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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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15 octobre 2011

Les araignées bleues

"ara2Les araignées bleues y'en a pas chez nous [...]

Des fois, j'ai peur un peu, des fois, j'ai peur beaucoup, des fois, j'ai peur un peu mais des fois je n'ai pas peur du tout..."

C'est faux... j'ai toujours peur des araignées peu importe leur couleur. Et je ne comprends pas pourquoi. C'est une peur viscérale. Et même si j'essaie de me raisonner, c'est absolument impossible.

Aujourd'hui à 40 ans, je suis à peine capable de tuer les toutes petites araignées. Vous savez les minuscules, à peine plus grande qu'une puce. Car il y en a certaines petites qui sont méchantes... celles qui sautent, vous savez. Les vilaines.ara1

Mais les plus grosses. Je ne peux pas les tuer. Alors on oublie de les prendre et les remettre dehors. Et j'avoue que je me débarrasse de celles qui sont dehors aussi, si elles sont trop proches de chez moi. J'avoue honteusement que j'appelle PisTout s'il y a une araignée à tuer. Et si je suis seule ? Alors, je prends beaucoup beaucoup beaucoup de papier... parfois, je suis cruelle et je vaporise... n'importe quoi, du moment que c'est toxique, et alors la pauvre tombe et je me sens capable de la tuer. Parfois, j'utilise tout simplement la balayeuse... Ce qui est aussi assez cruel quand on y pense. Pour l'araignée mais pour moi aussi. Car ensuite, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle réussira à sortir du sac et cherchera à se venger.

Oui, je sais, c'est absolument horrible et je me sens bien mal d'être absolument incapable de voir une araignée vivante. Mais je ne peux vivre avec l'idée qu'une de ces bestioles puisse être près de moi.

Et je ne comprends vraiment pas d'où me vient cette peur. Car ma mère n'avait absolument pas peur des araignées. Donc, ce n'est pas de voir ma mère crier à la vue d'une araignée que j'ai développé ma peur de ces bestioles. Quand je criais "maman, une araignée", elle roulait des yeux, se levait et venait l'écraser. Et si elle ne trouvait pas de papier ou chiffon à portée, elle écrasait avec le doigt... ou si elle était trop grosse, elle la prenait dans sa main et la mettait dehors... brrrr... juste de me rappeller de ces images, je frissonne.

Donc... je me questionne... Pourquoi, d'aussi lontemps que je me rappelle, j'ai peur des araignées ? Aucune idée. Et je ne sais trop ce que je crois qu'elles vont me faire, au juste. Bon, il y en a qui mordent mais très peu. Et c'est rarement dangereux. Et bon, je me fais tellement piquer par les insectes qu'une morsure d'araignée ne me dérange pas vraiment. Quand je crie lorsque je vois une araignée, ce n'est pas que j'ai peur qu'elle me morde... J'ai peur d'elle tout simplement. Et je ne sais pas pourquoi.

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1 février 2012

Dans ma tête, je m'imagine...

 

Dans ma tête, je m'imagine...
des escaliers qui se dévalent en boule ...

Escalier

Des marches se profilent par le haut par le bas
droites et spiralées

Des escaliers se cachent dans ma tête et s’amusent dans mes jambes

Ils peuvent parfois sembler sans fin
Et pour découvrir où l’escalier nous mènera
il faut le gravir et il faut le descendre
il faut l’escalader ou il faut le débouler

Une marche apparaît aussitôt une franchie
s’additionnent, se divisent et se multiplient à l’infini

Devant un escalier
il ne faut pas se décourager
il faut tout simplement
le prendre
une
marche
à
la
fois

12 mai 2011

Se noyer dans son jardin

Et bien oui... Je me suis complètement perdue ces derniers temps, dans ma cour ! Chaque moment sans pluie fut passé surDSC_1536_copy le terrain à racler, semer, éclaicir, cisailler, planter, désherber. Et donc, je suis un peu moins présente.

Mais j'ai lu, et j'en parlerai bientôt.

Et puis, je dois avouer que j'ai de la difficulté à me réadapter à des horaires plus "normaux". Je suis pas quelqu'un de matinal. Je ne l'ai jamais été, et je l'ai accepté il y a de nombreuses années. Je dis "accepter", car pendant très longtemps, je me suis sentie coupable de me lever tard - quand je le pouvais, évidemment. Mais c'est ainsi... depuis que je suis toute petite. Le matin, je suis incapable de me lever et surtout je suis incapable de me "réveiller". Je suis donc un zombie pendant les premières heures de la journée. Et cela n'a aucun rapport avec l'heure à laquelle je vais au lit. Je suis fonctionnelle le soir et la nuit. Mais j'essaie de me coucher tôt... pour être en forme le matin. Sans succès. Mon horloge ne veut rien savoir.

Sauf, que quand j'étais plus jeune. Même si mes matins étaient difficiles, quand venait le soir, je me réveillais complètement. Maintenant, c'est différent. Le soir, je cogne des clous... le matin aussi... et tout le temps ! Lorsque j'étais à Barcelone, j'avais des horaires plus adaptés à mon cycle... je me couchais tard, et je me levais plus tard... Mais ici, c'est impossible. Donc... je suis constamment endormie... ce qui explique donc que le soir, je suis incapable d'écrire. Et le soir était mon moment préféré pour gribouiller.

Mais... c'est mon jardin le grand responsable. Comme en ce moment... j'écris à toute vitesse pour pouvoir sortir enlever d'autres mauvaises herbes... Pendant qu'il fait encore soleil...J'adore "jouer" dans mon jardin, m'occuper des plantes et des fleurs, et bientôt de mes légumes. Je m'ennuyais tellement d'avoir une cour. Des pots sur une terrasse avec des fleurs qui sèchaient systématiquement au soleil à partir du mois de juillet, ce n'était pas assez pour moi !

Et puis, je veux passer chaque minute que je peux à l'extérieur ! Même si j'adore l'hiver, le printemps est magique ici, et comme les bourgeons, les gens s'éclosent au soleil ! Tout le monde dehors ! Moi y compris.

On annonce de la pluie pour les prochaines jours, incluant la fin de semaine... je trouverai bien un petit moment pour écrire !!! :D

2 janvier 2012

En cette deuxième journée de 2012

Il est arrivé et il est reparti ce Jour de l'An et j'y aie survécu !!!

Voyez-vous ce fut un Temps des Fêtes festif mais occupé. Après les soupers de Noël, on aurait pu penser que c'était le temps de se DSC_5180_copyreposer... meeuuuhhh non... Car je recevais le 31 décembre. Toute ma famille maternelle. Et plus le temps passait et plus je me demandais "mais quelle idée tu as eue d'inviter tout le monde, belle nouille !!!

Car chaque année, dans la famille de ma mère, on fête l'année qui passe. Comme la famille de mon père est en Espagne, nous avons toujours fêté le 31 ou le 1er du côté de ma mère. Ils étaient 6 frères et soeurs et ils se sont toujours relayés pour recevoir. C'est une tradition importante et nous avons toujours été là jusqu'à ce qu'on quitte pour l'Espagne.

Cet été, chez ma grand-mère, une de mes tantes disait que c'était son tour et qu'elle était trop fatiguée pour recevoir tout le monde... Et alors, j'ai dit: "et bien, je crois que je vais prendre le tour de ma mère et de plus, c'est au tour des neveux et nièces non de prendre la relève !" Ma grand-mère était tellement contente... j'étais bien heureuse de mon idée.

Mais la semaine qui vient de passer a été bien éprouvante ! Une semaine de ménage intense, de cuisine sans relâche, de magasinage et courses en tout genre... Et le 28 décembre je devais aller au travail... Et vous savez quoi, je me suis arrangée pour me bloquer le dos le 25 décembre ! Toute une idée ! La semaine de vacances a passé sans que je ne m'en aperçoive.

Et puis le 31 est arrivé. J'étais tellement énervée !!! Je n'avais jamais reçu 20 personnes... J'avais littéralement les nerfs en boule et le dos en compote. Mais quand les gens ont commencé à arriver, l'adrénaline a pris le relais et tout s'est mis en place ! Le souper et la soirée ont passé en un éclair et nous avons dit bonjour à 2012 avec les rires et le cava bien pétillant.

Et c'est avec un dos qui commence à relaxer et une dernière journée de congé que je commence 2012.

Des résolutions ? Des bilans ? Bah non... 2011 fut remplie de belles et moins belles choses et j'espère plus de belles et moins de moins belles choses pour 2012 !!! La vie quoi !!! :D

Et je vous souhaite à tous la même chose !!! Mais sans oublier les livres !!!

BONNE et HEUREUSE ANNÉE !!!

 

12 octobre 2011

Et un arbre dans la cour

Autosuggestion. Quand tu nous tiens, tu es tenace !

Dans ma cour, il y a un saule pleureur. Très beau et absolument énorme. On voit cependant qu'il a déjà été coupé et qu'il a repoussé par la suite. Son tronc à la base est énorme (il a plus de cent ans nous a-t-on dit), mais les branches sont plus minces. J'adore mon saule. Que j'appelle Lalu - j'ai souvent des noms et surnom pour un tas de choses vivantes et non... on s'abstient de rire svp :-P.

Et bien Lalu avait un voisin. Dans la cour de l'autre côté de notre terrain, il y avait un autre saule pleureur. Il était encore plus grand et gros que Lalu. Tellement grand que ses branches touchaient les terrains de trois voisins, incluant le mien. Une famille de ratons-laveurs y habitaient depuis des lunes. Mais il a beaucoup venté cet été et deux grosses branches ont cassées.

