Un livre ouvert... les pages de ce livre à la fois journal personnel et grimoire propose des réflexions sur l'art, la littérature, le cinéma, l'histoire, le passé, le futur et la vie...
Et puis cette année, 6 ans. Et sur ce 6 ans, un coucher de soleil.
Ces 6 ans furent très enrichissantes. Remplis de moments heureux et instants difficiles.
J'ai découvert et réalisé beaucoup de choses. Je me connais un peu plus. Et je sais que j'ai encore beaucoup à découvrir.
6 ans. Ça me paraît une éternité, mais il me semble que c'est hier que j'arrivais dans cette ville si particulière. Encore une fois, on parle de temps. Demain, est un autre jour... comme dit mon père.
"Le samedi, le temps ralenti, avant de s'arrêter tout à fait le dimanche" [Geneviève Brisac]
Le dimanche est différent. Il semble solitaire dans la semaine. Bizarrement, il semble se distancier des autres jours.
Le dimanche, on sait que le lendemain on doit retourner au travail. On a donc l'impression que cette journée est précieuse et unique. Qu'il faut en profiter et traiter la journée différemment du samedi.
On ne peut simplement faire comme si c'était un jour ordinaire. On doit ralentir. On doit regarder les minutes qui passent et savoir profiter de ce temps. Si on ne s'arrête pas de temps en temps, ces minutes passent trop vite. Le dimanche doit nous permettre de marcher tranquillement. De regarder le soleil... ou la pluie... Il faut écouter le silence... ou le tintamarre qui bruisse dans les rues ou sur le bord de la mer.
Je marche tranquillement sur la promenade. Il n'y a pas encore trop de monde. Il y en aura beaucoup trop dans quelques semaines. Les dimanches ici sont trop bruyants. Et ironiquement trop tranquilles. Je ne sais pas ce que les dimanches devraient être. Un mélange de paresse et d'activités... Je veux aimer mes dimanches. Les protéger du reste de la semaine. Mais je ne veux pas les perdre à les regarder passer sans rien faire... Je crois que je dis n'importe quoi... je divague un peu... je peux bien me le permettre... c'est dimanche après tout !
"Le dimanche, c'est un jour autre. Même le soleil est différent." [Yves Montant]
Nous sommes au restaurant. C'est un joli restaurant. On voit que les propriétaires ont pris la peine de décorer leur restaurant... on voit des belles couleurs, des petites touches personnelles ça et là... le menu est diversifié... les plats excellents... le service impeccable et personnalisé... Vraiment très sympathique restaurant.
Mais je me dois de me lever et protester ! Dans ce chaleureux et charmant restaurant, un crime est commis à chaque Noël ! Oui, car c'est la deuxième année que je me rends dans ces lieux lors de la période des fêtes et c'est donc la deuxième fois que je suis témoin de ce comportement barbare !
Sur chaque table du restaurant - et j'en compte environ une vingtaine - il y a un petit pot tout petit avec un tout petit cactus déguisé en Père Noël !!! Oui, oui, oui, sur chaque table ! Ce pauvre petit cactus bien gentil, bien piquant et bien décoré.
Il contribue à rendre festive et pimpante chacune des tables du restaurant. Avec son bonnet et sa moustache, il nous rappelle que c'est le Temps des Fêtes. Mais que lui arrivera-t-il après le 6 janvier, quand les Fêtes seront terminées et que son costume ne sera plus de saison ?
Est-ce qu'on le laissera sur la table ? Est-ce qu'on lui enlèvera son costume de Noël pour lui en mettre un autre ? ou même pour le laisser nu et vert sur la table ?
Non... Comme des centaines de petits cactus habillés en Père Noël, il prendra le chemin de la poubelle ! Oh bien sûr, il y aura quelques rescapés qui iront sur le bord d'une fenêtre... mais si peu ! On ne le plantera pas dans un jardin, on ne le gardera pas pour le réutiliser l'année suivante, on ne l'offrira pas à un ami, ... non, après le 6 décembre, on l'abandonne... il a rempli son ingrate tâche et on le met ensuite rapidement à la retraite... permanente.
Car où les garderait-on ? Un cactus vert et piquant sur une table n'est mignon qu'habillé de rouge pour les Fêtes ! On ne peut les laisser sur les tables. Et puis, il faudrait un grand entrepôt pour tous les cactus de Noël, qui bien sûr grandiraient et prendraient de plus en plus d'espace. Et l'année suivante, ils ne seraient plus aussi mignons et seraient trop gros sur la table. Non, le cactus Père Noël se doit d'être minuscule.
Alors, je regarde tristement tous ces petits cactus sur les tables, et je me dis qu'on devrait définitivement créer une Association pour la protection des cactus déguisés en Père Noël !!! Quelqu'un doit parler et lever le voile sur les souffrances de ces pauvres petits cactus !!! ;)
(Je plaisante, mais à peine ! Vraiment... je trouve triste d'acheter tant de plantes, tant d'êtres vivants, pour ensuite s'en débarrasser... d'autres décorations pourraient être utilisées !!!)
Et voilà... un petit tag tout doux pour le printemps. C'est Lhisbei qui me l'envoie. Il paraît simple, mais il n'en est rien... enfin pour moi. Il s'agit tout simplement de choisir un mot et pour chaque lettre du mot, il faut mettre un autre mot et un écrivain.
Première difficulté... quel mot choisir !!! Je me suis dis que puisque demain c'est dimanche, allons-y avec dimanche. Je les aime bien mes dimanches, donc pourquoi pas. Et puis, allons-y avec les mots et les auteurs. Évidemment, il fallait que le mot ait un H et un I... misère ! Mais je ne change pas de mot.
Ensuite, j'ai essayé de me laisser porter par les lettres et les auteurs. Et puis, cela a donné ce qui suit. Je voulais le tout léger, ce n'est pas tout à fait le résultat...
D comme dans Dessein D comme dans Alexandre Dumas
I comme dans Inconscient I comme dans Eugène Ionesco
M comme dans Mère M comme dans Pierre Magnan
A comme dans Alliance A comme dans Louisa May Alcott
N comme dans Névrose N comme dans Nelligan
C comme dans Croyance C comme dans Albert Camus
H comme dans Heurt H comme dans Anne Hébert
E comme dans Enfance E comme dans T.S. Eliot
Et voilà... Je ne sais trop à qui passer ce tag... cette fois, je vais laisser ouvert... :D
Dans ma tête, je m'imagine... des ponts traversant des profondeurs et des immensités...
Une rive lointaine. Une rive proche. Mais besoin d'un chemin pour les rapprocher. Un pont jeté entre notre passé et notre avenir. Un présent à traverser.
