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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
7 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : copier la sagesse

"Nous croyons regarder la nature et c'est la nature qui nous regarde et nous imprègne" [Christian Charrière]7f_vrier

Je suis emballée. Nous allons visité un parc naturel de singes près de Nagano. J'ai vu des centaines d'images de ce parc, de ses sources naturelles d'eau chaude et de ses singes. Certaines photos sont enneigés. Nous sommes en automne. On nous dit qu'on se promènera parmi eux, sans barrière, sans cage. On peut se promener librement dans leur habitat... la forêt ! Car si on se promène dans un parc avec un sentier aménagé, nous pourrions aller dans la forêt autour et en voir autant ! C'est leur milieu. Leur domaine. On pourra les observer librement.

On nous dit de ne pas les toucher, ne pas les nourrir et surtout ne pas les croiser leur regard. Si cela arrive, il nous faut baisser les yeux et regarder par terre.

Je suis emballée. Je vais voir des êtres fascinants dans leur milieu naturel. Nous entrons dans le parc. Nous cherchons. Nous observons. Et ils sont là. Magnifiques. Tranquilles. Agités. Vivants. Des mâles s'épouillant. Des femelles allaitant. Des petits se chamaillant. Des adultes se baignant dans les bassins naturels d'eau chaude. Certains mangent paisiblement, d'autres dorment bonnement. Quelqu'uns grognent, crient, grimacent...

Et plusieurs nous regardent. Certains avec curiosité, quelques uns avec étonnement, d'autres avec surprise et consternation. La plupart ne nous regardait qu'à peine. Ils nous regardaient passés avec un désintérêt froid. Parfois, le regard s'attardait sur nous. Comme pour juger de notre inutilité.

Désabusés ? Dégoûtés ? Fatigués ? Je crois que lorsqu'ils s'attardaient à nous observer, ils nous trouvaient plutôt pathétiques et ridicules. À les regarder avec tant de passion. À les prendre en photos à toutes les secondes alors qu'ils ne faisaient rien de bien extraordinaire.  Qui trouverait intéressant de prendre un être se gratter, manger, s'épouiller, se baigner, dormir? Nous avions l'impression parfois de leur faire un peu honte...

Mais nous avons marché dans les sentiers. Nous avons pris des photos. Et puis, près de la sortie, je me suis assise pour me reposer un peu. Et il était là. Seul. Le regard perdu au loin. Je ne me suis pas approchée. Je l'ai laissé tranquille. Mais j'ai pris ma caméra avec son zoom... pour me rappeler de lui et de son regard tranquille, doux, sage et légèrement triste.

"L'homme se vante de descendre du singe. Jamais aucun singe ne se vanterait de descendre de l'homme." [Georges Elgozy]

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19 mai 2010

Enfin... je dis que les boîtes...

15_Les_bo_tes... ont déjà commencé à s'accumuler. Alors, je me dis qu'il faudrait peut-être que j'explique un peu comme ça... histoire de clarifier mes idées et donner quelques nouvelles, au détour, d'un post.

Aujourd'hui, cela fait exactement 6 ans et 4 mois que je suis arrivée à Barcelone. En 2008, je radotais sur le départ, l'arrivée et la suite... enfin sur toutes les raisons et les moments premiers. Puis l'année suivante, je soulignais ces 5 ans si importants. Nous avions décidé que cette aventure devait durer un minimum de 5 ans. Et voilà que ces années étaient réalisées. Déjà, on commençait à se questionner. Mais, en fait, on avait des réflexions et des interrogations depuis un moment déjà... il y a des traces de ces questionnements ici et là sur ce blog.

Et puis, cette année, j'ai parlé de mes 6 ans dans cette ville. Je me rappelais ces 6 dernières années avec une image de coucher de soleil. Car déjà, nous commencions à former notre décision. Un départ... Ce qui ne veut pas dire que nous n'avons pas encore des doutes et des inquiétudes. Mais nous sommes heureux de notre décision.

Donc, nous allons quitter Barcelone, l'Espagne pour retourner de l'autre côté de l'Atlantique. Bizarrement, nous ne considérons pas ce déménagement comme un "retour au Québec", mais comme un déménagement au Québec. Car, nous avons vaguement l'impression de partir pour un endroit qu'on connait, oui, mais qui n'est plus le même.

J'ai tant d'émotions qui se bousculent dans ma tête que je ne sais pas trop que dire... Nous avions une foule de raisons pour venir vivre ici... et nous avons une foule de raisons pour partir. J'y reviendrai... petit à petit... pour expliquer un peu, pour me permettre de me rappeler.

Pour l'instant, nous sommes un peu encore dans un brouillard. Nous savons que le 30 juillet, nous prenons un vol aller-simple vers Montréal... mais nous avons de la difficulté à vraiment le réaliser. Et ce, malgré les listes de choses à faire qui s'allongent sans arrêt... et les boîtes qui commencent déjà à s'accumuler. Il y a tant de choses à préparer. Ici et là-bas. Et parmi les préparatifs, tant de choses à faire : mon père à voir le plus souvent possible, la famille et les amis à visiter, les endroits à voir et à revoir. Et surtout, prendre le temps de profiter un peu de ces dernières semaines à Barcelone.

Je le répète, le temps file... et quand le temps s'écoule trop rapidement, j'ai peur de le perdre alors, je ralentis... souvent trop... Et j'ai alors peur de ne plus avoir le temps de tout faire ce qu'il y a à faire et de tout faire que je veux faire.

Aujourd'hui, je dois annuler quelques abonnements, demain, appeler pour le dédouanement, après-demain, faire quelques boîtes... et dimanche, peut-être un petit tour à la plage, histoire de respirer un peu ce printemps qui est finalement arrivée à Barcelone !

Et bien sûr... quelques petits textes ici et là...

31 janvier 2010

Le moment captif d'un dimanche : un peu de temps

31janv

"Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats." [Marcel Proust]

Vous savez, parfois, on regarde un objet et on comprend des choses que l'on ne cherchait pas à comprendre. Je sais que parfois je cours après le temps. J'ai l'impression de n'avoir jamais le temps et, en même temps, d'être pourchassé par celui-ci... 

