06 janvier 2018

Au détour d’une route sinueuse

Lors de notre vie à Barcelone, nous avons essayé de profiter au maximum de la région. Nous avons visité les endroits plus connus : Figueres, Tarragona,DSC_4315 Sitges, Girona, … Mais nous avons aussi voulu voir les endroits moins connus.

Alors, parfois, pour une fin de semaine ou même juste pour la journée, nous prenions la route pour découvrir petits villages, dolmens, abbayes,… Nous prenions souvent la côte, mais cette fois-ci, nous avons pris une route loin de la côte, nous dirigeant directement dans les Pyrénées. Notre guide nous donnait le nom de deux petits villages à visiter : Rupit et Beget. Pas d’étoiles, dans le guide, mais nous avons tout de même mis le cap pour Beget. 

La route fut longue. Très longue et très, très, très tortueuse. Je dirais même, interminable. Au milieu des montagnes. Nous commencions à regretter notre décision, quand enfin, le village est soudainement apparu.

De façon complètement inattendu et totalement hors du temps. Beget est un village incroyablement bien préservé. Bien sûr, il s’est modernisé mais quand on arrive dans ses rues pavées inégales, quand on voit ses ponts et ses maisons de pierres, on a vraiment l’impression de reculer dans le temps. Son église, l’Église de Sant Cristòfal, est particulièrement remarquable et semble légèrement disproportionnée pour ce petit village.

DSC_5881Nous garons la voiture à l’extérieur du village et commençons à nous promener dans les petites rues tortueuses. Les maisons sont toutes en pierre et ont de jolis balcons en bois – dont plusieurs sont décorés de petits animaux en plâtre.

Nous nous sentons complètement envoûter par Beget. Chaque pas, nous fait découvrir une maison ou une petite rue qui nous semble unique. Nous avons déjà visité plusieurs villages de ce genre, en Espagne, en France, en Allemagne… mais bizarrement, Beget nous émeut. Et puis, il y a ce cours d’eau qui traverse le village et les magnifiques ponts qui divisent le village en différents secteurs.

Le village est petit mais nous ne nous lassons pas de le parcourir. La rivière est aussi très jolie. Et nous décidons de la suivre. Dans le village, elle forme parfois un bassin et quelques personnes s’y baignent. Nous continuons de la suivre et sortons un peu du village. Une route toute bordée d’arbres est parallèle au torrent et nous poursuivons notre marche. La petite route tombe finalement sur un chemin un peu plus grand. De l’autre côté un champ. Nous traversons le chemin et allons sur un petit pont et nous voyons le torrent qui se poursuit au loin. Des gens semblent se baigner dans le torrent, plus loin, où il y a de grandes roches. On dirait qu’il y a aussi un peu plus de mouvement et quelques bassins.

Nous ne voyons pas d’accès près du pont. PisTout suggère alors de passer par le champ. J’hésite… c’est une propriété privée, après tout. Il insiste. JeDSC_5391 finis par céder. C’est que ça semble si beau. Nous retournons à la voiture pour prendre des serviettes et notre lunch. Il est presque 14 h et on commence à avoir faim. Puis nous reprenons le chemin. Une fois près du pont, nous passons sous une petite barrière et entrons dans le champ pour nous rapprocher du torrent. Une fois le champ traversé, le chemin n’est pas facile et je dois parfois m’accrocher aux arbres.

Mais finalement, il est là… et il est magnifique. Plus grand que dans le village, rempli de roches, de petites chutes et beaucoup plus tranquille. Nous marchons encore un peu. Les gens que nous avions vu au loin ne sont plus là. Nous cherchons une belle roche pour pouvoir pique-niquer tranquille. Et pour évidemment se baigner un peu. Et nous trouvons l’endroit parfait. Loin de la route, sur le bord de la rivière, un endroit parfait et magnifique.

Nous tombons absolument en amour avec l’endroit. Et nous y retournerons souvent. Nous avons même parfois fait des détours pour pouvoir voir Beget et surtout pour pouvoir pique-niquer à la rivière.

C’est un long et tortueux détour mais nous ne pouvons résister à l’idée de voir le village et de mettre nos pieds dans le torrent. (Lire le moment captif d’un dimanche)

Nous avons même fait souvent visiter l’endroit à la famille et amis qui venaient nous visiter à Barcelone. Encore une fois, la route est très longue pour s’y rendre et plus d’une personne ont parfois eu des nausées sur la route sinueuse, mais tous ont été émerveillé par le village et tous ont adoré les piques-niques sur le bord de ce superbe cours d’eau perdu dans les Pyrénées.

Beget :

  • Communauté autonome : Catalogne
  • Province : Gerone
  • Région : Ripollès / Alta Garrotxa – Pyrénées orientales 
  • Commune : Camprodon
  • Altitude : 541 m.
  • Population : 27 (2005)
  • Cours d’eau bordant le village : la rivière Beget – source de la rivière Llierca – et le torrent Trull
  • Montagne : Comanegra, Montfalgars

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Le village de Beget existe depuis longtemps et on trouve sa trace comme paroisse depuis 1168. À la fin du XVIIIe siècle il avait 662 habitants et plus de 1 300 en 1860.

En 1969, le village de Beget est incorporé à la municipalité de Camprodon et est aujourd’hui essentiellement composé de résidences secondaires. Le village est déclaré site historique en 1983 – apparemment juste après la construction de la seule route carrossable s’y rendant !

Le noyau urbain est formé de trois secteurs que parcours 2 petits cours d’eau et qui sont connectés par des ponts de pierre. Le village est dominé par l’église romane de San Cristóbal qui se trouve dans le secteur le plus ancien du village et qui conserve un air très médiéval. Elle fut possiblement construite au Xe siècle. Elle renferme une sculpture magnifique, La Majesté de Beget, qui est reconnue comme une des plus belles de Catalogne.

