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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
28 décembre 2007

Cherchez le tupperware... suite

Donc que vient faire la recherche de tupperware dans tout cela ?

Cherchez_le_TupperwareEt bien voilà... comme à chaque année, il y avait cette année, un souper chez mon père pour Noël. Noël dans ma famille, c’était ma mère. C’est elle qui nous a donné à ma soeur et moi, l’amour de Noël. Mon père n’était pas trop Noël, cela l’indifférait un peu, de plus qu’en Espagne, surtout à l’époque, on célébrait surtout les Rois. Donc, quand ma mère est décédée, le premier Noël fut un peu triste. Nous avions décoré tout de même, avons échangé quelques cadeaux et avons fait notre repas de Noël. Depuis toujours, chez nous, à Noël, mon père faitt une paella pour Noël. Cela lui permettait de s’intégrer aux préparatifs et cela nous permettait de manger autre chose que de la dinde et des tourtières – il y en avait bien assez dans la famille !

Une fois en Espagne, nous avons continué à faire notre repas traditionnel de Noël avec une paella en guise de repas. Et donc, le 25 décembre, nous allions chez mon père pour Noël. Moi, mon époux, ma sœur et mon père… L’année dernière, ma sœur n’était pas là – elle est retournée vivre à Montréal – donc ce fut uniquement mon père, mon époux et moi… un peu tranquille, sans décorations, quelques petits cadeaux et une belle paella.

Cette année, et bien, ce fut différent, puisqu’il y avait la petoune espagnole. Tout d’abord, il a fallut que j’insiste pour que ce premier Noël avec elle se fasse sans ses enfants et leur conjoint… pas envie de les rencontrer en cette journée de Noël. Puis, finalement, nous avons fait le repas le 26 décembre car, le 25 décembre, ils allaient chez la sœur du gendre à la petoune – oui, en Espagne, on va dans la famille de la famille… la famille c’est primordial – donc j’ai dû me contenter du 26 décembre. Et bien entendu, la paella fut contestée par la petoune, car évidemment ce n’est pas un repas de Noël ici … Mais, mon père n’a apparemment pas cédé sur ce point puisqu’il a fait sa paella.

Et donc, le 26 décembre, nous sommes arrivés chez mon père pour le repas de Noël. J’ai immédiatement offert mes cadeaux à mon père – et le poinsettia à la petoune -. Mon père n’est pas très cadeaux, nous avons toujours acheté pour lui les cadeaux qu’il offrait, et de plus, il est très difficile à plaire. Les cadeaux qu’on lui donne sont rarement utilisés ou appréciés donc il est très difficile de lui trouver quelque chose qui lui plaira. Cette année, je lui ai offert un fromage ! Oui, oui, un fromage énorme dans une belle caisse de bois ! C’est un fromage pas mal dispendieux que je sais qu’il aime beaucoup, donc il fut très heureux de le recevoir – pour une fois – et je lui ai donné immédiatement car enfin… hum… ça sentait fort !!!

Et puis… et puis, voilà, encore une fois aucune décoration. Une minable table dans le milieu du salon… et la porte patio ouverte pour les chats. Ce qui donne une température intérieure de 16º… j’ai gelé toute la journée ! Et puis, évidemment, c’était trop demandé que la petoune s’habille ! Comme à chacune des dernière fois que je l’ai vue, elle était en pyjama. Elle s’est finalement habillée en survêtement car nous sommes sortis voir le terrain qu’elle vient d’acheter. Si nous n’étions pas sorti, elle serait restée en pyjama. Et puis, évidemment, elle n’était encore pas maquillée. Ici… c’est strictement personnel… je n’ai rien contre le fait qu’elle ne se maquille pas, je ne me maquille pas tous les jours moi non plus.  Nous étions quand même invitésTupperware2 pour le repas de Noël, enfin... là n’est pas mon problème avec le fait qu’elle n’était pas maquillée. Hum, c’est que voyez-vous, elle a du maquillage permanent ! Donc quand elle ne se maquille pas, nous pouvons voir deux « beaux » traits noirs sur ses sourcils (enfin, l’endroit où il devrait y avoir des sourcils) et un « magnifique » trait noir sur le contour de ses lèvres… Et honnêtement, j’ai de la difficulté à la regarder en face… c’est tout simplement horrible. Enfin… si cela ne dérange pas mon père… soupirs…

Je passe rapidement sur les conversations et remarques – surtout qu’en plus je ne comprends qu’à moitié ce qu’elle raconte, incroyable accent andalou. Disons simplement que ce fut un long, long repas. Et puis, nous reçûmes nos « magnifiques » cadeaux de Noël… à 10€… je sais, je sais c’est l’intention qui compte. Finalement, ce fut le moment de quitter. Comme d’habitude, mon père voulut me donner les restes de paella. Ça aussi, c’est une tradition… il en garde un peu et je repars avec un plat plein de paella. Et mon père était bien garni en plats de plastique de tout format. C’était même un peu une plaisanterie familiale depuis toujours… les plats tupperware de mon père, de toutes les grandeurs possibles. Il en avait une quantité incroyable et comme il nous en laissait souvent avec différents mets, et bien il en rachetait tout le temps. Très fier de ses tupperwares, mon père. Et bien… plus un seul ! Parce que voyez-vous, selon la petoune, ce n’est pas bon de garder la nourriture dans des plats de plastiques, cela gâte la nourriture. Et donc, je suis repartie avec ma paella dans un bol de mélamine et un peu de papier cellophane.

C’est banal… je sais… mais bon…

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21 septembre 2007

Nothing Gold Can Stay

"Nature's first green is gold,Nothing_gold_can_stay
Her hardest hue to hold.
Her early leaf's a flower;
But only so an hour.
Then leaf subsides to leaf.
So Eden sank to grief,
So dawn goes down to day.
Nothing gold can stay
.
"

Robert Frost

Beaucoup fut dit sur ce poème de Robert Frost. Ce poète américain a écrit plusieurs poèmes et pièces de théâtre. Né en 1874 et mort en 1963, ses oeuvres se penchent surtout sur la vie rurale de la Nouvelle Angleterre tout en cherchant toujours à souligner des thèmes sociaux et même philosophiques...

Plusieurs ont analysé ce poème - et l'oeuvre de Robert Frost - en détail... je mets quelques liens en référence plus bas...

Je n'ai lu Frost qu'après avoir entendu son poème dans le film The Outsiders... je ne lisais pas beaucoup de poèmes en anglais à l'époque. Mais je me rappelle de ces vers et surtout du moment où ils furent récités dans le film... les visages des personnages... Et ensuite, j'ai lu et relu le livre et lu et relu le poème dans le roman... puis le poème dans un recueil de poèmes...

La signification des vers est évidente dans le roman - et le film... et m'est toujours apparue importante. Rien n'est éternel, tout change, tout meurt, rien ne reste innocent et jeune... mais l'important est de d'essayer de garder cette parcelle d'innoncence, d'émerveillement, de beauté... "stay gold"... ;)

Voir aussi: The Road Not taken (poème)

À consulter:

16 décembre 2007

Ces jours de Noël...

J'ai été assez silencieuse cette année. Habituellement, Noël est une époque que j'aime beaucoup. En fait... l'automne avec l'Halloween et puis Noël sont les époques de l'année que je préfère. Et tout le blabla sur comment Noël est commercial et que cela ne veut plus rien dire, me passe à cent pieds au-dessus de la tête. Bon, pas tout à fait, car cela m'énerve au plus haut point... je comprends qu'on puisse ne pas être particulièrement touché par ce temps de l"année, mais qu'on se fasse un point d'honneur à le condamner je ne comprends pas.

Noel1111 Je comprends qu'on puisse ne pas apprécier les foules et la cohue des magasins... qu'on puisse trouver cela trop dispendieux et trop commercial... Mais on fait ce qu'on veut de ce moment. Si on le trouve trop commercial, c’est qu’on le laisse devenir trop commercial. J’aime magasiner, je cherche les cadeaux (même si je n'ai pas besoin de ce temps pour faire des petites gâteries...), parmi les foules... et j'aime ça. J'aime les lumières, j'aime les décorations, même excessives et na...

 

Mais cette année, je suis silencieuse. J’ai eu de la difficulté à me « mettre dedans », comme on dit. J’ai beaucoup écrit l’année dernière… mais cette année fut une année longue et difficile et même si mes décorations sont mises depuis quelques semaines, je ne ressentais pas grand-chose.

 

Il a fait chaud… il y a plus de décorations qu’auparavant dans les rues de Barcelone, mais moins de lumières… je n’ai pas beaucoup écouté mon disque de Noël… je ne sais… Et puis, la fin de semaine dernière, nous sommes allés en Alsace et en Allemagne. Il faisait froid, les marchés de Noël étaient magnifiques et j’ai enfin cliqué…

 

Il reste quelques jours qui seront occupés ! Beaucoup de magasinage à faire, des tourtières et des biscuits à préparer, des cadeaux à emballer, des décorations à ajouter… Il faut que j’aille chercher mon « caganer » au marché de Noël de la Sagrada Familia et j’ai plusieurs articles à rédiger !!!

 

Aller, il reste quelques jours ! Et nous nous promettons d’aller dans les Pyrénées pendant le congé de Noël… histoire de voir un peu de neige !!! 

24 novembre 2007

Déjà Dead (suite)

Reichsd_j__dead1Critique de lecture

Déjà Dead / Kathy Reichs . – [Paris]: Robert Laffont, 2001, c1997. -- 541 p. ; 18 cm. -- ISBN: 2-266-09014-3

Résumé et Commentaires personnels

Premier roman de Kathy Reichs et premier ouvrage mettant en vedette son personnage principal, Temperance « Tempe » Brennan, anthropologue judiciaire. Le Dr. Brennan, tout comme l’auteur, partage son temps entre Montréal et la Caroline du Nord. Reichs n’a jamais caché le fait que son personnage principal est fortement inspiré de sa propre vie. Ce qui fait de Brennan un personnage crédible, fort et convainquant. Les enquêtes sont bien documentées et s’inspirent presque toujours de cas sur lesquels Kathy Reichs a elle-même travaillés. Les romans de Reichs ne manquent pas de détails scientifiques et judiciaires et elle n’épargne pas la sensibilité de ses lecteurs.

Ce premier roman, Déjà Dead, se situe principalement à Montréal. Alors que Temperance se prépare pour un week-end de repos, elle est appelée d’urgence lorsqu’on découvre un cadavre dans le parc du Grand Séminaire de Montréal. Elle doit aller déterminer si c’est un cas d’anthropologie, comme les ossements anciens trouvés dans ce parc il y a peu de temps, ou si cela relève du domaine du coroner. Malheureusement pour elle, les restes de la victime indiquent clairement un meurtre violent et la possibilité d’un lien avec d’autres cadavres de femmes. Et ceci signifie également le début d’une enquête qui la mènera elle-même très près de la mort et qui mettra également en danger sa meilleure amie et sa fille.

Grâce à son expertise, beaucoup d’indices peuvent être déterminés et la conclusion de Brennan est qu’un tueur en série se trouve à Montréal. Elle sera cependant en butte aux autorités – particulièrement l’inspecteur Claudel qui travaille également sur le cas, qui ne croient pas à un lien entre les crimes. Petit à petit, ils n’auront cependant d’autres choix que de suivre Brennan et d’essayer de capturer un criminel sadique et méthodique.

L’œuvre de Reichs est très efficace. On y trouve nombres de descriptions qui pourraient rendre l’œuvre lourde, mais qui sont très bien rédigées. L’auteur ne lésine pas sur les détails et on a l’impression d’en apprendre beaucoup sur l’anthropologie judiciaire. Les personnages sont bien décrits et j’ai personnellement eu l’impression de bien les connaître immédiatement. En plus de Brennan, plusieurs des personnages récurrents des romans de Reichs font leur apparition dans ce roman. Le roman met en place les personnalités des personnages et les liens entre eux.

Ce dernier point peut cependant déplaire à certains. Bien qu’en principe, on peut lire les romans de Kathy Reichs indépendamment l’un de l’autre, certains éléments peuvent être difficiles à comprendre ou à mettre en contexte si on n’a pas lu les livres en ordre. Mais c’est le problème de beaucoup d’auteurs qui reprennent un même personnage principal et le placent au centre de plusieurs de leurs romans.

Mais Déjà Dead est un excellent roman policier et saura plaire aux gens qui aiment les détails réalistes et le suspense constant. On décèle également un humour particulier dans les pages de Reichs. Les scènes les plus difficiles sont souvent allégées par une remarque ou pensée de Brennan, qui a parfois de la difficulté à contrôler son tempérament.