Un trait unissant des parcelles de vie. Ce bord escarpé que l'on contemple avec envie. Ce rivage délicat que l'on observe avec appréhension.
Les yeux n'osent plus s'ouvrir. Et s'ils apercevaient les profondeurs qui s'élancent sous ce passage ? Nous empêcheraient-ils de poursuivre notre route?
Si ce pied que l'on hésite à mettre sur la passerelle ne continue pas son chemin, comment peut-on croire à notre immortalité ?
Ce pont ne nous parle pas d'éternité. Il nous raconte la continuité des traversées qui parsèment nos jours.
Et nos pieds n'oublieront pas de franchir les ponts.
"C'est d'ailleurs l'un des pièges de la coquetterie : soigner ses cheveux, c'est se préoccuper de l'aspect que l'on a de dos" [Michel Tournier]
On visite un musée comme ça. Innocemment. Et au détour d'une pièce, on se trouve devant une drôle de dame au sourire curieux. Je dirais bien coquin, mais il me semble un peu trop incongru et saugrenu pour être coquet.
Ce sourire émerge de cette chevelure invraisemblable d'une façon légèrement inquiétante. Mais pourtant, je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire en m'approchant. Alors, ne cherchez point de liens entre les citations et la photographie... ce n'est que le résultat d'un coup de foudre pour ces cheveux improbables et ce sourire vaguement hallucinant. Quoique...
Évidemment, je ne peux m'empêcher de penser à l'artiste. Quelle idée avait-il en tête lorsqu'il a imaginé sa sculpture? Qui était son modèle et pourquoi se cachait-elle sous ces cheveux ainsi? De quoi se cachait-elle... que cherchait-elle à couvrir... et pourquoi cela la faisait-elle sourire?
Ce voile qui la couvre... cette couverture de marbre... est-ce de la coquetterie ou une mascarade ? Que peut-on vouloir dissimuler sous nos chevelures ? A-t-on oublié d'être soi-même au détour d'une vie brutale et reservée ? A-t-on oublié de sourire des petites surprises qui se trouvent sur notre chemin ?
Je me retourne... mes cheveux qui furent de tant de couleurs... de tant de longueurs... que parfois je perds quand je suis nerveuse... qui parfois s'emmêlent quand je dors ou que je porte un foulard... et mes cheveux me caressent doucement le visage et cachent un instant le sourire farfelu et à peine effronté qui s'attarda quelques instant après cette rencontre avec la dame chevelue du musée !
"Mon cynisme est une mauvaise couverture - mais comment me garantir du froid ?" [René Crevell]
Dans ma tête, je m'imagine... des cloches qui carillonnent doucement...
Du bruit. Oui du bruit. Mais un bruit qui couvre les autres bruits. Le silence n'existe pas à Barcelone. Je ne suis pas certaine qu'il existe dans aucune ville espagnole.
Tout est bruit. Tout le temps. Et j'ai parfois besoin de silence. Les cloches sont tonnerres et sont harmonie. Elles bâillonnent les bruits qui m'entourent et carillonnent dans le silence inexistant.
Les sirènes, les klaxons, les cris, les rires... les ballons, les pétards, les milliers de bruits qui jamais n'arrêtent...
Les cloches purifient mes envies de crier et de mêler ma voix à la cacophonie qui traîne à ma fenêtre et qui accompagne chacun de mes pas dans cette si belle ville.
Le bruit des cloches est immense mais bizarrement me fait complètement oublier le tintamarre de mon quotidien.
Il y a quelques jours, je me suis envolée, ou plutôt nous avons roulé, jusqu'à Uzès. Le but de ce petit voyage était de revoir certains endroits du Languedoc que nous aimons bien... Banyuls-sur-Mer, pour prendre un croque-monsieur sur la promenade face à la mer, Maury pour revoir au loin la silhouette de Quéribus et pour acheter quelques bouteilles au sympathique vendeur de cette boutique-restaurant, Abbaye de Valmagne pour son église, son vin et ses livres... pour finalement arrivée à la limite du Languedoc et de la Provence... et passer deux jours à Uzès. Et revoir la petite ville et ses alentours.
Mais un autre but avoué de ce petit voyage était de retourner à Nîmes que nous avions aussi déjà visitée. Revoir la ville est toujours agréable, bien entendu... mais il y avait aussi le but livresque... C'est-à-dire, faire quelques achats de livres en français, chose qui est difficile à Barcelone. Oh il y a bien quelques sections dans les grandes libraries et quelques librairies de livres usagés en français... Mais les sections sont souvent très petites et n'ont pas les dernières nouveautés et les libraries usagées sont surtout dirigées pour la clientèles des écoles françaises de Barcelone.
Donc... un plein de livres était au menu du week-end ! Premier arrêt, une grosse librarie très connue... puis quelques petites libraries... Ajoutés aux livres achetés à Valmagne, j'avais une bonne valise pleine de mots. Dont, évidemment, un certain livre, Sukkwan Island, qui fera partie d'une lecture commune avec l'Or des chambres !
Tous les livres cherchés furent adoptés. Mais parfois, il y a des livres qui nous trouvent par hasard. On ne les cherchait pas vraiment mais ils sont là qui nous attendent au détour d'une table. Ce samedi matin, il y avait marché dans les rues d'Uzès. Comme tous les samedis... sur la place aux Herbes,
sur les boulevards et l'Esplanade. Des produits, des objets, des aliments, des odeurs, des couleurs... et une table avec des livres.
Je dois m'arrêter, bien sûr. Il y a beaucoup de titres, des livres de toutes les époques, dans différents états. Et quelques livres qui semblent plus anciens. J'aime les livres. Comme Allie, j'aime les vieux livres. J'aime les voir, les toucher, les sentir... regarder leurs rides, leurs couleurs... C'est parfois difficile de résister à la tentation de ramener avec moi, tous ces livres perdus sur les tables... sans personne pour tourner leurs pages, pour les faire vivre encore un peu.
Mais je fais attention... je suis sélective. J'attends qu'un livre me parle, me convainc de le prendre et de le ramener dans ma bibliothèque. Et ce samedi matin, il était là. Sous d'autres livres. J'ai remarqué son dos qui semblait un peu fatigué. J'ai soulevé les autres livres et je suis tombé immédiatement en amour avec la couverture. Mais je suis prudente. Les couvertures sont parfois trompeuses, qui ne sait pas cela. Je l'ai pris dans mes mains. Il était lourd. Et je l'ai feuilleté. Cela ne m'a pris que quelques secondes pour savoir qu'il repartait avec moi. Il est un peu vieux, mais pas trop. Il a les pages jaunes. Elles sont un peu rudes au toucher. Mais les mots et les illustrations sont absolument superbes.
