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4 mars 2018

Le moment captif d'un dimanche : s'étirer

2017-11-02« Tout tient à un fil, on est toujours en péril. » [Alberto Giacometti]

Nous sommes éternels et en un instant nous n’existerons plus. Nous sommes poussières, non ?

On nous martèle la tête toute notre vie avec notre futur. On doit le préparer, calculer chaque moments qui viendra, prévoir ce dont on aura besoin. On nous dit d’économiser pour ces années à venir. Il faut accumuler les noix pour demain. Pas question d’en perdre une ou d’y goûter tout de suite. Il faut tout prévoir, tout anticiper. Et préparer le moment où il sera enfin possible d’en profiter. Quand nous serons vieux.

Mais parfois, je me dis… et si ce moment où je serai vieille n’arrive jamais. Ma mère est partie à 62 ans, sa mère à 99 ans. Que faire… Vivre aujourd’hui pour demain, vivre aujourd’hui pour aujourd’hui ou attendre demain pour vivre ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Enfant, il fallait me préparer à vieillir. Préparer une carrière, choisir les bons cours, avoir les bonnes notes. Puis, il faut vivre cette carrière. Chaque matin, se lever et travailler. Pour amasser, pour vivre, pour son futur.

On essaie bien d’en profiter un peu quand on peut. On voyage, on se procure des babioles, on s’évade dans un livre, un film, une passion quelconque. Mais on nous bombarde de mots importants : économie, retraite, futur.

Et on se sent coupable de vivre maintenant. Il faut penser au futur. Mais, et si ce futur ne vient jamais ? Et si nous avions passé notre vie à prévoir un futur qui n’existera pas ? Et si le fil de notre vie se brisait soudainement sans nous avertir ?

Je préfère tricoter un peu aujourd’hui, parce que je ne connais pas la longueur de mon fil. Et demain est peut-être un peu aujourd’hui.

« Quand la vie ne tient qu'à un fil, c'est fou le prix du fil ! » [Daniel Pennac]

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10 décembre 2017

Le moment captif d'un dimanche : chavirer

2017-11-02a"Tout peut basculer si vite dans une vie, si vite que le passé s'efface comme dans un rêve." [Christophe Gans]

Lorsqu'un instant, tu as cru que le monde était stable, tu as oublié de le voir chavirer. Le silence rassurant est soudainement devenu vacarme. Et tu ne te rappelles déjà plus des moments paisibles, des heures tranquilles, des souvenirs doux.

Ton monde est maintenant bouleversé. Tu es tourmenté par les incertitudes, par des peurs réelles et inventées. Tu essaies de te bercer d'illusions, tu t'étourdis d'espoirs. On te dit que tu es naïf. Que tu devrais être plus réaliste. Mais tu décides de ne pas les écouter.

Tu t'accroches de toutes tes forces et tu essaies de ne pas basculer. Ni en arrière. Ni en avant. Tu restes calme.

"Plus l'être humain vieillit, plus il bascule dans le passé, comme si le bonheur, la plénitude réside dans l'espérance des choses, dans leur vécu." [Marc-André Paré]

20 avril 2017

King Dave (2016)

KingDave1À l'affiche ce soir : King Dave  (2016)

Fiche technique

Langue: Français (VO)
Année: 2016
Durée: 1h 40 min.
Pays: Canada (Québec)
Réalisateur: Podz (Daniel Grou)
Producteurs: Nicole Robert, Jaime Tobon

Studio : Go Films

Distributeurs : Les Films Séville
Scénario : Alexandre Goyette
Cinématographie: Jérôme Sabourin
Musique originale: Milk and Bone

Distribution: Alexandre Goyette (Dave); Mylène St-Sauveur (Isabelle) ; Moe Jeudy-Lamour (Ali); Karelle Tremblay (Nathali)

Synopsis (attention spoilers)

Dave est un jeune homme rebelle, qui joue au petit dur, se croit cool, mais est très influençable. Un soir, dans un bar, sa vie dérape. Lorsqu'il voit sa copine danser et flirter avec un autre gars un peu trop entreprenant, il s'élance, jaloux, sur la piste de danse pour défier le gars. Sa copine quitte fâchée, mais Dave veut donner une leçon à l'autre. Mais c'est plutôt lui qui se fait battre violemmentKingDave2 et retourne chez lui, complètement humilié.

Dave ne peut laisser les choses ainsi et il décide de se venger. Mais rien ne va aller comme il le veut et il se retrouve dans un engrenage de violence dont il ne sait comment s'échapper et qui le mènera vers l'irréparable.

À propos

Genre: Drame

Le film King Dave est l'adaptation au grand écran d'une pièce de théâtre écrite et jouée par Alexandre Goyette il y a plus de 10 ans. La pièce de théâtre fut jouée partout au Québec remporta un très grand succès. En 2005, la pièce reçue le prix "texte original" et Alexandre Goyette reçu le prix "interprétation masculine" lors de la soirée des Masques.

Goyette a écrit ce texte lorsqu'il avait environ 25 ans, mais s'est inspiré de son adolescence et des jeunes qui l'entouraient. Il voulait raconter la violence urbaine des gangs de rue dont il a été témoin. Le texte ne raconte pas sa vie mais ce qu'il aurait pu vivre.

La pièce est très dynamique, vivante et beaucoup la qualifiait de cinématographique. L'acteur porte le texte entièrement, joue tous les personnages et s'adresse au public directement.

C'est le réalisateur Podz qui a approché Alexandre Goyette pour adapter la pièce au cinéma. Ils ont travaillé ensemble sur le projet pendant sept ans avant qu'il ne voit finalement le jour en 2016. Le réalisateur voulait absolument conserver la théâtralité et le rythme du texte de Goyette. Il a donc décidé de filmer en un seul plan-séquence le texte de Goyette.

KingDave3Le film est donc un seul plan-séquence de 91 minutes. Pendant ces 91 minutes, la caméra suit Dave qui s'adresse directement au spectateur, comme dans la pièce de théâtre. Le film est tourné sur un trajet de 9 kilomètres, dans plus de 20 lieux différents. L'équipe technique devait suivre continuellement les acteurs, et il est difficile d'imaginer l'ampleur et la complexité du travail qu'exigeait cet unique plan-séquence. Décors construits dans une cour pour permettre au personnage de passer d'une maison à un appartement, des caméras qui suivent un autobus, des plateformes mobiles, des changements de costumes imperceptibles, etc. Ce plan-séquence unique était également un défi pour les acteurs, en particulier pour Alexandre Goyette qui est présent du début à la fin. Mais qui cependant avait son expérience théâtrale du texte qu'il a écrit. Le film a été tourné 5 fois en 5 jours. Ce fut la cinquième prise qui fut retenue.

Le film a beaucoup fait parlé de lui avant et à sa sortie. Les critiques furent majoritairement élogieuses. Il fut le film d'ouverture et en compétition officielle au Festival de Films Fantasia de Montréal en 2016. Il fut également présenté dans plusieurs autres festivals dont le Warshaw Film Festival en Pologne, le Festival Les Percéides à Percé, le Vancouver Internation Film Festival et le Atlantic Film Festival à Halifax.

