Un livre ouvert... les pages de ce livre à la fois journal personnel et grimoire propose des réflexions sur l'art, la littérature, le cinéma, l'histoire, le passé, le futur et la vie...
Avant de continuer mes articles sur le roman et le film "The Outsiders", je me sens dans l'obligation de demander pardon.
Pardon à tous ces gens qui viennent ici dans l'espoir de pouvoir "chasser les hirondelles". Et qui évidemment ne trouvent que mes réflexions sur les hirondelles voltigeant près de mon balcon, faisant peur à mon chat et étant régulièrement en conflit avec les goélants logeant en face dans l'arène de taureaux.
Je ne sais pas comment chasser les hirondelles. Et même si j'ai découvert que ces oiseaux sont légèrement effrayant - non seulement pour mon chat... je ne crois pas que je tenterais de les chasser... à moins qu'elles ne s'attaquent carrément à mon chat - qui se fait trop vieux pour répliquer, il a quand même presque 15 ans le pauvre... ou alors qu'elles me touchent tout à fait la tête lorsqu'elles descendent sur mon balcon - pour l'instant, elles laissent quand même un bon 30 cm...
Quand je vois dans mes statistiques, toutes ces recherches sur "chasser les hirondelles" qui aboutissent sur ma réflexion du 19 mai 2007 : Invasion et conquête, je me sens légèrement coupable. Surtout que si je mets la phrase entre guillemets dans google, c'est le premier résultat qui apparait !!! Et qu'en plus, je n'ai pas l'intention de faire de recherche pour apprendre et partager comment chasser ces oiseaux, qui ma foi, ont bien le droit de voler à leur guise...
Mais enfin... je me rends compte que je contribue encore avec ces excuses à augmenter le résultat de recherche fautif à cette question "comment chasser les hirondelles"... Mais qu'ont-elles fait pour qu'on veuille les chasser ?
Alors, voilà, toutes mes excuses aux chercheurs de méthodes pour chasser les hirondelles !!! ;-)
Pourquoi ouvrir un carnet, un "livre" virtuel ? Simplement histoire de mettre sur un lieu qui m'appartient, des textes, des réflexions sur la littérature, le cinéma, les traditions, la vie quotidienne... J'aime écrire... lire, apprendre, voir, écouter...
Pendant des années - maintenant plus de 10 ans... - j'ai fréquenté de nombreux lieux d'échanges, forums et listes de discussions. J'ai échangé, partagé, discuté... Ce fut très enrichissant et cela l'est encore et toujours. J'ai donné beaucoup, j'ai écrit, composé, recherché, exposé... J'ai participé activement, et je vais continuer à le faire sur certains lieux auxquels je tiens et où j'aime discuter. Mais... mais j'ai pris la décision que mes efforts seront maintenant tout d'abord exposés chez moi... Et donc, ce livre s'ouvre tout simplement. Afin de me réapproprier mes textes et mes réflexions, mes recherches et mes études et les partager...
Quelques pages, quelques archives... beaucoup de moi dans tout cela...
Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) : nouvelles / Véronique Papineau. -- [Montréal]: Boréal, 2008. -- 175p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-7646-0596-7
Quatrième de couverture
La vie n'est pas toujours simple, même - et
surtout? - quand on est jeune, comme les personnages que Véronique Papineau met
en scène dans ces nouvelles. Histoires de cœur, histoires de baise, problèmes
de travail ou d'argent, tout cela peut nous faire passer de fichus quarts
d'heure, qu'il nous arrive très souvent de traverser sous le regard à la fois
attentif et impassible de nos chats. Ils voient tout, comprennent tout, mais
ils ne nous jugent jamais.
Avec le chat, Véronique
Papineau partage de nombreuses qualités: l'art de la légèreté, le coup de
griffe qu'on n'a pas vu venir, la caresse qui déchire.
Qu'elle raconte l'histoire
d'amants qui se rencontrent à 120 kilomètres-heure sur l'autoroute, la fugue de
deux adolescents dans la grande ville, la fin de la noce pour la demoiselle
d'honneur qu'emporte l'ambulance, chacune de ces scènes de la vie contemporaine
prend un relief inattendu, tout comportement est soumis au regard de cette fine
observatrice, à son humour à la fois tendre et cruel. Jamais elle ne rate sa
proie.
L'auteur
Véronique Papineau est née à Sainte-Brigide d'Iberville, petit village québécois, en 1980. Elle étudia en Lettres au cégep puis en traduction à l'université. Elle a travaillé comme rédactrice de sous-titre pour les malentendants. Elle aime depuis toujours la littérature et dit volontiers que son rêve était de publier un livre à 30 ans. Elle participe à divers concours. Elle publiera sa première oeuvre, un recueil de nouvelles, à l'âge de 28 ans. Petites Histoires avec un chat dedans (sauf une) a été en nomination pour le Grand Prix Littéraire Archambault 2009 (prix du public - 9e édition).
Elle habite aujourd'hui Montréal et est correctrice pour un magazine local. Elle continue d'écrire et prépare un nouveau roman.
Résumé
Ce livre nous propose douze nouvelles, douze petites histoires, sauf une, qui nous offre le passage d'un chat. Un passage parfois furtif, où l'on sent à peine sa présence. Un passage parfois central, alors qu'il devient le coeur de l'histoire. Mais toutes les histoires, sauf une seule, comporte la présence d'un chat.
