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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
31 décembre 2012

Une année nouvelle

Une année est passée et nous quitte...

Elle fut remplie de petits et grands moments ;

parfois de fous rires, parfois de quelques larmes...

Bye Bye 2012... merci pour tout et repose-toi bien...

 

2013An

 

Et maintenant 2013 pointe son nez !

Bienvenue ma chère, j'espère que tu nous apportes,

toi aussi, un panier rempli de chaleur, lumière et

instants charmants.

 

Bonne année à tous !!!

Prospero Año y Felicidad !

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20 juin 2012

Désherber en silence...

Desherber2Désherber... Élaguer... entre les deux, je préfère encore dire le deuxième. Oui, parce qu'enfin, il me semble que dire que je fais du "déherbage" me semble beaucoup trop péjoratif. Comme si j'enlevais la "mauvaise herbe". Car, si souvent - trop souvent - se sont de très "belles fleurs" que l'on doit élaguer !!! 

Alors j'aime mieux dire que je dois faire une évaluation périodique des collections qui entre dans le processus de développement de nos collections. Ouf... Reste qu'il faut élaguer. Parce que la bibliothèque, elle n'agrandira pas de façon magique. Et lorsque chaque mois, je fais la sélection de nouveaux livres, je sais qu'il faudra qu'éventuellement j'en élague presque la même quantité !

Il y a l'élagage continuel... le facile... les livres qui arrivent sur mon bureau parce qu'ils sont en piètre état. Endommagés par les usagers et le temps... les pages déchirées, parfois raturées... les couvertures brisées... les tranches sales et tachées... Et alors, il est facile de prendre une décision: un classique ? un best-seller beaucoup lu ? On le remplace. Ou on essaie de le réparer, le relier... le sauver. Sinon, hop... on l'élague. Bye bye livre. Et puis, il y a les multiples copies. Un livre populaire est souvent acheté en plusieurs copies, histoire de diminuer les listes d'attente pour le prêt. Mais quand la popularité diminue, et bien on élimine les copies. Façon facile et en plus sans culpabilité de faire de la place sur les rayons. Ça, c'est le facile.

Et puis, il y a l'élagage évident... lorsqu'on veut garder à jour une collection. La nouvelle édition du Guide du Routard sur l'Espagne vient de paraître et a fait sa place sur les rayons ? Hop, l'ancienne édition est à l'éliminer. La dernière biographie du pape Jean-Paul II date de 1999, et sur les 7 autres, 4 datent de 1984, 2 de 1985, 1 de 1994 ? On regarde l'état des livres, on en élague quelques uns et on trouve une biographie plus récente. Le livre le plus récent sur l'histoire de la Grèce date de 2005 ? Vite, on actualise le sujet, et on élague les livres trop vieux. Il s'agit de vérifier l'actualité de l'information, la pertinence, etc. Ça, c'est l'évident.

Mais il y a aussi l'élagage qui brise le coeur... Celui qui se fait chaque année et que je viens de terminer, j'ai nommé l'élagage de la fiction. Comme je suis en charge du développement des collections en français, je suis aussi responsable de l'élagage des romans. Et ça c'est difficile... Je le répète, nous sommes vraiment au maximum de notre espace. Donc acquérir de nouveaux livres signifie obligatoirement en éliminer. Et comment, je fais cet élagage ? Je suis notre politique qui précise que l'élagage doit se baser sur l'année de publication, le nombre de prêt et surtout la date du dernier prêt.

Alors, je fais faire une liste... une longue, longue, longue liste de tous les titres comprenant ces renseignements. Je fais retirer des étagères, ceux qui n'ont pas été empruntés depuis 4 ans et on me les apporte par chariots dans mon bureau. Et alors commence l'évaluation individuelle. Est-ce un classique ? Un incontournable d'un auteur reconnu ? A-t-il gagné des prix ? Oui. Alors même s'il n'a pas été emprunté depuis longtemps, il retourne sur les tablettes. Mais si la réponse est non, alors, je dois être intraitable. Bye bye, cher roman.

Mais parfois, ça me brise littéralement le coeur. Je lis le quatrième de couverture... l'histoire semble intéressante. Je lis quelques critiques du roman... toutes excellentes. Soupirs. Et pourtant, le roman a été emprunté 5 fois pendant les premiers mois de son acquisition et après plus rien. Ou alors, il fut trèes emprunté pendant la première année, puis rien depuis 4 ans. Pourquoi ? Pourquoi l'a-t-on oublié ?

Il faut dire que trop souvent, les gens ne dépassent pas les rayons avec les Nouveautés. Donc, une fois que nous enlevons le livre des nouveautés pour le mettre en rayonnage... il disparaît des regards. Et alors, si le roman n'est pas d'un auteur hyper connu ou très populaire... il a besoin d'avoir un sacré bon titre pour que les gens qui vont en rayonnage prennent la peine de le sortir pour au moins lire le quatrième de couverture !

Et alors, nous essayons de les sortir, d'en parler... nous avons une table "Coups de coeur", nous faisons des bibliographies, etc. Et puis, parfois, je triche... quelques uns des romans que je devais élaguer, j'en étais incapable, alors j'ai testé: je les ai remis dans la section "Nouveautés". Et vous devinez, non ? Et oui, ils ont été immédiatement empruntés !!!

Mais je dois élaguer... c'est nécessaire. Alors, je désherbe, impitoyablement. Et il arrive quoi des livres que nous élaguons ? Ils seront vendus par les Amis de la bibliothèque, ou encore envoyés dans des associations à but non-lucratifs. Et ils auront peut-être la chance de vivre à nouveau !!!

22 juin 2012

Silence de sang de Sue Walker

Desherber1Silence de sang / Sue Walker ; roman traduit de l'anglais par Magali Pès. -- [Grainville] : City Editions, c2006. -- 414 p. ; 24 cm. -- ISBN 2-35288-003-3

Quatrième de couverture

Sept personnes. Séparées par le temps. Réunies par un terrible secret qui ne peut plus rester caché.

Il y a vingt-six ans de cela, à Édimbourg, sept adolescents ont vécu pendant un an dans un centre expérimental pour jeunes surdoués et psychotiques. Depuis, ils ont tous quitté "l'Unité". Mais elle ne les a jamais quittés.

Innes Haldane tente depuis des années d'oublier cette sombre époque. Un jour, un appel téléphonique inattendu et la nouvelle des morts étranges de deux anciens pensionnaires de "l'Unité" la poussent à renouer avec son passé.

Quel terrible secret rend ainsi sept personnes esclaves de leur culpabilité ? Quel sanglant règlement de compte vient de commencer ?

L'auteur

Sue Walker est née à Edinburg en Écosse. Elle vit présentement en Angleterre dans le Sussex. Elle est journaliste et se spécialise dans les enquêtes criminelles. Elle travaille principalement pour la télévision, notamment pour la BBC et Channel 4. Son premier roman The Reunion obtint un bon accueil et fut traduit dans plusieurs langues.

Bibliographie partielle

  • The Reunion (Silence de sang) (2004)
  • The Reckoning (2007)
  • The Dead Pool (2008)
  • The Burning (2010)

*Dates incertaines

Site web de l'auteur

Sur le site de Penguin Books

Commentaires personnels (brefs et très personnels)

Fin des années 70. Des jeunes "délinquants" ayant des troubles comportementaux sont envoyés dans un institut nouveau genre. Entre hôpital psychiatrique et centre de réforme, les intervenants et infirmiers tentent de réhabiliter un groupe de 7 jeunes particulièrement difficiles et assez violents pour certains. 26 ans plus tard, certains de ces anciens patients sont retrouvés morts: suicide, accident... Les autres membres du groupe n'en sont pas certains.

Ce qui semble commencer comme un roman policier, voire un thriller, devient vite un roman psychologique. Un secret semble lié certains des membres du groupe. Et on réalise rapidement qu'il s'agit d'un événement ayant eu lieu alors qu'ils se trouvaient dans ce centre.

Le roman de Sue Walker est très bien mené. Nous alternons les points de vue et les époques, et il y a de nombreux flash backs entrecoupés de rapports des intervenants, mais l'histoire reste facile à suivre. L'écriture est efficace et nous sommes rapidement intrigués. On comprend assez vite en quoi peut consister ce secret mais sans toutefois le connaître complètement ce qui nous permet de poursuivre la lecture agréablement. Le livre est difficile cependant et le fameux secret est effrayant. Même si je me doutais en gros de ce qu'ils avaient fait, je n'avais pas été aussi loin dans l'horreur dans mes suppositions. Et j'imagine difficilement comment ils ont pu vivre avec cet événement sur leur conscience. Ce fut difficile à lire. L'auteur qui est une journaliste se spécialisant dans les enquêtes criminelles connaît bien le sujet.

