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Quelques pages d'un autre livre ouvert...

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
10 mai 2015

Le moment captif d'un dimanche : protection

2015-07"L'asile le plus sûr est le sein d'une mère." [Jean Pierre Florian]

On est un bébé, un enfant, on se blottit sur notre maman. On grandit petit à petit, on se sauve et on veut montrer qu'on est grand. Mais parfois on ne comprend plus rien, on a peur et on pleure doucement ou même violemment. C'est d'elle qu'on rêve alors secrètement.

Elle n'est pas toujours parfaite. Elle fait pleins d'erreurs et redevient parfois elle-même une fillette. Elle peut bouder et crier, chialer et sembler n'être jamais satisfaite.

Il arrive aussi qu'elle nous a quittés. Depuis un jour, depuis des années. On vit notre vie : on court, on travaille, on aime, on soupire, on haït, on respire, on sanglote, on hurle, on chante, on rit... sans répit, pour l'éternité. Et quand je sens que je vais m'échouer, quand je crois que je vais m'écrouler, je rêve de son sourire, je rêve de sa voix et je m'imagine me perdre dans son infinité.

"Une mère connaît les recettes, celles qui nourrissent, celles qui font grandir." [Pam Brown]

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24 avril 2015

Pages à brûler de Pascale Quiviger

PB2Pages à brûler : roman / Pascale Quiviger. -- [Montréal] : Boréal, 2010. -- 254 p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-7646-2073-1

Quatrième de couverture

Une jeune femme, Clara Chablis, est portée disparue. L’inspecteur Bernard Lincoln est responsable de l’enquête. Il ne trouve aucun antécédent à cette disparition, ni intention suicidaire, ni comportement douteux, pas de casier judiciaire. Les proches de Clara Chablis, au premier chef son compagnon, Daniel Kieffer, ne semblent aucunement inquiets. Toutefois, quelque jours plus tard, un cadavre est retrouvé dans une décharge publique, affreusement mutilé, qui correspond au signalement de Clara Chablis. Il serait tentant de soupçonner le petit ami, mais un problème surgit. Le code génétique du corps qui a été trouvé est absolument identique à celui du principal suspect.

Pascale Quiviger semble avoir donné naissance à un genre nouveau, celui du « thriller poétique », juste pour raconter cette histoire au charme envoûtant. Très vite, C'est le lecteur qui mène l'enquête, cherchant à percer le mystère de Clara Chablis, de sa vie, comme un livre qui reste toujours à écrire, passe de main en main, de génération en génération, avant d'être jeté au feu.

L'auteur

Pascale Quiviger est née en 1969 à Montréal-Nord au Québec. Elle a un baccalauréat en arts PB1plastiques de l'Université Concordia et une maîtrise en philosophie de l'Université de Montréal et de l'Université des Sciences humaines de Strasbourg.

Elle vivra pendant plusieurs années à Rome, où elle étudie l'art de l'estampe. Elle partage ses passions entre les arts visuels et l'écriture et publie un premier recueil de nouvelles en 2001, Ni sols ni ciels.  Elle obtient le Prix du Gouverneur général pour Le Cercle parfait publié en 2003.

Pascale Quiviger enseigne la peinture et les arts visuels à Nottingham en Grande-Bretagne où elle réside présentement. Elle se spécialise aussi en hypnothérapie.

Bibliographie

  • Ni sols ni ciels (2001)
  • Le Cercle parfait (2003)
  • Below Zero (2005)
  • Un point de chute (2006)
  • La maison des temps rompus (2008)
  • Pages à brûler (2010)
  • Si tu m'entends (2015)

Site de l'auteur.

Mes commentaires

J'ai comme vraiment l'impression de me répéter... mais ça commence à franchement m'énerver. J'ai envie de crier aux maisons d'édition : "la quatrième de couverture C'EST IMPORTANT, bordel !!!". Est-ce que c'est possible de faire un maudit effort pour qu'elle reflète un tant soit peu le contenu du roman en question ???? Parce que là j'ai comme l'impression que la personne qui a rédigé ledit résumé n'a pris connaissance que du premier chapitre - qui a peut-être 66 pages mais qui est loin de ce en quoi consiste le roman.

Parce que si on se fie uniquement au quatrième de couverture, on pourrait penser qu'on s'embarque dans un roman policier conventionnel : disparition, enquête, inspecteur, cadavre mutilée ; et même avec un brin de non-conventionnel : un revirement intriguant à saveur de code génétique mystérieux et impossible. Et bien, si on cherchait vraiment cette recette, alors on sera complètement et définitivement déçu... Et si je n'avais pas fait un effort et continuer ma lecture, j'aurais abandonné celle-ci vers la page 70. Peu après le premier chapitre, en fait. Heureusement, j'ai continué, même si je ne comprenais plus rien de cette fausse enquête annoncée. Heureusement, car j'ai vraiment adoré ce roman. Même si je garde une petite déception de ne pas avoir lu le roman policier que je pensais lire.

J'ai réussi à passer par-dessus cette déception, mais combien de lecteurs n'ont pas continué leur lecture ou n'ont pas réussi à pardonner cette quatrième de couverture trompeuse et mensongère. Et c'est triste, car le roman de Quiviger est vraiment excellent et m'a complètement envoûtée. Et donc, je répète combien de lecteurs n'ont pas pu découvrir ce superbe roman ? Qui est un brin particulier, mais très touchant. Et puis, il y a aussi tout ceux qui n'avait rien à faire d'un roman policier et qui ne l'ont alors pas lu... et qui seraient possiblement tombés en amour avec les mots de Quiviger... Triste, je vous dis.

Bien sûr, vous direz que le 2e paragraphe de cette quatrième de couverture laisse présager autre chose qu'un roman policier... mais entre vous et moi... c'est assez subtil !

"Enquête poétique" lit-on dans le quotidien La Presse. Peut-être. Car nous enquêtons, dans ce texte... nous cherchons à savoir qui est Clara Chablis. Ou plutôt nous embarquons dans une quête pour découvrir qui est vraiment Clara et comment et pourquoi elle a marqué et surtout bouleversé tout ceux qu'elle a croisé dans sa vie... enfin tout ceux qu'elle a laissé la croiser...

On dit que l'auteur a écrit un texte sur l'altruisme et la compassion... j'ai plutôt l'impression que Quiviger a écrit un texte sur un être improbable, unique et irréel. Sur un être mi-angélique/mi-féérique qui transforme tout ceux qu'elle croise et qu'elle croit devoir transformer. Un être qu'on a parfois peine à croire en son existence.

Clara disparaît... on commence par la chercher, mais bientôt on suit plutôt ses proches pour tout simplement essayer de la comprendre. Chaque chapitre prend la voix de quelqu'un qui a pu cotoyer Clara. Un roman choral composé des voix d'un policer, d'un chien, d'une ancienne amie, d'un faux beau-père, d'un faux copain, d'une multitude de gens finalement. Une écriture parfois déroutante puisqu'on change de style selon le narrateur... et les derniers chapitres sont écrits entièrement en vers libres.

Mais ce qui m'a le plus touchée dans le roman, ce n'est pas Clara, elle-même, mais plutôt tous ces personnages secondaires qui sont tellement vivants, tellement réels. Ils sont remplis de défauts, de peurs, de peines, de joies... ils sont si pleins de vie que c'est la raison pourquoi j'ai eu l'impression que Clara état plutôt une "idée" qu'un être réel.

Les mots de l'auteur

"En bref, votre disparue : ou elle est la fille de sa mère et elle est la jumelle de son copain et elle n'est pas le cadavre, ou sa mère n'est pas sa mère, son copain n'est pas son frère et, encore une fois, elle n'est pas le cadavre." p. 51

"Quand j'y repense, je me dis que la spécialité de Clara, c'est de défoncer des portes ouvertes." p. 89

"J'ai vu comment j'allais mourir en regardant la serrure sans clef, la cellule sans fenêtre, comment mon coeur allait arrêter de battre, coincé par les murs. J'ai vu comment les pages à brûler allaient s'éparpiller dans le courant d'air du troisième étage, comment elles allaient planer au-dessus de notre ville médiocre." pp. 114-115

"Le moment venu -- je l'attendis la nuit était lente -- j'entendais les bruits étouffés -- que font les heures sombres : -- les pas -- les voix -- des bouts de mudiques -- les portières des taxis qui s'arrêtent et repartent. -- Je ne lisais pas. -- Je ne buvais pas. -- Je ne regardais pas la télévision. -- Je n'étais qu'un garçon qui attend une fille." p.228

"Elle proposa de repeindre les murs -- en diverses teintes de blanc -- qu'elle choisit pour leur nom -- neige de mai -- fleur de lotus -- crème alpine -- Pour moi -- c'était tout aussi bien -- sucre en poudre -- noix de coco -- eau de Javel --..." p.245

Pour en savoir un peu plus...

23 avril 2015

Lire les roses

2015-04-24"Le grand inconvénient des livres nouveaux, c'est qu'ils nous empêchent de lire les anciens." [Joseph Joubert]

En cette Journée Mondiale du Livre et du Droit d'auteur, je vous souhaite de lire les livres qui vous plaisent... qu'ils soient anciens ou nouveaux, obscurs ou populaires, brefs ou longs, légers ou denses...

 

19 avril 2015

Le moment captif d'un dimanche : ce qui est important

Une rose est une rose est une rose..."La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine, une réalité." [Alfred de Musset]

Les roses, c'est important semble-t-il. Une rose peut tout changer dans une vie. Une rose c'est même une métaphore de la vie.

Il semblerait qu'une rose est une rose est une rose est une rose...

Une rose dans une cour inconnue est-elle plus ou moins importante qu'une rose dans ma cour. Est-ce uniquement le temps que je consacre à mes roses qui les rendent importantes. Cette rose inconnue ne m'appartient pas. Mais elle me semble importante aussi. Peut-être pas pour moi. Mais pour quelqu'un d'autre.

