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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
roman
25 janvier 2008

La maison assassinée

Critique de lecture

La maison assassinée / Pierre Magnan. – [Paris] : Denoël, 1991. -- 345 p. ; 18 cm. – ISBN 2-07-037659-1. – Coll. Folio ; 1659.

Quatrième de couverture :

Au début du siècle, cinq personnes sont massacrées à coup de couteau dans une auberge de Haute-Provence. Seul un bébé de trois semaines échappe miraculeusement à la mort. En 1920, un survivant croit découvrir les coupables, mais deux d'entre eux, un nouveau riche et le propriétaire d'un moulin a huile, sont assassinés à leur tour avant que Séraphin Monge ait pu accomplir sa vengeance. Insensible à l’amour des filles, obsédé par le visage de sa mère qui hante ses cauchemars, tout entier voué à la découverte d’il ne sait quel secret, le justicier Monge entreprend par ailleurs de démolir la maison maudite de fond en comble…

L’auteur :

magnan2Pierre Magnan est né le 19 septembre 1922 à Manosque du département Alpes-Haute-Provence. Il débuta ses études dans la sa ville natale jusqu’à l’âge de 12 ans. Puis à 13 ans, il travaille comme typographe dans une imprimerie de Manosque. À l’âge de 20 ans, pendant l’Occupation de la France, il sera appelé aux Chantiers de jeunesse, mais n’y restera pas longtemps.

En 1946 paraît L’Aube insolite, son premier roman acclamé par la critique mais que le public ignore. D’autres romans suivent, mais n’ont pas plus de succès auprès du public. Il continue d’écrire mais doit travailler pendant 27 ans dans une entreprise de transports frigorifiques. Alors qu’en 1976, l’entreprise de transports doit le licencier par manque de travail, il écrit un autre roman intitulé Le Sang des Atrides qui obtient enfin le succès auprès de la critique mais aussi auprès du public. Il reçoit en 1978, le prix du Quai des Orfèvres pour son œuvre.

Suivra ensuite en 1984 son œuvre la plus connue, La Maison assassinée, pour laquelle il obtient le prix RTL-Grand Public. D’autres romans suivront dont plusieurs furent primés. Quelques unes de ces œuvres furent également adaptées au cinéma dont La Maison assassinée.

Âgé aujourd’hui de 85 ans, il vit encore dans le département Alpes-Haute-Provence, dans la ville de Forcualquier. Amoureux de sa région, la plupart de ses romans s’y situent. De ses propres mots, il aime « les vins rouges de Bordeaux, les promenades, les animaux, les conversations et la contemplation de son cadre de vie »… Il a surtout écrit des romans policiers mais pas uniquement. Il se considère « l’écrivain des pauvres » et milite pour que les livres soient publiés directement en format poche pour « épargner tous les arbres sacrifiés ».  

Site de l’auteur : http://www.lemda.com.fr/

Bibliographie sommaire :

  • L'aube insolite (1946 - réédition 1998)
  • Le Sang des Atrides (1977 – réédition 2004)
  • Le Commissaire dans la truffière (1978)
  • Le Secret des Andrônes (1980)
  • Le Tombeau d'Helios (1980, réédition 2004)
  • Les Charbonniers de la mort (1982)
  • La Biasse de mon père (1983)
  • La Maison assassinée (1984)
  • Les Courriers de la mort (1986)
  • La naine (1987)
  • L'Amant du poivre d'âne (1988)
  • Le mystère de Séraphin Monge (1990
  • Pour saluer Giono (1990)
  • Les secrets de Laviolette (1992)
  • Périple d'un cachalot (manuscrit de 1940 – édité en 1951, 1986 et 1993)
  • Les Promenades de Jean Giono, (album) (1994)
  • La Folie Forcalquier (1995)
  • Les Romans de ma Provence (album) (1998)
  • Un grison d'Arcadie (1999)
  • Le parme convient à Laviolette (2000)
  • L'Occitane (2001)
  • Mon théâtre d'ombres (2002)
  • Apprenti (2003)
  • Un monstre sacré (2004)
  • L'enfant qui tuait le temps (2004)
  • Ma Provence d'heureuse rencontre : Guide secret (2005)
  • Laure du bout du monde (2006)

Citations :

« Une chevêche ululait dans un arbre. Au loin, portée par la houle d’un vent sans racines, la musique d’une viole guidant un bal mourant s’effilochait parmi les pins des collines. » p. 66

« Séraphin apporta une échelle double qu’il dressa contre la façade. Il monta sur le toit. Il décolla une tuile. Il la jeta. Elle éclata sur les dalles de la cour aux rouliers avec un bruit d’assiette cassée. Et il recommença une fois, dix fois, cent fois. À la fin de cette journée une plaie béait sur le toit de La Burlière. » p.85

Sources :

Commentaires à suivre...
 

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17 janvier 2008

Critiquer

LabyrinthOui, bon, je relis ma critique du roman de Kate Mosse. Et je me sens un peu coupable d'avoir été si dure avec son oeuvre. Elle y a de toute évidence mis beaucoup de temps et d'énergie. Loin de moi, l'idée de diminuer son travail...

Mais d'un autre côté, je suis un peu fatiguée de ces longs romans historiques/ésotériques/thrillers qui promettent une révélation incroyable, qui prennent des centaines de pages pour y arriver et qui finissent en queue de poisson.

J'avoue que ma propre critique fut longue... et j'avoue que j'ai critiqué plus que le roman de Mosse...

Sur une note positive, je veux souligner tout de même que l'intrigue et la "fameuse révélation" du roman de Kate Mosse ont tout de même la qualité d'être assez crédibles et intéressantes.

Mais... il reste tout de même que je n'ai jamais pu accrocher au roman et ce, pour toutes les raisons que j'ai énumérées dans mon article... Et pourtant j'aurais vraiment voulu aimer Labyrinth...

;-)

16 janvier 2008

Labyrinth

Critique de lecturemosse_Labyrinth

Labyrinth / Kate Mosse. -- London: Orion Books, 2005. -- 702 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-0-7528-6554-6

Titre en français: Labyrinthe

Quatrième de couverture

July 1209: in Carcassonne a seventeen-year-old girl is given a mysterious book by her father which he claims contains the secret of the true Grail. Although Alaïs cannot understand the strange words and symbols hidden within, she knows that her destiny lies in keeping the secret of the labyrinth safe…

July 2005: Alice Tanner discovers two skeletons in a forgotten cave in the French Pyrenees. Puzzled by the labyrinth symbol carved into the rock, she realises she’s disturbed something that was meant to remain hidden. Somehow, a link to a horrific past – her past – has been revealed.

L’auteur:

Née un 20 octobre de 1961 dans le Sussex Ouest en Angleterre, Kate Mosse est un auteur et une présentatrice à la télévision. Elle fit ses études au Chicherter High School et au New College d’Oxford. Après ses études, elle travailla pendant 7 ans dans le monde de l’édition. Elle commença d’abord à écrire des œuvres de non-fiction puis publia en 1996, son premier roman, Eskimo Kissing. La même année elle co-fonde le prix annuel « Orange Prize for Fiction », pour lequel elle est aussi le directeur honoraire ainsi que le « Orange Award for New Writers ».

MosseKateEn 1998, elle publie un deuxième roman, Crucifix Lane. Elle écrit également de nombreuses nouvelles et articles dans différents journaux, magazines et revues, incluant The Observer, The Guardian, The Times, The Sunday Times, Harpers Bazaar, et Financial Times. Elle occupa le poste de directrice exécutrice du Chischester Festival Theater, de 1998 à 2001. C’est pendant cette période qu’elle commença sa recherche pour le roman qui allait s’intituler Labyrith et qu’elle publia en 2005 et pour lequel elle reçut en 2006 le « British Book Award ».

En plus de continuer à écrire des romans, elle fut présentatrice à la télévision à une émission littéraire pour la BBC Four intitulée « Readers and Writers Roadshow » et est également invitée régulièrement à l’émission « Saturday Review, Open Book and Front Row » également sur BBC Four. Elle enseigne également la création littéraire au West Dean College. Membre de la « Royal Society of Arts », administratrice du groupe «Arts & Business and the South West Sussex Arts», elle reçut le prix « European Woman of Achievement» en 2000 pour sa contribution au milieu des arts.

Elle vit présentement à la fois dans le Sussex Ouest et à Carcassonne avec son époux Greg Mosse, écrivain et éducateur qu’elle rencontra pour la première fois à l’école, ainsi qu’avec leurs deux enfants.

Bibliographie:

  • Becoming a Mother (1993)
  • The House: A Season in the Life of the Royal Opera House, Covent Garden (1995) 
  • Eskimo Kissing (1996)
  • Crucifix Lane (1998)
  • Labyrinth (2005)
  • Sepulchre (2007)

Commentaires personnels 

Une visite l’été dernier dans un château cathare dans le sud de la France fut accompagnée par une visite à la boutique. Il y a toujours des livres et des romans dans ces boutiques. Et quand j’ai lu le quatrième de couverture du roman de Kate Mosse, j’ai immédiatement acheté le livre.

Il avait tout pour me plaire: vieux manuscrits, labyrinthe, Graal, Carcassonne, Cathares, sectes, etc. J’ai toujours aimé lire sur ces sujets et depuis quelques années, encore plus… maintenant que j’ai vu beaucoup de ces endroits. Donc, j’avais bien hâte de lire ce roman.

  • Après 200 pages, je me dis que cela allait bien commencer à être intéressant à un moment donné…
  • Après 300 pages, je me dis que j’aurais dû abandonner la lecture depuis longtemps. Mais j’en suis incapable… cela me semble impossible que je n’arrive pas à m’intéresser aux deux histoires…
  • Après 600 pages, finalement, je commence à être vaguement intéressée et
  •  Après 702 pages, je me dis que j’aurais vraiment mieux fait de lire autre chose.

Le livre est interminable. Je ne comprends pas cette manie de beaucoup d’auteurs – et d’éditeurs - de prolonger indéfiniment les romans. Un livre de moins de 300 pages ne semble plus possible. Celui-ci aurait beaucoup profité à être plus court et plus dense. Le principal problème étant selon moi – qui se retrouve d’ailleurs dans de nombreux ouvrages du même type – qu’après nous avoir fait suivre pendant des centaines et centaines de pages, les interminables aventures des personnages, après nous avoir donné au compte-goutte quelques minuscules informations n’expliquant jamais vraiment quelque chose et après, dans le cas présent, quelque peu intrigué par les éléments soi-disant mystérieux, anciens et ésotériques, et après nous avoir répété à toutes les deux pages que la vérité bouleversera le monde et notre conception de la réalité,… l’auteur semble ne pas savoir comment offrir une fin à la hauteur des attentes. C’est presque toujours le cas dans ce genre de roman. On s’attend à une fin et à des révélations incroyables et cela tombe très souvent à plat.

Ici, l’auteur a au moins eu la gentillesse de nous livrer « les révélations » avant la fin. Car alors qu’on semble croire que jamais on ne comprendra, que jamais le personnage principal ne saura la vérité… un personnage apparaît qui explique tout en quelques pages. Très pratique !!! Mais cela a un inconvénient; cela coupe l’histoire et semble terminer l’histoire, alors qu’il reste encore beaucoup de texte.

Kate Mosse a cependant beaucoup travaillé pour écrire son roman. Son œuvre est le résultat de nombreuses années de recherche et d’études ainsi que de visites des lieux. Elle a d’ailleurs mis en ligne pendant son travail, un site web en lien direct avec son roman. Semblable à un blog, ou carnet, elle propose ses réflexions sur son œuvre, ses personnages, les lieux, sur le travail de rédaction, etc. Ce qui est en soi très intéressant. Elle a d’ailleurs fait la même chose avec son dernier roman Sepulchre. En fait, j’ai trouvé plus intéressant lire « sur son roman » que de « lire son roman ». Des mots de l’auteur même, « son site est maintenant les archives d’une expérience de 6 ans afin de voir s’il était possible de partager l’expérience d’écrire un roman historique et pour encourager les visiteurs dans de nouvelles directions en ce qui a trait à la lecture et la création littéraire… ».

J’ai trouvé très difficile de suivre les deux histoires. Même si les deux histoires finissent par être intimement liées. Pourtant ce n’est pas la seul auteur qui utilise cette façon de faire. Et j’ai déjà lu plusieurs romans dans ce genre. Mais, on passe d’une époque à l’autre sans vraiment avoir le temps de s’intéresser à l’histoire qu’on lit. On a parfois l’impression qu’il y a trop de détails historiques – on sent le côté recherche et on a parfois l’impression que les descriptions sont tirées d’un guide ou d’un manuel – mais à d’autres moments, il manque carrément d’information, par exemple, sur les Cathares qui occupent une place importante dans le roman mais sur lesquels on ne dit pas grand-chose. L’auteur semble de plus ne pas savoir si elle veut écrire un roman historique ou un suspense ésotérique. Il y a beaucoup de temps morts et de longueurs, on en oublie presque parfois l’intrigue et je ne me suis jamais senti intriguée devant les aventures d’Alice. Peut-être un peu plus avec l’histoire d’Alaïs, mais à peine.

Les personnages modernes ne m’ont pas du tout intéressés, surtout le personnage principal, Alice, que j’ai trouvé insignifiante et parfois carrément naïve à la limite de la stupidité. Les personnages du Moyen Age m’ont semblé plus intéressants, mais j’ai eu l’impression de ne les connaître que très superficiellement. 

L’écriture m’a semblé très facile. Les clichés, lieux communs, métaphores et phrases utilisées des milliers de fois sont nombreux. Les invraisemblances dans l’histoire incalculables… exemple facile, le livre commence avec Alice, volontaire sur une fouille archéologique importante qui se promène seule, fouille sans surveillance, a des « intuitions » qui la mène au bon lieu, etc. L’auteur laisse aussi souvent certains détails sans explication ou certains événements non résolus, exemple, un personnage assez important est laissé pour mort et on ne sait jamais ce qui lui arrive… 

Le livre a reçu le British Book Award pour son succès commercial – il fut vendu à plus d’un million de copies en anglais - et il fut traduit dans plus de 37 langues. Le livre est souvent présenté comme un roman historique avec une perspective féminine. Il est vrai que les personnages principaux sont presque tous des femmes, autant les « bons » que les « méchants ». Et les personnages masculins sont vraiment mis au second plan. L’auteur a souvent dit que les romans historiques ou d’aventures manquent de femmes fortes et qu’elle voulait remédier à la situation – de toute évidence, il y a nombres d’auteurs qui n’ont pas retenu son attention !!!

Voir aussi cet article

Citations :

“The sight of an old-fashioned bookmark marking the page tugged at her heartstrings. She could imagine Grace turning off the light to go to sleep, slipping the bookmark in to save the page. But time had run out. She had died before she had the chance to finish. Feeling uncharacteristically sentimental, Alice put the book to one side. She’d take it with her and give it a home.”  p.368

Sources :

25 décembre 2007

Le Noël d’Hercule Poirot

Critique de lectureNoelHercule

Le Noël d’Hercule Poirot / Agatha Christie ; traduit de l'anglais par Claire Durivaux. -- Paris: Librairie des Champs-Élysées, 1973. -- 252 p. ; 17 cm. -- Coll: Club des Masques; 174.

