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15 août 2008

Antigone d'Anouilh - III. Résumé et Commentaires personnels

 

Anouil3Antigone / Jean Anouilh. – Paris : La Table Ronde, 1976. – 133 p. ; 19 cm.

Résumé :

Cette tragédie en prose composée d’un seul acte commence par la présentation par le Prologue des personnages de la pièce qui sont déjà en scène lors du lever du rideau. Le Prologue résume également la situation dans laquelle nous trouvons les personnages ; c’est en fait un rappel de la légende de Thèbes et des faits qui se sont passés avant le début de la pièce :

Après le départ d’Œdipe, roi de Thèbes, le royaume est gouverné par ses deux fils, Polynice et Étéocle. Les deux frères avaient d’abord décidé de partager le pouvoir et de régner une année sur deux. Mais après un an, Étéocle ne veut pas céder le pouvoir à son frère. Polynice veut reprendre le trône et réussit à assembler une armée. Une guerre se déclare entre les deux frères qui se terminent par la mort de Polynice et Étéocle qui se sont entretués. Le pouvoir revient alors à leur oncle, Créon. Celui-ci organise des funérailles pour Étéocle qu’il considère être mort pour le royaume, mais ordonne de ne pas toucher au corps de Polynice, celui qui a trahi sa patrie, de ne pas lui donner de sépulture.

Après ce prologue, la pièce débute avec le retour d’Antigone qui est sortie pendant la nuit. Elle cache à sa nourrice les raisons de sa sortie nocturne. On assiste ensuite à une discussion d’Antigone avec sa sœur Ismène, qui se doute de ce qu’elle veut accomplir. Elle essaie de la convaincre de ne pas enfreindre les ordres de Créon. Malgré ses doutes, Antigone est déterminée.

Elle rencontre ensuite son fiancé, Hémon, le fils de Créon. Après s’être rassuré de son amour pour elle, elle lui demande de lui faire confiance et lui annonce la rupture de leurs fiançailles. Hémon ne comprend pas les raisons de cette rupture. Puis, alors que sa sœur Ismène tente encore de la convaincre de ne pas enterrer leur frère, Antigone lui avoue qu’elle l’a déjà fait, la nuit passée.  

Pendant ce temps, on découvre que Polynice a été recouvert de terre et on avertit Créon que ses ordres ont été enfreints. Il fait surveiller le corps et ordonne de ne pas en parler pour l’instant. Antigone est ensuite arrêtée par les gardes de Créon alors qu’elle est près du corps et ne la reconnaissant pas, ils la brutalisent. Mis au courant, Créon ne veut tout d’abord pas croire que sa nièce est responsable d’un tel acte. Il affronte Antigone et tente de la raisonner. Mais leurs convictions sont trop différentes et ils sont irréconciliables.

Créon veut ramener la paix dans le royaume, étouffer tout scandale et demande à Antigone de ne plus tenter d’ensevelir son frère. À court d’arguments, il révèle les vraies personnalités de ses frères, et les raisons de leurs morts. Mais Antigone ne veut pas céder, malgré ces révélations qui la bouleversent. Ne pouvant rien faire pour la protéger, Créon appelle un garde qui amène Antigone. Le Chœur et ensuite Hémon tentent d’intercéder en faveur d’Antigone. Mais Créon ne veut et ne peut pas empêcher sa mise à mort.

Antigone, seule avec un garde, ne trouve aucun réconfort dans ses derniers moments. Un messager arrive sur scène et annonce la mort d’Antigone, mais aussi la mort d’Hémon qui s’est tué près de celle qu’il aimait. Créon revient alors sur scène, le chœur lui apprend alors la mort de sa femme, la reine, qui n’a pu supporter la mort de son fils. Créon se retrouve alors seul, calme. Il sort. Le chœur s’adresse une dernière fois aux spectateurs pour clore la pièce.

Commentaires personnels :

Le mythe d’Antigone est une histoire tragique qui semble aller au-delà de l’histoire racontée en tant que telle. Le thème central d’Antigone ne me semble pas son action – offrir une sépulture à son frère – mais plutôt sa volonté de se rebeller contre l’ordre établi. L’affrontement entre Antigone et Créon symbolise l’obligation de suivre l’ordre en place (Créon) et la volonté de se rebeller (Antigone). Liberté de pensées et d’actions contre obligation de suivre le pouvoir en place. Les choix qui doivent être faits amènent souvent des conséquences irréversibles et douloureuses. Est-ce que les choix sont toujours justifiés ? Est-ce que les convictions personnelles et la volonté d’absolu jusqu’au sacrifice de soi justifient ces actions ?

Antigone est une tragédie et repose sur une fatalité. Nous savons qu’une mort ou des morts auront lieu, et peu importe les événements qui suivent, il n’y a pas d’espoir. Les personnages sont « programmés » par leur destinée, leurs personnalités fortes, exceptionnelles et par leurs actions fortes, intuitives et parfois violentes. Les personnages sont nobles mais ne s’opposent pas à leurs destins. Ils savent que ce qu’ils doivent faire et ne cherchent pas à se dérober à leurs obligations. Créon tente de convaincre Antigone mais sait très bien qu’il ne le pourra probablement pas et qu’il devra la condamner à mort, car telle est la loi, et il ne peut la contourner. Antigone sait qu’elle va mourir mais rien, même certaines révélations troublantes, ne la feront changer d’idée.

L’histoire veut faire passer un message. Les gens accomplissent parfois leurs actions car poussés par des motivations au-delà de leur volonté. Ils se plient à ce qu’ils croient devoir faire… même si c’est une erreur. Il est facile de voir comment cette réécriture du mythe d’Antigone par Anouilh a été motivée par son époque. Et comment les spectateurs ont pu transposer les actions et les dialogues des personnages à la réalité du moment, c'est-à-dire l’Occupation et la Résistance.

Il fut en quelque sorte facile à Anouilh de transposer l’histoire d’Antigone car celle-ci est intemporelle. On traite ici de l’Homme, de ses faiblesses et de ses forces, de sa noblesse et de ses peurs. La tragédie d’Anouilh transmet beaucoup de pessimiste. Malgré les notions de grandeur, idéalisme, passion et noblesse de sentiment, ressort surtout la fatalité du destin. Et selon moi, l’aveuglement. Une volonté de pureté de sentiments mais qui amène irrémédiablement à un refus de voir autre chose que sa propre conviction.

 

La pièce se veut un appel à une certaine révolte – tout en laissant toujours sous-entendu l’obligation de se plier à certaines règles. Certains se soumettent et ne peuvent faire autrement… faut-il les condamner ? D’autres se rebellent malgré tout et contre tout raisonnement. Est-ce que cela vaut toujours la peine ? Il a certes une idée d’extrême, d’affrontement entre le bien et le mal… mais il n’est pas clairement défini ce qui est le bien et ce qui est le mal.

La pièce va cherche dans le classique une vision du moderne. Anouilh mélange sentiments anciens et quotidien absurde. Les héros sont dignes des mythes anciens et sont obsédés par des valeurs nobles, par des idéaux intemporels. Ils refusent les compromis.

Anouilh a bien sûr apporté quelques modifications à la tragédie de Sophocle et au mythe d’Antigone. Il fait d’Antigone une fille simple et ordinaire alors que l’Antigone est remarquable. Sophocle place Créon et son destin au centre de sa tragédie alors qu’Anouilh y place Antigone. Mais le destin et le sacrifice demeurent centraux aux deux textes.

De nombreuses analyses de la pièce d’Anouilh existent et je conseille vivement à ceux qui s’intéressent à Antigone, de les lire.

Personnellement, j’ai toujours beaucoup aimé ce mythe et j’ai aimé les deux textes, autant celui de Sophocle que celui d’Anouilh. J’ai particulièrement aimé la lecture d’Anouilh et l’ambiguïté qu’il laisse planer.

D’un point de vue tout à fait personnel, j’ai cependant beaucoup de difficulté avec l’idée de « destin » et de « sacrifice »… donc, j’ai toujours eu envie de dire à Antigone… « oui, bon, tu l’as recouvert deux fois déjà, on a compris ton opposition, tu as clairement noté ton désaccord… pas besoin de mourir pour un ti-clin qui ne t’aimait pas… ». Mais bon…

Lire aussi:

Antigone d'Anouilh - I. L'auteur
Antigone d'Anouilh - II. L'oeuvre

Sources:

Citations :

« LE CHŒUR, s’avance.

Et voilà. Sans la petite Antigone, c’est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles. Mais maintenant, c’est fini. Ils sont tout de même tranquilles. Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui croyaient le contraire – même ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans l’histoire sans y rien comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris. Et ceux qui vivent encore vont commencer tout doucement á les oublier et à confondre leurs noms. C’est fini. » p. 132

 « C'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne un petit coup de pouce pour que cela démarre [...] C'est tout. Après on n'a plus qu'à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. » pp.56-57

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18 novembre 2008

The rule of four - Les auteurs

Four2The rule of four / Ian Caldwell & Dustin Thomason . – [London ] : Arrow Books, c2004. -- 527 p. ; 18 cm. -- ISBN  0-09-945195-6


Quatrième de couverture


Tom Sullivan, about to graduate from Princeton, is haunted by the violent death of his father, an academic who devoted his life to one of the rarest, most complex books in the world. Coded in seven languages, the Hypnerotomachia Poliphili, an intricate mathematical mystery and a tale of love and arcane brutality, has baffled scholars since 1499.

 

Toni’s friend Paul is similarly obsessed and when a long-lost diary surfaces they finally seen to make a breakthrough. But only hours later, a fellow researcher is murdered and the two friends suddenly find themselves in great danger. Working desperately to expose the book’s secret, they slowly uncover a Renaissance tale of passion and blood, a hidden crypt and a secret worth dying to protect...


Les auteurs


Ian Caldwell est originaire de Washington, D.C.. Il étudia d’abord au Thomas Jefferson High School for Science and Technology en Virginie et gradua en 1994. Puis, il étudia à l’Université Princeton en histoire et obtint son diplôme en 1998. Sa femme donna naissance en 2005, à leur fils. Caldwell vit avec sa famille à Newport News en Virginie.

 

Dustin Thomason, originaire d’Hawaï, fut également étudiant au Thomas Jefferson High School for Science and Technology Four1et obtient aussi son diplôme en 1994. Il étudia ensuite à l’Université Havard en médecine et en anthropologie. En 1998, il reçoit le Hoopes Prize pour sa thèse et la même année, il obtient son diplôme. Il recevra ´également un MD et un MBA de l’Université de Colombia en 2003. Il est le créateur et le producteur de la série télévisée de 2006, The Evidence. Il vit présentement à Los Angeles en Californie.

 

Les deux auteurs se connaissent et sont amis depuis l’âge de 8 ans. Ils commencèrent à écrire ensemble très tôt, et ils produisirent entre autres des pièces de théâtre pour leurs classes. Ils passèrent plusieurs années – près de 6 ans -  à la rédaction du roman The Rule of Four qui fut publié en 2004. Le roman fut un succès et devint rapidement un best-seller international - traduit dans plus de 25 langues et plus de 4 millions d’exemplaires de vendu à travers le monde. Il devrait être adapté au cinéma prochainement. Ils travaillent présentement à un deuxième roman.


Résumé


Se déroulant principale sur le campus de l’Université Princeton, The Rule of Four met en scène quatre amis y terminant leurs études : Tom, Paul, Gil et Charlie. Alors que les quatre étudiants se préparent pour leur graduation, Paul tente de terminer son mémoire de maîtrise en histoire. Il tente de percer les mystères d’un ouvrage de la Renaissance nommé l’Hyperoyomachia Poliphili. Beaucoup de gens se sont penchés sur ce livre, incluant le père de Tom qui y a consacré sa vie, sans réussir à résoudre l’énigme qui est supposé s’y cacher et qui doit mener à un « trésor ».

Tom, le narrateur du roman, en vient à aider son ami dans son travail. À la fois fasciné par l’œuvre mais également hésitant à trop s’impliquer dans ce livre qui a marqué dramatiquement la vie de son père. Supportés par leurs deux amis, Tom et Paul travaillent durement pour percer les secrets de l’œuvre. Alors que Paul semble sur le point de trouver la clé de l’ouvrage, des meurtres ont lieu sur le campus. Les énigmes du Hyperoyomachia Poliphili semblent étroitement liées avec les meurtres.


Commentaires à suivre...


Sources

 


17 août 2008

La Chambre de la Stella

Critique de lectureStella

La Chambre de la Stella / Jean-Baptiste Harang. – [Paris] : Grasset, 2008. – 152 p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-253-12012-4. – (Coll. Le livre de Poche : no30989)

Quatrième de couverture :

Chaque maison cache un secret, les murs ont des oreilles mais la bouche cousue. Il faut poser longtemps la joue contre leur sein, comme un docteur fiévreux, pour les entendre respirer. A Dun-le-Palestel, dans la Creuse, la maison de famille du narrateur en a si gros sur le cœur et tant à dire qu'on va la confesser, pièce après pièce, l'écouter se raconter, souvenirs dérangés, vérités arrangées, les choses et les gens tels qu'ils furent, les échos et les ombres qu'il en reste. Elle finira bien par lâcher ce qu'elle sait. Elle sait l'histoire d'un père qui, lui, avait choisi de se taire.

Stella1L’auteur :

Jean-Baptiste Harang est en 1949 à Chaulgnes dans le département de la Nièvre. Il est journaliste pour le journal la Libération depuis 1978. À partir de 1988, il prend le poste de critique littéraire pour le même journal. Il publie son premier roman, Le Contraire du cotton, en 1993. En 2004, il publie L’art est difficile qui est en fait un recueil d’articles qu’il a publié dans la Libération depuis 1988. Il reçoit en 2006, le prix Livre Inter pour La Chambre de la Stella.

Bibliographie :

  • Le Contraire du cotton (1993)
  • Les Spaghettis d'Hitler (1994)
  • Gros chagrin (1996)
  • Théodore disparaît (1998)
  • L’art est difficile (2004)
  • La Chambre de la Stella (2006)

Résumé:

Le narrateur de La Chambre de la Stella partage avec nous des souvenirs d’enfance à travers les pièces de la maison familiale. Il cherche surtout à nous parler de son père et du secret qu’il a découvert remettant en question ses origines.

Dans les années 60, alors qu’avec son frère et sa sœur, il avait entrepris de repeindre le rez-de-chaussée de la maison familiale, il découvre dans un vieux secrétaire, le livret militaire de son grand-père. Ce qu’il y découvre révèle la véritable identité de son père et remet en question toute la famille paternelle. Son père ne révèlera jamais les secrets de sa naissance et les secrets de la maison de Dun, même après son décès.

À travers ses souvenirs, l’auteur part à la recherche de celui qui serait son véritable grand-père et cherche à éclaircir les silences et secrets de sa famille.

Commentaires personnels et expérience de lecture :

Le « roman » que nous offre Jean-Baptiste Harang semblerait être en fait un recueil de ses propres souvenirs. Souvenirs qu’il nous livre principalement – mais pas uniquement - à travers les pièces de la maison familiale. Mais la relation de ces souvenirs semble surtout avoir pour but de cerner l’identité de son père.

En effet, le secret qu’il a découvert par hasard et qui révèle que son grand-père n’est pas le père biologique de son propre père, le pousse à essayer de retrouver des parcelles de sa généalogie en partie inconnue. Cette découverte qu’il n’abordera jamais ouvertement avec son père le trouble. Il voit son père différemment, il cherche à comprendre les raisons de ses silences et de tous ces secrets sur ses origines. Pourquoi son père dissimule ses origines? Pourquoi choisit-il ne pas en parler?

Harang part à la rencontre des secrets enfouis dans la maison de Dun. À travers les pièces, il partage des moments de son enfance, des moments de la vie d’autres membres de sa famille, des moments d’une époque lointaine – mais si proche.

Mais les souvenirs sont-ils bien réels ? L’auteur ne cache pas que les souvenirs sont parfois trompeurs. La mémoire n’est pas infaillible. On se rappelle d’un son particulier mais on oublie la date exacte… on amplifie certains événements, on efface parfois certains mots, on invente sans s’en rendre compte.