Il y eut cependant quelques critiques négatives et le succès au box office ne fut à la hauteur des espoirs de Podz et Goyette. 

Pour moi King Dave, c’est…

Si vous êtes québécois, il est difficile de ne pas avoir entendu parler de King Dave. Et il était difficile de ne pas connaître les coulisses du tournage. On a en effet beaucoup parlé de ce fameux plan-séquence et des prouesses techniques qu'il a exigé. On savait donc à quoi s'attendre. On savait peu de l'histoire, par KingDave4contre. Peut-être parce qu'on en avait parlée lors des représentations théâtrales, il y a plusieurs années. Comme je n'étais pas au Québec en 2005, je ne savais rien de l'histoire, ni de l'auteur ou du contexte d'écriture.

C'est donc en ne connaissant que la démarche cinématographique que je me suis assise dans la salle de cinéma. Et bien que je suis sortie complètement enchantée par le film, je dois admettre que j'ai été légèrement déroutée par le texte et l'acteur principal. Ce n'est que lorsque j'ai su que l'acteur était l'auteur du texte et le contexte d'écriture que j'ai pu vraiment apprécier le film.

Et je comprends que le film ait pu paraître étrange à certains. Car nous suivons dans le film un jeune homme au langage de rue très actuel qui côtoit des gens qui sont visiblement plus jeunes que lui et qui vit des situations qui semblent légèrement décalés par rapport à son âge. Car l'acteur a maintenant environ 40 ans. Et cela m'a semblé vraiment étrange au début. Ensuite, j'ai été emportée par le film, et l'ai regardé en retenant mon souffle, tellement j'ai été prise par le rythme effrené, par le texte vertigineux et par le jeu de Goyette. J'ai oublié le décalage entre le personnage et l'acteur.

Mais, j'ai vraiment aimé lire par la suite sur le film et comprendre le contexte d'écriture. Disons que cela aide à remettre en perspective les mots et les actes. L'auteur/acteur voulait transmettre son expérience de jeunesse dans un quartier dur. Il voulait partager ses souvenirs des crimes dont il a été témoin, de la violence urbaine qu'il a vu se propager autour de lui. Il avait 25 ans quand il a écrit son texte. Son personnage est plus jeune. Il a un âge un peu indéfini. Il a joué son texte au théâtre, pendant plusieurs années. Il en a 40 ans quand il le joue au cinéma. Je crois que le décalage dans l'âge du personnage et l'acteur doit être moins évident au théâtre. Au cinéma, il dérange un peu. Mais si on le voit comme une analyse d'un épisode de sa vie par le personnage, cela me semble plus normal. C'est comme si on entrait dans la tête de Dave et qu'il nous racontait ce moment tragique de sa vie. Je regrette donc qu'on ait pas plus parler de l'histoire dans les médias. Car savoir l'origine des mots permet de comprendre certaines choses.

Le film est vraiment l'histoire d'un jeune homme qui dérape et prend toutes les mauvaises décision. Il est vulnérable, sensible et cherche à s'intégrer. Il veut faire partie d'un groupe, être respecté par eux. Mais il ne sait pas s'y prendre. Et on le suit dans cette dérive. On le suit dans les ruelles, son appartement, les parcs obscurs... Montréal vit sous nos yeux. Des endroits de Montréal peu connus, mais qui résonnaient en moi... Montréal-Nord, Rivières-des-Prairies,... Je connais.

Dave peut sembler maladroit, un brin "épais". Mais je me suis attachée au personnage. Il veut tellement être quelqu'un d'autre, un dur qui se fait respecter mais il fait tellement d'erreurs... les événements se succèdent et il n'a plus aucun contrôle sur ce qui lui arrive. Il est à la recherche de lui-même, mais il ne le sait pas. Un jeune adulte qui ne s'assume pas, qui ne veut pas quitter le monde qu'il admire mais qui cause sa perte. Il y avait tellement d'émotions dans le texte et dans le jeu de Goyette. On ne peut s'empêcher de vouloir secouer Dave et essayer de le sauver de lui-même. Goyette dit avoir écrit son texte en un seul jet... le texte est dit en seul souffle... et on le regarde sans respirer. On en sort un peu sonné et essouflé.

Évidemment, notre essouflement est également le résultat du fameux plan-séquence. On se dit qu'on ne peut cligner des yeux sinon on va perdre quelque chose. C'est terriblement bien réalisé, une caméra à la fois fluide et rythmée. Bien sûr au début, on y pense, on se demande comment a été fait telle transition mais bien vite j'ai oublié tout pour ne suivre que l'histoire.

Sources à consulter

19 mars 2017

Le moment captif d'un dimanche : perdre son temps

2017-11"Que le temps passe plus vite, quand l'ennui l'étire" [Philippe Besson]

Il y a de ces journées. On sait qu'on devrait profiter de ces heures juste à nous. Toute la semaine à courir à droite et à gauche. Toute la semaine à ne pas avoir un moment à soi. Et puis, aujourd'hui, enfin, la journée entière juste pour soi. Pas de réunions. Pas de courriels. Pas de courses. Pas d'entrainement. Pas de ménage.

On en rêve toute la semaine. On se prépare, on imagine. On planifie pleins de petites choses douces. Des petites choses juste pour soi. Des petites choses qu'on remet toujours à plus tard. On se dit que la journée sera tranquille mais formidable. On fera de chaque instant un délice. On profitera de chaque minute.

Et puis. Il y a de ces journées. On se lève. On se sent las. On a envie de rien. On commence la journée lentement. On paresse. On laisse les minutes se dérober. On se traîne d'une pièce à l'autre. On se dit qu'il faudrait bien profiter de ce temps que l'on a enfin juste pour nous. Mais on ne fait rien. On se dit qu'on a toute la journée. Mais la journée glisse entre nos doigts. Et on regarde par la fenêtre. On n'arrive pas à se décider. Tout nous ennuie. Rien ne nous dit. On laisse laisse les minutes disparaître. Et la journée est terminée. On n'a rien fait. On n'a pas profité de ces instants. On s'est ennuyé profondément. On a perdu son temps.

28 février 2016

Le moment captif d'un dimanche : égratignure

2016-02-07"La parenté est comme un manteau d'épines" [Proverbe africain]

Qui a dit que c'était facile d'aimer sa famille ?

Parfois on ne l'aime pas du tout. Et c'est ok. On peut avoir de parfaitement bonnes raisons de ne pas aimer sa famille.

Mais très souvent on aime notre famille. On l'adore même et on ne pourrait s'imaginer vivre dans eux. Mais même si on l'aime, on se demande souvent pourquoi. On a parfois l'impression que c'est un travail douloureux et sans fin. Qu'il faut y travailler sans arrêt. Et que ce sont toujours les mêmes qui font les efforts. On tend la main, on écoute, on console, on conseille, on supporte et on prend dans nos bras... mais parfois on a l'impression qu'on ne reçoit en retour que des égratignures. Elle ne veut pas de notre écoute, de nos conseils. Elle supporte à peine nos bras et nos mots.