Une histoire de rupture, une histoire de dépression, une histoire de fugue, des histoires de frères, des histoires de couples, une histoire de rencontre, des histoires d'amour, une histoire de folie, des histoires d'enfants,...
Commentaires personnels
Onze histoires avec un chat faisant une apparition. Une histoire, sans chat. L'auteur a donc écrit la majorité de ses histoires en intégrant la présence d'un chat. Le chat est à parfois à peine visible. On le sent au détour d'une phrase et on le voit plus. Parfois, il est essentiel à l'histoire. Comme un vrai chat, sa présence est parfois discrète, parfois sournoise, parfois douce, parfois féroce. Les personnages détestent parfois le chat, l'ignorent souvent... ou alors en sont complètement épris. Le chat est souvent l'observateur, parfois le catalysateur... D'une façon ou d'une autre, sa présence est un symbole important de l'histoire. Même lorsqu'il ne fait que passer rapidement. Il a toujours une raison de faire partie de l'histoire.
Ce recueil de nouvelles est la première oeuvre de Véronique Papineau. L'auteur n'a de toute évidence pas choisi de commencer avec un genre facile. Et comme la plupart des recueils de nouvelles, les histoires sont ici inégales. Certaines m'ont parues simples, voire simplistes. D'autres, beaucoup trop courtes. J'ai beaucoup aimé certaines histoires, d'autres m'ont carrément ennuyées. L'auteur a cependant fait un effort évident pour varier le style de ces nouvelles. Le thème qu'elle s'était elle-même imposée a cependant parfois semblé difficile à suivre. Elle a donc tenté de suivre un thème tout en cherchant à éviter l'uniformité de ses textes. Mission très difficile qu'elle a plus ou moins réussi. Dans l'ensemble, cependant, je dirais qu'elle s'en ait assez bien tiré.
L'auteur dit qu'elle observe les gens et que ses histoires sont inspirées de ses observations. Les personnages sont très bien dépeints et crédibles. Les situations sont anecdotiques. L'auteur nous offre
des situations familières. On reconnait facilement des gens de notre entourage ou des situations que nous avons vécues ou que des gens que nous connaissons ont pu vivre.
Il y a beaucoup d'humour dans les textes de Véronique Papineau. Un humoir plutôt noir, parfois très ironique et sarcastique. Mais j'ai parfois senti quelques clichés. Et certaines situations ou personnages m'ont semblé stéréotypés. On note une certaine désillusion de l'amour et des couples qui est assez caractéristique de notre époque. Et on pourrait croire que l'auteur passe certains "messages" ainsi que ses idées sur le monde contemporain, sur une génération qu'elle qualifie certainement de désabusée et sur les relations en géneral.
Je crois aussi que certaines histoires auraient pu être facilement développées. Je suis souvent restée sur ma faim, dans un sens. Les personnages m'ont souvent semblé intéressants et complexes mais trop peu développés. Même dans le contexte d'une nouvelle. L'auteur nous en dit trop ou pas assez, dans un sens. Et certaines histoires me semblaient mériter plus que quelques pages.
Le propos le plus important et intéressant du volume demeurent cependant la présence du chat qui ancre définitivement chaque histoire dans la réalité et le quotidien. D'ailleurs, l'histoire qui m'a le moins plu est celle qui n'a point de chat dedant !
"Dormir très mal. Se réveiller au milieu de la nuit et, jusqu'à l'aube, avoir des pensées comme une autoroute. Vers cinq heures, voir les lampadaires s'éteindre. Sombrer dans un sommeil impalpable.Snoozer pendant une heure. Être en retard, comme chaque matin. S'en foutre. Avant de se mettre debout, songer que notre vue sera la même jusqu'à la fin de semaine, jusqu'à la fin du mois, jusqu'à la fin de l'année. Être envahie par une immense lassitude." p. 55 (Dormir très mal)
"Costa nous connaissait et nous connaissions Costa. Qu'il aille trouver refuge dans le lavabo de la salle de bains par les chaudes journées de juillet ne nous étonnait plus. Qu'il passe ses après-midi à dormir dans le fauteuil capitonné du salon n'était plus un secret pour personne. Qu'il vienne immanquablement nous voir chaque fois que l'un de nous siégeait sur les toilettes, qu'il vienne poser ses deux pattes de devant sur notre cuisse avant qu'on ne se penche vers lui et que notre nez ne touche son museau humide, cela faisait partie du quotidien." p. 108 (La mort d'un chat)
Jurassic Park / Micheal Crichton. -- New York : Ballantine Books, c1990. -- 399 p. : 18 cm. -- ISBN 0-345-37077-5
Résumé (attention spoilers):
Un millionnaire, John Hammond, fondateur d'un centre de recherche en génétique et créateur de parcs d'amusement, prévoit ouvrir prochainement un nouveau parc exceptionnel. À partir de recherches génétiques sur le sang de dinosaures préservé dans des insectes préhistoriques, les scientifiques travaillant pour Hammond ont réussi à reproduire la séquence d'ADN de nombreuses espèces de dinosaures - remplaçant les séquences manquantes avec des gènes d'amphibiens.
