Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
Publicité
Archives
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 798 768
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
21 septembre 2009

Old Possum's Book of Practical Cats de T.S. Eliot - II. L'oeuvre

ChatsOld Possum's Book of Practical Cats / T.S. Eliot; with decorations y Nicolas Bentley. -- London, Boston: Faber and Faber; 1987.

Quatrième de couverture

These lovable cat poems were written by T.S. Eliot for his godchildren and friends in the Thirties. They have delighted generations of children since, and inspired Andrew Lloyd Webber's brilliant musical Cats.

L'oeuvre

T.S. Eliot écrivit ses poèmes à partir du début des années 1930. Les poèmes sont en fait tirés de lettres que l'auteur écrivit à ses filleuls et aux enfants de ses amis. Il utilisa même le surnom de Old Possum pour signer ses lettres. Le recueil contenant 15 poèmes fut publié par la firme Faber and Faber en 1939. La première édition contenait des illustrations de T.S. Eliot, lui-même. En 1940, le recueil fut réédité avec cette fois des illustrations de Nicolas Bentley. L'édition de 1982 propose des illustrations d'Edward Gorey.

Les poèmes sont avant tout destinés à des enfants, mais malgré leur caractère léger et humoristique, ils ont immédiatement conquis un large public. Le recueil Old Possum's Book of Practical Cats est rapidement devenu une oeuvre classique. 

Une première adaptation musicale se fit en 1054 par le compositeur Alan Rawsthorne. Ce dernier prit six poèmes du recueil et les adapta en musique dans une oeuvre intitulé Practical Cats. L'acteur Robert Donat prêta ensuite sa voix lors de l'enregistrement de cet oeuvre.

L'adaptation la plus connue demeure la comédie musicale de Andrew Lloyd Webber intitulée Cats. L'oeuvre de Webber continent les poèmes de Eliot mais inclut aussi des poèmes de pièces non publiées de l'auteur.

Contenu:

  • The Naming of Cats
  • The Old Gumbie Cat
  • Growltiger's Last Stand
  • The Rum Tum Tugger
  • The Song of the Jellicles
  • Mungojerrie and Rupelteazer
  • Old Deutorenomy
  • Of the Aweful Battle of the Pekes and The Pollicles Together With Some Account of the Participation of the Pugs and the Poms, And the Intervention of the Great Rumpuscat
  • Mr. Mistoffelees
  • Macavity: The Mystery Cat
  • Gus: The Theatre Cat
  • Bustopher Jones: The Cat about Town
  • Skimbleshanks: The Railway Cat
  • The Ad-dressing of Cats
  • Cat Morgan Introduces Himself

Commentaires personnels

Le recueil Old Possum's Book of Practical Cats a pour thème principal les chats. Ou plutôt la nature des chats, leurs comportements, leurs personnalités, leur caractère, leurs manies, leurs qualités et leurs défauts. Pratiquement chaque poème nous présente un chat unique. Deux poèmes n'ont pas un chat en particulier comme sujet principal, mais s'attardent plutôt à nous parler des chats, de leur nature et de leurs noms. Ces poèmes ouvre et feme le recueil. Chaque poème est une oeuvre complète et achevée mais l'ensemble des poèmes du recueil nous offre une unité poétique presque parfaite !

Les poèmes du recueil Old Possum's Book of Practical Cats sont souvent critiqués pour n'être pas de "vrais" poèmes. Souvent ramenés à de simples contes, comptines ou fables rimées pour enfants, on leur reproche leur facilité, leur caractère humoristique et enfantin. Mais d'autres y ont vu une complexité charmante, des rimes et répétitions musicales et surtout un symbolisme rempli de charme et d'humour. Car ces chats ne sont-ils pas en fin de compte semblables à nous ? Ces chats caractériels n'ont-ils pas les mêmes personnalités que bien des hommes ? On peut facilement reconnaître nos défauts et nos qualités, nos peurs et nos espoirs,... dans les chats de T.S. Eliot. L'imagerie utilisée est drôle mais complètement réaliste. Chaque poème est la description d'un chat, d'un humain... Chaque personnage est admirablement décrit, une peinture complexe d'un être unique. Par ses poèmes, Eliot charme les enfants avec ses rimes cocasses et la simplicité de ses vers, mais il décrit aussi la société qui lui est contemporaine.

Les mots d'Eliot sont harmonieux, musicaux et terriblement "anglais".La société anglaise est délicieusement décrite. Et on sent véritablement l'atmosphère des rues londonnaises, des salons anglais,... Le livre ne peut que se lire en chantonnant. La musicalité des vers est complètement ensorcelante. Il n'est donc pas étonnant que plusieurs artistes l'ont mis en musique et en chansons. Évidemment, aujourd'hui, pour ceux qui ont vu la comédie-musicale Cats, il est difficile de lire les poèmes sans les chanter...

Mais même en lisant simplement les vers... on ne peut s'empêcher de se faufiler furtivement derrière Macavity ; d'entendre les smash, crash et ping, résultats des frasques de Mungojerrie et Rumpelteazer ; de se dandiner à la suite Jennyanydots...

Lire aussi sur ce carnet:

Extraits

"Macavity, Macavity, there's no one like Macavity,
For he's a fiend in feline shape, a monster of depravity.
You may meet him in a by-street, you may see him in the square--
But when a crime's discovered, then Macavity's not there
!
"
(Macavity - The Mystery Cat)

"And when you heard a dining-room smash
Or up from the pantry there came a loud crash
Or down from the library came a loud ping
From a vase which was commonly said to be Ming--
Then the family would say: "Now which was which cat?
It was Mungojerrie! AND Rumpelteazer!"-- And there's nothing
at all to be done about that!
."
(Mungojerrie and Rumpelteazer)

Sources

Publicité
22 avril 2009

Les archives de Pauline - Les lumières du cinéma

cinemaIl y a longtemps que je n'ai pas pris le temps de me rendre dans une de ces salles. Et pourtant, j'ai toujours adoré aller au cinéma. Dernièrement, on dirait que je ne prends plus le temps de vivre cette expérience.

Le temps de choisir un film, me déplacer vers les lieux, acheter le billet, me diriger vers l'employé qui déchirera d'une façon irrémédiable ce même billet et me pointera distraitement la salle, me diriger ensuite vers ce comptoir qui me procurera ces maïs si délicieusement soufflés et m'asseoir ensuite dans un fauteuil souvent inconfortable. Et puis. Regarder.

Non, depuis quelques temps, je ne prends plus ce temps. Et pourtant c'est une expérience inégalable à mes yeux. Et une passion qui me vient de mon enfance.

Ma mère adorait nous amener au cinéma. Malgré l'expérience effroyable que cela devait être pour elle... je me rappelle de samedis après-midis dans un cinéma bondé d'enfants et de parents exaspérés... cela devait être pénible !  Enfin j'ai peine à m'imaginer à sa place... j'ai même de vagues souvenirs d'avoir trouvé les lieux bruyants (j'étais une petite fille très sage et discrète... et encore aujourd'hui, j'ai toujours le réflexe de vouloir baisser le son pour ne pas déranger... même au cinéma) !

Mais je me souviens que c'était une sortie très importante pour elle. Elle devait nous amener au cinéma. Bien sûr à l'époque, il n'y avait pas de magnétoscope... les seuls films que nous pouvions voir étaient à la télévision et bien entendu au cinéma.Et elle adorait le cinéma... les films étaient des oeuvres d'art de première importance pour elle.  Et elle aimait beaucoup de genres. Mais pour ma mère, vivre l'expérience du cinéma était unique. On devait aller au cinéma. Et on devait comprendre cette expérience et la vivre pleinement.

Cela semble difficile à comprendre ainsi, mais cela faisait du sens, croyez-moi. Aller au cinéma... c'était une sortie à ne pas prendre à la légère. On n'y allait pas tous les jours, ni même toutes les semaines. On devait choisir nos films avec soin et il fallait planifier toute cette journée: sélectionner le film et le jour, choisir l'ami qu'on pouvait amener avec nous, être tranquille toute la semaine, et puis surtout tranquille sur le chemin vers le cinéma.

Il y avait un cinéma en particulier qu'on visitait très souvent. La plupart des films de Walt Disney y jouaient... Je me souviens du nom "Cinéma Lumière", mais je suis incapable de le retrouver. Je devrai aller dans les archives de la ville de Montréal un de ces jours. Il me semble que le cinéma était sur Saint-Denis, mais rien n'est moins sûr ! Mais je me souviens qu'à chaque visite, on nous donnait une lettre. Ces lettres formaient le mot LUMIERE et si on rassemblait toutes les lettres du mot, on gagnait un prix ! Nous sommes allés un nombre incalculable de fois à ce cinéma, mais nous n'avons jamais formé le mot LUMIERE... nous avions beaucoup de E et plusieurs M et R mais nous n'avons jamais pu faire le mot ! Bizarre non ? ;)

J'ai vu Bambi, Fantasia, Bernard et Bianca et beaucoup d'autres Disney... et j'ai vu d'autres types de films, dont un film avec Claire Pimparé qui m'avait traumatisée car je voyais Passe-Carreau pour la première fois dans un autre rôle !!!

Ce sont des moments complètement fabuleux et parfois, j'ai dû mal à rattraper ces souvenirs... ils commencent à être flous. Mais ce dont je me souviens c'est la passion de ma mère, non seulement pour les films et le cinéma... mais pour l'expérience dans son ensemble !

Et il faut que je prenne le temps d'aller dans ces salles, parfois toute petite et toute vieille, parfois toute moderne et trop grande mais si confortable. Et m'installer avec mon pop-corn dans un fauteuil... puis observer pour voir s'il me faudra changer de place (si un grand vient s'installer devant moi, ou si ça jase trop en arrière) et puis regarder les "previews" (oui, parce que j'aime ça les previews moi !) et finalement... me perdre dans le film... que j'aimerais ou peut-être pas... là n'est pas la question... L'important c'est la visite au cinéma !

13 avril 2009

Vous avez été chercher votre eau ?

Eau

C'est étrange... je n'avais jamais entendu parler de cette tradition avant il y a deux-trois ans... Et pourtant, j'aime beaucoup toutes les légendes, coutumes et traditions - même si je ne les suis pas, personnellement, j'aime bien connaître toutes ces petites choses particulières et étranges.

Et voilà, qu'il y a quelques années, ma grand-mère, d'innocemment dire au cours d'une conversation téléphonique à l'occasion de Pâques: "je crois que je n'irai pas chercher d'eau de Pâques, cette année".

Et bien voilà. Je n'avais aucune idée de quoi elle parlait. Et je ne l'avais jamais entendu parler de ça auparavant... Et donc, j'ai fait mes recherches, bien sûr, car je dois savoir... Et puis, inutile de demander à "mère-grand", car selon son habitude, la conversation s'est arrêtée brusquement, car elle avait oublié un gâteau au four, ou alors une soupe sur le feu...

Donc... selon mes recherches, cette Eau de Pâques est très connue ! Et miraculeuse, en plus ! C'est une eau qui peut guérir nombres de maladies, particulièrement les maladies de peau et des yeux. J'ai aussi lu que cette eau peut nous protéger des mauvais esprits, des intempéries... Enfin, elle est bien utile !

On doit aller checher son "eau de pâques" au levée du soleil; et ce, le jour de la "résurrection du Christ" (donc, ici je vois beaucoup de problème... en bonne recherchiste que je suis, puisque le terme "christ" n'est pas unanimement reconnu et que le jour de sa résurrection - si on croit qu'il est déjà venu sur terre - n'est pas non plus reconnu unanimement... un dimanche, un lundi... enfin, c'est contesté..) Mais en général, les gens qui vont chercher cette eau... y vont le dimanche de pâques... donc, on va s'entendre pour le dimanche !

Bon... donc, on doit aller recueuillir notre eau, le dimanche de Pâques, au lever du soleil. Cette eau doit être courante, c'est à dire, qu'elle doit provenir d'une source, d'une rivière, un ruisseau, un fleuve, etc, mais pas d'un étang, un lac, un puits... Et la mer? Ce n'est pas clair... c'est selon...

Et une fois qu'on a été cherché notre eau ? Et bien, on en conserve une bonne quantité - il faut qu'elle dure jusqu'à la prochaine année - mais habituellement, on en boit aussi immédiatement... Elle nous protègera alors contre... et bien contre toutes ces petites choses mauvaises ! Certains se lavaient même tout de suite dans la source courante... avant d'en recueillir et d'en ramener pour en avoir toujours à portée de la main ! Se plonger dans la source, le matin de Pâques, devait donner une peau fraîche ainsi que la beauté et la séduction pour les femmes... la force et la santé pour les hommes... les priorités ne semblent pas les mêmes, mais bon !

Car il ne faut pas oublier que certains disent que cette eau est une façon d'unir le ciel et la terre... L'eau de Pâques est un symbole pour annoncer la fin de l'hiver... L'eau, pendant tout l'hiver, prise dans la glace, s'écoule maintenant librement... Le printemps est enfin là, la nature renaît... Et nous retrouvons encore ici une simple célébration du printemps, de résurrection, de renaissance et de la vie !

Eau de Pâques... eau bénite... on parle même parfois de druidisme, d'alchimie et de magie... la religion et la magie ne sont-elles pas intimement liées ?

Toujours est-il que je ne savais pas que ma grand-mère avait un jour été cherché cette eau ! Mais bon, je dois dire qu'elle enterre des médailles sur son chemin pour empêcher les visites des indésirables... Et ça semble fonctionner... Peut-être devrais-je chercher une source courante l'année prochaine ;)

20 février 2009

Pauline de George Sand

Pauline / George Sand ; édition établie et présentée par Martine Reid. – [Paris] : Gallimard, 2007. – ISBN GS1978-2-07-034208-2. – (Coll. Folio 2€ ; 4522)

Quatrième de couverture :

« Pauline était vêtue de brun avec une petite collerette d'un blanc scrupuleux et d'une égalité de plis vraiment monastique. Ses beaux cheveux châtains étaient lissés sur ses tempes avec un soin affecté ; elle se livrait à un ouvrage classique, ennuyeux, odieux à toute organisation pensante : elle faisait de très petits points réguliers avec une aiguille imperceptible sur un morceau de batiste dont elle comptait la trame fil à fil. La vie de la grande moitié des femmes se consume, en France, à cette solennelle occupation. »

L’auteur :


Amandine Aurore Lucile Dupin est née à Paris le 1er juillet 1804. Son père, Maurice Dupin  est un officier et le descendant d'une famille riche. Sa mère, Sophie Victoire Delaborde, est une aventurière reconnue et fille d'un marchand d'oiseaux. La famille Dupin s'opposera à l'union, mais un mois après le mariage du couple, nait la petite Aurore.


Après un séjour à Madrid alors qu'elle a 4 ans (afin de suivre son père qui est aide de camp pour le prince Murat lors des grandes campagnes napoléoniennes) la famille retourne ensuite en France pour vivre dans la propriété familiale de Nohant - qui appartenait à sa grand-mère paternelle. Son père meurt la même année d'une chute de cheval. La petite Aurore est alors confiée à sa grand-mère paternelle qui devient sa tutrice officielle en 1809. Elle grandit donc à Nohant bien qu'elle visite parfois sa mère à Paris. Son enfance à la campagne marquera profondément l'oeuvre de George Sand.


