20 avril 2017

King Dave (2016)

KingDave1À l'affiche ce soir : King Dave  (2016)

Fiche technique

Langue: Français (VO)
Année: 2016
Durée: 1h 40 min.
Pays: Canada (Québec)
Réalisateur: Podz (Daniel Grou)
Producteurs: Nicole Robert, Jaime Tobon

Studio : Go Films

Distributeurs : Les Films Séville
Scénario : Alexandre Goyette
Cinématographie: Jérôme Sabourin
Musique originale: Milk and Bone

Distribution: Alexandre Goyette (Dave); Mylène St-Sauveur (Isabelle) ; Moe Jeudy-Lamour (Ali); Karelle Tremblay (Nathali)

Synopsis (attention spoilers)

Dave est un jeune homme rebelle, qui joue au petit dur, se croit cool, mais est très influençable. Un soir, dans un bar, sa vie dérape. Lorsqu'il voit sa copine danser et flirter avec un autre gars un peu trop entreprenant, il s'élance, jaloux, sur la piste de danse pour défier le gars. Sa copine quitte fâchée, mais Dave veut donner une leçon à l'autre. Mais c'est plutôt lui qui se fait battre violemmentKingDave2 et retourne chez lui, complètement humilié.

Dave ne peut laisser les choses ainsi et il décide de se venger. Mais rien ne va aller comme il le veut et il se retrouve dans un engrenage de violence dont il ne sait comment s'échapper et qui le mènera vers l'irréparable.

À propos

Genre: Drame

Le film King Dave est l'adaptation au grand écran d'une pièce de théâtre écrite et jouée par Alexandre Goyette il y a plus de 10 ans. La pièce de théâtre fut jouée partout au Québec remporta un très grand succès. En 2005, la pièce reçue le prix "texte original" et Alexandre Goyette reçu le prix "interprétation masculine" lors de la soirée des Masques.

Goyette a écrit ce texte lorsqu'il avait environ 25 ans, mais s'est inspiré de son adolescence et des jeunes qui l'entouraient. Il voulait raconter la violence urbaine des gangs de rue dont il a été témoin. Le texte ne raconte pas sa vie mais ce qu'il aurait pu vivre.

La pièce est très dynamique, vivante et beaucoup la qualifiait de cinématographique. L'acteur porte le texte entièrement, joue tous les personnages et s'adresse au public directement.

C'est le réalisateur Podz qui a approché Alexandre Goyette pour adapter la pièce au cinéma. Ils ont travaillé ensemble sur le projet pendant sept ans avant qu'il ne voit finalement le jour en 2016. Le réalisateur voulait absolument conserver la théâtralité et le rythme du texte de Goyette. Il a donc décidé de filmer en un seul plan-séquence le texte de Goyette.

KingDave3Le film est donc un seul plan-séquence de 91 minutes. Pendant ces 91 minutes, la caméra suit Dave qui s'adresse directement au spectateur, comme dans la pièce de théâtre. Le film est tourné sur un trajet de 9 kilomètres, dans plus de 20 lieux différents. L'équipe technique devait suivre continuellement les acteurs, et il est difficile d'imaginer l'ampleur et la complexité du travail qu'exigeait cet unique plan-séquence. Décors construits dans une cour pour permettre au personnage de passer d'une maison à un appartement, des caméras qui suivent un autobus, des plateformes mobiles, des changements de costumes imperceptibles, etc. Ce plan-séquence unique était également un défi pour les acteurs, en particulier pour Alexandre Goyette qui est présent du début à la fin. Mais qui cependant avait son expérience théâtrale du texte qu'il a écrit. Le film a été tourné 5 fois en 5 jours. Ce fut la cinquième prise qui fut retenue.

Le film a beaucoup fait parlé de lui avant et à sa sortie. Les critiques furent majoritairement élogieuses. Il fut le film d'ouverture et en compétition officielle au Festival de Films Fantasia de Montréal en 2016. Il fut également présenté dans plusieurs autres festivals dont le Warshaw Film Festival en Pologne, le Festival Les Percéides à Percé, le Vancouver Internation Film Festival et le Atlantic Film Festival à Halifax.

Il y eut cependant quelques critiques négatives et le succès au box office ne fut à la hauteur des espoirs de Podz et Goyette. 

Pour moi King Dave, c’est…

Si vous êtes québécois, il est difficile de ne pas avoir entendu parler de King Dave. Et il était difficile de ne pas connaître les coulisses du tournage. On a en effet beaucoup parlé de ce fameux plan-séquence et des prouesses techniques qu'il a exigé. On savait donc à quoi s'attendre. On savait peu de l'histoire, par KingDave4contre. Peut-être parce qu'on en avait parlée lors des représentations théâtrales, il y a plusieurs années. Comme je n'étais pas au Québec en 2005, je ne savais rien de l'histoire, ni de l'auteur ou du contexte d'écriture.

C'est donc en ne connaissant que la démarche cinématographique que je me suis assise dans la salle de cinéma. Et bien que je suis sortie complètement enchantée par le film, je dois admettre que j'ai été légèrement déroutée par le texte et l'acteur principal. Ce n'est que lorsque j'ai su que l'acteur était l'auteur du texte et le contexte d'écriture que j'ai pu vraiment apprécier le film.

Et je comprends que le film ait pu paraître étrange à certains. Car nous suivons dans le film un jeune homme au langage de rue très actuel qui côtoit des gens qui sont visiblement plus jeunes que lui et qui vit des situations qui semblent légèrement décalés par rapport à son âge. Car l'acteur a maintenant environ 40 ans. Et cela m'a semblé vraiment étrange au début. Ensuite, j'ai été emportée par le film, et l'ai regardé en retenant mon souffle, tellement j'ai été prise par le rythme effrené, par le texte vertigineux et par le jeu de Goyette. J'ai oublié le décalage entre le personnage et l'acteur.

Mais, j'ai vraiment aimé lire par la suite sur le film et comprendre le contexte d'écriture. Disons que cela aide à remettre en perspective les mots et les actes. L'auteur/acteur voulait transmettre son expérience de jeunesse dans un quartier dur. Il voulait partager ses souvenirs des crimes dont il a été témoin, de la violence urbaine qu'il a vu se propager autour de lui. Il avait 25 ans quand il a écrit son texte. Son personnage est plus jeune. Il a un âge un peu indéfini. Il a joué son texte au théâtre, pendant plusieurs années. Il en a 40 ans quand il le joue au cinéma. Je crois que le décalage dans l'âge du personnage et l'acteur doit être moins évident au théâtre. Au cinéma, il dérange un peu. Mais si on le voit comme une analyse d'un épisode de sa vie par le personnage, cela me semble plus normal. C'est comme si on entrait dans la tête de Dave et qu'il nous racontait ce moment tragique de sa vie. Je regrette donc qu'on ait pas plus parler de l'histoire dans les médias. Car savoir l'origine des mots permet de comprendre certaines choses.

