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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
roman
3 août 2008

Misère...

Il y a quelques temps, on m'a suggérée une lecture. Je ne connais pas cette personne personnellement, uniquement à travers nos carnets respectifs. Cependant, j'ai beaucoup de respect pour ses opinions, ses créations et ses pensées. Et donc, aussitôt que j'ai pu trouver une librairie avec des livres en français, j'ai cherché un livre de l'auteur suggéré.

Cercle1Il y en avait plusieurs. J’avais fait quelques recherches avant d’aller à la librairie. Histoire de me familiariser avec l’auteur, mais pas trop, pour ne pas gâcher la lecture. J’ai tout de même compris qu’il y avait un personnage qui revenait dans plusieurs des livres, donc, j’ai choisi le premier roman qui mettait en vedette le personnage du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg.

Et donc la lecture du roman « L’homme aux cercles bleus » de Fred Vargas commença… tranquillement. Tranquillement. Très tranquillement. Je dois avouer que ma lecture fut difficile. Dès le début, je n’ai pas aimé les personnages. Et bien que j’ai appris à aimer – et que je dois dire que c’est le seul personnage que j’ai pu supporter – l’inspecteur Adrien Danglard, le personnage principal, le commissaire Adamsberg, m’a énervée du début à la fin. Son attitude, ses manies, ses lubies m’ont semblées inintéressantes et surtout exagérées. Et les personnages secondaires… incroyablement irritants… incroyablement agaçants dans leurs manies et complètement énervants dans leurs personnalités fantaisistes. L’histoire me semblait sans intérêt ou plutôt ce qui me semblait intéressant ne semblait pas important… on oublia même d’expliquer la fameuse phrase…

J’ai peiné à lire le roman… et quand finalement j’ai eu un soupçon d’intérêt, le tout s’est conclu très rapidement et en laissant un paquet de questions non répondues. Mais le plus difficile pour moi, fut de ne pas plonger et me perdre complètement dans cette histoire. J’avais beaucoup d’espoir pour cet auteur et j’avais très hâte de faire cette première lecture.

Complètement déçue de cette lecture, c’est les larmes aux yeux que j’ai fermé le livre. Bon j’exagère un peu… mais j’attendais tellement de cette lecture. Et je n’ai pas du tout accroché. Puis, j’ai fait quelques recherches… tant qu’à avoir lu le roman, j’allais faire quelques recherches. Et puis je me suis rendue compte que, bien que beaucoup de gens ont adoré ce roman de Vargas, beaucoup ne l’ont pas du tout aimé… et parmi ceux qui n’ont pas aimé leur lecture, il y avait même des fans de Vargas. J’ai même pu lire à plusieurs reprises des fans dire de ne pas commencer une lecture des oeuvres de Vargas avec ce roman.

Et donc, j’ai à nouveau espoir… et je vais me procurer d’autres romans de Vargas. Quelques titres me semblent prometteurs. Et on verra bien ! Je n’abandonne pas ainsi… on m’a dit que ces romans en valaient la peine… et je le crois encore.

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29 juillet 2008

Mathématique du crime

Critique de lecture

Math1Mathématique du crime / Guillermo Martinez ; traduit de l’espagnol (argentine) par Eduardo Jiménez. – [Paris] : Robert Laffont, 2008. – 259p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-221-11058-4. Titre original : Crimenes imperceptibles

Quatrième de couverture :

Dans la sereine et studieuse Oxford, alors qu'enfle la rumeur de la résolution imminente du plus ardu problème des mathématiques, le théorème de Fermat, un tueur en série adresse à l'éminent logicien Arthur Seldom de mystérieux messages - fragments d'une démonstration écrite en lettres de sang... Seldom saura-t-il, avec l'aide du narrateur, un jeune étudiant à peine débarqué de son Argentine natale, trouver la clé de l'énigme ?

Mêlant adroitement la singulière atmosphère des collèges britanniques, les tourments de la passion, les abstractions de Wittgenstein et de Gôdel, les mystères des sectes pythagoriciennes et les antiques secrets de la magie, Mathématique du crime, roman policier de construction classique et pourtant hors normes, nous tient en haleine jusqu'à son dénouement, un magistral acte de prestidigitation...

L’auteur :

Guillermo Martínez est né un 29 juillet de 1962 en Argentine, à Bahía Blanca. Il étudia à l’Universidad Nacional de Buenos Aires, où il obtient un Doctorat en Mathématiques logiques. Après avoir obtenu son diplôme, il restera deux ans au Mathematical Institute d’Oxford en Angleterre où il fera un post-doctorat. Après son séjour à Oxford, il retourne en Argentine.

Il commence à écrire à 17 ans, un livre de contes intitulé, La jungla sin bestias (inédit). Cette œuvre obtiendra le Primer Premio del Certamen Nacional de Cuentos Roberto Arlt.  Il écrit ensuite plusieurs essais et articles et publie un recueil de nouvelles,Math2 Infierno grande, en 1989 – qui obtient le Premio del Fondo Nacional de las Artes -  et son premier roman, Acerca de Roderer, en 1993. Il collabore également au journal argentin, La Nación. Il publia Crímenes imperceptibles, en 2003 et reçut la même année, le prix Premio Planeta pour son roman qui fut traduit en plus de 30 langues. Le roman fut adapté au cinéma en 2008.

Il participa au programme international de l’Université de l’Iowa « Writing Program » et il obtient plusieurs bourses du Banff Centre for the Arts ainsi que des fondations MacDowell et Civitella Ranieri. Il enseigne présentement à l’Université de Buenos Aires.

Site de l’auteur.

Bibliographie partielle :

  • Infierno grande (1989)     
  • Acerca de Roderer (1993)
  • La mujer del maestro (1998)
  • Borges y las matemáticas      (2003)
  • Crímenes imperceptibles      (2003)
  • La fórmula de la inmortalidad (2005)
  • La Muerte Lenta de Luciana B (2007)

Résumé:

Le roman met en scène un jeune mathématicien argentin qui vient à Oxford pour faire son doctorat. Il loue une chambre chez une dame handicapée et sa fille musicienne.

Alors qu’il vient à peine d’arriver, la femme chez laquelle il loge est retrouvée morte. Il découvre le corps en même temps qu’un célèbre logicien, Arthur Seldom, ami de la femme et de sa fille. Cette mort pourrait sembler naturelle si ce n’était que Seldom reçut un mystérieux message l’avertissant de la mort. D’autres morts suivent ainsi que les messages adressés à Seldom. Toutes ces morts pourraient paraître naturelles, presque imperceptibles. Parallèlement à l’enquête de la police, Seldom et le narrateur, le jeune mathématicien argentin, décident de mener leur propre enquête.

Commentaires personnels et expérience de lecture :

Ces derniers temps, j’avais envie d’un « bon » roman policier. Le genre de roman dans lequel on se perd complètement, capté par l’intrigue. Lecture captivante qui permet d’oublier sa journée. Et dernièrement, j’avais été souvent laissé « sur ma faim », comme on dit… J’ai acheté le roman, un après-midi, attirée par le titre et la référence aux mathématiques. J’ai pris une chance.

Et j’ai été comblée par ma lecture ! Le récit est bien rédigé, l’écriture efficace. J’ai lu le roman en français, et bien que j’aurais aimé le lire en espagnol, je crois que la traduction est adéquate.   

(J’ai acheté le livre dans la section française de ma librairie sans même regarder le nom de l’auteur. Je voulais relaxer, et dans ces moments, lire en français et en anglais est plus approprié et facile… Mais avoir remarqué le nom de l’auteur, j’aurais probablement acheté le roman en espagnol… j’aime bien lire – quand je le peux – dans la langue d’origine).

L’intrigue est très bien menée et a réussi à me tenir en haleine pendant tout le roman. Ce qui est rare. Et je dois avouer que je n’ai pas « deviné » ni le dénouement, ni le revirement, ce qui est de plus en plus rare également. La construction de l’intrigue est ce qu’on pourrait qualifier de classique. On assiste à une enquête très classique, dans la veine des romans d’Agatha Christie et autres… pas d’effusion de sang, pas de laboratoires, pas de techniques modernes… des dialogues et des déductions. On suit le narrateur dans ses découvertes et ses déductions. On découvre Oxford, son monde, son atmosphère à travers ses yeux. On rencontre les personnages et on les comprend par le narrateur.

On nous plonge dans l’atmosphère lourde et feutrée du collège anglais – peut-être un peu trop « stéréotypé » mais efficace. Les références aux mathématiques sont évidemment nombreuses et il n’est pas nécessaire d’être un érudit pour les comprendre. J’aurais cependant personnellement aimé que les mathématiques soient plus présentes et impliquées dans la résolution de l’intrigue.

J’ai terminé le roman rapidement et je me souviens à la fois de l’intrigue et du dénouement… ce qui est un très bon signe ! Et maintenant, je veux absolument voir le film… c’est parfois décevant, mais je veux tenter ma chance…

L’avis de Clarabel, Paulana et de Florence Meney sur le Guide culturel du site de Radio-Canada.

Citations:

"[...]En ce sens, la musique est aussi abstraite que les mathématiques: elle ne peut pas distinguer des catégories morales. Je ne penses pas que la haine émette une vibration spéciale." p. 24-25

"Le crime parfait, écrit-il, n'est pas celui qui reste mystérieux, mais celui qui est résolu avec un faux coupable." p. 144

"Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'il existe, en mathématiques, un moment de démocratie, lorsqu'on expose, ligne après ligne, une démonstration. N'importe qui peut suivre le chemin une fois qu'il a été tracé. Mais il y a bien entendu une période d'illumination antérieure: ce que vous avez appelé le mouvement du cavalier... Seuls de rares élus, parfois un seul pendant des siècles, réussissent les premiers à percevoir le pas exact dans l'obscurité." p. 126

Sources à consulter :

14 juillet 2008

Muséum

Critique de lecture

Muséum / Véronique Roy ; avec Luc Fivet. – [Paris] : Fayard, 2008. – 411p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-253-12018-6. – (Coll. Livre de poche; 37278)

Museum2Quatrième de couverture :

Au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, les sommités scientifiques sont en émoi : une météorite antérieure à la création du système solaire apporterait la preuve de l'origine extraterrestre de la vie. Les vieilles querelles resurgissent. L'homme est-il le produit accidentel de l'évolution ou le fruit d'un "dessein intelligent", autrement dit de Dieu ?

Le directeur du Muséum sollicite alors le paléontologue et géologue américain Peter Osmond, un athée convaincu, pourfendeur des thèses créationnistes, et l'Italien Marcello Magnani, un astrophysicien dépêché par le Vatican. Mais, dès son arrivée, Peter Osmond découvre le corps affreusement disséqué de la biologiste Anita Elberg. Et, pendant sept jours, les meurtres se succèdent...

L’auteur :

Véronique Roy a travaillé comme archiviste (et bibliothécaire) au Muséum national d’HistoireMuseum1 naturelle de Paris. Elle a également travaillé comme scénariste. Elle commença à travailler à son roman « Muséum » dès l’année 2000. Elle travailla à son œuvre pendant plusieurs années. Il fut publié en 2006.

Résumé:

Un scientifique américain, Peter Osmond, est appelé à Paris, au Muséum National d'Histoire Naturelle, pour enquêter sur un météorite qui vient d'être découvert. La roche pourrait renverser toutes les théories sur les origines de la vie sur Terre. À cause des implications que ces recherches pourraient amener, un prêtre du Vatican, également imminent scientifique est également envoyé sur place pour l’assister.

Osmond a déjà travaillé à Paris et il retrouve avec plaisir la ville, le Muséum ainsi que d’anciens collègues et amis. Il s’aperçoit cependant rapidement que l’on veut empêcher ses recherches. Il découvre également la présence au Muséum de gens adhérant au créationnisme – rejetant ainsi la théorie de l’évolution.

Et puis, un premier meurtre est découvert. Les morts s’enchaînent ensuite rapidement, obligeant Osmond, le père Magnani ainsi qu’une jeune archiviste du musée à enquêter sur ces meurtres.

Commentaires personnels et expérience de lecture :

Lecture rapide. Satisfaisante. Et oubliable. J'avais envie d'un roman policier. Un roman avec une bonne intrigue. Ce roman se passait dans un musée, proposait d'explorer les origines de la vie sur terre et dès les premiers chapitres, nous présente une archiviste – ou documentaliste… enfin ce n’est pas très clair, mais c’est souvent trop malheureusement le cas dans ma profession. J’avais très envie d’aimer le roman. Il m’a plu mais je ne crois pas pouvoir dire que je l’ai aimé. Et quelques jours après la lecture, j'avais oublié le dénouement. Mais pas les lieux... 

Je l’ai lu un dimanche très lent. Un lendemain d’une sortie au restaurant avec des amis. Le lendemain, je me sentais au ralenti. J’avais un million de choses à faire, mais je suis plutôt restée dans ma chambre à lire.

L’écriture est simple, à la limite d’être simplette. Les clichés se multiplient et les personnages sont peu approfondis. L’américain est « américain » et accumulent les erreurs de langage – qui je crois se veulent « comiques » mais qui tombent plutôt sur les nerfs. Les scientifiques sont tous plus bizarres et caricaturés les uns que les autres…

Les promenades dans le Muséum sont cependant agréables et le désordre qui y règne me semble absolument crédible – pour l’archiviste/bibliothécaire que je suis, c’est même une réalité absolue.

Le roman est cependant plus une exposition de l’opposition entre évolutionnisme et créationnisme qu’une résolution de crime. Et surtout, le prétexte de la météorite est vite oublié. Ce qui m’a un peu, beaucoup, achalé ! On nous présente ce thème en 4e de couverture, on en parle beaucoup au début du roman, mais finalement, on « perd » rapidement ladite roche et on passe aux meurtres. Qui sont subitement résolus soi dit en passant, relativement rapidement et facilement pour conclure le roman. Et puis, on parle beaucoup de Teilhard de Chardin, sans véritablement exploiter ces pistes.