Le premier roman se passe presque exclusivement à Montréal. Et on sent très bien que l’auteur connaît bien la ville même si elle est américaine. Les commentaires et descriptions sont justes et jamais déplacés.

Reichs a adapté ses récits pour la télévision et depuis 2005, une série américaine, Bones, joue sur la chaîne Fox. Le nom du personnage principal est le même que celui des romans : Temperance Brennan, bien que dans la série le surnom du personnage soit « Bones » et nom « Tempe ». Brennan est également anthropologue judiciaire et est également un auteur de roman policier. Le personnage principal de ses romans se nomme Kathy Reichs !!! Mais à part le nom du personnage, la série n’est pas une transposition des romans de Reichs. L’action est située exclusivement à Washington D.C. et aucun des autres personnages n’est présent. Le personnage même de Brennan diffère sur plusieurs points dans la série du personnage du livre. Les deux œuvres sont donc complètement différentes. Les seuls points communs étant l’anthropologie judiciaire et le nom du personnage principal.

J’ai personnellement beaucoup aimé, ce premier roman de Kathy Reichs. L’atmosphère y est très étouffante mais sans devenir trop lourde. L’écriture – et la traduction – est simple, réaliste et directe, tout en se permettant de devenir très technique à l’occasion. Malgré les détails très techniques, l’ensemble demeure facile à comprendre. Les descriptions sont justes et réalistes, l’humour est présent et on demeure accroché à l’intrigue jusqu’à la fin. J’ai également aimé le fait que l’action se déroule à Montréal, bien que l’auteur ne soit pas québécoise de naissance. Cela donne un point de vue très intéressant sur la ville et sur la le Québec.

J’ai aimé la plupart des autres romans de l’auteur ainsi que la série télévisée, d’autres billets sont donc à venir…

Citations

« À Montréal, l’été fait irruption comme un danseur de rumba. Soudain tout n’est plus que frou-frou et coton de couleurs vives, exhibition de cuisses et de peau luisante de sueur. Fête dionysiaque qui commence en juin et ne s’achève qu’en septembre.

La vie se déplace à l’extérieur. Après l’hiver glacial et interminable, les terrasses de cafés réapparaissent, cyclistes et adeptes de rollers se font  concurrence sur les pistes cyclables ; les festivals se succèdent et les foules transforment les trottoirs en zones de tourbillons. », p. 14

Sources


Premier article sur l'oeuvre et l'auteur

L'avis de Fashion

23 novembre 2007

Déjà Dead

Déjà Dead / Kathy Reichs . – [Paris]: Robert Laffont, 2001, c1997. -- 541 p. ; 18 cm. -- ISBN: 2-266-09014-3Reichsd_j__dead1

Quatrième de couverture

Un beau jour d’été à Montréal, sur la table de dissection du laboratoire de médecine légale de la police provinciale, arrive un cadavre découvert dans l’ancien parc du Grand Séminaire. Le docteur Temperance Brennan est chargé d’autopsier ce qu’il reste d’une femme abominablement découpée en morceaux.

Divorcée et solitaire, Temperance travaille durement, dans un milieu dominé par les hommes. Sa sinistre expertise va l’amener en première ligne de l’enquête, seule en butte à l’hostilité de son collègue policier et face à l’assassin pervers qui collectionne les victimes féminines…

Armée de son scalpel et de son instinct, Temperance traque le tueur en série. Cinq femmes sont déjà mortes. Sera-t-elle la prochaine ?

L’auteur

Kathleen Joan Reichs, mieux connu aujourd’hui sous le nom de Kathy Reichs, est née en 1950 à Chicago. En 1971, elle obtient un B.A en anthropologie à la American University de Washington. Elle poursuivra ensuite un M.A et un Ph.D en anthropologie à l’Université Northwestern de Chicago. Elle obtiendra son doctorat en 1975.

Elle fut professeur à plusieurs endroits dont la Northen Illinois University, la University of Pittsburgh ainsi que les universités ReichsConcordia et Mc Gill de Montréal. Elle enseigne l’anthropologie à l’université de Caroline du Nord située à Charlotte, bien que souvent en congé indéterminé. Elle partage son temps entre les villes de Charlotte et Montréal, puisqu’elle est l’anthropologue judiciaire pour le compte de l’Office of the Chief Medical Examiner de l’état de la Caroline du Nord et a également ce poste à Montréal pour le Laboratoire de Sciences Judiciaires et de Médecine Légale de la Province de Québec.

Elle est souvent appelée à témoigner lors d’enquêtes criminelles. Son expertise est également souvent sollicitée, non seulement sur des affaires criminelles mais sur divers cas internationaux. Quelques exemples : elle fut appelée à travailler sur des catastrophes aériennes – telles que la tragédie du 11 septembre ; elle apporta également son témoignage au Tribunal pénal international pour le Rwanda ; elle apporta son assistance à la Foundation for Guatemalan Forensic Anthropology au Lac Atitlan et a travaillé à l’identification de corps provenant de la Deuxième Guerre Mondiale. Elle est une des cinquante anthropologues judiciaires certifiés par l’American Board of Forensic Anthropology et fait également partie du Conseil d’administration de l’American Academy of Forensic Sciences. Elle offre souvent divers séminaires et conférences à travers le monde.

Ses nombreuses expériences comme anthropologue judiciaire l’ont amené à écrire des romans policiers qui sont devenus pour la plupart des best-sellers. Ses livres sont directement inspirés de cas sur lesquels elle a travaillé personnellement. En plus de ses romans, elle a également écrit de nombreux travaux, articles et recherches en anthropologie.

Bibliographie

  • Hominid Origins: Inquiries Past and Present (Editeur) – 1983
  • Forensic Osteology: Advances in the Identification of Human Remains – 1986
  • Déjà Dead  - 1997 (Prix du Meilleur premier roman : Arthur Ellis Award en 1997)
  • Death du Jour - 1999
  • Deadly Decisions - 2000 
  • Fatal Voyage - 2001
  • Grave Secrets - 2002
  • Bare Bones - 2003
  • Monday Mourning - 2004
  • Cross Bones - 2005
  • Break No Bones - 2006
  • Bones to Ashes - 2007

Citations 

« Au Québec, le bureau du coroner est le gardien de la mort. Si vous ne mourez pas selon les usages, sous le contrôle d’un médecin, dans un lit, le coroner veut savoir pourquoi », p. 15

Commentaires à suivre...

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30 octobre 2007

Ces nuits inoubliables – deuxième partie

Évidemment, les costumes étaient au centre des préoccupations. Pour les costumes, nous avions trois options :

1. nous avions une mère (ou tante, ou grand-mère, etc.) qui pouvait confectionner un costume ;
2. nous patentions notre costume nous-même ;
3. ou nous achetions un costume tout fait.

Halloween7Plusieurs enfants avaient la chance d’avoir une mère (ou père, …) qui savait coudre et qui était capable de faire un costume. Ces costumes s’accompagnaient parfois de masques en carton, en plastique ou d’un maquillage. Ma mère ne faisant que la couture essentielle, il n’y avait donc pas de costume fait par maman pour moi. J’ai parfois eu quelques costumes confectionnés par ma tante – dont un de petite indienne traditionnelle (hum… d’amérindienne, mais bon, nous n’étions pas trop « politiquement corrects » dans le temps, donc mon costume d’indienne avait tout du film western et j’accompagnais le tout de deux tresses, de plumes et d’un maquillage très « indien » ;) ). 

Pour la troisième option, il y avait bien sûr des costumiers ou magasins spécialisés de costumes, mais c’était évidemment trop dispendieux pour nous. Seuls quelques enfants avaient la possibilité de louer ou acheter un costume dans ces endroits. Les costumes qui habituellement étaient achetés, l’étaient à la pharmacie ou au 5-10-15 (ancêtre des dollaramas) et ma foi, n’étaient pas formidables. Ils consistaient habituellement en un masque de plastique – dans lequel on transpirait comme des fous – et un habit de plastique ou de tissu (enfin, quelque chose qui pouvait passer pour du tissu). Très sommaire.

Donc la plupart du temps, c’est l’option 2 qui était privilégiée. Toute petite, c’est avec l’aide de ma mère que je préparais mon costume. Avant, je ne me souviens plus, mais je suppose que c’est ma mère qui patentait quelque chose pour le bébé que j’étais… Puis quand j’ai vieilli – c’est-à-dire vers 6-7 ans – j’ai commencé à prévoir et à confectionner moi-même mon costume. Je décidais ce que je voulais être pour l’Halloween, selon ce que j’avais sous la main; habituellement des vêtements à mon père ou ma mère. Puis venait le bricolage qui allait compléter le costume : chapeau, accessoires, … parfois, mais très rarement, ma mère achetait un accessoire. Et puis finalement, le soir même le maquillage accompli par ma mère et moi.

Je me souviens d’un costume de princesse/fée (ce n’était pas très clair !) avec une robe rose de ma mère qui avait de la dentelle, cela me faisait une robe longue. J’avais fait un chapeau en cône avec des rubans qui descendaient du bout et j’avais une baguette avec une étoile. J’ai tellement aimé ce costume que je l’ai mis deux années de suite.

Et puis, ensuite, ce fut la planification avec les amis… Nous étions 5-6 enfants, mes amis, ma petite sœur et son amie. Je crois qu’on commençait à planifier l’Halloween à partir du mois d’août. On se réunissait et on parlait de nos costumes, du chemin que nous allions prendre – et qui risquait de rapporter le plus de bonbons. Et on commençait à ramasser les éléments : tissus, vêtements, accessoires qui allaient servir au costume, tout en gardant un œil pour aider les autres à leur costume. Je me souviens que ces années-là, nous avions passé l’Halloween sans adultes, juste les enfants, il faut dire que nous étions 3-4 à être des grands : nous avions 11-12 ans. Quelle aventure ! Se promener dans les rues sombres, sans parents, tous déguisés et récoltant des tonnes de bonbons.

Et puis, je fus trop vieille pour passer l’Halloween. Heureusement, il restait les fêtes d’école où on pouvait/devait se déguiser. Et puis, adolescente, je devais amener ma petite sœur pour passer l’Halloween. Je ne me déguisais pas, mais je participais à l’élaboration du costume de soeurette, je l’amenais dans les rues à la récolte de bonbons – que je partageais avec elle ensuite – il faut dire que nos tournées dans les rues se terminaient toujours très tard et étaient fructueuses.

Et puis, aujourd’hui… et bien je me déguise à nouveau ! Mais dans les soirées, les bars… il y a toujours une soirée costumée qui me permet de planifier mon costume – bien qu’aujourd’hui, je le loue souvent ! Et bien sûr – à Montréal – j’offre des bonbons et je décore ma maison… À Barcelone c’est un peu triste… pas de décoration, à part quelques vitrines, pas d’enfants qui viennent demander des bonbons. Bien que l’année dernière, j’ai eu droit à un « miracle d’Halloween : deux enfants ont sonné à ma porte déguisés ! probablement des enfants de l’édifice. Je n’avais rien à donner snif… mais cette année, j’ai prévu des bonbons, juste au cas où…

Et évidemment, il y a toujours des soirées costumées dans les bars même ici, mais elles ne sont pas comparables… ici on se déguise au Carnaval, pas à l’Halloween !

Enfin ! Joyeuse Halloween !!! :D

29 octobre 2007

Ces nuits inoubliables - première partie

Quand j’étais une petite fille, l’Halloween était synonyme de 3 choses : les costumes, les bonbons et les citrouilles qui décoraient les maisons qui offraient les bonbons. Tout ceci rassembler dans une nuit. Nous pouvions alors sortir après le souperHalloween1 alors qu’il faisait noir, vêtu d’un costume pour aller sonner à la porte d’étrangers qui n’avaient souvent que pour seule décoration une citrouille éclairée, pour récolter des tonnes de bonbons.

Dans le temps, les gens décoraient peu. La citrouille était la vedette des décorations, parfois, il y avait des bricolages dans les fenêtres… on savait alors qu’il y avait un enfant dans la maison ou l’appartement, les décorations provenant des bricolages réalisés à l’école. Quelques maisons décoraient plus… sorcières, toiles d’araignées, et autres babioles. Ces maisons étaient rares mais c’était tout une émotion quand on en trouvait une ! Ces maisons étaient envahies par les enfants, parce que si les habitants avaient fait l’effort de décorer autant, il y avait nécessairement beaucoup de bonbons ! Parfois les gens ouvrant la porte étaient déguisés et c’était encore plus excitant. Je me rappelle avoir même eu peur et ne pas vouloir entrer – j’avais 3 ou 4 ans, je ne me souviens plus.