Titre original: Hercule Poirot’s Christmas
Titres alternatifs: A Holiday
for Murder / Murder for Christmas

Quatrième de couverture

N’allez pas vous imaginer que je me délecte dans les histoires de meurtre. Plaise à Dieu que je n’en revoie jamais ! j’espère du moins que nous serons tranquilles pendant votre séjour chez moi.

Modestement POIROT commença :
- Ma réputation…

Mais déjà Johnson reprenait :
- C’est Noël… l’époque bénie où règnent la pais et le pardon des injures. Chacun soit aimer son semblable en ces jours de fête !

Hercule POIROT se renversa dans son fauteuil, joignit les doigts et considéra son hôte pensivement.
- Alors, murmura-t-il, vous pensez que Noël est une saison peu favorable au crime ?
- C’est bien ce que je viens de dire.
- Pourquoi ?
- Pourquoi ? répéta Johnson, légèrement décontenancé. Ma foi parce que c’est un temps béni de réjouissances et de bonnes volontés.
- Les Anglais ! Quel peuple sentimental ! s’exclama POIROT.

Résumé

Siméon Lee est un vieux multimillionnaire excentrique et cynique, et de ses propres mots, méchant et cruel. Il a bâtit sa fortune en Afrique du Sud grâce à des exploitations minières de diamants. Il aime particulièrement jouer avec les gens et régir leur vie.

À la surprise de tous, il décide de réunir pour Noël, toute sa famille, sous son toit. En plus, de son fils aîné qui vit sous son toit avec sa femme, il fait venir ses trois autres fils. Également invitée est la seule petite-fille de Lee, que personne n’a jamais rencontrée. Elle est l’enfant de sa fille qui est décédée depuis peu. De plus, le fils d’un ancien ami et collègue de Siméon Lee qui lui rend visite à l’improviste, est aussi invité à passer les prochains jours dans la maison.

À part Alfred, qui semble aimer son père malgré toutes les humiliations qu’il lui fait subir, tous détestent le vieil homme. Ce dernier est cependant content d’avoir réuni sa famille – qui ne s’entendent pas entre eux – et est déterminé à s’amuser à leur dépend. Il se prend d’affection pour sa petite-fille qui l’amuse et n’hésite pas à le faire savoir. Il invite également son fils Harry à revenir au pays et à s’installer chez lui… et finalement, il s’assure que tous soient au courant qu’il veut modifier son testament.

Le 24 décembre, il est assassiné dans sa chambre. On entend un cri horrible, des bruits assourdissants sont aussi entendus et la porte est verrouillée de l’intérieur. Lorsque la famille réussit à ouvrir la porte, la scène est effrayante. Le vieux Lee est retrouvé égorgé sur le sol, du sang répandu partout et les meubles renversés.  

Alors que Superintendant Sugden commence son enquête, son supérieur est appelé également sur les lieux du crime. Celui-ci amène son invité célèbre qui était venu passer les Fêtes de Noël chez lui, le détective Hercule Poirot. Ce dernier se chargera de faire sa propre enquête. Vol de diamants, humiliations d’un père sur ses enfants, modification de testament, vengeances, avidité,… les motifs et les suspects ne manquent pas.

L’œuvre et Commentaires personnels

Le roman d’Agatha Christie « Le Noël d’Hercule Poirot » (« Hercule Poirot’s Christmas ») fut publié au Royaume Uni en décembre de 1938. Il parut ensuite aux Etats-Unis en 1939 sous le titre de « Murder for Christmas », puis en 1947 sous le titre « A Holiday for Murder ».  

Il met encore en scène, le détective privé, ancien membre de la police belge et maintenant vivant en Angleterre, Hercule Poirot. L’histoire se déroule pendant Noël. Le roman est divisé en 7 parties, commençant avec la journée du 22 décembre et se terminant 7 jours plus tard, le 28 décembre. Le roman présente un meurtre qui est commis dans un endroit hermétiquement fermé, ce qu’on appelle en anglais « a locked room mystery ».

L’auteur reprend également certains thèmes qu’elle avait déjà utilisés ou qu’elle reprendra plus tard. On retrouve une victime qui était un tyran antipathique et sadique avec ses proches. Ses enfants le déteste mais ont plusieurs des mêmes caractéristiques que la personne qu’ils ne peuvent supporter. Elle utilise également le thème du testament et de l’héritage qui sera utilisé souvent dans ses romans.

Le roman s’inscrit dans la tradition des livres de Christie. Mais on peut critiquer certains aspects du roman qui sont justement souvent repris et qui lorsqu’on lit plusieurs œuvres de l’auteur sont facilement reconnaissables. On retrouve un groupe de suspects tous présents dans la maison et tous ayant un solide mobile pour tuer la victime. Ils semblent tous avoir quelque chose à cacher et Poirot dévoile petit à petit les secrets de chacun. Il y a aussi beaucoup trop de coïncidences. Et un peu trop d’événements improbables. Plusieurs personnages sont stéréotypés : le serviteur sournois et se sauvant à l’arrivée de la police, le vieux serviteur semblant confondre les gens, la jeune fille étrangère espagnole avec les traits légèrement caricaturaux, le jeune homme venant de l’Afrique du Sud et trouvant l’Angleterre terne et rigide.

Le crime est cependant différent par le fait qu’il est beaucoup plus sanglant que d’habitude. L’auteur s’était fait reprocher d’offrir des crimes fades et trop raffinés. Elle a voulu ici proposer un crime violent. Elle propose aussi un Poirot plus posé et moins critique des coutumes anglaises. Il semble un peu moins coloré que d’habitude. Et c’est dommage.

J’ai eu un peu de difficulté avec certains personnages. Par exemple, le serviteur que tout le monde déteste, semble le suspect parfait, à tel point qu’on se doute bien qu’il n’est pas coupable. La petite-fille espagnole ressemble beaucoup trop à une caricature – même pour l’époque. On sent aussi parfaitement les mœurs anglaises de l’époque – comme souvent dans les romans d’Agatha Christie. Mais dans ce roman, elles sont particulièrement soulignées. Le vieux Lee qui déclare ne pas se repentir de ses actes est puni. Il n’a pas au cours de sa vie respecté le mariage et les conventions sociales et il mourra à cause de cela. Ceux qui sont plus vertueux sont nettement favorisés dans l’histoire. On sent quelques préjugés sur les classes sociales et les nationalités différentes.

Mais mis à part ces quelques critiques, le roman demeure efficace. Le meurtrier n’est pas celui qu’on croyait et Poirot mène son enquête selon ses habitudes. L’atmosphère est étouffante, dans ce manoir ancien, typiquement anglais, rempli de gens qui ne se connaissent pas ou peu et qui ne s’aiment pas pour la plupart. Les personnages, bien que caricaturaux, sont bien décrits et la prémisse est bien en place lorsque le crime arrive. On nous a présenté parfaitement cette famille « dysfonctionnelle » et dans laquelle les secrets et les non-dits sont partout.

La critique d’Allie.

Citation:

"Ah ! Mais moi j’ai été plus méchant que les autres hommes, déclara son grand-père en ricanant. Je ne regrette rien… rien du tout! Je me suis bien amusé. On dit qu’on se repent dans sa vieillesse des fautes de sa jeunesse. Quelle sottise ! Moi, je n’éprouve aucun remords…" (p.48)

" […] Vous dites que Noël est une époque de réjouissances et de belle humeur. Cela signifie, n’est-ce pas, qu’on mange et qu’on boit beaucoup… même plus que de coutume! Trop manger entraîne des indigestions ! Et l’indigestion rend certains gens irritables !" (p.79-80)

Sources :


22 décembre 2007

Christmas Pudding

ChritmaspuddingCritique de lecture

Christmas Pudding : (The Adventure of the Christmas Pudding) / Agatha Christie
; traduit de l'anglais par Clarisse Frémiet. -- Paris: Librairie des Champs-Élysées, 1962. -- 185 p. ; 17 cm. -- Coll: Club des Masques; 42.

Quatrième de couverture

      Ce volume contient trois longues nouvelles d’Agatha Christie :

  • Le retour d’Hercule Poirot
  • Christmas Pudding
  • Le Policeman vous dit l’heure

Cet ouvrage a paru dans la collection LE MASQUE sous le titre : Le Retour d’Hercule Poirot.

Résumé

(Le résumé qui suit ne concerne que la nouvelle "Christmas Pudding"

L’histoire commence chez Hercule Poirot. Il reçoit la visite d’un jeune prince d’un pays de l’Est et de son intermédiaire qui demande l’aide de Poirot pour régler une affaire embarrassante pour le jeune prince. Celui-ci doit en effet se marier bientôt avec sa cousine, mais il a plusieurs maîtresses dont une à Londres. Lors de son présent voyage à Londres, il a amené avec lui plusieurs bijoux précieux afin de les faire arranger pour sa future épouse. Sa maîtresse demande à voir les bijoux et essaie un rubis. Le prince s’aperçoit ensuite que le bijou a disparu et soupçonne évidemment sa maîtresse. Si le vol est connu, cela causera un énorme scandale et il ne veut pas recourir à la police.  Poirot finit par accepter d’aider le prince à récupérer le bijou.

Afin de résoudre l’affaire, il se fait inviter chez les Lacey dans une vieille demeure anglaise en campagne. Les Lacey reçoivent plusieurs gens pour Noël et prétendent inviter Poirot pour lui permettre de vivre l’expérience d’un vrai Noël anglais. Évidemment, ce prétexte ne sert qu’à lui permettre de se mêler aux invités. En plus, du Colonel Lacey et son épouse, il y aura Sarah et Colin, les petits-enfants du couple. Il y aura également des amis des deux jeunes gens ainsi que Desmond Lee-Wortley, un courtisan de Sarah, que les Lacey n’aiment pas vraiment. Desmond vient avec sa sœur, qui est en convalescence et qui demeure dans sa chambre.

Le séjour débute tranquillement. Mais les jeunes gens déçus par M. Poirot qu’ils ne trouvent pas très dynamique, décident de planifier la mise en scène d’un crime. Une des jeunes filles, Bridget, fera semblant d’être morte afin que Poirot s’active. Ils décident de faire leur tour, le lendemain de Noël. Le jour de Noël les préparatifs vont bon train et le repas est servi. Le repas est clôturé par le fameux Pudding de Noël qui fut préparé d’avance et auquel chaque personne présente à participer en tournant la pâte à tour de rôle. À l’intérieur du pudding se retrouvent les objets habituels : pièces de monnaies, bouton, etc. Le Colonel Lacey trouve dans sa portion une pierre qui ressemble à un rubis. Tous sont étonnés et Poirot garde la pierre précieuse.

Bien qu’il ait retrouvé le rubis, il poursuit son enquête. Le lendemain matin, les jeunes gens décident de faire leur mise en scène de meurtre. Bridget s’étend dans la neige, on met de la peinture rouge pour le sang et on laisse des traces dans la neige. Les jeunes vont chercher Poirot mais lorsqu’il arrive, il découvre que la jeune fille est réellement morte et tient dans sa main le rubis. Un crime vient-il d’être commis ? Y a-t-il un lien avec le rubis du prince ?

L’œuvre et Commentaires personnels

The Adventure of the Christmas Pudding and a Selection of Entrées
est une collection de nouvelles qui fut d’abord publiée en 1960. C’est d’ailleurs l’unique fois que des nouvelles mettant en vedette Hercule Poirot ou Miss Marple ont paru dans un même recueil. Ce recueil ne parût qu’au Royaume-Uni. Les nouvelles qu’il contient furent publiées dans différents recueils dans les versions étrangères.

La nouvelle « The Adventure of the Christmas Pudding » elle-même, fut publiée une première fois sous ce nom dans un magazine “The Sketch” en décembre de 1923. Cette version plus courte fut également publiée dans d’autres recueils au Royaume-Uni en 1943 et en 1946 sous différents noms. Elle fut également republiée en 1997, toujours au Royaume-Uni, sous le titre « Christmas Adventure ». dans le recueil « While the Light Lasts and Other Stories ».

La version courte de la nouvelle ne parut jamais aux Etats-Unis. Elle fut reprise par l’auteur pour donner une version allongée de la même histoire et elle parut une première fois aux Etats-Unis en 1961 dans le recueil « Double Sin and Other Stories » sous le titre « The Theft Of The Royal Ruby ». Cette version diffère légèrement de la version anglaise.

En français, la nouvelle parût dans divers recueils, dont « Le Retour de d’Hercule Poirot ». Étant donné le nombre de recueils différents dans lesquels la nouvelle est parue, il est difficile d’en faire un recensement complet. Dans le recueil que je possède, il y a trois nouvelles dont « Christmas Pudding » qui donne son nom à l’ensemble. C’est en partie, la raison pour laquelle j’ai choisi de ne parler que de cette nouvelle. Et puis, c’est Noël, et comme c’est la seule des trois nouvelles qui a pour thème Noël…;)

Encore une fois, nous retrouvons, le détective belge d’Agatha Christie, Hercule Poirot. La nouvelle est brève – 60 pages dans mon édition – mais l’auteur nous donne les principaux traits de son célèbre détective et on reconnaît de nombreuses caractéristiques qui l’ont rendu populaire : sa moustache, son goût pour la chaleur, son incompréhension de certains traits britanniques, etc. Mais surtout, évidemment, son style d’enquête : l’observation, les interrogatoires, la déduction. Même si habituellement, il résout ses enquêtes par la déduction, il lui arrive de piéger les coupables par de petites ruses, mensonges et mise en scène. Ce qu’il fait dans cette nouvelle.

Je dois avouer que je préfère nettement les romans d’Agatha Christie à ses nouvelles. Je trouve souvent que ses nouvelles sont trop courtes pour bien présenter le cheminement de l’enquête –surtout celles d’Hercule Poirot. Et cette nouvelle ne fait pas exception. Hercule Poirot doit retrouver un bijou précieux « perdu » par un prince d’un pays inconnu. Soit. Mais la raison pour laquelle on croit que la pierre sera au manoir n’est pas claire. On passe rapidement ces explications pour simplement dire, qu’il doit aller au manoir, qu’on l’y invitera sous un faux prétexte et que les hôtes ne se poseront pas trop de questions. C’est mince comme prétexte et c’est décevant de la part de Christie. Et cette histoire de « pierre précieuse », de prince, de scandale et de maîtresse est un peu faible à mon avis… très coloniale cependant et très représentative de l’Angleterre de cette époque.

Ensuite, même sans avoir jamais lu de livres d’Agatha Christie – car il faut tout de même dire, que certains éléments sont souvent repris dans ses œuvres – il est assez facile de comprendre l’histoire et le coupable. Il y a bien quelques éléments de surprise, mais très peu et ils ne suffisent pas à étoffer l’enquête. Il y a également quelques éléments clichés qui surprennent, tels la note que reçoit Poirot dans sa chambre « Ne mangez pas du pudding. Quelqu’un qui vous veut du bien ». Tout se termine bien rapidement et sans trop de rebondissements.