Mais on l'aime tout de même. Et on sait bien qu'elle nous aime aussi. Comme elle le peut. De sa manière à elle. 

"Prend-on la vie autrement que par les épines ?" [René Char]

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21 janvier 2016

Dis, quel âge aurais-tu maman ?

007Quel âge aurais-tu, maman, si tu vivais encore ? 76 ans, je crois. Est-ce que quand tu étais petite tu aimais célébrer ton anniversaire ? Est-ce que tu souriais toute la journée parce que tu avais eu une année de plus ? Tu souris sur la photo, c'est rare de te voir sourire sur une photo. C'était peut-être ton anniversaire.

Je ne sais pas pourquoi, je t'ai souhaité un Joyeux anniversaire ce matin. Mais ce n'est plus ton anniversaire. Tu auras éternellement 62 ans. Ou alors, tu auras l'âge que tu préfères. 5 ans ? 16 ans ? 22 ans ? 34 ans ? 43 ans ? 51 ans ? Tu choisis le moment qui te plait. C'est comme tu veux. Je ne t'oblige à rien. Personnellement, j'aimerais bien que ce soit un âge où nous étions tous dans ta vie. Mais je comprends que c'est peut-être un moment avant. Tu fais comme tu veux. C'est ton anniversaire après tout ! 

 

26 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : simplicité

2015-05-03"Si les pissenlits étaient difficiles à cultiver, ils seraient les bienvenus sur toutes les pelouses." [Andrew V. Mason]

Je vois mon voisin se courber chaque printemps pour arracher ses pissenlits. Je fais de même. Et je le vois tout l'été se battre contre les mauvaises herbes, contre les insectes ravageurs. Je fais de même.

Et pourtant, c'est si beau une fleur. Fut-elle un pissenlit. Les champs de pissenlits près de chez moi sont comme un tapis d'or chaque printemps. Mais tout le monde déteste les pissenlits. Moi de même.

Oui, ils me donnent des allergies. Oui, ils sont envahissants. Oui, ils deviennent blancs.

Mais ils sont si simples. Si humbles. Si lumineux. Si invincibles. Si indestructibles. Si rayonnants. Si vivants.

Et cette simplicité ne fut pas facile à atteindre. Cette immortabilité fut un combat difficile. On pourrait croire que le pissenlit est une mauvaise herbe. Une fleur trop simple pour être belle. On ne s'arrête plus pour la regarder. Pour observer toute sa beauté. On se penche et on l'arrache. On l'asperge de poison dans l'espoir de ne plus la revoir.

Et pourtant, elle respire, elle vit, elle rayonne. Elle travaille fort pour ne jamais disparaître. Et lorsque nous, nous ne serons plus que poussière ; elle, elle brillera toujours. Celle que nous avons trouvé trop simple pour l'aimer, envahira notre tombe.

 "Avoir une vie facile est un but difficile à atteindre." [William Cowper]

13 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : s'accomplir

2015-09b"Le fruit mûr tombe de lui-même, mais il ne tombe pas dans la bouche." [Proverbe]

Si je comprends bien, il faut donc cueillir la vérité et ne pas attendre qu'elle vienne à nous. Même si elle semble se révéler à tous, elle ne viendra pas à nous nécessairement. Et nous ne pourrons l'obtenir que lorsqu'elle sera prête à être connue. Non ? Je fais de l'amalgame ? Je mélange les choses ? Fort probable.

C'est que je suis aveuglée par le rouge de cette figue. Par la passion du fruit mûr. Par son abondance dans la cour de mon père. Et je cherche une signification signifiante à vous offrir. Une analogie fracassante à vous révéler.

Mais peut-être un fruit mûr n'est qu'un fruit mûr. Et il suffit d'étendre le bras pour le cueillir. Et même parfois il suffit de se pencher pour le ramasser. Et le savourer. Tout simplement. 

"Les vérités sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien mûrs."[Voltaire]

7 septembre 2014

Moment captif d'un dimanche : s'immobiliser

DSC_1870"Le Temps est l'image mobile de l'éternité immobile." [Platon]

Il est parfois nécessaire de s'immobiliser pour pouvoir avancer. Ce qui peut s'avérer très difficile pour ceux qui aiment bouger.

On regarde par la fenêtre et on a l'impression de piétiner sur place. Et même parfois d'être carrément pétrifier dans une position trop confortable.

C'est qu'on était habitué d'aller et venir. Se lever, danser, marcher, partir, voyager, revenir, s'agiter, se déplacer. Ce n'est pas qu'on n'était pas capable de se reposer un peu et même de végéter à l'occasion. Mais cela ne durait que le temps nécessaire pour retrouver l'envie de naviguer sur les routes de la vie.

Le temps passe et les épisodes de nos vies sont parfois bien différents. Les rêves se transforment. Ils demandent parfois de ralentir pour pouvoir les façonner à notre convenance. On ne bouge plus comme avant. Mais on bouge tout de même. Il suffit d'être patient et d'attendre tranquillement les moments plus rares où nos pieds s'évadent. Ils n'en sont que plus précieux.

"Attendre c'est être entre l'immobilité et l'espoir." [Pauline Michel]

25 décembre 2014

Joyeuses Fêtes

BeFunky_DSC_4545

Alors mon doux chat qui a l'air un peu endormi vous souhaite un Joyeux Temps des Fêtes !

Oui, car moi, je suis un peu gênée...

Cela fait si longtemps que je n'ai pas écrit...

Je n'arrive tout simplement pas à trouver le temps et l'énergie...

Mais je vais changer ça, je me le promets !

Alors... tout de même et malgré la puie...

UN JOYEUX NOËL À TOUS !

12 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : débordement

2015-09"La dernière goutte est celle qui fait déborder le vase" [Proverbe français]

Elle se penche sur le bord de la fontaine. Elle ferme les yeux et écoute attentivement. Qu'est-ce qu'elle entend ? Des drip-drops, des flocs, des plocs ? Je ne sais pas dans quelle langue elle écoute les gouttes qui tombent une à une. Mais elle semble les comprendre.

Elle soupire. Elle se laisse submerger par le bruit de toutes ces gouttes qui la dégoûtent par leur intensité à se laisser tomber sans répit et sans retenu. Elles ne semblent pas se lasser de dégoutter. Elles s'écoulent et rien ne pourrait les retenir. Elles n'essaient même pas, se dit-elle en espérant voir au moins une goutte éviter l'égouttement. Une goutte se battre pour rester dans le vase. Mais une autre goutte vient de s'ajouter au récipient et précipite sa voisine dans le néant. Et la scène se répète à l'infini. Une goutte fait déborder le vase. Et elle n'y peut rien.

"Le fleuve le plus abondant ne peut ajouter une goutte d'eau à un vase déjà plein." [Léon Tolstoï]

1 janvier 2015

Une nouvelle année commence...