Le film est vraiment l'histoire d'un jeune homme qui dérape et prend toutes les mauvaises décision. Il est vulnérable, sensible et cherche à s'intégrer. Il veut faire partie d'un groupe, être respecté par eux. Mais il ne sait pas s'y prendre. Et on le suit dans cette dérive. On le suit dans les ruelles, son appartement, les parcs obscurs... Montréal vit sous nos yeux. Des endroits de Montréal peu connus, mais qui résonnaient en moi... Montréal-Nord, Rivières-des-Prairies,... Je connais.

Dave peut sembler maladroit, un brin "épais". Mais je me suis attachée au personnage. Il veut tellement être quelqu'un d'autre, un dur qui se fait respecter mais il fait tellement d'erreurs... les événements se succèdent et il n'a plus aucun contrôle sur ce qui lui arrive. Il est à la recherche de lui-même, mais il ne le sait pas. Un jeune adulte qui ne s'assume pas, qui ne veut pas quitter le monde qu'il admire mais qui cause sa perte. Il y avait tellement d'émotions dans le texte et dans le jeu de Goyette. On ne peut s'empêcher de vouloir secouer Dave et essayer de le sauver de lui-même. Goyette dit avoir écrit son texte en un seul jet... le texte est dit en seul souffle... et on le regarde sans respirer. On en sort un peu sonné et essouflé.

Évidemment, notre essouflement est également le résultat du fameux plan-séquence. On se dit qu'on ne peut cligner des yeux sinon on va perdre quelque chose. C'est terriblement bien réalisé, une caméra à la fois fluide et rythmée. Bien sûr au début, on y pense, on se demande comment a été fait telle transition mais bien vite j'ai oublié tout pour ne suivre que l'histoire.

Sources à consulter

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27 février 2017

L'Alpha de Nadia Bouzid

alpha2L’Alpha : roman / Nadia Bouzid. — [Paris] : Plon, c2012. – 174 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-259-21815-3

Quatrième de couverture

Depuis qu’elle s’est réveillée dans cette maison sinistre et encombrée de vieilleries poussiéreuses, Léo a l’impression de vivre hors du monde. Mais elle n’a pas vraiment le choix depuis qu’un incendie a ravagé son immeuble et qu’elle a échoué à L’Alpha, le vieux cinéma d’art et d’essai du quartier. Andrea, la propriétaire, lui a proposé un étrange marché : la loger en échange d’un travail… qui tarde à venir.

En attendant, Léo se voit confier des tâches plus absurdes et insensées les unes que les autres. Andrea est impénétrable, autoritaire, souvent bizarre. Inquiétante à l’image de sa maison, où elle se déplace en silence, surgissant à l’improviste. Bientôt, Léo a l’impression d’être surveillée par les murs eux-mêmes et finit par ne plus savoir qui elle est, ni ce qu’elle fait là.

Que lui veut Andrea ? Pourquoi personne ne doit-il savoir où elle vit ? Quels sont ces bruits qu’elle entend dans la maison ?alpha1

L’auteur

Nadia Bouzid est née à Strasbourg en France en 1970. Elle a exercé plusieurs métiers, dont factrice, gardienne de musée, régisseuse cinéma et professeur de philosophie. Elle travaille aujourd'ui aux Archives nationales. Elle publie son premier roman, Quand Beretta est morte, en 2008.

 Bibliographie

  • Quand Berreta est morte (2008)
  • L'Alpha (2012)
  • Toujours moins (2015)

Mes commentaires

Léo adore le cinéma et va régulièrement voir des films à l'Alpha, un vieux cinéma d'art et d'essai. Lorsque son immeuble passe au feu, elle va tout naturellement se réfugier à l'Alpha. La propriétaire, Andrea, l'accueille pour la nuit. Et le roman débute avec Léo qui se réveille dans une chambre inconnue et qui s'invente une nouvelle vie. C'est sous le nom de Camille qu'elle accepte la proposition d'Andrea de rester avec elle dans l'immeuble qui habrite le cinéma et d'accomplir pour elle certaines tâches.

Alors qu'au début, les tâches exigées d'elle semblent n'avoir aucun sens, on comprend rapidement qu'Andrea teste la jeune fille et que bientôt, Léo saura pourquoi la propriétaire du cinéma l'a vraiment accueuillie chez elle.

Le roman est très court. Vraiment très court. Le suspense s'installe tranquillement et il semble manquer de pages pour vraiment nous saisir. Ce qui est décevant. Et surtout dommage. Car le roman m'a immédiatement conquise et séduite. J'ai été tout de suite captivée par l'intrigue et par les mots de l'auteure. Les premiers chapitres sont remplis d'un suspense très bien dosé et mené. Qui est vraiment Léo ? pourquoi change-t-elle d'identité ? qui est Andrea ? pourquoi accueille-t-elle Léo/Camille chez elle ? qu'est-ce qu'elle veut en échange ?

L'ambiance est tendue, étrange, parfaite. On se prend au jeu ; on veut savoir. Mais tout reste en surface. Car c'est trop court. On ne sait pratiquement rien des personnages principaux et rien du tout de certains personnages secondaires qui sont brièvement introduits - non, mais je voulais en savoir plus de cette caissière qui fabrique d'étranges poupées. Que de possibilités dans ces pages... Tout est si intriguant, complexe, visuel, cinématographique. Et inexploité.

Et puis, la fin. Correcte, sinistre, intéressante, parfaite... mais prévisible et conventionnelle. J'ai déjà vu et lu ce dénouement souvent. Cela ne me dérange pas comme tel, mais j'aurais aimé plus de texte, plus de contenu... plus de développement pour en venir à cette fin. Car l'auteur sait écrire, sait nous envelopper de son texte. Mais j'ai eu l'impression qu'elle ne fait qu'effeurer son propos. Elle ne semble pas avoir été au bout de ses idées. Identité, dépossession, manipulation, mensonges, secrets, ... Elle aurait pu explorer plus en profondeur la noirceur de son histoire et de ses personnages. Un roman envoûtant mais inachevé, selon moi.