Quand les fées vivaient en France / Yvonne Ostroga, préface par Paul Bourget, illustrations de Félix Lorioux. -- Paris : Hachette, [1923]. -- 173 p. : ill.; 24 cm.
Un livre remplie d'histoires de fées... "L'école des fées", "L'enchanteur enchanté", "Viviane et Lancelot", "Le chevalier blanc", "Le val sans retour", "Morgane, reine des flots", "Le prisonnier de Madoine", "La dame de lins", "Le nain vert obéron", "Mélusine, dame de Lusigna", "Urgande la déconnue", "Or, les fées vivent toujours"... Des histoires que je ne connais pas avec souvent des personnages connues... des fées... magnifiques, bonnes, méchantes... magiques.
Et donc... je suis revenue à Barcelone entourée de livres qui sont maintenant bien au chaud dans mes bibliothèques !
C'est rare que je parle d'un ouvrage que je n'ai jamais ouvert. Pas même vu au loin, pas touché une seule page. En fait, je faisais ma revue de presse virtuelle ce matin, et j'ai vu un bref article sur le sujet. Qui m'a fait sourire et j'ai tout simplement approfondi un peu ma recherche en allant directement chez l'éditeur.
Albin Michel publie un ouvrage célébrant les 30 ans d'une bibliothèque... d'un meuble bien connu... la bibliothèque Billy du magasin Ikea.
Je connais bien Billy. Quand à 21 ans, j'ai déménagé dans mon premier appartement, ce fameux magasin suédois fut un arrêt presque obligatoire. Et je suis repartie avec plusieurs petits objets ainsi que ma première bibliothèque Billy. Peu dispendieuse, elle était parfaite pour mes livres. Un peu quelconque... un beau blanc "mélamine", mais j'étais bien contente.
Au cours des années, j'ai acheté différents meubles. Et d'autres Billy, des blanches, des noires, des plaquées hêtre... Elles m'ont suivies dans tous mes appartements, jusqu'en Espagne. Il y a quelques mois, nous avons décidé de changer notre bibliothèque dans le salon. Après de nombreuses recherches... nous avons finalement, encore une fois, opté pour une Billy !
Mais aujourd'hui nous avons appris à modifier nos meubles... à une simple Billy peut s'ajouter des portes, du papier métallique, des barres de métal sur les côtés... Beaucoup de nos meubles sont ainsi modifés.
Le livre de 95 pages, publié en 2009 par Albin Michel, s'intitule "Billy le Kit" et fait partie de la collection "La petite histoire du design". L'ouvrage retrace l'histoire de la fameuse bibliothèque conçue en 1979 par Gillis Lundgren, designer suédois et qui a été vendue à plus de 41millions d'exemplaires à ce jour. L'ouvrage propose ensuite des déclinaisons de la bibliothèque Billy par six personnalités du design, photographie, etc.
On critique souvent ce grand magasin, on en rit même parfois... il a pourtant toujours été là quand j'ai eu des besoins mobiliers ! Et Billy fut infaillible à l'appel. Aujourd'hui, elle a bien changé... elle se fait en plusieurs couleurs et on peut la personnaliser de plusieurs façons. Et quand les choix offerts ne suffisent pas, il suffit d'avoir un peu d'imagination...
Le livre "Billy le Kit" semble proposer des images de la bibliothèque Billy qui fut modifiée par des artistes... je ne crois pas que ma version mérite d'être dans un livre, mais je suis bien contente de ma personnalisation de ma Billy...
"Il suffit de croiser son regard avec celui d'un chat pour mesurer la profondeur des énigmes que chaque paillettes de ses yeux pose aux braves humains que nous sommes" [Jacques Laurent]
Les chats sont partout. Dans nos maisons. Au détour d'une rue ou d'une ruelle. Sous les voitures, près des poubelles. Et dans les arbres.
Ils nous observent. Ils nous analysent. Ils savent tout de nous. Ils savent attirer nos caresses et ils savent les rejeter. Ils nous imaginent et nous définissent chaque fois que leur regard tombe sur nous.
Parfois, j'ai l'impression qu'ils ne font que nous tolérer. Et profiter de nous. Ils nous contemplent tranquillement, les yeux lumineux et rient même parfois de nous.
Ils nous accusent, jugent et condamnent. Puis ils nous pardonnent nos faiblesses et fautes et viennent ronronner sur nos genoux. Ils sont gardiens des lois humaines mais eux-mêmes ne les suivent pas.
Ils sont libres et capricieux. Méfiants, menteurs et mythomanes. Doux mais cruels, les chats veillent constamment sur nos vies. Mais ils n'hésitent à nous abandonner, nous ignorer et nous oublier. Ils possèdent les lieux et les gens.
Les chats n'existent pas vraiment, ce ne sont que des rêves qui nous imaginent chaque jour.
"Chaque fois qu'on observe un animal, on a l'impression qu'il y a là un être humain en train de se foutre de nous" [Elias Canetti]
L'automne est une demeure d'or et de pluie [Jacques Chessex]
Ce n'est un secret pour personne que l'automne a conquis mon coeur. Depuis toujours. Même enfant, alors que l'automne signifiait la fin des vacances, les classes, les devoirs... je ne pouvais m'empêcher d'aimer cette saison haute en couleurs et synonyme dans mes pensées de déguisements.
Les arbres se déguisaient avec des teintes d'or, de rouges, d'oranger... et je préparais mon déguisement pour cette soirée trop courte et déjà un peu froide à courir dans les rues à la recherche des lumières indiquant où se trouvaient les bonbons.
Les sens s'affolent en automne... les couleurs nous aveuglent, les bruits s'étouffent, les odeurs de pluie nous chatouillent. Les journées me semblent toutes splendides, lumineuses ou pluvieuses, douces ou fraîches.
Les feuilles éclatantes finissent par tomber. Une à une, d'abord tranquillement puis à toute vitesse. Elles laissent les arbres dénudés, exposés, fragiles. Les couleurs cachent le sol. Pendant un temps. Puis deviennent ternes et brunes. Et elles disparaissent. On les cherche, mais on ne les trouve plus.
Automne. Saison trop éphémère qui m'emplit de joie, d'excitation, de tendresse et de tristesse.
L'automne raconte à la terre les feuilles qu'elle a prêtées à l'été [Christoph Lichtenberg]
Donc, le temps passe. Et même si parfois, j'ai la vague impression qu'il me glisse entre les doigts, je suis relativement sereine avec les années qui sont derrière moi.