SAM_6651Bien sûr, c'était inévitable ! Chaque année, c'est la même chose... Il faut bien qu'elle se termine et commence à un moment.

Alors, l'année a changé de nom et nous sommes maintenant en 2015 !

À tous, je souhaite une superbe année 2015. Elle sera sûrement remplie de moments inoubliables, bons et moins bons... Mais c'est ce qui la rendra unique !

Et puis... je ne fais qu'une résolution... vous vous doutez bien en quoi elle consiste !!! ;-)

BONNE ANNÉE !!!!

28 septembre 2014

Moment captif d'un dimanche : étoile entoilée

2014-09-28"Le hasard est une toile d'araignée dans laquelle le destin peut parfois se prendre." [Maxime Fermine]

Levons les yeux vers le ciel. Une immense toile doit nous envahir sous peu. La lune l'illumine d'une lumière jaune et chaude. Quelle araignée démesurée doit l'avoir tissée ! Nous en frissonnons d'effroi. Nous avons l'impression que ce n'est pas le hasard qui a mené nos pas sous cet arbre entoilé.

Nous baissons les yeux. Devons-nous nous résigner à notre destin ? Accepter d'être les victimes d'une mauvaise étoile ? Nous sentons une résignation nous envahir. Nous fermons les yeux.

Un vent doux vient jouer avec nos cheveux. Nous ouvrons les yeux. Nous sommes toujours là. Aucune bestiole n'est venue nous dévorer. Nous levons à nouveau les yeux.

Nous avons fait une erreur. Une illusion a pris forme dans le ciel. La lune n'est qu'un lampadaire et la toile, des centaines de petites branches. Nos yeux nous ont menti. Nous vivrons encore.

"Les illusions viennent du ciel et les erreurs viennent de nous." [Joseph Joubert]

31 octobre 2013

Une journée de frayeur

"Halloween! Halloween! Halloween! Halloween!
In this town we call home
Everyone hail to the pumpkin song"

 

002

Il est venu le temps de se déguiser, de se transformer...

Il est là le moment de laisser ses peurs s'exorciser et nous ensorceler.

Laissons les citrouilles contrôler nos rêves.

Joyeuses Halloween à tous !!!

 

 

16 mars 2014

Le moment captif d'un dimanche : hors saison

2014-09-13«Now when you pick a pawpaw -- Or a prickly pear -- And you prick a raw paw -- Next time beware -- Don't pick the prickly pear by the paw -- When you pick a pear -- Try to use the claw» [Jungle Book]

À l’épicerie, on en trouve ici presque toute l’année. Mais je sais bien que la récole, normalement, se fait de septembre à décembre. Du moins en Espagne. Ailleurs, je ne sais pas, il faudrait que je fasse quelques recherches.

Mais quand je les passe dans leur étalage de mon épicerie, je ne peux que sourire. C’est que je me souviens. Je me souviens la première fois que j'ai vu ces fruits rougeâtres. En fait, je n'en croyais pas mes yeux. Déjà, qu'il y ait des cactus à Barcelone m'émerveillait, mais qu'en plus, ceux-ci produisaient ces boules rouges que je n'avais vu que dans les épiceries, alors là, ça m'a complètement époustouflée ! Il y a des fruits ou des légumes comme ça, qu'on a toujours vu que sur un étalage de commerçant. Je me souviens encore de la première fois que j'ai vu des oranges, des citrons ou des poires dans un arbre. Quelle surprise !

Mais ces fruits de cactus m'apparaissent encore plus étranges qu'une orange ou un citron. Ces bizarres de fruits rouges tout pleins de points noirs - qui bien sûr se trouvent à l'endroit où on a enlevé les épines. Et puis, c'est aussi dans ces moments-là qu'on s'aperçoit de toute l'étendue de notre ignorance. Et du peu de curiosité qu'on a parfois ! Car bien que je voyais dans les épiceries ces fruits à points noirs - je le répète car c'est ce que je voyais - je ne me suis jamais questionnée sur leur provenance. Alors de découvrir qu'ils poussaient sur des cactus, qu'ils avaient des épines (et non seulement des points noirs), et qu'il y en avait un peu partout en Espagne, et bien disons que ça m'a un peu traumatisée ! Et puis, disons aussi que le fait qu'il y en avait partout, poussant à l'état sauvage, sur le bord des autoroutes même, alors qu'à l'épicerie ils les vendaient un prix de fou, alors ça, ça m'a fait bien rire.

Je ne me souvenais pas du nom qu'on leur donnaient dans les épiceries, alors j'ai cherché un peu. J'ai rapidement trouvé le nom de "figue de barbarie". J'ai trouvé cela sympathique et cela a bien éveillé quelques vagues souvenirs. J'ai trouvé aussi le nom de "poires de cactus". Et je me suis sentie un peu triste pour ce pauvre opontia dont les fruits n'avaient pas un nom bien à lui, figue de barbarie, poire de cactus, pfff. Et puis, c'est alors que ça m'a rappelé une chanson d'un vieux film de Walt Disney et un gros ours dansant et expliquant en chantant comment cueillir des poires piquantes sans se piquer ! Je sais pas pourquoi mais ça m'a fait bien rire de m'apercevoir que, finalement, je connaissais ces fruits piquants depuis mon enfance !

« Dans leurs sourires, il y a des cactus -- Dans leurs ventres, il y a des cactus -- Dans leurs bonjours, il y a des cactus -- Dans leurs cactus, il y a des cactus » [Dutronc et Lanzmann]

1 avril 2014

En avril...

"Petit poisson deviendra grand". [Jean de La Fontaine]

2014-04-01

Je ne suis pas une très bonne joueuse de tours. Mais j'adorais la journée du 1er avril quand j'étais petite. Et pendant les mois précédant le 1er avril, je tentais de planifier des tours. J'y mettais beaucoup de temps et d'efforts, mais je n'arrivais jamais à trouver des farces à la hauteur de mes espoirs, ni à vraiment les réaliser si je les trouvais.

Et je me contentais donc de mettre du sel dans le sucrier. Ce qui a réussi 2 fois à mon grand bonheur et au malheur de ma mère. Et à quelques poissons collés dans le dos de mes parents et soeurette. Et à part soeurette, on s'entend pour dire que mes parents avaient deviné la chose le moment où j'avais appuyé un peu trop fortement dans leur dos. Mais ils ne disaient rien et j'étais heureuse du tour merveilleux que je venais de faire.

J'ai toujours aimé le Poisson d'avril ou April Fool's Day comme on dit en anglais. Mais je me suis aussi toujours demandé pourquoi on avait la permission de faire des tours en ce 1er avril.