GS

En 1818, à sa grande joie, la petite est envoyée dans un couvent à Paris. Elle y restera pendant deux ans. Sa grand-mère meurt en 1821. Elle hérite de sa grand-mère mais la tutelle de la jeune fille est alors incertaine - entre sa mère et une personne choisie par sa grand-mère. Elle retourne finalement vivre avec sa mère mais celles-ci n'arrivent pas à s'entendre. Aurore va séjourner chez des amis où elle rencontre le baron Casimir Dudevant. En 1922, à l'âge de 18 ans, elle épouse Dudevant. Elle aura deux enfants avec son mari: Maurice et Solane. Malgré les efforts du couple pour s'entendre, ils n'avaient rien en commun. En 1830, elle rencontre Jules Sandeau qui devient son amant. Elle décide alors de s'installer, seule, à Paris. Elle commence alors une vie bohème et mouvementée plus proche de l'éducation libre qu'elle avait reçu à Nohant. Elle écrit ses premiers romans, Le Commissionnaire puis Rose et Blanche, en 1830-31 en collaboration avec Sandeau.


Aurore Dupin, baronne Dudevan, publie ensuite son premier roman seule, Indiana, sous le pseudonyme de G. Sand. Puis en 1831, elle publie Valentine sous le nom de George Sand. Peu de temps après, elle commence à rédiger une chronique pour la Revue des Deux-Monde. C'est dans cette chronique, qu'elle commence à ouvertement critiquer la société de son époque, la vie des femmes et des couples de son siècle. Son cercle d'amis et de connaissances s'agrandit et elle côtoie Sainte- Beuve, Marie Dorval, Stendhal, Alfred de Musset, etc.


Elle rencontre Musset en 1832 et ils entament une liaison presque immédiatement. Ils partiront en voyage en Italie, puis s'installent en 1834 à Venise. Le séjour est cependant mouvementé, Musset sera gravement malade, le couple sera infidèle et chacun aura de nombreux amants, ils se séparent et se réconcilient de nombreuses fois. George Sand a une liaison avec le médecin qui avait soigné Musset et la rupture est inévitable. Sand quitte Venise en juillet 1834. Pendant son séjour en Italie, elle aura publié plusieurs romans qui lui assurent une sécurité financière. En août 1834, elle retourne vivre à Nohant qui lui appartient. Elle obtient finalement sa séparation de son époux en 1836. Et elle repart presque aussitôt en voyage. Elle part pour la Suisse où elle restera avec le compositeur Franz Listz et Marie D'Agoult. Elle continue toujours d'écrire et de publier.


En 1838, elle commence une relation avec Chopin et ils se rendent aux Iles Baléares. Ils reviennent à Nohant et le couple passe son temps entre la campagne et Paris, en compagnie des deux enfants de Sand. L'écrivaine publiera de nombreux romans pendant cette période. Finalement, en 1847, elle rompt avec Chopin.


George Sand poursuit la rédaction de romans, mais s'essaie aussi au journalisme. Elle avait, par le passé, fondé La Revue indépendante et l'Éclaireur de l'Indre. Elle milite alors pour les opprimés. En 1848, profondément imprégnée de la Seconde République, elle crée à Paris le journal La Cause du Peuple. Elle participe aux Bulletins de la République et publie divers pamphlets. Rapidement déçue par le nouveau régime, elle délaisse son implication politique et retourne à Nohant.

Sa vie demeure très mouvementée. Elle crée le Petit Théâtre de Nohant et continue d'écrire. Elle se liera en 1850 avec Alexandre Manceau. Quelques drames personnels et familiaux l'affectent spécialement et finalement en 1855, elle part à nouveau pour l'Italie.


Sand consacre sa vie à écrire et ses oeuvres se multiplient: articles, romans, pièces de théâtre. Elle poursuit également son autobiographie: Histoires de ma vie. Elle voyage beaucoup. Elle demeure très impliquée au niveau social et n'a pas peur d'émettre ses opinions souvent très controversées. Elle militera toujours pour les droits des femmes. Elle sera également toute sa vie très présente dans la vie artistique française. Elle écrira jusqu'à la fin de sa vie. En 1873, elle entâme d'ailleurs une série nommée Contes d’une grand-mère qu'elle écrit pour ses petits-enfants.


George Sand - née Aurore Dupin - décède en 1876 à Nohant d'une maladie intestinale.


Résumé et Commentaires personnels à suivre...

Bibliographie

  • Le Commissionnaire (avec Jules Sandeau) (1830)
  • Rose et Blanche (avec Jules Sandeau) (1831)
  • La Fille d'Albano (1831)
  • Valentine (1831)
  • Indiana (1832)
  • Lélia (1833)
  • Aldo le Rimeur (1833)
  • Une conspiration en 1537 (1833)
  • Journal intime (1834)
  • Jacques (1834)
  • Le Secrétaire intime (1834)
  • La Marquise (1834)
  • Garnier (1834)
  • Lavinia (1834)
  • Métella (1834)
  • André (1835)
  • Mattéa (1835)
  • Leone Leoni (1835)
  • Simon (1836)
  • Mauprat (1837)
  • Dodecation, ou le Livre des douze. Le Dieu inconnu (1837)
  • Les Maîtres mozaïstes (1838)
  • La Dernière Aldini (1838)
  • L'Orco (1838)
  • L'Uscoque (1838)
  • Gabriel (1839)
  • Spiridion (roman, 1839)
  • Les Sept Cordes de la lyre (1840)
  • Cosima, ou la Haine dans l'amour (1840)
  • Pauline. Les Mississipiens (1840)
  • Le compagnon du tour de France (1841)
  • Mouny Roubin (1842)
  • Georges de Guérin (1842)
  • Horace (1842)
  • Un hiver à Majorque (1842)
  • La Comtesse de Rudolstadt (1843)
  • La Sœur cadette (1843)
  • Kouroglou (1843)
  • Carl (1843)
  • Jean Zizka (1843)
  • Consuelo (1843)
  • Jeanne (1844)
  • Le Meunier d'Angibault (1845)
  • La Mare au diable (1846)
  • Isidora (1846)
  • Teverino (1846)
  • Les Noces de campagne (1846)
  • Evenor et Leucippe. Les Amours de l'Âge d'or (1846)
  • Le Péché de M. Antoine (1847)
  • Lucrézia Floriani (1847)
  • Le Piccinino (1847)
  • La Petite Fadette (1849)
  • François le Champi (1850)
  • Le Château des Désertes (1851)
  • Histoire du véritable Gribouille (1851)
  • Le Mariage de Victorine (1851)
  • La Fauvette du docteur (1853)
  • Mont Revèche (1853)
  • La Filleule (1853)
  • Les Maîtres sonneurs (1853)
  • Adriani (1854)
  • Flaminio (1854)
  • Histoire de ma vie (1855)
  • Autour de la table (1856)
  • La Daniella (1857)
  • Le Diable aux champs (1857)
  • Promenades autour d'un village (1857)
  • Ces beaux messieurs de Bois-Doré (1858)
  • Elle et lui (1859)
  • Jean de la Roche (1859)
  • L'Homme de neige (1859)
  • Narcisse (1859)
  • Les Dames vertes (1859)
  • Constance Verrier (1860)
  • La Ville noire (1861)
  • Valvèdre (1861)
  • La Famille de Germandre (1861)
  • Le Marquis de Villemer (1861)
  • Tamaris (1862)
  • Mademoiselle La Quintinie (1863)
  • Les Dames vertes (1863)
  • Antonia (1863)
  • La Confession d'une jeune fille (1865)
  • Laura (1865)
  • Monsieur Sylvestre (1866)
  • Le Don Juan de village (1866)
  • Flavie (1866)
  • Le Dernier Amour (1867)
  • Cadio (1868)
  • Mademoiselle Merquem (1868)
  • Pierre qui roule (1870)
  • Le Beau Laurence (1870)
  • Malgré tout (1870)
  • Césarine Dietrich (1871)
  • Journal d'un voyageur pendant la guerre (1871)
  • Francia. Un bienfait n'est jamais perdu (1872)
  • Nanon (1872)
  • Contes d'une grand'mère vol. 1 (1873)
  • Ma sœur Jeanne (1874)
  • Flamarande (1875)
  • Les Deux Frères (1875)
  • La Tour de Percemont (1876)
  • Contes d'une grand'mère vol. 2 (1876)
  • Marianne (1876)
  • Légendes rustiques (1877)
  • L'Orgue du Titan (1873)
  • Les Ailes du courages


Citations :


« […] la mère avait une peur réelle de sa fille. On eût dit qu’à travers cet admirable sacrifice de tous les instants, Pauline laissait percer malgré elle un muet mais éternel reproche, que sa mère comprenait fort bien et redoutait affreusement. Il semblait que ces deux femmes craignissent de s’éclairer mutuellement sur la lassitude qu’elles éprouvaient d’être ainsi attachées l’une à l’autre, un être moribond et un être vivant : l’un effrayé des mouvements de celui qui pouvait à chaque instant lui enlever son dernier souffle, et l’autre épouvanté de cette tombe où il craignait d’être entraîné à la suite d’un cadavre. » p.40-41

Sources :

9 juin 2009

Petit lexique des idées fausses...

Petit lexique des idées fausses sur les religions /iddes. -- [Paris] : Albin Michel, [2004]. -- 247 p. ; 18 cm. -- ISBN 2-253-10988-6. -- (Coll. Livre de Poche, no30183)

Quatrième de couverture


Depuis toujours les idées fausses ont proliféré dans le domaine où elles sont le plus pernicieuses, porteuses de haines et de malentendus : celui des religions. Elles concernent alors le noyau identitaire de chaque culture, et sont si bien enracinées qu'il semble impossible, surtout en un temps où les mots religieux envahissent l'actualité la plus guerrière, d'aborder rationnellement ce terrain explosif. C'est pourtant ce que fait ici Odon Vallet, enseignant à la Sorbonne et à l'université Paris-VII.
Après le succès de son Petit lexique des mots essentiels, il explore le champ religieux en scientifique, en historien, en amoureux des langues, corrigeant les approximations de vocabulaire véhiculées par la rumeur ou les médias, qu'il s'agisse du voile prétendument islamique, de la laïcité ou de l'antisémitisme.
Il s'applique aussi à prendre en défaut, sans concession aucune, les lieux communs du "religieusement correct" sur le pacifisme bouddhiste, la tolérance protestante ou la "culpabilité judéo-chrétienne". Il montre enfin comment certaines confusions cachent de réelles difficultés auxquelles il nous invite à ne pas nous soustraire, pour faire reculer l'intolérance et l'ignorance.

L'auteur

Odon Vallet est né en 1947 à Paris. Sa mère est infirmière. Son père est Jean Vallet qui a dirigé la compagnie d'assurance GPA-Athéna. Il laissa à sa mort en 1989, plus de 50 millions d'euros.

Odon étudia dans diverses écoles de Paris. En 1964, il ira à Briançon pour étudier au lycée d'altitude, différents sports comme le cyclisme et l'alpinisme. En 1970, il obtient un diplôme en Sciences Politiques. Il poursuit ensuite ses études à l'École nationaleiddes2 d'administration à Paris. En 1973, il devient maître des conférences à Science Po (IEP Paris), poste qu'il occupera jusqu'en 1989. En 1985, il obtient un doctorat en droit et sciences des religions. À la même époque, il obtient un poste de chargé de cours à Paris, aux Universités Paris I et IV. Il voyage aussi alors beaucoup et visitera l'Asie.

En 1994, il obtient son doctorat en sciences des religions. Il continue d'enseigner, principalement la culture générale et le droit public. En 1999, il crée la fondation Vallet, qui distribue environ 300 bourses d'études par années principalement en France, mais aussi au Bénin et au Vietnam. Il créa cette fondation grâce à la fortune qu'il a hérité de son père. Il est également administrateur de la Société des lecteurs du Monde (SDL); il y siège depuis 2002. Il est également administrateur de nombreux groupes.

Parallèlement à ses activités d'enseignement et d'administrateur, il écrit nombres d'ouvrages, principalement sur les croyances religieuses et les religions, ainsi que sur l'analyse politique. Mais il écrit également sur différents sujets.

Bibliographie partielle

  • Les Hautes-Alpes : hommes et nature en montagne, (1975 )
  • Culture générale (1988)
  • L'École ou De la vanité considérée comme un mode de gouvernement (1991)
  • Femmes et religions (1994)
  • L'État et le politique (1994)
  • Les Religions dans le monde (1995)
  • L'affaire Oscar Wilde ou Du danger de laisser la justice mettre le nez dans nos draps (1995)
  • Les grandes religions d'aujourd'hui (1998)
  • Le Honteux et le Sacré (1998)
  • Qu'est-ce qu'une religion ? (1999)
  • Jésus et Bouddha (1999)
  • Une autre histoire des religions (2000)
  • Le Cantique des cantique (2000)
  • Hymnes à la Terre-Mère (2000)
  • Hymnes au masculin (2000)
  • Dieu a changé d'adresse : propos d'un pharisien libéré (2001)
  • Petit Lexique des mots essentiels (2001)
  • Petit Lexique des idées fausses sur les religions (2002)
  • L'Évangile des païens : une lecture laïque de l'évangile de Luc (2003)
  • Petit lexique des valeurs fausses sur les religions  (2004)
  • Petit lexique des guerres de religion d'hier et d'aujourd'hui (2004)
  • Dieu a changé d'adresse  (2004)
  • Corps Divins (2006)
  • Dieu n'est pas mort... mais il est un peu malade (2007)
  • Dieu et le Village planétaire (2008)

Commentaires personnels

Ce Petit lexique des idées fausses sur les religions se lit rapidement et sans effort ! Une lecture agréable et essentielle ! Les religions semblent vouloir rester au centre de nos préoccupations, même aujourd'hui. Qu'on soit religieux ou non, qu'on soit croyant ou non... les religions font parties de nos vies et de l'actualité.

Mais nombreuses sont les fausses idées, les préjugés, les mauvaises conceptions sur les religions. On connait des demi-vérités, des légendes, des stéréotypes ; on répète ce qu'on nous répète et on finit par croire et prendre comme vérité des idées complètement fausses ou détournées de leur sens premier. Parfois ces fausses idées proviennent de malentendus, de peurs du non connu, mais aussi de la haine et du rejet des autres religions... Ce qui est étrange, inconnu, mystérieux, bizarre, hors de nos repères, peut parfois sembler incompréhensible et être mal interprété. Et surtout on oublie... on oubli le pourquoi, le comment, le qui... on oublie les origines, les raisons derrières certaines traditions, certaines coutumes. Notre propre culture religieuse est parfois très loin au fond de nos mémoires... imaginez alors pour les cultures religieuses étrangères ! Et il ne faut pas oublier que parfois les raisons derrières certaines coutumes religieuses sont lointaines. Et se perdent dans la nuit des temps. Elles n'ont plus de bases dans nos réalités modernes et nous semblent donc bien étranges.

