03 décembre 2017

Le moment captif d'un dimanche : inventer sa saison

dec"L'arbre se sauve en faisant tomber ses feuilles." [Pierre Jean Jouve]

Les arbres sont décharnés. Je ne vois que du gris et du brun. Et peut-être un peu trop de vert. L'été n'a d'abord pas voulu nous quitter. Il avait tant tardé à arriver que je crois qu'il a tout simplement oublié qu'il devait un jour partir. Puis, il s'est sauvé sans crier gare et nous a laissé complètement glacé. Il nous offre un froid d'hiver. Mais nous ne sommes qu'encore en automne. Non ?

J'attends chaque saison avec anticipation et joie. Et je pleure lorsque celle-ci tarde à venir. Depuis quelques années, je ne sais plus quelle saison attendre. J'ai l'impression qu'elles se mélangent et se confondent. Mais peut-être que ce fut toujours ainsi et que ma mémoire me fait défaut.

J'ai des souvenirs de printemps qui après avoir été pluvieux, deviennent de plus en plus chauds et fleuris, d'étés torrides, puis d'automnes qui s'encolorent et font tomber les feuilles doucement et qui deviennent de plus en plus froids pour laisser la place aux hivers tourmentés. Eux, sont parfois trop froids, trop enneigés, parfois les deux... mais jamais ni l'un, ni l'autre.

Je me dis que je fabule. J'aime chialer sur les saisons... elles ne sont jamais parfaites. Non ?

"On voudrait avoir ce courage des oiseaux en hiver." [Françoise Lefèvre]

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01 janvier 2017

Le moment captif d'un dimanche : promesse

9953a"Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l'imagination est sans frontières." [Jean-Jacques Rousseau]

Et bien, la voici cette nouvelle année. Pleine de promesses. Et remplie d'incertitudes. Elle est inexplorée, immaculée. Elle n'est pas innocente, bien sûr. Elle vient avec un bagage riche, éclatant, précieux. Mais aussi avec un sac lourd, oppressant et même parfois embarrassant. Ces moments qu'on veut parfois oublier mais qui sont en nous et nous définissent malgré nous. Malgré tout.

Mais cette nouvelle année est réelle et prête à accueillir les rêves les plus fous. Une nouvelle page qui recevra les joies, les rires, les larmes, les réalisations, les pertes, les moments réels et imaginés de nos vies.

"Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte."  [Virginia Woolf]

 


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31 décembre 2016

Et encore une fois... demain une nouvelle année

Sommes-nous prêts à changer d'année ?

Laisser aller les moments passés ; les oublier ou les mettre dans une boîte de souvenir.

Laisser arriver les moments inconnus. 

2017JourAn

Et bien, nous n'avons pas le choix ! Alors, voici 2017. Accueillons cette nouvelle année les bras ouverts. Après tout, elle, elle veut bien de nous !

Bonne année à tous !

 

 

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24 décembre 2016

Joyeux Noël !

En attendant les cadeaux et la bonne bouffe en famille,

Mini-Brum vous souhaite un Joyeux Noël !

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23 novembre 2016

Ouvert l'hiver de Sébastien Dulule

OuvertHiver01Ouvert l'hiver / Sébastien Dulude. — Chicoutimi : La Peuplade, [2015]. – 68 p. ; 19 cm. – ISBN 978-2-923530-96-3

Quatrième de couverture

entre c’est ouvert

Une maison s’offre ouverte, débarrée, prête à accueillir qui veut se réchauffer ou dormir, simplement. Tombent de ce calendrier d’hiver quelques poèmes blancs – avec la neige, les yeux et le soir –, s’enchaînent une série de petites pièces ciselées que Sébastien Dulude a voulu glaciales dans leur forme et chaudes dans leur langue. Les engelures, le vin chaud, les tuyaux gelés, le calorifère, la buée, la tempête : ouvert l’hiver dessine ces images connues de notre imaginaire nordique, de part et d’autre de fenêtres brillantes, au bord desquelles le sujet hésite.

Ces poèmes, délicats mais sonores, obsessivement ficelés, aspirent à confondre beauté et rudesse, chaleur et malaise, dans une intimité teintée d’ambiguïté.

L’auteur

Sébastien Dulude est né en 1976 et partage son existence entre Montréal et Trois-Rivières.. Il publie son premier recueil de poésie, chambres,  en 2013. Il a publié dan les revues littéraires Estuaire et Le Sabord et écrit une chronique sur la poésie dans Lettres québécoises. En 2015, il est écrivain en résidence au Salon du livre de Trois-Rivières. Il aime combiner la poésie et la performance et présente régulièrement des spectacles. En 2016, il soutient sa thèse de doctorat en Lettres à l’Université du Québec à Trois-Rivières, plus précisément sur "la performativité dans la poésie québécoise".