J’ai à la fois aimé et trouvé irritant le style d’écriture de l’auteur qui souligne sa narration et interpelle le lecteur sans cesse. Exemples :

« Ce qui est une heure étrange pour déposer le courrier, convenons-en. »

« Réjouissons-nous avec lui que, bien qu’elles parviennent souvent au bord du chaos, les sociétés humaines, à l’instar su monde végétal ou animal, retrouvent toujours un pont d’équilibre »

En général, on survole beaucoup mais on approfondi peu. On ne fait qu’effleurer les sujets. On donne surtout envie d’aller faire plus de recherche sur ces thèmes de créationnisme, etc. Ce qui en fait, me fait dire que l’auteur a fait un travail d’archiviste… trouver l'information, l'roganiser et offrir les documents pour laisser le chercheur faire ensuite sa lecture et sa recherche lui-même. Et les crimes dans tout cela… c’est secondaire…

L’avis de Francesca, Mme Emma, Bil, Goelen, Marco, et Emma

Citations:

"Les protagonistes de cette histoire pasèrent une nuit courte et agitée. Léopoldine, pour sa part, ne ferma l'oeil. Elle tenta bien de se plonger dans un roman, mais son esprit butait sur les mots comme une roue denté ripe sans trêve sur l'engrenage." p. 85

"Je suis au regret de répondre que la neutralité de la science n'existe pas. C'est un mythe que la plupart des scientifiques ressortent systématiquement pour mieux justifier leur irresponsabilité et leur aveuglement. En quoi le fait d'encourager l'industrie nucléaire, les OGM ou le clonage humain est-il neutre ? On ne peut pas cautionner n'importe quoi sous prétexte que cela fait avancer la science ! Ces scientifiques se prétendent neutres alors qu'ils ne font que jouer le jeu des lobbies qui tirent parti de ces expériences. C'est de l'hypocrisie à l'état pur!" p. 229

Source à consulter :

 

5 juillet 2008

La petite robe de Paul

Critique de lectureRobe2

La petite robe de Paul / Philippe Grimbert. – [Paris] : Grasset, c2001. – 155p. ; 18 cm. – ISBN978-2-253-06819-8. – (Coll. Livre de poche; 30045)

Quatrième de couverture :

Paul n’a jamais rien caché à sa femme. Un jour, il est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche exposée dans la vitrine d’un magasin.

L’irruption de ce vêtement d’enfant dans l’univers feutré d’un couple sans histoires va soudain produire effets dévastateurs et réveiller de vieux démons.

De quels secrets la petite robe blanche est-elle venue raviver la blessure ?

L’auteur :

Robe1Philippe Grinberg est né à 1948 à Paris. Son père changera leur nom de famille pour Grimbert juste avant la Seconde Guerre Mondiale afin de cacher leur origine juive. Il étudiera la psychologie dans les années 60 à Nanterre.

Après avoir été lui-même en analyse, il ouvre son cabinet de psychanalyse. Il travaillera également dans des instituts spécialisés pour les enfants et adolescents à Asnières et à Saint-Cloud.

Grinberg se passionne pour la musique. Il se lance dans l’écriture et publie un essai sur la musique : Psychanalyse de la chanson en 1996. Il continue à écrire des essais puis en 2001, il publie son premier roman, La petite robe de Paul. Il recevra plusieurs prix pour ses œuvres.

Bibliographie :

  • Psychanalyse de la chanson (1996)
  • Pas de fumée sans Freud : psychanalyse du fumeur (1999)
  • Évitez le divan : petit manuel à l'usage de ceux qui tiennent à leurs symptômes (2001)
  • La Petite robe de Paul (2001)
  • Chantons sous la psy (2002)
  • Un secret (2004)

Résumé:

Paul, un homme dans la cinquantaine marié depuis longtemps à Irène et ayant une fille maintenant adulte, fait un stage de formation dans un quartier qu’il ne connaît pas. Alors qu’il explore le quartier pendant les pauses, il est attiré par une petite robe blanche d’enfant dans la vitrine d’une boutique. Sans pouvoir expliqué sa fascination ou son geste, il entre dans la boutique et achète la robe.

Il tente d’abord de comprendre son geste. Pourquoi a-t-il acheté cette robe ? Il ne peut justifier son achat et alors qu’il veut d’abord l’avouer à son épouse, il cache pourtant la robe. Mais Irène trouve la robe. Sous le choc de cette découverte, elle tente de trouver une explication à la présence de cette petite robe dans la garde-robe de Paul. Elle se sent cependant incapable de demander directement à son époux les raisons de cet achat et elle imagine les pires explications.

La petite robe cachée dans la garde-robe de Paul les plonge dans les souvenirs, les interrogations et les secrets.

Commentaires :

Un couple ordinaire, ayant en apparence une existence tranquille, va être complètement bouleversé par l’achat d’une petite robe et surtout par les mensonges, les secrets et les non-dits qu’entraîne cette petite robe.

Le roman commence rapidement par l’achat de Paul. Cet achat et surtout le fait qu’il le dissimule, le plonge, lui, sa femme et nous à leur suite dans une recherche des raisons qu’ils l’ont poussé à acheter cette petite robe blanche.

Avec sa femme, nous nous imaginons d’abord les pires scénarios. Mais le roman nous emporte surtout dans les souvenirs de blessures anciennes. Des blessures que le couple a subies et qui n’ont jamais vraiment été cicatrisées. On retourne dans le passé de Paul, dans la relation avec son père, nous retrouvons Irène, enfant, ayant perdu ses parents. Puis nous revivons la grossesse interrompue d’Irène après de nombreux efforts… événement qui semble d’abord avoir marqué plus Irène que Paul mais ce n’est pas certain…

On suit religieusement au fil des pages, les réflexions des deux principaux personnages. Et finalement on se rend compte qu’une vie est bâtie sur des moments connus mais surtout sur des moments occultés, des moments enfouis dans les souvenirs. Des moments qu’on a cru comprendre mais qu’il faut explorer de nouveau et comprendre de nouveau.

Le roman ne dit pas tout. Beaucoup de secrets entre les personnages, mais on sait qu’à la fin, ils se disent beaucoup, presque tout… cependant nous ne sommes pas dans le secret… beaucoup nous est occultés. On doit imaginer certains éléments manquants et je suppose que parfois les conclusions doivent légèrement variés selon le lecteur. Mais l’auteur, psychanalyste, doit avoir planifié ces interrogations, ces questions sans réponses.

Les événements de notre vie laissent des traces, même si on croit avoir surmonté ces moments. Le passé est toujours présent… voilà la conclusion du roman. Il s’agit de voir, si on le comprend, l’accepte et si on poursuit notre cheminement. Soulignons également le fait que les secrets, les silences, les non-dits sont toujours sources de tourments, de questionnements et qu’il vaudrait mieux dire ce qu’on voudrait taire…

Quelques irritants cependant… Parfois l’impression d’être dans un de ces soaps, où on ne peut s’empêcher de rager parce que si « seulement les personnages avaient parlés au lieu de taire de détail… on se serait épargner des heures d’interrogations inutiles ». Un peu trop de questions non répondues, également. On comprend l’idée qu’il faut comprendre et déduire sans savoir, mais bon… un peu plus d’indices aurait été appréciés. Et personnellement, j’ai parfois trouvé la douleur d’Irène irritante… à la limite du mélodrame, surtout les dernières scènes – sanglantes.

Mais les mots filent… se lisent doucement. On ne peut s’empêcher d’entrer dans leurs interrogations, de sentir les sentiments se broder autour des douleurs et des souvenirs. J’ai senti les liens entre Irène et sa belle-mère… j’ai senti l’angoisse de Paul quand il fouille dans les souvenirs de son père et les secrets de sa mère… et j’ai ressenti la peur d’un dénouement qui n’est pas ce qu’on craint d’abord…

Cette histoire traite selon moi de nombreux deuils non résolus, non acceptés et surtout des cris de l’inconscient des personnages. Roman construit sur des descriptions d’états d’âme, aucun dialogue… roman légèrement étouffant qui nous ramène à la blancheur de la robe… constamment tachée de souvenirs, et finalement de sang.

Personnellement, le livre m’a captivé… du premier moment où j’ai lu le titre et contemplé la couverture. Je ne connaissais pas vraiment le roman, ni l’auteur au moment de ma lecture. J’ai aimé ces questionnements qu’amène un incident dans la vie d’un couple qui se cache ses douleurs. Et j’ai particulièrement aimé la conclusion qui amène un nouveau personnage, la fille adulte du couple. On craint, on croit savoir, connaître la conclusion, mais l’auteur choisit de ne pas présenter une certaine conclusion évidente – mais somme toute, facile – pour revenir à une vie ordinaire… des gens ordinaires qui vivent avec leurs bibittes, tout simplement.

L’avis de Camille, Tamara, de Lily, Lilly et Lilie

Citations :

« Levant les yeux il aperçut la petite robe. Une seule robe, accrochée à un cintre au centre de la vitrine sur un fond de papier vert d’eau. Une robe d'enfant, parfaitement blanche, taillée comme une chasuble, avec trois roses à l'empiècement, semblables à celles qui émergeaient des pots. Trois boutons délicats qui donnaient naissance à des plis plats poursuivant leur chemin jusqu'à l'ourlet du bas. Le tissu avait la légèreté et la transparence d'un voile de lin, il en respirait la fraîcheur.»

« Paul fut troublé, saisi par le sentiment de n’avoir jamais rien vu de plus joli que ce vêtement de fillette, flottant entre ciel et terre. Il resta un long moment planté sur le trottoir, son sandwich à la main, et sa promenade de ce jour-là ne le mena pasplus loin. » p. 12

« Irène prit alors conscience de la réalité de sa relation à sa belle-mère, tissé comme ses broderies de petites choses de tous les jours, charmantes et poétiques, sans autre épaisseur que celle du canevas auquel se limitaient leurs échanges. » p. 114

Sources à consulter :

15 juin 2008

Les divins secrets des petites ya-ya - Commentaires

Critique de lecture

Les divins secrets des petites ya-ya / Rebecca Wells. – [Paris] : Belfond, c1998. -- 471 p. ; 18 cm. – ISBN 2-226-09548-X. – Coll. Pocket ; 10759.

Titre original: Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood

Résumé :

Une femme à l’aube de la quarantaine, Siddalee Walker, metteur en scène qui connaît enfin le succès, se voit dans l’obligation de remettre sa vie en question.

Dans une entrevue pour le Sunday New York Time, elle se laisse aller à raconter certains détails de sa vie et de son enfance. Ses propos sont amplifiés et l’article met en avant plan, les mauvais traitements infligés par sa mère lorsque Siddalee était enfant. La publication de l’article plonge sa famille dans une crise. Sa mère, Viviane « Vivi » Walker, la renie et refuse de lui parler, elle interdit à son mari, ses enfants et ses amies de la voir ou de voir la pièce qui a rendue Siddalee célèbre.

Siddalee ne sait comment arranger les choses et plonge dans de profonds questionnements sur sa vie et surtout sa relation amoureuse avec son fiancé Connor. Ayant besoin de temps pour réfléchir, elle retarde son mariage et décide de s’isoler pour quelques temps dans un chalet. Alors qu’elle se pose des questions sur sa peur de l’amour, ses incertitudes et ses craintes, elle décide de demander à sa mère de lui prêter un album qu’elle a confectionné au cours des années et dans lequel elle garde des souvenirs sur sa vie et celles de ses meilleures amies, les ya-ya. Le livre s’intitule « Les divins secrets des petites ya-ya ».

Vivi accepte de lui prêter l'album. Siddalee commence alors à feuilleter l’album de souvenirs contenant des bouts de la vie de ce groupe d’amies. Les ya-ya partagent une amitié unique et forte. À travers des coupures de journaux, des lettres, des photos et divers souvenirs, Siddalee apprend à connaître la vie de ces femmes et surtout de sa mère. Mais le livre ne raconte pas tout et elle veut comprendre pourquoi sa mère est devenue la femme qu’elle est aujourd’hui.

Commentaires personnels :

Le roman “The Divine Secrets of the Ya-Ya” se veut une suite du premier roman de Rebecca Wells “ Little Altars Everywhere” et reprend donc les principaux personnages de celui-ci. Le roman fut adapté au cinéma en 2002.

Le roman raconte les questionnements sur l’amour, le bonheur et la famille de Siddalee Walker et sa quête pour connaître la vérité sur sa mère. Elle tente de comprendre le passé et la vie de sa mère à travers un album de souvenirs appartenant à celle-ci. Dans cet album, Viviane Walker a gardé la trace des moments importants de sa vie et de son amitié avec les Ya-Ya.  

Alors que l’on suit Siddalee dans sa découverte des souvenirs de l’album, on assiste grâce à de nombreux « flashbacks » à des moments de la vie de sa mère et de ses amies, les Ya-Ya. La narration passe de la perspective de Siddalee, à la troisième personne, à la perspective de Viviane. On lit parfois les retours en arrière par l’entremise de lettres. Petit à petit, on nous présente les hauts et les bas de la vie des Ya-Ya. Et on comprend petit à petit les difficultés et les tourments de la mère de Siddalee.

Le roman nous raconte l’histoire d’une longue et solide amitié entre 4 femmes et surtout comment cette amitié a modelé, transformé la vie de ces femmes. Et c’est à travers cette amitié que le thème de la relation entre mère et fille est abordé. Et surtout la relation entre Siddalee et Viviane. Une relation difficile, trouble, hantée par les abus physiques que Viviane a infligé à ses enfants, particulièrement sa fille aînée.

Les abus physiques qu’elle a vécus ont affecté Siddalee toute sa vie et pour arriver à continuer sa vie, elle doit comprendre sa mère. Comprendre et pardonner sa mère, ne signifie cependant pas oublier et excuser les gestes. Mais comprendre et accepter sa mère lui permet de se comprendre et de s’accepter elle-même.

Le roman met également en scène la Louisiane. Cette dernière semble respirer et vivre dans le roman. Les passages qui décrivent la région sont remarquables. On apprend aussi sur l’époque, la vie en Louisiane dans les années 40, 50, 60… J'ai particulièrement appréciés ces passages.   

Si certains personnages sont vivants et touchants, on peut cependant déplorer le manque de détails sur les autres ya-ya. L’écriture est juste, mais sans surprise. La narration est intéressante et le fait de changer de perspective, de passer du présent au passé est bien mené.

