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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
29 mars 2015

Le moment captif d'un dimanche : envers du décor

2015-04"Qui voit le ciel dans l'eau voit les poissons dans les arbres." [Proverbe chinois]

Je vois des vérités que vous ne voyez pas. Ce sont des vérités juste pour moi. Je vois le reflet de mon visage dans vos yeux. J'y vois des secrets monstrueux.

Mais ce que vous croyez voir est faux. Ce que je crois voir est beau. La réflexion d'une illusion. L'envers d'une hallucination.

Je me perds dans la contemplation d'un scintillement. Je le fais consciemment. J'aime imaginer des impossibilités. J'improvise même des absurditités.

Qui a dit que dans les arbres les poissons ne pouvaient pas nager ? Que dans l'eau les oiseaux ne pouvaient pas voler ?

L'espace d'un instant, les impossibilités sont majestueuses. Pendant un moment mon reflet est somptueux.

"Les apparences sont belles dans leur vérité momentanée." [Octavio Paz]

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26 mars 2015

Le testament des templiers de Glenn Cooper

TT1Le testament des Templiers / Glenn Cooper ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Danièle Mazingarbe. – [Paris : Le Cherche Midi], 2012. – 422 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-7491-1831-4. – (Coll. Thrillers)

Quatrième de couverture

1129. Lors du Concile de Troyes, Bernard de Clairvaux, directeur de conscience des cisterciens, joue de tout son pouvoir pour faire reconnaître par l’Église l’Ordre des Templiers, avant de militer activement pour la tenue de la deuxième croisade en Terre Sainte.

2010. Ruac dans la région de Sarlat. Par le plus grand des hasards, un étrange manuscrit médiéval est retrouvé, dissimulé dans les murs d’une abbaye cistercienne. C’est la confession d’un moine, le frère Barthomieu, datée de 1307, l’année où, sur ordre de Philippe Le Bel, les Templiers furent arrêtés et emprisonnés. Hugo Pineau, restaurateur de livres anciens, et Luc Simard, archéologue, travaillent activement sur les messages codés contenus dans le texte. Bien vite, leurs recherches les conduisent dans une immense galerie de passages souterrains située sous le village. C’est au cœur de ce labyrinthe, dans une caverne cachée, qu’ils vont tenter de percer les énigmes de Berthomieu et, peut-être, le secret des Templiers. Mais ils ne se doutent pas qu’ils viennent ainsi d'entrer dans un jeu qui va vite s’avérer mortel.

L'auteur

Glenn Cooper est né à New York en 1953. Il fait ses études secondaires au White Plains High School. Il étudie ensuite d’abord à l’Université de Harvard à Cambridge où il obtient en 1974 un diplôme « Bachelor of  Arts in Archaeology ». Puis il se dirigett2 vers la médecine à la Tufts University School of Medicine. Il fait ensuite son stage et sa résidence en médecine interne au Beth Israel Deaconess Medical Center puis poursuit ses études postdoctorales sur les maladies contagieuses au Massachusetts General Hospital à Boston. Il travaille un certain temps comme médecin dans divers endroits, notamment dans des camps de réfugiés en Thaïlande et en Haïti.

Il poursuit ensuite une longue carrière en recherche pharmaceutique pour plusieurs entreprises. Il conduit de nombreuses recherches mais devient rapidement un gestionnaire d’importance en étant PDG de diverses compagnies en biotechnologie, privées et publiques.

Il commence cependant à écrire il y a plus de 20 ans. Il s’intéresse d’abord au cinéma et rédige plusieurs scénarios. Il se découvre une passion pour l’écriture et le cinéma qui le mène à faire des études à l’Université de Boston en production cinématographique. Il devient même le président de Lascaux Media qui produira 3 longs métrages. Il se tourne cependant vers la fiction et écrit son premier roman The Library of the Dead en 2006. Le livre connait un succès mondial et est traduit en plusieurs langues de même que ses romans suivants.

Il vit présentement  à Gilford au New Hampshire.

Site officiel de l’auteur - Sa page Facebook en anglais et en français 

Bibliographie

  • Library of the Dead (2009)
  • Book of Souls (2010)
  • The Tenth Chamber (2010) (Le Testament des Templiers)
  • The Devil Will Come (2011)
  • The Keepers of the Library (2013)

Mes commentaires

Bon, voyons voir. Je vais commencer par répéter à quel point je déteste les mauvaises traductions de titre et de quatrième de couverture. Honnêtement, soit l'éditeur veut nous "fourrer" en nous trompant sur le contenu du livre (parce qu'il croit que ce qu'il nous propose sera plus vendeur que le véritable contenu), ou alors il emploie les pires traducteurs possibles. Parce que franchement... c'est carrément mensonger ! Si on lit le titre et le résumé en anglais, on réalise immédiatement que l'histoire n'a rien à voir avec les Templiers (enfin, très peu). Mais continuons.

