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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
25 mai 2014

Le moment captif d'un dimanche : tiens la porte

DSC_3946"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée." [Proverbe français]

Tiens la porte, je dois passer. Ferme la porte, il y a un courant d'air. Ouvre la porte, il y a des secrets à découvrir. Tu as la clef ? Moi non plus. Il faut la trouver. Et quand la porte n'est ni ouverte ni fermée que doit-on faire ?

Ces portes sont vieilles. Elles gardent des souvenirs ancestraux. Ce sont de fausses vieilles portes peut-être. Car les souvenirs sont immortels, intemporels, accidentels. Les vrais souvenirs sont invisibles. Et parfois si volatiles qu'ils résistent aux rêves.

Une porte, mille portes. Je ne vois pas ce que vous voyez. Je me trouve dans un enclos fait de portes immuables, implacables, intangibles. Comment ouvrir une porte faisant partie d'une muraille de portes ? Ce mur de portes, ce portail emmuré, énumère mes fantasmes encerclés ; ordures de mes cauchemars mais aussi jardins de mes espoirs insaisissables.

"La porte de l'invisible doit être visible." [René Daumal]

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16 mai 2014

Choisir sa date

DSC_3142"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre." [Jacques Salomé]

PisTout et moi, on sait parfaitement que la date, c'est le 15 mai. Nous en sommes certains. En fait, j'en suis certaine. Car c'est la date du deuxième début de notre relation. Et je me souviens parfaitement de cette soirée.

Mais, 11 ans après le début de notre relation. 11 ans après une reconnaissance annuelle de ce 15 mai, nous nous sommes mariés. Étrange, après 11 ans, vous vous dites peut-être. Bon, peut-être pas, car ma vie ne vous intéresse pas tant que cela, je comprends parfaitement, mais j'ai envie de blablater alors tant pis, je vous dirai tout !

Après 11 ans de relation de "couple"... nous avons décidé de nous marier. Parce que en fait, nous partions pour l'Espagne et que pour les papiers c'était évidemment plus facile pour PisTout. Comme je suis citoyenne espagnole, et bien... faites le calcul. Au lieu des démarches pénibles pour visa et tout, ce fut papier rapide pour résidence. Donc, je suis capable de me sacrifier pour mon PisTout et j'ai dit ok au mariage. Ça vous surprend ? Et oui, c'est moi qui avait le plus de réticence au mariage. Pour moi, cela ne veut absolument rien dire de plus. Pas besoin de papier ou de cérémonie pour dire que j'aime. Et on s'entend qu'après 11 ans, cela ne changeait rien dans notre relation. Mais légalement cela nous donnait un sacré coup de main. Alors la décision fut évidente.

On a travaillé fort pour que cela se fasse près du 15 mai. Car oui, ça j'y tenais. Non, je ne suis pas romantique, je l'ai déjà dit. Mais cela ne veut pas dire que je ne peux pas être sentimentale parfois. Parfois. Je le souligne. Mais le 15 mai, c'était important pour moi. Et on a réussi à faire ce mariage un certain 17 mai 2003. Je vous épargne les détails. Je me laisserai sûrement aller à les raconter un autre mois de mai de toute façon.

Sauf que maintenant, on hésite toujours. Moi, je dis qu'il faut souligner le 15 mai. Mais la famille parle du 17 mai. Et bien que PisTout et moi ne sommes pas particulièrement attachés au 17 mai, ben, on a toujours une petite hésitation. Et donc, en général, on fait un compromis et on choisit le 16 mai.

Mais en fait, je blague... l'important pour nous c'est de le souligner tout simplement. Alors autant le 15 mai que le 17 mai, on se fait un clin d'oeil le matin. Et on se fait une petite soirée spéciale la fin de semaine avant ou après, c'est selon ce qui nous adonne le mieux. On n'est pas regardant sur la date ! Mais est-ce que la date exacte est si importante après tout ?

11 mai 2014

Le moment captif d'un dimanche : transmission

2014-01d

"On a du mal à croire qu'il fut une époque où l'on transmettait vêtements et musique à nous enfants." [Doug Larson]

Il y a quelques jours, une collègue est venue à la bibliothèque, nous présenter son petit bébé qui a à peine 1 mois. Le bébé était magnifique. Tout minuscule et si doux. Ses petits yeux fermés. Tout mignon quoi.

Quand elle fut partie, une autre collègue me regarde et me demande avec un sourire : "tu as combien d'enfants ?" L'éternelle question et l'éternel questionnement sur le visage lorsque je dis que je n'ai pas d'enfant. J'ai 42 ans. Alors, on me regarde un peu comme si je venais d'une autre planète. Certaines personnes prennent alors un air oscillant entre la stupéfaction, la pitié, l'incompréhension et l'encouragement et demandent : "est-ce que tu en veux ?"

Que répondre ? Dire tout simplement la vérité les bouleverse encore plus. Non, je ne veux pas d'enfants. Je ne suis pas une mère dans l'âme. J'aime beaucoup les enfants, mais je n'en veux pas.

Je n'aurai donc pas d'éternité, je ne transmettrai rien à mes enfants. Il n'y aura personne pour dire, "ma mère a vécu ceci et ma grand-mère a fait cela." À ma mort, le souvenir de mon existence disparaîtra avec moi. Il vivra un peu avec PisTout, soeurette, quelques cousins et amis. Peut-être mon filleul se rappelera quelques moments pendant un certain temps, puis je disparaîtrai complètement.

