05 mars 2017

Le moment captif d'un dimanche : oublier de dormir

2017-01-15"Avec les insomnies, on peut faire des bouquets noirs de grandes fleurs friables et crissantes comme le sable sous les dents." [Jean-Claude Pirotte]

Elle revient toujours cette vieille amie. Mon insomnie chérie.

Elle me quitte parfois pour quelques nuits. Elle se cache, fait semblant de m'oublier. Elle me donne tous les espoirs, mais jamais pour longtemps. Elle revient toujours celle qui sans cesse me poursuit. Mon insomnie chérie.

Elle revient blanchir mes nuits. Elle égratigne mes pensées ; les torture et les déforme. Elle les peint en noir. Elle les transforme en pantins difformes et grimaçants. Encore une fois elle est revenue cette cruelle ennemie. Mon insomnie chérie.

Elle me rejoint tranquillement chaque nuit. Elle devient une habitude. Elle est confortable. Je la connais. Je connais sa noirceur, sa fragilité, sa monstruosité. C'est une vieille connaissance. Elle reviendra toujours celle qui épuise ma vie. Mon insomnie chérie.

" Elles sont bien noires, les pensées des nuits blanches." [Edmond et Jules de Goncourt]

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13 novembre 2016

Le moment captif d'un dimanche : s'ensommeiller

2016-11-13"L'insomnie est mauvaise conseillère ; surtout elle exagère les images. Elle transforme facilement l'inquiétude en effroi, l'effroi en épouvante." [Yves Thériault]

Je me couche. J'ai les yeux qui brûlent. Je baille. J'ai de la difficulté à les garder ouverts. Mes yeux sont pleins de sommeil. Je m'endors. Je dors.

Je me réveille. Ce n'est pas le matin. Il fait noir. La lune brille froidement. Toute la maison est endormie. J'écoute le silence. Et les craquements et bruits non identifiés.

Je me tourne. Je ferme les yeux encore une fois. Mais je ne m'endors pas. Je ne dors plus. J'ai le sommeil qui fuit. Et alors je me tourne encore. Et encore. Encore.

J'ouvre les yeux. Les ombres semblent s'agrandir. Elles bougent, se transforment. Je ferme les yeux. Je me tourne. J'essaie de penser à autre chose. Je pense à des petites choses, de petits événements. Et je ne les comprends plus. Je suis certaine d'avoir oublié quelque chose. J'angoisse. Puis, pendant un moment, je sais ce que j'ai oublié. Puis, je l'oublie. Je me tourne. J'ouvre les yeux.

Je referme les yeux. J'ai l'impression de dormillonner. Je crois bien que je dors un peu puisque j'ai l'impression de me souvenir de rêves. Des images se faufilent dans ma tête. J'ouvre les yeux. Les images sont toujours là. Je ne rêve pas. Je rêve éveillée. Mes rêves sont des réalités voilées. Je suis inquiète. Ma chambre semble peuplée de monstres. J'ai peur. Je ferme les yeux.

J'ouvre les yeux. Je les frotte. Il n'y a rien. Je ne vois rien. Je ne dors pas. Mais les images étaient pourtant remplies de poésie. Je me dis que je me rappelerai ces poèmes au matin. Je me tourne. La lune brille un peu moins. Les petits oiseaux commencent à gazouiller. Il fait encore noir. Plusieurs heures ont passé. Et le matin pointe le nez.

Je me tourne. Je sens le sommeil revenir. Je dors à nouveau. Enfin. Mais pour peu de temps. Bientôt, il faut se réveiller pour de bon. J'ouvre les yeux. Je soupire. Je me lève. Je ne me rappelle plus. Que des images effacées. Je suis fatiguée.

Et ce, chaque nuit.

"La poésie vit d'insomnie perpétuelle." [René Char]

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08 juillet 2009

Respirer et dormir

Oui, il est vrai que la visite de soeurette m'a tenue loin de ces lieux. Mais cela n'explique pas mon incapacité d'écrire quelques lignes depuis son départ. En fait... même la visite de soeurette n'est pas la seule cause de mon silence.

Et la vérité, c'est que j'hésitais à en parler. C'est que tout le monde en parle. Et j'en avais parlé les années passées (ici, ici et ici) et "la verdad" c'est que parler température m'énerve au plus au point. Tout le monde en parle. L'hiver, on pleure sur le froid et la neige - qui reviennent chaque année mais qui semble surprendre annuellement - et l'été on pleurniche sur la chaleur - qui évidemment est un symbole de l'Espagne en été... donc rien de surprenant.