Alors, j'ai bien aimé ce roman. Il m'a tenu en haleine jusqu'à la fin. J'ai aimé le développement des personnages et le déroulement de l'intrigue.

Mais...

Jamais je n'aurais lu ce livre si ce n'était qu'il était dans mon chariot de romans à élaguer !!! Je trouve la couverture atroce et affreusement kétaine. Le titre est tout simplement stupide et cliché. Quelle horrible "traduction" ! Un peu loin du "The Reunion" original, qui en disait beaucoup plus sur le roman que "Silence de sang". Au visuel, on a l'impression d'avoir un livre assez insignifiant... Mais comme je devais l'évaluer, j'ai lu le quatrième de couverture. Il m'a suffisamment intriguée pour que je décide de donner un sursis au roman et que le ramène chez moi. J'avais envie de le lire. Rapidement cependant, j'ai compris que nous n'aurions pas droit à une enquête typique d'un roman policier. Et les morts étranges sont rapidement décrites et expliquées. Et le personnage dont on parle sur le quatrième de couverture "Innes" n'a pas un très grand rôle dans le roman. Le quatrième de couverture ne rend vraiment pas bien l'aspect thriller psychologique et c'est très dommage.

Non, vraiment... je comprends le peu de prêts du roman. Deux emprunts le premier mois, puis plus rien. Et c'est triste car sans être un coup de coeur, j'ai vraiment beaucoup aimé le roman de Sue Walker ! Il mérite plus que deux prêts ! Malheureusement, j'ai dû être sévère, et je l'ai élagué. J'avoue que j'ai été heureuse de voir qu'il a tout de même été acheté rapidement dans la vente de livres. J'espère qu'il a trouvé un lecteur qui l'appréciera !

L'avis de: Martell, Gemma et Kimbofo.

Extrait

"Cet été. L'été 1977. Tout le monde se souvenait d'un été en particulier, non? C'est drôle: son été à elle, c'était celui qu'elle avait passé dans un hôpital psychiatrique. Ce fut un été mémorable. Mais un été à oublier. De quoi se souvenait-elle ? De la chaleur. De la pluie. De la végétation luxuriante. Indécemment luxuriante. Démesurément luxuriante." p. 136.

1 octobre 2012

Un mois de douces peurs

Et voici revenu le mois des douces peurs et des frissons coquins. Le mois où on joue à se faire peur.2012-10-01

Il faut aller au marché acheter les citrouilles. Descendre au sous-sol pour sortir les décorations. Où donc ai-je ranger mon chat momifié, les corneilles noires, le balai de sorcières ? Vite, il faut installer les fantômes, les démons, les momies. Et commencer à acheter les bonbons et préparer les petits sacs ! Tant d'enfants vont passer le 31 ocotobre.

Oh... mais c'est que je ne suis pas chez moi, là ! Je suis par quatre chemins en voyage... Je triche comme d'habitude et j'écris en avance quelques textes !

Et bien, je serai en retard de quelques jours. Mais que les voisins se le tiennent pour dit... des décorations d'Halloween il y en aura ! Et sûrement plus que l'année dernière !

Car la saison des citrouilles commence aujourd'hui !

 

31 octobre 2012

Vampires, fantômes et démons... oh my !

"There's a crack in the mirror
and a bloodstain on the bed -
There's a crack in the mirror
and a bloodstain on the bed -
O you were a vampire and baby
I'm the walking dead
O you were a vampire and baby
I'm the walking dead"

[Bloodletting par Concrete Blonde]

2012-10-31

Et en cette journée où il est permis

de se déguiser, de frissonner et de se faire peur,

je vous souhaite...

Joyeuse Halloween !!!

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27 janvier 2013

Moment captif du dimanche : cacher ce livre

DSC_5345 copy"Le livre n'est pas. La lecture le crée, à travers des mots créés, comme le monde est lecture recommencée du monde par l'homme" [Edmond Jabès]

"Mini-Brum ! Je ne peux pas lire, si je n'ai pas de livre !!! Je sais bien qu'il est tout douillet ce livre, mais on va commencer à croire que je ne lis plus, si tu ne me laisse pas finir ma lecture." " Allez, sois gentil et redonne-moi mon livre"

Mais comment voulez-vous que j'aie le courage de troubler son sommeil ! Il rêve sûrement à tous ces mots qui refont le monde dans les pages qu'il garde précieusement.

Mais tout de même... il m'empêche de finir ma lecture. Et avec tout ces retards, on va penser que je ne lis pas... alors que je n'ai jamais autant lu ! Je lis sans arrêt... pendant mes trajets d'autobus, pendant mon heure de lunch... le soir, la nuit, la fin de semaine...

Je suis envahie de livres. Mes livres de toujours, les livres que j'achète sans arrêt, les livres que j'emprunte... Je lis tellement que je n'ai plus le temps pour rien d'autres. C'est boulot, souper et lecture. Je vous jure. Je n'ai même pas le temps d'écrire.

"Mais enfin, Mini-Brum, ça suffit comme ça ! Redonne-moi mon livre immédiatement... et n'essaie pas de m'amadouer avec tes ronronnements... ça ne marche plus avec moi... bon, bon... encore quelques minutes, mais après tu me rends mon livre !"

"Les chats ont de la veine : l'obscurité ne les empêche pas de lire" [Louis Scutenaire]

 

9 septembre 2012

Moment captif du dimanche : coquillages à vendre

DSC_5992 copy"Le temps, ce coquillage au bruit de mer latent" [Suzanne Charoux-Mamet]

Sur la plage, on croise des coquillages. Sur la route des villages de mer, on croise des boutiques qui vendent des coquillages.

Il y a des bateaux sur l'eau. Des petits, des grands, des neufs et des vieux. Et chez les antiquaires sur la route des villages de mer, il y a des morceaux de bateaux.

Dans l'océan, on aperçoit des poissons de toutes les couleurs. Sur la table des restaurants de la route des villages de mer, on retrouve ces poissons à toutes les sauces.

Dans les livres d'histoires, on décrit la vie des marins et les rêves des pêcheurs. Devant les maisons sur la route des villages de mer, on distingue les vieux marins, et les pêcheurs retraités qui rêvent encore de la mer.

Les contes de notre enfance, nous racontent des histoires merveilleuses de pirates à la recherche de trésors et de sirènes ensorcellant les marins. Sur la route des villages de mer, on retrouve des sirènes nous tendant la main et des trésors à tous les coins de rue.

"Si tu ramasses un coquillage et que tu le portes à ton oreille, tu entendras la mer. Si tu le portes à ta poitrine, il entendra ton coeur" [Philippe Geluck]

8 janvier 2014

Le dîner de Herman Koch

DSC_5339Le dîner / Herman Koch ; traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin. -- Paris : Belfond, 2011. -- 329 p. ; 23 cm. -- ISBN 978-2-7144-4664-0

Quatrième de couverture

Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam.

Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.

Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition.

Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?

L'auteur

Herman Koch est né en 1953 à Amhem aux Pays-Bas. Il est un scénariste très connu aux Pays-Bas. Il a écrit pour la télévision, la radio et pour la presse écrite. Il est également connu comme acteur,DSC_5339 copy notamment pour la série télévisée Jiskefet (1990-2005) qui est une suite du programme radiophonique humoristique Borat auquel il a également participé.

Son roman Le Dîner paraît en 2009 aux Pays-Bas. Il est traduit en plusieurs langues et connaît un succès international. Il est adapté au théâtre et une adaptation cinmatographique devrait être produite prochainement.

Herman Koch a également publié sous le pseudonyme de Menno Voorhot. Marié avec une espagnole, il vit principalement à Barcelone avec sa famille.

Bibliographie partielle

  • De voorbijganger (1985)
  • Red ons, Maria Montanelli (1989)
  • Wings of Fame (scénario) (1990)
  • Eindelijk oorlog (1996)
  • Geen agenda (1998) 
  • Het evangelie volgens Jodocus (1999) 
  • Eten met Emma (2000) 
  • Schrijven & drinken (2001) 
  • Dingetje , columns (2001) 
  • Alle verhalen , verhalen (2003)
  • Odessa Star (2003) 
  • Denken aan Bruce Kennedy (2005) 
  • Het diner (Le Dîner) (2009)
  • De ideale schoonzoon , columns (2010)
  • Zomerhuis met zwembad (2011) 

Résumé

Deux couples se réunissent pour un repas au restaurant. Deux frères et leurs épouses. Ils doivent discuter de leurs fils. Le récit nous présente les personnages, leurs émotions, leurs vécus et surtout leurs réactions face aux actes de leurs fils. Faux huis clos dans un restaurant.

