantômatiques. Certaines semblent vouloir s'étirer vers le ciel. D'autres ne sont pas réellement là, elles se trouvent déjà au ciel. Certaines encore se penchent dangereusement pour rejoindre celles qui sont prisonnières de l'eau.

Si je regarde attentivement, je crois comprendre cette danse tranquille. Mais je m'égare et j'oublie ces pensées silencieuses. Je suis troublée. Je me sens trouble. Pourtant l'eau semble si imperturbable. C'est une illusion, je le sais. L'eau claire est en mouvement continuel.

Aujourd'hui, je suis debout devant l'eau. Je regarde une multitude de branches réelles et imaginées. Je vois des rides sur l'eau, des rides sur les branches. Je me penche un peu. Je vois alors aussi des rides sur ma peau. Je suis tranquille. Je suis sereine. J'ai vieilli d'une année aujourd'hui.

"Si la tranquillité de l'eau permet de refléter les choses, que ne peut la tranquillité de l'esprit?" [Tchouang Tseu]

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11 mai 2014

Le moment captif d'un dimanche : transmission

2014-01d

"On a du mal à croire qu'il fut une époque où l'on transmettait vêtements et musique à nous enfants." [Doug Larson]

Il y a quelques jours, une collègue est venue à la bibliothèque, nous présenter son petit bébé qui a à peine 1 mois. Le bébé était magnifique. Tout minuscule et si doux. Ses petits yeux fermés. Tout mignon quoi.

Quand elle fut partie, une autre collègue me regarde et me demande avec un sourire : "tu as combien d'enfants ?" L'éternelle question et l'éternel questionnement sur le visage lorsque je dis que je n'ai pas d'enfant. J'ai 42 ans. Alors, on me regarde un peu comme si je venais d'une autre planète. Certaines personnes prennent alors un air oscillant entre la stupéfaction, la pitié, l'incompréhension et l'encouragement et demandent : "est-ce que tu en veux ?"

Que répondre ? Dire tout simplement la vérité les bouleverse encore plus. Non, je ne veux pas d'enfants. Je ne suis pas une mère dans l'âme. J'aime beaucoup les enfants, mais je n'en veux pas.

Je n'aurai donc pas d'éternité, je ne transmettrai rien à mes enfants. Il n'y aura personne pour dire, "ma mère a vécu ceci et ma grand-mère a fait cela." À ma mort, le souvenir de mon existence disparaîtra avec moi. Il vivra un peu avec PisTout, soeurette, quelques cousins et amis. Peut-être mon filleul se rappelera quelques moments pendant un certain temps, puis je disparaîtrai complètement.

J'ai déjà dit ici et ici que ma mère n'aurait pas dû être mère. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne fut pas une bonne mère. Elle fut merveilleuse. Et je ne suis pas mère. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas maternelle à mes heures. Je ne suis simplement pas une mère. Et je ne veux pas être une mère. Mais ça, c'est trop difficile à expliquer quand on me demande pourquoi je n'ai pas d'enfants ou si je veux des enfants. Et beaucoup trop difficile à comprendre. On préfèrerait encore que je dise que je ne peux pas en avoir, au moins on pourrait compatir et afficher un air triste.

"Mais que vas-tu faire quand tu seras vieille", me demande-t-on souvent. M'arranger toute seule, je suppose. Je n'aurai pas d'enfants dans l'unique but qu'ils s'occupent de moi plus tard. Je vois parfois la déception dans les yeux de mon père, de mes beaux-parents ou de quelques oncles et tantes. Pas de petits-enfants ou de neveux pour s'amuser. J'ai parfois l'impression que je dois me justifier ou me sentir coupable. Bien que je suis pas trop certaine de savoir pourquoi... Est-on vraiment obligé d'avoir des enfants ? Doit-on obligatoirement transmettre ses gènes ?