Mais au-delà de ces petites déceptions, on retrouve tout de même les petites touches habituelles de l’auteur qui font le charme de ces histoires –et que personnellement j’aime beaucoup. La campagne anglaise, le manoir ancien, le vieux colonel et sa femme un peu vieux jeu, les jeunes gens trop modernes pour les vieilles coutumes, le garçon qui est une mauvaise influence sur la jeune fille, le vieux majordome, etc. Ce qui est particulièrement réussi dans cette nouvelle, est l’atmosphère du Noël anglais qui est très bien décrit. On se sent bien dans un vieux manoir anglais en pleine campagne, avec la neige, le froid, les décorations, le repas, et bien entendu le fameux Christmas pudding… Ce sont ces descriptions qui donnent à cette nouvelle sa touche unique et qui la rende incontournable… surtout à cette époque de l’année !

Citation:

"C'est une tradition qui se perd, vous savez, que celle du vrai Christmas, tel qu'on le célébrait jadis. De nos jours, les jeunes réveillonnent dans les hôtels, mais un Noël anglais, avec toute la famille réunie, les enfants et leurs bas pleins de cadeaux, l'arbre de Noël, les dindes, le plum-pudding, les papillotes avec les pétards, le bonhomme de neige devant la fenêtre..." (p.11)

Sources :


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11 décembre 2007

Christmas Night Murder

Harris_ChristmasCritique de lecture

Christmas Night Murder / Lee Harris. –New York: Fawcett Gold Medal, c1994. -- 215 p. ; 18 cm. --: ISBN 0-449-14922-6

Quatrième de couverture

It’s a snowy Christmas at St. Stephen’s Convent, where a cheerful party awaits an old friend and former confessor, Father Hudson Mc Cormick, who’s making his first visit in seven years. He never arrives.

Worried Sister Joseph asks Christine Bennett, a former St Stephen’s nun, to quietly investigate. But the nuns are mum, until an old scandal involving the priest and a St. Stephen’s novice once more rears its ugly head. Has Father McCormick, unable to face the scene of his sins, gone underground? Or has someone taken belated revenge, insuring that the truth will never be known?

Every signpost points to the past – to a troubled young woman who committed suicide and a once prominent family that has vanished as quietly and mysteriously as Father McCormick himself…

L’auteur

Lee Harris est un auteur américain. Sous son véritable nom Syrell Rogovin Leahy, elle écrit des romans populaires, principalement des romans d’amour tels Circle of Love (1982), Family Truths (1984) et Love Affair (1987). Sous le pseudonyme de Lee Harris,Harris elle commence à écrire à partir des années ’90 des romans policiers mettant en vedette une ancienne religieuse, Christine Bennett. Elle caractérise sa série par l’utilisation de fêtes pour situer son histoire et pour son titre : « The Good Friday Murder », « The St-Patrick’s Day Murder », « The Christmas Night Murder », « The Father’s Day Murder », etc. Sa deuxième série met également en vedette un personnage féminin, la détective Jane Bauer.

Son premier roman, « The Good Friday Murder », paru en 1992 fut nominé pour le prix Edgar. Elle a reçu en 2001, le Career Achievent Award du magazine Romantic Times pour sa contribution au roman policier.

Elle a déjà déclaré sur ses anciens romans : "I wrote a bunch of mainstream novels under my real name in the seventies and eighties before I got my head on straight and started to write mysteries”. Elle est aussi connu pour écrire encore sur une machine à écrire (dactylographe) – voir la citation plus bas.

Bibliographie (sous le nom de Lee Harris)

Série « CHRISTINE BENNETT HOLIDAY »

  • The Good Friday Murder (1992)
  • The Yom Kippur Murder (1992)
  • The Christening Day Murder (1993)
  •  The St. Patrick's Day Murder (1994)
  •  The Christmas Night Murder (1994)
  • The Thanksgiving Day Murder (1995)
  • The Passover Murder (1996)
  •  The Valentine Day's Murder (1996)
  • The New Year's Eve Murder (1997)
  •  The Labor Day Murder (1998)
  • The Father's Day Murder (1999). 
  • The Mother's Day Murder (2000)
  • The April Fool’s Day Murder  (2001)
  • Happy Birthday Murder  (2002)
  • The Bar Mitzvah Murder  (2004)
  • The Silver Anniversary Murder  (2005)  
  • The Cinco de Mayo Murder  (2006)

Série «MANHATTAN MYSTERY »

  •  Murder in Hell's Kitchen   (2003)
  •  Murder in Alphabet City   (2005)
  • Murder in Greenwich Village   (2006)

Résumé et Commentaires personnels

Christine Bennett est une ancienne religieuse qui a quitté le St. Stephen’s Convent à l’âge de 30 ans. Elle est maintenant un professeur à temps partie dans un collège près de la ville de New York et elle vient d’épouser un policier, Jack, qui l’a aidé lors qu’une enquête à laquelle elle à participer. Elle a quitté le couvent, mais garde de bons souvenirs de son temps parmi les religieuses.

Elle et son époux vont célébrer Noël avec des amis au Couvent de St. Stephen où elle continue à garder des amitiés. De plus, un prêtre qui a quitté le Couvent depuis quelques années doit revenir passer les Fêtes avec les Religieuses. Tous ont hâte de revoir le Père Hudson McCormick qui a toujours été très aimé et apprécié dans la communauté. Mais les heures passent et le Père n’arrive pas. Ses habits de prêtre sont retrouvés dans un arrêt routier et quelques temps plus tard son auto est retrouvée devant l’ancienne maison d’une jeune religieuse.

L’enquête commence pour Christine Bennett. Non seulement, elle veut aider les religieuses à retrouver le Père McCormick mais elle veut comprendre pourquoi il a disparu. De vieilles histoires refont surface. Le prêtre aurait peut-être abusé de la jeune fille qui s’est donné la mort avant de devenir religieuse. Christine ne croit pas à cette histoire, mais elle aura beaucoup de difficulté à trouver la vérité.

Christine Bennett est un personnage important des romans de Lee Harris. Son personnage évolue à chaque roman, et on suit son parcours au cours des années. Comment elle s’adapte à la vie après le Couvent. L’enquête est relativement simple. Pas de sang, pas de violences – ou à peine. On retrouve principalement, Christine qui interroge des témoins, retrace les pas de la ou des victimes, s’interroge sur les événements, essaie de faire des liens entre les gens et les événements, analyse la psychologie du crime. Mais on ne peut dire qu’il y a beaucoup de rebondissements. C’est un style d’écriture assez simple et à la limite, plat. Je n’irais pas jusqu’à dire que le roman est ennuyant ( ou « plate ») mais on ne doit pas s’attendre à être tenu en haleine. L’intrigue est assez facile à comprendre et on peut facilement déduire les prochains développements. J’avoue cependant que j’aurais pu deviner encore plus rapidement, si je m’étais attardée au titre plus longuement… Je n’en dis pas plus.

C’est un bon petit roman policier qui se lit rapidement, mais qui ne m’a pas marqué outre mesure. Il permet de passer un bon moment et puis, on le remet tranquillement dans la bibliothèque.

Citations

“And who am I? A pretty dull person who sits at a typewriter—yes, a typewriter—seven days a week or thereabouts writing about a world that sometimes seem more real than the real one. Why a typewriter? I'm one of those people who really needs to see those words on a piece of paper. Every morning, before I begin writing, I read over what I wrote yesterday and make changes in pencil. I write the date on that place on the page where I begin each day, I cut and paste (using real scissors and real tape), I toss, I occasionally tear my hair out. When the hard copy draft is completed, I put it on my computer, editing (yet again) as I go along. When my editor makes changes, it's easy to correct them on disk. But that manuscript with my notes and changes and colored paperclips to mark questions and chapter beginnings is what I love. To me, this draft is organic; it contains its own history.”

Lee Harris, IN Nuns, Mothers and Others: Lee Harris [http://www.nmomysteries.com/lee/index.html] 

Sources

24 novembre 2007

Déjà Dead (suite)

Reichsd_j__dead1Critique de lecture

Déjà Dead / Kathy Reichs . – [Paris]: Robert Laffont, 2001, c1997. -- 541 p. ; 18 cm. -- ISBN: 2-266-09014-3

Résumé et Commentaires personnels

Premier roman de Kathy Reichs et premier ouvrage mettant en vedette son personnage principal, Temperance « Tempe » Brennan, anthropologue judiciaire. Le Dr. Brennan, tout comme l’auteur, partage son temps entre Montréal et la Caroline du Nord. Reichs n’a jamais caché le fait que son personnage principal est fortement inspiré de sa propre vie. Ce qui fait de Brennan un personnage crédible, fort et convainquant. Les enquêtes sont bien documentées et s’inspirent presque toujours de cas sur lesquels Kathy Reichs a elle-même travaillés. Les romans de Reichs ne manquent pas de détails scientifiques et judiciaires et elle n’épargne pas la sensibilité de ses lecteurs.

Ce premier roman, Déjà Dead, se situe principalement à Montréal. Alors que Temperance se prépare pour un week-end de repos, elle est appelée d’urgence lorsqu’on découvre un cadavre dans le parc du Grand Séminaire de Montréal. Elle doit aller déterminer si c’est un cas d’anthropologie, comme les ossements anciens trouvés dans ce parc il y a peu de temps, ou si cela relève du domaine du coroner. Malheureusement pour elle, les restes de la victime indiquent clairement un meurtre violent et la possibilité d’un lien avec d’autres cadavres de femmes. Et ceci signifie également le début d’une enquête qui la mènera elle-même très près de la mort et qui mettra également en danger sa meilleure amie et sa fille.

Grâce à son expertise, beaucoup d’indices peuvent être déterminés et la conclusion de Brennan est qu’un tueur en série se trouve à Montréal. Elle sera cependant en butte aux autorités – particulièrement l’inspecteur Claudel qui travaille également sur le cas, qui ne croient pas à un lien entre les crimes. Petit à petit, ils n’auront cependant d’autres choix que de suivre Brennan et d’essayer de capturer un criminel sadique et méthodique.

L’œuvre de Reichs est très efficace. On y trouve nombres de descriptions qui pourraient rendre l’œuvre lourde, mais qui sont très bien rédigées. L’auteur ne lésine pas sur les détails et on a l’impression d’en apprendre beaucoup sur l’anthropologie judiciaire. Les personnages sont bien décrits et j’ai personnellement eu l’impression de bien les connaître immédiatement. En plus de Brennan, plusieurs des personnages récurrents des romans de Reichs font leur apparition dans ce roman. Le roman met en place les personnalités des personnages et les liens entre eux.

Ce dernier point peut cependant déplaire à certains. Bien qu’en principe, on peut lire les romans de Kathy Reichs indépendamment l’un de l’autre, certains éléments peuvent être difficiles à comprendre ou à mettre en contexte si on n’a pas lu les livres en ordre. Mais c’est le problème de beaucoup d’auteurs qui reprennent un même personnage principal et le placent au centre de plusieurs de leurs romans.

Mais Déjà Dead est un excellent roman policier et saura plaire aux gens qui aiment les détails réalistes et le suspense constant. On décèle également un humour particulier dans les pages de Reichs. Les scènes les plus difficiles sont souvent allégées par une remarque ou pensée de Brennan, qui a parfois de la difficulté à contrôler son tempérament.

Le premier roman se passe presque exclusivement à Montréal. Et on sent très bien que l’auteur connaît bien la ville même si elle est américaine. Les commentaires et descriptions sont justes et jamais déplacés.

Reichs a adapté ses récits pour la télévision et depuis 2005, une série américaine, Bones, joue sur la chaîne Fox. Le nom du personnage principal est le même que celui des romans : Temperance Brennan, bien que dans la série le surnom du personnage soit « Bones » et nom « Tempe ». Brennan est également anthropologue judiciaire et est également un auteur de roman policier. Le personnage principal de ses romans se nomme Kathy Reichs !!! Mais à part le nom du personnage, la série n’est pas une transposition des romans de Reichs. L’action est située exclusivement à Washington D.C. et aucun des autres personnages n’est présent. Le personnage même de Brennan diffère sur plusieurs points dans la série du personnage du livre. Les deux œuvres sont donc complètement différentes. Les seuls points communs étant l’anthropologie judiciaire et le nom du personnage principal.

J’ai personnellement beaucoup aimé, ce premier roman de Kathy Reichs. L’atmosphère y est très étouffante mais sans devenir trop lourde. L’écriture – et la traduction – est simple, réaliste et directe, tout en se permettant de devenir très technique à l’occasion. Malgré les détails très techniques, l’ensemble demeure facile à comprendre. Les descriptions sont justes et réalistes, l’humour est présent et on demeure accroché à l’intrigue jusqu’à la fin. J’ai également aimé le fait que l’action se déroule à Montréal, bien que l’auteur ne soit pas québécoise de naissance. Cela donne un point de vue très intéressant sur la ville et sur la le Québec.

J’ai aimé la plupart des autres romans de l’auteur ainsi que la série télévisée, d’autres billets sont donc à venir…

Citations

« À Montréal, l’été fait irruption comme un danseur de rumba. Soudain tout n’est plus que frou-frou et coton de couleurs vives, exhibition de cuisses et de peau luisante de sueur. Fête dionysiaque qui commence en juin et ne s’achève qu’en septembre.

La vie se déplace à l’extérieur. Après l’hiver glacial et interminable, les terrasses de cafés réapparaissent, cyclistes et adeptes de rollers se font  concurrence sur les pistes cyclables ; les festivals se succèdent et les foules transforment les trottoirs en zones de tourbillons. », p. 14

Sources


Premier article sur l'oeuvre et l'auteur

L'avis de Fashion

23 novembre 2007

Déjà Dead

Déjà Dead / Kathy Reichs . – [Paris]: Robert Laffont, 2001, c1997. -- 541 p. ; 18 cm. -- ISBN: 2-266-09014-3Reichsd_j__dead1

Quatrième de couverture

Un beau jour d’été à Montréal, sur la table de dissection du laboratoire de médecine légale de la police provinciale, arrive un cadavre découvert dans l’ancien parc du Grand Séminaire. Le docteur Temperance Brennan est chargé d’autopsier ce qu’il reste d’une femme abominablement découpée en morceaux.

Divorcée et solitaire, Temperance travaille durement, dans un milieu dominé par les hommes. Sa sinistre expertise va l’amener en première ligne de l’enquête, seule en butte à l’hostilité de son collègue policier et face à l’assassin pervers qui collectionne les victimes féminines…

Armée de son scalpel et de son instinct, Temperance traque le tueur en série. Cinq femmes sont déjà mortes. Sera-t-elle la prochaine ?

L’auteur

Kathleen Joan Reichs, mieux connu aujourd’hui sous le nom de Kathy Reichs, est née en 1950 à Chicago. En 1971, elle obtient un B.A en anthropologie à la American University de Washington. Elle poursuivra ensuite un M.A et un Ph.D en anthropologie à l’Université Northwestern de Chicago. Elle obtiendra son doctorat en 1975.