Odon Vallet dans son ouvrage se penche sur environ 70 idées reçues sur les grandes religions et courants spirituels. Et il tente de les expliquer et de rétablir les faits. L'ouvrage se présente sous forme de lexique alphabétique. Chaque chapitre analyse un mot en relation avec un concept religieux : Amour, Athéisme, Castes, Circoncision, Excision, Génocide, Immaculée Conception, Kâma Sûtra, Moïse, Noël, Orthodoxe, Pape, Péché originel, Peuple élu, Réincarnation, Résurrection, Sectes, Tantrisme, Vaches sacrées, Voile, Zen... voici quelques uns des sujets abordés qui nous font réaliser à quel point on croit savoir et connaître ces thèmes mais qu'en fait souvent on ne fait que généraliser et répéter ce qu'on a pu lire dans les journaux. Nos conceptions sont souvent erronées, parfois biaisées, presque toujours incomplètes.

Le style de l'auteur est clair, précis, bref. Parfois un peu court, mais toujours étoffé. On nous présente une analyse du sujet - parfois on note une touche personnelle, mais généralement cela reste très objectif comme étude - avec des perspectives historiques, sociologiques, mythologiques, étymologique... L'auteur cherche à toujours remettre en contexte une coutume, une tradition, un geste. Et surtout, il ne prétend pas donner la "vérité". Il explique, explore, remet en perspective, mais ne donne pas toujours une réponse claire et nette. Vallet nous offre un ouvrage court mais sérieux.

Et voilà mon gros reproche au livre: il est trop bref ! Trop peu de mots explorés, trop peu de contextes et d'analyses offerts... C'est un un sujet vaste et avec cet ouvrage, on ne fait qu'effleurer quelques sujets légèrement - mais sans toutefois tomber carrément dans la vulgarisation. C'est une ouverture à aller plus loin. À remettre en question nos idées reçues et à apprendre et comprendre les religions et cultures de ce monde.

Une lecture passionnante et enrichissante !!!

Extraits

" "L'Immaculée Conception est la conception miraculeuse de Jésus"

C'est une double erreur riche de sens. L'Immaculée Conception ne concerne pas Jésus puisqu'elle s'applique à Marie dont la conception fut, e plus, tout aussi charnelle que celle de tous les humain. Mais cette confusion entre la mère et le fils fut largement entretenue par un culte de la Vierge mariolâtre et oeudipien.

L'Immaculée Conception est l'absence de péché dont aurait bénéficié la mère de Jésus depuis l'instant de sa conception par un homme et une femme que les évangiles canoniques ignorent mais que les évangiles apocryphes (notamment le protévangile de Jacques) nomment Anne et Joachim." p. 95

" "Le paradis est une création de la Bible"

Le mot paradis est une invention iranienne et non biblique. Mais la Bible a transformé cette innovation et en a retiré un droit de propriété intellectuelle. Les Iraniens avaient créé le paradis sur terre, les juifs le paradis au ciel et l'Iran s'est fait voler son paradis." p. 150

Sources à consulter

Publicité
11 juin 2008

Perception et expérience de lectures

J'ai parfois des lectures sentimentales. Comme j'ai des films émotionnels. C'est à dire que mon appréciation de l'expérience n'a Exp_rienceparfois rien à voir avec la qualité supposé ou les carences évidentes de l'oeuvre.

Et donc... j'ai parfois aimé ou détesté... et les raisons sont purement circonstancielles. Des sensations, des émotions, des moments... des endroits, des atmosphères, des expériences... Et tout ça vient changer mon opinion de la lecture ou du visionnement.

Et des souvenirs, un soleil ou une pluie, un fauteuil, un coussin, un verre, une tasse, un sandwich, une journée, une couverture, un chat... peuvent changer ma lecture. Bien sûr les mots, les adjectifs, l'harmonie et la dissonance des lettres ont aussi beaucoup d'importance. Et la rapidité ou la lenteur de l'histoire peut aussi tout bouleverser.

Mais parfois contre ma volonté, contre ma logique, contre mes notions... une lecture peut s'avérer désastreuse ou exceptionnelle selon la couleur du ciel ou la chaleur du breuvage... selon le lieu, le moment et l'humeur.

Et donc, je me sens obligée de parfois, contextualiser ces lectures que je vis.

Voici donc...


24 janvier 2009

Viou - II. Résumé et Commentaires

Viou : roman / Henri Troyat. --[Paris] : Flammarion, c1980. -- 211p. ; 20 cm.

Viou6Résumé [attention spoilers]

Viou a huit ans. Son père est mort pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Sa mère est obligée de prendre un emploi à Paris pour subvenir à leurs besoins et demandent aux parents de son époux de prendre la garde de sa petite fille Sylvie pour quelques temps. Sylvie, qui préfère se faire appeler Viou, va donc vivre avec ses grands-parents paternels.

La petite fille tente bien que mal de s'adapter à la vie avec ses grands-parents. Elle cherche à se souvenir de se père, idéalisé par ses grands-parents, mais dont elle se souvient à peine et qui l'effraie un peu, bien qu'il lui manque beaucoup. La vie est parfois difficile pour Viou qui a dû mal à plaire à sa grand-mère autoritaire, rigide, pieuse et complètement dévouée à la mémoire de son fils. Elle l'aime mais la craint et ne semble jamais pouvoir lui faire plaisir. Elle tente de se rapprocher de son grand-père, plus doux, mais tout de même distant. Elle se rattache avec désespoir à sa mère qu'elle ne voit pratiquement jamais, vivement critiquée par sa grand-mère, mais à qui elle écrit chaque semaine une lettre.

Une routine s'installe tranquillement, entre l'école, les visites au cimetière, ses grands-parents et les jeux avec le chien de chasse de son grand-père, Toby, son seul ami - mais que sa grand-mère ne peut supporter. Une vie mélancolique, solitaire et triste pour la petite fille, pleine de vie, rêveuse, qui ne peut s'empêcher de se rebeller contre l'éducation rigide de sa grand-mère.

Mais alors que Viou se croit prise dans une vie monotone, les événements vont s'enchaîner et la plonger dans des drames qu'elle a de la difficulté à comprendre: la mort de son grand-père, la perte de son chien, la tristesse de sa grand-mère et finalement le retour de sa mère qui vient la ramener à Paris... Le monde de Viou se transforme soudainement et l'oblige à devenir trop rapidement une petite adulte.

Commentaires personnels

Viou est le premier roman d'une trilogie qui nous fait suivre la vie de Sylvie, alors qu'elle est une enfant auprès de ses grand-parent, dans le roman Viou, puis alors qu'elle s'adapte à sa vie parisienne avec sa mère et son nouveau beau-père, dans À demain Sylvie, et ensuite sa vie de jeune adulte dans Troisième bonheur.

L'histoire est simple. On nous présente les émotions d'une fillette de 8 ans qui vit séparée de sa mère chez ses grands-parents qui ne la comprennent pas. Elle se sent seule, abandonnée, et surtout constamment jugée par sa grand-mère. L'écriture de Troyat réussit à nous transmettre le désarroi d'une enfant de cet âge. Des émotions intenses, parfois contradictoires. N'a-t-on pas ressenti intensément des événements, étant enfants, qu'aujourd'hui nous semblent banals. Viou est sensible, parfois boudeuse, toujours intempestive...

Le roman réussit très bien à nous présenter les pensées de la petite Viou. Mais nous présente aussi, d'autres personnages, qu'on oublie trop souvent quand on parle du roman. Une grand-mère qui vit dans la rigidité et surtout la religion. Très dévote, elle cherche à transmettre à sa petite-fille des valeurs traditionnelles. Elle est complètement dévouée à la mémoire de son fils mort à la guerre et ne peut comprendre que la mère de Viou cherche à refaire sa vie. Elle tente de s'approprier sa petite-fille. Le grand-père est doux mais effacé. Il s'oppose souvent à sa femme et aime tendrement sa petite-fille. On le voit trop peu. Et la mère de Viou est absente. Absente de la vie de sa fille - qui l'aime désespérément - et du roman.

Les événements et tous les personnages sont transmis à travers les yeux d'une fillette qui ne comprend pas tout. Et quand j'ai lu les premières fois ce roman - moi-même une enfant - je n'ai pas tout compris. Cette relecture m'a semblé dévoiler des aspects que je n'avais jamais vu dans le roman. Mais j'ai surtout retenu que je voyais encore la petite Viou de la même façon: enfant boudeuse, émotive, rêveuse, triste et surtout débordant de vie. Prise dans un univers qu'elle ne comprend pas et qui l'empêche de s'épanouir... mais qu'elle aime malgré elle.

L'avis de Naïk, Cogitude, Chrysalise

 

Voir les billets suivants:

Citations

"Les flocons de neige tombaient plus serrés. Ernestine acheta encore, avec circonspection, du beurre, deux tabliers, une écuelle de bois, et, le cabas chargé, repirt, à petits pas boiteux, le chemin de la maison. Laneige fondait en touchant le trottoir. Tout se mélangeait dans la tête de Sylvie, les moutons et maman, la compassion et l'allégresse, l'envie de pleurer et celle de hurler sa joie, de jeter son cartable en l'air et de courir, à toutes jambes, au-devant de la vie" p. 110

Sources

15 janvier 2009

La Pollution au Moyen Âge

PollutionLa pollution au Moyen Âge : dans le royaume de France et dans les grands fiefs / Jean-Pierre Leguay. -- [5e éd.]. -- Paris: Éditions Jean-Paul Gisserot, c1999. -- 127 p. : ill. ; 19 cm. -- (Coll. Guisserot - Histoire)

Quatrième de couverture


La vision idéalisée de la rue que donnent des miniatures représentant une entrée du roi dans "sa bonne ville", une procession du Saint-Sacrement ou des festivités ne saurait faire oublier une réalité quotidiennement vécue par les contemporains : la pollution sous plusieurs formes et ses dangers. Une documentation hétéroclite décrit souvent d'affreux cloaques, des "merderons", remplis de "d'immondicitez", de "marres et de bouillons" qu'empruntent, parfois, à leurs risques et périls, les chevaux, les véhicules hippomobiles et les piétons qui tiennent par prudence le "haut du pavé".

Les contemporains ont pris la mesure du risque de "pestilence" et des solutions ont été apportées par les municipalités les plus responsables.

L'auteur

Jean-Pierre Leguay est professeur à l'Universitéde haute-Normandie - Rouen. Il enseigne principalement l'histoire médiévale. Il est agrégé d'histoire et docteur es lettres. Il a publié de nombreux ouvrages et articles sur les villes bretonnes au XVe siècle, ainsi sur les villes en géneral au Moyen Âge (réseaux urbains, bâtiments, chantiers, etc.). Il aborde également les sujets de l'économie et la vie sociale au Moyen Âge.

Commentaires personnels

La pollution, sujet d'actualité, inquiétude contemporaine. Mais une réalité depuis des siècles. La pollution est un problème bien réel au Moyen Âge.

Les images qui nous restent de cette longue période se sont bien entendues transmises par des peintures, des tapisseries, des vitraux, des enluminures et des romans. Nous avons donc une image édulcorée et aseptisée du Moyen Âge, particulièrement de la vie dans les villes et villages.

On ne nous montre guère la réalité que Jean-Pierre Leguay, dans son livre, nous fait découvrir. Mais qui, finalement, n'était pas bien difficile à deviner. Le Moyen Âge est sale. La pollution est omniprésente et l'hygiène est pratiquement inexistante.

Dans les premiers chapitres, l'auteur nous présente les types de pollutions existants à cette époque et les mesures entreprises pour tenter de la diminuer.

Tracy Chevalier dans son roman "La Dame à la Licorne", décrit très bien le principal type de pollution dans les rues au Moyen Âge: « Elle sait si bien se repérer qu’elle n’a pas vraiment besoin de moi pour la guider, s’il n’y avait le crottin ou les fonds de pots de chambre dans lesquels elle pourrait marcher ou que l’on pourrait vider sur son passage, ou encore le risque de chevaux qui s’emballent » p. 174 (La Dame à la Licorne / Tracy Chevalier, Ed. Quai Voltaire).

La pollution provient des humains et des animaux, principalement de leurs corps (pollution organique humaine et animale) et de leurs activités. On jette tout à la rue et dans les rivières. La puanteur est incroyable. Mais la pollution provient aussi des produits utilisés et on retrouve une pollution chimique très importante. Les maladies se propagent, la nature est détruite.

Le travail de recherche de Leguay se base sur de nombreux documents de l'époque. On parle peu de pollution dans ses documents, mais on peut facilement la voir dans différents documents d'archives traitant des villes. On nous présente également les mesures qu'on a tenté de prendre pour enrayer la pollution.

Le texte se penchent ensuite sur les voieries des villes. Cela devient plus technique. Mais tout de même très intéressant. Le texte est parfois accompagné de plans et cartes illustrant les propos. Le texte peut toutefois, par moment, paraître aride mais il se lit facilement et rapidement.

Je considère que cette analyse de la pollution au Moyen Âge est une lecture essentielle, pour tout ceux qui s'intéresse à la santé de notre planète et bien sûr pour ceux qui sont passionnés de cette époque.

Citation

"Le mot pollution, d'apparence contemporaine, ne l'est pas puisqu'il existe dès le XIIe siècle (P.Benoît). Il recouvre des réalités multiformes. Si l'homme et l'animal sont les grands pollueurs - un mot forgé a postériori - à travers les matières organiques qu'ils libèrent quotidiennement sur la chaussée sous forme d'excréments, de sang (d'une saignée), de tripes, de graisse, de viscères près des abattoirs ou des poissonneries, on ne saurait sous-estimer la pollution artisanale que provoquent les fumées, les matières qui ne sont pas épurées, la pollution hydrique qui est souvent associée aux deux précédentes." p.13

Site de l'éditeur

Consulter également cet article :

Sandrine Rousseau, « Leguay Jean-Pierre, 1999, La pollution au Moyen-Âge, Edition Jean-Paul Gisserot, Paris », Développement durable et territoire, Publications de 1999, mis en ligne le 20 octobre 2004. URL : http://developpementdurable.revues.org/document1270.html. Consulté le 07 janvier 2009.