On dit que cette tradition vient de la France. Mais les racines semblent nombreuses et un peu floues. Les premières références que j'ai trouvées font remonter la tradition à 1564. Avant cette date, l'année commençait le 1er avril. Mais même ceci semble un peu obscur... on parle en fait du 25 mars, du Jour de l'Annonciation à Marie et de pleins d'autres moments. En tout cas, on raconte que le roi de France, Charles IX, décida un jour, comme ça, mais sûrement pour de bonnes raisons, que l'année débuterait le 1er janvier, et non plus à la fin mars ou début avril. Et puis, voilà que le pape Grégoire XIII vient mettre son grain de sel en 1582.  Il y a donc alors eu une sorte de confrontation entre le calendrier Julien et le calendrier Grégorien. Mais il paraît qu'on ne peut dire avec certitude que l'année civile ait jamais débuté un 1er avril. C'est cependant ce que la légende dit, alors...

Et donc, ce 1er avril (ou 25 mars), on s'offrait des étrennes. Des cadeaux, quoi. Alors quand on changea la supposée date du début d'année, on continua quand même à s'échanger un cadeau devenu maintenant symbolique... Et puis apparemment que certaines personnes ne voulaient pas changer de calendrier -ou ignoraient tout simplement qu'on avait changer- et donc on se moqua de ces réfractaires au changement. On leur joua des tours et leurs offrit de faux cadeaux.

On peut aussi retourner un peu plus loin dans l'histoire... Dans la Rome antique, on célébrait un festival, d'origine grecque, connu sous le nom de Hilaria. Je n'irai pas dans les détails de cette fête qui sont multiples et ma foi très intéressants, disons simplement que c'était une journée de réjouissance et d'hilarité. Parfois associé à la déesse Cybèle. En tout cas, c'était une journée associée au printemps qui arrivait et on voulait souligner la joie de voir les beaux jours revenir. Une résurrection du dieu Attis en fait... mais je m'embourbe dans les légendes. Et on ne peut dire avec certitude que le Poisson d'avril a des origines gréco-romaines. Revenons donc en France.

2014-04-01bIl faut aussi souligner le fait qu'en avril, si on s'intéresse aux signes zodiaques, on sort du signe du Poisson, qui est le dernier signe de l'hiver. On se dirige donc résolument vers le printemps. Et puis, fin mars, début avril... on peut penser à la fin du Carême. Pendant le Carême, les chrétiens ne mangeaient, en principe, pas de viandes, donc on se rabattait sur le poisson. Le poisson devient donc symbole de cette période, le "Poisson d'avril", le cadeau le plus facile à offrir dans cette période sans viande. Le début avril était aussi la période où apparemment on interdisait, dans plusieurs régions, la pêche puisque c'est le début de la période de reproduction donc il est normal qu'on voulait empêcher la capture des poissons. Mais pour "faire passer la pilule" aux pêcheurs, et pour se moquer un peu d'eux aussi, on prit l'habitude de leur offrir un poisson. Et puis, d'offrir un poisson pour compenser le pêcheur on passa au poisson accroché dans le dos pour se moquer... Et si on rassemble un peu toutes ces coutumes, on en arrive à un mélange de festivités qui n'est pas sans rappeler les coutumes des carnavals. Pendant une journée, on peut se moquer impunément des autres.

On célèbre cette journée de farces et attrapes dans plusieurs pays : France, Canada, Belgique, Allemagne, Suisse, États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Danemark, Russie, et bien d'autres. On retrouve même des versions de cette journée en Inde, en Iran, au Mexique, ... (parfois le 1er avril, parfois le 31 mars). Dans les pays anglophones, on parle plus de la journée du "Dupe d'avril" : April Fool's Day.... pas de poissons vraiment mais les origines semblent les mêmes. Les noms varient un peu d'un pays à l'autre, mais l'idée est de se moquer et de s'amuser (aux dépends des autres).

Sources à consulter :

17 mars 2013

Moment captif d'un dimanche : conquérir

DSC_7529"Le poème n'est jamais temps présent. Il n'est que passé ou futur, souvenir, attente" [Takis Sinopoulos]

On soupire les jours passés. On rêve les jours à venir. On oublie le moment présent. Et pourtant, il est là. Il nous observe furtivement. Il se délecte de notre inattention. On compose notre présent de moments distraits.

Les heures évanouies et les minutes à découvrir sont des distractions captivantes. Parfois heureuses, parfois tristes. On se perd dans l'évocation de notre histoire, on s'égare dans des suppositions sur nos lendemains. On poétise notre vie de passé antérieur et futur imparfait.

Les vers sont classiques la plupart du temps. On se permet aussi quelques rimes excentriques. On compose un chant rythmé de secondes immatérielles. Lorsqu'on cesse de tourner la tête en arrière, lorsqu'on arrête de poser notre regard trop loin, on s'aperçoit du moment présent. On essaie alors de le façonner. Pour qu'il se modèle aux souvenirs que l'on croit posséder et aux rêves que l'on souhaite réaliser. Mais le présent n'existe pas. On peut croire le domestiquer un temps, mais il sera toujours libre de nos volontés. Il rêvera toujours notre passé et créera sans cesse notre futur. On ne le voit jamais, mais il est là, à imaginer notre vie.

"Apprivoise le loup, il rêvera toujours au bois" [Anonyme]

1 juillet 2013

Dans ma tête, je m'imagine...

Dans ma tête, je m'imagine...
des envolées de plumes...

Oiseaux

...des ailes imaginaires ont poussé dans mon dos,
des ailes pour m'aider à m'envoler vers le ciel...

Bien sûr, les oiseaux ne veulent pas de moi.
Pourquoi voudraient-ils d'une imposteure ?
Je vole de plus en plus haut.
Je m'envole solitaire.
Je rêve.

Je n'ai pas peur des oiseaux qui m'envahissent
et m'accusent de voler leur ciel.
Je bats des ailes et ferme les yeux.
Je fonce vers le bout du monde.


J'ouvre les yeux.
Je suis couchée dans l'herbe, je regarde le ciel.
Des oiseaux sur une branche me chantent une chanson.
Ils me pardonnent mes rêves fous d'ailes et de plumes.

17 juin 2013

Les archives de Pauline : cherchez la fleur

02Devant ma maison, il y a une multitude de tulipes. Presque toutes rouges, mais certaines roses, d'autres violettes. Et puis, il y a aussi des jonquilles. Toutes jaunes, elles sont les jonquilles, comme toutes les jonquilles.

Il y a presque trois ans, nous revenions d'Espagne. Nous aménagions dans notre nouvelle maison. C'était le mois d'octobre. Et j'ai couru acheter des bulbes de tulipes. C'était pratiquement une obsession. J'ai acheté des sacs et des sacs de tulipes. Il commençait à faire froid et j'ai tout planté très rapidement, découvrant au fil des trous que je creusais d'autres bulbes déjà cachés.

Alors qu'il y avait un million de choses à faire, un million de choses à acheter, je ne pensais qu'au besoin impératif d'acheter des tulipes qui bouillait en moi. Pour le printemps. C'est à peu près tout ce que je savais. Il faut planter les bulbes de tulipes l'automne pour qu'elles fleurissent au printemps. Et au printemps, fleurir, elles le firent. À ma grande surprise. Je n'en revenais tout simplement pas ! J'avais voulu des tulipes, j'avais planté n'importe comment des tulipes et maintenant j'avais des tulipes !