Hier, en revenant du travail, j'entends du bruit dehors. Je vais dans la cour et je vois des hommes entrain de couper des branches de l'ami de Lalu. Oh non, je pense... il était tellement beau... Les heures passent et toujours le bruit de la scie. Quand la nuit DSC_4436acommence à tomber, le bruit cesse. Je vais voir dehors et ... je me retrouve face à face avec un arbre à moitié détruit. PisTout arrive... oh dit-il, il n'a plus de branches dans le haut ! Il ressemble à l'arbre dans Poltergeist, que j'ajoute.

Je prends l'appareil photo pour faire quelques clichés. C'est qu'il a vraiment l'air de l'arbre dans le film, que je me redis. Et avec la nuit qui s'installe rapidement, l'effet est encore plus saississant. Heureusement que j'ai vu le film des milliers de fois et que je le connais par coeur, que je me dis... sinon cela serait presque inquiétant !

Je vais me coucher. Et devinez qui a rêvé toute la nuit d'arbres menaçants qui cherchaient à l'attraper et l'avaler ? Toute la nuit... grrr. J'avais beau me réveiller et me dire que c'était ridicule, je n'ai pas peur des arbres, le film ne me fait plus peur depuis des années et des années... Rien à faire, à chaque fois que je commençais à m'endormir, des images d'arbres étendant ses branches noires vers moi et venant me chercher à travers la fenêtre m'envahissaient !

Aujourd'hui, ils ont terminé leur découpallage et l'arbre n'a plus aucune branche et n'est plus qu'un tronc de quelques mètres. Il revivra c'est certain, et aura dans quelques années de nouvelles branches tout comme Lalu. Mais il a priètre allure aujourd'hui. C'est bien triste. Oh et il a maintenant un nom : Polty. ;-)

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20 mars 2011

Le moment captif d'un dimanche : directionnel

11_03_27"Il n'y a rien de négatif dans le changement, si c'est dans la bonne direction" [Winston Churchill]

C'est par là-bas, je vous dis. Il n'y a qu'un là-bas ? Bien sûr que non. Mais c'est par là-bas, je vous le dis. Et qu'est-ce qu'il y a par là-bas ? Notre royaume.

Cela semble si loin. Cela semblait si loin. Cela ne semblait pas réel. Là-bas ne semble pas bien différent d'ici. Ici ne semble pas bien différent de là-bas. C'est la même chose peut-être. Peut-être. Mais là-bas est par là-bas. Et ici n'est plus ici. Là-bas est devenu ici. Vous me suivez? Non. Dommage. Il me semble que c'est clair pourtant. Pour un pélican, tout est clair.

Quand on prend le chemin pour aller là-bas, on pense au départ et on pense à l'arrivée. On pense un peu au trajet et à peine aux moments après l'arrivée. Et parfois le là-bas semble plus éloigné qu'il ne le paraissait d'ici. Mais le ici est maintenant le là-bas. Et c'est où tout ça? Par là-bas qu'il nous dit. Suivez les indications du pélican et tout ira très bien.  Il indique la bonne direction. Ça s'occupe de tout les pélicans. Et il nous dit que nous avons pris un bon chemin pour trouver le là-bas. Et que maintenant on a qu'à prendre le là-bas et le changer en ici...

"Qu'est-ce que vous allez chercher là-bas? J'attends d'être là-bas pour le savoir." [André Gide]

11 août 2011

Quand je lis pour le plaisir de ne pas aimer. Est-ce un crime littéraire ?

J'ai pleins de crimes littéraires à raconter. J'ai déjà avoué des lectures coupables, des auteurs que je ne lirai jamais, des mutilations, des livres perdus dans la foule, ... enfin un tas de choses criminelles. Mais... j'hésite... suis-je encore coupable DSC_2841_copyd'un crime litéraire ? Voyons voir et analysons le tout...

J'ai déjà aussi avoué un petit crime télévisuel : le fait de regarder une série pour le plaisir de la détester et de passer son temps à la critiquer... oui, je fais ça à l'occasion ! C'est enfantin, je l'avoue, mais j'adore "bitcher" sur des personnages que je déteste ou sur des histoires que je trouve ridicules. Mais à venir jusqu'à maintenant, cela ne m'était arrivée qu'avec des séries télés...

Car habituellement, quand je n'aime pas un livre ou que je le trouve ennuyant ou ridicule, soit je me sens obligée de le lire jusqu'à la fin ou soit je le laisse de côté. Le lire jusqu'à la fin car j'ai vraiment beaucoup de difficulté à abandonner une lecture. Je me sens coupable de ne pas lire jusqu'à la fin un livre que j'ai commencé. Mais habituellement, je finis de peine et misère la lecture. C'est carrément une corvée. Mais parfois, je laisse simplement le livre de côté. J'arrête la lecture... car bon... mes moments de lecture ne sont plus aussi nombreux qu'avant et ils sont sont donc précieux... j'hésite de plus en plus à les perdre dans des lectures qui ne me plaisent pas...

Et pourtant... voilà... ce pauvre livre. Que je lis parce qu'il est complètement ridicule ! J'ai rarement autant ri en lisant un livre ; le problème étant que le livre n'est pas supposé être drôle. J'ai bien pensé arrêter ma lecture mais j'en suis incapable... et je n'arrête pas de souligner et marquer les pages... qui me font rire et rire... et pleurer de misère.

C'est triste et triste comme lecture mais je suis incapable de mettre le livre de côté... Je ne sais qu'en penser. Il me reste à peine une centaine de pages, et je sais que c'est un des pires livres que j'ai lu depuis plusieurs années.

Mais le plus décevant c'est que je l'ai choisi avec soin. Le quatrième de couverture avait tout pour me séduire:

"Qui a torturé puis assassiné Margaret Penfied, une respectable bibliothécaire américaine ? Et pour quel mobile ? Parce qu'elle avait identifié la plante qui promet l'immortalité décrite par Hildegarde de Bingen au XIIe siécle ?"

Bibliothèque, bibliothécaire, crime, mystère, jardin, plante, Hildegarde, moyen-âge... Tout pour me plaire... Évidemment dans le reste du quatrième de couverture, il y avait quelques indices "Laurette décide de jouer les Miss Marple" "Accompagnée du séduisant Lucas du Prat, savant botaniste de la police scientifique [...] Laurette pourra-t-elle déjouer ce qui ressemble de plus en plus à un complot féministe international aux desseins bien mystérieux?" Mais je n'ai pas tiqué... j'étais perdue dans "bibliothécaire" "jardins", "meurtre"... Mais honnêtement, rien que ces phrases auraient dû me mettre la puce à l'oreille.

Mais l'écriture est si horrible... les clichés se multiplient... tout ça est hilarant, mais véritablement triste aussi. Et je ne peux m'empêcher de poursuivre ma lecture... c'est littéralement du voyeurisme. J'hésite même à en faire un véritable billet. Le plus désolant est vraiment le côté "bibliothèque" et pourtant l'auteure est "maître de conférences en histoire et sciences de l'information à la Sorbonne"... comme on nous annonce. Mais ici aussi, les clichés se multiplient et on se demande vraiment dans quel siècle l'auteure a fait ses études !!!

Donc... je termine ma lecture, honteusement, rien que pour voir si cela peut s'empirer... Je sais, je sais... cela ne se fait pas !!! :P

24 juin 2011

Bon... et c'est la Saint-Jean !

Et ici... on ne parle plus beaucoup des bouquets, des feux, de la lumière et de l'ombre... ici, pas besoin de se cacher des drapcpétards et du bruit...

Ici... c'est émotionnel... et national...

"Il me reste un pays à te dire
Il me reste un pays à nommer
.
Il est au tréfonds de toi
N'a ni président ni roi
Il ressemble au pays même
Que je cherche au coeur de moi
Voilà le pays que j'aime..."

Bonne Saint-Jean !!! qu'elle soit québécoise, française, catalane, portugaise, ou peu importe l'endroit et la tradition... Bonne fête ! :D

23 juin 2011

Dans ma tête, je m'imagine...

 Dans ma tête, je m'imagine...
des portes qui se révèlent, s’étirent, s’ouvrent…

Portes

De regarder les portes, on les voit fermer
De contempler les portes, on oublie qu'elles s'ouvrent
Les portes fermées rassurent
étrangement les incertitudes
qu'apportent les portes ouvertes

Mais on ne peut obliger
les portes à rester fermées
Elles vivent d'aventures et d'éternité
Elles aiment la vie
et se placent sur notre chemin

Elle rigolent de nous voir hésiter
"Entre, entre", nous disent-elles
"N'aie pas peur d'entrer"
"Tu verras, de l'autre côté,
c'est différent et étranger
mais rempli de livres, d'histoires et de vie...

27 février 2011

Le moment captif d'un dimanche: jardin de glace

DSC_0593_copy"La pensée se glace en se traduisant en phrases." [Gérard de Nerval]

Ma pensée est floue. Elle flotte devant moi, et j'ai de la difficulté à la saisir. Elle m'échappe parfois. Oh, la plupart du temps, je la comprends. Mais souvent elle s'imprécise.

Lorsque je soliloque, seule devant ma fenêtre, j'arrive à m'expliquer mes pensées. Mais lorsque je veux partager ces mots avec d'autres, cela redevient imprécision et mouvance. Il est parfois si difficile de geler notre pensée en phrases cohérentes.

Des bribes de phrases sont parfois tout ce que je parviens à transmettre. Les mots ne se juxtaposent souvent pas comme je le voudrais. Un jardin de glaçons transparents et nébuleux. Et on me reproche mon manque de contenu.

Et si parfois, je n'avais rien de bien important à dire ? Que des pensées floues sans grandeur. Juste une envie de faire joli avec des substantifs, des adjectifs, des verbes, des épithètes, quelques articles... Et permettre à ses mots sans matière de former un contenant bien différent de ce que mes pensées laissaient présager.