23 mars 2008

Jésus de Montréal

Cinéma : Jésus de Montréal (1989)Jesus1

Fiche technique :

Langue : Français (VO)
Année : 1989
Durée
: 119 min.
Pays
: Canada (Québec)

Directeur : Denys Arcand
Producteurs : Roger Frappier, Pierre Gendron
Scénario : Denys Arcand
Cinématographie
: Guy Dufaux
Musique originale
: Jean-Marie Benoît, François Dompierre, Yves Laferrière

Distribution: Lothaire Bluteau (Daniel) ; Catherine Wilkening (Mireille) ; Johanne-Marie Tremblay (Constance) ; Rémy Girard (Martin) ; Robert Lepage (René) ; Gilles Pelletier (Fr. Leclerc) ; Yves Jacques (Richard Cardinal)

Synopsis : (attention spoilers)

Chaque année pour Pâques, un sanctuaire catholique bien connu de Montréal (l’Oratoire Saint-Joseph) présente une mise en scène de la Passion du Christ. Le Père Leclerc, directeur du sanctuaire et responsable de cette « pièce » déplore que les spectateurs se fassent de plus en plus rare. Voulant « dépoussiérer » la Passion, le Père Leclerc fait appel à un jeune acteur-directeur pour qu’il monte une version plus actuelle et moderne de celle-ci. Daniel Coulombe incarnera Jésus dans sa propre vision de la Passion du Christ et il choisira les acteurs qui l’accompagneront dans cette aventure. Ces acteurs quitteront tout pour le suivre dans cette représentation de la vie du Christ.

Pour construire sa mise en scène, il étudiera les faits historiques et fera de nombreuses recherches qui l’amèneront à découvrir la vie du Christ sous une lumière différente. Petit à petit, des parallèles entre la vie de Jésus et la vie de Daniel s’établissent : du recrutement des « disciples » à différents « miracles » en passant par divers événements comme la destruction du Temple, la Tentation, etc.

Daniel et ses acteurs mettent en scène une Passion du Christ provocante, déroutante qui remet tout en question. Le public adore mais les autorités religieuses, scandalisées, tenteront d’interdire le spectacle. Alors que la troupe continue, malgré tout, à présenter sa vision de la Passion, ils commencent à voir de plus en plus leur propre vie se confondre avec la vie du Christ et de ses disciples et apôtres.

Devant l’opposition grandissante de l’Église, ses amis et ses admirateurs poussent Daniel à poursuivre les représentations. Daniel devient de plus en plus convaincu de son interprétation des évangiles et se bat pour son œuvre. La ligne entre son personnage et lui-même devient de plus en plus floue.

Le Père Leclerc donne finalement un ultimatum à Daniel, il doit reprendre l’ancienne mise en scène plus traditionnelle ou cesser complètement ses représentations. Daniel et sa troupe refusent de changer leur version et décident de continuer à présenter leur vision de la Passion. Jusqu’à la fin, la vie de Jésus se miroitera dans la vie de Daniel et ses « disciples ».

À propos : (attention spoilers)

Paru en 1989, Jésus de Montréal de Denys Arcand suit directement Le Déclin de l’empire américain paru en 1986. Dans ce film, Arcand poursuit sa critique de la société moderne tout en posant maintenant un regard sur la « mythologie » catholique.

En plus, des différents symboles religieux, Arcand touche à plusieurs sujets modernes, comme on peut lire sur la jaquette du film : « Dans Jésus de Montréal, il est question de l'évangile selon St-Marc, de la publicité des eaux de Cologne, des frères Karamazov, du doublage des films pornographiques, du Big Bang, de la fortune de Coca-Cola Classique, du monologue de Hamlet, de l'inconvénient d'être né au Burkina-Faso, d'un soldat romain appelé Pantera, des fascistes qui communient tous, des transplantations d'organes et de la vignette de Paul Newman. Bref, de tout ce qui est 'incontournable'. ».

Le tournage du film s’était d’abord effectué dans le secret. Arcand expose clairement ses opinions et il savait que les critiques pouvaient surgir. Le film est présenté à Cannes en compétition officielle. Il remportera le Prix du Jury et le Prix du Jury Œcuménique. Il sera également en compétition pour la Palme d’Or.

Le film sortira sur les écrans au Québec et en France où il remportera un grand succès.  Il restera sur les écrans de Montréal pendant plus d’un an. Il remportera de nombreux prix, dont plusieurs Genies. Il remportera également des prix à Toronto, Seattle et Chicago et il sera en nomination aux Golden Globe Awards et aux Oscars.

Sources :

Commentaires personnels à suivre...

1 février 2008

La maison assassinée (suite)

Critique de lecture

magnan1La maison assassinée / Pierre Magnan. – [Paris] : Denoël, 1991. -- 345 p. ; 18 cm. – ISBN 2-07-037659-1. – Coll. Folio ; 1659.

Résumé :

À la toute fin du XIXe siècle, une famille vivant dans une auberge d’un village de la Haute-Provence est brutalement assassinée. Le seul survivant est un bébé de trois semaines. Trois hommes étrangers de la région sont arrêtés, condamnés et exécutés pour le crime.

L’enfant est envoyé dans un couvent où il est élevé par les religieuses qui ne lui révèlent rien de son passé. Devenu un homme, il part au combat lors de la Première Guerre Mondiale. Séraphin Monge revient des champs de bataille, sans aucune blessure mais marqué par ce qu’il y a vécu. Il devient cantonnier et décide de retourner au village qui l’a vu naître, Lurs. Depuis le massacre de sa famille, 25 ans se sont écoulés et le village semblait avoir oublié l’événement, mais le retour de cette homme, fort, beau, placide et qui semble insensible, dérange les habitants superstitieux qui l’évitent.

Alors qu’il se retrouve par hasard dans la maison familiale, laissée à l’abandon, un vieil homme lui révèle l’histoire horrible qui l’a laissé un orphelin : le massacre de son père, sa mère, son grand-père et ses deux frères. Le vieil homme prend soin de lui souligner que personne n’a jamais pu expliquer pourquoi il avait été épargné dans son berceau, ainsi que le fait que lui-même n’a jamais cru à la culpabilité des trois hommes exécutés.

Séraphin devient alors obsédé par l’histoire du massacre de sa famille et par des visions de sa mère. Il entreprend d’abord de détruire morceau à morceau la maison elle-même, La Burlière. Pendant cette destruction, il commence par découvrir petit à petit les secrets de sa famille. Et puis, il pense avoir trouver le mobile du crime ainsi que le nom des véritables coupables. Il décide de venger sa famille, mais alors qu’il commence à planifier la mort des coupables, un d’entre eux est retrouvé mort, probablement assassiné.

Commentaires :

Cela faisait longtemps que ce roman était sur ma liste… l’histoire m’apparaissait intéressante et j’aimais bien le titre. Il y a quelques semaines, je me suis finalement décidée. Et je ne sais…

Le livre se présente comme un roman noir, à la fois, polar, roman psychologique, avec quelques touches fantastiques. L’écriture est définitivement efficace. Les descriptions sont très bien rendues… je dois même dire que d’un point de vue purement personnel, le texte m’a complètement charmé !!! Les mots, les descriptions m’ont captivés… alors pourquoi n’ai-je pas été captivé par l’histoire ? Difficile à expliquer.

L’histoire est très noire et difficile. La psychologie du personnage principal très bien définie – même si je l’ai trouvé un tantinet pesante. Les personnages sont très bien campés, on les sent littéralement vivre sous nos yeux et la symbolique de leur personnalité très bien démontrée. L’atmosphère du roman est très noire… l’horreur de la guerre et les stigmates laissés sur la population, très bien présentés. On comprend parfaitement également l’angoisse de Séraphin et les angoisses des habitants du village face au seul survivant d’un massacre inexpliqué.

Mais l’intrigue n’a pas réussi à me captiver. Elle semblait à la fois accessoire et centrale et je n’ai pas réussi à savoir si elle m’intéressait ou non. Les personnages secondaires m’ont apparu peu approfondis et j’aurais aimé les comprendre plus. En particulier les personnages féminins – pourtant souvent dépeints par la critique comme très forts – m’ont semblé faibles et caricaturaux…

La toile de fond est cependant habilement rendue… la région, le village, l’époque, la vie de certains personnages, … une sorte de « polar du terroir » comme on dit certains… je dirais plus… « polar de la terre »… Roman qui se veut réaliste et poétique à la fois… peut-être trop… car le mystère de la mort de la famille de Séraphin Monge prend selon moi, trop l’arrière-plan. Ce n’est pas ce qui est important dans le roman… et donc, la fin tombe un peu à plat selon moi, à cause de cela…

Et donc… chaque page tournée me donnait envie de la relire et j’ai trouvé le roman très beau et poétique… mais je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire. Donc, je suis un peu déçue… Ce qui fait que je me promets de le relire dans quelques temps…

L’avis de Sylvie : http://passiondeslivres.over-blog.com/article-15518993.html

Citations :

« Avait-il vraiment tout effacé ? Une brique lui pesait sur l’estomac comme s’il avait mangé quelque chose de vénéneux.  […] Il redoubla de vigilance, les yeux à l’affût, tout son subconscient tendu vers il ne savait quoi. Il passa, il repassa, dix fois aux mêmes endroits, il s’obstina de son pas lourd qui arpentait l’espace vide entre les quatre cyprès-cierges, lesquels paraissaient maintenant souffrir d’une secrète pauvreté. » p. 132

« Un emportement prodigieux quoique refréné se frayait chemin par tous les défauts de son quant-à-soi ; Séraphin reçut cette vision et cet appel en pleine figure. » p.147

« Le soir était long à se dessiner, à s’installer sur la terre. Il devait y avoir eu de gros orages sur les hautes vallées, entre l’Ubaye et la Clarée car les nuages à tête rose fusaient hors des montagnes comme un bouquet trop longtemps contenu. » p. 156

« Car l’olivier est l’arbre de la douleur. Il n’apporte la paix qu’à ceux qui le contemplent à travers Dieu. Rien qu’à le voir, d’ailleurs, on devrait s’en douter. Tordu, noueux, arqué de toute sa stature voûtée de vieillard rompu à toutes les roueries du temps […] » p. 256

Sources :

Voir le premier article: La maison assassinée

26 août 2008

Les livres du Somail

Un peu de silence j’ai recherché pendant la fin de semaine. Mais nous avions une destination… Il y a quelques années, nous avions fait un petit arrêt à ce joli petit village sur le Canal du Midi et découvert cette librairie… Malheureusement, les horaires étant ce qu’ils sont, je n’ai pu que me visiter quelques minutes la librairie « Le trouve tout du livre »… pas assez pour me perdre dans ces milliers de livres. 

SomailEt donc, je m’étais promis de retourner au Somail pour retourner dans cette librairie qui ressemble beaucoup aux librairies de mes rêves… Et donc, cette fuite de la fin de semaine dernière avait pour principal but, Le Somail et sa librairie. Ensuite une nuit à Narbonne et un retour à notre rivière des Pyrénées espagnoles tout près de Beget.

Je dois avouer que la première partie du samedi fut particulièrement éprouvante. Un trajet qui aurait dû nous prendre 2h30, dura 5 heures. Des embouteillages monstres dans les environs de Girona… puis un cheminement de tortues jusqu’à la frontière… notre patience fut mise rudement à l’épreuve et nous avons tout deux pensé rebrousser chemin vers Barcelone.

Finalement – et après une presque crise de nerfs aux alentours de Perpignan lorsque j’ai vu les autos complètement arrêtées sur l’autoroute – nous sommes arrivés au Somail. Toujours aussi joli… Il était 17h15, la librairie devait fermée à 18h30… donc aucune minute à perdre.Somail2

Une marche lente à travers la librairie… odeur feutrée… lumière lourde et claire. Livres murmurant doucement. Et parmi ces livres, trois m’ont choisie. Ces livres ont chuchoté délicatement et mon regard les a croisés. Je les ai pris dans mes mains. Touché tranquillement la couverture, frôlé et senti les pages… Et je les ai ramenés avec moi. Parmi ces trois livres, il y en a un… un qui m’a bouleversée quand je l’ai vu… je l’ai pris, incrédule. Ouvert. Feuilleté. Et soupiré. Un livre sur une de mes auteurs préférés. Un auteur que j’aime tellement que j’ai suivi un cours complet à l’université sur elle… Et ce livre traite des femmes qui peuplent ses romans. Un livre contenant des gravures magnifiques… un livre presque intact avec seulement quelques rousseurs…

La « Galerie des femmes de George Sand »… publiée en 1843… Lélia, Indiana, Lavinia, Pauline, Consuelo, … des extraits ainsi que des commentaires du « Bibliophile » Jacob… des gravures de chacune de ces femmes… Les 5 heures de routes furent rapidement oubliées. Peut-être un petit questionnement sur cette folie des livres qui ne me quitte pas… Le contenu autant que le contenant… la lecture des mots autant que le bruit des pages, l’odeur du papier, la couleur de la reliure…

16 octobre 2007

From Dusk Till Dawn (1996)

Cinéma : From Dusk Till Dawn  (1996)

From_Dusk_Till_DawnFiche technique :

Langue : Anglais (VO)
Année : 1996
Durée
: 108 min.
Pays
: États-Unis

Directeur : Robert Rodriguez
Producteurs : Gianni Nunnari, Meir Teper,
Scénario : Robert Kurtzman (histoire), Quentin Tarantino (scénario)
Cinématographie
: Guillermo Navarro
Musique originale
: Graeme Revell

Distribution: Harvey Keitel (Jacob Fuller), George Clooney (Seth Gecko), Quentin Tarantino (Richie Gecko), Juliette Lewis (Kate Fuller), Ernest Liu (Scott Fuller), Salma Hayek (Santanico Pandemonium), Cheech Marin (Border Guard / Chet Pussy / Carlos), Danny Trejo (Razor Charlie), Tom Savini (Sex Machine), Fred Williamson (Frost)

Synopsis : (attention spoilers)

Deux frères, Seth et Richie Gecko, sont recherchés par la police et le FBI. Avec l’aide de Richie, Seth s’est échappé de prison et ils cherchent maintenant à traverser la frontière vers le Mexique. Depuis l’évasion de Seth, leur route est parsemée de meurtres sanglants, surtout par la faute de Richie qui est complètement psychotique. Ils finissent par se réfugier dans un motel.

Dans ce même motel, une famille vient de prendre une chambre. Un homme du nom de Jacob Fuller, ancien pasteur, et ses deux enfants, Scott et Kate, sont en voyage dans leur véhicule récréatif (RV). Ils décident de passer une nuit dans un motel pour se reposer de la route. Malheureusement, ils sont kidnappés par les Gecko qui ont besoin de se cacher dans leur véhicule pour passer la frontière mexicaine. Seth promet de ne leur faire aucun mal, s’ils les conduisent, lui et son frère, jusqu’à un bar de l’autre côté de la frontière.

Ils réussissent à passer la frontière et se dirigent vers le Titty Twister, un bar mexicain pour bikers et truckers, au milieu de nulle part, et ouvert du soir au matin. Ils ont quelques problèmes pour entrer mais finissent par s’asseoir dans le bar miteux avec nombres de danseuses. L’attraction principale est une sublime danseuse qui fait un numéro – apparemment complètement improvisé par l’actrice – de danse avec un serpent. Alors qu’elle fait son numéro, une bataille se déclare à cause des deux frères. Richie est blessé et saigne abondamment. Ce qui a pour effet de provoquer les employés de l’établissement qui sont en fait tous des vampires. Une orgie de sang s’ensuit – littéralement. Seth, Jacob, Scott, Kate et quelques autres clients réussissent à survivre, tuer les vampires présents et à empêcher les autres vampires à entrer dans le bar. Mais pour combien de temps ? Le film se poursuit dans cette lutte des personnages principaux contre les vampires… jusqu’au petit matin. Peu vont survivre au Titty Twister.