J'aimerais parfois retourner à de plus jeunes années. Ces années où il n'y avait pas tous ces plis autour de mes yeux. Mais chaque année a eu sa part de soucis et sa part de moments doux. Et si aujourd'hui je souris devant les préoccupations d'avant, peut-être ferais-je de même dans 10 ans en me rappelant les soucis d'aujourd'hui.
Quand une date passe sur le calendrier et oblige nos amis et notre famille à nous souhaiter pleins de choses heureuses et banales... on ne peut parfois s'empêcher de réflexionner sur le temps qui passe.
Et je crois qu'il passe parfaitement... à une vitesse normale. Je ne suis pas éternelle... juste temporelle. Et j'aime bien ce temps qui ne s'arrête pas. Il sait exactement à quelle vitesse filer. Il ne reste qu'à nous, de le suivre et de le comprendre et surtout d'apprécier chaque âge et chaque moment. Même les difficiles.
Bah... je deviens philosophique avec le temps, je crois... ;)
Je dois avouer que je me répète. Mais c'est que c'est franchement agaçant, et honnêtement, ça m'énaaarve ! Je vais donc y aller très tranquillement en espaçant mes mots: *l'hiver* *à* *Barcelone*, *il* *arrive* *qu'il* *fasse* *froid* !!!!!
J'en parlais déjà la semaine dernière, mais c'est tout simplement énervant, à la longue. Encore une fois, pendant la fin de semaine, il a fait assez froid ! Et encore, il y a eu de la neige dans certaines parties de l'Espagne. Et encore, c'est toute une surprise pour les gens.
Mais je crois que ce qui est le plus drôle, ce sont les gens dans la rue. Il y a trois catégories de promeneurs:
les espagnols qui sont morts de froid quand il fait 7ºC et qui se promènent avec des gros foulards, des mitaines, des tuques et des manteaux dignes des -30ºC du Québec ;
les touristes qui croient qu'en Espagne, il fait toujours 25ºC et qu'ils pourront se baigner peu importe le moment de l'année, et qui se promènent à Barcelone en grelottant, en gougounes et petits manteaux légers, certains gars en bermudas et certaines filles en jupes sans collants.
les étrangers qui vivent en Espagne mais qui viennent de pays bien plus froids et qui se promènent avec un manteau normal, parfois un foulard et des gants légers si le vent est frisquet...
Oh, et pendant que j'y suis, *** attention, on se tient bien, ça pourrait surprendre certains espagnols ***l'été, IL FAIT CHAUD !!! ;-)
Oui, il neige en Espagne. Oui, il fait froid. Chaque année. Chaque hiver. Et pourtant, chaque année, c'est comme si c'était une surprise. C'est comme si cela ne s'était jamais vu. Comme si c'était la première fois.
Oh, évidemment, il ne fait pas froid comme au Québec par exemple. Et il n'y a pas autant de neige. Il peut même faire assez chaud et habituellement il pleut beaucoup pendant l'hiver.
Mais des températures basses et de la neige, chaque année, il y en a... et chaque année aux nouvelles, on annonce cela comme si c'était une première... Chaque année, il y a des accidents à cause du froid et de la neige...
Et chaque année on ferme routes, écoles et aéroports... chaque année, on interview des gens à la télé qui disent que c'est horrible, qu'il fait froid et qu'ils n'ont jamais vu ça... Chaque année... on oublie. Complètement. Amnésie collective.
Pourtant, je m'en souviens, moi... c'est pas bien difficile. L'année dernière (et l'année d'avant, et l'année d'avant), il y a eu des jours tout près de zéro, parfois en bas, l'année passée, il a neigé en Catalogne et en Espagne, surtout en région montagneuse (quelle surprise) mais aussi sur la plage...
Parfois, il fait plus chaud, parfois il faut plus froid. C'est TOUJOURS comme ça, bon sang ! Est-ce que c'est nécessaire d'alarmer les gens avec des nouvelles insignifiantes ! Et aussi peut-être que des pneus 4saisons seraient une bonne idée par ici, bon yen !
Ben oui ! Il neige parfois en Espagne ! Et il fait froid... revenez-en et surtout souvenez-vous en, bordel !!! Ok, je respire, ça va mieux... ;)
Oui, enfin, c'est parce que moi, après le 1er janvier, j'ai terminé. Dès le 2 janvier, j'ai les doigts qui me piquent et j'ai envie de déjà tout enlever les décorations. Enlever toute trace de Noël. Parce que j'adore Noël et le Temps des Fêtes, parce que depuis la fin novembre, je ne pense qu'à décorer, faire de la cuisine, chanter... je ne pense enfin qu'à Noël, et donc à partir du 2 janvier, et bien c'est fini.
Quand nous étions toutes petites, ma mère faisait un gâteau pour les Rois. Le 6 janvier, après le repas du soir, il y avait un gâteau avec une fève à l'intérieur... Mais c'était vague. On en avait parlé à l'école... vaguement... et je n'ai appris que bien plus tard que cette journée s'appelait l'Épiphanie. Et évidemment, j'ai aussi appris que le gâteau de ma mère n'avait rien à voir avec le gâteau des Rois. Mais il y avait la fève, le titre de roi ou reine à celui qui la trouvait et parfois la couronne fabriquée à l'école.
Je n'ai su aussi que bien plus tard, qu'en Espagne, la fête principale du Temps des Fêtes, c'est les Rois. C'est à cette date que les enfants reçoivent leurs cadeaux. Et la veille, il y a l'arrivée des Rois Mages dans les villes. C'est vraiment important... et très très souligné. Les enfants attendent les trois Rois Mages avec impatience, font leur liste, préparent les biscuits pour les Rois et les sauts d'eau pour leurs chevaux. Et le lendemain... encore un repas de famille ! Mais mon père n'était pas le genre à aimer les fêtes de Noël, ni à parler traditions, donc toutes ces traditions espagnoles, je les ai connues par moi-même et plus tard. Je lui en veux en peu d'ailleurs. Quand j'étais petite, l'Espagne pour moi, ne signifiait pas grand chose à part des visites dans la famille à tous les trois ans. J'aurais aimé connaître plus de traditions, surtout de Noël... enfin...
Et puis évidemment, j'ai appris sur les origines de la fête et tout ça: les saturnales romaines, le gâteau du roi offert en même temps que la redevance au roi, fête païenne devenue chrétienne, etc.