"La forme peut-être plus importante que la substance. Un glaçon peut faire effet de lentille et créer une flamme" [Georges Iles]

16 juin 2010

Je sais ce que vous allez dire...

... j'ai fait une nouvelle bannière juste pour l'Or des chambres et sa passion de la mer et de l'eau ! ;-) Mer

Peut-être bien que oui ! J'avais ses mots en tête, il est vrai !

Mais c'est l'été dans quelques jours et un changement de bannière était de mise ! Et j'aime bien la mer moi aussi. Même si je n'aime pas nécessairement m'y baigner, j'aime bien la regarder, la sentir, l'écouter... et même la laisser chatouiller mes orteils ! Elle me manquera cette mer Méditerrannée ! Toutes ses vagues douces et ses vagues de tempêtes...

14 mai 2010

Et on se sauve sur les routes espagnoles

Oui, je l'ai dit. Le temps passe trop vite. Oh, je sais que j'ai des nouvelles à donner. Et je tarde à donner des détails. Tout se dessine si vite. Et il y a tant à faire. Des listes ont été faites. Et elles s'allongent tous les jours. "Les choses à faire en Espagne"... "Les choses à faire.... au voyageQuébec".

Ce n'est pas plus facile dans un sens que dans un autre. Et le temps file... il s'échappe. Malgré les doutes, nous sommes confiants et heureux de notre décision. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas un millier de moments, d'endroits, de babioles, ... qui vont nous manquer.


Et donc, malgré le temps qui s'envole, il y a aussi beaucoup de choses que nous voulons faire avant de partir. Des promenades à faire dans Barcelone, des endroits à revoir... ce restaurant que nous aimons tant, ce quartier que nous avons tant fréquenté, ce musée dont je ne me lasse pas... Des gens à voir et revoir... mon père dont je ne veux me séparer, la famille qui nous a si bien accueilli, les amis qui font maintenant partis de nos vies... Des moments pour profiter de notre logis et de notre terrasse... les barbecues sur la terrasse, les plantes et fleurs à prendre soin pour encore quelques mois, les escargots à amener au parc...


Et bien sûr... il y a des endroits que l'on veut voir ou revoir... dans quelques mois, ces petits voyages seront différents. Je sais que nous reviendrons en Espagne -et nous reviendrons souvent, voir mon père, voir la famille et les amis. Mais, même si nous savons que nous reviendrons souvent à Barcelone et en Catalogne, je ne crois pas que nous nous promènerons encore beaucoup en Espagne.


Et donc, pour ce week-end que nous soulignons
chaque année... nous avons planifié un petit voyage à travers l'Espagne... histoire de voir quelques petites villes que nous n'avons pas encore vu ! Découvrir des villages que nous ne connaissons pas. Explorer des chemins nouveaux. Alors, nous partons dans quelques heures, direction Tortosa, puis Valencia, et puis Cuenca... et puis quelques villages... et Toledo... un petit voyage en auto comme nous aimons tant... et un retour en avion par Madrid. Madrid que nous ne verrons pas cette fois-ci. Nous lui avons fait nos aurevoirs en janvier dernier !!!

Encore quelques petits voyages de prévu en Europe... puis ce seront des voyages vers d'autres horizons !

10 mai 2010

La passion du livre au Moyen Age - I

livreMALa passion du livre au Moyen Age / Sophie Cassagnes-Brouquet. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, 2003. -- 126 p. : ill. en coul. ; 27 cm. -- ISBN 2-7373-3018.1. -- (Coll. Histoire)

Comprend une bibliographie et un glossaire.

Quatrième de couverture

Depuis le Moyen Age, l'histoire du livre est indissociable de celle de notre civilisation occidentale. La passion du livre est bien un trait caractéristique du Moyen Age, un legs que cette période a transmis parmi tant d'autres à notre civilisation occidentale. Les bibliothèques européennes renferment ainsi une grande part de notre patrimoine culturel et artistique, trop souvent méconnu.
C'est cette relation passionnelle que les hommes et les femmes du Moyen Age on entretenue avec le livre que cet ouvrage souhaite éclairer. La production de cet objet rare et précieux est due au travail lent et laborieux des scribes et au talents des enlumineurs. Les lecteurs et leur façon de lire nous introduisent dans le monde varié des livres du Moyen Age. Les livres ne sont pas seulement un texte mais aussi un fabuleux répertoire d'images. S'il en a les moyens, le commanditaire d'un manuscrit n'hésite pas à faire appel à un enlumineur pour décorer son livre. Les plus grands artistes participent au décor des manuscrits, la peinture est dans les livres.
La diversité des images, leur richesse et leur fantaisie qu'un lecteur contemporain découvre en parcourant les manuscrits du Moyen Age, ce monde de couleurs inaltérées, toujours aussi chatoyantes que ni le temps ni l'usure n'ont pu ternir, sont autant d'éléments qui permettent d'expliquer la fascination qu'exercent encore sur nous les manuscrits du Moyen Age.

L'auteur

Sophie Cassagnes-Brouquet est née à Chatou en 1957. Elle fait des études à l'Université de Toulouse et est agrégée d'histoirelivreMA1 en 1981. Elle possède un doctorat en histoire médiévale (thèse sur la violence des étudiants à Toulouse à la fin du Moyen Age qu'elle fit sous la direction de Jacques Le Goff) ainsi qu'un doctorat en histoire de l'art médiéval. Elle est d'abord conservateur des Antiquités et des Objets d'Art en Corrèze. Elle est ensuite professeur agrégé de l'enseignement du seconde degré à l'Université de Dijon-Bourgogne de 1991 à 1997. Puis, elle sera Maître de conférences à l'Université de Rennes II jusqu'en 2002. Elle est professeur d'histoire médiévale à l'Université de Limoges en 2002. Elle enseigne aujourd'hui l'histoire médiévale à l'Université de Toulouse II le Mirail et fait partie de plusieurs groupes et sociétés historiques.

Elle se consacre à la recherche sur l'histoire du Moyen Age et est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur le sujet autant pour les chercheurs que pour le grand public, tels que La passion du livre au Moyen Age, Les métiers au Moyen Age, La vie des femmes au Moyen Age, etc. Ses recherches portent sur de nombreux aspects de la vie au Moyen Age, principalement sur la ville à la fin du Moyen Age, et sur l'art et la culture.

Ses recherches récentes portent sur les arts, l'iconographie, l'artisanat et les artistes aux Moyen Age, spécialement les métiers artistiques. Elle écrit également des romans. Elle publie son premier roman, L'anonyme d'Avignon en 1992.

Bibliographie partielle

  • Les Vierges noires. Regards et fascination (1990)
  • Marien en Limousin (1991)
  • L'anonyme d'Avignon (roman) (1992)
  • Les anges & les démons (1993)
  • Les couleurs de la norme et de la déviance (1993)
  • Les feux barbares (roman) (1995)
  • L'Àge d'or de la forêt (1995)
  • Culture, artistes et société dans la France médiévale (1998)
  • Histoire de l'Angleterre médiévale (2000)
  • D'art et d'argent: les artistes et leur clients dans l'Europe du Nord, XIIIe-XVe siècle (2001)
  • La passion du livre au Moyen Age (2003)
  • L'image du monde: trésors des enluminures de la Bibliothèque de Rennes (2003)
  • Un mystère à Brocéliande (roman) (2004)
  • La vie quotidienne au Moyen Age (2004)
  • Vivre en ville au Moyen Age (2005)
  • Sur les pas des papes d'Avignon (2005)
  • Les Romans de la Tables ronde: premières images de l'univers arthurien: un trésor enluminé de la bibliothèque de Rennes (2005)
  • L'art en famille: les millieux artistiques à Londres à la fin du Moyen Age (2005)
  • Le château fort (2005)
  • Le manuscrit de Compostelle (roman) (2006)
  • Louis XI ou le mécénat bien tempéré (2007)
  • L'alchimiste errant (roman) (2007)
  • Poètes et artistes : la figure du créateur en Europe au Moyen Age et à la Renaissance (2007)
  • Un manuscrit d'Anne de Bretagne (2007)
  • Les métiers au Moyen Age (2008)
  • Meurtres à la cour de Richard III (2008)
  • La vie des femmes au Moyen Age (2009)

Résumé et commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Une vision excessive a longtemps persisté à propos de "temps obscurs" où la culture était réservée à quelques moines, cloîtrés dans leurs abbayes. Une grande masse d'illétrés, nobles et paysans, aurait été dénuée de tout savoir, tenue à l'écart des connaissances les plus élémentaires. C'est une interprétation assez erronée. Elle omet un fait majeur, celui de la lecture orale et collective" p.49

"À l'époque où les écoles fleurissent à PAris, les laïcs, en particulier les aristocrates, abandonnent l'oralité pour la lecture silencieuse de livres religieux et profanes. La lecture se répand dans la noblesse aussi bien chez les hommes que chez les femmes." p.60

Sources

31 décembre 2010

Une nouvelle année !

DSC_9873Et une nouvelle année se pointe le bout du nez par la fenêtre. Elle se prépare... bien sûr elle est déjà arrivée pour plusieurs... elle arrive dans quelques heures pour nous. C'est qu'elle est coquine et s'étire dans tous les sens. Bonne amie du temps, elle peut jouer avec le moment de son arrivée... Et elle est secrète, la vilaine. Elle ne veut pas nous dire ce qu'elle nous réserve pour les jours qui seront marqués du 2011.

Partout on célèbre son arrivée. En famille, entre amis, dans les bars... en grand ou doucement ! Certains fêteront dans un club, d'autres souperont avec la famille, à minuit, plusieurs regarderont feux d'artifices. Du champagne, du cidre, du cava coulera, des raisins seront mangés...

