Un livre ouvert... les pages de ce livre à la fois journal personnel et grimoire propose des réflexions sur l'art, la littérature, le cinéma, l'histoire, le passé, le futur et la vie...
J'aime voyager. J'aime les changements. Mais j'aime mon chez-moi. J'aime avoir un endroit que je peux appeler "chez-moi". Avec les années j'ai découvert que cet endroit pouvait se situer n'importe où, dans n'importe quel pays... en autant que je sois entourée des objets que j'aime et qui me sont familiers. Je n'oublie pas les gens non, évidemment. Mais mon logis est important. L'endroit où je me sens en sécurité, où je me sens bien.
Mais autant j'aime les repères de mon foyer, autant j'aime les changements. La routine s'empare rapidement de nous, si on la laisse faire. La routine est rassurante, elle est ce qui me permet de lire un livre engloutie confortablement dans mon sofa préféré. Mais la routine me pèse rapidement. Et alors les choses changent autour de moi... le travail, le pays... changement d'emploi, voyages, changement de pays... Mais pas les gens, pas les objets.
Et parfois, le temps passe et il n'y a pas de changement... le travail continue, le logis demeure au même endroit, et les voyages se font rares. Je me sens alors soupirer. Et la crainte que le quotidien ne devienne routine m'envahit. Et alors, je ressens un immense besoin de tout bousculer dans la maison. Cela m'a pris des années à comprendre ce besoin de chambarder mon logis. De changer d'endroit ce vase bleu, de trouver un nouvel emplacement pour ce miroir, de carrément culbuter les meubles d'un côté à l'autre. De perdre mes repères dimensionnels pour me retrouver dans un nouvel univers entre les mêmes murs et avec les mêmes objets.
Et je me rappelle ma mère. Il arrivait fréquemment que nous revenions de l'école pour trouver le salon complètement transformé. Les meubles avaient changés de place, les plantes envahissaient un nouveau coin et il y avait un cadre en moins, puisqu'il se trouvait maintenant dans le corridor. Trois mois plus tard, la cuisine avait de nouveaux rideaux, la table était à l'autre bout de la pièce et le comptoir présentait le rangement pour épices qui la veille était sur le mur. Et puis, 6 mois plus tard tout changeait à nouveau. Régulièrement, elle venait dans nos chambres et nous demandait ce qu'on voulait changer: le lit sur le mur opposé ? l'armoire en biais ? changer de tapis avec soeurette ?
Je ne me suis jamais questionnée. C'était normal. On changeait la disposition de la maison et c'est tout. Mais pourquoi ? Nous avons longtemps demeuré au même endroit. La même maison. La même rue. Le même quartier. La même ville. Ma mère a peu travaillé. Une grande partie de sa vie fut à la maison. Nous faisions peu de voyages. Puis elle fut de plus en plus incapable de sortir. Ma mère vivait dans son logis. C'était son chez soi.
Mais ma mère aimait sortir et voyager. Elle aurait voulu aller dans des soirées, voir le monde. Parcourir les rues, les villes, les pays. Elle aurait aimé rencontrer des gens, dévaliser les magasins des grandes villes, découvrir les cuisines nouvelles et étranges. Elle rêvait de voyages et d'aventures.
Nous allions visiter la famille, nous allions au parc, au cinéma, au centre d'achat, à la bibliothèque. Et quand son intérieur bouillonnait et cherchait à s'enfuir, elle chambardait sa demeure. Quand son regard s'évadait par la fenêtre, elle déplaçait les objets de son chez-soi. Et un autre intérieur existait pour un moment.
Quand j'ai l'âme qui soupire, je pense à la citation de Vivane Chocas, et à ma mère... et je me réinvente et me recompose en chahutant un peu ces objets qui m'entourent...
Mangez-le si vous voulez : roman / Jean Teulé. -- Paris : Julliard, [2009]. -- 129 p : plans ; 20 cm. -- ISBN 978-2-260-01772-1 Quatrième de couverture
Nul n'est à l'abri de l'abominable. Nous sommes tous capables du pire!
Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.
Pourquoi une telle horreur est-elle possible? Comment une foule paisible peut-être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?
Jean Teulé a reconstitué avec une précision redoutable chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'histoire du XIXe siècle en France.
Commentaires personnels (très personnels!)
L'histoire que Teulé a choisi de raconté est vraie. Ces événements ont réellement eut lieu. L'auteur a choisi de reconstituer la journée de Monéys en détail. Son départ, ses premières rencontres, son arrivée à Hautefaye, puis la folie qui s'empare de la foule, les tortures que l'on infligera à Monéys, puis sa mise à mort. Le sort réservé à Monéys est décrit dans le menu détail. Puis, beaucoup plus rapidement, l'auteur nous présente les arrestations, une partie du procès, une reproduction du verdict et finalement l'exécution des principaux tortionnaires.
Le livre est bref, à peine 129 pages - et avec une police de caractère assez grande. On est d'un côté reconnaissant de cette brièveté, mais aussi, on peut la déplorer. L'auteur a pris un fait historique horrible du XIXe siècle. Une "anecdotde" honteuse. Et il l'a transformé en roman. Ou plutôt un récit. Car il raconte. En détail. En trop de détails, disent certaines critiques.
L'événement est difficile à croire, mais il s'est réellement passé. Et c'est toute l'horreur de l'ouvrage. On lit. Et on a de la difficulté à croire. On se dit que les gens s'ouvriront les yeux, qu'ils cesseront leurs torturent, qu'Alain de Monéys vivra... Mais on sait qu'il ne vivra pas. On se trouve alors dans la position de voyeur impuissant... de voyeur qui veut savoir... qui veut lire la suite. Les détails sont crus et cruels. On sait tout. Et même sûrement plus... car il ne faut pas oublier que Teulé "romanise" tout de même. Il raconte une histoire et en fait un roman. Certains détails sont incertains. Mais l'ensemble est certain.
Mais on continue à lire. On se dit presque on devrait cesser la lecture. Car c'est du voyeurisme sensationnaliste que l'on fait... il ne faut pas se le cacher. Évidemment, il est important de ne pas laisser certaines atrocités tombées dans l'oubli. Il faut se rappeler. Et Teulé nous rappelle. Et on se questionne... on espère... On ose espérer que nous aurions été du nombre de ceux qui ont tenté de sauver Monéys. Et on essaie de comprendre... comment des gens, des amis, ont put laisser la folie, le mouvement de foule, les entraîner dans des horreurs qu'ils purent à peine expliquer par la suite. Ils ont posé des gestes ignobles, des gestes que jamais ils ne pourraient faire... et sur le moment, tout leur semblait justifié, naturel.
Mais le roman est aussi trop court. L'après... est trop rapide. On aimerait en savoir plus sur les arrestations, le procès, les coupables, etc. On passe très vite sur ce côté. Teulé n'a pas voulu faire un documentaire de l'époque, des cirsconstances, des conséquences... il ne nous offre qu'un "film" des quelques heures qui ont permis à une foule de torturer et tuer un homme, un ami, un voisin, d'en faire un sacrifice.
Mais évidemment, il y a les vrais gens et un village... On dit que Teulé a exagéré certains moments... en particulier cette phrase qui fait le titre. On dit qu'il a repris la trame d'autres oeuvres, en particulier celle de Albin Corbin, Le village des cannibales (qu'il cite d'ailleurs à la fin de son ouvrage). Un événement de ce genre n'appartient pas à un auteur. Et l'oeuvre de Teulé ne semble pas plus tapageuse que celle d'un autre, Corbin, par exemple. Les descendants des protagonistes de ce drame, ont critiqué les deux oeuvres. Et j'avoue que les titres sont très "marketing".
J'ai lu l'oeuvre en quelques heures. Je fus émue et j'ai même versé des larmes. J'ai espéré contre tout logique que Monéys ne serait plus torturé, ne serait pas tué, ne serait pas brûlé... Mais est-ce que j'ai aimé le roman ? Je ne sais pas. Je ne peux comparer cet ouvrage avec d'autres Teulé, car c'est le premier que je lis (il y a trois autres qui m'attendent dans ma PAL). Mais j'ai trouvé le ton parfois trop léger, voire trop poétique. Et parfois trop cru. Aucun détail n'est épargné... c'est sanglant, et viscéral. Certains disent que c'est sa force. De faire sourire, d'être ironique dans un tel récit monstreux. Je ne trouve pas. Je n'ai d'ailleurs jamais souri pendant ma lecture.
Et j'aurais aimé plus de contexte historique. Les gens étaiens épuisés par une guerre, affamés, pauvres, les morts s'accumulaient... la tension était forte. Cela n'excuse rien, mais nous offre un contexte essentiel à mes yeux. Teulé ne fait qu'effleurer la situation. Qui sont les Prussiens ? De quelle guerre parle-t-on ? Surtout si nous ne sommes pas français, il peut y avoir beaucoup de trous, de questions.
Enfin. Difficile d'en parler de façon objective. J'ai apprécié ma lecture. Je recommande le roman. Mais je conseille aussi d'aller lire un peu sur le drame. La mort d'Alain de Monéys mérite que l'on aille plus loin que la simple lecture du roman de Teulé.
"Hautefaye est dans un état de prostration et de catatonie. On se croirait un lendemain de cuite. Et la bonté du paysage, au coeur, dit à chacun: "Mais qu'avez-vous donc fait, hier? Qu'est-ce qui vous a pris?" Le village frémit encore, mal étonné par lui-même: "Mais qu'est-ce qui nous a pris? C'est le désarroi et l'hébétude." p.111
Reines et favorites : le pouvoir des femmes / Benedetta Craveri ; traduit de l'italien par Éliane Deschamps-Pria. -- [Paris] : Gallimard, 2009. -- 484 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-07-037973-6. -- (Coll. Folio ; no 4883)
Titre original: Amanti e regine, c2005
Quatrième de couverture
À la Renaissance, les femmes devaient se soumettre à l'autorité de l'homme - comme la noblesse devait se soumettre à celle du roi. Certaines parviendront pourant à faire de leur condition d'infériorité un atout. Fortes de leurs ambitions, de leur intelligence et de leur beauté, c'est en profitant de la faiblesse masculine qu'elles se glissent dans les rouages, sans être broyées. Si elles ne peuvent assumer le pouvoir en leur nom, leurs destinées sont parfois spectaculaires. De Diane de Poitiers à Marie-Antoinette, en passant par Catherine de Médicis, la reine Margot, Gabrielle d'Estrées, Madame de Maintenon ou la Marquise de Pompadour, Benedetta Craveri nous offre une suite de portraits, passionnants comme des romans, mêlant avec brio la petite et la grande Histoire.
L'auteur
Benedetta Craveri est une spécialiste de la civilisation française des XVIIe et XVIIIe siècle. Elle enseigne présentement la littérature française en Italie, à l'Université de la Tuscia à Viterbe et à l'Istituto Universitario Suor Orsola Benincasa à Naples.
Bibliographie partielle
Madame du Deffand et son monde (1987)
La Vie privée du Maréchal de Richelieu (1993)
L'âge de la conversation (2002)
Avis d'une mère à sa fille (2007)
Reines et favorites (2007)
Marie-Antoinette
et le scandale du collier (2008)
Résumé et Commentaires personnels
L'ouvrage de Benedetta Craveri se veut une galerie des femmes qui ont marqué la monarchie et l'histoire de France. Elle nous présente une facette souvent occultée de l'histoire de la France: la place des femmes dans l'histoire de la monarchie de France.
La femme avait toujours eu une place centrale dans l'histoire et jusqu'à la fin du Moyen Âge, elle jouait un rôle central et important autant dans la société en général que dans la politique. Mais un changement important survient à la fin du Moyen Âge et au tout début de la Renaissance. Le femme est petit à petit reléguée au rôle de mère et perd tout pouvoir public et politique. La loi salique est instaurée en France et les femmes ne peuvent plus accéder au trône. Elles ne sont alors plus que l'épouse et la mère. Les reines ne sont que les femmes derrières les rois, les mères des futurs héritiers, les enjeux de d'alliances politiques.
Les femmes doivent alors trouver une nouvelle façon d'exercer leur pouvoir dans la société et monarchie française. Les reines et les favorites ont leur place dans l'histoire... elles durent parfois se battre pour établir leur pouvoir, leur position n'était jamais certaine, parfois même dangereuse, mais elles réussirent à laisser leur marque dans l'histoire.
Table des matières
Le pouvoir des femmes
Une italienne à la cour de France
Diane de Poitiers
Catherine de Médicis
La Reine Margot
Gabrielle d'Estrées
Une nouvelle reine florentine
Marie de Médicis
Anne d'Autriche
Marie Mancini
Marie-Thérèse d'Autriche
Louise de la Vallière
Athénaïs de Montespan
L'affaire des poisons
Madame de Maintenon
Marie Leszczynska
Les soeurs Mailly-Nesle
La marquise de Pompadour
Madame du Barry
Marie-Antoinette
On ouvre le livre de Craveri. On ne doit pas s'attendre à une analyse approfondie la place des ces femmes dans l'histoire. On ne nous offre pas une étude détaillée de l'époque. Benedetta Craveri nous propose plutôt une "histoire"... elle nous raconte la vie de ces femmes qui luttaient pour avoir une place dans une société qui ne leur laissait aucune chance de s'en faire une. L'ouvrage se lit comme un roman... les chapitre sont courts, les liens entre les personnages historiques sont rapides. Malgré le fait que l'on sent le travail et la recherche historique effectués par l'auteur, on ne peut s'empêcher de lire l'ouvrage comme un roman. Totalement passionnant. Les femmes qui ont partagé leur vie avec les rois français, ont lutté pour vivre, survivre dans un monde qui leur était hostile.
Elles sont fortes et faibles à la fois. Les enjeux sont parfois terribles. Elles règnent par des moyens détournés, exercent leur pouvoir secrètement, sont parfois vénérées, souvent détestées... Elles doivent vivre sous des codes strictes et impitoyables. Elles ne sont souvent qu'une monnaie pour conclure un contrat entre deux nations. Elles utilisent les atouts que la nature leur a fournie... Et elles utilisent donc le sexe, la beauté, la luxure, mais aussi souvent leur intelligence pour parvenir à leurs buts. Et l'amour entre parfois en jeu... certaines de ces femmes ont aimé passionnément leur roi... ce qui les a souvent mené à leur perte. Les époques sont diverses, les moeurs changent d'une année à l'autre... ce qu'on tolérait un moment est critiqué à un autre.
