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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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22 avril 2011

Le mannequin enchanté d'Anthony Phelps - Commentaires

Man1Le mannequin enchantée : nouvelles / Anthony Phelps. -- [Montréal] : Léméac, [2009]. -- 114 p. ; 20 cm. -- ISBN 978-2-7609-3309-5.

Quatrième de couverture

Avec la grâce du poète, sur la musique des mots et au rythme des phrases, Anthony Phelps écrit comme un danseur, en défiant les lois de la gravité. Du Carré Saint-Louis à une plage près de Barcelone, dans une prison de Papdoc ou dans le merveilleux d'une fabrique de poupées, c'est une veine ludique et aérienne que l'auteur explore ici, quand le réel et l'imaginaire, l'absurde et le malentendu se côtoient et s'entremêlent parfois. Le Mannequin enchanté est l'oeuvre d'un écrivain dont toute la vie a été consacrée à comprendre et à utiliser le pouvoir incantatoire des mots.

[Expérience de lecture] et commentaires personnels

[Le Mannequin enchanté est un recueil de nouvelles. Et ceci n'est pas clairement annoncé sur le quatrième de couverture. Si on avait mentionné ce fait, je n'aurais jamais acheté le livre et encore moins lu. Il aurait évidemment suffit que j'ouvre le livre et lise la page de titre pour voir la mention "nouvelles", mais le quatrième de couverture m'avait emballé et je suis partie avec le livre. On me parlait du Carré Saint-Louis, de Barcelone, d'Haïti, de fabrique de poupée... je trouvais le tout très prometteur. Et donc ce fut tout d'abord une très très grosse déception quand je me suis aperçue que c'était des nouvelles. Je ne suis pas vraiment amateur de nouvelles. Même si j'ai adoré certains recueils ou certaines nouvelles et que j'en écrit même parfois... en général, je passe mon tour pour la lecture. 

Mais ayant acheté le livre, je me suis dit que le moindre que je pouvais faire c'est de le lire. Donc, je l'ai ouvert. Et là... bon, ma lecture fut plaisante dans l'ensemble, mais je ne peux m'empêcher de critiquer... pour la plupart des textes, ce ne sont pas des nouvelles... des textes poétiques, des contes, , des fables, des histoires... mais pas des nouvelles. Et je suis pointilleuse sur le sujet. Ce qui ne veut pas dire que les textes ne sont pas intéressant, beau, poétique... mais ce ne sont pas tout à fait des nouvelles. J'imagine qu'à défaut de pouvoir vraiment les identifier, il fut décidé d'opter pour nouvelles... et puis la licence poétique fait que les nouvelles peuvent sortir de leur définition et règles stylistiques, mais enfin, j'aurais préféré voir sur la page de titre, "textes" ou quelque chose du genre. Bon, mon commentaire maintenant, qui est assez positif en soit - puisque ce ne sont pas vraiment des nouvelles selon moi !]

Les textes du recueil Le Mannequin enchanté sont selon moi très poétiques. L'auteur a beaucoup écrit de poésie et cela se sent dans chacun de ses textes.

Chaque texte balance doucement entre l'irréel et le réel. On retrouve un mélange de magie et de réalité. Et on passe rapidement du réel à l'imaginaire. Les histoires peuvent sembler ancrer dans le réel mais semble toutes dériver vers l'instabilité, la folie, ou tout simplement l'imaginaire. Ce qui n'empêche pas les histoires racontées d'être habitées d'un discours parfois très dur. On sent nettement les préoccupations politiques, sociologiques et même mystiques de l'auteur. Et les histoires se passant en Haïti sont envahi de douleurs, de critiques d'un régime de dictature, d'injustice, de désirs de changements.Les textes sont aériens, doux mais polémiques et durs.

Les histoires ne sont cependant pas d'un seul lieu. On voyage... Québec, Brésil, Haïti, Espagne... Chaque texte est un conte qui voyage. Dans d'autres lieux ou d'autres réalités. Parfois, on sent la réalité brutale à travers la fantaisie d'autres fois, on sent un déséquilibre presque parfait. Et on voit... on sent... beaucoup de solitude dans ce recueil, ainsi que des personnages qui touchent du bout du doigt à la folie.

Le premier texte est fort. "La boîte à surprise" est un désir, un désir pour quelque chose d'instable. Un désir qu'on ne sait pas s'il vaut la peine d'acquérir. Une page unique, mais très forte. Et puis on touche à l'amour et à l'art. Un déséquilibre artistique, une recherche de la perfection (Osiris). "La petite vieille qui cherchait des étoiles", les yeux sur le sol, examinant chaque brin d'herbe. Elle chercher pour l'importance de chercher. Peu importe que l'on ne sache pas ce que l'on cherche. Et puis un "Portrait" d'à peine quelques lignes. Un éternel recommencement vivant dans la peur de ne pouvoir recommencer.

Ces textes m'ont semblé puissants. Flous, fous, mais puissants. Les textes suivant sont plus longs. Peut-être plus complets. De vraies nouvelles ? Non... ils n'avaient pas la formes. Mais ce sont des textes plus finis, plus réels en quelque sorte. Mais ils m'ont semblé justement trop complets et finalement pas assez longs. Ces histoires très fortes me semblaient mériter plus de pages. Surtout "Hier, hier encore!..." Cet homme qui se retrouve en prison en Haïti, une erreur d'identité, mais qui finit par prendre cette fausse identité et même à se transformer. Un chat ?

Beaucoup de monologues dans ce recueil. Les personnages se parlent à eux-mêmes ou alors à une personnafication d'eux-mêmes. En sont-ils conscients ? Sont-ils fous ? On ne peut vraiment le déterminer. Comme ce veilleur de nuit de la fabrique de poupée dans "Le Mannequin enchanté".

C'est à nous à interpréter les personnages et leurs folies. Comme un poème que l'on lit selon nos frontières, nos déséquilibres, nos propres fantaisies.

Lire aussi: Le mannequin enchanté d'Anthony Phelps - L'auteur

Note: J'ajoute le logo de Suzanne «J’aime lire la plume québécoise» car même si Anthony Phelps fait partie de la Jaime_la_plumeQlittérature haïtienne, il fait aujourd'hui également partie de la littérature québécoise.

Extraits

"Le regard lucide s'avance sur les Ramblas, lentement pénètre dans la profonde et large alléee et, méticuleusement, prend possession de son agitation. Piétons affairés, promeneurs, voitures et marchands ambulants. Perroquets, perruches, oiseaux-mouches. Oeillets, glaïeuls et roses blanches, roses, rouges. Le regard croise des vendeurs de loterie, traverse le fourmillement des passants. Flâneurs et hommes d'affaires, femmes indigènes, ou touristes, malaxant de leurs mandibules petis gâteaux, sandwichs, tapas." p54

Sources à consulter

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29 juillet 2010

Demain matin...

"Le moment présent est la piste désignée à tout nouveau départ! [Louis-Marie Parent]

Et voilà... l'aventure espagnole prend fin. Nous reverrons Barcelone et l'Espagne en tant que touristes. Les dernières semaines furent encore plus occupées que je ne l'avais prévues. Et je n'ai pas pu venir écrire ici. Cela me rend triste un peu. Mais le temps filait si rapidement et les moments plus calmes, je les réservais au sommeil !

10_07_25Nous avons pu réaliser tout ce que nous voulions : tous les papiers, appels, etc. Et surtout toutes les visites à la famille et aux amis. Mon père est bien triste et cela me bouleverse, mais il comprend. Il viendra bientôt nous voir.

Je n'ai pas eu le temps de répondre aux commentaires ici. Je vais le faire bientôt. Et ne croyez pas que je n'ai pas été faire un petit tour sur vos carnets. J'aurais aimé pouvoir y laisser mes commentaires, mais je n'avais pas trop le temps, ni l'énergie. Mais, je compte bien me reprendre...

Alors, demain matin, à 9h00, notre avion décolle vers Genève, puis un autre avion nous mènera à Montréal. Que de choses encore à dire et à faire...

Je vous réécris de Montréal... bientôt... après avoir dormi pendant des jours, je crois !!!!!

10 février 2011

Appréciation

Avant-hier, il neigeotais par ma fenêtre. Il faisait doux, très doux... à peine -2ºC. Hier et aujourd'hui, il a fait froid. Très froid. Aujourd'hui, le soleil brûlait le ciel et le bleu envahissait nos yeux. C'est l'hiver. L'hiver d'ici.

Et je n'en peux plus d'entendre les gens chialer. Il y a quelques jours, dans monDSC_0625 moment captif du dimanche, je parlais de la neige et de l'hiver. Aujourd'hui sous d'autres lieux, j'ai encore exprimé mon bonheur "personnel" d'hiver. Et contrairement aux gentils mots de Suzanne, Sylviane, l'Or des chambres - et Allie -  qui partagent mon amour de cette saison, j'ai eu droit à des tonnes de "j'haï l'hiver", "il neige encore, maudite neige", "comment peux-tu aimer l'hiver, tu as oublié", "tu vas voir, tu vas retrouver ta haine pour l'hiver"...

Et vous savez quoi ? Je suis bien tannée d'entendre les gens chialer sur l'hiver ! En hiver, on chiale qu'il fait froid et qu'il neige, en été, on chiale qu'il fait chaud et humide... on chiale en automne qu'il pleut et que l'hiver s'en vient et on chiale au printemps que c'est trop court et que tout est trempé parce que la neige fond... qu'il pleuve, neige, fasse soleil ou nuageux, on va toujours trouver à redire.

J'ai vécu dans un pays où supposément il faisait chaud... et j'ai vécu des étés pénibles de chaleurs horribles et des hivers humides, gris et pluvieux. Il y avait des mieux et des pires là-bas, et il y a des pires et des mieux ici !

Aujourd'hui, je préfère nettement nos hivers québécois aux hivers espagnols. Mais ce n'est pas ce qui m'énerve... Là-bas comme ici... les gens ne font que parler de températures et surtout ne font que se plaindre de la température... et j'en ai marre.

Oh, je vais peut-être dire parfois : "j'aurais aimé du soleil aujourd'hui" ou "ouf... j'aurais préféré qu'il ne neige pas aujourd'hui car je dois prendre la route" ou "il fait trop chaud, je vais me cacher à l'ombre"... Mais plus jamais, je ne vais "haïr" une saison... Elles sont toutes belles et ont toutes leurs inconvénients et leurs avantages. Et aujourd'hui, après avoir vécu des hivers différents, je revendique le droit de dire que j'aime l'hiver, le froid et la neige ! Na !

6 février 2011

Le moment captif d'un dimanche: illumination enneigée

DSC_0629_copy"Il a neigé dans l'aube rose, Si doucement neigé, Que les choses, Semblent avoir changé" [Maurice Carême]

Je l'avais vue en rêve et parfois lors d'escapades en terres plus lointaines. Je l'avais même aperçue lors d'une étrange journée à Barcelone, alors qu'elle avait envahie la plage. Je l'avais soupirée sur les photographies d'années passées ou celles que soeurette m'envoyait.

Je l'attendais dès le mois de novembre. Je l'espèrais dès les premiers signes de l'hiver. On m'a dit: "Tu as oublié que tu n'aimes pas l'hiver". J'ai répondu: "Je n'ai pas oublié que je n'aimais pas l'hiver. Mais je le connais maintenant sous différentes formes, différents froids, différents cieux. Je le connais humide, doux, sans neige et sans soleil. Je l'attends, froid, ensoleillé et enneigé."

On m'a dit: "Tu verras, après la première neige, ça te passera... il fera froid, il neigera et neigera... tu devras pelleter et repelleter... tu te gèleras les pieds et les oreilles... et tu diras comme nous que tu détestes l'hiver". J'ai souri. Ça ne sert à rien de discuter avec ceux qui n'aime pas l'hiver. Ils ne comprennent pas. Ils n'ont pas de recul. Ici, tu adores ou tu haïs l'hiver. Tu ne changes pas d'idée au cours de ta vie.

J'ai connu d'autres hivers. Et j'attendais celui-ci avec impatience. Je n'aimais pas l'hiver avant. J'étais heureuse de m'en éloigné. J'ai découvert que l'hiver existe partout et qu'il est différent. Je me suis aperçue que je m'ennuyais horriblement de l'hiver froid et neigeux. Et je l'aime avec passion maintenant.

Il neige et les choses ont changé. J'ai changé. La neige illumine mes nuits. Le soleil envahit mes journées si froides. Je passe des heures à pelleter. Je rentre épuisée, satisfaite, les cuisses gelées, les yeux scintillants. Je m'habille chaudement et je retourne me promèner dans les rues débordantes de tempêtes...

"La neige. C'est de la lumière dont la terre est couverte. Des franges d'écume sur les roches. Un vol de papillons blancs" [Roger Mondoloni]

8 juin 2010

Oh la la...

Hum... je ne suis pas certaine de vouloir y penser. Brrr...

Mais non, je blague, cela ne me dérange pas du tout. DSC_5059Je l'ai même déjà dit... les rides et les années ne me font pas paniquer comme beaucoup de gens que je connais. Même ma mère angoissait devant son visage et les marques du temps qu'elle y voyait.

Je ne dis pas que cela ne me fait pas parfois flipper que de voir les années se graver sur mon corps ou de me rendre compte que cela fait "plus de 20 ans" que tel événement a eu lieu, ou de réaliser que ce disque que j'aime tant est maintenant un "oldies" pour mon neveu...

En fait, c'est plus bizarre que traumatisant. Je suis assez sereine de vieillir et le jour de mon anniversaire ne me fait pas peur et ne me rend pas triste.

Ce qui est pénible, cependant, ce sont les appels qui ont déjà commencé à arriver... "Bonne Fête la vieille..." "Joyeux Anniversaire... et alors comment on se sent à...". Je me sens exactement comme hier et non, ça ne me dérange pas d'avoir aujourd'hui 39 ans.