Et si la rose est éphémère, ma vie n'est peut-être pas réelle. Une rose est une rose est une rose est une rose, dit-on.

Et pourtant, la rose n'est pas ma fleur préférée. Elle me semble s'accorder trop d'importance. C'est une illusion pourtant. Chaque rose est une illusion bien réelle. Tranchante et touchante. Douloureuse et voluptueuse.

Chaque rose est une parcelle de vie éphémère. Importante. Car une rose est une rose est une rose est une rose...

"Vivez si m'en croyez, n'attendez à demain, Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie." [Pierre de Ronsard]

12 avril 2015

Le moment captif d'un dimanche : c'est la fête

2015-11"Il pleut, il mouille -- C'est la fête à la grenouille."

Elle saute. Elle saute. Je suis incapable de la suivre. Elle aime bien la pluie. Moi aussi. J'aime chaque goutte. S'il n'y en a pas trop.

Trop de gouttes. Il y a parfois trop de gouttes. Trop de gouttes dégoûtent mon jardin. Quand les gouttes gouttelettent trop, elles ont un goût amer pour la terre de mon terrain. La terre de ma cour préfère les gouttes régulières et douces. Qui tombent selon les prédictions des grenouilles de mon district. Ces grenouilles que je n'ai cependant jamais rencontrées. Elles sont timides ces grenouilles, maîtres des gouttes printanières.

Mais ces gouttes suffisent à verdir tranquillement et doucement les brindilles de mon gazon et les bourgeons naissants. Bientôt, tout sera vert. Un vert naissant, un vert bondissant. Un vert sans cesse en mouvement. Le printemps est bientôt là, prédit la grenouille. Je la crois.

"La grenouille en sait plus sur la pluie que l'almanach." [Proverbe créole]

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8 avril 2015

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Expérience de lecture

AHQ1La vérité sur l'affaire Harry Quebert : roman / Joël Dicker. -- [Paris] : Éd. de Fallois, 2012. -- 669 p. ; 23 cm. -- ISBN : 978-2-87706-816-1

Quatrième de couverture

A New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

Mon expérience de lecture

Pour en savoir un peu plus sur l'auteur et pour connaître ma perception de l'histoire - comprendre ici un résumé du roman - c'est dans mon billet précédent.

Maintenant voyons voir... Comme je l'ai dit, je me sens très mal à l'aise de donner mes commentaires sur le roman. Que n'a-t-on pas déjà dit sur le roman ? Alors, je vais y aller de mon expérience de lecture.

Il y a quelques semaines, j'avais une semaine de vacances. Et contrairement à nos habitudes, nous n'avions pas de voyage de prévu. Une semaine bien tranquille à la maison. J'en ai profité pour ramener des  livres que je n'ai pas le temps de lire d'ordinaire... vous savez ces briques interminables... dont fait partie le roman de Dicker. Mais pas trop long... même pas 700 pages. Et bien, il est arrivé une chose qui ne m'est pas arrivé depuis des années. Je l'ai terminé en 2 jours. Je me suis plongée dans le roman un lundi soir et j'ai eu de la difficulté à arrêter de lire, mais il fallait bien que je dorme. Je l'ai terminé le lendemain. Et pour cette unique raison... je l'aime d'un amour fou ! Ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas une foule de défauts qui m'ont franchement agacée. L'un n'empêchant pas l'autre.

J'ai adoré :

  • J'avais tout d'abord peur du fait que le roman se situe aux États-Unis alors que l'auteur soit suisse. Mais dans l'ensemble, cela a très bien passé. Quelques clichés ici et là, mais rien qui ne tue la lecture. J'ai bien senti la Nouvelle-Angleterre que je connais bien. Je me suis retrouvée dans la petite ville et j'ai trouvé mes repères.
  • J'ai adoré la leçon de création littéraire. Qui m'a semblé bien plus utile et intéressante que les tous mes cours de création littéraire... et j'en ai eu plusieurs. C'est bref, direct, parfois simpliste mais très pertinent.
  • J'ai adoré la multitude de personnages secondaires. Ils sont pour la grande majorité très bien campés. On les sent présents, on les sent vivre.
  • J'ai adoré les analepsies (retours en arrière). Ils sont très bien faits, pas trop longs et font avancer l'histoire.
  • J'ai adoré "l'enquête". On la suit facilement. Elle ne traîne pas trop. Les rebondissements sont plausibles. Les erreurs sont aussi plausibles. Je ne me suis pas ennuyée. Je voulais poursuivre, je voulais savoir. Certains l'ont trouvé convenue... peut-être. Mais personnellement, cela ne m'a pas dérangée.
  • La fin. Je n'avais pas tout deviné. Et certains aspects m'ont surpris. Bon, je savais que Nola était probablement complètement folle, mais ça c'est une autre histoire. L'intrigue est très bien été menée et je n'avais pas deviné bien des choses.

J'ai trouvé très ennuyeux (je ne dirais pas détesté, mais parfois ce furent des roulements de yeux et des soupirs sans fin) :

  • L'écriture de Dicker qui ne m'a pas épatée. Disons qu'il fallait que je me rappelle par moment que ce n'était pas une mauvaise traduction, mais bien les mots de l'auteur. Beaucoup de clichés, de lieux communs et de phrases ordinaires... Pas d'explosion dans la rédaction, mais bon, ça se lit quand même très bien.
  • Les passages sur la boxe. Cela m'a paru forcé et je n'y aie vu qu'un effort de faire américain. Inutile et ennuyant. Les parallèles que l'auteur semblaient vouloir faire entre la boxe, l'écriture et la personnalité de ses personnages m'a semblé très boiteux.
  • Le semblant de parallèle entre Marcus et Joël Dicker. Oui, parce que même s'il dit que non, on ne peut que s'empêcher de faire la comparaison.
  • Marcus et Harry... Oui, c'est triste, mais ce ne furent pas mes personnages préférés. Nola, non plus. Surtout pas Nola ! Et aussi la mère de Marcus... come on, peut-on être plus cliché ? Mais malgré que ces personnages principaux (et secondaire pour la mère) m'ont souvent irritée, cela n'a pas nuit à ma lecture. Paradoxal, mais c'est ainsi.

J'ai franchement détesté :

  • Alors là, j'ai complètement et entièrement détesté la fameuse histoire d'amour entre Harry et Nola. C'est vraiment le seul point qui aurait pu me faire abandonner ma lecture. Une chance que, même si elle est présente, elle ne prend pas toute la place. Tout d'abord, je l'ai trouvé tellement insignifiante... et tellement "trop". Une fille de quinze ans qui tombe en amour avec un homme plus vieux, ok. Qu'elle soit toute "c'est la fin du monde, si tu me laisses", "l'amour de ma vie", etc. ça passe parce qu'à cet âge-là, on est un peu extrême, intense et inconscient du reste de notre vie. Mais que pour Harry ce soit la même chose, c'est pour moi, complètement pathétique. On peut à la rigueur éprouver une attirance pour une personne mineure, mais de dire que c'est l'amour de notre vie, que c'est le seul amour, qu'on ne peut vivre sans, et blablabla... come on. C'est une adolescente !!! Chaque fois qu'on parlait de l'amour entre les deux, je décrochais littéralement. Je ne donnerai pas trop de détails (même si j'ai déjà spoilié pas mal), mais disons que pour moi, c'était non seulement inintéressant mais vraiment pas crédible.

Alors, voilà... pas d'analyse... juste des ressentis.

En résumé... J'ai adoré même si le roman m'a agacée sur bien des points. Mais quel beau moment de lecture et quel bonheur de pouvoir me perdre dans un roman pendant deux jours sans trop me sentir coupable de passer mes après-midis à simplement lire !

Les mots de l'auteur (Extraits)

" Imaginez, Marcus, combien coûte un seul emplacement publicitaire dans le métro de New York. Une fortune. On paie beaucoup d’argent pour une affiche dont la durée de vie est limitée et dont le nombre de gens qui la verront est limité aussi : il faut que ces gens soient à New York et prennent cette ligne de métro à cet arrêt dans un espace de temps donné. Alors que désormais, il suffit de susciter l’intérêt d’une façon ou d’une autre, de créer le buzz comme on dit, de faire parler de vous, et de compter sur les gens pour faire parler de vous sur les réseaux sociaux : vous accédez à un espace publicitaire gratuit et illimité. Des gens à travers le monde entier se chargent, sans même s’en rendre compte, d’assurer votre publicité à une échelle planétaire. N’est-ce pas incroyable ? Les utilisateurs de Facebook ne sont que des hommes-sandwich qui travaillent gratuitement. Ce serait stupide de ne pas les utiliser." p.531

Pour en savoir un peu plus...

7 avril 2015

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert - L'auteur et mon résumé

AHQ1La vérité sur l'affaire Harry Quebert : roman / Joël Dicker. -- [Paris] : Éd. de Fallois, 2012. -- 669 p. ; 23 cm. -- ISBN : 978-2-87706-816-1

Quatrième de couverture

A New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

L'auteur

Joël Dicker est né à Genève en 1985. Il étudie en droit à l'Université de Fenève et obtient sonAHQ2 diplôme en 2010. Il travaille alors pour le Parlement suisse.

Il commence à écrire très jeune. Dans son enfance, il fonde un magazine sur les animaux et la nature. Il le dirigera jusqu'à environ l'âge de 17 ans. Il publie sa première nouvelle à 20 ans et remporte un prix dans le cadre du Prix International des Jeunes Auteurs.

Il publie son premier roman, Les derniers jours de nos pères, en 2012. Il avait écrit ce roman en 2009 et en 2010, il recevait le Prix des écrivains genevois pour son manuscrit.

En 2012, il publie La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, qui connaîtra un succès international et sera traduit en 38 langues. Le roman sera en lice pour de nombreux prix, dont le Prix Goncourt et Prix Interallié. Il remportera le Grand prix du roman de l'Académie française ainsi que le Prix Goncourt des lycéeens.