Il m'échappe mais me poursuit. Et parfois, j'ai l'impression de le perdre. De ne pas l'utiliser comme il mérite d'être utilisé. Mais le temps ne cherche rien. Ne fait rien. Le temps n'existe pas vraiment.

C'est ce qu'on fait pendant que les minutes passent qui semble plus réel.
Un note de musique que l'on entend, une fleur que l'on respire, un rêve que l'on imagine, un froid que l'on ressent, un vent que l'on écoute, un moment de torpeur, un instant d'angoisse, une seconde de peur, une minute de joie, une heure de vie.

Tous ces instants forment la coquille de porcelaine qui nous enveloppe. À l'intérieur, nous laissons nos émotions prendre la forme de cette coquille. C'est normal. Mais rien ne nous empêche de parfois vouloir briser la porcelaine. Ou du moins, la pousser, la tirer, la tordre et s'étendre dans ce temps qui nous contient et nous retient. Rien ne nous empêcher de jouer un peu... après tout, il sera toujours temps de reprendre forme !

"L'eau prend la couleur et la forme du vase qui la contient." [Driss Chraïbi]

27 avril 2010

Des moments pour réfléchir...

Vous savez... ce n'est pas que je n'ai pas fait de lectures... ou que je n'ai pas des billets en attente sur des lectures anciennes...mtl1 j'ai aussi des billets sur des dolmens, des abbayes, des châteaux, des crimes littéraires, des films... enfin... pleins de billets en attentes !

Mais, j'ai aussi des heures et des heures de réfléxions et de discussions qui s'entrecoupent d'heures au travail...oh... et d'heures de sommeil et quelques bouchées ici et là !

Ça fait un petit moment qu'on y réfléchit... on pèse les pours et les contres... on discute des alternatives, des options, des choix... On observe les chemins, on regarde les routes, on évalue, on fait des listes, des tableaux...

On regarde les bons moments passés, les expériences vécues, on évalue le futur... on examine, on nostalgie, on rêve...

Et puis, une idée... une pensée... un projet... des rêves... et une décision fut enfin prise... après avoir parlé, parlé, parlé... après avoir dis une centaine de fois à nos amis, à notre famille : "on ne sait pas trop, on y réfléchit, on évalue, on pense..." on peut enfin leur dire : "c'est fait, la décision est prise..."

mtlCe qui ne veut pas dire que nous n'avons pas des doutes ou quelques appréhensions... mais nous sommes heureux avec la décision...

Et donc, depuis quelques temps, vous avez d'abord vu des billets un peu plus songeurs... des questionnements, des interrogations... puis les billets ont été moins nombreux... Mais ça devrait être plus régulier bientôt ! Oh... nous aurons maintenant des préparatifs à faire... mais je tenterai d'être plus présente, je le promets ;-)

Et bientôt... très bientôt... je ferai un petit billet sur tout ça... histoire de mettre les choses en perspective un peu et de donner un peu de nouvelles ! :D

Peut-être quelques uns d'entre vous auront des doutes... j'en dis plus bientôt ! ;-)

18 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : plumage

018avril"Tous admirent le paon. Alors les oiseaux disent: "Mais regardez ses pattes et écoutez sa voix" [Proverbe japonais]

C'est bien joli un paon. On arrive à une gentille auberge et on découvre dans le fond du jardin, un magnifique paon. On est tout énervé et on prend mille photos. Il est fier, l'oiseau. Il fait le beau pour sa belle qui le regarde à peine. Ses plumes sont magnifiques et franchement éblouissantes. On soupire et on laisse le couple tranquille.

Et puis, le matin arrive tranquillement. Et avec le jour se lève un cri perçant. On ouvre les yeux. On secoue la tête, on se retourne et on referme les yeux. Un autre cri. Et un autre cri. On braille dans la cour. On se lève difficilement et on ouvre la fenêtre. Et alors on le voit. Ce glorieux oiseau qui se promène fièrement sur le gazon devant notre fenêtre. Il fait la roue de sa sensationnelle queue toutes de plumes colorées. Il agite frénétiquement ses plumes devant sa belle. Et il crie.

Un cri strident et répétitif. Il n'arrête pas. Il veut sa belle et il le fait savoir. Il n'acceptera pas de refus et il criaillera toute la matinée. Il ne se reposera pas. Et nous non plus. Après plusieurs minutes, nous avons décidé qu'il était préférable de rire et de se lever. Dans l'horaire de la journée s'est ajouté un arrêt à la pharmacie pour acheter de ces petites choses appelées "bouchons"... essentielles pour le reste du séjour. Car la cour du bellâtre se poursuivra pendant les prochains jours... Nous sommes partis avant de connaître la conclusion de cette histoire de séduction. Mais avec ses belles chansons, je suis certaine qu'il a conquis le coeur de sa dulcinée.

"La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez" [Comtesse de Blessington]

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11 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : un long cortège

"Les gens qui veulent suivre des règles m'amusent, car il n'y a dans la vie que de l'exceptionnel" [Jules Renard]11avril

Allez viens... suis-moi. Mettons-nous à la suite de cette longue file et marchons tranquillement derrière ces dames. Pourquoi ? Pour oublier un instant notre quotidien bien sûr. Pour disparaître un moment dans une marche uniforme.

Ne t'inquiète pas. La marche ne sera pas longue. Bientôt nous reprendrons d'autres chemins et nous ne suivrons plus la procession. Nous gambaderons dans l'incertitude des routes tortueuses et nous n'aurons pas peur.

Mais parfois, il est plaisant de suivre tout doucement et ne pas se questionner, l'espace de quelques minutes, sur les grandes décisions et les petits soucis. Alors, viens... suis-moi. Mets-toi derrière moi. Ou alors en avant. Ce n'est pas important. Et marchons simplement à la suite de ces dames. Soyons sages, une seconde. Demain, nous serons déraisonnable s'il le faut.

"La liberté ne consiste pas seulement à suivre sa propre volonté mais aussi parfois à la fuir" [Abe Kobo]

28 mars 2010

Le moment captif d'un dimanche : soyons sérieux

28marsa"Dans la vie, même quand ça a l'air sérieux, ça n'est tout de même du guignol. Et on joue toujours la même pièce" [Jean Anouilh]

Tout apparaît toujours comme la fin du monde. Comme la fin de notre monde. Une poussière est aussi formidable qu'une montagne. Un mot est la destruction d'un univers. On analyse chaque instant. On trouve une seconde défectueuse. On ne sait plus ce qui est grotesque ou ordinaire.