Et oui... 39 ans... C'est quand même bizarre, je l'avoue. Et de réaliser que l'année prochaine, ce sont les 40 ans qui vont commencer, c'est un peu surréel. Voilà... c'est ça, ce n'est pas angoissant mais surréel. Il me semble que ce sera étrange de me dire que j'ai 40 ans... Probablement parce que, dans mes souvenirs, quand mes parents avaient 40 ans, ils me semblaient vieux ! C'étaient des "parents", de vieux adultes à mes yeux d'enfant ! Ils ne se trouvaient sûrement pas vieux, eux (sauf ma mère probablement).

Ma grand-mère m'a dit le mois dernier, quand je l'ai appelée pour son anniversaire, que si ce n'était qu'elle commençait à avoir de la difficulté à se déplacer seule, et qu'elle réalisait qu'elle commençait à être un peu moins alerte, elle aurait de la difficulté à croire qu'elle avait 96 ans ! Dans sa tête, elle n'avait pas vraiment d'âge, elle était là tout simplement.

Le temps passe. Bien sûr. On vieillit. On voit les choses différemment. Le corps se transforme et ne veut plus faire certaines choses ou accepte moins bien certaines activités. Mais les années sont surréelles et n'existent pas concrètement.

Je n'ai pas peur des anniversaires comme certains de mes amis. Ils ont capotés à 30 ans et ils semblent angoissés devant les 40 ans. Je n'ai pas paniqué à 30 ans. J'étais même bien heureuse du chemin que j'avais accompli. Et aujourd'hui, je suis contente du chemin qui s'ouvre devant moi. Je me sens à l'aise dans mon âge, heureuse des années et consciente des différences !

Parce que je n'ai plus 25 ans, il faut bien l'avouer ! Mais ça va... si parfois, je me dis que j'aimerais bien pouvoir faire ce que je faisais à 20 ans, je me dis que je suis bien contente de ne plus vivre dans la misère étudiante de cette époque ! Chaque âge a ses beautés et ses tristesses ! Et j'aime bien mes 39 ans... et l'année prochaine, j'aimerai mes 40 ans ! Avec tout ce qui vient avec... L'important est vivre pleinement chaque moment, non ?

"...neon in the window
...sirens far away
...news on the radio happy birthday happy birthday happy birthday
"

[Concrete Blonde]

(Bon... les paroles complètes de la chanson peuvent paraître légèrement déprimantes, mais j'ai toujours adoré la musique, cette chanson et surtout le groupe ! Et avec les sirènes d'ambulances omniprésentes ici... je trouve ça très approprié ! ;-) )

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25 février 2010

Je ne me lève jamais avant fin générique - Réjane Bougé

leve2Je ne me lève jamais avant la fin du générique : récit / Réjane Bougé. -- [Montréal] : Québec Amérique, 2005. -- 238p. ; 22 cm. -- (Littérature d'Amérique). -- ISBN 2-7644-0392-5

Quatrième de couverture

S'il y a les petites vues, les grandes vues et les vues animées, Réjane Bougé a, quant à elle, un faible pour les "belles vues", ces dernières lui rappelant la tante aimante avec qui elle regardait le cinéma Kraft du jeudi et les films en fin de soirée. Autant de mélodrames dignes de Douglas Sirk !

À sa manière, Je ne me lève jamais avant la fin du générique, constitue le bilan d'une cinéphile. Ce récit se présente donc comme l'émouvante histoire d'une amoureuse du cinéma qui, sans aucune prétention critique, a décidé de répertorier des scènes, tant à la vie qu'à l'écran, et de monter comment elles se répondent, soulevant ainsi les délicats rapports qu'entretiennent les images avec la réalité. Car, si l'auteure a projeté sa propre vie dans les films, c'est que ceux-ci n'existent qu'à travers les yeux de qui les voient ! Joies, deuils, désirs et désarrois: on naviguera dans ce livre un peu comme dans un catalogue, pour renouer avec les émotions et les sensations que le septième art a distillées dans l'imaginaire collectif.

Que Réjane Bougé dise ne jamais se lever avant la fin du générique, elle non plus, voilà qui est heureux, aussi bien pour le cinéma que pour la littérature.

L'auteurLeve1

Réjane Bougé est née à Montréal au Québec, en 1957. Elle étudie d'abord à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) où elle obtient un baccalauréat en Études Littéraires en 1985. Elle fera ensuite, en 1993, un certificat en Études Italiennes à l'Université de Montréal.

Elle devient animatrice et journaliste à la radio de Radio-Canada en 1984 et elle y animera diverses émissions littéraires et culturelles pendant plus de 15 annés, dont l'émission Midi Culture. Elle publie son premier roman en 1992 et se consacre aujourd'hui presque entièrement à l'écriture.

Bibliographie

  • L'amour cannibale (1992)
  • La voix de la sirène (1994)
  • L'année de la baleine (1999)
  • Abécédaire des pays imaginaires (2002) (avec Maude Bonenfant)
  • Je ne me lève jamais avant la fin du générique (2005)

Résumé et Commentaires personnels

Se rappeler de moments de sa vie à travers les films qui l'ont marquée, voici le récit autobiographique que propose Réjane Bougé. Plus qu'un simple bilan des films qu'elle a vu au cours de sa vie, l'auteur choisit plutôt de se remémorer des scènes qui se reflètent dans des instants de sa vie. Telle scène lui rappelent telle personne, telle émotion, telle tragédie, tel désir, tel deuils, telle aventure, telle peur, telle joie... son apprentissage de la vie se miroite dans des films de toutes les époques et de tous les genres.

Cette vie qu'elle nous raconte, c'est sa vie. Peut-être parfois lègèrement embellie par ses souvenirs. Mais toujours intimement liée au cinéma. Elle nous présente des scènes sur un écran. Un écran qui prend la forme de souvenirs parfois flous, parfois déformés par les émotions ou les années. Mais toujours bien réels pour l'amoureuse de cinéma qu'elle semble être.

Nous passons donc au travers de certains moments de sa vie. Son enfance, son adolescence, sa vie d'adulte, parfois des "flashbacks", parfois des réflexions... parfois des silences, des fondus au noir. Elle ne nous explique pas tout. Elle nous laisse remplir les blancs laissés par son écriture.

Je ne connaissais pas tous les films dont elle parle. Parfois, j'aurais aimé en savoir plus, j'avais l'impression que je n'avais pas toute l'information pour comprendre sa réflexion. Mais les films qu'elle présente sont les films tels qu'elle les a vu... alors parfois même les films que je connaissais, je les voyais autrement. Car un film vit aussi à travers les yeux de celui qui le voit.

Mais les films font aussi partie de l'imaginaire collectif et parfois il suffit de dire une réplique, évoquer une scène pour qu'on se comprenne... Un souvenir commun... Et des moments qu'elle décrivait semblaient aussi raconter des instants de ma vie. Le cinéma fait partie de bien des vies. Combien de fois, tel scène de notre vie nous rappelle un film... et le contraire.

Le texte semble à la fois intime mais aussi très analytique. On passe parfois des souvenirs intimes à une analyse de films et de séquences. Elle semble parfois pousser son analyse très loin, de façon presque technique. Parfois, on semble plus tomber dans une réfléxion personnelle, voire philosophique.

Et on ne peut que se questionner sur le récit... "roman autobiographique"... quelle est la part de vérité, quelle est la fiction ? Mais je ne crois pas qu'il faut s'attarder à ces questionnements. Nos vies sont une suite de scènes... et c'est ce que Réjane Bougé a voulu nous montrer.

Le roman est québécois et plusieurs allusions furent pour moi autant de petits moments doux... des souvenirs d'annonces publicitaires, des habitudes, des noms de rues, des endroits... même le cinéma sur la couverture m'a troublée... aujourd'hui un "Jean-Coutu", je me rappelle très bien de cet édifice ! Et que dire du Cinéma Lumière qui a tant marqué ma propre enfance! Je croyais que personne ne se souvenait de cet endroit ! Et le cinéma Château... aujourd'hui une sorte de centre spirituel... tout à côté de ce restaurant que j'ai fréquenté, à quelques coins de rues de mon appartement... L'auteur a su en une phrase exprimer ma pensée: "Sur le plastique brisé de la marquise, les messages alternent. Un laconique "Jésus t'aime" a longtemps tenu l'affiche. "Parler avec Dieu c'est relaxant": dans la maxime actuelle, l'adjectif étincelle en rouge. Mais quelle est donc cette religion molle qui se présente comme une excroissance de la massothérapie ? Le bistro "Les Derniers Humains" venu se greffer à l'édifice, sur le flanc droit, immerge cette église dans un climat apocalyptique." p. 218

Mais ces souvenirs intimement liés à Montréal, se déplacent aussi en France, en Italie, en Angleterre... Ce n'est donc pas un obstacle à la lecture du texte... on peut facilement se perdre dans ces salles de cinéma, dans ces films et dans ces moments d'une vie.

Choisir de raconter un peu sa vie au travers des films qu'elle a visionné me rappelle un peu l'exercice que je fais parfois ici avec les émissions de télévision... ma "vie télévisuelle"... et je n'ai pu m'empêcher de sourire... Ce que les médias peuvent nous avoir marqués !

Extraits

"Les critiques parlent rarement des conditions de projection puisqu'ils ne fréquentent à peu près pas les cinémas. Ignorent-ils que, si Don Quichotte se bat contre des moulins à vent, les spectateurs, eux, luttent contre des majors qui les respectent autant que les oeuvres, c'est-à-dire fort peu?" p. 24

"Au cinéma, on peut créer l'illusion que deux personnes discutent ensemble. Je n'ai jamais vraiment dialogué avec ma mère, mais j'ai longtemps caressé l'idée que nous pouvions le faire. La possibilité était là, virtuelle. J'ai gardé cet espoir jusqu'à ce qu'elle soit admise aux soins palliatifs. Une semaine avant qu'elle meure, nos deux films en parallèle me semblèrent dans l'ordre des choses." p. 36

"Quand je lis, des espaces se déploient et se creusent autour des mots." p. 52

"En couleurs, en noir et blanc : cette dichotomie, qui paraîtrait étrange aux enfant d'aujourd'hui, nous était d'autant plus naturelle que nous la retrouvions à la maison, rivés devant un petit écran qui débitait des tranches de vie incolores. Nous étions donc entraînées à circuler entre ces deux états, à traverser "le mur des couleurs". p.77

"Avant l'apparition du cinéma, les hommes n'envisageaient pas les derniers instants de leur vie sous la forme de ce légendaire film qui va se dérouler. À cause de la vitesse qu'elle semble impliquer, cette métaphore moderne m'effare. Nous donne-t-on au moins le tmeps de rire ou de pleurer de quelques scènes." p. 88

Sources à consulter

... et mon premier roman du Défi la Plume Québécoise...

Defi

4 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : ce lapin qu'on suit

AAprès tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie le beau temps.

[Claude Roy]

Évidemment, on pourrait dire que ce n'est pas bien original. Et que ce n'est pas un seul moment, mais trois petits moments. Mais en ce dimanche, je sens le printemps enfin dans mon ciel et ces détails ne semblent pas m'importer.

Hier, j'ai lavé mes fenêtres. J'ai les ouvertes toutes grandes pour la première fois de l'année et j'ai senti le soleil sur mes mains qui lavaient la vitre. J'aime bien laver mes fenêtres quand il fait beau... et ensuite les voir briller. (Évidemment, j'ai toujours une petite prière pour qu'il ne pleuve pas le lendemain, comme c'est presque toujours le cas quand je lave mes fenêtres).

Mais aujourd'hui, il fait printemps et je regarde mes lapins qui se trouvent un peu partout dans la maison. Il y a bien quelques poules ici et là, mais c'est le lapin qui domine et protège son territoire. Il est même responsable des oeufs que les poules semblent ignorer.

Ils m'apparaissent un brin trop sérieux ces lapins. Il faudra que j'apprenne à ces lapins de Pâques à sourire un peu plus. Certains semblent bien occupés à surveiller les oeufs. C'est qu'il y en a partout... dans les plantes, sur les branches, dans les vases... S'ils étaient tous au même endroit, cela serait sûrement plus facile à surveiller... Mais cela serait plus triste et moins sage !

"Mettez tous vos oeufs dans le même panier - et surveiller le panier" [Mark Twain]

2 décembre 2009

Et décembre...

... qui est commencé... Deux jours déjà. Je pense à Allie qui avait de la difficulté à penser à Noël avec le gris qui règnait... Je 000aalisais son magnifique texte (comme toujours) et je me disais qu'elle avait bien raison ! Heureusement pour elle, la neige est enfin arrivée dans son coin de pays ! Bizarrement, j'avais presque les larmes aux yeux en lisant son texte.

C'est que pour moi aussi, décembre... Noël... c'est l'hiver, c'est la neige, c'est le froid... Chaque année depuis que je vis à Barcelone, j'ai toujours beaucoup de difficulté à me mettre dans l'ambiance de Noël !

J'y travaille beaucoup... oui... car pour moi, c'est une période de l'année très importante et unique. J'adore le Temps des Fêtes, j'adore tout le "kétaine" de ce qui est Noël ! Et je l'assume entièrement.

Quand le 1er décembre arrive, je suis en mode Noël... je sors mes décorations, je pars à la recherche de nouveaux ornements à ajouter à ma collection... je me penche sur les préparations... je planifie les repas, je commence mes biscuits, mes tartes, mes tourtières... je sors mon disque de Noël... et je chantonne sans arrêt... je cherche les cadeaux parfaits... j'y réfléchis et j'y repense... J'adore tout cela !