Aujourd’hui, les gens décorent beaucoup plus –enfin en Amérique du Nord. Il faut dire que les décorations s’achètent facilement dans les magasins alors il est plus facile de décorer sa maison, son appartement ou sa cour. J’adore voir toutes ces décorations et j’imagine l’excitation des enfants qui se promènent – repérant les maisons les plus décorer pour y retourner le soir d’Halloween. Mais je me souviens encore de cette maison… une des dernière fois que j’ai « passé » moi-même l’Halloween… j’avais donc environ 12 ans, je crois bien. La maison avait un grand parterre devant et il y avait une allée asphaltée pour se rendre à la porte de devant. Tout le long de l’allée, il y avait des citrouilles illuminées toutes avec un visage différent. Sur le balcon, il y avait plusieurs citrouilles. Et de chaque côté de l’allée, il y avait des tas de feuilles disposés comme des tombes avec chacun une croix faite de bouts de branches. Rien de très compliqué, mais je me souviens encore très bien de l’atmosphère et de combien j’étais énervée et excitée… Il y avait à la porte une dame qui donnait pleins de bonbons et son garçon déguisé avec un simple drap qui juste avant qu’on reparte arrivait derrière elle en criant « Boo »… hurlements et rires assurés.

Les dernières années avant que je ne quitte Montréal, j’ai décoré la maison de mes parents (mon appartement étant mal situé et il n’y avait jamais d’enfants qui venaient) pour y accueillir les enfants du voisinage… j’avoue que j’ai acheté plusieurs décorations dans les boutiques – elles sont si belles – mais j’ai tenté de garder une atmosphère simple mais macabre !!! Chaque coup de sonnette était merveilleux : remplis de petits enfants qui regardaient les décorations et attendaient les bonbons. Et il y a même eu un enfant qui avait peur de venir jusqu’à la porte… il a fallu que sa mère vienne avec lui… J’avais réussi !!! :)

20 septembre 2007

The Outsiders - III. Commentaires personnels

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New   York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

out0025Commentaires personnels :

Livre très court. À peine 156 pages dans mon édition de poche. Il se lit très vite. Quelques heures à peine. Et pourtant il contient énormément d’émotions. C’est un livre sur l’adolescence écrit par une adolescente. Elle écrit de toute évidence ce qu’elle connaît, ce qu’elle voit. Elle a voulu dire tout haut ce qu’elle ressentait face aux différences, injustices et préjugés qu’elle voyait tous les jours dans son école et dans sa ville. Elle voulait aussi parler des différents problèmes et des réalités des adolescents de son âge : le suicide, la cigarette, l’alcool, le besoin d’appartenance à un groupe, la grossesse chez les adolescentes, la mort, l’école, l’abandon scolaire, etc. Mais jamais on sent qu’on fait la morale. L’auteur ne fait que parler de ces sujets qui font partie de la réalité des jeunes de son époque – mais aussi des jeunes d’aujourd’hui. Car même si certains sujets sont traités selon la vision de l’époque – 1966 – ils rejoignent encore la réalité d’aujourd’hui.

La narration m’a tout de suite rejointe. J’ai immédiatement ressenti de la sympathie pour le narrateur, Ponyboy et j’ai vu sa famille, ses amis, son quartier, les greasers et les socs à travers ses yeux. Ponyboy est particulièrement sensible, peut-être un peu trop. Il semble un peu déplacé au milieu de tous ces gens qui semblent beaucoup plus vrais et réalistes que lui. Mais c’est ce qui au final le rend si attachant. Il semble un peu irréel et naïf. Et c’est un peu le thème du roman… la perte de la naïveté du narrateur… son passage de l’enfance à l’adolescence ou même à l’âge adulte. Ponyboy compare souvent les gens à des personnages de films, voulant ainsi rester dans l’imaginaire. Cependant certains de ces amis sont « trop » vrais et le ramène à la dure réalité. 

C’est un milieu essentiellement masculin et de jeunes. Il y a peu de filles, sauf Cherry. Ce qui n’empêche pas de s’identifier aux personnages. Et, il n’y a pratiquement aucune figure adulte. Le roman met en avant plan l’adolescence, sans vouloir l’expliquer à travers des yeux d’adultes – et l’auteur étant elle-même adolescente permet d’y croire totalement – et sans vouloir que les adultes protègent ou sauvent les jeunes.

Les différences sociales et la séparation entre les riches et les pauvres sont centrales dans le livre, mais je n’ai pas senti que c’était l’unique préoccupation du narrateur. Sa vie familiale et ses relations avec ses deux frères sont également très importantes.

Un aspect important du roman est l’art, principalement, le cinéma et la littérature, ainsi que de façon moins présente la musique. On mentionne souvent des films ou des acteurs. Les adolescents s’identifient à eux. La musique partage souvent les deux bandes, les Socs et les Greasers n’écoutent pas les mêmes musiques. Mais c,est surtout la présence de références littéraires qui nous aide à comprendre le roman ainsi que les relations entre les personnages. Ponyboy est celui qui amène la littérature dans le roman : il parle de livres avec Cherry, il fait la lecture à Johnny lorsqu’ils sont en fugue, il mentionne plusieurs œuvres dans sa narration alors qu’il raconte les événements qui ont marqué quelques semaines de sa vie et lorsqu’il décrit sa vie, sa famille et son quartier. Le poème de Robert Frost « Nothing gold can stay » qu’il récite un matin à Johnny définit le roman. Il souligne cette perte d’innocence et surtout le caractère irréel et spécial de Ponyboy.

Finalement, lorsque à la fin du roman, on comprend que Ponyboy s’apprête à rédiger un travail pour l’école qui commence exactement comme les premiers mots du livre et qu’il va raconter les événements qui viennent de se passer, la boucle est bouclée. C’est la littérature qui permet à Ponyboy de s’exprimer comme il aimerait pouvoir s’exprimer. Dire ce qu’il voudrait pouvoir dire à ses frères, à ses amis, à son professeur mais qu’il se sent incapable de dire.

L’histoire et les personnages m’ont beaucoup touchée. Le roman est loin d’être un chef d’œuvre de rédaction mais il demeure à mes yeux un chef d’œuvre d’émotions.

Extraits :

“Hey,” I said suddenly, “can you see the sunset real good from the West Side?” She blinked, startled, then smiled. “Real good”. “You can see it good from the East Side, too”, I said quietly. “Thanks, Ponyboy.” She smiled through her tears. “You dig okay”.” p. 114.

- Commentaires sur l’oeuvre : ici et ici

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Sources:

3 octobre 2007

Sleepers

Sleepers / Lorenzo Carcaterra ; [traduit par Jacques Martinache]. – [Paris] : Presses de la Cité, 1995. – 40 p. ; 23 cm.sleepers – ISBN 2-258-04123-6

Quatrième de couverture

À l’âge où l’on joue encore aux billes, Michael, John, Tommy et Lorenzo sont livérs à eux-mêmes dans les rues de Hells’s Kitchen, quartier misérable et malfamé du New york des années 60. Leurs parents ont autres choses à faire que s’occuper d’eux. Boire, se battre… ou purger leur peine de prison.

À la suite d’un banal chapardage qui se termine tragiquement, les quatre adolescents se retrouvent enfermés à Wilkinson, une maison de correction pour mineurs (« sleepers », en argot).

Ce qu’ils vont y subir dépasse l’entendement : un an de coups et d’abus sexuels, commis par des gardiens sadiques et pervers. Une année qui va modifier leur existence à jamais.

Une décennie plus tard, Michael est devenu procureur, Lorenzo journaliste, John et Tommy tueurs. Mais chacun demeure hanté par les souffrances et la terreur qu’il a connues à Wilkinson. Et que seule la vengeance pourrait effacer…

L’authentique histoire de quatre gamins qui, parvenus à l’âge adulte, n’eurent d’autre choix que de se faire justice eux-mêmes après être passés par un système à fabriquer des criminels. L’auteur, Lorenzo Carcaterra, fut de ceux-là. Trente-cinq ans plus tard, il raconte…

Les droits d’adaptation cinématographiques de Sleepers, best-seller dès sa parution aux Etats-Unis, ont été acquis par une des plus importantes maisons de production américaines. La réalisation du film a été confiée à Barry Levinson (Rain Main), qui a réuni une distribution éblouissante comprenant, entre autres, Brad Pitt, Jason Patric, Robert De Niro, Dustin Hoffman et Vittorio Gassman.

sleepersq2L’auteur

Lorenzo Carcaterra  est né en 1954 à New York dans le quartier connu sous le nom de Hell’s Kitchen. Il commença sa carrière comme copiste pour le New York Daily News en 1976. Lorsqu’il quitta le journal en 1982, il était journaliste pour la section loisir et divertissement. Il poursuivit sa carrière comme journaliste au Time Inc. et TV-Cable Week. Malheureusement, le magazine ferma, le laissant sans emploi. Il travailla par la suite pour de multiples publications telles que: Picture Week, Entertainment Tonight Magazine, Special Reports Magazine – et comme pigiste pour d’autres revues : The New York Times Sunday Magazine, Newsday Sunday Magazine, Family Circle, Ladies Home Journal, et Twilight Zone Magazine.

Il deviendra consultant créatif pour la télévision à partir de 1988, pour la série « Cop Talk : Behind the Shield ». Il travaillera ensuite pour diverses émissions de télévisions. Il publiera ces deux premiers livres « A Safe Place » et « Sleepers » pendant ces années. Il continue d’écrire encore aujourd’hui.

L’œuvre (attention spoilers)

L’histoire est présentée dès le début comme une histoire vraie. L’auteur nous raconte les événements qui se sont produits lorsqu’il était enfant et ensuite quelques années plus tard.

« Ceci est l’histoire véridique d’amitiés plus intenses et plus profondes que les liens de sang. » (p.13). Ce sont les premiers mots du livre. Il poursuit en disant qu’il a changé certains noms et certains lieux et détails pour protéger les gens. Mais tout ce qu’il raconte dans les pages qui suivent est réel. C’est une partie de sa vie et de celles de ces amis qu’il raconte.

Lorenzo est un jeune garçon vivant dans le quartier Hell’s Kitchen de New York, avec ses meilleurs 3 amis. Ils s’amusent, vont à l’école et font quelques petits coups. Leur vie n’est pas facile mais ils vivent heureux dans leur quartier. Un jour, ils décident de voler des hot-dogs à un vendeur ambulant. Leur petit vol se transforme en cauchemar, alors qu’un homme est gravement blessé. Ils sont envoyés dans une maison de correction pour mineurs, pour une année.  Les jeunes délinquants qui sont condamnés à une peine minimale de 9 mois dans un tel établissement sont appelés des « sleepers ».

Cette année fut un véritable enfer pour les 4 amis – et pour tous les jeunes qui ont séjournés dans cet établissement. Ils furent battus, violés, torturés, humiliés pendant la durée de leur séjour. Après cette année d’enfer, ils sortent pour tenter de reprendre une vie normale. Ils sont de toute évidence marqués pour le reste de leur vie.

Plusieurs années plus tard, Lorenzo est journaliste, Michael est procureur et John et Tommy sont devenus de dangereux tueurs. Un jour, John et Tommy sont par hasard dans le même café qu’un de leur tortionnaire. Ils le tuent. Ils sont arrêtés. Commence alors une machination imaginée par Michael pour les faire acquitter. Aidé par Lorenzo et divers amis du quartier – dont un prêtre qui se parjurera – il réussit à les faire acquitter (malgré le fait qu’il est le procureur).

Le livre relate tous ces événements. Il commence par nous présenter la vie dans ce quartier à cette époque. On nous présente ensuite les mois que les jeunes passèrent dans le centre de détention – mais sans trop entrer dans les détails. Puis, il se termine par le procès.

Le livre a reçu autant d’éloges que de critiques. Les gens sont bouleversés par l’histoire relatée. Mais très vite des doutes furent émis sur l’authenticité de l’histoire. On accuse l’auteur d’avoir inventé sinon toute l’histoire, du moins une partie. Particulièrement, le procès que plusieurs avocats et spécialistes disent impossibles et dont on ne retrouve aucune trace. Même en ayant changé les noms et lieux, on ne retrouve aucun procès semblable dans les archives judiciaires.

D’autres critiques mettent en évidence le style très modeste de l’écriture. Beaucoup de clichés dans l’histoire, style peu recherché et autres critiques.

Commentaires personnels à suivre

19 septembre 2007

The Outsiders - II. Le Roman

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

L’œuvre :

Premier roman de S.E. Hinton publié en 1967 alors qu’elle à peine 17 ans. Le livre fut rapidement un best-seller.