Les mots de l’auteur

"Pauvre  Léo, j’ai repensée. Léo était quelqu’un, ou au moins le serait devenue, à force, mais Camille. Camille faisait ce qu’on lui disait de faire, Camille s’habillait, se maquillait, lisait, agissait exactement comme Andrea le lui demandait. C’était une marionnette sans personnalité, une poupée comme celle que Sonia était en train de fabriquer, un golem modelé dans de l’argile." pp. 81-82

Pour en savoir un peu plus…

 

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04 avril 2016

Grease 2 (1982)

Grease2_01À l'affiche ce soir :  Grease 2 (1982)

Fiche technique

Langue : Anglais (VO)
Année : 1982
Durée : 114 min.
Pays : États-Unis
Réalisation et chorégraphie : Patricia Birch
Production : Allan Carr, Robert Stigwood
Scénario : Ken Finkleman
Cinématographie : Frank Stankey
Musique originale : Louis St.Louis

Distribution: Maxwell Caulfield (Michael Carrington) ; Michelle Pfieffer (Stephanie Zinone) ; Lorna Luft (Paulette Rebchuck) ; Adrian Zmed (Johnny Nogerelli) ; Maureen Teefy (Sharon Cooper) ; Alison Price (Rhonda Ritter) ; Peter Frechette (Louis DiMucci) ; Christopher McDonald (Goose McKenzie) ; Didi Conn (Frenchy) ; Eve Arden (Principal McGee) ; Sid Caesar (Coach Calhoun).

Synopsis (attention spoilers - en fait c'est toute l'histoire)

En 1961, deux après la graduation des célebres finissants de Grease, une nouvelle année scolaire commence. Alors que les nouvelles Pink ladies et les nouveaux T-Birds entâment leur dernière année de "high school", Michael, le cousin de Sandy arrive d'Angleterre et compte sur Frenchy, une ancienne Pink Lady (qui doit retourner à l'école) pour réussir son intégration à la vie scolaire américaine.

Évidemment, le sage Michael, un brin nerd et beaucoup trop sage et bon garçon, tombe pour la hyper cool leader des Pink Ladies, Stephanie. C'est un amour amour impossible car les Pink Ladies ne peuvent sortir qu'avec les T-Birds, tout le monde sait cela et c'est ce que Frenchy s'empresse de dire à Michael. Mais si cet obstacle n'était pas en soit suffisant, en plus, Stephanie en a marre des règles et des T-Birds et elle rêve d'un "cool rider".

Alors évidemment que va faire Michael ? Mais s'acheter une moto et devenir ce "cool rider" bien sûr ! Et cacher le fait qu'il est ce mystérieux motocycliste qui défait les méchants - les mêmes qu'il y a deux ans - et qui séduit Stephanie - bien qu'elle ne voit jamais son visage. Parallèlement, notre jeune nerd réussit tout de même à s'approcher de la belle en devenant son tuteur. Enfin, à quelques détails près, c'est la même histoire que dans le premier film. Mais en inversant les rôles féminin-masculin.Grease2_02

À propos

Genre: Comédie musicale

Après le succès de Grease, il était évident que le studio voulait une suite. Et même plus d'une. En fait, deux autres films - on parle parfois d'une franchise de quatre films - et une télésérie étaient prévus. Originalement, les producteurs voulaient que les acteurs principaux du premier film reviennent dans la suite. Mais ni John Travolta, ni Olivia Newton-John n'ont accepté de reprendre leur rôle. Les studios ont ensuite tenté de convaincre Jeff Conaway et Stockard Channing d'avoir des petits rôles dans cette suite, mais encore une fois les acteurs ont refusé. Les compositeurs du premier film ont également refusé de participer.

Finalement, devant le peu de succès de Grease 2 à sa sortie, les autres projets furent abandonnés. Les critiques du film furent et sont encore très négatives. Malgré ces critiques, la performance de Michelle Pfeiffer fut tout de même reconnue et elle fut même nommée pour un Young Artist Award en 1983, dans la catégorie Best Young Motion Picture Actress. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour Maxwell Caulfield qui a vue sa carrière freinée par les mauvaises critiques du film.

Grease 2 devait se faire dans les 3 ans qui suivaient le premier film. Les producteurs demandèrent à Patricia Birch, la chorégraphe de Grease, de réaliser la suite. Le tournage fut difficile et Birch a déclaré que ce dernier a commencé alors même que le scénario n'était pas terminé. Plusieurs scènes furent filmées puis coupées au montage.

Petite anecdote : on dit que Tom Cruise auditionna pour le rôle de Johnny Nogerelli, le leader des T-Birds. On ne le choisit pas et Adrian Zmed eut le rôle.

Pour moi, Grease 2 c'est...

Pauvre petit film si mal aimé ! Je le dis tout de suite, j'adore Grease 2, presque autant que le premier film... et je connais toutes les chansons par coeur... Des deux films en fait. Mais je dois avouer que j'aime plus les chansons du 2e film, spécialement "Back to school" et "Reproduction", quoi que je ne peux jouer au bowling avec soeurette sans chanter "Score tonight" - ou sans lancer au moins une fois la boule à la Fred Caillou, remarquez !

Il faut cependant le dire, le film a été et est en général, assez mal reçu. On le considère comme un film raté. Et il est vrai, je l'avoue, qu'on peut critiquer en long et en large, les acteurs, l'histoire, etc. Mais soit-dit en passant, on peut dire la même chose du premier film ! Et oui, on a beau aujourd'hui avoir tendance à louanger Grease - et j'adore le film - mais honnêtement, ce n'est pas un chef d'oeuvre. Mais revenons à Grease 2.

Grease2_03Tout le monde s'entend également pour dire que Michelle Pfieffer est la star du film. C'est grâce à ce rôle que l'actrice se fit découvrir. Son personnage et son interprétation sont nettement supérieurs au reste des autres acteurs du film - et à ceux d'Olivia Newton-John. Stephanie de Grease 2 en a marre de vouloir être la "petite amie" d'un gars. Elle n'est pas très brillante, mais elle le sait, connait ses limites et veut les dépasser. Elle est indépendante et elle sait ce qu'elle veut. Même si ultimement, elle veut tout de même un petit copain "cool", au moins c'est un personnage féminin fort. Et il ne faut pas oublier qu'elle est supposée être une adolescente à la fin de son "high school". Et qu'est-ce que beaucoupd d'adolescentes veulent à cet âge... un pett ami.

Évidemment, l'actrice avait 24 ans au tournage - Olivia Newton-John en avait 34 ans - et tous les acteurs sont beaucoup plus vieux que les "entre 16 et 18 ans" qu'ils sont sensés avoir. Alors on a tendance à oublier que c'est un film d'ados léger avec des préoccupations de jeunes : réussir ou non ses cours, sortir entre amis, avoir ou non un copain ou une copine, se faire accepter par les autres, etc.