Mais quand je regarde par la fenêtre et que je vois des palmiers et des fleurs. Que je vois de la pluie et du soleil. Les platanes n'ont plus de feuilles. Et le ciel est gris. Souvent. Mais il y a parfois du soleil. Et les couchers de soleil sont en général splendides quand il ne pleut pas à verse ! Tout cela a des avantages, c'est certain. Habitant en ville, je peux sortir en souliers sans me perdre dans la "slush"... Je peux encore m'asseoir à une terrase avec un manteau et un foulard léger... et regarder les quelques décorations qui illuminent les rues grises.

Autant j'ai pu chialer contre le froid et l'hiver autrefois, autant aujourd'hui je m'ennuie atrocement des deux ! Surtout à cette époque ! J'ai besoin des odeurs, du froid, de la neige, de Noël...

Mais je me force... Noël c'est primordial et pas question de me laisser envahir par la grisaille de Barcelone. Hier, il faisait un "frio polar" comme on dit ici... à peine 5ºC en plein après-midi. Très froid pour ici ! Je suis sortie avec mon foulard et mes gants... le vent frais sur mon visage m'a secoué ! J'en avais tellement besoin ! Je suis revenue chez moi, avec un sac plein de décorations de Noël et des sacs de farines pour mes biscuits ! Ne manque plus que quelques flocons ! Et s'ils ne viennent pas à moi, j'irai à eux... ;)

15 décembre 2009

Le paradoxe de mes biscuits de Noël

Comme certains le savent déjà, chaque année, je fais des biscuits de Noël. Je les appelle "mes biscuits de Noël" car je ne fais des biscuits que pendant le Temps des Fêtes.

(Oh, il arrive qu'en plein milieu de l'année, je fasse quelques biscuits au beurre d'arachides, mais c'est seulement depuis que je vis à Barcelone... oui, car voyez-vous, nos visiteurs du Québec, nous apportent souvent des choses que l'on a pas ici... sauf que des pots de beurre de pinottes on en a maintenant plus d'une dizaine et que bien que cela se conserve longtemps, cela ne dure pas éternellement, et je suis incapable de jeter un pot neuf... donc solution ? des biscuits et des barres... Mais c'est rare... donc faire des biscuits pour moi, c'est intimement lié à Noël --- Oui, je sais, c'est une longue parenthèse, enfin...)

Ce fut un long parcours difficile que de faire des biscuits à Barcelone... Biscuitmais l'année dernière, j'ai finalement réussi ! Donc, cette année, j'ai planifié la préparation de mes biscuits comme d'habitude. Surtout qu'en plus, j'avais finalement trouvé des emporte-pièces intéressants.

Mais voilà... cette année encore, j'ai un problème... oui, je sais, vous allez croire que je deviens un peu sénile avec toute cette histoire de biscuits et vous avez sans doute raison ! Mais j'assume cette folie, alors.... :D

Voilà, le problème c'est que j'aime faire de la patisserie et surtout des biscuits. J'adore cuisiner en général, mais la patisserie en particulier. J'ai même travaillé en cuisine quand j'étais plus jeune, et ma spécialité était les desserts, biscuits, confiserie, etc. Et quand je fais des biscuits, et bien, j'en fais.... BEAUCOUP. Beaucoup trop...

Et mon PisTout et moi, et bien on ne mange pas vraiment de biscuits. On adore les biscuits, mais on en mange peu. J'en mange un ou deux quand ils sortent du four car cela sent si bon. J'en prend parfois un ou deux ensuite dans la soirée. Et c'est tout. Même chose pour mon PisTout. En plus, cette année, j'ai reçu lors du Bloody Swap, des biscuits que j'adore (les Shortbread Fingers) et qui furent mangé avec bonheur... même s'il en reste encore (sauf les flapjacks... ça ils sont disparu immédiatement). Ces biscuits ont amplement satisfaits nos besoins en biscuits pour l'année entière ! J'ai bien pensé ne pas en faire cette année.... mais c'est impossible pour moi, il manquerait un petit quelque chose à Noël !

Donc que faire de tous ces biscuits !?!? Avant, j'en offrais à mes amis et à ma famille... mais ici, je n'ai personne à qui les offrir. Alors, je ne sais trop que faire de mes biscuits... J'ai pourtant essayé d'en faire moins, mais c'est difficile. C'est ennuyant de faire le tiers d'une recette de biscuits... et ça salit pour rien.

Comme l'année dernière, nous en grignotterons quelques uns... j'essayerai d'en passer quelques uns dans des desserts de Noël - peut-être des verrines au gâteau au fromage... (oui, car bon, on est pas trop dessert non plus... je fais des desserts quand c'est Noël, un anniversaire ou quand on reçoit des invités...), puis je donnerai quelques miettes aux moineaux, pigeons et perruches gourmands du parc à côté de chez moi...

Quelqu'un veut des biscuits ? :)

25 octobre 2009

Le moment captif d'un dimanche: luminosité excessive

000Chandelle

"Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle" [Confucious]

Enveloppée de lumière, j'entre dans des lieux sombres. La lumière sanglote figée dans une cire immaculée mais tout de même sans pitié. La lumière s'éteint.

Une aveuglante noirceur semble vouloir s'emparer de mes nuits. De mes jours. Des instants qui s'écoulent doucement. Cette noirceur est-elle le monstre que l'on imagine ? N'est-elle pas simplement la caricature de nos visions lumineuses ?

Le noir ne cessera jamais de grimacer si on ne le cajole pas un peu. Si on ne lui donne pas un peu d'affection. Donnons-lui une lueur de tendresse. Offrons-lui la possibilité de nous montrer la grandeur de sa passion et de son amour. C'est dans l'indifférence que sont possibles les terreurs sordides. Les peurs familières. Les horreurs humaines.

Une goutte de cire coule, immortelle. Éternelle. Rappelant la lumière passée. La lumière à venir. Et les ombres quotidiennes.

"Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres." [Jean-Paul Sarte]

16 octobre 2009

The Lost Boys - Expérience de visionnement

lostsJ'aime les films d'horreur. Ma mère adorait les films d'horreur et elle m'avait transmise, malgré elle, sa passion pour ce genre de films. J'avais donc déjà vu plusieurs films d'horreur et de vampires. C'était une époque, cependant, où j'avais encore habituellement peur. Une époque lointaine, il me semble aujourd'hui.

1987. J'ai 16 ans. Un copain de 18 ans depuis 2 mois. C'est long deux mois quand tu as 16 ans. C'est l'été. Bizarrement, ce copain plus vieux que moi, était très sérieux. Je l'avais rencontré dans un bar. Il était beau, sombre, "alternatif" comme on disait dans le temps... et plus vieux que moi. Mais après deux mois, je commençais à le trouver trop sérieux, légèrement ennuyant. Le pauvre.

Un soir, il m'invite à aller au cinéma. Représentation de 19h00. Au centre-ville. Un film d'horreur qui vient de paraître: The Lost Boys. J'y vais. Cela prend une éternité à trouver des sièges... finalement, nous nous installons dans deux places que mon copain trove adéquates... je soupire. Le cinéma est plein. Beaucoup de bruit. Il se plaint sans arrêt et ne cesse pas de me demander si je suis confortable, si je veux changer de place, si je veux plus de pop-corn. Il est attentionné, mais du haut de mes 16 ans, je le trouve étouffant et insupportable.

Le film commence. Et le monde extérieur cesse complètement d'exister pour moi. J'aimais les films de vampires. Mais ce film n'avait rien à voir avec les films que je connaissais. La première scène avec David, le vampire, se promenant sur la plateforme du carroussel... les autres vampires le suivant... puis quelques minutes plus tard, la scène d'introduction de la famille Emmerson à la ville de Santa Carla, rythmée par la chanson People are Strange (chanson d'un groupe que j'aimais, The Doors, reprise par un groupe que j'adorais, Echo and the Bunnymen)... j'étais complètement conquise, fascinée, et désespérée de ne pas être là... à Santa Carla...

Le film est devenu un "film culte"... ce mélange d'humour (je ris encore à nombres de répliques que je peux citer de mémoire à volonté "what are you ? the flying nun?"), de rock, de marginalité et d'horreur en on fait un film unique. Pas un grand film, mais un film redéfinissant le genre et le mythe du vampire... rendant les vampires "cools" quoique toujours des monstres (contrairement à beaucoup de films des années 90). Et un film complètement divertissant.

Je suis sortie de la salle. Mon copain s'était ennuyé. Je m'en fichais éperdument. Je savais que notre relation était finie (nous avons rompu deux semaines plus tard) et je ne pouvais me départir du sourire que cette expérience de visionnement m'avait procurée. J'étais absolument heureuse.

Je suis retournée chez moi, toute seule. Il faisait noir. Nous habitions en banlieue et les rues étaient désertes. The Lost Boys n'est pas un film terrifiant. Mais dans ma encore petite expérience cinématographique, des images de vampires m'attaquant ont surgi petit à petit... J'ai presque couru jusqu'à chez moi. Mais dans le confort de mon lit avec tous les trucs pour tuer les vampires frais en mémoire... je me suis permis de suivre dans mes rêves David et sa bande, Micheal sur sa moto...

J'ai tout de suite acheté la bande sonore et j'ai bien dû loué le film deux douzaines de fois. Et puis, je l'ai acheté et racheté... je le connais par coeur. Cela demeure un de mes films de vampires préférés. Non seulement car c'est une excellent film de vampires, mais pour tout ce qu'il me rappelle...

Voir la fiche du film

27 mars 2009

Dolmen de Coste Rouge

La fin de semaine dernière nous avons fait une petite escapade imprévue dans une région que j'aime beaucoup, le Languedoc-Roussillon... Si près de Barcelone... à peine quelques heures de routes...

Mais nous avions prévu une fin de semaine de ménage, commission, rangement de paperasse, etc. Pourtant on annonçait une si belle température qu'en milieu de semaine, PisTout vient me proposer de nous enfuir pendant deux jours. Grosse hésitation... il y avait tant à faire... la raison dictait de rester bien sagement à Barcelone faire toutes ces corvées, mais le coeur a gagné et nous sommes partis samedi matin.

Nous avons roulé et fait quelques escales... Puis le dimanche, nous avons fait une petite visite au Prieuré de Saint Michel de Grandmont près de Lodève. En ce début de printemps, nous étions les deux seuls visiteurs. La visite du prieuré fut très agréable... accompagnée de documentation pour nous faire connaître l'histoire de l'endroit, nous avons pu apprécier le silence et la tranquilité... ce qui est rare lorsqu'on visite ce genre d'endroits toujours bondés de touristes. Conseil: venez en mars ou avril ! Il fait beau et vous pouvez admirer des endroits exceptionnels complètement seuls.

Dolmen3Sur le site du Prieuré, il est aussi possible de visiter un magnifique parc. La personne à la réception nous a ouvert le parc - habituellement fermé à cette époque - et nous a mené vers le fameux Dolmen de Coste-Rouge... et nous a ensuite raconté son histoire... Le Prieuré fut toujours un endroit privilégié, depuis des milliers d'années, les hommes se sont appropriés l'endroit...

Le Dolmen de Coste-Rouge aussi nommé le Dolmen de Grandmont n'est pas le seul mégalithique de l'âge du bronze du parc, mais il est sans conteste le plus connu. Il est appelé en occitan "Ostalet de las fadas", ce qui signifie "petite maison des fées". Il date de plus de 4000 ans, il a environ 2 mètres de haut. La chambre intérieure a environ 3 mètres de long. Le dolmen est surtout exceptionnel pour son ouverture avec une porte, communément appelée "porte de four". Cette dalle d'ouverture est d'environ 9m carré. Peu de dolmen ont encore cette porte. On voit également très bien le tumulus qui tenait les murs de soutènement (et qui aurait peut-être aidé à poser la pierre du dessus) ainsi que le passage qui menait à la chambre intérieure.

Le dolmen fut, comme tous les dolmens, une sépulture collective. On venait y mettre les corps des morts, probablement de dignitaires ou d'hommes importants. On dit que jusqu'à 50 corps y furent placés. Les moines de Saint Michel de Grandmont ont laissé le dolmen intact sur leur terrain mais ont cependant gravé une croix sur le côté.... histoire de christianisé ce monument ancien. On rapporte aussi que les moines soignaient les maladies de la peau en faisant allonger le malade sur le dessus du dolmen... Quand superstition et religion se croisent... comme toujours finalement !

De ce site, il est possible de voir le lac de Salagou, la vallée et surtout - par temps très clair - la mer au loin. On dit aussi, qu'au solstice d'hiver (ou est-ce d'une autre saison? j'ai un petit blanc de mémoire...), le soleil touche directement la porte...

À consulter:

5 février 2009

Le Vide de Senécal - Suite

Le Vide / Patrick Sénécal. -- [Québec] : Alire, 2007. --642 p. ; 22 cm. VS

Commentaires personnels

Ce roman de Patrick Senécal est souvent considéré comme une mordante analyse et critique sociale. Mais est-ce une critique ou une simple constatation ? Senécal y traite principalement de ce qu'il considère le vide, c'est à dire, l'insignifiance de nos vies en général. La réalité absurde de nos existences, la futilité de notre quotidien, l'injustice banale qui parsème la vie. Il appuie sur le malaise, la désillusion, le sentiment de déchéance...

Et il emploie tous les moyens pour nous le faire comprendre.

Les romans de Senécal oscillent habituellement entre l'intrigue policière et l'horreur. Et ce roman semble à prime abord ne pas faire exception. Bien qu'ici, il est vrai qu'on retrouve une analyse sociale qui penche beaucoup vers l'analyse psychologique.