Site officiel de l'auteur; son compte Twitter, sa page Facebook.

Bibliographie

  • Le Tigre (2005) (nouvelle)
  • Les Derniers Jours de nos pères (2010)
  • La Vérité sur l'affaire Harry Quebert (2012)

Mes commentaires - Résumé

Ça vous arrive de ne pas être capable d'écrire votre commentaire sur un livre parce qu'il y a déjà tellement de critiques et d'avis de toutes sortes que vous avez l'impression que vous n'avez rien à ajouter ? Juste dans Babelio, il y a 825 avis. 825 !!! Qu'est-ce que je pourrais bien ajouter de plus ? Il me semble impossible de partager mes commentaires sans redire ce qu'on a mille fois écrit. Mais je l'ai terminé avec une foule de choses à dire. Alors, je vais plutôt y aller avec mon expérience de lecture...

Je vais commencer par résumer un peu l'histoire... de la façon dont moi je l'ai perçue.

Alors nous avons un jeune écrivain, Marcus Goldman, dont le premier roman connaît un succès retentissant. Il devient une vedette internationale et profite de cette nouvelle gloire et richesse. Gloire et richesse un peu excessive, mais nous sommes aux États-Unis alors sûrement c'est possible. Marcus s'est un peu assis sur cette gloire et a profité au maximum de son succès. Mais son éditeur veut continuer à faire de l'argent et lui demande un deuxième roman qui doit bien sûr être lui aussi un best-seller. Mais l'inspiration ne se commande pas. Et après avoir tant profité du moment présent et avoir procrastiné autant qu'il a pu, Marcus se retrouve devant l'obligation de pondre un roman en quelques jours ou se sera procès et faillite. Évidemment c'est la page blanche.

Il court donc se réfugier dans le New Hampshire chez son ancien professeur, mentor et ami, Harry Quebert. Évidemment au cours des derniers mois, il avait été trop occupé pour même retourner les appel de son ami, mais c'est le temps de renouer avec son mentor qui l'accueille à bras ouverts. Marcus espère que quelques jours dans une petite ville reculée auprès de celui qui l'a inspiré quand il était jeune, lui redonnera l'inspiration. Après tout Harry est l'auteur d'un cef d'oeuvre " Les Origines du mal". Mais il repart à New York avec ses pages blanches.

À peine est-il de retour chez lui qu'il apprend que Harry vient d'être arrêté pour meurtre. C'est qu'on a retrouvé sur son terrain, le corps d'une jeune fille de quinze ans, Nola Kellergan, qui avait disparue en 1975. Sur le cadavre, le manuscrit du roman de Harry. On apprend alors qu'Harry avait eu une relation avec l'adolescente. Tout le condamne, mais Marcus le croit innocent. Il décide donc de retourner dans la petite ville pour faire sa propre enquête, comprendre ce qui est arrivé en 1975, qui a tué Nola et donc prouver l'innocence de son ami. Innoncent pour le meuretre, car Harry a bel et bien eu une relation amoureuse avec une adolescente de 15 ans.

Et nous voilà donc plongé dans l'enquête d'un écrivain. Ce sera un va et vient entre le passé et le présent. Nous avons d'abord l'enquête de Marcus, ses échanges avec Harry et les autres habitants de la ville. On nous raconte aussi ses échanges avec son agent littéraire et son éditeur. Car, on l'avait deviné, cette enquête sera son prochain roman.

Puis nous sautons dans le passé et on nous raconte les événements qui se sont déroulés en 1975.

Nous avons donc un roman mélangeant le roman policier, le roman psychologique, l'étude de moeurs et l'essai sur l'écriture.

Hum... maintenant voici mon expérience de lecture... à suivre ici.

Les mots de l'auteur (Extraits)

"-- Et bien, un mot est un mot et les mots sont à tout le monde. Il vous suffit d'ouvrir un dictionnaire, d'en choisir un. C'est à ce moment-là que ça devient intéressant : serez-vous capable de donner à ce mot un sens particulier ? -- Comment ça ? -- Prenez un mot, et répétez-le dans un de vos livres, à tout bout de champ. Choisissons un mot au hasard : mouette. Les gens se mettront à dire, en parlant de vous : Tu sais bien, Goldman, c'est le type qui parle des mouettes. Et puis, il y aura ce moment où, en voyant des mouettes, ces mêmes gens se metttrons soudain à penser à vous. Ils regarderont ces petits oiseaux piailleurs et ils se diront : Je me demande ce que Goldman peut bien leur trouver. Puis ils assimilerons bientôt "mouettes" et "Goldman". Et à chaque fois qu'ils verront des mouettes, ils penseront à votre livre et à votre oeuvre. Ils ne percevront plus ces oiseaux de ma même façon. C'est à ce moment-là seulement que vous savez que vous êtes en train d'écrire quelque chose." pp.347-348

Pour en savoir un peu plus...

5 avril 2015

Le moment captif d'un dimanche : faire un saut

2015-04"La vie ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie." [Sénèque]

Hop, hop. On sautille d'un pied à l'autre. Et lorsqu'on a simplement envie de pleurer, il suffit de danser. Et si on ne sait pas danser, ce n'est pas de notre faute !

Hop, hop. On s'élance. Sous le soleil et sous la pluie. Avec ou sans parapluie. Avec ou sans élégance.

Hop, hop. On se fout de la pluie, on se fout de l'orage. On se laisse envahir par le rire, on se laisse envahir par la rage.

Hop, hop. Petit lapin nous entraîne dans une farandole. Petit lapin nous fait faire des cabrioles.

Hop, hop. On oublie la pluie.  On s'enveloppe de nuages. On danse peu importe le temps qu'il fait, peu importe notre âge. Et on aime la vie, avec tous ses orages.

"L'élan fait partie du saut." [Halil Sarkis]

29 mars 2015

Le moment captif d'un dimanche : envers du décor

2015-04"Qui voit le ciel dans l'eau voit les poissons dans les arbres." [Proverbe chinois]

Je vois des vérités que vous ne voyez pas. Ce sont des vérités juste pour moi. Je vois le reflet de mon visage dans vos yeux. J'y vois des secrets monstrueux.

Mais ce que vous croyez voir est faux. Ce que je crois voir est beau. La réflexion d'une illusion. L'envers d'une hallucination.

Je me perds dans la contemplation d'un scintillement. Je le fais consciemment. J'aime imaginer des impossibilités. J'improvise même des absurditités.

Qui a dit que dans les arbres les poissons ne pouvaient pas nager ? Que dans l'eau les oiseaux ne pouvaient pas voler ?

L'espace d'un instant, les impossibilités sont majestueuses. Pendant un moment mon reflet est somptueux.

"Les apparences sont belles dans leur vérité momentanée." [Octavio Paz]

26 mars 2015

Le testament des templiers de Glenn Cooper

TT1Le testament des Templiers / Glenn Cooper ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Danièle Mazingarbe. – [Paris : Le Cherche Midi], 2012. – 422 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-7491-1831-4. – (Coll. Thrillers)

Quatrième de couverture

1129. Lors du Concile de Troyes, Bernard de Clairvaux, directeur de conscience des cisterciens, joue de tout son pouvoir pour faire reconnaître par l’Église l’Ordre des Templiers, avant de militer activement pour la tenue de la deuxième croisade en Terre Sainte.

2010. Ruac dans la région de Sarlat. Par le plus grand des hasards, un étrange manuscrit médiéval est retrouvé, dissimulé dans les murs d’une abbaye cistercienne. C’est la confession d’un moine, le frère Barthomieu, datée de 1307, l’année où, sur ordre de Philippe Le Bel, les Templiers furent arrêtés et emprisonnés. Hugo Pineau, restaurateur de livres anciens, et Luc Simard, archéologue, travaillent activement sur les messages codés contenus dans le texte. Bien vite, leurs recherches les conduisent dans une immense galerie de passages souterrains située sous le village. C’est au cœur de ce labyrinthe, dans une caverne cachée, qu’ils vont tenter de percer les énigmes de Berthomieu et, peut-être, le secret des Templiers. Mais ils ne se doutent pas qu’ils viennent ainsi d'entrer dans un jeu qui va vite s’avérer mortel.

L'auteur

Glenn Cooper est né à New York en 1953. Il fait ses études secondaires au White Plains High School. Il étudie ensuite d’abord à l’Université de Harvard à Cambridge où il obtient en 1974 un diplôme « Bachelor of  Arts in Archaeology ». Puis il se dirigett2 vers la médecine à la Tufts University School of Medicine. Il fait ensuite son stage et sa résidence en médecine interne au Beth Israel Deaconess Medical Center puis poursuit ses études postdoctorales sur les maladies contagieuses au Massachusetts General Hospital à Boston. Il travaille un certain temps comme médecin dans divers endroits, notamment dans des camps de réfugiés en Thaïlande et en Haïti.

Il poursuit ensuite une longue carrière en recherche pharmaceutique pour plusieurs entreprises. Il conduit de nombreuses recherches mais devient rapidement un gestionnaire d’importance en étant PDG de diverses compagnies en biotechnologie, privées et publiques.

Il commence cependant à écrire il y a plus de 20 ans. Il s’intéresse d’abord au cinéma et rédige plusieurs scénarios. Il se découvre une passion pour l’écriture et le cinéma qui le mène à faire des études à l’Université de Boston en production cinématographique. Il devient même le président de Lascaux Media qui produira 3 longs métrages. Il se tourne cependant vers la fiction et écrit son premier roman The Library of the Dead en 2006. Le livre connait un succès mondial et est traduit en plusieurs langues de même que ses romans suivants.

Il vit présentement  à Gilford au New Hampshire.