Bibliographie

  • chambres (poésie et photographies de performances) (2013)
  • Esthétique de la typographie – Roland Giguère (essai) (2013)
  • ouvert l’hiver (poésie) (2015)

Mes commentaires…

Je ne sais pas s'il faut aimer l'hiver pour lire ces poèmes, mais disons que pour l'amoureuse que je suis de l'hiver, ils m'ont complètement envoûtée. Mais est-ce que ce sont "DES" poèmes ou plutôt "UN" seul long poème qui se poursuit de page en page et nous raconte une seule histoire ? C'est selon. C'est l'un ou l'autre et les deux à la fois. J'ai lu le texte en un instant. Puis, je l'ai relu lentement. Ce fut un moment. Un souffle, un clin d'oeil. Et je l'ai relu et relu. Une fois à haute voix. Il le fallait.

Chaque page nous offre un minuscule poème de trois lignes qui se déplace de page en page. Les premiers poèmes se retrouvent tout en haut des pages puis le recueil se conclue avec des poèmes au bas complètement. J'ai eu l'impression de suivre les mots sur les pages blanches comme s'ils étaient poussés par le vente sur la neige.

Le recueil raconte une histoire. Une histoire d'amour probablement. Ce sont des petits moments entre deux êtres. C'est leur histoire, je suppose. Mais c'est aussi l'histoire d'un lieu, porte, fenêtre, cuisine... et l'histoire de l'hiver. Il fait froid, c'est l'hiver. Même à l'intérieur, il fait froid. Tout est hiver. Tout est froid et blanc. Et pourtant. Tout n'est pas glacial. On sent des moments doux, presque chauds. Ces petits poèmes - qui rappellent évidemment des haïkus sans en être vraiment - sont personnels, intimes.

L'hiver de Sébastien Dulule débute puis se termine. Il recommencera, on s'imagine. Ces poèmes se poursuivent et se suivent. Il imagine, il image. L'auteur joue avec les images. Ces mots sont tourbillonnants et vivants. Ils prennent vie dans notre imagination : "le vent prend ton foulard et le frôle dans mon cou" p. 33 ; "j'ai été suspendu pendant des heures en frimas dans la maison -- la nuit rire sur sa fin et tu te réveilleras : -- je tomberai soudain comme une rosée à tes pieds" p.42

Bien sûr, tout semble froid, dur, glacé, glaçant. L'hiver est vivant, impitoyable, menaçant. Il est dans chaque mot, dans chaque sensation. On le vit, on le voit, on le ressent. Et pourtant, je l'ai aimé cet hiver. Je m'y suis retrouvée. Je m'y suis sentie à l'aise. J'ai grelotté, certes. Mais je m'en suis éprise. Je fut un véritable coup de foudre. Chaque mot m'a trouvée. Retrouvée. Je suis heureuse de retrouver l'hiver.

Les mots de l’auteur

« entre c’est ouvert
mets une couverte sur ma maison
je chauffe pas assez

le foyer est entrouvert
le bois est usé
l’hiver balaie les cendres

l’allée chez toi est gelée
je m’y retrouve mal
l’odeur de l’intérieur évanouie

où tu dors ce soir
le sol y’est-tu assez dur
pour qu’on s’enfonce dans l’hiver
 
» [pp.9-12]

Pour en savoir un peu plus…

  • Article dans Le Devoir
  • Article sur le site Les méconnus
  • Article dans Les Libraires
  • Article sur le site Poème sale
  • Article dans Zone Campus : le Journal des étudiants de l’UQTH
  • Article sur la thèse de l’auteur sur le site En-tête : Nouvelles de l’UQTR
  • Article dans L’Hebdo Journal

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06 mars 2016

Le moment captif d'un dimanche : dans la confusion

2016-04-21« On peut affronter la brise, mais il vaut mieux s'affaler dans la tempête » [Stephen King]

Insondable et incompréhensible. Tu marches dans la tourmente. Tu devrais te cacher mais tu veux avancer. Tu as l'impression d'affronter une immensité glaciale. Tu cherches le calme. Tu as peur. Mais tu marches.

Tu te poses tant de questions. Tu cherches les réponses mais elles t'échappent. Tu te questionnes sur tout. Et rien. Tu ne cesses jamais de te torturer avec des pourquoi, des si, des peut-être. Tu imagines des passés différents, tu essaies de modifier tes souvenirs, tu cherches des futurs possibles.

Et tu marches dans l'incertitude. Mais tu marches. Tu ne cesses de marcher. Dans la brise, dans la tempête. Tu crois que les réponses viendront dans cette marche contre tes doutes. Et tes réponses surgiront des profondeurs. Un jour.

« La mer est aussi profonde dans le calme que dans la tempête » [John Donne]

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07 février 2016

Le moment captif d'un dimanche : fixé

2016-03-08"Si les astres étaient immobiles, le temps et l'espace n'existeraient plus" [Maurice Maeterlinck]

La pluie a tombé et a figé les branches dans une immobilité glacée.  J'ai fermé les yeux. Je me suis alors imaginée perdue dans un univers étoilée. J'ai froid. Je glisse de branche en branche. Je tombe. Je me relève et je grelotte. Je vis.