L'auteur a choisi une façon particulière de nous présenter son roman. Un mise en forme qui a beaucoup étonnée la critique et les lecteurs. Les chapitres ne sont pas en ordre. Le livre commence au chapitre 21 puis passe au chapitre 8, etc. Le lecteur a donc le choix de lire le roman d'une couverture à l'autre, les chapitres en désordre et passant ainsi à travers de nombreux flashbacks - pour la plupart bien placée mais avec quelques passages plus boîteux. Ou alors, on suit l'ordre habituel, commençant au chapitre 1, à la page 31, puis au chapitre 2, à la page 249, etc. On privilège habituellement une façon de lire ou l'autre (en grande partie, la lecture dans le désordre...) mais personnellement, je trouve les deux lectures aussi difficiles et intéressantes.

Plusieurs critiques centrent leur analyse sur la critique que Senécal semble faire de la téléréalité. Il est vrai qu'il présente ce type de télévision sous un jour très négatif. Mais je crois que ce n'est pas le sujet central du roman. Les personnages sont au centre de l'histoire et surtout leur mal de vivre. Mais c'est un mal de vivre personnel, qui tente tant bien que mal de culpabiliser la société et sa supposée vacuité. Trouver un sens à sa vie, aller au delà de la banalité et de la routine, réaliser que finalement, l'absurdité de l'existence est évidente. Chercher à combler le vide par des rêves fous et finalement se rendre compte que la réalisation du rêve n'a rien changé dans ce vide de notre existence...

C'est cependant une erreur, selon moi, de ne voir dans le roman que du pessimisme, du noir, du fatalisme. Le roman, par plusieurs personnages, nous dit que ce vide que ressente certains personnages n'est qu'un vide personnel... on peut mettre le blâme sur tout et chacun, mais il n'en reste qu'à nous de le combler... et pas nécessairement par des moyens extrêmes, mais par de petits gestes.

Le roman ne me semble pas vraiment une enquête policière, même si le personnage de Pierre Sauvé, policier, demeure le plus intéressant. Son intervention policière dans la trame de l'histoire n'arrive qu'à la fin et est secondaire. Ce qui prime ici est le développement du caractère des personnages. Leur évolution personnelle est définie par divers moments clés qui changent leur vie dramatiquement.

Beaucoup de moments forts dans le roman de Senécal. Et on y note une nette évolution dans le développement des personnages. Mais il reste que personnellement, je vois de gros manques à cette histoire. Le passages les mieux réussis du roman demeurent selon moi, les chapitres traitant de la relation entre le policier et sa fille, et l'évolution du personnage de Maxime Lavoie. Ces chapitres sont pour la plupart bien menés, écrits sobrement et efficacement. Je note cependant, encore une fois, un surplus de scènes violentes, sexuelles pour la plupart, qui me semblent excessives. Ou plutôt non nécessaires à l'intrigue. L'impact de certains passages ne nécessitait pas cette abondance de détails. On a parfois l'impression que ces détails ne sont là que pour être bien sûr de choquer un peu et de rester dans la classe "gore" dans laquelle l'auteur fut placé avec ses romans précédents. Cela gâche la sauce, selon moi. Et cela me semble une écriture "adolescente". Comme si l'auteur ne sortait pas de sa phase "choc, pipi, caca, pénis"... On a souvent l'impression que l'auteur en fait trop, à un point tel que c'est souvent plus "risible" que choquant. Et cela rend par moment son écriture "vide", sans intérêt. Car pour choquer et bouleverser il n'est pas nécessaire de tout dire... Plusieurs intrigues et personnages - tel le personnage de Frédéric Ferland - sont complètement perdus ainsi.

L'histoire est intéressante, et on peut nettement déceler par moment une écriture solide. Voyons voir comment Senécal poursuivra son travail de créa
tion.

L'avis de d'Alexandre (Fortrel), Stéphane, Stfoch (sur Plume Libre), Suzanne, Karine, Blogueuse cornue, Christian, Renart Léveillé.

Consulter le premier article: Le Vide de Senécal

Citations

"Non, on n'est pas cons, répondit Lavoie. Mais on ne veut pas réfléchir ! On n'en a pas envie ! Déjà qu'on travaille sept à dix heures par jour, on ne se fere pas chier à réfléchir en plus ! Faisons comme tout le monde, à la place ! Écoutons les mêmes conneries que tout le monde, mangeons la même merdre, achetons les mêmes cochonneries et pensons tous la même chose ! C'est plus simple ! C'est rassurant ! Et pendant un certain temps, ça marche ! On se croit heureux parce qu'on est ce qu'on nous dit d'être ! Et on y croit, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?" p. 444

Sources

22 décembre 2008

Crime littéraire: ces indésirables

Il y a de ces crimes littéraires qui sont parfois commis par d'autres. Quoique je ne peux être absolument certaine que je n'ai pas moi-même commis ce crime. J'ai toujours fait bien attention, prises toutes mes préoccupations. Mais on ne sait jamais...

ToujoursDSC_0500 est-il que je fus, personnellement, victime à plusieurs reprises de ce crime. Et je dois avouer que c’est ensuite moi qui se sens extrêmement coupable à la fin... envers ces pauvres volumes.

Ces pauvres volumes sont ces livres indésirables. Ces livres qu'on reçoit en cadeaux pour Noël - ou pour toute autre fête ou anniversaire.

On voit son nom sur le paquet, on brasse un peu... on devine un livre... on est très content ! Après tout, on adore lire, on adore les livres. Et on avait fait sa liste ! Les livres que l'on désire ardemment. Vous savez ceux qui font partie de cette liste interminable de livres qu'on aimerait bien un jour lire. Et puis, on a parlé. On a discuté. On a dit à tout le monde qu'on voulait ce dernier livre qui venait de sortir.

Et puis, on déballe le cadeau. Et voilà. Un livre qu'on a déjà! Sourire tout de même. Je suis alors incapable de dire à la personne, que ce lire qu'elle a choisi, qu'elle sait qui me plaira sûrement... je l'ai déjà lu ou que je l'ai déjà dans ma bibliothèque. Je me sens véritablement coupable d'avoir déjà lu ce livre et je suis incapable de gâcher le cadeau... Je sais, je pourrais l'échanger ou la personne pourrait le faire, si j'ouvrais la bouche... Mais c'est plus fort que moi. Je ne peux dire que j'ai déjà le livre. Et je suis incapable de m'en départir... je garde donc le doublon ou alors je donne ou je vend le livre que j'avais déjà... pas le nouveau, non, ça jamais !!! Mais je pardonne cette erreur... La personne ne peut connaître tous les livres que je possède... et peut-être qu'elle n'a pu eu ma liste (je ne la donne tout de même pas à tout le monde que je connais... ). Même si je connais bien la personne et qu'elle a eu ma liste... je soupire intérieurement et je souris tout de même... au moins, elle connait mes goûts...

Mais si je déballe le cadeau et qu'alors le livre est un vrai indésirable... alors là... je souris tout de même ! Oui, je suis incapable de laisser voir que je n'aime pas un cadeau. Mais cela va bien plus loin! Car je garderai ce livre indésirable à tout jamais. Je ne le lirai probablement pas - quoique parfois j'ai même fait l'effort de le lire, si je soupçonnais la personne d'aimer le livre ou de me demander un jour mon opinion - mais je vais le garder et le mettre dans ma bibliothèque. Habituellement dans un endroit discret ou caché.

Mais c'est vraiment difficile de recevoir un livre que je ne veux pas lire, qui ne m'intéresse pas, d'un auteur que je déteste... Si c'est de la part de gens que je connais à peine... je peux pardonner... je ne suis pas sans compassion pour les mauvais choix des autres et après tout, ils ont fait un effort. Mais si c'est quelqu'un que je connais. Alors là vient le vrai crime... Ne connaissent-ils pas un peu mes goûts ? N'ont-ils pas lu ma liste ? Ne savent-ils pas l'importance des livres ? J'espère n'avoir jamais fait le même faux pas... peut-être... mais je fais vraiment attention... Je discute, je fouine, je questionne l'entourage, je demande une liste... J'essaie de ne pas acheter n'importe quoi. Enfin... j'essaie.

Mais quel est le crime ici ? Je ne sais plus. Ces gens qui sont coupables d'offrir des livres indésirables ou moi, qui suis coupable de ne pas l'avouer et de garder ces pauvres bouquins cachés dans un coin ?

3 décembre 2008

Little Women - I. L'auteur

HCGLittle Women / Louisa May Alcott. -- New York : Barnes & Noble Books, 1994. -- 537 p. : ill. ; 22 cm. -- ISBN 1-56619-475-X

Quatrième de couverture:

For over a century, Louise May Alcott's Little Women has been one of the most widely read stories for young people. This heartwarming tale about the March family paints a brilliant portrait of nineteenth-century New England life. It is as appealing today as it was in 1968.
The four March sisters -- Jo, Meg, Amy and Beth -- are "rich in home-love and family", yet with their father off to the war, they must take on greater responsibility and become "little women".  Like Alcott herself, Jo retreats to the attic when "genius burns", and faces her impending womanhodd with scorn. Meg, the eldest, resents the sacrifices the family must make and yearns to enter society like a woman. Amy, the youngest and most spoiled, stirs up the entire family. And Beth, the quiet and frail sister, nearly goes unnotices until a kindly gentleman neighbor, whose grandson Laurie they have befriended, gives her a piano to play.
The sisters fight and fret, worry, fall in love, and heed the wise words of their mother. By lessons learned, sacrifices made, and the simple charms of their good-natured hearts, the magnificent March girls ultimately win the hearts of all.

Auteur:

Louisa May Alcott est née un 29 novembre en 1832 dans la ville de Germantown en Pennsylvanie (maintenant un quartier de louisa_may_alcottPhiladelphie). quelques années plus tard, sa famille déménage à Boston où elle grandit avec ses trois soeurs. Sa famille est pauvre mais elle vit heureuse, son enfance sera d'ailleurs une grande inspiration plus tard dans son oeuvre littéraire.

Son père, un transcendantaliste convaincu (mouvement spirituel, philosophique, littéraire et culturel du XIXe siècle), ouvre une école expérimentale. En 1840, après l'échec de l'école de Mr. Alcott, la famille déménage près de la ville de Concord au Massachusetts. Ils vécurent d'abord dans une communauté utopienne, puis dans des chambres louées. Finalement, ils s'établirent dans une petite maison de Concord.

Louisa reçut son éducation à la maison principalement par son père et quelques amis de la famille (entre autres, Margaret Fuller et Nathaniel Hawthorne).

La pauvreté de sa famille obligea Louisa à travailler très tôt, entre autres, comme institutrice et gouvernante. Elle aima cependant toujours écrire et jouer au théâtre. Elle écrit son premier drame vers l'âge de 15 ans. Elle publie sa première nouvelle à l'âge de 20 ans, en 1852, dans un quotidien de Boston, l'Atlantic Monthly. Deux années plus tard, elle publie son premier roman. Elle écrivit ensuite de nombreux romans et nouvelles, sous son nom, majoritairement des romans pour enfants ou jeunes adultes, mais également sous le pseudonyme de A.M. Barnard. Les romans publiés sous ce pseudonyme s'adresse à un public adulte.

Vers 1862, pendant la Guerre de Sécession, elle sera infirmière pour le Union Hospital de Georgetown, D.C. Les lettres qu'elle écrira pendant ses semaines seront plus tard publiées. Son roman le plus connu, Little Women, est en partie autobiographique et puise dans son enfance et celle de ses soeurs.

Elle continuera toujours à écrire mais, abolitionniste et féministe convaincue, elle consacrera les dernières années de sa vie à divers mouvements, particulièrement pour le droit de vote des femmes. Elle ne se mariera jamais mais en 1879, suite au décès de sa jeune soeur, elle prend en charge sa petite nièce de 2 ans.

Elle décède en mars 1888 à Boston des séquelles d'un empoisonnement au mercure - pendant ses années comme infirmière, elle souffrit de pneumonie et de la fièvre typhoide, elle fut alors traitée avec un médicament contenant du mercure.

Pour une biographie complète de l'auteur, consulter ce site (en anglais)

Bibliographie partielle :

  • The Inheritance (1849, publié pour la 1e fois en 1997)
  • Flower Fables (1854)
  • Hospital Sketches (1863)
  • The Rose Family: A Fairy Tale (1864)
  • Moods (1865)
  • Behind a Mask, or a Woman's Power (1866) (sous le pseudonyme  A. M. Barnard)
  • A Long Fatal Love Chase (1866 - publié pour la 1e fois en 1995) (sous le pseudonyme  A. M. Barnard)
  • Morning-Glories and Other Stories (1867)
  • The Mysterious Key and What It Opened (1867)
  • The Abbot's Ghost, or Maurice Treherne's Temptation (1867) (sous le pseudonyme  A. M. Barnard)
  • Little Women (1868)
  • Three Proverb Stories (1868)
  • Good Wives (Suite de Little Women) (1869)
  • An old Fashioned Girl (1870)
  • Aunt Jo's Scrap-Bag (1872-1882)
  • Little Men: Life at Plumfield with Jo's Boys (1871)
  • Work : A Story of Experience (1872)
  • Eight Cousins or The Aunt-Hill (1875)
  • Beginning Again, Being a Continuation of Work (1875)
  • Silver Pitchers, and Independence: A Centennial Love Story (1876)
  • Rose in Bloom : A Sequel to Eight Cousins (1876)
  • A Modern Mephistopheles (1877) (publié anonymement)
  • Under the Lilacs (1878)
  • Jack and Jill: A Village Story (1880)
  • Jo's Boys and How They Turned Out: A Sequel to "Little Men" (1886)
  • Lulu's Library (1886-1889)
  • A Garland for Girls (1888)
  • Comic Tragedies (1893)

Commentaires à suivre...

Citations:

" "Christmas won't be Christmas without any presents", grumbled Jo, lying on the rug. 