Site officiel de l’auteur - Sa page Facebook en anglais et en français 

Bibliographie

  • Library of the Dead (2009)
  • Book of Souls (2010)
  • The Tenth Chamber (2010) (Le Testament des Templiers)
  • The Devil Will Come (2011)
  • The Keepers of the Library (2013)

Mes commentaires

Bon, voyons voir. Je vais commencer par répéter à quel point je déteste les mauvaises traductions de titre et de quatrième de couverture. Honnêtement, soit l'éditeur veut nous "fourrer" en nous trompant sur le contenu du livre (parce qu'il croit que ce qu'il nous propose sera plus vendeur que le véritable contenu), ou alors il emploie les pires traducteurs possibles. Parce que franchement... c'est carrément mensonger ! Si on lit le titre et le résumé en anglais, on réalise immédiatement que l'histoire n'a rien à voir avec les Templiers (enfin, très peu). Mais continuons.

J'avais envie de quelque chose de léger, vous savez un bon petit thriller à saveur vaguement ésotérique et qui ne prend pas trop la tête. Donc un peu de furetage sur les rayons de ma bibliothèque. Le titre "Le testament des templiers" me semble prometteur. Je le prends et lis le résumé : Bernard de Clairvaux, Cisterciens, Templiers, Croisades, Manuscrit médiéval, Archéologue, Passages souterrains, et tutti quanti. En plein dans le genre que je voulais. Oui, j'ai lu beaucoup de ce genre de romans mais c'est ce qui me tentait à ce moment. Et oui, j'ai souvent été déçu par ce genre de roman (justement à cause du fait que j'en ai lu beaucoup, particulièrement pendant la "vague" thrillers ésotériques qui a suivi le DaVinci Code), mais pas grave, je décide de tenter ma chance avec Cooper.

Et puis ? Et bien comme je l'ai dit, une chance que je ne tenais pas mordicus à une histoire de Templiers parce que j'aurais été déçue en bibittes ! On commence plutôt par une histoire ancrée dans la préhistoire avec des peintures dans une grotte. On a ensuite, le côté médiéval et manuscrit ancien. Puis on a le côté recherche contemporaine sur un secret ancestral. On qualifie le roman de thriller historique et archéalogique.

Le tout est une belle soupe parfois incohérente, difficile à suivre et souvent prévisible mais qui se lit très bien. Oui. Bon. Que dire de plus. Ça ne révolutionne pas le genre mais j'ai passé un bon moment. J'ai soupiré à de nombreuses reprises mais j'ai continué à tourner les pages.

L'histoire ? Hum, voyons voir... On découvre un manuscrit qui mène à une grotte avec des peintures préhistoriques inconnues à ce jour. Certains tentent d'explorer, d'autres veulent protéger à tout prix. Car ces peintures cachent un secret incroyable sur l'immortalité - ou tout comme. Et on saute d'une époque à l'autre - assez habilement sur ce coup quand même. On passe des hommes préhistoriques à l'époque médiévale puis enfin notre époque. Ces allers-retours sont assez bien menés mais je dois avouer que certains retours en arrière sont plus intéressants et pertinents que d'autres - spécialement les moments préhistoriques. On sent un peu la surabondance de références : Héloïse et Abélard, Bernard de Clairvaux, Croisades, Seconde Guerre Mondiale, etc. etc. etc. C'est un peu beaucoup. Mais l'auteur sait au moins de quoi il parle et ça se sent dans son texte.

L'élément le plus intéressant demeure ce fameux secret de longévité, mais... mais c'est aussi le plus loufoque et absurde. Je veux dire que l'idée est intéressante mais l'auteur y a été un peu fort et a poussé un peu trop.

C'est un thriller et l'action est quand même très bien menée. Il y a un bon rythme et l'auteur écrit bien. On ne s'ennuie pas. On rit parfois mais on ne s'ennuie pas. Je sais, je ne dis rien de l'histoire, mais je ne crois pas que ce soit nécessaire. J'ai passé un bon moment de lecture et c'est ce dont j'avais besoin.

C'était assez suffisant en tout cas pour que je lise un autre roman de l'auteur, La Prophétie des papes. Mais ne vous attendez pas à lire ma critique sur ce roman parce que là, c'était franchement insupportable... des lémures, ben voyons donc !

L'avis de Nymeria, d'Arale, d'Amandine,

Les mots de l'auteur (Extrait)

« Le temps se mit à lui jouer des tours. Parfois, il s’arrêtait brutalement et puis il reprenait sa marche à la vitesse de la lumière. Cette nuit-là était à la fois la plus longue et la plus courte de sa vie. » p. 65

Pour en savoir un peu plus …

24 mars 2015

24 mars 1984

BRIAN (Voix Off)BC1

"Saturday...March 24, 1984. Shermer High School, Shermer, Illinois. 60062. Dear Mr. Vernon...we accept the fact that we had to sacrifice a whole Saturday in detention for whatever it was that we did wrong, what we did was wrong. But we think you're crazy to make us write this essay telling you who we think we are, what do you care? You see us as you want to see us...in the simplest terms and the most convenient definitions. You see us as a brain, an athelete, a basket case, a princess and a criminal. Correct? That's the way we saw each other at seven o'clock this morning. We were brainwashed..."

Breakfast Club

Je ne peux croire que cela fait 30 ans... 1985... J'aurais tant de choses à dire sur ce film... j'y travaille ! Mais que de souvenirs !!!

 

22 mars 2015

Le moment captif d'un dimanche : évasion

2015-02"Le soleil accepte bien de passer par de petites fenêtres." [Frederik van Eeden]

Nous avons passé des nuits dans la noirceur avec les étoiles pour nous guider. Puis nous nous sommes enfermés dans une chambre obscure et avons rêvé de l'horizon.

Cette chambre si sombre enveloppe nos vies. Elle obscurcit notre réalité. Nous ne voyons plus rien. Nous oublions d'ouvrir les yeux. Nous oublions de rire, nous oublions de pleurer, nous oublions de voir la beauté du ciel, des étoiles et du soleil. Les promesses de nos vies.

Une petite fenêtre. Trop petite peut-être. Nous ne la voyons pas. Nous oublions de voir toutes les possibilités promises par cette petite ouverture. Mais la lumière s'infliltre sans pitié par la moindre fissure. Elle nous envahit et nous colore sans pitié. Chaque étincelle de couleur fouette notre regard de folie. La beauté qui transperce de ce trou de soleil nous illumine et nous aveugle. Le monde est notre rêve et nous l'acceptons à bras ouvert.

"Le monde n'est pas moins beau pour n'être vu qu'à travers une fente ou le trou d'une planche." [Henry David Thoreau]

21 mars 2015

Journée - Hymne au printemps

Hymne au printemps / Félix LeclercDSC_0513

Les blés sont mûrs et la terre est mouillée
Les grands labours dorment sous la gelée
L'oiseau si beau, hier, s'est envolé
La porte est close sur le jardin fané...

Comme un vieux râteau oublié
Sous la neige je vais hiverner
Photos d'enfants qui courent dans les champs
Seront mes seules joies pour passer le temps

Mes cabanes d'oiseaux sont vidées
Le vent pleure dans ma cheminée
Mais dans mon cœur je m'en vais composer
L'hymne au printemps pour celle qui m'a quitté

Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre...

Vois, les fleurs ont recommencé
Dans l'étable crient les nouveau-nés
Viens voir la vieille barrière rouillée
Endimanchée de toiles d'araignée

Les bourgeons sortent de la mort
Papillons ont des manteaux d'or
Près du ruisseau sont alignées les fées
Et les crapauds chantent la liberté
Et les crapauds chantent la liberté...

DSC_5526Mes commentaires...

Le printemps... Hier, c'était la première journée du printemps. Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale de la poésie. Et c'est aussi la 18e Journée de l'Hymne au printemps. Peut-être votre bibliothèque publique participe-t-elle à cette journée ? Chaque année, ma bibliothèque, reçoit une invitation afin de mettre de l'avant la poésie, les chansons, les textes de Félix Leclerc. Nous en profitons pour aussi mettre en évidence la poésie et la chanson québécoise en général. C'est une belle occasion de célébrer la poésie, un fabuleux poète et l'arrivée du printemps par la même occasion !

Revenons aux mots de Félix Leclerc...

Je les ai entendus chanter de nombreuses fois avant de les lire sur papier. Je ne peux donc simplement les lire sans me balancer un peu au rythme de la musique qu'ils évoquent en moi.

J'ai toujours trouvé étrange que l'on associe autant ce texte de Leclerc avec le printemps. Évidemment, il y a le titre. Et oui, je sens le printemps dans les dernières strophes. Mais je vois aussi beaucoup l'automne et l'hiver. Les premières strophes s'opposent si violemment aux dernières. Et on sent le froid, la mort, la nature figée dans l'automne puis l'hiver. Bien sûr, ensuite, tout renaît dans le printemps, mais j'ai toujours trouvé que le début du texte était beaucoup plus puissant que la fin. Comme si le déclin de la vie était plus puissant que son renouvellement. Même si les images du renouveau sont fortes, je les trouve moins frappantes que celles de la mort de la nature. Le désespoir qu'amène l'automne et l'hiver me semble plus fort que l'espoir amené par le printemps. Mais c'est une simple perception personnelle, je suppose.

Mais bien sûr le titre lui-même annonce une célébration. Un hymne est un chant, un poème lyrique souvent chanté et que l'on dédie à la gloire de quelqu'un, d'une idée ou même d'un sentiment. C'est un hommage grandiose. Et le poète ici veut rendre un hommage au printemps. Au printemps, oui, mais à la nature et aux saisons en général, je crois. Car la nature doit mourir pour renaître. La neige doit tout recouvrir pour permettre aux bourgeons de sortir de la mort. L'hiver est promesse du printemps. L'hiver est nécessaire au printemps. Et le poème a besoin des vers sombres pour annoncer les vers lumineux. On le sent dans les mots, mais aussi dans la mélodie.