Commentaires personnels (attention, même les émotions peuvent être annonciatrices de spoilers !)

Le roman met en scène un repas au restaurant. Deux frères, accompagnés de leurs épouses, se donnent rendez-vous dans un grand restaurant de la ville pour discuter d'une situation délicate concernant leurs fils. Petit à petit, nous découvrons les événements qui ont réunis les parents. 

L'auteur commence son texte de façon légère. Nous pourrions penser, à la limite, lire une comédie de moeurs. Puis, au fur et à mesure que les plats sont servis, les conversations légères deviennent de plus en plus tendues. Les masques tombent petit à petit et la véritable raison de leur rencontre se dessine tranquillement. Ils doivent prendre une décision difficile : comment réagir face à l'acte horrible commis par leurs fils.

Que dire de ce roman ? Le roman fut énormément lu et critiqué sur la blogosphère, par exemple sur Babelio. Il me semble que tout a été dit. Est-ce que j'ai aimé le roman ? Énormément. Est-ce que c'est un chef d'oeuvre ? Pas nécessairement. Je pourrais passer plusieurs paragraphes à énumérer les points que je considère forts et ceux que je crois faibles. La force des personnages mais le peu d'empathie que j'ai ressenti envers les principaux personnages ; la lenteur à dévoiler ce qu'on a déjà deviné mais le poids de cette révélation ; le texte simpliste mais percutant... enfin, vous voyez.

En fait, je peux surtout vous dire l'émotion que j'ai ressentie tout au long de ma lecture. J'étais tout d'abord intriguée. Puis les relations entre les 4 personnages principaux m'ont troublée. Et puis, j'ai commencé à me douter que ce que les deux jeunes garçons avaient fait était horrible. Puis j'ai su que c'était inexplicable. Et j'étais bouleversée. Plus je lisais et plus je devinais et savais, plus j'étais mal à l'aise. L'acte était répugnant, mais pendant quelques instant je me suis demandé pourquoi cela me troublait autant. Et puis...

Soudainement, je me suis dis: "ça ressemble à ce qui s'est passé, il y a quelques années à Barcelone". Une histoire horrible qui avait eu lieu en 2005 et qu'on nous avait présenté à l'infini à la télé. On en avait parlé sans arrêt. On avait analysé l'horreur sur toutes ses coutures. Jusqu'à ce qu'on ne soit plus capable d'en entendre parler. J'ai tout de suite fait quelques recherches et j'ai découvert qu'en effet, c'est cette histoire qui a inspiré l'auteur, qui, marié à une espagnole, vit à Barcelone. Je dois donc avouer que le texte m'a beaucoup touchée... La nouvelle m'avait bouleversée à l'époque et le roman de Koch m'a renversée. Et, je l'avoue, révoltée.

Et l'auteur rend bien l'horreur que j'avais ressentie à ce moment. Il offre parfois une analyse simpliste du pourquoi, mais c'est aussi ce qu'on en avait dit à l'époque. Et c'est une réponse normale. Et cet acte, la passivité des jeunes, leur manque d'émotion, leur cruauté, l'utilisation des médias sociaux, le nombrilisme, le besoin d'être vu, etc. ; tout ça m'avait dégoutée à l'époque et m'a encore dévastée lors de ma lecture. Mais ce qui me révolte le plus et que je ne suis pas capable d'accepter c'est la réaction de certains des parents (personnages du livre, pas les vrais) et la décision qu'ils prennent face aux gestes de leur enfant. Tout mon être se révolte contre ce qu'ils proposent. Je n'ai pas d'enfants, je sais, mais je ne comprends pas et je ne peux être d'accord. J'ai donc refermé le livre en colère et plusieurs mois plus tard je suis encore enragée quand j'y pense.

C'est une lecture percutante, pas sans défaut, mais qui restera longtemps dans mes souvenirs.

Extraits

"Chaque fois que j'ai assisté à une telle scène, je l'ai trouvée incroyable, incroyable et stupéfiante : voir mon frère, ce rustre maladroit, ce plouc borné qui doit manger "pas plus tard que maintenant" et ingurgite son tournedos sans joie en trois bouchées, cet abruti si prompt à s'ennuyer, dont les yeux s'égarent dès que le sujet ne le concerne pas directement ; voir ce frère qui est le mien commencer littéralement à rayonner sur une estrade et sous la lumière des projecteurs et des éclairages dans un studio de tél´vision - le voir en un mot devenir un homme politique charismatique." p. 118

"Je ne vais pas raconter ce qu'avait Claire, car c'est une affaire privée, je trouve. La maladie que l'on a ne concerne personne ; en tout cas c'est à Claire de décider si elle veut en parler, pas à moi, Je dirai simplement que sa vie n'était pas en jeu, il n'en a du moins pas été question dans un premier temps." p. 224

Sources à consulter

26 août 2012

Moment captif d'un dimanche : frissons

"You scream, I scream, we all scream for ice cream". [Chanson par “Waring’s Pennsylvanians.”]012 Coaticook copy

Vous savez, si vous m'offrez une glace à la vanille, je serai gentille, mais si vous m'offrez une glace au chocolat, je ne le serai pas du tout. Il faut dire que je suis allergique au chocolat. Bon, pas allergique comme tel, mais ça me donne des migraines horribles. Alors, ne m'offrez pas de crème glacée au chocolat.

Pour la glace pralinée, ça va. Je ne garantie pas d'être sage, mais j'essaierai d'être raisonnable. Mais oubliez la glace à l'ananas, pfff, qui veut d'une glace à l'ananas ? À la cerise à la limite, mais ananas, non merci. Je serai très très déçue, je dois l'avouez. Et vous ne pourrez pas venir chez moi...

Je divague, je l'avoue. Il fait chaud et je veux de la crème glacée. Et n'y en a jamais chez moi. Pour cause de mon incapacité à ne pas en manger. S'il y a de la crème glacée dans le congélateur, elle n'y reste jamais très lontemps. La seule solution est de ne pas ouvrir le pot. Car une fois ouvert, c'est terminé... byebye la glace. Mais ne pas ouvrir le pot, signifie que je ne peux que penser à cette crème glacée qui m'appelle de son univers froid. Donc, pas de glace chez moi.

Mais je fais quoi moi là... snif snif... dites vous m'offrez une glace ?

"My love for ice cream emerged at an early age–and has never left!" [Ginger Rogers]

8 janvier 2012

Le moment captif d'un dimanche : hivernal

DSC_5143_copy"L'hiver, c'est la saison du recueillement de la terre, son temps de méditation, de préparation" [Lionel Boisseau]

Prendre le temps de sentir le froid sur ses joues.

Lever le nez vers le ciel et se laisser envahir par le soleil qui commence déjà à descendre derrière les maisons.

Marcher tranquillement en écoutant les bottes produire ce crissement unique sur la neige trop froide.

Se rendre compte que la neige est trop lourde pour les petites branches des buissons qui entourent la maison et se demander s'il faudrait les aider à se relever.

Chercher le gros foulard blanc que l'on sait avoir mais que l'on ne trouve pas car on annonce -20ºC et qu'on ne veut pas avoir froid.

Observer le soleil glacial faire tout de même fondre la neige sur les toits et produire des glaçons étincellants.

S'asseoir devant la cheminée et contempler les flammes virevoltées vivement et se dire qu'il faudrait bien aller cherche une autre bûche dehors.

Voir le vent soulever des nuages de neige et espérer que la route ne sera pas trop difficile.

Sortir ses grosses bottes pour aller pelleter la neige qui envahit l'entrée de la maison.

Regarder les traces d'écureuils dans la cour et se dire qu'il ne faut oublier d'acheter des arachides et de remplir les mangeoires d'oiseaux.

... rêver que l'hiver s'enneige et s'enfroidisse enfin ; rêver de l'hiver en ce mois de janvier ; rêver que l'hiver arrive enfin et reste en place plus que quelques jours...

Car si l'hiver ne vient pas, comment pourra-t-on en profiter doucement et joyeusement et ensuite lui dire au revoir pour accueillir le printemps ?

"Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver?" [Henry David Thoreau]

21 novembre 2011

Et ce salon du livre ?

Quelle journée ! J'étais vraiment exténuée ! Ça ne paraît pas grand chose comme ça, mais deux conférences de plusieurs heures et une ballade parmi tous ces éditeurs, ces livres et ces auteurs, ça use les souliers... et les pieds et le dos.