J'avais envie de quelque chose de léger, vous savez un bon petit thriller à saveur vaguement ésotérique et qui ne prend pas trop la tête. Donc un peu de furetage sur les rayons de ma bibliothèque. Le titre "Le testament des templiers" me semble prometteur. Je le prends et lis le résumé : Bernard de Clairvaux, Cisterciens, Templiers, Croisades, Manuscrit médiéval, Archéologue, Passages souterrains, et tutti quanti. En plein dans le genre que je voulais. Oui, j'ai lu beaucoup de ce genre de romans mais c'est ce qui me tentait à ce moment. Et oui, j'ai souvent été déçu par ce genre de roman (justement à cause du fait que j'en ai lu beaucoup, particulièrement pendant la "vague" thrillers ésotériques qui a suivi le DaVinci Code), mais pas grave, je décide de tenter ma chance avec Cooper.

Et puis ? Et bien comme je l'ai dit, une chance que je ne tenais pas mordicus à une histoire de Templiers parce que j'aurais été déçue en bibittes ! On commence plutôt par une histoire ancrée dans la préhistoire avec des peintures dans une grotte. On a ensuite, le côté médiéval et manuscrit ancien. Puis on a le côté recherche contemporaine sur un secret ancestral. On qualifie le roman de thriller historique et archéalogique.

Le tout est une belle soupe parfois incohérente, difficile à suivre et souvent prévisible mais qui se lit très bien. Oui. Bon. Que dire de plus. Ça ne révolutionne pas le genre mais j'ai passé un bon moment. J'ai soupiré à de nombreuses reprises mais j'ai continué à tourner les pages.

L'histoire ? Hum, voyons voir... On découvre un manuscrit qui mène à une grotte avec des peintures préhistoriques inconnues à ce jour. Certains tentent d'explorer, d'autres veulent protéger à tout prix. Car ces peintures cachent un secret incroyable sur l'immortalité - ou tout comme. Et on saute d'une époque à l'autre - assez habilement sur ce coup quand même. On passe des hommes préhistoriques à l'époque médiévale puis enfin notre époque. Ces allers-retours sont assez bien menés mais je dois avouer que certains retours en arrière sont plus intéressants et pertinents que d'autres - spécialement les moments préhistoriques. On sent un peu la surabondance de références : Héloïse et Abélard, Bernard de Clairvaux, Croisades, Seconde Guerre Mondiale, etc. etc. etc. C'est un peu beaucoup. Mais l'auteur sait au moins de quoi il parle et ça se sent dans son texte.

L'élément le plus intéressant demeure ce fameux secret de longévité, mais... mais c'est aussi le plus loufoque et absurde. Je veux dire que l'idée est intéressante mais l'auteur y a été un peu fort et a poussé un peu trop.

C'est un thriller et l'action est quand même très bien menée. Il y a un bon rythme et l'auteur écrit bien. On ne s'ennuie pas. On rit parfois mais on ne s'ennuie pas. Je sais, je ne dis rien de l'histoire, mais je ne crois pas que ce soit nécessaire. J'ai passé un bon moment de lecture et c'est ce dont j'avais besoin.

C'était assez suffisant en tout cas pour que je lise un autre roman de l'auteur, La Prophétie des papes. Mais ne vous attendez pas à lire ma critique sur ce roman parce que là, c'était franchement insupportable... des lémures, ben voyons donc !

L'avis de Nymeria, d'Arale, d'Amandine,

Les mots de l'auteur (Extrait)

« Le temps se mit à lui jouer des tours. Parfois, il s’arrêtait brutalement et puis il reprenait sa marche à la vitesse de la lumière. Cette nuit-là était à la fois la plus longue et la plus courte de sa vie. » p. 65

Pour en savoir un peu plus …

24 mars 2015

24 mars 1984

BRIAN (Voix Off)BC1

"Saturday...March 24, 1984. Shermer High School, Shermer, Illinois. 60062. Dear Mr. Vernon...we accept the fact that we had to sacrifice a whole Saturday in detention for whatever it was that we did wrong, what we did was wrong. But we think you're crazy to make us write this essay telling you who we think we are, what do you care? You see us as you want to see us...in the simplest terms and the most convenient definitions. You see us as a brain, an athelete, a basket case, a princess and a criminal. Correct? That's the way we saw each other at seven o'clock this morning. We were brainwashed..."