Commentaires personnels: (attention spoilers)From_Dusk_Till_Dawn2

Genre: Horreur / Comédie

Difficile de décrire ce film. Entre comédie et film d’horreur. Rodriguez et Tarantino arrivent avec leur film From Dusk Till Dawn, alors que la tendance pour les films de vampires est au romantisme. Les vampires sont beaux, mystérieux, cruels mais sophistiqués…Personnellement, même si j’ai aimé “Interview with the vampire”, “Bram Stoker’s Dracula” et autres, je fus heureuse de l’arrivée de ces vampires hideux, monstrueux et sanglants. Ce fut « rafraîchissant » !!!

Entendons-nous… il y a toujours eu de « beaux » vampires, séduisants, mystérieux, romantiques, mais au final, ils étaient des monstres qu’on devait tuer. Même à reculons. Puis, il y eut la vague de films où le vampire était distingué, intelligent, charmeur, magnifique, et qu’on ne veut pas nécessairement tuer… Ce qui est très intéressant également, cela va sans dire. Mais tout de même. Avec leur film, Rodriguez et Tarantino sont retournés à l’origine de genre… un vampire est un monstre qu’on doit tuer, sinon, il nous tuera. Point à la ligne. Ces vampires sont majoritairement très beaux – sauf pour quelques personnages – mais lorsqu’ils se transforment en vampires, ils deviennent d’hideuses bêtes assoiffées de sang. Et c,est très bien ainsi !

Maintenant ceci dit, il faut avouer que la combinaison de Tarantino et Rodriguez offre un film sublime mais particulier. On adore ou on déteste. Comme j’adore les deux réalisateurs, et que j’adore les films de vampires – depuis mon premier visionnement de Dracula – et qu’en plus, on a dans le film, Harvey Keitel, Juliette Lewis, George Clooney, Quentin Tarantino, Salma Hayek (ainsi que plusieurs acteurs familiers des films de Rodriguez) je ne pouvais qu’adorer.

Mais il faut connaître les deux réalisateurs. Les deux font grande utilisation de sang et de violence, mais aussi d’humour noir. Et on retrouve dans le film, de nombreuses références à de précédents films des deux réalisateurs. On retrouve aussi dans le film de nombreux clichés – volontaires – de films d’horreur et d’action. Plusieurs références et clins d’œil sont faits à d’autres films. Il s’agit de les reconnaître !

Le film a de toute évidence deux actes. Le premier acte nous présente d’abord l’histoire de Seth et Richie – on retrouve ici, un peu de Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Desperado, El Mariachi… Seth est le bandit dur mais « correct » et Richi est son frère psychopathe. Ils veulent passer la frontière et feront tout pour y arriver. Ils kidnappent donc cette petite famille ordinaire. La première partie se termine alors qu’ils sont dans un bar miteux au Mexique. La deuxième partie commence avec la danse exotique de Salma Hayek qui se transforme en vampire. Suit alors de sanglantes batailles entre les humains et les vampires. Et c’est tout. Presque aucun des personnages principaux ne vont survivre. Et c,est aussi un point fort du film. Pas de fin heureuse où seuls les personnages secondaires sont morts.

Les acteurs sont tous excellents, incluant les personnages secondaires. Certains sont caricaturés à l’extrême, mais c’est voulu. Et les humains – qui doivent survivre – ne sont pas nécessairement « bons » ou sans reproche, mais les vampires sont tous des monstres. On voit aussi la transformation du caractère des personnages principaux, spécialement Jacob, Seth et Kate.

L’humour est omniprésent dans le film. Les remarques ironiques, subtiles et d’humour noir sont multiples. Certains ont trouvé qu’il y en avait trop… j’ai adoré. Particulièrement, les citations proposées plus bas. Alors que le personnage de Seth dit tout bas ce que je dis chaque fois qu’un personnage de film d’horreur essaie de donner une explication rationnelle à quelque chose de complètement irrationnel… Sublime !

 

Citations:

Kate: Are you okay?
Seth: Peachy, Kate. The world's my oyster, except for the fact that I just rammed a wooden stake in my brother's heart because he turned into a vampire, even though I don't believe in vampires. Aside from that unfortunate business, everything's hunky-dory.

Carlos:  So, what, were they psychos, or...
Seth
:  Did they look like psychos? Is that what they looked like? They were vampires. Psychos do not explode when sunlight hits them, I don't give a fuck how crazy they are!

Sources :

26 février 2007

L'espace d'une boîte

On nous dit que rien ne changera. Et on veut bien croire un peu. On sait bien que cela ne se peut pas car rien n'est plus pareil. Mais on veut bien croire qu'on fera un effort pour que cela change le moins possible.

pens_esEt puis, je ne fais que cela vouloir croire. Malgré les mensonges et les histoires. Je veux bien croire qu'on avait de la difficulté à me dire la vérité. Que parce qu'on ne savait pas trop comment annoncer sa nouvelle vie, on soit tomber dans des récits complètement faux... qui n'étaient même pas bien construits. Et que même si je voyais les mensonges dans les paroles, on tentait de nier parce qu'on avait soi-même de la difficulté à comprendre cette nouvelle vie.

Je peux bien l'admettre. Je suis capable de l'accepter et même de pardonne. Parce qu'on aime sa famille. Parce qu'on aime croire que certaines choses ne changeront pas.

Je réalise que certaines choses ne m'ont jamais été dites. Que certaines choses furent cachées. Je crois aussi comprendre que les mensonges ont fait partie de nos vies. De façon complètement incroyables ces mensonges expliqueraient tellement de choses inexplicables. Mais je ne peux croire à ces mensonges. Encore beaucoup d'espoirs. Et je refuse de laisser ces espoirs me quitter complètement.

Mais parfois certains événements me sont difficiles à accepter. Quelques part en moi, je comprends que lorsqu'on construit une nouvelle vie, on se laisse aller à certaines décisions et à certains mots. Mais je ne peux comprendre qu'on puisse dire que rien ne changera pour ensuite tout changer.

Je ne comprends pas qu'on puisse trouver que quelques boîtes n'aient plus leur place. Qu'on ne puisse plus trouver quelques centimètres d'espace pour entreposer des moments de ma vie. Qu'une nouvelle personne dans une nouvelle vie prenne tant d'espace que mon espace soit complètement encombrant. Et que ce soit juste mon espace à moi qui prenne trop de place.

Que quelques boîtes, me dira-t-on. Il n'y a qu'à trouver un espace ailleurs, quitte à débourser quelques sous pour louer quelques mètres carrés. Mais quand on me fait savoir si clairement que ces boîtes prennent trop de place... je ne peux m'empêcher de comprendre très clairement comment l'espace d'une boîte peut représenter un espace de trop.

25 octobre 2006

Landays afghans

SuicideChant_Des images de femmes afghanes ont inondées les médias pendant quelques mois… ces femmes couvertes d’une burkha qui les cachent complètement. On sait qu’elles n’ont, encore aujourd’hui, pratiquement aucun droit, aucune liberté. On a eu droit à beaucoup d’écrits – livres, articles, reportages, … - sur les femmes afghanes.

Mariées en grande majorité contre leur gré, aucun droit à l’amour, aucun droit au désir…interdiction de se dévoiler, d’aimer, de désirer, d’avoir du plaisir… pourtant, quelques livres, quelques auteurs nous ont faits connaître la passion qui les animent à travers les landays. Ce mot signifie « bref » et désigne des poèmes de quelques vers, habituellement à peine plus de deux vers, qui évoquent des amours interdits, des passions, des désirs, des haines… Le poète Sayd Bahodine Majrouh a rassemblé plusieurs de ces poèmes et les a publiés. Avant d’être assassiné par des fondamentalistes, il nous a livré plusieurs recueils de ces poèmes. Il a dit, un jour que les femmes protestaient à leur condition par « le suicide ou le chant ». De tout temps, des femmes afghanes ont tenté de se battre, mais encore aujourd’hui, ces poèmes sont leur unique cri du cœur. Ils expriment leur fierté, leur courage, leur rage, leur désir d’amer et de vivre…

Quelques exemples :

« Gens cruels, vous voyez qu’un vieillard
m’entraîne vers sa couche
Et demandez pourquoi je pleure et m’arrache
les cheveux !

Ô mon Dieu ! tu m’envoies de nouveau la nuit
sombre

Et de nouveau je tremble de la tête aux pieds,
car je dois monter dans le lit que je hais. »

« J’étais plus belle qu’une rose.
Dans ton amour, je suis devenue jaune comme
l’orange.
 

Avant je ne connaissais pas la souffrance ;
C’est pourquoi je poussais droite comme un sapin
. »


« Donne ta main mon amour et partons dans les
champs
Pour nous aimer ou tomber ensemble sous les
coups de couteaux.

Je saute dans la rivière, les flots ne m’emportent pas

Le « petit affreux » a de la chance, toujours je suis
rejetée sur le rivage. 

Demain matin on me tuera à cause de toi.
De ton coté ne va pas dire que tu ne m’aimais pas
. »

Sources :

Extraits tirés Le Suicide et le Chant, Poésie populaire des femmes pachtounes de Sayd Bahodine Majrouh,libraire_kaboul traduits du pachtou, adaptés et présentés par André Velter et Asne Seierstad ansi que de Femmes d’Afghanistan d’Isabelle Delloye.

Ces extraits furent recueillis dans le livre : Le Libraire de Kaboul d’Asne Seirstad.

Autres références :

http://www.afghanan.net/pashto/landay
http://www.curledup.com/songslov.htm

http://www.afghanculture.org/index.cfm?fuseaction=display.main&cat_id=142&obj=48

Images :

- Le Suicide et le Chant : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070736008
- Le Libraire de Kaboul : http://perso.orange.fr/mondalire/bibliovirbis4.htm

5 décembre 2006

Selected Poems of Anne Sexton

Selected Poems of Anne Sexton / edited with an introduction by Diane Wood Middlebrook and Diane HumeimageDB George. -- Boston : Houghton Mifflin, c 1998. – xxvi, 266 p.; cm. – ISBN 0-395-44595-7. – Comprend une chronologie.

L’auteur et l’oeuvre

Anne Gray Harvey est le née le 9 novembre 1928 à Newton, dans le Massachusetts aux Etats-Unis. Elle passera une grande partie de sa vie dans les environs de la ville de Boston. La plus jeune de trois filles, son enfance se passe entre un père supposément alcoolique et une mère dont les aspirations littéraires furent brimées. Elle se sentit rapidement la moins choyée et la moins aimée des trois sœurs. Elle fut une enfant et jeune fille, rebelle et sauvage, qui n’aimait pas l’école et qui avait des problèmes d’attention. Elle fut envoyée à ses 17 ans, en 1945, à une école préparatoire pour jeunes filles dans l’espoir de la transformer « en jeune femme convenable ».

C’est à cette époque qu’elle commença à écrire – principalement de la poésie. Elle publia ses premiers poèmes dans le livre annuel de son école, sans encouragement de ses parents qui ne croyaient pas leur fille capable d’écrire elle-même de tels poèmes.

Elle fréquenta alors l’école Garland à Boston pendant un an. Autre école pour jeunes femmes qu’Anne détesta tout comme les autres établissements qu’elle fréquenta. Elle rencontra à Boston lors de cette année, Alfred Muller Sexton II et elle l’épousa à l’âge de 19 ans, en 1948. Ils déménagèrent à Hamilton, New York où son mari – communément surnommé Kayo, étudiait. Incapables de survenir à leurs besoins, ils retournèrent au Massachusetts où Anne s’inscrit à une école de mannequin. Elle termina le cours et modela pour l’agence pendant une brève période de temps.

En 1953, Anne donne naissance à sa première fille, qui fut conçue lors d’une permission de Kayo, faisant alors partie de la réserve marine en mission en Corée. Lors du retour de Kayo, ils achetèrent une maison à Newton Lower Falls (Massachusetts) près de leurs familles. Son mari travaillera alors pour le père d’Anne comme vendeur. Il s’absentera souvent autant lors de ces années que plus tard alors qu’il fonde sa propre entreprise, laissant Anne seule. Elle eut apparemment de nombreuses aventures extraconjugales.  

Mais dès 1954, Anne Sexton fut diagnostiquée pour une dépression post-natale qui s’avéra être sa première dépression. Elle fut admise à ce moment, pour la première fois, à un hôpital neuropsychiatrique, Westwood Lodge.

En 1955, après la naissance de sa deuxième fille et la mort d’une de ses grande-tantes dont elle était très proche, elle souffre d’une autre dépression nerveuse et est hospitalisée pour une seconde fois. Ses enfants sont alors pris en charge par la famille de son époux. Cette même année, le jour de son anniversaire, elle tente de se suicider. De plus en plus dépressive, elle sera hospitalisée à plusieurs reprises. Ses parents désapprouvèrent ouvertement ses séjours à l’hôpital.

sextonSon premier thérapeute l’encouragera à écrire pour l’aider à exprimer ses sentiments. Elle s’inscrira alors à des ateliers d’écriture, dont certains animés par le poète John Holmes ou encore Robert Loweel, etc. Ses poèmes sont peu à peu connus et reçoivent une critique favorable. Elle est publiée dans diverses revues et journaux américains. Au cours de ces ateliers, Anne rencontrera la poétesse Maxine Kumin qui restera sa proche amie. Elles écriront ensemble 4 livres pour enfants. Elle rencontrera également lors des ateliers, la poétesse Sylvia Plath. Finalement, Anne animera éventuellement, elle-même des ateliers de poésie.

Anne luttera cependant toute sa vie contre la dépression ainsi que l’instabilité mentale et elle fera au cours de sa vie plusieurs tentatives de suicide. Elle deviendra une poétesse reconnue qui abordera des sujets controversés considérés comme typiquement féminins. De nombreuses controverses entoureront également sa vie personnelle : elle avoua n’avoir aucune confiance en elle et croire n’être bonne que pour la prostitution ; elle eut de nombreuses aventures dont une avec son second thérapeute ; après sa mort des enregistrements de ses thérapies furent diffusés par sa biographe dans lesquels elle parle d’abus sexuels sur sa fille lors des absences prolongées de son époux et lors de ses périodes dépressives ; on souleva même la possibilité qu’Anne ait elle-même été abusé sexuellement par ses parents pendant son enfance, et elle fut sans doute négligée par des parents hostiles à sa personnalité.

De plus en plus seule, ses périodes dépressives et ses tentatives de suicides éloignent peu à peu ses amis et sa famille. Elle se sépare de son mari en 1973. Malgré une carrière florissante et de nombreux prix, elle sombre encore plus dans la dépression, l’alcoolisme, la dépendance aux médicaments et peu à peu sa santé se détériore. Le 4 octobre 1974, elle mettra fin à ses jours.