Le roman est de toute évidence une quête infiniment personnelle et on se sent presque voyeur de partager ces souvenirs intimes. Pourquoi d’ailleurs les partagent-ils avec nous ? Le texte semble plus une façon pour l’auteur de se libérer de ses souvenirs, et peut-être en veut-il inconsciemment à son père de ne pas avoir livrer son secret, de ne pas avoir partager avec lui ces confidences intimes. Son père ne lui a rien dit. Un inconnu lui révèle qui pourrait être son grand-père… et la chambre de la Stella renferme peut-être plus que ce qu’elle semble offrir… mais son père ne lui a rien dit… Certains ont vu un hommage à son père… peut-être… j’y vois plutôt une accusation de ne pas avoir parlé… un chagrin de ne pas avoir partager plus avec son père.

Le livre est court. Les phrases entre poésie et confusion. Les descriptions sont innombrables. On assiste à une énumération de souvenirs, mais aussi à de longues descriptions de lieux, de pièces, de meubles. Ce qui alourdit parfois la lecture. On a parfois l’impression qu’il faut lire entre les descriptions détaillées de pièces et de meubles, les traces de souvenirs et d’émotions. Mais ce n’est pas totalement sans charme. La confusion, l’impression de se perdre un peu rappelle que nous lisons des souvenirs, qui ne sont pas toujours très nets. Je me suis rappelée moi aussi comment nos souvenirs sont souvent attachés à un objet particulier, à un lieu précis… je pourrais remplir des pages sur la maison de mes grands-parents, par exemple…

Mais on sent parfois qu’on s’éloigne du fameux secret. Que celui-ci n’est qu’un prétexte à de longues descriptions. Que les recherches de l’auteur n’aboutissent pas, on se perd dans des noms, des généalogies incertaines. On passe sur certains personnages alors qu’on aurait aimé en savoir davantage. Et malgré la brièveté du livre, j’ai parfois trouvé le temps long et j’avançais péniblement dans ma lecture. Et je dois avouer que la fin m’a un peu déçu. Mais l’auteur ne pouvait que difficilement terminer autrement sa quête qui n’est pas terminée.  

Les avis d’Hélène , d’Antoine Peuchmaurd et de Joël Perino

Citations:

« Enfants, nous ne montions jamais au grenier, l’interdit et la peur nous en dissuadaient, la peur surtout, l’interdit à lui seul eût pu nous stimuler. » p. 83

« La cuisine de Dun était le centre du monde. Et ma grand-mère régnait sur ce monde. Au centre de ce centre du monde une table aux pieds trop frêles qui me sert encore aujourd’hui, dans mon mi-temps parisien, de table de salle à manger, mais elle ne se souvient de rien. » p.115

Sources :

13 août 2008

Antigone d'Anouilh - II. L'oeuvre

Antigone / Jean Anouilh. – Paris : La Table Ronde, 1976. – 133 p. ; 19 cm.

L’œuvre :

Jean Anouilh écrivit la tragédie Antigone en 1942 et celle-ci fut créée pour la première fois au Théâtre de l’Atelier à Paris le 4 février 1944. Elle fut mise en scène par André Barsacq. Les éditions de la Table Ronde publieront le texte de la pièce en 1946Anouil2. Lors de la première représentation de la pièce en 1944, le rôle d’Antigone est interprété par Monelle Valentin, l’épouse d’Anouilh.

Malgré le fait que la pièce connue éventuellement un immense succès public, on dit que lors de la première représentation elle fut très mal accueillie. Les biographes d’Anouilh rapportent même qu’à la fin de la pièce, en lieu d’applaudissements, ce fut le silence total. Et on rapporte également que le metteur en scène, André Barsacq, ainsi que Jean Anouilh déclarèrent regretter avoir écrit et mis en scène la pièce. La critique du moment fut donc partagée. On assimila rapidement les personnages et la trame tragique d’Antigone aux événements du moment, c’est-à-dire la Deuxième Guerre Mondiale.

On interpréta les gestes, décisions et réflexions des personnages de diverses façons. On y voyait soit un appui à l’Occupation soit un appui à la Résistance ; un appel au statu quo ou encore un appel à la révolte. La pièce ne fut pas censurée par les Allemands, ce qui constitue, selon certains, une preuve que la pièce défendait l’ordre établi. Mais d’un autre côté des tracs appuyant la Résistance furent distribués pendant certaines représentations. Antigone demeure aujourd’hui une des œuvres majeures de l’époque ainsi que l’œuvre centrale d’Anouilh. Il existe une version filmée de la pièce. Ce film fut réalisé par Moustapha Sarr en 2003.

Pour sa pièce, Anouilh s’est inspiré d’un mythe ancien, l’histoire tragique d’Antigone. L’histoire d’Antigone fit l’objet de nombreuses œuvres dont la tragédie par l’auteur grec Sophocle au Ve siècle av. J.-C. Anouilh a dit qu’une relecture de la pièce de Sophocle pendant la guerre l’inspira à récrire la tragédie à sa façon. Même s’il connaissait très bien la pièce de Sophocle, il la voyait maintenant d’un autre œil et y lisait la tragédie que son époque vivait. Il décida donc de reprendre le mythe d’Antigone selon sa vision.

Antigone, comme les pièces Eurydice et Médée, fait partie des pièces « noires » de l’auteur. Et même si ces trois pièces sont des réécritures de mythes anciens, elles sont résolument modernes. L’écriture emploie un style familier, spontané qui se rapproche de l’oral  Les dialogues s’éloignent du style recherché et soutenu de la tragédie classique ; ils sont proches du langage populaire, parfois très crus et même vulgaires. On note également dans l’écriture d’Anouilh l’emploie de nombreux anachronismes qui se juxtaposent à l’utilisation de procédés narratifs classiques. On retrouve ainsi dans le texte l’utilisation d’un Prologue, d’un Chœur qui racontent et nous expliquent les événements ; mais on y mentionne aussi des objets très contemporains tels les cigarettes, des fusils, etc. Nous retrouvons l’histoire d’Antigone dans un contexte intemporel… histoire archiconnu, mythe ancien, mais dans un style contemporain. Les personnages qui ont ici le rôle central - l’histoire vient en second plan – sont modernes dans leur habillement, attitudes, langages, etc.  

La pièce se distingue également par l’utilisation du procédé théâtral nommé « théâtre dans le théâtre » et qui consiste à présenter tous les personnages dès le lever du rideau. Quand la pièce commence, tous les personnages sont présents sur la scène, le « personnage » identifié comme « Prologue » vient alors les présenter. Les autres personnages ne semblent pas conscients de sa présence et vaquent à diverses activités. Le Prologue présente à l’audience chaque personnage, nous donne des détails sur leur rôle, leur personnalités et va même jusqu’à nous expliquer et raconter rapidement l’histoire qui va se jouer dans quelques instants. La fin est donc clairement présentée dès le début, et donc aucune surprise n'attend le spectateur. Ce procédé a été utilisé par d’autres auteurs.

Résumé et commentaires personnels à suivre…

Lire aussi:

Antigone d'Anouilh - I. L'auteur
Antigone d'Anouilh - III. Résumé et Commentaires personnels

Citations:

" LE PROLOGUE

Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille, seule en face de Créon, son oncle, qui est roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre." p.9

Sources:

14 juillet 2008

Muséum

Critique de lecture

Muséum / Véronique Roy ; avec Luc Fivet. – [Paris] : Fayard, 2008. – 411p. ; 18 cm. – ISBN 978-2-253-12018-6. – (Coll. Livre de poche; 37278)

Museum2Quatrième de couverture :

Au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, les sommités scientifiques sont en émoi : une météorite antérieure à la création du système solaire apporterait la preuve de l'origine extraterrestre de la vie. Les vieilles querelles resurgissent. L'homme est-il le produit accidentel de l'évolution ou le fruit d'un "dessein intelligent", autrement dit de Dieu ?

Le directeur du Muséum sollicite alors le paléontologue et géologue américain Peter Osmond, un athée convaincu, pourfendeur des thèses créationnistes, et l'Italien Marcello Magnani, un astrophysicien dépêché par le Vatican. Mais, dès son arrivée, Peter Osmond découvre le corps affreusement disséqué de la biologiste Anita Elberg. Et, pendant sept jours, les meurtres se succèdent...

L’auteur :

Véronique Roy a travaillé comme archiviste (et bibliothécaire) au Muséum national d’HistoireMuseum1 naturelle de Paris. Elle a également travaillé comme scénariste. Elle commença à travailler à son roman « Muséum » dès l’année 2000. Elle travailla à son œuvre pendant plusieurs années. Il fut publié en 2006.

Résumé:

Un scientifique américain, Peter Osmond, est appelé à Paris, au Muséum National d'Histoire Naturelle, pour enquêter sur un météorite qui vient d'être découvert. La roche pourrait renverser toutes les théories sur les origines de la vie sur Terre. À cause des implications que ces recherches pourraient amener, un prêtre du Vatican, également imminent scientifique est également envoyé sur place pour l’assister.

Osmond a déjà travaillé à Paris et il retrouve avec plaisir la ville, le Muséum ainsi que d’anciens collègues et amis. Il s’aperçoit cependant rapidement que l’on veut empêcher ses recherches. Il découvre également la présence au Muséum de gens adhérant au créationnisme – rejetant ainsi la théorie de l’évolution.

Et puis, un premier meurtre est découvert. Les morts s’enchaînent ensuite rapidement, obligeant Osmond, le père Magnani ainsi qu’une jeune archiviste du musée à enquêter sur ces meurtres.

Commentaires personnels et expérience de lecture :

Lecture rapide. Satisfaisante. Et oubliable. J'avais envie d'un roman policier. Un roman avec une bonne intrigue. Ce roman se passait dans un musée, proposait d'explorer les origines de la vie sur terre et dès les premiers chapitres, nous présente une archiviste – ou documentaliste… enfin ce n’est pas très clair, mais c’est souvent trop malheureusement le cas dans ma profession. J’avais très envie d’aimer le roman. Il m’a plu mais je ne crois pas pouvoir dire que je l’ai aimé. Et quelques jours après la lecture, j'avais oublié le dénouement. Mais pas les lieux... 

Je l’ai lu un dimanche très lent. Un lendemain d’une sortie au restaurant avec des amis. Le lendemain, je me sentais au ralenti. J’avais un million de choses à faire, mais je suis plutôt restée dans ma chambre à lire.

L’écriture est simple, à la limite d’être simplette. Les clichés se multiplient et les personnages sont peu approfondis. L’américain est « américain » et accumulent les erreurs de langage – qui je crois se veulent « comiques » mais qui tombent plutôt sur les nerfs. Les scientifiques sont tous plus bizarres et caricaturés les uns que les autres…

Les promenades dans le Muséum sont cependant agréables et le désordre qui y règne me semble absolument crédible – pour l’archiviste/bibliothécaire que je suis, c’est même une réalité absolue.

Le roman est cependant plus une exposition de l’opposition entre évolutionnisme et créationnisme qu’une résolution de crime. Et surtout, le prétexte de la météorite est vite oublié. Ce qui m’a un peu, beaucoup, achalé ! On nous présente ce thème en 4e de couverture, on en parle beaucoup au début du roman, mais finalement, on « perd » rapidement ladite roche et on passe aux meurtres. Qui sont subitement résolus soi dit en passant, relativement rapidement et facilement pour conclure le roman. Et puis, on parle beaucoup de Teilhard de Chardin, sans véritablement exploiter ces pistes.

J’ai à la fois aimé et trouvé irritant le style d’écriture de l’auteur qui souligne sa narration et interpelle le lecteur sans cesse. Exemples :

« Ce qui est une heure étrange pour déposer le courrier, convenons-en. »

« Réjouissons-nous avec lui que, bien qu’elles parviennent souvent au bord du chaos, les sociétés humaines, à l’instar su monde végétal ou animal, retrouvent toujours un pont d’équilibre »

En général, on survole beaucoup mais on approfondi peu. On ne fait qu’effleurer les sujets. On donne surtout envie d’aller faire plus de recherche sur ces thèmes de créationnisme, etc. Ce qui en fait, me fait dire que l’auteur a fait un travail d’archiviste… trouver l'information, l'roganiser et offrir les documents pour laisser le chercheur faire ensuite sa lecture et sa recherche lui-même. Et les crimes dans tout cela… c’est secondaire…

L’avis de Francesca, Mme Emma, Bil, Goelen, Marco, et Emma

Citations:

"Les protagonistes de cette histoire pasèrent une nuit courte et agitée. Léopoldine, pour sa part, ne ferma l'oeil. Elle tenta bien de se plonger dans un roman, mais son esprit butait sur les mots comme une roue denté ripe sans trêve sur l'engrenage." p. 85

"Je suis au regret de répondre que la neutralité de la science n'existe pas. C'est un mythe que la plupart des scientifiques ressortent systématiquement pour mieux justifier leur irresponsabilité et leur aveuglement. En quoi le fait d'encourager l'industrie nucléaire, les OGM ou le clonage humain est-il neutre ? On ne peut pas cautionner n'importe quoi sous prétexte que cela fait avancer la science ! Ces scientifiques se prétendent neutres alors qu'ils ne font que jouer le jeu des lobbies qui tirent parti de ces expériences. C'est de l'hypocrisie à l'état pur!" p. 229

Source à consulter :

 

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22 août 2008

À la recherche d'un peu de silence

BruitsCette fin de semaine, je fuis. Je vais essayer de trouver un peu de silence. C'est que le bruit de Barcelone me rend complètement folle et je dois essayer de trouver un peu de silence... Je sais que ce silence aura quelques bruits d'oiseaux, quelques bruits de vents, quelques mouvements furtifs... En autant que l'on n'entende pas les ambulances interminables et irraisonnables, les klaxons irresponsables, les conversations et les cris assourdissants qui surgissent à toute heure...

J'ai compris il y a très longtemps que les espagnols aimaient le bruit... j'ai su très jeune que les conversations en espagnol étaient plus bruyantes... par définition. L'Espagne est bruyante et présentement... je crois que je vais perdre la raison... besoin de tranquillité, besoin de silence... J'avais en tête un superbe texte sur le bruit et l'Espagne... je le ferai un autre jour ! Présentement, je me sauve... dans le silence de la campagne... je reviens lundi... je ferai peut-être alors ce texte !

21 juin 2008

Voyage d’un jour – Ma ville : Barcelona

La ville, pour quelqu'un qui ne sait pas lire, c'est d'abord des pistes d'odeurs, un bruit de fond, des éclairs et desvoyage chatoiements.  [Jacques Meunier]

Barcelone. Cela fait maintenant 4 ½ ans que je vis dans cette ville. Que je connaissais déjà puisque je l’avais visité de nombreuses fois. Plusieurs fois alors que j’étais petite, histoire de visiter la famille de mon père, puis à quelques reprises, adultes.

Mais Barcelone est vaste et il y a tant à découvrir, voir, entendre et sentir… Chaque rue peut offrir une découverte. Chaque quartier est unique. Barcelone est une ville, bruyante, animée, vivante… à toute heure du jour, du soir ou de la nuit… la ville bouge. Des sons, des lumières, des odeurs, du mouvement… Parfois, c’est carrément hallucinant et troublant.

L’architecture, les églises, les rues, les parcs, les fontaines, les places, les montagnes, la mer… Difficile de présenter Barcelone en quelques photographies… il y a tant de choses à montrer… tant de choses connues également… tant de livres et de sites sur Gaudi, les musées, les cathédrales, les places… 

J’ai donc pensé vous présenter quelques endroits que j’aime bien, quelques endroits moins connus, quelques endroits près de chez moi… Mais soyez assurés que des milliers de photos j’aurais pu montrer… Alors commençons...

BCN1Tout d'abord, j'habite dans ce qu'on appelle Eixample Dret, c'est dans ce quartier que l'on retrouve la Sagrada Familia, la Monumental, l'Auditori, ... l'architecture est magnifique et j'aime beaucoup les rues.

L'édifice dans lequel je vis... tout est haut à Barcelone et on voit rarement un édifice de moins de trois étages... parfois dans le quartier Gracía ou dans des vieux quartiers industriels verra-t-on des édifices à un ou deux étages. Et dans les quartiers sur la montagne Tibidabo, il ya des maisons avec cours.... mais sinon, dans la ville, c'est 4-5-6-et plus...