J’ai cependant un avis mitigé sur ma lecture. Alors qu’à certains moments, j’étais complètement prise par l’histoire, alors que parfois j’ai souri et qu’à d’autres moments, j’ai senti quelques larmes me venir aux yeux, à d’autres moments, j’ai trouvé le roman long.

Les états d’âmes de Siddalee me semblaient répétitifs et parfois un peu ennuyeux. Ses craintes face à l’amour m’ont semblé parfois exagérées. Cette quête de soi-même, seule loin de tous, m’a par moment ennuyée. De même que cette fameuse amitié, plus forte que tout… m’a parfois achalée et semblée surfaite. J'ai levé les yeux en l'air à quelques reprises !

J’ai bien compris que personne n’excusait le fait que Viviane avait battu ses enfants, mais il me semble qu’on minimisait beaucoup ses actes ainsi que le fait qu’elle soit alcoolique. Je déplore également la fin qui m’a semblé précipité… comme si l’auteur avait passé des pages et des pages à raconter son histoire et que soudainement elle réalise qu’elle doit conclure son roman. En quelques pages, les 3 amies de sa mère explique un épisode important de la vie de Viviane, puis Siddalee va retrouver sa mère, lui pardonne et se marie.

Et j’aurais aimé connaître plus les autres personnages. De plus, selon moi, l’auteur aurait dû offrir plus d’espaces aux personnages masculins. Mais c’est une histoire d’amitié entre filles et une histoire de relation entre mère et fille… donc les hommes sont secondaires. Tous. 

Mais en général, j’ai cependant beaucoup aimé ces femmes qu’on nous présente comme des êtres qui sont loin d’être parfaits. Et on doit un jour se regarder, noter nos forces et nos faiblesses, les accepter, les comprendre, et ensuite vivre sa vie. Un roman sur les relations qui parsèment nos vies et comment nos familles influencent nos vies, comment des émotions se transmettre de génération en génération.

Je déplore cependant le fait d'avoir lu le roman dans sa traduction française. Certains choix du traducteur m'ont semblé boiteux... comme par exemple, dire que les enfants étaient en CE1, ce qui n'a aucun lien avec les États-Unis... il n'était pas nécessaire, selon moi, de faire ces ajustements. De plus, on perd certaines expressions typiquement "louisianaises" dans la traduction... Mais finalement, malgré tout, j'ai bien apprécié cette lecture - et j'ai une envie folle de retourner en Louisiane.

Premier article: Les divins secrets des petites ya-ya - L'auteur

Citations:

« Mains levées au-dessus de nos têtes, nous nous touchons par les pouces et prononçons notre serment : « Je suis membre de la tribu royale et loyale des Ya-Ya dont je n’ai pas le droit de me séparer et que personne n’a le droit de diviser parce que nous sommes de même sang. Je jure solennellement d’être fidèle à mes sœurs ya-ya, de les chérir et de les protéger, de ne jamais les abandonner dans le malheur et cela jusqu’à l’heure de ma mort, où Dieu reconnaîtra les siens. » p. 111

« […] elle s’interrogea sur le savoir subliminal qui passe entre une mère et une fille. Un savoir préverbal, des histoires sans mots circulant comme le sang riche en oxygène entre une mère et son bébé, à travers le placenta. Elle se demanda si, quarante ans plus tard, elle pouvait encore recevoir des signaux de sa mère, par l’intermédiaire d’un cordon psychique capable de franchir l’obstacle de la distance et des multiples incompréhensions ». p. 270

Sources :

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14 juin 2008

Les divins secrets des petites ya-ya - L'auteur

Critique de lecture

Les divins secrets des petites ya-ya / Rebecca Wells. – [Paris] : Belfond, c1998. -- 471 p. ; 18 cm. – ISBN 2-226-09548-X. – Coll. Pocket ; 10759.

Quatrième de couverture :

« Une danseuse de claquettes maltraite ses enfants... » Quand Vivi Walker lit dans le " Sunday New York Times " le portrait que brosse d'elle sa fille Siddy, metteur en scène à succès, elle la renie sur-le-champ. Afin d'aider à renouer le dialogue entre la mère et sa fille, les amies intimes de Vivi finissent par la persuader d'envoyer à Siddy son album souvenir : « Les divins secrets des petites ya-ya ».

Siddy va alors plonger dans l'univers des ya-ya, du nom cajun que les quatre amies se sont donné lors de leur folle jeunesse en Louisiane. Elle découvre un petit groupe à part, soudé par une amitié que rien n'a jamais su affaiblir. À travers ces souvenirs fragmentés, Siddy découvre une image inattendue de l'exubérante Vivi, une femme meurtrie que seul le soutien indéfectible de ses amies a pu maintenir debout.

Yaya1L’auteur :

Rebecca Wells est née en 1952, dans la ville d’Alexandria en Louisiane aux Etats-Unis. Elle grandit sur une plantation qui appartient à sa famille depuis 1795. Elle étudia d’abord à l’école Southern Ladyhood and Roman Catholism. Elle commence à écrire très jeune ainsi qu’à arranger et jouer dans des pièces de théâtre. Elle étudia ensuite à l’Université de Georgia en Anglais et en création littéraire.

Alors qu’elle est à l’Université, elle continue à écrire des pièces de théâtre et monte même un « one-woman show ». Elle décide alors de voyager à travers les Etats-Unis puis s’inscrit à Institut Naropa, une université située dans la ville de Boulder dans le Colorado où elle commence à travailler avec la troupe de théâtre « The Living Theater ».

Elle travaillera comme actrice pendant quelques temps à New York puis reprend ses déplacement à travers le pays. Puis de passage à Seattle avec le groupe « Performing Artists for Nuclear Disarmament », elle décide de s’y installer au début des années 1980. Elle joint un groupe se consacrant aux arts du spectacle. Elle vit toujours à Seattle avec son époux. Elle continue d’écrire et de faire du spectacle.

Site de l’auteur

Bibliographie partielle :

  • Little Altars Everywhere (1992)
  • Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood (1996)
  • Ya-Yas in Bloom (2005)

Citations:

"Lorsqu'elle tourna la tête vers ses trois amies. Elle les découvrit telles qu'elle ne les avait jamais vues : si radieuses qu'on les aurait crues éclairées de l'intérieur. Elles lui parurent très vieilles et très jeunes à la fois. Invincibles et extrêmement fragiles. Grâce à elles, elle se sentit lestée, ancrée, plus réelles. Elle les aima dans un élan de gratitudes." p.219

Sources :

Commentaires à suivre...

 

12 juin 2008

Le sang du temps - Expérience de lecture

Chattan2Maxime Chattam commence son roman Le Sang du temps, par une réflexion personnelle présentée en prologue. Il commence par dire ceci :

« La lecture est une expérience toute personnelle. Une exaltation folle qui naît d’une rencontre. Celle de taches noires sur des fragments de bois traité avec un esprit. Un cerveau qui vient capter les mots et les interpréter. Selon ses sensibilités. Le moteur de tout récit est l’esprit du lecteur, son imagination est son carburant. […] Mais tout est question de sens. » p. 7

Et dans les lignes qui suivent, il partage son expérience de lecteur. Comment il agit en tant que lecteur, ses habitudes de lecture…

Il en met peut-être un tout petit peu…mais je suis d’accord sur deux points : 1. la lecture est une expérience toute personnelle et 2. tout est question de sens.

Quand j’ai fait quelques recherches sur le roman de Maxime Chattam, je me suis rendue compte que beaucoup de lecteurs, principalement des fans de la fameuse Trilogie du Mal, ont été déçu par cette œuvre. Leurs raisons m’ont semblé valables. Il est vrai que ce roman se détache un peu de l’intensité des romans précédents. Qu’il y a quelques éléments un peu flous, que quelques éléments sont traités rapidement, voire cavalièrement.

Mais ma lecture fut très agréable. Et j’ai même aimé davantage Le sang du temps que les romans de la Trilogie du Mal.

Et pourtant le 4e de couverture ne m’a pas particulièrement accrochée. Très bref… deux histoires différentes qui éventuellement se recouperaient… déjà lu souvent. Et puis, quelques clichés, selon moi… une jeune femme détient un secret et doit fuir… des cadavres d’enfants mutilés, peut-être tués par un monstre légendaire, mais le détective n’y croit pas… encore assez habituel dans le genre. Et puis finalement, les deux dernières lignes… légèrement « sensationnalistes » : « À première vue, rien de commun entre ces deux époques. Et pourtant... La vérité se cache dans ces pages. Saurez-vous la retrouver? »… on veut nous intriguer, et habituellement ce genre de manœuvre m’exaspère.

Mais trois choses ont fait que j’ai tout de même acheté le livre : le Mont-Saint-Michel, Le Caire et j’aime bien l’auteur.

J’ai commencé la lecture du roman, seule dans une chambre d’hôtel, alors que j’étais à un congrès à Santiago de Compostela. J’étais très stressée par les jours qui allaient suivre et j’avais besoin d’un bon dérivatif. Je me suis installée dans le lit, et j’ai commencé à lire. J’avais un sac de graines de tournesol… C’est bizarre, mais quand je lis un roman de suspense, un thriller, un roman fantastique ou un roman policier, j’ai besoin de mon sac de graines de tournesol. J’ai lu tous mes Agatha Christie en grignotant des graines de tournesol.

J’ai terminé la lecture du roman pendant la nuit. Je ne pouvais m’arrêter. Je devais savoir. J’avais visité le Mont-Saint-Michel l’année précédente et j’avais encore des milliers d’images en tête. L’enquête au Caire m’a complètement captivée et je suis devenue la lectrice du Mont-Saint-Michel. Et quand j’ai fermé le livre… j’étais triste de terminer. Mais je me suis endormie tout de suite tranquillement, prête pour ma semaine.

Oh… il y a quelques points faibles… Marion ne m’a intéressée que du point de vue de « lectrice », son histoire ne m’a pas vraiment captivée. La fin m’a légèrement agacée, mais j’ai très bien compris la tactique de l’auteur. Par moment, j’ai eu l’impression de lire du déjà lu. L’enquête au Caire est remplie de clichés mais qui m’apparaissent finalement nécessaires à l’histoire. Cette histoire est une histoire déjà contée... une sorte d'hommage à ce genre d'enquête du début du siècle dans un pays "étrange"... Et surtout, le narrateur et son implication dans l’enquête sont une approche connue du « qui a tué »… et je pense ici à Agatha Christie – je n’en dis pas plus pour ne pas tout dévoiler… Le tout est très anglais...

Mais finalement, le roman est un roman sur la lecture. Sur notre besoin de se perdre dans une histoire, d’arriver à oublier notre quotidien, nos peurs, nos problèmes pour vivre l’histoire qu’on lit… Et ma lecture fut toute personnelle… remplis de souvenirs, d’odeurs, de goûts salés et d’émotions.

Voir aussi:

10 juin 2008

Le sang du temps - Commentaires

Critique de lecture

Le sang du temps / Maxime Chattam. – [Paris] : Michel Lafon, c2005. – 467 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-266-16753-6Chattan2

Résumé :

Deux histoires sont racontées dans le roman de Maxime Chattan, Le Sang du temps. La première histoire se passe en 2005. Une jeune secrétaire médico-légal, Marion, découvre par hasard un secret d’État et doit fuir de toute urgence Paris. Pour la protéger, les autorités la conduisent en secret au Mont-Saint-Michel où elle sera en sécurité parmi la communauté religieuse.

Alors qu’elle fait connaissance avec les lieux, la communauté religieuse et les quelques habitants du Mont-Saint-Michel, elle se sent surveiller, mal à l’aise. Elle s’installe néanmoins dans son nouveau environnement. Elle découvre, un jour, dans sa chambre, un papier lui proposant une énigme qu’elle s’empresse de résoudre. Intriguée, elle cherche à savoir qui lui a envoyé même si cela l’inquiète.

Voulant se rendre utile, elle se rend à Avranches pour travailler aux archives et aux livres du Mont-Saint-Michel. Par hasard, elle découvre un manuscrit caché à l’intérieur d’un livre. Le texte raconte l’histoire d’un détective enquêtant en 1928, au Caire, sur le meurtre d’enfants retrouvés incroyablement mutilés.

Marion emporte avec elle le manuscrit et commence la lecture de cette histoire. Nous sommes donc transportés avec elle au Caire. Au fur et à mesure qu’elle lit, nous entrons dans cette deuxième histoire du roman.

Au début du siècle, le détective Jeremy Matheson, en service au Caire, se voit confier une enquête sordide. Des enfants sont retrouvés, morts et mutilés dans les faubourgs pauvres de la ville. La population y voit l’œuvre d’une créature démoniaque, une goule. Le détective poursuit son enquête, ne se laissant pas influencer par les légendes, il veut retrouver le meurtrier bien réel.

Avec Marion, nous sommes les témoins de l’enquête de Matheson, raconté selon la perspective du détective qui tient un journal personnel de son enquête. Petit à petit, Marion est complètement captivé par l’histoire et dépose avec peine le manuscrit. Mais au fur et à mesure qu’elle avance dans l’histoire, elle se sent de plus en plus espionnée et commence à croire que l’histoire de Matheson a des conséquences sur sa propre vie. Qui la surveille ? Qui semble vouloir l’empêcher de connaître la fin de l’histoire ?

Commentaires personnels:

L’auteur est un expert des thrillers et donne à ses romans une touche toute américaine qui le distingue des auteurs français et qui ont fait sa renommée. Le roman dégage une tension constante, les chapitres sont courts et intenses, les rebondissements se succèdent rapidement. On a parfois l’impression de voir un film. Les éléments se superposent apportant des réponses mais laissant toujours un mystère plané. L’atmosphère est angoissante et les scènes horribles sont abondantes.

Le roman est parsemé d’indices, d’effets miroir… et à la fin du livre, on n’est pas certain du dénouement. Les réponses données ne sont pas claires et l’auteur lui-même nous fait douter de nos conclusions – à la fois dans son prologue et dans sa conclusion. Il nous amène même à poursuivre notre enquête en relisant autrement son roman, en donnant une piste à la fin…

Et donc, Chattam veut nous pousser à la réflexion. Il offre des pistes, mais le roman nous appartient. Les deux histoires sont en général bien menées, même si parfois on semble perdre un peu le personnage de Marion. Son histoire, son secret, les raisons qui la font venir au Mont-Saint-Michel semblent être secondaires et on reste un peu sur sa faim. En fait, Marion, est moins un personnage de l’histoire, qu’une lectrice. C’est à travers sa lecture qu’on lit le roman. Sa lecture est notre lecture. On voit le passé défiler comme un film.