"Nos enfants, c'est notre éternité." [Robert Debré]

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18 mai 2013

Un simple voeu

Grand-maman"Le bonheur supprime la vieillesse" [Franz Kafka]

Il y a quelques mois, elle se cassait le fémur. Elle arrivait du salon, tout tranquillement avec sa marchette. En voulant s'asseoir à la table de la cuisine, elle glissa sur le coussin de sa chaise et tomba. Le fémur. L'ambulance. Les jours à l'urgence. Les cris de mes tantes pour faire avancer les choses. Finalement, l'opération. Et les mois à l'hôpital. Dans une vieille chambre du plus vieil hôpital de Montréal. Et les plaies de lit, je ne veux même pas y penser. Toute petite dans son lit. Trop petite dans son lit.

Mais la plupart des employés sont gentils. Ils font comme ils peuvent. Nous y allons tous. Pas un jour sans que quelqu'un de la famille ne la veille. Elle est encore faible. Il faut l'aider beaucoup. Et elle dort beaucoup. Mais elle a l'énergie pour se plaindre du bruit. Et elle parle et parle. Et elle cicatrise rapidement. Tellement rapidement qu'on a de la difficulté à y croire. Et bientôt, on lui fait faire quelques pas de marche. Que quelques pas. Mais petit à petit elle marche à nouveau.

Elle quitte enfin l'hôpital pour son plus grand bonheur. On la transfère dans un centre de réadaptation. Les mois passent. Elle prend des forces. Continue les exercices. Elle a hâte de retourner chez elle.

Et puis, la nouvelle. La petite bosse pas très jolie sur son sein gauche est devenu gigantesque et noire. Elle a une tumeur. Violemment maligne. Il faut lui enlever. Et tout de suite. Une autre opération. Elle semble encore si petite quand on lui annonce. Le médecin la rassure. Elle n'aura pas de traitement de chimiothérapie ou radiothérapie. Cela semble inutile étant donné son âge. Une opération. Et la voilà à nouveau faible et toute petite dans son lit. Et les semaines passent. Elle voit le printemps arriver. Elle rêve de retourner chez elle. Elle veut bien sûr retourner dans la maison à Montréal qu'elle partage avec sa fille. Mais surtout, elle veut revoir son lac cet été dans sa maison des Cantons de l'Est. Mais elle a aussi un autre voeu. Et elle voit les jours passer et elle a peur qu'il ne se réalise pas. La date arrive à grand pas. Elle fait tous les efforts. Elle fait ses exercices, mange beaucoup.

Et à peine 4 jours avant la fameuse date, on lui annonce la bonne nouvelle. Elle retourne chez elle. Enfin. Et c'est avec le plus beau sourire du monde qu'elle a célébré ses 99 ans chez elle ! Bonne fête grand-maman ! Ton lac t'attend dans quelques semaines !

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23 octobre 2011

Le moment captif d'un dimanche : sanglantoler

2011_10_30« Il y a de grandes flaques de sang sur le monde -- Où s’en va-t-il tout ce  sang répandu – Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule -- drôle de soûlographie alors si sage… si monotone »  [Jacques Prévert]

La bouche grande ouverte. Le sang s’échappe sans retenue. Le vin, le sang, la vie. Que de poésie dans ces moments octobriens. Laisser le sang couler, ne pas le bander, ne pas guérir la blessure. Se laisser englutiner de mots.  

Les feuilles qui tombent doucement dehors m’enveloppent d’un voile rouge. Le vent qui s’amuse à les faire tournoyer dans le vide m’amène des pensées joyeusement terribles et halloweenesques. Le mois d’octobre est teinté de sang et de vie. Une vie qui s’écoule de nos veines fébriles et qui nourrit la terre gourmande, la lune assoiffée et nos esprits inquiets. Une vie qui s'égoutte tranquillement pour dormir jusqu'au printemps.

La grimace m’obsède. J’en rêve le jour, j’en cauchemarde la nuit. Je vois ce liquide écarlate se répandre à mes pieds. Je sais qu’il ne m’appartient pas. Mais que c’est aussi ma vie qui coule avidement par cette bouche étrangère.  Je fabule sur une image sanglante, j'oublie les images joyeuses et vivantes. Et ça m’amuse énormément.

« Cause it’s always got to be blood. […]  Blood is life, lack-brain. Why do you think we eat it? It's what keeps you going. Makes you warm. Makes you hard. Makes you other than dead. 'Course it's her blood." [Spike. Buffy, the Vampire Slayer]

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04 octobre 2011

Byebye Poppy Corn...