Cette galerie de femmes est peinte avec talent. Révélant les bons et les mauvais traits de chacune de ces femmes dont on connait les noms... qui ont marqué l'histoire.
"D'après les termes de la loi salique, la naissance, fut-elle royale, ne pouvait conférer aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. [...] Seul le roi détenait le pouvoir, et la reine n'avait d'autre statut que celui d'épouse. Il n'en avait pas toujours été ainsi. La loi salique était une institution juridique relativement récente, inventée oar des historiens et juristes au cours des XIVe et XVe siècles pour garantir avant tout l'indépendance et l'unité territoriale du pays." p.17
"Malgré la diversité de leurs personnalités et de leurs histoires, les favorites royales semblent toutes animées des mêmes passions et des mêmes desseins. Depuis la duchesse d'Étampes, première maîtresse en titre du roi de France, jusqu'à la pauvre comtesse du Barry qui achèvera sa carrière sur l'échafaud, l'amour porté au souverain, quand amour il y a, n'est jamais dénué d'arrière-pensées : l'ambition, l'orgueil, la cupidité, le désir de domination qui l'alimentent sont d'ailleurs des armes indispensables pour surmonter les obstacles, les doutes, les amertures, les humiliations qui émaillent la route d'une favorite ; on ne peut défendre les positions acquises qu'en faisant taire sa piétié et sa conscience." p. 194
"Quand il y a mort d'homme, il y a quatre éventualité. Mort naturelle, accident, suicide, meurtre. Ce n'est évidemment pas une mort naturelle. Vous avez envisagé l'accident et le suicide. Mais vous avez oublié le meurtre, déclara Perrette d'un ton assuré." p. 129
J'ai choisi ce livre car le 4e de couverture me semblait intéressant. J'aime les histoires policière. J'aime les libraries, les bibliothèques et les livres. J'aime les mathématiques. En lecture, je dois souligner, car malgré mes résultats excellents à l'école, je n'aimais pas du tout les mathématiques... Mais j'aime lire sur les mathématiques. Et j'aime les intrigues qui impliquent les mathématiques. Comme le roman de Guillermo Martinez, par exemple. Mais Mathématique du crime m'avait laissé sur ma faim. Pas assez de mathématiques dans ce crime impliquant cette science.
Et puis, même si je trouvais la couverture assez quelconque... j'aime bien les perroquets et je voulais savoir comment celui-ci pouvait devenir un théorème.
J'ai commencé ma lecture un soir. Dans les meilleures conditions. J'avais extrêmement envie de lire le roman. J'étais enveloppée de ma couverture préférée. Et j'ai commencé à tourner les pages. Lentement. Pendant des jours et des jours.
Et puis, j'ai lu l'excellent billet d'Ankya et je me suis dit que je devais continuer ma lecture. Car oui, j'étais hésitante. En fait, je dois dire que je peinais littéralement à lire ce roman que pourtant je ne détestais pas lire.
J'ai rarement été aussi perdue dans une lecture. Perdue dans tous les sens. Je lisais avidement les passages sur l'histoire des mathématiques même si parfois ils m'endormaient carrément. Je voulais poursuivre l'intrigue même si parfois je l'oubliais totalement tellement on en parlait peu. Et j'étais complètement surprise quand on la mentionnait ! De quoi parle-t-on ? me disais-je alors ! Puis, je me rappelais qu'il y avait en effet une intrigue dans le roman... un mystère à élucider qui impliquait la mort d'un homme, le legs d'une bibliothèque, le sauvetage d'un perroquet...
Mais les jours et les nuits se sont multiplés... les 600 quelques pages me semblaient absolument interminables. Je n'ai jamais autant détesté lire un lire que j'aimais bien. Et ce fut terriblement difficile de le terminer même si je garde un bon souvenir de ma lecture. Un paradoxe complet pour la lectrice que je suis...
Et finalement... je dois avouer que j'aurais préféré que l'auteur oublie son intrigue pour se concentrer sur ses personnages et son histoire des mathématiques. Car honnêtement... non seulement l'intrigue est bien mince et mal menée mais en plus elle se termine en queue de poisson ! Non... j'aurais véritablement préférée qu'on oublie ce côté du roman. De toute façon, l'auteur semblait aussi l'oublier, ce qui faisait que je l'oubliais aussi. Le roman est long. Trop long. Et on a parfois l'impression qu'il y a plus d'un livre dans ce roman.
Et puis... cette dernière page... cette conférence des oiseaux... je préfère nettement l'oublier elle aussi... c'est trop... trop... TROP. Et puis, je préfère oublier les critiques que j'ai lu me révélant que contrairement à ce que l'éditeur nous annonce, l'auteur n'est pas véritablement un mathématicien...
Et donc, je garde le texte qui me raconte les mathématiques par le biais de discussions et de mises en scènes montées par des personnages intéressants - quoique sous-développés - et de visites à des lieux uniques et remplis d'informations précieuses. Et j'oublie cettte histoire improbable de perroquet, de vieux amis et d'Amazonie.
Et donc... j'ai aimé même si ce fut long et pénible à lire (oui, je sais, cela ne fait aucun sens, mais bon !)
"La réalité s'affronte bien facilement, lorsque disparaissent les gargouilles impitoyables de l'imagination" [Jean Beaudry]
Image fréquente. Ami quotidien. Chaque visite, chaque promenade, nous nous rencontrons. Sur les églises, sur les monastères, sur certains édifices officiels... il est là. Il s'élance vers moi, vers mes pas. Je tente de l'éviter. D'éviter ce qu'il me renvoie. Ce qu'il me rappelle.
L'eau qu'il rejette symbolise-t-elle mes vices, comme me l'explique le dictionnaire ? Est-il un gardien des lieux sacrés externes et internes ? Est-il un simple instrument utile et architectural ? Cachant un canal utilitaire ou un mal interne ?
On dit que la fonction première de la gargouille est d'écarter l'eau des parois... la rejetter au loin. On dit aussi que la gargouille protège les lieux où elle se tient, du mal. Elle est là aussi pour rappeller au passant que le péché est partout.
Mais on m'a aussi dit que la gargouille est là pour dire aux démons qu'ils peuvent passer leur chemin... il y a déjà ici un démon qui veille...
La gargouille nous surveille. Elle regarde nos mouvements, elle semble lire nos pensées. Elle devine nos désirs, nos passions, nos peurs, nos hontes et nos vies cachées.
"Chacun a en lui son petit monstre à nourrir" [Madeleine Ferron]
"Vie: passage sur terre. Mort: passage sous terre." [Jicka]
Dehors il y a la vie, le soleil, le passé, le présent et le futur. Et puis, on descend tranquillement sous terre... et un long couloir se présente devant nous. Un passage qui nous ramène à une mémoire perdue.
Concrètement... un cirque romain datant du 1er siècle après JC. Un couloir sous les trottoirs de Tarragona. Des chevaux, des chars, des moments lointains, parfois anodins, festifs, parfois terribles.
Dans ce tunnel souterrain, des souvenirs errent furtivement. Un couloir à visiter. Des centaines, des milliers de touristes, de visiteurs, de voyeurs... à regarder, observer, scruter... la plupart oubliant ce que ce passage signifie, ce qu'il veut nous rappeler, nous raconter.
Il est toujours là. Sous la terre. Chargé d'images. Invisibles. N'apparaissant à la lumière qu'à ceux qui veulent voir. Qui veulent se souvenir.
"Les arcanes de notre mémoire sont comme d'immenses souterrains où la lumière de l'esprit ne pénètre jamais mieux que lorsqu'elle a cessé de briller au-dehors" [Hervey de Saint-Denys]
L'Oeuvre au noir ; suivi de notes de "L'oeuvre au noir" /
Marguerite Yourcenar. -- [Paris] : Gallimard, c1968, c1991. -- 511 p. ;
18 cm. -- 978-2-036798-6. -- (Coll. Folio ; 798)
Analyse et commentaires personnels
Ce roman de Yourcenar peut sembler plus sombre que ces autres romans. Il fut d'ailleurs écrit pendant une période difficile de la vie de Marguerite Yourcenar. L'auteur, elle-même plus vieille et fragile, devait accompagner sa conjointe atteinte d'un cancer qui l'emportera rapidement. Yourcenar voit la vie avec un regard triste, pessimiste et fataliste. L'auteur place cependant ce roman pami ses oeuvres importantes et qui ont marquées à la fois sa vie et sa carrière d'écrivain. Le roman a d'ailleurs remporté le prix Femina en 1968. En 1988, André Delvaux adaptera le roman au cinéma, avec l'accord de Yourcenar et c'est Gian Maria Volonté qui y incarne Zénon. Marguerite Yourcenar qui décède le 17 décembre 1987, ne verra pas le film de Delvaux.
Dans cette édition se trouve deux parties très intéressantes qui viennent compléter l'ouvrage. Tout d'abord, des "Carnets de notes" sur l'oeuvre. Ce sont des notes manuscrites de l'auteur qui nous offre ses réflexions lors de l'écriture, ses questionnements, ses hésitations, les raisons de certains choix, des détails supplémentaires sur ses personnages, des liens entre ses oeuvres, etc. Ensuite nous avons, une Note de l'auteur, qui nous raconte l'écriture et l'évolution du roman. Nous y apprenons, par exemple, que le roman fut d'abord un récit d'une cinquantaine de pages.
L'Oeuvre au noir raconte la vie de Zénon, un médecin, philosophe, alchimiste qui naquit à Bruges en 1510 et qui durant toute sa vie parcourt l'Europe. Il vit à cheval sur deux époques qui se confrontent dans leurs idées, religions et croyances. Un siècle qui quitte rapidement le Moyen Âge pour se diriger vers la Renaissance. Zénon vit de façon intense cette période de transition.
On suit la vie de Zénon, étape par étape, chacune datée et bien située dans son époque. On commence par son enfance d'orphelin puis sa vie de jeune adolescent et adulte. On le suit ensuite dans ses premières études et expériences. Cette première époque est nommée "La vie errante". C'est pendant cette première étape que Zénon bâtit son caractère et construit son bagage de connaissances. Il apprend et étudie. Il découvre le monde et se construit une réputation d'alchimiste, puis de médecin (chirurgien). Ces écrits seront constamment remis en question et même censurés et il devra éventuellent se cacher pour fuir les persécutions.
La deuxième partie du roman s'intitule "La vie immobile" et nous raconte comment Zénon retourne vivre à Bruges sous un faux nom. Il se cache dans sa propre ville et tente de retrouver une vie stable et anonyme. Il est médecin dans un couvent et l'ami du prieur. Malgré cette vie secrète, il poursuit ses réflexions philosophiques et ses expéiences, parfois avec succès, parfois non. Après la mort du prieur, il poursuit son métier de médecin et tente d'aider les pauvres et faibles. Mais ces pensées, ses expériences ne passeront pas toujours inaperçues et sa situaiton devient de plus en plus dangereuse.
Certains finiront par le reconnaître. D'autres lèveront le voile sur ses opinions et expériences. Et petit à petit, il se retrouve compromis dans des histoires troubles. La troisième partie, "La prison", nous relate son accusation, son procès ainsi que son emprisonnement et se termine par la "fin de Zénon".
La vie de Zénon s'inscrit entièrement dans son époque et à travers son personnage principal, Yourcenar nous raconte une époque trouble. Tout comme la vie de Zénon - et par le fait même, le roman - ce XVIe siècle est trouble, parfois décousu, souvent dangereux, contradictoire, insolite, troublant et désordonné. Est-ce que l'auteur a voulu nous dépeindre un homme extraordinaire dans un siècle trouble ? On pourrait le croire: un médecin, alchimiste, philosophe... mais on sent nettement, que Zénon est, malgré sa force et sa volonté de rester libre de corps et d'esprit, un homme simple et ordinaire.
On voit le siècle à travers la vie et les yeux de Zénon, mais aussi à travers divers autres personnages qui ont croisé sa vie, même de façon très brève: ses parents, sa famille, ses amis et ses ennemis. Le roman est presque un prétexte pour nous présenter une époque agitée, tendue, intolérante et difficile, mais riche en événements et surtout en changements cruciaux. Mais il est aussi un prétexte pour méditer, pour partager des réflexions sur l'époque, la religion, l'Église, les moeurs, etc. Yourcenar utilise la biographie fictive d'un alchimiste, médecin et philosophe pour raconter une époque confuse qui mélange science et magie, religion et superstition.
L'oeuvre est fournie, dense et remplie de descriptions détaillées. On utilise souvent un personnage pour simplement décrire l'époque ou un événement, sans pousser nécessairement le caractère du personnage. Ce qui fait que le texte peut parfois paraître s'éloigner de l'histoire principale. En fait, on reproche souvent à l'oeuvre de tarder avant d'entrer dans la vie même de Zénon. Et de souvent l'oublier en cours de route. Ce qui peut donner à l'occasion quelques longueurs. Et je dois avouer que j'ai moi-même eu un peu de difficulté au début à embarquer dans l'histoire. Mais ce fut bref... on se laisse ensuite rapidement envahir par l'époque - sa beauté et sa violence -, ses gens, ses moeurs et surtout la vie de Zénon: son apprentissage, ses découvertes, ses aventures amoureuses, ses problèmes, ses opinions, ses expériences, ses amitiés, ses combats... Et ce roman raconte toutes les angoisses, les peurs, les doutes, les renoncements des hommes et femmes ayant vécu dans ce siècle tourmenté.
Malgré un style parfois qualifié de classique ou traditionnel, l'écriture demeure toujours fluide. Le style est soutenu, certes, mais surtout passionné. L'auteur nous offre un texte chargé et surtout recherché. Les discours sont parfois un peu longs, à la limite du texte informatif ou philosophique, mais, personnellement, je n'ai jamais trouvé le texte lourd. L'atmosphère est très riche et nous plonge directement dans le passé. C'est un roman, bien sûr, mais qui nous permet de revivre une époque ancienne et d'en apprendre sur celle-ci. On voit vivre une société, on voit évoluer les pensées, on découvre les barrières et les entraves, on observe les découvertes scientifiques, etc.