Hammond se prépare à ouvrir son parc au public mais divers incidents et accidents lui mettent des batôns dans les roues. Ces investisseurs sont inquiets et demandent des preuves que le parc sera sécuritaire. Le millionnaire fait appel à deux scientifiques, Ellie Sattler et Alan Grant. Il les fait venir sur l'île où se situe le parc pour avoir leur approbation en tant que consultants externes. Un autre scientifique, Ian Malcolm et un avocat, envoyés par les investisseurs, feront également partie de l'expédition. Malcolm qui avait été consulté avant la création du parc est extrêmement pessimiste quant à la viabilité d'un tel projet.
Le parc apparaît d'abord aux visiteurs comme une extraordinaire manipulation de la science. Des dinosaures vivent dans l'île. Les scientifiques invités, accompagnés des petits-enfants de Hammond en visite également dans le parc de leur grand-père, se préparent pour une visite officielle du parc. Mais rapidement des failles apparaissent dans la création d'Hammond. Les scientifiques n'ont pu contrôler comme prévu, la procréation des bêtes.
Parallèlement aux dangereux problèmes qui surgissent peu à peu dans le parc, le programmeur en chef se prépare à saboter le système informatique afin de vendre les recherches des scientifiques de Hammond à une compagnie concurrente. Alors qu'il s'enfuit avec des embyons, il gèle complètement le système laissant le parc sans ressources et les visiteurs isolés parmi les dinosaures maintenant complètement libres. Le séjour des visiteurs se transforme rapidement en une course pour leur survie. Alors que Hammond tente désespérément de sauver son parc, les autres protagonistes tentent non seulement de survivre face à ses animaux hors de leur temps, mais également face aux autorités qui tentent de contrôler la situation.
À propos:
Les premières ébauches de Crichton présentait un jeune garçon qui recréait un dinosaure. Il laissa de côté som idée pendant un certain temps pour y revenir par la suite. Avant même que son livre ne fut publié, les droits furent achetés pour en faire un film. Il fut également engagé pour contribuer au scénario. Il participa donc à la création du film et autorisa les nombreuses coupures et modifications.
La plupart des dinosaures apparaissant dans le livre ne vécurent pas pendant la période jurassique. Ils appartiennent pour la plupart à la période du Crétacé. Certaines caractéristiques des dinosaures sont déduites mais certaines sont carrément fausses: grandeurs, apparences, etc.
Finalement, de nombreuses critiques de scientifiques soulignent l'impossibilités des théories avancées dans le livre, notamment le clonage des dinosaures à partir d'ADN partiels.
Commentaires personnels:
Qualifiée d'oeuvre de science-fiction et de thriller scientifique, Jurassic Park est parfois même considérée comme une oeuvre moralisatrice sur les dangers de l'utilisation immodérée de la science - dans la même lignée que Frankenstein par exemple. La science pousse les limites de la création - mais on ne s'attarde pas à savoir si on devrait utiliser ces connaissances, et les conséquences peuvent être désastreuses.
Le roman est efficace, il faut l'avouer. On nous présente très sérieusement des recherches scientifiques, puis on nous balance dans l'horreur de la création qui se retourne contre son créateur. On nous "soupoudre" quelques éléments d'écologies bien dosés, quelques enfants, le rêve américain, le capitalisme poussé à l'extrême, sabotage et terrorisme scientifique, et finalement le rêve de tout enfant de voir de vrais dinosaures, puis un peu - pas mal - de sang... et on se voit obligé de tourner rapidement les pages.
On a critiqué l'information "pseudo-scientifique" du roman... il est vrai qu'elle n'est pas complète ou validée... Mais est-ce vraiment important. C'est un roman de science-fiction. Évidemment, l'auteur nous présente tout ceci comme du domaine du possible. Et étant lui-même un scientifique (ne pas oublier qu'il a un diplôme en anthopologie et en médecine), il sait comment présenter ses théories. Sont-elles vérifiables, sont-elle plausibles ? Probablement pas complétement. Mais c'est un roman... pas une thèse de doctorat !
Le roman semble, pour certains lecteurs, un peu lent à démarrer. Il est vrai, qu'après quelques scènes assez troublantes et violentes, on tombe dans de nombreuses pages d'explications scientifiques. Mais elles me semblent, non seulement fort intéressantes, mais nécessaires au fond de l'histoire. Pour avoir un bon roman - thriller - scientifique, il faut un "background" scientifique... et donc quelques théories.
Il est aussi certain qu'on ne peut s'empêcher de lire une certaine ligne moralisatrice dans les pages du roman. On nous met en garde contre la manipulation génétique, le clonage, etc. La nature se retournera un jour contre nous qui la maltraitons depuis des siècles et particulièrement depuis quelques décennies... on jour dans les platebandes de la nature et elle n'aime pas ça !
Quelques bémols sur le traitement des personnages... mais je crois que l'essentiel du roman ne sont pas les personnages, plutôt leurs réactions face aux situations auxquelles ils font face. Les personnages principaux sont la science, la nature et les "animaux". Animaux qui se retrouvent à tenter de survivre dans un monde qui n'est pas le leur... sont-ils vraiment dangereux ? Non... ils ne font que vivre. Oui... ils n'ont pas leur place dans notre époque.