Une des lacunes du film sont les personnages masculins. Ni Johnny, le leader des T-Birds, ni Michael ne furent des personnages charismatiques aux yeux du public. Johnny a souffert de la comparaison avec Danny (John Travolta) et Kenickie (Jeff Conaway) - bien que personnellement, j'ai toujours trouvé que John Travolta jouait assez mal et que Jeff Conaway (qui jouait Danny dans la comédie musicale originale) était bien meilleur. Mais le pauvre Adrian Zmed n'a pas réussi à séduire le public. C'est dommage car il est très honnête dans son interprétation d'un "macho" en voie de changement. Personnellement, je les aime bien les T-Birds de ce film. Ils sont clairement moins "durs" que leurs prédécesseurs, mais ils sont quand même sympathiques. Et j'adore la scène où Paulette remet Johnny à sa place, il semble si perdu !Grease2_04

Une critique qui revient parfois, c'est le message négatif que les deux films semblent véhiculer : il y a les cools et les autres, le but étant de se faire accepter par les jeunes qui sont les cool de l'école, et pour ce faire, il faut obligatoirement se changer. Et les bons petits garçons et les bonnes petites filles, tranquilles et légèrement nerds sont plates et fades. Ils doivent se transformer pour être acceptés par la gang cool. Dans le premier film, c'est la fille qui doit changer ses cheveux, ses vêtements et "fumer" ; dans le deuxième c'est le gars qui doit paraître moins intelligent, changer ses vêtements et conduire dangereusement une moto...

Bon, j'avoue que pris au pied de la lettre c'est un peu réducteur et je suis d'accord que ce n'est pas le message le plus positif.... mais quand on regarde bien les films, il y a plus... Dans le premier, Danny est prêt aussi à changer pour Sandy, et dans le deuxième, Stephanie apprécie l'intelligence de Michael... Bon, à la fin, c'est la coolitude qui gagne, mais quand j'avais 11 ans, j'en étais bien heureuse !!!! Je voulais être Stephanie - pas mal plus que Sandy, même après sa transformaton à la fin. Car même à 11 ans, je trouvais Stephanie pas mal plus cool que Sandy. Parce que Sandy était nounoune tout le long du film et en plus elle se changeait pour un gars, alors que Stephanie faisait ce qui lui plaisait et c'était le gars qui se changeait pour elle. Et même si je trouvais Michael un peu kétaine, non seulement il était cool sur sa moto mais en plus, il lisait !

Générique du début :

Grease 2 - Back To School Again (1982)

Pour voir d'autres extraits, on peut faire un tour sur youtube.

Citations

The Pink Ladies: "The Pink Ladies pledge to act cool, to look cool and to be cool, till death do us part, Think Pink!"

Stephanie Zinone: "Johnny just hasn't learned when you're dead, lie down. Besides, there's gotta be more to life than just makin' out.Paulette Rebchuck: "Y'know, I never thought of it that way!"

Paulette Rebchuck: [after Johnny gives her an order] "Yeah? Well, you wanna hear my 'final word' Mr Push-everyone-around Nogarelli? You may be able to bully some of the chicks in this school, but this chick has been bullied by one Johnny Nogarelli for the last time. I may not be the classiest chick in this school, but I'm the best you're ever gonna get. So take it or leave it!"

Pour en savoir un peu plus...

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24 mars 2015

24 mars 1984

BRIAN (Voix Off)BC1

"Saturday...March 24, 1984. Shermer High School, Shermer, Illinois. 60062. Dear Mr. Vernon...we accept the fact that we had to sacrifice a whole Saturday in detention for whatever it was that we did wrong, what we did was wrong. But we think you're crazy to make us write this essay telling you who we think we are, what do you care? You see us as you want to see us...in the simplest terms and the most convenient definitions. You see us as a brain, an athelete, a basket case, a princess and a criminal. Correct? That's the way we saw each other at seven o'clock this morning. We were brainwashed..."

Breakfast Club

Je ne peux croire que cela fait 30 ans... 1985... J'aurais tant de choses à dire sur ce film... j'y travaille ! Mais que de souvenirs !!!

 

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15 février 2011

Crime littéraire : ces autres que je ne lis pas non plus

Et un autre crime littéraire. C'est toujours un peu gênant d'en parler. On n'ose pas trop. J'ai déjà osé parler de ce crime qui peut avoir multiples facettes. Vous savez, ces livres que je ne lis pas. Il y a plusieurs raisons à cette non-lecture.

- Il y a ceuxLivress qui se sont égarés sur les tablettes de mes bibliothèques. De pauvres livres faisant partis de ma liste à lire, mais qui se sont trouvés placés sur les étagères et que j'oublie tout simplement de lire.

- Il y a ceux que je ne voulais pas. Des livres qui atterrissent chez moi sans mon invitation. Je ne peux les laisser partir, mais je ne les lis pas.

- Il y a ceux que je ne lirai jamais pour des raisons complètement irrationnelles mais qui me semble très logiques dans mon incohérence littéraire personnelle.

Et finalement, il y a ces pauvres livres... ceux que je lirai pas - enfin qu'il me coûte de lire. Disons le carrément : dont j'ai peur d'ouvrir la couverture. Pourquoi? Tout simplement parce que j'ai vu les images avant de lire les mots.

Je regarde un film... et j'adore. Il m'emballe, il me séduit, il m'émeut, il me fait rire, il me fait pleurer. Parfois, je ne savais pas que c'était l'adaptation d'un roman, parfois je le savais. Et donc, je vois le film et il s'empare de moi.

Et puis... je croise le livre. Il arrive que je savais qu'il existait et je me rappelle soudainement de son existence. Ou alors, je me promène sur la toile et je lis un article à son sujet. Et je découvre alors son existence. Ou je le rencontre au détour d'une librarie... Enfin, peu importe le comment, je me cogne sur le livre.

Et je ne sais plus que faire. J'hésite. Et souvent. Très souvent. En fait la plupart du temps. Je suis incapable de lire ce livre. Comment lire "Do Androids Dream of Electric Sheep?" quand Blade Runner a si complètement bouleversé mon univers cinématographique... Puis-je lire le roman de Irvine Welsh maintenant que j'ai vu Trainspotting au cinéma ? Comment puis-je croiser les personnages de Big Fish maintenant que je les connais par l'imagination de Tim Burton ?

Je suis très ouverte aux adaptations cinématographiques de romans et pièces de théâtre. Je n'ai habituellement pas de problème de voir l'adaptation au cinéma d'un roman que j'ai lu et aimé. Oh, il m'arrive parfois d'appréhender la mise en images d'un roman. Et il m'arrive de rouspéter sur les choix faits par le réalisateur. Oui, je suis parfois déçues de voir en images les oeuvres que j'ai aimées, mais en général, je suis très très ouverte aux adaptations. Mais il m'est beaucoup plus difficile de vivre le contraire. Je sais, c'est anormal. Habituellement, il coûte aux gens de voir l'adaptation cinématographique d'un livre qu'ils ont aimé. Mais moi, c'est le contraire. Il m'est très difficile de lire un livre que j'ai d'abord connu au cinéma. Je sais que sa vie première est en mots, mais pour moi, c'est maintenant une série d'images.