Et évidemment, on ne peut passer par dessus les références alchimiques, en commençant par le titre, bien sûr. Zénon est médecin et philosophe, mais aussi alchimiste. Le roman s'intitule "L'Oeuvre au Noir", ce qui est la première étape de ce qu'on nomme le "Grand Oeuvre" alchimique. Cette étape est préparatoire et consiste à purifier la matière pour atteindre un stade de putréfaction qui permettra d'éliminer toute imperfection et impureté. La "mort" pour "purifier". Il s'agit donc du moment où l'alchimiste combat ses "démons intérieurs" dans un premier temps, et essaie de se libérer de toute entrave psychologique, religieuse, philosophique, culturelle, etc. Il cherche à libérer complètement son esprit et pour se faire, il doit se purifier et éliminer, "détruire" toute imperfection, tout préjugé, etc. Pour continuer son travail, l'alchimiste doit complèter l'Oeuvre au noir, puis l'Oeuvre au blanc et finalement l'Oeuvre au rouge. À la fin de ces trois étapes, l'alchimiste sera libre et apte à transformer le plomb en or. Évidemment, ici, on parle autant de transformation réelle que symbolique.
Zénon travaillera toute sa vie à la réalisation du Grand Oeuvre. Le titre du roman est cependant peut-être l'indication que Zénon, n'accomplira dans
sa vie que la première étape du Grand Oeuvre, c'est-à-dire l'Oeuvre au
Noir. Les autres étapes ne pouvant s'accomplir que sur un autre plan de
conscience et donc après sa mort - et donc peut-être simplement symbolique. Je crois que cependant, qu'il obtiendra finalement le Grand Oeuvre par le choix qui fera de mettre un terme à sa vie, et qu'il accomplit donc ainsi les trois étapes.
Pendant des années, il tentera d'ouvrir son esprit, de lutter pour la liberté d'expression - même lorsqu'il doit se cacher. Plusieurs ont reproché à Yourcenar de ne pas avoir fait de Zénon, un véritable alchimiste, mais uniquement un libre penseur. En effet, l'auteur ne nous donne que peu de renseignements sur la vie d'alchimiste de Zénon. Et ces réflexions et expériences ne semblent pas inclure l'aspect "mystique" souvent associé à l'aspect scientifique de l'alchimie. Je crois que l'alchimiste en Zénon est à chercher plutôt dans l'aspect initiatique de sa vie, de son parcours personnel, de l'évolution de ses idées et opinions, et surtout par le cheminement de son travail d'écriture. Du passage de l'état de noirceur, à un état plus stable pour finalement atteindre sa propre pierre philosophale - c'est à dire, la transmutation de l'impur à un état de réalisation et d'accomplissement. Nous avons dans les trois parties du roman, les trois étapes du Grand Oeuvre. Les liens peuvent se multiplier et plusieurs critiques s'y sont penchés.
Ma lecture fut longue. On ne peut lire le roman de Yourcenar rapidement. Il faut lire attentivement ce magnifique roman et se laisser envahir par l'époque et le personnage principal pour bien les comprendre et les apprecier. Je ne regrette pas ces heures perdues dans un livre grandiose et exceptionnel.
"La mort violente était partout, comme
dans une boucherie ou dans un enclos patibulaire. Une oie égorgée
criaillait dans la plume qui allait servir à tracer sur de vieux
chiffons des idées qu'on croyait dignes de durer toujours." p. 235
"Pleins d'une révérencieuse pensée qui
l'eùt fait mettre à mort sur toutes les laces publiques de Mahomet ou
du Christ, il songea que les symboles les plus adéquats du conjectural
Bien Suprême sont encore ceux qui passent absurdement pur les plus
idolàtres, et ce globe igné le seul Dieu visible pour des créatures qui
dépériraient sans lui. De même, le plus vrai des anges était cette
mouette qui avait de plus que ls Séraphins et les Trônes l'évidence
d'exister." p.337
Le jour se lève. En fait, habituellement, il est bien levé, quand moi, je sors de mon lit. La lumière du jour inonde propablement la chambre. Tout semble alors trop lumineux. Cela sent trop le
réveil. Le début de la journée. Mes yeux ont toujours de la difficulté à se résigner à accepter cette clarté.
Je cherche un peu ce que je vais porter sauf si je dois sortir, alors habituellement, j'ai déjà décidé la veille. Même si je vais de toute évidence changer d'idée plusieurs fois avant de m'habiller. Ce moment dure une éternité.
Je me réfugie à la salle de bain. Malgré la lumière du jour qui entre par la fenêtre givrée, j'allume les lumières du plafond. Et je me regarde dans le miroir. L'image que je vois a changé au cours des années. En fait tous les jours j'observe une image différente. Un peu d'eau... de la crème autour des yeux... un peu de fond de teint... parfois un peu plus de maquillage, si je sors à l'extérieur... et ma journée commence.
L'autre matin, je me suis levée fatiguée. Le sommeil m'avait fuit une bonne partie de la nuit et j'aurais bien dormi encore quelques heures. Je me regarde dans le miroir. Des yeux ensommeillés m'observaient avec difficulté. La peau de mon visage m'apparu fripée et terne. Des plis couraient sur mon visage dans tous les sens. Ils entouraient les yeux, descendaient sur les joues, chatouillaient ma bouche et descendaient sournoisement sur mon cou.
Je me mis les deux mains sur le visage et quelques mots sortirent inconsciemment de ma bouche. Je ne les ai pas pensé... je n'y ai pas réfléchi... les mots sortirent sans que je m'en rende compte: "maudite vieille face ridée"... Et à l'instant où j'ai prononcé ces mots, j'ai entendu la voix douce de ma mère.
Chaque matin, devant le miroir de la salle de bain, elle prononçait ces mots. Je ne me souviens pas d'un temps où elle n'a pas dit ces quelques mots en se levant le matin. Et même parfois au courant de la journée. Elle les a prononcés à ses trente ans. Elle les a répétés pendant ses quarante ans. Elle les a marmonés durant ses cinquante ans. Et elle les a psalmodiés chaque jour de ses soixante ans. Les rides n'ont jamais été les mêmes, mais sa plainte n'a jamais changé. Elle a toujours vu dans le miroir un visage qu'elle n'aimait pas. Des plis qui l'offensaient quotidiennement. Ces lignes l'ont rendu triste chaque jour de sa vie.
Il m'arrive de me regarder dans le miroir et de m'étonner des changements que je vois sur mon visage. Et il m'arrive de répéter les mots tristes de ma mère. À l'occasion. Car mes rides, je ne les déteste pas. J'aimerais parfois qu'elles ne soient pas si évidentes, mais je sais qu'elles ne font que me rappeler le temps qui passe. Je n'ai pas peur de ma vieillesse, et je n'ai pas peur de mes rides.
Ces rides sur ma peau me racontent les pleurs et les rires des années qui ont passé. Elles me rappellent les moments difficiles et les moments heureux. Et je me souviens parfaitement quand certains plis ont fait leur apparition dans le coin d'un oeil. D'autres sont apparus sans que je ne m'en rende compte. À l'improviste, au détour de la vie. Les années passent tranquillement et dessinent mon visage. Tout simplement.
Sur le visage de ma mère, il y avait aussi tant d'histoires, tant de caresses, tant de larmes et soucis, tant de rires et baisers. Elle ne les voyait pas. Elle refusait de les écouter. Elle ne voyait qu'une peau flétrie qu'elle aurait voulu changer. Elle ne comprennait pas que si elle avait effacé ses rides, elle aurait perdu la beauté d'une vie remplie de moments uniques, difficiles et extraordinaires...
J'ai lu le visage de ma mère et j'y ai beaucoup appris. Et j'ai compris qu'il faut chérir chaque petit pli qui apparaît sur notre visage et sur le visage de ceux qu'on aime...
Puis-je me permettre un très mauvais jeu de mot ? Enfin, un jeu de mot facile et même enfantin ? Et bien oui, je vais me permettre. Pourquoi ? Parce que j'en ai envie, voilà tout! (mais enfin... que de chichi pour un mauvais jeu de mots !)
Alors voilà ce fameux mauvais jeu de mots: j'ai absolument dévoré l'ouvrage de Birlouez: A la table des seigneurs, moines et paysans du Moyen Age! Une fois que j'ai commencé ma lecture, je n'ai pu arrêter... presque comme un roman qu'on ne peut plus reposer car on veut connaître la suite immédiatement.
J'ai lu le livre en deux soirées, dans mon lit, dans une auberge perdue près de Séverac-le-Château. Le lendemain, dans la voiture, je ne faisais que parler du livre avec mon PisTout. "Savais-tu ceci?" "Te rends-tu compte de cela?"
Nous avions prévu plusieurs arrêts ce jour-là, dont une visite du Château de Coupiac, dans le sud de l'Aveyron. Le château est géré depuis plus de 25 ans, par l'association "Los Amics del Castel de Copiac" qui en plus de s'occuper de la restauration des lieux, organise diverses activités et animations tout au cours de l'été (et parfois pendant les autres saisons).
Nous voilà donc à Coupiac pour la visite de ce lieu haut en histoire et fort bien conservé et restauré. Nous payons notre entrée et commençons la visite. Quelle ne fut pas notre surprise - enfin plutôt la mienne! - de constater que l'animation de la journée se déroulait dans la cuisine du château. Une gentille dame, toute costumée, expliquait les coutumes et habitudes alimentaires au Moyen Age ! Quelle coïncidence incroyable !
Nous nous sommes donc assis et avons écouté ses explications. Ma lecture étant plus que fraîche dans ma mémoire, ma langue picotait à chaque question qu'elle posait : "savez-vous pourquoi on dit telle chose?" "saviez-vous que l'on ne mangeait pas de telle chose?" Et quand on lui posait des questions, je me tortillais sur le banc afin de ne pas répondre à sa place ! Et c'est que j'aurais pu !
L'animation fut un bon complément à ma lecture. Installés dans une cuisine médiévale, entourés d'objets des différentes périodes médiévales, nous avons aussi eu droit, en conclusion, à une dégustation d'hypocras, ce vin des chevaliers !
Ma seule déception: le seul livre sur le sujet à la boutique était l'ouvrage de Birlouez ! J'espèrais pouvoir acheter d'autres volumes et compléter ainsi ma lecture sur ce sujet (que je trouve personnellement) passionnant !
Old Possum's Book of Practical Cats / T.S. Eliot; with decorations y Nicolas Bentley. -- London, Boston: Faber and Faber; 1987.
Quatrième de couverture
Theselovable cat poems were written
by T.S. Eliot for his godchildren and friends in the Thirties. They have
delighted generations of children since, and inspired Andrew Lloyd Webber's
brilliant musical Cats.
L'auteur
Thomas Steams Eliot est né à
Saint-Louis (Missouri) aux Etats-Unis. Il commença ses études à la Smith
Academy où il étudia plusieurs langues. Il poursuivit d’abord ses études au
Merton College puis il étudiera à Harvard de 1906 à 1909 où il obtiendra un B.A
et un master. Il étudia principalement en philosophie. Pendant ses années à
Harvard, il publiera quelques poèmes dans le Harvard Advocate. Il restera à Paris pendant un an alors qu’il
étudie à la Sorbonne. Il retourne ensuite à Harvard pour obtenir son doctorat
en philosophie. Il pensait poursuivre ses études mais alors qu’il était en
Allemagne en 1914, la première guerre mondiale commença, et il partit pour
Londres puis Oxford.
En 1915, un ami lui présente Vivien Haigh-Wood, une danseuse. Il tombe immédiatement amoureux de la jeune fille et le couple se marie la même année, à la grande surprise de la famille du poète. Ce mariage soudain causera à Eliot de nombreux problèmes avec sa famille qui a du mal à accepter la jeune danseuse qui semble laisser voir des problèmes physiques et émotionnels. Vivien refuse également de vivre aux Etats-Unis et après
un bref retour en Amérique, le couple s’installera à Londres où Eliot aura
plusieurs emplois d’enseignement dans différentes institutions. De plus, il
écrit divers articles et critiques. En 1916, il enverra sa thèse à Harvard qui
l’acceptera, mais il n’obtient pas son diplôme puisqu’il ne se présente pas en
personne pour le recevoir. En 1917, il prend un emploi de banquier à Londres. L'emploi stabilise la situation d'Eliot et lui permet de se consacrer à son écriture. Il publie en 1917 son premier livre, Prufrock and Other Observations.
Il continue d'écrire à la
fois de la poésie mais également de nombreux essais critiques. Il
obtient beaucoup de succès et fit son chemin dans différents groupes
d'artistes et intellectuels britanniques, Pound, Yeats, Lewis,...
Son mariage n’est cependant pas un succès et des rumeurs d’infidélités sur sa femme
se font entendre presque immédiatement. En 1917, le père du poète décède sans qu'Eliot n'ait pu vraiment se réconcillier. En 1921, Eliot se retire dans un sanatorium en Suisse pour se remettre d'un épuisement total qui l'empêche d'écrire.
Après cet épisode, il reprend l'écriture et publie un poême sur lequel il travaillait depuis des années The Waste Land. Le poême obtient beaucoup de succès mais fut parfois mal interprété. Cependant sa vie personnelle continue d'être difficile, surtout avec son épouse. Il se tournera vers l'Église Anglicane pour trouver du support. En 1925, il
quitte finalement son emploi à la banque pour se joindre à la firme d’édition Faber and
Gwyer, où il deviendra éventuellement le directeur. Il sera également l’éditeur du
journal littéraire Criterion.
Il surprendra beaucoup de gens en se faisant baptiser en 1927, puis en prennant finalement la citoyenneté britannique. Ces écrits et convictions politiques et religieuses font également parler les critiques. Mais il continue d'écrire de la poésie, des essais et des pièces. Il obtient beaucoup de succès. Il est cependant très sévère avec ses écrits et n'hésite pas dire que sa réputation n'est fondée que sur quelques poèmes.
Quelques
années plus tard il acceptera un poste d’un an, de 1932 à 1933 à l’Université
Harvard. Cet éloignement lui permettra de se séparer de sa femme et lorsqu’il
revient en Angleterre, le couple se sépare définitivement. Il refuse cependant le divorce à cause de ses convictions religieuses. Vivien tente à plusieurs reprises la réconciliation sans succès. El 1938, elle devra être internée dans une institution mentale.