Elle fut professeur à plusieurs endroits dont la Northen Illinois University, la University of Pittsburgh ainsi que les universités ReichsConcordia et Mc Gill de Montréal. Elle enseigne l’anthropologie à l’université de Caroline du Nord située à Charlotte, bien que souvent en congé indéterminé. Elle partage son temps entre les villes de Charlotte et Montréal, puisqu’elle est l’anthropologue judiciaire pour le compte de l’Office of the Chief Medical Examiner de l’état de la Caroline du Nord et a également ce poste à Montréal pour le Laboratoire de Sciences Judiciaires et de Médecine Légale de la Province de Québec.

Elle est souvent appelée à témoigner lors d’enquêtes criminelles. Son expertise est également souvent sollicitée, non seulement sur des affaires criminelles mais sur divers cas internationaux. Quelques exemples : elle fut appelée à travailler sur des catastrophes aériennes – telles que la tragédie du 11 septembre ; elle apporta également son témoignage au Tribunal pénal international pour le Rwanda ; elle apporta son assistance à la Foundation for Guatemalan Forensic Anthropology au Lac Atitlan et a travaillé à l’identification de corps provenant de la Deuxième Guerre Mondiale. Elle est une des cinquante anthropologues judiciaires certifiés par l’American Board of Forensic Anthropology et fait également partie du Conseil d’administration de l’American Academy of Forensic Sciences. Elle offre souvent divers séminaires et conférences à travers le monde.

Ses nombreuses expériences comme anthropologue judiciaire l’ont amené à écrire des romans policiers qui sont devenus pour la plupart des best-sellers. Ses livres sont directement inspirés de cas sur lesquels elle a travaillé personnellement. En plus de ses romans, elle a également écrit de nombreux travaux, articles et recherches en anthropologie.

Bibliographie

  • Hominid Origins: Inquiries Past and Present (Editeur) – 1983
  • Forensic Osteology: Advances in the Identification of Human Remains – 1986
  • Déjà Dead  - 1997 (Prix du Meilleur premier roman : Arthur Ellis Award en 1997)
  • Death du Jour - 1999
  • Deadly Decisions - 2000 
  • Fatal Voyage - 2001
  • Grave Secrets - 2002
  • Bare Bones - 2003
  • Monday Mourning - 2004
  • Cross Bones - 2005
  • Break No Bones - 2006
  • Bones to Ashes - 2007

Citations 

« Au Québec, le bureau du coroner est le gardien de la mort. Si vous ne mourez pas selon les usages, sous le contrôle d’un médecin, dans un lit, le coroner veut savoir pourquoi », p. 15

Commentaires à suivre...

26 octobre 2007

La fête du potiron

potironCritique de lecture

La fête du potiron / Agatha Christie ; traduit de l'anglais par Claire Durivaux. -- Paris: Librairie des Champs-Élysées, 1973. -- 252 p. ; 17 cm. -- Coll: Club des Masques; 174.

Titre original: Hallowe'en Party
Titre alternatif : Le Crime d’Halloween

Quatrième de couverture

Hercule Poirot s’apprêtait à passer une paisible soirée dans son appartement londonien lorsque surgit – venant troubler sa quiétude – son amie, la romancière Ariadne Olivier, dans un état de surexcitation fébrile.

Dans une petite agglomération pas très éloignée de Londres, elle a assisté à une réunion pour enfants et adolescents, offerte par Mrs Drake à l’occasion de la fête du Potiron. Or, au cours des réjouissances, une fillette bavarde et menteuse a été sauvagement assassinée. Peu de temps avant de mourir, elle s’était vantée publiquement d’avoir assisté à un meurtre, des années plus tôt.

Mrs. Olivier supplie Poirot d’aller à Woodleigh Commun pour tenter d’élucider les raisons de ce meurtre et d’en découvrir le coupable. Le célèbre détective accepte et à peine arrivé dans la paisible bourgade, il s’apercevra que cette paix n’est que d’apparence.

Résumé

Dans une paisible petite ville près de Londres, une fête pour enfants est organisée à l’occasion de l’Halloween. Pendant les préparatifs, une fillette, Joyce, se vante d’avoir été témoin d’un meurtre alors qu’elle était plus jeune. Personne ne la prend au sérieux et on croit qu’elle veut bien paraître devant une des dames invitées, une romancière connue : Mrs Olivier.

La fête de déroule selon les plans, les jeux se succédant au grand plaisir des enfants. Mais après la fête, alors que Mrs. Drake – l’organisatrice de la fête – et quelques adultes rangent les pièces, Joyce est découverte dans la bibliothèque, noyée dans le sceau d’eau ayant servi au jeu des pommes.

Alors que la communauté – et la police – croient à l’œuvre d’un détraqué, Mrs. Olivier est convaincue que l’enfant fut assassinée à cause de la déclaration qu’elle avait faite à propos d’un meurtre dont elle avait supposément été témoin. Elle fait donc appel à son bon ami, le détective privé Hercule Poirot, connu pour ses méthodes inhabituelles et surtout pour son haut taux de réussite.

Poirot se rend donc dans la petite ville pour mener son enquête. Son vieil ami, le Superintendant Spence, maintenant à la retraite vit également dans cette ville avec sa sœur et Poirot le persuadera de lui donner un coup de main. Le frère et la sœur lui apporteront nombres de renseignements sur les gens demeurant dans le village et sur les possibles crimes ayant eu lieu – et susceptibles d’être le meurtre dont aurait été témoin la fillette assassinée.

Le détective interrogera les gens ayant participé à la fête ainsi que d’autres gens du village. Petit à petit, il se forge une idée des habitants de Woodleigh Commun et des relations qui les lient. La mort d’une vieille femme, une jeune femme au pair qui disparaît, un testament falsifié, un jardin de rêve, un jardinier narcissique et une fillette angélique et une fillette qui mentait … tout cela finira par le mener à l’assassin de Joyce.

L’œuvre et Commentaires personnels

Le roman parut en 1969 et met en vedette un des personnages les plus connus d’Agatha Christie : le détective belge, Hercule Poirot. D’autres personnages récurrents sont également présents : l’écrivaine de romans policiers, Ariadne Olivier ainsi que le superintendant Spence, maintenant à la retraite et résidant dans la petite ville où a lieu le crime.

Le roman fut d’abord traduit en français sous le titre de « La fête du potiron » pour ensuite se voir donner le titre français « Le crime d’Halloween ».

Le roman reprend les principales caractéristiques qui ont marqué les œuvres policières d’Agatha Christie : les dialogues et interrogatoires de Poirot, les manies et habitudes du détective belge, les traits et même clichés de la société anglaise d’une certaine époque, etc. Mais il introduit cependant quelques éléments plus modernes. Le meurtre d’une enfant qui sous-entend de possibles motifs sexuels est nouveau dans l’œuvre d’Agatha Christie. On parle en effet d’un détraqué ou d’un obsédé lorsqu’on parle tout d’abord du possible meurtrier; on ne nomme jamais la possibilité du motif sexuel, mais il est sous-entendu). Elle parle aussi des adolescents et de certaines caractéristiques des jeunes de ce temps. Le roman est évidemment d’une autre – nouvelle - époque. L’auteur s’éloigne de la première moitié du siècle pour commencer une incursion dans une époque qui semble, tels ses personnages, la surprendre un peu, même si on sent qu’elle demeure très ouverte à la jeunesse et à la modernité.

On retrouve aussi dans le roman le thème du narcissisme, le désir de la perfection qui amène une personne à commettre les pires crimes afin de réaliser leurs rêves. Le mythe de Narcisse est amené et suggéré à plusieurs endroits pendant l’histoire pour culminer à la fin du roman.

Encore une fois dans son roman, Agatha Christie souligne l’importance de la personnalité de la victime, de l’assassin et même des gens impliqués dans le crime pour la résolution du crime. Ce dernier ne peut se résoudre uniquement par quelques indices mais par la recherche de mobiles. On assiste alors à une enquête intellectuelle. On est très loin ici des preuves médico-légales (ou forensiques comme on dit maintenant parfois), pas d’analyses d’ADN ou des os, etc. Il y a bien parfois dans les romans d’Agatha Christie, des indices qui donnent une « idée », un fil, un morceau de papier, un tissu déplacé, ou comme dans le roman « La fête du potiron », un vêtement mouillé et un vase brisé. Mais habituellement, la recherche du coupable se fait par déduction et par la réalisation d’interrogatoires plus ou moins formels. Ici, Poirot va parler, discuter avec les invités de la fête, avec des personnes liées de près ou de loin à l’histoire et va poser des questions, non seulement sur le crime, mais surtout sur la victime et sur les gens. Et il remonte dans le temps, s’éloignant parfois du crime actuel pour remonter dans les vieilles histoires qui ont peut-être (ou non) un lien avec les événements présents. Il s’agit alors de découvrir les liens, les relations entre les gens et événements et même parfois, l’absence de liens fournie un indice.

Dans « La fête du potiron » ont retrouve également un des cadres favoris de l’auteur, la campagne anglaise. Souvent dans ses romans, l’auteur présente des crimes à caractère privé, se passant dans un vase relativement clos. Les traditions anglaises, la vie « respectable » et traditionnelle, l’importance du paraître, sont encore mises de l’avant. À la fois pour les vanter mais aussi pour souligner les lacunes de ces valeurs. Les personnages du roman ont souvent des idées traditionnelles et ont parfois de la difficulté à accepter le changement.

Le livre offre également d’excellentes représentations des personnages connus de Christie. Les principaux traits caractéristiques des personnages sont repris et mis en évidence. On retrouve en particulier une excellente description d’Ariadne Olivier, auteur de romans policier, et qui est évidemment une caricature d’Agatha Christie, elle-même.

Le style de l’écriture peu paraître parfois un peu vieillot, de même que certaines descriptions ou personnages. On sent cependant une différence entre ce roman parut en 1969 et les romans de l’écrivaine qui parurent dans les décennies précédentes. On note tout de même encore une certaine façon de voir les rôles des hommes et des femmes, la bienséance, etc. qui semble un peu dépassée… mais qui fait tout le charme des romans d’Agatha Christie. Et qui donne une bonne idée de la société anglaise de l’époque – enfin d’une certaine portion de la société anglaise. Certaines reprises d’images et d’événements peuvent cependant lasser certains lecteurs.

« La fête du potiron » s’inscrit dans l’œuvre de Christie. On retrouve tout ce qui caractérise le style de l’auteur, mais personnellement, je considère ce roman comme se démarquant légèrement par le type de crime (une enfant) et par certains thèmes.

Comme j’aime beaucoup l’auteur, d’autres analyses de ses romans suivront certainement prochainement, je vais donc réserver à plus tard, un article sur l’auteur, elle-même… ;)

Source :

15 octobre 2007

Haunting of Hill House, The (Suite)

MaisonHant_e222Maison hantée / Shirley Jackson. – [Paris] : Presses Pocket, 1993. – 253 p.; 18 cm. – ISBN2-266-05527-5

Titre original: The Hauting of Hill House

L’oeuvre

Le roman de Shirley Jackson est simple et efficace. Son style d’écriture, sans fioriture, offre pourtant de magnifiques descriptions. Son choix de mots est juste et précis. Le roman est classé habituellement dans les romans fantastiques et d’horreur, cependant jamais nous ne trouveront d’images excessives ou sensationnalistes. On a parfois plus l’impression de lire un roman psychologique que d’horreur. Mais l’horreur et le fantastique sont bien présents. La narration demeure étonnamment calme et posée, voire détachée et froide, malgré la peur et l’angoisse que l’on sent atteindre les personnages.

Les personnages sont réels et bien cernés, même si certains traits de caractères sont parfois moins développés. Les personnages principaux sont de toute évidence, Eléonore et la maison elle-même. La maison semble réellement vivre et est un personnage à part entière. Certaines critiques négatives ont soulignés justement que les autres personnages sont un peu sous-développés. Beaucoup de place a été en effet fait à Eléonore et à son rapport avec la maison. On a parfois l’impression que les autres protagonistes n’ont que peu d’importance dans l’histoire.

Il existe deux adaptations cinématographiques du roman. Une première qui fut réalisée par Robert Wise en 1963 sous le titre de « The Hauting » (La maison du diable) et une deuxième adaptation en 1999 par Jan de Bont également intitulée « The Hauting » mais « Hantise » en français. L’adaptation de Wise, en noir et blanc (par la volonté du réalisateur) est excellente et rend de façon fidèle et efficace le roman. On ne « voit » rien, tout est subtil, mais très effrayant. La musique et la bande sonore sont un chef d’œuvre et soulignent à merveille chaque moment. Ils en deviennent presque un personnage à part entière. L’actrice qui interprète Eléonore est excellent et a su nous montrer l’évolution du personnage au cours de son séjour dans la maison. L’adaptation de 1999 est malheureusement beaucoup moins réussie. On a misé sur des effets spéciaux inutiles – et non demandés par l’histoire –, par des ajouts qui veulent expliquer le pourquoi du comment et surtout par une fin non conforme au roman. Les acteurs sont connus et adéquats pour la plupart, mais il n’arrive à rendre les émotions des personnages.

Commentaires personnels

J’ai vu le film de Wise avant de lire le roman. J’ai vu ce film une nuit de travaux intense pendant mon cégep. J’avais besoinMaisonHant_e2 d’une pause et j’ai ouvert la télévision pour quelques instants. Malheureusement pour mon travail de littérature je n’y suis pas retournée. Mais j’ai pu voir, cette nuit-là, un des meilleurs films « d’horreur » qu’il m’ait été donné de regarder. Rien. On n’y voit pratiquement rien et pourtant, j’étais complètement figée pendant tout le film. Des sons, des mots, des plans… et ce sont tout. On n’hurle pas, il n’y a pas de sang, mais on sent toute la malveillance, l’horreur de cette maison.

J’ai donc longtemps hésité à lire le livre. Encore une fois, j’avais peur d’être déçu… ou du film ou du roman. Je n’ai pas regretté d’avoir lu le livre. Le roman est extrêmement bien construit. Le style est direct et réaliste. On nous présente les personnages et la situation comme très normaux malgré le fait que la maison est toute sauf normale. Dans le livre, on sent la maison vivre.

Le livre est tout aussi froid que le film. Pas de fioritures, pas de sang, tout est suggéré. Mais on peut aussi critiquer cette froideur et le détachement de la narration – alors même que d’autres y voit une force. On a parfois de la difficulté à s’attacher aux personnages, même le personnage principal, Eléonore. Tout est décrit de son point de vue, même si au tout début, c’est un point de vue extérieur. Rapidement, la maison et Eléonore ont un lien et c’est parfois agaçant. On voit Eléonore se transformer au cours du roman, pour devenir complètement paranoïaque et angoissée… mais il aurait été intéressant de voir plus les réactions des autres personnages. La peur est elle aussi un « personnage » du roman. On en vient à presque la voir. Elle se transforme au cours du roman. Elle est, à la fois impalpable et très présente. On passe des frissons à l’hystérie totale. Et ce, même si les personnages ne « voient » rien…

On peut se sentir aussi un peu frustré par la fin puisqu’on ne peut être certain des causes de tous ces phénomènes mais personnellement, j’ai trouvé cette fin très adéquate.  