Mais hier, alors que l'arrivée des "Rois Mages" à Barcelone passait à la télévision, que les enfants étaient tous énervés et émerveillés, que les boutiques étaient remplies de gens faisant leurs derniers achats. Et alors qu'aujourd'hui est le repas familial le plus important... moi, j'en ai assez ! Mais est-ce que ça va finir un jour, tous ces repas et ces festivités ? Question d'habitude, je suppose. Pour moi... c'est fini, à la fin !
"On aime sa mère presque
sans le savoir, et on ne s'aperçoit de toute la profondeur des racines de cet
amour qu'au moment de la séparation dernière."
Guy de Maupassant
Me pardonnes-tu maman, les cris et les paroles méchantes de mon adolescence Me pardonnes-tu maman, les soupirs d'exaspérations à l'écoute de tes conseils Me pardonnes-tu maman, de ne pas t'avoir assez dit que je t'aimais Me pardonnes-tu maman, de t'avoir reproché tes maladies et souffrances Me pardonnes-tu maman, de t'en vouloir de ne pas être là, aujourd'hui
"L'amour d'une mère c'est comme l'air : c'est tellement banal qu'on ne le remarque même pas. Jusquà ce qu'on en manque"
Pam Brown
J'ai cru sentir ton odeur l'autre nuit ce mélange de crème, de parfum, de savon et de toi Couchée dans mon lit me questionnant sur l'année à venir J'ai senti ton odeur.
Et j'ai su Que la décision serait la mienne Que tu me suivrais
J'aimerais que tu sois là pour cet anniversaire Déjà trop longtemps que tu ne célèbres plus les années qui ne passent plus pour toi
Langue: Anglais (VO) Année: 1993 Durée: 127 min. Pays: États-Unis
Directeur: Steven Spielberg Producteurs: Kathleen
Kennedy et Gerald R. Molen Scénario: David Koepp et
Michael Crichton Cinématographie: Dean Cundey Musique originale: John
Williams
Distribution: Sam
Neill (Dr. Alan Grant), Laura Dern (Dr. Ellie Sattler), Jeff Goldblum
(Dr. Ian Malcolm), Richard Attenborough (John Hammond), Bob Peck
(Robert Muldoon), Joseph Mazello (Tim Murphy), Ariana Richards (Lex
Murphy), Samuel L. Jackson (Ray Arnold)
Synopsis:
Un milliardaire, John Hammond, crée un nouveau parc d'attractions - absolument unique en son genre. Mais avant que le parc n'ouvre ses portes, divers incidents inquiètent ses investisseurs qui demandent à être rassurés. Hammond demande alors à deux scientifiques de venir donner leur expertise sur son parc. Un autre scientifique, ainsi qu'un avocat envoyés par les investisseurs ce joignent au groupe.
À leur arrivée au parc, les invités découvrent que les attractions principales du parc sont en fait des dinosaures vivants que les scientifiques d'Hammond ont réussi à reproduire à partir d'échantillons d'ADN conservés depuis des milliers d'années dans des moustiques.
Les visiteurs se préparent à une visite officielle du parc. Les deux petits-enfants d'Hammond viennent s'ajouter au nombre des "touristes" de ce parc spécial. Mais alors que le tour commence, l'expert informatique du parc, s'apprête à saboter le site afin de voler des échantillons d'embryons pour des investisseurs concurrents. Alors qu'il laisse le parc complètement paralyser, les visiteurs voient leur tour se transformer en une lutte pour leur survie face à des animaux vivants hors de leur temps.
À propos:
En 1990, avant même que le roman de Micheal Crichton ne fut publié, les droits d'adaptation pour le cinéma avait été achetés par Steven Spielberg. On demanda cependant à Crichton de participer à la rédaction du scénario. La version finale du scénario est cependant de David Koepp qui apporta beaucoup de modification à l'histoire originale. Beaucoup des scènes violentes furent coupées, on passa rapidement sur les théories scientifiques et certains personnages furent modifiés pour le film.
Des spécialistes furent engagés comme consultants pour le film, afin de rendre les dinosaures réalistes. Cependant les dinosaures du livre - et donc du film - ne font pas partie de la période jurassique mais plutôt du Crétacé. De nombreuses caractéristiques sont également fausses - grandeurs, couleurs, etc. Et des découvertes postérieures au livre et au film rendent certains éléments erronés.
Le film utilise en grande partie des images générées par ordinateurs pour les effets spéciaux. Il fut l'un des premiers films à ces techniques qui furent par la suite grandement utilisées. Le film fut très bien accueilli par le public et rapporta plus de 914 millions de dollars. La critique fut cependant plus sévère et nota le côté ultra-moraliste, l'absence de développement des personnages, le survol des détails scientifiques et les différences entre le roman et le film.
Commentaires personnels:
Genre: Action, Aventure, Science-fiction
Que veut faire Jurassic Park ? Tout d'abord nous en mettre plein la vue. Réveiller les enfants en nous qui révons toujours des dinosaures... et nous les montrer réellement. Et nous sommes émerveillés ! Spielberg s'est fait plaisir et veut le partager avec nous. Nous avons devant nous des monstres réels. Mais dans son livre, Crichton souligne également les dangers de jouer avec la nature et de se prendre pour des dieux. On ne peut contrôler l'imprévisible. Et la création se retourne inévitablement contre ses créateurs. Le film reprend bien évidemment ces thèmes et nous fait un peu la morale. Attention... on ne manipule pas ainsi la nature...
Il faut souligner que le film et le roman diffèrent sur plusieurs points. Le roman commence par une scène très violente qui fut coupée du film - mais qui apparaît dans la suite. Le film coupa également plusieurs des personnages, ou alors on ne les voit que très brièvement. Le roman laisse une plus grande place aux scientifiques qui ont créé les dinosaures. Certains personnages très importants du romans n'ont ainsi que quelques lignes dans le film. Le discours scientifique du film est très tronqué par rapport à celui du roman.
Certaines scènes du roman mettaient en vedette des dinosaures que l'on ne verra pas dans le film, ce qui obligea quelques adaptations du scénario. Plusieurs personnages ont également été modifiés. Par exemple, Hammond est beaucoup plus sympathique dans le film. Alors qu'il ressemble à un bon "grand-papa" dépassé par ses créations, dans le livre, il est définitivement plus froid et ne pense qu'à son investissement... peu importe les accidents. Les plus grands changements de personnages sont cependant, les deux enfants. Dans le roman, nous avons un Tim plus agé que sa soeur Lex. Tim est celui qui se passionne pour les ordinateurs. Lex n'a que peu de place dans le roman et pleure la plupart du temps. Le rôle des enfants est beaucoup plus développé dans le film et les âges sont inversés, nous avons donc une Lex plus âgée que son frère et passionnée pour l'informatique.