Ce n'est rien... mais j'ai quand même quelques larmes aux yeux...

Il y a déjà quelques mois... mon PisTout passait la tondeuse. Vous savez quand on a une cours... ben faut passer la tondeuse. Une des joies d'avoir une cours avec du gazon. On est bien content, remarquez, de passer la tondeuse !

Soudain... il arrive en courant dans la maison : "oh my god... viens vite dehors... j'ai passé proche de faire une catastrophe!!!" me crie-t-il sans plus d'explication. Je cours dehors... ne sachant trop de quoi il parle. "J'ai passé proche de faire quelque chose d'horrible" me répète-t-il encore. Il tremble presque... et je n'exagère pas. "Tu vois... je passais la tondeuse... je voyais une tache grise là-bas et je me disais que c'était sûrement un champignon ou une feuille... et sans plus y penser, j'allais passer dessus avec la tondeuse" "... la grosse tondeuse..." "Viens voir", me dit-il devant mon air interrogatif et complètement : mais de quoi tu parles?!?!?

Et là, je vois la tache gris dans le gazon... la tache grise bouge. C'est un minuscule petit écureuil... tout petit, encore les yeux fermé... tombé de l'arbre, du nid que l'on voit tout en haut... il crie, il bouge à peine... PisTout tremble encore et me décrit les images d'horreur pleines de sang qui passent devant ses yeux.

Mais rien n'est arrivé... il est là tout petit. Et on ne sait pas quoi faire ! On ne peut le remettre dans son nid... sa mère viendra-t-elle le chercher ? Va-t-il finir dans le ventre d'un chat errant, d'une corneille voisine ?

Je ne sais que faire... quelques recherches sur Internet plus tard... je sais qu'on peut le recueillir et le sauver. Mais que faire ? PCLaisser la nature suivre son cours ? Des bébés écureuils meurent tous les jours... c'est sûrement son destin. Mais je ne suis pas capable... il est là dans ma cours, devant chez moi et il pleure. Je vais le prendre et le mettre dans le noeud de l'arbre. Il pleure encore plus... semble perdu, semble chercher ma présence... il est seul.

J'appelle soeurette qui fut pendant longtemps une technicienne en santé animale et qui est la "maman chat" comme on l'appelle. Elle est radicale... "il mourra sûrement si tu le laisses là". Mais elle propose de le prendre. Elle en prendra soin.

Et c'est ce qu'on a fait. Je l'ai pris dans mes mains. Il a pleuré mais s'est blotti dans le creux de ma main. Et nous sommes allés le porter chez elle. Pendant 4 jours et 4 nuits, à tous les 4 heures (heureusement, maintenant traductrice, elle travaille de la maison), elle l'a nourri au biberon. Puis, il a ouvert les yeux. Il a passé ses jours et ses nuits chez elle. Accourant quand elle arrivait. Se blottissant sur elle. Jouant avec les chats...

Il était grand maintenant. Sa belle queue toute touffue. Il était magnifique. Il commençait à cacher ses pinottes dans les pots des plantes et se faisait des nids pour se cacher. Il courait partout, semait la pagaille, affolait les chats, se cachait dans le cou de soeurette quand il savait avoir fait un mauvais coup. Soeurette disait qu'une fois l'hiver passé, elle le ramenerait ici, et le laisserait aller... Il serait mieux dehors, mais avec moi qui serait là pour le nourrir un peu... car on le sait, je nourris les écureuils, malgré les ravages à mes fleurs !

Mais après l'hiver... car il était trop domestiqué et peu habitué à la nature et au froid... donc pas tout de suite. Il était en santé, vigoureux, plein de vie et d'espièglerie !

Et puis, ce matin, elle s'est levée... et il était mort. Sans avertissement... sans signe... sans cri... Il était simplement couché dans son nid. Elle ne comprend pas... et nous pleurons tous ce petit écureuil rescapé de la méchante tondeuse...

Ce n'était qu'un petit écureuil tombé de son nid... des écureuils il y en a partout ici... mais Poppy Corn, tu étais unique...

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