J’ai vu la deuxième adaptation cinématographique du roman. Elle est nettement inférieure. Le réalisateur n’a, selon moi, pas compris le roman. Ou alors il a succombé à la tentation de le rendre plus «  commercial ». On voit trop de choses. On explique trop de choses. Quelques scènes sont magnifiques, mais n’ont rien à voir avec le roman. Mais contrairement à la plupart des critiques, j’ai trouvé les acteurs bien choisis, particulièrement Catherine Zeta-Jones (que je n’aime pas habituellement), elle dégage toute la froideur de son personnage.

Mais je conseille de livre le roman et de voir la première adaptation cinématographique. Et d’oublier la deuxième adaptation. Ce qui me peine car j’aime beaucoup l’actrice Lily Taylor.

Sources

Castricano, J. “Shirley Jackson’s The Haunting of Hill House and the Strange Question of Trans-Subjectivity.” Jung: the e-Journal of the Jungian Society for Scholarly Studies 2.3 (2006):26 pp. [date retrieved] http://www.thejungiansociety.org/Jung%20Society/e-journal/Volume-2/Castricano-2006.html .

Citations

« Aucun organisme vivant ne peut connaître longtemps une existence saine dans des conditions de réalité absolue. Les alouettes et les sauterelles elles-mêmes, au dire de certains, ne feraient que rêver. Hill House se dressait toute seule, malsaine, adossée à ses collines. En son sein les ténèbres. Il y avait quatre-vingts ans qu’elle se dressait là et elle y était peut-être encore pour quatre-vingt ans. À l’intérieur, les murs étaient toujours debout, les briques toujours jointives, les planchers solides et les portes bien closes. Le silence s’étalait hermétiquement le long des boiseries et des pierres de Hill House. Et ce qui y déambulait, y déambulait tout seul. » p. 9



Premier article: Haunting of Hill House, The (Maison hantée)

14 octobre 2007

Haunting of Hill House, The (Maison hantée)

Maison hantée / Shirley Jackson. – [Paris] : Presses Pocket, 1993. – 253 p.; 18 cmMaisonHant_e1. – ISBN2-266-05527-5

Titre original : The Hauting of Hill House

Quatrième de couverture

Une maison est comme un visage. Quand elle exhale l’arrogance et la haine, quand elle est sans cesse à l’affût, elle ne peut être que dangereuse. Et Hill House semblait s’être érigée seule, selon ses propres plans. Il n’y avait pas en elle la moindre place pour l’homme, ni pour l’amour, ni pour l’espoir. Elle était l’abomination, la mort. Elle m’attendait, maléfique et patiente…

Résumé

L’histoire se déroule dans les années ’50 aux Etats-Unis. Le Dr. John Montague est anthropologue et docteur en philosophie. Il se passionne pour la parapsychologie et les phénomènes surnaturels. Pour une de ses recherches, il veut passer quelques temps dans une maison réputée hantée. Son choix s’arrête sur Hill House. Il y amènera 3 autres personnes afin d’étudier non seulement la maison mais également les réactions d’autres personnes.

Ces invités sont Luke, le futur héritier de la maison et deux jeunes femmes, Théodora et Eléonore, toutes deux ayant des dons paranormaux. Ils se rendront rapidement compte que la réputation de la maison n’est pas exagérée. Dès leur première nuit dans la maison, des phénomènes inexpliqués et inquiétants ont lieu. Petit à petit, ils découvriront l’histoire de Hill House. Les phénomènes se multiplient et semblent souvent se centrer sur Eléonore. Ils resteront une semaine dans cette maison.

L’auteur

SJShirley Jackson est née un 14 décembre en 1916 à San Francisco en Californie – bien que l’auteur a souvent déclaré qu’elle était née en 1919 afin de paraître plus jeune que son époux. Elle vécut dans la ville de Bulingame jusqu’en 1939 alors que sa famille déménage à Rocherster dans l’état de New York. Elle obtint un diplôme de l’Université de Syracuse en 1940. Pendant son séjour dans cett université, elle travaillera dans le magazine littéraire du campus. Elle y rencontrera son futur époux, Stanley Edgar Hyman – qui sera critique littéraire.

Ils s’établiront dans le Vermont où ils eurent quatre enfants. Stanley Hyman sera professeu de littérature pour le Bennington College. Shirley se consacra à l’écriture. Elle avait toujours aimé écrire et avait gangner un prix pour ses poésies à l’âge de 12 ans. Elle écrivit plusieurs romans, pièces de théâtre, de nombreuses nouvelles et quelques œuvres pour les enfants. Ses œuvres les plus connues demeurent la nouvelle « The Lottery », « The Haunting of Hill House » et « We Have Always Lived in the Castle ».

Elle souffrira toute sa vie de différentes névroses et maladies psychosomatiques. Elle décède le 8 août 1965 à l’âge de 48 ans dans son sommeil d’un arrêt cardiaque. Son décès fut attribué à son surpoids et au fait qu’elle fumait beaucoup. Mais on souligna également qu’elle prenait beaucoup de médicaments pour contrôler ses psychoses et dépressions et que cela a pu contribuer à sa mort.

Elle a inspiré de nombreux auteurs fantastiques et Stephen King a dit de son roman « The Haunting of Hill House » que c’est le « meilleur roman fantastique de ces cents dernières années. »

Bibliographie (partielle)

  • The Road Through the Wall, 1948 (également connu sous le titre de The Other Side of the Street)
  • The Lottery, or, The Adventures of James Harris, 1949
  • The Lottery, 1950 (scénario)
  • Hangsaman, 1951
  • Life Among the Savages, 1953
  • The Bird's Nest, 1954 (également connu sous le titre de Lizzie)
  • The Witchcraft of Salem Village, 1956 (J)
  • Raising Demons,      1957
  • The Sundial, 1958
  • The Haunting of Hill House, 1959
  • The Bad Children: A Play in One Act for Bad Children, 1959
  • We Have Always Lived in the Castle, 1962
  • Nine Magic Wishes, 1963 (J)
  • Famous Sally, 1966 (J, post.)
  • Come Along With Me: Partie d’un roman, Sixteen Stories and Three Lectures, 1968 (post.)

Sources

Citations

« Maintenant, nous allons entendre un nouveau bruit, songea Éléonore en écoutant l’intérieur de sa tête. C’est en train de changer. Les coups s’étaient tus, comme s’ils avaient compris qu’ils ne servaient à rien, et ils faisaient place à un mouvement précipité qui fonçait d’un bout à l’autre du corridor, comme un animal qui y aurait fait les cent pas en bouillant d’impatience, observant une porte après l’autre, tendant l’oreille au moindre son dans l’une des chambres. Puis ce fut de nouveau le léger murmure babillard dont Éléonore se souvenait. Est-ce moi qui fais cela? Se demanda-t-elle vivement. Est-ce moi?  » p. 208

Commentaires sur l'oeuvre à suivre...

4 octobre 2007

Sleepers (Suite)

sleepersCritique de lecture

Sleepers / Lorenzo Carcaterra ; [traduit par Jacques Martinache]. – [Paris] : Presses de la Cité, 1995. – 40 p. ; 23 cm. – ISBN 2-258-04123-6

Commentaires personnels

L’histoire est-elle vraie ou non ? Il est certain que lorsqu’on nous dit que l’histoire est vraie, elle vient nous chercher encore plus…et quand on apprend qu’elle serait selon toute probabilité, fausse, on se sent en quelque sorte trahi… cela change-t-il mon opinion du livre ? Non.

J’avais vu le film avant de lire le livre. Ce qui est rare. J’ai aimé le film et j’ai été touché par l'histoire. J’ai lu le livre, il y a peu de temps. Il y a en fait, selon moi, deux livres dans cet ouvrage. La partie qui relate la vie des 4 amis dans le quartier d’Hell’s Kitchen est le premier livre. Elle m’a semblé un peu longue… car j’attendais le fameux événement qui devait faire chavirer leur vie. Je connaissais l’événement parce que j’avais vu le film, mais on le connait aussi – sans en savoir les détails – en lisant le quatrième de couverture et en lisant les remerciements, les premières pages et le prologue. Donc, on attend cet événement qui n’arrive qu’à la 159e page d’un livre qui en a 402 dans mon édition. C’est donc un peu long. Cependant, si on prend cette partie indépendamment, elle est très intéressante. Malgré les critiques qui disent que la vie et les gens du quartier sont stéréotypés, j’ai eu l’impression d’en apprendre un peu sur le Hell’s Kitchen et sur l'époque (les années 60). Et malgré tout ce qu'on peut dire, l’auteur est tout de même bien né dans ce quartier et on le sent quand on lit ses descriptions.

On ne peut s’empêcher de faire une comparaison avec la nouvelle de Stephen King « The Body » en ce qui a trait à l’amitié des 4 jeunes garçons. Je trouve cependant nettement supérieures la narration et les descriptions de Stephen King. Mais Carcaterra se débrouille très bien. J’ai nettement eu l’impression qu’il nous livrait ce qu’il avait vécu pendant son enfance dans ce quartier dur et ouvrier.

Le deuxième livre commence avec le chapardage qui tourne mal et qui envoie les 4 jeunes garçons dans un centre de détention. Il est vrai que les faits sont difficilement vérifiables. On ne trouve même pas d’évidence que l’auteur fut envoyé dans un centre de détention durant son enfance. Il dit que les archives furent détruites, mais on doute. Et il est vrai qu’un tel procès – complètement truqué par le procureur – est difficile à croire. On a aussi de la difficulté à croire que personne ne fit de liens entre les deux détenus et le procureur et journaliste. Enfin…

Je crois que des centres de détentions où les gardes étaient cruels et pervers ont existés – et existent encore. Ce que l’auteur décrit a sûrement eu lieu… peut-être fut-il victime lui-même, peut-être uniquement des amis ou encore des gens qu’il connaît… Et peut-être a-t-il voulu simplement faire connaître ces endroits horribles et le sort des jeunes délinquants qui ont fréquenté ces lieux. Toute la partie du procès est peut-être simplement une façon de permettre une certaine vengeance -fictive- sur les sévices reçus par de jeunes garçons… furent-ils les 4 garçons du livre ou d’autres… Une façon d'exorciser des événements horribles à défaut de réellement pouvoir obtenir justice... peut-être... 

Peu m’importe… l’histoire m’a touchée sur beaucoup de points malgré d’évidentes lacunes de rédaction et certaines longueurs. Et le film est une excellente adaptation du livre… avec d’excellents acteurs en plus…

Article : Sleepers

3 octobre 2007

Sleepers

Sleepers / Lorenzo Carcaterra ; [traduit par Jacques Martinache]. – [Paris] : Presses de la Cité, 1995. – 40 p. ; 23 cm.sleepers – ISBN 2-258-04123-6

Quatrième de couverture

À l’âge où l’on joue encore aux billes, Michael, John, Tommy et Lorenzo sont livérs à eux-mêmes dans les rues de Hells’s Kitchen, quartier misérable et malfamé du New york des années 60. Leurs parents ont autres choses à faire que s’occuper d’eux. Boire, se battre… ou purger leur peine de prison.

À la suite d’un banal chapardage qui se termine tragiquement, les quatre adolescents se retrouvent enfermés à Wilkinson, une maison de correction pour mineurs (« sleepers », en argot).

Ce qu’ils vont y subir dépasse l’entendement : un an de coups et d’abus sexuels, commis par des gardiens sadiques et pervers. Une année qui va modifier leur existence à jamais.

Une décennie plus tard, Michael est devenu procureur, Lorenzo journaliste, John et Tommy tueurs. Mais chacun demeure hanté par les souffrances et la terreur qu’il a connues à Wilkinson. Et que seule la vengeance pourrait effacer…

L’authentique histoire de quatre gamins qui, parvenus à l’âge adulte, n’eurent d’autre choix que de se faire justice eux-mêmes après être passés par un système à fabriquer des criminels. L’auteur, Lorenzo Carcaterra, fut de ceux-là. Trente-cinq ans plus tard, il raconte…

Les droits d’adaptation cinématographiques de Sleepers, best-seller dès sa parution aux Etats-Unis, ont été acquis par une des plus importantes maisons de production américaines. La réalisation du film a été confiée à Barry Levinson (Rain Main), qui a réuni une distribution éblouissante comprenant, entre autres, Brad Pitt, Jason Patric, Robert De Niro, Dustin Hoffman et Vittorio Gassman.

sleepersq2L’auteur

Lorenzo Carcaterra  est né en 1954 à New York dans le quartier connu sous le nom de Hell’s Kitchen. Il commença sa carrière comme copiste pour le New York Daily News en 1976. Lorsqu’il quitta le journal en 1982, il était journaliste pour la section loisir et divertissement. Il poursuivit sa carrière comme journaliste au Time Inc. et TV-Cable Week. Malheureusement, le magazine ferma, le laissant sans emploi. Il travailla par la suite pour de multiples publications telles que: Picture Week, Entertainment Tonight Magazine, Special Reports Magazine – et comme pigiste pour d’autres revues : The New York Times Sunday Magazine, Newsday Sunday Magazine, Family Circle, Ladies Home Journal, et Twilight Zone Magazine.

Il deviendra consultant créatif pour la télévision à partir de 1988, pour la série « Cop Talk : Behind the Shield ». Il travaillera ensuite pour diverses émissions de télévisions. Il publiera ces deux premiers livres « A Safe Place » et « Sleepers » pendant ces années. Il continue d’écrire encore aujourd’hui.

L’œuvre (attention spoilers)

L’histoire est présentée dès le début comme une histoire vraie. L’auteur nous raconte les événements qui se sont produits lorsqu’il était enfant et ensuite quelques années plus tard.

« Ceci est l’histoire véridique d’amitiés plus intenses et plus profondes que les liens de sang. » (p.13). Ce sont les premiers mots du livre. Il poursuit en disant qu’il a changé certains noms et certains lieux et détails pour protéger les gens. Mais tout ce qu’il raconte dans les pages qui suivent est réel. C’est une partie de sa vie et de celles de ces amis qu’il raconte.

Lorenzo est un jeune garçon vivant dans le quartier Hell’s Kitchen de New York, avec ses meilleurs 3 amis. Ils s’amusent, vont à l’école et font quelques petits coups. Leur vie n’est pas facile mais ils vivent heureux dans leur quartier. Un jour, ils décident de voler des hot-dogs à un vendeur ambulant. Leur petit vol se transforme en cauchemar, alors qu’un homme est gravement blessé. Ils sont envoyés dans une maison de correction pour mineurs, pour une année.  Les jeunes délinquants qui sont condamnés à une peine minimale de 9 mois dans un tel établissement sont appelés des « sleepers ».

Cette année fut un véritable enfer pour les 4 amis – et pour tous les jeunes qui ont séjournés dans cet établissement. Ils furent battus, violés, torturés, humiliés pendant la durée de leur séjour. Après cette année d’enfer, ils sortent pour tenter de reprendre une vie normale. Ils sont de toute évidence marqués pour le reste de leur vie.

Plusieurs années plus tard, Lorenzo est journaliste, Michael est procureur et John et Tommy sont devenus de dangereux tueurs. Un jour, John et Tommy sont par hasard dans le même café qu’un de leur tortionnaire. Ils le tuent. Ils sont arrêtés. Commence alors une machination imaginée par Michael pour les faire acquitter. Aidé par Lorenzo et divers amis du quartier – dont un prêtre qui se parjurera – il réussit à les faire acquitter (malgré le fait qu’il est le procureur).