Mais j'avoue que les dernières années furent difficiles. Et cette année... encore une fois... très pénible. Il a fait chaud. Une 16_Encore_le_soleil__Octchaleur agressante. Et encore une fois, petit à petit, j'ai ratatiné sous le soleil. Mais encore une fois cette année, après chaque nuit fut sans sommeil, chaque matin signifiait migraine et nausée. Puis une journée de travail évachée devant l'ordinateur à boire verre d'eau après verre d'eau (suivi par autant de promenade aux toilettes... ainsi suis-je faite!!!). Donc. J'ai appris que je supporte assez mal la chaleur barcelonaise. Heureusement, qu'il y a les escapades à la plage mais surtout à la montagne...

Et donc... chaque soir... presque aussi chaud que le jour... je me retrouvais sur la terrasse à lire ou à regarder le ciel, ma foi souvent magnifique sous cette chaleur... mais incapable d'écrire un seul mot.

Mais aujourd'hui, il fait moins chaud. Il a fait 27º sur notre thermomètre aujourd'hui. Et il y avait des nuages. Mes plantes sur la terrasse m'ont même fait un sourire. Les fleurs ont osé s'ouvrir un peu et offrir un peu de leur parfum. Les cactus ont pris un peu de repos, mais eux, s'ennuient déjà du soleil, les ingrats.

Et j'ai pu écrire quelques mots ! On annonce quelques températures plus clémentes pour les prochains jours... sans dépasser le 30º - enfin, on espère ! Mais enfin, on se réjouit de pouvoir respire un peu pendant la journée et dormir, la nuit; de pouvoir écrire un peu pendant les jours qui viendront... car j'aime écrire ! Autant que lire... et j'ai tant de courriels et commentaires en retard, sans parler des articles en attente... c'est complètement honteux ! :P

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19 mai 2009

Je rêve de comprendre

Comme tout le monde, je rêve. Beaucoup même. Souvent, enfin, presque toujours en couleurs. C'est-à-dire que tous les rêves revedont je me souviens - et je me souviens de beaucoup de mes rêves - sont en couleurs. Quand on me dit qu'on rêve en noir et blanc, j'ai de la difficulté à le croire. Et, comme je viens de le dire, je me souviens de beaucoup de mes rêves. Partiellement ou complètement. Et, la plupart du temps, je sais que je rêve. Même dans mes cauchemars. Presque toujours, je sais que je suis en train de rêver. Et très, très souvent, je peux influencer mes rêves. Parfois, c'est difficile... et même si je sais que je rêve et que je me dis que je voudrais changer quelque chose, cela ne se produit pas. Mais je sais que je rêve.

Pour une raison quelconque, les gens ont commencé, il y a plusieurs années, à me demander d'interpréter leurs rêves. Je dis pour une raison quelconque, car je ne me souviens plus pourquoi ni quand cela a commencé... Un jour, je me suis retrouvé à donner mes analyses des rêves de mes amis, ma famille, de gens sur les forums... Et je ne sais pas trop pourquoi. Et on me dit que j'analyse toujours très bien... pourtant... je ne sais trop comment je fais. Et à part, couper le rêve en partie et en extraire certains éléments qui m'apparaissent se démarquer, puis donner quelques significations de symboles... je ne vois pas trop ce que je fais de particulier. Bien sûr, après avoir fait cette analyse, je donne mon avis, mais en disant toujours - et en insistant - sur le fait que cela n'est qu'une interprétation des éléments et de leurs liens. Et j'insiste toujours sur le fait que personne n'est mieux placé que l'auteur des rêves pour en comprendre le sens. Et que le danger, quand c'est quelqu'un d'extérieur qui analyse le rêve, est que les associations établies entre certains éléments soient trop personnelles... et donc si c'est quelqu'un d'autre que le rêveur qui analyse le rêve, l'interprétation sera personnelle à l'interprète et non au rêveur.

Mais voilà où j’ai un problème... car je suis incapable d'interpréter mes propres rêves. J'ai bien le sentiment que parfois, mon rêve contient une quelconque signification, me livre un certain message... mais alors que pour les rêves des autres ces symboles, messages et significations sont faciles à déceler, pour mes rêves... je ne sais absolument pas ce qu'ils signifient. Vraiment pas.  

Alors que pour les rêves des autres, je suis capable de mettre des bémols et dire: "ceci n'a aucune signification particulière, à part le condensé de tes expériences de la journée..." pour mes rêves, je ne sais pas faire la différence. Bien sûr, parfois c'est évident... mais souvent - que dis-je! - la plupart du temps, je suis complètement dans la brume. Incapable de déceler les éléments importants, ou alors accrochant aux éléments qui ne le sont pas... Je suppose que je suis trop près de mes rêves, que je suis incapable de prendre du recul... ce qui vient contredire ce que répète à tous: que le rêveur est le mieux placé pour comprendre ses rêves... enfin...