Le village comporte également une petite place, la chapelle de Remei, l’égilse romane de Sant Valenti de Salarsa, une fontaine et une tour.

Pour en connaître un peu plus :

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26 juin 2017

Dolmen de la Creu de Falibe

Lorsque nous habitions à Barcelone, nous avons reçu beaucoup de visites. Famille et amis sont venus nous voir et surtout visiter les environs. Nous faisions évidemment le tour des choses à voir à Barcelone. C'était facile. Il y a tant de choses à visiter... églises, musées... en fait chaque rue a quelque chose à voir. Les gens restaient souvent plusieurs semaines et donc, nous sortions aussi souvent de la ville. Habituellement, nous amenions les gens voir des DSCN7696endroits que nous avions "testés" : villes, villages, monastères, abbayes... Nous amenions les gens à des endroits que nous avions visités et aimés.

Parce qu'il y avait toujours une sorte de stress bizarre qui accompagnait nos visites. Pour une raison incertaine et irrationnelle, nous - enfin, surtout moi - avions toujours peur que nos invités soient déçus par ce que nous les amenions visiter. Donc en allant voir des endroits connus et que nous aimions bien, on avait moins de chance de décevoir. Je sais que c'est un peu stupide mais nous voulions vraiment que nos visiteurs aiment leur voyage.

Mais évidemment, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, tout le temps. Et des endroits que nous trouvons extraordinaires peuvent sembler ordinaires à d'autres. En général, nous allions voir nos valeurs sûres et c'était parfait. Parfois les gens sont un peu moins enthousiastes que nous, mais toujours contents de la visite.

566_09 Visite d'AnnikUne amie est venue nous visiter pendant quelques semaines. Comme d'habitude nous avons visité Barcelone qu'elle a adorée. Puis, nous avons fait quelques petites excursions en dehors de la ville. Nous avons visité quelques villages espagnols et aussi fait un saut dans le Languedoc et dans les Pyrénéées-Orientales. Que des endroits que nous avions déjà vu. Tout se passait super bien. On se dirige vers Castelnou, un petit village que nous aimons bien pour prendre le repas du soir avant de retourner à Barcelone. La journée à été longue, chargée mais superbe. Et puis, je vois sur la carte qu'il y a un dolmen pas trop loin. Vous me connaissez... j'adore les dolmens. Je suggère de faire le détour avant d'arriver à Castelnou. Cela ne semble pas loin, mais vous connaissez les petites routes campagnardes dans les montagnes... tout est tortueux et prend un millions de fois plus de temps que la carte ne le laisse entendre.

On arrive enfin à un croisement avec un petit chemin. Un panneau indique "Dolmen". On devrait y arriver bientôt. On quitte la D2 et on prend le petit chemin. Mais c'est encore long... ça prend un temps fou. Evidemment, comme je commence à trouver que cela prend beaucoup plus de temps que prévu, j'ai l'impression que le chemin est interminable. PisTout est habitué à ce que ce soit si long, ça nous arrive souvent de faire des heures de voitures pour voir uniquement un dolmen, une chapelle, une rivière. Mais pas notre amie. Elle ne dit rien mais j'ai peur qu'elle ne soit fatiguée et qu'elle trouve que nous perdons notre temps dans des routes sinueuses pour aller voir un tas de roches. Il commence à se faire tard et nous devrons revenir sur nos pas pour aller à Castelnou qui est encore loin.

Je commence à stresser. Ce dolmen a besoin d'en valoir la peine. Ils sont parfois en piteux états. À mes yeux, ils sont tout aussi fascinants, mais je reconnais qu'ils sont parfois assez ordinaires et à peine visibles. Nous arrivons à un autre croisement avec un plus petit chemin. On s'engage avec la voiture. Et après quelques minutes, il est là, tout près de la route. Je respire.568_09 Visite d'Annik

Il est en bon état. Il semble avoir été restauré. Et il se trouve au centre d'un cairn circulaire (tumulus de pierres). Nous n'en avons pas vu beaucoup ainsi. Je suis très contente. Il est magnifique. Nous en faisons le tour. Il en valait la peine, c'est certain. Et la pierre de couverture est couverte de symboles... Récents, anciens, je ne le sais pas encore, mais je suis toute énervée.

Mon amie semble contente. Mais je la sens fatiguée. Je sais que ce fut beaucoup de routes pour quelques pierres ; même si elles ont été assemblées il y a trois milles ans ; même si elles ont protégé la dépouille d'un ou d'une inconnue. Ce n'est pas tout le monde qui a les larmes aux yeux à la vue d'un tas de pierres. Je pense que mon amie était quand même impressionnée par le site. Mais le soleil tombe rapidement et nous avons un petit village à rejoindre si on veut manger avant que le restaurant ne ferme.

Mais j'ai appris la leçon... finis les détour  interminable  à la tombée du jour, pour aller voir des pierres. Aussi anciennes et remplies d'histoires soient-elles. Hum... vraiment ?

Caractéristiques

  • Nom: Dolmen de la Creu de Falibe
  • Autres noms: La Creu de la Llosa
  • Légende :
  • Situation: Saint-Michel-de-Llotes, Département des Pyrénées-Orientales, France.
  • Coordonnées : Latitude: 42.634216N  Longitude: 2.643614E
  • Altitude : 466 mètres.
  • Axe : Nord-Ouest / Sud-Est
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen avec cairn (tumulus de pierres)
  • Âge: Néolithique final, fin du IIIe millénaire
  • Découverte : Étudié pour la première fois en 1930 par  Eugène Devaux
  • Restauration : Restauré en 1996 par J-Ph Bocquenet.