Breakfast Club

Je ne peux croire que cela fait 30 ans... 1985... J'aurais tant de choses à dire sur ce film... j'y travaille ! Mais que de souvenirs !!!

 

22 mars 2015

Le moment captif d'un dimanche : évasion

2015-02"Le soleil accepte bien de passer par de petites fenêtres." [Frederik van Eeden]

Nous avons passé des nuits dans la noirceur avec les étoiles pour nous guider. Puis nous nous sommes enfermés dans une chambre obscure et avons rêvé de l'horizon.

Cette chambre si sombre enveloppe nos vies. Elle obscurcit notre réalité. Nous ne voyons plus rien. Nous oublions d'ouvrir les yeux. Nous oublions de rire, nous oublions de pleurer, nous oublions de voir la beauté du ciel, des étoiles et du soleil. Les promesses de nos vies.

Une petite fenêtre. Trop petite peut-être. Nous ne la voyons pas. Nous oublions de voir toutes les possibilités promises par cette petite ouverture. Mais la lumière s'infliltre sans pitié par la moindre fissure. Elle nous envahit et nous colore sans pitié. Chaque étincelle de couleur fouette notre regard de folie. La beauté qui transperce de ce trou de soleil nous illumine et nous aveugle. Le monde est notre rêve et nous l'acceptons à bras ouvert.

"Le monde n'est pas moins beau pour n'être vu qu'à travers une fente ou le trou d'une planche." [Henry David Thoreau]

21 mars 2015

Journée - Hymne au printemps

Hymne au printemps / Félix LeclercDSC_0513

Les blés sont mûrs et la terre est mouillée
Les grands labours dorment sous la gelée
L'oiseau si beau, hier, s'est envolé
La porte est close sur le jardin fané...

Comme un vieux râteau oublié
Sous la neige je vais hiverner
Photos d'enfants qui courent dans les champs
Seront mes seules joies pour passer le temps

Mes cabanes d'oiseaux sont vidées
Le vent pleure dans ma cheminée
Mais dans mon cœur je m'en vais composer
L'hymne au printemps pour celle qui m'a quitté

Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre...

Vois, les fleurs ont recommencé
Dans l'étable crient les nouveau-nés
Viens voir la vieille barrière rouillée
Endimanchée de toiles d'araignée

Les bourgeons sortent de la mort
Papillons ont des manteaux d'or
Près du ruisseau sont alignées les fées
Et les crapauds chantent la liberté
Et les crapauds chantent la liberté...

DSC_5526Mes commentaires...

Le printemps... Hier, c'était la première journée du printemps. Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale de la poésie. Et c'est aussi la 18e Journée de l'Hymne au printemps. Peut-être votre bibliothèque publique participe-t-elle à cette journée ? Chaque année, ma bibliothèque, reçoit une invitation afin de mettre de l'avant la poésie, les chansons, les textes de Félix Leclerc. Nous en profitons pour aussi mettre en évidence la poésie et la chanson québécoise en général. C'est une belle occasion de célébrer la poésie, un fabuleux poète et l'arrivée du printemps par la même occasion !

Revenons aux mots de Félix Leclerc...

Je les ai entendus chanter de nombreuses fois avant de les lire sur papier. Je ne peux donc simplement les lire sans me balancer un peu au rythme de la musique qu'ils évoquent en moi.

J'ai toujours trouvé étrange que l'on associe autant ce texte de Leclerc avec le printemps. Évidemment, il y a le titre. Et oui, je sens le printemps dans les dernières strophes. Mais je vois aussi beaucoup l'automne et l'hiver. Les premières strophes s'opposent si violemment aux dernières. Et on sent le froid, la mort, la nature figée dans l'automne puis l'hiver. Bien sûr, ensuite, tout renaît dans le printemps, mais j'ai toujours trouvé que le début du texte était beaucoup plus puissant que la fin. Comme si le déclin de la vie était plus puissant que son renouvellement. Même si les images du renouveau sont fortes, je les trouve moins frappantes que celles de la mort de la nature. Le désespoir qu'amène l'automne et l'hiver me semble plus fort que l'espoir amené par le printemps. Mais c'est une simple perception personnelle, je suppose.