Et on y croit... ce qui rend le roman de Crichton terriblement angoissant, c'est que même si on se rend compte que ses théories sont loins d'être vérifiables, elles demeurent dans le domaine du possible... inévitablement dans le domaine du futur possible. Et on sent qu'on s'en va irrémédiablement vers une catastrophe écologie... même si elle ne viendra pas sous forme de dinosaures... ce sera autre chose. Et c'est ce qui rend le roman horriblement efficace ! L'auteur joue sur nos peurs et appréhensions modernes. La science redevient ici "la "magie" qu'elle a toujours été... et qu'on ne comprend pas bien.
Le livre est sur beaucoup de point bien différent du film - sur lequel je reviendrai bientôt - mais est beaucoup plus riche et captivant... et demeure un excellent divertissement ! Un des grands romans de Crichton.
"You're going to engineer a bunch of prehistoric animals and set them on an island? Fine. A lovely dream. But it won't go as planned. It is inherently unpredictable, just as he weather is? [...] Broadly speaking, the ability of the park to control the spread of life-form. Because the history of evolution is that life escapes all barriers. Life breaks free. Life expands to new territories. Painfully, perhaps even dangerously. But life finds a way." p. 159
Et bien voilà, j'aime les livres et donc il était nécessaire d'avoir une bibliothèque au village sous l'arbre... il faut penser aux habitants qui aiment les livres...
Langue: Français (VO) Année: 2003 Durée: 110 min. Pays: Canada (Québec)
Réalisateur: Jean-François Pouliot Producteurs: Roger Frappier,
Luc Vandal Scénario: Ken Scott Cinématographie: Allen Smith Musique originale: Jean-Marie
Benoît
Distribution: Raymond Bouchard (Germain Lesage) ; Rita Lafontaine
(Hélène Lesage) ; David Boutin (Christopher Lewis) ; Lucie Laurier (Eve
Beauchemin) ; Benoît Brière (Henri Giroux) ; Bruno Blanchet (Steve Laurin) ;
Donald Pilon (Monsieur Dupré) ; Clémence DesRochers (Clothilde Brunet) ; Pierre
Collin (Yvon Brunet) ; Marc Legault (Marcel Sigouin) ; Gilles Pelletier
(Alphonse Pinsonneault)
Synopsis (attention spoilers):
Sainte-Marie-La-Mauderne, est un petit village portuaire québécois. Les habitants du village ont toujours vécu de la pêche mais depuis quelques années, les poissons semblent avoir disparu. Les 120 villageois qui demeurent toujours dans leur village sont sans emplois et vivent donc de leur chèque mensuel d'assistance gouvernementale, "le bien-être social" comme on l'appelle au Québec.
Une lueur d'espoir apparaît à l'horizon, une grande compagnie considère la possibilité de construire une usine dans leur village. Cette usine relancerait l'économie du village, empêcherait l'exode des villageois vers d'autres villes et redonnerait leur fierté aux habitants. Mais les dirigeants de l'entreprise exigent que le village ait un médecin sur place. Comme nombre de petits villages, Sainte-Marie-La-Mauderne n'a pas de médecin.
Par un heureux hasard de circonstances, un médecin montréalais se voit obligé à aller passer un mois dans le village. Les villageois ont donc 30 jours pour le "séduire" par tous les moyens et le convaincre ainsi de devenir leur médecin. Tout est fait pour sauver leur village.
À propos:
La première du film, La Grande Séduction, eut lieu le 20 mai 2003 au Festival de Cannes, puis le 11 juillet de la même année au Québec. Il sortit en France et en Suisse, puis en Belgique, en 2004.
Il connut un grand succès lors de sa sortie, à la fois au Québec que dans le reste du Canada. Il connut également un succès international.
Il reçut de nombreuses nominations et prix. Entre autres prix, on peut souligner, le prix des meilleurs images aux Génie et de nombreux prix aux Jutra. Il gagna aussi le prix de l'audience à l'Atlantic Film Festival de 2003, un prix au Bagkok International Film Festival de 2005, un prix au Sao Paulo International Film Festival de 2004 et un prix au Sundance Film Festival de 2004. Il reçut également des prix en Belgique et en Espagne.
Le film permit à la région québécoise de la Basse-Côte-Nord de connaître un regain d'intérêt de la part des touristes et a vu le nombre de visiteurs augmenté considérablement depuis 2003.
Commentaires personnels:
Genre: Comédie.
Jusqu'où peut-on aller pour séduire quelqu'un ? Jusqu'à quel point est-on prêt à mentir pour se sortir de la honte et assurer sa survie ? Est-on prêt à blesser un inconnu pour retrouver sa dignité ? La grande séduction qu'entreprend le village de Sainte-Marie-La-Mauderne sur le docteur Lewis devient rapidement un tissu de mensonges.
La Grande Séduction n'est pas un "grand" film. L'histoire est connue et on a déjà vu ce genre d'histoire souvent. On a d'ailleurs comparé - justement - le film à Doc Hollywood, Walking Ned Devine et même la série télévisée Northen Exposure, qui ont tous repris un peu la même idée. Les personnages du film sont caricaturaux et l'histoire connue, certes, mais La Grande Séduction décrit tout de même une situation bien réelle de plusieurs villages québécois - et plusieurs petits villages reculés de nombres de pays - l'industrie qui avait fait naître le village n'existe plus, le village se vide peu à peu, les habitants tentent de survivre dans une économie inexistante... et surtout, les villageois manquent de tout... des ressources essentielles... Les villages n'ont plus de médecins... (et de services essentiels, tout simplement).