"It's so dreadful to be poor" sighed Meg, looking down at her old dress.

"I don't think it's fair for some girls to have plenty of pretty things, and other girls nothing at all," added little Amy, with and injured sniff.

"We've got a father and mother and each other", said Beth contentedly, from the corner.

The four young faces on which the firelight shone brightened at the cheerful words, but darkened again as Jo said sadly, -- " p.15

Sources:

 

14 décembre 2008

Meet me in St.Louis (1944)

Cinéma: Meet me in St.Louis (1944) StLouis5

Fiche technique:

 

Langue: Anglais
Année: 1944
Durée: 113 min.
Pays: Etats-Unis

 

Directeur: Vincente Minnelli
Producteur: Arthur Freed, Roger Edens
Scénario: Irving Brecher, Fred F. Finklehoffe
Cinématographie: George J. Folsey
Musique: George E. Stoll

 

Distribution: Judy Garland (Esther Smith); Margaret O'Brien ('Tootie' Smith); Mary Astor (Mrs. Anna Smith); Lucille Bremer (Rose Smith); Leon Ames (Mr. Alonzo Smith); Tom Drake (John Truett)

Synopsis: (attention spoilers)

Meet me in St.Louis débute pendant l'été 1903 et raconte pendant une année, la vie de la famille Smith vivant heureux dans leur maison de Saint-Louis au Missouri. Esther Smith, une jeune fille de 17 ans, vit avec son frère, ses soeurs, ses parents et son grand-père, une vie tranquille remplies de bals et de fêtes de famille. On nous présente la vie d'une famille ordinaire qui doit composer avec les amours des jeunes filles, les tracas quotidiens et le départ du frère aînée pour l'Université sans oublier de se préparer pour l'Exposition Universelle qui doit avoir lieu en 1904, événement tant attendu.

Mais pendant l'automne, une nouvelle va bouleverser la vie de la petite famille. Le père annonce qu'il a été nommé à un poste à New York et qu'ils doivent tous déménager dans cette ville. Le départ est prévu pour l'hiver 1904, juste après Noël et avant le début de l'Exposition Universelle. La famille est dévastée et tente bien que mal de célébrer les Fêtes malgré leur tristesse à l'idée de quitter Saint-Louis.

Le film est divisée en 4 tableaux étalés sur une année. Chaque tableau commençant par un dessin en sépia d'une scène du film qui s'anime petit à petit.

Le film débute pendant l'été 1903 et nous présente tout simplement la famille Smith à travers diverses scènes quotidiennes et les amours des jeunes filles Smith. On présente ainsi petit à petit les personnages. Puis, le deuxième tableau se déroule pendant l'automne, principalement pendant la nuit de l'Halloween. L'histoire et les personnages évoluent tranquillement. L'annonce du prochain départ de la famille est annoncée à ce moment. Le troisième tableau se joue pendant l'hiver et surtout les Fêtes de Noël. La famille, bien que triste, tente tout de même célébrer Noël. Le père devant le désarroi de sa famille annonce finalement qu'il n'acceptera pas le poste à New York. Le quatrième tableau nous présente la famille, unie et heureuse, qui se prépare à aller à l'exposition Universelle, au printemps 1904.

StLouis6À propos:

Titre en français: Le Chant du Missouri

Le film est une adaptation d'une série de nouvelles par Sally Benson qui ont pour sujet des souvenirs de sa propre vie et enfance à Saint Louis. Les nouvelles furent d'abord publiées par le The New Yorker puis sous le titre 5135 Kensington. Les histoires furent ensuite rassemblées dans un recueil intitulé The Kensington Stories. Il y avait 12 nouvelles représentant les 12 mois de l'année. Le film reprend cette idée d'année complète.

Meet me in St.Louis eut énormément de succès et reçut de nombreuses nominations pour divers prix. Il est le troisième long métrage du réalisateur Vincente Minnelli et lui permet de connaître le succès.

Judy Garland, cependant, n'avait tout d'abord pas voulu faire partie du projet. Elle venait d'avoir 21 ans et voulait jouer des rôles plus "matures". Les producteurs ne lui donnèrent pas le choix (il faut dire que les acteurs étaient alors sous contrat avec les maisons de production et avaient peu à dire sur les rôles qu'ils jouaient). Le film devient cependant, après The Wizard of Oz, un de ses rôles les plus reconnus. Elle montre finalement avec ce film, son talent, non seulement de chanteuse, mais de comédienne. Le film la montre d'ailleurs tout d'abord comme une adolescente puis comme une jeune adulte qui doit faire face à la vie. On nous présente littéralement la transition que la jeune actrice voulait faire dans sa vie et sa carrière.

Vincente Minnelli etJudy Garland, alors agée de 22 ans, se rencontrent pour la première fois sur le plateau du film. Ils se marient quelques années plus tard et auront une fille, Liza Minnelli.

Le fim fut filmé en Technicolor, et les couleurs percent littéralement l'écran. Les décors et les costumes sont également des éléments importants du film. Meet me in St.Louis est considéré comme une comédie musicale, même s'il ne comporte que très peu de scènes de danse. Les chansons sont intégrées dans la trame du film ce qui est relativement nouveau à l'époque mais qui sera de plus en plus la norme des films musicaux. Le film marque le début de ce qui est considéré comme l'âge d'or des comédies musicales de la compagnie MGM. Les chansons sont cependant nombreuses et furent pour la plupart de grands succès, en particulier les chansons, Meet me in St.Louis, Louis, The Trolley Song, The Boy Next Door et Have yourself a Merry Little Christmas. Judy Garland filma la fameuse scène The Trolley Song en une seule séquence. La chanson Have yourself a Merry Little Christmas devint une chanson classique de Noël et fut reprise par un très grand nombre d'artistes. La chanson originale était légèrement différente, mais Minnelli et Garland trouvèrent la chanson si triste - Judy Garland chante la chanson à sa jeune soeur pour la réconforter de quitter la seule maison qu'elle ait jamais connue - qu'ils demandèrent au compositeur de changer certaines lignes. Il finit par s'y contraindre.

Le film fut adapté pour la télévision en 1959 avec Jane Powell et Patty Duke ainsi qu'en 1966 dans une version non-musicale. L'histoire fut également adaptée pour Broadway en 1989.

Commentaires personnels à suivre...

Sources:

6 décembre 2008

Little Women - II. Commentaires

Little Women / Louisa May Alcott. -- New York : Barnes & Noble Books, 1994. -- 537 p. : ill. ; 22 cm. -- ISBN HCG1-56619-475-X

Résumé:

Les quatre filles du docteur March vivent avec leurs parents et une fidèle domestique, dans une petite ville du Massachusetts, aux États-Unis. Autrefois une riche famille, les March vivent présentement très modestement. L'histoire commence alors que le docteur March a quitté sa famille pour offrir ses services au front - pendant la Guerre de Sécession.

Le roman nous présente d'abord les quatre soeurs et leur vie avec leur mère dans cette petite ville. Elles n'ont pas beaucoup d'argent et en souffrent mais vivent néanmoins dans un univers heureux et rempli d'amour. Les premiers chapitres racontent divers épisodes de la vie des quatre soeurs, leurs mésaventures, leurs problèmes, leurs joies. On rencontre également les voisins, Mr. Laurence et son petit-fils qui devient un ami de la famille.

Les quatre soeurs sont très différentes les unes des autres, mais cherchent toutes à devenir meilleures et à surmonter leurs défauts. Le roman nous présente à travers diverses anecdotes, leur apprentissage de la vie. Elles grandissent, font des erreurs, se querellent, se réconcillient, se marient, quittent le foyer... mais elles resteront toujours liées par un amour unique et immense.

L'oeuvre:

Louisa May Alcott a écrit son roman Little Women en deux parties. Elle écrivit la première partie en 1868 et l'histoire connue un immense succès. La deuxième partie du roman fut publiée en 1869. Les deux parties furent finalement réunies en un seul volume en 1880. L'auteur écrira deux suites à son roman: Little Men en 1871 et Jo's Boy en 1886. Il est reconnu que l'auteur s'est grandement inspirée de son enfance avec ses trois soeurs pour rédiger son roman.

Little Women fut adaptée de nombreuses fois au théâtre, à l'opéra, au cinéma et à la télévision.

Commentaires personnels et expérience de lecture:

Le roman d'Alcott est de toute évidence une histoire sur le passage à l'âge adulte de quatre jeunes filles. Au début du roman, elles sont de jeunes filles à peine adolescentes. On suit d'abord dans les premiers chapitres leur aventures. Écrit d'abord sous forme d'anecdotes, on nous présente les quatre filles à travers des moments de leurs vies. On nous raconte les problèmes, les erreurs, les peurs, les peines et les joies des quatre soeurs - et à travers ses moments, on nous présente les jeunes filles: leurs qualités, leurs défauts, leurs craintes et leurs espoirs. Le roman se veut un peu un modèle pour les jeunes filles, à travers les aventures et mésaventures des quatre soeurs, elles apprennent - et nous apprennent - à être meilleures, à surmonter ses lacunes, à surpasser les événements, à être plus fortes, etc. Le roman a donc souvent été classé de moralisateur, parfois de "guide de bonnes moeurs pour jeunes filles bien élevées" !

La deuxième partie du roman poursuit dans la même voie, mais les quatre filles vieillissent et nous présentent leur vie de jeune adulte, leurs amours, leurs espoirs, etc. Il semble alors moins anecdotique. Le roman se centre également beaucoup sur l'amour familial et sur les amitiés.

Le roman est évidemment très ancré dans son époque... la famille, les bonnes manières, la morale, la religion... ce qui fait dire à certains aujourd'hui, qu'il a mal vieilli. Il est certain que certains passages peuvent faire sourire, mais on retrouve surtout un excellent portrait de la société de l'époque. Un témoignage de certaines idées, certaines valeurs d'une époque et d'un pays.

Le roman est destiné à un public jeune ; Alcott écrivait d'abord pour les jeunes adultes. Elle voulait écrire une belle histoire et surtout elle voulait offrir un témoignage de son enfance heureuse. Oui, le roman est truffé de "bons sentiments", mais il est surtout l'histoire de quatre soeurs qui apprennent à vivre et à grandir. Mais il ne faut pas seulement voir dans Little Women une histoire pour enfants. On peut lire dans le roman les préoccupations d'Alcott sur les thèmes de l'émancipation de la femme (surtout dans le personnage de Jo), sur la guerre civile américaine, sur les valeurs et traditions, sur les stérótypes, etc.

Lorsque j'ai lu le roman pour la première fois, c'est dans sa version française, Les quatre filles du Docteur March. Je l'ai ensuite relu des dizaines de fois avant d'acheter la version originale en anglais. J'ai également dû voir des dizaines de fois la version cinématographique de 1933 avec Katherine Hepburn dans le rôle de Jo, Frances Dee dans le rôle de Meg ainsi que la version de 1949 avec Janet Leigh dans le rôle de Meg, June Allison dans le rôle de Jo, Margareth O'Brien dans celui de Beth et Elizabeth Taylor dans celui d'Amy. J'ai également suivi l'anime "Les 4 filles du Dr. March" avec ma soeur. J'ai été voir le film de 1994 avec Winona Rider dans le rôle de Jo... mais je ne peux dire que j'ai vraiment apprécié cette adaptation. Pour moi, Jo, c'est Katherine Hepburn ou encore June Allison. Mais enfin, c'est vous dire comment je connais sur le bout des doigts les aventures des quatre soeurs.

Relire aujourd'hui le roman, c'est sourire parfois sur les aspects moralisateurs et l'air vieillot de l'histoire, mais c'est retrouver quatre jeunes filles que je connais bien... c'est retrouver Amy que je n'arrive toujours pas à vraiment tolérer mais que j'aime bien quand même, c'est compatir avec la pauvre Meg qui voudrait tant faire partie de la "société", c'est écouter sagement la musique de Beth et espérer vainement qu'elle ne sera pas malade, c'est suivre Jo et rêver avec elle... et secrètement espérer qu'elle finira cette fois-ci par tomber en amour avec Laurie et croire que peut-être lors de cette lecture, Tante March amènera Jo en Europe... C'est bizarre car l'histoire ne semble pas vouloir changer !!! ;)

Les avis de Majanissa, Llisa et Lilly

Premier article: Little Women: I. L'auteur

Citations:

"Jo was the first to wake in the gray dawn of Christmas morning. No stocking hung at the fireplace, and for a moment she felt as much disappointed as she did long ago, when her little sock fell down because it was so crammed with goodies. " p. 26

"As she spoke, Jo took off her bonnet, and a general outcry arose, for all her abundant hair was cut short."Your hair ! Your beautiful hair!" "O Jo, how could you? Your one beauty". " p. 188

Sources à consulter:

23 novembre 2008

Jurassic Park - I. L'auteur

MCJ9Jurassic Park / Micheal Crichton. -- New York : Ballantine Books, c1990. -- 399 p. : 18 cm. -- ISBN 0-345-37077-5

Quatrième de couverture:

An astonishing technique for recovering and cloning dinosaur DNA has been discovered. Now, one of mankind's most thrilling fantasies has come true. Creatures extinct for eons now roam Jurassic Park with their awesome presence and profound mystery, and all the world can visit them - for a price.

Until something goes wrong...

In Jurassic Park Micheal Crichton taps all his mesmerizing talent and scientific brillance to create his most electrifying technothriller yet.


L'auteur:

Micheal Crichton est né le 23 octobre 1942 à Chicago aux États-Unis. Il grandit à Rosyln à New York. Son père était journaliste. Ses parents mirent le jeune Micheal en contact constant avec les musées, le théâtre et le cinéma. Micheal Crichton, souvent malade alors qu'il était enfant, commença à un jeune âge à s'intéresser à la science et à l'écriture. À l'âge de 14 ans, il avait écrit des articles qui furent publiés dans la section voyage du New York Times.