Mais bien sûr le titre lui-même annonce une célébration. Un hymne est un chant, un poème lyrique souvent chanté et que l'on dédie à la gloire de quelqu'un, d'une idée ou même d'un sentiment. C'est un hommage grandiose. Et le poète ici veut rendre un hommage au printemps. Au printemps, oui, mais à la nature et aux saisons en général, je crois. Car la nature doit mourir pour renaître. La neige doit tout recouvrir pour permettre aux bourgeons de sortir de la mort. L'hiver est promesse du printemps. L'hiver est nécessaire au printemps. Et le poème a besoin des vers sombres pour annoncer les vers lumineux. On le sent dans les mots, mais aussi dans la mélodie.

Bien sûr, le texte parle aussi d'amour et de liberté. Ces thèmes me semblent secondaires. Pour moi, les saisons sont au centre du poème. Probablement parce que je les aime toutes. J'aime autant l'hiver que le printemps, l'automne que l'été... et pour moi, les vers de Félix Leclerc bercent toutes les saisons. Autant, je sens la fin de l'été au début avec ses blés murs, puis l'automne qui fane le jardin et qui chasse l'oiseau. Je vois ensuite la neige tout recouvrir et je sens le froid et le vent s'infiltrer en moi. Puis, les bourgeons, les fleurs, la vie, la chaleur, la lumière qui reviennent petit à petit.

Alors oui, c'est un texte associé au printemps, mais c'est surtout, pour moi, un hymne aux saisons.

Félix Leclerc a écrit ce texte en 1949.

Pour poursuivre un peu...

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18 mars 2015

Crime littéraire : amalgame

PluieArbres

Je reviendrai avec la vie privée des arbres sous la pluie...

Ça fait du sens ? Pas vraiment. Mais c'est ainsi que j'ai rêvé pendant des jours aux deux livres que je lisais en même temps. Car il m'arrive de lire plusieurs livres à la fois. Habituellement deux, mais parfois trois ou quatre.

Généralement, j'ai un livre au salon et un dans ma chambre. Parfois c'est un livre dans ma sacoche et un dans le salon. Souvent c'est un roman et un documentaire. Mais il arrive que ce sont tous des romans.

Et j'arrive à suivre, vous demandez ? Oui, ordinairement je fais nettement la distinction entre tous ces livres, même si ce sont plusieurs romans. Les seules fois où il m'arrive de m'embrouiller c'est lorsque le texte ne m'accroche pas. Vous savez quand on lit une dizaine de pages le soir et que le lendemain, on ne se souvient de rien. Mais en général,  je peux très bien passer d'un livre à l'autre sans me perdre ou me tromper d'histoire.

Je me sens cependant parfois un peu coupable de ne pas consacrer toute mon attention à un seul livre. J'ai un peu l'impression d'être infidèle au livre que je dépose sur la table du salon pour aller en ouvrir un autre livre dans mon lit. Il me semble alors que si le livre pouvait parler, il me dirait de le finir au complet avant de l'abandonner et d'en lire un autre que lui. Il me demanderait de ne pas partager mon attention entre lui et un autre. Est-ce qu'il ne mérite pas qu'on lise toutes ses pages sans s'interrompre ? Je lui répond alors que je ne l'oublie pas, que je reviendrai à lui et que ce sera comme si je ne l'avais jamais déposé. Et je lui promets de n'aimer que lui quand je lirai ses lignes et de ne pas penser aux autres.

Car d'habitude je suis capable de faire la différence entre les textes que je lis simultanément. Mais étrangement, cette fois, les mots se sont embrouillés. Dans ma tête, la pluie et les arbres se sont mélangés. Tout est devenu flou dans ma mémoire. Des mères absentes, des pères qui tentent de rassurer les enfants, des histoires qu'on invente pour tromper une attente sans fin... Une mère revient, mais laquelle ? Je ne sais plus. Douceur, lenteur, poésie, les deux textes se sont emmêlés pour ne former qu'une longue histoire d'amour.

Cela aurait dû m'énerver - surtout que je n'aime pas les histoires d'amour - mais je me suis sentie complètement enveloppée par les paroles des deux auteurs. Les mots se sont entrelacés dans ma tête, mais lorsque j'ai refermé les deux livres, les deux histoires se sont enfin séparées et ont maintenant leur propre vie dans mes souvenirs.

16 mars 2015

Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa

Pluie1Je reviendrai avec la pluie / Takuji Ichikawa ; traduit du japonais par Mathilde Bouhon. – [Paris] : Flammarion, 2011. – 320 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-0812-5217-2

Quatrième de couverture

Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir, la promesse faite par Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi.

En 2003, plus de trois millions de lecteurs japonais tombent amoureux de Je reviendrai avec la pluie. Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une série télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller. Takuji Ichikawa défend une vision idéalisée de l'amour et met au service de cette histoire bouleversante une écriture d'une sensibilité rare, poétique et pleine de fantaisie.