On rit de nos faiblesses en public. Mais on les pleure en silence quand nos mains couvrent notre visage. Dans cette pièce noire où s'agitent les marionnettes de nos erreurs et nos faiblesses.

Mais rien n'est jamais finalité. Enfin. Il faut le croire. Il suffit d'y croire me dit-on. Et je veux bien y croire. Une illusion n'est que l'ébauche de ma réalité. Il suffit parfois d'un sourire et on veut bien suivre cette possibilité qui se dessine devant nous.

Un pantin me dit que peut-être tout est trop sérieux. Et quand il y des moments s'offrant à moi dont le poids des présents inévitables peuvent s'oublier, il est impérial de les saisir et de réaliser que cette illusion est libre de fatalité.

Car un spectacle s'annonce. Un spectacle connu mais chaque fois nouveau et intense. Et il suffit de le vivre en espérant que les marionnettes se rappellent de leur scénario... et continuent à faire rire notre âme.

"L'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté" [Félix Le Dantec]

21 mars 2010

Le moment captif d'un dimanche : paresser

21mars

"Il faut des siècles de désoeuvrement pour pouvoir supporter l'oisiveté du dimanche" [Anne Hébert]

Il faut savoir regarder le dimanche dans les yeux. Et accepter ses conseils. Parfois, j'oublie le dimanche. Je ne l'écoute pas. Je travaille toute la semaine. Et la fin de la semaine, le week-end, comme disent certains, il faut faire tant de choses. Il faut faire le ménage. Il faut faire les courses. Il faut répondre au courrier et aux courriels. Il faut voir la famille. Il faut penser à la semaine qui vient.

Mais il faut aussi savoir s'arrêter. Oui. Ne rien faire. C'est quelque chose de presque impossible pour moi. Mais j'apprends. Petit à petit. Simplement se lever. À l'heure qui me plait. Sans culpabilité. Se préparer un café et peut-être un petit déjeûner. Lequel ? On verra.

Manger tanquillement. Refaire un peu de café. Voir les heures passées. Ne pas s'en préoccuper. Regarder par la fenêtre. Décider si on va se promener ou si on s'enfonce dans un fauteuil avec un livre. Ou encore si on se perd sur un lien après l'autre dans le monde vaste virtuel. Ou encore si on ouvre la télévision pour un film ou une série. Ou peut-être appeler un ami ou peut-être pas.

Aujourd'hui, le soleil brille. Et j'ai envie de ne rien faire. Rien faire est difficile. Disons, ne rien faire de bien important. Prendre le temps de ne rien faire. C'est important, je crois. Une petite promenade dans la ville. Sans itinéraire. Tout est fermé. Évidemment. Enfin, pas tout. Quelques boutiques ouvrent leurs portes pour les promeneurs.

Une porte ouverte. De jolies choses à regarder à l'intérieur. Je n'entre pas. Bizarrement, je préfère observer cette bicyclette rose. Elle me rappelle ces dimanches de ma jeunesse où paresser et jouer sans but particulier n'étaient pas un problème. Quand passer la journée à rouler vers nulle part, ou encore à regarder le vent jouer avec les feuilles ou les flocons, selon la saison, n'étaient pas culpabilisant... n'étaient pas considérer comme perdre son temps...

La bicyclette rose ne bouge pas. Elle reste là. Elle me dit tout simplement d'écouter le dimanche. D'écouter ce qu'il me dit. Et il me dit de réapprendre à perdre mon temps. Tout simplement. Avec plaisir. Sans me sentir coupable. Je résiste parfois. Mais certains dimanches, j'essaie d'écouter. Et je regarde la bicyclette rose et je la remercie de son conseil. Puis, je continue mon chemin. Vers nulle part.

"Le temps porte conseil : en général celui de ne rien faire" [Claude Roy]

21 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : conquérir

21fevrier"Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde" [Charles Baudelaire]

Ils ouvrent leur gueule. Ils hurlent ? Ils crient ? Avec force, c'est certain. Ils sont là... entourant une fontaine que l'on ne voit pas sur la photo. Ils la protègent ? Ils la défendent ?

Ou alors sont-ils des conquérants ? Ils se sont battus pour leurs rêves, pour leurs places dans ce monument. Maintenant, ils seront pour toujours ici, dans cet endroit pour lequel ils se sont battus. Et ils crient leur joie. Et peut-être leur ivresse d'avoir lutté et obtenu ce qu'ils voulaient.

Cela semble peut-être extravagant, et même irrationnel. Mais ils croient à cette conquête. Même si elle nous semble absurde. Et il faut toujours vaincre nos peurs et se bagarrer pour ses rêves. Parfois certains rêves sont minuscules. Parfois, ils sont grands. Parfois, ils font leur temps et il est alors temps de faire d'autres rêves.

"Dans la vie, il faut se battre, se défendre, conquérir, réaliser ses rêves et ses désirs" [Gilles Derome]

14 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : ensemble

"Vieillir ensemble, ce n'est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années". [Jacques Salomé]14fevrier

Chut... Ne parle pas. Lève les yeux. Ils nous observent. Tu les vois ? Sur la pierre là-haut...

Ils n'ont pas l'air d'apprécier notre présence. On les dérange, tu penses ? Ils protègent sûrement leur nid. Peut-être y a-t-il des oeufs. Peut-être déjà des petits. Qui dorment pendant qu'ils veillent sur eux.

Ils nous regardent, tu vois ? Ils ne semblent pas contents de nous voir. Peut-être qu'ils se disaient de doux secrets. Qu'ils se gazouillaient des notes amoureuses. On les a sûrement interrompus pendant un moment de repos complice alors que les bébés dorment.

Ils nous dévisagent, tu as remarqué ? Peut-être se questionnent-ils sur nos motivations. Peut-être se demandent-ils si nous nous aimons autant qu'eux.

Ils se sont collés un peu plus, tu as vu ? Leurs plumes s'entremêlent et se caressent. Nous devrions peut-être les laisser seuls. Nous avons assez volé de leur intimité. Viens. Prends ma main. Envolons-nous ensemble.