DSC_2840Vous savez, je ne suis pas certaine cependant que la partie "promenade parmi les kiosques" en vaille vraiment la peine. Je préfère encore aller dans les libraries - indépendantes, si possible - pour faire mes acquisitions. On a une salle juste pour les nouveautés et juste pour les professionnels, on peut s'assoir et feuilleter tranquillement les livres et prendre des notes. C'est beaucoup plus pratique. Après quelques heures à tournoyer dans les rangées, à regarder les livres, etc., j'étais complètement vidée. Et, d'un point de vue personnel, je préfère aussi acheter mes livres dans une librarie.

Pour ce qui est des auteurs qui étaient là... même si Patrick Sénécal était en signature, je ne me suis pas sentie le courage de faire la ligne... Et je me suis rappelée que je ne suis pas particulièrement "fan" en général. Même quand j'adore un auteur, je ne me sens pas le besoin de le rencontrer ou d'avoir sa signature dans mon livre. Mais je comprends pourquoi d'autres le font. C'était quand même spécial de le voir en personne ou de voir d'autres auteurs dont je connais le nom.

En ce qui concerne les conférences, alors là, cela en valait grandement la peine !!! Les deux conférences auxquelles j'ai assistées étaient vraiment très très intéressantes. Elles étaient orientées "lectures jeunesses", et même si ce n'est pas mon "département" (nous avons une bibliothécaire-jeunesse et une bibliothécaire-ado), les discussions ont vraiment été passionnantes.

Mais c'est surtout l'activité du matin qui m'a le plus marquée. C'était sous forme de table ronde que c'est déroulé la conférence, avec un éditeur, une bibliothécaire, et des auteurs, dont Louis Émond, et donc tous dans le milieu de la littérature jeunesse. Le sujet était la lecture chez les garçons et le lien avec la réussite scolaire. Les propos qui ont été tenus autant du côté des participants que de l'assistance étaient vraiment pertinents et intéressants.

Est-ce que les garçons lisent moins ? Est-ce pour cela qu'ils ont de moins bons résultats à l'école? Beaucoup de questions furent étudiées... pas de solutions mais beaucoup d'éclaircissements et plusieurs pistes de réponses. On nous dit beaucoup dans les médias que les garçons ne lisent pas et qu'ils ont de moins bonnes notes. Et on insiste tellement que l'on croit que c'est un fait nouveau. Mais c'est faux. Depuis toujours il y a eu des résultats différents entre filles et garçons. Mais depuis les dernières décennies les filles poursuivent leurs études plus longtemps et donc on note la différence. Mais est-ce une si grande différence ?

Selon les chiffres qui furent donnés pendant la conférence, les écarts se trouvent surtout entre les garçons de milieux favorisés et ceux de milieux défavorisés. Donc, c'est plus une question socioéconomique. Et puis... les garçons lisent... juste différemment.

Louis Émond a donné cette anecdote très "parlante". Alors qu'il visitait une classe, il demande "qui n'aime pas lire? qui ne lit jamais?" Plusieurs mains se lèvent... la plupart des garçons, quelques filles. Puis il demande s'ils lisent des BDs. Quelques mains descendent... s'ils lisent des "documentaires", des livres sur les autos, les volcans, etc... á la fin, il n'y avait plus une seule main de levée. Donc le problème est plutôt ce qu'on appelle lire... Lire n'est pas synonyme de littérature. Les gens ont une idée de ce que devrait être la lecture... une lecture importante... Et pourtant  l'important dans la lecture est de choisir les livres qui nous rejoignent, qui nous parlent, qui nous font envie...

Alors, les garçons lisent, des romans, des bds, des documentaires... Enfin... la discussion fut extrèmement intéressante et remplie d'optimiste. Et j'étais fière de voir qu'à notre bibliothèque on rejoignait vraiment les jeunes lecteurs... de 1 ans à 18 ans... Et les adultes aussi... l'important est de lire, de s'intéresser aux livres (physiques ou virtuels) et à l'information.

Et j'ai quitté la salle avec des images de mon père qui lit ses petits livres que j'appelle affectueusement "tes romans harlequin-westerns"... des petits livres en espagnol, se passant dans le "far-west" remplis d'intrigues répétitives de cowboys et d'amérindiens... pas de la grande littérature, on s'entend là-dessus ! Mais il en lit une dizaine et plus par semaine... depuis toujours... C'est un grand lecteur mon père !

3 août 2012

Une journée avec monsieur Jules de Broeckhoven

 jules1Une journée avec Monsieur Jules : roman / Diane Broeckhoven ; traduit du néerlandais par Marie Hooghe. -- [Paris] : NiL éditions, 2011. -- 108 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-84111-458-0

Quatrième de couverture

Depuis des années, Alice et Jules ont leur petit rituel : chaque matin, tandis qu'elle paresse au lit, c'est lui qui prépare le café avant de dresser, au salon, la table du petit déjeuner. Puis, à dix heures pile, le fils de la voisine, David, a l'habitude de partager une partie d'échecs avec celui qu'il appelle "Monsieur Jules". Mais ce jour-là, lorsque Alice rejoint son époux au salon, elle le retrouve tranquillement assis sur le canapé, toujours vêtu de son pyjama, l'air serein mais le regard étonné. Mort.

Dehors, il neige à gros flocons et David s'apprête à sonner à leur porte...

Avec une infinie délicatesse, Diane Broeckhoven compose une petite musique, discrète et feutrée, pour décrire les gestes et motifs quotidiens d'un couple de vieux amants. Sous prétexte de mort, son texte nous parle surtout de la vie.

L'auteurjules2

Diane Broeckhoven est née à Anvers en Belgique en 1946. Elle travaillera comme journaliste pendant de nombreuses années. Tout d'abord à Anvers, à partir de 1967, pour le journal De standaard. Elle s'installe à Haarlem dans les Pays-Bas en 1970. Elle y demeurera jusqu'en 2000. Elle retourne ensuite à Anvers. Pendant son séjour aux Pays-Bas, elle continue à collaborer à de nombreux journaux. Elle y commence aussi à écrire. Elle écrit De buitenkant van Meneer Jules (Une journée avec Monsieur Jules) en 2001.

Diane Browckhoven a écrit près d'une trentaine de romans dont plusieurs ont reçu des prix et furent traduits en diverses langues. La grande majorité de son oeuvre est consacrée à la littérature jeunesse.

Bibliographie

Voir le site Wikipedia

Résumé et Commentaires personnels

Alice et Jules sont mariés depuis de nombreuses années. Ils sont un vieux couple plein d’habitudes, de rituels, d’amour et de secrets. Un matin, Alice se réveille et sent l’arôme du café que prépare Jules comme à tous les matins. Une journée comme les autres. Mais lorsqu’elle le rejoint, Jules est assis sur le sofa et ne lui répond pas. Il est mort, sans bruit, après avoir fait le café du matin. Incapable de s’en séparer tout de suite, elle décide de ne pas appeler les autorités, ne pas appeler l'ambulance, ne pas avertir leur fils. Elle décide de passer encore quelques moments avec lui… pour lui confier tout ce qu’elle ne lui a jamais dit.

Mais la vie continue, la journée suit son cours. Les heures passent. Le petit voisin va venir pour sa partie d'échecs habituelle. Que va-t-elle faire ? Elle ne peut se résoudre à entamer les procédures qui amèneront loin d'elle son époux. Elle a simplement besoin de quelques heures pour lui dire adieux. Elle fera donc du garçon autiste, son complice pour quelques heures.

Voici un roman tout en douceur. Nous accompagnons Alice dans cette dernière journée avec son époux. Elle veut le toucher, lui parler, lui raconter ses secrets avant de devoir le quitter. Nous assistons donc, tels des voyeurs,  à la dernière journée entre Jules et son épouse. Nous écoutons les mots d'Alice. Nous sommes témoins de sa tristesse, son désarroi, sa peur de se retrouver seule. C'est une douce et délicate histoire d’amour ! C'est certain. Mais c'est aussi une histoire de souvenirs parfois tristes et difficiles. Et nous avons aussi droit à la confession d'Alice qui peut maintenant tout dire à Jules. Les choses qu'elle lui avait cachées, les choses qu'elle savait sur lui sans lui admettre... Elle dévoile les secrets de son époux, les choses qu'il pensait lui avoir cachées. Ils avaient tous les deux leurs secrets, leurs silences. Et parfois nous pouvons sentir dans les confessions d'Alice, une petite amertume, des regrets et des reproches. La vie d'un couple n'est pas que faite de beaux moments. Il y a des moments douloureux. Et ils font partis du tout qui construit une vie de couple. Et l'auteur réussit en très peu de pages à nous transmettre toutes les facettes de ce couple vieillissant.