L’auteur

Takuji Ichikawa est né à Tokyo en 1962. Il étudie en économie à l'Université de Dokkyo. Il commence à écrire après la naissance de son fils et publie d'abord ses histoires sur Internet à la fin des années 90. Il publie son première recueil d'histoires pluie2en 2002.

En 2003 parait son premier roman, Ima, ai ni yukimasu (Je reviendrai avec la pluie) qui connaît un immense succès. Le roman sera adapté au cinéma ainsi qu'en manga. Il poursuit aujourd'hui une carrière d'écrivain.

Bibliographie partielle - en français

  • Ima, ai ni yukimasu (Je reviendrai avec la pluie) (2003)
  • Dis-lui que je l'attends (2014)

Voir une bibliographie plus complète en japonais sur le site Nautiljon.

Mes commentaires

Commençons par dire qu'encore une fois, je n'ai pris ce roman qu'en raison de son titre. Certains titres me semblent exceptionnels... On ne peut que vouloir lire le roman qu'ils représentent.

Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne lire que des contes, des fables. Et le roman de Ichikawa ne fait pas exception et me rappelle un peu La fille de l'hiver de Eowyn Ivey. On retrouve beaucoup de poésie et de lyrisme dans l'histoire de Takumi, Mio et Yûji.

Lorsque Mio, sa femme, meurt, Takumi doit élever seul son fils de 6 ans. Ce n'est pas facile pour lui, il est un peu maladroit, névrosé, étourdi. Il a aimé sa femme follement. Elle lui manque. Mais il doit s'occuper de son fils qui lui aussi a besoin de sa mère. Leur quotidien est routinier, lent, répétitif. Pour alléger la douleur de son fils, Takumi invente une planète où sa mère se trouve. Et pour de pas l'oublier, pour ne pas que son fils l'oublie, il veut écrire sur sa femme et sur leur relation. Le père et le fils survivent difficilement au départ de Mio et ne peuvent oublier les paroles qu'elle a dites avant de mourir : "Je reviendrai avec la pluie". Presqu'un an s'est écoulé depuis sa mort et la saison des pluies arrive. Reviendra-t-elle ?

La première partie du roman est lente, douce et complètement dans l'attente de ce retour impossible. Et pourtant comme elle l'avait promis, Mio est là. Elle apparaît soudainement dans la forêt. Mais sans souvenirs. Il faudra donc que Takumi lui raconte leur histoire d'amour et leur vie ensemble. Petit à petit, elle se souvient. La vie semble reprendre normalement pour Takumi, Mio et Yûji. Mais ils savent que ce n'est que temporaire. Avec la fin de la pluie, Mio devra repartir.

Roman d'amour ? Conte fantastique ? Les deux ? Rien de tout cela ? Difficile à dire. Pour moi, c'est avant tout l'histoire d'un père et de son fils. Puis, c'est aussi bien sûr l'histoire de Takumi et Mio. Leur histoire avant et leur histoire maintenant. C'est l'histoire improbable de deux personnes très différentes qui se sont rencontrées deux fois. Et puis, c'est une histoire de deuil, de souvenirs, de mort, de vie. Et finalement, c'est également une histoire japonaise. Et on s'immerge dans la culture d'un pays qu'on croit connaître mais qui recèle bien des mystères.

Certains ont trouvé de la mièvrerie dans les mots d'Ichikawa. Peut-être. Bizarrement, je n'ai vu que de la tendresse, de la douceur, du rêve et de l'espoir. Je ne suis pas amatrice des romans d'amour, mais je n'ai pas considéré que le roman d'Ichikawa était un "roman d'amour". Une histoire d'amour peut-être, mais ce n'est pas pareil... si cela fait du sens ! Probablement pas !

Certains se sont ennuyés. Il est vrai que le roman est très lent. Même les dialogues sont brefs, banals. Mais c'est cette lenteur qui m'a charmée. Tout va toujours si vite, un peu de lenteur fait parfois du bien. Même le retour de Mio n'est pas fracassant. Il est normal, à peine surprenant.

Un texte parfois poétique, parfois un brin naïf. C'est ce qui fait le charme du roman. Et bien sûr, l'aspect fantastique de l'histoire. Car oui, Mio est revenue avec la pluie. Comment et pourquoi ? Je vous laisse le découvrir. Je dirai simplement que la touche improbable et fantastique de l'histoire est simple, légère, inattendue et presque possible ! Le fantastique devient normalité.