Et j'ai une pile de livres que je ne lis pas... et j'ai une liste de livres que je n'achète pas ou n'emprunte pas. Peur de lire le roman... et de ne pas retrouver la magie des images qui m'ont capturée. Peur de découvrir que le film n'arrive pas à la hauteur des lignes écrites par le romancier et de perdre ainsi l'enchantement qui m'avait envahie lors du visionnement dudit film. Peur de lire le livre et de ne voir que les images. Peur d'être déçu par le livre. Peur de voir trop de différences. Peur...

Il m'arrive de lire le livre tout de même. Parfois avec un dénouement heureux... parfois avec tristesse. J'ai lu The Outsiders après avoir vu le film et ce fut une expérience merveilleuse. Mais The Witches of Eastwick a perdu de son charme après que j'ai lu le livre et découvert que tout avait été changé.

Mais il y a des titres que je n'ose, et que je crois ne jamais pouvoir oser, lire... Et dans ma PAL resteront Naked Lunch, Less than Zero, Jean de Florette, La Planète des singes,....

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29 décembre 2009

Edward Scissorhands (1990) - Suite

ed1Cinéma: Edward Scissorhands (1990)

Commentaires personnels

Genre: Drame, Fantaisie

Edward Scissorhands est un film multiple, mélangeant le drame, le fantastique et la comédie. Mais le film est avant tout un conte. Et c'est l'aspect le plus important du film. Le film suit les règles d'un conte et c'est ce qui fait qu'on peut adorer le film ou alors le trouver simple et invraisemblable. Dans un conte tout est possible. Les gens peuvent dormir 100 ans, mesurer quelques centimètres, avoir un chat qui porte des bottes ou encore avoir des ciseaux à la place des mains.

Car un conte nous raconte avant tout les péripéties - souvent invraisemblables - vécues par un personnage. Le film nous présente l'histoire d'Edward. Le récit se déroule dans un autre temps. Comme tout conte, il semble avoir lieu dans un passé, non défini... "il était une fois"... Et dans un lieu également non défini... une banlieue... Une banlieue de quelle ville ? On ne sait pas. L'époque est aussi incertaine. Le film nous offre des paramètres provenant de différentes époques, et il est difficile de déterminer si on se trouve dans les années 50 ou 90. Nous sommes, nous le lecteur ou auditeur, séparés du temps et du lieu évoqués dans le conte. Nous sommes donc en dehors du monde actuel et donc les événements, les actions, les personnages peuvent être différents de ce que nous connaissons... être presque irréels !

L'univers du conte est souvent manichéen et caricatural. Les traits des personnages sont exagérés pour bien les cerner. Le bien et le mal sont facilement reconnaissables même s'ils ne se trouvent pas toujours dans les personnages habituels. Les habitants de la banlieue sont bien typés. Nous retrouvons des personnages très stéréotypés à la limite du ridicule... des personnages qui poussent les traits jusqu'à la caricature. Et même s'ils vivent dans une banlieue toute pimpante et aux couleurs pastels, ils ne sont pas nécessairement le côté positif du conte. Et bien qu'Edward, tout de noir vêtu, avec des lames à la place des mains, vit dans un château sombre et "hanté", il est loin d'être le côté négatif de l'histoire. Les rôles semblent inversés, mais ils sont présents. Le mal s'oppose à l'innocence et au bien. Il s'agit de renverser les rôles habituels.

La banlieue et le manoir présentent la même opposition paradoxale. Le réalisateur présente la banlieue comme un endroit propre, aseptisée, remplie de couleurs mais fade. Elle semble parfaite, calme mais sans intérêt. Elle s'oppose dans le film au château sombre et gothique isolé sur la colline mais qui renferme un jardin féerique et un homme marginal mais tendre et innocent.

Tout s'oppose dans le film: Edward, sombre et taciturne et Kim, blonde et vive ; la banlieue et le manoir ; la normalité et la marginalité...

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On dit que les contes finissent généralement bien. Et on a souvent l'impression qu'ils s'adressent aux enfants...surtout à cause de l'aspect merveilleux. Mais le conte propose souvent une histoire crue et violente... on y retrouve de la souffrance, des combats, des larmes, et parfois, il ne finit pas bien du tout... la mort est souvent la conclusion. Edward devra vivre de nombreuses souffrances et il devra fuir pour se protéger. Il aimera mais ne pourra pas vivre son amour. La mort concluera en quelque sorte le conte. Mais l'espoir restera. Et les flocons de neige qui tombent toujours sur la banlieue sont un témoignage de l'amour et de l'espoir qui parsèment le conte.

Évidemment, comme tout conte, le film comporte également un aspect moralisateur ; à la limite du didactique. Chaque aspect du conte - les personnages, les lieux, les épreuves - cherchent à transmettre à l'auditeur une idée ou une morale. On nous transmet un message... une morale... Ici, la banalité et le conformisme sont les dangers. Il est aussi important d'arriver à voir au-delà des apparences. Ce qui apparaît menaçant cache en fait l'innocence et ce qui apparaît normal cache peut-être un monstre. On voit de la laideur dans le normal et de la beauté dans la marginalité.

Le film est aussi unique en grande partie à cause de la collaboration de Burton avec le compositeur Danny Elfman qui a su créé une musique féerique et unique. Chaque morceau souligne la magie du moment et lors de la scène où Edward sculpte la glace, la musique semble accompagnée chaque flocons de neige qui tombent doucement.  Les deux artistes ont su combiner leurs visions et talents pour créer un univers unique.

Le jeu des acteurs est également fantastique. La chimie entre les acteurs principaux est palpable. Johnny Depp semble vivre le rôle de Edward Scissorhands, et malgré le fait qu'il n'a que très peu de lignes à dire, il réussit facilement à transmettre les émotions du personnage. Tous les personnages, même secondaires, sont parfaitement rendus. La relation maternelle entre Peg Boggs et Edward (Dianne Wiest est comme toujours parfaite dans son rôle), la relation amoureuse entre Kim et Edward, l'antagonisme entre Jim et Edward, etc... jusqu'à la performance de Vincent Price comme créateur/père d'Edward... chaque acteur vit son personnage et nous le présente intensément.

Le film peut sembler difficile, voire triste. Mais il ne faut pas oublier qu'un conte demeure un divertissement, une activité ludique pour le lecteur/spectateur qui lui permet de s'évader de son quotidien. Et plusieurs scènes du film sont drôles et plaisantes. On sourit aux gaffes qu'Edward peut parfois faire ou aux absurdités des voisins...

On peut analyser le film à divers niveaux et plusieurs études et articles ont été consacré aux nombreuses lectures possibles de l'oeuvre. Il est très intéressant d'étudier le film et ses différents aspects et thèmes... très intéressant de faire des comparaisons avec différents contes et autres oeuvres, comme par exemple, Frankenstein... Mais Edward Scissorhand devrait tout d'abord être vu comme un conte unique qui nous raconte une fable iréelle remplie de magie.

Voir premier billet ici.