Description

Le dolmen se trouve au centre d'un cairn (tumulus de pierres) d'un diamètre d'environ 10 m. délimité par un cercle de grosses pierres. La chambre principale est rectangulaire et a une dimension de 2,5 m. par 1,5 m. Elle est faite de quatre pierres, fermée au Nord par une autre dalle plus petite et est couverte d'une grande dalle de 1,95 m par 1,30 m. gravée de lignes, croix et autres marques et signes. Les croix seraient certainement une christianisation des signes gravés. Elle a une épaisseur variant entre 15 et 25 cm. Une rigole fait le tour, possiblement pour récupérer un liquide. On suppose que la dalle aurait pu être utilisé pour faire des offrandes aux morts ensevelis sous le dolmen.

Le site a été étudié par Eugène Devaux en 1930. Mais il aurait été pillé avant sa découverte officielle. Peu de vestiges a donc été retrouvés : quelques tessons de poteries. Le dolmen et son cairn ont été restaurés en 1996 par J-Ph Bocquenet. Le cairn a été constitué de pierres de shistes de 7 m. de large. Pour toutes les dimensions des dalles ou pour plus d'information sur la datation du site, visitez les sites mentionnés plus bas. Plusieurs indices laissent supposer des destructions ou des déplacements de pierres.

Il y a deux autres dolmens à visiter tout près. Les dolmens sont situés sur un chemin de transhumance utilisé depuis des siècles. On dit que les bergers laissent une marque sur la dalle du dolmen de la Creu de Falibe lors de leurs passages afin de les préserver eux et leurs troupeaux de tout ce qui peut nuire à leur santé.

Pour en savoir plus

  • Article sur Wikipedia
  • Informations sur le site Lieux insolites en France et ailleurs
  • Informations sur le site Les Pyrénées-Orientales
  • Fiche sur The Magalithic Portal
  • Fiche sur le site Mégalithes du monde

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27 mai 2017

Dolmen de la Devesa

DSC_9249En 2012, lorsque nous avons fait notre premier retour en Espagne pour visiter mon père, nous n'avons pas pu résister à la tentation de ressortir notre carte de l'Alt Empordà avec tous ces merveilleux sites mégalithiques à explorer.

Un trajet nous semblait particulièrement intéressant. Situé près de Palau Saverdera, il permettait de voir trois sites : le Dolmen del mas Bofill, le Dolmen de la Devesa et le village néolithique de Ca n'Isach. Les trois endroits semblaient près de la route, ce qui faisait notre affaire. On se rappelait trop bien nos péripéties lors de notre visite au Dolmen de la Vinya del Rei.

Et donc direction Palau Saverdera. Nous commençons par le village néolithique, assez bien conservé, bien présenté et mis en valeur et surtout très intéressant. Puis nous allons voir le Domen del mas Bofill. Le dolmen est tout près de la route et carrément à côté d'une habitation. Toujours étrange de voir comment les gens se sont bâtis autour de vestiges anciens ; sans vraiment s'en soucier mais en ne les abîmant pas trop non plus. Le dolmen est très bien. Nous voulons ensuite voir le troisième site, le Dolmen de la Devesa. Selon notre carte, celui-ci est un peu éloigné de la route mais tout près du Dolmen del mas Bofill. Il faut passer derrière ladite habitation et suivre un chemin en terre. Tout est bien indiqué, cela ne semble pas bien loin (selon la carte) mais il est 18 h. Il commence à se faire tard. On hésite un instant. Mais selon la carte, c'est tout près ... et puis même si nous sommes au début d'octobre, 18 h c'est encore tôt... et il fait un soleil resplendisant. DSC_9262

On s'engage sur le sentier. Le soleil brille. Le sentier est superbe. On avance. La carte nous rappelle que le dolmen est proche. On avance et on monte. La vue est magnifique. Et on monte. Et on monte. Le sentier n'arrête plus de monter. Et s'il est très bien défini, il traverse une flore, qui est non seulement dense, mais ma foi, assez piquante ! Et on monte, monte, monte. La carte nous montrait-elle la distance à vol d'oiseau ? Car nous n'arrêtons pas de tourner et tourner dans le sentier qui est tout sauf droit. Malgré nos tentatives pour nous protéger, nos bras sont complètement couverts d'égratignures. Et le soleil commence à se coucher.... le paresseux. Je fais un arrêt et je questionne : on rebrousse chemin ou on continue ? C'est que le chemin a beau être assez bien défini, dans le noir - et noir il fera quand le soleil aura disparu - je ne suis pas certaine que nous pourrons le retrouver. Après une petite discussion, on décide de continuer (je veux absolument voir le dolmen et c'est si proche et PisTout m'assure qu'il saura retrouver son chemin... oui, je sais, on se dit n'importe quoi !).

DSC_9295Alors, on continue. Le dolmen ne devrait pas être loin. On accélère le pas. Le coucher de soleil est époustoufflant mais assez inquiétant. Je commence à être à bout de souffle et les bras et les mollets en sang. PisTout marche un peu plus vite et je prends un peu peur... je passe devant lui, je ne veux pas le perdre. Car j'ai zéro sens de l'orientation ! Et on monte, on monte, on monte. Je crois voir le dolmen. Oui, je le vois. Sous un olivier. Je cours presque. Il est là. Je fais signe à PisTout : "il est ici, dépêche-toi !".