Le texte est simple, bref, poétique et émotif. J'aurais aimé pouvoir le lire en japonais. Lire les "Vraiment" et les "Hmmmm" dans la langue d'origine... J'ai la vague impression que la poésie doit être encore plus présente.

En résumé, j'ai beaucoup aimé la tendresse de ce roman. J'ai aimé la banalité, la normalité du quotidien des personnages. J'ai adoré le retour improbable d'une mère morte trop vite. J'ai aimé cette histoire d'amour... un amour doux entre un homme et une femme... un amour éternel de parents pour leur fils... un amour impérissable d'un garçon pour sa mère et son père.

(L'auteur nous dit que son roman est autobiographique. C'est son histoire d'amour avec sa femme - qui elle, est toujours vivante. Et ça, je trouve que c'est un vrai roman d'amour.)

L'avis de Mind The Gap, Lutinielle, Vance, Miss G, Sayyadina, Brouillard, Xavier Plathey.

Les mots de l’auteur (Extraits)

« Voici ce que je me suis dit quand Moi est morte. Celui qui a créé notre planète n’en a-t-il pas conçu une autre en même temps, quelque part dans l’univers ? La planète où vont les défunts. La planète Archive. » p.7

« Car, comme elle me l’avait dit elle-même : Lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous vous débrouillez, tous les deux. » p.62

« Mais ça ne fait rien : ça ne s’arrêtera pas là. Les fins et les commencements sont aussi différent que les sorties et les entrées. Lorsqu’on est à l’entrée, on est sûr qu’il y a quelque chose de l’autre côté. Quelque chose de merveilleux, à n’en pas douter. » p. 136

Pour en savoir un peu plus …

6 mars 2015

La vie privée des arbres d'Alejandro Zambra

VP1La vie privée des arbres / Alejandro Zambra ; traduit de l’espagnol (Chili) par Denise Laroutis. – [Paris] : Rivages, 2009. – 116 p. ; 20 cm. – ISBN 978-2-7436-1951-0

Quatrième de couverture

Julian a épousé Verónika ; Daniela, la petite était déjà là. Ce soir, dans l'appartement aux trois pièces bleue, verte et blanche, Julian guette Verónika qui n'est toujours pas rentrée de son cours de dessin. Pour tromper l'attente, il nous raconte l'histoire. La leur, la sienne.

Tout a commencé avec un gâteau aux trois crèmes. Julian le commande à une pâtissière qui travaille chez elle. La pâtissière, évidemment, c'est Verónika. Il s'éprend d'elle sur le champ mais se passe d'elle un certain temps. Puis commence à en rêver, l'appelle et finalement, à force de commander des gâteaux, attire son attention.

Souvent comparé à Jean Echenoz, Alejandro Zambra aime les personnages un peu perdus, le temps qui s'émiette, l'espace en volute. Et aussi les désirs et les rêves qui s'évaporent sans que l'on sache trop pourquoi. Ni pourquoi d'ailleurs il faudrait le savoir.

L’auteur

Alejandro Andrés  Zambra Infantas est né à Santiago au Chili en 1975. Il étudie la littérature hispanique à l’Instituto Nacional General José Miguel Carrera VP2et à l’Universidad de Chile. Grâce à une bourse universitaire, il poursuit ses études à Madrid où il obtient une maîtrise en philologie hispanique. De retour au Chili, il obtient un doctorat en littérature à l’Universidad Católica et enseigne la littérature à l’Universidad Diego Portales.

Il commence par écrire principalement de la poésie. Son premier roman publié en 2006 connaîtra un grand succès, sera traduit en plusieurs langues et sera adapté pour le cinéma et présenté à Cannes en 2011. Il reçut également plusieurs prix pour son roman.

Bibliographie sommaire

  • Bahía Inútil (poésie) (1998)
  • Roberto Bolaño : la escritura como tauromaquia (essai) (2002)
  • Mudanza (poésie) (2003)
  • Bonsái (2006)
  • La vida privada de los árboles (2007)
  • No leer (essai) (2010)
  • Formas de volver a casa (2011)
  • Mis documentos (nouvelles) (2013)

Mes commentaires

Difficile de parler de ce livre. Je dois commencer par dire que je n'ai voulu lire ce roman qu'à cause de son titre. J'avais lu le quatrième de couverture parce que je l'ai acquis pour la bibliothèque. Mais le quatrième m'a semblé ordinaire. Le livre avait de très bonnes critiques alors je l'ai acheté pour les rayons de ma bibliothèque. Puis, une fois sur les rayons, il ne m'a pas particulièrement attiré... vraiment le quatrième ne me disait rien. Je ne suis pas très "histoire d'amour", les histoires de couples, de relations, etc. ne m'attirent vraiment pas.