Sources à consulter

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16 décembre 2009

Edward Scissorhands (1990)

ed1Cinéma: Edward Scissorhands (1990)

Fiche technique

Langue: Anglais (VO)
Année: 1990
Durée: 105 min.
Pays: États-Unis
Réalisateur: Tim Burton
Producteurs: Tim Burton, Denise Di Novi, Richard Hashimoto, Caroline Thompson
Scénario: Tim Burton et Caroline Thompson
Cinématographie: Stefan Czapsky
Musique originale: Danny Elfman

Distribution: Johhny Depp (Edward Scissorhands); Winona Rider (Kim Boggs); Dianne Wiest (Peg Boggs); Anthony Micheal Hall (Jim); Vincent Price (The inventor)

Synopsis (attention spoilers)

La première scène du film nous présente une vieille femme qui raconte à sa petite-fille l'histoire de l'homme aux mains d'argent qui fut créé par un inventeur habitant un vieux château gothique au sommet d'une colline. L'inventeur aimait sa création mais il mourut avant de l'avoir complété. Et il laissa Edward avec des ciseaux à la place des mains.

Edward se retrouva seul dans le château jusqu'au jour où une vendeuse de produits Avon, Peg Boggs, décida d'aller sonner à la porte de cette étrange maison que personne n'avait jamais osé approcher. Elle découvre alors Edward et le prenant en pitié, elle décide de le ramener chez elle dans la banlieue au pied du château.

Edward tente comme il peut de s'adapter à la vie dans cette banlieue ordinaire où tout et tous lui semblent étranges. Peg et sa famille tentent de le protéger contre leur entourage qui sont d'abord curieux et méfiants puis qui, fascinés par ses ciseaux, tentent de l'utiliser pour toutes sortes de raisons. Edward a un grand coeur, est innocent, et se laisse trop facilement manipuler par les gens. Il tombe amoureux de Kim, la fille de Peg, qui finira par aussi s'attacher à Edward.

Mais petit à petit, les incidents s'accumulant, la méfiance des gens à l'égard d'Edward revient. La famille Boggs réalise petit à petit qu'Edward ne peut rester avec eux dans leur banlieue et devrait peut-être retourner se cacher dans son château. Alors que les Boggs tentent de célébrer Noël, Edward blesse accidentellement Kim puis Kevin, son jeune frère. La population se tourne contre lui. Edward tente de se réfugier au château mais les gens le poursuive. Kim le suit pour tenter de le protéger. Mais son petit ami, Jim, les suit également et tente de tuer Edward. Ce dernier arrive à se défendre mais tue Jim. Kim avoue à Edward qu'elle l'aime mais qu'elle doit le ed6laisser pour le protéger de la population. Elle le quitte et annonce aux gens qui arrivent que Jim et Edward se sont entretués. Les gens retournent dans la banlieue, laissant Edward à nouveau seul dans son château.

La dernière scène nous présente à nouveau la vieille dame qui termine son récit à sa petite-fille.

À propos

Titre original: Edward aux mains d'argent

Tim Burton a travaillé de nombreuses années sur ce film. On dit qu'il travaillait sur cette idée et ce personnage depuis son adolescence. Pendant la réalisation du film Beetlejuice, il engagea Caroline Thompson pour adapter son idée en scénario. Le succès de Batman permit ensuite à Burton de travailler rapidement sur ce projet qu'il avait tant à coeur.

Tim Burton basa son personnage principal sur l'apparence du chanteur de The Cure dans les années 80, Robert Smith. On dit qu'il s'inspira de sa propre coiffure pour celle d'Edward. Plusieurs acteurs furent proposés ou manifestèrent leur intérêt pour le rôle d'Edward: Tom Cruise, Tom Hanks, William Hurts, Robert Downey Jr et même Micheal Jackson. Tim Burton opta finalement pour Johnny Depp. Ce film marqua le début d'une longue collaboration entre les deux artistes qui dure encore aujourd'hui.

Le personnage principal est prénommé Edward en l'honneur du réalisateur et acteur, Ed Wood, que Burton admire beaucoup. Il réalisera un film sur sa vie quelques années plus tard. Quelques critiques placent d'ailleurs Edward Scissorhands et Ed Wood dans une trilogie qui comprend aussi Big Fish (avec son personnage principal d'Ed Bloom). Ces trois personnages au prénom de "Ed" sont trois versions différentes d'un même personnage rêveur que Burton présente dans ses films.

On peut aussi noter que le film est la dernière apparition de l'acteur Vincent Price, célèbre pour sa contribution au cinéma fantastique. Il meurt en 1993. Le rôle de l'inventeur fut d'ailleurs écrit pour lui. 

La banlieue présentée dans le film serait une critique par Burton de sa ville natale, Burbank en Californie. Il la présente comme un endroit qui semble parfait, mais qui est fade et sans intérêt. Burton aurait créé une caricature de la banlieue typique des années 70-80 où les gens semblent tous pareils. Le village de Land O'Lakes en Floride fut choisi pour le tournage.

La collaboration entre Burton et le compositeur Danny Elfman est également notable. Cette 4e collaboration est remarquable et la musique fait partie intégrante du film. Edward Scissorhands reçut plusieurs nominations et prix.

Commentaires personnels à suivre...

Citations

Granma: "Before he came down here, it never snowed. And afterwards, it did. If he weren't up there now, I don't think it would be snowing. Sometimes you can still catch me dancing in it"

Sources à consulter

 

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19 octobre 2009

Les archives de Pauline: frayeurs cinématographiques

Ma mère m'a appris à faire des casse-tête et à lire. Mon père m'a appris à cuisiner. J'ai hérité de mon père ma passion du jardinage. Et j'ai hérité de ma mère ma passion de la lecture. Mon père m'a transmis un amour du travail bien fait et ma mère 0tvm'a transmis un sens de la fierté. Les choses habituelles. Les choses normales que les parents apprennent à leurs enfants.

Mais les enfants apprennent beaucoup d'autres choses de leurs parents. Mon père m'a transmis sa procrastination et ma mère son obsession de la minceur. Mon père m'a donné son penchant pour les westerns et ma mère, son amour des films d'horreur.

Je reparlerai un jour des histoires de ce far-west américain qui meublait les soirées de mon père. En ce mois d'octobre hésitant entre le soleil et les nuages, je me perds aujourd'hui dans des images cauchemardesques.