"L'amour, c'est un oiseau. Imprévisible, fantasque. Fragile aussi, et périssable. Et cet oiseau, pourtant, d'un seul battement d'ailes, allège nos existences de tout le poids de l'absurdité." [Louise Malheux-Forcier]

21 novembre 2009

Un crime littéraire - Désorde classifié

Je ne crois pas que c'est vraiment un crime. Mais je me sens tout de même coupable. C'est inévitable. "C'est dans ma nature" comme dirait une certaine fable. Je suis comme ça... complètement conflictuelle et souvent culpabilisée par des choses sans importance. En apparence ! Je mélange les traits contradictoires et je m'assume. Même si je tente parfois de changer les choses. Mais cela ne m'empêche pas de me sentir aussi coupable. Car même si j'aime l'ordre, je suis parfois complètement désordonnée...

J'ai longtemps voulu "faire" plusieurs choses. J'ai finalement fait certains choix et même si parfois je rêve de ce que j'aurais pu Bil2faire, je suis complètement satisfaite avec mes choix. Je suis bibliothécaire. Je suis archiviste. (Et bien sûr, je suis toutes les appellations qui existent: spécialiste de l'information, professionnelle de la gestion des documents, et ba be bi bo bu.)

Plusieurs raisons existent expliquant mon choix d'études et de professions. J'en parlerai peut-être un jour. Mais je dois avouer que deux raisons se placent tout en haut: j'aime les mots et l'information (sous toutes ces formes, formats et supports) et j'aime les organiser pour les rendre disponibles... Des bibliothèques, des archives, des bureaux remplis de documents... mes lieux de travail. Que j'organise et gère.

Donc, ce fut normal pour moi d'essayer de donner un ordre à mes livres (et à mes archives, mais ça c'est malheureusement un autre crime). Avant même d'avoir étudié en bibliothéconomie, j'avais tenté de donner un ordre à mes livres... par sujet, par pays, par ordre alphabétique, par grandeur... ce fut toujours un désastre total. Les genres difficiles à parfois se distinguer. Les auteurs se plaçant facilement, mais ma fibre esthétique se rebellant contre les livres de différentes grandeurs se plaçant un après l'autre dans un désordre dimensionnel. Et l'ordre alphabétique prit donc rapidement un tour personnel: l'alphabet est contrebalancé par le nombre de centimètres d'un livre.

Quand Dewey, LC et autres codes et cadres de classification croisèrent mon chemin, je crus être sauvée ! Mais c'était sans compter avec ces méchants centimètres et ma volonté de partager certains lieux et à rassembler certains genres ! Et il ne faut pas oublier l'espace. Ce cruel manque d'espace... des livres partout... dans toutes les pièces, parfois même cachés derrière d'autres livres - et ne respectant donc pas l'ordre du moment - d'autres perdus dans des boîtes... Et je passe rapidement sur l'esthétisme: les couleurs, l'espace, le besoin de respirer de certains livres... et l'envahissement par les objets qui exigent leur place dans les bibliothèques. Tout ce monde se chamaillent dans une joyeuse composition cacophonique.

Je vis aujourd'hui un peu dans un désordre ordonné que je réorganise périodiquement selon un nouvel ordre que je trouve plus adéquat, mais qui n'est, je le sais trop bien, que temporaire. Et je rêve du moment où l'ordre parfait me fera un clin d'oeil. Qu'il se révélera miraculeusement à moi. Parfois, je passe devant mes bibliothèques, éparpillées partout dans mon logis, et je me dis que mes livres ne sont peut-être pas heureux de leur présente localisation et aimeraient probablement côtoyer un autre livre; un copain qui le comprendrait sûrement mieux ! Cela me semble un bordel injustifiable. Et cela exaspère la bibliothécaire en moi. Cela horripile la passionnée d'organisation que je suis.

Je culpabilise. Encore. Et j'essaie alors de réfléchir à un nouveau type de classement... Qui sera la solution magique à mon anarchique désordre littéraire.

3 janvier 2010

Le moment captif d'un dimanche : accepter d'attendre

"Malheur à celui qui ne peut être seul un jour de sa vie sans éprouver le tourment de l'ennui, et qui préfère, s'il le faut, converser 01janvieravec des sots plutôt qu'avec lui-même!" [Xavier de Maistre]

Il faut parfois une image de silence pour réaliser qu'on n'a pas peur de la solitude. Une journée d'isolement peut être douce. Jamais les heures de solitude ne m'ont angoissée.

Je sais qu'elles font peur à bien des gens que je connais. On m'a déjà confié être incapable d'être seul plus que quelques moments. L'ennui et l'isolation envahissent leurs pensées et l'affolement les saisit.

Je m'ennuie rarement quand je suis seule. J'aime la solitude. J'aime me promener tranquillement dans les rues et réfléchir. J'aime me retrouver dans ma maison déserte et respirer un peu le désoeuvrement.

J'aime me retrouver face à mes propres rêveries et soucis. Les affronter ou les oublier. Les défaire et refaire. Les vivre et les revivre. Je regarde les minutes passées et j'attends tranquillement que la vie me parle. J'aime l'écouter et lui répondre. Parfois je le fais à voix haute.

Tout va si vite... les gens nous entourent et nous envahissent... les tâches et les activités nous guettent... Parfois, il faut savoir s'arrêter, s'isoler, se perdre dans un doux silence et attendre que le présent nous raconte le passé et nous annonce les jours à venir.

"L'hiver, cette saison de silence froid, mais aussi d'attente féconde" [Daniële et Stefan Satrenkyi]

15 novembre 2009

Le moment captif d'un dimanche: un peu de papotage

00chicane_ou_amour"Haaaaa, une bonne rumeur ! Ça c'est de la communication..." [Jissey]

Bla bla bla, que j'entends à côté... serait-ce du commérage ? Quelques cancanières sûrement. Elles papotent sur tous et chacun. Elles aiment bien explorer les dernières rumeurs et en analyser la véracité. Parfois elles oublient d'être gentilles et se laissent aller à transformer les potins.  Les améliorent, les embellissent, les déforment et les transforment.