Bien sûr, le texte parle aussi d'amour et de liberté. Ces thèmes me semblent secondaires. Pour moi, les saisons sont au centre du poème. Probablement parce que je les aime toutes. J'aime autant l'hiver que le printemps, l'automne que l'été... et pour moi, les vers de Félix Leclerc bercent toutes les saisons. Autant, je sens la fin de l'été au début avec ses blés murs, puis l'automne qui fane le jardin et qui chasse l'oiseau. Je vois ensuite la neige tout recouvrir et je sens le froid et le vent s'infiltrer en moi. Puis, les bourgeons, les fleurs, la vie, la chaleur, la lumière qui reviennent petit à petit.

Alors oui, c'est un texte associé au printemps, mais c'est surtout, pour moi, un hymne aux saisons.

Félix Leclerc a écrit ce texte en 1949.

Pour poursuivre un peu...

18 mars 2015

Crime littéraire : amalgame

PluieArbres

Je reviendrai avec la vie privée des arbres sous la pluie...

Ça fait du sens ? Pas vraiment. Mais c'est ainsi que j'ai rêvé pendant des jours aux deux livres que je lisais en même temps. Car il m'arrive de lire plusieurs livres à la fois. Habituellement deux, mais parfois trois ou quatre.

Généralement, j'ai un livre au salon et un dans ma chambre. Parfois c'est un livre dans ma sacoche et un dans le salon. Souvent c'est un roman et un documentaire. Mais il arrive que ce sont tous des romans.

Et j'arrive à suivre, vous demandez ? Oui, ordinairement je fais nettement la distinction entre tous ces livres, même si ce sont plusieurs romans. Les seules fois où il m'arrive de m'embrouiller c'est lorsque le texte ne m'accroche pas. Vous savez quand on lit une dizaine de pages le soir et que le lendemain, on ne se souvient de rien. Mais en général,  je peux très bien passer d'un livre à l'autre sans me perdre ou me tromper d'histoire.

Je me sens cependant parfois un peu coupable de ne pas consacrer toute mon attention à un seul livre. J'ai un peu l'impression d'être infidèle au livre que je dépose sur la table du salon pour aller en ouvrir un autre livre dans mon lit. Il me semble alors que si le livre pouvait parler, il me dirait de le finir au complet avant de l'abandonner et d'en lire un autre que lui. Il me demanderait de ne pas partager mon attention entre lui et un autre. Est-ce qu'il ne mérite pas qu'on lise toutes ses pages sans s'interrompre ? Je lui répond alors que je ne l'oublie pas, que je reviendrai à lui et que ce sera comme si je ne l'avais jamais déposé. Et je lui promets de n'aimer que lui quand je lirai ses lignes et de ne pas penser aux autres.

Car d'habitude je suis capable de faire la différence entre les textes que je lis simultanément. Mais étrangement, cette fois, les mots se sont embrouillés. Dans ma tête, la pluie et les arbres se sont mélangés. Tout est devenu flou dans ma mémoire. Des mères absentes, des pères qui tentent de rassurer les enfants, des histoires qu'on invente pour tromper une attente sans fin... Une mère revient, mais laquelle ? Je ne sais plus. Douceur, lenteur, poésie, les deux textes se sont emmêlés pour ne former qu'une longue histoire d'amour.

Cela aurait dû m'énerver - surtout que je n'aime pas les histoires d'amour - mais je me suis sentie complètement enveloppée par les paroles des deux auteurs. Les mots se sont entrelacés dans ma tête, mais lorsque j'ai refermé les deux livres, les deux histoires se sont enfin séparées et ont maintenant leur propre vie dans mes souvenirs.

16 mars 2015

Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa

Pluie1Je reviendrai avec la pluie / Takuji Ichikawa ; traduit du japonais par Mathilde Bouhon. – [Paris] : Flammarion, 2011. – 320 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-0812-5217-2

Quatrième de couverture

Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir, la promesse faite par Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi.

En 2003, plus de trois millions de lecteurs japonais tombent amoureux de Je reviendrai avec la pluie. Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une série télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller. Takuji Ichikawa défend une vision idéalisée de l'amour et met au service de cette histoire bouleversante une écriture d'une sensibilité rare, poétique et pleine de fantaisie.

L’auteur

Takuji Ichikawa est né à Tokyo en 1962. Il étudie en économie à l'Université de Dokkyo. Il commence à écrire après la naissance de son fils et publie d'abord ses histoires sur Internet à la fin des années 90. Il publie son première recueil d'histoires pluie2en 2002.

En 2003 parait son premier roman, Ima, ai ni yukimasu (Je reviendrai avec la pluie) qui connaît un immense succès. Le roman sera adapté au cinéma ainsi qu'en manga. Il poursuit aujourd'hui une carrière d'écrivain.

Bibliographie partielle - en français

  • Ima, ai ni yukimasu (Je reviendrai avec la pluie) (2003)
  • Dis-lui que je l'attends (2014)

Voir une bibliographie plus complète en japonais sur le site Nautiljon.

Mes commentaires

Commençons par dire qu'encore une fois, je n'ai pris ce roman qu'en raison de son titre. Certains titres me semblent exceptionnels... On ne peut que vouloir lire le roman qu'ils représentent.

Ces derniers temps, j'ai l'impression de ne lire que des contes, des fables. Et le roman de Ichikawa ne fait pas exception et me rappelle un peu La fille de l'hiver de Eowyn Ivey. On retrouve beaucoup de poésie et de lyrisme dans l'histoire de Takumi, Mio et Yûji.

Lorsque Mio, sa femme, meurt, Takumi doit élever seul son fils de 6 ans. Ce n'est pas facile pour lui, il est un peu maladroit, névrosé, étourdi. Il a aimé sa femme follement. Elle lui manque. Mais il doit s'occuper de son fils qui lui aussi a besoin de sa mère. Leur quotidien est routinier, lent, répétitif. Pour alléger la douleur de son fils, Takumi invente une planète où sa mère se trouve. Et pour de pas l'oublier, pour ne pas que son fils l'oublie, il veut écrire sur sa femme et sur leur relation. Le père et le fils survivent difficilement au départ de Mio et ne peuvent oublier les paroles qu'elle a dites avant de mourir : "Je reviendrai avec la pluie". Presqu'un an s'est écoulé depuis sa mort et la saison des pluies arrive. Reviendra-t-elle ?

La première partie du roman est lente, douce et complètement dans l'attente de ce retour impossible. Et pourtant comme elle l'avait promis, Mio est là. Elle apparaît soudainement dans la forêt. Mais sans souvenirs. Il faudra donc que Takumi lui raconte leur histoire d'amour et leur vie ensemble. Petit à petit, elle se souvient. La vie semble reprendre normalement pour Takumi, Mio et Yûji. Mais ils savent que ce n'est que temporaire. Avec la fin de la pluie, Mio devra repartir.

Roman d'amour ? Conte fantastique ? Les deux ? Rien de tout cela ? Difficile à dire. Pour moi, c'est avant tout l'histoire d'un père et de son fils. Puis, c'est aussi bien sûr l'histoire de Takumi et Mio. Leur histoire avant et leur histoire maintenant. C'est l'histoire improbable de deux personnes très différentes qui se sont rencontrées deux fois. Et puis, c'est une histoire de deuil, de souvenirs, de mort, de vie. Et finalement, c'est également une histoire japonaise. Et on s'immerge dans la culture d'un pays qu'on croit connaître mais qui recèle bien des mystères.

Certains ont trouvé de la mièvrerie dans les mots d'Ichikawa. Peut-être. Bizarrement, je n'ai vu que de la tendresse, de la douceur, du rêve et de l'espoir. Je ne suis pas amatrice des romans d'amour, mais je n'ai pas considéré que le roman d'Ichikawa était un "roman d'amour". Une histoire d'amour peut-être, mais ce n'est pas pareil... si cela fait du sens ! Probablement pas !

Certains se sont ennuyés. Il est vrai que le roman est très lent. Même les dialogues sont brefs, banals. Mais c'est cette lenteur qui m'a charmée. Tout va toujours si vite, un peu de lenteur fait parfois du bien. Même le retour de Mio n'est pas fracassant. Il est normal, à peine surprenant.

Un texte parfois poétique, parfois un brin naïf. C'est ce qui fait le charme du roman. Et bien sûr, l'aspect fantastique de l'histoire. Car oui, Mio est revenue avec la pluie. Comment et pourquoi ? Je vous laisse le découvrir. Je dirai simplement que la touche improbable et fantastique de l'histoire est simple, légère, inattendue et presque possible ! Le fantastique devient normalité.

Le texte est simple, bref, poétique et émotif. J'aurais aimé pouvoir le lire en japonais. Lire les "Vraiment" et les "Hmmmm" dans la langue d'origine... J'ai la vague impression que la poésie doit être encore plus présente.

En résumé, j'ai beaucoup aimé la tendresse de ce roman. J'ai aimé la banalité, la normalité du quotidien des personnages. J'ai adoré le retour improbable d'une mère morte trop vite. J'ai aimé cette histoire d'amour... un amour doux entre un homme et une femme... un amour éternel de parents pour leur fils... un amour impérissable d'un garçon pour sa mère et son père.

(L'auteur nous dit que son roman est autobiographique. C'est son histoire d'amour avec sa femme - qui elle, est toujours vivante. Et ça, je trouve que c'est un vrai roman d'amour.)

L'avis de Mind The Gap, Lutinielle, Vance, Miss G, Sayyadina, Brouillard, Xavier Plathey.

Les mots de l’auteur (Extraits)

« Voici ce que je me suis dit quand Moi est morte. Celui qui a créé notre planète n’en a-t-il pas conçu une autre en même temps, quelque part dans l’univers ? La planète où vont les défunts. La planète Archive. » p.7

« Car, comme elle me l’avait dit elle-même : Lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous vous débrouillez, tous les deux. » p.62

« Mais ça ne fait rien : ça ne s’arrêtera pas là. Les fins et les commencements sont aussi différent que les sorties et les entrées. Lorsqu’on est à l’entrée, on est sûr qu’il y a quelque chose de l’autre côté. Quelque chose de merveilleux, à n’en pas douter. » p. 136

Pour en savoir un peu plus …

6 mars 2015

La vie privée des arbres d'Alejandro Zambra

VP1La vie privée des arbres / Alejandro Zambra ; traduit de l’espagnol (Chili) par Denise Laroutis. – [Paris] : Rivages, 2009. – 116 p. ; 20 cm. – ISBN 978-2-7436-1951-0

Quatrième de couverture

Julian a épousé Verónika ; Daniela, la petite était déjà là. Ce soir, dans l'appartement aux trois pièces bleue, verte et blanche, Julian guette Verónika qui n'est toujours pas rentrée de son cours de dessin. Pour tromper l'attente, il nous raconte l'histoire. La leur, la sienne.