Le Mont-Saint-Michel est très présent dans le roman, mais aussi la ville du Caire. On sent les deux lieux vivre. Même si on aurait aimé lire un peu plus de détails sur le Mont. On apprend cependant beaucoup sur le Caire, l’atmosphère de cette époque, de cette ville particulière.

Le livre se lit rapidement et on sent que l’écriture y est pour quelque chose… phrases courtes, denses… beaucoup d’actions, beaucoup de stress et une atmosphère étouffante. On s’attache à la lecture du roman mais surtout aux histoires qu’il contient. Surtout à l’enquête sur les meurtres d’enfants.

Le roman n’a pas fait l’unanimité chez les lecteurs et surtout les fans de Chattam. Plusieurs ont été déçus du roman, s’attendant à un autre roman dans la lignée de la Trilogie du mal. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié ma lecture même si certains détails m’ont apparu clichés et que le personnage de Marion m’a semblé un petit brin fade. J’ai trouvé la fin un peu rapide, et j’ai été un peu agacé par cette façon que Chattam s’est inclus dans son roman… et par la façon qu’il semble vouloir nous intriguer… Mais dans l’ensemble, c’est un roman efficace et il m’a tenu en haleine jusqu’à la fin.

L'avis d'Hilde, Valeriane et Majanissa.

Premier article : Le sang du temps - L'auteur.

Voir aussi: Le sang du temps - Expérience de lecture

Citations:

"Elle souhaitait être chez elle. Dans son vrai chez elle, à Paris. Elle voulait se coucher le soir et mettre le réveil pour le lendemain matin, celui-là même qui la ferait maugréer à sept heures moins le quart, pour aller travailler." p. 397

"Elle avait toujours eu un petit faible pour les éditions anciennes, surtout de livres pour enfants, qui sentaient la poussière, la moisissures et le temps. " p. 81

"À bien y réfléchir, elle n'avait pas lu, c'était bien là le problème. Elle avait vécu la découverte de l'enfant mort. Le pouvoir des mots." p. 123

Sources:

9 juin 2008

Le sang du temps - L'auteur

Critique de lecture

Le sang du temps / Maxime Chattam. – [Paris] : Michel Lafon, c2005. – 467 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-266-16753-6

Quatrième de couverture

Paris, 2005. Détentrice d'un secret d'État, menacée de mort, Marion doit fuit au plus vite. Prise en charge par la DST, elle est conduite en secret au Mont-Saint-Michel.

Le Caire, 1928. Le détective Matherson consigne dans son journal les détails d'une enquête particulièrement sordide: des cadavres d'enfants atrocement mutilés sont retrouvés dans les faubourgs du Caire. Rapidement, la rumeur se propage: une goule, créature démoniaque, serait à l'origine de ces meurtres. Mais Matheson refuse de croire à la piste surnaturelle.

À première vue, rien de commun entre ces deux époques. Et pourtant...
La vérité se cache dans ces pages. Saurez-vous la retrouver?

L’auteur:

Chattan1Maxime Drouot est né en France, un 19 février 1976, dans la ville d’Herblay dans le Val d’Oise. Il fait un premier voyage aux Etats-Unis en 1987, à Portland dans l’état d’Oregon. Il fera, ensuite, plusieurs voyages aux Etats-Unis, notamment à New York, Denver et Portland. En 1988, il passe deux mois en Thaïlande.

Il se passionne pour le cinéma et pour la littérature. Il commence à écrire très jeune. Il rédige des nouvelles ainsi que deux romans qu’il ne fera édité. Il commence des études de Lettres modernes qu’il abandonne.

Il pense un moment à devenir acteur et suit Cours Simon à Paris. C’est à cette époque qu’il écrit sa pièce de théâtre, Le Mal (disponible sur le site de l’auteur). Il jouera quelques petits rôles pour la télévision.

À 23 ans, il a divers petits boulots, notamment comme veilleur de nuit. Il pense à reprendre ses études de Lettres mais abandonne rapidement l’idée. Il écrit alors le roman fantastique Le 5e règne. Bien que rédigé en 1999, ce n’est qu’en 2003 que le roman sera publié sous le pseudonyme de Maxime Williams. À ce moment, il travaille aussi comme libraire.

Il décide alors d’écrire des romans policiers et suit des cours de criminologie à l’Université Saint-Denis. Il suivra entre autres des cours de psychiatrie criminelle et de médecine légale. Il commence à préparer un nouveau roman et rencontre divers spécialistes. Il commence à rédiger L’Âme du Mal en 2000. Le roman est publié en 2002 sous le nom de Maxime Chattam. Il continue d’écrire et publie les deux autres romans de cette trilogie du mal, en 2003 pour In Tenebris et en 2004 pour Maléfices.

Il poursuit aujourd’hui, une carrière de romancier, à temps plein.

Site de l’auteur, contenant une biographie écrite par l’auteur lui-même.

Bibliographie:

- Le Mal (1995) (théâtre, publié sur le site officiel de l’auteur)
- Le Cinquième Règne - sous le pseudonyme de Maxime Williams (2003)
- La Trilogie du mal :

  • L’Âme du mal (2002)
  • In Tenebris (2003)
  • Maléfices (2004)

- Le Sang du temps (2005)
- Le Cycle de la vérité :

  • Les Arcanes du      chaos (2006)
  • Prédateurs (2007)
  • La Théorie Gaïa (2008)

Commentaires à suivre...

Voir aussi: Le sang du temps - Expérience de lecture

Citations:

"Elle souhaitait être chez elle. Dans son vrai chez elle, à Paris. Elle voulait se coucher le soir et mettre le réveil pour le lendemain matin, celui-là même qui la ferait maugréer à sept heures moins le quart, pour aller travailler." p. 397

Sources:

27 mai 2008

Predator – Commentaires

Critique de lecture

Predator / Patricia Cornwell . – [London] : Sphere, 2005. -- 466 p. ; 18 cm. -- ISBN  978-0-7515-3404-7Pred1 

Résumé

Kay Scarpetta travaille pour le National Forensic Institute en Florida. Alors qu’elle enquête sur le meurtre d’un homme, certaines questions surgissent qui l’amène à s’interroger sur la façon dont il est mort. Pendant ce temps, Benton Wesley, est au Massachusetts pour une étude sur des tueurs en série qui sont présentement en prison. Cette étude, nommé PREDATOR cherche à comprendre les comportements criminels des tueurs. Un des prisonniers qu’il étudie, Basil Jenrette, lui parle d’un meurtre qu’il a commis il y a plusieurs années.

La nièce de Scarpetta, Lucy, poursuit ses activités pour l’Institut, même si elle semble perdre un peu le contrôle de sa vie, dans les bars et les aventures sans lendemains. Lors d’une soirée, elle rencontre une étrange femme avec des empreintes de mains sur le corps.

Pete Marino, ancien policier travaillant avec Scarpette pour le National Forensic Institute, est en thérapie depuis quelques temps. Il reçoit un téléphone de quelqu’un se nommant Hog et qui lui parle de Scarpetta, Lucy et d’une famille qui a disparut.

Bientôt des liens entre toutes ces personnes, ces morts et ces disparitions font surfaces.

Commentaires personnels

Ceci est le 14e roman de Patricia Cornwell avec comme personnage principal, le Dr. Kay Scarpetta. Le résumé ci-haut est bref et ne dit pas grand-chose, je sais. Difficile de résumer un roman ayant autant d’histoires même si les histoires semblent converger à la fin. Beaucoup d’histoires… trop d’histoires.

Cela fait 4 mois que j’ai commencé la lecture de ce roman d’un auteur que j’aime particulièrement. J’ai été tenté d’abandonner plusieurs fois, mais j’en étais incapable. J’aime beaucoup Patrica Cornwell et j’aime habituellement ces romans… mais cette lecture fut particulièrement difficile. Je n’aime pas abandonner mes lectures… surtout d’auteurs que j’aime. Mais 4 mois pour lire un roman est difficilement admissible pour moi.

Voyons voir. Les romans de Cornwell sont généralement de bons romans policiers mettant l’accent sur le côté médecine légale. La solution du crime peut habituellement se trouver dans l’enquête médicale de Scarpetta. Outre Scarpetta, d’autres personnages reviennent régulièrement dans les romans de Cronwell : Pete Marino, Benton Wesley, Lucy. Comme je l’ai déjà dit, chaque roman amène des éléments nouveaux aux personnages. Mais en général, il n’est pas nécessaire de lire les romans précédents pour apprécier la lecture du roman actuel.

Malheureusement, je ne peux dire que j’ai apprécié ce roman de Cornwell. Cela fait déjà quelques romans que je trouve moins intéressants. Mais, j’ai eu franchement de la difficulté avec cette lecture. Heureusement, je dirais qu’au 3/4 du roman, j’ai finalement réussi à m’intéresser à l’histoire et j’ai retrouvé l’écriture de Cornwell que j’apprécie.

Scarpetta est beaucoup moins présente dans ce roman de même que l’aspect médico-légal. Je n’ai rien contre s’attarder aux autres personnages – et j’ai lu que Cornwell a voulu donner un « twist » à ses personnages - mais je trouve que s’éloigner de Scarpetta est une erreur. Je préférerais lire un roman sans Scarpetta que de la voir au second plan ainsi. Et les autres personnages n’ont pas réussi à me toucher. Ils me semblent devenus trop émotionnels. Je lis un roman policier, ici, pas un roman psychologique. Les états d’âmes de Marino me semblent légèrement pathétiques, les tourments de Lucy commencent à me taper et l’histoire d’amour entre Benton et Scarpetta… longue, redondante et pénible…

Il y avait trop d’histoires et alors que tout semble venir à s’entrecouper à la fin, je note un tas de points sans explications, des personnages inutiles, superflus, et de plus en plus d’invraisemblances. De plus, le fait de faire évoluer les personnages considérablement d’un roman à l’autre (particulièrement lors des derniers romans) rend la lecture difficile pour les lecteurs qui commencent avec ce livre. Même si j’ai lu les autres romans de Cornwell, certains détails étaient loin dans ma mémoire et j’ai dû aller relire certains passages des romans précédents.

Le tueur est plus présent. Ainsi que ses victimes. Beaucoup de chapitres sont consacrés à la relation entre le tueur et sa victime. Ces moments sont intéressants mais détonent d’avec le reste du roman. Et on change constamment de perspective. Cela peut fonctionner mais ici, cela rend l’histoire difficile à suivre.  

J’aime toujours Cornwell – et j’ai bien l’intention de commenter ses romans précédents – mais je dois avouer que cette lecture fut difficile et que j’appréhende la lecture de son prochain roman.

Voir aussi:

Premier article: Predator - L'auteur
Réflexion: Dois-je abandonner ou continuer? 

Citations

« She is frightened. She’s angry because she is terrified that she will lose her precious trees, and she will, but by then, it won’t matter. Her trees are infected. They are old trees, at least twenty years old, and they are ruined. It was easy. Whenever the big orange trucks roll in to cut down canker-infected trees and grind them up, there are leaves on the road. He picks them up, tears them, puts them in water and watches the bacteria stream up like tiny bubbles. He fills a syringe, the one God gave him. ” p. 168

Sources

26 mai 2008

Predator - L'auteur

Predator / Patricia Cornwell . – [London ] : Sphere, 2005. -- 466 p. ; 18 cm. -- ISBN  978-0-7515-3404-7

Quatrième de couverture

Florida is full of predators, from the animals who thrive in its humid heat to the humans who stalk the air-conditioned malls, and they all give Dr Kay Scarpetta, now Director of Forensic Science and Medicine, the opportunity and the means to do what she does best - persuading the dead to speak to her.

In the icy chill of Boston, Benton Wesley is working on a secret project involving convicted killers, one of whom appears to confess to an even higher number of murders than the authorities had known about. It is a project that gives Scarpetta deep disquiet, as does the behaviour of her niece Lucy, who is spending too much time drinking and indulging in casual pick-ups in cheap bars.

Then the Academy is called in to assist in the discovery of a young woman’s body in Massachusetts. She has been tortured and sexually abused, her body tattooed with handprints. The Same sort of handprints Lucy has seen on the flesh of her latest pick-up.

L’auteur

Patricia Carroll Daniels est né le 9 juin de 1956 à Miami en Floride (États-unis). Son père est avocat et sa mère, secrétaire. Pred3Elle a deux frères. Son père les quitte en 1961 et deux ans plus tard, elle déménage alors en Caroline du Nord. Sa mère est dépressive et doit être hospitalisée. Patricia et ses frères sont placés en foyer d’accueil. Sa mère confiera la garde de ses enfants à Billy Graham, en prêcheur américain très connu. L’auteur a révélé avoir été dépressive et anorexique pendant son adolescence. Encouragée à s’exprimer par l’épouse de Graham, la jeune Patricia se réfugie dans l’écriture. D’es l’âge de neuf ans, elle commence à écrire des poèmes.

En plus d’écrire, Patricia pratique le tennis et rêve même de faire carrière dans ce sport. Elle donnera d’ailleurs pendant quelques temps des cours de tennis. Elle étudiera au Tennessee (Bristol’s King College), puis au Davidson College. Elle commence à cette époque à écrire pour le Charlotte Observer.

Elle tombe amoureuse en 1976 pour Charles Cornwell, un professeur d’anglais, plus âgée qu’elle. Patricia obtient son diplôme en 1979. Puis en 1980, Charles et Patricia se marient.

Patricia continue à écrire pour des journaux. Elle se spécialise pour les faits divers et pour les crimes. Pendant ce temps, son époux laisse l’enseignement pour devenir pasteur et le couple déménage en Virginie. Elle abandonne alors le journalisme pour se consacrer à l’écriture. Elle écrit une biographie de Ruth Bell Graham, l’épouse de Billy Graham, en 1983. Elle s’essaie ensuite au roman policier mais son premier manuscrit est refusé par les éditeurs. Alors qu’elle continue d’écrire, elle travaille comme informaticienne pour l’Institut médico-légal de la ville de Richmond.