L’œuvre d’Anne Sexton s’inscrit résolument dans un style direct, intime et confessionnaliste. Dans ses poèmes, elle écrit sa vie. Ses poèmes vont aborder des sujets controversés à son époque. Elle tente de lever le voile sur des sujets considérés résolument féminins : les menstruations, la masturbation féminine, l’avortement, etc. ainsi que d’autres sujets également difficiles : l’adultère, la dépression, l’hospitalisation, la maladie, le suicide, la folie, etc. Elle fut parfois considérée comme une écrivaine féministe à cause des thèmes qu’elle aborde. Cependant, son approche est parfois assez loin des idées féministes.

Ses poèmes sont parfois lyriques, mais peuvent parfois sembler très froids. Ses poèmes marqués par son état psychologique instable. Elle s’éloignera également petit à petit de son approche confessionnalisme pour plutôt critiquer certaines pratiques culturelles, rejoignant toujours ses thèmes habituels mais en les regardant d’une autre perspective, moins personnelle. Il faut cependant souligner que même si certains de ses textes sont très intimes, ils ne sont pas nécessairement autobiographiques. Elle réussit à rendre une impression d’intimité, touchant les gens par son approche de la peine, de la douleur, de la détresse. Ses poèmes peuvent cependant parfois être joyeux. Ses vers sont souvent forts, directs, et les rimes étranges. Les mots utilisés sont très précis et peuvent permettre plusieurs interprétations. Elle joue facilement avec les mots.

Elle s’éloignera finalement de ses thèmes habituels pour écrire des poèmes à caractère religieux. Ces textes plairont moins à son public et cela contribuera à approfondir son insécurité, son instabilité et sa solitude. On note même une touche de sacré dans ses dernières compositions.

Elle écrira tout au long de sa vie, et à la fin de sa vie, elle fera même partie d’un groupe musical à tendance jazz dans lequel elle récitera ses poèmes. Beaucoup de ses poèmes se prêtent en effet très bien à une lecture rythmée.

Auteure reconnue, elle fut cependant une femme torturée. Après sa mort, la controverse ne fit que débuter. Principalement à cause de sa biographe, Diane Wood Middlebrook, qui publia une relation de la vie de l’écrivaine basée en grande partie sur les enregistrements que son thérapeute fit de ses sessions de thérapie. Il note cependant que la controverse provient surtout sur les sujets de la confidentialité et le sujet de l’éthique plutôt que sur les révélations que ces enregistrements offrent.

Les poèmes d’Anne Sexton sont selon moi très intéressants et magnifiques. Ils nous livrent une vision parfois belle, parfois difficile de sujets féminins.

Bibliographie

 

· To Bedlam and Part Way Back (1960)
· 
All My Pretty Ones (1962)
· 
Selected Poems (1964)
· Live or Die (1966)
· Poems (1968)
· Love Poems (1969)
· Transformations (1971)
· The Book of Folly (1972)
· The Death Notebooks (1974)
· The Awful Rowing Towards God (1975, posthume)
· 45 Mercy Street (1976, posthume)
· Words for Dr. Y.: Uncollected Poems with Three Stories. (1978, posthume)
· The Complete Poems (1981, posthume)
· Selected Poems of Anne Sexton (1988, posthume)

Livres pour enfants:

· Eggs of Things (1963)
·
 More Eggs of Things (1964)
· 
Joey and the Birthday Present (1971)
· The Wizard's Tears (1975)

Elle publiera également quelques essais sur la poésie et donna plusieurs entrevues très intéressantes sur le sujet.

Poème : Lullaby

Quelques extraits:

 

Extrait de: My Friend, My Friend

Who will forgive me for the things I do?
With no special legend or God to refer to…” 


Extrait de: For the Year of the Insane

“O Mary, open your eyelid.
I am in the domain of silence.
the kingdom of the crazy and the sleeper.

There is blood here

and I have eaten it.

O mother of the womb,
did I come for blood alone?

O little mother,

I am in my own mind.

I am locked in the wrong house.”

Extrait de: Her kind

“I have gone out, a possessed witch,
haunting the black air, braver at night;
dreaming evil, I have done my hitch
over the plain houses, light by light:
lonely thing, twelve-fingered, out of mind.
A woman like that is not a woman, quite.
I have been her kind.”

Sources:

Selected Poems of Anne Sexton / Edited with an introduction by Diane Wood Middlebrook and Diana Hume George. – Boston : Houghton Mifflin, c1988. – ISBN 0-395-47782-4

http://en.wikipedia.org/wiki/Anne_Sexton
http://www.english.uiuc.edu/maps/poets/s_z/sexton/sexton.htm

http://www.poets.org/poet.php/prmPID/14
http://www.uta.edu/english/tim/poetry/as/sexton.html
http://www.levity.com/corduroy/sexton.htm

Consulter également ce site pour quelques traductions en français: Anne Sexton par Michel Corne.

 

Photo © Gwendolyn Stewart www.english.uiuc.edu/.../s_z/sexton/sexton.htm

© 2006 Laila Seshat

24 avril 2011

Le moment captif du dimanche : offrande

""Trèfle" de plaisanterie, comme dirait un lapin dans un carré de luzerne..." [Fernand Raynaud]DSC_1212_copy

Le lapin soupire à la fenêtre, une fleur à la main.

Ah, mais il arrive ou pas, ce printemps? J'ai beau regardé au loin par la fenêtre tous les jours, je ne le vois pas. Ne sait-il pas que je l'attends et que je pense qu'à lui ? C'est que j'ai une fleur pour lui. Et c'est que j'ai des oeufs à offrir.  Le lapin s'impatiente. Il croit à une plaisanterie.

Mais je suis là, le printemps lui répond-il. Tu le sais pourtant. Je suis parfois discret, mais je suis là. Tu peux aller distribuer tes oeufs sans crainte, je serai sage aujourd'hui.

Le lapin soupire à la fenêtre, la fleur à la main. Il aime le printemps et a des miliers de vers à lui raconter. Les oeufs de Pâques ne sont qu'un prétexte... une excuse pour se retrouver. Ils vont si bien ensemble. Le lapin et le printemps...

Et de Joyeuses Pâques, ils souhaitent ensemble à tout le monde !!! ;-)

"Le printemps, c'est tout un poème. On en parle, on le pratique, on l'attend..." [Alphonse Boudard]

27 mars 2011

Le moment captif d'un dimanche : apprivoiser

11_03_20"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" [Antoine de Saint-Exupéry]

Une rose est une rose est une rose. L'important n'est-il pas la rose ? Moi qui marche seule dans la ville. Je ne suis pas seule, c'est une licence poétique. Je marche avec lui. Mais il ventait doucement...

Nous marchons tranquillement. Il fait soleil. Les yeux qui courent vers d'autres soleils. C'est une grande ville. Nous ne sommes pas tristes. Nous sommes souriants. Et tranquilles dans cette ville.

Et nous passons doucement sous ce pont. Il fait un peu plus sombre. Mais à peine. Et les yeux voient d'abord ce personnage qui semble enveloppé d'une veste de drap blanc. Il a le coeur en carême. On dirait qu'il a froid. Il fait pourtant chaud à Valencia sous ce soleil couchant.

Et puis, nous la voyons aussi. Elle danse en passant. Elle nous dit qu'elle est importante. Croyez-moi. Elle nous a vraiment parlé de son importance. Elle est aussi belle que toutes les roses des fleuristes. Elle est plus belle que toutes les roses des jardins... Elle parle aux oiseaux des ponts. Elle leur donne de la lumière. Elle crie depuis sa cage que l'important est la rose.

"Même dans une poubelle, une rose reste une rose" [Jean Chalon]

28 juillet 2008

L'ange Lailah

J'ai choisi Laila pour pseudonyme et j'en parle un peu ici. C'est étrange mais à la longue, il me colle à la peau et je me sens autant Laila que mon véritable prénom. J'avais lu un peu sur le nom avant de le choisir, mais j'ai voulu faire un peu plus de recherche... donc voici, ce que j'ai trouvé...


On retrouve le nom de Laila sous différente forme : Lailah, Leliel, Lailael, Layla. Cette entité est généralement considérée comme un ange faisant partie du folklore religieux juif.  Son caractère est ambivalent puisqu’on le retrouve à la fois décrit comme ange « saint », « bénéfique » ou « lumineux » dans certains textes et comme un ange « déchu », « maléfique » ou « d’ombre » dans d’autres. Certains textes incluent dans leursLailah propos à la fois ces deux aspects considérés comme « contraires ».

Laila, est souvent appelé l’ange de la nuit – souvent considéré comme démoniaque- et son nom dérive du mot hébreu « lailah » qui signifie justement « nuit ». On dit d’ailleurs « Lailah tov » pour dire « bonne nuit ». On retrouve le terme dans le Livre de Job 3:3 : « Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! ». Mais Laila est également décrit comme le « prince de la conception ». Dans ce verset de l’Ancien Testament, « lailah » ou la « nuit » est donc considéré comme à la fois maléfique et comme « supervisant » la conception.

Job dans ce texte maudit le moment de sa conception : « Ce jour ! qu'il se change en ténèbres, Que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, Et que la lumière ne rayonne plus sur lui ! Que l'obscurité et l'ombre de la mort s'en emparent, Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, Et que de noirs phénomènes l'épouvantent ! Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu'elle disparaisse de l'année, Qu'elle ne soit plus comptée parmi les mois ! Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie ! Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan ! Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore ! […] » (traduction de Louis Segond, 1910).

Étant le « prince de la conception », Laila est donc responsable – ou le « superviseur » - de toute conception. Cet attribut a d’ailleurs, dans certaines traditions magickes ou spiritualités qui invoquent ou évoquent cet ange, fait de Laila une entité féminine, alors que les anges n’ont, par définition pas de sexe – bien que la plupart des représentations d’anges leurs donnent des traits masculins (de plus, le mot « ange » : malakh  est un nom masculin). Laila est souvent comparée, parfois même assimilée, à Lilith, la première femme, ou démon féminin de la conception –bien que Lilith détruise habituellement le fruit de la conception. On associe également Laila à un ange « féminin » en raison de la sonorité féminine de son nom. Son nom ne ressemble pas aux noms habituels d’anges et ne comporte pas la terminaison « el » qui signifie « dieu » (bien qu’une graphie du nom soit « Leliel ».)

Selon le Zohar – étude approfondie de la Torah ou Pentateuque ; en particulier de la Genèse et l’Exode – Lailah est l’ange qui est chargé de protéger et garder l’esprit à sa naissance. Ce qui n’en fait pas une entité négative. Laila est donc en charge à la fois de la conception et de la protection des esprits conçus à leur naissance. Plusieurs prières existent d’ailleurs pour appeler l’ange de la conception. Ces prières demandent à l’ange Laila de favoriser la conception d’un enfant. Dans ces prières on promet de s’occuper et d’aimer l’enfant à naître et on remercie l’ange de son aide, sa protection et de cette création – toujours en rappelant le rôle principal de « dieu » auquel l’ange est soumis. Cette conception demeure possible par la grâce de « Dieu » dont l’ange est uniquement l’intermédiaire. L’ange permet la conception car « Dieu » le permet.

Laila préside donc sur la nuit et la conception, à la fois démon (ange déchu) et ange. Cependant, certains textes – qui analysent la Genèse, par exemple, Bereshit Rabba - disent qu’on peut retrouver une histoire qui raconte comment l’ange Lailah a combattu pour Abraham lors de ces affrontements avec les Rois. Ceci renforce l’image positive et bénéfique de l’ange. On retrouve aussi cette histoire dans « The Legend of the Jews » par Louis Ginzberg.

D’autres textes peuvent être trouvés sur l’ange Laila et mettent en évidence son lien avec la conception de la vie. On retrouve d'ailleurs plus d'occurence soulignant le lien avec la conception que le lien avec la nuit.

BeforeDans son livre pour enfants « Before you were born », l’auteur et folkloriste Howard Schwartz aborde la nature de l’ange Laila d’une façon simple et très complète.

L’auteur appelle Laila, la sage-femme des âmes. Il souligne que l’ange rassemble l’âme – ou l’esprit - et la semence pour ensuite s’assurer que cette semence, cette « graine » contenant maintenant une âme, sera déposée dans un ventre maternel. Laila accomplit cette tâche sur l’ordre de Dieu et va chercher l’âme dans le Jardin d’Eden. Il ordonne à l’âme d’entrer, de s’unir à la semence pour former le futur être humain.

L’auteur explique aussi qu’alors que l’enfant grandit dans le ventre de sa mère, l’ange Laila place une chandelle allumée à la tête de l’enfant – toujours dans le ventre – pour qu’il puisse voir d’un bout à l’autre de l’univers. Le Livre de Job 29 :3 évoquerait d’ailleurs cette lumière : « Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit : Oh ! que ne puis-je être comme aux mois du passé, Comme aux jours où Dieu me gardait, Quand sa lampe brillait sur ma tête, Et que sa lumière me guidait dans les ténèbres ! »  Laila a également comme responsabilité d’apprendre à l’enfant à naître, la Torah ainsi que l’histoire de son âme. L’enfant à naître est pur et il fait d’ailleurs la promesse à Laila qu’il gardera son âme pure. L’ange lui montrera également le Ciel et l’Enfer. Lorsque l’enfant doit naître, l’ange éteint la chandelle et assiste la naissance. Mais lorsque l’enfant sort du ventre maternel, Laila frappe la lèvre de l’enfant avec son doigt (lui laissant cette petite marque ou pli que l'on a au-dessus de la lèvre) ce qui fait en sorte que l’enfant oublie tout ce qu’il a appris avant sa naissance. L’histoire souligne cependant que ce que l’enfant a appris ne disparaît pas vraiment. Ce qui explique certains souvenirs, connaissances. Le mythe rapporté par Schwatz continue en disant que Laila surveille l’enfant durant toute sa vie – une sorte d’ange gardien – et à sa mort, l’ange le guidera jusqu’au « ciel », vers un nouveau monde, devant Dieu où la personne devra rendre compte de sa vie passée sur « terre ».

Ce mythe fait de Laila, plus qu’un ange bénéfique, mais également un ange gardien. On peut retrouver ce mythe dans le texte : Midrash Tanhuma Pekude 3 qui fut publié en 1522.  Cette histoire présente donc Laila comme l’ange qui sur l’ordre de Dieu, ira chercher une âme dans le Jardin d’Eden qu’elle obligera à naître. On ajoute parfois que l’âme refuse d’abord de se plier à la volonté de Dieu car elle se « rappelle » la souffrance de naître. Et donc cette âme aurait déjà vécu. Le texte cherche cependant en grande partie à souligner la présence de Dieu à chaque instant de la vie – avant même la conception. Il souligne également l’aspect essentiellement pur de l’âme humaine mais qui peut être influencée par le pourvoir du « mal ». Et finalement que à notre naissance – ou plutôt avant notre naissance, notre âme - nous avions la capacité de comprendre Dieu ainsi que les secrets de la Torah mais que nous oublions cette connaissance.