Le roman décrit une réalité que la jeune adolescente vit à tous les jours. Se situant en 1965-66, The Outsiders raconte l’histoireOutsiders de jeunes adolescents d’une petite ville. Mais il raconte surtout les tensions entre les deux classes sociales de la ville : les riches et les pauvres. Parmi les autres sujets abordés dans le roman, nous pouvons voir les relations familiales, principalement entre frères, les liens de l’amitié, et les difficultés du passage de l’adolescence à l’âge adulte.   

L’histoire est racontée par le personnage principal qui a 14 ans. Il raconte dans ses mots, sa vie et son quotidien, ainsi que celle des jeunes de son quartier. Mais il raconte surtout les événements qui ont marqué sa vie : la mort de ses deux amis. Nous voyons ces événements et l’époque à travers les yeux du narrateur.

La différence entre les deux groupes de jeunes est marquée profondément, d’une part par l’argent et d'autre part, par leurs comportements et goûts (vestimentaires, musicaux, etc.). Alors qu’au début du roman, on voit surtout les Socs (les jeunes riches) comme des jeunes insouciants et égoïstes qui n’ont d’autres passe-temps que de battre les Greasers sans aucune raison, boire et faire la fête, petit à petit cette image se transforme. À travers certains personnages, le narrateur réalise que la vie est aussi difficile du côté des riches que du côté des pauvres. Et il réalise aussi qu’ils peuvent avoir des similarités, des goûts communs… et qu’il est possible de lier des amitiés malgré leurs différences de milieu.

Les Greasers sont présentés comme des jeunes issus pour la plupart de familles disfonctionnelles. Ce sont souvent de jeunes délinquants mais les liens qu’ils ont entre eux sont forts. On voit les jeunes Greasers et surtout un certain groupe, encore une fois à travers les yeux du narrateur qui est lui-même un Greaser.

On sent réellement la détresse du garçon, partagé entre les liens et la fidélité avec ses amis et sa volonté de dépasser sa réalité. Il se rebelle, contre les injustices et les préjugés sociaux, contre les classes sociales et les conflits à son école et dans sa ville, contre sa famille, contre tout. Le livre aborde donc également le thème de l’adolescence, ses difficultés, ses réalisations. Il aborde aussi les relations entre les trois frères. La difficulté de vivre ensemble, de s’écouter et de s’aimer malgré les soucis quotidiens.

Le livre rejoint tout d’abord les jeunes de cette époque. Il traite finalement – chose plus rare à l’époque – des différences entre les différents groupes sociaux dans une école. Et il traite des difficultés de l’adolescence. Mais il continue à rejoindre les jeunes – et moins jeunes – encore aujourd’hui.

Le roman présente en grande majorité des personnages masculins. Il y a peu de personnages féminins. On souligne beaucoup les liens forts et les amitiés masculines. Le seul personnage féminin important du roman – Cherry – tente de se rapprocher mais demeure tout de même la cause des problèmes racontés. C’est un peu à cause d’elle que Bob –son copain- est tué par Johnny. Elle tente ensuite d’aider les Greasers, mais pour ce faire agit un peu en traite pour son « groupe », les Socs. Son personnage représente les difficultés des relations entre homme/femme.

On souligne beaucoup dans le roman, l’honneur et la fidélité dans les relations amicales des jeunes – des deux bandes. Les personnages se sentent obligés de se battre pour sauver leur honneur. Il est de leur devoir de venger les torts qui leurs ont été causés. Encore une fois, des deux côtés, et ce même, si ils n’ont pas toujours envie de le faire ou qu’ils sentent que c’est inutile ou un peu ridicules. L’honneur et le devoir envers ses amis sont très importants. On sent que l’auteur veut surtout souligner que ces caractéristiques sont très importantes chez ces jeunes, les Greasers, pourtant considérés comme des délinquants et criminels. Elle cherche ici à les rendre plus sympathiques, humains et surtout souligner que malgré le fait que ces jeunes sont souvent durs, ils peuvent aussi être sensibles et vulnérables.

Mais elle veut aussi montrer que, peu importent les différences sociales, tous les jeunes de son roman sont vulnérables. Que c’est une réaction humaine de se rassembler et s’affronter mais qu’il faut voir au-delà des apparences et de préjugés.

Malgré son extrême popularité, le livre fut souvent critiqué, voire même censuré et retiré de bibliothèques dans certains états américains. Les raisons invoquées étant la violence, le langage et l’alcool.

D’autres critiques du roman est le style très simple, voire simpliste de la narration. L’histoire est racontée par un garçon de 14 ans, provenant d’un milieu populaire. Le langage utilisé est celui de cette époque et de ces jeunes. Évidemment, l’auteur elle-même avait 15 ans lorsqu’elle commença à écrire son roman. On sent nettement une relation proche entre l’auteur et le narrateur.

Le roman de démarque par son caractère réaliste et par son approche différente –surtout pour l’époque. Un roman destiné aux adolescents mais qui est dur, réaliste et chargé d’émotions.

Commentaires personnels à suivre.

- Commentaires sur l’oeuvre

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Extraits :

“You want to know something, Ponyboy? I’m scared stiff. I used to talk about killing myself…” He drew a quivering breath. “I don’t want to die now. It ain’t long enough. Sixteen years aint’ long enough. I wouldn’t mind it so much if there wasn’t so much stuff I ain’t done yet and no many things I ain’t seen. It’s not fait. You know what ? That time we were in Windrixville was the only time I’ve been away from our neighbourhood.” p.107

Sources:

18 septembre 2007

The Outsiders - I. Le Roman

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The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4  

Quatrième de couverture :

Ponyboy is sixteen, tough and confused, yet sensitive beneath his bold front. Since his parents’ deaths, his loyalties have been to his brothers and his gang, the rough, swinging, long-jaured boys from the wrong side of the tracks. When his best friend kills a member of a rival gang, a nightmare of violence begins and swiftly envelops Ponyboy in a turbulent chain of events.

Résumé (attention résumé complet avec spoilers) :

Ponyboy Curtis est un jeune adolescent de 14 ans vivant avec ses deux frères : Darrel 'Darry' Curtis, son frère aîné de 20 ans qui a dû laisser ses études pour s’occuper de ses frères à la mort de leur parents et Sodapop Curtis qui a 17 ans et qui a également laissé l’école. Les trois frères vivent ensemble dans le quartier pauvre d’une ville d’Oklahoma dans les années ’60. La ville est symboliquement partagée en deux groupes, les « greasers » - nommés ainsi parce qu’ils ont les cheveux longs et gominés – qui habitent le côté est de la ville, quartier pauvre et les « socs » signifiant « socials », qui sont les jeunes habitant le côté ouest de la ville et qui sont la classe riche de la ville. Les tensions sont constantes entre les deux groupes.

L’histoire, racontée par Ponyboy, commence alors que celui-ci, en rentrant seul du cinéma, se fait attaquer par un groupe de Socs. Il est sauvé par ses amis, tous des greasers. Le lendemain, Ponyboy va au cinéparc avec son meilleur ami Johnny et un autre greaser Dallas. Ils y rencontreront deux jeunes filles Socs, Cherry et Marcia. Après que Johnny empêche Dallas de flirter avec Cherry, Ponyboy et Johnny vont s’asseoir avec les deux jeunes filles. En marchant plus tard avec elles, les copains des filles, des Socs, arrivent complètement saouls et prêts à se battre. Pour éviter une bataille, Cherry et Marcia partent avec eux.

Ponyboy retourne chez lui, mais parce qu’il est en retard, il se chicane avec son frère Darry, qui le frappe. Ponyboy se sauve alors dans la nuit. Il retrouve Johnny qui dormait dans un champ vacant. Les deux garçons vont marcher dans un parc pour se calmer. C’est alors qu’un groupe de Socs – dont les deux copains des jeunes filles – les attaquent. Alors que les Socs sont en train de noyer Ponyboy dans la fontaine du parc, Johnny essaie de le sauver et poignarde Bob – le copain de Cherry. Bob meurt et Johnny et Ponyboy s’enfuient ne sachant que faire. Ils vont trouver Dallas qui les aidera à s’enfuir et à se cacher à la campagne dans une vielle église abandonnée. Ils y resteront quelques jours… à jouer aux cartes et à discuter. Ponyboy lit à voix haute « Gone with the wind » pour passer le temps. Après quelques jours, Dallas vient les trouver pour leur donner un peu des nouvelles. Les tensions entre les deux clans sont au plus haut niveau et une grande bataille est prévue. Cherry, qui se sent responsable de la mort de Bob, aide les greasers et se dit prête à témoigner en faveur des deux garçons.

Johnny décide de se rendre aux autorités, ce qui choque complètement Dallas. Il accepte néanmoins de les ramener. Sur le chemin du retour, ils retournent à la vieille église pour la trouver en feu. Un groupe de jeunes enfants avec des professeurs en excursion sont sur les lieux. Plusieurs enfants sont encore pris à l’intérieur. Ponyboy se précipite dans l’église pour sauver les enfants. Johnny le suit. Dallas essaie de les faire revenir mais finit par les rejoindre. Ensemble, ils réussissent à sauver les enfants, mais comme à la dernière minute alors que Dallas fait sortir Ponyboy, le toit s’effondre sur Johnny et Dally. Ils sont menés à l’hôpital. Ponyboy n’a que des blessures légères et retrouvent ses frères. Dallas n’a également subi que quelques blessures mais doit resté à l’hôpital. Mais Johnny est gravement blessé, son dos brisé et se trouve en soin intensif.

De retour à la maison, Ponyboy se réconcilie avec ses frères, mais doit vivre avec la situation : bien que les journaux les proclament « héros » pour avoir sauver les enfants, il pourrait être envoyé en centre et Johnny pourrait être accusé du meurtre involontaire de Bob. De plus, la confrontation entre les Socs et les Greasers approche. Il rend visite à ses deux amis à l’hôpital et est dévasté par l’état de Johnny. Il rencontre également Cherry qui leur donne des renseignements sur la prochaine bataille. Ainsi que Randy, l’ami de Bob, qui décide de ne pas rester pour la bataille, las de toutes ces confrontations.

La tension s’accumule chez les Curtis avant la bataille. La confrontation a finalement lieu. Les greasers gagnent « cette » bataille, et Dallas – qui a réussit à sortir de l’hôpital – amène Ponyboy voir Johnny pour lui annoncer leur victoire. Malheureusement, cette nouvelle ne fait pas plaisir au garçon et à bout de force, il meurt devant ses deux amis en disant à Ponyboy de « rester en or » (phrase d’un poème que Ponyboy lui avait récité lors de leur fugue).

Ponyboy retourne à la maison en larme. Dallas, quant à lui, perd le contrôle et s’enfuit, désespéré. Il entre dans un magasin et avec un pistolet – sans balles – menace le propriétaire et le vole. Il appelle ses amis pour qu’ils viennent le chercher. Ils courent le rejoindre mais la police arrive également. Croyant que le pistolet de Dallas est chargé, ils font feu sur lui, devant ses amis. Il meurt.

Pendant plusieurs jours, Ponyboy délirera, incapable de vivre avec les événements des dernières semaines. Il devra ensuite tenter de vivre avec la mort de ses amis. Il devra également aller en cours. Cherry et Randy témoignant en sa faveur, il sera acquitté de toutes responsabilités dans la mort de Bob et pourra rester avec ses frères. Mais il a de la difficulté à s’adapter, n’écoute plus à l’école et est continuellement en conflit avec Darry. Il commencera à reprendre sa vie en main après que Sodapop avoue à ses frères qu’il n’en peut plus. Un jour, son professeur demande à ses élèves d’écrire une histoire pour le cours d’anglais. Il ne sait quoi écrire. C’est alors qu’il trouve dans une copie du roman « Gone with the wind » que Johnny lui a laissé, une lettre de ce dernier qu’il a écrit juste avant sa mort. Ponyboy décide alors d’écrire pour son devoir, l’histoire de ses amis et des derniers mois. Son travail est en fait le roman que l’on vient de lire.

Extraits :

“ “It ain’t fair that we have all the rough breaks!” I didn’t know exactly what I meant, but I was thinking about Johnny’s father being a drunk and his mother a selfish slob, and Two-Bit’s mother being a barmaid to support him and his kid sister after their father ran out on them, and Dally –wild, cunning Dally – tirning into a hoodlum because he’d die if he didn’t, and Steve – his hatred for his father coming out in his soft, bitter voice and the violence of his temper. Sodapop…. a dropout so he could get a job and keep me in school, and Darry, getting old before his time trying to run a family and hang on to two jobs and never having any fun – while the Socs had so much spare time and money that they jumped us and each others for kicks, had beer blasts and river-bottom parties because they didn’t know what else to do.” p.40

Commentaires sur l’oeuvre et commentaires personnels à suivre.