La ville est en fait prise entre les montagnes, la mer, et deux rivières, Le Besos y le Llobregat... Et donc on peut aimer la ville, la montagne et la plage... tout y est...  "Si vous n'aimez pas la mer, si vous n'aimez pas la montagne, si vous n'aimez pas la ville... allez vous faire foutre ! " [Jean-Luc Godard] ;)

Il y a des quartiers avec de grands boulevards et il y a des quartiers anciens, véritables labyrinthes construites de petites rues tortueuses...

Maintenant j'ai bien essayé de construire un article avec toutes les photos et mes commentaires, mais cela semble très difficile de faire une mise en forme qui a un sens... donc, les photos seront dans l'album :"Voyage d'un jour - Barcelone"... Je voudrais bien essayer de travailler la mise en forme, mais je dois quitter en toute vitesse cette ville que j'adore... trop de bruits en perspective pour les prochains jours !!! ;) J'ai cependant triché un peu et réalisé l'album en avance... ;)

Et un petit avertissement... Je n'ai pas mis de photos de la Plaza Real, la Plaza Catalunya, Plaza Espanya, la Cathédrale de Barcelone, ma cathédrale préférée: la Cathédrale del Mar, il manque des photos du Passeig San Joan, du quartier Born, ou du Poble Nou... de, de, de... d'une multitude de choses... Voici simplement quelques images que j'aime bien de ma ville...

Et avant de vous dirigez vers l'album...

Quelques édifices dont un que j'appelle "la maison de la sorcière" pour aucune raison valable à part sa tourelle... ;)BCN26

Voir les autres photos...

Et au retour de ma fuite... je repars en voyage sur d'autres blogs !!! À bientôt !!! :)

15 juin 2008

Les divins secrets des petites ya-ya - Commentaires

Critique de lecture

Les divins secrets des petites ya-ya / Rebecca Wells. – [Paris] : Belfond, c1998. -- 471 p. ; 18 cm. – ISBN 2-226-09548-X. – Coll. Pocket ; 10759.

Titre original: Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood

Résumé :

Une femme à l’aube de la quarantaine, Siddalee Walker, metteur en scène qui connaît enfin le succès, se voit dans l’obligation de remettre sa vie en question.

Dans une entrevue pour le Sunday New York Time, elle se laisse aller à raconter certains détails de sa vie et de son enfance. Ses propos sont amplifiés et l’article met en avant plan, les mauvais traitements infligés par sa mère lorsque Siddalee était enfant. La publication de l’article plonge sa famille dans une crise. Sa mère, Viviane « Vivi » Walker, la renie et refuse de lui parler, elle interdit à son mari, ses enfants et ses amies de la voir ou de voir la pièce qui a rendue Siddalee célèbre.

Siddalee ne sait comment arranger les choses et plonge dans de profonds questionnements sur sa vie et surtout sa relation amoureuse avec son fiancé Connor. Ayant besoin de temps pour réfléchir, elle retarde son mariage et décide de s’isoler pour quelques temps dans un chalet. Alors qu’elle se pose des questions sur sa peur de l’amour, ses incertitudes et ses craintes, elle décide de demander à sa mère de lui prêter un album qu’elle a confectionné au cours des années et dans lequel elle garde des souvenirs sur sa vie et celles de ses meilleures amies, les ya-ya. Le livre s’intitule « Les divins secrets des petites ya-ya ».

Vivi accepte de lui prêter l'album. Siddalee commence alors à feuilleter l’album de souvenirs contenant des bouts de la vie de ce groupe d’amies. Les ya-ya partagent une amitié unique et forte. À travers des coupures de journaux, des lettres, des photos et divers souvenirs, Siddalee apprend à connaître la vie de ces femmes et surtout de sa mère. Mais le livre ne raconte pas tout et elle veut comprendre pourquoi sa mère est devenue la femme qu’elle est aujourd’hui.

Commentaires personnels :

Le roman “The Divine Secrets of the Ya-Ya” se veut une suite du premier roman de Rebecca Wells “ Little Altars Everywhere” et reprend donc les principaux personnages de celui-ci. Le roman fut adapté au cinéma en 2002.

Le roman raconte les questionnements sur l’amour, le bonheur et la famille de Siddalee Walker et sa quête pour connaître la vérité sur sa mère. Elle tente de comprendre le passé et la vie de sa mère à travers un album de souvenirs appartenant à celle-ci. Dans cet album, Viviane Walker a gardé la trace des moments importants de sa vie et de son amitié avec les Ya-Ya.  

Alors que l’on suit Siddalee dans sa découverte des souvenirs de l’album, on assiste grâce à de nombreux « flashbacks » à des moments de la vie de sa mère et de ses amies, les Ya-Ya. La narration passe de la perspective de Siddalee, à la troisième personne, à la perspective de Viviane. On lit parfois les retours en arrière par l’entremise de lettres. Petit à petit, on nous présente les hauts et les bas de la vie des Ya-Ya. Et on comprend petit à petit les difficultés et les tourments de la mère de Siddalee.

Le roman nous raconte l’histoire d’une longue et solide amitié entre 4 femmes et surtout comment cette amitié a modelé, transformé la vie de ces femmes. Et c’est à travers cette amitié que le thème de la relation entre mère et fille est abordé. Et surtout la relation entre Siddalee et Viviane. Une relation difficile, trouble, hantée par les abus physiques que Viviane a infligé à ses enfants, particulièrement sa fille aînée.

Les abus physiques qu’elle a vécus ont affecté Siddalee toute sa vie et pour arriver à continuer sa vie, elle doit comprendre sa mère. Comprendre et pardonner sa mère, ne signifie cependant pas oublier et excuser les gestes. Mais comprendre et accepter sa mère lui permet de se comprendre et de s’accepter elle-même.

Le roman met également en scène la Louisiane. Cette dernière semble respirer et vivre dans le roman. Les passages qui décrivent la région sont remarquables. On apprend aussi sur l’époque, la vie en Louisiane dans les années 40, 50, 60… J'ai particulièrement appréciés ces passages.   

Si certains personnages sont vivants et touchants, on peut cependant déplorer le manque de détails sur les autres ya-ya. L’écriture est juste, mais sans surprise. La narration est intéressante et le fait de changer de perspective, de passer du présent au passé est bien mené.

J’ai cependant un avis mitigé sur ma lecture. Alors qu’à certains moments, j’étais complètement prise par l’histoire, alors que parfois j’ai souri et qu’à d’autres moments, j’ai senti quelques larmes me venir aux yeux, à d’autres moments, j’ai trouvé le roman long.

Les états d’âmes de Siddalee me semblaient répétitifs et parfois un peu ennuyeux. Ses craintes face à l’amour m’ont semblé parfois exagérées. Cette quête de soi-même, seule loin de tous, m’a par moment ennuyée. De même que cette fameuse amitié, plus forte que tout… m’a parfois achalée et semblée surfaite. J'ai levé les yeux en l'air à quelques reprises !

J’ai bien compris que personne n’excusait le fait que Viviane avait battu ses enfants, mais il me semble qu’on minimisait beaucoup ses actes ainsi que le fait qu’elle soit alcoolique. Je déplore également la fin qui m’a semblé précipité… comme si l’auteur avait passé des pages et des pages à raconter son histoire et que soudainement elle réalise qu’elle doit conclure son roman. En quelques pages, les 3 amies de sa mère explique un épisode important de la vie de Viviane, puis Siddalee va retrouver sa mère, lui pardonne et se marie.

Et j’aurais aimé connaître plus les autres personnages. De plus, selon moi, l’auteur aurait dû offrir plus d’espaces aux personnages masculins. Mais c’est une histoire d’amitié entre filles et une histoire de relation entre mère et fille… donc les hommes sont secondaires. Tous. 

Mais en général, j’ai cependant beaucoup aimé ces femmes qu’on nous présente comme des êtres qui sont loin d’être parfaits. Et on doit un jour se regarder, noter nos forces et nos faiblesses, les accepter, les comprendre, et ensuite vivre sa vie. Un roman sur les relations qui parsèment nos vies et comment nos familles influencent nos vies, comment des émotions se transmettre de génération en génération.

Je déplore cependant le fait d'avoir lu le roman dans sa traduction française. Certains choix du traducteur m'ont semblé boiteux... comme par exemple, dire que les enfants étaient en CE1, ce qui n'a aucun lien avec les États-Unis... il n'était pas nécessaire, selon moi, de faire ces ajustements. De plus, on perd certaines expressions typiquement "louisianaises" dans la traduction... Mais finalement, malgré tout, j'ai bien apprécié cette lecture - et j'ai une envie folle de retourner en Louisiane.

Premier article: Les divins secrets des petites ya-ya - L'auteur

Citations:

« Mains levées au-dessus de nos têtes, nous nous touchons par les pouces et prononçons notre serment : « Je suis membre de la tribu royale et loyale des Ya-Ya dont je n’ai pas le droit de me séparer et que personne n’a le droit de diviser parce que nous sommes de même sang. Je jure solennellement d’être fidèle à mes sœurs ya-ya, de les chérir et de les protéger, de ne jamais les abandonner dans le malheur et cela jusqu’à l’heure de ma mort, où Dieu reconnaîtra les siens. » p. 111

« […] elle s’interrogea sur le savoir subliminal qui passe entre une mère et une fille. Un savoir préverbal, des histoires sans mots circulant comme le sang riche en oxygène entre une mère et son bébé, à travers le placenta. Elle se demanda si, quarante ans plus tard, elle pouvait encore recevoir des signaux de sa mère, par l’intermédiaire d’un cordon psychique capable de franchir l’obstacle de la distance et des multiples incompréhensions ». p. 270

Sources :

9 août 2008

Antigone d'Anouilh - I. L'auteur

Antigone / Jean Anouilh. – Paris : La Table Ronde, 1976. – 133 p. ; 19 cm.

L’auteur :

Anouil1Jean Anouilh est né le 23 juin 1910 dans la ville de Bordeaux en France. Sa mère est professeur de piano et joue dans un orchestre, son père est tailleur. Il est initié à la musique et au théâtre dans son enfance et il s’amuse à écrire des pièces.  Sa famille déménage à Paris où Anouilh commencera des études de droit. Après 18 mois, il abandonne ses études. Toujours intéressé par le théâtre, il assiste en 1928 à une représentation de la pièce Siegfried de Jean Giraudoux. Il décide à ce moment de se consacrer au théâtre. Il travaille alors quelques années comme publicitaire.

Il fera jouer sa première pièce, Humulus le muet, en 1929, mais c’est un échec. Il travaille pendant quelques temps comme secrétaire de Louis Jouvet au Théâtre des Champs-Élysées. Malgré ses rapports difficiles avec Jouvet, il demeure à son emploi jusqu’en 1932. Cette même année, il crée sa première véritable pièce, l’Hermine, qui connaît un certain succès d’estime.

Anouilh épouse en 1932 l’actrice Monelle Valentin. Ses prochaines pièces sont des échecs. Ce n’est qu’en 1937 qu’il connaît enfin son premier grand succès avec la pièce Le Voyageur sans bagage qui sera mise en scène par Georges Pitoëff. Ce succès continue et il devient un auteur connu et acclamé. La critique est parfois dure envers ses pièces mais le public l’acclame. En plus de ses pièces, il traduit des pièces étrangères et participe à des films.

Il continue d’écrire pour le théâtre durant les années qui suivent. Il continuera même à écrire pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il décide alors de ne pas prendre position, ni pour la collaboration, ni pour résistance. On lui reprochera cette décision. Et on lui reproche de publier des textes – certes à caractère non politique – dans des publications considérées collaborationnistes. Mais plusieurs biographies soulignent aussi qu’il a publié des nouvelles dans une revue anti-hitlérienne. 

Pendant ces années d’Occupation, il commencera à adapter des tragédies grecques. Il écrira Eurydice et Antigone. Ces pièces ont un immense succès mais Antigone crée une certaine polémique. Certains lui reprochent de défendre dans sa pièce l’ordre établi pendant ces années de guerre.

Après la fin de la guerre, Anouilh continue d’écrire et d’obtenir de nombreux succès.  Mais en 1961, il connaît un échec avec sa pièce La Grotte. Cet échec le pousse à également faire de la mise en scène. Il continuera cependant d’écrire de nombreuses pièces. Pendant les années 1970, on le qualifiera même « d’auteur de théâtre de distraction ». Il ne renie pas le qualificatif. Il n’accepta cependant presque aucun des prix qu’on lui a décerné à part ceux pour le « meilleur spectacle de la saison ».

À cette époque, ses pièces paraissaient plus légères mais demeuraient tout de même très pessimistes. Il écrivit en alternance des pièces qu’il qualifiait lui-même de « noires » et « grinçantes » ou « roses » et « brillantes » « costumées » et « baroques » ; mais toutes soulignant une vision pessimiste et féroce de la vie.

Jean Anouilh décède le 3 octobre 1987 à Lausanne en Suisse. Ses biographies varient parfois, comportent des divergences de dates, lieux, et somme tout, on ne connaît que peu de détails sur sa vie privée. L’auteur le voulait ainsi et protégeait sa vie privée.

Bibliographie :

  • L'Hermine (1932)
  • Mandarine (1933)
  • Y avait un prisonnier (1935)
  • Le Voyageur sans baggage (1937)
  • La Sauvage (1938)
  • Le Bal des Voleurs (1938)
  • Léocadia (1940)
  • Eurydice (1941)
  • Le Rendez-vous de Senlis (1941)
  • Antigone (1942)
  • Roméo et Jeannette (1946)
  • L'Invitation au château (1947)
  • Ardèle ou la Marguerite (1948)
  • La Répétition ou l'amour puni (1950)
  • Colombe (1951)
  • La Valse des toréadors (1952)
  • L'alouette (1952)
  • Ornifle ou le courant d'air (1955)
  • Pauvre Bitos ou le dîner de têtes (1956)
  • Becket ou l'honneur de Dieu (1959)
  • L'Hurluberlu ou le réactionnaire amoureux (1959)
  • La Petite Molière (1959)
  • La Grotte (1961)
  • Le Boulanger, La Boulangère et le Petit Mitron (1968)
  • Cher Antoine (1969)
  • Chers Zoizeaux (1976)
  • La culotte
  • Le Nombril (1981)

Commentaires à suivre:

Antigone d'Anouilh - II. L'oeuvre
Antigone d'Anouilh - III. Résumé et Commentaires personnels

18 septembre 2008

L'Archange Saint-Michel : II. Présentation

L’Archange Michel apparaît dans l’Ancien Testament, mais sa mythologie est surtout développée dans les textes hors de la Bible officielle.

Son nom Michel est écrit מיכאל en hébreu - Micha'el ou Mîkhā’ēl. Ce nom signifie « Qui est comme Dieu » ou plutôt « Qui est comme Elohim »  - de Mi Ka El. Elohim étant considéré comme un nom commun – probablement au pluriel – qui signifierait dieu, ou encore majesté ou excellence. Cette phrase est aussi souvent considérée comme une interrogation : « Qui est comme Dieu? ». Et donc, on peut offrir une multitude d’interprétation au nom de Michel.

En grec, le nom devient : Μιχαήλ, Mikhaíl et en arabe :  ميخائيل, Mîkâ’îl, parfois Mikal. En latin, nous retrouvons plus simplement : Michael ou Michaël.

Michael est un des seuls anges mentionnés par son nom dans la Bible – avec Raphaël et Gabriel. Il est de plus, appelé « archange ». Il est donc reconnu comme un archange – le mot provenant du grec, archangelos (αρχαγγελος) et signifiant premier (arch) et messager (angelos). Les anges sont donc des messages, les archanges annoncent quant à eux les événements les plus importants. 

Michael fait à la fois partie de la littérature et tradition chrétiennes, juives et arabes –autant dans la littérature religieuse que profane. C’est donc une entité très importante dans les religions dites révélées. On retrouve son nom dans plusieurs textes sacrés ou écrits apocryphes et même, ésotériques : Talmud, Livre d’Énoch, et beaucoup d’autres. Parfois, même si son nom n’est pas expressément mentionné, on le reconnaît dans la présence angélique évoquée. 

Dans la Bible, il est mentionné à quelques reprises. On le retrouve notamment dans le livre de Daniel ainsi que dans l’Apocalypse :

Ap 12:7- Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges,

Ap 12:8- mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel.