En 1939, le journal Criterion doit fermer. La Seconde Guerre Mondiale commence. Elliot sera alors pendant quelques temps garde des alertes aériennes. Il continue cependant à écrire, mais ses écrits sont nettement plus sombres. Ces textes seront à la fois très populaires mais également vivement critiqués. Les opinions religieuses et politiques conservatrices d'Eliot seront également critiqués. Et après la guerre, il sera même accusé par certains d'anti-séminisme.
De 1946 à 1957, il
vivra avec un de ses amis, John Davy Hayward, qui rassemblera de nombreuses
archives sur Eliot. Il n'écrira presque plus de poésie, se concentrant sur le théâtre et les essais. Vivien décède en 1947. En 1948, il recevra le prix Nobel de littérature. Eliot se mariera une seconde
fois en 1957 avec Esmé Valerie Fletcher.
Gravement atteint d’emphysème et de tachycardie, il meurt en 1965.
Bibliographie sommaire
Prufrock and Other Observations (1917)
Ezra Pound: His Metric and Poetry (1918)
Poems (1919)
The Sacred Wood: Essays on Poetry and Criticism (1920)
"But above and beyond there's still one name left over,
And that is the name that you never will guess;
The name that no human research can discover - But THE CAT HIMSELF KNOWS, and will never confess.
"
(The Naming of Cats)
"The Rum Tum Tugger is a Curious Cat:
If you offer him pheasant he would rather have grouse.
If you put him in a house he would much prefer a flat,
If you put him in a flat then he'd rather have a house.
If you set him on a mouse then he only wants a rat,
If you set him on a rat then he'd rather chase a mouse."
(The Rum Tum Tugger)
De retour de vacances depuis peu, je n'avais pas encore pris le temps de faire le tour des nouvelles. J'ai commencé tranquillement... lire les nouvelles électroniques, visiter mes carnets préférés... Petit à petit. Mélangeant un peu des deux: une nouvelle mondiale, un carnet, une nouvelle régionale, un carnet... C'est que, aujourd'hui, dans le monde qui est notre monde... les nouvelles vont vite. Elles se faufilent et courent à toute vitesse. Et elle s'accumulent. Beaucoup d'information.
Et puis, en me trottinant parmi les nouvelles et carnets, j'apprends avec stupeur, que John Hugues est décédé le 6 août dernier, d'une crise cardiaque... John Hugues... Pour beaucoup de gens, John Hugues n'était pas un "grand réalisateur" ou un "grand scénariste"... Home Alone, Uncle Buck, The Great Outdoord, Curly Sue, Flubber, ... enfin...
Mais c'est aussi le réalisateur et scénariste de : Sixteen Candles, The Breakfast Club, Weird Science, Pretty in Pink, Ferris Bueller's day off, She's having a baby, Some Kind of Wonderful,... Oh, je sais bien que pour bien des gens, ces films n'ont pas une signification cinématographique bien importante... (bien que plusieurs critiques ont vu beaucoup de choses dans ces films d'apparence simples...)
Films ayant pour thème principal l'adolescence et le passage à l'âge adulte, les films de Hugues ont marqué un nombre incalculable d'adolescents dans les années 80. Et bien qu'aujourd'hui, certains éléments de ses films peuvent sembler avoir "passés date"... l'ensemble est encore criant de réalité...
Je ne peux penser à mon adolescence sans y mettre quelques instants de ces films. Ces films que j'ai aimé avec passion. Ces films qui m'ont rejointe, touchée, fascinée... C'est une partie de ma jeunesse, une partie de ma vie.
Et donc... la mort du réalisateur m'a ébranlée. C'est comme si un vieil ami m'avait quitté... quelqu'un qui m'avait compris quand j'avais 16 ans... quelqu'un qui m'avait fait réfléchir, qui m'avait permis de relativiser toutes ces petites choses qui me semblaient insupportables et insurmontables... qui m'a montré comment rire de moi-même... et comment on passe tranquillement au travers des épreuves grandes et petites, importantes et insignifiantes... et qu'on devient un jour un adulte... et que si on fait attention, et qu'on se rappelle cette partie de notre vie qui fut si difficile, si traumatisante mais si rapide et enrichissante, non... notre coeur ne meurt pas... il se transforme et s'agrandit.
Il faut prendre le temps de se rappeler ces moments et de vivre chaque instant car comme le dit si bien Ferris: “Life moves pretty fast. You don't stop and look around once in a while, you could miss it.”
Je ne le connais pas personnellement. Je ne sais pas qui il était dans sa vie, qui il fut dans la vie de ses proches... Mais pour moi, il m'a donné ces moments inoubliables et c'est beaucoup.
Blasphemy / Douglas Preston. -- London: Pan Books, [c2008]. -- 543 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-0-330-44865-9
Quatrième de couverture
Deep in an Arizona mountain, the
world's largest supercollider will probe what happened at the very
moment of creation: the Big Bang itself. The brainchild of Nobel
laureate Gregory Norh Hazelius, the supercollider, given the name
Isabella, is the most expensive machine ever built. Some people think
it may unlock the mysteries of the universe. Some think it will create
a mini black hole that will suck in the earth. Powerful televangelist
Don T. Spates thunders that Isabella is a satanic attempt to disprove
Genesis and challenge God Almighty on the very throne of heaven. He'll
do anything to stop Isabella from reaching its goal.
When Hazelius and his team of twelve
scientists start up Isabella, they make an extraordinary discovery -
one that must be hidden from the world at all costs. Wyman Ford,
ex-monk and CIA operative, is hired by the US government to wrest from
the team their dark secret. A secret that will either destroy the
world... or save it.
Commentaires personnels (attention "spoilers")
L'origine de l'univers: création divine et/ou
le Big Bang; éternel questionnement sur l'origine de l'univers et
éternelle opposition entre la religion et la science. Mais peut-être
est-il possible de réconcilier les deux "théories"? Blasphemy est
un thriller résolument technologique et scientifique mais penchant
aussi dans les observations culturelles et religieuses.
Le roman met tout d'abord en scène un groupe de scientifiques
cherchant à recréer le tout premier moment de la création de l'univers.
Ces recherches sont le projet de Gregory North Hazelius, un
récipiendaire de nombreux prix dont le prix Nobel, véritable génie
considérant les gens comme inférieurs à lui mais ayant perdu récemment
sa femme et s'étant retiré du monde. Pour ce projet incroyable, il
rassemble une équipe de brillants scientifiques dans différents
domaines. Le projet utilise la plus grande et dispendieuse machine
ayant jamais existée: un accélérateur de particules, surnommé Isabella.
Le gouvernement a autorisé la construction d'Isabella dans le désert de
Red Mesa en Arizona, sur les terres de la nation amérindienne des
Navajo.
L'équipe commence les tests, mais alors que l'accélérateur atteint
la puissance maximum, celui-ci agit bizarrement et un message apparait
sur l'écran. Les scientifiques sont certains qu'un virus informatique a
été implanté par un hacker et cachent les résultats de leurs travaux.
Le gouvernement américain inquiet de ne pas avoir de nouvelles du
projet, envoie un "espion" dans l'équipe pour comprendre ce qui se
passe. Wyman Ford est envoyé en Arizona comme intermédiaire entre le
projet Isabella et la nation Navajo qui commence à protester contre
l'utilisation de leurs terres. Il intègre rapidement l'équipe et joue
son rôle d'intermédiaire. Et il tente évidemment de comprendre ce qui
se passe au sein de l'équipe qu'il sent immédiatement très tendue. Un
des membres de l'équipe est retrouvé mort. On conclut rapidement à un
meurtre.
Parallèlement, un télévangéliste très connu, a entendu parlé de ce
projet et il y voit non seulement, une attaque contre Dieu et la
création divine de l'univers mais également une excellente opportunité
de gagner des auditeurs et des dons. Il utilise son émission pour
ramener le débat de la science contre Dieu et connait un grand succès -
au-delà de ses espérances. Rapidement, d'autres chrétiens
fondamentalistes s'emparent de la cause et organisent des
protestations.
Alors que les manifestations Navajos et chrétiennes se mettent en
place, Wyman Ford apprend finalement la raison des délais des
recherches de l'équipe d'Isabella. Alors que l'équipe tente une
dernière fois d'amener la machine à pleine puissance et de trouver le
virus informatique, les événements se précipitent. Le gouvernement, sans nouvelle de l'équipe et de Ford, organise une opération militaire pour entrer de force dans le bâtiment logeant Isabella; plusieurs Navajos organisent une manifestation pacifique et viennent camper non loin en signe de protestation contre l'utilisation de leurs terres; des centaines (voire des milliers) de chrétiens décident de prendre d'assault Isabella et de détruire l'accélérateur et les scientifiques au nom de Dieu. Pendant ce temps, l'équipe tente de comprendre le problème avec Isabella... et finit par entreprendre une conversation avec... Dieu.
Beaucoup de sujets dans ce roman, ce qui me rendait la tâche difficile pour en parler sans raconter beaucoup de l'histoire. Évidemment, j'aurais pu ne mettre que quelques lignes, mais cela ne donne pas une bonne idée de la complexité de l'intrigue. Qui est par moment, peut-être un peu trop éparpillée, justement. Nous avons d'un côté le projet scientifique qui ne prend finalement que vraiment toute la place que très tard dans le roman. Puis nous avons le développement du personnage de Wyman Ford. Qui lui aussi prend beaucoup de place. On passe ensuite au personnage du télévangéliste et à un pasteur extrémiste. On saute ensuite aux amérindiens. Puis on revient à l'équipe de scientifiques. Ce qui fait qu'on a parfois de la difficulté à se rappeler où on en est rendu et qui sont les personnages.
L'auteur sait cependant tenir son intrigue et on attend de revoir les recherches et leurs implications. En fait, on tarde à savoir et cela m'a un peu achalé... c'était long. On nous présente un meurtre, l'histoire de chaque personnage, un autre meurtre, des discussions avec les Navajos, les questionnements des membres du gouvernement, les discours et états d'âme du télévangéliste, etc. Et on semble passer beaucoup de temps sur tout, sauf sur les problèmes d'Isabella. Puis, petit à petit, l'auteur nous amène dans le centre de la "machine" et là, cela devient tout d'abord très scientifique. Pour finalement rattraper la religion... car, et si le message qui apparaît sur l'écran n'était pas un virus, mais la voix de Dieu ?!?!
Pour certains, c'est ici que tout chavire dans le roman. Car il faut avouer que Preston ne fait pas dans la dentelle... On a une opération militaire anti-terroriste pour entrer dans le bâtiment, une manifestation Navajo à dos de cheval, des chrétiens fous de rage qui sont en mission pour Dieu et qui se préparent pour la fin du monde, une conversation avec Dieu, des poursuites dans des grottes, et j'en passe ! Mais je dois avouer que je suis restée accrochée jusqu'à la fin. J'ai trouvé par moment que c'était "un peu beaucoup", mais c'était divertissant !
Je dirais cependant qu'il y a trop de différence entre les deux parties du roman... on a l'impression d'avoir deux romans différents. Certains ont vu une critique négative de la religion et des chrétiens, et il est vrai que les personnages religieux du romans sont en général assez pitoyables. Mais il est faux de prétendre que l'auteur, oppose religion et science... ou qu'il donne la science sous un jour favorable et la religion sous un jour défavorable... Il faut voir au-delà des attitudes et convictions des personnages et comprendre que l'auteur tente de présenter les dérapages que peuvent amener autant la science que la religion.
Et je dois avouer que toutes mes petites réserves et critiques ont sauté à la fin du roman, alors que l'auteur m'a complètement surprise, ce qui est très rare et ce qui m'a beaucoup plu. Je dois avouer que j'aurais pu prévoir cette fin car les indices sont présents tout au long du roman. Mais j'ai bien aimé ce revirement de situation... que bien sûr, je ne dévoilerai pas, j'en ai déjà assez dit ! Disons simplement, que les hommes semblent avoir besoin de croire...
Je réalise que mes commentaires sont loins d'être objectifs ou même - je l'avoue humblement - très cohérents ! Je concluerai donc en disant que c'est un roman qui m'a permis de passer un agréable moment et de décrocher de mon quotidien... pas nécessairement une lecture parfaite mais tout à fait agréable !
"This group of atheistic
scientists have as their creed the theory that the universe created
itself out of nothing, without any guiding hand or primum mobile. The
call this theory the Big Bang. Now, most intelligent people, including
many scientists like myself, know this theory is based on an almost
complete lack of scientific evidence. The theory has its roots not in
science, but in the deeply anti-Christian sentiment that pervades our
nation today." p. 290
Croyances et rites populaires / James Éveillard, Patrick Huchet. -- Rennes : Éditions Ouest-France, [c 2006]. -- 125 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 2-7373-3676-7
Quatrième de couverture
A l'aube du XXIe siècle, savez-vous que :
Des femmes viennent se frotter contre certains menhirs ayant le "pouvoir" de fécondité.
Le rocher du "Pas de la Vierge" (Deux-Sèvres) est l'objet d'une étrange dévotion.
Les "bonnes fontaines" du Limousin, Auvergne, Bretagne... sont régulièrement fréquentées pour leurs vertus thérapeutiques.
Les arbres votifs de Cussac (Haute-Vienne) ou de Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime) sont toujours vénérés.
La procession de la "Lunade" est célébrée à Tulle (Corrèze), sans
la moindre interruption, depuis... 1348 ! Celle de la "Rodella", à
Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales), depuis 1465 !
Les guérisseurs, chiropracteurs et autres magnétiseurs n'ont jamais fait autant fortune...
À l'ère d'Internet et de l'ordinateur, chaque jour plus
envahissants, réjouissons-nous de la persistance de ces mille et une
superstitions et rites surprenants qui nous intriguent et portent à
l'émerveillement.
Patrick Huchet et James Eveillard vous invitent à découvrir ce monde
mystérieux de croyances et traditions populaires bien vivantes, en
notre si beau pays de France.
Les auteurs
James Eveillard fit des études d'architecture puis d'histoire et d'histoire de l'art. Il se consacre principalement aujourd'hui à la recherche historique et a écrit de nombreux ouvrages. Il a écrit notamment sur les Templiers, les Chemis de Saint-Jacques de Compostelle et sur le Moyen-Âge. Il a participé à la création du Conservatoire régional de la carte postale (Cartopole) situé dans la ville de Baud. Il se passionne tout particulièrement pour la Bretagne.