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

16 septembre 2007

Les archives de Pauline: Croûtes de pain secrètes

Il m’arrive de faire des sandwichs. Et des rôties. Cela est parfois ardu de trouver du pain tranché qui remplisse tous les critères nécessaires à un bon sandwich ou à des « toasts » bien rôties, mais on arrive à trouver du pain potable. Quand je mange mon sandwich, il m’arrive de laisser des morceaux de la croûte du pain. Quelques miettes seulement, mais il est rare que je vais manger toutes les croûtes. Ce n’est pas que je n’aime pas les croûtes, même si elles sont souvent très sèches. Et je pourrais facilement acheter du pain tranché sans croûte. Très facile à trouver dans les épiceries de Barcelone. Je préfère mon pain tranché avec une croûte car cela m’offre le choix de les manger ou d’en laisser des morceaux.

CroutePainOn ne m’a jamais obligé à manger mes croûtes de pain, ou même à finir mon assiette. Si je n’avais plus faim ou si je n’aimais pas ce qu’il y avait dans mon assiette, ma mère me disait tout simplement de laisser ma nourriture dans mon plat. Et si je ne voulais pas manger mes croûtes, elle me disait d’abord de terminer mon sandwich, mais elle ne m’obligeait pas à manger ces bouts de pain que je laissais dans mon assiette. Et j’avais tout de même droit à un dessert, même s’il restait des croûtes de pain de mon sandwich.

Mes croûtes de pain étaient connues de ma mère, ses croûtes de pain avaient été secrètes. Il n’y avait pas beaucoup de pain quand elle était petite. Il y avait toujours de la nourriture sur la table et ils n’avaient jamais manqué de pain, de viande, ou de légumes. Mais il n’y avait pas non plus de surplus. Et il ne fallait pas gaspiller. C’est bien normal. Une grande famille, un père qui travaillait dur pour peu de sous. Ce qu’il y avait dans l’assiette, il fallait le manger. Même quand on n’aimait pas ça. C’était un péché que de laisser de la nourriture dans son assiette. Et surtout du gaspillage.

Mais quand on est une petite fille, même si on sait tout cela et qu’on le comprend en bonne petite fille sage… quand on n’aime pas ce qu’il y a devant nous, on n’a tout simplement pas envie de le manger. Surtout si on veut du dessert. Et donc, que faire ? Se forcer à tout manger ? Même quand on a plus faim ou surtout, même quand on déteste ça ? Laisser dans son assiette et subir les reproches de sa mère et de son père ? Ou tout simplement cacher les morceaux de nourriture non mangés et non désirés sous la table, sur le pratique rebord intérieur qui semble conçu tout exprès pour cette fonction.

Et donc, morceaux de viande, légumes et croûtes de pain se retrouvèrent rapidement sous la table bien cachés. Ils furent parfois oubliés et ensuite retrouvés dans un état peu appétissants… Et la petite fille se sentit parfois bien coupable de gaspiller ainsi de la nourriture. Elle s’en confessa, se sentit mieux et recommença lorsqu’elle ne se sentait le courage de manger ce qu’elle avait dans son assiette.

Et elle se promit que si elle avait un jour des enfants, elle ne les obligerait pas à finir leur assiette et elle permettrait les croûtes de pain non mangées. Et chaque fois que je mange un sandwich, j’exerce mon droit de laisser quelques croûtes de pain dans mon assiette, même quand j’aurais pu les manger…

16 avril 2007

Les archives de Pauline: Beurre de pinottes et un peu de café

Quand je suis arrivée à Barcelone, il y a quelques petites choses qui m'ont manqué... des petites choses que je ne pouvais trouver à Barcelone. Bizarrement, ce fut principalement des aliments... sirop d'érable, cassonade, poutine, yogourt à la vanille... et beurre d'arachides.  Certains de ces aliments sont heureusement arrivés avec les boîtes et nos visiteurs nous ont souvent amené ces petites choses que nous ne trouvons pas ici... ou alors que nous trouvons mais qui n'est pas tout à fait la même chose.

ponotte1Ce qui est le cas du beurre d'arachides. Nous avons trouvé une épicerie asiatique qui vend du beurre d'arachides, mais ce n'est pas mon "beurre de pinottes".

Mon beurre d'arachides est un pot de "beurre de pinottes" crémeux avec deux petits oursons sur le devant ! C'est le seul qui est vraiment acceptable à mon goût... et à mon souvenir !

Cette étiquette verte avec les deux oursons - un à boucle verte et un à boucle rouge - est synonyme d'un goût d'arachides que j'adore mais également de souvenirs de ma mère.

Tous les matins, son déjeuner se composait de tranches de pain grillé avec du beurre d'arachides et un café. Deux toasts avec du beurre de pinottes et un café. Tous les matins... toute sa vie... Il y a toujours eu un pot de beurre de pinottes crémeux avec deux oursonsponotte dans notre garde-manger.

Ce déjeuner quotidien fut rapidement le mien aussi. Bien sûr parfois des céréales, parfois de la confiture sur les rôties, mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai voulu manger mes deux toasts avec ma mère. Elle nous faisait d'abord nos toasts, pendant que l'eau chauffait sur le rond. Elle beurrait les tranches de pain rôti et préparait deux tasses de café. Une vraie tasse de café bien forte avec un peu de lait et de sucre et une tasse d'eau chaude avec quelques grains de café, beaucoup de lait et un peu de sucre. Son café avait une couleur d'un brun foncé et le mien une couleur à peine brune... disons beige clair... mais je buvais mon café avec fierté avec ma mère. Et je mangeais mes deux toasts au beurre de pinottes. Évidemment, il fallait tremper des bouts de pain dans le café... mais pas trop longtemps pour ne pas trop mouiller le pain. Sa technique était impeccable. La mienne un peu moins. Et parfois, il y avait de petits bouts de pain ou de beurre de pinottes qui flottaient dans mon café ou qui tombaient dans le fond.

Je ne mange pas toujours deux toasts au beurre de pinottes avec un café pour déjeuner. Mais il doit toujours y avoir un pot de beurre d'arachides crémeux avec deux oursons... et pas un autre... dans mon garde-manger.

21 juillet 2007

Outsiders, The : I. L'auteur

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

L’auteur:

Selon plusieurs sources, S.E. Hinton est née en 1948 à Tulsa dans l’état d’Oklahoma des Etats-Unis. Mais on donne souvent SEHINTONcomme date de naissance 1950. On dit qu’elle avait 17 ans lorsque paru son premier roman en 1967. Mais selon la biographie dans l’édition du livre lu, on dit que l’auteur avait 16 ans quand elle écrivit son premier roman en 1967.

Elle commença à écrire alors qu’elle était très jeune, alors qu’elle fréquente l’école Will Rogers High School. Ses premiers romans demeurent non publiés.

Son nom complet est Susan Eloise Hinton mais lorsqu’elle publia son premier roman, son éditeur lui suggéra de n’utiliser que ses initiales à la place de son nom complet. Il voulait ainsi éviter que les lecteurs et critiques ignorent que le roman – mettant en scène de jeunes garçons – avait été écrit par une jeune femme. Comme la plupart de ces romans sont écrit selon le point de vue d’un garçon, l’auteur décida par la suite de continuer à utiliser uniquement ses initiales. De plus, cela lui permet de séparer sa vie professionnelle d’auteur de sa vie personnelle.

Elle commença à écrire son premier roman « The Outsiders » alors qu’elle avait 15 ans. Plusieurs événements l’incitèrent à écrire ce roman. Grande lectrice, elle trouvait cependant qu’il existait peu de livres destinés aux jeunes lecteurs adolescents – les livres existants étant peu réalistes selon elle. Elle voulut écrire un roman qui s’adressait directement aux adolescents. De plus, après la mort de son père, elle devint solitaire et trouva rapidement refuge dans l’écriture.

Finalement, elle trouva l’inspiration dans sa réalité quotidienne. Tous les jours, elle pouvait voir dans son école, deux groupes s’opposer : les jeunes pauvres, les Greasers et les jeunes riches, les Socs. Ne faisant pas vraiment partie d’aucun groupe, ses amis faisant cependant partie des Greasers. Elle fut témoin des affrontements entre les deux groupes, et elle vit un de ses amis se faire battre par d’autres jeunes de son école. Cet incident la révolta et l’incita à partager sa colère et frustration envers cette division sociale. L’incident est également le point de départ de son premier roman. Elle voulut avec ce roman, mettre en mots ce dont elle était témoin tous les jours.

Il est intéressant de noter que alors qu’elle écrivait ce premier roman qui recevra divers prix et qui fut vendu à plus de 8 millions de copies, elle avait d’énormes difficultés à l’école et échouait son cours de création littéraire ! Le roman fut publié en 1967 par la maison d’édition Viking. Il devint rapidement un best-seller et S.E. Hinton un auteur important de la littérature jeune adulte.  

Le succès de son premier roman lui apporta la célébrité et beaucoup de publicité. Cependant les attentes étaient grandes de la part de son éditeur, des critiques et des lecteurs. Elle poursuivit ses études à l’Université de Tulsa en même temps qu’elle commença la rédaction de son deuxième roman. La pression qu’elle ressentait était cependant énorme et pendant trois ans, elle fut victime du fameux syndrome de la page blanche. Déprimée, stressée, elle était incapable d’écrire. Grâce à son copain – qui devint en 1970, son époux – elle réussi à briser son blocage. En effet, il l’obligea à écrire deux pages par jour.

En 1970, elle obtient son diplôme d’enseignement de l’Université et elle termine son deuxième roman : « That Was Then, This Is Now ». Il fut publié l’année suivante. L’auteur considère que ce roman est plus réfléchi et travaillé. L’histoire a pour thèmes la drogue et la délinquance et encore une fois, est présentée du point de vue d’un jeune garçon placé devant un choix difficile. SEHINTON2

Elle publia son troisième roman « Rumble Fish » en 1975, bien qu’il paru d’abord en 1968 sous la forme d’une nouvelle dans le journal de l’Université de Tulsa. D’autres romans suivirent « Tex » en 1979 et « Taming the Star Runner » en 1988. On compte en tout 8 romans pour jeunes adultes et l’auteur est souvent qualifié de porte-parole de la jeunesse. Elle est un auteur important de la littérature pour jeunes adultes et ces livres ont reçus de nombreux prix. Ses romans sont souvent enseignés dans les classes, bien que ils soient aussi souvent censurés ou bannis des bibliothèques scolaires.

En 1983, « The Outsiders » fut porté à l’écran par le réalisateur Francis Ford Coppola. S.E. Hinton participa à la version cinématographique de son roman. L’année 1983 est également marquée par la naissance, en août, de son fils, Nicholas David. D’autres romans sont également adaptés pour le cinéma.  

Elle continue d’écrire, mais ses romans ne sont plus uniquement destinés à des lecteurs adolescents. Ils ont maintenant d’autres public cible, notamment, les enfants (d’âge pré-scolaire ou scolaire) ou encore les lecteurs adultes. Mais comme tous ses romans, son inspiration demeure sa propre vie.

En 1988, elle reçut le prix « Margaret A. Edwards Award » qui est présenté par la Young Adult Library Services Association. Le prix est attribué aux auteurs dont les œuvres présentent les expériences et émotions des adolescents.

S.E.Hinton réside toujours à Tulsa avec son époux où elle continue à écrire.

Bibliographie :

  •  - The Outsiders (1967) – Roman « jeune adulte »
  • - That Was Then, This Is Now (1971) - Roman « jeune adulte »
  • - Rumble Fish (1975) - Roman « jeune adulte »
  • - Tex (1979) - Roman « jeune adulte »
  • - Taming the Star Runner (1988) - Roman « jeune adulte »
  • - Big David, Little David (1995) – Roman jeunesse
  • - The Puppy Sister (1995) – Roman jeunesse
  • - Hawkes Harbor (2004) – Roman
  • - Some of Tim’s Stories (2007) – Roman

Commentaires à suivre...

- sur l'oeuvre: ici, ici et ici

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Sources:

2 avril 2007

Ce vent printanier

Il y a quelques semaines, il faisait si beau. Le soleil de plus en plus chaud. Le thermomètre atteignant les 18º-20º C et au soleil, problablement plus. Un mois de février merveilleux et une première semaine de mars fabuleuse. Les barcelonais le manteau sous le bras, les touristes en gougounne et bermudas, les oliviers en fleurs, les oiseaux qui piaillaient tout excités de cette belle température.