À lire :

8 octobre 2007

Nightmare on Elm Street (1984) (suite)

Cinéma : Nightmare on Elm Street  (1984)NOES3

À propos : (attention spoilers)

Le film fut écrit par Wes Craven, écrivain et réalisateur, en 1981.  Nightmare on Elm Street n’était pas son premier film d’horreur. Il avait réalisé entre autre The Last House on the Left (1972), The Hills Have Eyes (1977), Deadly Blessing (1982), Swamp Thing (1984). Il devient rapidement un réalisateur connu pour ses films fantastiques et d’horreur. Parmi sa filmographie, on retrouve des œuvres pour le cinéma (The Serpent and the Rainbow (1989), The People Under the Stairs (1991), Scream Triology (1996, 1997, 2000), etc.) ainsi que pour la télévision (The Twilight Zone, etc.).

Il présenta le scénario pour Nightmare on Elm Street à plusieurs maisons de production. Finalement, ce fut la maison New Line Cinema qui accepta son projet. La réalisation ne se fit pas sans problème, principalement monétaire.

Craven aurait apparemment déclaré qu’il fut inspiré pour son scénario par la lecture d’articles de journaux relatant l’histoire de jeunes réfugiés Cambodgiens qui refusaient de dormir souffrant d’horribles cauchemars.  Les parents auraient encouragés leurs enfants à dormir, mais selon les articles, les enfants seraient tous morts dans leur sommeil. On dit aussi que le fait divers dont il se serait inspiré parle plutôt d’un adolescent qui refusait de dormir car il disait qu’il serait tué dans ses rêves. Alors que ces parents le forcent à dormir, ils le retrouvent le lendemain, mort, dans son lit. D’autres sources disent cependant que Craven aurait trouvé son inspiration d’un film réalisé par ses étudiants alors qu’il enseignait.

Le réalisateur avait tout d’abord planifié une fin heureuse à son film. Nancy tuait Freddy en cessant tout simplement de croire en lui et réalisait que tout ce qui était arrivé, était en fait un long rêve. Mais la maison de production voulait une fin équivoque dans laquelle alors qu’on croit tout d’abord que Freddy meurt et que tout est un rêve, on réalise qu’en fait il n’est pas mort et on ne sait pas si on voit encore un rêve ou un autre rêve à l’intérieur d’un rêve. Les deux fins furent filmées mais on utilisa la deuxième pour la version finale du film. Ceci laissant une porte ouverte pour une suite. Une suite fut en effet filmée – ainsi que de nombreuses autres. Mais Craven refusa de les réaliser.

Les suites sont très inégales, certaines très bonnes d’autres moins réussies, mais toutes continuent à fournir d'importans éléments sur le personnage de Freddy Krueger. Les films continuent également à explorer le monde des rêves et à remettre en question la ligne, parfois assez floue, entre la réalité et le monde des rêves. Les films en arriveront même à remettre en question de la ligne entre la réalité et le film lui-même. Qu’est-ce qui est un rêve et qu’est-ce qui est le monde réel ? Qu’est-ce que la réalité et qu’est-ce qui est un film ? L’actrice qui incarne Nancy reviendra dans une des suites en tant qu’elle-même. L’actrice est alors elle-même poursuivit par Freddy, le personnage des films dans lesquels elle a joué…

Freddy Krieger est devenu un personnage très connu du cinéma. Même sans être un fan de films d’horreur, on le reconnaît immédiatement : le chapeau, le chandail rayé rouge et vert, le visage brûlé et surtout le fameux gant avec de longs couteaux à chaque doigt.

Commentaires personnels: (attention spoilers)

Genre : Horreur

J’ai vu ce film chez une amie, en vidéo. À sa sortie au cinéma, je n’avais pas eu la permission d’aller le voir et j’étais trop jeune pour y aller toute seule. Nous étions dans le salon de mon amie et je me rappelle que malgré le fait qu’il faisait jour, que nous discutions pendant le film – commentant les personnages, etc. – je savais que j’aurais de la difficulté à dormir cette nuit-là.

Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit. En fait je n’ai pratiquement pas dormi pendant les jours qui ont suivi. Et donc, le film avait parfaitement atteint son objectif. Nous avons tous eu peu en rêvant. Certains cauchemars sont fréquents et beaucoup de gens ont les mêmes peurs : être poursuivi, avoir l’impression de ne pas avancer, se noyer, voir des serpents, des araignées, etc. Mais lorsqu’on se réveille, le rêve est fini. Il ne peut nous atteindre dans la vie réelle. Et c’est là que Craven a réussi à nous toucher… dans son film, ce qui arrive dans le cauchemar a une incidence dans la vie réelle. Le cauchemar est réel. Si on est blessé dans le rêve, la blessure existe aussi dans la réalité. Nos angoisses se matérialisent non seulement dans le rêve mais nous poursuivent dans la réalité. Il n’y a plus de frontière entre l’imaginaire et le réel.

Et pour vaincre le rêve, il faut l’affronter dans la réalité. Le personnage de Nancy pourra vaincre Freddy en lui faisant dos et en prenant son énergie – dans le monde réel et non plus dans le monde des rêves.

Le film est efficace. Et il le demeure encore aujourd’hui. Il est sanglant, mais beaucoup moins que les films qui le suivront. Et Freddy demeure encore très peu vu. On l’entend plus qu’on le voit et c’est ce qui est terrifiant. Les effets spéciaux sont très bien produits, même si aujourd’hui on les sent un peu vieillis. Les acteurs sont bien dirigés et les personnages sont crédibles. On note cependant que la représentation des adolescents est un peu « passée date » et clichée.

Nigthmare on Elm Street est ce qu’on appelle un « slasher movie », c’est-à-dire une histoire présentant des meurtres sanglants exécutés par un psychopathe (dans laquelle une mort en suit une autre), mais il est très bien réalisé et a une solide histoire pour le supporter. Dans mes catégories personnelles, c’est aussi un film « slasher surnaturel ou fantastique » dans le sens que le meurtrier ne fait pas partie du monde des vivants – c’est un être « surnaturel », un esprit, un fantôme, un personnage de rêve (ou plutôt de cauchemar).

Je regarde aujourd’hui le film et même si je l’ai vu une vingtaine de fois depuis ce premier après-midi, j’ai encore quelques frissons. Il demeure un de mes films préférés. Et quand je vais me coucher après l’avoir regardé, j’ai encore une petite réflexion sur la barrière entre les rêves et la réali.

Premier article: Nightmare on Elm Street (1984)

Sources :

21 mai 2008

La romance du vin de Nelligan

La Romance du vin

Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte
Ô le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en chœur,
Ainsi que les espoirs naguère à mon cœur,
Modulent leur prélude à ma croisée ouverte.

Ô le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai !
Un orgue au loin éclate en froides mélopées ;
Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent le cœur du jour qui se meurt parfumé.

Je suis gai ! je suis gai ! Dans le cristal qui chante,
Verse, verse le vin ! verse encore et toujours,
Que je puisse oublier la tristesse des jours,
Dans le dédain que j’ai de la foule méchante !

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le vin et l’Art !…
J’ai le rêve de faire aussi des vers célèbres,
Des vers qui gémiront les musiques funèbres
Des vents d’automne au loin passant dans le brouillard.

C’est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir poète et objet du mépris,
De se savoir un cœur et de n’être compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d’orage !

Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin
Ou l’Idéal m’appelle en ouvrant ses bras roses ;
Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses
Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main !

Pendant que tout l’azur s’étoile dans la gloire,
Et qu’un rythme s’entonne au renouveau doré,
Sur le jour expirant je n’ai donc pas pleuré,
Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire !

Je suis gai ! je suis gai ! Vive le soir de mai !
Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !…
Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre ;
Enfin mon cœur est-il guéri d’avoir aimé ?

Les cloches ont chanté ; le vent du soir odore…
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh ! si gai, que j’ai peur d’éclater en sanglots !

Commentaires personnels

Nelligan a composé ce poème en réponse à une critique négative de ses poèmes. La critique ne comprend pas ses poèmes. IlVin est jeune, déçu, et cherche à être reconnu. Il compose des vers qui expriment sa tristesse. Il lira La romance du vin lors de la 4e et dernière séance publique de l’École littéraire auquel il appartenait et qui eut lieu au château de Ramezay à Montréal. Les poèmes que Nelligan lira lors de cette soirée, incluant La romance du vin, seront très bien reçus et ces amis l’acclameront lors de sa lecture. Nelligan sort triomphant de cette soirée de mai.

L’ovation que lui font les invités et membres de l’École littéraire se continue jusque dans la rue. Nelligan est acclamé dans la rue du château de Ramezay jusqu’à sa demeure sur la rue Laval. Il devient instantanément un poète reconnue et acclamé. Il connaît le succès. Quelques temps après cette soirée, il est conduit à l’asile pour « folie », « dépression »,… Il ne sortira plus des hôpitaux psychiatriques.

Le poème La romance du vin est considéré comme un cri du cœur du poète. Suite à la critique négative qu’il avait reçu, Nelligan est à la fois triste et enragé, et se considère alors comme un poète incompris. Il utilise des images négatives, sombres, moroses, tragiques. Il se sent persécuté, trahi.

«  C’est le règne du rire amer et de la rage
De se savoir un poète et objet de mépris,
De se savoir un cœur et de n’être pas compris
Que par le clair de lune et les grands soirs d’orage ! »

Emile Nelligan se consacre à la poésie. Il a abandonné ses études, ne poursuit aucune carrière ou emploi… que pourtant son père tente de lui trouver. Il veut vivre de ses poèmes, de l’art. Il veut être connu pour sa poésie.

« J’ai le rêve de faire aussi des vers célèbres »

Ses vers précédents ont été critiqués de façon très négative. Il veut offrir des vers qui le feront connaître et surtout reconnaître comme un poète. Ses amis, les spectateurs, sa ville, tous l’acclament avec ces vers… Le poème est relativement classique dans sa structure. Il comporte 9 quatrains et Nelligan clame, dénonce, contraste et rime.

Ces gens qui l’avaient humilié, qui avait « ri » de lui… aujourd’hui le célèbrent. Dans ce poème, Nelligan cri… il s’exclame constamment… un point d’exclamation qui se répète… Il pointe du doigt la foule qui rie de lui et ne le comprend pas. Et bien sûr, il dénonce aussi. C’est un des objectifs de ce poème.

« Dans le dédain que j’ai de la foule méchante ! »

« Femmes ! je bois à vous qui riez du chemin
Ou l’Idéal m’appelle en ouvrant ses bras roses ;
Je bois à vous surtout, hommes aux fronts moroses
Qui dédaignez ma vie et repoussez ma main ! »

Et Nelligan veut crier qu’ils sont sans importance… qu’il est ivre de la poésie, de l’art… que les commentaires des autres n’ont aucune importance. Il est poète et il entend vivre intensément sa vie d’artiste… quitte à en souffrir…

 « Je suis follement gai, sans être pourtant ivre !… »

Il est triste, mélancolique et dépressif mais aussi euphorique et excité. Il alterne entre la tristesse et la gaieté. Il a peur de l’échec, cherche le succès… ne sais pas comment vivre avec l’un ou l’autre. Il rit et il pleure.

«  Oh ! si gai, que j’ai peur d’éclater en sanglots ! »

Il est jeune. Il vit de passion… finalement comme beaucoup d’adolescents. L’aurait-on traité de fou aujourd’hui ? L’aurait-on enfermé dans un asile ? Probablement pas…

« Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire »

Il oscille entre l’automne et le printemps. Entre ce qu’il considère sombre, mélancolique et ce qu’il voit comme un renouveau, une renaissance… entre la mort et la vie. Il marche dans le brouillard et la lumière. La création semble être ce qu’il croit qui va le sauver. Il cherche un idéal qu’il pense trouver dans la poésie.

« Pendant que tout l’azur s’étoile dans la gloire,
Et qu’un rythme s’entonne au renouveau doré,
Sur le jour expirant je n’ai donc pas pleuré,
Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire ! »

Il y a une certaine gaieté dans le poème… on sent qu’il cherche à convaincre de son ivresse. Comme on peut parfois être heureux… se sentir transporter pour ensuite retomber dans la tristesse.

« Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte
Ô le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en chœur, »

Les vers expriment les contradictions de ses émotions. Joyeux, rayonnant, froid et triste…

«  Ô le beau soir de mai ! le joyeux soir de mai !
Un orgue au loin éclate en froides mélopées ;
Et les rayons, ainsi que de pourpres épées,
Percent le cœur du jour qui se meurt parfumé. »


Les termes se suivent, parfois musique, parfois simples sons. Les choses sont couleurs, sons, odeurs, … Souvent des termes inattendus qui se placent sans crier gare un à la suite de l’autre. Évoquant des images imparfaites mais tenaces.

« Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte »

« Je suis gai ! je suis gai ! Dans le cristal qui chante, »

« Percent le cœur du jour qui se meurt parfumé. »

« Ou l’Idéal m’appelle en ouvrant ses bras roses »

« Les cloches ont chanté ; le vent du soir odore… »

Nelligan appelle le vin. Le vin qui enivre mais qui donne aussi la connaissance. On voit les choses d’une façon plus claire mais plus triste. On peut devenir joyeux tout en conservant sa tristesse. Le vin ouvre les yeux et les fait souvent pleurer.

«  Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh ! si gai, que j’ai peur d’éclater en sanglots ! »

Mais la tristesse de Nelligan semble devenir sa force. Ce qui le pousse à écrire, à vivre. Mais ce qui semble aussi l’accabler. Son échec va devenir son succès. Il aspire au succès, mais surtout à la reconnaissance des autres. Comme beaucoup de gens, comme la plupart des adolescents.

Il rage, pleure et est parfois intensément heureux… Et ne sait comment vivre avec toutes ces émotions contradictoires… Contradiction entre son corps, son esprit… ses désirs et ses émotions.

« Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre ;
Enfin mon cœur est-il guéri d’avoir aimé ? »

Il semble le sujet principal du poème. Ou plutôt ses émotions, ses contradictions le sont. Cherchant à faire reconnaître son individualité mais voulant l’approbation des autres. Il est blessé. Veut qu’on le sache. Dire sa haine des autres, mais souligner son besoin de reconnaissance. Il cherche à crier sa rage de vivre. Sa volonté d’être et d’être reconnu comme individu… Il est… « Je suis… » dit-il à répétition.


Voir aussi:

27 février 2008

Le Libraire

Critique de lecture

Le Libraire /  Régis De Sá Moreira. – [Paris] : Éd. Au diable vauvert, 2006. – 189 p. ; 18 cm. – Coll. Livre deLe_Libr poche : 30619. – ISBN 2-253-11371-9

Quatrième de couverture :

- Vous l'avez lu ?
- Oui, dit le libraire.
- Moi aussi, répondit le jeune homme.

Le libraire lui sourit. Le jeune homme prit confiance :

- Mais je l'ai offert à quelqu'un... à qui je n'aurais pas dû l'offrir.
- C'est difficile d'être sûr de ces choses-là, répondit le libraire.
- Oui, dit le jeune homme.
- Ne désespérez pas, dit encore le libraire. Certains livres sont à retardement...