Car le texte de Broeckhoven est court. Trop court ? Non, car il dit tant de choses. Nous avons l'impression de violer l'intimité du couple. On écornifle. On écoute aux portes. Et on ne pourrait décemment être trop longtemps indiscret. Ce ne serait pas décent, non?

Deux autres personnages viendront bousculer un peu la journée d'Alice. En particulier le petit voisin autiste, David, qui vient tous les jours pour sa partie d'échec avec Jules. Je dois avouer ici, que même si la dynamique entre Alice et David lors de cette journée est bien intéressante, j'aurais préféré ne voir et n'entendre qu'Alice et Jules.

Un tout petit livre bien émouvant.

L'avis de Athalie, Anne, Aifelle1, Celeste, Lali, Moka,

Extraits

"Il n'avait pas souffert. Alice le savait, ça la rassurait. Elle se demanda si elle devait lui fermer les yeux. Au cinéma, elle avait vu comment, d'un mouvement subtil du pouce, des proches parents abaissaient les paupières du défunt. ELle se leva, se plaça à la droite de Jules et pusa la main sur son visage. Elle tremblait. L'été précédent, elle avait trouvé près de l'entrée de l'immeuble un moineau tombé du nid. Elle l'avait emporté dans l'appartement et tenu dans sa main, le seul endroit imaginable pour le laisser mourir. Aprèes un dernier frémissement, il était mort, encore enrobé de chaud duvet. Le frçolement des paupières de Jule et la caresse presque imperceptible de ses cils contre sa paume réveillèrent soudain le souvenir de l'oisillon. Non, elle ne pouvait pas faire ça ou l'étonnement disparaîtrait du visage de Jules." p. 19

" "La neige reste dehors, la chaleur est à l'intérieur", dit-il. Ça ressenblait à un poème." p. 107

Sources à consulter

 

24 août 2012

Jade, l'enfant de la mer de Stéphane Bourget

jade11Jade, l'enfant de la mer / Stéphane Bourget. -- [Varennes] : Éditions ADA, [c2001]. -- 248 p. ; 21 cm. -- ISBN 978-2-89667-388-9

Quatrième de couverture

La petite Jade a 5 ans. Durant des vacances au bord de la mer, Lucille, la plus sage et la plus âgée des baleines qui sillonnent les mers, lui annonce qu'un jour, elle deviendra une sirène. Lorsque Jade fait part de cette discussion à sa Mamie Dutour, qui est émerveillée par l'imagination de sa petite-fille, celle-ci est loin de se douter de l'importance que prendra cette chimère dans un avenir rapproché. Quelques année plus tard, un 25 décembre au matin, l'enfant est la seule survivante d'un terrible accident de voiture qui la plonge dans un coma traumatique. C'est alors que sa grand-mère devra affronter plusieurs épreuves pour la survie de sa petite sirène, qui est dorénavant tout ce qui lui reste au monde.

L'auteur

Stéphane Bourget est né à Montréal en 1960. Il abandonne les études très jeune et rejoint rapidement le monde du travail.  Il retourne cependant sur les bancs d'école dans sa quarantaine pour terminer son secondaire et faire des études en informatique. Il est cependant avant tout un écrivain et livre plusieurs romans, notamment en littérature jeunesse.

Bibliographie

  • Max la Loupe enquête - Père Noël a disparu (2009)
  • Le Témoin du passé (2008)
  • Jugement au sommet (2008)
  • L'ange déchu - Tome 1 Perception (2009)
  • Max la Loupe enquête - Tome 1 Le manoir hanté (2009)
  • Max la Loupe enquête - Tome 2 Le monstre du lac Kawatapy (2009)
  • Simon (avec Maxime Bourget) (2010)
  • Max la Loupe enquête - Tome 3 Le loup-garou de Sainte-Geneviève (2010)
  • Max la Loupe enquête - Tome 4 Le mystère de l'Arboretum Morgan (2011)
  • Jade, l'enfant de la mer (2011)

Blog de l'auteur.

Résumé et Commentaires personnels

Une petite fille, Jade, et sa grand-mère se promènent sur la plage. Jade lui confie alors, qu'une des baleines qu'elles peuvent voir au loin, vient de lui apprendre qu'un jour elle se transformera en sirène. Sa grand-mère est attendri par l'imagination de sa petite-fille et lui donne alors le surnom de "petite sirène". Quelques années passent et un drame survient un 25 décembre. Jade et sa famille venaient de célébrer Noël avec sa grand-mère, lorsque sur le chemin du retour, un horrible accident de voiture tue son père et sa mère. Jade est l'unique survivante mais est dans un profond coma. Sa grand-mère qui vient de perdre sa fille et son gendre doit maintenant s'occuper de sa "petite sirène".

Toute la vie de la grand-mère se dirigera alors vers sa petite-fille. Elle consacrera tout son temps à la guérison, au réveil de Jade. Elle tentera par tous les moyens de rester le plus possible avec la petite fille, lui parlant, lui racontant la vie qui passe, célébrant son anniversaire, tentant d'être positive, souriante. Mais le temps va passer et Jade reste absente. Se réveillera-t-elle un jour ? Et alors que sa grand-mère doit petit à petit reprendre sa vie, elle devra affronter de nouvelles épreuves.

Je dois dire que comme Allie, c'est la couverture qui a attiré mon regard. La couverture et le titre. Je l'ai déjà dit, une couverture et un titre peuvent me faire reposer un livre ou le garder. Et puis le quatrième de couverture. Il m'a tout de suite accroché. Mais il m'a aussi un peu trompé. Et je m'attendais à un peu plus de fantaisie ou fantastique dans le texte. À tout le moins à un aspect plus "conte". Et ce n'est pas ça. Je m'attendais aussi à ce que la baleine soit... hum... comment dire... plus présente. L'imagination a une place importante et la baleine aussi, éventuellement, mais pas assez selon moi.

Le texte de Stéphane Bourget est centrée sur "les relations" entre Jade et sa grand-mère. La relation qu'elles avaient avant l'accident, la relation presqu'à sens unique (mais pas tout à fait) que maintient à tout prix la grand-mère pendant le coma de sa petite-fille et finalement la relation après...

C'est un texte triste mais tout de même ensoleillé. Un roman sur le deuil, la mort et la maladie, le courage, l'espoir,  l'acceptation et l'imagination. Comme Allie, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'humanité, d'émotions et de sentiments dans les mots de Bourget. Mais peut-être un peu trop de "bons sentiments". Il m'a semblé à un moment être enveloppé par trop de belles actions, beaux sentiments, bonnes personnes... un peu trop... sirupeux. Même si cela m'a achalée par moment, j'ai tout de même beaucoup aimé le texte.

Les personnages principaux, Jade et la grand-mère, sont très bien menés. On a l'impression de les connaître petit à petit, et on s'attache vraiment à eux. J'ai cependant eu de la difficulté avec les personnages secondaires qui m'ont paru caricaturaux. Autant dans leurs actions que dans leurs dialogues.

Jade, l'enfant de la mer est un beau petit roman qui se lit rapidement mais qui réussit, malgré quelques petites maladresses, à nous toucher doucement et à nous faire questionner sur la mort, la vie, et l'imagination.

L'avis d'Allie.

Extrait

"5h12. Moins de deux heures après s'être endormie, Christine se réveilla en sursaut. Ses yeux étaient ouverts, mais son esprit ne l'était pas tout à fait. Elle jeta un regard furtif en direction de son réveil. Elle porta ensuite une attention particulière aux bruits environnants et ne remarqua rien de particulier. Pendant qu'elle reprenait ses sens, elle se demandait bien ce qui pouvait être responsable de ce brusque réveil. Elle ne dut pas attendre longtemps pour connaître la réponse. Le tintement strident de la sonnette de la porte d'entrée du rez-de-chaussée se fit entendre. Son coeur sortit presque de sa poitrine." p. 24

Sources à consulter

20 novembre 2011

Le moment captif d'un dimanche : feuilleter les arbres

2011_11_06"L'automne raconte à la terre les feuilles qu'elle a prêtées à l'été" [Georg Christoph Lichtenberg]

  • Les couleurs furent partout.
  • Trop peu de temps.
  • Le vent les a chassées.
  • Impitoyablement.
  • La dame en rit
  • Elle sait qu’elles reviendront
  • Mais pour le moment elles sont parties
  • Et elle attend ce qui vient maintenant
  •  
  • L’automne passe tranquillement
  • De couleurs et d’odeurs
  • Il ne vit qu’un moment
  • Et il meurt
  •  Mais la dame surveille
  • Les feuilles qui s’accumulent partout
  • Elle est la reine
  • De l’automne jaloux
  • Et il envie l’hiver
  • Qui pointe son nez
  • Le froid est arrivé hier
  • Et il veut le chasser
  • L’automne est trop court
  • Il supplie la dame de lui laisser
  • Encore un jour
  • Ou deux…

"L'automne est une demeure d'or et de pluie" [Jacques Chessex]

9 février 2012

Le petit jardin des Fées d'Anne Duguël

fesjpg copyLe petit jardin des Fées / Anne Duguël. -- [Verneuil-sur-Seine] : Éditions [Mic_Mac], 2010. -- 20 cm. ;176 p. -- ISBN 978-2917460177

Quatrième de couverture

"Attention! Si vous n'avez pas le coeur bien accroché, n'ouvrez pas ce livre ! L'indicible vous y attend !"