Nous avons choisi de rester tous les deux cette année. Nous avions plusieurs invitations et demain, nous allons dans la famille, mais ce soir, c'est au coin du feu, tout doucement, que nous verrons l'année passée nous quitter et la nouvelle arrivée. La dernière année fut énervante, épuisante, épeurante et exitante... On verra ce que la prochaine année nous apportera ! 

Une Joyeuse et Heureuse
Nouvelle Année à tous !


et un gros merci
à vous tous qui passez ici et
ne m'oubliez pas...
vous m'avez beaucoup touché et
j'ai vraiment apprécié tous vos mots

À une prochaine année remplie
d'amitiés et de mots !

14 janvier 2010

La chambre des parents

chambre1La chambre des parents / Brigitte Giraud. -- [Paris] : Fayard, [c1997]. -- 152 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-253-12414-6. -- (Coll. Livre de poche ; 31289)

Quatrième de couverture

Je reviendrai. Je garerai la voiture en haut de l'impasse. Je regarderai la maison.

Douze ans. Douze ans que je n'aurai plus mis les pieds dans cet endroit.

J'avais eu envie de devenir quelqu'un de normal. À présent que la voie était libre, j'avais compris que je n'étais capable de rien.

Ni boulot, ni petite bonne femme, ni colonies de vacances pour les mômes.

Une chose était encore possible: m'en revenir auprès de ma mère vieillissante, usée par la vie et le chagrin.

Ma mère, le seul être au monde qui m'ouvrira encore sa porte parce qu'elle sait pourquoi j'ai tué Papa.

L'auteurchambre3

Brigitte Giraud est née en 1960 à Sidi-Ben-Abbes en Algérie. Elle travailla comme journaliste, libraire et traducteur. Elle publia son premier roman, La Chambre des parents, en 1997. Elle vit aujourd'hui à Lyon où elle continue d'écrire. Elle est également impliquée dans la programmation de la Fête du livre de Bron. Son roman, Une année étrangère, publié en 2009, reçut le prix du jury Jean Giono. Elle reçut également le Goncourt de la Nouvelle.

Bibliographie

  • La Chambre des parents (1997)
  • Nico (1999)
  • À présent (2001) (récit)
  • Marée noire (2004)
  • J'apprends (2005)
  • L'amour est très surestimé (2007) (nouvelles)
  • Avec les garçons (2009)
  • Une année étrangère (2009)

Résumé

Un homme en prison depuis douze ans pour le meurtre de son père va bientôt retrouver la liberté. Cette sortie de prison lui fait peur. Il se questionne sur ce qu'il fera lorsqu'il sera libre. Où ira-t-il? Pendant ces derniers jours en prison, il se rappelle les années avant son incarcération, ce qui l'a conduit à son crime. Il se rappelle également ces années de prison. Mais surtout, il s'interroge sur comment il peut poursuivre sa vie hors des murs sombres mais rassurants de la prison.

Commentaires personnels

La Chambre des parents est le premier roman de Brigitte Giraud, écrit en 1997, et récipiendaire du Prix littéraire des étudiants. Le roman est court. À peine 152 pages dans mon édition. Il se lit comme une confession, comme un murmure capté sur les murs d'une cellule.

Le narrateur commence son récit par une phrase courte: "Je reviendrai". Il imagine le futur. Il voit son retour à la vie libre. Il essaie de s'imaginer revenir chez lui. Chez sa mère. Mais il sait déjà que ce retour sera difficile voire impossible. Mais il espère. Même en le décrivant imparfait, il essaie de se rassurer par ce retour. Il voit ce retour au "futur", non au conditionnel. Et le texte suit ce futur possible. Fin du premier chapitre.

Puis le texte est au présent. Le narrateur dans sa cellule se questionne. Il ne sait pas s'il veut être libre. Il est plus facile d'être en prison. Loin de tout, il n'a pas à affronter ces gestes,  sa vie. Il se laisse vivre. Sans trop réfléchir. Et c'est réconfortant. Fin du deuxième chapitre.

Et nous tombons dans le passé. L'imparfait. Il raconte sa vie avant le crime. Sa vie imparfaite mais innocente. Il nous traîne dans ses souvenirs. Et dans la narration de ses souvenirs, il parle en italique à une Marianne. Il lui parle au présent, il la tutoie au présent dans ses souvenirs. Fin du troisième chapitre.

Et le texte oscille ainsi entre le futur conditionnel ou non, le passé, le présent, le je, le tu... On entend les pensées du narrateur sur son présent en prison, on écoute ses souvenirs, on dessine avec ses futurs possibles. On passe de la réalité aux souvenirs. Et on apprend petit à petit comment il en est arrivé à tuer son père. On comprend ce qui l'a mené à ce crime. La véritable prison n'étant pas nécessairement celle du présent.

Nous lisons l'histoire d'une famille triste, immobile, sans vie... un père absent, une mère qu'il cherchera toute sa vie sans la trouver, une enfance pesante et silencieuse. Et Marianne. Le seul trait lumineux de ces pages décrivant une vie sombre.

Comment vivra-t-il en dehors des murs étouffants mais réconfortants de la prison ? Comment vivra-t-il avec son geste ? Comment vivra-t-il sans son père ? Il revoit donc encore son futur, mais au conditionnel. Car il ne sait plus. Il essaie de comprendre. Et il essaie de l'expliquer. En se parlant à lui-même, en écrivant, en racontant sa vie à son compagnon de cellule.

J'ai lu le roman de Giraud en quelques instants perdus dans un avion. J'ai été transporté par son écriture sobre aux temps multiples. Je me suis laissée emportée par son texte réaliste mais poétique. J'ai adoré sauté du futur au passé, puis revenir au dur présent. J'ai dévoré le texte pour savoir. Pour comprendre pourquoi ce meurtre. Dans les souvenirs, j'ai cherché les indices, tenter de supposer ce qui a mené ce jeune homme à tuer son père.

Ma seule peine est la chute... la vérité révélée dans les toutes dernières lignes. Je dois avouer qu'elle m'a déçue. Et que je ne l'ai pas trouvé à la hauteur du texte sublime que je venais de lire. Elle est logique et sûrement plausible. Elle est honorable aussi. Mais je ne l'ai pas aimé... je l'ai trouvé décevante. Il me semble que le motif était... insignifiant...

Mais, cette fin dont je n'ai pas été satisfaite, ne m'a pas gâché ma lecture ! J'ai adoré ce petit roman intense et touchant.

 

Extraits

"Franchir une porte est une douleur parce qu'aucune raison ne te pousse jamais à la franchir. Et tu fais comme si tu n'y pensais pas, tu prend un air détaché. Ici ou là est la même chose, le temps qui prend toute la place, qui t'écrase si fort que tu deviens le temps, tu le bouffes puis le digères ou bien tu suffoques, tu vomis. Tu succombes avec une pensée pour les torturés à qui le bourreau fait avaler des litres et des litres d'eau. Toi, tu bois du temps et tu es saoul." p. 26

"Si nous avions pu, nous aurions échangé. Tu me donnes ta jeunesse et je te donne mon désir de vivre. Mais nul magicien ne faisait partie de notre histoire, et quand bien même, nous nous serions méfiés." p. 127

Sources à consulter

27 juin 2010

Le moment captif d'un dimanche : festin

10_06_27a"L'inconscience a parfois des audaces que la sagesse n'a pas le pouvoir de réprimer" [Gilles Lamer]

Pour se rendre au centre d'achats tout près de chez moi, il y a deux chemins. Celui qui passe par les rues normales. Et celui qui passe par ce que j'appelle mon "spot à minous". Bon, j'ai déjà dit que je l'appelais le "coin des chats" mais c'était pour faire plus joli !

Le chemin passe par divers endroits un peu laissés à l'abandon. Et de nombreux chats s'y sont installés. Ils se promènent dans la rue, dorment sous les voitures garées. Certains paressent près de la voie ferrée, d'autres se baladent sur les toits d'usines et entrepôts, souvent abandonnés.

Ils sont sales, sauvages, mais magnifiques. Ils portent parfois des traces de combats sanglants. Ils nous regardent passer près d'eux d'un regard nonchalent mais alerte. On en reconnaît parfois un. Il est toujours assis au même endroit à observer les environs. Et puis, un jour, il n'est plus là. La vie n'est pas facile pour ces chats errants. Au printemps, on compte les nouveaux nés. On aperçoit la maman qui allaitent ses petits, jetant un regard menaçant aux curieux.

Ils semblent parfois malades, mais jamais ils ne semblent affamés. Ils sont minces, élancés, parfois un peu maigrichons. Mais ils sont nourris. Chaque fois que j'ai emprunté ce chemin, j'ai vu des bols remplis d'eau et de nourritures pour chats. Les bols sont parfois vides. Ils sont pleins le lendemain. Parfois, il y a des sacs avec des restants de viandes. Il semble toujours y avoir quelqu'un qui vient nourrir ces chats qui n'appartiennent à personne.

Et puis, parfois, on aperçoit les chats pendant leur festin. Ils croquent avec allégresse leurs croquettes. Ils fouillent dans les sacs à la recherche des morceaux intéressants. Et un pigeon passe tranquillement. Il observe la scène. Il regarde furtivement s'il y aurait des miettes de pain dans ces sacs. Il attend son tour. Sait-on jamais ? Il ne semble pas avoir peur. Pourquoi aurait-il peur ? Ces chats sont bien nourris. Ils ne font pas attention à lui. Et il peut s'envoler rapidement au moindre souci.

Peut-être n'a-t-il pas entendu la nouvelle ? Hier, un chat dégustait délicatement un pigeon sur ce toit. Les plumes ensanglantées de son ami virevoltaient autour du chat. Mais aujourd'hui, il n'y plus trace du drame. Et le pigeon se promène d'un pas léger et insouciant...

"Le bonheur recèle toujours une part d'insouciance, le malheur de constance" [Chrisitine Orban]

1 juin 2010

Liste, liste, liste...