Il inspire les Macchabées, apparaît à Moïse dans le buisson ardent, à Josué dans la campagne de Jéricho, il est l’ange qui retient Abraham lorsqu’il veut sacrifier son fils, … Comme on ne nomme pas l’ange, beaucoup de « ces actions » sont parfois attribuées à d’autres entités.

Ange3Il est considéré comme le chef de la milice céleste. On le dit chef de l’ordre angélique des Vertus, chef des archanges, chef de la 4e sphère céleste, ange du repentir, de la sanctification, chef guerrier, défenseur de la foi, ange de la mort, peseur d’âmes, conducteur des âmes, … Ces caractéristiques sont les plus connues, mais on l’associe parfois à l’Esprit Saint, au Logos, et même à Dieu.

Peu importe, les attributs qu’on lui donne, Michael possède toujours une force extraordinaire. Il est envoyé où sa puissance est nécessaire. Son nom nous indique que seul la puissance de Dieu peut réaliser ce que Michael peut accomplir.

L’Archange est très important dans les textes hébreux et il est souvent considéré comme le protecteur et patron du peuple – ou encore des nations – juif. C’est l’ange qui défend les enfants du peuple juif.

Mais c’est véritablement dans l’Apocalypse que nous retrouvons le combat principal de Michael. C’est en effet dans ce texte que l’archange s’oppose au dragon – ou Satan, l’ange déchu. Ce combat a eu lieu et aura lieu à la fin des temps.

On doit comprendre que ce combat est éternel – et le dragon est toujours vaincu par l’ange de lumière. Ce combat donne les caractéristiques physiques principales à l’archange : armure de guerrier et lance ou épée – souvent de feu ou de lumière.

C’est le guerrier de Dieu. Dans les traditions abrahamiques, son nom est le cri de guerre des anges qui se battent contre Satan et les anges déchus.

Michael est le défenseur et le protecteur de tous les fidèles et est celui qui terrasse non seulement Satan, mais toutes les créatures infernales. Il représente l’éternel combat de l’église contre le mal, contre le péché et annonce la victoire du bien –ou parfois du Christ- sur la mort et le mal.

On dit aussi qu’il est le souffle de Dieu lorsque l’on rend l’âme, il la protège et l’accompagne et la conduit jusqu’à sa destination finale. Il agit alors comme psychopompe. On lit parfois qu’il va jusqu’à peser les âmes, et on le représente alors avec une balance.

Voir aussi:

Quelques sources:

  • Le Mont Saint-Michel: monastère et citadelle. -- Lucien Bély, préface de Jean Favier, photographies : Hervé Champollion. -- Rennes: Éditions Ouest-France, c1994, 2004. -- 249 p.: ill, photgr, cartes; 24 cm. -- ISBN. 2-7373-1419-4
16 septembre 2008

L'Archange Saint-Michel : I. Introduction

On ne peut visiter le Mont Saint-Michel sans essayer de comprendre Saint-Michel. Ou plutôt essayer de comprendre… car Saint-Michel est multiple.

Je ne prétends nullement offrir dans les prochaines articles, une définition de cet ange, archange, entité… juste quelques lignes qui résument mes lectures.

Lorsqu’on arrive au Mont Saint-Michel, on peut immédiatement trouver des représentations de l’ange – ouAnge1 comme on l’apprend, l’archange – brandissant son épée et terrassant un dragon. On comprend donc que c’est la principale représentation de cette entité que l’on retrouve au Mont.

C’est le culte de Saint-Michel que l’on retrouve au Mont. Mais beaucoup peut être dit sur cette entité : qui est l’archange Mickael, comment devient-il Saint-Michel, comment son culte commença-t-il, que sait-on de lui, quelles sont ses possibles origines païennes, quelles sont ses représentations aujourd’hui,…

Saint Michel Archange est bien présent au Mont et on nous rappelle son combat avec un – le dragon – qui eut lieu sur le Mont… un combat entre l’ange et le démon. L’Ange a vaincu le Dragon, mais ce combat est sans fin… il n’a pas détruit le dragon. On sent ce combat entre la lumière et la noirceur dans tout le rocher…

Peu importe ses croyances spirituelles, on se sent toucher par le culte - parfois plus païen que chrétien - fait à cet archange.

Je me suis promenée longuement, j'ai observé, non seulement les représentations, les peintures, les sculptures... mais aussi le rocher, l'abbaye, le monastère, la grève, les eaux au loin... et j'ai senti une présence - à la fois guerrière et douce.

J'ai senti la lumière et j'ai senti les ombres... j'ai senti l'archange et le dragon... Mais je ne pourrais affirmer qui était la lumière et qui représentait les ombres... 

Entamons un peu les multiples aspects de cette entité.

Voir aussi:

5 juillet 2008

La petite robe de Paul

Critique de lectureRobe2

La petite robe de Paul / Philippe Grimbert. – [Paris] : Grasset, c2001. – 155p. ; 18 cm. – ISBN978-2-253-06819-8. – (Coll. Livre de poche; 30045)

Quatrième de couverture :

Paul n’a jamais rien caché à sa femme. Un jour, il est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche exposée dans la vitrine d’un magasin.

L’irruption de ce vêtement d’enfant dans l’univers feutré d’un couple sans histoires va soudain produire effets dévastateurs et réveiller de vieux démons.

De quels secrets la petite robe blanche est-elle venue raviver la blessure ?

L’auteur :

Robe1Philippe Grinberg est né à 1948 à Paris. Son père changera leur nom de famille pour Grimbert juste avant la Seconde Guerre Mondiale afin de cacher leur origine juive. Il étudiera la psychologie dans les années 60 à Nanterre.

Après avoir été lui-même en analyse, il ouvre son cabinet de psychanalyse. Il travaillera également dans des instituts spécialisés pour les enfants et adolescents à Asnières et à Saint-Cloud.

Grinberg se passionne pour la musique. Il se lance dans l’écriture et publie un essai sur la musique : Psychanalyse de la chanson en 1996. Il continue à écrire des essais puis en 2001, il publie son premier roman, La petite robe de Paul. Il recevra plusieurs prix pour ses œuvres.

Bibliographie :

  • Psychanalyse de la chanson (1996)
  • Pas de fumée sans Freud : psychanalyse du fumeur (1999)
  • Évitez le divan : petit manuel à l'usage de ceux qui tiennent à leurs symptômes (2001)
  • La Petite robe de Paul (2001)
  • Chantons sous la psy (2002)
  • Un secret (2004)

Résumé:

Paul, un homme dans la cinquantaine marié depuis longtemps à Irène et ayant une fille maintenant adulte, fait un stage de formation dans un quartier qu’il ne connaît pas. Alors qu’il explore le quartier pendant les pauses, il est attiré par une petite robe blanche d’enfant dans la vitrine d’une boutique. Sans pouvoir expliqué sa fascination ou son geste, il entre dans la boutique et achète la robe.

Il tente d’abord de comprendre son geste. Pourquoi a-t-il acheté cette robe ? Il ne peut justifier son achat et alors qu’il veut d’abord l’avouer à son épouse, il cache pourtant la robe. Mais Irène trouve la robe. Sous le choc de cette découverte, elle tente de trouver une explication à la présence de cette petite robe dans la garde-robe de Paul. Elle se sent cependant incapable de demander directement à son époux les raisons de cet achat et elle imagine les pires explications.

La petite robe cachée dans la garde-robe de Paul les plonge dans les souvenirs, les interrogations et les secrets.

Commentaires :

Un couple ordinaire, ayant en apparence une existence tranquille, va être complètement bouleversé par l’achat d’une petite robe et surtout par les mensonges, les secrets et les non-dits qu’entraîne cette petite robe.

Le roman commence rapidement par l’achat de Paul. Cet achat et surtout le fait qu’il le dissimule, le plonge, lui, sa femme et nous à leur suite dans une recherche des raisons qu’ils l’ont poussé à acheter cette petite robe blanche.

Avec sa femme, nous nous imaginons d’abord les pires scénarios. Mais le roman nous emporte surtout dans les souvenirs de blessures anciennes. Des blessures que le couple a subies et qui n’ont jamais vraiment été cicatrisées. On retourne dans le passé de Paul, dans la relation avec son père, nous retrouvons Irène, enfant, ayant perdu ses parents. Puis nous revivons la grossesse interrompue d’Irène après de nombreux efforts… événement qui semble d’abord avoir marqué plus Irène que Paul mais ce n’est pas certain…

On suit religieusement au fil des pages, les réflexions des deux principaux personnages. Et finalement on se rend compte qu’une vie est bâtie sur des moments connus mais surtout sur des moments occultés, des moments enfouis dans les souvenirs. Des moments qu’on a cru comprendre mais qu’il faut explorer de nouveau et comprendre de nouveau.

Le roman ne dit pas tout. Beaucoup de secrets entre les personnages, mais on sait qu’à la fin, ils se disent beaucoup, presque tout… cependant nous ne sommes pas dans le secret… beaucoup nous est occultés. On doit imaginer certains éléments manquants et je suppose que parfois les conclusions doivent légèrement variés selon le lecteur. Mais l’auteur, psychanalyste, doit avoir planifié ces interrogations, ces questions sans réponses.

Les événements de notre vie laissent des traces, même si on croit avoir surmonté ces moments. Le passé est toujours présent… voilà la conclusion du roman. Il s’agit de voir, si on le comprend, l’accepte et si on poursuit notre cheminement. Soulignons également le fait que les secrets, les silences, les non-dits sont toujours sources de tourments, de questionnements et qu’il vaudrait mieux dire ce qu’on voudrait taire…

Quelques irritants cependant… Parfois l’impression d’être dans un de ces soaps, où on ne peut s’empêcher de rager parce que si « seulement les personnages avaient parlés au lieu de taire de détail… on se serait épargner des heures d’interrogations inutiles ». Un peu trop de questions non répondues, également. On comprend l’idée qu’il faut comprendre et déduire sans savoir, mais bon… un peu plus d’indices aurait été appréciés. Et personnellement, j’ai parfois trouvé la douleur d’Irène irritante… à la limite du mélodrame, surtout les dernières scènes – sanglantes.

Mais les mots filent… se lisent doucement. On ne peut s’empêcher d’entrer dans leurs interrogations, de sentir les sentiments se broder autour des douleurs et des souvenirs. J’ai senti les liens entre Irène et sa belle-mère… j’ai senti l’angoisse de Paul quand il fouille dans les souvenirs de son père et les secrets de sa mère… et j’ai ressenti la peur d’un dénouement qui n’est pas ce qu’on craint d’abord…

Cette histoire traite selon moi de nombreux deuils non résolus, non acceptés et surtout des cris de l’inconscient des personnages. Roman construit sur des descriptions d’états d’âme, aucun dialogue… roman légèrement étouffant qui nous ramène à la blancheur de la robe… constamment tachée de souvenirs, et finalement de sang.

Personnellement, le livre m’a captivé… du premier moment où j’ai lu le titre et contemplé la couverture. Je ne connaissais pas vraiment le roman, ni l’auteur au moment de ma lecture. J’ai aimé ces questionnements qu’amène un incident dans la vie d’un couple qui se cache ses douleurs. Et j’ai particulièrement aimé la conclusion qui amène un nouveau personnage, la fille adulte du couple. On craint, on croit savoir, connaître la conclusion, mais l’auteur choisit de ne pas présenter une certaine conclusion évidente – mais somme toute, facile – pour revenir à une vie ordinaire… des gens ordinaires qui vivent avec leurs bibittes, tout simplement.

L’avis de Camille, Tamara, de Lily, Lilly et Lilie

Citations :

« Levant les yeux il aperçut la petite robe. Une seule robe, accrochée à un cintre au centre de la vitrine sur un fond de papier vert d’eau. Une robe d'enfant, parfaitement blanche, taillée comme une chasuble, avec trois roses à l'empiècement, semblables à celles qui émergeaient des pots. Trois boutons délicats qui donnaient naissance à des plis plats poursuivant leur chemin jusqu'à l'ourlet du bas. Le tissu avait la légèreté et la transparence d'un voile de lin, il en respirait la fraîcheur.»

« Paul fut troublé, saisi par le sentiment de n’avoir jamais rien vu de plus joli que ce vêtement de fillette, flottant entre ciel et terre. Il resta un long moment planté sur le trottoir, son sandwich à la main, et sa promenade de ce jour-là ne le mena pasplus loin. » p. 12

« Irène prit alors conscience de la réalité de sa relation à sa belle-mère, tissé comme ses broderies de petites choses de tous les jours, charmantes et poétiques, sans autre épaisseur que celle du canevas auquel se limitaient leurs échanges. » p. 114

Sources à consulter :

14 juin 2008

Les divins secrets des petites ya-ya - L'auteur

Critique de lecture

Les divins secrets des petites ya-ya / Rebecca Wells. – [Paris] : Belfond, c1998. -- 471 p. ; 18 cm. – ISBN 2-226-09548-X. – Coll. Pocket ; 10759.

Quatrième de couverture :

« Une danseuse de claquettes maltraite ses enfants... » Quand Vivi Walker lit dans le " Sunday New York Times " le portrait que brosse d'elle sa fille Siddy, metteur en scène à succès, elle la renie sur-le-champ. Afin d'aider à renouer le dialogue entre la mère et sa fille, les amies intimes de Vivi finissent par la persuader d'envoyer à Siddy son album souvenir : « Les divins secrets des petites ya-ya ».

Siddy va alors plonger dans l'univers des ya-ya, du nom cajun que les quatre amies se sont donné lors de leur folle jeunesse en Louisiane. Elle découvre un petit groupe à part, soudé par une amitié que rien n'a jamais su affaiblir. À travers ces souvenirs fragmentés, Siddy découvre une image inattendue de l'exubérante Vivi, une femme meurtrie que seul le soutien indéfectible de ses amies a pu maintenir debout.

Yaya1L’auteur :

Rebecca Wells est née en 1952, dans la ville d’Alexandria en Louisiane aux Etats-Unis. Elle grandit sur une plantation qui appartient à sa famille depuis 1795. Elle étudia d’abord à l’école Southern Ladyhood and Roman Catholism. Elle commence à écrire très jeune ainsi qu’à arranger et jouer dans des pièces de théâtre. Elle étudia ensuite à l’Université de Georgia en Anglais et en création littéraire.

Alors qu’elle est à l’Université, elle continue à écrire des pièces de théâtre et monte même un « one-woman show ». Elle décide alors de voyager à travers les Etats-Unis puis s’inscrit à Institut Naropa, une université située dans la ville de Boulder dans le Colorado où elle commence à travailler avec la troupe de théâtre « The Living Theater ».

Elle travaillera comme actrice pendant quelques temps à New York puis reprend ses déplacement à travers le pays. Puis de passage à Seattle avec le groupe « Performing Artists for Nuclear Disarmament », elle décide de s’y installer au début des années 1980. Elle joint un groupe se consacrant aux arts du spectacle. Elle vit toujours à Seattle avec son époux. Elle continue d’écrire et de faire du spectacle.

Site de l’auteur

Bibliographie partielle :

  • Little Altars Everywhere (1992)
  • Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood (1996)
  • Ya-Yas in Bloom (2005)

Citations:

"Lorsqu'elle tourna la tête vers ses trois amies. Elle les découvrit telles qu'elle ne les avait jamais vues : si radieuses qu'on les aurait crues éclairées de l'intérieur. Elles lui parurent très vieilles et très jeunes à la fois. Invincibles et extrêmement fragiles. Grâce à elles, elle se sentit lestée, ancrée, plus réelles. Elle les aima dans un élan de gratitudes." p.219

Sources :

Commentaires à suivre...

 

27 mai 2008

Predator – Commentaires

Critique de lecture

Predator / Patricia Cornwell . – [London] : Sphere, 2005. -- 466 p. ; 18 cm. -- ISBN  978-0-7515-3404-7Pred1 

Résumé

Kay Scarpetta travaille pour le National Forensic Institute en Florida. Alors qu’elle enquête sur le meurtre d’un homme, certaines questions surgissent qui l’amène à s’interroger sur la façon dont il est mort. Pendant ce temps, Benton Wesley, est au Massachusetts pour une étude sur des tueurs en série qui sont présentement en prison. Cette étude, nommé PREDATOR cherche à comprendre les comportements criminels des tueurs. Un des prisonniers qu’il étudie, Basil Jenrette, lui parle d’un meurtre qu’il a commis il y a plusieurs années.