Il voulut d'abord étudier en Anglais mais finalement il étudia et obtient un diplôme en anthropologie à l'Université Harvard. Il MCJ1enseignera quelques temps à Cambridge en Grande-Bretagne. Et vivra en Europe et en Afrique du Nord avant de revenir définitement aux États-Unis. Il poursuivit ensuite ses études à la Harvard's medical school. Pendant ses études, il commence à écrire des romans afin de financer ses études en médecine. Il utilisa alors le pseudonyme John Lange - et parfois celui de Jeffery Hudson. Son roman, A Case of Need, écrit à cette époque, obtient le "Edgar Award for the Best Mystery of the Year". Le premier roman qu'il publia sous son véritable nom, est The Andromeda Strain. Il fut publié durant sa dernière année d'étude.

Crichton obtint son diplôme en médecine en 1969 mais décida de ne pas poursuivre une carrière dans ce domaine. Il travaillera pendant la prochaine année à la Salk Institute for Biological Science en Californie. Mais décidera ensuite de se consacrer entièrement à l'écriture. Il utilisa ses connaissances scientifiques, technologiques et médicales pour rédiger des romans - majoritairement de science-fiction - que certains nomment des "techno-romans de suspense". Il n'écrivit cependant pas uniquement des romans de science-fiction.

Ses romans furent rapidement reconnus mondialement et sont aujourd'hui traduits dans plus de 25 langues. Nombres de ceux-ci furent adaptés au cinéma. Crichton devint également réalisateur de cinéma. Il fut aussi scénariste pour le cinéma et la télévision. Il fut, entre autres, le créateur et producteur de la célèbre télésérie américaine ER. Son oeuvre littéraire est impressionnante - mais il impressionne également par sa carrure, il mesure en effet plus de 2 mètres. Il a également fait parler de lui pour ses opinions controversées sur le réchauffement climatique et l'environnement. Il fut marié cinq fois et divorcé à quatre reprises. Il eut une fille née en 1989.

Micheal Crichton est décédé à 66 ans d'un cancer, le 4 novembre 2008 à Los Angeles.

Bibliographie:

Fiction :

  • Odds On (1966) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • Scratch One (1967) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • Easy Go (1968) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • A Case of Need (1968) (sous le pseudonyme de Jeffery Hudson)
  • Venom Business (1969) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • Zero Cool (1969) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • The Andromeda Strain (1969)
  • Grave Descend (1970) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • Drug of Choice (1970) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • Dealing (1970) (sous le pseudonyme de Micheal Douglas)
  • Binary (1972) (sous le pseudonyme de Jack Lange)
  • The Terminal Man (1972)
  • The Great Train Robbery (1975)
  • Eaters of the Dead (1976)
  • Congo (1980)
  • Sphere (1987)
  • Jurassic Park (1990) 
  • Rising Sun (1992)
  • Disclosure (1993)
  • The Lost World (1995)
  • Airframe (1996)
  • Timeline (1999)
  • Prey (2002)
  • State of Fear (2005)
  • Next (2006)
  • Final Day of Happiness (2008)

Essais :

  • Five Patients (1970)
  • Jasper Johns (1977)
  • Electronic Life (1983)
  • Voyages (1988)

Filmographie:

Réalisateur :

  • Pursuit (1972) (film pour la télévision)
  • Westworld (1973)
  • Coma (1978)
  • The First great train robbery (1979)
  • Looker (1981)
  • Runaway (1984)
  • Physical Evidence (1989)

Scénariste :

  • Extreme Close Up (1973)
  • Jurassic Park (1993) (avec David Koepp)
  • Twister (1996) (co-écrit avec son épouse Anne-Marie Martin)  

Série télévisée :

  • ER (1994)

Adaptations cinématographiques de ces oeuvres:

  • The Andromeda Strain (1971)
  • Dealing: Or the Berkeley-to-Boston Forty-Brick Lost-Bag Blues (1972)
  • The Carey Treatment (A Case of Need) (1972)
  • The Terminal Man (1974)
  • Jurassic Park (1993)
  • Rising Sun (1993)
  • Disclosure (1994)
  • Congo (1995)
  • The Lost World: Jurassic Park (1997)
  • Sphere (1998)
  • The 13th Warrior (Eaters of the Dead) (1999)
  • Timeline (2003)
  • The Andromeda Strain (2008) (Minisérie)

Commentaires à suivre...

Voir aussi la fiche du film: Jurassic Park (1993)

Citations:

"Malcolm said, "You know, at times like this one feels, well, perhaps extinct animals should be left extinct. Don't you have that feeling now?"" p. 189

"But you decide you won't be at the mercy of nature. You decide you'll control nature, and from that moment on you're in deep trouble, because you can't do it. Yet you have made systems that require you do it.
And you can't do it - and you never have - and you never will. Don't confuse things. You can make a boat, but you can't make the ocean. You can make an airplane, but you can't make the air. Your powers are much less than your dreams or reason would have you believe." p.351

Sources:

13 octobre 2008

Des histoires et des émotions

Parfois lors d'un repas, on jase, on prend un verre de vin et on se raconte des histoires. On raconte nos histoires d'enfants, Chandeleurnos sorties d'adolescents, nos difficultés d'adultes... et puis parfois, nos histoires de fantômes.

Parfois, je me tais, parfois, je parle. Tout dépend. Pour ce mois d'octobre, j'ai décidé de préparer des textes de circonstance... donc voici une histoire de fantômes !

On parle souvent dans ces cas de maisons hantées. Et bien, je ne sais trop si on peut dire qu'elle était hantée, mais il est certain qu'elle nous en a fait voir de toutes les couleurs.

J'ai déménagé avec ma famille dans cette maison de Montréal-Nord quand j'avais environ 14 ans. Maison ordinaire avec trois chambres, garage, sous-sol, salle de lavage, chambre froide et cour.

Je ne pourrais vraiment pas dire qu'elle était sinistre. Le soleil entrait tous les jours par les nombreuses fenêtres, la décoration était chaleureuse et nous avons eu de nombreux rires et moments heureux dans ces pièces... mais bon sang que je fus contente de déménager !

Car il y a eu également des moments étranges... Probablement des événements tous explicables d'une façon ou d'une autre, mais qui m'ont empêcher plus d'une fois de dormir. La télévision du sous-sol qui s'ouvrait et se fermait toute seule - probablement un courant électrique défectueux -, la porte de la chambre froide au sous-sol qui s'ouvrait toute seule même si elle était barrée - sûrement des oublis de bien verrouiller -, des objets qui disparaissent ou changent de place - encore sûrement une erreur humaine -, des bruits et des mouvements - sûrement des illusions optiques et sonores...

Bien sûr, il y avait notre chien que l'on entendait à tout moment du jour ou de la nuit, courir dans le corridor, alors qu'elle était morte depuis quelques années. Et le hamster de soeurette qui courait dans sa roue toute la nuit pendant plusieurs mois après sa mort. Et il y avait ce petit garçon avec sa couverture sur le dos qui se tenait près de soeurette et ces mains qui sortaient parfois du plafond et toutes ces ombres ... Les endroits les plus touchés, ma chambre, qui fut par la suite celle de soeurette et le sous-sol...

Des illusions, des yeux fatigués, des résidus de rêves, des circuits électriques défectueux, des ondes ou courants magnétiques, tant d'explications qui parfois n'expliquent pas tout. Surtout des sentiments d'inconforts... Aujourd'hui, je ne dis jamais que cette maison était "hantée", seulement instable, émotive, pleine d'énergies diverses... je ne l'aimais pas et je ne crois pas qu'elle m'aimait non plus...

Et vous, vous avez connu des endroits étranges ?

12 septembre 2008

Les enfants du Graal

EnfantGraal1Critique de lecture

Les enfants du Graal : roman / Peter Berling ; traduit de l’allemand par Jacques Say. – [Montréal] : Libre Expression, 1997. – 810 p. : 2 cartes ; 23 cm. – ISBN 2-89111-736-0

Quatrième de couverture :

An de Grâce 1244, Montségur. Deux enfants, réchappés du massacre des Cathares, fuient à travers l’Europe. Sur leurs traces, l’empereur Frédéric II, le Pape Innocent IV, les Templiers, les Sarrasins sans merci.

Inspiré de la célèbre légende du Graal, cette histoire se déroule entre 1244 et 1247 sur fond de croisades et d’Inquisition.

De l’histoire si fascinante, si méconnue aussi du Moyen Age, Peter Berling débrouille avec aisance les écheveaux les plus compliqués ; il donne ainsi à cette épopée le rythme haletant d’un roman à suspense de notre temps.

L’auteur :

Peter Berling est né à Meseritz-Obrawalde en Allemagne en 1934 (aujourd’hui Obrzyce en Pologne).

Il étudie à Munich dans les années 50 à l’Académie des Beaux-Arts. Il découvre rapidement le cinéma et devient acteur etEnfantGraal réalisateur puis producteur. Il aura d’ailleurs quelques rôles dans des films comme Immer wenn der Tag beginnt en 1957, Die ehe der Maria Braun (Le Mariage de Maria Braun) en 1979, The Name of the Rose en 1986, Last temptation of Christ en 1988, Gangs of New York en 2002 et Mel Gibson’s The Passion of Christ en 2004.

Il a été pendant quelques années journaliste pour quelques publications dont le Der Spiegel et Playboy. Passionné du Moyen Age, il écrit en 1988 une biographie de Saint François d’Assise, puis il entreprend la rédaction d’une saga sur le Graal dont le premier tome Les Enfants du Graal parait en 1991. Le roman fut traduit en français et publié en 1996. Il vit aujourd’hui principalement à Rome.

Bibliographie partielle :

  • Die Kinder des      Gral (1991) – (Les Enfants du Graal (1996))
  • Das Blut der      Könige (1993) – (Le Sang des Rois (1997))
  • Die Krone der Welt (1995) – (La Couronne du monde (1998))
  • Der Schwarze Kelch (1997) – (Le Calice noir (1999))
  • Die Ketzerin (2000) – (La Cathare)
  • Zodiac (2002)
  • Das Kreuz der      Kinder (2003) – (La Croisade des enfants (2006))
  • Der Kelim der      Prinzessin (2004) – (La Princesse et le Kilim (2006))

Résumé:

1244 au château de Montségur, près de Foix, après un siège difficile, les derniers cathares s’apprêtent à se rendre aux armées du Roi et se préparent à mourir sur le bûcher. Mais avant la chute du château, ils s’assurent que deux enfants, accompagnés de quelques chevaliers et d’un moine franciscain puissent s’enfuir en secret.

Ces deux enfants, Roç et Yeza, sont le trésor des Cathares, dépositaires d’un secret qui pourrait changer le cours du monde et réconcilier les peuples et religions. Ils doivent être sauvés à tout prix. Protégés par certains, poursuivis par plusieurs, ils se parcourent l’Europe et l’Asie.

 

Commentaires personnels et expérience de lecture :

Incroyable lecture de plus de 800 pages. Roman historique où se mélange personnages fictifs et réels. La lecture est riche et l’auteur nous offre de nombreux détails historiques sur le Moyen Age.

Á travers cette fuite initiatique, on nous parle de l’époque, des mœurs, des gens qui ont peuplé les différentes régions du monde alors connu. On croise des personnages historiques, tels Guillaume de Rubrouck, Yves le Breton, Grégoire IX, Alphonse X, Innocent III, etc. On se joint aux Cathares, Templiers, Assassins, Catholiques, Musulmans, Mongols… on parcoure les Croisades, les guerres, on lit sur l’hérésie, la sorcellerie, l’Inquisition, les origines du catholicisme… Le Moyen Age nous est présenté puis imaginé. 

Les personnages et les références historiques sont innombrables. Le destin de ses deux enfants est encastré dans une réalité historique remaniée et romancé. Mais le roman est solide. Et l’auteur nous renvoie à de nombreuses notes en fin de roman. Peut-être trop. Enfin, oui, beaucoup trop de notes. Et ces notes ne sont pas « annotées ». C'est-à-dire qu’il n’y a aucune façon de savoir qu’à ce moment du récit, il faut aller voir à la fin pour en savoir un peu plus, sur le personnage historique, le contexte, etc. Et donc, cela alourdit incroyablement la lecture. Incessant aller-retour entre le roman et les dernières pages contenant les notes. Il s’agit presque de lire un deuxième ouvrage historique à côté du roman, mais sans vraiment savoir à quel moment il faut aller consulter cet ouvrage de référence.

Oui, la lecture est difficile. On se perd parfois parmi tous ces personnages. Et on sait aujourd’hui qu’il y a trois autres tomes tout aussi longs et ardus. Mais l’intrigue est passionnante pour celui qui sait passer à côté de la difficulté de lecture – et je ne parle pas du poids de mon édition qui rendait impossible de lire ailleurs que chez moi !

Au-delà de l’intrigue de ces enfants du Graal, on ne peut que se passionner pour cette époque tourmentée, instable et à la recherche d’un absolu religieux. Mais ne mettre l’accent que sur la richesse historique du roman, serait aussi une erreur. Le déroulement de l’histoire est parfois lent, mais je n’ai pu que me perdre dans l’histoire de Roç et Yeza, m’attendrir devant Guillaume, et complètement être renversée par Laurence… et je ne mentionne pas de nombreux autres personnages intéressants et que l’on tarde de retrouver dans les autres tomes.

Qui sont ces enfants ? Quel est le secret de leur naissance ? Et quel est le lien qui les attache au Graal ? Ces questions sont facilement répondues… il s’agit à présent de lire comment et pourquoi on essaie de détruire ou protéger ces enfants !