Est-ce que ces changements sont dérangeants ? Il est certain qu'après la lecture du roman, ces changements surprennent. Cependant, je crois que l'essentiel du roman a été repris par le film. Spielberg ne voulait pas un film trop axé sur la science (-fiction), mais bien un film d'action enlevant, étourdissant et éblouissant. Et c'est ce que nous avons sur l'écran.
On peut cependant déplorer une fin complètement différente entre le roman et le film. Le film suit une ligne complètement hollywoodienne et présente une fin heureuse. Peu de personnages sont tués et les personnages principaux réussissent à se sauver de l'île. Le roman comporte une fin beaucoup moins heureuse. Certains personnages importants sont tués et ceux qui arrivent à se sauver des dinosaures, ne retrouvent pas nécessairement leur liberté...
Jurassic Park est convenu, suit les règles du film hollywoodien, est un tantinet moralisateur, mais le film demeure cependant un excellent divertissement et encore aujourd'hui il ébloui par ses effets spéciaux réalistes et son rythme enlevant. Mais au-delà des effets spéciaux, Spielberg sait raconter une histoire. Les images sont souvent très "émotionnelles" et se passent de mots... que l'on pense à la scène où les deux scientifiques voient pour la première fois les dinosaures... la musique qui accompagne ce moment, leurs gestes, l'expression de leur visage... sont saisissants et résument tout à fait notre propre émerveillement.
Les personnages et le discours scientifiques sont nettement diminués dans le film, et on peut le déplorer. Il est clair que les personnages principaux, les vedettes du film sont les dinosaures. Et ils prennent toute la place. Mais on ne pourrait leur en tenir rigueur, après tout, ils sont là pour nous impressionner, nous étourdir, nous faire peur... Jurassic Park est fait pour nous divertir tout simplement.
Dr.
Ian Malcolm:
I'll tell you the problem with the scientific power that you're using here: it
didn't require any discipline to attain it. You read what others had done and
you took the next step. You didn't earn the knowledge for yourselves, so you
don't take any responsibility... for it. You stood on the shoulders of geniuses
to accomplish something as fast as you could and before you even knew what you
had you patented it and packaged it and slapped it on a plastic lunchbox, and
now [pounds table with fists] Dr. Ian Malcolm: you're selling it, [pounds table again]
Dr. Ian Malcolm: God creates
dinosaurs. God destroys dinosaurs. God creates man. Man destroys God. Man
creates dinosaurs... Dr. Ellie Sattler: Dinosaurs eat man. Woman inherits the earth...
Cela commence à vraiment être difficile. Au début, je ne voulais pas tout de suite un autre chat. Je ne voulais pas remplacer mon gros minou pleins de poil... j'avais besoin de temps pour vivre son départ... Il avait fait partie de ma vie pendant près de 15 ans et encore aujourd'hui, j'ai l'impression de le voir partout. Il me manque horriblement.
Mais l'appartement est vide. J'ai toujours eu la compagnie d'un animal dans ma vie et pour moi, c'est très important. Quand je rends visite à des amis qui ont des animaux... ils sont souvent "jaloux" puisque je ne m'empêcher de passer plus de temps avec la boule de poils, de plume ou même d'écailles qu'avec eux...
J'adore tous les animaux... mais j'avoue que j'ai une petite préférence pour les chats... et quand je voyage, j'ai toujours un oeil ouvert pour le passage d'un chat ! Ces derniers temps, nous fuyons souvent la ville pendant les fins de semaine. Et au retour parmis les photos, on retrouve toujours quelques photos de minous !!!
Il y a aussi des photos de moutons, chevaux, poules, vaches, taureaux, chèvres, canards, chiens, cigognes, lézards, etc, ... pas vraiment des quelques lapins, renards et autres animaux qui ne semblent pas vouloir rester en place pour se laisser photographier !!!
Ce n'est pas trop
mon genre. Je n'ai même pas rappelé à mon père que c'était aujourd'hui - oui,
parce que mon père si on ne lui rappelle pas, il se souvient à peine de son
propre anniversaire...
Vraiment, je
souligne rarement. C’est une journée comme les autres. J’avais peur d’avoir
peur des années qui s’empilent à ma porte. Mais jusqu’à maintenant, elles sont
arrivées, se sont installées sur ma peau, mon corps, mon visage, mes pensées et
je les aie accueillies tranquillement.
Aujourd’hui
cependant, je trouve que ça commence à se superposer un peu rapidement. Le
temps se dépêche de passer, il court, il se presse… comme s’il avait peur de
manquer de jours. Il me semble que je n’ai pas eu le temps de les voir passer
ses jours. Ouf que la vie va vite. Les chandelles étaient plus lentes à brûler
et plus rapides à souffler sur le gâteau… aujourd’hui, elles se consument en un
instant et elles prennent une éternité à souffler… Quand je crois qu’elles sont
toutes éteintes et que je peux manger le gâteau, j’en découvre toujours une de plus.
Le temps est mystérieux.
Et hier, les étés étaient infinis, aujourd’hui, ils sont volages. Les minutes
sont interminables ou fugitives. C’est normal.
Vraiment, je
souligne rarement, mais aujourd’hui, j’avais envie de m’arrêter et de regarder
le gâteau avant de souffler les bougies. Faut bien regarder les années passées
si on veut les connaître et s’en souvenir ! Mais c’est toujours étrange pour moi, cette
journée de l’année où on devient plus vieux.
La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:
- "Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!"
Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.
Commentaires personnels
En 1857, Charles Baudelaire publie son recueil de poèmes, Les Fleurs du mal. L'ouvrage rassemble la presque totalité de ses créations poétiques. Quelques semaines après la publication du recueil, la direction de la Sûreté publique déclare l'oeuvre du poète "d'outrage à la morale publique et à la morale religieuse". Bien que la dernière accusation sera abandonnée, le poète et les éditeurs seront condamnés à payer une amende et des poèmes devront être supprimés du recueil.
Parmi les poèmes censurés, que l'on appelle les Épaves, on retrouve Les Métamorphoses du vampire. Le poème demeura absent de l'oeuvre pendant plusieurs décennies. Il fut à nouveau édité en 1945.
Dans ce poème on retrouve de toute évidence le thème de la femme, cher à Baudelaire. Une femme sensuelle, belle, voluptueuse. Elle ensorcelle le poème mais demeure tout à fait inaccessible. Mais la femme et la mort sont ici liées dans l'union et l'amour.