Mais le titre... Je ne sais pas pourquoi, mais le titre, lui, m'interpelait.. m'appelait.

Un roman très, très bref. Un peu difficile à saisir, selon moi. C'est rapide, mais l'histoire est très lente. Le roman est l'histoire d'une relation. Et elle est racontée à cause d'une absence. L'absence de Verónica qui tarde à rentrer un soir. Alors Julián essaie de rassurer Daniela, la fille de sa femme. Il lui raconte des histoires pour l'endormir. Il lui raconte la vie privée des arbres. C'est l'histoire habituelle. Mais l'absence s'allonge, s'éternise. Alors Julián se perd dans ses rêves et ses souvenirs. Et il raconte sa vie. Sa vie avant Verónica. Sa rencontre avec celle-ci. Et sa vie après.

Il m'a semblé difficile de cerner si les souvenirs étaient réels ou inventés. Mais c'est ce qui fait le charme du texte. J'avais parfois l'impression que Julián nous cachait quelque chose. Mais ce n'est qu'une impression.

Les souvenirs semblent banals et leur histoire aussi. C'est ce qui fait que l'attente du retour de Verónica est difficile et tragique en quelque sorte. Car on se doute bien qu'elle ne reviendra pas. Et malgré la lenteur du roman, j'ai senti une tension, une densité dans le texte.

Mon seul regret est la fin. Car l'histoire saute dans le temps. Et j'aurais préféré qu'il se termine dans cette attente. Cette dernière est toute la poésie du roman selon moi. Cette attente, cette absence et ces histoires d'arbres que Julián inventent pour les combler.

Pour terminer, je dirais que l'auteur aurait pu écrire un long roman en transformant cette absence en roman policier. Il aurait aussi pu, en faire un long roman d'amour. Il a choisi un texte poétique, métaphorique, lent et bref... Et un brin insaisissable. J'ai beaucoup aimé.

Les mots de l'auteurs (Extraits)

« Pour l’heure, la vie est un casse-tête qui lui semble résolu : il a été invité dans une nouvelle intimité, dans un monde où il lui revient d’être à peu de chose près le père de Daniela, la petite fille qui dort, et le mari de Verónika, la femme qui ne rentre pas encore, de son cours de dessin. Par la suite l’histoire part dans tous les sens et il n’y a presque plus moyen de poursuivre, mais maintenant, Julián parvient à prendre un certain recul qui lui permet de regarder, attentivement, avec un véritable intérêt, la retransmission d’un vieux match entre l’Inter et la Reggina. » p. 21

« Le roman continue, ne serait-ce que pour se conformer au caprice d’une règle injuste : Vérónika ne rentre pas. » p. 66

Pour en savoir un peu plus …

3 mars 2015

La réparation de Katia Gagnon

KG1La réparation : roman / Katia Gagnon. -- [Montréal] : Boréal, 2011. -- 216 p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-7646-2089-2

Quatrième de couverture

La journaliste Marie Dumais apprend dans les actualités le suicide d’une élève du secondaire, Sarah Michaud. Il semble que l’enfant était victime d’intimidation. On lui confie une série de papiers sur l’affaire.

Elle interroge les professeurs et les autres élèves. Elle rend visite aux parents. Ce sont de pauvres gens qui n’ont pas su défendre leur fille perdue parmi les petits bourgeois fréquentant le collège privé où Sarah n’a été acceptée que grâce à ses dons exceptionnels pour les mathématiques. Tout le monde voudrait tant qu’on cesse de parler de cette affaire, mais Marie veut savoir la vérité. Pourquoi Sarah Michaud est-elle morte ?

Dans ce premier roman mené comme un suspense, Katia Gagnon nous tient en haleine jusqu’au bout. Elle nous fait partager le destin d’êtres marqués, mais elle célèbre aussi tout le bien que peut apporter un regard qui réchauffe, une main tendue, l’amour et la compassion d’inconnus que la vie place sur notre chemin.

La Réparation est un hommage à ceux qui survivent et à ceux qui leur permettent de le faire.

L'auteur

Katia Gagnon est née en 1970. Elle a étudié à l'UQAM où elle a obtenu un baccalauréat en communications. Depuis 1996, KG2elle est journaliste dans le quotidien La Presse. Elle y occupera diverses fonctions dont éditorialiste et directrice des informations générales.

Elle publie son premier roman en 2011, La réparation. Elle continue d'écrire et de travailler comme journaliste.