Le bavardage devient parfois cacaphonique. Les mots s'entremêlant, les rires devenant de moins en moins discrets. Le caquetage frôle parfois le mauvais goût, les propos s'emballent et dépassent parfois la pensée. Les indiscrétions s'échappent, elles rigolent et tentent de diminuer les paroles parfois un peu méchantes.

Elles savent bien qu'elles exagèrent. Qu'elles ne devraient pas babiller indélicatement comme ça... Elles rougissent un peu, laissent les remords adoucir les paroles. Puis, elles reprennent joyeusement leur chronique scandaleuse des dernières histoires du coin. En ouvrant quand même bien leurs oreilles sur les racontars qui les concernent et qui sont lancés un peu plus loin. Coin, coin, coin... bla, bla, bla...

"Il n'y a pas moyen d'avoir de l'esprit sans être un peu méchant. La malice d'un bon mot est la pointe qui le fait piquer" [Shéridan]

28 novembre 2009

Un 500 inattendu

C'est étrange... Il faut dire que je m'en suis aperçu un peu par hasard. Car je ne suis pas le genre de personne à pointer ces événements. Bon500, peut-être un peu, mais disons, que pour ces lieux, j'ai laissé passer les années sans vraiment les noter.

C'est ainsi que le mois dernier, je me suis rendue compte que cela faisait 3 ans que je gribouillais virtuellement sur ce carnet. J'ai alors réalisé que le temps... oui, je sais, on le dit souvent... que le temps passait vite. Si rapidement.

Je dois avouer que je suis bien ici. Je suis contente de ce que je réalise ici. Rien n'est parfait. Je changerais peut-être des choses. Mais dans son ensemble, j'aime bien mon carnet. Ce calepin qui me permet de renouer avec l'analyse... qui me permet de livrer mes humeurs... qui me laisse la liberté de partager...

Et puis hier, je regardais ma page de statistiques. Toujours intéressant. Surtout de regarder les recherches qui mènent ici... je me dis parfois que sans mes articles sur Antigone d'Anouilt ou le Survenant de Guèvremont, mes statistiques de visites seraient quasiment nulles... mais enfin, je divague...

Je disais donc que je regardais mes statistiques quand j'ai platement planté...  J'ai dû vider ma cache, me reloguer et ensuite revenir sur cette plateforme. Nom d'usager, mot de passe... et voilà, je dois cliquer sur mon blog. Alors que je clique... je vois... le prochain texte (et donc celui-ci) serait mon 500e article !

500... je ne m'y attendais pas. Je dois avouer que je n'ai jamais compté... Ce n'est en fait pas si important que ça... Bon, pas important du tout... je l'admets. Mais ça m'a fait tout drôle !

Ce sont des minutes, des heures, du temps passé à me perdre dans l'écriture. Et cela me ramène à des réflexions sur mon temps ici, sur le temps qui vient... enfin... 500 textes... c'est immensément étrange, réconfortant, épeurant, réjouissant et étonnant.

4 janvier 2010

Un crime littéraire - Procrastination donnée

BDJ'ai déjà parlé de mon grand désordre classifié qui me désespère mais semble être là pour durer ! Je disais dans cet aveu d'un si petit crime littéraire que j'avais toujours tenté d'ordonner mes livres. Mais que lorsque j'avais fait mes études en bibliothéconomie, ce besoin avait pris des proportions deweyènes (ou deweyennes?). Oui, car j'ai toujours préféré Dewey à LC... ou a d'autres codes de classification. J'ai un petit faible pour le Dewey si imparfait !

Et bien mes études bibliothéconomiques me firent commettre un autre petit crime littéraire ! Oh, il est tout petit et discret... mais il me nargue chaque fois que j'ouvre un certain dossier de mes archives personnelles informatiques...

Avec l'arrivée de certains logiciels, nous nous sommes plus ou moins tous mis à créer des documents personnels: des textes, des feuilles de calculs, des présentations animées, pour ne nommer que ceux-ci ! Utiles et essentiels aux études et au travail... et bien pratiques personnellement. Et bien sûr, il y avait ce logiciel permettant de faire des bases de données. J'ai même travaillé professionnellement avec une base de données créée pour traiter les archives qui fut développée avec ce logiciel tout simple.

Donc, dans mon désir de tout organiser mes livres, mais devant mon incapacité à les ordonner physiquement, je me suis dit que je pouvais me créer ma base de données de livres ! Mon propre catalogue de bibliothèque... avec mes champs personnels... un catalogue bien cataloguer avec les règles de catalogage ! Super ! Merveilleux !

Et hop, on se lance dans la création d'une super base de données de tous mes livres. Choix des champs, création des pages, liens entre les champs et les pages... tout un travail qui m'a occupé pendant des heures ! Une base pour les descriptions de livres, une base pour les auteurs, une base pour les genres... Beaucoup de travail. Puis finalement, je commence l'entrée de données. Va chercher une pile de livres, saisit les informations sur le livre, détermine le sujet, entre l'information sur l'auteur, cherche des informations complémentaires... c'est très complet ! Je suis satisfaite ! Mais c'est très long... très très très très long...

Les premiers jours... les premiers mois, je suis très zélée ! Je taponne sur mon clavier avec entrain. Une pile de livres, puis une autre... puis une autre... je sens que j'avance. Puis, le temps passe... je suis fatiguée le soir après le travail... je passe quelques semaines sans entrer de données. Ce n'est pas trop grave, je me dis, l'été arrive et j'aurai amplement le temps de continuer. C'est que j'en ai des livres... des rangées et des rangées. Mais l'été passe rapidement entre voyages, lectures, visites... et je n'entre qu'une toute petite pile de livres.

C'est l'automne... le temps de reprendre le travail que je me dis ! J'entre plusieurs livres dans la base de données. Je peux à présent faire de nombreux liens entre les bases et je produis des listes et des rapports ! C'est sensationnel ! Je suis toute énervée. Et bien contente de mes descriptions catalographiques. Mais pour que ce soit complet, il faut que j'entre les livres... Il en manque encore beaucoup. Heureusement, j'entre immédiatement tout nouveau livre. Enfin... au début. Puis, je me dis, je vais les entrer après les avoir lu, car j'ajoute maintenant mon appréciation de lecture. Donc, évidemment, il faudra que je retourne dans la note si j'entre le livre avant de l'avoir lu ! Mais bien sûr, je finis parfois la lecture ailleurs que chez moi, ou alors très tard dans mon lit... je remets donc la description dans ma base de données à plus tard...