 

Citations:

« Et cette odeur ! Cette horrible odeur de chair brûlé, une odeur que je ne pouvais chasser et que je retrouvais parmi les fleurs printanières et les herbes qui naissaient dans les champs. C’était une douce après-midi que celle du jour où Mont-Ségur s’était rendu… » p. 79

« Des moines gris au teint pâle qui sortaient rarement à la lumière du jour y surveillaient une armée de scribes esclaves, d’artistes chaldéens du « pays entre les deux fleuves » qui avaient étudié à Alexandrie, et de lettrés juifs venus d’Espagne. Ces spécialistes ne sortiraient du Documentarium que les pieds devant. » p, 391

Sources :

1 juillet 2008

Un peu de tout et beaucoup de rien

Et bien... on part quelques jours et on rate les vacanciers qui se posent virtuellement dans notre ville ! Et puis, on est heureux d'avoir eu tant de visiteurs ! On part ensuite en voyage à travers le monde... que d'endroits à visiter et tant de villes à ajouter sur ma liste de voyage...

Et puis, on se rend compte qu'on avait promis un texte sur la Sant Juan à son retour... Mais les jours passent trop vite. Il fait1 chaud. Après des semaines de pluies et de nuages... après un mois de mai et un mois de juin véritablement mouillés et ombragés, presque frisquets, les derniers jours de juin sont déjà trop chauds. Le soleil envahit chaque coin de mon appartement et de ma terrasse... le vent ne souffle plus et les nuages sont disparus. On s'écrase devant notre ordinateur en tentant de travailler... et on essaie de ne pas trop penser aux douces journées de notre escapade de la Saint Jean, et on ne veut pas trop retourner dans toutes ces villes virtuelles qui nous font planifier des visites réelles...

Il fait chaud et on ne se sent pas le courage d'écrire.

Et puis, ensuite, on reçoit des amis montréalais pour quelques jours... et donc on reprend la ronde des visites, des rires, des soupers, des veillées sur la terrasse, des sorties de soirées et des papotages sur des sujets sérieux et moins sérieux... et il fait toujours aussi chaud... Et c'est sans mentionner cette fameuse victoire qui est encore célébrée dans les rues... un ballon peut soulever les foules et illuminer le ciel !!!

Mais miraculeusement, la lecture est permise... sous le ventilateur d'une chambre fraîche, sous le parasol sur une plage venteuse... au bruit sourd de la circulation ou au bruit sourd des vagues écumeuses.

Et donc... les amis sont partis et petit à petit on s'habitue à cette nouvelle chaleur étourdissante, et donc on recommence à vivre.... et on décide de reprendre ses activités, tout en se permettant une petite lenteur estivale... tout de même...
 

12 juin 2008

Le sang du temps - Expérience de lecture

Chattan2Maxime Chattam commence son roman Le Sang du temps, par une réflexion personnelle présentée en prologue. Il commence par dire ceci :

« La lecture est une expérience toute personnelle. Une exaltation folle qui naît d’une rencontre. Celle de taches noires sur des fragments de bois traité avec un esprit. Un cerveau qui vient capter les mots et les interpréter. Selon ses sensibilités. Le moteur de tout récit est l’esprit du lecteur, son imagination est son carburant. […] Mais tout est question de sens. » p. 7

Et dans les lignes qui suivent, il partage son expérience de lecteur. Comment il agit en tant que lecteur, ses habitudes de lecture…

Il en met peut-être un tout petit peu…mais je suis d’accord sur deux points : 1. la lecture est une expérience toute personnelle et 2. tout est question de sens.

Quand j’ai fait quelques recherches sur le roman de Maxime Chattam, je me suis rendue compte que beaucoup de lecteurs, principalement des fans de la fameuse Trilogie du Mal, ont été déçu par cette œuvre. Leurs raisons m’ont semblé valables. Il est vrai que ce roman se détache un peu de l’intensité des romans précédents. Qu’il y a quelques éléments un peu flous, que quelques éléments sont traités rapidement, voire cavalièrement.

Mais ma lecture fut très agréable. Et j’ai même aimé davantage Le sang du temps que les romans de la Trilogie du Mal.

Et pourtant le 4e de couverture ne m’a pas particulièrement accrochée. Très bref… deux histoires différentes qui éventuellement se recouperaient… déjà lu souvent. Et puis, quelques clichés, selon moi… une jeune femme détient un secret et doit fuir… des cadavres d’enfants mutilés, peut-être tués par un monstre légendaire, mais le détective n’y croit pas… encore assez habituel dans le genre. Et puis finalement, les deux dernières lignes… légèrement « sensationnalistes » : « À première vue, rien de commun entre ces deux époques. Et pourtant... La vérité se cache dans ces pages. Saurez-vous la retrouver? »… on veut nous intriguer, et habituellement ce genre de manœuvre m’exaspère.

Mais trois choses ont fait que j’ai tout de même acheté le livre : le Mont-Saint-Michel, Le Caire et j’aime bien l’auteur.

J’ai commencé la lecture du roman, seule dans une chambre d’hôtel, alors que j’étais à un congrès à Santiago de Compostela. J’étais très stressée par les jours qui allaient suivre et j’avais besoin d’un bon dérivatif. Je me suis installée dans le lit, et j’ai commencé à lire. J’avais un sac de graines de tournesol… C’est bizarre, mais quand je lis un roman de suspense, un thriller, un roman fantastique ou un roman policier, j’ai besoin de mon sac de graines de tournesol. J’ai lu tous mes Agatha Christie en grignotant des graines de tournesol.

J’ai terminé la lecture du roman pendant la nuit. Je ne pouvais m’arrêter. Je devais savoir. J’avais visité le Mont-Saint-Michel l’année précédente et j’avais encore des milliers d’images en tête. L’enquête au Caire m’a complètement captivée et je suis devenue la lectrice du Mont-Saint-Michel. Et quand j’ai fermé le livre… j’étais triste de terminer. Mais je me suis endormie tout de suite tranquillement, prête pour ma semaine.

Oh… il y a quelques points faibles… Marion ne m’a intéressée que du point de vue de « lectrice », son histoire ne m’a pas vraiment captivée. La fin m’a légèrement agacée, mais j’ai très bien compris la tactique de l’auteur. Par moment, j’ai eu l’impression de lire du déjà lu. L’enquête au Caire est remplie de clichés mais qui m’apparaissent finalement nécessaires à l’histoire. Cette histoire est une histoire déjà contée... une sorte d'hommage à ce genre d'enquête du début du siècle dans un pays "étrange"... Et surtout, le narrateur et son implication dans l’enquête sont une approche connue du « qui a tué »… et je pense ici à Agatha Christie – je n’en dis pas plus pour ne pas tout dévoiler… Le tout est très anglais...

Mais finalement, le roman est un roman sur la lecture. Sur notre besoin de se perdre dans une histoire, d’arriver à oublier notre quotidien, nos peurs, nos problèmes pour vivre l’histoire qu’on lit… Et ma lecture fut toute personnelle… remplis de souvenirs, d’odeurs, de goûts salés et d’émotions.

Voir aussi:

10 juin 2008

Le sang du temps - Commentaires

Critique de lecture

Le sang du temps / Maxime Chattam. – [Paris] : Michel Lafon, c2005. – 467 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-266-16753-6Chattan2

Résumé :

Deux histoires sont racontées dans le roman de Maxime Chattan, Le Sang du temps. La première histoire se passe en 2005. Une jeune secrétaire médico-légal, Marion, découvre par hasard un secret d’État et doit fuir de toute urgence Paris. Pour la protéger, les autorités la conduisent en secret au Mont-Saint-Michel où elle sera en sécurité parmi la communauté religieuse.

Alors qu’elle fait connaissance avec les lieux, la communauté religieuse et les quelques habitants du Mont-Saint-Michel, elle se sent surveiller, mal à l’aise. Elle s’installe néanmoins dans son nouveau environnement. Elle découvre, un jour, dans sa chambre, un papier lui proposant une énigme qu’elle s’empresse de résoudre. Intriguée, elle cherche à savoir qui lui a envoyé même si cela l’inquiète.

Voulant se rendre utile, elle se rend à Avranches pour travailler aux archives et aux livres du Mont-Saint-Michel. Par hasard, elle découvre un manuscrit caché à l’intérieur d’un livre. Le texte raconte l’histoire d’un détective enquêtant en 1928, au Caire, sur le meurtre d’enfants retrouvés incroyablement mutilés.

Marion emporte avec elle le manuscrit et commence la lecture de cette histoire. Nous sommes donc transportés avec elle au Caire. Au fur et à mesure qu’elle lit, nous entrons dans cette deuxième histoire du roman.

Au début du siècle, le détective Jeremy Matheson, en service au Caire, se voit confier une enquête sordide. Des enfants sont retrouvés, morts et mutilés dans les faubourgs pauvres de la ville. La population y voit l’œuvre d’une créature démoniaque, une goule. Le détective poursuit son enquête, ne se laissant pas influencer par les légendes, il veut retrouver le meurtrier bien réel.

Avec Marion, nous sommes les témoins de l’enquête de Matheson, raconté selon la perspective du détective qui tient un journal personnel de son enquête. Petit à petit, Marion est complètement captivé par l’histoire et dépose avec peine le manuscrit. Mais au fur et à mesure qu’elle avance dans l’histoire, elle se sent de plus en plus espionnée et commence à croire que l’histoire de Matheson a des conséquences sur sa propre vie. Qui la surveille ? Qui semble vouloir l’empêcher de connaître la fin de l’histoire ?

Commentaires personnels:

L’auteur est un expert des thrillers et donne à ses romans une touche toute américaine qui le distingue des auteurs français et qui ont fait sa renommée. Le roman dégage une tension constante, les chapitres sont courts et intenses, les rebondissements se succèdent rapidement. On a parfois l’impression de voir un film. Les éléments se superposent apportant des réponses mais laissant toujours un mystère plané. L’atmosphère est angoissante et les scènes horribles sont abondantes.

Le roman est parsemé d’indices, d’effets miroir… et à la fin du livre, on n’est pas certain du dénouement. Les réponses données ne sont pas claires et l’auteur lui-même nous fait douter de nos conclusions – à la fois dans son prologue et dans sa conclusion. Il nous amène même à poursuivre notre enquête en relisant autrement son roman, en donnant une piste à la fin…

Et donc, Chattam veut nous pousser à la réflexion. Il offre des pistes, mais le roman nous appartient. Les deux histoires sont en général bien menées, même si parfois on semble perdre un peu le personnage de Marion. Son histoire, son secret, les raisons qui la font venir au Mont-Saint-Michel semblent être secondaires et on reste un peu sur sa faim. En fait, Marion, est moins un personnage de l’histoire, qu’une lectrice. C’est à travers sa lecture qu’on lit le roman. Sa lecture est notre lecture. On voit le passé défiler comme un film.

Le Mont-Saint-Michel est très présent dans le roman, mais aussi la ville du Caire. On sent les deux lieux vivre. Même si on aurait aimé lire un peu plus de détails sur le Mont. On apprend cependant beaucoup sur le Caire, l’atmosphère de cette époque, de cette ville particulière.

Le livre se lit rapidement et on sent que l’écriture y est pour quelque chose… phrases courtes, denses… beaucoup d’actions, beaucoup de stress et une atmosphère étouffante. On s’attache à la lecture du roman mais surtout aux histoires qu’il contient. Surtout à l’enquête sur les meurtres d’enfants.

Le roman n’a pas fait l’unanimité chez les lecteurs et surtout les fans de Chattam. Plusieurs ont été déçus du roman, s’attendant à un autre roman dans la lignée de la Trilogie du mal. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié ma lecture même si certains détails m’ont apparu clichés et que le personnage de Marion m’a semblé un petit brin fade. J’ai trouvé la fin un peu rapide, et j’ai été un peu agacé par cette façon que Chattam s’est inclus dans son roman… et par la façon qu’il semble vouloir nous intriguer… Mais dans l’ensemble, c’est un roman efficace et il m’a tenu en haleine jusqu’à la fin.

L'avis d'Hilde, Valeriane et Majanissa.

Premier article : Le sang du temps - L'auteur.

Voir aussi: Le sang du temps - Expérience de lecture

Citations:

"Elle souhaitait être chez elle. Dans son vrai chez elle, à Paris. Elle voulait se coucher le soir et mettre le réveil pour le lendemain matin, celui-là même qui la ferait maugréer à sept heures moins le quart, pour aller travailler." p. 397

"Elle avait toujours eu un petit faible pour les éditions anciennes, surtout de livres pour enfants, qui sentaient la poussière, la moisissures et le temps. " p. 81

"À bien y réfléchir, elle n'avait pas lu, c'était bien là le problème. Elle avait vécu la découverte de l'enfant mort. Le pouvoir des mots." p. 123

Sources:

9 juin 2008

Le sang du temps - L'auteur

Critique de lecture

Le sang du temps / Maxime Chattam. – [Paris] : Michel Lafon, c2005. – 467 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-266-16753-6

Quatrième de couverture

Paris, 2005. Détentrice d'un secret d'État, menacée de mort, Marion doit fuit au plus vite. Prise en charge par la DST, elle est conduite en secret au Mont-Saint-Michel.

Le Caire, 1928. Le détective Matherson consigne dans son journal les détails d'une enquête particulièrement sordide: des cadavres d'enfants atrocement mutilés sont retrouvés dans les faubourgs du Caire. Rapidement, la rumeur se propage: une goule, créature démoniaque, serait à l'origine de ces meurtres. Mais Matheson refuse de croire à la piste surnaturelle.

À première vue, rien de commun entre ces deux époques. Et pourtant...
La vérité se cache dans ces pages. Saurez-vous la retrouver?