J'ai déjà dit ici et ici que ma mère n'aurait pas dû être mère. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne fut pas une bonne mère. Elle fut merveilleuse. Et je ne suis pas mère. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas maternelle à mes heures. Je ne suis simplement pas une mère. Et je ne veux pas être une mère. Mais ça, c'est trop difficile à expliquer quand on me demande pourquoi je n'ai pas d'enfants ou si je veux des enfants. Et beaucoup trop difficile à comprendre. On préfèrerait encore que je dise que je ne peux pas en avoir, au moins on pourrait compatir et afficher un air triste.

"Mais que vas-tu faire quand tu seras vieille", me demande-t-on souvent. M'arranger toute seule, je suppose. Je n'aurai pas d'enfants dans l'unique but qu'ils s'occupent de moi plus tard. Je vois parfois la déception dans les yeux de mon père, de mes beaux-parents ou de quelques oncles et tantes. Pas de petits-enfants ou de neveux pour s'amuser. J'ai parfois l'impression que je dois me justifier ou me sentir coupable. Bien que je suis pas trop certaine de savoir pourquoi... Est-on vraiment obligé d'avoir des enfants ? Doit-on obligatoirement transmettre ses gènes ?

"Nos enfants, c'est notre éternité." [Robert Debré]

1 mai 2014

Les archives de Pauline : les pouces verts ?

SAM_0188Après mes déboires avec ma terrasse barcelonaise (ici, ici, ici et ici), j'avais bien hâte de revivre dans les fleurs et les plantes. Au Québec, j'ai une grande cour remplie d'arbustes, d'arbres et de vivaces. Chaque année, je joue à jardiner et potager. Je parsème des fleurs annuelles un peu partout. Je plante des légumes. Je fais des essais et quelques erreurs. Mais je réussis à fleurir, verdurer et légumer tout autour de ma maison.

Mais pas dans ma maison. J'ai bien quelques plantes chez moi. Pas beaucoup. Et pourtant il y a plusieurs années, dans mes appartements montréalais, j'avais de nombreuses plantes vertes. À Barcelone, comme sur mon balcon, les plantes intérieures avaient une vie difficile. Je m'étais donc résignée à vivre dans un appartement sans verdure.

Mais quand nous sommes revenus au Québec, comme pour l'extérieur, j'ai cru pouvoir reverdir mon intérieur. Les plantes vertes se sont multipliées dans les premiers mois: achats, cadeaux... j'ai même retrouvé mon laurier que j'avais laissé à mes beaux-parents à notre départ pour l'Espagne. De toutes les plantes qui ont trouvé le chemin de mon domicile, il m'en ait resté deux. Un palmier reçu en cadeaux et mon vieux laurier. Le palmier commence après 3 ans à faire de nouvelles feuilles mais ne grossit pas vraiment. Le laurier a finalement fait quelques fleurs l'été dernier et en décembre mais refuse toujours de grandir.

DSC_4873Et pourtant, j'en prend soin. Je suis toutes les consignes. Je bouquine dans mes dizaines de livres sur le sujet, j'internet sur des centaines de sites différents. Rien à faire. Et toutes mes autres plantes ont succombé. Je les ai changées de places... sait-on jamais, j'ai lu sur un site que les énergies sont importantes. J'ai nettoyé une à une chaque feuille pour me débarrasser de certains insectes. J'ai fait des calendriers pour suivre les arrosages... Je rêvais la nuit que je perdais mes pouces devenus bruns. Enfin, je suis devenue presque folle.

Comme ma mère avec ses violettes africaines. Ma mère n'avait pas un pouce très vert. Mais il était verdâtre. Elle arrivait à avoir de belles plantes. Quoique avec le recul, j'ai tendance à croire que les pouces verts appartenaient à mon père. Mais comme c'est tout de même elle qui s'occupait au quotidien des plantes d'intérieur, on peut dire qu'elle avait un peu de vert sur ses pouces. Sauf pour les violettes africaines. Elle voulait tellement avoir des violettes africaines. Ses soeurs en avaient. Ma grand-mère en avait. Et en fleurs. Et donc, elle en achetait. Elle en recevait en cadeau. Toujours de belles petites plantes bien vertes et bien en fleurs. Et puis, les fleurs tombaient et ne revenaient jamais. Jamais. À son grand désespoir. Elle demandait conseil à tous et chacun. Elle allait à la bibliothèque pour emprunter des livres. Elle allait dans les pépinières demander aux jardiniers. Elle suivait à la lettre tous les conseils. Et pourtant les fleurs tombaient de ses violettes africaines qui ne refleurissaient ensuite plus jamais. Et elle en devenait folle !

J'ai essayé aussi d'en avoir. Sans succès. Ma soeurette aussi. Sans succès. Jusqu'à son dernier appartement. Aujourd'hui, soeurette a une dizaine de violettes africaines toutes en fleurs toute l'année. Elle dit que c'est à cause de son appartement. L'ensoleillement et la centrale électrique à côté ! Peut-être qu'après tout les énergies environnantes influencent nos plantes... Peut-être un jour j'essaierai d'avoir des violettes africaines. Je l'avoue c'est un rêve. Mais je n'ose pas... pour l'instant, je ne rêve que d'un peu de vert et peut-être que mon laurier soit un peu plus fleuri.

Le mois dernier, soeurette m'a donné quatre autres plantes. Des faciles... des plantes araignées et des lierres... hum arums, je crois... enfin, j'ai toujours eu ces plantes quand j'étais jeune et elles ont toujours été belles. Sauf à Barcelone... sauf depuis mon retour ici. Mais là j'ai bon espoir. Elles viennent de son appartement et elles sont magnifiques. Et donc, je croise mes doigts verdâtres venant de ma mère et je croise mes pouces verts venant de mon père. Et je rêve d'un intérieur vert...

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