J'entends une musique glaciale. Elle veut envelopper mon corps, envoûter mes rêves. Elle joue doucement. Ma tête est lourde, mes pensées deviennent confuses. J'ai l'impression que le temps s'arrête. Je semble flotter dans un vide éternel. J'essaie d'ouvrir les yeux. 

J'ouvre les yeux. Je bouge et je grelotte. Par la fenêtre, je vois la vie. 

                                                                   

 

 

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17 janvier 2016

Moment captif d'un dimanche : Ainsi va la vie qui va...

2016-01-10"Que de temps perdu à gagner du temps" [Paul Morand]

Je suis dans un vaste coma blanc. J'ai de la difficulté à aligner deux mots pour qu'ils fassent du sens. Ces quelques mots que vous lisez ont pris des mois à quitter ma tête pour venir sur cette page. Je tourne en rond. Je perds mon temps à faire un millier de choses qui sont toutes importantes ou intéressantes mais qui ne sont pas écrire.

Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais c'est la plus longue. Depuis cet automne, je navigue dans un vide d'écriture. Je ne sais plus quoi dire. Je ne trouve pas le courage de dire les choses que j'aimerais dire. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Je termine un livre et je me dis "voici ce que je veux en dire", mais si les mots viennent dans mon esprit, je ne suis pas capable de les mettre sur papier. Je regarde des photos et je me dis "voici ce qu'elles m'inspirent", mais quand j'ouvre l'ordinateur, je fais tout sauf écrire ces inspirations.

Bien sûr, il y a eu tant de choses qui ont occupé mon temps : les vacances en septembre, le retour au travail, les millions d'activités à organiser à la bibliothèque, le Temps des fêtes remplis de la visite de mon père... Tous les soirs quand je reviens du travail, je ne vois pas le temps filer. J'arrive tard à la maison, je m'entraîne un peu, nous faisons le repas, nous mangeons, rangeons, je prends ma douche... et le peu de temps qu'il me reste, je ne trouve pas la force d'écrire. Je ne trouve plus la force d'écrire. Et le samedi et dimanche... j'essaie. Toujours quelque chose à faire, le ménage, les courses, les projets, les activités, ... Même les moments où je dis "bon, aujoud'hui, j'écris"... je finis par tourner en rond sur mon ordinateur.

La vie va et elle va trop vite. Le temps passe et ne reviens pas. Et je perds mon temps à vouloir le retenir, le rattraper. Je dois être plus forte que lui et l'ignorer. J'ose espérer que les mots reviendront tranquillement. Ne viens-je pas juste d'en attraper quelques uns ?

"Je passe tout mon temps à comprendre le temps" [Alain Bosquet]

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03 janvier 2016

Le moment captif d'un dimanche : givrée !

2015-12-08"Ma vitre est un jardin de givre." [Emile Nelligan]

Si on ne regarde jamais par la fenêtre, on ne verra jamais passer l'inspiration. Un oiseau qui s'envole, un flocon qui virevolte, un ciel bleu, un ciel gris, un dessin sur la vitre.

On a perdu l'art de regarder longuement par la fenêtre. On ne regarde plus par la fenêtre que rapidement. Un simple coup d'oeil pour voir le temps qu'il fait. Un regard rapide quand on entend un bruit inconnu. Une oeillade distraite pour constater le passage des éboueurs. On ne passe jamais plus que quelques secondes à la fenêtre.

Car on accuse les gens qui regardent trop longuement par la fenêtre de paresse, de perdre leur temps, de ne rien faire. On accuse même certains d'écorniflage et de curiosité malsaine. On leur demande tout de suite ce qu'ils regardent. Et si la réponse est "rien de particulier", alors on se questionne. Pourquoi regarde-t-elle par la fenêtre ? Elle perd son temps. Que fait-il tout le temps à la fenêtre ? Il cherche à espionner les gens. Mais peut-être qu'elle contemple simplement le temps qui passe lentement. Peut-être observe-t-il les gens qui vivent. Et cette contemplation lui inspire un poème dans son coeur. Cette observation lui murmure une chanson à l'oreille. Ou tout simplement ces moments perdus à la fenêtre amènent un soupir doux à leur vie qui passe trop rapidement.

"Écris tout ce qui te passe par la fenêtre." [Lise Deharme]

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24 décembre 2015

Demain, on sera Noël

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Ça, il faut se le répéter, car avec le 15º que nous avons eu cet après-midi, la pluie, le soleil, le vent... ouf, on est loin du Noël blanc !

Mais ce n'est pas l'important ! Dans quelques heures, nous serons en famille, l'arbre de Noël sera illuminée, nous écouterons de la musique de Noël, nous aurons trop de boustifaille et nous nous échangerons des petits cadeaux, nous rirons, nous jaserons... et nous ne penserons pas au manque de flocons.

Et demain, on recommence !

Alors comme le temps passera trop vite... et que nous serons tous trop occupés à fêter...

Je vous souhaite un très beau réveillon et une superbe journée de Noël !

 

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