Résumé

Trois petites filles se retrouvent pendant les vacances d'été à Pastourou, petit village du Tarn, et s'amusent dans un petit jardin clos qu'elles appelent le "Petit jardin des Fées". Le jardin appartient à la grand-mère de deux des petites filles, Vanille, 9 ans et Fleur, 7 ans. Mais cette année, un horrible drame arrive et elles ne viendront plus jouer dans le petit jardin.

Plusieurs personnages nous racontent leur version de ce drame selon leur perspective, leur vision des faits. Petit à petit, le passé rejoint le présent et les indices dessinent lentement l'histoire terrible du petit jardin.

L'auteur

Anne Liger-Belair est née en 1945 à Ixelle en Bruxelles. Elle fait des études en Arts-déco en Belgique. Elle sera journaliste principalement au Moyen-Orient. Elle s'installe en France au début des années 70 et collabore à plusieurs magazines tels Hara-Kiri, fesjpg2Pomme d;api, Charlie Hebdo, Pif, etc. Elle animera également a la radio, une émission sur la bande dessinée.

Elle publie son premier album pour enfants en 1987 intitulé Prince charmant poil aux dents.

Elle est surtout connue pour ses ouvrages écrits sous le pseudonymes de Gudule et destinés aux enfants. Elle signe la plupart de ses romans et nouvelles pour adultes de Anne Duguël et Anne Carali. La plupart de ses romans fantastiques sont réunis sous les titres "Le Club des petites filles mortes" et " Les filles mortes se ramassent au scalpel".

Le blog de l'auteur.

Bibliographie partielle

  • Et Rose elle a vécu (1990)
  • Agence Torgnole, frappez fort (1991)
  • Amazonie sur Seine (1991)
  • Le Corridor (1991)
  • Mémé est amoureuse (1992)
  • Asylum (1994)
  • Gargouille (1995)
  • Lavinia (1995)
  • La Baby-Sitter (1995)
  • La Petit Fille aux araignées (1995)
  • Petite chanson dans le pénombre (1996)
  • Ne vous disputez jamais avec un spectre (1997)
  • Au Gringo's bar (1998)
  • Entre chien et louve (1998)
  • Mon âme est une porcherie (1998)
  • Dans la bulle de l'ange (1998)
  • Petit théâtre de brouillard (1999)
  • Un jour, je serai assassinée sous ma douche! (1999)
  • L'amour en chaussettes (1999)
  • J'ai 14 ans et je suis détestable (2000)
  • Barbés Blues (2001)
  • Regardez-moi! (2001)
  • La Mort aux yeux de porcelaine (2001)
  • La Bibliothécaire (2001)
  • Géronima Hopkins attend le Père Noël (2002)
  • Kaïra (2002)
  • Nous ne retrouvons pas les chiens (2004)
  • La Ménopause des fées 1 : Le Crépuscule des dieux (2005)
  • La Ménopause des fées 2 : Le retour (2006)
  • La Ménopause des fées 3 : La Nuit des porcs vivants (2007)
  • La poupée aux yeux vivants (2008)
  • Gare à la poupée Zarbie (2008)
  • Du moment que ce n'est pas sexuel (2008)
  • Le Petit jardin des Fées (2010)

Commentaires personnels

En lisant le titre, on pourrait penser à un conte. Mais déjà la couverture, si on la regarde bien, nous fait songer qu'un ogre y est présent. Mais les ogres ne font-ils pas partie des contes ? Certainement. Et aussi bref soit-il, le quatrième de couverture nous permet déjà d'anticiper les pires cauchemars. 

Trois petites filles passent l'été à s'amuser dans un petit village français. Elles ont choisi comme terrain de jeux, un petit jardin emmuré qui appartient à la grand-mère de deux des fillettes. Un jour, elles décident qu'elles vont attraper les fées qui se cachent sûrement dans le jardin. Pour les attraper, elles doivent les attirer. Elles vont donc passer leur temps à se déguiser, écouter de la musique et surtout à danser. Le conte commence dans l'insouciance des enfants. Il se terminera dans le drame. Mais ça on le sait dès les premières pages, car on nous annonce qu'un drame est arrivé à une des fillettes.

Le texte est composé de la narration de plusieurs personnages. Tour à tour, ces narrateurs vont raconter les événements qui ont mené au drame. Il n'y a donc pas de narration neutre... Ils sont neuf personnages à nous parler, à raconter ce dont ils se souviennent, ce qu'ils pensent, ce qu'ils ont observé. La soeur, l'amie et la grand-mère de la fillette prennent très souvent la parole, mais également de nombreux autres résidents du village. Les voix sont différentes, et cela peut déstabiliser la lecture au début. Mais on s'habitue rapidement aux mots et styles des différents narrateurs.

Le livre est donc une succession de narrateurs qui racontent l'histoire. Mais à leur manière et surtout à leur vitesse. On ne nous dit presque rien au début. Petit à petit, au fil des narrations, on nous en révèle plus. Et on a l'impression de ramasser des indices, découvrir les protagonistes, comprendre le passé, découvrir les victimes, les bourreaux ... pour voir apparaître le dénouement, que l'on finit par deviner bien sûr. Mais redouter. Et espérer qu'on se trompe.

Et à travers les récits si différents de ce même drame, on a l'impression de lire également sur la beauté et l'horreur des petits villages, sur ce qui fait de nous, des héros et des monstres, sur les conséquences de nos actes, sur le poids des paroles, des rumeurs, des secrets et des silences, ... Chaque personnage nous raconte le drame, mais nous aussi raconte la vie. La plume de l'auteur est tout simplement sublime et on se perd avec bonheur dans cette abondance de voix. Et malgré les horreurs de ce petit jardin, malgré les larmes et le sang qui y ont coulé, on ne peut s'empêcher d'y voir aussi les petites fées...

L'avis de : Serge Perraud, Lionel Labosse sur Altersexualite.com, Lucie Chenu,

Extraits

"Comment naît la rumeur ? Nul ne le saurait le dire. Elle semble - dans les petits villages, du moins - sourdre du sol à la manière des sources, et s'infiltrer insidieusement dans les consciences avant de devenir une lame de fond qui submerge tout." p. 47

"Mais pouvais-je savoir, inconsciente que j'étais, que les lieux ont une mémoire ? Qu'ils gardent à jamais le souvenir des faits qui s'y sont déroulés ? Le petit jardin, théâtre d'événements insoutenables, était maudit. L'air qu'on y respirait asphyxiait lentement. Sa terre suintait la mort comme celle d'un cimetière. Et c'était cet "écrin" vénéneux que j'avais offert à mes petites filles." p. 77

Sources à consulter

22 janvier 2012

Le moment captif d'un dimanche : hivernal hiver

DSC_4715 copy"Janvier, le mois le plus obscurément blanc de la saison des froids" [Marie-Claire Blais]

Brrr... le froid est enfin ici. Et la neige. Et la glace. L'hiver prend des airs de demoiselle blanche, de reine de glace, de princesse de neige. Il s'est enfin décidé à pointer du nez.

Il s'amuse à faire grogner les gens. Il arrive à peine et on lui dit déjà des grossièretés. On est si impoli avec la demoiselle glacée. Elle n'est pourtant pas méchante. Implacable oui, mais si douce. Et l'hiver et bien... c'est l'hiver.

Et je cherche à comprendre cette haine, qu'ont la plupart des gens qui m'entourent, pour la saison froide. Oui parce qu'enfin... il me semble que presque tous les enfants aiment l'hiver. Non ? Ce n'est qu'en vieillissant que cette haine viscérale pour cette saison semble naître.

J'avoue. Oui, j'avoue humblement que je détestais l'hiver moi aussi. Il y a, disons, 10 ans... vous m'auriez demandé, je vous aurais répondu... "j'haïs l'hiver". Pourquoi ? J'aurais répondu... le froid, la "slush", le froid, et le froid. Aujourd'hui, je peux répondre autre chose... une réponse plus honnête.