Pour se sortir de la pauvreté, pour survivre, les gens sont parfois prêts à faire n'importe quoi ! Et on nous présente ici, d'une façon "dramaticomique", jusqu'à où on peut aller... Certes, nous avons ici une comédie. Et on rit franchement - la scène de la partie de cricket est légendaire... mais j'aime particulièrement le billet de 5$ que le docteur trouve quotidiennement ! Mais les émotions sont également présentes... personnellement, j'ai trouvé très touchants de nombreux moments, particulièrement quand le "gérant de banque", après s'être fait dire qu'il pouvait être facilement remplacé par un "guichet automatique" décide d'accorder le fameux prêt...
Mais ce qui donne réellement son charme au film, ce sont les personnages et l'interprétation fabuleuse des acteurs. On sent vraiment que les acteurs ont compris les personnages et se sont donnés complètement dans leur rôle.
Un film sur la recherche de sa dignité, sur la corruption, sur la
vérité et le mensonge... qui ne sont pas nécessairement là où on le
croit ! Plus qu'un film, nous avons ici une véritable fable. On nous présente une histoire touchante - mais sans tomber dans la sentimentalité - avec une morale bien simple... il vaut mieux dire la vérité pour garder sa dignité.
Pas de grande histoire d'amour ici, mais de grandes histoires d'amitiés ! Les relations entre les personnages sont parfois drôles, parfois tristes, mais toujours intenses. La relation principale étant celle entre Germain, le maire et le docteur Lewis. Tous les personnages finissent par devenir sympathiques et on ne peut que s'attendrir sur leurs imperfections. Et tout se termine bien... rien de très fracassant... mais ce n'est pas bien important ! Il est parfois essentiel de voir un film qui nous fait sourire tout simplement.
Je n'avais pas eu la chance de voir le film à sa sortie au Québec. Prise dans les préparatifs de mon déménagement pour l'Espagne, j'avais mis de côté les sorties au cinéma. Puis quelques mois plus tard, alors que j'étais en Espagne, je vois annoncer le film à l'affiche à mon cinéma préféré présentant des versions originales... Je dois avouer que ce fut un moment "émotionnel" pour moi. De voir ces acteurs que je connais si bien, dans un paysage magnifique, d'entendre mon français... Et je garde précisieusement la fiche critique - en espagnol - qu'ils offraient au cinéma !
La beauté et l'amour vivent ensemble dans une imperfection fantasque,extravagante et normale. Une danse bizarre sans convention qui doit nous envelopper, recouvrir, découvrir et dévoiler.
Il est des animaux qui ne se lassent jamais d'entendre de la musique. Par
exemple les chevaux de bois. [Pierre Doris]
Un mois de mai pluvieux. Nuageux. Peu importe. La mer demeure somptueuse. Parfois, nous l'observons de Barcelone, parfois nous filons sur la route pour la retrouver plus loin.
Sur les routes tortueuses de la Costa Brava, nous nous sauvons parfois jusqu'à la frontière. Et de l'autre côté de la frontière, tout près, il y a ce joli petit village, Banyuls-sur-Mer. Quand le temps nous le permet, quand le chemin nous concède ce détour ou parfois pour le simple plaisir de l'effleurer d'un arrêt rapide, nous flânons dans le port de Banyuls...
L'été, la promenade est souvent envahie de gens qui, comme nous, flânent en regardant les bateaux, en prenant une glace ou un croque-monsieur. Mais en ce dimanche pluvieux d'un mois de mai nuageux, il n'y avait que des oiseaux.
Les cris des oiseaux envahissaient chaque coin. Nos pas nous amenèrent tranquillement vers l'autre côté de la promenade. Isolée, calme. Personne sauf nous. Sans oublier les oiseaux... Et quelques chevaux de bois, silencieux. Immobiles. Nous observant de leurs yeux figés. Attendant que la musique commence. Mais il n'y avait que les cris des oiseaux, que le bruit des vagues sur la plage tout près.
J'aurais voulu pouvoir les aider à courir. Trouver le mécanisme qui leur permettrait de tourner, qui allumerait les lumières, qui laisserait la musique couvrir les oiseaux et la mer. Les réveiller de ce sommeil de pluie. Et peut-être même les voir s'évader comme dans mes rêves d'enfant alors que je regardais les chevaux de bois de Mary Poppins. Et que je croyais que mon carrousel libérerait un jour ses chevaux pour que je puisse moi aussi m'envoler. Ces chevaux dormants doucement semblaient me demander de les laisser courir sur la plage. Mais j'étais impuissante. Je ne pouvais même pas les faire tourner. J'ai caressé leur museau et chuchoté à leur oreille mes rêves de fillette. Ils m'ont répondu, et je garde précieusement leurs secrets.