1Faire des listes, des listes et des listes. Je suis connue comme la "maniaque" des listes. J'ai des listes de choses à faire pour le mois, la semaine et la journée.

Je fais des listes de mes livres, mes disques, mes films, mes voyages, d'idées de cadeaux, et surtout des choses à faire.

Je ne fais pas nécessairement tout ce qu'il y a sur ma liste, et surtout pas dans l'ordre établi, mais la liste est là.

Mais mes listes sont personnelles, précises, vagues, spécifiques mais complètement imparfaites.

Et voilà, qu'il faut faire des boîtes. Des boîtes, des boîtes et des boîtes. Mais ces boîtes ne sont pas ordinaires. Et pour une deuxième fois en presque 7 ans, il faut faire des boîtes détaillées... Chaque boîte numérotée, étiquettée de la pièce et le contenu décrit en détail et estimé. Boîte 87 : 6 tasses, 3 pots en verre, 1 vase en plastique et 8 petites cuillères / Valeur: ?€ - Boîte 121: 54 livres, 2 albums photos, 1 ourson en peluche / Valeur: ?€...

Tout décrire, tout détaillé, et mettre un montant sur tout... Mais comment évaluer certaines choses ? Une boîte remplie de souvenirs d'école ? Des livres jaunis mais aimés ? Des tasses rigolotes mais reçues en cadeau de mon filleul ? Comment mettre un prix sur les souvenirs, les objets qui partagent nos vies, ces choses qui semblent sans valeur mais qui sont si importantes. Chaque boîte prend une éternité. Chaque boîte est unique.

Comme nous sommes très "organisés", les boîtes s'accumulent déjà. Les éléments des listes se cochent petit à petit... annuler l'abonnement de... appeler pour aviser de... se désinscrire de... Et puis, il y a la liste de "l'autre côté"... réouvrir les comptes de... vérifier la validité de...

Et la liste semble s'allonger et s'allonger, et s'allonger... Nous sommes déjà épuisés, mais faut pas s'inquiéter ! Dans nos plans, nous avons prévu du repos... Dans la liste, il y a une ligne ou deux pour "se reposer". Et nous avons bien l'intention de cocher ces lignes !!! :D

11 mai 2010

La passion du livre au Moyen Age - II

La passion du livre au Moyen Age / Sophie Cassagnes-Brouquet. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, 2003. -- 126 p. :livreMA ill. en coul. ; 27 cm. -- ISBN 2-7373-3018.1. -- (Coll. Histoire)
 
Comprend une bibliographie et un glossaire.


Résumé

Les livres au Moyen Age occupent une place importante et privilégiée dans la société. Ils sont omniprésents dans la vie religieuse, et petit à petit, ils envahissent la vie laïque.

C'est une histoire du livre au Moyen Age que l'auteur a voulu faire connaître à un public de non initié. Elle nous présente d'abord, en première partie, les conditions de production du livre: le travail des scribes et enlumineurs ainsi que les lieux de production. Le livre est ensuite introduit. Elle nous parle du prix de ces ouvrages précieux, des premières bibliothèques, des collectionneurs et des bibliophiles. La troisième partie, nous parle de l'utilisation des livres, des lecteurs et de la lecture. La dernière partie revient sur le travail de l'enlumineur. Les livres du Moyen Age sont en effet, non seulement un texte, mais une oeuvre d'art complète renfermant des images et des peintures fabuleuses.

Les livres produits au Moyen Age font partie du patrimoine culturel et artistique de notre société. Trop souvent cependant, ces oeuvres sont protégées et cachées dans les musées et les bibliothèques. L'auteur a voulu nous faire connaître ce patrimoine méconnu.

Commentaires personnels

J'ai une passion des livres. On s'en doute ! J'ai une passion des livres, autant pour leur contenu que pour le contenant. J'aime l'objet. Au complet. Et j'aime le Moyen Age. Comme je l'ai déjà dit sur ce carnet, j'ai étudié la littérature et en particulier la littérature médiévale. Cet ouvrage était donc pour moi !

L'auteur, spécialiste du Moyen Age et de l'art médiéval, nous propose un texte complet mais accessible sur le livre au Moyen Age. Le livre s'adresse à un grand public, mais l'auteur ne simplifie pas à l'extrême son propos. L'ouvrage nous présente plusieurs aspects du livre à cet époque. On nous présente les méthodes de fabrication des livres, de leurs prix et valeurs, les endroits où sont conservés les ouvrages, les différentes bibliothèques de l'époque. On nous parle ensuite de l'utilisation des livres qui varie selon les lecteurs et des différentes façons de lire.

DSC_5180Les différents types de livres sont brièvement présentés. L'auteur s'attarde très peu sur les formes et genres du livre. Elle nous présente plutôt l'aspect artistique des livres au Moyen Age. Une grande partie de l'ouvrage aborde l'enluminure. On nous parle des artistes, les enlumineurs, qui décorent les livres. Les façons de travailler, les peintures utilisées et les outils sont décrits. On nous parle aussi des liens entre le texte et les illustrations, des libertés artisitiques que les enlumineurs prenaient parfois et de l'iconographie utilisée.

L'ouvrage de Sophie Cassagnes-Brouquet est surtout axé sur le côté artistique. Il ne faut donc pas consulter l'ouvrage pour connaître la littérature au Moyen Age. J'aurais personnellement aimé un peu plus d'information sur les types de littératures, mais ce n'est de toute évidence pas le but poursuivi par l'auteur. Le livre nous parle principalement du livre en tant qu'objet et de l'utilisation que l'on en fait à cet époque. On peut également voir les transformations du livre au cours de cette longue période qu'est le Moyen Age : les méthodes de création, les façons de l'aborder et de le conserver, la valeur et les prix du livre, les formes de lectures et les différents types de lecteurs. Et surtout les façons d'illustrer les textes.

Le livre est abondamment illustré et on nous présente des livres et des pages d'ouvrages provenant de bibliothèques de toute la France. On découvre ainsi des livres et des enluminures magnifiques et que l'on ne peut pour ainsi dire jamais voir. L'ouvrage de Cassagnes-Brouquet veut nous faire découvrir les trésors qui se cachent dans les bibliothèques.

Je tiens cependant à souligner un irritant qui concerne, je suppose, la maison d'édition, plus que l'ouvrage ou l'auteur. Ce livre me semblait une bonne approche du livre au Moyen Age et de l'enluminure. Il remplit bien son rôle d'introduction et les images complètent de façon magnifique le texte de Sophie Cassagnes-Brouquet. Cette édition coûte 15€, ce qui me semble normal pour un livre de ce genre : format, papier glacé, abondantes illustrations en couleur... Quelques temps plus tard, je vois un autre livre sur le "livre au Moyen Age". Petit livre poche, sans illustration à 6€. Le titre est différent : "Le Livre au Moyen Age" et le quatrième de couverture aussi. Je ne remarque pas le nom de l'auteur. Et bien, c'est exactement le même livre. Mot pour mot. Et sans illustrations. Il est moins dispendieux, il est vrai. Mais un livre traitant principalement de l'enluminure sans images illustrant le propos, me semble bien triste. Et pourquoi mettre un autre titre? J'ai cru à un autre texte... et je me retrouve avec une version moins intéressante du même livre. Évidemment, c'est ma faute pour ne pas avoir reconnu le nom de l'auteur... mais quand même !!!

Enfin... le texte de Sophie Cassagnes-Brouquet est intéressant, facile à lire et l'édition illustrée est tout simplement fascinante et magnifique ! Pour découvrir des manuscrits pratiquement inaccesibles et pour connaître un peu les façons de lire et d'aborder le livre au Moyen Age, c'est un excellent ouvrage !

Premier article : La passion du livre au Moyen Age - I

ExtraitsDSC_5178

"Les bibliothèques des laïcs conservent également quelques manuscrits profanes, destinés au plaisir et au désir d'évasion de leurs lecteurs. Ces ouvrages sont écrits en langue ulgaire. Ces livres sont souvent plus précieux et plus rares que les manuscrits de dévotion et ne sont accessibles qu'aux plus riches membres de l'aristocratie. [...] Ces manuscrits sont souvent somptueusement décorés par des peintures qui allient l'anachronisme à une élégance courtoise." p. 76

"La distance qui nous sépare de leur création [les livres], leur conservation miraculeuse en font des objets presque sacrés que les bibliothèques ou les collectionneurs privés conservent jalousement. De temps en temps, de trop rares expositions dévoilent à un public ébloui la richesse de ce patrimoine." p. 125

Sources

24 janvier 2010

Le moment captif d'un dimanche: brumeuse

0002janvier"C'est l'incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume" [Oscar Wilde]

J'avais oublié les reflets que la neige peuvent offrir à notre regard. La photo m'apparaît brumeuse, incertaine et remplie d'un sortilège fragile.

C'est cette fragilité qui me transporte et me fait peur. Mais c'est aussi celle-ci qui me fait espérer que tout sera bientôt tranquille et solide. Solide comme cette rivière brouillonne, qui court et s'emporte. Elle sait d'où elle vient, elle sait où elle va. Elle déborde parfois de son lit et elle s'égare parfois sur des chemins qui ne lui appartiennent pas ou qui ne lui appartiennent plus depuis longtemps. Mais elle est certaine de sa solidité.

La brume est parfois aveuglante. Elle éclaire trop les détails, les fautes, les erreurs. Mais elle permet aussi de rêver et de s'élancer sur des parcours tracés mais flous. Je regarde la clarté et je réalise que c'est facile d'oublier ses rêves. Mais ils sont toujours là. Il suffit de se les rappeler et d'y travailler. Travailler fort. Les yeux perdus dans la brume.