Enfant, j'adorais l'hiver. Je pouvais jouer dehors jusqu'à avoir les oreilles et les pieds tellement gelés que je ne les sentais plus du tout. Et puis... j'ai grandi. Adolescente, je n'avais pas froid... je pouvais marcher des heures sans gants, sans chapeau, sans bottes chaudes... le look était très important, mais je crois qu'on avait simplement pas froid. Je regarde les jeunes ados d'ajourd'hui et ils sont aussi peu couverts que nous l'étions.

Mais on vieillit. On veut garder le look mais le froid commence à caresser la peau. Alors quand on attend l'autobus pendant 30 minutes, qu'il fait -20ºC et qu'on a des vêtements, oh si beaux, mais oh si peu adéquats... alors oui, on haït l'hiver. Quand on ne pense qu'à rester à l'intérieur et qu'on ne profite pas du tout de l'extérieur... alors oui, on haït l'hiver...

Mais quand on a vu l'hiver ailleurs, on se dit que l'hiver ici est beau. Il est froid, il est bleu, il est blanc... Et si on s'emmitoufle bien, si on voit la beauté, si on met le nez dehors... et bien, il n'y a aucune raison d'haïr le passage de la saison froide. Elle virevolte vers nous. Elle nous touche parfois en rafale, parfois en glace, mais toujours avec amour... Elle prépare les saisons qui viennent...

"Hiver rigoureux. Un hiver où règne une température hivernale" [Alain Schifres]

25 septembre 2011

Le moment captif d'un dimanche : sur le pont

"Une fable est un pont qui conduit à la vérité" [Antoine-Isaac Sylvestre de Sacy] 11_11_09

Il traverse le pont. Le regard tourné vers l'espoir. Vers la vérité. Il croit en une vérité. En une liberté. Il veut changer les choses. Il fabulait disait-on. Il a trop fabulé et on l'a exécuté. Son regard fixe est tourné vers le Parlement. Il y voit une démocratie. Et maintenant, on se rappelle de lui quand on veut parcourir les ponts infranchissables.

On aimerait aller le rejoindre sur le pont. Lui dire que tout va bien. Le protéger de la pluie. On ne peut que de le regarder en silence. Il a combattu. Et maintenant on se contente de se rappeller de ce combat. Certains l'oublient. Certains le conteste. Certains le pleure. Nous, on n'a rien à dire. C'est ainsi.

On regarde tout simplement ce témoignage d'événements que nous ne connaissons pas. Il pleut. Doucement. Nous essayerons d'en savoir plus. De connaître l'homme sur le pont. L'homme qui nous dit de rêver et de franchir les ponts. De cesser de les regarder et de les franchir.

"Il y a des homme n'ayant pour mission parmi les autres que de servir d'intermédiaires ; on les franchit comme des ponts, et l'on va plus loin." [Gustave Flaubert]

Statue d'Imre Nagy - Place Vértanúk tere à Budapest.

4 septembre 2011

Le moment captif d'un dimanche : fuite

pieds"Les pieds : les chers souffrants" [Antoine Baudeau de Somaize]

Un matin, je me suis réveillée et ils n'étaient plus là. Les yeux encore ensommeillés, j'ai cru que je me trompais. Mais j'avais beau frotter mes paupières, je ne les voyais pas.

J'ai alors cru que mes yeux me jouaient des tours. Ça leurs arrive. Ils aiment bien me faire voir des choses qui ne sont pas là. Alors pourquoi ne me feraient-ils pas croire qu'il n'y a que du vide là où il devrait y avoir quelque chose ? Mais j'avais beau remuer dans tous les sens, je ne les sentais pas non plus.

Un matin, je me suis réveillée et mes pieds s'étaient enfuis. Je dois avouer que je n'étais pas surprise. Je suppose qu'ils en ont eu assez. Ils devaient en parler depuis des années, mais ils n'osaient pas partir. Ils avaient un travail à faire. Mais on a tous ses limites, non ? 

Ils en ont eu marre. "Assez", se sont-ils dit. "Ça va faire, les souliers trop hauts, trop petits, qui frottent partout." "Ça suffit, les cornes, les ampoules, le sable sous les ongles, les orteils heurtés sur les pieds de tables, les talons trop secs, les plantes de pieds qui n'en peuvent plus d'être debouts sur la pointe des pieds. Tu nous entends ?, ont-ils crié, en vain. "Tu te rends compte que l'ongle de tes petites orteils sont pratiquement inexistants, tu t'imagines ! Et que ces mêmes orteils semblent ondulés dans tous les sens !", ont-ils soupiré tristement. "Si tu ne fais pas attention, nous te quitterons", m'ont-ils avertis silencieusement.

Et un matin, mes pieds m'ont quittée. Ils ne m'ont pas laissé de note. Rien. Ils se sont levés pendant la nuit et ont pris la fuite. Ils m'ont laissée toute seule. Assise dans mon lit, je ne les blâme pas. Je les comprends. Je savais que cela arriverait un jour. S'ils reviennent, j'en prendrai bien soin. Je le promets !

Bon, maintenant, je dois me lever, moi !!!

"Fuir : prendre son courage à deux pieds" [Alexandre Breffort]

12 novembre 2011

La Table des Matières de Sylvie Fayet-Scribe

TM1La table des matières : roman / Sylvie Fayet-Scribe. -- Paris : Ed. du Panama, c2007. -- 452 p. ; 20 cm. -- ISBN 978-2-7557-0175-3.

Quatrième de couverture

Qui a torturé puis assassiné Margaret Penfield, une respectable bibliothécaire américaine ? Et pour quel mobile ? Parce qu’elle avait identifié la plante qui promet l’immortalité décrite par Hildegarde de Bingen au XIIe siècle ?

Pour Laurette Lerbier, révéler au grand public le nom de cette plante fabuleuse serait le point d’orgue de l’exposition sur les jardins qu’elle prépare au Muséum d’histoire naturelle. Elle décide de jouer les Miss Marple et se lance à la recherche de l’énigmatique source de jouvence. L'enquête la mène dans le monde méconnu des précurseurs d'Internet. Des savants de la Renaissance aux encyclopédistes mondialistes du XIXe siècle, en passant par les jansénistes de Port-Royal et les bibliographes révolutionnaires du siècle des Lumières, le but de sa quête ne cesse de se dérober alors que les menaces se font plus précises.

Accompagnée du séduisant Lucas du Prat, savant botaniste de la police scientifique, Laurette pourra-t-elle déjouer ce qui ressemble de plus en plus à un complot féministe international aux desseins bien mystérieux ?

Un roman historique qui emprunte les chemins de l’intrigue policière, dans le clair-obscur des bibliothèques et la lumière des jardins.

L'auteurTM2

Syvie Fayet-Scribe est née en 1956 à Saint-Ouen près de Paris. Elle enseigne l'histoire et les sciences de l'information à la Sorbonne (maître de conférences). En 1994, elle cofonde la revue électronique Solaris : information, communication. Elle fera partie du Comité de rédaction. (La revue ne semble pas avoir été mise à jour depuis 2001). Elle écrit quelques ouvrages dont Associations féminines et catholicisme, de la charité à l'action sociale, en  1990 et L'Histoire de la documentation en France: culture et technologie de l'Information : 1895-1937, en 2000. Elle participera à de plusieurs ouvrages collectifs et écrira des articles,  par exemple, Mouvements de jeunesse chrétiens et juifs sous la direction de Gérard Cholvy, Histoire de l'accès à l'information scientifique et technique : enjeux théoriques et heuristiques (Actes du XIIe Congrès national des sciences de l'information et de la communication,) etc. Elle écrit son premier roman La Table des matières en 2007.

 

Résumé

Une jeune bibliothécaire préparant une exposition sur les jardins et surtout sur Hildegarde de Bingen voit son bureau fouillé. Alors qu'elle se rend à un dîner au cours duquel elle apprend l'assasinat d'une bibliothécaire américaine. Petit à petit, Laurette Lerbier découvre que ces deux éléments sont peut-être reliés.

Elle se lance dans une enquête qui l'oblige à retracer l'histoire de la documentation: la création de la table des matières, l'élaboration de bibliographies et des grands catalogues, la création des fiches, la classification, etc. Elle se voit rapidement prise dans une intrigue qui semble de plus en plus dangereuse et qui implique la société de l'information, les jardins médiévaux et une société secrète.