L’auteur:

Chattan1Maxime Drouot est né en France, un 19 février 1976, dans la ville d’Herblay dans le Val d’Oise. Il fait un premier voyage aux Etats-Unis en 1987, à Portland dans l’état d’Oregon. Il fera, ensuite, plusieurs voyages aux Etats-Unis, notamment à New York, Denver et Portland. En 1988, il passe deux mois en Thaïlande.

Il se passionne pour le cinéma et pour la littérature. Il commence à écrire très jeune. Il rédige des nouvelles ainsi que deux romans qu’il ne fera édité. Il commence des études de Lettres modernes qu’il abandonne.

Il pense un moment à devenir acteur et suit Cours Simon à Paris. C’est à cette époque qu’il écrit sa pièce de théâtre, Le Mal (disponible sur le site de l’auteur). Il jouera quelques petits rôles pour la télévision.

À 23 ans, il a divers petits boulots, notamment comme veilleur de nuit. Il pense à reprendre ses études de Lettres mais abandonne rapidement l’idée. Il écrit alors le roman fantastique Le 5e règne. Bien que rédigé en 1999, ce n’est qu’en 2003 que le roman sera publié sous le pseudonyme de Maxime Williams. À ce moment, il travaille aussi comme libraire.

Il décide alors d’écrire des romans policiers et suit des cours de criminologie à l’Université Saint-Denis. Il suivra entre autres des cours de psychiatrie criminelle et de médecine légale. Il commence à préparer un nouveau roman et rencontre divers spécialistes. Il commence à rédiger L’Âme du Mal en 2000. Le roman est publié en 2002 sous le nom de Maxime Chattam. Il continue d’écrire et publie les deux autres romans de cette trilogie du mal, en 2003 pour In Tenebris et en 2004 pour Maléfices.

Il poursuit aujourd’hui, une carrière de romancier, à temps plein.

Site de l’auteur, contenant une biographie écrite par l’auteur lui-même.

Bibliographie:

- Le Mal (1995) (théâtre, publié sur le site officiel de l’auteur)
- Le Cinquième Règne - sous le pseudonyme de Maxime Williams (2003)
- La Trilogie du mal :

  • L’Âme du mal (2002)
  • In Tenebris (2003)
  • Maléfices (2004)

- Le Sang du temps (2005)
- Le Cycle de la vérité :

  • Les Arcanes du      chaos (2006)
  • Prédateurs (2007)
  • La Théorie Gaïa (2008)

Commentaires à suivre...

Voir aussi: Le sang du temps - Expérience de lecture

Citations:

"Elle souhaitait être chez elle. Dans son vrai chez elle, à Paris. Elle voulait se coucher le soir et mettre le réveil pour le lendemain matin, celui-là même qui la ferait maugréer à sept heures moins le quart, pour aller travailler." p. 397

Sources:

25 février 2008

La cité du Soleil: 2. L'oeuvre

La cité du soleil / Tommaso Campanella ; trad. de l'italien par Arnaud Tripet ; notes et postface de Jérôme Vérain. -Campanella Paris : Éd. Mille et une nuits, 2000. - 92 p. ; 15 cm. - (La petite collection, 261). ISBN 2-84205-450-4

Titre orginal : La città del Sole

L’œuvre :

Pour mieux comprendre l’œuvre de Campanella il faut connaître la vie remplie de souffrances et d'injustices qu'a subies l'auteur. Ce besoin de justice sociale se retrouve dans l’œuvre utopique La Cité du Soleil.

Città del Sole fut écrit en italien en 1602 dans une Naples Espagnole en pleine Contre‑réforme, alors que Campanella est en prison. Cette version ne sera publiée qu’au XXe siècle. Une deuxième version du texte fut rédigée en latin sous le titre Civitas solis en 1613 et est éditée en Allemagne en 1623. Le texte rencontra un large public mais fut immédiatement saisi sur ordre de l'Inquisition. La Cité du Soleil est une description d'une société politique, d'une république philosophique idéal. Une société, une organisation communiste que l'auteur croyait pouvoir réaliser. L'auteur ne cache pas ses influences de La République de Platon et d'Utopie de Thomas More, mais il apporte à son utopie ses propres théories.

Le texte fut d’abord rédigé en un italien vulgaire, vivant et populaire, dans lequel on retrouve de nombreux termes dialectaux. Malgré une apparence de simplicité, le style est étudié et élaboré pour donner une impression de spontanéité. Ce qui sert à donner une crédibilité au texte, un sentiment d'immédiat. Le récit est bref et décrit des choses concrètes et quotidiennes de la vie des gens de la Cité. Il se présente sous forme de dialogues entre un Hospitalier et un marin génois. On remarque deux parties sous-entendues: dans la première un marin génois raconte sa visite à la Cité du Soleil, ville inconnue et merveilleuse à un hospitalier - qui n'a pour rôle que d'écouter et poser les bonnes questions aux endroits appropriés -; la deuxième partie reprend un après l'autre tous les concepts théoriques mentionnés auparavant.

Le narrateur fait une description détaillée des mœurs, des habitudes de vie d'un peuple vivant selon un ordre social nouveau.

Il donne pour origine à ce peuple, l'Inde dont il aurait fui la tyrannie. Il leur attribue une langue particulière et, grâce à leur façon de vivre, une espérance de vie de deux cent ans. C'est une société parfaite qui détient sa puissance dans l'importance qu'elle accorde à la connaissance ; les enfants sont d’ailleurs éduqués dès leur plus tendre enfance. Elle se caractérise également par son système communautaire. On note une absence totale de propriété individuelle - chaque citoyen doit changer tous les six mois de domiciles - pour le profit de la communauté. Tout est décrit en détail: la vie quotidienne (l'habillement, le travail, les loisirs, la nourriture, etc.), l'apparence physique des citoyens, la vie sexuelle (l'accouplement, la famille), la vie religieuse, la vie guerrièr

Le texte commence par une description géographique de la cité. Celle-ci est située dans une plaine de Taprobane (près de Sumatra). C'est une ville inconnue et unique. Elle est située sur une île inconnue. Elle est circulaire, composée de sept murailles concentriques se rapprochant d'un temple rond situé au milieu sur une colline et qui est le cœur de la cité. Ce temple possède une coupole représentant le ciel ainsi qu’un autel avec deux cartes du monde. Tout y est grandiose, énorme et somptueux. Les sept murailles, portant le nom des sept planètes, servent à protéger la ville contre les attaques et sont aussi destinées à enseigner toute la connaissance des Solariens. Gravé et dessiné sur les murs, on retrouve tout le savoir: figures mathématiques, arbres, plantes, animaux, métiers, machines, lois, arts, alphabet etc. C'est une connaissance universelle de tout et même de ce que nous ne connaissons pas encore. Ils sont plus savants que n'importe quels autres peuples. Sur les murs, on retrouve également les noms d'hommes qui se sont distingués par leur valeur. On remarque des Solariens mais également Moïse, Osiris, Pythagore, Mahomet et Jésus.

Si les Solariens se distinguent par leur besoin de connaissance, ils se caractérisent également par leur désir de s'instruire sur tous les autres peuples.

Le narrateur s'attardera longuement au régime politique de la Cité dirigé par un chef suprême détenant le pouvoir temporel et spirituel, Hoh ou Métaphysicien, celui-ci a le plus haut niveau de connaissance. Il est assisté par trois gouvernements: Puissance, Sagesse et Amour. Amour (Mor) s'occupe de la génération de la vie sexuelle et de l'épuration de la race ; Puissance (Pon), de l'armée, la guerre et la défense. Quant à Sagesse (Sin), il détient le pouvoir sur l'art, les métiers et la science. Ce dernier est assisté de fonctionnaires: Médecin, Mathématicien, etc. La société est également dirigée par des magistrats qui représentent les vertus: Magnanimité, Courage, Chasteté, Justice, Activité,  etc.

On remarque cette particularité des noms des Solariens qui s'étend au peuple: Beau, Cordial, Bonne... Les noms signifiant un trait de personnalité.

Le narrateur décrira ensuite en détail tout ce qui entoure la vie des Solariens: la monnaie qu'ils utilisent dans leurs échanges commerciaux avec d'autres peuples; comment ils accueillent les visiteurs, leur système judiciaire, leurs croyances religieuses et leurs rites. C'est un peuple idéal, qui ne connaît pas le crime, la maladie, la vanité, la jalousie. Tout est exécuté en fonction du bien de l'état.

La fin du texte deviendra par la suite un peu confuse et prétexte à l'exposition de diverses théories de Campanella. On y retrouve un amalgame de thèse sur l'origine de l'univers, la philosophie, l'immortalité de l'âme, la trinité... Il fait ensuite une apologie de la chrétienté, une énumération d'inventions. Il jette ensuite, pèle‑mêle sa théorie sur la vertu des nombres, le rôle de la femme. Il fait quelques prédictions - notamment sur la christianisation du Nouveau Monde.

Campanella, dans sa cité utopique voulait une société juste. Il avait vécu toute sa vie dans l'injustice et l'incompréhension de sa société face à son désir de connaissance. Il créa donc une ville où il pourrait vivre libre de savoir et de penser comme il voulait.

La Cité du Soleil est une République universel inspirée de l'église catholique. C'est une société qui vit en communauté totale de biens et de femmes. Il élimine dans sa Cité toute forme de propriété. Tous ont le même habillement etc. Les fonctions et les services sont distribués de façon égale entre tous. Tout est en commun, aucune propriété individuelle: magasin d'état, réfectoire où chacun à la même portion de nourriture. Les magistrats sont cependant responsables de la juste répartition des biens. La répartition est faite selon les mérites de chacun. Personne ne doit manquer de ce dont il a besoin.

Les qualités principales de tout bon citoyen de la Cité sont le dévouement, la solidarité et la fraternité. Il n'y a donc aucune convoitise, jalousie, envie entre les Solariens. Autre caractéristique des Solariens : l'importance qu'ils accordent à la connaissance. La journée de travail est de quatre heures pour permettre aux citoyens d'étudier, discuter, lire... C'est une connaissance de tout qu'ils préconisent. Celui qui connaît le plus de métier est valorisé. L'activité physique est également important

Campanella laisse entrevoir dans son texte son intérêt pour l'astrologie, la science et Dieu. Tout est réglé par les astres; la science est mise de l'avant; la religion est essentiellement catholique. La science et la religion ne sont pas toujours clairement distinguées l’une de l’autre.

Dans sa cité nouvelle, Campanella reforme une religion catholique ou le Soleil est adoré comme représentant Dieu. C'est une religion monothéisme où sont présent Jésus, le Christ, la Trinité, mais où est également présent le sacrifice humain volontaire mais non mortel. La ville est dirigée par des magistrats qui font office de prêtres. C'est un catholicisme nouveau.

Campanella décrit aussi avec beaucoup de détails une société où la famille est abolie, où les relations sexuelles sont réglées et où il y a une certaine licence surprenante. L'amour n'est pas tout à fait proscrit, le couple ne peut cependant s'unir, sauf si la femme est stérile ou déjà enceinte. La femme est ici encore valorisée selon sa capacité à continuer la génération. Il existe encore dans la société idéale des différences entre les deux sexes. Il y a séparation des tâches, de certaine activité. Les hommes travaillent le bois, les femmes tissent!

Ce peuple paisible accorde cependant beaucoup d'importance à la force guerrière. Isolés sur une île, ils n’en sont cependant pas les seuls occupants. Un peuple si heureux et parfait suscite nécessairement des jalousies parmi les autres contrées. Ils doivent être bien formés et capables de se défendre. Les Solariens n'ont aucune défaite et ont conquis de nombreuses contrées. Élément particulier du texte du moine dominicain est cette domination extérieure des Solariens. Ils ont répandu leur société idéale, leurs lois à d'autres peuples. C'est cependant un peuple bon pour ces ennemis:

"... la guerre n'a pas pour but de les exterminer,
mais bien de les rendre meilleurs." (p.81) 

Ils s'instruisent de leurs mœurs, leur gouvernement, leurs lois, leur histoire, ils observent le bon et le mauvais. Car les Solariens sont toujours ouvert au perfectionnement. Il faut souligner que la guerre avec les peuples qui les attaquent est en un sens nécessaire à la Cité. La menace qu’elle constitue permet la cohésion de la société.

Ce peuple de La Cité du Soleil, est presque parfait. Il existe cependant des lois – même s’il y en a très peu - et une justice pour les quelques crimes présents. Il n’y a cependant pas de besoin pour une prison. La justice et la solidarité sont telles que le suicide est souvent commis pour sauvegarder l'intégrité de la Cité.

Ce texte de Campanella se trouve à la croisée de la pensée du Moyen-Âge qui attendait une Jérusalem céleste et théocentrique et de la pensée de la Renaissance. A la renaissance on trouve un mélange de Christianisme venant de Platon et de superstition astrologique. La Cité du Soleil renferme ces deux types de pensée. Elle est une utopie typique: c'est une incarnation de l'idéal traduit par une cité et où régit une religion universelle mené par la raison.

La Cité de Campanella est idéale, exempte d'injustice, de jalousie, d'avarice, de propriété, de maladie, de difformité, d'imperfection. Une société exemplaire où le savoir et la communauté sont mises en première place. Bien des siècles plus tard, des socialistes tels que Bernard Russel reprendront certaines théories de La Cité du Soleil de Campanella. C'est un texte du XVIIe siècle, mais qui véhicule des idéaux communistes intemporels.

Texte utopique par excellence mais qui possède ses particularités. Texte, où se mélangent théorie philosophique, prédiction et inventions qui se sont réalisées dans le futur. Utopies réalisées. Campanella a imaginé une société parfaite qui a fait rêver plusieurs idéalistes, pour sa part il était certain d'en voir la réalisation dans un futur proche.

Sources à consulter :

Voir le premier article: La Cité du Soleil: 1. L'auteur

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