Tout a commencé avec un gâteau aux trois crèmes. Julian le commande à une pâtissière qui travaille chez elle. La pâtissière, évidemment, c'est Verónika. Il s'éprend d'elle sur le champ mais se passe d'elle un certain temps. Puis commence à en rêver, l'appelle et finalement, à force de commander des gâteaux, attire son attention.

Souvent comparé à Jean Echenoz, Alejandro Zambra aime les personnages un peu perdus, le temps qui s'émiette, l'espace en volute. Et aussi les désirs et les rêves qui s'évaporent sans que l'on sache trop pourquoi. Ni pourquoi d'ailleurs il faudrait le savoir.

L’auteur

Alejandro Andrés  Zambra Infantas est né à Santiago au Chili en 1975. Il étudie la littérature hispanique à l’Instituto Nacional General José Miguel Carrera VP2et à l’Universidad de Chile. Grâce à une bourse universitaire, il poursuit ses études à Madrid où il obtient une maîtrise en philologie hispanique. De retour au Chili, il obtient un doctorat en littérature à l’Universidad Católica et enseigne la littérature à l’Universidad Diego Portales.

Il commence par écrire principalement de la poésie. Son premier roman publié en 2006 connaîtra un grand succès, sera traduit en plusieurs langues et sera adapté pour le cinéma et présenté à Cannes en 2011. Il reçut également plusieurs prix pour son roman.

Bibliographie sommaire

  • Bahía Inútil (poésie) (1998)
  • Roberto Bolaño : la escritura como tauromaquia (essai) (2002)
  • Mudanza (poésie) (2003)
  • Bonsái (2006)
  • La vida privada de los árboles (2007)
  • No leer (essai) (2010)
  • Formas de volver a casa (2011)
  • Mis documentos (nouvelles) (2013)

Mes commentaires

Difficile de parler de ce livre. Je dois commencer par dire que je n'ai voulu lire ce roman qu'à cause de son titre. J'avais lu le quatrième de couverture parce que je l'ai acquis pour la bibliothèque. Mais le quatrième m'a semblé ordinaire. Le livre avait de très bonnes critiques alors je l'ai acheté pour les rayons de ma bibliothèque. Puis, une fois sur les rayons, il ne m'a pas particulièrement attiré... vraiment le quatrième ne me disait rien. Je ne suis pas très "histoire d'amour", les histoires de couples, de relations, etc. ne m'attirent vraiment pas.

Mais le titre... Je ne sais pas pourquoi, mais le titre, lui, m'interpelait.. m'appelait.

Un roman très, très bref. Un peu difficile à saisir, selon moi. C'est rapide, mais l'histoire est très lente. Le roman est l'histoire d'une relation. Et elle est racontée à cause d'une absence. L'absence de Verónica qui tarde à rentrer un soir. Alors Julián essaie de rassurer Daniela, la fille de sa femme. Il lui raconte des histoires pour l'endormir. Il lui raconte la vie privée des arbres. C'est l'histoire habituelle. Mais l'absence s'allonge, s'éternise. Alors Julián se perd dans ses rêves et ses souvenirs. Et il raconte sa vie. Sa vie avant Verónica. Sa rencontre avec celle-ci. Et sa vie après.

Il m'a semblé difficile de cerner si les souvenirs étaient réels ou inventés. Mais c'est ce qui fait le charme du texte. J'avais parfois l'impression que Julián nous cachait quelque chose. Mais ce n'est qu'une impression.

Les souvenirs semblent banals et leur histoire aussi. C'est ce qui fait que l'attente du retour de Verónica est difficile et tragique en quelque sorte. Car on se doute bien qu'elle ne reviendra pas. Et malgré la lenteur du roman, j'ai senti une tension, une densité dans le texte.

Mon seul regret est la fin. Car l'histoire saute dans le temps. Et j'aurais préféré qu'il se termine dans cette attente. Cette dernière est toute la poésie du roman selon moi. Cette attente, cette absence et ces histoires d'arbres que Julián inventent pour les combler.

Pour terminer, je dirais que l'auteur aurait pu écrire un long roman en transformant cette absence en roman policier. Il aurait aussi pu, en faire un long roman d'amour. Il a choisi un texte poétique, métaphorique, lent et bref... Et un brin insaisissable. J'ai beaucoup aimé.

Les mots de l'auteurs (Extraits)

« Pour l’heure, la vie est un casse-tête qui lui semble résolu : il a été invité dans une nouvelle intimité, dans un monde où il lui revient d’être à peu de chose près le père de Daniela, la petite fille qui dort, et le mari de Verónika, la femme qui ne rentre pas encore, de son cours de dessin. Par la suite l’histoire part dans tous les sens et il n’y a presque plus moyen de poursuivre, mais maintenant, Julián parvient à prendre un certain recul qui lui permet de regarder, attentivement, avec un véritable intérêt, la retransmission d’un vieux match entre l’Inter et la Reggina. » p. 21

« Le roman continue, ne serait-ce que pour se conformer au caprice d’une règle injuste : Vérónika ne rentre pas. » p. 66

Pour en savoir un peu plus …

3 mars 2015

La réparation de Katia Gagnon

KG1La réparation : roman / Katia Gagnon. -- [Montréal] : Boréal, 2011. -- 216 p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-7646-2089-2

Quatrième de couverture

La journaliste Marie Dumais apprend dans les actualités le suicide d’une élève du secondaire, Sarah Michaud. Il semble que l’enfant était victime d’intimidation. On lui confie une série de papiers sur l’affaire.

Elle interroge les professeurs et les autres élèves. Elle rend visite aux parents. Ce sont de pauvres gens qui n’ont pas su défendre leur fille perdue parmi les petits bourgeois fréquentant le collège privé où Sarah n’a été acceptée que grâce à ses dons exceptionnels pour les mathématiques. Tout le monde voudrait tant qu’on cesse de parler de cette affaire, mais Marie veut savoir la vérité. Pourquoi Sarah Michaud est-elle morte ?

Dans ce premier roman mené comme un suspense, Katia Gagnon nous tient en haleine jusqu’au bout. Elle nous fait partager le destin d’êtres marqués, mais elle célèbre aussi tout le bien que peut apporter un regard qui réchauffe, une main tendue, l’amour et la compassion d’inconnus que la vie place sur notre chemin.

La Réparation est un hommage à ceux qui survivent et à ceux qui leur permettent de le faire.

L'auteur

Katia Gagnon est née en 1970. Elle a étudié à l'UQAM où elle a obtenu un baccalauréat en communications. Depuis 1996, KG2elle est journaliste dans le quotidien La Presse. Elle y occupera diverses fonctions dont éditorialiste et directrice des informations générales.

Elle publie son premier roman en 2011, La réparation. Elle continue d'écrire et de travailler comme journaliste.

Bibliographie

  • Au pays des rêves brisés (avec Hugo Meunier - Témoignages)  (2008)
  • La réparation (2011)
  • Histoires d'ogres (2014)

Pour lire certains de ces articles dans La Presse. Son compte Twitter. Une entrevue avec l'auteur dans la revue Les libraires.

Mes commentaires

Nous avons deux histoires dans le roman. Ce que le quatrième de couverture ne dévoile pas. Nous avons bien sûr, l'enquête de la journaliste Marie Dumais sur le suicide d'une adolescente, victime d'intimidation. Et nous avons aussi l'histoire de Marie-Lune Provencher, sauvée par la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse), d'une mère abusive. On devine assez rapidement le lien entre les deux histoires. Ce qui n'enlève rien à l'intensité de ces deux mêmes histoires.

Je ne peux parler de ce roman, sans devenir un peu émotionnelle. Ce sujet me touche. Et Katia Gagnon l'a très bien abordé. Ce qui est rare. Elle n'est pas tombé dans l'exagération. L'intimidation n'a pas besoin d'être frappante, parfois elle est insidieuse. Mais elle est là.

J'ai appris aussi que l'auteur s'est inspirée d'un fait divers qu'elle a voulu à l'époque couvrir. Un jeune garçon, victime d'intimidation, disparaît. L'auteure, qui couvre les affaires sociales, essaie de contacter l'école du jeune garçon pour essayer de comprendre les raisons de cette disparition. On lui refuse l'accès à l'école. Elle en fera un reportage fictif. Ce qui en fait un texte intimement réaliste.

Maintenant, revenons au texte. Gagnon écrit très bien. Et elle sait doser son intrigue. Son écriture est simple et nous rejoint facilement. Parfois, un peu simple... à la limite de l'analyse... C'est même ce qu'on lui reproche parfois. Mais, selon moi, l'auteure arrive à ne pas basculer complètement dans le journalisme pur et simple. Le texte demeure fluide, doux et prenant.

On reproche aussi à l'auteur de ne pas assez condamner les intimidateurs et leurs "complices" (écoles, parents, etc.). Je dirais que oui, j'aurais voulu, moi aussi, plus de conséquences. Mais je comprends. D'un côté, il n'y a souvent aucune conséquence. Trop souvent. Et aussi... rien n'est aussi simple que ça. Coupables, non coupables... Il y a des vies. Pas des excuses mais des circonstances... Rien n'est simple.