La nièce de Scarpetta, Lucy, poursuit ses activités pour l’Institut, même si elle semble perdre un peu le contrôle de sa vie, dans les bars et les aventures sans lendemains. Lors d’une soirée, elle rencontre une étrange femme avec des empreintes de mains sur le corps.

Pete Marino, ancien policier travaillant avec Scarpette pour le National Forensic Institute, est en thérapie depuis quelques temps. Il reçoit un téléphone de quelqu’un se nommant Hog et qui lui parle de Scarpetta, Lucy et d’une famille qui a disparut.

Bientôt des liens entre toutes ces personnes, ces morts et ces disparitions font surfaces.

Commentaires personnels

Ceci est le 14e roman de Patricia Cornwell avec comme personnage principal, le Dr. Kay Scarpetta. Le résumé ci-haut est bref et ne dit pas grand-chose, je sais. Difficile de résumer un roman ayant autant d’histoires même si les histoires semblent converger à la fin. Beaucoup d’histoires… trop d’histoires.

Cela fait 4 mois que j’ai commencé la lecture de ce roman d’un auteur que j’aime particulièrement. J’ai été tenté d’abandonner plusieurs fois, mais j’en étais incapable. J’aime beaucoup Patrica Cornwell et j’aime habituellement ces romans… mais cette lecture fut particulièrement difficile. Je n’aime pas abandonner mes lectures… surtout d’auteurs que j’aime. Mais 4 mois pour lire un roman est difficilement admissible pour moi.

Voyons voir. Les romans de Cornwell sont généralement de bons romans policiers mettant l’accent sur le côté médecine légale. La solution du crime peut habituellement se trouver dans l’enquête médicale de Scarpetta. Outre Scarpetta, d’autres personnages reviennent régulièrement dans les romans de Cronwell : Pete Marino, Benton Wesley, Lucy. Comme je l’ai déjà dit, chaque roman amène des éléments nouveaux aux personnages. Mais en général, il n’est pas nécessaire de lire les romans précédents pour apprécier la lecture du roman actuel.

Malheureusement, je ne peux dire que j’ai apprécié ce roman de Cornwell. Cela fait déjà quelques romans que je trouve moins intéressants. Mais, j’ai eu franchement de la difficulté avec cette lecture. Heureusement, je dirais qu’au 3/4 du roman, j’ai finalement réussi à m’intéresser à l’histoire et j’ai retrouvé l’écriture de Cornwell que j’apprécie.

Scarpetta est beaucoup moins présente dans ce roman de même que l’aspect médico-légal. Je n’ai rien contre s’attarder aux autres personnages – et j’ai lu que Cornwell a voulu donner un « twist » à ses personnages - mais je trouve que s’éloigner de Scarpetta est une erreur. Je préférerais lire un roman sans Scarpetta que de la voir au second plan ainsi. Et les autres personnages n’ont pas réussi à me toucher. Ils me semblent devenus trop émotionnels. Je lis un roman policier, ici, pas un roman psychologique. Les états d’âmes de Marino me semblent légèrement pathétiques, les tourments de Lucy commencent à me taper et l’histoire d’amour entre Benton et Scarpetta… longue, redondante et pénible…

Il y avait trop d’histoires et alors que tout semble venir à s’entrecouper à la fin, je note un tas de points sans explications, des personnages inutiles, superflus, et de plus en plus d’invraisemblances. De plus, le fait de faire évoluer les personnages considérablement d’un roman à l’autre (particulièrement lors des derniers romans) rend la lecture difficile pour les lecteurs qui commencent avec ce livre. Même si j’ai lu les autres romans de Cornwell, certains détails étaient loin dans ma mémoire et j’ai dû aller relire certains passages des romans précédents.

Le tueur est plus présent. Ainsi que ses victimes. Beaucoup de chapitres sont consacrés à la relation entre le tueur et sa victime. Ces moments sont intéressants mais détonent d’avec le reste du roman. Et on change constamment de perspective. Cela peut fonctionner mais ici, cela rend l’histoire difficile à suivre.  

J’aime toujours Cornwell – et j’ai bien l’intention de commenter ses romans précédents – mais je dois avouer que cette lecture fut difficile et que j’appréhende la lecture de son prochain roman.

Voir aussi:

Premier article: Predator - L'auteur
Réflexion: Dois-je abandonner ou continuer? 

Citations

« She is frightened. She’s angry because she is terrified that she will lose her precious trees, and she will, but by then, it won’t matter. Her trees are infected. They are old trees, at least twenty years old, and they are ruined. It was easy. Whenever the big orange trucks roll in to cut down canker-infected trees and grind them up, there are leaves on the road. He picks them up, tears them, puts them in water and watches the bacteria stream up like tiny bubbles. He fills a syringe, the one God gave him. ” p. 168

Sources

24 mars 2008

Jésus de Montréal (1989) - Suite

Commentaires personnels: (attention spoilers)

Genre : Drame

Jesus8Le film prend place à Montréal dans une société occidentale moderne. Et Denys Arcand s’applique à transposer les Évangiles, la vie de Jésus et le récit de la Passion dans le destin d’une troupe d’acteurs. Alors que l’acteur principal, Daniel, commence à monter sa représentation de la Passion, les comparaisons avec les Évangiles se font de plus en plus claires.

Daniel recrute des amis pour jouer dans sa pièce, tel Jésus qui recrute ses disciples. Ses disciples mènent principalement des vies insatisfaisantes et sont plus qu’heureux de le suivre dans cette aventure. La Passion qu’ils présenteront est controversée et attirent immédiatement une foule de spectateurs. La pièce et surtout Daniel deviennent la coqueluche des critiques et Daniel reçoit des offres de toute part. Mais l’Église est scandalisée et veut interdire le spectacle. Nous retrouvons ici, la foule d’admirateurs, les Tentations (avocats, critiques, etc.), le Sanhédrin (les prêtres qui veulent faire cesser la transmission du message de Daniel), la dernière cène (le dernier repas des acteurs), les exemples sont multiples et leur transposition, originale. D’autres événements qui ont lieu dans la vie de Daniel et des autres acteurs sont également un miroir des évangiles, comme par exemple, les marchand du Temple et la colère de Jésus et la destruction des étalages. Nous retrouvons cette scène dans la colère de Daniel devant les publicitaires qui exploitent son amie et la destruction de l’équipement.

Dans son film, Arcand veut présenter une histoire qui a été raconté d’innombrables fois. Arcand propose donc une relecture des Évangiles et une transposition contemporaine du message du Christ. Il veut raconter autrement une histoire connue. Donner une version différente, une interprétation humaine, Arcand veut offrir une vision athée de ce qu’il considère comme la mythologie catholique. Jésus est un homme, un personnage historique qui a laissé un message et ce message est à nouveau retransmis par Daniel. Jusqu’à la toute fin du film, alors que la pièce est brutalement interrompue et Daniel sur la croix, est blessé. Même la résurrection est reproduite sous une forme moderne ainsi que la continuité de l’œuvre de Daniel par ses disciples. Dans son exercice de relecture des Évangiles, Arcand en profite aussi pour faire ses commentaires sur la société moderne : les critiques, l’art, le cinéma, la publicité, le système de santé, etc. sans oublier le métier d’acteur, lui-même.

Arcand met beaucoup d’efforts pour présenter sa critique de la société et sa critique de la religion catholique. Dès les premières scènes, alors qu’on nous présente une oeuvre de Dostoievski adaptée pour le théâtre,  Les frères Karamozov, l’acteur sur scène prononce ces paroles « Il faut détruire l'idée de Dieu dans l'esprit de l'homme! Alors seulement, chacun saura qu'il est mortel, sans aucun espoir de résurrection, et chacun se résignera à la mort avec une fierté tranquille […] ». Le message d’Arcand est clair, les symboles transparents. Et certains pourraient dire qu’il est même trop clair, trop explicite…

Le scénario est original et intelligent, même si certaines scènes semblent faciles (afin de transposer un moment précis de la vie de Jésus à la vie moderne, je pense à la scène des « marchands du Temple »). On sent tout de même qu’on veut nous expliquer que le message de Jésus n’a rien de divin… c’est le message d’un homme simplement qu’on peut retrouver facilement aujourd’hui. Daniel change la vie des acteurs qui l’ont suivi et son œuvre se poursuivra après sa mort. Certains trouvent que le film est légèrement moralisateur. Et il est vrai que sans entrer dans les leçons de morale, on sent qu’Arcand veut nous transmettre un certain message. Mais bien que dramatique et émouvant, Jésus de Montréal reste un film drôle, satirique et divertissant. Le film lui-même bien dirigé, les acteurs offrent une belle performance, même si Lothaire Bluteau semble un peu passif dans son interprétation. Les dialogues sont intéressants, vifs et efficaces. L’histoire est bien menée, les symboles et les transpositions bien choisies. Jésus de Montréal, de par son discours demeure un de mes films préférés d’Arcand.

Sources :


Premier article: Jésus de Montréal (1989)

26 mai 2008

Predator - L'auteur

Predator / Patricia Cornwell . – [London ] : Sphere, 2005. -- 466 p. ; 18 cm. -- ISBN  978-0-7515-3404-7

Quatrième de couverture

Florida is full of predators, from the animals who thrive in its humid heat to the humans who stalk the air-conditioned malls, and they all give Dr Kay Scarpetta, now Director of Forensic Science and Medicine, the opportunity and the means to do what she does best - persuading the dead to speak to her.

In the icy chill of Boston, Benton Wesley is working on a secret project involving convicted killers, one of whom appears to confess to an even higher number of murders than the authorities had known about. It is a project that gives Scarpetta deep disquiet, as does the behaviour of her niece Lucy, who is spending too much time drinking and indulging in casual pick-ups in cheap bars.

Then the Academy is called in to assist in the discovery of a young woman’s body in Massachusetts. She has been tortured and sexually abused, her body tattooed with handprints. The Same sort of handprints Lucy has seen on the flesh of her latest pick-up.

L’auteur

Patricia Carroll Daniels est né le 9 juin de 1956 à Miami en Floride (États-unis). Son père est avocat et sa mère, secrétaire. Pred3Elle a deux frères. Son père les quitte en 1961 et deux ans plus tard, elle déménage alors en Caroline du Nord. Sa mère est dépressive et doit être hospitalisée. Patricia et ses frères sont placés en foyer d’accueil. Sa mère confiera la garde de ses enfants à Billy Graham, en prêcheur américain très connu. L’auteur a révélé avoir été dépressive et anorexique pendant son adolescence. Encouragée à s’exprimer par l’épouse de Graham, la jeune Patricia se réfugie dans l’écriture. D’es l’âge de neuf ans, elle commence à écrire des poèmes.

En plus d’écrire, Patricia pratique le tennis et rêve même de faire carrière dans ce sport. Elle donnera d’ailleurs pendant quelques temps des cours de tennis. Elle étudiera au Tennessee (Bristol’s King College), puis au Davidson College. Elle commence à cette époque à écrire pour le Charlotte Observer.

Elle tombe amoureuse en 1976 pour Charles Cornwell, un professeur d’anglais, plus âgée qu’elle. Patricia obtient son diplôme en 1979. Puis en 1980, Charles et Patricia se marient.

Patricia continue à écrire pour des journaux. Elle se spécialise pour les faits divers et pour les crimes. Pendant ce temps, son époux laisse l’enseignement pour devenir pasteur et le couple déménage en Virginie. Elle abandonne alors le journalisme pour se consacrer à l’écriture. Elle écrit une biographie de Ruth Bell Graham, l’épouse de Billy Graham, en 1983. Elle s’essaie ensuite au roman policier mais son premier manuscrit est refusé par les éditeurs. Alors qu’elle continue d’écrire, elle travaille comme informaticienne pour l’Institut médico-légal de la ville de Richmond.

Cormwell admet volontiers qu’il y a beaucoup de lien entre elle et son personnage le plus connu, Dr. Kay Scarpetta. On peut entre autre souligner que les deux sont originaires de Miami, sont divorcées et ont eu des relations difficiles avec leur père. Son travail lui permet de rencontrer le Dr. Marcella Fierro qui travaille à la morgue. Cet univers fascine aussitôt Patricia Cornwell.

Alors qu’elle travaille à un nouveau roman, le couple Cornwell divorce en 1988. Son premier roman, Postmortem, sera publié en 1990. Ce premier roman gagne de nombreux prix accordés aux meilleurs romans policiers. Elle continue d’écrire et produit en général, un roman par année. Elle connaît enfin le succès. Elle commence par faire de nombreux achats personnels : maisons, autos… Mais, elle s’implique également dans plusieurs causes et donne de l’argent pour des bourses pour des institutions d’enseignements. Elle lutte également pour l’illettrisme. Elle contribue également financièrement à des fouilles ainsi qu’à l’institut médico-légal de Richmond.

Elle est également activement impliquée dans la création d’une université qui forme des médecins légistes et pathologistes, nommée la Virginia Institute of Forensic Science and Medecine. Elle vit encore à Richmond ainsi qu’à New York, en plus d’écrire, elle dirige aussi la Cornwell Enterprises, Inc, compagnie qui gère sa carrière. Ses romans sont souvent inspirés de crimes réels ayant eu lieu dans la région de Virginia.

Plusieurs biographies de l’auteur listent divers incidents qui ont marqué sa vie. Elle fréquente le jet-set ; est accusé de conduite en état d’ébriété et est condamnée à un mois dans un centre de traitement ; elle est diagnostiquée bipolaire ; depuis quelques années, elle affiche ouvertement son homosexualité ; elle fut accusée de plagiat ; elle fut impliquée dans une affaire d’enlèvement et de meurtre… Sa vie privée semble aussi tumultueuse que celle de ses personnages.

Voir le site de l’auteur

Bibliographie

  • A Time for Remembering -1983
  • Post-mortem -1990
  • Body of Evidence -1991
  • All That Remains -1992
  • Cruel & Unusual - 1993
  • The Body Farm - 1994
  • From Potter's Field - 1995
  • Cause of Death - 1996
  • Hornet's Nest - 1997
  • Unnatural Exposure - 1997
  • Scarpetta's Winter Table - 1998
  • Point of Origin - 1998
  • Southern Cross - 1999
  • Life's Little Fable - 1999
  • Black Notice - 2000
  • The Last Precinct - 2000
  • Isle of the Dogs - 2001
  • Portrait of a Killer: Jack the Ripper -- Case Closed - 2002
  • Food to Die For: Secrets from Kay Scarpetta's Kitchen - 2002
  • Blow Fly - 2003
  • Trace - 2004
  • Predator - 2005
  • At Risk – 2006
  • Book of the Dead – 2007
  • The Front - 2008

Citations

« Scarpetta point out the liver mortis pattern, a reddish-purple discoloration caused by noncirculating blood settling due to gravity. Pale areas or blanching of the dead woman’s right cheek, breasts, belly, thighs and the inside of her forearms were caused by those areas of her body pressing against some firm surface, perhaps a floor.” p. 398

Commentaires à suivre...

Sources

22 avril 2008

Cette sensation d'obligation...

...que je comprends et que je ne comprends pas.
Obligation
C'est triste... plusieurs carnets et blogs que j'aime beaucoup... en pause ou en fermeture... Je comprends. Parfois, on a l'impression de devoir écrire. Cela en devient une obligation, une sensation de devoir écolier, de travaux rendus à échéance. Mais d'un autre côté, je ne comprends pas. Ces lieux me plaisaient bien, me plaisaient beaucoup et la charge est trop lourde... mais pourquoi est-ce une charge? pourquoi est-ce que cela en vient à enlever le plaisir de lire... À cause d'une sensation d'obligation de devoir rendre des comptes?

Je dois avouer que parfois, je me sens légèrement "coupable" d'avoir laissé passer quelques jours sans écrire une ligne. Mais jamais je ne veux me sentir "obligée". J'ai ouvert un carnet, un blog, afin de partager mes idées, mes expériences, mes textes...

Pour deux raisons: 1. pour que ces lieux soient les miens et non pas sur un forum 2. pour pouvoir m'exprimer un peu... c'est à dire qu'écrire sur la littérature, le cinéma, etc., me manquait et j'avais envie de partager un peu.