Cormwell admet volontiers qu’il y a beaucoup de lien entre elle et son personnage le plus connu, Dr. Kay Scarpetta. On peut entre autre souligner que les deux sont originaires de Miami, sont divorcées et ont eu des relations difficiles avec leur père. Son travail lui permet de rencontrer le Dr. Marcella Fierro qui travaille à la morgue. Cet univers fascine aussitôt Patricia Cornwell.

Alors qu’elle travaille à un nouveau roman, le couple Cornwell divorce en 1988. Son premier roman, Postmortem, sera publié en 1990. Ce premier roman gagne de nombreux prix accordés aux meilleurs romans policiers. Elle continue d’écrire et produit en général, un roman par année. Elle connaît enfin le succès. Elle commence par faire de nombreux achats personnels : maisons, autos… Mais, elle s’implique également dans plusieurs causes et donne de l’argent pour des bourses pour des institutions d’enseignements. Elle lutte également pour l’illettrisme. Elle contribue également financièrement à des fouilles ainsi qu’à l’institut médico-légal de Richmond.

Elle est également activement impliquée dans la création d’une université qui forme des médecins légistes et pathologistes, nommée la Virginia Institute of Forensic Science and Medecine. Elle vit encore à Richmond ainsi qu’à New York, en plus d’écrire, elle dirige aussi la Cornwell Enterprises, Inc, compagnie qui gère sa carrière. Ses romans sont souvent inspirés de crimes réels ayant eu lieu dans la région de Virginia.

Plusieurs biographies de l’auteur listent divers incidents qui ont marqué sa vie. Elle fréquente le jet-set ; est accusé de conduite en état d’ébriété et est condamnée à un mois dans un centre de traitement ; elle est diagnostiquée bipolaire ; depuis quelques années, elle affiche ouvertement son homosexualité ; elle fut accusée de plagiat ; elle fut impliquée dans une affaire d’enlèvement et de meurtre… Sa vie privée semble aussi tumultueuse que celle de ses personnages.

Voir le site de l’auteur

Bibliographie

  • A Time for Remembering -1983
  • Post-mortem -1990
  • Body of Evidence -1991
  • All That Remains -1992
  • Cruel & Unusual - 1993
  • The Body Farm - 1994
  • From Potter's Field - 1995
  • Cause of Death - 1996
  • Hornet's Nest - 1997
  • Unnatural Exposure - 1997
  • Scarpetta's Winter Table - 1998
  • Point of Origin - 1998
  • Southern Cross - 1999
  • Life's Little Fable - 1999
  • Black Notice - 2000
  • The Last Precinct - 2000
  • Isle of the Dogs - 2001
  • Portrait of a Killer: Jack the Ripper -- Case Closed - 2002
  • Food to Die For: Secrets from Kay Scarpetta's Kitchen - 2002
  • Blow Fly - 2003
  • Trace - 2004
  • Predator - 2005
  • At Risk – 2006
  • Book of the Dead – 2007
  • The Front - 2008

Citations

« Scarpetta point out the liver mortis pattern, a reddish-purple discoloration caused by noncirculating blood settling due to gravity. Pale areas or blanching of the dead woman’s right cheek, breasts, belly, thighs and the inside of her forearms were caused by those areas of her body pressing against some firm surface, perhaps a floor.” p. 398

Commentaires à suivre...

Sources

15 avril 2008

Le Diable s’habille en Prada - Commentaires

prada4Critique de lecture

Le Diable s’habille en Prada / Lauren Weisberger ; traduit de l’américain par Christiane Barbaste. – [Paris] : Fleuve Noir, c2004. – 506 p. : 18 cm. – ISBN 2-226-15014-6

Titre original: The Devil wears Prada


L’œuvre :

Il est évident quand on connaît un peu l’auteur et le milieu de la mode que le livre est un roman à clef. On sent que l’auteur nous partage à travers une œuvre de fiction, ses expériences propres du milieu de la mode.

Le roman met en scène une jeune fille qui vient de graduer, Andrea Sachs. Elle part pour New York dans le but de devenir journaliste. Mais son premier emploi l’amène à devenir assistance pour l’éditrice en chef du magazine de mode « Runway ». Une opportunité pour laquelle, on lui dit, des milliers de jeunes filles se damneraient. Mais cet emploi pour l’éditrice fantasque et tyrannique de Runway se révèle un cauchemar –une suite de tâches insignifiantes exécutées dans la peur de déplaire à la supérieure !

Andréa se dit qu’après un an de travail pour Miranda Presley, la plus renommée et prestigieuse rédactrice en chef d’un magazine, elle pourra facilement devenir une journaliste pour le New Yorker, magazine plus sérieux. Et donc, elle endure et endure. Changeant petit à petit pour essayer de se conformer au moule qu’on lui présente comme étant nécessaire pour travailler dans ce monde. Et puis, un mois avant de terminer cette année de purgatoire, Andréa prend une décision qui changera sa vie.

Le roman veut nous présenter les différents aspects d’un premier emploi. Il veut également mettre à nu, les difficultés et la pression du monde de la mode. L’essentiel du roman semble tourner autour de la difficulté pour une jeune femme de balancer les exigences d’un emploi difficile et de sa vie privée. Comment gérer les exigences irraisonnables d’un employeur glacial et les exigences d’une vie sociale et amoureuse relativement normale. 

Le livre reçut beaucoup de critiques élogieuses. Ainsi que bien entendu, plusieurs critiques négatives. Notamment de la part d’anciens collègues de Lauren Weisberger. Ceux-ci soulignent que la critique de l’auteur du monde de la mode est exagérée. Le parallèle entre l’expérience de Lauren Weisberger et le personnage d’Andréa est évident, ainsi que les similitudes entre Miranda Presley et l’ancien employeur de Lauren, Anna Wintour. Ces parallèles sont également exagérés selon les critiques. Certains ont été jusqu’à dire que Weisberger – et par le fait même Andréa – n’avait aucune gratitude pour la chance incroyable qu’elle avait eue. L’auteur nie tout parallèle entre sa propre vie et les personnages de son roman, même si elle admet s’être vaguement inspiré de sa propre expérience.

Une adaptation au cinéma fut produite en 2006. Le film remporta également un grand succès. Bien qu’assez fidèle au roman, plusieurs différences peuvent être notées. Les plus importantes sont sans nul doute, le personnage de Miranda Presley, beaucoup moins froid et inhumain que dans le livre ainsi que la fin qui est beaucoup plus « timide ». D’autres différences mineures peuvent également être soulignées. Certaines sans importance – toute adaptation comporte des « adaptations », des différences, qui rendent la transposition du roman au cinéma plus facile – mais certaines différences changent considérablement la trame de l’histoire et m’ont semblé inutiles ou encore ont changé considérablement l’histoire.

Commentaires personnels:

Disons-le tout de suite, je ne suis pas fan de ce genre de roman. Bon… En fait, ce n’est pas tout à fait exact. Comme je n’ai jamais vraiment lu ce qu’on appelle communément de la « chick lit », je n’avais pas vraiment d’opinion. Je savais que, d’après ce que je savais de ce genre de roman, cela ne m’intéressait pas plus que ça.

J’ai vu le film. Parce que j’aime bien les deux actrices qui jouent dans le film et parce que j’aimais bien le titre. Le film ne pas renversé. J’ai passé un bon moment sans plus. Mais ensuite, je suis tombé sur un paquet de critiques du roman sur différents carnets, blogs. Les opinions divergentes et le bon moment cinématographique que j’avais passé m’ont incitée à me procurer ledit roman et en plus… à le lire !

J’ai lu le roman d’abord rapidement, puis très lentement. Connaissant l’histoire, j’ai immédiatement embarqué dans l’histoire, drôle et sympathique. Heureuse d’avoir plus de contexte sur les personnages, voyant les différences, mais lisant rapidement. Beaucoup de clichés dans le roman, un certain côté « commérage » qui me plait bien, et une entrée dans un monde qui est très loin de moi, mais qui me semble intéressant.

Puis, j’ai eu de plus en plus de la difficulté à lire le roman… certains personnages me semblaient manquer de profondeur, particulièrement Miranda. C’est une mégère stylisée et froide, je veux bien, mais encore. Je comprends qu’on en dit pas trop pour la laisser à distance, mais elle m’a semblé trop unidimensionnelle. Et puis Andréa m’a semblé à la fois, simplette et snob – si c’est possible. Ses amis et sa famille m’ont paru incompréhensifs et intransigeants.

Mais surtout, après un certain temps, j’avais uniquement envie de dire : « oui, ça va… j’ai compris… c’est une bitch froide qui te terrorise et te fait faire des choses ridicules… ». Car cela m’a semblé une longue suite de répétitions… Après un moment, cela se répète sans cesse : tâche ridicule, peur et angoisse, chialage sur l’injustice de la situation… et on recommence.

Évidemment, des gens comme Miranda Presley existent… à beaucoup plus petite échelle, j’en ai rencontré. Comme le dit Fine dans son pertinent commentaire sur mon premier article : « N'empêche ces gens-là sont très destructeurs […] ».  Mais surtout, je note cette réflexion : « […] mâles et femelles, ce qui m'a toujours étonné c'était leur fragilité face à quelqu'un (moi en l'occurence) qui leur tenait tête. Je ne suis jamais restée très longtemps dans ces places, elles n'avaient aucun intérêt et les gens qui y travaillaient, étaient tellement zombies que c'était intenable pour moi. ». Car enfin, c’est ce que je ne cessais de penser… ces gens sont ainsi car on les laisse agir ainsi… Dire non, ou encore partir… mais enfin… j’ai été absolument incapable de sentir une quelconque empathie pour le personnage.

Mais j’ai souri à quelques reprises, même si j’ai trouvé le roman interminable. Dans l’ensemble et avec le recul, j’ai quand même apprécié la lecture.

Les avis d'Allie et de Caroline.

Premier article: Le Diable s'habille en Prada - L'auteur

 Sources :

9 avril 2008

Le Diable s’habille en Prada - L'auteur

Critique de lecture

Le Diable s’habille en Prada / Lauren Weisberger ; traduit de l’américain par Christiane Barbaste. – [Paris] : Fleuve Noir, c2004. – 506 p. : 18 cm. – ISBN 2-226-15014-6

Titre original: The Devil wears Prada

Quatrième de couverture

Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place !

Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère. Leurs raisons de vivre ? Répondre à TOUTES les angoisses existentielles de la déesse Miranda. Justement, cette dernière vient de trouver une nouvelle victime de la mode : " An-dre-ââ "...

L’auteur:Prada2

Lauren Weisberger est née un 28 mars 1977 en Pennsylvanie, dans la ville de Scranton dans une famille juive assez conservatrice. En 1988, après le divorce de ses parents, sa mère et sa jeune sœur, elle déménagea avec sa famille dans la ville d’Allentown. Après avoir été au Parkland High School, elle étudia à l’Université de Cornell. Elle obtint son diplôme en Anglais en 1999.

Tout de suite après l’obtention de son diplôme, elle partit pour l’été pour faire le tour de l’Europe et voir d’autres pays, l’Egypte, Israël, l’Inde, la Thaïlande, le Népal, … Elle revient ensuite au Etats-Unis et déménagea à New-York. Elle travailla comme assistance pour la rédactrice du Magazine « Vogue », Anna Wintour. Son premier roman, The Devil Wears Prada, paru en 2003, est d’ailleurs largement inspiré de sa propre expérience.

Elle conserva se poste pendant environ 10 mois avant de quitter le Vogue pour le magazine « Departures », pour lequel elle éventuellement écrivit divers articles. Elle suivit également à ce moment des cours d’écriture.

Elle publia son premier roman en 2003. Le Diable s’habille en Prada fut un succès immédiat et un best-seller dans plus de 30 pays. Il fut adapté au cinéma en 2006. Elle publia son deuxième roman, Everyone Worth Knowing, également un best-seller, en 2005.

L’auteur vit toujours à New York et travaille actuellement sur son prochain roman.

Site personnel de l’auteur: http://www.laurenweisberger.com/

Bibliographie:

  • The Devil Wears Prada (2003)
  • Everyone Worth Knowing (2005)

Commentaires à suivre...
 

Citations :

« Les portes se sont ouvertes en face d’un petit groupe d’assistantes de mode qui descendaient chercher les cigarettes, les Coca light et salades composées qui constitueraient le menu de leur déjeuner. La panique s’est répandue comme une traînée de poudre sur ces jeunes et jolis visages, et j’ai bien cru qu’elles allaient se piétiner les unes les autres en cherchant à s’écarter du passage de Miranda. Le groupe s’est scindé par le milieu, trois filles d’un côté, deux de l’autre, et Sa Seigneurie a daigné s’engager entre cette haie. ». p. 354

Sources :

8 mars 2008

Ô Solitude ! (suite)

Ô Solitude ! / D. Kimm. -- Montréal: Triptyque, 1987. -- 135 p. : 6 photogr. ; 21 cm. – ISBN 2-89031-056-6Solitude

Commentaire personnels

Ô solitude
est un roman poétique. Divisé en 7 parties, les 6 premières identifiées par un chiffre romain, la dernière partie intitulée « La Fille du Capitaine ». Chaque partie – exceptée la dernière – est composée de petits chapitres titrés du nom de trois filles : Anne, Dominique et Edith. Puis, une page grise, suivie d’une photographie d’une statue, puis une page de texte en italique non titrée. L'oeuvre de D. Kimm est dédié « à elles, aux filles-solitaires »… Chaque fille solitaire, comme les statues présentées, semble à la recherche d’elle-même. Le livre nous présente d’abord les 3 filles, Anne, Dominique et Edith, puis nous livre une synthèse des trois dans le texte en italique, peut-être l’auteur… Nous sommes témoins de leurs réflexions, leurs peurs, rencontres et leurs relations avec les autres, et surtout leur solitude. Puis la fille du capitaine, solitaire sur son île nous apparaît. Ne parlant plus, se promenant seule sur la plage, ne sachant pas elle-même si elle est folle, se perd dans le vent et… « trace des paroles secrètes, des mots dans le sable blanc. Elle regarde la lune en pleine face jusqu’à avoir mal aux yeux. Elle fait des incantations. Elle gémit, elle hurle dans sa tête. Elle hurle sa plainte de fille-louve. Elle hule sa plainte de louve-blessée. Elle hurle sa plainte de fille-solitaire. ».