"Tu peux tout accomplir dans la vie si tu as le courage de rêver, l'intelligence d'en faire un projet réaliste, et la volonté de voir ce projet mené à bien" [Sydney A. Friedman]

25 novembre 2009

L'Oeuvre au noir - L'auteur

Noir2L'Oeuvre au noir ; suivi de notes de "L'oeuvre au noir" / Marguerite Yourcenar. -- [Paris] : Gallimard, c1968, c1991. -- 511 p. ; 18 cm. -- 978-2-036798-6. -- (Coll. Folio ; 798)

Quatrième de couverture

En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteur de Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans son âcre et brutale réalité ; un monde contrasté où s'affrontent le Moyen Âge et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage, et qui pour cette raison même finira par le broyer.
L'Oeuvre au Noir a obtenu en 1968 le prix Femina à l'unanimité. Ce livre a été traduit dans quinze langues.

L'auteur

Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerk de Crayencour est née un 8 juin 1903 à Bruxelles en Belgique d'un père français et d'une mère belge. Sa mère mourut quelques jours après sa naissance et elle grandit en France près de Lille chez sa grand-mère paternelle. Son père choisit de l'instruire à

Noir1

la maison. Elle passe cependant avec succès la première partie de son baccalauréat, à Nice. En 1912, sa famille s'instale à Paris. Mais deux ans plus tard, la guerre les oblige à se réfugier en Angleterre, à Richmond. La jeune Marguerite apprend l'anglais et commence à étudier le latin.

Quelques années plus tard, elle écrit un poème classique dialogué, "Le jardin des chimères", inspiré de la légende d'Icare. Son père finance la publication du poème et aide sa fille à choisir un pseudonyme, vaguement dérivé de leur patronyme Crayencour, Yourcenar. En 1947, Marguerite Yourcenar fera légalisé son nom aux États-Unis.

En 1921, elle commence à écrire ce qui deviendra un de ces romans le  plus connu "Mémoires d'Hadrien". Pendant les ann´´es qui suivirent, Marguerite voyagea beaucoup seule ou avec son père: la France, la Suisse, l'Italie, etc. Elle s'inspirera de ses voyages pour ses écrits. Elle se rendit fréquemment en Suisse où son père, de plus en plus malade, se faisait soigner.

En 1929, elle publie son premier roman, Alexis ou Le Traité du vain combat qui prend la forme d'une longue lettre. La même année, son père décède à Lausanne, en 1929. Marguerite Yourcenar retourne ensuite à Paris où elle mène une vue bohème. Elle continue à voyager et se déplace fréquemment à Lausanne, Athènes, Bruxelles, Istambul, etc. Elle continue à écrire, romans, critiques, essais, récits et poésies, fréquente les cafés, a des liaisons avec différents h

ommes et femmes, ...

Alors que la Deuxième Guerre Mondiale s'annonce, Marguerite Yourcenar à court d'argent, décide de quitter l'Europe pour s'établir aux États-Unis avec sa compagne Grace Frick. Sa relation avec Frick durera plus de 40 ans. Yourcenar demande sa citoyenneté américaine en 1947. Elle passera le reste de sa vie dans ce pays où elle enseignera pendant plusieurs années la littérature françaises et l'histoire de l'art.

Elle publie finalement Mémoires d'Hadrien en 1951. Son roman connait un succès mondial et l'établit enfin comme un auteur reconnu. En 1970, elle est élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et à l'Académie française en 1980. Avec son élection à l'Académie française, elle devient la première femme à y siéger.

Elle vivra jusqu'à sa mort dans le Maine aux États-Unis, sur l'île Mount Desert Island. Elle continuera à écrire, participera à de nombreuses conférences, elle fera aussi plusieurs traductions et elle continue à voyager - France, Italie, Egypte, Maroc, Inde, Kenya,.... Elle recevra de nombreux prix pour ses oeuvres. Elle décède, d'un accident célébral, le 17 décembre 1987 à Mount Desert Island.

Bibliographie sommaire

  • Le jardin des chimères (1921)
  • Alexis ou le Traité du vain combat (1929)
  • La Nouvelle Eurydice (1931)
  • Pindare (1932)
  • Denier du rêve (1934)
  • La mort conduit l'attelage (1934)
  • Feux (1936)
  • Les songes et les sorts (1938)
  • Nouvelles orientales (1939)
  • Le coup de grâce (1939)
  • Mémoires d'Hadrien (1951)
  • Électre ou la chute des masques (1954)
  • Sous bénéfice d'inventaire (1962)
  • Ah mon beau château (1962)
  • Qui n'a pas son Minotaure? (1963)
  • L'Oeuvre au noir (1968)
  • Fleuve profond, sombre rivière (1974)
  • Le Labyrinthe du monde I. Souvenirs pieux (1974)
  • Le Layrinthe du monde II. Archives du Nord (1977)
  • La Couronne et la lyre (1979)
  • Mishima ou la Vision du vide (1980)
  • Comme l'eau qui coule (1982)
  • Le Temps, ce grand sculpteur (1983)
  • Les Charités d'Alcippe (1984)
  • Le Labyrinthe du monde III. Quoi ? L'éternité (1988)
  • Écrit dans un jardin (1992)
  • D'Hadrien à Zénon: correspondance, 1951-1956 (2004)
  • Une volonté sans fléchissement: correspondance, 1957-1960 (2007)

Commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Suis-je Servet, cet âne, reprit sauvagement Zénon, pour risquer de me faire brûler à petit feu sur une place publique en l'honneur de je ne sais quelle interprétation d'un dogme, quand j'ai en train mes travaux sur les mouvements diastoliques et systoliques du coeur, qui m'importent beaucoup plus ? Si je dis que trois font un ou que le monde fut sauvé en Palestine, ne puis-je inscrire en ces aroles un sens secret au-dedans du sens extérieur, et m'enlever ainsi jusqu'à la gène d'avoir menti?" p. 141

Sources à consulter

19 avril 2010

La Vierge en bleu de Chevalier

vierge1La Vierge en bleu / Tracy Chevalier ; traduit de l'américain par Marie-Odile Fortier-Masek. -- [Paris] : Quai Voltaire, 2009. -- 427 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-07-030797-5. -- (coll. Folio ; no 4355)

Quatrième de couverture

Récemment arrivée des États-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S'y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d'imaginer que cette quête va bouleverses sa vie. Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée "La Rousse" en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu'elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l'enfant qu'elle porte ne lui laisse d'autre choix que d'entrer dans l'intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme. Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.

Premier roman de l'auteur de La jeune fille à la perle, La Vierge en bleu livre l'histoire tragique et foisonnante des Tournier, sur fond de guerre de religion.

L'auteur

Tracy Chevalier est née à Washington en 1962. Elle grandit avec sa famille dans cette ville américaine et étudia au vierge2Bethedsa-Chevy Chase High School de la ville de Bethesda au Maryland. Elle commence à écrire alors qu'elle est au high school. Elle étudie au Oberlin College en Ohio où elle obtiendra un diplôme en Anglais. En 1984, elle part vivre en Angleterre et s'installe à Londres. Elle prend quelques cours de création littéraire et commence à publier des nouvelles dans des magazines. Elle travaillera chez un éditeur jusqu'en 1993. Elle quitte son emploi pour aller à la Universiy of East Anglia afin de suivre une M.A (diplôme supérieur de lettres) en création littéraire.. Parmi ses professeurs, on retrouve Malcom Bradbury et Rose Tremain. Elle poursuit son travail d'écriture et publie sa première oeuvre The Virgin Blue à compte d'auteur. Son deuxième roman, Girl with a Pearl Earring, publié en 1999, la fera connaître du public.

Elle vit aujourd'hui à Londres avec son époux et son fils.

Bibliographie

  • The Virgin Blue (1997)
  • Girl with a Pearl Earring (1999)
  • Falling Angels (2001)
  • The Lady and the Unicorn (2003)
  • Burning Bright (2007)

Résumé

La Vierge en bleu nous propose l'histoire de deux femmes séparées par les siècles mais liées par le sang et la couleur bleue qui marquent leurs vies.

Isabelle du Moulin, surnommée La Rousse à cause de sa chevelure, vit au XVIe siècle dans une France en pleine guerre de religion. Profondément attachée à la Vierge Marie, elle devient tout de même protestante et cache sa flamboyante chevelure. Avec sa famille, elle devra fuir son village pour éviter d'être tuée par les catholiques. Ils fuiront vers la Suisse qui accueille les hugenots et tenteront de refaire leur vie.

Au XXe siècle, Ella Turner, jeune américaine, emménage avec son mari dans un village non loin de Toulouse. Elle arrive avec espoir de refaire sa vie en France, mais se sent rapidement seule et isolée. Sous les conseils de son père, elle décide de faire des recherches sur ses ancêtres qui seraient originaires de la France. Ses recherches la mèneront jusqu'en Suisse où elle retrouve les traces d'Isabelle. 

Commentaires personnels

La Vierge en bleu est le premier roman de Tracy Chevalier qu'elle publia à compte d'auteur. On retrouve dans ce premier livre de l'auteur les amorces d'une écriture qui séduira plus tard les lecteurs de La Jeune fille à la perle. Elle opte cependant dans ce roman pour une double histoire. Le roman est donc partagé entre deux personnages féminins séparés par des époques différentes mais unis par une chevelure rousse, des connaissances de sage-femme et une passion/obsession pour la couleur bleue.

La France et le Moyen âge sont déjà au centre du roman de Tracy Chevalier. De même que l'utilisation d'une oeuvre... Chevalier part ici du peintre Nicolas Tournier et du tissu bleu qui couvre la vierge d'une de ces oeuvres. La peinture de la couverture du livre n'est cependant pas liée au roman, comme se sera ensuite le cas pour la Jeune fille à la perle et la Dame à la Licorne. Ce roman de Chevalier nous plonge en partie dans une France du Moyen âge déchirée par les religions et dans les recherches généalogiques d'une américaine qui tente de connaître ses origines françaises. C'est donc un roman à deux voix. Deux voix qui vont se rejoindre tragiquement en Suisse.