Le livre relate tous ces événements. Il commence par nous présenter la vie dans ce quartier à cette époque. On nous présente ensuite les mois que les jeunes passèrent dans le centre de détention – mais sans trop entrer dans les détails. Puis, il se termine par le procès.

Le livre a reçu autant d’éloges que de critiques. Les gens sont bouleversés par l’histoire relatée. Mais très vite des doutes furent émis sur l’authenticité de l’histoire. On accuse l’auteur d’avoir inventé sinon toute l’histoire, du moins une partie. Particulièrement, le procès que plusieurs avocats et spécialistes disent impossibles et dont on ne retrouve aucune trace. Même en ayant changé les noms et lieux, on ne retrouve aucun procès semblable dans les archives judiciaires.

D’autres critiques mettent en évidence le style très modeste de l’écriture. Beaucoup de clichés dans l’histoire, style peu recherché et autres critiques.

Commentaires personnels à suivre

20 septembre 2007

The Outsiders - III. Commentaires personnels

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New   York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

out0025Commentaires personnels :

Livre très court. À peine 156 pages dans mon édition de poche. Il se lit très vite. Quelques heures à peine. Et pourtant il contient énormément d’émotions. C’est un livre sur l’adolescence écrit par une adolescente. Elle écrit de toute évidence ce qu’elle connaît, ce qu’elle voit. Elle a voulu dire tout haut ce qu’elle ressentait face aux différences, injustices et préjugés qu’elle voyait tous les jours dans son école et dans sa ville. Elle voulait aussi parler des différents problèmes et des réalités des adolescents de son âge : le suicide, la cigarette, l’alcool, le besoin d’appartenance à un groupe, la grossesse chez les adolescentes, la mort, l’école, l’abandon scolaire, etc. Mais jamais on sent qu’on fait la morale. L’auteur ne fait que parler de ces sujets qui font partie de la réalité des jeunes de son époque – mais aussi des jeunes d’aujourd’hui. Car même si certains sujets sont traités selon la vision de l’époque – 1966 – ils rejoignent encore la réalité d’aujourd’hui.

La narration m’a tout de suite rejointe. J’ai immédiatement ressenti de la sympathie pour le narrateur, Ponyboy et j’ai vu sa famille, ses amis, son quartier, les greasers et les socs à travers ses yeux. Ponyboy est particulièrement sensible, peut-être un peu trop. Il semble un peu déplacé au milieu de tous ces gens qui semblent beaucoup plus vrais et réalistes que lui. Mais c’est ce qui au final le rend si attachant. Il semble un peu irréel et naïf. Et c’est un peu le thème du roman… la perte de la naïveté du narrateur… son passage de l’enfance à l’adolescence ou même à l’âge adulte. Ponyboy compare souvent les gens à des personnages de films, voulant ainsi rester dans l’imaginaire. Cependant certains de ces amis sont « trop » vrais et le ramène à la dure réalité. 

C’est un milieu essentiellement masculin et de jeunes. Il y a peu de filles, sauf Cherry. Ce qui n’empêche pas de s’identifier aux personnages. Et, il n’y a pratiquement aucune figure adulte. Le roman met en avant plan l’adolescence, sans vouloir l’expliquer à travers des yeux d’adultes – et l’auteur étant elle-même adolescente permet d’y croire totalement – et sans vouloir que les adultes protègent ou sauvent les jeunes.

Les différences sociales et la séparation entre les riches et les pauvres sont centrales dans le livre, mais je n’ai pas senti que c’était l’unique préoccupation du narrateur. Sa vie familiale et ses relations avec ses deux frères sont également très importantes.

Un aspect important du roman est l’art, principalement, le cinéma et la littérature, ainsi que de façon moins présente la musique. On mentionne souvent des films ou des acteurs. Les adolescents s’identifient à eux. La musique partage souvent les deux bandes, les Socs et les Greasers n’écoutent pas les mêmes musiques. Mais c,est surtout la présence de références littéraires qui nous aide à comprendre le roman ainsi que les relations entre les personnages. Ponyboy est celui qui amène la littérature dans le roman : il parle de livres avec Cherry, il fait la lecture à Johnny lorsqu’ils sont en fugue, il mentionne plusieurs œuvres dans sa narration alors qu’il raconte les événements qui ont marqué quelques semaines de sa vie et lorsqu’il décrit sa vie, sa famille et son quartier. Le poème de Robert Frost « Nothing gold can stay » qu’il récite un matin à Johnny définit le roman. Il souligne cette perte d’innocence et surtout le caractère irréel et spécial de Ponyboy.

Finalement, lorsque à la fin du roman, on comprend que Ponyboy s’apprête à rédiger un travail pour l’école qui commence exactement comme les premiers mots du livre et qu’il va raconter les événements qui viennent de se passer, la boucle est bouclée. C’est la littérature qui permet à Ponyboy de s’exprimer comme il aimerait pouvoir s’exprimer. Dire ce qu’il voudrait pouvoir dire à ses frères, à ses amis, à son professeur mais qu’il se sent incapable de dire.

L’histoire et les personnages m’ont beaucoup touchée. Le roman est loin d’être un chef d’œuvre de rédaction mais il demeure à mes yeux un chef d’œuvre d’émotions.

Extraits :

“Hey,” I said suddenly, “can you see the sunset real good from the West Side?” She blinked, startled, then smiled. “Real good”. “You can see it good from the East Side, too”, I said quietly. “Thanks, Ponyboy.” She smiled through her tears. “You dig okay”.” p. 114.

- Commentaires sur l’oeuvre : ici et ici

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Sources:

19 septembre 2007

The Outsiders - II. Le Roman

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

L’œuvre :

Premier roman de S.E. Hinton publié en 1967 alors qu’elle à peine 17 ans. Le livre fut rapidement un best-seller.

Le roman décrit une réalité que la jeune adolescente vit à tous les jours. Se situant en 1965-66, The Outsiders raconte l’histoireOutsiders de jeunes adolescents d’une petite ville. Mais il raconte surtout les tensions entre les deux classes sociales de la ville : les riches et les pauvres. Parmi les autres sujets abordés dans le roman, nous pouvons voir les relations familiales, principalement entre frères, les liens de l’amitié, et les difficultés du passage de l’adolescence à l’âge adulte.   

L’histoire est racontée par le personnage principal qui a 14 ans. Il raconte dans ses mots, sa vie et son quotidien, ainsi que celle des jeunes de son quartier. Mais il raconte surtout les événements qui ont marqué sa vie : la mort de ses deux amis. Nous voyons ces événements et l’époque à travers les yeux du narrateur.

La différence entre les deux groupes de jeunes est marquée profondément, d’une part par l’argent et d'autre part, par leurs comportements et goûts (vestimentaires, musicaux, etc.). Alors qu’au début du roman, on voit surtout les Socs (les jeunes riches) comme des jeunes insouciants et égoïstes qui n’ont d’autres passe-temps que de battre les Greasers sans aucune raison, boire et faire la fête, petit à petit cette image se transforme. À travers certains personnages, le narrateur réalise que la vie est aussi difficile du côté des riches que du côté des pauvres. Et il réalise aussi qu’ils peuvent avoir des similarités, des goûts communs… et qu’il est possible de lier des amitiés malgré leurs différences de milieu.

Les Greasers sont présentés comme des jeunes issus pour la plupart de familles disfonctionnelles. Ce sont souvent de jeunes délinquants mais les liens qu’ils ont entre eux sont forts. On voit les jeunes Greasers et surtout un certain groupe, encore une fois à travers les yeux du narrateur qui est lui-même un Greaser.

On sent réellement la détresse du garçon, partagé entre les liens et la fidélité avec ses amis et sa volonté de dépasser sa réalité. Il se rebelle, contre les injustices et les préjugés sociaux, contre les classes sociales et les conflits à son école et dans sa ville, contre sa famille, contre tout. Le livre aborde donc également le thème de l’adolescence, ses difficultés, ses réalisations. Il aborde aussi les relations entre les trois frères. La difficulté de vivre ensemble, de s’écouter et de s’aimer malgré les soucis quotidiens.

Le livre rejoint tout d’abord les jeunes de cette époque. Il traite finalement – chose plus rare à l’époque – des différences entre les différents groupes sociaux dans une école. Et il traite des difficultés de l’adolescence. Mais il continue à rejoindre les jeunes – et moins jeunes – encore aujourd’hui.

Le roman présente en grande majorité des personnages masculins. Il y a peu de personnages féminins. On souligne beaucoup les liens forts et les amitiés masculines. Le seul personnage féminin important du roman – Cherry – tente de se rapprocher mais demeure tout de même la cause des problèmes racontés. C’est un peu à cause d’elle que Bob –son copain- est tué par Johnny. Elle tente ensuite d’aider les Greasers, mais pour ce faire agit un peu en traite pour son « groupe », les Socs. Son personnage représente les difficultés des relations entre homme/femme.

On souligne beaucoup dans le roman, l’honneur et la fidélité dans les relations amicales des jeunes – des deux bandes. Les personnages se sentent obligés de se battre pour sauver leur honneur. Il est de leur devoir de venger les torts qui leurs ont été causés. Encore une fois, des deux côtés, et ce même, si ils n’ont pas toujours envie de le faire ou qu’ils sentent que c’est inutile ou un peu ridicules. L’honneur et le devoir envers ses amis sont très importants. On sent que l’auteur veut surtout souligner que ces caractéristiques sont très importantes chez ces jeunes, les Greasers, pourtant considérés comme des délinquants et criminels. Elle cherche ici à les rendre plus sympathiques, humains et surtout souligner que malgré le fait que ces jeunes sont souvent durs, ils peuvent aussi être sensibles et vulnérables.

Mais elle veut aussi montrer que, peu importent les différences sociales, tous les jeunes de son roman sont vulnérables. Que c’est une réaction humaine de se rassembler et s’affronter mais qu’il faut voir au-delà des apparences et de préjugés.

Malgré son extrême popularité, le livre fut souvent critiqué, voire même censuré et retiré de bibliothèques dans certains états américains. Les raisons invoquées étant la violence, le langage et l’alcool.

D’autres critiques du roman est le style très simple, voire simpliste de la narration. L’histoire est racontée par un garçon de 14 ans, provenant d’un milieu populaire. Le langage utilisé est celui de cette époque et de ces jeunes. Évidemment, l’auteur elle-même avait 15 ans lorsqu’elle commença à écrire son roman. On sent nettement une relation proche entre l’auteur et le narrateur.

Le roman de démarque par son caractère réaliste et par son approche différente –surtout pour l’époque. Un roman destiné aux adolescents mais qui est dur, réaliste et chargé d’émotions.

Commentaires personnels à suivre.

- Commentaires sur l’oeuvre

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Extraits :

“You want to know something, Ponyboy? I’m scared stiff. I used to talk about killing myself…” He drew a quivering breath. “I don’t want to die now. It ain’t long enough. Sixteen years aint’ long enough. I wouldn’t mind it so much if there wasn’t so much stuff I ain’t done yet and no many things I ain’t seen. It’s not fait. You know what ? That time we were in Windrixville was the only time I’ve been away from our neighbourhood.” p.107

Sources:

18 septembre 2007

The Outsiders - I. Le Roman

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The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4  

Quatrième de couverture :

Ponyboy is sixteen, tough and confused, yet sensitive beneath his bold front. Since his parents’ deaths, his loyalties have been to his brothers and his gang, the rough, swinging, long-jaured boys from the wrong side of the tracks. When his best friend kills a member of a rival gang, a nightmare of violence begins and swiftly envelops Ponyboy in a turbulent chain of events.

Résumé (attention résumé complet avec spoilers) :

Ponyboy Curtis est un jeune adolescent de 14 ans vivant avec ses deux frères : Darrel 'Darry' Curtis, son frère aîné de 20 ans qui a dû laisser ses études pour s’occuper de ses frères à la mort de leur parents et Sodapop Curtis qui a 17 ans et qui a également laissé l’école. Les trois frères vivent ensemble dans le quartier pauvre d’une ville d’Oklahoma dans les années ’60. La ville est symboliquement partagée en deux groupes, les « greasers » - nommés ainsi parce qu’ils ont les cheveux longs et gominés – qui habitent le côté est de la ville, quartier pauvre et les « socs » signifiant « socials », qui sont les jeunes habitant le côté ouest de la ville et qui sont la classe riche de la ville. Les tensions sont constantes entre les deux groupes.

L’histoire, racontée par Ponyboy, commence alors que celui-ci, en rentrant seul du cinéma, se fait attaquer par un groupe de Socs. Il est sauvé par ses amis, tous des greasers. Le lendemain, Ponyboy va au cinéparc avec son meilleur ami Johnny et un autre greaser Dallas. Ils y rencontreront deux jeunes filles Socs, Cherry et Marcia. Après que Johnny empêche Dallas de flirter avec Cherry, Ponyboy et Johnny vont s’asseoir avec les deux jeunes filles. En marchant plus tard avec elles, les copains des filles, des Socs, arrivent complètement saouls et prêts à se battre. Pour éviter une bataille, Cherry et Marcia partent avec eux.

Ponyboy retourne chez lui, mais parce qu’il est en retard, il se chicane avec son frère Darry, qui le frappe. Ponyboy se sauve alors dans la nuit. Il retrouve Johnny qui dormait dans un champ vacant. Les deux garçons vont marcher dans un parc pour se calmer. C’est alors qu’un groupe de Socs – dont les deux copains des jeunes filles – les attaquent. Alors que les Socs sont en train de noyer Ponyboy dans la fontaine du parc, Johnny essaie de le sauver et poignarde Bob – le copain de Cherry. Bob meurt et Johnny et Ponyboy s’enfuient ne sachant que faire. Ils vont trouver Dallas qui les aidera à s’enfuir et à se cacher à la campagne dans une vielle église abandonnée. Ils y resteront quelques jours… à jouer aux cartes et à discuter. Ponyboy lit à voix haute « Gone with the wind » pour passer le temps. Après quelques jours, Dallas vient les trouver pour leur donner un peu des nouvelles. Les tensions entre les deux clans sont au plus haut niveau et une grande bataille est prévue. Cherry, qui se sent responsable de la mort de Bob, aide les greasers et se dit prête à témoigner en faveur des deux garçons.

Johnny décide de se rendre aux autorités, ce qui choque complètement Dallas. Il accepte néanmoins de les ramener. Sur le chemin du retour, ils retournent à la vieille église pour la trouver en feu. Un groupe de jeunes enfants avec des professeurs en excursion sont sur les lieux. Plusieurs enfants sont encore pris à l’intérieur. Ponyboy se précipite dans l’église pour sauver les enfants. Johnny le suit. Dallas essaie de les faire revenir mais finit par les rejoindre. Ensemble, ils réussissent à sauver les enfants, mais comme à la dernière minute alors que Dallas fait sortir Ponyboy, le toit s’effondre sur Johnny et Dally. Ils sont menés à l’hôpital. Ponyboy n’a que des blessures légères et retrouvent ses frères. Dallas n’a également subi que quelques blessures mais doit resté à l’hôpital. Mais Johnny est gravement blessé, son dos brisé et se trouve en soin intensif.