Et il est formidable. On le contourne, l'examine, le touche... Et on cherche les mouchoirs pour le sang qui couvre nos bras. Mais on est émerveillé. On prend une tonne de photos. On se fond dans la pierre. Et on se perd dans la vue incroyable. Le dolmen se fond dans l'infini. On s'enlise dans le passé. On se sent seul dans un silence absolu. Mais le soleil s'enfuit. Il se fout de nos rêves et de nos peurs. Et on doit rebrousser chemin. Évidemment, le temps ne nous attend pas et il fait de plus en plus noir. On a faitDSC_9307 nos adieux au Dolmen de la Devesa en un instant. C'est un peu rapide et sec mais il comprendra. Et on redescend. À toute vitesse. On connait un peu le chemin et on évite la plupart des épines qui se dressent toujours menaçantes et sanguinaires. Mais descendre est toujours difficile pour moi et je n'y vois plus rien. Mais c'est quoi cette idée de se mettre dans des situations ridicules pour des dolmens, que je me dis en grommelant, même si je sais que ce ne sera pas la dernière fois...

Nous arrivons enfin à la voiture. PisTout toujours prévenant et prévoyant sort la trousse de premiers soins... Ai-je dis que nous étions égratignés de toute part ? Je n'exagère rien. Mais cela en valait encore une fois la peine. Cela en vaut toujours la peine. Et puis, je me questionne immédiatement... La Devesa... je ne connais pas ce mot. Le lendemain, mon dictionnaire catalan-français me dit que devesa signifie pâturage... Vraiment ?

(Selon les descriptions trouvées, il se situe à environ 100 m. du dolmen del mas Bofill mais qui peuvent sembler interminables avec une végétation dense... vraiment ?!?!)

DSC_9272Caractéristiques

  • Nom: Dolmen de la Devesa
  • Situation: Palau Savardera (près de Roses), Mas Isaac, province de Gérone, comarque d'Alt Empordà, Communauté autonome de Catalogne, Espagne.
  • Coordonnées : Latitude: 42.315389N  Longitude: 3.138418E
  • Altitude : 190 m.
  • Axe : Sud-ouest
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen
  • Âge: Néolithique moyen - 3500 - 2700 av. J.-C.

Description

Tombeau corridor formé d'une chambre de forme trapézoïdale avec huit grandes pierres. L'intérieur est assez grand mais l'entrée trèes étroite. Ses dimensions générales sont de 3,4 m. de longueur par 2,4 m. de largeur et 2,05 d'hauteur. La dalle qui ferme le fond du dolmen a 2,80 m. de largeur et 1,95 m. d'hauteur. La plus grande dalle située du côté Est fait 3,20 m. par 1,90 m.

Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des ossements humains, quelques morceaux de céramiques et un morceau de collier.

Pour en savoir plus

  • Informations sur Wikiloc
  • Fiche sur le site Guía de monumentos megalíticos de España du Ministerio de educación, cultura y deporte

11 avril 2017

Dolmen de la Vinya del Rei

Mon dernier article sur le Dolmen de les Fades m'a rendue terriblement nostalgique de tous ces dolmens et menhirs que nous avons eu la chance de voir. Alors, je ne peux résister de parler d'autres rencontres particulièrement incroyables. Et je pense tout d'abord au Dolmen de la Vinya del Rei.

Quelques temps avant de quitter l'Espagne pour revenir au Québec, j'ai trouvé une merveilleuse carte à grande échelle de l'Alt Empordà indiquant les différents sites mégalithiques à découvrir. Ce n'est vraiment pas loin de Barcelone, juste un peu plus haut que Girona. Il faut donc y aller. Nous sommes partis par un bel après-midi d'un samedi d'avril.

DSC_4771Les indications sont claires. Le chemin semble facile à suivre. Et au début tout va très bien. Nous connaissons quand même bien la région. Nous sommes déjà allés au Monastère de Sant Pere de Rodes et avons visité de nombreux petits villages du coin. On arrive donc rapidement au village de Vilajuïga et prenons le chemin indiqué pour se rendre au dolmen. C'est une petite route de campagne mais on a l'habitude. Sur la carte, il est indiqué que le chemin deviendra en terre. C'est un chemin qui mène au dolmen de la Vinya del Rei mais aussi à quatre autres dolmens.

Nous arrivons à un endroit où la route devient un peu plus petite. Il y a un espace pour les autos et une voiture y est stationnée. Nous nous arrêtons. On indique bien le chemin vers le dolmen par le chemin de terre qui suit une petite rivière. Le chemin est de terre, comme prévu, mais assez large. Nous décidons donc de continuer la route en voiture. Tout va vien. C'est un peu cahoteux, mais on a aussi l'habitude.

Mais soudainement, le chemin rétrécit dramatiquement. Une seconde il était assez large pour deux voitures et l'autre, il est à peine la largeur de la voiture. Et la terre se transforme en roches. On arrête. Le changement fut vraiment brutal. La route est tellement étroite que nos roues sont carrément sur le bord de la rivière. Il n'y a qu'un fil d'eau dans le fond mais le lit est profond. Bon, on se dit que le chemin redeviendra normal bientôt. On continue très tranquillement. Mais alors là, très tranquillement.

Pour se rendre compte que rien ne change. La route est minuscule, faite de roches qui bousculent la voiture et nous entendons des bruits inquiétants. Nous ne savonsDSC_4780 plus quoi faire. Nous ne pouvons pas faire demi-tour ; reculer nous angoisse. Nous essayons tous les deux de rester calme. Mais nous commençons à nous douter que nous avons été insouciants et que nous aurions dû laisser la voiture au début du chemin.