Patrick Huchet, quant à lui, fit tout d'abord des études d'histoire à Rennes, puis de journalisme. Il se consacre également aujourd'hui à la recherche historique. Il a écrit de nombreux ouvrages, notamment sur la Bretagne. Commentaires personnels
Les légendes, croyances et rites religieux ou païens font encore parties du quotidien de toutes les populations. Toutes les régions de France portent la trace des croyances et légendes anciennes qui sont encore très souvent forts vivaces dans le quotidien des gens. Loin de cacher les rites populaires, les gens les mettent très souvent en évidence: fêtes populaires, lieux à visiter et objets soulignent les légendes et croyances parfois très anciennes.
Quand on se promène en France, plus spécialement en campagne, on croisera certainement, un endroit, un village, une chapelle, une fontaine, un dolmen, ... qui témoignent d'un événement ou d'un personnage légendaire. Les deux auteurs, dans ce très beau livre, nous présentent quelques uns de ces endroits "magiques". Le livre couvrant la France au complet, on ne peut évidemment que faire un survol de quelques uns de ces endroits. C'est donc un aperçu que les auteurs nous offrent.
Le premier chapitre présente "le culte des pierres". Plusieurs dolmens, menhirs, et autres mégalithes sont présentés avec les légendes associées à ces pierres: fées, amour, mariage, fécondité et Gargatua...
Le deuxième chapitre traite du "culte de l'eau", et on nous présente donc, les légendes et histoires associées aux nombreuses sources et fontaines de France.
Le troisième chapitre poursuit avec les croyances et légendes concernant la nature: les étoiles, le soleil, la lune, le vent, les arcs-en-ciel, mais surtout les arbres, les plantes et les animaux (chats, ânes, oiseaux, etc.).
Le quatrième chapitre raconte comment les devins, guérisseurs, rebouteux, etc. ont toujours fait partis de la société et sont encore aujourd'hui très présents.
Le cinquième chapitre est dédié au culte des saints et de la Vierge qui est encore très présent dans la vie des gens. On nous parle surtout de reliques et chapelles.
Le sixièmechapitre traite des êtres surnaturels, de leur présence au cours des siècles, et des légendes et traditions qui sont associées aux fées, fantômes, esprits, loups-garous.
Le septième et dernier chapitre parle principalement des légendes et croyances concernant le diable et les sorciers.
Le livre est abondamment illustré et on retrouve beaucoup de cartes postales anciennes et anciennes photographies. Les textes sont brefs et ne font évidemment que survolés les sujets. L'idée de l'ouvrage est d'abord d'offrir au lecteur un échantillon des nombreuses légendes et croyances qui existent en France et surtout de donner envie de poursuivre sa découverte... par d'autres lectures et par des visites à ces endroits parfois bien étranges.
Un joli livre à feuilleter, admirer, lire et relire... puis direction bibliothèques et libraries pour en apprendre plus ! Et si l'occasion se présente, un petit détour pour voir de ses yeux, cette pierre au fées, cette étrange grotte, ce minuscule sanctuaire perdu dans le bois...
Citations
"En terre de France, sont ainsi attestés, depuis des millénaires, les cultes du feu, de l'eau, des arbres et des pierres, outre de multiples divinités, dont la plus anciene semble être la "Désse-Mère". Aux premiers temps de l'ère chrétienne, l'Église entend imposer son dogme officiel et mette fin aux croyances et superstitions "païennes". " p. 4
"Fort habilement, plutôt que de s'y oppposer frontalement, au risque de provoquer de vils heurts avec les populations, le clergés christianosa peu `apeu les témoins du paganisme : ainsi, à Béhuard (près d'Angers), où était adorée une divinité marine, l'évèque Maurille, d'es le Ve siècle, y subsituta la vénération de la Vierge Marie... Le feu, si précieux depuis les temps préhistoriques, fut mis à l'honneur lors des fêtes de la Saint-Jean... Les sources "sacrées" virent s'édifier au-dessus dèlles églises et chapelles... Dolmens et menhirs se virent parés de croix..."p. 5
Child of the Night / Nancy Kilpatrick. -- London: Raven Books, [1996]. -- 314 p. ; 20 cm. -- ISBN 1-85487-446-2
Résumé
Carol Robins, une jeune américaine de Philadelphie, a du mal à se remettre de sa récente rupture. Elle décide de s'offrir un séjour en France. Alors qu'elle se trouve à Bordeaux, elle rencontre un jeune homme mystérieux qui s'avère être un dangereux vampire. Elle parvient cependant à obtenir un marché du vampire: il lui laissera la vie sauve si elle demeure son esclave pendant quelques semaines.
Enfermée dans un manoir, elle vivra un véritable cauchemar au mains du vampire et de ses amis, vampires, eux aussi. Victime de violence et d'abus sexuels, elle se retrouve cependant enceinte du vampire. Après la naissance de cet enfant improbable, les vampires la chassent et gardent son enfant.
Carol, maintenant libre, mais complètement perdue, tentera par tous les moyens de retrouver les vampires, André, son agresseur et surtout son enfant volé.
Commentaires personnels et expérience de lecture
Difficile pour moi de parler de ce roman. La preuve les jours qui se sont écoulés depuis le premier article ! J'ai presque été tenté d'efface ce premier message, mais après le commentaire d'Allie, je me suis dis que je devais bien terminer ce que j'avais commencé. Mais ces commentaires seront très très personnels... plus une expérience de lecture que de véritables commentaires...
C'est que voyez-vous, je suis très très ambivalente face à ce roman. Du moins, puis-je dire que j'ai sincèrement, vaguement, apprécié ma lecture, qui remonte à la sortie du roman.
Le roman traite de vampires. Un thème qui peut offrir d'excellents romans comme les pires histoires. Tout dépend de la façon dont est traité le thème en général et comment sont abordés les personnages, principalement les vampires. Et aussi bien entendu les éléments "nouveaux".
Kilpatrick amène, dans son roman, une facette peu abordée dans le genre: la reproduction "naturelle" des vampires. La naissance d'enfants est rares chez les vampires, puisqu'ils se multiplient habituellement en "infectant" leur victimes. On retrouve cette facette de reproduction naturelle dans Lost Souls de Poppy Z. Brite, par exemple. Cet aspect est un des points intéressant du roman et qui a retenu mon attention.
Son style d'écriture est simple, neutre, très sobre. Elle plonge directement dans une écriture gothique moderne. Et elle choisit une tangente qui mélange horreur et érotisme. Ses vampires sont majoritairement cruels, violents et pervers. Notre héroïne se fait violenter physiquement, psychologique et sexuellement. Kilpatrick ne verse pas dans le côté romantique des vampires comme d'autres auteurs. Aucune allusion ou subtilité dans ses descriptions sexuelles. Et parfois, on aurait apprécié quelques métaphores... j'ai levé plus d'une fois les yeux au ciel en lisant certains passages. Et j'ai même parfois éclaté de rire. Principalement devant les réactions de Carol (Comme par exemple, lors du passage cité plus bas). Nous retrouvons dans le roman, la typique relation, du "cruel" homme et de la "vulnérable" femme qui même si elle se révolte contre les abus, est, "contre sa volonté", attirée par son agresseur. Alors qu'au début du roman, je me suis laissée emportée sans trop remettre en question, au bout d'un moment, c'était trop... à la limite du "ridicule" (je mets entre guillemets car je trouve le mot fort, mais c'est tout de même ce que j'ai ressenti). Je n'accroche pas du tout à ce genre de mise en scène... et c'est trop facile dans le monde vampirique.
Kilpatrick a beaucoup écrit et a poursuivi l'histoire de ce roman pour en faire une série... Je dois avouer que les couvertures des romans suivants représentent bien le genre de roman fantastique qu'écrit l'auteur: du vampire-érotico-romance... Une recette qu'elle reprend depuis ce roman. Je ne peux dire que je les ai tous lu... je n'ai laissé leur chance qu'à deux-trois romans... j'ai arrêté rapidement la série. Et ce premier roman demeure le meilleur de l'auteur à mes yeux. Tout de même de très bons moments - trop peu malheureusement - dans les pages de Child of the Night. Et malgré tout, le thème du vampirisme - et surtout de l'enfant-vampire - est assez bien traité, malgré quelques clichés. Une partie de l'histoire se passe aussi à Montréal, ce qui m'a plu en général (oui, car quand même pour une dame qui habite Montréal, certaines choses, elle aurait dû savoir: comme par exemple, la Ronde... et bien, c'est fermé en décembre... enfin !).
Donc, en résumé, ma première lecture fut correcte. Quelques bons points, mais rien d'emballant et de nombreux roulements des yeux. Une relecture aurait été déconseillée... malheureusement, je l'ai fait et les soupirs furent de plus en plus nombreux. Ensuite... (et cela n'a rien à voir avec l'écriture du roman, mais bien avec ma perception de lecture après coup pour Child of the Night et pour les romans suivants), l'auteur vivant à Montréal et évoluant dans le monde gothique, j'ai souvent eu l'occasion de la voir et de la rencontrer dans les clubs gothiques de Montréal... elle et sa "suite" ! Et disons simplement, qu'on ne gagne parfois absolument rien à rencontrer certains auteurs...
"Nine years, she reminded herself
bitterly. You've stolen nine years of my life. And my baby. I hate you
more than I've ever hated anyone. And you're not even human. You
deserve death. So why can't I do this? But she could not bring her
right hand, the one holding the mallet, down and drive the stake into
his heart to destroy him." p. 205
Blasphemy / Douglas Preston. -- London: Pan Books, [c2008]. -- 543 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-0-330-44865-9
Quatrième de couverture
Deep in an Arizona mountain, the world's largest supercollider will probe what happened at the very moment of creation: the Big Bang itself. The brainchild of Nobel laureate Gregory Norh Hazelius, the supercollider, given the name Isabella, is the most expensive machine ever built. Some people think it may unlock the mysteries of the universe. Some think it will create a mini black hole that will suck in the earth. Powerful televangelist Don T. Spates thunders that Isabella is a satanic attempt to disprove Genesis and challenge God Almighty on the very throne of heaven. He'll do anything to stop Isabella from reaching its goal.
When Hazelius and his team of twelve scientists start up Isabella, they make an extraordinary discovery - one that must be hidden from the world at all costs. Wyman Ford, ex-monk and CIA operative, is hired by the US government to wrest from the team their dark secret. A secret that will either destroy the world... or save it.
Douglas Preston est né à
Cambridge au Massachusetts en 1956. Il grandit dans la ville de Wellesley où il
fréquenta plusieurs écoles dont le Cambridge School of Weston. Il poursuivit des études au Pamona College à
Claremont en Californie. Il commença par étudier surtout les sciences –
mathématiques, biologie, anthropologie, chimie, physique, géologie, … - puis
décida finalement d’étudier la littérature anglaise.
En 1978, après l’obtention
de son diplôme, il est employé par le American Museum of Natural History de New
York pour lequel il est éditeur, rédacteur et éventuellement directeur des
publications. Il y resta 8 années pendant lesquelles il rédigea son premier
ouvrage Dinosaurs In The
Attic: An Excursion into the American Museum of Natural History, qui fut publié par les St.Martin’s Press par un
jeune éditeur, Lincoln Child. Douglas Preston fut également professeur à l’Université
Princeton pendant ces années ainsi que éditeur pour la publication Curator.
En 1986, Preston décide de partir pour Santa Fe au Nouveau-Mexique pour
écrire à temps plein. Il publie plusieurs ouvrages sur l’histoire du Sud-Ouest
américain. Il commence ensuite à écrire à temps plein des romans et des œuvres de
non-fiction. Il écrit parfois en collaboration avec Lincoln Child, en plus d’écrire pour diverses
publications et de poursuivre des activités de recherches pour diverses
institutions.
Dinosaurs In The Attic: An Excursion into the American Museum of Natural History (1986)
Jennie (1994)
Relic (avec Lincoln
Child) (1995)
Talking to the Ground: One Family's Journey on Horseback
Across the Sacred Land of the Navajo (1996)
Mount Dragon
(1996)
Riptide
(1998)
Cities of Gold: A Journey Across the American Southwest
(1999)
Thunderhead
(1999)
The Ice Limit
(2000)
The Codex (2004)
Tyrannosaur Canyon (2005)
Blasphemy (2008)
The Monster of
Florence (avec Mario Spezi) (2008)
Résumé
Le plus grand et puissant accélérateur de particules, Isabella, est construit en Arizona, sur la réserve amérindienne des Navajo. Un groupe de 12 scientifiques est chargé d'explorer la naissance de l'univers, communément appelé le Big Bang. Ces recherches, financées par le gouvernement américain, amènent nombres de protestations et de questionnements. La communauté Navajo se sent utilisé et lésé, des chrétiens fondamentalistes menés par un populaire télévangéliste avancent que le projet cherche à rejeter l'existence de Dieu et le gouvernement américain se questionne sur la lenteur des résultats.
Le gouvernement envoie un homme, Wyman Ford, pour enquêter sur les délais inexplicables. Ford, supposément un intermédiaire entre la communauté Navajo et le projet Isabella, arrive donc sur les lieux pour comprendre pourquoi l'équipe de scientifiques ne semble pas obtenir de résultats.
Alors que Ford s'intègre à l'équipe, on retrouve le corps d'un des scientifiques. La tension monte rapidement, alors que les manifestations des Amérindiens se font plus insistantes et que la population, poussée par le télévangéliste, commence à se questionner sur les fondements de cette recherche et les millions de dollars qui y sont investis.
La tension est de plus en plus présente également au sein de l'équipe d'Isabella. Un problème informatique empêche l'expérience d'avancer et menace tout le projet. Les événements vont se bousculer subitement au moment où l'équipe semble avoir trouvé une réponse à leurs questions.
"CZero. Coordinate Zero. This was the tiny place, no bigger than a pinhead, where the beams of matter and antimatter were brought together at the speed of light yo annihilate themselves in a burst of pure energy. When Isabella was running at 100 percent full power, it was the hottest, brightest place in the universe - one trillion degrees. Unless, thought Dolby with a smile, there wa an intelligent race of beings out there with a particule accelerator bigger than his. He was incline to think not!" p. 191
Two roads diverged in a yellow wood, And sorry I could not
travel both And be one traveler, long
I stood And looked down one as
far as I could To where it bent in the
undergrowth.
Then took the other, as
just as fair, And having perhaps the
better claim, Because it was grassy and
wanted wear; Though as for that the
passing there Had worn them really
about the same.