Des tulipes, des tulipes, des tulipes, partout autour de ma maison. Et l'année suivante et encore une fois cette année. Des tulipes, partout des tulipes. Mais il me fallut faire lire un peu aussi. Car des tulipes, je n'en avais jamais fait pousser. C'est relativement simple, quand même. Juste un peu long après la floraison. Vous savez, il faut laisser se faner les feuilles et tout.DSC_0680

Mais c'est si simple. On plante les bulbes à l'automne. Peut-être un peu d'engrais, un peu de farine de sang pour éloigner les écureuils, les ratons laveurs, les mouffettes, les lapins et les marmottes. Et puis, pouf, au printemps on a tout plein de tulipes.

C'est si simple. Trop simple. Et je me demande pourquoi je croyais que c'était si compliqué. Que c'était presque une tâche impossible. Enfin, c'est ce que j'ai toujours cru. Car ma mère a toujours voulu avoir des tulipes. Et jamais elle n'en a eu.

Chaque printemps, mes parents allaient au marché et de belles fleurs annuelles ils achetaient. Malgré son amour des fleurs, ma mère n'était pas trop jardinière. À genoux sur le sol à planter des fleurs, jamais je ne l'ai vue. Même l'entretien des plantes de la maison n'était pas son fort. Ses violettes africaines n'ont jamais fleuri. Pas le pouce vert, ma maman. C'est donc mon père qui s'occupait des fleurs extérieures. Mon père lui ce sont les mains complètes qui sont vertes. Il est incroyable avec le jardinage. Mais mon père, lui, les fleurs, il s'en fout un peu. Tout ce qui l'intéresse, c'est son potager. Tomates, piments, oignons... Alors, les fleurs, c'était une étape vite faite à la fin mai. Hop, on plante les annuelles faciles d'entretien, qui se trouve partout et qui fleurissent tout l'été. Et on les plante toujours au même endroit. On ne se casse pas la tête. Cosmos, bégonias, pourpiers, pétunias... Une année, ma mère a insisté pour des dahlias et des glaïeuls. Elle en a eus. Cet été-là. Car conserver les bulbes tout l'hiver, c'était trop compliqué. On ne savait pas trop comment faire. On nous l'a bien expliqué... mais pour mon père, c'était trop d'ouvrage pour des fleurs. Faire sécher ses graines de piments ou ses tomates, ça, pas de problème. Mais s'occuper de bulbes... ouf, non, trop compliqué. Alors... des tulipes ! On oublie ça.

Quand j'ai vieilli, j'ai commencé à planter les fleurs pour ma mère. Même une fois que j'ai quitté la maison, je venais pour l'achat des annuelles. J'ai réussi à diversifier les fleurs qu'ils achetaient. Et ensuite, c'est moi qui les plantais. J'ai même fait une belle rocaille de fleurs sauvages. Ma mère était bien heureuse. Mais pour les tulipes, je ne savais trop comment faire. Mon utilisation d'Internet en était à ses débuts, et bizarrement, je n'ai jamais pensé à prendre un livre sur le sujet. Je savais qu'il fallait les mettre à l'automne mais pour je ne sais quelle raison, cela m'apparaissait très compliqué. Alors ma mère n'a jamais eu de tulipes.

Chaque printemps, je regarde mes tulipes et je m'imagine qu'elle les admire elle aussi... Mes tulipes, maman, elles sont juste pour toi ! Tu me manques, tu sais...

24 février 2013

Moment captif d'un dimanche : suivre la piste

Pas"Voyageur, il n'y a pas de routes, c'est en marchant que tu vas les tracer" [Proverbe espagnol]

De petites pattes ont brisé la blancheur impeccable de la neige dans ma cour. Il y a des traces de pas partout. On peut suivre les parcours des habitants de la cour qui vont et viennent un peu partout. Pas besoin de chemins tracés pour ces bêtes à poils ou à plumes, ils sont maîtres de leurs itinéraires.

Suis-je maître de mon parcours ? Ai-je laissé mes pas me guider ou a-t-on guidé mes pas ? Est-ce que mon chemin a marqué ma vie, nos vies, la vie ? A-t-il troublé, bouleversé, fait rire, fait pleurer ?

Parfois, plusieurs chemins s'offrent à nous. Et parfois, aucun chemin n'apparaît devant nous. Parfois, nous décidons de nos pas, suivant un chemin, ou l'autre, ou aucun. Et parfois, on nous pousse sur la route et nous n'avons alors aucun choix.

Des traces sur la neige. Et des cicatrices sur mon destin.

"Vos actions vont peut-être laisser de profondes traces dans la neige de la cour mais pas davantage" [Franz Kafka]

7 octobre 2012

Moment captif du dimanche : les mercis par-ci

2012-10-07« Il faut remercier les hommes le moins possible parce que la reconnaissance qu'on leur témoigne les persuade aisément qu'ils en font trop » [Benjamin Constant]

"Trop c'est comme pas assez", disait ma mère... et ma foi, pas mal de monde. Et il y a des gens qui disent merci pour un oui, pour un non. Mercis par-ci, mercis par-là, ici des mercis, par-là des mercis, partout des mercis. Et puis, ils ne veulent plus rien dire ces mercis. On ne les entends plus, on les reconnaît plus. On dit "de rien", on dit "bienvenus"... mais on ne sent rien.

Je ne me fais pas d'illusion. Je fais trop souvent partie de la gang des mercis. Et je dis merci par ici et par là. Quand je ne le dis pas, je me sens coupable. Ai-je assez remercier ? je me demande avant de partir de chez mes beaux-parents. Ai-je dis assez de fois mercis ? je me demande lorsque je quitte un endroit où on m'a reçu ou lorsque je reçois un cadeau. C'est obligatoire, c'est stressant. "Dis merci", "Sois polie" "N'oublie pas de dire merci", disait ma mère... comme tout le monde, ma foi. Et alors, je dis merci, à tout vent, sans trop y penser, par peur d'oublier de le dire. Je glougloute comme une dinde: merci, merci, merci.

Mais je suis aussi capable de remercier doucement, silencieusement. Un merci pour la vie, pour la joie, pour la paix, pour le silence, pour le temps qui passe, pour les amis, pour la famille, pour mon chat, pour les livres, pour la musique, pour les étoiles, pour les mots et pour...

« Quand je réveille mon chat, il a l'air reconnaissant de celui à qui l'on donne l'occasion de se rendormir. » [Yvan Audouard]

 

2 septembre 2012

Moment captif d'un dimanche : bric-à-brac

Magasingeneral"Je voudrais travailler dans un magasin de rêve où l'on ne vendrait que des choses imaginaires" [Pierre Dac]

"Bonjour ! J'aurais besoin de clous et d'un tournevis. Je prendrais également 1 kilo de patates, 1 kilo de farine, des pommes et un peu de lait. Je vais également prendre cette petite veste. L'automne arrive et je vais avoir besoin d'une petite laine. Et avez-vous reçu les verres que je vous avais commandés ?"