You don't really
understand human nature unless you know why a child on a merry-go-round will
wave at his parents every time around - and why his parents will always wave
back. [William D. Tammeus]
"La plupart du temps, on ne résout pas les difficultés ; on les déplace, comme la poussière". [Aymond d'Alost]
J’ai toujours été convaincu
que la poussière était vivante. Une autre espèce, en quelque sorte. Il y a
l’espèce humaine, l’espèce animale, l’espèce végétale et l’espèce
poussièrale.
Cela expliquerait bien des
choses. Et éviterait bien des heures de dépoussiérage épuisant. Il suffirait de
s’asseoir et de dialoguer. Tout simplement lui expliquer qu’elle ne peut ainsi
envahir le moindre recoin de notre espace vital. Et surtout d’arrêter de
réapparaître instantanément aussitôt qu’on a épousseté. Je lui demanderais
aussi pourquoi elle est noire ou grise sur les meubles blancs et blanche sur
les meubles foncés.
Mais pour l’instant ce
premier contact entre nos deux espèces n’a pas encore été réalisé et il faut
encore épousseter. Quotidiennement. Par décence et propreté. Ainsi que par
responsabilité civique et sociale. Et surtout par orgueil. Il faut éviter à
tout prix qu’on vienne chez moi et qu’on ne voie de la poussière sur les meubles.
On pourrait le répéter à ma mère. Et elle devra revenir me hanter. Jusqu’à ce
que je fasse disparaître la poussière. Elle détestait la poussière.
Cette
obsession de la poussière, c’est peut-être un indice de vieillesse. C’est une
bien petite marque de vieillesse, à peine digne de mention.Mais, il me faudra quand même faire
attention. L’insignifiance et la routine ont tendance à surgir de façon
imprévisible et sans annonce préalable. Ils surgissent sans crier gare. Sans
avertissement et sans pitié. Elles s’installent rapidement et sans qu’on s’en
aperçoive. Et une fois qu’elles sont bien installées, il est bien difficile
quoique pas impossible de les déloger. Mais aussi bien s’éviter une telle tâche.C’est épuisant de lutter contre la routine.
Je préfère nettement me battre contre la poussière.
"La poussière n'est pas encore le néant: elle doit être dispersée". [François Mauriac]
J'avance dans l'hiver à force de printemps. [Charles Joseph de Ligne]
On m'a dit que le printemps tardait à venir dans ce pays lointain qui était le mien. Qui fût le mien pendant plus de 30 ans. Je connais ces moments. Mars s'étire... on voit la date qui annonce le printemps s'installer et on se dit que ça y est... c'est le beau temps qui revient. Mais même si certains jours sont pleins de soleil et d'espoirs, le froid revient parfois faisant ironiquement fondre les promesses printanières.
Pourtant il est là, ce timide printemps. Il regarde tranquillement le paysage, examine la neige, la glace, le froid... il évalue, il étudie et s'approprie petit à petit chaque recoin. Il souffle doucement sur la glace, lui suggérant de s'effacer pour laisser place aux couleurs et à la vie qui attendent pour reprendre leur place, leurs droits...
Et puis, lentement, parfois sagement, parfois brutalement, il pousse le froid, étouffe la neige, et détruit les glaçons... goutte à goutte. Les gouttes s'aggripent désespérément. Mais elles coulent vers le sol pour se perdre et renaître.
Le printemps dans ce pays si près et si loin de moi est un moment exceptionnel. L'hiver... blanc, magnifique, gigantesque, envahissant et interminable... laisse doucement sa place à un printemps d'abord réservé puis exubérant...
Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps. [Anonyme]
Il me semble que
c’était le jeudi et il me semble que c’était pendant l’heure du souper. Mais évidemment,
je peux me tromper. C'était peut-être le mercredi. Mais ce dont je suis certaine, c’est que cela ne jouait qu’une
fois par semaine et que ma mère ne manquait pas un épisode. Nous écoutions
ensemble sur la petite télévision de la cuisine et chaque semaine nous
pleurions toutes les deux.
Je ne crois pas qu'une semaine passait sans que je pleure pendant Hutchi, le petit Prince orphelin. Et ma mère avait souvent les yeux mouillés, quand les larmes ne coulaient tout simplement pas.
C'est que c'était horriblement triste. Très triste. Pauvre petite abeille qui avait été séparé de sa mère à sa naissance, qui ne l'avait jamais vraiment connue et qui la cherchait désespérément. Il était seul dans une nature hostile, froide et dangereuse. Chaque émission, il croyait enfin la retrouver... mais non. Et chaque émission, il se faisait un ami. Enfin, qu'on se disait au début. Il ne sera plus seul. Mais un malheur arrivait presque inévitablement et l'ami partait ou mourait tout simplement. Il mourait en fait plus souvent qu'autrement. Le monde d'Hutchi semblait peuplé d'ennemis, de victimes impuissantes, de pessimisme... le destin et le futur étaient noirs et tristes. Et les larmes suivaient... les siennes, les nôtres.
