L'oiseau de mauvaise augure de Läckberg
L'oiseau de mauvais augure / Camilla Läckberg ; roman traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus. -- Arles : Actes Sud, 2010. --ISBN 978-2-7427-9106-4. -- (Coll. Actes Noirs)
Quatrième de courverture
"L’inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n’a pas une minute à lui. La ville de Tanumshede s’apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D’autant qu’une femme vient d’être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d’un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s’empare d’ l’inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s’emballe. L’émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge…
Dans ce quatrième volet des avantures d’Erica Falck, Camilla Läckberg tisse avec brio l’écheveau d’une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande."
L'auteur
Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson est née à Fjällbacka en Suède en 1974. Elle publie son premier roman La Princesse de glace en 2003. Elle publie son second roman, Le Prédicateur l'année suivante.
Elle a reçut de nombreux prix dont le Grand Prix de la Littérature policière en 2008 pour La Princesse de glace. Elle vit aujourd'hui à Stockholm avec son mari et ses enfants.
Biographie plus complète sur ce billet.
Site web de l'auteur en anglais et en suédois. Page Facebook de l'auteure. Son compte Twitter.
Commentaires personnels (et spoilers)
Bon, alors vous direz que je n'ai aucune volonté... mais je n'ai pas pu résister. J'étais trop curieuse de voir si le 4e roman de Läckberg poursuivrait dans la même veine. Voyeurisme, masochisme ? Un peu, je suppose, mais vraiment, je le jure, j'avais espoir que je me réconcilierais avec l'auteur et surtout avec ses personnages. Après tout, j'aime bien les atmosphères qu'elle crée et puis certaines de ses intrigues m'ont quand même bien plu.
Malheureusement, je ne peux pas dire que j'ai raccommodé ma relation avec Läckberg. Le roman est "correct". Mais on s'entend que l'intrigue est mince, vraiment mince. Très prévisible. À la limite du cliché. On devine le coupable, pratiquement au début. Ceci dit, ce n'est pas mauvais.
Nous avons ici une double enquête qui bien sûr finira par devenir une enquête. Prises séparément, elles sont intéressantes. Ensemble, elles ont peu de sens. Je n'en dirai pas plus. Mais j'ai été encore une fois déçue. Tout l'aspect de la télé-réalité est à la limite de l'insupportable. Enfin, pas à cause de la télé-réalité en tant que telle, mais des personnages qui en font partie. Les participants, l'équipe, les fans... c'est encore une fois hyper prévisible et caricatural. Il y a bien quelques éléments ici et là qui sont intéressants mais ils ne sont pas exploités et on le regrette.
Qu'en est-il des personnages ? Bon... pas grand changement de ce côté. Patrick est toujours en avant plan, égal à lui-même. Erica joue encore à la "desperate housewive": elle joue à la maman, la grande soeur et la tante parfaite ; elle prend le rôle de la parfaite ménagère même si elle aimerait que Patrick soit plus là et en même temps, elle voudrait un travail à l'extérieur (voir le décevant 2e extrait plus bas) ; elle organise son mariage, n'aime pas sa belle-mère et se trouve trop grosse... Enfin, c'est littéralement insipide et désespérant. Je ne sais pas si c'est ironique de la part de l'auteur, représentatif de sa vie ou sa vision... enfin... ça m'énerve.
Les personnages secondaires récurrents sont toujours là. On en apprend encore un peu plus sur eux. En général, ils sont bien menés. Mais "come on"... j'ai immédiatement su que le big boss était pour se faire avoir par sa nouvelle copine. C'était tellement évident. Et inintéressant. Et encore une fois, il y a vraiment trop de personnages secondaires. On donne des détails et on parle de leurs vie et états d'âme un peu trop à mon goût. Autant les récurrents que les participants de la télé-réalité. On se perd dans toutes ces vies. Mais, finalement le personnage le plus intéressant est la deuxième victime. Elle aurait vraiment dû être plus présente.
Et puis, le fameux "cliffhanger". Oh, il est présent. On poursuit cette histoire et on la résoud en un happy end pour les personnages concernés. Mais, mais, mais... le roman se termine encore sur un autre "cliffhanger". Une histoire qui sera sans surprise puisqu'on l'annonce dans les dernières pages et aussi dans le titre du roman qui suit : L'Enfant allemand.
Enfin, cette fois c'est certain, c'est la fin pour moi. Surtout que deux passages en particulier m'ont vraiment énervée. Le 3e extrait plus bas : vous savez comment les stéréotypes sur les bibliothécaires m'énervent et là, l'auteure pousse un peu. Et enfin, le dernier extrait... une disquette ! vraiment ! Je sais qu'en 2006, elles existaient encore... mais vraiment... dans un bureau de police ? pffff.
Dernière chose. À venir jusqu'à maintenant, j'aimais beaucoup les traductions des titres. Pas nécessairement originaux, mais ils me semblaient faire du sens et rejoindre l'intrigue. Je ne sais pas quel est le titre en suédois, mais en français, il n'a pas trop de lien avec l'intrigue, à part une phrase vers la fin. Enfin, c'est dommage.
Voir mes autres billets sur les romans de Camilla Lâckberg, ici, ici et ici.
Extraits
"Pendant un petit moment, l'ambiance dans la pièce fut légère. Mais les vieilles ombres furent rapidement de retour et pesèrent de nouveau sur l'atmosphère. Il y avait tant de choses à dire. Tant de choses à faire. Mais ils ne les faisaient jamais. Le passé s'interposait entre eux comme un obstacle gigantesque qu'ils ne pourraient jamais enjamber. Ils s'étaient résignés." p. 100
"Elle avait à peine vu Patrick ces derniers jours et il lui manquait. Mais elle comprenait très bien qu'il soit obligé de travailler autant. C'était atroce, le meurtre de cette fille, et elle savail qu'il voulait plus que tout trouver le coupable. Mais en même temps, son propre manque d'activités "adultes" était mis en évidence par le travail de Patrick qui le sollicitait tant. Bien sûr que sa tâche à elle était importante aussi, oui, être maman était évidemment plus importante que tout, elle le savait et elle le sentait. Mais elle ne pouvait quand même pas s'empêcher de regretter une occupation où elle pourrait être Erica, pas seulement la maman de Maja." p. 168
"C'était une fille grande et mince avec des cheveux châtain clair mi-longs rassemblés en une queue de cheval. Une paire de lunettes étaient placée tout au bout de son nez et Patrick se demanda si le port de lunettes faisait partie des critères de sélection pour la formation de bibliothécaires." p.281
"Cela avait pris plus de temps qu'elle ne pensait, mais à présent elle disposait de adresses de tous les noms de sa liste. Annika sauvegarda le document sur une disquette et l'éjecta de l'ordinateur." p.299
Sources à consulter


