VentEt puis, le mois de mars se termine en pluie et en vents... les températures baissent un peu, on retrouve le 13-14º C avec  même parfois des nuits plus froide que cela. On oublie, mais c'est pas mal toujours comme ça.

Et le vent se réapproprie donc sa ville. Il souffle sans arrêt dans les rues. Et transforme les journées légèrement chaudes en journées froides. Le vent s'inflitrant partout. Sous les vêtements, dans les cheveux, à travers les fenêtres mal isolées de Barcelone.

Les plantes de ma terrasse plient dangereusement. Les pots vides se promènent d'un côté à l'autre. Même les chaises ont décidé de se laisser bercer cette année. Les stores intégrés de toutes les fenêtres de tous les appartements - mes stores intégrés à mes fenêtres font un vacarmes incessant. Les vitres de mes fenêtres résistent par je ne sais quel miracle - les doubles fenêtres ne semblent pas être un concept connu ici.

Le vent m'a toujours fasciné. J'aime le vent. Le vent qui joue avec les feuilles des arbres, qui s'emmèle dans mes cheveux, même s'il me laisse complètement décoiffé.  Son mugissement est une musique sourde qui me rappelle de nombreuses nuits.

Évidemment lorsque c'est l'été, il n'est plus aussi fort, mais sa présence est toujours la bienvenue. Mais je dois avouer que ce vent printanier de Barcelone est envahissant. On dirait qu'il ne cessera jamais. Il est froid, fort et toujours présent. Les palmiers indiquant sa force et sa direction... principalement venant de la mer.

Ce vent de Barcelone m'annonce que bientôt il fera chaud... même s'il me semble que le soleil tarde à revenir.

12 avril 2007

Les archives de Pauline: Fait ton lit

Tous les matins, je me réveille et c'est la même histoire. Je reste cachée dans les couvertes, essayant de reporter le plus possible le moment du lever. Finalement, l'inévitable arrive et je me lève. Je cherche d'abord des bas car je n'aime pas marcher nu pied. Je m'habille ensuite mais avant même de me peigner ou faire quoi que ce soit d'autres, je fais mon lit.

C'est inévitable et obligatoire, je fais mon lit tous les matins. Je ne peux continuer ma journée sans faire mon lit. Tant que monLit lit n'est pas fait je me sens inconfortable. Ça m'obsède, j'y pense sans arrêt. Il faut que je fasse mon lit pour que ma journée puisse commencer. Et si pour une raison quelconque, je ne fais pas mon lit, cela me trottera dans la tête toute la journée.

C'est ainsi depuis plusieurs années, je dirais une bonne dizaine d'années. Et c'est encore plus important - et obsédant - depuis que je travaille de la maison. Je ne peux décemment passer la journée avec un lit défait.

Mais ce ne fut pas toujours ainsi. Loin de là. Je détestais faire mon lit. En fait, je ne le faisais jamais. Toute mon enfance et toute mon adolescente, je me suis battue avec ma mère sur le thème de mon lit.

Même début d'histoire... je me réveille et je reste cachée dans les couvertes, toujours dans l'optique de reporter le plus tard possible le moment de quitter mon lit. Et puis c'est le lever officiel. D'abord les bas et ensuite les autres vêtements. Mais ensuite l'histoire diffère. Ensuite, c'était le déjeuner, la coiffure, et le départ. Le lit, lui restait défait. Évidemment, régulièrement, j'entendait la voix de ma mère: "as-tu fait ton lit ?" et évidemment, je répondais non. Et je partais pour l'école. Quand je revenais, le lit était fait. Ma mère l'ayant fait après mon départ.

Mais la fin de semaine c'était un peu plus difficile. Je me levais et traînais en pyjama une bonne partie de la matinée. Et régulièrement, j'entendais ma mère me demander : "as-tu fais ton lit ?". Et quand elle passait devant ma fenêtre, elle disait et redisait "Fait ton lit?". Et chaque fois, qu'elle me disait de faire mon lit, je répliquais que ça ne me tentait pas. Et elle de répéter de faire mon lit, que ce n'était pas propre et ordonné, qu'elle ne pouvait supporter de voir ma chambre à l'envers avec mon lit défait. Et moi de rétorquer qu'elle n'avait qu'à fermer la porte de ma chambre. Et cela continuait des heures et des heures. Parfois je finissais par faire mon lit mais avec les années qui s'accumulaient sur mon adolescence, plus souvent qu'autrement, le lit restait défait. Si je partais, ma mère incapable de savoir le lit défait, même avec la porte fermée, ne pouvait résister et allait dans ma chambre faire mon lit. C'était plus fort qu'elle. Et je ne comprenais pas. Et je ne pouvais supporter cette phrase "fais ton lit !" C'était plus fort que moi... plus elle me disait de faire mon lit, moins je voulais le faire. C'était une question de principe... je ne voyais pas l'utilité de faire mon lit et je n'avais pas envie de le faire. La guerre du lit dura des années entre ma mère et moi.

Dans mon premier appartement, j'ai passé les premières années, le lit plus souvent défait que fait. Et personne pour me dire de faire mon lit. Mais bizarrement, petit à petit, j'ai commencé à faire mon lit. Quelques fois par semaine pour commencer. Et puis tous les matins. Et aujourd'hui c'est plus fort que moi. Il faut que je fasse mon lit. Je suis totalement incapable de savoir mon lit défait, même la porte fermée.

21 février 2007

Pont Aven

Un détour en France, il y a quelques temps, m’a mené vers un fort joli et très connu village du nom de Pont-Aven. Situé en Bretagne, non loin de Quimper, ce village est aujourd’hui célèbre, non seulement pour sa très grande beauté, mais par le fait PontAven1que cette beauté y a amené nombres d’artistes connus. Des noms plus anciens comme Corot et Gauguin mais également plusieurs artistes contemporains. Les galeries d’art se multiplient d’ailleurs dans le village.

L’arrêt fut imprévu – histoire de se ravitailler – mais le coup de foudre si fort, que le village fut visité deux fois. Une première fois de soir, et une deuxième fois le lendemain matin.

Le village n’est pas très grand. Mais son histoire marquée par les artistes qui y ont séjourné et qui y vivent encore peut être perçu dans chaque petite rue.

Les premiers artistes à découvrir ce village du Finistère en Bretagne viennent de l’Angleterre, de la Scandinavie et de l’Amérique. Le village est accueillant, le coût de la vie y est abordable et l’inspiration semble y venir naturellement. Rapidement, plusieurs peintres français, particulièrement parisiens viennent les rejoindre. Principalement citadins, les artistes viennent se perdre dans l’ambiance pittoresque de ce petit village breton. Maisons typiques, petit port accueillant, village animé et vivant, villageois (les Pontavenistes) souriants et ouverts aux visiteurs, le village est rempli de paysages charmants. Les artistes – et bientôt les visiteurs et touristes – y viennent donc rapidement en grand nombre. Les auberges et petits hôtels, restaurants, terrasses et cafés s’y multiplient pour loger et nourrir tous ces visiteurs.

Plusieurs artistes connus viendront à Pont-Aven dont tout d’abord plusieurs peintres académiciens. Ceux-ci feront connaître le village en offrant des peintures surtout inspirées par les costumes, les gens et les paysages bretons.

_coleAven1Corot y a aussi séjourné en 1862, ainsi que beaucoup d’autres peintres, dont le plus célèbre est sans doute Gauguin, qui s’y installe pour une première fois en 1886. Gauguin qui a prit activement part au mouvement impressionniste, ami de Pissarro et autres peintres impressionnistes, est amené à Pont-Aven par Jobbé-Duval. Ce dernier, bien qu’il soit originaire de la région et qu’il ait introduit Gauguin en Bretagne a peu de lien avec les sujets bretons.

Gauguin s’installe dans le village en 1886, dans ce qu’il appelle « un petit trou pas cher ». Il exploitera la lumière et les paysages de la Bretagne avant de quitter pour la Martinique. Il reviendra cependant à plusieurs reprises à Pont-Aven et participera avec d’autres peintres – entre autres Émile Bernard et Paul Sérusier – à ce qu’il est maintenant convenu d’appeler  "l'école de Pont-Aven".

L’école de Pont-Aven prend forme dans le cloisonnisme et le synthétisme. Il y a une recherche d’une peinture plus primitive, une peinture simplifiée, une volonté d’exalter la couleur.

Le cloisonnisme, nettement inspiré du vitrail, se définit par une technique qui trace les contours des_coleAven2 figures avec de grands traits foncés, isolant ainsi les éléments. La couleur est ensuite appliquée en larges aplats. On ne voit pas nécessairement de perspective. Les couleurs, habituellement très vives, sont ainsi mises en valeurs. Gauguin avait une nette préférence pour le bleu lorsqu’il utilisait cette technique.

Les peintres vont ensuite « créer » et « explorer » le synthétisme qui s,inspire du cloisonnisme. On simplifie les formes et on mise plus sur la suggestion, plutôt que la description. On va de plus en plus à l’essentiel, on simplifie la technique, on élimine les détails superflus qui ne m’ont pas une signification. Seuls les détails qui sont importants, qui transmettent l’idée et le message de l’œuvre sont conservés. On peut reconnaître une femme dans un personnage même sans les détails anatomiques, on voit une maison dans un dessin, même sans les portes et fenêtres…

Le tableau « Les bretonnes dans la prairies verte » d’Émile Bernard est un des premiers tableaux à utiliser ce style de peinture.

On dit que la peinture de Pont-Aven est poétique, douce. On souligne aussi une volonté de « peindre de mémoire » et non une représentation fidèle. À la suite de Gauguin et des premiers artistes à venir à Pont-Aven, d’autres artistes s’inspirèrent de cette première école. Ils découvrent les toiles de Gauguin, et à partir de 1889, ils forment ce qui est convenu d’appeler les « Nabis », c’est-à-dire les Prophètes de cette nouvelle forme de peinture. Ils se sentent libres des contraintes académiques, ils osent…

À cette époque et après, Pont-Aven a inspiré nombres d’artistes, peintres et écrivains. On retrouve des noms comme Fauché, Mauffra, Botrel, et beaucoup d’autres.

Pont-Aven attire de nombreux artistes et visiteurs… ce succès change un peu l’atmosphère et le visage du village. Il sera délaissé peu à peu – trop de monde, trop populaire. Mais les artistes n’ont jamais vraiment quitté Pont-Aven… il suffit de voir les galeries et les nombreux artistes qui peuplent encore aujourd,hui le village.

Sources :

- http://www.pontaven.com/
- http://terresdelegendes.monsite.wanadoo.fr/page4.html
- http://perso.orange.fr/art-deco.france/pontaven.htm
 

- Voyage en Bretagne / Serge Duigou. – Éditions d’Art – Jos Le Doaré, 1999. – 144 p. : ill. – ISBN 2855432138.

24 février 2007

Château de Cheverny

Pourquoi ne pas continuer dans ma lignée des châteaux…

J’ai pu visiter le Château de Cheverny lors de ce même voyage qui m’a mené dans diverses régions de la France enCheverny_P1 septembre 2006. Nous avions déjà vu quelques châteaux lors de ce voyage, la plupart dans la fameuse région de la Loire. Il y a beaucoup de châteaux à visiter et tant d’histoires à apprendre sur ces lieux.

Cheverny nous a semblé bien "petit" à côté d’autres châteaux de la Loire mais fort joli !  Le plus impressionnant selon moi, demeure le fait que contrairement aux autres châteaux que nous avons visités, Cheverny est encore habité ! Le château de Cheverny n’est pas une demeure royale mais bien une demeure privée. La famille du marquis de Vibraye – descendant de la famille Hurault - y vit maintenant depuis 1824... Il y avait même des photos récentes d'eux sur des meubles. Évidemment, on ne peut visiter tout le château... que les pièces qu'ils ont ouverts au public -histoire de pouvoir s’offrir une vie de château... Le château est ouvert au public depuis 1914.

Le château de Cheverny appartient à la famille Hurault depuis le XIVe siècle. Les terres furent en effet achetées par le Comte de Cheverny, Henri Hurault, qui était le lieutenant-général dans l’Armée du Roi Louis XI ainsi que son Trésorier Militaire.