Mais ici, j'ai de la difficulté à poursuivre mon avis car j'ai peur de trop en dire... Disons, que malgré le fait que j'ai adoré le roman de Gagnon, j'ai eu beaucoup de difficulté avec la "2e histoire". J'ai trouvé que cette histoire n'était pas nécessaire au roman et que surtout elle aurait plutôt eu sa place dans un autre roman. Elle aurait mérité un autre roman. Dans La Réparation elle était de trop. Et surtout c'était trop prévisible. Cette 2e histoire est forte, mais n'est pas nécessaire ici.

Mais l'essentiel du roman est l'intimidation. Et Katia Gagnon nous fait parfaitement comprendre et fait vivre les ravages de l'intimidation. Peu importe sa forme ; sa violence ou sa subtilité.

L'avis de Karine:), Suzanne, Prospéryne, Stellabloggeuse, Bouquineuse boulimique, Kay.

Les mots de l'auteur (Extraits)

"Persuader l'école de la laisser fouiner dans les couloirs n'allait pas être facile. Tout le monde était encore traumatisé par le décès de la jeune fille. Déjà, les parents accusaient l'école secondaire de leur fille, un collège privé, d'avoir fermé les yeux sur l'intimidation dont elle était victime. Aucune personne sensée ne voudrait d'une journaliste dans ce portrait." p. 16

"Leurs actes d'intimidation n'étaient jamais directs. Elle n'a jamais été frappée ou quelque chose du genre. Non, c'était plutôt de l'exclusion, des mauvaises blagues... -- Oui, répondit la directrice. Ils ont minimisé les actes. Ils ont prétendu que c'était fait simplement pour rire, qu'ils n'avaient rien contre la petite Michaud." p. 86

"-- Harceleurs, vous y allez un peu fort. Il ne s'agissait que de blagues, d'un goût douteux, je le reconnais, mais rien de violent. Cette histoire a été largement exagérée. En partie par votre faute, les journalistes.

Rien de violent. Marie, incrédule, souligna deux fois l'expression. Elle sortie de la classe, soufflée." p.97

Pour en savoir un peu plus

25 février 2015

Journée du chandail rose...

Vous savez, je relis mes textes (ici et ici) et je me rends compte que je ne dis pas grand chose.Je n'ai pas envie de tout raconter. J'ai choisi cette histoire car elle avait une "suite". Ce qui est rare. Mais en la relisant, elle me semble banale. R. n'était pas la seule et je pourrais vous raconter d'autres histoires. Et vousInt savez, certaines sont assez insignifiantes et d'autres plus brutales... Des gestes et des paroles. Mais je crois que ce sont les mots qui m'ont le plus blessée.

J'aimerais souligner quelque chose... Je n'excuse pas les intimidateurs de mon histoire. Mais aujourd'hui, je suis capable de voir des nuances. De voir des vies complexes. Mais la petite fille que j'étais ne voyait pas ces nuances, ces vies... Ce qui fait que à ce moment, j'étais dévastée, malheureuse. Mais vous savez même si on a l'impression que cela ne finira jamais et que c'est la fin du monde... On peut passer à travers et on continue sa vie... cela semble interminable mais ce n'est qu'un moment.

Je vais garder des cicatrices de ces moments toute ma vie. Mais ce ne sont plus que des cicatrices. Elles sont là, mais ne sont qu'un mauvais souvenir. Elles sont importantes, mais sans importance. Je  ne sais pas si cela fait du sens, mais pour moi, oui.

J'ai réalisé hier après-midi que le 25 février - donc aujourd'hui - était la Journée du chandail rose ! C'est une drôle de coïncidence. Ce matin, j'ai mis mon chandail rose. La bibliothèque est près d'écoles et pour moi c'est important qu'on le souligne. Pour savoir comment la journée a commencé, c'est ici.

Je n'ai pas de solutions. Juste des souvenirs...

 

24 février 2015

Point de vue - Suite

019b_1980Je continue... (Voir le premier texte).

Je ne raconterai pas tous les détails. Résumons en disant que R. n'était pas la seule mais était la principale source de mon malheur.

Mais le temps passe et je suis à environ 6 mois de la fin de mon primaire. Pour une raison que j'ignore, notre enseignante avait décidé que nous ferions un grand projet en équipe qui s'étalerait sur plusieurs semaines. Et encore pour une raison inconnue, elle décida de former elle-même les équipes. J'étais horrifiée. J'avais quand même une ou deux copines et quelques enfants avec qui je m'entendais assez bien et voilà que j'étais en équipe avec trois enfants qui me niaisaient régulièrement ou qui m'ignoraient royalement. Il y avait entre autre un garçon, P., qui était le plus populaire de l'école. Vous savez la star. Il était de ceux qui me trouvait insignifiante, nerd, kétaine ; mais, il me trouvait si insignifiante qu'il se faisait un point d'honneur à ne jamais me parler.

Nous commençons notre travail. Tous les jours, nous étions en équipe pour une partie de la journée. Heureusement, ces enfants n'étaient pas les pires et en gros ils étaient finalement bien contents d'être avec la "bol", car je faisais tout le travail. Au fil des jours, j'ai commencé à relaxer. Je m'habituais. Je trouvais les idées, écrivais les textes, mais je parlais le moins possible. En gros je laissais les autres s'amuser, faire des farces, rire et ne rien faire. Mais leurs farces n'étaient pas dirigées vers moi donc je respirais un peu.

Je vous ai déjà dit que R., même si elle régnait sur l'école, faisait quand même un peu peur à tout le 134_1981monde. Je vous rappelle aussi qu'elle était haïtienne. Un jour, nous travaillions en équipe. C'était un vendredi. Je m'en souviens. Il était presque 15h00. La journée et la semaine étaient presque terminées et j'avais hâte de jouer dans ma cour avec mes vraies amies (qui n'allaient pas à la même école que moi). Je me souviens aussi que j'étais fatiguée. Soudainement, nous entendons R. commencer à parler plus fort. Une des petites filles de mon équipe dit qu'elle espérait qu'elle ne ferait pas une "crise". P. dit alors un commentaire raciste qui la traitait de "négresse". Et moi, sans même y penser, j'ai dit : "ce n'est pas une négresse, c'est une tigresse".

Et alors, vous me direz. Mais c.est que les trois se sont mis à rire aux éclats. Et P., le garçon le plus populaire de l'école m'a poussé un peu et dit : "je savais pas que tu pouvais être cool". Il me semble que la cloche a sonné quelques secondes après, mais peut-être pas, c'est flou. Car, la petite solitaire que j'étais, a tellement été heureuse de se faire traiter de "cool" par le gars le plus cool de l'école que je n'entendais plus rien. Je suis partie chez moi. C'était étrange. Je me sentais déjà coupable d'avoir dit une "méchanceté", mais j'étais tellement heureuse. Et puis, je me suis sentie conne. C'était vraiment des sentiments confus pour la petite fille que j'étais.

Et puis, les semaines suivantes furent différentes. Oh j'avais encore des problèmes et R. me faisait encore la vie dure. Mais P. et ses amis me disaient "allô" quand je passais près d'eux et on m'a un peu laissée tranquille. Parce que vous savez... le gars le plus cool me saluait et me trouvait ok, finalement. Et l'année s'est terminée dans un calme assez nouveau pour moi. Le primaire était fini et j'allais au secondaire. J'ai réussi à sortir de ce cycle... Une autre école, une autre vie. Tout le monde a son chemin. Le mien m'a menée vers de la musique que mes parents ne comprenaient pas et un look qu'ils comprenaient encore moins. Mais ils savaient que j'allais mieux, j'allais bien. Et que j'étais heureuse - bon "plus" heureuse qu'avant. Mais c'est une autre histoire.

Mais l'histoire que je raconte n'est pas terminée.

272_1996J'avais 25 ans. J'habitais en appartement depuis quelques années. Mais je retournais au moins une fois par semaine chez mes parents. Même s'ils n'habitaient plus dans ce quartier, un des trajets en autobus pour aller chez mes parents passait par celui-ci. J'étais assise dans l'autobus. En avant. Je me souviens même de la place. J'avais mes écouteurs et j'étais un peu dans mon monde. Puis, j'ai vu cette fille assise en face de moi me faire des sourires et me faire signe de la main. J'ai enlevé mes écouteurs. Je n'avais aucune idée de qui c'était. Une grande fille noire de mon âge. Je ne la reconnaissais pas du tout. "K. ? C'est toi, K.?", qu'elle me dit. "Heu... oui?", que je réponds. "C'est moi, R. Tu te souviens on a été à Ste-L. ensemble".

Je ne sais pas comment l'exprimer. Mais je me suis sentie mal... Dans un roman, il y aurait une multitude de façons de le dire : mon sang n'a fait qu'un tour, la couleur a quitté mon visage, je suis devenue blanche, etc. ... Je ne sais pas. Mais je sais que je me suis sentie mal et désemparée.

Elle souriait. Je répète : elle souriait. Et elle continuait à parler. Je ne me souviens pas de tout ce qu'elle disait car honnêtement, je ne comprenais pas trop pourquoi elle me parlait. J'entendais des mots... école, ballons, amis, enfance... Et puis, une phrase. Puis, elle s'est levée. "C'est mon arrêt."

Une phrase. Je vais être honnête, je ne me souviens pas des mots exacts. Mais je me souviens parfaitement de ce qu'elle a dit. Elle a dit qu'elle était vraiment heureuse de m'avoir revue. Que j'étais un de ses meilleurs souvenirs du primaire parce que j'étais "fine" contrairement aux autres. Et elle m'a embrassée sur les deux joues avant de descendre. Je ne me souviens même pas si j'ai dit un seul mot. J'imagine que oui. Mais je ne me souviens pas de ce que j'ai pu dire. J'étais comme dans un cauchemar/rêve... Au ralenti.