Et puis, le plus tard, prend du retard. Les livres à décrire s'accumulent, sans compter ceux qui ne sont pas encore entrés... Et puis, tous ces livres me découragent un peu. J'ai envie de le faire, mais je remets au lendemain, puis au lendemain, puis au surlendemain... je procrastine ainsi depuis des années ! Oui, oui, des années ! Ma base n'est toujours pas terminée... et maintenant elle date. Toute cette procrastination l'a vieillie... elle prend de l'âge et le porte mal... je voudrais aujourd'hui la refaire complètement !

Parfois, je me lève pleine de bonne volonté ! Mais quand je vois tous ces livres... je capitule... et j'en prend finalement un pour le lire et je me jure de le décrire un autre jour...

29 novembre 2009

Le moment captif d'un dimanche: Direction

001_Direction"Toutes les directions ne se valent pas ; ceux qui cherchent leur chemin le savent bien" [Denis Gueldj]

Tourne, tourne... je cherche. Je regarde la route me sourire. On pourrait croire que ce ne fut pas réfléchit. Mais toute cette route avait été pensé. Des heures de réflexions et de planification.

Mais malgré toute cette planification, la durée du trajet ne fut pas nécessairement évaluée. Il y a un chemin à suivre. Mais toutes les directions ne sont pas à suivre. Une marche peut être longue ou courte. L'important est de suivre un seul chemin et de s'y engager avec confiance. La confusion et l'incertitude sont souvent présentes, observant nos moindres gestes.

La route s'allonge parfois sous nos pieds. Sans crier gare, sans raison. On se sent parfois envahi par la route. Et toutes les larmes de notre corps tombent doucement et sèchent ausitôt. On peut bien tenter de les rattraper ces larmes, mais c'est impossible. Il suffit donc de les abandonner à leur destin.

On peut se questionner sur le chemin pris et sur celui à prendre. On a parfois l'impression que les chemins sont confus, qu'ils sont difficiles. Tortueux. Dangereux. Ennuyeux. Doit-on continuer sur le même chemin ? Doit-on tenter de prendre une nouvelle route. Quelle direction prendre ? On serait souvent tenter de rester sur le même chemin famillier. Le changement fait peur. Évidemment. Mais le changement de route est parfois complètement nécessaire à la continuité du chemin. Quelle route choisir ? Quelle direction est la bonne ? Faut-il analyser les cartes ou se laisser porter par la route ?

"Il n'y a rien de négatif dans le changement, si c'est dans la bonne direction" [Winston Churchill]

21 juin 2009

Le moment captif d'un dimanche - Du soleil à venir

"Les choses de l'enfance ne meurent pas, elles se répètent comme les saisons" [Eleanor Farieon]ete

Il fait déjà chaud. C'est arrivé à l'improviste. D'un coup. Il y a quelques semaines, le temps étaient encore frais la nuit. Les journées ensoleillées, mais supportables. Agréables.

Depuis un peu plus d'une semaine, il fait déjà trop chaud. Une chaleur d'été... étouffante, suffocante. Comme toujours. On bouge au ralenti. Le moindre mouvement à l'extérieur provoque des écoulements de sueur. Les nuits sont irrespirables. Les fleurs et les plantes de mon balcon sont déjà suppliantes et attendent avec impatience les soirs et les arrosages. Les champs sont déjà jaunes. Les plages sont remplies.

Le soleil est oppressant mais exaltant. Les gens recherchent l'ombre mais sourient avec passion à ce soleil torride.

J'aime bien l'été... et ce jaune qui semble envahir tous les recoins. L'été, c'est le rire, l'enfance, les vacances, les moments de nonchalance à boire de la limonade et à lire, à parcourir les routes à la recherche de rivières sympathique qui accueillent en scintillant les picnics...

Évidemment... la vie et la routine continuent implacablent comme le soleil. Mais l'été permet toutes les folies, tous les souvenirs, toutes les paresses... Jusqu'à l'automne qui elle aussi sait séduire ! Mais on en parlera en septembre !

"L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi? Je n'en sais rien. Mais cela est" [Gustave Flaubert]

17 août 2009

Vacances... une première fuite...

C'est un été lent. Un été chaud. En tout cas, ici à Barcelone, c'est un été épuisant et paresseux. Il commença tôt et continue. Du soleil et du soleil. Les jours passent lentement alourdis par cette chaleur qui semble éternelle.

Vacances1Quand j'étais enfant, je me souviens que les étés étaient infinis. Ils duraient des vies entières. Puis, avec l'âge, les études et le travail, les étés m'ont parus éphémères. Ils passaient et je ne semblais pas être en mesure de les voir.

Depuis que je vis en Espagne, bien que les étés passent encore relativement rapidement, je dois dire qu'ils ne passent plus inaperçus. Ils sont là. Brûlants et bruyants. Remplis de chaleur et bruits mais aussi de plages, de fêtes de quartier et de promenades dans la ville.

Les étés sont donc bien vivants. Mais comme je l'ai déjà dit, ils sont aussi parfois difficile à supporter. Et bizarrement semblent s'éterniser. Difficile de travailler dans la chaleur.

Heureusement cette année, l'été est ponctué de visites et courts voyages. Soeurette fit son tour au tout début... amie-complice et son copain sont arrivés au début août et sont déjà repartis... et la semaine dernière, j'avais finalement une première semaine de vacances.

Et je crois que cela faisait très longtemps que je n'avais attendu une semaine de vacance avec autant d'ardeur ! Et les premiers jours de cette fuite dans les Pyrénnées espagnoles puis françaises furent témoins d'un peu de pluies et de fraîcheurs... Qui étaient les bienvenus... et qui ne furent présentes que le temps de respirer enfin. Puis elles repartirent et laissèrent la place au soleil pour les derniers jours vécus au fin fond du Languedoc-Roussillon...

Des marches, des visites de châteaux, d'abbayes, de villages... des pics-nics sur le bords de rivières... des moments de lecture...