Dire que ma mère aimait les films d'horreur ou fantastiques ne serait pas bien décrire cette relation. Elle les adorait avec passion mais de façon sélective. Elle adorait les films d'horreur mais pas n'importe lesquels. Les films trop sanguinaires l'indifféraient royalement. Ce qui la fascinait, c'était les films à tendance plus fantastiques... présentant un sentiment d'horreur plus subtil. Le sang pouvait apparaître mais il ne devait pas dominer les scènes. La violence ne devait pas faire oublier la terreur. Elle disait que trop de sang, trop d'effets spéciaux rappelaient que nous étions dans un film, que ce n'était que du cinéma. La peur devait sembler possible et réelle. Un bon film d'horreur devait nous donner des sentiments d'inconfort et de frayeur qui perdureraient même après la dernière image. Après avoir fermé la télévision, un bon film d'horreur hanterait nos pensées pendant quelques temps encore... il se faufilerait même peut-être dans notre lit et nos rêves. Avant de devenir un souvenir frissonnant et agréable.

Ma mère aimait se coucher tard. Quand tout le monde était couché, elle s'installait seule dans le salon et regardait enfin la télévision tranquille. Et, à cette époque d'avant les magnétoscopes et les lecteurs de DVDs, elle appréciait particulièrement quand un "bon" film d'horreur passait à la télé. Comme ces films étaient surtout diffusés très tard le soir, elle en profitait pleinement. Elle ne voulait évidemment pas que j'écoute ces films avec elle - ou sans elle, bien sûr. Même la fin de semaine. L'heure de diffusion n'était pas seule en cause, bien entendu. Elle ne voulait pas que j'écoute des films qui m'auraient fait peur. J'étais déjà assez peureuse comme ça ! Cela me donnerait des cauchemars, qu'elle me disait, à mon grand désespoir.

Mais j'aimais les films d'horreur. Et je voulais surtout écouté ce que ma mère écoutait. Alors, quand je savais que ma mère écoutait un film d'horreur tard le soir, je me levais sans faire du bruit et je venais me cacher dans le corridor. Tout près du salon, mais non loin de ma chambre. Je pouvais ainsi courir très vite me recoucher si quelqu'un se levait, mais je pouvais voir la télévision. Et elle avait raison. Le nombre de cauchemars que ces bouts de films, entrevus entre mes doigts qui cachaient la plupart du temps mes yeux, m'ont donnés, je ne saurais le dire!!! Et je dois avouer que certaines images surgissent encore parfois dans mes rêves. Je retournais me coucher et je faisais alors semblant de dormir pour le reste de la nuit. J'avais horriblement peur et je passais parfois des nuits entières à ne pas dormir, enfouie sous mes couvertures. Mais cela ne m'empêchait pas de venir me cacher dans le corridor pour voir quelques images de ces films d'horreur que ma mère adorait: Psycho, Exorcist, The Fly, Dracula, Frankenstein, The Birds, Rosemary's baby, The Omen, ...

Et puis, j'ai vieilli. Et j'ai fini par pouvoir écouter avec ma mère ces films et bien d'autres. Nos goûts ont parfois divergé par la suite, mais notre passion pour les films d'horreur qui hantent sournoisement les pensées n'a jamais changé. Et si j'aime aujourd'hui autant les films d'horreur c'est à cause de ma mère et de ses soirées de cinéma qu'elle s'offrait parfois.

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16 octobre 2009

The Lost Boys - Expérience de visionnement

lostsJ'aime les films d'horreur. Ma mère adorait les films d'horreur et elle m'avait transmise, malgré elle, sa passion pour ce genre de films. J'avais donc déjà vu plusieurs films d'horreur et de vampires. C'était une époque, cependant, où j'avais encore habituellement peur. Une époque lointaine, il me semble aujourd'hui.

1987. J'ai 16 ans. Un copain de 18 ans depuis 2 mois. C'est long deux mois quand tu as 16 ans. C'est l'été. Bizarrement, ce copain plus vieux que moi, était très sérieux. Je l'avais rencontré dans un bar. Il était beau, sombre, "alternatif" comme on disait dans le temps... et plus vieux que moi. Mais après deux mois, je commençais à le trouver trop sérieux, légèrement ennuyant. Le pauvre.

Un soir, il m'invite à aller au cinéma. Représentation de 19h00. Au centre-ville. Un film d'horreur qui vient de paraître: The Lost Boys. J'y vais. Cela prend une éternité à trouver des sièges... finalement, nous nous installons dans deux places que mon copain trove adéquates... je soupire. Le cinéma est plein. Beaucoup de bruit. Il se plaint sans arrêt et ne cesse pas de me demander si je suis confortable, si je veux changer de place, si je veux plus de pop-corn. Il est attentionné, mais du haut de mes 16 ans, je le trouve étouffant et insupportable.

Le film commence. Et le monde extérieur cesse complètement d'exister pour moi. J'aimais les films de vampires. Mais ce film n'avait rien à voir avec les films que je connaissais. La première scène avec David, le vampire, se promenant sur la plateforme du carroussel... les autres vampires le suivant... puis quelques minutes plus tard, la scène d'introduction de la famille Emmerson à la ville de Santa Carla, rythmée par la chanson People are Strange (chanson d'un groupe que j'aimais, The Doors, reprise par un groupe que j'adorais, Echo and the Bunnymen)... j'étais complètement conquise, fascinée, et désespérée de ne pas être là... à Santa Carla...

Le film est devenu un "film culte"... ce mélange d'humour (je ris encore à nombres de répliques que je peux citer de mémoire à volonté "what are you ? the flying nun?"), de rock, de marginalité et d'horreur en on fait un film unique. Pas un grand film, mais un film redéfinissant le genre et le mythe du vampire... rendant les vampires "cools" quoique toujours des monstres (contrairement à beaucoup de films des années 90). Et un film complètement divertissant.

Je suis sortie de la salle. Mon copain s'était ennuyé. Je m'en fichais éperdument. Je savais que notre relation était finie (nous avons rompu deux semaines plus tard) et je ne pouvais me départir du sourire que cette expérience de visionnement m'avait procurée. J'étais absolument heureuse.

Je suis retournée chez moi, toute seule. Il faisait noir. Nous habitions en banlieue et les rues étaient désertes. The Lost Boys n'est pas un film terrifiant. Mais dans ma encore petite expérience cinématographique, des images de vampires m'attaquant ont surgi petit à petit... J'ai presque couru jusqu'à chez moi. Mais dans le confort de mon lit avec tous les trucs pour tuer les vampires frais en mémoire... je me suis permis de suivre dans mes rêves David et sa bande, Micheal sur sa moto...

J'ai tout de suite acheté la bande sonore et j'ai bien dû loué le film deux douzaines de fois. Et puis, je l'ai acheté et racheté... je le connais par coeur. Cela demeure un de mes films de vampires préférés. Non seulement car c'est une excellent film de vampires, mais pour tout ce qu'il me rappelle...

