VP1La vie privée des arbres / Alejandro Zambra ; traduit de l’espagnol (Chili) par Denise Laroutis. – [Paris] : Rivages, 2009. – 116 p. ; 20 cm. – ISBN 978-2-7436-1951-0

Quatrième de couverture

Julian a épousé Verónika ; Daniela, la petite était déjà là. Ce soir, dans l'appartement aux trois pièces bleue, verte et blanche, Julian guette Verónika qui n'est toujours pas rentrée de son cours de dessin. Pour tromper l'attente, il nous raconte l'histoire. La leur, la sienne.

Tout a commencé avec un gâteau aux trois crèmes. Julian le commande à une pâtissière qui travaille chez elle. La pâtissière, évidemment, c'est Verónika. Il s'éprend d'elle sur le champ mais se passe d'elle un certain temps. Puis commence à en rêver, l'appelle et finalement, à force de commander des gâteaux, attire son attention.

Souvent comparé à Jean Echenoz, Alejandro Zambra aime les personnages un peu perdus, le temps qui s'émiette, l'espace en volute. Et aussi les désirs et les rêves qui s'évaporent sans que l'on sache trop pourquoi. Ni pourquoi d'ailleurs il faudrait le savoir.

L’auteur

Alejandro Andrés  Zambra Infantas est né à Santiago au Chili en 1975. Il étudie la littérature hispanique à l’Instituto Nacional General José Miguel Carrera VP2et à l’Universidad de Chile. Grâce à une bourse universitaire, il poursuit ses études à Madrid où il obtient une maîtrise en philologie hispanique. De retour au Chili, il obtient un doctorat en littérature à l’Universidad Católica et enseigne la littérature à l’Universidad Diego Portales.

Il commence par écrire principalement de la poésie. Son premier roman publié en 2006 connaîtra un grand succès, sera traduit en plusieurs langues et sera adapté pour le cinéma et présenté à Cannes en 2011. Il reçut également plusieurs prix pour son roman.

Bibliographie sommaire

  • Bahía Inútil (poésie) (1998)
  • Roberto Bolaño : la escritura como tauromaquia (essai) (2002)
  • Mudanza (poésie) (2003)
  • Bonsái (2006)
  • La vida privada de los árboles (2007)
  • No leer (essai) (2010)
  • Formas de volver a casa (2011)
  • Mis documentos (nouvelles) (2013)

Mes commentaires

Difficile de parler de ce livre. Je dois commencer par dire que je n'ai voulu lire ce roman qu'à cause de son titre. J'avais lu le quatrième de couverture parce que je l'ai acquis pour la bibliothèque. Mais le quatrième m'a semblé ordinaire. Le livre avait de très bonnes critiques alors je l'ai acheté pour les rayons de ma bibliothèque. Puis, une fois sur les rayons, il ne m'a pas particulièrement attiré... vraiment le quatrième ne me disait rien. Je ne suis pas très "histoire d'amour", les histoires de couples, de relations, etc. ne m'attirent vraiment pas.

Mais le titre... Je ne sais pas pourquoi, mais le titre, lui, m'interpelait.. m'appelait.

Un roman très, très bref. Un peu difficile à saisir, selon moi. C'est rapide, mais l'histoire est très lente. Le roman est l'histoire d'une relation. Et elle est racontée à cause d'une absence. L'absence de Verónica qui tarde à rentrer un soir. Alors Julián essaie de rassurer Daniela, la fille de sa femme. Il lui raconte des histoires pour l'endormir. Il lui raconte la vie privée des arbres. C'est l'histoire habituelle. Mais l'absence s'allonge, s'éternise. Alors Julián se perd dans ses rêves et ses souvenirs. Et il raconte sa vie. Sa vie avant Verónica. Sa rencontre avec celle-ci. Et sa vie après.

Il m'a semblé difficile de cerner si les souvenirs étaient réels ou inventés. Mais c'est ce qui fait le charme du texte. J'avais parfois l'impression que Julián nous cachait quelque chose. Mais ce n'est qu'une impression.

Les souvenirs semblent banals et leur histoire aussi. C'est ce qui fait que l'attente du retour de Verónica est difficile et tragique en quelque sorte. Car on se doute bien qu'elle ne reviendra pas. Et malgré la lenteur du roman, j'ai senti une tension, une densité dans le texte.

Mon seul regret est la fin. Car l'histoire saute dans le temps. Et j'aurais préféré qu'il se termine dans cette attente. Cette dernière est toute la poésie du roman selon moi. Cette attente, cette absence et ces histoires d'arbres que Julián inventent pour les combler.

Pour terminer, je dirais que l'auteur aurait pu écrire un long roman en transformant cette absence en roman policier. Il aurait aussi pu, en faire un long roman d'amour. Il a choisi un texte poétique, métaphorique, lent et bref... Et un brin insaisissable. J'ai beaucoup aimé.

Les mots de l'auteurs (Extraits)

« Pour l’heure, la vie est un casse-tête qui lui semble résolu : il a été invité dans une nouvelle intimité, dans un monde où il lui revient d’être à peu de chose près le père de Daniela, la petite fille qui dort, et le mari de Verónika, la femme qui ne rentre pas encore, de son cours de dessin. Par la suite l’histoire part dans tous les sens et il n’y a presque plus moyen de poursuivre, mais maintenant, Julián parvient à prendre un certain recul qui lui permet de regarder, attentivement, avec un véritable intérêt, la retransmission d’un vieux match entre l’Inter et la Reggina. » p. 21

« Le roman continue, ne serait-ce que pour se conformer au caprice d’une règle injuste : Vérónika ne rentre pas. » p. 66

Pour en savoir un peu plus …