Il y avait bien quelques rires dans l'émission... ou plutôt quelques sourires. Mais ces moments heureux étaient de courtes durées. L'émission était dure, tragique, triste... et on dit que c'est ce qui explique que toutes les émissions ne furent pas diffusées en français. Je ne sais pas si toutes les émissions furent diffusées et je ne sais pas combien de temps dura la série. Mais je me souviens très bien de Hutchi, de certains de ses amis, des "méchants", de la jolie papillon, de sa mère... et des larmes. Surtout des miennes. Chaque semaine. Mais je pleurais aussi pendant Démétan, Belle et Sébastien, Rémi, Candy... enfin... on ne semblait pas avoir peur de faire pleurer les enfants. Mais je me souviens aussi de l'espoir de Hutchi, sa détermination, son aptitude à rire et à voir le bon chez les autres, son désir d'aider les autres (même si cela le mettait toujours en danger), etc.
Mais apparamment, Hutchi fut considéré trop triste et le public francophone ne vit pas toutes les émissions de cette série. Et elle ne semble pas disponible aujourd'hui. On refit une deuxième version de la série sous le nom de Hacou à la fin des années 80... On parle aussi de Micky, l'abeille, version américaine.
Et quand je pense au générique de la fin, qui était en japonais (ce qui était tout de même très particulier, puisque tous les dessins animés japonais traduits en français avaient leurs génériques également traduits), j'ai encore des frissons et les larmes qui me viennent aux yeux. Je ne comprenais pas les paroles, sauf les premières qui sont pratiquement universelles: "Mama, Mama"... et c'était suffisant.
Titre
original: Konchû
Monogatari Minashigo Hutchi (昆虫物語 新みなしごハッチ) (Histoires d'insectes, Hutchi
l'orphelin) Titre en français : Le
Petit Prince Orphelin (également Micky l’abeille dans les années 90)
Auteur: Tatsuo Yoshida
Scénario: Jinzo Toriumi, Saburô Taki
Animation: Eiji
Tanaka, Takashi Saijô
Réalisateurs: Nagayuki Toriumi, Ippei Kuri Genre: Dessins animés, drame Langue originale:
Japonais Couleur: Couleur Pays d'origine: Japon Durée: 22 min.
Nombre d’épisodes : 91
épisodes (seulement 26 des 91 épisodes furent diffusées en France) (certains
sites donnent 52 épisodes) Années de diffusion : 1979- ?
Personnage - acteur français :
Linette
Lemercie : Hutchi (Hacou)
Pour en savoir
plus sur l’émission, consulter ces liens :
La fantaisie est un perpétuel printemps. [Johann Friedrich von Schiller]
Petit village de la vallée de l'Ubaye couvert d'une fine trace de neige qui disparaît tranquillement et commence à permettre à la nature de renaître timidement.
Il fait encore froid dehors. Un froid délicat qui semble savoir qu'il quittera bientôt ses montagnes. Mais il lui reste encore quelques semaines. Et il s'amuse à geler le nez, les mains, les oreilles des promeneurs.
Dans la cuisine, le soleil réchauffe ce vase endimanché d'une branche fleurie. Branche dérobée lors d'une promenade sur un sentier de la Vallée. Les fleurs peinaient à trouver le soleil au milieu de la douce neige et du froid qui s'éternisent. Mais elles étaient prêtes à se battre pour annoncer le printemps qui arrivera dans quelques jours.
Aussi blanches que la neige qui enveloppait encore le sol, on aurait pu ne pas les voir. Mais le vent les agita et elles crièrent leur vie. Une main ne put s'empêcher de voler une branche remplie de cette vie printanière pour la poser dans sa maison. Sur la table, le printemps commence déjà.
Les fleurs du printemps
sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges. [Khalil Gibran]
Les secrets ne sont bien cachés que s'ils ont un seul gardien. [Abu Shakour]
Le voyez-vous, parmi les branchailles et les feuilles ? Les couleurs de son habillement se mélangeant avec les couleurs tapissant le sol, on peut ne pas le remarquer.
Et pourtant il est là. Il garde le jardin. Comme ses ancêtres depuis des millénaires. Il se rappelle ses ancêtres. Les faunes, les sylvains qui gardaient fièrement les territoires des Grecs et des Romains qui leur en faisaient humblement la demande. On leur élevait des autels et ils protégeaient le sol et veillaient à la santé du jardin. Ils étaient les gardiens de la terre et de ses secrets. On les honorait, on les remerciait, on avait besoin de leur protection.
Il se rappelle ses ancêtres germaniques, scandinaves, turques... puis leur longue migrations dans les jardins anglais et français... Son histoire est ancienne et noble et il est fier de ses racines !
Mais aujourd'hui, il se sent triste. Il continue de garder mais on l'a oublié. On ne le voit pas vraiment. On oublie de le remercier pour son travail. On rit parfois de lui, on l'enlève même parfois croyant qu'il n'a pas de raison d'être dans ces jardins. Et pourtant, il sourit et continue de garder.
Il sait qu'il doit protéger le sol. Il est responsable de la vie et des secrets de son jardin et il ne faillira pas à sa tâche. Il sait qu'il détient le secret de la vie, le secret de l'imaginaire... Et il garde les secrets, il garde le sol, et il garde sa tristesse pour lui. Il sait qu'il existe des gens qui honorent encore leurs protecteurs. Et peut-être qu'un jour, on pensera à lui faire un sourire et à le remercier... Peut-être.
Chacun de nous n'est-il pas le gardien vigilant de sa propre tristesse ? [Andrée Maillet]
Note: Si les nains de jardins intéressent ;) : une étude et une passion. Ainsi que des kidnappeurs.