Baudelaire aime montrer la femme comme un animal érotique, aimant le plaisir, la sensualité mais aussi le sexe. Il présente d'abord la femme de son poème dans toute sa volupté. Elle est femme, puissante, sensuelle et sexuelle. Elle est la lune, le soleil, le ciel et les étoiles. Mais elle demeure dangereuse. Elle peut être un vampire étouffant. Celle qui vole l'énergie, l'inspiration, la force...
L'amour est dangereux. Mais il est sublime. Et la femme est celle qui offre et prend. On retrouve de la tendresse et de la violence dans cette célébration de la femme-vampire et de l'amour. On retrouve le thème si connu de la femme à la fois ange et démon. Celle par qui on trouve l'inspiration et l'extase mais celle qui perdra l'homme. Elle est donc toute puissante tout comme la mort.
Baudelaire semble d'abord mettre la femme-vampire de son poème comme celle qui a tous les pouvoirs. Elle est immense, diabolique, elle laisse l'homme, le poète, faible et soumis. Mais c'est ce dernier qui survivra à l'extase. Il a souffert, il a eu du plaisir et il en ressort faible mais vivant.
Beaucoup d'interprétations furent données pour la fin du poème de Baudelaire... le triomphe de l'homme sur la volupté, punition du vampire sexuel ; on y vit même une confession du poète sur sa vie : vengeance du poète sur l'inspiration qui lui manque, révélation de sa syphilis qui le vidait de sa vitalité... Ou tout simplement une confession d'un homme qui a peur de la femme qu'il désire.
Il y a quelques jours, j'ai eu une discussion intéressante avec des amis en visite chez moi. Et à un moment, quelqu'un a dit : "c'est toute une boîte de Pandore que tu ouvres". On sait tous qui est Pandore et ce qu'elle aurait fait... Mais peut-être y a-t-il plus à cette histoire ? Je suis curieuse... et parfois, certaines choses restent accrochées à mes pensées, et je me dois d'approfondir... Et cette boîte de Pandore - au moment de cette conversation - m'a achalée... donc quelques recherches se sont imposées.
L’histoire
Deux légendes existent au sujet de
Pandore.
Une première moins connue nous raconte
l’histoire de trois sœurs, filles du roi Érecthée qui pour être le vainqueur
d’une guerre promit de sacrifier la plus jeune de ses deux enfants. Lorsqu’elles
apprirent le destin que leur père avait pour leur jeune sœur Chthonia ; lorsque
celle-ci fut sacrifiée, Protégénia et Pandore se tuèrent également, ayant fait
vœux que si une d’elles mourait, elles mourraient toutes.
Cette histoire est peu connue et on connaît
plutôt la deuxième légende se rapportant à Pandore.
Celle-ci nous raconte la création d’une femme
par les dieux. Lorsque le feu fut dérobé du ciel par Prométhée pour l’offrir
aux hommes, les dieux menés par Zeus voulurent punir les humains pour cette
offense. Les hommes devenaient trop puissants avec la connaissance du feu.
« Je ferai présent aux hommes,
dit Zeus, d’un mal en qui tous, au fond du cœur, se complairont à entourer
d’amour leur propre malheur… » (Hest. 58)
Les dieux créent donc une femme d’une grande
beauté, ayant la grâce, la force, ils lui donnèrent toutes les qualités, mais
également la ruse, l’audace et la curiosité. Façonnée par Héphaïstos et éduquée
par les dieux et les déesses. Ils l’envoyèrent sur terre après lui avoir donner
pour nom : Pandore – « qui a tous les dons »
« […]il met en elle la parole
et à cette femme il donne le nom de Pandore parce que ce sont tous les
habitants de l’Olympe qui, avec ce présent, font présent du malheur aux hommes.
» (Hest. 82)
Ils l’envoyèrent sur terre pour séduire les
hommes, les perdre et ainsi se venger de la perte du feu. Elle fut présentée au
frère de Prométhée, Épiméthée, qui en tomba follement amoureux. Malgré
l’avertissement de son frère, qui l’avait prévenu de ne rien accepter venant
des dieux, Épiméthée épousa Pandore. Cette dernière avait reçu des dieux une
jarre fermée qu’elle ne devait jamais ouvrir, mais la curiosité l’emporta et
elle ouvrir la jarre. Tous les maux enfermés dans la jarre pour protéger les
hommes (vieillesse, la maladie, la folie, etc.), se répandirent sur terre,
épouvantée, elle ferma la jarre, empêchant l’espérance qui était tout au fond
de sortir. Par sa faute, tous les maux affligèrent les hommes qui ne pouvaient
compter sur l’espérance…
Une autre version dit que ce sont les dons des
dieux qui s’échappèrent pour retourner à l’Olympe en privant ainsi les hommes
de ceux-ci.
Sources :
Dictionnaire de la mythologie grecque et
romaine / par Joël Schmidt. – Paris : Larousse, 1991. – 319 p. : ill.
– ISBN 2 03 720203 2. Dictionnaire des symboles : Mythes,
rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres / Jean
Chevalier, Alain Gheerbrant. – Paris : Robert Laffont, Jupiter; 1982. – 1060 p.
-- ISBN 2 221 50319 8.
Réflexion personnelle :
Alors qu’on peut de toute évidence dire que
Pandore peut symboliser le danger représenté par la beauté, ma réflexion se
penche surtout sur l’aspect féminin du mythe qui est de toute évidence colorée
par la vision patriarcale et misogyne dont sont empreints la plupart des mythes
et mythologies ainsi que par une peur ou une méconnaissance évidente des
femmes. On peut souvent très bien comprendre la place de la femme et son statut
dans la société en lisant ces histoires. On peut également voir comment elle a
souvent changé de statut et comment sa place dans la société a pu être reléguée
au dernier plan, alors qu’elle avait souvent une place très importante dans ces
sociétés primitives. Les histoires se sont modifiées, et on a mis l’accent sur
certains aspects des mythes, les « personnages » féminins ont été mis au second
plan, leur rôle se bornant à être figuratif ou alors la cause de tous les maux…
par exemple. Je crois qu’il faut voir plus loin dans ce mythe que « Pandore, la
femme à l’origine de tous les maux de l’humanité » « ou la beauté, faiblesse »
« ou le malheur de l’homme ». Et plus loin qu’un simple « mal », « mal-aimée »
dont on ne peut se passer mais qu’on ne peut supporter.
Il faut voir en effet, le caractère
contradictoire de l’humanité mais au-delà de « l’homme » et je crois que l’élément
central du mythe est bien le « feu » et non « la femme ». Pandore dans le
mythe est le « prix du vol du feu » ou plus simplement « le prix du feu ». Et
l’ambivalence de ce « prix » ou « cadeau » est dans la symbolique du feu. Le
feu détient d’immenses pouvoirs, mais est également destructeur. Le feu est
venu à l’humanité et lui a permis d’exister et de croître mais ce « cadeau »
est rempli de danger. Il peut détruire tout ce que l’humanité a pu accomplir.