Mais essentiellement, cette décision était purement égoïste. Donc, pour moi. Oui, je sais... cela fait très non "web correct"... le web est pour partager... et bien je partage, mais parce que je le veux bien et ce que je veux bien et surtout au rythme  que je veux bien...

Petit à petit, ce carnet m'a permis de rencontrer des gens. Que j'apprécie particulièrement. Le fait que j'aille voir quotidiennement sur leur carnet s'il y a un nouveau texte, de nouvelles réflexions, de nouvelles critiques de lecture, de nouvelles critiques sur ... différents sujets, ne veut pas dire que j'exige quoi que ce soit. S'il n'y a pas de nouveaux articles, je continue mon chemin. Nous avons tous une vie, des familles, des amis, des études, des professions, des loisirs, des obligations qui ne sont pas liées à cette vie virtuelle.

Je peux même être déçue quand cela fait plusieurs jours que les carnets que j'affectionne n'ont pas de nouveaux textes... mais je ne m'attends à rien... les textes arrivent quand ils arrivent. Et l'obligation ne devrait pas être... Et si je passe sur les lieux d'Allie, Charlie Bobine, Lily, Florinette, LhisbeiNoisette,

Et donc, je suis triste que des gens que j'apprécie se sentent prisonniers des lieux qu'ils avaient construits d'abord pour partager, pour eux... et qu'ils se sentent obliger de les fermer ou de les mettre en pause... indéfiniment.  Je respecte la décision mais je ne peux m'empêcher d'être triste...

J'écris parce que j'ai envie de partager... et il peut arriver que plusieurs jours passent sans texte. La vie quotidienne, la fatigue, le manque d'inspiration, des événements intéressants, la famille, les amis, ... mais jamais le sentiment d'obligation...

- Je ne fais pas la promesse de pondre un texte par jour,
- je ne fais pas la promesse de critiquer chaque livre que j'ai lu ou que je vais lire,
- je ne fais pas la promesse de donner mon avis sur les films que j'ai vu ou que je vais voir,
- je ne fais pas la promesse de répondre à tous les commentaires, 
- je ne fais pas la promesse de commenter tous les événements qui surviennent dans ma vie...

Mais je promets de toujours écrire quand j'en ai envie et de partager avec enthousiasme ces moments, sentiments et réflexions qui prennent le chemin du clavier...

Et j'espère qu'un jour certains carnets revivront... sans obligation... juste pour le plaisir...

15 avril 2008

Le Diable s’habille en Prada - Commentaires

prada4Critique de lecture

Le Diable s’habille en Prada / Lauren Weisberger ; traduit de l’américain par Christiane Barbaste. – [Paris] : Fleuve Noir, c2004. – 506 p. : 18 cm. – ISBN 2-226-15014-6

Titre original: The Devil wears Prada


L’œuvre :

Il est évident quand on connaît un peu l’auteur et le milieu de la mode que le livre est un roman à clef. On sent que l’auteur nous partage à travers une œuvre de fiction, ses expériences propres du milieu de la mode.

Le roman met en scène une jeune fille qui vient de graduer, Andrea Sachs. Elle part pour New York dans le but de devenir journaliste. Mais son premier emploi l’amène à devenir assistance pour l’éditrice en chef du magazine de mode « Runway ». Une opportunité pour laquelle, on lui dit, des milliers de jeunes filles se damneraient. Mais cet emploi pour l’éditrice fantasque et tyrannique de Runway se révèle un cauchemar –une suite de tâches insignifiantes exécutées dans la peur de déplaire à la supérieure !

Andréa se dit qu’après un an de travail pour Miranda Presley, la plus renommée et prestigieuse rédactrice en chef d’un magazine, elle pourra facilement devenir une journaliste pour le New Yorker, magazine plus sérieux. Et donc, elle endure et endure. Changeant petit à petit pour essayer de se conformer au moule qu’on lui présente comme étant nécessaire pour travailler dans ce monde. Et puis, un mois avant de terminer cette année de purgatoire, Andréa prend une décision qui changera sa vie.

Le roman veut nous présenter les différents aspects d’un premier emploi. Il veut également mettre à nu, les difficultés et la pression du monde de la mode. L’essentiel du roman semble tourner autour de la difficulté pour une jeune femme de balancer les exigences d’un emploi difficile et de sa vie privée. Comment gérer les exigences irraisonnables d’un employeur glacial et les exigences d’une vie sociale et amoureuse relativement normale. 

Le livre reçut beaucoup de critiques élogieuses. Ainsi que bien entendu, plusieurs critiques négatives. Notamment de la part d’anciens collègues de Lauren Weisberger. Ceux-ci soulignent que la critique de l’auteur du monde de la mode est exagérée. Le parallèle entre l’expérience de Lauren Weisberger et le personnage d’Andréa est évident, ainsi que les similitudes entre Miranda Presley et l’ancien employeur de Lauren, Anna Wintour. Ces parallèles sont également exagérés selon les critiques. Certains ont été jusqu’à dire que Weisberger – et par le fait même Andréa – n’avait aucune gratitude pour la chance incroyable qu’elle avait eue. L’auteur nie tout parallèle entre sa propre vie et les personnages de son roman, même si elle admet s’être vaguement inspiré de sa propre expérience.

Une adaptation au cinéma fut produite en 2006. Le film remporta également un grand succès. Bien qu’assez fidèle au roman, plusieurs différences peuvent être notées. Les plus importantes sont sans nul doute, le personnage de Miranda Presley, beaucoup moins froid et inhumain que dans le livre ainsi que la fin qui est beaucoup plus « timide ». D’autres différences mineures peuvent également être soulignées. Certaines sans importance – toute adaptation comporte des « adaptations », des différences, qui rendent la transposition du roman au cinéma plus facile – mais certaines différences changent considérablement la trame de l’histoire et m’ont semblé inutiles ou encore ont changé considérablement l’histoire.

Commentaires personnels:

Disons-le tout de suite, je ne suis pas fan de ce genre de roman. Bon… En fait, ce n’est pas tout à fait exact. Comme je n’ai jamais vraiment lu ce qu’on appelle communément de la « chick lit », je n’avais pas vraiment d’opinion. Je savais que, d’après ce que je savais de ce genre de roman, cela ne m’intéressait pas plus que ça.

J’ai vu le film. Parce que j’aime bien les deux actrices qui jouent dans le film et parce que j’aimais bien le titre. Le film ne pas renversé. J’ai passé un bon moment sans plus. Mais ensuite, je suis tombé sur un paquet de critiques du roman sur différents carnets, blogs. Les opinions divergentes et le bon moment cinématographique que j’avais passé m’ont incitée à me procurer ledit roman et en plus… à le lire !

J’ai lu le roman d’abord rapidement, puis très lentement. Connaissant l’histoire, j’ai immédiatement embarqué dans l’histoire, drôle et sympathique. Heureuse d’avoir plus de contexte sur les personnages, voyant les différences, mais lisant rapidement. Beaucoup de clichés dans le roman, un certain côté « commérage » qui me plait bien, et une entrée dans un monde qui est très loin de moi, mais qui me semble intéressant.

Puis, j’ai eu de plus en plus de la difficulté à lire le roman… certains personnages me semblaient manquer de profondeur, particulièrement Miranda. C’est une mégère stylisée et froide, je veux bien, mais encore. Je comprends qu’on en dit pas trop pour la laisser à distance, mais elle m’a semblé trop unidimensionnelle. Et puis Andréa m’a semblé à la fois, simplette et snob – si c’est possible. Ses amis et sa famille m’ont paru incompréhensifs et intransigeants.

Mais surtout, après un certain temps, j’avais uniquement envie de dire : « oui, ça va… j’ai compris… c’est une bitch froide qui te terrorise et te fait faire des choses ridicules… ». Car cela m’a semblé une longue suite de répétitions… Après un moment, cela se répète sans cesse : tâche ridicule, peur et angoisse, chialage sur l’injustice de la situation… et on recommence.

Évidemment, des gens comme Miranda Presley existent… à beaucoup plus petite échelle, j’en ai rencontré. Comme le dit Fine dans son pertinent commentaire sur mon premier article : « N'empêche ces gens-là sont très destructeurs […] ».  Mais surtout, je note cette réflexion : « […] mâles et femelles, ce qui m'a toujours étonné c'était leur fragilité face à quelqu'un (moi en l'occurence) qui leur tenait tête. Je ne suis jamais restée très longtemps dans ces places, elles n'avaient aucun intérêt et les gens qui y travaillaient, étaient tellement zombies que c'était intenable pour moi. ». Car enfin, c’est ce que je ne cessais de penser… ces gens sont ainsi car on les laisse agir ainsi… Dire non, ou encore partir… mais enfin… j’ai été absolument incapable de sentir une quelconque empathie pour le personnage.

Mais j’ai souri à quelques reprises, même si j’ai trouvé le roman interminable. Dans l’ensemble et avec le recul, j’ai quand même apprécié la lecture.

Les avis d'Allie et de Caroline.

Premier article: Le Diable s'habille en Prada - L'auteur

 Sources :

9 avril 2008

Le Diable s’habille en Prada - L'auteur

Critique de lecture

Le Diable s’habille en Prada / Lauren Weisberger ; traduit de l’américain par Christiane Barbaste. – [Paris] : Fleuve Noir, c2004. – 506 p. : 18 cm. – ISBN 2-226-15014-6

Titre original: The Devil wears Prada

Quatrième de couverture

Andrea n'en revient pas : même avec ses fringues dépareillées, elle l'a décroché, ce job de rêve. La jeune femme de vingt-trois ans va enfin intégrer la rédaction de Runway, prestigieux magazine de mode new-yorkais ! Et devenir l'assistante personnelle de la rédactrice en chef, la papesse du bon goût, la dénommée Miranda Priestly. Une chance inouïe pour Andrea : des milliers d'autres filles se damneraient pour être à sa place !

Mais derrière les strass et les paillettes de cette usine à rêves se cache un enfer peuplé de talons aiguilles et de langues de vipère. Leurs raisons de vivre ? Répondre à TOUTES les angoisses existentielles de la déesse Miranda. Justement, cette dernière vient de trouver une nouvelle victime de la mode : " An-dre-ââ "...

L’auteur:Prada2

Lauren Weisberger est née un 28 mars 1977 en Pennsylvanie, dans la ville de Scranton dans une famille juive assez conservatrice. En 1988, après le divorce de ses parents, sa mère et sa jeune sœur, elle déménagea avec sa famille dans la ville d’Allentown. Après avoir été au Parkland High School, elle étudia à l’Université de Cornell. Elle obtint son diplôme en Anglais en 1999.

Tout de suite après l’obtention de son diplôme, elle partit pour l’été pour faire le tour de l’Europe et voir d’autres pays, l’Egypte, Israël, l’Inde, la Thaïlande, le Népal, … Elle revient ensuite au Etats-Unis et déménagea à New-York. Elle travailla comme assistance pour la rédactrice du Magazine « Vogue », Anna Wintour. Son premier roman, The Devil Wears Prada, paru en 2003, est d’ailleurs largement inspiré de sa propre expérience.

Elle conserva se poste pendant environ 10 mois avant de quitter le Vogue pour le magazine « Departures », pour lequel elle éventuellement écrivit divers articles. Elle suivit également à ce moment des cours d’écriture.

Elle publia son premier roman en 2003. Le Diable s’habille en Prada fut un succès immédiat et un best-seller dans plus de 30 pays. Il fut adapté au cinéma en 2006. Elle publia son deuxième roman, Everyone Worth Knowing, également un best-seller, en 2005.

L’auteur vit toujours à New York et travaille actuellement sur son prochain roman.

Site personnel de l’auteur: http://www.laurenweisberger.com/

Bibliographie:

  • The Devil Wears Prada (2003)
  • Everyone Worth Knowing (2005)

Commentaires à suivre...
 

Citations :

« Les portes se sont ouvertes en face d’un petit groupe d’assistantes de mode qui descendaient chercher les cigarettes, les Coca light et salades composées qui constitueraient le menu de leur déjeuner. La panique s’est répandue comme une traînée de poudre sur ces jeunes et jolis visages, et j’ai bien cru qu’elles allaient se piétiner les unes les autres en cherchant à s’écarter du passage de Miranda. Le groupe s’est scindé par le milieu, trois filles d’un côté, deux de l’autre, et Sa Seigneurie a daigné s’engager entre cette haie. ». p. 354

Sources :

4 février 2008

Le Fou et le professeur

Simon2Critique de lecture

Le Fou et le professeur: une histoire de meurtre, de démence, de mots et de dictionnaire / Simon Winchester ; traduit de l'anglais par Gérard Meudal. -- [Paris]: JC Lattès, c2000. -- 316 p. ; 18 cm. --ISBN 2-253-15082-7

Quatrième de couverture :

À l'automne 1896, le Dr James Murray, prestigieux auteur de l'Oxford English Dictionary, décide de rendre visite à un certain Dr Minor, qui depuis des années lui adresse bénévolement des notices érudites d'une remarquable précision. Une surprise de taille l'attend : le Dr Minor vit à Crowthorne (Berkshire), dans un asile d'aliénés, où il a été interné à la suite d'un meurtre. Entre cet ex-chirurgien militaire américain, en proie à des pulsions sexuelles morbides, et le brillant universitaire autodidacte, va naître une étrange amitié.

Le Fou et le professeur : une histoire vraie où les obsessions d'un meurtrier dément côtoient l'élaboration du monumental dictionnaire anglais ; un récit haletant où les mots « folie », « passion » et « mort » sont explorés dans leurs plus ténébreux arrière-plans...

La société américaine de Luc Besson a acheté les droits cinématographiques du livre de Simon Winchester.

L'auteur:

Simon Winchester est un journaliste et auteur, né en Angleterre en 1944.

Il étudia la géologie au St Catherine’s College à Oxford. Il travailla tout d’abord comme géologue et ingénieur pendant quelques temps en Afrique sur des plates-formes pétrolières. Il devient ensuite journaliste et publia divers articles et essais pour plusieurs magazines et journaux tels The Guardian, Smithsonian Magazine, The Sunday Times et National Geographic. SesSimon articles traitent de sujets très diversifiés, allant de l’architecture, l’océan Pacifique, de critiques de romans, relations de voyages, … Il est également connu pour avoir été arrêté et détenu par les forces argentines pour espionnage, dans les Iles Malouines dans les années 1980.

Il a écrit de nombreux ouvrages dont les plus connus sont The Map That Changed the World (2001), A Crack in the Edge of the World:America and the Great California Earthquake of 1906 (2005) et The Surgeon of Crowthorne (1998). 

Il vécut dans de nombreuses villes, Hong Kong, London, New Delhi, New York, Belfast, entre autres. Il vit présentement, à la fois, sur une petite ferme du Massachusetts aux Etats-Unis et en Écosse sur les Western Isles. Il est membre de l’Ordre de l’Empire Britannique (OBE).

Le site de l’auteur: http://www.simonwinchester.com/

Bibliographie partielle :

  • In Holy Terror: Reporting the Ulster Troubles (1974)
  • American Heartbeat: Some Notes from a Midwestern Journey (1976)
  • Their Noble Lordships: The Hereditary Peerage Today (1981)
  • Prison DiaryArgentina (1983)
  • Stones of Empire: The Buildings of the Raj/Jan (1983)
  • Outposts: Journeys to the Surviving Relics of the British Empire (1985)
  • Korea: A Walk through the Land of Miracles (1988)
  • The Pacific Hutchinson (1991)
  • Pacific Nightmare (1992)
  • Small World (avec Martin Parr) (1995)
  • The River at the Centre of the World (1997)
  • The Surgeon of Crowthorne: A Tale of Murder, Madness and the Making of the Oxford English Dictionary (Publié aux EU sous le titre: The Professor and the Madman) (1998)
  • The Fracture Zone: A Return to the Balkans (1999)
  • America's Idea of a Good Time (avec Kate Schermerhorn) (2001)
  • The Map That Changed the World (2001)
  • Krakatoa - The Day the World Exploded: 27 August 1883 (2003)
  • The Meaning of Everything: The Story of the Oxford English Dictionary (2003)
  • A Crack in the Edge of the World: America and the Great California Earthquake of 1906 (2005)

Résumé et commentaires:

Dans son livre, Le Fou et le professeur, Simon Winchester nous raconte comment est né au XIXe siècle, le Grand Dictionnaire d’Oxford. Ce Dictionnaire est le premier ouvrage à répertorier et définir tous les mots de la langue anglaise et il est le résultat de près de 70 ans de travail. Avec ses 424 825 définitions, le Dictionnaire qui naquit en 1857, est considéré comme la référence par excellence de la langue anglaise.