De retour à la maison, Ponyboy se réconcilie avec ses frères, mais doit vivre avec la situation : bien que les journaux les proclament « héros » pour avoir sauver les enfants, il pourrait être envoyé en centre et Johnny pourrait être accusé du meurtre involontaire de Bob. De plus, la confrontation entre les Socs et les Greasers approche. Il rend visite à ses deux amis à l’hôpital et est dévasté par l’état de Johnny. Il rencontre également Cherry qui leur donne des renseignements sur la prochaine bataille. Ainsi que Randy, l’ami de Bob, qui décide de ne pas rester pour la bataille, las de toutes ces confrontations.

La tension s’accumule chez les Curtis avant la bataille. La confrontation a finalement lieu. Les greasers gagnent « cette » bataille, et Dallas – qui a réussit à sortir de l’hôpital – amène Ponyboy voir Johnny pour lui annoncer leur victoire. Malheureusement, cette nouvelle ne fait pas plaisir au garçon et à bout de force, il meurt devant ses deux amis en disant à Ponyboy de « rester en or » (phrase d’un poème que Ponyboy lui avait récité lors de leur fugue).

Ponyboy retourne à la maison en larme. Dallas, quant à lui, perd le contrôle et s’enfuit, désespéré. Il entre dans un magasin et avec un pistolet – sans balles – menace le propriétaire et le vole. Il appelle ses amis pour qu’ils viennent le chercher. Ils courent le rejoindre mais la police arrive également. Croyant que le pistolet de Dallas est chargé, ils font feu sur lui, devant ses amis. Il meurt.

Pendant plusieurs jours, Ponyboy délirera, incapable de vivre avec les événements des dernières semaines. Il devra ensuite tenter de vivre avec la mort de ses amis. Il devra également aller en cours. Cherry et Randy témoignant en sa faveur, il sera acquitté de toutes responsabilités dans la mort de Bob et pourra rester avec ses frères. Mais il a de la difficulté à s’adapter, n’écoute plus à l’école et est continuellement en conflit avec Darry. Il commencera à reprendre sa vie en main après que Sodapop avoue à ses frères qu’il n’en peut plus. Un jour, son professeur demande à ses élèves d’écrire une histoire pour le cours d’anglais. Il ne sait quoi écrire. C’est alors qu’il trouve dans une copie du roman « Gone with the wind » que Johnny lui a laissé, une lettre de ce dernier qu’il a écrit juste avant sa mort. Ponyboy décide alors d’écrire pour son devoir, l’histoire de ses amis et des derniers mois. Son travail est en fait le roman que l’on vient de lire.

Extraits :

“ “It ain’t fair that we have all the rough breaks!” I didn’t know exactly what I meant, but I was thinking about Johnny’s father being a drunk and his mother a selfish slob, and Two-Bit’s mother being a barmaid to support him and his kid sister after their father ran out on them, and Dally –wild, cunning Dally – tirning into a hoodlum because he’d die if he didn’t, and Steve – his hatred for his father coming out in his soft, bitter voice and the violence of his temper. Sodapop…. a dropout so he could get a job and keep me in school, and Darry, getting old before his time trying to run a family and hang on to two jobs and never having any fun – while the Socs had so much spare time and money that they jumped us and each others for kicks, had beer blasts and river-bottom parties because they didn’t know what else to do.” p.40

Commentaires sur l’oeuvre et commentaires personnels à suivre.

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

21 juillet 2007

Outsiders, The : I. L'auteur

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

L’auteur:

Selon plusieurs sources, S.E. Hinton est née en 1948 à Tulsa dans l’état d’Oklahoma des Etats-Unis. Mais on donne souvent SEHINTONcomme date de naissance 1950. On dit qu’elle avait 17 ans lorsque paru son premier roman en 1967. Mais selon la biographie dans l’édition du livre lu, on dit que l’auteur avait 16 ans quand elle écrivit son premier roman en 1967.

Elle commença à écrire alors qu’elle était très jeune, alors qu’elle fréquente l’école Will Rogers High School. Ses premiers romans demeurent non publiés.

Son nom complet est Susan Eloise Hinton mais lorsqu’elle publia son premier roman, son éditeur lui suggéra de n’utiliser que ses initiales à la place de son nom complet. Il voulait ainsi éviter que les lecteurs et critiques ignorent que le roman – mettant en scène de jeunes garçons – avait été écrit par une jeune femme. Comme la plupart de ces romans sont écrit selon le point de vue d’un garçon, l’auteur décida par la suite de continuer à utiliser uniquement ses initiales. De plus, cela lui permet de séparer sa vie professionnelle d’auteur de sa vie personnelle.

Elle commença à écrire son premier roman « The Outsiders » alors qu’elle avait 15 ans. Plusieurs événements l’incitèrent à écrire ce roman. Grande lectrice, elle trouvait cependant qu’il existait peu de livres destinés aux jeunes lecteurs adolescents – les livres existants étant peu réalistes selon elle. Elle voulut écrire un roman qui s’adressait directement aux adolescents. De plus, après la mort de son père, elle devint solitaire et trouva rapidement refuge dans l’écriture.

Finalement, elle trouva l’inspiration dans sa réalité quotidienne. Tous les jours, elle pouvait voir dans son école, deux groupes s’opposer : les jeunes pauvres, les Greasers et les jeunes riches, les Socs. Ne faisant pas vraiment partie d’aucun groupe, ses amis faisant cependant partie des Greasers. Elle fut témoin des affrontements entre les deux groupes, et elle vit un de ses amis se faire battre par d’autres jeunes de son école. Cet incident la révolta et l’incita à partager sa colère et frustration envers cette division sociale. L’incident est également le point de départ de son premier roman. Elle voulut avec ce roman, mettre en mots ce dont elle était témoin tous les jours.

Il est intéressant de noter que alors qu’elle écrivait ce premier roman qui recevra divers prix et qui fut vendu à plus de 8 millions de copies, elle avait d’énormes difficultés à l’école et échouait son cours de création littéraire ! Le roman fut publié en 1967 par la maison d’édition Viking. Il devint rapidement un best-seller et S.E. Hinton un auteur important de la littérature jeune adulte.  

Le succès de son premier roman lui apporta la célébrité et beaucoup de publicité. Cependant les attentes étaient grandes de la part de son éditeur, des critiques et des lecteurs. Elle poursuivit ses études à l’Université de Tulsa en même temps qu’elle commença la rédaction de son deuxième roman. La pression qu’elle ressentait était cependant énorme et pendant trois ans, elle fut victime du fameux syndrome de la page blanche. Déprimée, stressée, elle était incapable d’écrire. Grâce à son copain – qui devint en 1970, son époux – elle réussi à briser son blocage. En effet, il l’obligea à écrire deux pages par jour.

En 1970, elle obtient son diplôme d’enseignement de l’Université et elle termine son deuxième roman : « That Was Then, This Is Now ». Il fut publié l’année suivante. L’auteur considère que ce roman est plus réfléchi et travaillé. L’histoire a pour thèmes la drogue et la délinquance et encore une fois, est présentée du point de vue d’un jeune garçon placé devant un choix difficile. SEHINTON2

Elle publia son troisième roman « Rumble Fish » en 1975, bien qu’il paru d’abord en 1968 sous la forme d’une nouvelle dans le journal de l’Université de Tulsa. D’autres romans suivirent « Tex » en 1979 et « Taming the Star Runner » en 1988. On compte en tout 8 romans pour jeunes adultes et l’auteur est souvent qualifié de porte-parole de la jeunesse. Elle est un auteur important de la littérature pour jeunes adultes et ces livres ont reçus de nombreux prix. Ses romans sont souvent enseignés dans les classes, bien que ils soient aussi souvent censurés ou bannis des bibliothèques scolaires.

En 1983, « The Outsiders » fut porté à l’écran par le réalisateur Francis Ford Coppola. S.E. Hinton participa à la version cinématographique de son roman. L’année 1983 est également marquée par la naissance, en août, de son fils, Nicholas David. D’autres romans sont également adaptés pour le cinéma.  

Elle continue d’écrire, mais ses romans ne sont plus uniquement destinés à des lecteurs adolescents. Ils ont maintenant d’autres public cible, notamment, les enfants (d’âge pré-scolaire ou scolaire) ou encore les lecteurs adultes. Mais comme tous ses romans, son inspiration demeure sa propre vie.

En 1988, elle reçut le prix « Margaret A. Edwards Award » qui est présenté par la Young Adult Library Services Association. Le prix est attribué aux auteurs dont les œuvres présentent les expériences et émotions des adolescents.

S.E.Hinton réside toujours à Tulsa avec son époux où elle continue à écrire.

Bibliographie :

  •  - The Outsiders (1967) – Roman « jeune adulte »
  • - That Was Then, This Is Now (1971) - Roman « jeune adulte »
  • - Rumble Fish (1975) - Roman « jeune adulte »
  • - Tex (1979) - Roman « jeune adulte »
  • - Taming the Star Runner (1988) - Roman « jeune adulte »
  • - Big David, Little David (1995) – Roman jeunesse
  • - The Puppy Sister (1995) – Roman jeunesse
  • - Hawkes Harbor (2004) – Roman
  • - Some of Tim’s Stories (2007) – Roman

Commentaires à suivre...

- sur l'oeuvre: ici, ici et ici

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Sources:

13 juillet 2007

Index des livres lus (alphabétique)

Lectures :


- 0...9 -

- 206 Bones / Kathy Reichs


- A -

- Accident (L') /C.L.Taylor

- Affaire Raphael (L')  / Iain Pears

- Agonie  / Jacques Brault

- A la table des seigneurs, moines et paysans du Moyen Age  / Eric Birlouez

- Alpha (L') / Nadia Bouzid

- Antigone / Jean Anouilh

- Appel du mal (L') / Lisa Unger

 - Arcanes du chaos (Les) / Maxime Chattam

 - Ascendant (L')- Alexandre Postel

- Assassins de la 5eB (Les)- Kanae Minato

 - Au péril de la mer - Dominique Fortier


- B -

- Barcelona Shops / Consol Bancells

- Blasphemy / Douglas Preston

- Bondrée / Andrée A. Michaud

- Brunissement des baleines blanches (Le) / Boucar Diouf


- C -

- Celui dont le nom n'est plus / René Manzor

- Cercle de la croix (Le) / Iain Pears

- Certaines n'avaient jamais vu la mer / Julie Otsuka

- Ce qui n'est pas écrit / Rafael Reig

- Chambre des parents (La) / Brigitte Giraud

- Chambre de la Stella (La) / Jean-Baptiste Harang

- Chasse-galerie (La) / Honoré Beaugrand

- Child of the Night / Nancy Kilpatrick

- Christmas Night Murder (The) / Lee Harris

- Christmas Pudding / Agatha Christie

- Chuchoteur, Le / Donato Carrisi

- Cité du Soleil (La) / Tommaso Campanella

- Cocorico / Pan Bouyoucas

- Collectionneur (Le) / Chrystine Brouillet

- Conception / Chase Novak

- Conjuration de la Sixtine (La) / Philipp Vandenberg

- Corde (La) / Stefan aus dem Siepen

- Cri du cerf (Le) /Johanne Seymour

- Croyances et rites populaires / James Éveillard, Patrick Huchet


- D -

- Daddy Love / Joyce Carol Oates

- Dahlia Noir (Le) / James Ellroy 

- Dame à la Licorne (La)  / Tracy Chevalier

- Dans les bois / Harlan Coben 

- De la fabrication des fantômes / Franck Manuel

- Déjà Dead / Kathy Reichs 

- Deux zèbres sur la 30e Rue / Marc Michel-Amadry

- Derrière le masque / Louisa May Alcott

- Diable s'habille en Prada (Le) / Lauren Weisberger

- Dictionary of Angels: Including the Fallen Angels / Gustav Davidson

- Dîner (Le) / Herman Koch

- Divins secrets des petites ya-ya (Les)/ Rebecca Wells

- Door Through Washington Square (The)/ Elaine Bergstrom

- Doux venin des abeilles (Le) / Lisa O'Donnell

- Du domaine des murmuresCarole Martinez

- Dylanne et moi / André Carpentier


- E -

- Écorchée (L') / Donato Carrisi

 - Enchantment of the Faerie Realm: Communicate with Nature Spirits & Elements / Ted Andrews

- Enfants du Graal (Les) / Peter Berling

- Évangile de Marie (L'): Myriam de Magdala / Évangile copte du IIe siècle traduit et commenté par Jean-Yves Leloup 


- F -

- Femme au Moyen-Âge (La) / Jean Verdon 

- Fête du Potiron (La) / Agatha Christie 

 - Fille de l'hiver (La) Eowyn Ivey 

 - Flambeau (Le) / Agatha Christie 

- Fou et le professeur: une histoire de meurtre, démence, de mots et de dictionnaire / Simon Winchester   


 - G -

 - Gars des pogos (Le) / Éric Godin

- Gifle (La) / Christos Tsiolkas

- Goût des pépins de pomme (Le) / Katharina Hagena


 - H -

- Haunting of Hill House (The) / Shirley Jackson

- Huitième livre de Vésale (Le) / Jordi Lllobregat

- Histoires d'Ogres / Katia Gagnon


- I -

- Indésirable / Francis Malka

- Invitation (L') / Miquel Pairolí


- J -

- Jade, l'enfant de la mer / Stéphane Bourget

- Je ne me lève jamais avant la fin du générique   / Réjane Bougé

- Je reviendrai avec la pluie / Takuji Ichikawa

- Jeunes mortes (Les) / Selva Almada

- J'haïs le hockey / François Barcelo

- Jurassic Park  / Micheal Crichton


- L -

- Labyrith / Kate Mosse 

- Landays afghans

- Last days / Adam Nevill

- Little Women / Louisa May Alcott,

- Libraire (Le) / Régis De Sá Moreira

- Logique du sang (La) / Martin Buysse

- Lorsque j'étais une oeuvre d'art / Eric-Emmanuel Schmitt

- Lottery (The) / Shirley Jackson

 - Lune rouge (La) /Jean Lemieux


- M -

- Madame Victoria / Catherine Leroux

- Maison assassinée (La) / Pierre Magnan

- Maman a tort / Michel Bussi

- Mangez-le si vous voulez / Jean Teulé

- Mannequin enchanté (Le) / Anthony Phelps

- Mathématique du crime / Guillermo Martinez

- Mer d'innocence (La) - Kishwar Desai

- Muséum / Véronique Roy

  •  Muséum - publié le 14 juillet 2008

- N -

- Nancy croit qu'on lui prépare une fête / Simon Boulerice

- Noël d'Hercule Poirot (Le) / Agatha Christie

- No more Natalie / Marin Ledun

- Nous avons tous peur / B.R. Bruss

- Noyade du marchand de parapluies (La) / Francis Malka

 


 - O -

- Oeuvre au Noir (L') / Marguerite Yourcenar

- Old Possum's Book of Practical Cats / T.S. Eliot

- Oiseau de mauvaise augure (L') /Camilla Läckberg

- Ô Solitude ! / D. Kimm

- Ouvert l'hiver / Sébastien Dulule

- Outsiders (The) / S.E. Hinton

 


- P -

- Pages à brûler / Pascale Quiviger

- Passion du livre au Moyen Age (La) / Sophie Cassagnes-Brouquet

- Parfum de la tubéreuse (Le) / Élise Turcotte

- Pauline / George Sand

- Personne ne le croira / Patricia MacDonald

- Petit lexique des idées fausses sur les religions / Odon Vallet

- Petites histoires avec une chat dedans (sauf une) / Véronique Papineau

- Petit jardin des fées (Le) / Anne Duguël

- Petite robe de Paul (La) / Philippe Grimbert

- Phyto-analyste : thriller botanique (Le) / Bertrand Busson

- Pièces importantes et effets personnels de la collection Leonore Doolan et  Harrold Morris... / Leanne Shapton

- Piscine (La) / Jonathan Gaudet

- Plantes, les hommes et les dieux (Les) / Michèle Bilimoff.