Voir la fiche du film

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13 octobre 2009

The Lost Boys (1987)

LostB01Cinéma: The Lost Boys (1987)

Fiche technique

Langue: Anglais (VO)
Année: 1987
Durée
: 97 min.
Pays
: États-Unis


Directeur: Joel Schumacher
Producteurs: Harvey Bernhard, Mark Damon, Richard Donner
Scénario: Janice Fisher et James Jeremias

Cinématographie: Micheal Chapman
Musique originale
: Thomas Newman


Distribution: Jason Patrick (Micheal Emerson), Corey Haim (Sam Emerson), Diane Wiest (Lucy Emerson), Edward Hermann (Max), Kiefer Sutherland (David), Jami Gertz (Star), Corey Feldman (Edgar Frog), Jamison Newlander (Alan Frog), Barnard Hugues (Grandpa), Brooke McCarter (Paul), Billy Wirth (Dwayne), Alex Winter (Marko), Chance Micheal Corbitt (Laddie Thompson).


Synopsis

Une mère, récemment divorcée, s'installe avec ses deux fils, chez son père, dans la ville de Santa Carla en Californie. La famille tente de s'adapter à leur vie dans une nouvelle ville. La mère, Lucy, se trouve un nouvel emploi dans un club vidéo et commence à fréquenter le propriétaire et ses fils tentent de s'intégrer aux habitants de Santa Carla. Mais Santa Carla n'est pas une ville comme les autres et les disparitions étranges font partie du quotidien.

Lors d'un concert, Micheal suit une jeune fille qui semble appartenir à une bande de jeunes motards. Il tente de la revoir mais se trouve rapidement impliquer avec le groupe d'adolescents étranges. Lors d'une soirée avec la bande, Micheal boit un liquide qu'il croit être du vin, mais qui s'avère être du sang. Après avoir bu ce liquide, Micheal commence à vivre d'étranges expériences et à subir de bizarres tranformations.

Son jeune frère, Sam, s'aperçoit des transformations survenant chez Micheal et en vient à la conclusion qu'il se transforme petit à petit en vampire. Avec l'aide de ses nouveau amis, il tentera d'aider son frère à redevenir humain et à se libérer de l'emprise de cette bande de vampires.

À propos et Commentaires personnels

Genre: Horreur, Comédie

The Lost Boys fut tourné la même année qu'un autre film de vampires, populaire et légèrement semblable, Near Dark. Comme The Lost Boys, Near Dark met en scène une bande de jeunes "délinquants" qui sont en fait des vampires et qui tentent d'attirer dans leur groupe, un jeune adolescent "innocent" s'étant épris d'une jeune fille de la bande. Mais The Lost Boys mise davantage sur la dérision et l'humour, en gardant toutefois un côté sanguinaire et sombre.

Le film fut filmé dans la ville de Santa Cruz en Californie et le boardwalk ainsi que le parc d'amusement sont facilement identifiables. La bande sonore du film connue un immense succès, avec des pièces telle que "God Times" avec INXS et Jimmy Barnes, "People are strange" une chanson de The Doors reprise pour le film par le groupe Echo and the Bunnymen et la chanson thème "Cry Little Sister" par Gerard McMahon.

Le titre du film fait directement référence aux "garçons perdus" de l'oeuvre de J.M. Barrie, Peter Pan. Comme les "lost boys" du roman de Barrie, les vampires du film sont des adolescents éternels qui ne vieilliront jamais et qui "s'amuseront" pour l'éternité. Mais rester éternellement jeune et s'amuser toutes les nuits n'est pas sans conséquence. Il faut payer le prix et devenir un vampire, un tueur impitoyable. Un prix que la famille Emmerson n'est pas prête à payer.

LostB02

Plusieurs suites furent envisagées et même écrites. Puis en 2007, une suite fut finalement tournée, Lost Boys: The Tribe. Seul Corey Feldman reprend son rôle mais on peut voir quelques caméos d'autres acteurs du film original.

Le film The Lost Boys fait partie d'un nouveau genre de films de vampires, mélangeant humour, horreur, modernité, marginalité et rock. Le "tagline" faisant la promotion du film résume très bien la direction que le réalisateur a voulu donné à son film: "Sleep all day. Party all night. Never grow old. Never die. It's fun to be a vampire." (Dormir toute la journée. Fêter toute la nuit. Ne jamais vieillir. Ne jamais mourir. C'est amusant d'être un vampire)

Les vampires de Lost Boys, sont jeunes, marginaux, "cools". Ils se déplacent en motos, ont des looks rockeurs, vivent dans un hôtel abandonné enfoui dans une caverne, et écoutent du rock. Le film a un rythme rapide et les chansons contribuent à cette cadence endiablée. Chaque chanson s'harmonise avec les images qu'elle souligne.

Bien que l'humour soit la principale force du film, tournant en dérision nombres de mythes et stéréotypes du genre au détour d'une phrase, la violence et l'horreur sont également présente. Il y a du sang, mais les scènes violentes sont peu nombreuses et très bien placées. Et rappellent aux spectateurs que les vampires sont aussi des monstres sanguinaires ; des tueurs violents. Les effets spéciaux sont très réussis et passent le test du temps, même plus de 20 ans après la sortie du film.

Tous les acteurs sont excellents. Kiefer Sutherland est particulièrement convainquant dans le rôle du chef de la bande vampire, et on arrive même à trouver sa mort émouvante. Jamison Newlander et Corey Feldman sont très bons dans le rôle de jeunes adolescents amateurs de comics et chasseurs de vampires amateurs. Dianne West et Edward Herrmann sont également excellents.

On peut difficilement dire cependant que ce film offrira des frissons aux amateurs de films d'horreur. Malgré quelques scènes plus tendue, le film ne vise évidemment pas à "faire peur". Mais, ce n'est de toute évidence pas le but du film et on sent que jamais il ne se prend au sérieux. The Lost Boys cherche surtout à redonner au mythe du vampire un peu de modernité et de dynamisme et à nous faire rire en même temps.

Voir aussi : The Lost Boys : expérience de visionnement


Citations

"Grandpa: Now, on Wednesdays when the mailman brings the TV Guide sometimes the address label is curled up just a little. You'll be tempted to tear it off. Don't. You'll only wind up rippin' the cover and I don't like that. And stay outta here.

Sam: Wait, you have a TV?

Grandpa: No. I just like to read the TV Guide. Read the TV Guide, you don't need a TV."

"Sam Emerson: Look at your reflection in the mirror. You're a creature of the night Micheal, just like out of a comic book ! You're a vamire Micheal ! My own brother, a goddam, shit-sucking vampire ! You wait 'till mom finds out, buddy !"

"David: Now you know what we are, now you know what you are. You'll never grow old Micheal, and you'll never die. But you must feed !"


Sources

  • http://www.imdb.com/title/tt0093437/
  • http://www.fast-rewind.com/lostboys.htm
  • http://www.horreur.com/critique-573-generation-perdue.html
  • http://en.wikipedia.org/wiki/The_Lost_Boys
  • http://www.best-horror-movies.com/the-lost-boys.html

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