Le roman s'ouvre par une citation de Goethe, extraite de son livre "La Théorie des couleurs" et qui teinte définitivement le texte de Chevalier. La couleur flamboyante des cheveux des personnages principaux, qui témoigne de leur besoin de vivre intensément, est recouverte par ce bleu puissant qui conserve toujours une pointe d'obscurité mais qui les fascine. "En tant que nuance, elle est puissante, mais d'une façon négative, et dans sa plus grande pureté elle produit, pourrait-on dire, une négation stimulante. Son apparition est alors une sorte de contradiction entre l'excitation et le repos". (Goethe).

Le roman est bien construit. Ce procédé de deux temps est souvent utilisé mais peut devenir rapidement difficile à suivre. Chevalier réussit à nous intéresser aux deux personnages de façon égale. Nous passons d'une époque à l'autre sans perdre le fil des deux histoires, ce qui arrive souvent dans ce genre de roman à deux voix et à deux époques. Les chapitres sont bien proportionnés ;  suffisamment longs pour nous intéresser au personnage mais sans s'éterniser sur le récit, ce qui évite d'oublier l'autre histoire. On passe donc facilement d'une époque à l'autre, d'une histoire à l'autre. Vers la fin du récit, les chapitres sont de plus en plus courts, les événements se bousculent et les récits deviennent presque une seule histoire. Cependant, l'auteur conserve une narration claire et facile à suivre.

Il arrive dans ce genre de roman "double" que je préfère une histoire à l'autre, que j'aurais préféré ne lire qu'un seul récit. Mais ici, j'ai aimé ces deux histoires et surtout les liens entre les deux femmes. Je déplore peut-être un peu un côté non fini aux histoires. Je crois également que les personnages auraient pu être davantage développés. J'aurais surtout aimé mieux connaître Isabelle et sa famille. Et j'avoue avoir été légérement agacé par le personnage d'Ella - elle ne m'était pas très sympatique, par moment. Je crois aussi que le roman aurait pu nous offrir plus de détails sur les circonstances de cette guerre de religions, sur ses implications, etc. Et il est vrai que l'auteur, malgré une recherche évidente sur l'époque et sur la guerre des religions, me semble avoir pris quelques libertés avec l'Histoire et avec les recherches généalogiques -et surtout avec la profession de bibliothécaire et d'archiviste-, mais il faut parfois se laisser porter par sa lecture sans chercher à relever le moindre détail inexact. J'ai eu aussi quelques difficultés avec la conclusion de l'histoire "moderne" et je suis restée un peu sur ma faim avec la conclusion de l'histoire "médiévale". J'ai cependant été très touchée par la conclusion globale (que je ne soupçonnais pas du tout). Dans l'ensemble, j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Et le bleu est ma couleur préférée... alors... ;)

Les avis de Tom-Tom, Conjuration des livres, À propos des livres, Elyse, Miss Alfie, joey7lindley09, Critiques libres, Emilie, Dirlandaise.

Extraits

"Et quelque chose changea. Cette nuit-là, je fis le rêve pour la première fois. Il commença par un scintillement, une lueur frisonnant entre ombre et lumière. Ce n'était pas noir, ce n'était pas blanc. C'était bleu : je rêvais en bleu." p. 53

"Debout au-dessus d'eux, il déploya l'étoffe blanche. Et voici qu'en tomba le quatrième secret, cette couleur qu'Isabelle avait cru ne jamais revoir. Elle poussa un cri, tendit la main et frotta l'étoffe entre ses doigts. La laine était toute douce, elle était teinte à coeur. Baissant la tête, elle porta l'étoffe à sa joue."
p. 205

Sources

2 mars 2010

Dolmen de Restous

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Nous aimons beaucoup voyager mon PisTout et moi. Nous partons souvent pour des fins de semaines de 2 ou 3 jours pendant l'année, sans compter les vacances annuelles. Pour ces petits voyages, nous prenons parfois l'avion pour visiter une ville. Mais très souvent nous prenons tout simplement l'auto pour explorer les régions près de chez nous. Il y a tant à voir et à découvrir.

Et lorsque nous prenons l'auto pour voyager, nous avons toujours notre guide voyage de la région ainsi qu'une carte détaillée. La route ne nous fait pas peur et parfois on peut rouler des heures pour aller  visiter un château, une abbaye, un village. Et parfois en chemin, on voit sur la carte, un site qui n'était pas dans le guide. Et même que parfois, le site n'est même pas sur la carte. Et c'est un panneau sur le chemin qui nous fait dire: "tiens, ça semble intéressant, tu veux aller voir ?" Et on découvre ainsi souvent de très belles choses !

Ce fut le cas lors d'un séjour dans le Midi-Pyrénées, dans le département de l'Aveyron à Séverac-le-Château. Nous avons visité le château, le village et puis en route pour les alentours. Nous avions une destination.... Espalion. Mais en chemin sur les petites routes, nous avons vu un panneau qui nous a fait dire: "tiens, ça semble intéressant, on y va?".

Et donc, on sort de la voiture et on commence à marcher. En suivant les jolis panneaux que l'on voit sur la première photo. Pour enfin découvrir le Dolmen de Restous.

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Il n'est pas le seul dans son département car l'Aveyron est apparamment celui qui possède le plus de dolmen dans toute la France. On y a répertorié plus de 800 dolmens, âgés entre 3500 ans et 2500 ans avant J.-C.. Oui, l'Aveyron dépasse même la Bretagne.

Les dolmens étaient des sépultures et on y déposait habituellement plusieurs corps. Il y avait trois types de dolmens: les dolmens simples, les dolmens à couloir et les allées couvertes.

La plupart des dolmens de l'Aveyron sont des dolmens simples, c'est-à-dire qu'ils sont consitués de deux dalles verticales appelées orthostats et d'une dalle plate pour le toit souvent appelée la table. Il avait également une pierre pour le fond, la dalle de chevet, et une pierre amovible, la dalle-porte, pour fermer l'entrée.

Le Dolmen de Restous est un dolmen simple constitué de deux blocs de pierre posés verticalement et surmonté d'un monolithe qui constitue le toit. Les dolmens étaient souvent recouverts de terre formant ainsi des buttes artificielles ou tumulus. On ne retrouve pas la trace de ce tumulus ici mais on peut voir un vestige du cromlech (cercle de pierres) qui entourait le dolmen. On ne retrouve pas la "porte" qui à l'origine devait sûrement fermé la chambre funéraire, mais la dalle de chevet s'y trouve toujours.

Comme chaque fois que j'ai pu me trouver devant un mégalithe... un dolmen (ici, et ici) ou un menhir, j'ai ressenti diverses émotions. Car il m'est toujours difficile de d'abord "réaliser" que ce monument est si "vieux". Comme si c'était impossible. Je dois souvent en faire plusieurs fois le tour pour bien m'imprégner de l'endroit. Je marche sur la pointe des pieds, toujours impressionnée que l'on puisse être si près, qu'on puisse les toucher et ayant toujours peur de détruire une pièce, une partie de l'histoire. Je me sens ensuite envahie par l'endroit... je pense aux gens qui l'ont construit... aux gens qui y furent déposés... Et parfois... parfois... je sens encore toute cette énergie qui cherche à nous rejoindre... Ces roches sont remplies d'émotions et toujours vivantes !

Caractéristiques:

  • Nom: Dolmen de Restous
  • Autre nom: Dolmen Rouquiès
  • Situation: Près de Rodez et du village Buzeins
  • Latitude : 44.36300N
  • Longitude: 2.980000E
  • Fonction: Sépulture collective - Chambre funéraire
  • Type: Dolmen simple
12 février 2010

Une envolée vers des livres... mais pas que...

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- Dis... il me semble que cela fait un bout que nous ne sommes pas allés en France ?

- De quoi, tu parles !!!! Nous sommes allés en Alsace en décembre !

- Je sais... mais je parle de notre coin... tu sais... celui que nous avons visité une bonne trentaine de fois... parfois pour des semaines, parfois pour une journée... tu sais bien ! c'est tout près de Barcelone...

- Oui, bon, j'admets que ça fait peut-être quelques mois que nous ne sommes pas allés dans le Languedoc-Roussillon ou en Provence... mais nous retournons en Alsace au mois de mars !

- Oui, oui, je sais et j'ai bien hâte ! L'année dernière, il y avait pleins de décorations de Pâques et comme chaque fois que nous sommes allés en Alsace, ce fut tout simplement merveilleux... mais je parle de nos fuites en terres françaises sans avions... Je parle de prendre une voiture et se sauver à quelques heures de Barcelone...

- Oui, bon, c'est vrai. La dernière fois que nous avons eu besoin de faire un plein rapide de mots français, c'était en... oh... tu as raison, cela fait bien quelques mois... je n'ose dire... août... NON ! Si loin... c'est impossible... faut vérifier...

- Bon, on vérifiera un autre jour... allons... on prend une auberge pour le week-end...

- Parfait... ... ... C'est fait... on part vendredi.

- Super ! Au fait on passe par ici et par là. J'ai tout planifié !

- Heu... mais on a déjà visité cette ville......

- Je sais... mais il y a une librairie qui m'a fait un signe au loin... elle s'ennuie de moi ! Je dois la visiter ! Et puis, j'ai une lecture commune à faire... tu sais... le devoir m'appelle !!!

- gre gre gre... on devra se restreindre en valise, hein... pour laisser place à tous ces livres que Madame doit ramener !