Car ce n'est pas un chemin... c'est un sentier pédestre. De toute évidence. Mais on ne peut rien faire. J'essaie de rester calme pour PisTout qui conduit. Et il essaie de rester calme pour moi. Mais nous sommes tous les deux complètement paniqués. Et puis, un miracle. Il y a un espace droit devant nous. Assez grand pour se retourner. Nous faisons notre virage pour mettre la voiture en sens inverse et nous arrêtons la voiture. Nous sortons. Et là, j'ai littéralement eu une crise de panique. Je me suis penchée en deux, la tête entre les mains. Et j'ai hyperventilé pendant plusieurs minutes. PisTout me dit qu'il a marché rapidement entre la rivière et la voiture, sans arrêt, à répétition. Je ne sais pas, j'étais complètement terrorisée et je ne le voyais pas. Puis nous nous enlaçons. Nous ne pouvons croire à notre chance. Nous avons pu nous retourner. Nous pourrons rebrousser chemin. Ce sera difficile, mais nous l'avons fait dans un sens, nous pourrons le faire dans l'autre.

Et puis, nous nous regardons. Est-ce que nous continuons à pied ? On va le voir ce foutu dolmen ? Et bien oui, merde. Après tout ça, nous allons continuer notre chemin. Et nous suivons les indications et marchons encore et encore. Et puis le voilà ! Et heureusement, il est superbe - oui, car si cela n'avait été que quelques pierres à peine identifiables, comme c'est souvent le cas, je crois que nous aurions été très déçus et peut-être légèrement furieux. Mais il est là, incroyablement captivant et surnaturel.

Mais nous devons partir. Nous oublions les autres dolmens, nous les verrons une autre fois. Nous devons retourner à la voiture et rebrousser chemin. Ce que nous fîmes. Incroyablement, doucement et lentement. Avec moi, marchant devant la voiture, enlevant les grosses pierres et dirigeant PisTout qui conduisait avec précaution. Ce n'est qu'une fois retournés à notre point de départ que nous avons vu le panneau indiquant que nous étions dans le "Barranc de les Comes de l'Infern". L'enfer ? Oui, mais nous avons aussi vu l'éternité !

Caractéristiques

  • Nom: Vinya del ReiDSC_4797
  • Situation: Vilajuïga, comarque de l’Alt Empordà, province de Gérone, Communauté autonome de Catalogne, Espagne. Suivre la route en direction du Monastère de St. Pere de Rodes.
  • Coordonnées : Latitude nord: 42º 19´ 50" Longitude est: 3º 7´ 30"
  • Altitude : 150 mètres
  • Axe : Sud-ouest
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen
  • Matériau : Gneiss (roche métamorphique contenant du quartz, du mica, des fledpaths plagioclases et parfois du fledspath alcalin. Wikipedia)
  • Âge: environ 5200 av. J.-C.  
  • Découverte : 1934 par Isidre Macau. Le site aurait été connu depuis le XIXe siècle.

Description

Tombeau corridor formé d’une double cavité de forme trapézoïdale :

  • Cavité intérieure forme une large chambre ayant 2.20 m. de largeur par 2.80 m. de longueur et une hauteur maximale est de 1.65 m.
  • L’antichambre a 1.30 de largeur et une hauteur de 0.80 m.
  • Cinq grandes dalles verticales composent la chambre recouverte par avec une simple dalle de 4.15 m. de longueur par 2.95 m. de largeur et ayant entre 0.15 m. et 0.30 m. d’épaisseur.
  • À noter qu’une dalle plus petite que les autres est posée à l’entrée de façon perpendiculaire à la paroi septentrionale de la chambre. La forme de cette dalle semble artificielle et laisse supposer la tombe aurait pu avoir une entrée de type fenêtre.

Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 1940 par J. Garriga. Différenta artefacts furent retrouvés à ce moment : une pointe de flèche en silex, des fragments de vases et deux plaquettes d'ardoise verdâtre. En 1942, d’autres fouilles ont permis de retrouver des ossements dans la chambre. Tous les vestiges sont conservés au Musée d'Archéologie de Barcelone.

Ce dolmen est le plus imposant de la région.

Pour en savoir plus

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15 mars 2017

Dolmen des Fados

Depuis notre retour au Québec, nous nous ennuyons beaucoup de nos petites escapades catalanes et françaises. Nous partions souvent une journée ou un week-end pour explorer la campagne ou les petits villages aux alentours de Barcelone. Et donc, il y a deux ans, quand nous sommes allés voir mon père en Espagne, nous en avons profité pour prendre la voiture et partir sur la route pendant quelques jours. Nous avons beaucoup exploré le Languedoc. Alors là, vraiment beaucoup. C'est un de nos endroits préférés. Mais il reste bien sûr tant de choses à y découvrir.

Et donc, nous avions été visité le magnifique village de Minerve et nous retournions vers notre auberge, un peu fatigués mais très contents de notre 2314djournée. Et puis, alors que je regarde le paysage défilé, jevois soudain un petit panneau avec le mot dolmen. C'est rapide, mais je l'ai vu ! "Oh, un dolmen", je crie littéralement. Mon PisTout soupire. Il me connait trop bien. "Tu veux y aller ? Il commence à être tard." " On y va quand même". Il soupire mais rebrousse chemin. Je regarde sur notre carte. "Je crois que c'est le Dolmen des Fades".

On arrive au site rapidement. Il y a même un endroit bien aménagé pour laisser la voiture. Et des panneaux qui nous expliquent les caratéristiques du dolmen qui semble bien grand. Nous marchons rapidement jusqu'au site, car, en effet, il commence à se faire tard.

Nous apercevons des pierres au loin. On s'approche. Et c'est impressionnant ! Beaucoup plus grand que je ne l'imaginais. Oui, j'avais bien lu la description dans le stationnement, mais je ne m'attendais pas du tout à cette ampleur. Et oui... je sais que tout cela a été restauré, et que tout n'est pas exactement comme on l'a découvert et surtout comme cela était il y a des millénaires... Mais je suis tout de même émue 2314cen approchant. Je ne suis pas seule, PisTout a bien beau rouspété à chaque fois que je veux aller voir un dolmen ou un menhir... il est émotionné lui aussi. Nous sommes impressionés par l'ampleur du site, sa beauté, son histoire.

