Je reviendrai avec la pluie / Takuji Ichikawa ; traduit du japonais par Mathilde Bouhon. – [Paris] : Flammarion, 2011. – 320 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-0812-5217-2
Quatrième de couverture
Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir, la promesse faite par Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi.
En 2003, plus de trois millions de lecteurs japonais tombent amoureux de Je reviendrai avec la pluie. Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une série télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller. Takuji Ichikawa défend une vision idéalisée de l'amour et met au service de cette histoire bouleversante une écriture d'une sensibilité rare, poétique et pleine de fantaisie.
L’auteur
Takuji Ichikawa est né à Tokyo en 1962. Il étudie en économie à l'Université de Dokkyo. Il commence à écrire après la naissance de son fils et publie d'abord ses histoires sur Internet à la fin des années 90. Il publie son première recueil d'histoires
en 2002.
En 2003 parait son premier roman, Ima, ai ni yukimasu (Je reviendrai avec la pluie) qui connaît un immense succès. Le roman sera adapté au cinéma ainsi qu'en manga. Il poursuit aujourd'hui une carrière d'écrivain.
Bibliographie partielle - en français
- Ima, ai ni yukimasu (Je reviendrai avec la pluie) (2003)
- Dis-lui que je l'attends (2014)
Voir une bibliographie plus complète en japonais sur le site Nautiljon.
Mes commentaires
Commençons par dire qu'encore une fois, je n'ai pris ce roman qu'en raison de son titre. Certains titres me semblent exceptionnels... On ne peut que vouloir lire le roman qu'ils représentent.
Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne lire que des contes, des fables. Et le roman de Ichikawa ne fait pas exception et me rappelle un peu La fille de l'hiver de Eowyn Ivey. On retrouve beaucoup de poésie et de lyrisme dans l'histoire de Takumi, Mio et Yûji.
Lorsque Mio, sa femme, meurt, Takumi doit élever seul son fils de 6 ans. Ce n'est pas facile pour lui, il est un peu maladroit, névrosé, étourdi. Il a aimé sa femme follement. Elle lui manque. Mais il doit s'occuper de son fils qui lui aussi a besoin de sa mère. Leur quotidien est routinier, lent, répétitif. Pour alléger la douleur de son fils, Takumi invente une planète où sa mère se trouve. Et pour de pas l'oublier, pour ne pas que son fils l'oublie, il veut écrire sur sa femme et sur leur relation. Le père et le fils survivent difficilement au départ de Mio et ne peuvent oublier les paroles qu'elle a dites avant de mourir : "Je reviendrai avec la pluie". Presqu'un an s'est écoulé depuis sa mort et la saison des pluies arrive. Reviendra-t-elle ?
La première partie du roman est lente, douce et complètement dans l'attente de ce retour impossible. Et pourtant comme elle l'avait promis, Mio est là. Elle apparaît soudainement dans la forêt. Mais sans souvenirs. Il faudra donc que Takumi lui raconte leur histoire d'amour et leur vie ensemble. Petit à petit, elle se souvient. La vie semble reprendre normalement pour Takumi, Mio et Yûji. Mais ils savent que ce n'est que temporaire. Avec la fin de la pluie, Mio devra repartir.
Roman d'amour ? Conte fantastique ? Les deux ? Rien de tout cela ? Difficile à dire. Pour moi, c'est avant tout l'histoire d'un père et de son fils. Puis, c'est aussi bien sûr l'histoire de Takumi et Mio. Leur histoire avant et leur histoire maintenant. C'est l'histoire improbable de deux personnes très différentes qui se sont rencontrées deux fois. Et puis, c'est une histoire de deuil, de souvenirs, de mort, de vie. Et finalement, c'est également une histoire japonaise. Et on s'immerge dans la culture d'un pays qu'on croit connaître mais qui recèle bien des mystères.
Certains ont trouvé de la mièvrerie dans les mots d'Ichikawa. Peut-être. Bizarrement, je n'ai vu que de la tendresse, de la douceur, du rêve et de l'espoir. Je ne suis pas amatrice des romans d'amour, mais je n'ai pas considéré que le roman d'Ichikawa était un "roman d'amour". Une histoire d'amour peut-être, mais ce n'est pas pareil... si cela fait du sens ! Probablement pas !
Certains se sont ennuyés. Il est vrai que le roman est très lent. Même les dialogues sont brefs, banals. Mais c'est cette lenteur qui m'a charmée. Tout va toujours si vite, un peu de lenteur fait parfois du bien. Même le retour de Mio n'est pas fracassant. Il est normal, à peine surprenant.
Un texte parfois poétique, parfois un brin naïf. C'est ce qui fait le charme du roman. Et bien sûr, l'aspect fantastique de l'histoire. Car oui, Mio est revenue avec la pluie. Comment et pourquoi ? Je vous laisse le découvrir. Je dirai simplement que la touche improbable et fantastique de l'histoire est simple, légère, inattendue et presque possible ! Le fantastique devient normalité.
Le texte est simple, bref, poétique et émotif. J'aurais aimé pouvoir le lire en japonais. Lire les "Vraiment" et les "Hmmmm" dans la langue d'origine... J'ai la vague impression que la poésie doit être encore plus présente.
En résumé, j'ai beaucoup aimé la tendresse de ce roman. J'ai aimé la banalité, la normalité du quotidien des personnages. J'ai adoré le retour improbable d'une mère morte trop vite. J'ai aimé cette histoire d'amour... un amour doux entre un homme et une femme... un amour éternel de parents pour leur fils... un amour impérissable d'un garçon pour sa mère et son père.
(L'auteur nous dit que son roman est autobiographique. C'est son histoire d'amour avec sa femme - qui elle, est toujours vivante. Et ça, je trouve que c'est un vrai roman d'amour.)
L'avis de Mind The Gap, Lutinielle, Vance, Miss G, Sayyadina, Brouillard, Xavier Plathey.
Les mots de l’auteur (Extraits)
« Voici ce que je me suis dit quand Moi est morte. Celui qui a créé notre planète n’en a-t-il pas conçu une autre en même temps, quelque part dans l’univers ? La planète où vont les défunts. La planète Archive. » p.7
« Car, comme elle me l’avait dit elle-même : Lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous vous débrouillez, tous les deux. » p.62
« Mais ça ne fait rien : ça ne s’arrêtera pas là. Les fins et les commencements sont aussi différent que les sorties et les entrées. Lorsqu’on est à l’entrée, on est sûr qu’il y a quelque chose de l’autre côté. Quelque chose de merveilleux, à n’en pas douter. » p. 136
Pour en savoir un peu plus …