Je suis arrivée sur mes parents. Et ce n'est que le soir chez moi, que j'ai pu revivre ce moment. Je pense que j'ai pleuré pendant toute la nuit. Et puis, j'ai réalisé des choses :

  • R. était une tof de l'école.
  • R. terrorisait nombre d'enfants, dont moi.
  • R. me ciblait particulièrement et régulièrement. Elle m'a blessée psychologiquement ET physiquement.
  • R. souffrait de terribles crises d'épilepsie qui la stigmatisait, l'isolait, faisait qu'on avait peur d'elle et qui devait la faire horriblement souffrir.
  • Un commentaire stupide et raciste sur R. et dont j'avais honte même à l'époque, a fait que pour les derniers mois de mon primaire, certains enfants qui me "niaisaient" m'ont ensuite trouvée "ok".
  • Pendant un moment, j'ai été vraiment heureuse qu'on me trouve "cool". Même si je savais très bien que c'était parce que j'avais moi-même été méchante envers quelqu'un d'autre.
  • R., des années plus tard, se rappelait de moi comme de quelqu'un qu'elle avait bien aimé au primaire parce que j'étais gentille avec elle. J'étais un bon souvenir de sa vie.

Et donc, rien n'est aussi simple qu'on le pense. Les enfants sont méchants. On ne sait rien de la vie de ces enfants. Parfois rien n'explique et rien n'excuse. Parfois, il y a des nuances.

Si vous vous demandez si j'ai pardonné à R., je vous dirais que non. Et je vous dirais que oui. Elle a été horrible avec moi. (Je répète, ce ne fut pas la seule, mais c'est l'histoire que je raconte). Et je la déteste encore. Mais je lui pardonne. Je la remercie même. Mais quand je repense à ces années qu'elle m'a gâchée, j'ai envie de crier. Mais je sais que cela ne sert à rien.

C'est confus. Je sais. Je rêve parfois à des années de primaire sans toutes ces larmes et tout ce stress. Mais aujourd'hui, je suis celle que je suis à cause et grâce à ces larmes. Ces larmes n'étaient pas nécessaires. Elles n'auraient dû exister. Mais elles ont existé. Mais j'ai compris assez rapidement - dans un sens, parfois inconsciemment - que ce n'était qu'un moment. Des moments. Que j'étais jeune. Que je grandirais. Que je vieillirais. Que je vivrais d'autres choses. Je sais que pour certains, c'est plus long. Mais il faut croire en soi. Croire que ces mots ou même ces gestes sont sans importance ou seront sans importance... éventuellement ... ou plutôt qu'ils perdront l'importance qu'on leur donne.

Je n'ai pas de solution miracle car chaque personne est différente. Et chaque situation est unique. Mais moi, j'ai survécu. Je ne suis pas particulièrement forte. Mais j'aimais trop de choses dans la vie pour abandonner. J'ai pleuré. J'ai détesté la vie. Et j'ai détesté ma vie. Mais j'ai laissé ma vie l'opportunité de m'apporter d'autres souvenirs.

C'est tout. Vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai mis tant de photos. Simplement parce que je voulais vous montrer qu'on peut sourire tout de même. Parce qu'on peut sourire et rire quand même. Parce que ma famille a fait toute la différence.

C'est tout. Je ne sais pas trop quoi ajouter. C'est une histoire. Comme une autre.

23 février 2015

Point de vue

149c_1979Je n'aime pas ce titre. Mais c'est le seul qui me vient à l'esprit. L'Or Rouge parle d'un sujet grave et je ne pense qu'à cela depuis des jours. Nous avons pleins de livres sur le sujet à la bibliothèque - avec sûrement de meilleures analyses que les miennes - et je suis loin d'être une experte sur le sujet. Mais j'aimerais partager une petite tranche de vie sur l'intimidation.

Comme je l'ai dit à L'Or, j'ai été victime d'intimidation au primaire. Ma soeur a aussi été victime d'intimidation et pour elle ce fut beaucoup plus violent. Au point que j'ai dû, en tant qu'adolescente (qui avait été elle-même, je le rappelle, victime d'intimidation), intimider son intimidatrice pour qu'elle laisse ma soeur en paix. C'est tout dire. Je n'entrerai pas dans les détails... c'est l'histoire de ma soeur.

Je veux simplement partager une histoire en particulier de cette période... Cette histoire a changé ma vie. Je suis qui je suis à cause, malgré et grâce à cette histoire. Cette histoire a eu lieu dans une période difficile de ma vie, que je me rappelle avec encore des larmes au coin des yeux. J'ai été chanceuse. Et je suis forte aujourd'hui à cause de cette période de mon enfance. Et à cause de cette histoire en particulier.

Ce texte sera très long... je vous avertis... Mais pour ne pas trop alourdir, je couperai le texte en deux articles.

J'étais une enfant très timide, très introvertie. J'aimais les livres et l'imaginaire ; longtemps j'ai eu des amis imaginaires ; je n'aimais pas les pantalons et ne mettais que des robes ; j'étais très sensible et un peu naïve ; j'avais les cheveux longs et gras ; j'avais un duvet foncé au-dessus des lèvres et de gros sourcils ; et j'avais des notes incroyablement bonnes... Tout ceci a fait que j'étais un peu la cible préférée des enfants de mon école. J'avais quelques amies. Rassurez-vous. Mais certaines ce sont avérées de "fausses" amies. Passons. Enfin, j'ai eu un primaire (au Québec de 6 à 10-11 ans) absolument horrible. Quelques bons moments, d'accord, mais en gros, je préfère l'oublier.

Je ne vous conterai pas tous les incidents et toutes les intimidations. Il y en a eu beaucoup. Je veux quand même souligner deux choses. Premièrement, j'ai quand même quelques bons souvenirs de ces années d'école. Comme quand des enfants de ma classe prenaient des livres pour moi à la bibliothèque car j'avais atteint mon maximum et qu'ils n'en voulaient pas... Mais ils sont peu nombreux. Cependant, ils sont importants. Il faut être capable de se souvenir des bons moments. Et deuxièmement, ma vie familiale et les amis que j'avais à l'extérieur de l'école ont fait que sur les photos je souris. (C'était, je suppose moins pire dans le temps qu'aujourd'hui... les réseaux sociaux ne me suivaient pas chez moi.).

Alors voilà l'histoire.002_1980

À mon école, plusieurs enfants riaient de moi et me harcelaient, mais une petite fille se démarquait du lot. Je l'appelerai R. J'habitais un quartier pas très riche et assez dur. Dans le temps, c'était loin d'être aussi "dur" qu'aujourd'hui, mais quand même. R. était haïtienne. Cela n'a rien à voir avec ce qu'elle était et ce qu'elle m'a fait, mais cela va avoir un rapport avec ce que cette histoire m'a fait réalisé.

R. était très "tof" comme on disait. C'était une dure. Elle menait l'école. Elle faisait peur à beaucoup de monde. Je n'étais pas "spéciale" dans ce sens. Et même ceux qu'elle n'intimidait pas, avaient un peu peur d'elle. En plus d'être "tof", elle avait à l'occasion de graves - et complètement terrifiantes - crises d'épilepsie. Imaginez une fille criant, plantant un compas dans la main d'un autre élève, s'écroulant, bavant et convulsant sur le plancher, et vous aurez une idée de ses crises. Elle le savait et utilisait cela pour faire peur aux autres.

Aux récréations, on devait jouer dehors. Et on était obligé de jouer au ballon chasseur. Je ne sais pas si vous connaissez le ballon chasseur, mais dans sa version cour d'école, c'était assez violent. Ce ne l'est sûrement plus, mais dans le temps... ouf. Je détestais jouer au ballon chasseur. C'était un cauchemar quotidien, et même bi-quotidien puisqu'on y jouait deux fois par jour. Je n'étais, et ne suis toujours pas, sportive. Je déteste le sport, et je n'étais et ne suis pas bonne. J'étais la "poche". La dernière à être choisie dans les équipes, c'était moi. Ça faisait partie évidemment du tout : nerd et poche dans les sports. Les équipes étant formées en début d'année, mon équipe était prise avec moi. Je n'arrivais jamais à attraper le ballon et j'étais incapable de "tuer" quiconque les rares fois que je l'attrapais - je n'avais pas assez de force dans mon lancer. Mon but était évidemment de me faire tuer rapidement pour sortir du carré, mais le problème c'est que j'avais peur du ballon et des "garnottes" pourtant interdites. Alors ce qui arrivait, c'est que j'esquivais le ballon. Pour ça, j'étais très bonne... intuable... mais cela faisait que je restais souvent seule sur notre terrain et tout le monde me garrochait le ballon pour me tuer. Cela finissait de deux façons : soit la cloche sonnait et la partie ne finissait pas (ce qui n'était pas très populaire dans aucune des équipes) ou alors je me faisais tuer et j'avais un bleu resplendissant pour en témoigner. Enfin... j'haïssais ce jeu.

R. jouait au ballon chasseur. Elle n'était jamais dans mon équipe. Elle était très forte. Une très bonne joueuse que tous voulaient dans leur équipe. Parce que quand R. était dans ton équipe, tu gagnais. Elle n'était jamais dans mon équipe. Et dans un nombre incalculable de parties, je restais seule dans mon carré face à elle qui, en bonne joueuse, faisait tout pour m'éliminer. Le problème c'est qu'elle était experte en "garnottes" hyper puissantes et que celles-ci atterrisaient - beaucoup trop souvent pour être une erreur - dans mon visage. Évidemment, il est interdit de viser le visage ou la tête. Mais malgré mes nombreuses visites à l'infirmerie, personne n'a jamais rien dit et elle n'a jamais été "punie" pour ses gestes. Je faisais des cauchemars de ces récréations. J'étais heureuse quand il pleuvait et que nous devions rester à l'intérieur.

Avant que vous ne me le demandiez, non, rien n'a jamais été fait pour cette situation. Pour deux raisons. Tout d'abord, dans le temps, on ne trouvait pas cela très grave. Quelques minutes à l'infirmerie et quand ma tête ne tournait plus, on me renvoyait en classe. Et ensuite, j'étais vraiment une enfant renfermée et je n'en ai jamais parlé à mes parents.

Je suis déjà longue alors je continue bientôt dans un 2e article...

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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