Nous sommes seuls sur le site. C'est silencieux. Et la nuit tombe petit à petit. On ne peut que se sentir projeter dans le temps. La magie du lieu nous affecte beaucoup. Nous marchons doucement tout autour en prenant beaucoup trop de photos. Puis, nous nous essayons tout près pour l'admirer en silence. Je suis vraiment ébranlée par l'énergie que dégage l'endroit. J'ai soudainement l'impression que nous sommes seuls au monde et que nous ne quitteront jamais ce dolmen. Il sera notre tombe aussi. J'ai un frisson.2314f

Il faut dire qu'il commence à faire vraiment noir. La nuit est presque tombée et on ne voit plus grand chose. Il serait peut-être temps de rebrousser chemin et de dire nos adieux au Dolmen des Fados avant que les fées ne fassent leur apparition et nous retiennent prisonniers de ce lieu éternel. On commence à marcher en direction du stationnement... et je dois avouer que j'ai eu un minuscule moment de panique car la nuit a tombée d'un coup et il faisait vraiment noir. La forêt apparaissait beaucoup plus dense qu'il y avait à peine quelques minutes et le chemin semblait nous échapper.

Mais nous avons retrouvé la voiture et repris la route la tête remplie de poésie et d'émotions.

Caractéristiques

  • Nom: Dolmen Lo Morrèl dos Fados (Dolmen du coteau des Fées)
  • Autres noms: Dolmen de las Fadas (Dolmen des Fées) - Dolmen des Fados - Dolmen des Fades - Dolmen de Pépieux - Allée couverte du Mourrel das Fadas
  • Légende : Le dolmen des Fados est également appelé "Palet de Roland" par les locaux car selon la légende le neveu de Charlemagne, Roland, y aurait laissé l'empreinte de sa main.
  • Situation: Pépieux, Département de l'Aude, France. Le dolmen est situé sur un coteau dans un bosquet de pins.
  • Coordonnées43° 18′ 45″ nord, 2° 40′ 48″ est
  • Axe : sud-ouest / nord-est
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen - Allée couverte ou Dolmen à couloir large
  • Âge: Bâti à la fin du Néolithique vers - 3000 (donc, plus de 5000 ans) - Toujours en usage au Chalcolithique (ou Énéolithique) et au début de l'Âge du bronze
  • Peuple : Culture de Véraza ou peuple du Vérazien
  • Protection : Inscrit 1943, Classé 1969
  • Restauration : Travaux de sauvegarde à partir de 1962, sous la direction de Jean Guilaine. Consolidation générale en 1972. Remise en état à la fin des années 1990. (Voir détails sur le blogue Lieux sacrées)

2314bDescription

Galerie de 24 mètres incluse dans un tumulus d'environ 35 m. La galerie comprend trois parties :

  • 1 couloir de 12 m. de long par environ 2 m. de large et constitué de piliers en murets de pierres sèches
  • 1 antichambre de 6m. comportant une table de couverture de 6.70m. de long par 2.80 m. de large et pesant environ 9 tonnes
  • 1 "cella" terminale qui est barrée par une dalle de chevet.

L'allée couverte comporte également deux portes qui délimitent l'espace à l'intérieur.

C'est le plus grand dolmen du midi de la France.

De nombreux vestiges y furent découverts : ossements, tessons, poteries, armes, etc. dont le fameux poignard métallique (voir article dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française).

Pour en savoir plus

 

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29 août 2016

Suspendre le temps

2016-08-29bLe temps s'étire. Il semble interminable. Mais il passe à toute vitesse en même temps. Qui a dit que le temps était logique ? Et enfin, les vacances approchent. Enfin. Nous prenons habituellement nos vacances en automne. On a l'habitude. Mais cette année, je dois avouer que j'ai particulièrement hâte à ces vacances.

Car en principe, ce seront de vraies vacances. Et pas un long voyage. Vous savez des vacances où on se repose vraiment. Car même si j'adore voyager, je reviens toujours émerveillée mais épuisée. Complètement vidée. Oui, j'ai fait le vide, j'ai oublié les tracas quotidiens, les petits soucis du travail, j'arrive même à oublier parfois mes mots de passe. Mais je reviens aussi complètement vidée d'énergie. Et alors, je retourne au travail la tête pleine de souvenirs mais vraiment fatiguée.

Doc, j'ai réussi à obtenir une année sans grand voyage. Ce fut difficile, une tâche quasiment 2016-08-29impossible. Mais mon PisTout a finalement accepté. Pas de voyage cette année. Deux semaines ici à la maison. Non seulement ça, mais on ne fera que deux petits séjours à l'extérieur de la maison. Un trois jours au Saguenay et un deux jours à Portsmouth au États-Unis. Et puis, des petites visites de quelques heures autour de la maison. C'est un miracle. Et je sais que c'est très difficile pour PisTout.

Et il ne peut s'empêcher d'essayer de me faire changer d'idée... "on peut faire une semaine ici..." "on peut avoir des billets d'avion pas cher pour là-bas...". Mais je résiste. Je suis forte... même si moi aussi, ça me titille... surtout avec les superbes articles de Karine:) qui nous raconte son séjour en France. Je m'ennuie tellement de pouvoir faire un saut à Quéribus, Céret ou Castelnou, le temps d'une journée... ou de prendre l'avion pour Berlin, Stockholm ou Prague, le temps d'un week-end.