Le livre nous raconte comment l’idée de ce grand dictionnaire a fait son chemin dans l’histoire de la lexicographie. Un dictionnaire comme le Oxford English Dictionnary était une nouveauté et sa naissance fut difficile. Les débuts laborieux du Dictionnaire nous sont expliqués ainsi que la méthode utilisée pour construire cette œuvre gigantesque. L’auteur nous présente également deux figures centrales et essentielles du Dictionnaire : celui qui deviendra le directeur du Dictionnaire, le professeur James Murray ainsi qu’un des principaux collaborateurs volontaires, le docteur, W.C. Minor.

On nous raconte la rencontre et l’étroite collaboration entre les deux hommes. La vie des deux hommes nous est d’abord racontée : leur enfance, leur cheminement et ce qui les a conduit au Dictionnaire. On s’attardera beaucoup sur la vie de W.C. Minor, ce collaborateur précieux mais étrange qui contribuera fortement à l’élaboration du Dictionnaire. Le docteur W.C. Minor est un américain, chirurgien retraité de l’armée qui vécut les horreurs de la Guerre de Sécession et qui s’exila à Londres où il sera arrêté et condamné pour meurtre. Il est ensuite enfermé dans un asile pour criminel pour le restant de ces jours d’où il offrira sa collaboration à la réalisation du Dictionnaire. L’équipe du Dictionnaire avait en effet demandé l’aide de volontaires pour répertorier et noter des citations pour tous les mots du Dictionnaire. Cet appel à tous avait été répondu par nombres de personnes, dont le docteur Minor. Le Professeur Murray et son équipe ignorèrent longtemps que leur plus précieux collaborateur, l’érudit et méthodique, docteur Minor, était certes un génie mais également était également un meurtrier dément. On nous raconte d’ailleurs en détail la psychose paranoïaque de Minor, ses causes probables et son évolution. L’auteur nous offre également quelques explications sur le type de folie qui aurait affecté Minor.

Cette oeuvre n’est pas un roman. Winchester nous offre ici une sorte de compte-rendu historique, le récit des événements et personnes qui ont entourées la réalisation d’une œuvre unique. Cependant, il faut noter que l’auteur s’est tout de même permis quelques effets et extrapolations. Certains événements sont nécessairement inventés ou déduits.  

L’histoire est par moment captivante mais parfois décousue. On passe souvent du coq à l’âne et on peut noter certaines répétitions. Certains passages m’ont apparus très longs et j’avais hâte qu’on en revienne à Minor et Murray. J’aurais aimé également qu’on traite un peu plus de Murray lui-même. Mais dans l’ensemble, le récit est bien mené et nous avons un compte-rendu historique, une intrigue psychologique, l’histoire d’un meurtre et le récit de l’étrange amitié de deux hommes liés par une même passion (obsession) et enfermés chacun dans leur prison (l’un dans un asile, l’autre dans le scriptorium qui est son lieu de travail)… mais surtout nous avons l’histoire de mots et de définitions. Chaque chapitre commence d’ailleurs par des définitions extraites du Dictionnaire et qui viennent illustrées la suite du récit.

Finalement, Winchester nous offre ses réflexions personnelles et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce récit bien véridique de la naissance et la réalisation d’un ouvrage magnifique et grandiose. Et qui est marqué à jamais par la collaboration d’un génie complètement fou.

Le réalisateur Luc Besson a apparemment acheté les droits du livre pour une adaptation cinématographique. Et on parle de Mel Gibson et Robin Williams dans les deux rôles principaux. J’avoue que cela m’intrigue et je vois très bien Robin Williams dans le rôle de ce professeur qui malgré ses hallucinations et sa démence est un homme cultivé et érudit.

Sources :

Citations :

« Peu de livres [Dictionnay of the English Language / Samuel Johnson] sont aussi agréables à regarder, à toucher, à feuilleter, à lire. On peut encore en trouver des exemplaires. Ils sont terriblement lourds, davantage prévus pour le lutrin que pour la main. Ils sont reliés de beau cuir brun, le papier est épais, d’un blanc crémeux, les caractères sont fortement imprimés sur la feuille. » p. 121.

« Définir correctement un mot exige un talent très particulier. Il existe des règles. Un mot (prenons par exemple un nom) doit d’abord être défini en fonction de la catégorie à laquelle il appartient (mammifère, quadrupède par exemple) puis différencié des autres membres de sa catégorie (bovin, femelle). La définition ne doit comporter aucun mot compliqué ou susceptible d’être moins connu que le mot qu’elle cherche à expliquer. Elle doit préciser ce qu’est une chose et ce qu’elle n’est pas. […] Tous les mots employés dans la définition doivent se trouver par ailleurs dans le dictionnaire. Le lecteur ne doit jamais tomber sur un terme dont il ne pourrait trouver la signification dans le dictionnaire. Si l’auteur de la définition suit rigoureusement toutes ces règles, s’il introduit dans cette confusion un souci constant d’élégance et de concision, s’il s’applique à la tâche, alors il doit en résulter une définition correcte. » p. 201

25 janvier 2008

La maison assassinée

Critique de lecture

La maison assassinée / Pierre Magnan. – [Paris] : Denoël, 1991. -- 345 p. ; 18 cm. – ISBN 2-07-037659-1. – Coll. Folio ; 1659.

Quatrième de couverture :

Au début du siècle, cinq personnes sont massacrées à coup de couteau dans une auberge de Haute-Provence. Seul un bébé de trois semaines échappe miraculeusement à la mort. En 1920, un survivant croit découvrir les coupables, mais deux d'entre eux, un nouveau riche et le propriétaire d'un moulin a huile, sont assassinés à leur tour avant que Séraphin Monge ait pu accomplir sa vengeance. Insensible à l’amour des filles, obsédé par le visage de sa mère qui hante ses cauchemars, tout entier voué à la découverte d’il ne sait quel secret, le justicier Monge entreprend par ailleurs de démolir la maison maudite de fond en comble…

L’auteur :

magnan2Pierre Magnan est né le 19 septembre 1922 à Manosque du département Alpes-Haute-Provence. Il débuta ses études dans la sa ville natale jusqu’à l’âge de 12 ans. Puis à 13 ans, il travaille comme typographe dans une imprimerie de Manosque. À l’âge de 20 ans, pendant l’Occupation de la France, il sera appelé aux Chantiers de jeunesse, mais n’y restera pas longtemps.

En 1946 paraît L’Aube insolite, son premier roman acclamé par la critique mais que le public ignore. D’autres romans suivent, mais n’ont pas plus de succès auprès du public. Il continue d’écrire mais doit travailler pendant 27 ans dans une entreprise de transports frigorifiques. Alors qu’en 1976, l’entreprise de transports doit le licencier par manque de travail, il écrit un autre roman intitulé Le Sang des Atrides qui obtient enfin le succès auprès de la critique mais aussi auprès du public. Il reçoit en 1978, le prix du Quai des Orfèvres pour son œuvre.

Suivra ensuite en 1984 son œuvre la plus connue, La Maison assassinée, pour laquelle il obtient le prix RTL-Grand Public. D’autres romans suivront dont plusieurs furent primés. Quelques unes de ces œuvres furent également adaptées au cinéma dont La Maison assassinée.

Âgé aujourd’hui de 85 ans, il vit encore dans le département Alpes-Haute-Provence, dans la ville de Forcualquier. Amoureux de sa région, la plupart de ses romans s’y situent. De ses propres mots, il aime « les vins rouges de Bordeaux, les promenades, les animaux, les conversations et la contemplation de son cadre de vie »… Il a surtout écrit des romans policiers mais pas uniquement. Il se considère « l’écrivain des pauvres » et milite pour que les livres soient publiés directement en format poche pour « épargner tous les arbres sacrifiés ».  

Site de l’auteur : http://www.lemda.com.fr/

Bibliographie sommaire :

  • L'aube insolite (1946 - réédition 1998)
  • Le Sang des Atrides (1977 – réédition 2004)
  • Le Commissaire dans la truffière (1978)
  • Le Secret des Andrônes (1980)
  • Le Tombeau d'Helios (1980, réédition 2004)
  • Les Charbonniers de la mort (1982)
  • La Biasse de mon père (1983)
  • La Maison assassinée (1984)
  • Les Courriers de la mort (1986)
  • La naine (1987)
  • L'Amant du poivre d'âne (1988)
  • Le mystère de Séraphin Monge (1990
  • Pour saluer Giono (1990)
  • Les secrets de Laviolette (1992)
  • Périple d'un cachalot (manuscrit de 1940 – édité en 1951, 1986 et 1993)
  • Les Promenades de Jean Giono, (album) (1994)
  • La Folie Forcalquier (1995)
  • Les Romans de ma Provence (album) (1998)
  • Un grison d'Arcadie (1999)
  • Le parme convient à Laviolette (2000)
  • L'Occitane (2001)
  • Mon théâtre d'ombres (2002)
  • Apprenti (2003)
  • Un monstre sacré (2004)
  • L'enfant qui tuait le temps (2004)
  • Ma Provence d'heureuse rencontre : Guide secret (2005)
  • Laure du bout du monde (2006)

Citations :

« Une chevêche ululait dans un arbre. Au loin, portée par la houle d’un vent sans racines, la musique d’une viole guidant un bal mourant s’effilochait parmi les pins des collines. » p. 66

« Séraphin apporta une échelle double qu’il dressa contre la façade. Il monta sur le toit. Il décolla une tuile. Il la jeta. Elle éclata sur les dalles de la cour aux rouliers avec un bruit d’assiette cassée. Et il recommença une fois, dix fois, cent fois. À la fin de cette journée une plaie béait sur le toit de La Burlière. » p.85

Sources :

Commentaires à suivre...
 

4 octobre 2007

Sleepers (Suite)

sleepersCritique de lecture

Sleepers / Lorenzo Carcaterra ; [traduit par Jacques Martinache]. – [Paris] : Presses de la Cité, 1995. – 40 p. ; 23 cm. – ISBN 2-258-04123-6

Commentaires personnels

L’histoire est-elle vraie ou non ? Il est certain que lorsqu’on nous dit que l’histoire est vraie, elle vient nous chercher encore plus…et quand on apprend qu’elle serait selon toute probabilité, fausse, on se sent en quelque sorte trahi… cela change-t-il mon opinion du livre ? Non.

J’avais vu le film avant de lire le livre. Ce qui est rare. J’ai aimé le film et j’ai été touché par l'histoire. J’ai lu le livre, il y a peu de temps. Il y a en fait, selon moi, deux livres dans cet ouvrage. La partie qui relate la vie des 4 amis dans le quartier d’Hell’s Kitchen est le premier livre. Elle m’a semblé un peu longue… car j’attendais le fameux événement qui devait faire chavirer leur vie. Je connaissais l’événement parce que j’avais vu le film, mais on le connait aussi – sans en savoir les détails – en lisant le quatrième de couverture et en lisant les remerciements, les premières pages et le prologue. Donc, on attend cet événement qui n’arrive qu’à la 159e page d’un livre qui en a 402 dans mon édition. C’est donc un peu long. Cependant, si on prend cette partie indépendamment, elle est très intéressante. Malgré les critiques qui disent que la vie et les gens du quartier sont stéréotypés, j’ai eu l’impression d’en apprendre un peu sur le Hell’s Kitchen et sur l'époque (les années 60). Et malgré tout ce qu'on peut dire, l’auteur est tout de même bien né dans ce quartier et on le sent quand on lit ses descriptions.

On ne peut s’empêcher de faire une comparaison avec la nouvelle de Stephen King « The Body » en ce qui a trait à l’amitié des 4 jeunes garçons. Je trouve cependant nettement supérieures la narration et les descriptions de Stephen King. Mais Carcaterra se débrouille très bien. J’ai nettement eu l’impression qu’il nous livrait ce qu’il avait vécu pendant son enfance dans ce quartier dur et ouvrier.

Le deuxième livre commence avec le chapardage qui tourne mal et qui envoie les 4 jeunes garçons dans un centre de détention. Il est vrai que les faits sont difficilement vérifiables. On ne trouve même pas d’évidence que l’auteur fut envoyé dans un centre de détention durant son enfance. Il dit que les archives furent détruites, mais on doute. Et il est vrai qu’un tel procès – complètement truqué par le procureur – est difficile à croire. On a aussi de la difficulté à croire que personne ne fit de liens entre les deux détenus et le procureur et journaliste. Enfin…

Je crois que des centres de détentions où les gardes étaient cruels et pervers ont existés – et existent encore. Ce que l’auteur décrit a sûrement eu lieu… peut-être fut-il victime lui-même, peut-être uniquement des amis ou encore des gens qu’il connaît… Et peut-être a-t-il voulu simplement faire connaître ces endroits horribles et le sort des jeunes délinquants qui ont fréquenté ces lieux. Toute la partie du procès est peut-être simplement une façon de permettre une certaine vengeance -fictive- sur les sévices reçus par de jeunes garçons… furent-ils les 4 garçons du livre ou d’autres… Une façon d'exorciser des événements horribles à défaut de réellement pouvoir obtenir justice... peut-être... 

Peu m’importe… l’histoire m’a touchée sur beaucoup de points malgré d’évidentes lacunes de rédaction et certaines longueurs. Et le film est une excellente adaptation du livre… avec d’excellents acteurs en plus…

Article : Sleepers

24 septembre 2007

Parmi les vagues

Tout l’été, j’ai entendu mon père me demander quand je viendrais le voir. Évidemment, mis à part les faits, que je n’ai pas d’auto, qu’il habite à une heure de train, que je travaille toute la semaine, que mon copain est malade et que nous avons eu tout l’été, des visites de la famille et de quelques amis… il y a aussi le fait que je n’apprécie pas particulièrement sa nouvelle relation amoureuse – pas plus la relation que l’objet de sa relation – qui ont contribué à faire que je n’ai pas rendu visite bien souvent à mon père ces derniers mois.

VaguesIl ne cessait de me dire… « Vous pouvez venir ici, à la plage, passer la fin de semaine… ». Car, il faut souligner que lorsque ce nouvel appartement fut acheté, il le fut principalement parce qu’il était situé à 20 minutes de marche de la plage. Mon père étant un fou de la plage et de la baignade. Mes plus beaux souvenirs d’enfance étant les journées à la plage – en Espagne, à Old Orchard, à Carillon, à Plattsburg, au lac Massawippi… Il a toujours adoré se baigner et la mer Méditerranée a toujours eu une place importante dans son cœur !!! Les années dernières – nos premières années en Espagne – il se rendit souvent à la plage. Avec ma sœur, avec moi et mon copain, avec son neveu, avec sa famille, avec ses amis. Il adore la plage.

Et puis, il a rencontré cette femme. Il habite maintenant avec elle dans cet appartement choisi avant que l’on apprenne l’existence de celle-ci et choisi principalement pour sa localisation – ainsi que son prix. Parfait logis pour une personne habitant seule et aimant la plage. Mais voilà qu’il n’est plus seul.

Alors qu’il me demandait, pour la centième fois, quand je viendrais le visiter en insistant que je pourrais aller à la plage en même temps, je lui demandai combien de fois il était, lui, aller à la plage cet été. Et lui, de me répondre, qu’il n’était pas encore allé à la plage. Mais pourquoi, je lui demande, très, très, très surprise. Et mon père de me répondre : « oh, tu sais, je n’aime pas ça tant que ça aller à la plage ». Hein, pardon ??? Depuis quand ??? Que je réussis à demander. « Je n’ai jamais aimé ça », fut sa réponse. Je n’en revenais juste pas. Mon père qui non seulement me dit qu’il n’aime pas aller à la plage, mais qui me dit qu’il n’a jamais aimé aller se baigner. C’est très bizarre, complètement incroyable.

