(Note : L'histoire de l'abbaye de Valmagne est longue et mouvementée. Je ne prétends pas ici présenter son historique complet. Les sources proposées plus bas, le font très bien. Voici juste un petit aperçu tout personnel. - Voir aussi : Abbaye de Valmagne - Réflexions).
Un peu d'histoire...
- Nom : Abbaye Sainte-Marie de Valmagne
- Fondation : 1138
- Localisation : Villeveyrac au Languedoc (près de Mèze)
- Congrégations : Ordre de Saint-Benoît (1138 à 1145) / Ordre cistercien (1145 à 1791)
L’abbaye est officiellement fondée en 1138. Les religieux qui la fondèrent venaient de l’abbaye Notre-Dame d’Ardorel et suivaient la règle bénédictine. Le terrain leur fut donné par les seigneurs de Cabrières. Cette donation fut confirmée par Raymond Trencavel, Vicomte de Béziers. L’endroit était idéal à cause de la proximité d’une source et de la protection naturelle contre les vents offerte par les rochers. Le lieu était aussi près de l’ancienne Via Domitia. Le territoire était connu sous le nom de Vallis Magna ou encore Villa Magna. L’évêque d’Agde sanctionne en 1139 la donation.
L’abbaye se rattacha à l’Ordre de Saint-Benoît jusqu’en 1144 alors que le second Abbé voulut l’incorporer à l’Ordre cistercien qui était très fort à cette époque. L’abbaye fut donc rattachée à l’abbaye de Bonnevaux. Malgré certaines oppositions, l’abbaye devient cistercienne et suit une règle plus stricte fortement influencée par Saint Bernard de Clairvaux. L’architecture de Valmagne est donc aussi pensée afin de favoriser la prière et le recueillement : simplicité, dépouillement,… Ce rattachement, confirmé par le pape Adrien IV en 1159, permis également la construction de moulins, de granges, d’un jardin, d’un vignoble, …
La vie à l’abbaye exige un travail manuel. Les moines travailleront donc comme forgerons et tisserands, certains seront copistes. Les moines, qui ont fait vœu de silence, vivent cependant principalement pour la contemplation et la prière. Ce sont les frères convers, qui sont des religieux et non des moines, qui vont travailler aux champs, vignobles, etc.
Les richesses de Valmagne s’accumulent rapidement au fil des ans. On remplace en 1257, la simple église romane par une église gothique. Le cloître est aussi remplacé. Des bâtiments s’ajoutent au fur et à mesure des donations. L’abbaye de Valmagne devient rapidement très riche et puissante. Elle est également intimement liée à l’Histoire et on retrouve son nom ou celui de plusieurs de ses abbés mentionnés à plusieurs reprises.
Mais les temps d’opulence vont arriver à une fin. Les famines au début du XIVe siècle, la Guerre de Cent Ans débutant en 1337, l’effroyable épidémie de
peste noire de 1348 vont transformer l’abbaye. Plusieurs bâtiments disparaissent, le nombre de moines et de frères diminuent et les difficultés ne font que croître. En effet, les abbés avaient toujours été élus par les moines, mais en 1477 l’abbaye fut mise en commende, c’est-à-dire que les abbés sont maintenant nommés par le Roi. Ceux-ci sont choisis au bénéfice des familles nobles de la région et beaucoup d’abus sont commis. Les guerres de religion viennent s’ajouter au tableau et Valmagne est à l’agonie. Il n’y a plus vraiment d’abbé à partir de 1571. Le dernier abbé s’étant réformé au protestantisme. En 1575, plusieurs moines et des catholiques s’étant réfugiés à l’abbaye sont massacrés par les troupes de l’abbé, l’église est saccagée. L’abbaye est abandonnée et est la cible de brigands.
Un siècle plus tard, les moines tentent de revenir à Valmagne et à reconstruire ce qu’ils pouvaient. Ils tentent de redonner sa splendeur passée à l’église mais ne peuvent tout restaurer. Ils devront par exemple, murer les fenêtres ne pouvant refaire les vitraux. Quelques familles nobles de la région contribuent à la restauration mais ce n’est que vers 1680 que Valmagne retrouve un peu de sa splendeur. En effet, le Cardinal Pierre de Bonzi administre l’abbaye et veut faire de celle-ci un palais épiscopal. La richesse revient à Valmagne et on y vit une vie aux allures royales. Les moines ne vivent plus vraiment selon la règle cistercienne.
Les travaux ont cependant ralenti car l’abbaye est fortement endettée. La Révolution française va clore cette période faste. En 1790, les quelques moines encore sur place s’enfuient. L’abbaye est envahie et détruite par les paysans. Elle devient un bien national et est vendue. Le nouveau propriétaire qui acheté le domaine principalement pour le vignoble, transforme l’église en cave à vin. L’abbaye évite ainsi la destruction complète.
À la mort du propriétaire, le domaine est encore une fois mis en vente. Il est racheté par le comte de Turenne en 1838 et appartient toujours à cette famille. De nombreuses restaurations furent entreprises par le comte puis par ces descendants. Depuis 1997, l’ensemble de l’abbaye est classé aux monuments historiques. Le vignoble fonctionne toujours et les vins qui y sont produits sont réputés. On peut visiter le domaine et de nombreux concerts ont lieu dans l’abbaye.
Quelques sources à consulter...
- Abbaye de Valmagne. -- [Colmar : S.A.E.P, 1989]. -- 39 p. : photogr. certaines en coul. ; 25 cm. -- Comprend une bibliogr.