"On photographie les objets pour les chasser de son esprit." Franz Kafka
"La mémoire ne filme
pas, la mémoire photographie." Milan Kundera
J'aime prendre des photographies. Depuis toujours. Mais évidemment, ce ne fut jamais qu'un passe-temps. Je n'aurais même pas pu imaginer autre chose.
Et bien sûr, il y a quelques années... pas si longtemps en fait. Prendre des photos étaient "importants". On prenait des photos des moments importants. Des événements. Des voyages. Parfois des moments futiles... mais rarement. Et quand on allait faire développer nos photos... les erreurs, les photos sous ou sur exposées, les "mauvaises" photos... étaient de tristes échecs. Sur 24 photos, quand seulement 21 photos étaient dévoloppées, et que sur ces 21 photos, 3 n'étaient pas très bien... on soupirait... tristes.
Mais le numérique a changé beaucoup de chose pour moi. Pour beaucoup de gens. Des essais, des erreurs... on efface. On prend une photographie de choses qu'on aurait pas osé prendre auparavant. Et on prend 10 poses d'un même monument, d'un même objet, d'un même sourire... sans culpabiliser, sans avoir peur...
Et pour moi, cela a changé vraiment beaucoup de chose... j'aime arrêter, saisir le moment, le soupir, la brise... regarder le ciel se transformer... saisir la fleur qui remue doucement... capter le silence de l'objet... la plainte du monument...
Et je me promène et attrape tous les moments que je peux saisir. Et parfois, j'ai envie de le raconter... je crois que je vais commencer à emprisonner ces moments et à vous les présenter. Pourquoi pas...
"A mon avis, vous
ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n'en avez pas pris
une photographie." Emile Zola
Comme tout le monde, je rêve. Beaucoup même. Souvent, enfin, presque
toujours en couleurs. C'est-à-dire que tous les rêves dont je me souviens - et
je me souviens de beaucoup de mes rêves - sont en couleurs. Quand on me dit
qu'on rêve en noir et blanc, j'ai de la difficulté à le croire. Et, comme je
viens de le dire, je me souviens de beaucoup de mes rêves. Partiellement ou
complètement. Et, la plupart du temps, je
sais que je rêve. Même dans mes cauchemars. Presque toujours, je sais que je suis
en train de rêver. Et très, très souvent, je peux influencer mes rêves.
Parfois, c'est difficile... et même si je sais que je rêve et que je me dis que
je voudrais changer quelque chose, cela ne se produit pas. Mais je sais que je
rêve.
Pour une raison quelconque,
les gens ont commencé, il y a plusieurs années, à me demander d'interpréter leurs rêves. Je dis pour une
raison quelconque, car je ne me souviens plus pourquoi ni quand cela a
commencé... Un jour, je me suis retrouvé à donner mes analyses des rêves de mes
amis, ma famille, de gens sur les forums... Et je ne sais pas trop pourquoi. Et
on me dit que j'analyse toujours très bien... pourtant... je ne sais trop
comment je fais. Et à part, couper le rêve en partie et en extraire certains
éléments qui m'apparaissent se démarquer, puis donner quelques significations
de symboles... je ne vois pas trop ce que je fais de particulier. Bien sûr,
après avoir fait cette analyse, je donne mon avis, mais en disant toujours - et
en insistant - sur le fait que cela n'est qu'une interprétation des éléments et
de leurs liens. Et j'insiste toujours sur
le fait que personne n'est mieux placé que l'auteur des rêves pour en
comprendre le sens. Et que le danger, quand c'est quelqu'un d'extérieur qui
analyse le rêve, est que les associations établies entre certains éléments
soient trop personnelles... et donc si c'est quelqu'un d'autre que le rêveur
qui analyse le rêve, l'interprétation sera personnelle à l'interprète et non au
rêveur.
Mais voilà où j’ai un problème... car je suis incapable d'interpréter
mes propres rêves. J'ai bien le sentiment que parfois, mon rêve contient une
quelconque signification, me livre un certain message... mais alors que pour
les rêves des autres ces symboles, messages et significations sont faciles à
déceler, pour mes rêves... je ne sais absolument pas ce qu'ils signifient. Vraiment pas.
Alors que pour les rêves des autres, je suis capable de
mettre des bémols et dire: "ceci n'a aucune signification particulière, à
part le condensé de tes expériences de la journée..." pour mes rêves, je
ne sais pas faire la différence. Bien sûr, parfois c'est évident... mais
souvent - que dis-je! - la plupart du temps, je suis complètement dans la
brume. Incapable de déceler les éléments importants, ou alors accrochant aux
éléments qui ne le sont pas... Je suppose que je suis trop près de mes rêves, que je suis incapable de prendre du recul... ce qui vient contredire ce que répète à tous: que le rêveur est le mieux placé pour comprendre ses rêves... enfin...
Hier, j'ai fait un drôle de rêve. Vraiment, je sens que je me parle à moi-même dans ce rêve, mais je ne sais pas trop ce que j'essaie de me faire comprendre... quelques éléphants, un téléphone, une araignée, un séchoir à cheveux et autres bizarreries sembleraient vouloir me dire quelque chose... mais quoi ?