Et puis, un matin que je devais aller à Calafel – sa fameuse petite ville à une heure de Barcelone – pour des raisons administratives, je vais prendre un café rapide avec lui et sa petoune (mon nom non affectueux, pour sa copine - vous m’excuserez son emploi récurrent dans de futurs textes, mais c’est le seul nom que j’ai trouvé qui était potentiellement acceptable). Alors que je suis seule avec la petoune en question, elle m’apprend qu’elle n’aime pas du tout aller à la plage… elle n’a jamais aimé et de plus, ne supporte pas le soleil. Et donc, je comprends…

Mais tout de même incroyable qu’à la veille de ses 70 ans, un homme décide qu’il n’a jamais aimé quelque chose parce que sa petoune n’aime pas ça. Enfin… c’est son choix. Mais il n’était pas dit que je ferais pas quelque chose… c’est aussi mon choix. Et donc, un certain dimanche, mon ami et moi, nous partons pour Calafel. La veille, j’avais téléphoné mon père, lui disant que nous venions le lendemain et que nous allions à la plage. Que je savais qu’elle n’aimait pas la plage mais qu’elle n’était pas obligée de venir, juste lui… nous reviendrions plus tard pour la voir… Il n’a donc pas eu le choix.

Le matin, nous arrivons, après un bonjour rapide, nous partons tous les trois pour la plage. On s’installe dans un coin tranquille. Il fait soleil, il vente légèrement et il y a de belles grosses vagues. Mon copain et moi, on va dans l’eau. Elle est légèrement froide en entrant mais devient rapidement un beau 25º C. Il fait à peu près la même température dans l’eau que sur la plage. Les vagues sont très belles, avec quelques une très grosses de temps en temps. Il n’y a pas de méduses et l’eau est claire.

Après quelques instants, mon copain retourne sur la plage. Mon père s’avance vers l’eau. Même sans mes lunettes et même si je suis loin de lui, je peux voir la joie sur son visage. Il s’approche tranquillement. Quelques vagues viennent lui frapper les cuisses. Elles sont encore froides… il recule en éclatant de rire… « c’est glacé » qu’il me dit avec un gros sourire. Il avance à nouveau, en riant « brrr, brrr » qu’il fait. Il décide de se lancer. Il émerge à côté de moi, en riant. Ses yeux sont scintillants. On commence à parler tout en sautant dans les vagues. L’eau n’est plus froide. Il se retourne et est renversé par une grosse vague qu’il n’a pas vu venir. Il éclate à nouveau de rire. J’ai presque envie de pleurer tellement il semble heureux.

Je retourne sur la plage. Il reste dans l’eau. Seul. À courir après les vagues, à me faire des signes de la main. Il fait la planche. Et éclate de rire à chaque vague un peu plus forte. Il revient sur la plage et se jette sur la serviette. « Il y a de belles vagues », me dit-il toujours aussi souriant. Je lui mentionne qu’il peut revenir se baigner, seul. Il habite tout à côté… il n’a pas besoin de rester longtemps… « Juste venir faire une petite saucette ». « Je vais revenir, c’est certain » me dit-il les yeux toujours aussi brillants.

La semaine dernière, je lui ai demandé s’il était retourné à la plage. « Trois fois » me répond-il avec un splendide sourire. « Et tout seul, comme un grand ». J’ai dû retenir mes larmes.

16 janvier 2008

Labyrinth

Critique de lecturemosse_Labyrinth

Labyrinth / Kate Mosse. -- London: Orion Books, 2005. -- 702 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-0-7528-6554-6

Titre en français: Labyrinthe

Quatrième de couverture

July 1209: in Carcassonne a seventeen-year-old girl is given a mysterious book by her father which he claims contains the secret of the true Grail. Although Alaïs cannot understand the strange words and symbols hidden within, she knows that her destiny lies in keeping the secret of the labyrinth safe…

July 2005: Alice Tanner discovers two skeletons in a forgotten cave in the French Pyrenees. Puzzled by the labyrinth symbol carved into the rock, she realises she’s disturbed something that was meant to remain hidden. Somehow, a link to a horrific past – her past – has been revealed.

L’auteur:

Née un 20 octobre de 1961 dans le Sussex Ouest en Angleterre, Kate Mosse est un auteur et une présentatrice à la télévision. Elle fit ses études au Chicherter High School et au New College d’Oxford. Après ses études, elle travailla pendant 7 ans dans le monde de l’édition. Elle commença d’abord à écrire des œuvres de non-fiction puis publia en 1996, son premier roman, Eskimo Kissing. La même année elle co-fonde le prix annuel « Orange Prize for Fiction », pour lequel elle est aussi le directeur honoraire ainsi que le « Orange Award for New Writers ».

MosseKateEn 1998, elle publie un deuxième roman, Crucifix Lane. Elle écrit également de nombreuses nouvelles et articles dans différents journaux, magazines et revues, incluant The Observer, The Guardian, The Times, The Sunday Times, Harpers Bazaar, et Financial Times. Elle occupa le poste de directrice exécutrice du Chischester Festival Theater, de 1998 à 2001. C’est pendant cette période qu’elle commença sa recherche pour le roman qui allait s’intituler Labyrith et qu’elle publia en 2005 et pour lequel elle reçut en 2006 le « British Book Award ».

En plus de continuer à écrire des romans, elle fut présentatrice à la télévision à une émission littéraire pour la BBC Four intitulée « Readers and Writers Roadshow » et est également invitée régulièrement à l’émission « Saturday Review, Open Book and Front Row » également sur BBC Four. Elle enseigne également la création littéraire au West Dean College. Membre de la « Royal Society of Arts », administratrice du groupe «Arts & Business and the South West Sussex Arts», elle reçut le prix « European Woman of Achievement» en 2000 pour sa contribution au milieu des arts.

Elle vit présentement à la fois dans le Sussex Ouest et à Carcassonne avec son époux Greg Mosse, écrivain et éducateur qu’elle rencontra pour la première fois à l’école, ainsi qu’avec leurs deux enfants.

Bibliographie:

  • Becoming a Mother (1993)
  • The House: A Season in the Life of the Royal Opera House, Covent Garden (1995) 
  • Eskimo Kissing (1996)
  • Crucifix Lane (1998)
  • Labyrinth (2005)
  • Sepulchre (2007)

Commentaires personnels 

Une visite l’été dernier dans un château cathare dans le sud de la France fut accompagnée par une visite à la boutique. Il y a toujours des livres et des romans dans ces boutiques. Et quand j’ai lu le quatrième de couverture du roman de Kate Mosse, j’ai immédiatement acheté le livre.

Il avait tout pour me plaire: vieux manuscrits, labyrinthe, Graal, Carcassonne, Cathares, sectes, etc. J’ai toujours aimé lire sur ces sujets et depuis quelques années, encore plus… maintenant que j’ai vu beaucoup de ces endroits. Donc, j’avais bien hâte de lire ce roman.

  • Après 200 pages, je me dis que cela allait bien commencer à être intéressant à un moment donné…
  • Après 300 pages, je me dis que j’aurais dû abandonner la lecture depuis longtemps. Mais j’en suis incapable… cela me semble impossible que je n’arrive pas à m’intéresser aux deux histoires…
  • Après 600 pages, finalement, je commence à être vaguement intéressée et
  •  Après 702 pages, je me dis que j’aurais vraiment mieux fait de lire autre chose.

Le livre est interminable. Je ne comprends pas cette manie de beaucoup d’auteurs – et d’éditeurs - de prolonger indéfiniment les romans. Un livre de moins de 300 pages ne semble plus possible. Celui-ci aurait beaucoup profité à être plus court et plus dense. Le principal problème étant selon moi – qui se retrouve d’ailleurs dans de nombreux ouvrages du même type – qu’après nous avoir fait suivre pendant des centaines et centaines de pages, les interminables aventures des personnages, après nous avoir donné au compte-goutte quelques minuscules informations n’expliquant jamais vraiment quelque chose et après, dans le cas présent, quelque peu intrigué par les éléments soi-disant mystérieux, anciens et ésotériques, et après nous avoir répété à toutes les deux pages que la vérité bouleversera le monde et notre conception de la réalité,… l’auteur semble ne pas savoir comment offrir une fin à la hauteur des attentes. C’est presque toujours le cas dans ce genre de roman. On s’attend à une fin et à des révélations incroyables et cela tombe très souvent à plat.

Ici, l’auteur a au moins eu la gentillesse de nous livrer « les révélations » avant la fin. Car alors qu’on semble croire que jamais on ne comprendra, que jamais le personnage principal ne saura la vérité… un personnage apparaît qui explique tout en quelques pages. Très pratique !!! Mais cela a un inconvénient; cela coupe l’histoire et semble terminer l’histoire, alors qu’il reste encore beaucoup de texte.

Kate Mosse a cependant beaucoup travaillé pour écrire son roman. Son œuvre est le résultat de nombreuses années de recherche et d’études ainsi que de visites des lieux. Elle a d’ailleurs mis en ligne pendant son travail, un site web en lien direct avec son roman. Semblable à un blog, ou carnet, elle propose ses réflexions sur son œuvre, ses personnages, les lieux, sur le travail de rédaction, etc. Ce qui est en soi très intéressant. Elle a d’ailleurs fait la même chose avec son dernier roman Sepulchre. En fait, j’ai trouvé plus intéressant lire « sur son roman » que de « lire son roman ». Des mots de l’auteur même, « son site est maintenant les archives d’une expérience de 6 ans afin de voir s’il était possible de partager l’expérience d’écrire un roman historique et pour encourager les visiteurs dans de nouvelles directions en ce qui a trait à la lecture et la création littéraire… ».

J’ai trouvé très difficile de suivre les deux histoires. Même si les deux histoires finissent par être intimement liées. Pourtant ce n’est pas la seul auteur qui utilise cette façon de faire. Et j’ai déjà lu plusieurs romans dans ce genre. Mais, on passe d’une époque à l’autre sans vraiment avoir le temps de s’intéresser à l’histoire qu’on lit. On a parfois l’impression qu’il y a trop de détails historiques – on sent le côté recherche et on a parfois l’impression que les descriptions sont tirées d’un guide ou d’un manuel – mais à d’autres moments, il manque carrément d’information, par exemple, sur les Cathares qui occupent une place importante dans le roman mais sur lesquels on ne dit pas grand-chose. L’auteur semble de plus ne pas savoir si elle veut écrire un roman historique ou un suspense ésotérique. Il y a beaucoup de temps morts et de longueurs, on en oublie presque parfois l’intrigue et je ne me suis jamais senti intriguée devant les aventures d’Alice. Peut-être un peu plus avec l’histoire d’Alaïs, mais à peine.

Les personnages modernes ne m’ont pas du tout intéressés, surtout le personnage principal, Alice, que j’ai trouvé insignifiante et parfois carrément naïve à la limite de la stupidité. Les personnages du Moyen Age m’ont semblé plus intéressants, mais j’ai eu l’impression de ne les connaître que très superficiellement. 

L’écriture m’a semblé très facile. Les clichés, lieux communs, métaphores et phrases utilisées des milliers de fois sont nombreux. Les invraisemblances dans l’histoire incalculables… exemple facile, le livre commence avec Alice, volontaire sur une fouille archéologique importante qui se promène seule, fouille sans surveillance, a des « intuitions » qui la mène au bon lieu, etc. L’auteur laisse aussi souvent certains détails sans explication ou certains événements non résolus, exemple, un personnage assez important est laissé pour mort et on ne sait jamais ce qui lui arrive… 

Le livre a reçu le British Book Award pour son succès commercial – il fut vendu à plus d’un million de copies en anglais - et il fut traduit dans plus de 37 langues. Le livre est souvent présenté comme un roman historique avec une perspective féminine. Il est vrai que les personnages principaux sont presque tous des femmes, autant les « bons » que les « méchants ». Et les personnages masculins sont vraiment mis au second plan. L’auteur a souvent dit que les romans historiques ou d’aventures manquent de femmes fortes et qu’elle voulait remédier à la situation – de toute évidence, il y a nombres d’auteurs qui n’ont pas retenu son attention !!!

Voir aussi cet article

Citations :

“The sight of an old-fashioned bookmark marking the page tugged at her heartstrings. She could imagine Grace turning off the light to go to sleep, slipping the bookmark in to save the page. But time had run out. She had died before she had the chance to finish. Feeling uncharacteristically sentimental, Alice put the book to one side. She’d take it with her and give it a home.”  p.368

Sources :

8 janvier 2008

La femme au Moyen-Âge

Critique de lectureLa_femme

La femme au Moyen-Âge / Jean Verdon. -- 7e éd. -- Paris: Éditions Jean-Paul Gisserot, c2006. -- 125 p. ; 19 cm. -- Contient une bibliogr. -- ISBN 2 87747 434 8

Quatrième de couverture :

Au Moyen Age, ce sont essentiellement des hommes, et particulièrement des clercs soucieux en principe d'éviter les contacts avec le sexe faible, qui parlent des femmes. Ces sources définissent un idéal sans indiquer en quoi consiste la réalité.

Les documents s'intéressent, surtout pour le haut Moyen Age, à deux catégories de femmes, les moniales qui se sont consacrées à Dieu et les grandes dames qui manifestent des qualités viriles. Il faut attendre les derniers siècles de cette période pour qu'apparaissent vraiment des femmes de basse condition, en particulier dans les lettres de rémission.

L'histoire de la femme au Moyen Age comporte de nombreuses spécificités et Jean Verdon ne manque pas ici de mettre en valeur une thématique riche, allant des invasions barbares aux grandes découvertes.

L’auteur :

Professeur d’histoire du Moyen-Âge à l’Université de Limoges, Jean Verdon est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur le Moyen- Âge, dont Les Loisirs au Moyen-Âge (1980), Voyager au Moyen-Âge (1998) et Les Femmes en l’An Mille (1999).

Site Web de Jean Verdon: http://pageperso.aol.fr/verdonjean/index.html

Commentaires personnels :

Livre relativement court qui nous offre une vision de la femme au Moyen-Âge, période couvrant de nombreux siècles. L’auteur nous présente d’abord la vision qu’ont les hommes de la femme. Puis il aborde différents aspects qui caractérisent la femme au Moyen-Âge : le corps et la parure; les différentes étapes de la vie d’une femme : la fille, la femme adulte, l’épouse, la mère, la veuve, la vieille femme; la vie de religieuse; le rôle économique et politique de la femme; le rôle culturel et religieux; les distractions qu’elles peuvent avoir; et finalement les femmes marginales du Moyen-Âge : les prostituées, les criminelles, les rebelles, les hérétiques et les sorcières.

Le livre se lit rapidement et donne une bonne vue d’ensemble du rôle et de la place des femmes pendant près de mille ans. Évidemment, par le fait même, l’auteur survole beaucoup d’aspects et n’approfondit pas les sujets et on souhaiterait parfois qu’il donne plus d’exemples, plus de détails. On reste donc un peu sur sa faim. Il propose cependant une bibliographie à la fin qui nous permet d’aller plus loin.

Malgré le fait que le livre soit de toute évidence pour le grand public, et que le texte est relativement simple à comprendre, l’auteur s’attend cependant à ce qu’on comprenne les termes très pointus qu’ils emploient. Beaucoup de noms sont également proposés, mais on sait peu de ces personnages historiques. Le but du livre n’étant pas de donner une biographie des personnes présentées. On aurait cependant parfois aimé plus de détails, plus de contexte.

Mais dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai souvent tendance à lire de gros ouvrages très détaillés sur les sujets que j’aime beaucoup. Ayant étudié la littérature du Moyen-Âge, j’ai donc beaucoup lu sur et de cette époque. Mais un bon petit livre qui donne l’essentiel est très agréable aussi ! Il permet d’introduire le sujet. Et on voit ensuite si on veut aller plus loin ! Ce que je ferai sûrement...

J'ai particulièrement aimé les passages sur le corps et les parures: c'est très instructif et un peu triste qu'on ne change pas beaucoup...

Citations :

« La dame commence par mettre sur elle une chemise décolletée de toile fine ou de soie qui descend jusqu’à mi-mollet. La poitrine, soutenue par une ceinture, est parfois gonflée artificiellement grâce à de petits sacs placés sous la chemise ». p. 18

« Par vanité elles font faire leurs robes si basses devant et si ouvertes sur les épaules que l’on voit une grande partie de leur dos, et si étroites qu’elles ont du mal à respirer. Leurs souliers les serrent tellement qu’elles peuvent à peine les endurer, et elles ont fréquemment les pieds contrefaits, malades et pleins de cors », p. 20

 

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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