Cheverny2_PLe château fut vendu à quelques reprises. Une première fois en 1528.  Le château avait été en effet récupéré pour cause de fraude et le roi Henri II le donna à Diane de Poitiers, sa maîtresse. Cette dernière préféra le Château de Chenonceau et vendit le château au fils du premier propriétaire, Philippe Hurault. D’autres textes disent cependant que la saisie du château avait été jugée illégale, fut annulée 30 ans plus tard et le château retourna à la famille Hurault.

Du premier château fortifié, il ne reste possiblement plus rien. D’autres constructions auraient été élevées au même emplacement. Le château actuel fut construit par Henri Hurault, gouverneur de Blois et comte de Cheverny entre 1625 et 1634. Ce serait l’architecte Jacques Bougier qui réalisa le château – mais qui décéda avant de le terminer. Contrairement à plusieurs châteaux de l’époque, Cheverny n’est pas un château de la Renaissance. C’est d’ailleurs un des premiers châteaux à adopter le style Classique de Louis XIII. La symétrie y domine complètement ainsi que la blancheur de ses pierres. L’inspiration pour sa construction est apparemment le Palais du Luxembourg à Paris.

L’aspect du château a peu changé depuis et il conserve de plus la plupart de son mobilier et décoration datant du XVIIe siècle.

Une deuxième vente eut lieu en 1755. Le château fut racheté par Victor Hurault en 1824. Mais l’histoire complète du château me semble longue et plusieurs récits se contredisent. Une recherche plus poussée devrait être réalisée pour réellement connaître l’histoire des lieux et de ses habitants.

La visite du château est très intéressante et permet de voir des pièces complètement meublées et habitables. Plusieurs œuvres – tableaux, tapisseries, etc. - peuvent être également admirées. La bibliothèque peut également être visitée – à mon plus grand plaisir !!! On peut également voir une salle d’arme très intéressante.

TintinLe château nous apparaît donc un peu différent des autres châteaux de la Loire, c’est un site plus classique... Et les fans de Tintin - et j'en suis une !- reconnaîtront sans peine ce château !!! C'est le château qui a inspiré Hergé pour créer le Château de Moulinsart... le château apparaît dans plusieurs aventures de Tintin et appartient au professeur Tournesol même si le Capitaine Haddock  fait figure de propriétaire!

Notre visite s'est terminée par une courte visite du parc entourant le château – un jardin d’ornement et d’agrément (qui remplace l’ancien jardin français), une orangerie, un jardin anglais, une grande allée, un cours d’eau. Dans ce parc se trouvent d’autres bâtiments dont le fameux chenil – haut lieuChiens2_P de Vènerie - qui héberge une cinquantaine de chiens de chasse. Les chiens de Cheverny sont célèbres et sont entraînés pour la chasse à courre.

Sources :

http://www.linternaute.com/sortir/chateaux-loire/8.shtml

http://www.chateau-cheverny.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Cheverny

 

24 janvier 2007

Le Château de Chenonceau

Lors d'un voyage que j'ai fait récemment en France, j'ai pu visiter ces châteaux dont on entend tellement parler. Tellement... qu'on a parfois l'occasion que cela ne vaut plus la peine d'y aller ! C'est tellement touristique, si connu, si visité... cela en est presque honteux.

Mais j'aime l'histoire, j'aime voir les endroits sur lesquels j'ai lu et je me moque des racontars et des bien-pensants... Et j'aime voir par moi-même si cela en vaut la peine ou non. Si cela en vaut la peine pour moi... Et donc, nous nous sommes dirigés vers la Loire... cet endroit qu'on Chateau1nomme en levant les yeux... vous savez ces châteaux trop "in". ;)

Premier château de notre visite dans cette fameuse région, et c’était une fantastique introduction. Nous en avons visité plusieurs, mais je crois que de l’extérieur, il reste le plus impressionnant par sa construction. Il est construit directement sur le Cher. Le Château de Chenonceau est magnifique et ses jardins également.

Le château de Chenonceau est également appelé le « Château des Dames » à cause des femmes qui ont marqué son histoire. Construit entre 1513 et 1521 sur les bases d’une ancienne forteresse médiévale – qui avait remplacé un modeste manoir - par Thomas Bohier, receveur général des finances, c’est surtout sa femme Katherine Briçonnet qui fait poursuivre les travaux.

Le château d’alors est beaucoup plus petit. Le château sera cédé au roi François 1er, en 1535 pour payer les dettes que Bohier avaient laissé à sa mort.   En 1547, le roi Henri II va offrir Chenonceau à sa maîtresse Diane de Poitiers, qui fera prolonger le château sur le Cher. Elle fit également aménagé les magnifiques jardins. Elle ne pourra pas terminer son projet, puisqu’à la mort de Henri II, en 1550, la reine Catherine de Médecis oblige la favorite de son époux à échanger Chenonceau pour le château de Chaumont. Catherine de Médecis poursuivra cependant les travaux entrepris selon d’autres plans et donne au château, vers 1580, l’aspect qu’on lui connaît. 

D’autres femmes ont marqué l’histoire du « Château des Dames ». Entre autres,  Louise de Lorraine, épouse de Henri III quichateau2 y demeura en portant le deuil de son mari. Lorsque le château fut acheté en 1733 par un fermier général, sa femme, Louise Dupin y tint un salon où Voltaire, Rousseau, Marivaux et Montesquieu se rendirent régulièrement. En 1864, une autre femme, Marguerite Pelouze, devint la propriétaire des lieux.

Autres noms de femmes qu’on associe au château : Marie Stuart qui y épousa le dauphin François, qui à la mort de son père devint le roi François II , Marguerite de France, Marie de Médicis, Élisabeth d'Autriche et Élisabeth de France.

L'histoire du Château est évidemment très longue et fort intéressante. Plusieurs sites et livres nous proposent l'histoire de Chenonceau et de ceux qui y sont passés.

En 1913, Henri Menier l'acheta et encore aujourd'hui, le château appartient à ses descendants. C'est donc une propriété privée que l'on visite.  Son histoire contemporaine est surtout marquée par son utilisation comme hôpital pendant la Première Guerre mondiale, et par le fait que lors de la Deuxième Guerre Mondiale, il était situé sur la ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone libre.

Nous avons malheureusement dû visiter rapidement le château et ses jardins car nous étions en fin de journée, mais ce fut suffisant pour nous donner une vue d’ensemble de ce magnifique site.

Pour arriver au Château, nous devons emprunté une longue allée et nous avons d'abord droit à une vue de face. Le château m'a surpris car il était plus "petit" que je ne l'aurais cru. Mais sa vue de côté, avec le château sur le Cher a tôt fait de me plonger sans son histoire. Je n'ai pas pu faire la longue visite, mais j'ai tout de même pu assez le visiter pour m'imprégner de ce Château des Dames et de leur vie si mouvementée... Je ne l'oublierai pas...                                               

9 décembre 2006

Quelques flocons en moins

Et bien oui... je l'avoue, j'aime la période des Fêtes... j'aime Noël.  Et j'aime tout ce qui entoure cetteNoel2 période... J'aime les décorations, j'aime les rues illuminées, j'aime les repas traditionnels, j'aime la musique et les chansons, j'aime les contes et j'aime même les repas de famille -même lorsqu'ils sont longs et pénibles et j'aime même les magasins bondés - même lorsque j'ai envie de pousser les gens hors de mon chemin !

J'aime chercher le cadeau qui pourrait peut-être faire plaisir, j'aime faire mes tourtières et mes biscuits au beurre, j'aime passer mes journées à décorer, à faire et défaire les lumières dans le sapin pour qu'elles soient exactement au bon endroit...

Et je ne suis pas du genre à faire mes propres décorations... même si je trouve très bien ceux et celles qui le font, mes décorations proviennent toutes de magasins... même celles que j'ai "volées" à ma mère, lorsque je suis partie vivre en appartement.

Je comprends que cette période puisse être difficile pour certains, mais je ne comprends pas qu'on puisse mettre systématiquement cette saison dans la catégorie "chose à détester". Je sais... je sais... beaucoup de gens qui profitent commercialement de cette saison... beaucoup de gens qui reçoivent pour paraître... et je sais, je sais, on a pas besoin de Noël pour se dire et pour faire...

Mais j'aime cette période... je n'y peux rien... et je suppose que cela vient de mon enfance... tant de souvenirs... et pas tous agréables ! Mais tout de même... j'aime me promener dans les magasins à la recherche des décorations qui s'ajouteront à ma "collection", j'aime jouer des coudes dans les boutiques pour trouver le cadeau qui fera "peut-être" plaisir... j'aime sortir mes biscuits du four... j'aime mettre la table pour recevoir ou arriver avec ma bouteille chez les parents ou les amis... avec ma nouvelle robe...

J'aime entendre le beau-frère dire ces stupidités et j'aime même me retenir afin d'éviter de lui dire ses quatre vérités. J'aime voir la neige -bon il n'y en aura pas ici à Barcelone- sur les sapins et voir le lac complètement glacé... chercher les patins que je n'utilise qu'une fois par année...

Je suis foncièrement "kétaine"... je le sais... mais je n'aime pas les gens qui vont détester cette période uniquement parce que c'est "in" de la détester... Je crois qu'on comprend cette période selon ses souvenirs mais je crois qu'on peut aussi la réinventer.

Ma mère aimait Noël et je crois bien qu'elle nous a appris à aimer ce temps... peu importe nos croyances, peu importe les chicanes... à Noël... on devait arrêter de penser à nous, et penser aux autres... Ici, à Barcelone... je suis un peu plus isolée... mais je ne lâche pas et je vais continuer à sortir mes décorations choisies de façon très attentionnée dans les magasins, à écouter mes chansons kétaines et à faire mon souper de Noël...
Ce ne sera pas le dernier post de Noël... ;p

Post également présent sur d'autres lieux 

2 novembre 2006

L'évangile de Marie: Myriam de Magdala

L'évangile de Marie: Myriam de Magdala / Évangile copte du IIe siècle traduit et _vangileMarie
commenté par Jean-Yves Leloup
. -- [Paris]: Albib Michel, c2000. -- 225 p. : ill ; 18 cm. -- (Spiritualités vivantes) ; 177. -- ISBN 2-226-11731-8

Résumé / Verso 

« Le corpus des Évangiles s’est enrichi, depuis la découverte des manuscrits de Nag Hammadi, de nombreux textes fascinants attribués à Thomas, Philippe ou encore Pierre. Parmi eux, « l’Évangile de Marie » est le seul attribué à une femme ; écrit vers l’an 150, il est aussi un témoin précieux de ce christianisme primitif que la traduction de Jean-Yves Leloup, théologien orthodoxe et philosophe, nous permet d’approcher. Myriam de Magdala, cette Marie Madeleine qui fut le premier témoin de la Résurrection, transmet ici les enseignements secrets qu’elle a reçus en vision. La pécheresse des Évangiles canoniques se rélève alors comme l’amie intime de Jésus, édtentrice d’une parole cachée même aux apôtres… »

Commentaire personnel 

Indépendamment de ses croyances personnelles, ce livre est vraiment très intéressant et pertinent. Cet évangile, apocryphe mais reconnu, est pratiquement ignoré du public. Et pourtant, il s’agit d’un des textes fondateurs du christianisme puisqu’il date – supposément - d’environ l’an 150. Que l’on soit chrétien ou non, on ne peut nier l’impact de ce texte sur notre société et notre culture. Nous avons ici, un évangile partiel mais qui je crois nous « parle » infiniment plus que les évangiles connus.

Il est « écrit » par une femme qui aurait été un témoin direct de l’enseignement mais également de la résurrection (après tout Renan ne dit-il pas : « tout le christianisme est né de l'imagination d'une femme») de cet homme qui a tout de même laissé un message important –que l’on croit à son existence réelle ou non. Le texte nous présente cette femme comme un témoin direct et une amie intime de cet homme. Il nous présente également une parole différente…

Nous avons d’abord le texte en tant que tel : texte grec et traduction, puis un commentaire très détaillé. Jean-Yves Leloup est un théologien, philosophe et spécialiste de spiritualité. Son commentaire est assez juste dans son ensemble et permet une réflexion personnelle.

Le texte est « différent »… je souligne entre autre : Jésus est nommé Enseigneur (ce qui change beaucoup de chose), « comprenne qui pourra », le « noûs », l’imagination, l’imaginal… Ce texte nous présente l’enseignement de cet homme d’une toute autre façon… Et il nous présente la relation de cet homme avec cette femme d’une toute autre façon : intimité –pas nécessairement charnelle, mais peut-être. De toute façon, il nous présente le rôle de la femme au même niveau (et même au premier plan) que celle de l’homme dans la transmission des paroles de ce Jésus. Et des sentiments, émotions, traits purement humains sont rétablis dans la façon de voir cette spiritualité.