Et aujourd'hui, un retour à Barcelone, qui elle, n'a pas abandonné son soleil et sa chaleur. Et les jours reprennent leur quotidien. Jusqu'en septembre alors qu'une deuxième fuite nous attend ! J'aime bien espacer mes fuites...

9 août 2009

Le moment captif d'un dimanche : refuge

"Les rivières sont des chemins qui marchent, et qui portent où l'on veut aller" [Blaise Pascal]DSC_6132_copy

La mer est étourdissante. Bruyante. Et en août, il y a toujours une multitude de gens bruyants et heureux qui viennent ajouter au bruit assourdissant des vagues sur la plage.

J'ai besoin de douceur. Du calme chuchotement de cette rivière que nous aimons retrouver surtout dans la chaleur brutale des jours d'été espagnols. Découverte au détour d'un voyage imprévu dans les Pyrénnés catalanes, nos pas nous ramènent régulièrement à cette jolie rivière. Nous nous dirigeons d'abord vers le magnifique et minuscule village de Beget, non loin d'Oix et de Camprodon... Perdu dans les montagnes et bien à l'abri des regards, le charmant village a conservé une poésie toute médiévale. La rivière traverse le village et il suffit de la suivre un temps pour la retrouver sauvage dans la forêt qui entoure Beget.

Nous marchons un peu pour nous éloigner de la route et du village... Le chemin est parfois difficile. Mais la rivière nous porte à  à cette roche qui nous accueille toujours en souriant. Et le doux babillage de la rivière, les bruissements des oiseaux nous enveloppent pendant quelques heures... Nous semblons oubliés, seuls... et nous écoutons la voix unique de cette rivière perdue dans sa montagne.

"La mer a partout la même voix grondeuse, grave, solennelle. Nos rivières chantent, murmurent, babillent, et elles ont toutes un accent différent." [Alexandre Pothey]

19 juillet 2009

Le moment captif d'un dimanche : Suivre la route

"L'enfant marche joyeux, sans songer au chemin ; il le croit infini, n'en voyant pas la fin" [Alfred de Musset]DSC_8028

Mais le fait-il vraiment. Je ne sais. Cette petite japonaise à Tokyo, croisée en septembre dernier, me semblait bien seule, bien chargée. Je l'ai observé discrètement pendant un moment. Elle marchait seule. Avec ses gros sacs. Elle semblait si petite.

Marchait-elle joyeusement ? Songeait-elle au chemin ? J'avais surtout le sentiment, qu'elle peinait sur sa route, à suivre cette ligne jaune. Elle semblait trouver ce chemin infini, et ne semblait pas en voir la fin. Je me trompe sûrement.

Elle savait sûrement que la ligne protègerait sa jeunesse et l'entraînerait vers des horizons lumineux. Elle était seule. Forte. Indépendante. Sans besoin d'adulte pour porter ses sacs, ou pour lui indiquer le chemin. Grande impératrice des routes.

Elle connaissait son chemin. Et savait qu'elle devait le connaître. Peu importe ce qu'il lui réserverait un jour. Cette voie était la sienne... sans fin.

"Vouloir écarter de sa route toute souffrance, signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine". [Konrad Lorenz]

12 juillet 2009

Le moment captif d'un dimanche : Douceurs

"LavandeEn mûrissant, faites comme la lavande, adoucissez-vous" [Proverbe anglais]

Il y a des moments que l'on peut emprisonner dans une image. Parfois, l'image nous semble différente que celle prise dans nos souvenirs. Les couleurs moins vives, l'atmosphère moins enveloppante. Mais parfois, la photographie réussit à saisir l'essence du moment que nous avons voulu capturer.

Les couleurs sont au rendez-vous, le mouvement semble transpercer l'immobilité. L'image semble reproduire l'impression, le moment.

J'aime cette photo. Elle me rappelle exactement le moment où au détour d'une rue, j'ai rencontré cet étalage devant cette charmante boutique. Je revois, le soleil, le sympathique vendeur, la chaleur de cette journée, les couleurs vives et excessives.

La seule chose que je ne retrouve pas... de toute évidence... c'est l'odeur... douce et explosive de cette lavande. Mais si je regarde attentivement puis que je ferme les yeux... je retouve la douceur et la chaleur de ce parfum parfois discret parfois trop violent... mais inoubliable.

"L'odeur est l'intelligence des fleurs" [Henri de Montherlant]

6 septembre 2009

Le moment captif d'un dimanche : Immobilité

ChatZ"J'ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure". [Hippolyte Taine]

Il regarde. Il sait qu'il sait. Il observe sans bouger. Il sait qu'il devrait tout savoir. Évidemment, il ne sait pas qu'il ne sait pas tout. Mais il se concentre et étudie les hommes.

Il sait qu'il ne devrait jamais leur faire confiance. Même ceux qu'il aime... on ne sait jamais. Même ceux qui semblent charmants. Ils peuvent être lâches et cruels.

Il essaie d'être vigilant. Il est prudent. Mais sa méfiance n'est pas toujours assez assidue et il se laisse tromper. Il sait que cela peut arriver. Il n'est pas sans faille. C'est pourquoi, il essaie d'être sage et d'être constamment aux aguets.

Il ne bouge plus et médite sur la nature humaine. Il essaie de ne pas se décourager et parfois il donne une chance à ces êtres indignes de sa tendresse. Me laissera-t-il une chance ? Me laissera-t-il lui prouver que nous ne sommes pas tous des monstres ?

"Le secret de l'immobilité absolue, c'est la concentration absolue". [John Irving]

12 avril 2009

Le moment captif d'un dimanche - Quelques cocos à trouver

B3__2_"Est-ce que la maman d'un oeuf de Pâques c'est une poule en chocolat?" (Mots d'enfant)

Il y a toujours eu des oeufs de Pâques dans mes souvenirs. Ces oeufs que l'on décorait quelques jours avant Pâques. Bizarrement, je ne me souviens plus très bien ce qu'on en faisait exactement.

On devait les mettre dans la cuisine, je suppose. Ou peut-être dans un bol sur la table du salon. Une chose est certaine, il n'y avait pas d'oeufs cachés, pas de recherche, pas d'autres décorations. Il y avait bien sûr des lapins et des oeufs en chocolat, mais que le dimanche. Parfois, il y avait un animal en peluche... je me rappelle avoir reçu un lapin en peluche de couleur lilas pour aller dans ma chambre, un certain dimanche de Pâques... celui de ma soeur était jaune... histoire de rester dans les couleurs de nos chambres !