Difficile de parler du livre de D. Kimm sans retourner dans mes souvenirs. Première année de cégep, cours de création littéraire par Philippe Haeck… lectures obligatoires, textes à écrire et rencontre avec auteurs. Premier livre de la session : Ô Solitude ! de D. Kimm. J’aimais déjà beaucoup lire et j’aimais la poésie, mais à 17 ans, mon expérience littéraire était encore jeune. Le livre de D. Kimm me transporta littéralement… Les mots m’émurent et je me perdis dans la lecture de ce livre trop court. Les photographies de statues me touchèrent profondément, surtout celle de la couverture qui est une de mes statues préférées de Montréal. J’avais trouvé les mots significatifs, vibrants, poétiques et réels. Et puis, D. Kimm fut invitée dans mon cours. Et elle parla. Mon amie et moi fûmes véritablement ensorcelées par sa présence, par ses mots et par son livre. Longtemps nous avons dit qu’elles nous avaient ensorcelées à être des filles, à rester jeunes.

J’ai relu le livre la semaine dernière. Et même si je suis d’accord que la relecture est souvent importante et nécessaire, mais je crois aussi qu’il y a certains livres qu’il ne faut pas relire. Comme il y a des films qu’il ne faut jamais revoir.

Et je crois fermement que je n’aurais pas dû relire ce livre. Il m’avait tellement marqué, tellement touché… et cette relecture m’a plu, mais sans plus. J’ai vu des choses que je n’aurais pas voulu voir… Et j’ai eu des réflexions que je n’aurais pas voulu avoir… et je me dis que même si j’ai encore aimé cette lecture, j’ai perdu un peu de l’ivresse que me donnaient ces mots. Je me suis sentie triste, vide… Perdre ses illusions… ses souvenirs… perdre le moment… La lecture m’a encore plu, mais j’ai perdu l’ivresse… C’est un peu triste. Mais j’aime encore les mots. Je les vois simplement autrement.

Citations

« Je suis quelque chose entre la fée, la fille et la sorcière. Disons que je passe de la princesse à la folle. Quand je marche dans la rue, des milliers d’oiseaux défilent derrière moi. C’est fabuleux. Des milliers de corbeaux, des milliers de vautours. Quelle désolation – c’est fabuleux ! » p. 25

« Elle trouve étrange cette nostalgie soudaine pour son enfance. Elle pense que ce n’est pas son genre. Et puis tout de suite après, presque en même temps, elle pense… pourquoi pas ? Qui a décidé, qui peut décider de son genre ? » p. 49

« J’ai les mains glacées. Je suppose que je dois y voir le signe d’une malédiction. Je ne suppose rien. Les mains glacées vous obligent à demeurer solitaire. Ne pas se toucher, ne pas se laisser toucher, ne toucher personne. » p. 109

Premier article

7 mars 2008

Ô Solitude !

Ô Solitude ! / D. Kimm. -- Montréal: Triptyque, 1987. -- 135 p. : 6 photogr. ; 21 cm. – ISBN 2-89031-056-6

Quatrième de couverture

D. Kimm est une fille…………………. née en 1959………………. vit à Montréal……………….. elle aime les statues……………. la solitude, elle………………son premier livre…………………

L’auteur

Solitude2D.Kimm est née en 1959. Elle a fait des études en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle publie son premier roman en 1987, Ô Solitude !. Elle touche à plusieurs domaines artistiques : l’écriture, la performance, la mise en scène, la danse, … Elle organise plusieurs ouvrages collectifs : Le Montréal des écrivains en 1988, l’Anthologie de la poésie des femmes en 1990 et en 2003. Elle publie également dans plusieurs revues.

Elle participe et présente divers spectacles de danse, de théâtre et de poésie. À partir de 1994, elle prend la direction artistique de plusieurs événements et spectacles. Ces spectacles, tels Le Bestiaire, Dérives pour voyeurs consentants, Le Marché des Mots Dits, Auteurs et personnages: Cabaret littéraire à double tranchant (quelques exemples) regroupent à la fois des artistes, danseurs, musiciens, comédiens ainsi que des écrivains et poètes.  En 1995, elle créa le spectacle Pas de chicane dans ma cabane présenté dans le cadre du Festival des Francophonies de Limoges. Elle dirige également l’organisme à but non lucratif Les Filles électriques. Ce groupe a pour mandat de « créer, diffuser et archiver des œuvres et événements artistiques interdisciplinaires liés au texte performé. » Les Filles électriques produisent entre autres le Festival Voix d’Amérique, proposant des œuvres liées à la littérature orale, au « spoken word », au texte performé.

Elle présentera en 1999, un spectacle multidisciplinaire La Suite mongole qui sera publié en 2001, sous forme de livre accompagné d’un cédérom. Artiste versatile et très active, elle crée avec l’artiste Alexis O’Hara, un spectacle. Et elle a sorti il y a peu de temps, un disque solo Le Silence des hommes.

Une biographie plus détaillée sur le site de l’auteur : . On peut visionner une entrevue avec D. Kimm à l’émission Ça manque à ma culture.

Bibliographie

  • Ô Solitude! (1987),
  • Chevale (1989)
  • Tableaux (1991)
  • La Suite mongole, livre+cédérom (2001)

Commentaires à suivre... 

27 février 2008

Le Libraire

Critique de lecture

Le Libraire /  Régis De Sá Moreira. – [Paris] : Éd. Au diable vauvert, 2006. – 189 p. ; 18 cm. – Coll. Livre deLe_Libr poche : 30619. – ISBN 2-253-11371-9

Quatrième de couverture :

- Vous l'avez lu ?
- Oui, dit le libraire.
- Moi aussi, répondit le jeune homme.

Le libraire lui sourit. Le jeune homme prit confiance :

- Mais je l'ai offert à quelqu'un... à qui je n'aurais pas dû l'offrir.
- C'est difficile d'être sûr de ces choses-là, répondit le libraire.
- Oui, dit le jeune homme.
- Ne désespérez pas, dit encore le libraire. Certains livres sont à retardement...

L’auteur :

Régis de Sá Moreira est né en 1973. Son père est brésilien et sa mère est originaire de France. Il publia son premier roman, Pas de temps à perdre, en 2000. Ce premier roman fut vendu reçut le prix Le Livre élu (Prix des jeunes lecteurs des Hauts-de-Seine) et se vendit à plus de 3700 exemplaires.

Bibliographie :

  • Pas de temps à perdre (2000)
  • Zéro tués (2002)
  • Le Libraire (2004)

Commentaires :

Il arrive qu’une critique détaillée ne me semble pas nécessaire. Ou alors, disons tout simplement que je n’ai pas envie de décortiquer le texte. Le Libraire raconte l’histoire d’un homme, un libraire, qui vit dans sa librairie. Il y reste jour et nuit, au cas où un client viendrait… il ne voudrait pas qu’il se bute à une porte fermée. Le libraire est un homme solitaire, parfois heureux, parfois triste, mais surtout passionné par ses livres. Il a une famille qu’il ne voit jamais mais à qui il envoie des pages de livres. Il avait des amis, mais il n’en a plus. Et il y a les clients, parfois réels, parfois imaginaires. Parfois, il aide ses clients, parfois, il les fuit et même se cache. Parfois, il leur donne de fausses informations, et parfois il refuse de leur répondre. Mais il y a certains clients auxquels il consacre son temps, avec plaisir. Il sélectionne les gens avec qui il va partager sa librairie. Il boit des tisanes après avoir servi un client ou se cache derrière son bureau quand il ne veut pas voir un client.

Le roman est court, l’écriture poétique, onirique… assez singulière. L’auteur joue avec les mots, les sons, les répétitions, la musicalité des phrases. Des petites scènes, des instants, des rencontres… Ce roman est plutôt un conte ou encore une fable – même si ce n’est pas la même chose… On sent que certains passages ne sont qu’un exercice de poésie, de style… qu’un jeu avec les sons et les mots. Peu de descriptions, beaucoup de non-dits, il faut parfois remplir les blancs… on s’imagine alors ce que l’auteur voulait dire ou encore ce qu’on aimerait qu’il ait dit. On peut noter ici et là certaines allusions, certaines allégories sur la mort, Dieu, l’amour, la vieillesse, la solitude, la littérature… le questionnement que nous avons tous sur la vie…

Les livres ont une place centrale dans le roman et dans la vie du libraire. La librairie est un reflet des lectures du libraire et des conseils qu’il fait à ses clients. Il est le passage entre le livre et la lecture. Il semble que l’auteur ait rassemblé dans son livre ses expériences de librairie, de lecteurs… de bouquineurs. Roman sans véritable histoire, il est surtout composé de moments, de livres… et de soupirs.

C’est une librairie impossible qu’on voudrait pouvoir trouver un jour, au détour d’un coin de rue. Entrer dans cette librairie remplie de livres sans classement. Errer dans les rayons à la recherche du livre qui nous bouleversera, et peut-être échanger quelque mots sans sens et irrationnels avec un libraire étrange.

Certains peuvent se lasser du style de l’auteur… mais le roman est si court que je vois mal comment on peut se fatiguer des répétitions et étrangetés du libraire.

J’ai lu le livre rapidement… et voyant les pages défilées, j’ai voulu ralentir pour ne pas finir trop rapidement… mais les poudoupoudoupoudou demandent une lecture rapide et rythmée. Et j’ai voulu le relire… facile, il est si court… et j’ai encore aimé. Et il m’a ensuite rappelé d’autres lectures… et des visites à des librairies…

J’ai beaucoup aimé le libraire – Le Libraire – même si lorsque j’ai refermé le livre, j’étais mélancolique et triste.

L’avis de Lilly

Citations :

« En redescendant son escalier, une tasse de tisane à la main, le libraire aperçut la question.
Elle venait de se faufiler sous la porte sans déclencher le poudoupoudoupoudou et elle cherchait le libraire dans la librairie. La question entrait de temps en temps et toujours sans prévenir. »
p. 63

« Et sa préférée parmi toutes : « Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs. » Il y avait quelque chose dans cette phrase. Un pouvoir magique qui marchait à tous les coups. Le libraire avait d’abord pensé qu’il était le seul à y être sensible, qu’elle réveillait peut-être en lui un rapport particlulier qu’il entretenait avec les icebergs, mais il l’avait essayée dans plusieurs situations et il avait découvert que les clients aussi y réagissaient, même si les réactions étaient chaque fois différentes, ainsi qu’étaient différents les clients. » p. 94

25 février 2008

La cité du Soleil: 2. L'oeuvre

La cité du soleil / Tommaso Campanella ; trad. de l'italien par Arnaud Tripet ; notes et postface de Jérôme Vérain. -Campanella Paris : Éd. Mille et une nuits, 2000. - 92 p. ; 15 cm. - (La petite collection, 261). ISBN 2-84205-450-4

Titre orginal : La città del Sole

L’œuvre :

Pour mieux comprendre l’œuvre de Campanella il faut connaître la vie remplie de souffrances et d'injustices qu'a subies l'auteur. Ce besoin de justice sociale se retrouve dans l’œuvre utopique La Cité du Soleil.

Città del Sole fut écrit en italien en 1602 dans une Naples Espagnole en pleine Contre‑réforme, alors que Campanella est en prison. Cette version ne sera publiée qu’au XXe siècle. Une deuxième version du texte fut rédigée en latin sous le titre Civitas solis en 1613 et est éditée en Allemagne en 1623. Le texte rencontra un large public mais fut immédiatement saisi sur ordre de l'Inquisition. La Cité du Soleil est une description d'une société politique, d'une république philosophique idéal. Une société, une organisation communiste que l'auteur croyait pouvoir réaliser. L'auteur ne cache pas ses influences de La République de Platon et d'Utopie de Thomas More, mais il apporte à son utopie ses propres théories.

Le texte fut d’abord rédigé en un italien vulgaire, vivant et populaire, dans lequel on retrouve de nombreux termes dialectaux. Malgré une apparence de simplicité, le style est étudié et élaboré pour donner une impression de spontanéité. Ce qui sert à donner une crédibilité au texte, un sentiment d'immédiat. Le récit est bref et décrit des choses concrètes et quotidiennes de la vie des gens de la Cité. Il se présente sous forme de dialogues entre un Hospitalier et un marin génois. On remarque deux parties sous-entendues: dans la première un marin génois raconte sa visite à la Cité du Soleil, ville inconnue et merveilleuse à un hospitalier - qui n'a pour rôle que d'écouter et poser les bonnes questions aux endroits appropriés -; la deuxième partie reprend un après l'autre tous les concepts théoriques mentionnés auparavant.

Le narrateur fait une description détaillée des mœurs, des habitudes de vie d'un peuple vivant selon un ordre social nouveau.

Il donne pour origine à ce peuple, l'Inde dont il aurait fui la tyrannie. Il leur attribue une langue particulière et, grâce à leur façon de vivre, une espérance de vie de deux cent ans. C'est une société parfaite qui détient sa puissance dans l'importance qu'elle accorde à la connaissance ; les enfants sont d’ailleurs éduqués dès leur plus tendre enfance. Elle se caractérise également par son système communautaire. On note une absence totale de propriété individuelle - chaque citoyen doit changer tous les six mois de domiciles - pour le profit de la communauté. Tout est décrit en détail: la vie quotidienne (l'habillement, le travail, les loisirs, la nourriture, etc.), l'apparence physique des citoyens, la vie sexuelle (l'accouplement, la famille), la vie religieuse, la vie guerrièr

Le texte commence par une description géographique de la cité. Celle-ci est située dans une plaine de Taprobane (près de Sumatra). C'est une ville inconnue et unique. Elle est située sur une île inconnue. Elle est circulaire, composée de sept murailles concentriques se rapprochant d'un temple rond situé au milieu sur une colline et qui est le cœur de la cité. Ce temple possède une coupole représentant le ciel ainsi qu’un autel avec deux cartes du monde. Tout y est grandiose, énorme et somptueux. Les sept murailles, portant le nom des sept planètes, servent à protéger la ville contre les attaques et sont aussi destinées à enseigner toute la connaissance des Solariens. Gravé et dessiné sur les murs, on retrouve tout le savoir: figures mathématiques, arbres, plantes, animaux, métiers, machines, lois, arts, alphabet etc. C'est une connaissance universelle de tout et même de ce que nous ne connaissons pas encore. Ils sont plus savants que n'importe quels autres peuples. Sur les murs, on retrouve également les noms d'hommes qui se sont distingués par leur valeur. On remarque des Solariens mais également Moïse, Osiris, Pythagore, Mahomet et Jésus.