Bibliographie

  • Au pays des rêves brisés (avec Hugo Meunier - Témoignages)  (2008)
  • La réparation (2011)
  • Histoires d'ogres (2014)

Pour lire certains de ces articles dans La Presse. Son compte Twitter. Une entrevue avec l'auteur dans la revue Les libraires.

Mes commentaires

Nous avons deux histoires dans le roman. Ce que le quatrième de couverture ne dévoile pas. Nous avons bien sûr, l'enquête de la journaliste Marie Dumais sur le suicide d'une adolescente, victime d'intimidation. Et nous avons aussi l'histoire de Marie-Lune Provencher, sauvée par la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse), d'une mère abusive. On devine assez rapidement le lien entre les deux histoires. Ce qui n'enlève rien à l'intensité de ces deux mêmes histoires.

Je ne peux parler de ce roman, sans devenir un peu émotionnelle. Ce sujet me touche. Et Katia Gagnon l'a très bien abordé. Ce qui est rare. Elle n'est pas tombé dans l'exagération. L'intimidation n'a pas besoin d'être frappante, parfois elle est insidieuse. Mais elle est là.

J'ai appris aussi que l'auteur s'est inspirée d'un fait divers qu'elle a voulu à l'époque couvrir. Un jeune garçon, victime d'intimidation, disparaît. L'auteure, qui couvre les affaires sociales, essaie de contacter l'école du jeune garçon pour essayer de comprendre les raisons de cette disparition. On lui refuse l'accès à l'école. Elle en fera un reportage fictif. Ce qui en fait un texte intimement réaliste.

Maintenant, revenons au texte. Gagnon écrit très bien. Et elle sait doser son intrigue. Son écriture est simple et nous rejoint facilement. Parfois, un peu simple... à la limite de l'analyse... C'est même ce qu'on lui reproche parfois. Mais, selon moi, l'auteure arrive à ne pas basculer complètement dans le journalisme pur et simple. Le texte demeure fluide, doux et prenant.

On reproche aussi à l'auteur de ne pas assez condamner les intimidateurs et leurs "complices" (écoles, parents, etc.). Je dirais que oui, j'aurais voulu, moi aussi, plus de conséquences. Mais je comprends. D'un côté, il n'y a souvent aucune conséquence. Trop souvent. Et aussi... rien n'est aussi simple que ça. Coupables, non coupables... Il y a des vies. Pas des excuses mais des circonstances... Rien n'est simple.

Mais ici, j'ai de la difficulté à poursuivre mon avis car j'ai peur de trop en dire... Disons, que malgré le fait que j'ai adoré le roman de Gagnon, j'ai eu beaucoup de difficulté avec la "2e histoire". J'ai trouvé que cette histoire n'était pas nécessaire au roman et que surtout elle aurait plutôt eu sa place dans un autre roman. Elle aurait mérité un autre roman. Dans La Réparation elle était de trop. Et surtout c'était trop prévisible. Cette 2e histoire est forte, mais n'est pas nécessaire ici.

Mais l'essentiel du roman est l'intimidation. Et Katia Gagnon nous fait parfaitement comprendre et fait vivre les ravages de l'intimidation. Peu importe sa forme ; sa violence ou sa subtilité.

L'avis de Karine:), Suzanne, Prospéryne, Stellabloggeuse, Bouquineuse boulimique, Kay.

Les mots de l'auteur (Extraits)

"Persuader l'école de la laisser fouiner dans les couloirs n'allait pas être facile. Tout le monde était encore traumatisé par le décès de la jeune fille. Déjà, les parents accusaient l'école secondaire de leur fille, un collège privé, d'avoir fermé les yeux sur l'intimidation dont elle était victime. Aucune personne sensée ne voudrait d'une journaliste dans ce portrait." p. 16

"Leurs actes d'intimidation n'étaient jamais directs. Elle n'a jamais été frappée ou quelque chose du genre. Non, c'était plutôt de l'exclusion, des mauvaises blagues... -- Oui, répondit la directrice. Ils ont minimisé les actes. Ils ont prétendu que c'était fait simplement pour rire, qu'ils n'avaient rien contre la petite Michaud." p. 86

"-- Harceleurs, vous y allez un peu fort. Il ne s'agissait que de blagues, d'un goût douteux, je le reconnais, mais rien de violent. Cette histoire a été largement exagérée. En partie par votre faute, les journalistes.

Rien de violent. Marie, incrédule, souligna deux fois l'expression. Elle sortie de la classe, soufflée." p.97

Pour en savoir un peu plus

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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