"Non, ma petite dame. Ils doivent arriver de la grande ville bientôt."

"Et comment va votre petite ? Elle m'a semblé un peu pâlote. Elle serait pas malade, toujours?"

"Elle traînasse un mauvais rhume, mais elle va mieux."

"Avez-vous su pour les voisins ? Leur fils va se marier avec une étrangère !"

"On aura tout vu ! Bon, sera tout ? Vous payez tout de suite ou vous voulez le marquer ?"

"Je vais le faire marquer, mon mari passera quand il reviendra de bûcher dans le Nord."

 

"Parfait, merci bien et à la revoyure !" Et pour vous mademoiselle, ce sera quoi ?"

Je prendrais une dose de souvenirs, quelques rêves doux, quelques grammes d'un passé que je n'ai pas connu, un songe d'une nuit d'été, et si vous aviez une réserve d'imagination, je la prendrais bien pour les jours tristes. Merci beaucoup.

"Quand je veux noyer mon chagrin - Je vais me perdre chez Eaton - On voit jamais pleurer personne - Sur le comptoir des magasins" [Clémence Desrochers]

 

 

15 septembre 2012

Moment captif du dimanche : promenade sous la mer

DSC_3332 copy"Under the boardwalk -- We'll be havin' some fun -- Under the boardwalk --People walking above" [The Drifters]

Promenade sous la mer. C'est mon titre. Mais je parle de la mer sous la promenade, bien sûr. Et non, du contraire. Mais j'aime les contradictions. Ne sont-elles pas notre reflet amusée. Et cette mer dans laquelle je trempe les pieds avec crainte... dans laquelle je me lance lors des chaudes journées avec soulagement mais avec appréhension... cette mer, je l'aime ? Je l'aime. 

Et sous la promenade. Elle me semble encore plus belle. Elle me semble alors chantante, folle, imprévisible mais familière. Mais pour une raison que j'ignore, elle me fait toujours un peu peur cette mer. Que se passe-t-il à côté de mes pieds ? Quels poissons se faufilent et nagent près de moi ? Je n'aime pas ne pas savoir ce qui se trâme à mes côtés.

Mais j'aime la mer. J'aime la contempler, la sentir, l'entendre et l'écouter. J'aime la voir sous les quais. J'aime la voir au bout du quai. J'aime m'y frotter les orteils. J'aime voir approcher la vague, puis la voir s'enfuir. J'aime le son des vagues, même s'il m'empêche de dormir. Jamais il ne m'empêchera de rêver. De me parler toute seule des choses qui sont importantes pour moi mais qui n'intéressent personne.

Mais surtout et toujours. J'aime la promenade près de l'eau. Mais sous l'eau ? Je laisse ça aux sirènes, aux crustacées et aux poissons ! Et à Sebastian ! ;-)

"Under the sea
Under the sea
Darling it's better
Down where it's wetter"  [The Little Mermaid]

"La promenade est essentiellement une manière de converser avec soi" [Chantal Thomas]

16 février 2012

Questions de bibliographies

La semaine dernière, Allie nous demandait des suggestions de livres ayant pour thème le jardin... Et comme il s'adonne que je suis précisément en train de réaliser une bibliographie pour la bibliothèque sur le printemps et les jardins dans les livres... je me suis dit que non seulement je pouvais lui suggérer quelques titres, mais tant qu'à faire que je pouvais peut-être la mettre ici aussi ! Et puis... tant qu'à faire... je pense mettre les autres aussi... tant qu'à faire.

Mais avant de mettre celle sur les jardins... je tiens à préciser certaines choses. Bilio

Nous utilisons plusieurs façons de faire découvrir nos livres à la bibliothèque. Nous avons des clubs de lecture, des heures du conte, des expositions, des conférences, des listes de nouveautés, des tables thématiques, ... et bien sûr des bibliographies/suggestions de lecture.

Nous en faisons plusieurs par année, et la bibliothèque possédant des collections en anglais et en français, nous en faisons donc dans les deux langues. Je participe à celles en français.

Nos bibliographies en français ont cependant des caractéristiques très précises:

  • Elles doivent avoir des oeuvres de fiction et des documentaires.
  • Les livres doivent, bien sûr, se trouver de notre collection.
  • Les livres doivent être dans la collection des adultes ou des adolescents... pas dans la collection jeunesse (ils font leurs propres bibliographies).
  • Et très important... les fictions doivent être, de préférence, des oeuvres originales en français
  • Les seules traductions inclues sont des livres de langues étrangères (autres que l'anglais). Donc si l'original est en italien, suédois, etc., on peut inclure le livre dans la bibliographie. Nous ne mettons donc, autant que possible, pas de traductions d'oeuvres anglaises. Pas de traduction de l'anglais, sauf si on juge le livre un incontournable. Par exemple, je ne pouvais faire ma bibliographie de Noël sans Le Noël d'Hercule Poirot et Christmas Pudding d'Agatha Christie !!!! [Edit. J'explique pourquoi nous ne mettons pas de traductions anglaises : la bibliothèque a une collection avec beaucoup plus de livres en anglais étant un quartier majoritairement anglophone - quoique ça commence à changer - et nous faisons beaucoup plus de bibliographies en anglais. Avec celles en français nous voulons promouvoir la littérature francophone et étrangère, donc à moins d'un incontournable, on évite les traductions en anglais.]
  • Et finalement, nous avons évidemment une limite d'espace : la bibliographique doit tenir sur un dépliant (format Lettre) et donc une limite de titres.

Donc.... je précise que mes bibliographies seront loin d'être complètes (on a dû faire un choix, toujours question d'espace sur notre dépliant et question que le livre doit se trouver dans notre bibliothèque), ne comprend pratiquement pas de traductions de l'anglais... voilà... j'aime autant avertir pour ne pas recevoir une panoplie de : "tu as oublié, celui-ci ou celui-là" ! Mais si j'ai oublié un documentaire intéressant, une fiction française ou étrangère (encore une fois pas anglaise)... alors là... vous pouvez me le dire, je l'ajouterai pour une prochaine fois !!! Et qui sait, si on ne l'a pas à la bibliothèque, je l'achèterai peut-être !!!

Les bibliographies que nous produisons à la bibliothèque ont des vignettes représentant chacun des livres, la cote pour retrouver le livre dans la bibliothèque et un résumé provenant de notre base de données bibliographiques. Ici, je me contenterai de mettre le titre, l'auteur, l'année et un petit, tout petit résumé... ok ? :D

Ah oui... et je me dois d'ajouter que, malheureusement, je n'ai pas lu tous ces livres... un jour peut-être ! (oui, parce que bon... je passe pas mes journées á lire ! ce qui est bien difficile quand on passe ses journées parmi les livres !)... et si je les ai lus, je ne les ai pas nécessairement aimé ! Et oui !!! L'idée est de faire découvrir des livres aux abonnés sur un thème... de les intriguer, les intéresser. Je ne donne mon avis que s'ils me la demandent.