Hier, j'ai fait un drôle de rêve. Vraiment, je sens que je me parle à moi-même dans ce rêve, mais je ne sais pas trop ce que j'essaie de me faire comprendre... quelques éléphants, un téléphone, une araignée, un séchoir à cheveux et autres bizarreries sembleraient vouloir me dire quelque chose... mais quoi ?

 

 

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04 juin 2008

Autres pensées sans sens ni direction

Il y a des nuits comme ça. On se couche dans son lit. On se perd dans ses couvertures. Et on attend. On attend de s’endormir. Et on attend. Pourtant on avait les yeux pleins de sommeil toute la journée. Mais une fois dans son lit, les yeux refusent de dormir. Les pensées se promènent et s’entortillent.

Pens_esDans les chansons, il semblerait que hier était mieux qu’aujourd’hui, qu’aujourd’hui est pire que demain. On a parfois l’impression que le moment présent ne doit pas être mentionné… Hier, tous nos problèmes étaient loins, et aujourd’hui, ils sont là pour rester… Mais il ne faut pas perdre espoir car même si aujourd’hui est pluie, demain il fera soleil… Mais ne parlons pas d'aujourd'hui...  Hier ou demain, tout est mieux que présentement.

“Yesterday
All my troubles seemed so far away
Now it looks as though they're here to stay
Oh, I believe
In yesterday” (Yesterday, The Beatles)

“When I'm stuck a day
That's gray,
And lonely,
I just stick out my chin
And Grin,
And Say,
Oh!

The sun'll come out
Tomorrow
So ya gotta hang on
'Til tomorrow
Come what may
Tomorrow! Tomorrow!
I love ya Tomorrow!
You're always
A day
A way!” (Tomorrow, Annie)

Et alors, on se dit que si on a perdu hier et qu’on ne peut y revenir, il ne faut pas perdre espoir, car demain sera là bientôt et il sera rempli de chaleur. Et alors on touche à quelques miettes de certitudes… et en un moment d’optimisme, on sourit et on se dit qu’aujourd’hui n’est pas si mal puisque demain sera mieux. Mais alors, on nous rappelle que ce moment de contentement nous laisse vulnérable, que le futur est à notre porte et qu’il sera probablement difficile, lui aussi.

“I ain't happy, I'm feeling glad
I got sunshine, in a bag
I'm useless,but not for long
The future is coming on” (Clint Eastwood, Gorillaz)

Allons… trop de réflexion, trop de chansons… c’est la pluie que ne cesse pas de tomber et le brouillard qui enveloppe le paysage à ma fenêtre qui engourdissent ma volonté de dormir et de me lever… Mais je me dis, que hier est passé et que demain sera, et qu’aujourd’hui, il faut simplement sourire. :-)

“Today is the greatest
Day I ’ve ever kown
Can’t live for tomorrow
Tomorrow’s much too long
I burn my eyes out
Before I get out” (Today, Smashing Pumpkins)

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06 mai 2008

J'ai les yeux qui s'ensommeillent

J'ai les yeux qui dorment. Peu importe le nombre d'heures de sommeil, peu importe l'heure à laquelle mon lit m'accueille. Je m'endors pendant la journée. Les yeux refusent de rester ouverts. Ils participent à la journée mais picotent et brûlent. Ils me disent qu’ils seraient mieux fermés.

Le soleil m’agresse. L’été, il est trop chaud, et l’hiver trop éblouissant. Et pourtant, je l’aime bien ce soleil quand je meFatigue promène, quand je joue au jardinier ou quand je vais visiter la mer. Mais il est si méchant pour mes yeux.

Mais les nuages sont également dangereux. Les journées grises m’incitent à visiter le lit. Et la pluie me chante des berceuses pour m’endormir.

Je travaille. Les yeux sur mon écran d’ordinateur. La fenêtre devant moi. Les yeux plissés par la clarté. Je frotte mes paupières, j’essaie de rester insensibles à leurs prières de fermeture temporaire.

Je ne dors bien que le matin. Peu importe le nombre d'heures de sommeil, peu importe l'heure à laquelle mon lit m'accueille… Quand le jour pointe son matin par la fenêtre, je m’endors finalement d’un sommeil profond. Et donc, mes matins sont difficiles. Je ne peux quitter le lit qu’en versant des larmes imaginaires. Et en rêvant de rester enveloppée dans ces couvertures si douces pour encore quelques heures.

Je ne suis pas matinale, je suis nocturne. Et j’ai les yeux qui refusent d’arrêter de dormir pendant le jour.

J’ai les yeux qui dorment. Irrités de ne pas pouvoir suivre leur désir de noirceur. J’ai les yeux fâchés. Car je ne peux dormir les matins.

... disons simplement que j'ai sommeil …

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09 octobre 2007

Quelques mots...

Le sommeil n'est pas un lieu sûr

[Jean Cocteau]

Posté par Laila_Seshat à 00:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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