And both that morning
equally lay In leaves no step had
trodden black. Oh, I kept the first for
another day! Yet knowing how way leads
on to way, I doubted if I should
ever come back.
I shall be telling this
with a sigh Somewhere ages and ages
hence: Two roads diverged in a
wood, and I-- I took the one less
traveled by, And that has made all the
difference.
Commentaires
personnels
Le poème publié en 1916 est sûrement le plus connu de
Robert Frost, avec Nothing Gold Can Stay. J'ai
connu Frost avec le film The Outsiders,
et j'ai ensuite lu sa poésie. The Road
not taken m'a immédiatement touché - comme il a touché beaucoup
de gens. Et lorsqu'il est récité dans le film Dead Poets Society, toute l'émotion contenue dans les vers
semble s'échapper de l'image sur l'écran et envahir les spectateurs.
La signification du poème de Frost semble alors évidente.
Les mots, l'expression du professeur, le visage des étudiants... on ne peut
avoir aucun doute. Mais seuls les trois derniers vers sont récités dans le
film... et cela fait toute la différence.
Il semble alors clair que le poème conseille au lecteur
de foncer, choisir le chemin moins connu et que cela sera peut-être plus
difficile, mais sûrement plus stimulant. Ces vers ont longtemps été repris et
récités pour justifier des choix audacieux, intrépides. Le poète semble
valoriser la non-conformité - ne pas suivre le chemin pris par tous. Mais
est-ce vraiment ce que le poème signifie ?
Je dois avouer que lors de ma première lecture, j'avais
eu cette impression, j'avais ressentis ces mots comme un encouragement à ne pas
avoir peur de choisir des chemins plus difficiles... Mais au cours des années,
cette impression a diminué. Lire et relire les vers permet de bien voir ces
deux chemins qui s'offrent au promeneur et on ne peut que se questionner sur ce
choix final.
Frost lui-même a expliqué lors d'une conférence qu'il
avait écrit le poème en pensant à un de ses amis qui avait été à la guerre, et
qui semblait toujours regretter le chemin qu'il choisissait. Cet ami se
questionnait sans cesse sur ce qui serait arriver s'il avait choisi un chemin
différent. Il se remettait ainsi toujours en question. Et Frost de souligner
que son poème est sournois, très délicat, voire embêtant. Et on ne peut que lui
donner raison. Il faut bien lire le poème, comprendre la signification des mots
qu'il a "choisi" !
Le poème est dans son ensemble relativement simple: tout
le monde est un jour confronté à choisir entre deux chemins. Il faut alors
prendre une décision difficile. Quel chemin choisir pour continuer sa vie ? Il
faut faire un choix, c'est inévitable puisqu'on ne peut tout faire - et marcher
sur deux (ou trois, quatre,...) chemins à la fois et on doit ensuite vivre avec
cette décision.
Les premiers vers présentent le narrateur qui se
promenant dans les bois se retrouve devant deux chemins. Il aimerait essayer
les deux chemins mais il sait qu'il ne peut le faire. Il observe les deux
chemins. Le poème décrit les deux chemins, le premier semble invitant mais il
choisit le deuxième, tout aussi invitant mais semblant moins utilisé. Les deux
chemins sont finalement à son avis assez similaires mais le deuxième semble
tout de même un peu moins emprunté.
Le narrateur pense aux deux chemins, finalement assez
semblables, et se dit qu'il prendra le premier chemin une autre fois. Mais le
temps passe et il sait qu'il ne retournera pas en arrière et qu'il ne prendra
probablement jamais ce chemin. Il a choisit un chemin, celui qui lui semblait
plus sauvage, moins utilisé et cela a fait toute la différence...
Mais est-ce que cette différence est nécessairement
positive ? Le narrateur soupire devant son choix, devant la réalité qu'une fois
le choix fait, il ne peut plus prendre l'autre chemin. Est-ce que le narrateur
a pris la bonne décision, le bon chemin ? Seul le temps pourra le dire. Il a
peut-être pris le bon chemin, peut-être pas. Le narrateur ne peut pour le
moment le savoir.
Il soupire:
De soulagement pour avoir pris la bonne décision ?
De regret pour ne pas avoir pris l'autre chemin ?
De repentir pour toutes les possibilités qu'il laisse derrière lui ?
De libération pour avoir fait un choix, tout simplement... et qu'il n'a plus à
choisir, il ne doit plus que vivre avec les conséquences de ce choix ?
Quel chemin devons-nous suivre ? Quand la vie nous met
devant un choix, doit-on choisir le chemin plus facile ou le chemin moins
conforme, plus difficile ? Les deux chemins sont-ils si différents ? Un chemin
est-il mieux que l'autre ? Choisir un chemin plutôt que l'autre fera toute la
différence... Mais laquelle ? On ne le saura qu'avec le temps. Peut-être
faut-il parfois sortir des sentiers battus ? Peut-être.
Une chose est certaine, on ne peut prendre les deux
chemins. Il faut choisir. Et malgré toute la réflexion devant les chemins, on
peut aussi se tromper et regretter... cela demeure finalement aussi une
question de chance...
Le Dahlia Noir / James Ellroy ; traduit de l'anglais
(américain) par Freddy Michalski. -- [Paris] : [Editions Payot &
Rivages], 2007. -- 504 p. ; 18 cm. -- ISBN 2-86930-391-2. -- (Coll.
Rivages/noir / dirigée par François Guérif, 100)
Résumé
Bucky Bleichart, le narrateur, est un ancien boxeur qui a décidé de mettre sa carrière de côté pour devenir policier. Engagé par la police de Los Angeles (LAPD), il devient partenaire avec Leland "Lee" Blanchard, également un ancien boxeur et un ancien adversaire dans le ring. Les anciens adversaires deviennent donc des partenaires et de bons amis.
Bleichart nous raconte d'abord son amitié avec Lee Blanchard et avec la "conjointe" de Lee, Kay Lake. Kay est l'ancienne petite amie d'un criminel célèbre, Bobby De Witt, maintenant en prison. Bucky, Lee et Kay deviennent très proches et leurs liens deviendront intimement impliqués dans la vie professionnelle des deux policiers.
Alors que les deux amis travaillent sur différentes affaires, un corps affreusement mutilé est retrouvé dans un terrain vague. Malgré lui, et sous la pression de Blanchard qui devient rapidement obsédé par le cas, Bleichard se voit chargé de l'enquête. D'abord un simple fait divers, le meurtre sauvage d'Elizabeth Short, surnommé le Dahlia Noir par les journalistes, devient rapidement le cas le plus important et médiatisé.
Bleichard se voit de plus en plus impliqué dans le crime et découvre que sa vie et celles de ses amis sont étroitement liées avec le meurtre de Betty Short.
Commentaires personnels
Inspiré d'un meurtre réel de la fin des années 40 qui ne fut jamais résolu, Ellroy nous livre ici son interprétation des faits et nous propose une solution du crime. De son propre aveu, Ellroy fut toujours passionné de crimes et de romans policiers et il a beaucoup lu sur le meurtre d'Élizabeth Short. Il est aussi évident que la rédaction de ce roman est une façon d'exorciser le meurtre - lui aussi non résolu - de sa mère alors que l'auteur était un jeune garçon.
Le meurtre de la jeune femme surnommée le Dahlia Noir, bien qu'au centre du roman, n'apparaît que tardivement dans celui-ci. La première partie du roman - parfois considérée un peu longue par nombres de lecteurs - est consacrée à la présentation des personnages principaux, le narrateur, Bucky Bleichart, son coéquipier, Lee Blanchard ainsi que la protégée de ce dernier, Kay Lake. On nous présente longuement les deux policiers, leur passé de boxeur, leur amitié, leur vision du métier de policier, les événements qui feront leur gloire mais amèneront aussi leur chute, ce qui les unis mais aussi ce qui les séparera à jamais. Cette présentation est essentielle au roman, car au-delà de l'enquête sur le meurtre horrible de Betty Short, l'oeuvre est surtout une relation de cette amitié. Le roman est également, avant tout, une transmission d'une atmosphère, d'une époque...
Le personnage principal est peut-être bien la ville de Los Angeles à la fin des années 40 et au début des années 50. Une ville sombre et froide lorsqu'on s'éloigne des lumières de la "cité du cinéma". Une ville dure, sordide, noire, oppressante... La corruption et le crime se retrouvent partout mais surtout dans ce monde politique et policier que l'auteur nous fait découvrir par son narrateur. Le racisme, la prostitution, la drogue, la mafia, ... Ellroy nous présente une Amérique très tourmentée, loin de l'image idéalisée qu'on pouvait ou on peut en avoir.
Évidemment, le meurtre d'Elizabeh Short et l'enquête pour résoudre le crime sont aussi essentiels dans le roman. Cette enquête fera basculer la vie des deux policiers et les entraînera au-delà de Los Angeles. Obsession, hantise,... les deux policiers ne pourront surmonter cette étrange attirance pour le Dahlia Noir.
Le véritable crime ne fut jamais résolu, même si nombres d'auteurs et d'enquêteurs ont proposé leur solution. Ellroy nous livre également un coupable... Je dois avouer que la fin m'a légèrement déçue. J'aurais préféré qu'il laisse planer les doutes... Mais c'est une fin tout à fait acceptable... Bien que vaguement tirée par les cheveux. Mais comme je l'ai mentionné, l'essentiel du roman, selon moi, n'est pas dans la résolution du crime, mais bien l'impact du crime sur la vie des personnages ainsi que la présentation, à travers les divers protagonistes (incluant Elizabeth Short avant son meurtre), d'une ville et d'une époque.
L'écriture d'Ellroy est simple, crue et directe. Les descriptions sont remarquables et cruellement réalistes. Les personnages sont très bien présentés. On les sent vivre, on peut ressentir leurs troubles, leurs hésitations et surtout leur ambiguïté... Ayant lu le roman en français, je ne peux malheureusement pas commenter directement son style d'écriture, mais on dit qu'il écrit d'un style télégraphique et très près du langage et de la réalité de ces personnages. J'ai eu beaucoup de difficultés avec la traduction française, mais comme le dit lui-même le traducteur dans cet article: "Et finalement le traducteur fait ce qu’il veut d’un livre, il se l’approprie… « C’est un bien ou c’est un danger, confie Freddy. Une traduction plaît ou déplaît. J’ai été encensé et en même temps complètement descendu ! ».".
The Black Dahlia s'inscrit dans une série consacrée à Los Angeles, une série cynique, noire et très pessimiste. Mais qu'on peut aussi qualifiée "d'historique" par les détails et l'analyse qu'Ellroy fait de la société américaine. Le roman fut adapté au cinéma par Brian de Palma en 2006.
"Et bien, Betty s'habillait toujours en noir, c'était un truc pour impressionner les responsables du casting quand elle faisait ses tournées avec les autres filles, ce qui n'arrivait pas souvent, parce qu'elle aimait dormir jusqu'à midi tous les jours. Mais parfois, elle vous disait qu'elle portait du noir parce que son père était décédé ou parce qu'elle était en deuil des garçons morts à la guerre. Puis le lendemaint elle vous racontait que son père était vivant." p. 155
Viou : roman / Henri Troyat. --[Paris] : Flammarion, c1980. -- 211p. ; 20 cm.
Quatrième de couverture
Nous sommes en 1946. Enfant secrète et passionnée, la petite Sylvie, surmonnée Viou, lutte pour retrouver le souvenir de son père, mort deux plus tôt, lors des combats de la Libération. Mais le choc a laissé un blanc dans sa tête. Sa mère, ayant du prendre un travail à Paris, l'a confié provisoirement à ses grands-parents paternels qui habitent Le Puy. Entre sa grand-mère, femme pieuse et autère que rien ne distrait de la mèmoire de son fils disparu, et son grand-père malicieux, mais lointain, la fillette, âgée de huit ans, s'efforce d'affirmer à la fois son caractère et son goût dévorant de la vie. Avec un art d'une discrétion incomparable, Henri Troyat évoque, par petite touches, les pensées et les sentiments de cette enfant singulière qui transforme en lumière tout le gris de l'existence. La sensibilité, l'ironie, la tendresse de l'auteur sont telles dans la peinture de ce monde puéril que le lecteur, peu à peu, rajeunit, devient lui-même Viou et se retrouve plongé, comme par magie, dans les exaltations et les angoisses de l'âge tendre.
L'auteur
Lev Aslanovitch Tarassov est né un 1er novembre en 1911 à Moscou. Il est cependant d'origine arménienne. Alors qu'il est un enfant, sa famille dut s'enfuir pendant la Révolution d'octobre de 1917 et se réfugia d'abord au Caucase. Ils continuèrent rapidement leur exil, tout d'abord en Crimée, puis Constantinople, Venise pour finalement arriver à Paris en 1920.
Le jeune Tarassov étudia au lycée Pasteur à Neuilly. Il obtient une licence en droit à l'Université de Paris. Il est naturalisé français et doit faire son service militaire, qu'il exécute à Metz. Il publie alors son premier roman, Faux Jour, qui reçoit en 1935, le Prix du Roman Populiste. Après son service militaire, en 1935, il travaille pour le service des Budgets de la préfecture de la Seine. Il continue cependant à écrire pendant ses temps libre. Il décide alors de prendre le nom de Henri Troyat.
Il se consacre entièrement à l'écriture à partir de 1940. Pendant sa carrière, il écrira plus d'une centaine d'oeuvres: romans, biographies, pièces de théâtre, etc. Il recevra également de nombreux prix, tel le Prix Max Barthou de l'Académie française en 1938, le Prix Goncourt en 1938, le Grand Prix littéraire du Prince de Monaco en 1952. Il est élu à l'Académie française en 1959. Il est également Commandeur de l'Ordre national du Mérite, Commandeur des Arts et Lettres et Grand-croix de la Légion d'honneur.
En 2003, il fut cependant condamné pour plagiat - avec la maison d'éditions Flammarion - pour sa biographie sur Juliette Drouet. Cette biographie de la maîtresse de Victor Hugo, publiée en 1997, puise apparemment largement (le terme officiel étant "contrefaçon partielle") dans l'oeuvre de Gérard Pouchain et Robert Sabourin, parue en 1992. Troyat et Flammarion ont versé la somme de 45 000€ en dommages et intérêt aux deux auteurs.