- Plus léger que l'air / Federico Jeanmaire

- Poèmes choisis / Hector Saint-Denys Garneau

- Poésies complètes 1896-1899 / Émile Nelligan

- Poison des roses / Mirjam Pressler

- Pollution au Moyen-Âge (La) / Jean-Pierre Leguay

- Pour en finir avec le Moyen-Âge / Régine Pernoud

- Predator / Patricia Cornwell

- Prédicateur/ Camilla Läckberg

Princesse des glaces (La)/ Camilla Läckberg


- Q -

- Quelque part avant l'enfer / Niko Tackian

- Qumran / Eliette Abécassis

  • Qumran - publié le 18 novembre 2009
  • Qumran - Suite - publié le 19 novembre 2009

- R -

- Reines et favorites : le pouvoir des femmes / Benedetta Craveri

- Relic / Douglas Preston ; Lincoln Child

- Réparation (La) / Katia Gagnon

- Reste de sa vie (Le) / Isabelle Marrier

- Roi disait que j'étais diable (Le) / Clara Dupont-Monod

- Royaume scotch-tape / Chloé Savoie-Bernard

- Rule of Four (The) / Ian Caldwell ; Dustin Thomason


- S -

- Sang du temps (Le) / Maxime Chattam

- Scarpetta / Patricia Cornwell

- Secte des Égoïstes (La) / Eric-Emmanuel Schmitt 

- Selected Poems of Anne Sexton / edited with an introduction by Diane Wood Middlebrook and Diane Hume George  

- Sept jours du talion, Les / Patrick Senécal

- Sepulchre / Kate Mosse

- Signora Wilson (La)/ Patrice Salsa

- Silence de sang / Sue Walker

 - Shadow of the Wind / Carlos Ruiz Zafón

- Sleepers / Lorenzo Carcaterra

-Soeur de Judith / Lise Tremblay

- Sukkwan Island / David Vann

-Sur ma peau / Gillian Flynn

- Survenant (Le) / Germaine Guèvremont

- Suspicions of Mr. Whicher, or, The Murder at Road Hill House (The) / Kate Summerscale


- T -

- Table des matières (La) / Sylvie Fayet-Scribe

Tailleur de pierre (Le) / Camilla Läckberg

 -Testament des Templiers (Le) / Glenn Cooper

- Théroème du Perroquet (Le) / Denis Guedj 

- Trois fois la bête / Zhanie Roy

- Trois p'tits chats / René Boulanger


- U -

- Un cadavre dans la bibliothèque / Agatha Christie

- Une journée avec Monsieur Jules / Diane Broeckhoven

- Une nuit, je dormirai seule dans la forêt / Pascale Wilhelmy

- Univers féerique (L') / Édouard Brasey


- V -

- Vallée du renard (La) /Charlotte Link

- Vérité sur l'Affaire Harry Quebert (La) / Joël Dicker

- Vide (Le) / Patrick Senécal

- Vie privée des arbres (La) / Alejandro Zambra

- Vierge en bleu (La) / Tracy Chevalier

- Vingt-quatre milles baisers / Françoise de Luca

- Viou / Henri Troyat

 

- Visages (Les) / Jesse Kellerman


  - W -

-Wagon (Le) / Philippe Saimbert & Isabelle Muzart

- Wicca / Scott Cunningham


- Z -

- Zébrures écarlates / Michel Roberge

 

Crimes littéraires :  (Maintenant sous leur propre catégorie)


Premier compilation : 13 juillet 2007
Dernière mise à jour: 5 décembre 2017

15 juin 2007

Le Survenant (Lecture obligatoire)

survenant44C'est la première chose qui vient à l'esprit de bien des gens... et je m'inclus dans ces gens. Depuis quelques années certaines personnes pourraient peut-être penser au film. La version de 1995, évidemment, pas la version de 1957.

J’ai dû lire trois fois le Survenant. Et je l’ai lu 5 fois en tout. Donc, trois lectures obligatoires et deux lectures pour le plaisir.

Et je dois avouer que ma première lecture… hum hum… mes deux premières lectures du roman de Guèvremont furent ardues. 

Secondaire 4, 15 ans, première lecture du Survenant. Roman de la terre écrit avec un langage disons-le légèrement archaïque à mes oreilles. Malgré le fait que j’adorais lire, je dois avouer que la lecture « obligatoire » du roman fut difficile. Je l’ai lu rapidement, en biais et je n’ai absolument rien apprécié, ni compris. Je n’ai retenu que le langage de mes « aïeux » et quelques souvenirs de ma grand-mère : les « veillées », les « contes » et autres coutumes. Mais je n’ai pas réellement lu le roman.

Première année de Cégep, 17 ans et des poussières… autre lecture obligatoire du Survenant. J’étais alors dans le programme de Lettres, mais le cours qui obligeait la lecture du livre était un cours obligatoire pour tous, le cours de français intitulé : Littérature québécoise. Le roman étant un incontournable, il fait partie de la plupart des cursus des cours de littérature québécoise. Encore aujourd’hui… même si certains professeurs sortent des sentiers battus.

Toujours est-il que cette seconde lecture fut à peine plus intéressante. Disons tout de même que je l’ai lu complètement et non en biais, et que je l’ai trouvé légèrement plus intéressant. Quelques personnages m’apparurent plus intrigants et intéressants, mais sans plus.

Et puis ce fut l’analyse en classe. La discussion de groupe. Et puis certaines choses s’éclaircirent, quelques passages se distinguèrent. Et je l’ai relu. Pour moi… pour le comprendre mieux. Et cette troisième lecture non-obligatoire fut agréable. J’ai commencé à lire le livre d’une façon différente. À lire l’histoire, à voir les symboles, à comprendre la poésie des mots utilisés.

Première année d’Études françaises à l’Université de Montréal, 19 ans, ce fameux cours d’une année où il y a 80 livres à lire –sans compter les livres des autres cours-. Dans cette liste de 80 livres, certains étaient obligatoires et communs à tous, d’autres libres. Parmi les livres obligatoires… Le Survenant. Mais cette fois j’étais contente. J’ai donc relu le livre. Et en plus cette fois, j’avais eu des cours d’histoire de mon coin de pays… et j’avais une meilleure idée de contexte social, historique, culturel…

Cette lecture fut particulièrement incroyable… non seulement, je lisais le livre en comprenant finalement l’époque, les symboles, les thèmes… mais maintenant, je pouvais me perdre dans l’histoire… essayer de comprendre le Survenant, ayant de la compassion pour le père Didace et également pour son fils et sa femme… sourire devant les gestes et pensées d’Angélina et le Survenant…

Et puis, il y a quelques mois, j’ai relu le livre… encore une fois, pour moi… bien sûr le nouveau film – pas mauvaise adaptation, il faut le dire – m’a donné envie de relire les mots.

Et je le dis et je le répète c’est un chef d’œuvre… un point marquant dans l’histoire littéraire du Québec mais aussi une histoire touchante, un cri pour la liberté… même si une partie de moi aurait bien voulu que le Survenant reste avec sa « belle brune »…

Et cette lecture obligatoire devient obligatoire car on se doit de lire ce livre… pour son histoire, pour son importante littéraire, pour sa représentation d’une époque de l’histoire québécoise… parce que telle une étoile, le Survenant passe dans notre vie pour ressortir sans avis mais en ayant complètement changé notre perception…

Mais bon… je comprends la difficulté de lire le livre… ma cousine de 16 ans ne l’a pas trouvé bien intéressant… peut-être plus tard…

- Commentaires sur l'auteur
- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (suite 2) - Commentaires personnels
 

29 mai 2007

Le Survenant (Suite 2)

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X

Commentaires personnels :

L’histoire du roman de Germaine Guèvremont peut sembler simple, voire banale. Un homme – un itinérant – cogne à la porte d’une maison à la campagne pour demander un repas. Le père de la famille, non seulement l’invite à les joindre à leur table, mais lui offre le logis en échange de son travail. Cet homme qui survient à l’improviste dans cette famille, va former des liens avec celle-ci et avec les habitants du village. Il transformera leur vie. Puis il part comme il était venu, à l’improviste.

Le roman s’inscrit également dans ce qui est convenu d’appeler « roman de la terre », bien qu’il soit un des derniers représentants du genre. Il présente en effet, les principaux aspects que l’on peut retrouver dans ce genre de roman : la vie rurale ainsi que les traditions, les valeurs et les habitudes des gens vivant de la terre àSurvenant1 cette époque. On nous présente les différentes tâches rurales quotidiennes et annuelles, puisque nous passons une année entière, un cycle complet, sur la ferme des Beauchemin avec le Survenant. Le roman s’inscrit donc parfaitement dans le genre « terroir » par sa peinture de la vie, « de l’âme » paysanne.

On nous présente également l’opposition entre la vie rurale, sédentaire et traditionnelle et la vie nomade, libre, sans attaches et souvent représentée comme n’ayant pas de morale. La « bonne » vie et la « mauvaise » vie. On oppose aussi les gens vivant à la campagne et dans les villages avec les gens sans attaches, les coureurs des bois, mais aussi les gens vivant à la ville.

Les personnages représentent en général assez bien ces archétypes. Les habitants du Chenal-du-Moine sont sédentaires, ancrés dans la tradition et respectueux des valeurs familiales et religieuses. Ils sont attachés à la vie rurale, simple et fruste. Ils préconisent avant trois valeurs qui sont pour eux fondamentales et qui devraient être universelles : la famille, la religion et la terre.  

Le Survenant, quant à lui, représente l’opposé. Un personnage libre, sans attache, sans famille, sans passé, incertain du futur. Il est fort, bagarreur, aime « bien » vivre, boire et fêter. Il représente la vie errante, l’aventure, les terres et la vie inconnues. Il représente également un ancien style de vie qui rappelle aux habitants sédentaires du village, la vie de leurs ancêtres qui sont venus de loin pour coloniser les terres du Québec.

Mais l’auteur va au-delà de ces archétypes. Elle donne plusieurs dimensions à ses personnages et c’est ce qui fait démarquer son roman du style en général et de d’autres romans du genre.

Les membres de la famille Beauchemin présentent plusieurs aspects contradictoires. Le père Didace sympathise immédiatement avec le Survenant et le considère comme un fils adoptif – en remplacement de son propre fils qui le déçoit. Le Survenant permettra au père de réaliser certains rêves, ainsi que de voir une figure de fils qui lui manque. Il lui procure également l’occasion de finalement fuir – symboliquement et ensuite physiquement - un peu cette famille qui le déçoit ainsi que sa vie qu’il considère terne (alors qu’avant il l’a considérait comme naturelle et remplie de valeurs traditionnelles et importantes). Sa famille est en crise et il le sait.

Le fils Beauchemin et sa femme ne voient pas du même œil la présence du Survenant dans leur maison. Ils sont jaloux, se sentent menacés par cette présence. Mais cette présence les pousse également à exprimer leur véritable nature, leurs désirs et espoirs.

Bien que plusieurs des habitants et voisins sont réticents à la présence du Survenant, ils l’acceptent tout de même pour un temps. Ils viennent le voir, écoutent ses histoires, boivent avec lui, … Le Survenant, bien qu’il amène une rupture dans leur vie traditionnelle, apporte également une pause dans leur vie routinière, tranquille, sûre, mais également lente, répétitive et ennuyante. Cette rupture est à la fois mal vue et souhaitée.

Le Survenant, bien qu’ayant tous les traits typiques du personnage du coureur des bois, du « grand-dieu-des-routes ». Mais il est également un sage qui apporte souvent les bons mots aux bons moments. Malgré ses extérieurs rudes et frustres, il sait se montrer doux et tendre. Il a une personnalité magnétique qui semble attirer les gens à lui, même s’il bouleverse la vie de ceux qu’il croise.

On peut facilement voir dans ce personnage qui arrive, transforme la vie des gens qu’il rencontre, et quitte ensuite sans bruit, une figure de sauveur, presque messianique. Il passe rapidement, le temps d’un cycle annuel, telle une étoile qui guide le chemin. Et son passage va changer la vie de la famille Beauchemin, de l’infirme Angélina et des habitants du village. Il les confronte à eux-mêmes, à leur vie, au choix qu’ils ont fait et aux choix qu’ils doivent faire. Après son départ, les gens ne seront plus les mêmes. Le père Didace prévoit un nouveau mariage, Alphonsine attend finalement un enfant, tous des symboles de renouveau, de recommencement. De plus, certains personnages, comme Amable et Angélina sont plus sûr d’eux-mêmes.

Ce qui rend le roman intéressant et le démarque des autres romans de la terre sont principalement ses personnages uniques ainsi que l’écriture simple mais poétique. On se sent vivre aux côtés des habitants du Chenal-du-Moine, on apprend à les connaître et à les comprendre. Et on veut suivre le Survenant.

Le Survenant est devenu une figure mythique – non seulement dans le roman – mais dans la littérature québécoise. Et ce surtout par cette nouvelle fin que l’auteur a livré quelques mois avant la fin de sa vie. Le personnage demeure maintenant un mystère. Contrairement à la première version du roman, le personnage quitte les Beauchemin et le Chenal-du-Moine sans qu’on ne sache rien de lui que ce qu’il a nous a laissé entrevoir lors de son passage. Son importance demeure d’avoir transformé les vies de ceux qu’il a croisé…

- Commentaires sur l'auteur
- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

Extraits :

« Angélina approchait. Venant l’aperçut.

- Aïe, la Noire ! Veux-tu me servir pour l’amour de la vie ? Je me meurs de faim.

Ce premier tutoiement la remua toute. La voix un peu tremblante, elle dit :

- Si vous voulez ôter votre étoile de sur la table, je vous apporte une assiette enfaîtée.

- Mon étoile ?

- Oui, votre grande main en étoile… 

Il vit sa main dont les doigts écartés étoilaient en effet la nappe. Il éclata de rire. Mais quand il se retourna pour regarder l’infirme, celle-ci avait disparu parmi les femmes autour du poêle. »

Sources :

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://jydupuis.apinc.org/dotclear/index.php/2005/05/28/78-le-survenant-de-germaine-guevremont


 


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