Si les Solariens se distinguent par leur besoin de connaissance, ils se caractérisent également par leur désir de s'instruire sur tous les autres peuples.

Le narrateur s'attardera longuement au régime politique de la Cité dirigé par un chef suprême détenant le pouvoir temporel et spirituel, Hoh ou Métaphysicien, celui-ci a le plus haut niveau de connaissance. Il est assisté par trois gouvernements: Puissance, Sagesse et Amour. Amour (Mor) s'occupe de la génération de la vie sexuelle et de l'épuration de la race ; Puissance (Pon), de l'armée, la guerre et la défense. Quant à Sagesse (Sin), il détient le pouvoir sur l'art, les métiers et la science. Ce dernier est assisté de fonctionnaires: Médecin, Mathématicien, etc. La société est également dirigée par des magistrats qui représentent les vertus: Magnanimité, Courage, Chasteté, Justice, Activité,  etc.

On remarque cette particularité des noms des Solariens qui s'étend au peuple: Beau, Cordial, Bonne... Les noms signifiant un trait de personnalité.

Le narrateur décrira ensuite en détail tout ce qui entoure la vie des Solariens: la monnaie qu'ils utilisent dans leurs échanges commerciaux avec d'autres peuples; comment ils accueillent les visiteurs, leur système judiciaire, leurs croyances religieuses et leurs rites. C'est un peuple idéal, qui ne connaît pas le crime, la maladie, la vanité, la jalousie. Tout est exécuté en fonction du bien de l'état.

La fin du texte deviendra par la suite un peu confuse et prétexte à l'exposition de diverses théories de Campanella. On y retrouve un amalgame de thèse sur l'origine de l'univers, la philosophie, l'immortalité de l'âme, la trinité... Il fait ensuite une apologie de la chrétienté, une énumération d'inventions. Il jette ensuite, pèle‑mêle sa théorie sur la vertu des nombres, le rôle de la femme. Il fait quelques prédictions - notamment sur la christianisation du Nouveau Monde.

Campanella, dans sa cité utopique voulait une société juste. Il avait vécu toute sa vie dans l'injustice et l'incompréhension de sa société face à son désir de connaissance. Il créa donc une ville où il pourrait vivre libre de savoir et de penser comme il voulait.

La Cité du Soleil est une République universel inspirée de l'église catholique. C'est une société qui vit en communauté totale de biens et de femmes. Il élimine dans sa Cité toute forme de propriété. Tous ont le même habillement etc. Les fonctions et les services sont distribués de façon égale entre tous. Tout est en commun, aucune propriété individuelle: magasin d'état, réfectoire où chacun à la même portion de nourriture. Les magistrats sont cependant responsables de la juste répartition des biens. La répartition est faite selon les mérites de chacun. Personne ne doit manquer de ce dont il a besoin.

Les qualités principales de tout bon citoyen de la Cité sont le dévouement, la solidarité et la fraternité. Il n'y a donc aucune convoitise, jalousie, envie entre les Solariens. Autre caractéristique des Solariens : l'importance qu'ils accordent à la connaissance. La journée de travail est de quatre heures pour permettre aux citoyens d'étudier, discuter, lire... C'est une connaissance de tout qu'ils préconisent. Celui qui connaît le plus de métier est valorisé. L'activité physique est également important

Campanella laisse entrevoir dans son texte son intérêt pour l'astrologie, la science et Dieu. Tout est réglé par les astres; la science est mise de l'avant; la religion est essentiellement catholique. La science et la religion ne sont pas toujours clairement distinguées l’une de l’autre.

Dans sa cité nouvelle, Campanella reforme une religion catholique ou le Soleil est adoré comme représentant Dieu. C'est une religion monothéisme où sont présent Jésus, le Christ, la Trinité, mais où est également présent le sacrifice humain volontaire mais non mortel. La ville est dirigée par des magistrats qui font office de prêtres. C'est un catholicisme nouveau.

Campanella décrit aussi avec beaucoup de détails une société où la famille est abolie, où les relations sexuelles sont réglées et où il y a une certaine licence surprenante. L'amour n'est pas tout à fait proscrit, le couple ne peut cependant s'unir, sauf si la femme est stérile ou déjà enceinte. La femme est ici encore valorisée selon sa capacité à continuer la génération. Il existe encore dans la société idéale des différences entre les deux sexes. Il y a séparation des tâches, de certaine activité. Les hommes travaillent le bois, les femmes tissent!

Ce peuple paisible accorde cependant beaucoup d'importance à la force guerrière. Isolés sur une île, ils n’en sont cependant pas les seuls occupants. Un peuple si heureux et parfait suscite nécessairement des jalousies parmi les autres contrées. Ils doivent être bien formés et capables de se défendre. Les Solariens n'ont aucune défaite et ont conquis de nombreuses contrées. Élément particulier du texte du moine dominicain est cette domination extérieure des Solariens. Ils ont répandu leur société idéale, leurs lois à d'autres peuples. C'est cependant un peuple bon pour ces ennemis:

"... la guerre n'a pas pour but de les exterminer,
mais bien de les rendre meilleurs." (p.81) 

Ils s'instruisent de leurs mœurs, leur gouvernement, leurs lois, leur histoire, ils observent le bon et le mauvais. Car les Solariens sont toujours ouvert au perfectionnement. Il faut souligner que la guerre avec les peuples qui les attaquent est en un sens nécessaire à la Cité. La menace qu’elle constitue permet la cohésion de la société.

Ce peuple de La Cité du Soleil, est presque parfait. Il existe cependant des lois – même s’il y en a très peu - et une justice pour les quelques crimes présents. Il n’y a cependant pas de besoin pour une prison. La justice et la solidarité sont telles que le suicide est souvent commis pour sauvegarder l'intégrité de la Cité.

Ce texte de Campanella se trouve à la croisée de la pensée du Moyen-Âge qui attendait une Jérusalem céleste et théocentrique et de la pensée de la Renaissance. A la renaissance on trouve un mélange de Christianisme venant de Platon et de superstition astrologique. La Cité du Soleil renferme ces deux types de pensée. Elle est une utopie typique: c'est une incarnation de l'idéal traduit par une cité et où régit une religion universelle mené par la raison.

La Cité de Campanella est idéale, exempte d'injustice, de jalousie, d'avarice, de propriété, de maladie, de difformité, d'imperfection. Une société exemplaire où le savoir et la communauté sont mises en première place. Bien des siècles plus tard, des socialistes tels que Bernard Russel reprendront certaines théories de La Cité du Soleil de Campanella. C'est un texte du XVIIe siècle, mais qui véhicule des idéaux communistes intemporels.

Texte utopique par excellence mais qui possède ses particularités. Texte, où se mélangent théorie philosophique, prédiction et inventions qui se sont réalisées dans le futur. Utopies réalisées. Campanella a imaginé une société parfaite qui a fait rêver plusieurs idéalistes, pour sa part il était certain d'en voir la réalisation dans un futur proche.

Sources à consulter :

Voir le premier article: La Cité du Soleil: 1. L'auteur

24 février 2008

La cité du Soleil: 1. L'auteur

La cité du soleil / Tommaso Campanella ; trad. de l'italien par Arnaud Tripet ; notes et postface de Jérôme Vérain. - Paris : Éd. Mille et une nuits, 2000. - 92 p. ; 15 cm. - (La petite collection, 261). ISBN 2-84205-450-4

Titre orginal : La città del Sole

Bien que le terme d'utopie vient de Thomas Morus qui écrivit en 1518 son texte Utopia, sive de optimo republica statu, la notion quant à elle existait depuis déjà plusieurs siècles. Depuis toujours, écrivains et philosophes décrivent des pays et des villes imaginaires ayant des systèmes gouvernementaux idéaux et qui diffèrent de ceux connus dans le monde réel. Si les noms de Platon, Moore, Bacon viennent facilement à l'esprit lorsque l'on parle d'utopie, on oublie souvent celui de Campanella. Il est pourtant un célèbre auteur de la Renaissance. La Cité du Soleil est en fait une utopie remarquable.

L’auteur :

campanella_MDTommaso Campanella (Giovanni Domenico Campanella) est né à Stilo en Calabre, le 5 septembre 1568 dans une famille pauvre. Dès son enfance, il fut considéré comme un enfant prodige, ayant une passion pour les arts et les sciences. À l'âge de 14-15 ans il entre au couvent des Dominicains à Cosenza en Calabre –c’est à ce moment qu’il prend le nom de Tommaso. Sa volonté d'apprendre et de tout savoir ne le quitte pas: il s'intéresse à la médecine, à l'astronomie, la théologie, la magie. Il mélange volontiers la science et la superstition.

Il se lasse cependant très vite de l'enseignement traditionnel pour se diriger vers une pensée philosophique libre. Il lit le philosophe Telesio qui dirige sa pensé contre Aristote et vers une nouvelle conception des sciences et de la réalité basée sur l'observation. Il écrivit alors son premier ouvrage Philosophia sensibus demonstrata qui se veut une critique d’Aristote ainsi qu’une défense de Telesio et de la philosophie démontrée par une observation de la nature et non plus apprise abstraitement dans les livres. À Naples, en 1589, il rencontra Giambatissta della Porta qui l’introduira à l’astrologie et la magie. Petit à petit, Campanella s’éloigne de la pensée dominicaine.

Son texte, Philosophia sensibus demonstrata, ne passera cependant pas inaperçu et en 1591 il est emprisonné et accusé d'être inspiré par un démon. Il fut cependant acquitté l'année suivante, sous condition de regagner la Calabre qu'il avait quittée en 1589. Il s'y refuse et part à travers le pays. Il sera alors victime de plusieurs accusations. Il parcourt diverses villes, écrit, ne cesse jamais de défendre ses théories philosophiques et de se battre contre les idées reçues et les préjugés. Après dix ans d'absence, il est de nouveau arrêté et retourne cette fois-ci dans son pays.

C'est alors que survient le drame capital de sa vie. Loin de se renfermer dans le silence, il organise une conjuration pour arracher la Calabre au joug de l'Espagne. Ce sont une révolte politique et une refonte sociale totale qu'il désire voir se réaliser. Son projet de liberté et de république communautaire réussi à gagner de nombreux adhérents. Il sera quand même trahi et capturé en 1599. Il est accusé de conjuration, de lèse-majesté et d'hérésie. Après de longues et atroces tortures, il est reconnu fou, ce qui le sauve de la peine de mort. Il restera en prison pendant 27 ans.

Pendant ces années de détention, il écrit plusieurs ouvrages philosophiques et utopiques que des amis réussissent à faire publier à l'extérieur. Malgré son emprisonnement, il est célèbre à travers l'Europe et ses idées des philosophies naturelles et d’astrologie sont connus de tous.

En 1626, il est libéré provisoirement. A peine un mois plus tard il est de nouveau jugé pour les mêmes raisons, mais cette fois devant un tribunal ecclésiastique. Il est définitivement libéré deux ans plus tard grâce à l'intervention du Pape Urbain VIII. Il a maintenant soixante ans, mais il refuse de se calmer et de se reposer. Enfin libre, il continue à écrire de nombreuses œuvres qui pour la plupart se perdront définitivement. Il continu à militer dans divers projets politiques et philosophiques. Il suscite de nombreuses jalousies, surtout de la part des Jésuites. Il devra fuir en France, où finalement il pourrait jouir d'une liberté sans problèmes. Il devient plus tôt, à l'âge de soixante-dix ans, le conseiller de Richelieu.

Toute sa vie, il continue à se défendre contre ses ennemis. Il se bat contre les censeurs, défend ses thèses et ses idées politiques et religieuses, cherche à réformer les sciences – en suivant à la fois la Nature et les Écritures Saintes ainsi que les nouvelles découvertes géographiques et astronomiques. Il meurt en 1639, soit à l'âge de soixante et onze ans, à St Honoré à Paris en France. Il n'aura jamais cessé d'espérer une paix entre les peuples et une justice sociale.

Il écrivit de nombreux ouvrages poétiques d'une grande beauté – la plupart alors qu’il est captif - des œuvres philosophiques et même une tragédie sur la mort de Marie Stuart. Son œuvre philosophique – parfois considérée comme révolutionnaire - se caractérise par sa critique d'Aristote et par son parti pris pour une méthode naturelle et expérimental. Plusieurs écrits sont aujourd’hui introuvables ou incomplets. Parmi les ouvrages connus, on retrouve: La Monarchie d'Espagne, Athéisme Vaincu, Monarchie du Christ, Astronomie, Métaphysique, Antivénitiens, Le Sens des choses, Aphorismes politiques et bien sûr La Cité du Soleil.

Sources à consulter :

Comentaire sur l'oeuvre à suivre

4 février 2008

Le Fou et le professeur

Simon2Critique de lecture

Le Fou et le professeur: une histoire de meurtre, de démence, de mots et de dictionnaire / Simon Winchester ; traduit de l'anglais par Gérard Meudal. -- [Paris]: JC Lattès, c2000. -- 316 p. ; 18 cm. --ISBN 2-253-15082-7

Quatrième de couverture :

À l'automne 1896, le Dr James Murray, prestigieux auteur de l'Oxford English Dictionary, décide de rendre visite à un certain Dr Minor, qui depuis des années lui adresse bénévolement des notices érudites d'une remarquable précision. Une surprise de taille l'attend : le Dr Minor vit à Crowthorne (Berkshire), dans un asile d'aliénés, où il a été interné à la suite d'un meurtre. Entre cet ex-chirurgien militaire américain, en proie à des pulsions sexuelles morbides, et le brillant universitaire autodidacte, va naître une étrange amitié.