Mais finalement ce qui m’a le plus frappé, c’est cet apport de l’imagination, imaginal et ce « noûs »… choses qui sont complètement occultés de ce qu’on nous montre habituellement de cette spiritualité.

Et en conclusion, peu importe notre spiritualité (et pour la petite histoire, je suis résolument non chrétienne, même si cette culture spirituelle me fascine), je crois fermement que pour notre culture générale, pour élargir nos connaissances magickes, ce livre est extrêmement intéressant… La lecture du livre peut (et d'après moi doit) être faite en dehors de tout contexte ou croyances religieux catholique (ou autre)... Les idées véhiculées dans le texte - et dans son analyse - sont très intéressantes et peuvent mener à une réflexion philosophique, sociologique, et éventuellement magicke...

Que ce soit un évangile ou non, qu'il soit écrit par un "témoin" de l'existence potentiel d'un prophète ou non... n'a aucune importance pour apprécier les idées du livre.

Texte de l’Évangile disponible ici:  http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/marie.html


Source de l'image: http://www.renneslechateau.com/librairie/relig-leloup.htm

© 2006 Laila Seshat

20 janvier 2009

Et voilà que ça fait 5 ans

20L'année dernière, je soulignais mes 4 ans à Barcelone. Et je précisais que notre objectif quand nous sommes venus vivre ici, c'était 5 ans. Pourquoi 5 ans ? Et bien, décider de vivre à Barcelone n'avait pas été facile. Quitter nos emplois, quitter nos familles, nos amis, notre appartement, notre ville, nos vies tout de même bien agréables... ce n'est pas si évident que ça. Même quand c'est notre choix. Et puis, déménager sur un autre continent, ce n'est pas de la tarte, je peux vous l'affirmer. Donc, on ne partait pas pour 1 ou 2 ans, c'était certain.

Et puis, parce que cela nous semblait une période acceptable pour vraiment connaître la vie ici. Pour connaître cette ville, ce pays, cette culture, un bon 5 ans nous semblait correct.

Et bien ce 5 ans vient d'arriver. Cela fait 5 ans, que je vis ici. Cinq années qui me semblent parfois une éternité, mais qui parfois me semblent avoir été bien courtes. N'est-ce pas hier que j'arrivais à Barcelone avec mon chat et mes bagages et que j'attendais l'arrivée de mon PisTout? Mais d'un autre côté, cela semble si loin, cette époque où j'habitais sur la rue Chateaubriand à Montréal ! Le temps est si approximatif dans sa mesure...

Et maintenant ? Et bien, c'est une réflexion qui s'amorce. Rester ici encore ? Quitter vers un autre pays ? Retourner au Québec ? Nous ne sommes certains de rien... "C'est bien vous ça", que disent nos amis et nos familles !!! "Toujours sur une patte, toujours à vouloir changer, pas capable de rester tranquille" disent-ils tout haut "Toujours à se compliquer la vie" disent-ils tout bas.

Nous verrons bien... rien de décidé, rien de certain... mais pleins d'étoiles sur le chemin...

10 mars 2009

La secte des égoïstes de Schmitt - Suite

La secte des égoïstes / Éric-Emmanuel Schmitt. -- [Paris] : Albin Michel, 2007. -- 124 p. ; 18 cm. -- ISBN ego1978-2-253-14050-4. -- (Coll. Livre de poche; 14050)

Résumé

Un chercheur travaille à la bibliothèque Nationale. Il est fatigué et décide de prendre une pause de son long travail de recherche. Il décide en fait de lire n'importe quoi pour se changer les idées. Il choisit au hasard une fiche et demande le livre. Dans un Dictionnaire patriotique inconnu du chercheur et publié en 1798, il lit, encore au hasard, l'article sur l'égoïsme. C'est ainsi qu'il découvre Gaspard Languenhaert, fondateur d'une étrange Secte des Égoïstes et qui publia un ouvrage intitulé Essai d'une métaphysique nouvelle. Languenhaert soutien la thèse fantaisiste et égoïste que seul lui existe et que le monde n'est que son propre fantasme. Fasciné par Languenhaert et ses idées - qu'il partage - le chercheur laisse de côté ses propres travaux et entreprend de découvrir tout ce qu'il peut sur ce philosophe méconnu du 18e siècle. Ses recherches sont cependant difficiles et un mystère semble entouré Languenhaert et sa supposée Secte.

Commentaires personnels

La secte des égoïstes est publié en 1994; Eric-Emmanuel Schmitt laisse alors temporairement de côté l'univers du théâtre pour écrire son premier roman. Roman qui se veut une analyse pastiche des théories philisophiques des derniers siècles, Schmitt nous livre ici sa version des idées en vogues au 18e siècle. D'ailleurs, qui n'a pas déjà réfléchi à la réalité du monde... qui ne s'est pas déjà questionné sur le monde qu'il perçoit ? Le monde tel qu'on le perçoit est-il le même que pour les autres ? N'est-il pas uniquement une création de notre imaginaire ? Ou alors une simple projection de notre pensée ? Plusieurs ont eu ses pensées... certains ont écrits des thèses, des analyses, des textes philosophiques... sur le sujet. Schmitt nous a offert ce court roman.

Le roman nous permet de suivre les recherches du narrateur qui devient complètement obsédé avec ce philosophe inconnu, ses théories égoïstes et sa Secte mystérieuse. Il tente de trouver de l'information mais sa recherche est difficile. On semble avoir oublié - voire effacé - toute trace de ce Languenhaert. Mais chaque fois qu'il croit être devant une impasse, on lui donne mystérieusement une nouvelle piste. Petit à petit, au cours de ses recherches, il apprend qui était cet homme et comprend comment lui-même rejoint les pensées et théories du philosophe. Nous suivons pas à pas le narrateur et on lit ses pensées et ses doutes.

Le roman de Schmitt n'utilise pas une idée neuve. On a déjà utilisé le thème dans nombres d'ouvrages - scientifiques, philosophiques et de fiction. On peut certainement même dire qu'on y a tous sûrement déjà réfléchi !!! Le style de Schmitt est cependant très efficace et on suit le chercheur avec un certain intérêt. La lecture est rapide et intéressante. Cependant, je ne peux dire que j'ai véritablement aimé le roman. Ce qui m'a profondément attristé. J'aime beaucoup cet auteur. Et j'ai beaucoup aimé toutes les oeuvres que j'ai pu lire de Schmitt. Son premier roman m'a cependant déçu. (Et je suis bien heureuse que ce ne fut pas ma première lecture de l'auteur!)

L'idée me semblait intéressante - même si sur-utilisée - et je me disais que l'auteur la transformerait, se l'approprierait dans son style que j'aime tant, dans son écriture si percutante... Mais il ne la transforme aucunement. Et même si l'intrigue m'a intéressée et que j'ai suivi les recherches pour en apprendre plus sur le philosophe... les indices apparaissaient de façon improbable et prévisible. Je m'attendais à moins de lieux communs de la part de Schmitt. La fin surtout m'a semblé convenue et très très prévisible.

Je n'ai pas retrouvé le charme et la plume qui m'emballent habituellement à la lecture des oeuvres de cet auteur. Ce qui ne veut pas dire que le roman est inintéressant... c'est plutôt une question de déception personnelle. J'ai cependant beaucoup aimé sa description du chercheur, de la quête, des doutes et de la lassitude qui peuvent l'assaillir. Et j'ai bien aimé les doutes qui envahissent même le philosophe sur sa propre théorie égoïste, les scènes dans les salons du 18e siècle ainsi que le parallèle avec le prophète incompris. Enfin, ce n'est que ma perception de l'oeuvre et qui dit que raison ne rime pas avec folie, cela rime bien avec incompréhension ;) Et j'imagine probablement que je n'ai pas aimé ce petit roman tout philosophique !!!

L'avis de Nanne, Aelys, Benjamin et Owen.

Voir aussi le premier article: La secte des égoïstes de Schmitt.

Citations

"Ainsi un homme, un jour, dans l'histoire du monde, avait théorisé ce que j'éprouvais si souvent, ce sentiment qui m'avait gagné tout à l'heure... l'impression nauséeuse que les autres et les choses n'existaient pas... l'idée d'être la seule conscience vivante, perdue au milieu d'un univers de songes... ce doute, ce doute moite, cotonneux, envahissant, qui vide le réel de sa réalité..." p. 12

Sources


11 mai 2008

Les archives de Pauline: Ma mère chantait toujours...

Il y a des chansons que me chantait ma mère. Ces chansons, elle les fredonnait surtout à l'heure d'aller au lit. J'avais beaucoup de difficulté à me coucher de bonne heure. Je ne voulais jamais aller au lit. Et je ne voulais jamais me lever le matin. Comme ma mère… Ma mère se couchait toujours très tard et aimait rester au lit le matin. Mais une petite fille doit se coucher tôt…

MamanElle venait donc, tous les soirs, s'asseoir sur le bord du lit pour me lire une histoire. Mais cela ne suffisait pas. J’étais trop attentive à l’histoire. Elle me chantait alors des chansons pour essayer de m’endormir. Elle avait une voix douce qui parfois n’avait pas la note juste mais qui pour mes oreilles était parfaite. Souvent, les chansons ne suffisaient pas non plus à m’endormir… j’aimais trop les entendre. Elle me caressait alors le bras ou le dos pour essayer de me calmer pour que je puisse dormir enfin.

Elle chantait ainsi tous les soirs. Parfois aussi le jour pendant qu’elle faisait le ménage ou les repas. Elle chantonnait aussi quand on allait se promener.

Ces chansons qu’elle chantait, je m’en souviens très bien. Et je peux les chanter aussi. Je le fais parfois. Ces chansons, ma sœur et moi, nous les lui avons chanté un après-midi, alors qu’elle était aux soins intensifs. Nous lui rendions visite et sans trop savoir pourquoi, nous avons parlé de ces chansons… et nous les avons chantés, doucement, en faussant légèrement. Quand nous sommes parties, elle souriait. Et puis, ce soir-là, elle s’est endormie pour ne pas se réveiller.

Les chansons qu’elle chantait étaient toutes des chansons connues et que j’ai pu retrouver… pour m’apercevoir que souvent elle les avait modifiées… souvent plus courtes, quelques paroles différentes… au gré de sa mémoire, je suppose. Quand je chante ces chansons, je les chante comme elle les chantait… et parfois comme ma mémoire me les rappelle. Ces chansons existent donc pour moi de différentes façons… sur mes disques dans leur version originale, dans ma mémoire dans leur version maternelle…

« Une chanson douce
Que me chantait ma maman,
En suçant mon pouce
J'écoutais en m'endormant.
Cette chanson douce
Je veux la chanter aussi,
Pour toi, ô ma douce,
Jusqu'à la fin de ma vie,
Jusqu'à la fin de ma vie.
»

6 mai 2008

J'ai les yeux qui s'ensommeillent

J'ai les yeux qui dorment. Peu importe le nombre d'heures de sommeil, peu importe l'heure à laquelle mon lit m'accueille. Je m'endors pendant la journée. Les yeux refusent de rester ouverts. Ils participent à la journée mais picotent et brûlent. Ils me disent qu’ils seraient mieux fermés.

Le soleil m’agresse. L’été, il est trop chaud, et l’hiver trop éblouissant. Et pourtant, je l’aime bien ce soleil quand je meFatigue promène, quand je joue au jardinier ou quand je vais visiter la mer. Mais il est si méchant pour mes yeux.

Mais les nuages sont également dangereux. Les journées grises m’incitent à visiter le lit. Et la pluie me chante des berceuses pour m’endormir.

Je travaille. Les yeux sur mon écran d’ordinateur. La fenêtre devant moi. Les yeux plissés par la clarté. Je frotte mes paupières, j’essaie de rester insensibles à leurs prières de fermeture temporaire.

Je ne dors bien que le matin. Peu importe le nombre d'heures de sommeil, peu importe l'heure à laquelle mon lit m'accueille… Quand le jour pointe son matin par la fenêtre, je m’endors finalement d’un sommeil profond. Et donc, mes matins sont difficiles. Je ne peux quitter le lit qu’en versant des larmes imaginaires. Et en rêvant de rester enveloppée dans ces couvertures si douces pour encore quelques heures.

Je ne suis pas matinale, je suis nocturne. Et j’ai les yeux qui refusent d’arrêter de dormir pendant le jour.

J’ai les yeux qui dorment. Irrités de ne pas pouvoir suivre leur désir de noirceur. J’ai les yeux fâchés. Car je ne peux dormir les matins.

... disons simplement que j'ai sommeil …

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