Lev Aslanovitch Tarassov, devenu Henri Troyat, décède à Paris le 3 mars 2007, à 97 ans.
"Soulevée par les larmes comme par une vague, Sylvie se précipita hors du salon, grimpa l'escaliersonore et se retrouva couchée, à plat ventre, sur la carpette, au pied de son lit, avec l'ours Casimir dans ses bras. Elle ne se révoltait pas contre la punition. Bien mieux, elle la jugeait méritée. Mais elle ne pouvait pas, pour complaire aux grandes personnes, déclarer qu'elle aimait ce portrait alors qu'il lui faisait horreur. Sous les traits de son père, c'était un étranger qui avait pénétré dans la maison." p. 56
Le Dahlia Noir / James Ellroy ; traduit de l'anglais (américain) par Freddy Michalski. -- [Paris] : [Editions Payot & Rivages], 2007. -- 504 p. ; 18 cm. -- ISBN 2-86930-391-2. -- (Coll. Rivages/noir / dirigée par François Guérif, 100)
Quatrième de couverture
Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert
le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d'une
jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée "le Dahlia
Noir", par un reporter, à cause de son penchant à se vêtir totalement
en noir. Le meurtre est resté l'une des énigmes les plus célèbres des
annales du crime en Amérique.
L'auteur
Lee Earle Ellroy est né à Los Angeles en 1948. Ses parents divorcèrent en 1954 et Lee resta avec sa mère, Geneva Hiliker, une infirmière d'origine allemande. Ils déménagèrent dans un quartier défavorisé de Los Angeles, El Monte. En 1958, sa mère fut sauvagement assassinée. Son meurtre demeure à ce jour non résolu. Le meurtre de sa mère marquera de toute évidence beaucoup le jeune Lee.
Lee Ellroy va vivre avec son père. Celui-ci est alors âgé d'une soixantaine d'année et s'occupe peu de son fils. Ce dernier passe
une bonne partie de son temps à lire des romans policiers. Lui et son meilleur ami passent la plupart de leur temps à réaliser des petits coups, et tombent peu à peu dans la délinquance, ce qui entraînera le renvoi de Lee de son école à 17 ans.
En 1965, alors que la santé de son père est mauvaise et qu'il ne va plus à l'école, Ellroy se voit donc obligé à entrer dans l'armée. Lorsque son père meurt d'une crise cardiaque, Ellroy laisse tomber tout intérêt et doit quitter l'armée. Il retrouve son ancien ami et poursuit sa descente dans la délinquance accompagnée par une forte consommation d'alcool et de drogues. Il commence alors une vie d'errance, sans véritable domicile, il vit principalement de boulots temporaires et surtout de petits vols. Il fera même un peu de prison.
Ce n'est qu'en 1975, alors qu'on lui diagnostique une double pneumonie ainsi qu'un abcès au poumon, qu'il décide de ne plus boire d'alcool. Il continue à prendre de la drogue jusqu'en 1977, puis renonce à toute consommation et excès. se fait alors engager comme caddie de golf pour le Bel Air Country Club de Los Angeles. En 1978, il commence à rédiger son premier roman "Brown's Requiem" qui s'inspire librement de sa vie. Ce roman sera publié en 1981. Il continue ensuite d'écrire avec plus ou moins de succès.
C'est avec le roman, The Black Dahlia, qu'il devient célèbre. Ce roman qui s'inspire d'un fait divers réel, un meurtre sordide jamais résolu, lui permet dans un certain sens d'exorciser le meurtre de sa propre mère. La ville de Los Angeles servira de cadre à ses prochains romans qui connurent également beaucoup de succès et qui ont aussi pour thèmes principaux le crime et la corruption. Le meurtre de sa mère reviendra dans ses écrits. Il enquête lui-même sur le cas et écrit un livre autobiographique en 1996, My Dark Place.
Aujourd'hui célèbre et auteur reconnu, James Ellroy se qualifie lui-même de solitaire et pratiquement d'ermite. Il s'est marié et a divorcé deux fois. Après avoir vécu longtemps à Los Angeles, puis New York et Kansas City, il est revenu aujourd'hui à Los Angeles.
Bibliographie partielle
Brown's Requiem (1981)
Clandestine (1982)
Blood on the moon (1984) (Triologie Lloyd Hopkins)
Because the nignt (1984) (Triologie Lloyd Hopkins)
Suicide Hill (1985) (Triologie Lloyd Hopkins)
Killer on the road (1986) (connu aussi sous le titre Silent Terror)
The Black Dahlia (1987) (Série: L.A. Quartet)
The Big Nowhere (1988) (Série: L.A. Quartet)
L.A Confidential (1990) (Série: L.A. Quartet)
White Jazz (1992) (Série: L.A. Quartet)
American Tabloid (1995) (Trilogie American Underworld)
My Dark Places (1996) (autobiographie)
Crime Wave (1999)
Breakneck pace (2000)
The Cold Six Thousand (2001) (Série: L.A. Quartet)
"On entendit le docteur reprendre sa respiration ; je levai les eux et le vis tirer sur son cigare. La nonne-sténo termina sa prise de note, Millard et Sears avaient les yeux fixés sr le visage figé de la morte et Lee rivait son regard au sol en essuyant la sueur qui lui coulait du front." p.125
Pauline / George Sand ; édition établie et
présentée par Martine Reid. – [Paris] : Gallimard, 2007. – ISBN 978-2-07-034208-2.
– (Coll. Folio 2€ ; 4522)
Résumé:
Laurence est une actrice renommée de Paris. Lors d'un voyage, elle doit s'arrêter par hasard dans la petite ville de Saint-Front où elle a vécu il y a plusieurs années. Elle était alors la gouvernante-institutrice d'une jeune fille qui devint son amie, Pauline. Les deux amies se sont cependant perdues de vue, lorsque Laurence quitta la campagne avec sa mère et sa soeur, pour Paris où elle monta sur scène.
Obligée de rester dans la ville, le temps que son équipage soit prêt à reprendre la route, elle décide de reprendre contact avec son ancienne amie qui vit toujours dans la ville avec sa mère malade. Laurence est cependant appréhensive, elle connaît l'opinion des gens sur les acteurs parisiens. À sa grande surprise, elle est accueilli avec chaleur par Pauline. Elle reste donc quelques temps avec son ancienne amie et reprend contact avec la vie et les gens de la petite ville. Alors qu'au début, la mère de Pauline et les voisins la traitent avec méfiance, Laurence, charmante et élegante, réussit à gagner leur sympathie. Elle apprécie pendant un temps la vie calme et paisible de son amie. Mais elle doit retourner à Paris, au grand désespoir de Pauline qui envie la vie mouvementée et si différente de la sienne de Laurence.
Peu de temps après, la mère de Pauline meurt et laisse la jeune fille dans la misère. Laurence décide d'aider sa vieille amie et lui demande de la rejoindre à chez elle à Paris. Pauline est accueilli avec joie par Laurence, sa mère et sa soeur. Les premiers mois passent doucement et Pauline fait sa place dans la maison. Les jours coulent paisiblement - au grand désespoir de Pauline qui trouve la vie à Paris plutôt tranquille. Mais bientôt Laurence doit reprendre son travail et sa vie mondaine. Les invités se succèdent chez elle. Pauline goûtent enfin à la vie parisienne qu'elle voulait tant connaître.
Mais la générosité de Laurence pèse bientôt sur Pauline. De plus, elle est courtisée par un admirateur de Laurence qui veut rendre jalouse l'actrice. Pauline en vient bientôt à jalouser Laurence et à la mépriser. L'amitié des deux jeunes femmes sera durement éprouver.
George Sand écrivit ce roman vers 1832. Elle l'écrivit d'un seul jet puis le mis de côté et l'oublia pendant quelques années. En 1839, elle le retrouva par hasard et décida de le compléter. Le roman étant relativement court, elle le publia d'abord dans la Revue des Deux Mondes puis l'oeuvre fut éditée en 1841.
L'auteur reprend ici un de ses thèmes préférés, la vie provinciale, mais elle la compare à la vie parisienne. Malgré les préjugés habituels, la vie mondaine et parisienne de l'actrice finit par se révéler plus saine, plus respectable et décente que la vie provinciale qui laisse voir de l'hypocrisie, la rancoeur, la jalousie, l'envie et la médisance.
Nous avons deux femmes, amies dans leur jeunesse, qui sont maintenant très différentes l'une de l'autre. Pauline est une jolie jeune femme qui a une vie austère et triste près de sa mère malade. Elle semble dévouée à sa mère, mais on sent rapidement la tyrannie qui s'est installée dans leur relation. La fille en veut à sa mère de devoir en prendre soin et la mère en veut à sa fille de devoir dépendre d'elle. Pauline rêve de liberté, de grandeur, de divertissements. Elle accueille la venue de Laurence avec joie, même si elle l'envie secrètement.
Laurence, quant à elle, a choisi une vie différente. Elle vit à Paris, est une actrice célèbre, reçoit artistes et nobles dans son salon et mène, selon les principes provinciaux, une vie mouvementé et dissipée. Mais Pauline s'avère une femme douce, droite, charmante, généreuse et intègre. Alors que Pauline laisse rapidement voir des sentiments calculateurs ainsi que de la rancoeur, de la jalousie et de l'envie.
George Sand, malgré la brièveté de son roman, réussit à bien nous dépeindre les relations complexes de ses deux femmes. O a un portrait vivant de la vie provinciale et de la vie parisienne. On sent peut-être un peu, qu'elle défend son propre style de vie, qu'elle cherche à le réhabiliter aux yeux de la société qui encore regarde avec pleins de préjugés les artistes et les acteurs. Laurence semble parfois trop bonne, Pauline trop envieuse. L'actrice devient la "sainte", la petite provinciale se perdra dans sa fierté, sa jalousie et sa rancoeur.
Les femmes sont le point central de son roman - les hommes n'ont en effet que peu de place et la plupart n'ont pas un beau rôle ! George Sand a toujours eu a coeur la place des femmes dans la société de son époque; l'émancipation des femmes. Mais ici, elle n'hésite pas à opposer deux femmes... à remettre en cause l'amitié entre femmes, elle soulignent les jalousies qu'on voit souvent entre deux amies devant le succès de l'une. C'est un tableau définitivement impitoyable que nous trace George Sand: sur la prétendue droiture morale de la province mais qui en fait se révèle mesquine et hypocrite; sur la violence des sentiments que la générosité peut provoquer; sur l'envie, la jalousie, le dépit que peut ressentir une jeune femme qui sent qu'elle a gâché sa vie.
C'est un roman - presque une nouvelle - qui se lit rapidement, avec douceur. On plaint parfois les personnages, on les déteste ensuite. On a pitié d'eux puis on dit qu'ils ont ce qu'ils méritent. Certains diront que c'est par moment caricatural... peut-être.
« Pauline dévorait ses
paroles. Elles tombaient dans son cœur et dans son cerveau comme une pluie de
feu ; pâle, les cheveux épars, l’œil embrasé, le coude appuyé sur son chevet
virginal, elle était belle comme une nymphe antique à la lueur pâle de la lampe
qui brûlait entre les deux lits. » p.56
« Le soir, Laurence
était partie. Pauline avait pleuré en la voyant monter en voiture, et, cette
fois, c'était de regret, car Laurence venait de la faire vivre pendant
trente-six heures, et elle pensait avec effroi au lendemain. Elle tomba
accablée de fatigue de son lit, et s'endormit brisée, désirant ne plus
s'éveiller. Lorsqu'elle s'éveilla, elle jeta un regard de morne épouvante sur
ces murailles qui ne gardaient aucune trace du rêve que Laurence y avait
évoqué. Elle se leva lentement, s'assit machinalement devant son miroir, et
essaya de refaire ses tresses de la veille. Tout à coup, rappelée à la réalité
par le chant de son serein, qui s'éveillait dans sa cage, toujours gai,
toujours indifférent à la captivité, Pauline se leva, ouvrit la cage, puis la
fenêtre, et poussa dehors l'oiseau sédentaire, qui ne voulait pas s'envoler.
'Ah ! tu n'es pas digne de la liberté ! dit-elle en le voyant revenir vers elle
aussitôt. » p.60
Il y a chez Marque ta page, un sympathique "Christmas tag" que Pimpi annonce volontaire... elle-même l'ayant trouvé chez Karine... donc comme j'adore Noël, je me lance. Et j'espère qu'il y aura de nombreux volontaires !
Le principe est simple: Il faut évoquer pour chaque thème, un élément qui nous rappelle, qui est synonyme pour nous, de Noël et du Temps des Fêtes...
Noël et...
...une chanson Bon... ça ne sera pas facile, hein. Car en grande folle de Noël, j'ai mon disque tout prêt de mes chansons préférées... il y en a plus de 30, alors.... Voyons voir, quelle chanson est pour moi complètement synonyme de Noël... Santa Claus Is Coming To Town ? Au royaume du Bonhomme Hiver ? The Twelve Days of Christmas ? Petit Papa Noël ? En français ? En anglais ? Bon... je dirais que pour moi, malgré tous les chants traditionnels (ou non) que j'adore, il y a deux chansons qui se démarquent et qui pour moi symbolisent le Temps des Fêtes. De toute évidence: Have Yourself a Merry Little Christmas de Judy Garland et bizarrement: Do They Know It's Christmas de Band Aid.
...un film C'est facile... euh... bon, non c'est pas facile, il y a pleins de films qui me rappellent Noël... mais comme je l'ai déjà dit... il me semble que Noël ne serait pas Noël sans Charlie Brown... et donc, je dis, film de Noël = A Charlie Brown Christmas.
...un goût
Le sucre à la crème !!!! Il n'y avait du sucre à la crème que chez ma grand-mère et qu'à Noël ! Pour moi, manger du sucre à la crème ne peut être que synonyme de neige et Noël... surtout après avoir été se promener sous la neige, dans le froid... on revient, il fait chaud et il y a un plat avec des morceaux de sucre à la crème au milieu de la table...
Et en deuxième place... les cannes de Noël en bonbons... les rouges et blanches, évidemment !
...une odeur L'odeur de neige... avant la tempête, dans les Cantons de l'Est, sur le bord du lac Massawipi, pendant le Temps des Fêtes, pendant la nuit. Oui, je vous jure, c'est une odeur très particulière dont je me souviens parfaitement.
Plus réel ? L'odeur de la tarte aux pacanes ;)
...un livre
Deux livres... ben quoi, c'est déjà bien peu...