Le Fou et le professeur : une histoire vraie où les obsessions d'un meurtrier dément côtoient l'élaboration du monumental dictionnaire anglais ; un récit haletant où les mots « folie », « passion » et « mort » sont explorés dans leurs plus ténébreux arrière-plans...

La société américaine de Luc Besson a acheté les droits cinématographiques du livre de Simon Winchester.

L'auteur:

Simon Winchester est un journaliste et auteur, né en Angleterre en 1944.

Il étudia la géologie au St Catherine’s College à Oxford. Il travailla tout d’abord comme géologue et ingénieur pendant quelques temps en Afrique sur des plates-formes pétrolières. Il devient ensuite journaliste et publia divers articles et essais pour plusieurs magazines et journaux tels The Guardian, Smithsonian Magazine, The Sunday Times et National Geographic. SesSimon articles traitent de sujets très diversifiés, allant de l’architecture, l’océan Pacifique, de critiques de romans, relations de voyages, … Il est également connu pour avoir été arrêté et détenu par les forces argentines pour espionnage, dans les Iles Malouines dans les années 1980.

Il a écrit de nombreux ouvrages dont les plus connus sont The Map That Changed the World (2001), A Crack in the Edge of the World:America and the Great California Earthquake of 1906 (2005) et The Surgeon of Crowthorne (1998). 

Il vécut dans de nombreuses villes, Hong Kong, London, New Delhi, New York, Belfast, entre autres. Il vit présentement, à la fois, sur une petite ferme du Massachusetts aux Etats-Unis et en Écosse sur les Western Isles. Il est membre de l’Ordre de l’Empire Britannique (OBE).

Le site de l’auteur: http://www.simonwinchester.com/

Bibliographie partielle :

  • In Holy Terror: Reporting the Ulster Troubles (1974)
  • American Heartbeat: Some Notes from a Midwestern Journey (1976)
  • Their Noble Lordships: The Hereditary Peerage Today (1981)
  • Prison DiaryArgentina (1983)
  • Stones of Empire: The Buildings of the Raj/Jan (1983)
  • Outposts: Journeys to the Surviving Relics of the British Empire (1985)
  • Korea: A Walk through the Land of Miracles (1988)
  • The Pacific Hutchinson (1991)
  • Pacific Nightmare (1992)
  • Small World (avec Martin Parr) (1995)
  • The River at the Centre of the World (1997)
  • The Surgeon of Crowthorne: A Tale of Murder, Madness and the Making of the Oxford English Dictionary (Publié aux EU sous le titre: The Professor and the Madman) (1998)
  • The Fracture Zone: A Return to the Balkans (1999)
  • America's Idea of a Good Time (avec Kate Schermerhorn) (2001)
  • The Map That Changed the World (2001)
  • Krakatoa - The Day the World Exploded: 27 August 1883 (2003)
  • The Meaning of Everything: The Story of the Oxford English Dictionary (2003)
  • A Crack in the Edge of the World: America and the Great California Earthquake of 1906 (2005)

Résumé et commentaires:

Dans son livre, Le Fou et le professeur, Simon Winchester nous raconte comment est né au XIXe siècle, le Grand Dictionnaire d’Oxford. Ce Dictionnaire est le premier ouvrage à répertorier et définir tous les mots de la langue anglaise et il est le résultat de près de 70 ans de travail. Avec ses 424 825 définitions, le Dictionnaire qui naquit en 1857, est considéré comme la référence par excellence de la langue anglaise.

Le livre nous raconte comment l’idée de ce grand dictionnaire a fait son chemin dans l’histoire de la lexicographie. Un dictionnaire comme le Oxford English Dictionnary était une nouveauté et sa naissance fut difficile. Les débuts laborieux du Dictionnaire nous sont expliqués ainsi que la méthode utilisée pour construire cette œuvre gigantesque. L’auteur nous présente également deux figures centrales et essentielles du Dictionnaire : celui qui deviendra le directeur du Dictionnaire, le professeur James Murray ainsi qu’un des principaux collaborateurs volontaires, le docteur, W.C. Minor.

On nous raconte la rencontre et l’étroite collaboration entre les deux hommes. La vie des deux hommes nous est d’abord racontée : leur enfance, leur cheminement et ce qui les a conduit au Dictionnaire. On s’attardera beaucoup sur la vie de W.C. Minor, ce collaborateur précieux mais étrange qui contribuera fortement à l’élaboration du Dictionnaire. Le docteur W.C. Minor est un américain, chirurgien retraité de l’armée qui vécut les horreurs de la Guerre de Sécession et qui s’exila à Londres où il sera arrêté et condamné pour meurtre. Il est ensuite enfermé dans un asile pour criminel pour le restant de ces jours d’où il offrira sa collaboration à la réalisation du Dictionnaire. L’équipe du Dictionnaire avait en effet demandé l’aide de volontaires pour répertorier et noter des citations pour tous les mots du Dictionnaire. Cet appel à tous avait été répondu par nombres de personnes, dont le docteur Minor. Le Professeur Murray et son équipe ignorèrent longtemps que leur plus précieux collaborateur, l’érudit et méthodique, docteur Minor, était certes un génie mais également était également un meurtrier dément. On nous raconte d’ailleurs en détail la psychose paranoïaque de Minor, ses causes probables et son évolution. L’auteur nous offre également quelques explications sur le type de folie qui aurait affecté Minor.

Cette oeuvre n’est pas un roman. Winchester nous offre ici une sorte de compte-rendu historique, le récit des événements et personnes qui ont entourées la réalisation d’une œuvre unique. Cependant, il faut noter que l’auteur s’est tout de même permis quelques effets et extrapolations. Certains événements sont nécessairement inventés ou déduits.  

L’histoire est par moment captivante mais parfois décousue. On passe souvent du coq à l’âne et on peut noter certaines répétitions. Certains passages m’ont apparus très longs et j’avais hâte qu’on en revienne à Minor et Murray. J’aurais aimé également qu’on traite un peu plus de Murray lui-même. Mais dans l’ensemble, le récit est bien mené et nous avons un compte-rendu historique, une intrigue psychologique, l’histoire d’un meurtre et le récit de l’étrange amitié de deux hommes liés par une même passion (obsession) et enfermés chacun dans leur prison (l’un dans un asile, l’autre dans le scriptorium qui est son lieu de travail)… mais surtout nous avons l’histoire de mots et de définitions. Chaque chapitre commence d’ailleurs par des définitions extraites du Dictionnaire et qui viennent illustrées la suite du récit.

Finalement, Winchester nous offre ses réflexions personnelles et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce récit bien véridique de la naissance et la réalisation d’un ouvrage magnifique et grandiose. Et qui est marqué à jamais par la collaboration d’un génie complètement fou.

Le réalisateur Luc Besson a apparemment acheté les droits du livre pour une adaptation cinématographique. Et on parle de Mel Gibson et Robin Williams dans les deux rôles principaux. J’avoue que cela m’intrigue et je vois très bien Robin Williams dans le rôle de ce professeur qui malgré ses hallucinations et sa démence est un homme cultivé et érudit.

Sources :

Citations :

« Peu de livres [Dictionnay of the English Language / Samuel Johnson] sont aussi agréables à regarder, à toucher, à feuilleter, à lire. On peut encore en trouver des exemplaires. Ils sont terriblement lourds, davantage prévus pour le lutrin que pour la main. Ils sont reliés de beau cuir brun, le papier est épais, d’un blanc crémeux, les caractères sont fortement imprimés sur la feuille. » p. 121.

« Définir correctement un mot exige un talent très particulier. Il existe des règles. Un mot (prenons par exemple un nom) doit d’abord être défini en fonction de la catégorie à laquelle il appartient (mammifère, quadrupède par exemple) puis différencié des autres membres de sa catégorie (bovin, femelle). La définition ne doit comporter aucun mot compliqué ou susceptible d’être moins connu que le mot qu’elle cherche à expliquer. Elle doit préciser ce qu’est une chose et ce qu’elle n’est pas. […] Tous les mots employés dans la définition doivent se trouver par ailleurs dans le dictionnaire. Le lecteur ne doit jamais tomber sur un terme dont il ne pourrait trouver la signification dans le dictionnaire. Si l’auteur de la définition suit rigoureusement toutes ces règles, s’il introduit dans cette confusion un souci constant d’élégance et de concision, s’il s’applique à la tâche, alors il doit en résulter une définition correcte. » p. 201

1 février 2008

La maison assassinée (suite)

Critique de lecture

magnan1La maison assassinée / Pierre Magnan. – [Paris] : Denoël, 1991. -- 345 p. ; 18 cm. – ISBN 2-07-037659-1. – Coll. Folio ; 1659.

Résumé :

À la toute fin du XIXe siècle, une famille vivant dans une auberge d’un village de la Haute-Provence est brutalement assassinée. Le seul survivant est un bébé de trois semaines. Trois hommes étrangers de la région sont arrêtés, condamnés et exécutés pour le crime.

L’enfant est envoyé dans un couvent où il est élevé par les religieuses qui ne lui révèlent rien de son passé. Devenu un homme, il part au combat lors de la Première Guerre Mondiale. Séraphin Monge revient des champs de bataille, sans aucune blessure mais marqué par ce qu’il y a vécu. Il devient cantonnier et décide de retourner au village qui l’a vu naître, Lurs. Depuis le massacre de sa famille, 25 ans se sont écoulés et le village semblait avoir oublié l’événement, mais le retour de cette homme, fort, beau, placide et qui semble insensible, dérange les habitants superstitieux qui l’évitent.

Alors qu’il se retrouve par hasard dans la maison familiale, laissée à l’abandon, un vieil homme lui révèle l’histoire horrible qui l’a laissé un orphelin : le massacre de son père, sa mère, son grand-père et ses deux frères. Le vieil homme prend soin de lui souligner que personne n’a jamais pu expliquer pourquoi il avait été épargné dans son berceau, ainsi que le fait que lui-même n’a jamais cru à la culpabilité des trois hommes exécutés.

Séraphin devient alors obsédé par l’histoire du massacre de sa famille et par des visions de sa mère. Il entreprend d’abord de détruire morceau à morceau la maison elle-même, La Burlière. Pendant cette destruction, il commence par découvrir petit à petit les secrets de sa famille. Et puis, il pense avoir trouver le mobile du crime ainsi que le nom des véritables coupables. Il décide de venger sa famille, mais alors qu’il commence à planifier la mort des coupables, un d’entre eux est retrouvé mort, probablement assassiné.

Commentaires :

Cela faisait longtemps que ce roman était sur ma liste… l’histoire m’apparaissait intéressante et j’aimais bien le titre. Il y a quelques semaines, je me suis finalement décidée. Et je ne sais…

Le livre se présente comme un roman noir, à la fois, polar, roman psychologique, avec quelques touches fantastiques. L’écriture est définitivement efficace. Les descriptions sont très bien rendues… je dois même dire que d’un point de vue purement personnel, le texte m’a complètement charmé !!! Les mots, les descriptions m’ont captivés… alors pourquoi n’ai-je pas été captivé par l’histoire ? Difficile à expliquer.

L’histoire est très noire et difficile. La psychologie du personnage principal très bien définie – même si je l’ai trouvé un tantinet pesante. Les personnages sont très bien campés, on les sent littéralement vivre sous nos yeux et la symbolique de leur personnalité très bien démontrée. L’atmosphère du roman est très noire… l’horreur de la guerre et les stigmates laissés sur la population, très bien présentés. On comprend parfaitement également l’angoisse de Séraphin et les angoisses des habitants du village face au seul survivant d’un massacre inexpliqué.

Mais l’intrigue n’a pas réussi à me captiver. Elle semblait à la fois accessoire et centrale et je n’ai pas réussi à savoir si elle m’intéressait ou non. Les personnages secondaires m’ont apparu peu approfondis et j’aurais aimé les comprendre plus. En particulier les personnages féminins – pourtant souvent dépeints par la critique comme très forts – m’ont semblé faibles et caricaturaux…

La toile de fond est cependant habilement rendue… la région, le village, l’époque, la vie de certains personnages, … une sorte de « polar du terroir » comme on dit certains… je dirais plus… « polar de la terre »… Roman qui se veut réaliste et poétique à la fois… peut-être trop… car le mystère de la mort de la famille de Séraphin Monge prend selon moi, trop l’arrière-plan. Ce n’est pas ce qui est important dans le roman… et donc, la fin tombe un peu à plat selon moi, à cause de cela…

Et donc… chaque page tournée me donnait envie de la relire et j’ai trouvé le roman très beau et poétique… mais je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire. Donc, je suis un peu déçue… Ce qui fait que je me promets de le relire dans quelques temps…

L’avis de Sylvie : http://passiondeslivres.over-blog.com/article-15518993.html

Citations :

« Avait-il vraiment tout effacé ? Une brique lui pesait sur l’estomac comme s’il avait mangé quelque chose de vénéneux.  […] Il redoubla de vigilance, les yeux à l’affût, tout son subconscient tendu vers il ne savait quoi. Il passa, il repassa, dix fois aux mêmes endroits, il s’obstina de son pas lourd qui arpentait l’espace vide entre les quatre cyprès-cierges, lesquels paraissaient maintenant souffrir d’une secrète pauvreté. » p. 132

« Un emportement prodigieux quoique refréné se frayait chemin par tous les défauts de son quant-à-soi ; Séraphin reçut cette vision et cet appel en pleine figure. » p.147

« Le soir était long à se dessiner, à s’installer sur la terre. Il devait y avoir eu de gros orages sur les hautes vallées, entre l’Ubaye et la Clarée car les nuages à tête rose fusaient hors des montagnes comme un bouquet trop longtemps contenu. » p. 156

« Car l’olivier est l’arbre de la douleur. Il n’apporte la paix qu’à ceux qui le contemplent à travers Dieu. Rien qu’à le voir, d’ailleurs, on devrait s’en douter. Tordu, noueux, arqué de toute sa stature voûtée de vieillard rompu à toutes les roueries du temps […] » p. 256

Sources :

Voir le premier article: La maison assassinée

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