L’auteur :

Régis de Sá Moreira est né en 1973. Son père est brésilien et sa mère est originaire de France. Il publia son premier roman, Pas de temps à perdre, en 2000. Ce premier roman fut vendu reçut le prix Le Livre élu (Prix des jeunes lecteurs des Hauts-de-Seine) et se vendit à plus de 3700 exemplaires.

Bibliographie :

  • Pas de temps à perdre (2000)
  • Zéro tués (2002)
  • Le Libraire (2004)

Commentaires :

Il arrive qu’une critique détaillée ne me semble pas nécessaire. Ou alors, disons tout simplement que je n’ai pas envie de décortiquer le texte. Le Libraire raconte l’histoire d’un homme, un libraire, qui vit dans sa librairie. Il y reste jour et nuit, au cas où un client viendrait… il ne voudrait pas qu’il se bute à une porte fermée. Le libraire est un homme solitaire, parfois heureux, parfois triste, mais surtout passionné par ses livres. Il a une famille qu’il ne voit jamais mais à qui il envoie des pages de livres. Il avait des amis, mais il n’en a plus. Et il y a les clients, parfois réels, parfois imaginaires. Parfois, il aide ses clients, parfois, il les fuit et même se cache. Parfois, il leur donne de fausses informations, et parfois il refuse de leur répondre. Mais il y a certains clients auxquels il consacre son temps, avec plaisir. Il sélectionne les gens avec qui il va partager sa librairie. Il boit des tisanes après avoir servi un client ou se cache derrière son bureau quand il ne veut pas voir un client.

Le roman est court, l’écriture poétique, onirique… assez singulière. L’auteur joue avec les mots, les sons, les répétitions, la musicalité des phrases. Des petites scènes, des instants, des rencontres… Ce roman est plutôt un conte ou encore une fable – même si ce n’est pas la même chose… On sent que certains passages ne sont qu’un exercice de poésie, de style… qu’un jeu avec les sons et les mots. Peu de descriptions, beaucoup de non-dits, il faut parfois remplir les blancs… on s’imagine alors ce que l’auteur voulait dire ou encore ce qu’on aimerait qu’il ait dit. On peut noter ici et là certaines allusions, certaines allégories sur la mort, Dieu, l’amour, la vieillesse, la solitude, la littérature… le questionnement que nous avons tous sur la vie…

Les livres ont une place centrale dans le roman et dans la vie du libraire. La librairie est un reflet des lectures du libraire et des conseils qu’il fait à ses clients. Il est le passage entre le livre et la lecture. Il semble que l’auteur ait rassemblé dans son livre ses expériences de librairie, de lecteurs… de bouquineurs. Roman sans véritable histoire, il est surtout composé de moments, de livres… et de soupirs.

C’est une librairie impossible qu’on voudrait pouvoir trouver un jour, au détour d’un coin de rue. Entrer dans cette librairie remplie de livres sans classement. Errer dans les rayons à la recherche du livre qui nous bouleversera, et peut-être échanger quelque mots sans sens et irrationnels avec un libraire étrange.

Certains peuvent se lasser du style de l’auteur… mais le roman est si court que je vois mal comment on peut se fatiguer des répétitions et étrangetés du libraire.

J’ai lu le livre rapidement… et voyant les pages défilées, j’ai voulu ralentir pour ne pas finir trop rapidement… mais les poudoupoudoupoudou demandent une lecture rapide et rythmée. Et j’ai voulu le relire… facile, il est si court… et j’ai encore aimé. Et il m’a ensuite rappelé d’autres lectures… et des visites à des librairies…

J’ai beaucoup aimé le libraire – Le Libraire – même si lorsque j’ai refermé le livre, j’étais mélancolique et triste.

L’avis de Lilly

Citations :

« En redescendant son escalier, une tasse de tisane à la main, le libraire aperçut la question.
Elle venait de se faufiler sous la porte sans déclencher le poudoupoudoupoudou et elle cherchait le libraire dans la librairie. La question entrait de temps en temps et toujours sans prévenir. »
p. 63

« Et sa préférée parmi toutes : « Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs. » Il y avait quelque chose dans cette phrase. Un pouvoir magique qui marchait à tous les coups. Le libraire avait d’abord pensé qu’il était le seul à y être sensible, qu’elle réveillait peut-être en lui un rapport particlulier qu’il entretenait avec les icebergs, mais il l’avait essayée dans plusieurs situations et il avait découvert que les clients aussi y réagissaient, même si les réactions étaient chaque fois différentes, ainsi qu’étaient différents les clients. » p. 94

7 octobre 2007

Nightmare on Elm Street (1984)

Cinéma : Nightmare on Elm Street  (1984)

NOESFiche technique :

Langue : Anglais (VO)
Année : 1984
Durée
: 91 min.
Pays
: Etats-Unis

Directeur : Wes Craven
Producteurs : Robert Shaye, Sara Risher, John Burrows, Stanley Dudelson,
Scénario : Wes Craven
Cinématographie
: Jacques Haitkin
Musique originale
: Charles Bernstein
Maquillage : Kathryn Fenton, David B. Miller
Costumes : Dana Lyman

Distribution: Robert Englund (Fred Krueger), Heather Langenkamp (Nancy Thompson), Johnny Depp (Glen Lantz), Amanda Wyss (Tina Gray), John Saxon (Lt. Thompson), Ronee Blakley (Marge Thompson)

Résumé :

De jeunes adolescents habitant tous sur Elm Street dans une petite ville américaine réalisent qu’ils font tous le même cauchemar impliquant un homme avec un gant aux doigts en couteaux. Quand une des amies se fait tuer pendant son sommeil, Nancy réalise que les rêves deviennent réalité. Ce qui se passe dans les cauchemars se réalise dans le monde réel. Elle cherchera à savoir qui est cet homme, pourquoi il les poursuit dans leurs cauchemars, elle et ses amis, et comment elle peut le vaincre.

Synopsis : (attention spoilers)

Dans une petite ville d’Ohio, Springwood, des adolescents habitant sur la rue Elm font des cauchemars. Deux amies, Nancy et Tina se rendent compte qu’elles font toutes deux le même cauchemar. Elles sont poursuivies par un homme horriblement brûlé portant un vieux chapeau, un chandail rouge et vert et ayant un gant avec de longues lames de couteaux. Mais Tina se réveille de son cauchemar avec 4 déchirures sur sa robe de nuit. Effrayée, elle demande à Nancy et Glen, le copain de Nancy, de passer la nuit avec elle.

Le copain de Tina, Rob, viendra les rejoindre. Pendant la nuit, Tina a un autre cauchemar. Mais cette fois-ci, le meurtrier la rattrape et la tue brutalement. Rob se réveille et la voit se faire tuer par une présence invisible. Il ne peut rien expliquer et est évidemment arrêté pour le meurtre de Tina.

Les rêves ne s’arrêtent cependant pas avec la mort de Tina. Nancy continue de faire d’horribles cauchemars toujours avec le même personnage. Chaque fois qu’elle ferme les yeux, elle se retrouve dans un cauchemar. Elle devient persuadée que Tina fut tuée par l’homme dans leurs cauchemars. Personne ne l’écoute. Mais alors qu’elle fait un autre cauchemar, elle se fait couper par l’homme mais réussit à ramener son chapeau.

Elle finira par découvrir l’identité de l’homme de ses cauchemars. Sa mère lui révèle qu’il y a plusieurs années, un homme, nommé Freddy Krueger, ayant tué plus de 20 enfants, avait réussi à être acquitté. Les parents des enfants l’avaient cependant pourchassé jusque dans son refuge, une chambre à fournaise, et l’avaient brûlé vivant pour se venger. Et maintenant, le fantôme de ce meurtrier s’en prennait aux enfants de ces parents.

Nancy décide qu’elle doit tuer Freddy et élabore un plan. Elle réussira à ramener le meurtrier dans le monde réel. Après d’autres morts horribles et de nombreux affrontements, elle réussira finalement à vaincre Freddy, ce qui aura pour effet de ramener à la vie tous ceux qui furent tués.

La dernière scène nous montre les jeunes qui quittent la maison et la mère de Nancy se faire attraper par Freddy et entraîner dans la maison par la fenêtre de la porte.  

Sources :

 Commentaires à suivre…

21 octobre 2017

Vouloir croire aux fantômes, 3-3

Et dites-moi, maintenant vous croyez aux fantômes ? Probablement pas. Moi, oui. Encore. Malgré tout. Même si parfois, j'ai eu des doutes. J'ai douté defrayeurmes yeux. Douté de ce que je voyais ou pensais voir. Parce que les histoires de fantômes, on aimerait parfois ne pas les vivre.

Comme cette nuit, il y a plusieurs années, où je dormais chez mes parents. J'étais en visite pour la fin de semaine et je couchais avec ma soeur dans sa chambre qui était mon ancienne chambre. J'avais passé bien des nuits blanches dans cette chambre. Des bruits, des mouvements, ... cette chambre et cette maison m'ont donné bien des sueurs froides. Quand je suis déménagée, j'étais bien contente de ne plus ressentir cette pression. Que j'étais la seule à ressentir. Donc, je devais bien sûr m'imaginer des choses. Après une super soirée avec ma famille, ma soeur et moi allons nous coucher. Évidemment, nous papottons pendant un long moment. Elle me raconte des anecdotes de sa vie d'adolescente, je lui raconte mes déboires de jeune adulte en appartement depuis peu. On rit beaucoup. Puis, elle me dit qu'elle a beaucoup de difficulté à dormir ces derniers temps. On discute, on parle de ses migraines. Puis, on finit par s'endormir. Soudainement, je me réveille. Je suis tournée vers le mur. Je sens ma soeur qui s'agite dans le lit à côté de moi. Je me retourne. Et je la vois qui se débat. Le problème c'est qu'elle n'est pas complètement à côté de moi mais semble flotter à quelques centimètres du lit. Elle se débat. Je ne suis pas capable de dire quoi que ce soit. Puis j'arrive à dire son nom. Je ne me rappelle pas si j'ai crié ou murmuré. Elle est retombée sur le matelas. Et a ouvert les yeux. "Quoi ?", qu'elle dit endormie. "Rien, rendors-toi." Ce qu'elle fit immédiatement, mais pas moi. Le lendemain, je lui raconte ce que j'ai vu. C'est alors qu'elle me dit qu'elle rêve souvent que deux bras sortent du plafond pour la prendre et essayer de l'attirer.

Évidemment, j'étais à moitié réveillée. Elle a beaucoup de difficulté à dormir. Moi aussi, d'ailleurs. Nous nous convainquons que tout ça c'est des histoires. C'est des histoires, non ? Des histoires de fantômes pour nous faire peur.

Mais parfois les histoires de fantômes, on espère aussi qu'elles ne sont vraiment qu'une simple histoire de fantômes. On préfèrerait nettement que ce qu'on a vu c'était vraiment un fantôme.

Comme cette nuit dans mon nouvel appartement. Mon premier appartement. J'avais passé le week-end à déménager avec ma coloc. Toute la fin de semaine, moi, ma coloc et nos copains avions nettoyé, fait de la peinture et fêter un peu. Premier appartement, c'était énervant. Puis le dimanche est arrivé. Ma coloc devait retourner chez ses parents car elle travaillait tout l'été dans sa ville. Son copain l'a évidemment suivi et mon copain - oui, mon PisTout - est retourné chez lui. Je me suis donc retrouvée seule en ce dimanche soir, dans mon nouveau chez moi. Je regarde la télé jusqu'à tard... je dois avouer que j'avais un peur d'aller me coucher. Du haut de mes 21 ans, je me sentais bien fragile tout d'un coup. Mais je finis par aller me coucher. Je ferme les lumières et je m'enveloppe dans mes couvertes. J'ai toujours eu de la difficulté à dormir. Et je me réveille fréquemment pendant la nuit. Et donc, vers 2 h du matin, je me réveille. J'ouvre les yeux. Et là, dans le coin de ma chambre je vois une forme noire. Un homme se tient à côté de mon lit. Je suis tellement habituée à voir des formes quand je me réveille la nuit, fantômes ou hallucinations noctures, que je me retourne simplement dans mon lit vers le mur en me disant : "non, je ne continuerai pas à voir des fantômes ici., NON...". Et je parviens à me rendormir. Je me réveille le matin, assez fière de moi. Non, je traînerai pas les fantômes de chez mes parents dans mon nouvel appartement. Je me lève et quand je sors de ma chambre pour aller dans le corridor, je me retourne et je vois la porte d'entrée grande ouverte. En une fraction de seconde, je me rappelle mes amis quittantr l'appartement, je me rappelle leur dire au revoir, je NE me rappelle PAS avoir verrouillé la porte et je me rappelle l'homme dans le coin de ma chambre pendant la nuit. Je ferme les yeux, vais fermer la porte en tremblant, mets le verrou et me répète sans arrêt : "c'était un fantôme, c'était un fantôme, c'était un fantôme."

Parce que parfois on espère vraiment que ce qu'on a vu était un fantôme !

18 février 2018

Le moment captif d'un dimanche : illusion hivernale

2018-022"La neige. C'est de la lumière dont la terre est couverte. Des franges d'écume sur les rochers. Un vol de papillons blancs." [Roger Mondoloni]

Mes pensées naviguent les vagues de neige qui recouvrent la terre devant ma fenêtre. Mon regard se perd dans cette blancheur qui semble sans fin. Je ferme les yeux, éblouie.

J'ouvre les yeux. La neige m'envahit. Elle a traversé la vitre et recouvre le sol. Il fait froid. Je commence à grelotter. Tout est blanc autour de moi. Je ne peux l'empêcher de s’infiltrer partout. Elle brise doucement les couleurs et tout devient blanc et glacé.

Les murs s’effondrent. Je ne reconnais plus rien. Tout est blanc. Vide. Que des vagues de neige qui ondulent doucement à perte de vue. Je me sens seule au milieu d'un désert blanc. Je n'ai plus froid.

"Une averse de soleil tombait sur ce désert blanc, éclatant et glacé." [Guy de Maupassant]

24 décembre 2017

Le moment captif d'un dimanche : noëliser sa vie

2018An"Celui qui n'a pas Noël dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d'un arbre" [Roy Lemon Smith]

Aujourd'hui, c'est la veille. C'est l'attente. Mais Noël est une pensée. Un rêve. Irréaliste ? Peut-être. Mais pendant quelques jours, on peut bien laisser les lumières de Noël illuminées notre coeur. Nos coeurs. Ton coeur et mon coeur. On se permet d'être un brin romanesque. C'est la veille de Noël.

Pendant un moment, on se dit que Noël est devenu trop commercial, impersonnel et que les cantiques vont nous rendre fous. Mais le moment que Noël se termine, on attend le prochain.

Parce que que dans le fond, on aime bien se perdre dans les lumières, les boules, les guirlandes, la tourtière, la tarte au sucre et les cadeaux. Parce que c'est la veille de Noël et on a bien le droit !

"Le temps, c'est quand on va d'un Noël à l'autre" [Paul Villeneuve]

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>
Publicité
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
Publicité