Little Women de Louisa May Alcott. Les premiers chapitres sont pour moi, Noël... Et Christmas Pudding d'Agatha Christie... je sais, je sais, une histoire de crime, mais le Noël britannique transperce littéralement du livre... Je ne peux qu'adorer.
...une télésérie
Une télésérie ? Synonyme de Noël ? Quand je pense Noël et séries de télé, je pense à Friends... Il y avait toujours des émissions de Noël agréables à visionner... Oh et à la sitcom Home Improvement, Tim exagérait toujours dans ses décorations de Noël ! :P
... un spectacle
Ben là... Casse-Noisette ! Quelle question ! ...un souvenir Les Noël chez mes grands-parents... toujours remplis de neige, d'une patinoire sur le lac, du ski dans le bois, de bonhommes de neige, de la messe de minuit (même sans y croire), des chants, des cadeaux...
Et puis le dernier Noël de ma mère... qui fut si traditionnel et merveilleux... j'en reparlerai sûrement !
Mes grands-parents avaient une maison en face d'un lac. Donc tous les
étés quand leur rendions visite, nous nous baignons dans le lac. Ce qui
inquiétait fort ma mère. À mes 7 ou 8 ans, il fut donc décidé que je
prendrais des cours de natation. On m'envoya donc, tous les samedis
matin, à une école de natation.
J'ai immédiatement détesté mes cours de natation. Tout d'abord, ils
avaient lieu le samedi matin, très tôt. J'étais déjà une lève-tard et
n'aimais pas me lever tôt et en plus, je manquais ainsi mes programmes
de télévision du samedi. Ensuite, c'était une grande école, bien
connue, mais avec beaucoup de monde. Je me sentais un peu perdue et
seule. Et je n'aimais pas les méthodes employées... les professeurs
étaient très stricts et il n'y avait aucun plaisir à nager.
Mais tous les samedis, j'allais à mes cours. Et j'apprenais
tranquillement à nager. Pas excessivement bien, mais suffisamment pour
me débrouiller. Un matin, il fallait faire des longueurs dans le côté
profond de la piscine et sans le "flotteur" que nous avions d'habitude.
Je partis donc à la nage vers le côté 12 pieds (environ 3 1/2 m). La
piscine était très grande. Très longue. Et arrivée au bout, j'étais
épuisée. Je me suis donc tenue sur le bord. Mais les professeurs
n'aimaient qu'on se tienne sur le bord. Il fallait faire du surplace.
On me cria donc de revenir. J'étais très fatiguée, je suis donc restée
un peu plus.
Et puis, je ne sais trop comment, j'ai glissé. Ma main a lâché le bord
de la piscine et j'ai coulé dans le fond. Je ne me souviens pas
clairement comment j'ai pu couler directement vers le fond, mais comme
ce fut très rapide, je n'avais pas pris de respiration. Et puis là, je
me souviens très bien, avoir eu très peur. Je savais très bien que je
coulais. J'essayais de remonter à la surface, mais, je ne n'avais
aucune force et je continuais à descendre. Plus je me tortillais pour
remonter, plus je descendais et me fatiguais. J'ai paniqué et même si
je n'avais que 6 ans, je me souviens parfaitement avoir pensé que
j'étais en train de me noyer.
Et puis, j'ai soudainement su. En un flash, je me suis souvenue des Petites Filles Modèles
de la Comtesse de Ségur. Je venais de lire ce livre, il n'y avait pas
trop longtemps. Et il y a un épisode où Sophie et Marguerite (enfin, il
me semble que ce sont elles) tombent dans l'étang. Marguerite se
souvient alors qu'on lui a dit de donner un grand coup de pied dans le
fond pour remonter à la surface. Et c'est ce que j'ai fait. Quand j'ai
senti le fond, j'ai donné un grand coup de pied et je suis
immédiatement remonté à la surface. Je me suis raccrochée au bord et
j'ai respiré... Cela n'avait sûrement duré que quelques secondes, mais
cela me semblait des heures. Aucun moniteur ne m'avait vu. On me cria
de lâcher le bord et de revenir à la nage. J'ai désobéi - ce qui était
très rare pour moi - et je suis revenue en tenant le bord puis je suis
sortie de la piscine. J'ai attendu que mon père vienne me chercher sur
un banc. Je n'ai rien dit à personne.
Bizarrement, j'ai continué mes cours. J'ai cependant arrêté juste avant
qu'on ne commence les plongeons. J'ai dit à ma mère que je ne voulais
pas apprendre à plonger et que de toute façon, je ne plongerais jamais.
Et je ne voulais pas le certificat. Je pouvais maintenant nager un peu
et c'était suffisant pour moi et mes parents.
Et donc, la lecture des Petites Filles Modèles de la Comtesse de Ségur m'a sauvé la vie ! Lire est vital pour moi, dans tous les sens du mot !!! ;)
Il y a des livres auxquels on ne pense plus beaucoup. Et pourtant on les a adorés. Seulement, il y a le temps qui passe. Et on pose le livre sur une étagère et il se perd dans sa rangée. Parfois caché derrière une pile de livres à lire... Et puis, on lit un peu de ces livres à lire. Et une fois lus, on veut ranger ces livres. Et alors, on erre dans l'appartement, à la recherche d'un espace libre. Vous savez, cette place parfaite où déposer ce livre que l'on vient de refermer. Il est nouveau, il vient d'être lu et on veut le ranger adéquatement. Mais voilà... il n'y a plus une seule place dans les nombreuses bibliothèques de notre appartement. Honnêtement !!! Plus une place.
Donc, je cherchais une petite place pour ranger La Dame à la Licorne. Logiquement, il devrait aller à côté de la Jeune fille à la perle. Mais voilà. La rangée est complète. Donc la seule solution est de bouger ses deux livres pour les mettre ailleurs. Mais où. Hum, peut-être à la place de ceux-ci... qui viendront prendre la place de ceux-ci... et finalement dans ce réaménagement, j'en viens à déplacer ce livre.
Ce livre que j'ai un peu oublié au cours des années mais que j'ai bien dû lire une vingtaine de fois. C'était un cadeau de ma tante. En 1981. J'avais 10 ans. Cette petite fille sur la couverture. J'ai appris à la connaître. Je crois que la dernière fois que j'ai lu sur l'enfance de cette fillette qui m'apparaissait si réelle quand j'étais moi-même si petite, je devais avoir près de 21 ans. Je venais de quitter la maison de mes parents pour aménager dans mon premier appartement et alors que je plaçais mes livres, je n'ai pu m'empêcher de relire Viou de Troyat.
Et puis, lors des autres déménagements, je ne l'ai que déposé sur les étagères. Oublié. Seul. Et puis, hier, alors que je bousculais les livres de mes bibliothèques, il m'a fait un signe. Sa douce couverture jaune. Je n'ai pu que le tirer vers moi. Et je me suis assise avec lui. Pour le feuilleter. Le sentir. Le toucher. Le joli dessin d'une petite fille qui m'a toujours apparu boudeuse. Son nom en crayon bleu. À l'intérieur, il y a mon nom, d'une écriture enfantine. Si je tourne les pages rapidement, je peux voir des taches. Traces de mes lectures.
Je me rappelle que ce livre était un de mes préférés. Que ma lecture était toujours douce mais triste. Je n'aimais pas la grand-mère mais je me sentais triste pour elle quand Viou la quittait. J'en voulais à la mère de Viou de la laisser ainsi chez ses grands-parents. Je pleurais - puis j'ai eu les larmes aux yeux - quand son grand-père mourait. Et je voulais sauver son chien. J'ai vécu les émotions de cette petite Viou, même si déjà à 10 ans, je la trouvais bien immature par moment. Il faut dire qu'elle n'avait 8 ans.Cela m'a pris un temps aussi à remettre l'histoire dans son contexte... l'après-guerre, la France... tout ça était loin pour moi.
Et donc, cela fait trop longtemps. Je vais de ce pas relire Viou. Peut-être est-ce une erreur. Mais je ne crois pas. Je ne verrai sûrement pas Viou de la même façon, mais cette petite fille a fait partie de ma vie. Elle m'a accompagnée pendant mon enfance et même mon adolescence. Et aujourd'hui, elle est toujours chez moi et je veux la revoir vivre un peu. La voir rêver, se rebeller, pleurer et rire.
Parce que nous sommes le 1er décembre et que la saison est donc officiellement commencée.
Parce que depuis la semaine dernière Barcelone a installé ses lumières un peu partout dans la ville.
Parce que presque toutes mes décorations sont posées et qu'il m'en reste encore quelques unes à installer, histoire de faire durer le plaisir.
Parce que depuis quelques jours, on parle d'un froid polaire à Barcelone et qu'avec ces quelques degrés de moins j'ai sorti mon foulard et mes mitaines.
Parce que je vais bientôt commencer à préparer mes biscuits et autres sucreries et qu'il faut déjà penser à la dinde.
Parce que je commence déjà à tout prévoir et à tout planifier pour ces jours qui arrivent bientôt.
Je me laisser bercer par ces jours de Noël qui commencent tranquillement...
Derrière le masque : roman / Louisa May Alcott ; Traduit de l'anglais par Florence Lévy-Paoloni. -- [Paris] : France Loisirs, 2006. -- 296 p. ; 18 cm. -- ISBN 2-7441-8890-5. -- (Coll. Arcane / dirigée par Joëlle Losfeld)
Titre original: Behind a Mask : or A Woman's Power
Quatrième de couverture
Romancière américaine mondialement connue, l'auteur des Quatre Filles du docteur Marchaimait mettre en scène des histoires de vengeance et de pouvoir avec dans le rôle principal une femme à la conquête de sa liberté. Ainsi, l'héroïne de Derrière le masque (1866), mademoiselle Muir, adopte un comportement angélique pour mieux tromper le milieu de l'aristocratie où elle s'est introduite...
L'auteur
Louisa May Alcott est née un 29 novembre en 1832 dans la ville de Germantown en Pennsylvanie. Elle commence à écrire très jeune et publie sa première nouvelle en 1852 dans l'Atlantic Monthly de Boston. Elle écrira de nombreux romans et nouvelles. Elle écrit principalement pour un public de jeunes adultes mais elle publiera également quelques romans pour un public plus âgé.
Elle décède en mars 1888 à Boston.
Consulter cet article pour une biographie et bibliographie plus complète de l'auteur.
Résumé (attention spoilers)
La famille Coventry attend leur nouvelle gouvernante. Jean Muir a été engagée pour prendre soin de la jeune Belle Coventry. Son arrivée est attendue avec impatience par Mme Coventry ainsi que sa fille et son fils cadet, Edward. Mais l'aîné de la famille, Gérarld et sa cousine, Lucia Beaufort, ne semblent pas accorder une quelconque importance à cette nouvelle arrivée.
Jean Muir arrive enfin, avec du retard (car on a oublié d'aller la chercher) et elle fait une entrée remarquée auprès de la famille. Elle semble trouver sa place immédiatement et marque, par sa personnalité charmante et modeste, chaque membre de la famille - bien que d'une façon différente. Après ce premier "acte" où elle a su triompher, on la retrouve seule dans sa chambre. Une femme totalement différente nous apparaît alors. Le masque est tombé. La jeune femme a une vengeance en tête et elle compte bien arriver à ses fins.
Un des romans de Louisa May Alcott qui s'éloigne de ses romans pour jeunes adultes (souvent qualifiés "pour jeunes filles"). Alcott, elle-même, préférait nettement ses romans plus durs, plus cyniques.
Jean Muir est une femme, encore jeune, même si on la décrit comme "vieille". Elle a été nettement marquée par la vie et elle ne veut aujourd'hui que "monter" dans la société. Pour une femme de sa "classe", la seule façon est de bien se marier. Mais sur le chemin de ce mariage qui la sauvera, elle a bien l'intention de régler ses comptes avec une société qui l'a regardée de haut.
Elle est manipulatrice et excelle dans l'art de présenter le visage qu'on veut bien voir d'elle. Elle se cache presque constamment derrière un masque pratiquement parfait et réussi à conquérir l'amour et l'amitié de presque tout le monde. Mais malgré ce comportement manipulateur, sournois et bien souvent mesquin, on ne peut que vouloir voir sa réussite. Enfin, c'est le sentiment qui m'a suivi tout le long de ma lecture. On veut savoir ces intentions, comment elle va parvenir à son but et quand tout vient près d'échouer, j'ai espéré sa réussite. Et ce malgré le fait que la famille n'est pas détestable (à quelques exceptions près). Et il faut dire que Jean n'est pas complètement perverse... L'auteur a su bien doser ses personnages.
L'écriture d'Alcott est fine et efficace. Et très acerbe, voire amère. Et on ne peut s'empêcher de voir un peu de la propre volonté de l'auteur à faire tomber son propre masque. Ne s'est-elle pas cachée toute sa vie dans une écriture qui lui semblait loin de ce qu'elle voulait écrire? N'a-t-elle pas fait de Jo, son double, qui se sentait mal à l'aise dans le rôle que la société l'obligeait à suivre? N'a-t-elle pas mariée Jo uniquement parce que les lecteurs le demandaient, alors qu'elle aurait voulu qu'elle restât célibataire, tout comme elle?
Les personnages de Derrière le masque sont très bien développés. La trame est menée efficacement et solidement. Critique sociale très juste, le roman relève toutes les hypocrisies d'une époque. L'intrigue montre tranquillement et les informations sur Muir sont données avec mesure. La tension monte tranquillement et on se sent pris dans ce drame social et familial. Car il ne faut pas oublier la famille Coventry.
Le roman est court et c'est selon moi son plus grand défaut. On aurait voulu que l'auteur étoffe plus son roman et ses personnages. La fin cependant est très cynique et m'a complètement conquise.
"En cet instant, ses yeux gris parurent noirs avec une intense expression de colère, de fierté et de défi. Un étrange sourire passa sur son visage quand elle se pencha et dit de sa voix pénétrante : "Merci. La dernière scène sera encore meilleure". " p. 20
"Vous êtes flatteur, dit la fille en riant. Je suis une sorcière ; un jour, mon déguisement tombera et vous me verrez telle que je suis : vieille, laide, mauvaise et perdue. Méfiez-vous de moi à temps. Je vous ai prévenu. Maintenant, aimez-moi à vos risques et périls." p. 245