Mais, il y a beaucoup à voir ici aussi... Et j'ai vraiment besoin de ces jours plus relax... et même quelques jours juste à la maison, dans ma cour ou dans mon salon avec un bon livre. Se lever le matin, dans mon lit, à l'heure qui me plait, faire mon café et non pas me réveiller dans un lit que je ne connais pas, à l'heure prescrite par le check-out ou le petit déjeuner obligatoire et programmé et un café inconnu. Décider le jour même si on reste à la maison pour paresser au jardin ou si on saute en voiture pour aller visiter le fort de Chambly, faire du vélo dans les Cantons de l'Est ou du kayak dans les Îles de Boucherville. Ou peut-être un saut au centre-ville, sur la Plaza St-Hubert ou dans le Mile-End. On verra le moment venu.

Encore quelques semaines... le temps semble se suspendre et me narguer... il me dit de patienter... Et puis une fois là, il filera à toute vitesse. C'est un taquin ce temps !

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21 septembre 2014

Moment captif d'un dimanche : entre deux bateaux

2014-09-21"Rester, c'est exister. Mais voyager, c'est vivre." [Georges Brassens]

Prendre la route. Prendre l'air. Prendre le large. Se coincer entre deux bateaux pour mieux s'envoler en couleurs. Qui sont ces voyageurs qui se cachent près des navires immobiles ? Je ne les connais pas. Je  ne veux pas nécessairement les connaître. Je n'ai pas besoin de les connaître.

Je peux très bien m'imaginer leur vie. Je peux inventer les voyages qu'ils ont faits et ceux qu'ils rêvent encore de faire. J'aurai problabement tout faux. Mais ce n'est pas grave. C'est ma fiction. Je peux leur bricoler la vie que je veux. Leur coller des mots dans la tête et des rêves sur leur bouche. Je peux les faire changer d'idées et les laisser parmi ces bateaux pour quelques mois. Ils apprendront à pêcher et partiront sur l'eau pendant des jours. Leurs nuits seront froides mais ils s'enlaceront pour avoir chaud. Et puis, les couleurs les rattraperont et ils repartiront sur la route. Ils partirons peut-être vers des lieux plus chauds. Ou ils retourneront chez eux. Cela n'a pas vraiment d'importance. Ici ou ailleurs. C'est le déplacement qui compte, non ?

"On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées." [Hyppolyte Taine]

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07 septembre 2014

Moment captif d'un dimanche : s'immobiliser

DSC_1870"Le Temps est l'image mobile de l'éternité immobile." [Platon]

Il est parfois nécessaire de s'immobiliser pour pouvoir avancer. Ce qui peut s'avérer très difficile pour ceux qui aiment bouger.

On regarde par la fenêtre et on a l'impression de piétiner sur place. Et même parfois d'être carrément pétrifier dans une position trop confortable.

C'est qu'on était habitué d'aller et venir. Se lever, danser, marcher, partir, voyager, revenir, s'agiter, se déplacer. Ce n'est pas qu'on n'était pas capable de se reposer un peu et même de végéter à l'occasion. Mais cela ne durait que le temps nécessaire pour retrouver l'envie de naviguer sur les routes de la vie.

Le temps passe et les épisodes de nos vies sont parfois bien différents. Les rêves se transforment. Ils demandent parfois de ralentir pour pouvoir les façonner à notre convenance. On ne bouge plus comme avant. Mais on bouge tout de même. Il suffit d'être patient et d'attendre tranquillement les moments plus rares où nos pieds s'évadent. Ils n'en sont que plus précieux.

"Attendre c'est être entre l'immobilité et l'espoir." [Pauline Michel]

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23 mars 2014

Le moment captif d'un dimanche : itinéraire

2014-03-09"La mémoire, c'est comme une valise. On met toujours dedans des choses qui ne servent à rien." [Walter Prévost]

Des objets trouvés et rassemblés. Une valise inconnue dans une vente de garage sur le terrain d'une église anglicane à quelques coins de rues. Un ourson d'une jolie boutique d'un petit village alsacien. Un livre d'un antiquaire du Vermont. Une chaise, qui a une jumelle dans une autre pièce, d'un antiquaire des Cantons de l'Est.

La valise renferme des souvenirs qui me sont inconnus. Elle garde ses secrets. Et m'oblige à imaginer des voyages mystérieux. Qu'a-t-on mis dans cette petite valise bleue. Elle me rappelle de vieilles valises qu'utilisaient mes parents. C'était bien avant les valises à roulettes. Une époque où il fallait tenir sa valise dans sa main. Ou à deux mains quand elle était trop lourde. On n'y mettait que les choses essentielles. Est-ce que j'oublie quelque chose ? Ai-je tout mis mes souvenirs dans ma valise ?

Je m'assois sur la chaise. Elle est vieille. Va-t-elle supporter mon poids ? C'est que je suis pleine de souvenirs. Ma mémoire n'en peut plus. Elle me dit d'oublier certaines choses. Je lui offre de ne rien oublier mais de mettre mes souvenirs de voyages dans la petite valise. Ils seront bien au chaud. Ils s'y sentiront chez eux. Et ils seront protégés par petite dame ourson. Elle est féroce, la dame. Elle gardera les souvenirs de mes voyages. Elle sera vigilante. Sa seule distraction sera la lecture de cet énorme livre. Une page à la fois. Pour qu'elle voyage un peu elle aussi. Ne dit-on pas que sur une chaise avec un bon livre, on peut faire mille voyages ?

"À quoi bon bouger, quand on peut voyager si magnifiquement dans une chaise ?" [Joris Karl Huysmans]

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03 mars 2014

Dans la nature... l'Ecomuseum

001Je l'ai déjà dit, parfois, on connait plus les autres pays que son propre pays. Et on visite de fond en comble les villes situées "ailleurs". Parce qu'on croit connaître sa ville de fond en comble. Mais on ne connait habituellement pas vraiment sa ville. Je pensais connaître Montréal avant de partir pour Barcelone. Mais je ne la connaissais pratiquement pas. Je ne connaissais que quelques coins. Et surtout, avant de partir, j'avais l'impression qu'il n'y avait rien à connaître.