Et n’oublions pas que le feu est un symbole ambivalent également dans le sens
qu’il symbolise à la fois le « céleste » et « divin » ainsi que le « souterrain
» et « infernal ». C’est le démiurge et le démon… la création et la
destruction. Et symbolise également un cycle car de la destruction peut venir
la régénérescence. Il est certain que la femme était aussi un bon choix pour
représenter ce cycle mais il faut y voir un lien très proche avec le feu. Et
donc, je crois qu’il faut voir dans ce mythe de Pandore autre chose que la
femme belle mais curieuse et à l,origine de tous les maux de l’humanité.
On peut aussi voir un symbole important dans la
jarre et qui rejoint un peu la dermière idée. La jarre servait à conserver les
grains et les récoltes des hommes. C,est la récolte et le travail des hommes
qui a rempli la jarre. La femme doit l’ouvrir pour nourrir sa famille. En
laissant toujours l’espérance dans la jarre pour la remplir à nouveau.
Le mythe de Pandore et celui
d’Eve sont d'ailleurs très proches l'un de l'autre et de nombreuses thèses ont
été écrites à ce sujet ! Jean Deluneau, dit dans son ouvrage :
"Mal magnifique, plaisir
funeste, venimeuse et trompeuse, la femme a été accusée par l'autre sexe
d'avoir introduit le péché, la malheur et la mort. Pandore grecque ou Eve
judaïque, elle a commis la faute originelle en ouvrant l'urne qui contenait
tous les maux ou en mangeant le fruit défendu. L'homme a cherché un responsable
à sa souffrance, à l'échec, à la disparition du paradis terrestre, et il a
trouvé la femme. Comment ne pas redouter un être qui n'est jamais si dangereux
que lorsqu'il sourit ?" Jean DELUMEAU, Le péché et la peur. La culpabilisation en Occident
(XIIIe-XVIIIe siècle).
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Les hommes ont toujours eu "peur" de ce qu'ils ne comprennent pas ou
de ce qu'ils ne peuvent accomplir. Portant la vie en elle, la femme est de
toute évidence un "mystère"... et donc un "danger". Qui
peut créer à part "dieu" ? Ne pouvant assimiler la femme une force
créatrice et donc "divine", mais ne pouvant enlever cette possibilité
de création, il a tout simplement fait de la femme un être diabolique... qui
pouvait donner la vie mais qui était la cause de tous les péchés...
On se questionne souvent sur ce que l’espérance
faisait avec tous ces maux… Selon certaines sources, c’est une mauvaise
traduction du texte grec qui fait du terme ελπίς / elpís, qui signifierait « l’attente de quelque chose »
et qui n’est pas nécessairement synonyme d’espoir, mais plutôt anticipation ou
même crainte. Et ainsi, on peut comprendre que les hommes vont subir les maux –
folie, maladie, etc.- mais pas la crainte perpétuelle de subir ces maux.
Ce mythe peut être étudier beaucoup plus en
profondeur et nous révèle plus qu’un niveau d’interprétation.
Après avoir
nourri les cerfs sika et avoir visité les temples… après avoir acheté quelques
statuettes de chats… Notre prochaine direction était Osaka.
Ah osaka…
ville résolument moderne… fini les temples. Bien sûr il y en a quelques uns
ainsi que quelques palais. Mais la ville ne compte plus vraiment sur ses
attraits anciens… Elle est moderne. Un point c’est tout. Et je dois dire que de
tout notre voyage… c’est la ville la plus « trash » du Japon. C’est
la ville plus « sale », il y avait des papiers sur les trottoirs
(chose que nous n’avions pas vu à date), la ville la plus désordonnée… C’était
un tantinet plus « humain » ! Mais un peu moins
« sécuritaire » aussi.
Nous avons
visité les quartiers les plus connus. Et le fameux quartier « Blade
Runner ».
Le premier
soir, j’étais complètement épuisée mais nous sommes tout de même sortis pour
dîner. Et sans le savoir, nous avons mangé exactement au restaurant
photographié par tous (avec la tour comme fond) et qui sert le fameux poisson
qui s’il n’est pas bien coupé, peut être mortel ! Nous avons survécu… car oui,
nous en avons mangé… un peu à notre insu ! C’est ça quand on pointe une photo dans un menu et
qu’on a aucune idée de ce qu’on commande !!!
Et je dois dire que j'étais bien contente de ne plus visiter de temples. C'est qu'après tant de lieux sacrés... j'avais l'impression qu'ils se ressemblaient tous... Et puis, cette obligation de toujours devoir donner quelques pièces pour prier, pour cogner la cloche aux souhaits, etc... Je comprends le concept de sacrifice personnel, mais ça sonnait très monétaire à mes yeux et très rentable pour les moines. Bon... j'y reviendrai un autre jour...
Osaka fut donc très moderne. Notre ryokan fut très très beau. Un peu en dehors de la ville. Avec un jardin intérieur magnifique. Tenu par un français et sa femme japonaise. Charmante.
Puis après Osaka, nous avions prévu une nuit dans un ryokan "de luxe" sur une péninsule tout près d'Utsumi. Très traditionnel. Avec bains chauds et repas compris. Nous étions les premiers "occidentaux" qu'ils recevaient. Nous avions même le petit déjeuner de compris... poisson cru 'a 8h00 AM, c'est tout de même difficile pour mon pauvre estomac !
Mais le ryokan était complètement sublime... très relaxant. En cet fin de voyage... les bains chauds furent les bienvenues. Et bien sûr la vue sur la mer... pas de refus !
Le lendemain nous retournions à Tokyo pour notre dernière nuit. Le voyage de retour fut difficile. Mais il n'effaça pas les trois semaines que je venais de vivre...
Quelques mots... modernité, cuteness, temples, spiritualité, symboles et fashion. Volonté de reconstruire, construire. Tradition. Modernisme. Séparation. Intégration. Volonté de protection. Volonté d'ouverture. Anglais... Français... souvent boîteux mais si important. Travail, travail, travail... épuisement. Volonté de rire et s'amuser... Technologie? Faux... pas dans la vie de tous les jours... On prie pour et par l'argent... On accroche les amulettes avec les breloques... on vénère les bouddhah et les mangas !
Je crois que Fine a tout dit... fascinant et étrange. Et à revoir... rapidement... je n'ai rien dit... je crois que j'aurai d'autres choses à définir bientôt !!!