- Et n'oublie pas les bouteilles de Banyuls et Maury ;)

Et donc... on quitte pour la fin de semaine ! Un plein de mots français, de vins, de repas, de promenades, de visites, et surtout de livres !!! :D Nous allons un peu plus loin que d'habitude. Nous retournons dans une auberge que nous avions bien aimée dans une petite ville bien sympathique !!! Celle de la photo... vous devinez ? ;-)

6 décembre 2009

Le moment captif d'un dimanche: Préparation

000a"Noël, c'est la veille, c'est l'attente" [Georges Dor]

Préparations. C'est le temps des préparations. Il faut planifier et faire des listes. L'organisation est importante.

Les jours qui précèdent Noël sont évidemment aussi précieux que la journée même. Il s'agit de savoir comment attendre tout en orchestrant les heures et les minutes.

On s'enveloppe de musique. Les notes doivent rythmer nos mouvements, nos pensées. On se lance ensuite dans la réalisation des multiples besognes à accomplir... ne croyez pas que ce sont des corvées ! Jamais... on s'exécute avec joie.

Une, deux, une, deux... La farine recouvre le comptoir et envahit le sol. Une, deux, trois... Les décorations sortent des boîtes oubliées sous les lits et s'accrochent aux fenêtres, aux arbres. Une deux trois quatre... Les odeurs conquièrent toutes les pièces de la maison et inondent nos têtes. Tout le monde s'active... Il faut réfléchir et trouver la petite chose qui fera briller les yeux. Aller... il faut cogiter et chercher... courir à droite et à gauche... espérer que les lutins viendront nous chuchotter le cadeau parfait à offrir... celui qui surprendra et fera sourire.

Soupirs... on peut espérer avoir le temps de se blottir dans sa couverture de peluche avec un bon livre de Noël à siroter un breuvage fumant... Et puis, c'est le temps de reprendre les tâches festives... aller... c'est que Noël arrive bientôt !

"Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel, Avec des jouets par milliers, N'oublie pas non petit soulier."

7 décembre 2009

Le théorème du Perroquet de Guedj

GuedajLe théorème du perroquet / Denis Guedj. -- [Paris] : Éditions du Seuil, [c1998] --654 p. : graph. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-02-042785-2. -- (Points ; P785).

Comprend un glossaire.

Quatrième de couverture

Monsieur Ruche, libraire à Montmartre, reçoit une lettre d'Amazonie signée d'un ami récemment disparu. Ce dernier lui lègue une incroyable bibliothèque d'ouvrages de sciences. Aidé de Nofutur, le perroquet amnésique, Ruche plonge dans l'histoire des mathématiques pour élucider le mystère de cette disparition. Un roman qui réconcilie avec humour littérature et mathématiques.

L'auteur

Denis Guedj est en 1940 à Sétif en Algérie. Il est professeur d'histoire des sciences et d'épistémologie à Paris. À partir de 1994, il entrepris la rédaction d'une chronique dans le cahier Eurêka de la publication Libération traitant de l'actualité vue à travers les mathématiques. Sa chronique qui se termina en 1997, fut rassemblée dans un ouvrage intitulé "La gratuité ne vaut plus rien". Guedj

Il est également écrivain et a écrit plusieurs ouvrages. Il est aussi un réalisateur - et même interprète - et a participé à plusieurs films. On le qualifie aujourd'hui de mathématicien en raison de l'importance des mathématiques dans ces textes.

Bibliographie partielle

  • La Méridienne (1987)
  • La révolution des savants (1988)
  • L'empire des nombres (1996)
  • La gratuité ne vaut plus rien et autres chroniques mathématiques (1997)
  • Le théorème du perroquet (1998)
  • Génis ou le Bambou parapluie (1999)
  • Le mètre du monde (2000)
  • Le Bela - Autobiographie d'une caravelle (2001)
  • One Zero Show - Du point à la ligne (2001)
  • Les cheveux de Bérénice (2003)
  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer (2005)
  • Villa des hommes (2007)
  • Les mathématiques expliquées à mes filles (2008)

Résumé

Une librarie à Paris. M. Ruche, un vieux libraire et philosophe, aujourd'hui invalide, reçoit une lettre d'un vieil ami, Elgar Grosrouve, qu'il n'a pas vu depuis de nombreuses années et qui se trouve maintenant au Brésil. Cette lettre lui annonce l'arrivée imminente de la totalité de sa bibliothèque personnelle entièrement consacrée aux mathématiques.

Alors que M. Ruche se questionne sur les raisons de ce don par son ami, il se confie à ses proches: Perrette Liard, qui s'occupe maintenant de sa librairie et qui vit près de lui avec ses trois enfants, les jumeaux Jonathan et Léa et Max qui est presque sourd et qui ramène à la maison un perroquet qu'il a miraculeusement sauvé de deux hommes étranges.

Les livres arrivent enfin et avec eux, un mystère encore plus grand. À travers les livres et les fiches écrites de la main de Grosrouve, M. Ruche et ses proches tenteront de découvrir ce que cache son ami. Ils tenteront de découvrir pourquoi Grosrouve est mort et pourquoi a-t-il donnée sa bibliothèque à M. Ruche. Les mathématiques semblent tenir les réponses à leurs interrogations et ils plongent tous dans l'histoire de cette science parfois bien philosophique.

Commentaires personnels

Publié en 1998, Le théorème du perroquet fut un très grand succès et fut traduit en 20 langues. Le roman se veut une rencontre entre l'intrigue policière et l'histoire des mathématiques.

Dès les premiers chapitres du roman, il est évident que l'auteur cherche à nous faire découvrir les mathématiques et son histoire. En partant d'une intrigue vaguement policière, l'enquête de M. Ruche et ses amis sur la mort de Grosrouve, l'auteur nous fait parcourir de façon intéressante l'histoire des mathématiques. À ces deux prémisses, les mathématiques et la mort de Grosrouve, se greffe diverses histoires. On nous présente la vie des principaux personnages: Perrette Liard et ses trois enfants, M. Ruche et sa relation avec Elgar Grosrouve. Et à ces personnages centraux s'ajoute aussi le perroquet sauvé par Max, baptisé Nofutur et qui participe à l'exploration des mathématiques avec la petite "famille" de la librairie.

Le style de Guedj est simple sans être dépourvu de poésie. Mais la véritable poésie vient des mathématiques et non du récit. Car le le texte de Guedj demeure sans surprise. Il est agréable et facile à lire, sans plus. Quelques longueurs. En fait, ce sont surtout des longueurs qu'on nommerait disgressions. C'est à dire qu'on se lance dans des anecdoctes historiques sur les biographies de mathématiciens et on se perd dans la chronologie des avancés de la science... et on oublie de revenir à l'intrigue qui n'est finalement pas vraiment "principale". L'auteur prend même parfois la liberté de changer de point de vue pour entrer dans une narration mettant directement en premier plan un personnage historique. Mais c'est toujours très bref et on se demande parfois pourquoi il y a eu ainsi changement de perspective. De plus, l'écriture devient parfois un peu trop didactique. On semble glisser du roman à l'étude et on perd ainsi de la fluidité de lecture.

Je crois qu'il est aussi important de souligner que les mathématiques ne sont qu'un prétexte à l'intrigue. Ou alors l'intrigue n'est qu'un prétexte pour raconter l'histoire des mathématiques. Car les deux semblent souvent sans rapport et même les personnages semblent oublier à l'occasion pourquoi ils sont plongés dans l'étude de cette science.

Les mathématiques prennent toute la place et volent la vedette à toute autre intrigue. La présentation de l'histoire des mathématiques, de l'évolution de la science est très intéressante. J'avoue que comme beaucoup de lecteurs du roman, j'aurais aimé qu'on me présente les mathématiques ainsi... en nous donnant un peu d'histoire avec les théories et formules. Cependant, il y a aussi beaucoup de formules dans le roman et de développements et d'explications... et cela ajoute parfois aux longueurs du roman. Elles ont peu d'incidences sur l'intrigue et sont encore une fois, une diversion au déroulement du roman. La fin est définitevement baclée... on oublie les intrigues amorcée (la naissance des jumeaux, l'adoption de Max, sa surdité), on raccourcit les mystères (l'implication du perroquet, la mort de Grosrouve, les mystèrieux assaillants du débuts), on survole les personnages principaux sans vraiment les approfondir et on introduit de nouveaux personnages rapidement pour les oublier aussitôt, et on conclue l'intrigue principale en un clin d'oeil...

Non, vraiment, le roman est à lire comme une histoire romancée des mathématiques et il faut simplement se laisser envahir par cette histoire et les anecdotes qui la parsèment... Et ne pas oublier que ce n'est qu'un roman, que les informations ne sont pas complètes et qu'il y a beaucoup plus à apprendre sur le sujet.

Les avis de Martine, Houdac, Yue yin, Ankya, Cacahuete.

Voir aussi: Le théorème du Perroquet - Expérience de lecture

Extraits

"Il y a dans ces ouvrages des histoires qui valent celles de nos meilleurs romanciers. Les mathématiques : du Zola, du Balzac, du Tolstoï !" p. 43

"M. Ruche avait mis des années avant de s'apercevoir que Max ne répétait jamais, ni une phrase ni un geste. Plus étonnant encore venant de la part d'un garçon qui avait tant de peine à entendre, il ne faisait jamais répéter son interlocuteur. Comme si ce qui avait été mal perçu était définitivement perdu et qu'il n'y avait pas à revenir." p.270

"Ce qui avait été rompu, ce n'était pas les os. Qu'avait dit ce mathématicien? "La part subtile et glorieuse du calcul." C'est la part subtile qui avait été rompue. Et pour elle, il n'y a pas de raboutage. Que vienne une algèbre qui nous libérera de ces amputations invisibles. M. Ruche s'endormit, un goût amer dans la bouche. Et un sourire perdu au coin des lèvres.". p. 291

Sources à consulter

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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