Quand nous sommes revenus, je l'ai déjà dit, nous avons acheté des guides touristiques sur le Canada, le Québec et Montréal. 003Et là, j'ai réalisé qu'il y avait un million d'endroits de ma ville que je ne connaissais pas. La plupart des endroits que nous visitons, nous avons découvert grâce aux guides, mais aussi grâce aux blogues d'immigrants au Québec. Et oui, ce sont les autres qui nous ont pointés vers les endroits magnifiques de la ville où je suis née.

J'aime les animaux et je recherche les endroits où je peux les voir. J'aime évidemment les endroits où, même si ce sont des endroits "fabriqués", les animaux sont bien traités. J'ai visité un tas de parcs animaliers un peu partout, récemment j'ai parlé un peu du Parc Oméga. Mais tous ces endroits sont à l'extérieur de ma ville. Évidemment. Il faut de l'espace pour faire un parc animalier, non ? Il y a bien le Biodôme, mais c'est un espace intérieur. Et j'ai quelques souvenirs du zoo Le Jardin des Merveilles qu'il y avait au Parc Lafontaine, mais c'était un zoo urbain et il fut démantelé en 1989, je crois (tiens, il faudrait que je fasse quelques recherches sur ça...).

002Et donc quand j'ai lu sur un blogue qu'il y avait un parc animalier sur l'Île de Montréal, je ne le croyais pas. Et puis, je me suis rappelée que si je ne connaissais pratiquement pas Montréal, je connaissais encore moins l'Île. Après tout, avant d'emménager à Pointe-Claire, j'avais l'impression que c'était tellement loin... Non, je ne connaissais pas ma ville, ni mon Île. Et l'Île de Montréal est grande. Si grande, que j'ai appris récemment qu'il y avait des chevreuils dans l'est de l'Île dans le parc-nature de Pointe-aux-prairies. J'ai même eu la chance d'en voir à quelques occasions.

Quelques recherches plus tard, j'avais la localisation de l'Ecomuseum et quelle surprise, ce n'était pas très loin de chez moi. Mais j'avais tant de questions. Comment ne pouvais-je pas savoir qu'il y avait un parc animalier sur l'Île de Montréal ? Sûrement qu'il n'existe que depuis quelques années ! Sinon, je l'aurais connu ! Et non... il existe depuis plusieurs années. Mais comme je pensais connaître mes environs, comme l'ouest de l'île m'apparaissait être à des milliers de kilomètres... et surtout comme je ne lisais rien sur ma ville... j'ignorais complètement l'existence de l'Ecomuseum et toute son histoire. J'ai dû remédier à la situation immédiatement ! Et j'ai visité le parc plusieurs fois, en été et en hiver !

Quelques informations pratiques...004

Le parc animalier Ecomuseum est situé dans l'ouest de l'Île de Montréal à Sainte-Anne-de-Bellevue. Il est ouvert 364 jours par année de 9 h 00 à 17 h 00. Il ne ferme que le 25 décembre. On peut donc visiter le parc et voir les animaux en toute saison, il y a donc parfois des animaux en hibernation et qu'on ne verra pas pendant l'hiver mais d'autres seront plus actifs selon la saison. Par exemple, lorsque j'y suis allée en hiver, je n'avais pas pu voir les ours, mais le renard arctique était en pleine forme. Alors qu'en plein mois de juillet, le pauvre renard arctique était caché sous des buissons et semblait avoir bien chaud. C'est donc une nouvelle visite à chaque fois.

005En 1981, le Dr. John Bider fonde la Société d'histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent qui a pour mission principale d'éduquer les enfants sur l'environnement. Il choisit un terrain dans la pointe ouest de l'île de Montréal pour y installer un zoo extérieur. Le Dr. Bider veut restaurer ce terrain qui avait déjà été un milieu humide mais était depuis longtemps utilisé comme une décharge, particulièrement dans les années '60 lorsque l'autoroute 40 fut contruite dans l'ouest. En 1988, le zoo Ecomuseum ouvre ses portes. Le parc est bien modeste à ses début mais le docteur est déterminé et grâce à son travail et à celui du comité fondateur, du personnel et des bénévoles, il réussit à créer un lieu unique - organisme sans but lucratif - dédié à l'éducation, la recherche et à la protection de l'environnement.

Le parc n'a jamais cessé de grandir et d'évoluer. En plus d'être ouvert au public, il propose nombres d'activités éducatives pour les écoles et les enfants. Certains locaux sont aussi réservés à la recherche et aux soins animaliers. Notons que c'est en 1996 que l'Ecomuseum commence à ouvrir l'hiver, pour offrir 364 jours au public.

006Le parc, aménagé sur 11,3 hectares, propose un parcours extérieur et quelques installations intérieures. Il nous présente plus de 115 espèces d'animaux vivants, tous provenant de la vallée du Saint-Laurent : aigles, hiboux, corneilles, canards, renards, loups, coyotes, ours noirs, loutres, caribous, porc-épic, grenouilles, et bien d'autres. Dans la zone intérieure, "Du jour à la nuit", on peut voir des couleuvres, tortues, poissons, etc.

2013 a été une triste année pour l'Ecomuseum puisqu'il a perdu ses trois ours. Homer, le mâle a dû être euthanasié en octobre et les deux femelles, Suzie et Marge, en décembre. Les ours emblèmes du parc étaient très âgés et étaient malades. Ce fut très difficile pour les employés et les visiteurs du parc.

Quelques liens à consulter...

Posté par Laila_Seshat à 04:22 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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