Il y a quelques semaines, nous avons fait un petit voyage en Alsace et en Forêt Noire en Allemagne. Et ils étaient partout ! Les oeufs et les lapins ! Sur les portes, dans les fenêtres, dans les arbres, dans les jardins, sur les perrons, dans les magasins... Des oeufs, des lapins, des poules, des fleurs et des couleurs partout autour de nous ! Et c'est bien joli !

Pâques ne signifie pas grand chose pour moi. À part quelques souvenirs de chocolat, de films bibliques à la télévision et de messes interminables. Et quelques images de printemps. Parfois, il faisait assez beau pour se mettre en souliers ! Aujourd'hui, je ne peux pas manger de chocolat, je ne vais plus à la messe et je connais les films par coeur... Il ne me reste que le printemps !!! Et les décorations colorées !

Après tout... les oeufs ne symbolisent-ils pas la vie et le renouveau ? Le lapin représente la fécondité, le lièvre était un symbole de résurrection et de renaissance... Le printemps est là... On revient enfin à la vie après les longs mois d'hiver... La nature renaît tranquillement.  Il est temps de souligner le printemps, et pourquoi pas... de festoyer en compagnie d'oeufs et lapins... ;)


14 juin 2009

Le moment captif d'un dimanche - Il est revenu

reptile

"Pour atteindre à de hautes places, ce sont deux choses: il faut être aigle ou reptile" [Honoré de Balzac]

Notre visiteur est revenu. Chaque été, il arrive. Nous ne savons pas où il passe les mois précédents. Il ne vient que l'été. Parfois, il n'est pas seul. Un plus petit que lui l'accompagne. Mais habituellement, il est seul.

Notre premier jour dans notre appartement avait été marqué par la capture d'un de ces visiteurs par notre chat. En fait, nous avions trouvé le corps et la queue sur le tapis de notre salon. Et notre chat bien fier de sa prise.

Puis, nous avons à deux ou trois reprises aperçu un autre visiteur. Mais nous ne pouvions jamais vraiment le voir très longtemps. Notre chat se lançait immanquablement à sa poursuite. Les visiteurs filaient en un éclair, mon chat à leurs trousses et aucune possibilité de photo.

Et puis, maintenant que mon chat n'est plus là pour les terroriser, les visiteurs sont revenus. En fait... le visiteur est habituellement solitaire. Mais il est parfois accompagné. Mais en fait, je ne saurais dire si c'est le même. Sur les photos, il se ressemble. Il est plus tranquille maintenant. Il arrive au début du printemps et il disparait à la fin de l'automne. Il passe parfois des journées entières au soleil. Souvent, la nuit, il se promène sur le mur de la terrasse. Quelques fois, on le retrouve derrière les bacs à fleurs, bien caché, bien immobile. Et il se laisse approcher et prendre en photo. Il fait la pose.

Personnellement, je me demande pourquoi, il revient chaque année au 8e étage de notre édifice. Que vient-il chercher dans ces hauteurs ? Il est vrai que les fleurs de mon balcon sont envahies par les insectes en tout genre mais pourquoi avoir monté si haut ? Il faudra que j'aie une conversation avec mon lézard visiteur.

"Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin" [Proverbe chinois]

18 août 2009

Envie de lecture

Phénomène connu et rapporté par nombres de lecteurs: ces dernières semaines, je n'avais aucune envie de lire. Mes coupures de lectures sont souvent associées à des ruptures d'écriture. Oh bien sûr, il y a eu le travail et les tâches quotidiennes. Il y a eu les visites de la famille et d'amis. Il y a eu les escapades et les voyages. Mais cette interruption de lecture et d'écriture fut cette fois-ci largement attribuable à la chaleur (oui, encore et toujours... c'est que je trouve cela vraiment difficile cette année).

Je me voyais incapable de lire plus d'une page. Pas le courage, pas envie. Et difficile d'écrire plus d'une ligne cohérente. Et donc quand je ne convoite aucun livre et bien je ne lis pas. Je fais autre chose. Comme traînasser sur mon balcon à regarder mes fleursLectureff qui ne sont pas encore toutes mortes cette année. Ou alors à regarder d'un oeil paresseux des séries et des films que je connais déjà par coeur. Aucun effort pour mes petites cellules fatiguées.

Mais la semaine dernière, alors que nous étions encore en vacances dans cette merveilleuse auberge tout près de Séverac-le-Château, mon désintéressement temporaire pour la lecture s'est soudain évanoui.

Mon envie de lire était au plus bas, certes, mais je savais qu'il reviendrait bientôt. Et comme ma PAL n'est jamais trop grande, j'avais dans la journée fait plusieurs achats livresques. Il faut souligner aussi, que les livres en français ne pleuvent pas à Barcelone et que les achats en ligne ne permettent pas de toucher, palper, feuilleter les livres... Donc... impossible de ne pas revenir de France sans quelques livres.

La collecte de la journée avait été bonne. Quelques achats dans des boutiques de châteaux et d'abbaye (principalement sur le Moyen Age... je crois qu'on a deviné mon intérêt pour l'époque) et une razzia monstre dans quelques libraries des villages visités.

La nuit venue, je m'installe pour dormir. Les journées sont très très chaudes, mais les nuits sont douces et fraîches. Comme dans mon enfance, alors que nous allions au mois d'août dans les Cantons de l'Est chez mes grands-parents: le jour, la chaleur était étouffante, mais la nuit, il fallait mettre une "petite laine" comme dit encore ma grand-mère.

Évidemment, avant de dormir, je me mis à feuilleter les achats de la journée... et les heures ont passé en un instant. Après avoir feuilleté chaque livre, j'ai commencé à planifier l'ordre de lecture de tous ces ouvrages. Et puis, je ne pus m'empêcher de commencer un ouvrage sur les repas aux Moyen Age... que j'ai fini avant la fin du voyage !

Et là, et bien c'est revenu... la fureur de lire, l'envie d'écrire... même sous le soleil de Barcelone et ses nuits accablantes... je lis et je lis...

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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