26 mars 2012

Plus léger que l'air de Federico Jeanmaire

JMP2Plus léger que l'air : roman / Federico Jeanmaire ; traduit de l'espagnol [Argentine] par Isabelle Gugnon. -- [Paris] : Éditions Joëlle Losfeld, 2011. -- 221 p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-07-244879-9

Quatrième de couverture

Une vielle dame âgée de quatre-vingt-treize ans maintient enfermé dans sa salle de bains un adolescent qui a essayé de la voler. Elle lui précise d'emblée qu'il peut hurler à sa guise mais que cela sera sans effet. La seule condition à sa libération est d'écouter l'histoire de sa vie, parce que, au fond, cette compagnie "inespérée" permet à la vieille dame de pallier une solitude infinie et, sous le couvert d'un certain moralisme, de laisser libre cours à une sorte de cruauté teintée de sadisme. Véritable suspense en huis clos, qui se termine sur un dénouement totalement inattendu.

L'auteur

Federico Jeanmaire est né à Baradero en Argentine en 1957. Diplômé en Lettres, il fut professeur à l'Université de Buenos Aires. En 1990, il reçut une bourse du Ministerio de Relaciones Exteriores de España afin de travailler sur divers manuscrits à la Biblioteca Nacional de Madrid. Grand spécialiste du Siècle d'Or, il est reconnu pour ses lectures et son travail sur Cervantes.

Il a écrit de nombreux romans, ouvrages et articles sous son nom et sous le peudonyme de Carlos Aguilera. Il reçut de nombreux JMP1prix pour ses oeuvres.

Bibliographie partielle

  • Un profundo vacío en el pie izquierdo ((1984)
  • Desatando casi los nudos (1986)
  • Miguel (1990)
  • Prólogo anotado (1993)
  • Montevideo (1997)
  • Mitre (1998)
  • Los zumitas (1999)
  • Una virgen peronista (2001)
  • Papá (2003)
  • Países Bajos (2004)
  • Una lectura del Quijote (2004)
  • El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha (2004)
  • Cómo se empieza a escribir una narración, VV.AA. (2006)
  • La patria (2006)
  • Vida interior (2008)
  • Mas liviano que el aire (2009) (Plus léger que l'air)
  • Los zumitas/El silencio del río (2010)
  • Fernández Mata a Fernández (2011)

Résumé

Un jeune adolescent tente de voler une vieille dame. Il l'attaque dans la rue et l'oblige à monter dans son appartement pour lui voler son argent. La vielle dame de 93 ans, sous la ruse que son argent se trouve dans sa salle de bain, l'enferme dans la pièce. Prisonnier de la vielle dame, celle-ci l'averti qu'il peut crier tant qu'il veut, personne ne peut l'entendre. Elle lui promet cependant de le libérer lorsqu'elle lui aura raconté l'histoire de sa mère.

Elle commence donc à parler. L'adolescent crie, frappe sur la porte, hurle des grossièretés, mais finit par écouter la vielle dame. Le temps passe, la dame se fatigue et doit interrompre son récit. L'histoire se déroule donc sur plusieurs jours. Pendant lesquels, la vielle parle et cuisine pour le jeune garçon. Elle raconte son histoire, sermonne le garçon, partage ses opinions et se sent finalement moins seule.

Le roman a reçu le Prix Clarin en 2009.

Commentaires personnels

Étrange roman. Un huis clos qui se rapproche plus du théâtre que du roman. Le texte se résume en fait dans la conversation que tient la vieille dame avec l'adolescent qu'elle tient captif dans sa salle de bain. Conversation qui est pour nous un long monologue puisque nous n'entendons jamais la voix du garçon. Nous lisons uniquement les répliques de la vielle dame. Un texte entièrement fait des propos de la dame, en "je" lorsqu'elle parle et en "vous" lorsqu'elle s'adresse au jeune garçon. L'histoire est donc racontée entièerement du point de vue de la vieille dame. Il n'y a aucune description. Ce que nous savons des lieux et des événements proviennent du discours de la vieille. Les réactions et les propos du garçon sont deviner par les répliques de la vieille femme.

Le jeune garçon qui a à peine 13 ans a donc attaqué une vielle femme de 93 ans pour lui voler son argent. La vieille bien que fragile ne l'entends pas de cette façon et par la ruse attire le garçon dans la salle de bain pour l'y enfermer. La vielle victime prend donc comme otage son agresseur. Elle est vieille et elle est extrêmement seule. Elle pose donc une condition à la libération du garçon. Elle va le libérer lorsqu'elle lui aura raconté l'histoire de sa mère.

Mais l'histoire va prendre du temps. Quatre jours. Petit à petit, elle raconte l'histoire de sa mère, qu'elle n'a pas connu, et qui voulait piloter un avions et qui a pris tous les moyens pour y arriver. Alors qu'elle raconte son histoire, nous voyons percer des bribes de la vie de la vieille femme mais surtout elle partage ses opinions et ses idées. Elle refuse de laisser sortir le garçon, mais elle tente de prendre soin de lui. Elle lui passe de la nourriture sous la porte, le sermonne, le menace, le remercie, lui fait la leçon, tente de l'éduquer, comme elle le dit.

Mais rapidement, on décèle dans le discours de la vieille femme de l'aigreur, de la méchanceté, de la noirceur. Ses propos sont parfois teintés de racisme, de préjugés, et même de violence. Sous un aspect fragile et doux, elle est dure et impitoyable. Et elle est à la fois maternelle et sadique vis à vis du garçon. Elle devient en quelque sorte l'agresseur à son tour. Une grand-mère tortionnaire d'un garçon qui devient, contre son gré, son petit-fils.

Un suspense se met en place. L'auteur arrive à nous faire sentir les émotions du garçon à travers les propos de la vieille. Elle termine son histoire, mais refuse de laisser sortir le garçon. Comment peut-elle ? Il risque de l'attaquer si elle le laisse sortir. Mais elle lui promet de le libérer, de trouver une solution.

Il ne m'apparaissait pas beaucoup de fins possibles. Et je ne fus qu'à moitié surprise. Ce qui n'enlève rien à ce texte troublant, différent et étrange. Lecture complètement inattendue et que je ne suis pas prête d'oublier. Les mots de Jeanmaire m'ont accrochée, son histoire m'a soulevée. J'aimerais beaucoup relire le livre dans les mots de l'auteur.

L'avis de Dasola, Mikaël Demets, Yann Le TumelinWakinasimba,

Extraits

"Non, évidemment, vous avez entièrement raison, Santi. Eux seuls savent de quoi ils ont parlé ce matin-là. Mais à quoi sert l'imagination si ce n'est à combler les vides de certaines anecdotes?" p. 32

"Ça c'est l'imagination. Elle fonctionne ainsi, mon cher petit. Vous avez imaginé que cet homme s'appelait Arnold et non José. Ce qu eje ne comprends pas, c'est cette manie, ce besoin que vous avez de comparer les fruits de votre imagination avec le réel." p. 176

"Le désir de n'importe quelle femme est plus léger que l'air"

Sources à consulter

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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