Commentaires très personnels (mais alors là, très très très personnels)

Alors, j'ai décidé d'en parler après tout. Je ne m'attarderai pas des heures sur mon commentaire, car j'ai déjà beaucoup exprimé mon opinion sur ma difficile lecture... même si je l'ai faite jusqu'au bout. Je ne pouvais m'empêcher de lire jusqu'à la fin les 452 pages de ce roman... Vous vous souvenez... j'en parlais d'abord ici, dans un texte sur mes crimes littéraire et ensuite ici, alors que je terminais enfin ma lecture. On m'a demandé quel était le livre et j'hésitais au début à la dire. Après tout... quelqu'un a écrit ce livre et y a mis tout son coeur (enfin, j'imagine). Et ça me fait toujours quelque chose... je suis un peu sentimentale dans ce sens.

Alors j'ai pioché un peu sur le web et j'ai lu quelques critiques. Et je suis tombée sur le blog de l'auteur elle-même. Elle y parle de son roman, de ses idées, de ce qu'elle voulait faire, etc. Alors je me suis dis, que je devais lire un peu ce qu'elle disait. Je n'ai pas changé d'opinion, mais je comprends un peu sa démarche. Et j'ai décidé de parler un peu plus du livre.

La supposée intrigue policière est un prétexte. Un prétexte pour faire le portrait de différentes figures de l'histoire des sciences de la documentation. En nous présentant ces personnages historiques, l'auteur non seulement nous raconte les grandes étapes et inventions documentaires mais nous plonge directement dans l'époque du personnage. Nous passons donc de la Renaissance au XXe siècle, de Pierre de la Ramée à Suzanne Briet, en passant par Paul Olet, sans oublier de revenir au Moyen âge avec Hildegarde de Bingen.

L'auteur connaît bien son sujet : l'histoire des sciences de l'information. Donc, ces chapitres se lisent bien, avec intérêt. On en apprend un peu sur l'époque dans lequel chacun de ces hommes et de ces femmes ont vécu. Évidemment, tout ça est romancé. On prête des gestes, des paroles et des sentiments à ces personnages. Cela fonctionne assez bien. En fait, ces passages sont franchement plus intéressants que l'intrigue moderne et policière. Cette dernière est maladroite et selon mon avis, vraiment décousue.

J'aurais vraiment préféré que l'auteur laisse de côté Laurette et tout ce flafla policier assez peu convaincant pour se concentrer sur les personnages historiques. Quitte à n'en prendre qu'un seul et à romancer sa vie. Cela aurait été bien plus réussi. Car l'intrigue est vraiment mal menée, sans suite logique... les liens sont faibles et on oublie franchement de quoi il en retourne tellement les "nouvelles" sur chacun des personnages prennent la place. Quand on revient au "présent", on se dit... ah oui, tiens, je l'oubliais elle ! Et franchement... aujourd'hui, je ne peux même pas me souvenir pourquoi la bibliothécaire à été assasinée... Et on a vraiment l'impression que l'auteur en rajoute: secte féministe secrète, torture dans un couvent, enfin... on a de la difficulté à suivre et à y croire !

Mais l'auteur semble bien connaître son métier. Et même si, personnellement, je peux reprocher un aspect vraiment trop historique et "français" à sa formation, c'est vraiment son style d'écriture qui est difficile à lire et à suivre. Le roman se rapproche par moment d'un mauvais harlequin ou encore d'un polar de bas de gamme... Les clichés et les maladresses sont innombrables. Il suffit de relire quelques uns des extraits que j'ai mis dans mes autres textes... et encore ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines.

Je ne veux pas trop parler des notions ou de la profession... les clichés là aussi sont innombrables. Disons tout simplement que la formation semble être incroyablement différente entre le Québec et la France. Mais je peux admettre qu'on ne voit pas les choses de la même façon. Et n'oublions pas aussi que l'auteur est spécialisée dans l'aspect historique de la profession donc ceci explique sûrement cela.

Mais j'aimerais simplement dire que même si on a toutes les connaissances, que l'on a une bonne idée... le style d'écriture est aussi important. Et lire certains passages (comme celui mis plus bas) était tout simplement insoutenable !

Je crois sincèrement que l'auteur aurait dû centrer son propos sur la romantisation de la vie d'un ou deux des personnages historiques tout en faisant attention aux phrases, métaphores et hyperboles utilisées !!!

Je respecte son travail et ce qu'elle a voulu transmettre... beaucoup moins le résultat. Alors voilà !

L'avis de DocDocDoc,

Extraits

" - Comment, tu ne veux pas goûter à quelques câlineries sur un lit de livres? Nos corps nus sentiraient la rugosité de l'écorce d'une couverture, la caresse d'une page, et nos narines inhaleraient l'acidité sensuelle de l'encre.

Indifférente à la beauté des arguments de Philippe, Laurette avait attrapé un ouvrage qui semblait retenir toute son attention. Sa tête et ses longues jambes étaient calée, on l'aurait crues sur la plage. Malgré son teint bronzé, le visage de Philippe Mérières s'emproupra:

- Et puis arrête de faire la mijaurée, ma petite Laurette, cela ne te va du tout. Tu joues à quoi avec moi? Tous les êtres autour de toi n'existent pas uniquementpour répondre à tes seuls désirs !

- Laissez-moi, Philippe, un peu de respect pour le travail intellectuel de votre collègue, s'il vous plaît. Ce livre me transporte au septième ciel." p. 244p.

Sources à consulter

 

30 juillet 2011

Des livres, des livres, des livres... et beaucoup plus.

jibPetite tranche de vie... pour une petite histoire personnelle. Il était une fois, une jeune fille qui après une 3 ans d'université en Études françaises et un diplôme en poche, décide d'attendre avant de faire sa maîtrise parce que le professeur qu'elle voulait comme directrice de thèse était en sabbatique. Mais en attendant, la jeune fille décide de faire un certificat en archivistique. À la fin de l'année, avec son certificat terminé, elle réalise qu'elle est tombée en amour avec les documents... et elle décide de laisser faire les Études françaises pour faire à la place sa maîtrise en Bibliothéconomie et Sciences de l'information. Elle n'a jamais regretté son choix...

Car j'adore les livres, les documents, la documentation et l'information sous toutes ses formes !!!!

J'ai commencé par enseigner (oui, on engage des jeunes professeurs parfois...sans expérience) à la technique de la documentation au Cégep. Puis, j'ai travaillé comme bibliothécaire dans une bibliothèque collégiale (STME, qu'on appelle ça !). Mais pendant ces deux expériences de travail, j'ai toujours continué à toucher les archives et les documents. Donc, je touchais à tous les aspects et j'en étais bien heureuse, car j'aime autant les documents que les livres !

Et puis, nous sommes partis pour l'Espagne et j'ai quitté le monde des bibliothèques. Pendant 7 ans, j'ai travaillé en gestion des documents administratifs... j'ai adoré mon expérience et elle s'est poursuivi à mon retour au Québec... Mais autant j'aime les plans de classification, les calendriers de conservation, les documents administratifs, les documents électroniques, offrir des formations, aider les gens à organiser leurs documents, etc... je dois avouer que je m'ennuyais énormément des livres.

Oh... j'aime les documents, mais chaque fois que j'entrais dans une bibliothèque, des odeurs de livres m'envahissaient. Et des souvenirs de questions de référence, des désirs de développement de collections... enfin un besoin de bibliothèque me prenait à la gorge.

Et puis... il y a quelques semaines, j'ai osé. Je ne cherchais pas... enfin, pas vraiment. Et puis, je n'ai pu résister à l'offre... j'ai appliqué et après un très long processus, j'ai obtenu le poste. Bibliothèque publique. Mais que faire... car cette entreprise qui m'emploie depuis l'Espagne, avec qui j'ai vécu des milliers de haut et de bas... et bien... je me sentais incapable de la quitter. Une relation plus que professionnelle... une relation personnelle.

Mais, je vieillis... l'avenir est incertain... je dois penser à ma carrière... et je dois m'avouer que je m'ennuie de la bibliothèque... et donc... ce fut une dure décision. Je pensais les réflexions et les indécisions et les choix difficiles derrière moi... Et les dernières semaines furent un tourbillon de pensées... Et quand j'ai fait mon choix, j'ai pleuré.

Mais aujourd'hui, cela fait une semaine que je suis de retour en bibliothèque. Et je ne regrette pas mon choix. Byebye documents, bonjour livres !

3 juillet 2011

Le moment captif du dimanche : croisement de béton

"[...]Chaque ville diffère de toutes les autres : il n'y en a pas deux semblables. Et une ville a des émotionsDSC_2216 copy d'ensemble." [John Steinbeck]

Elle est belle la ville. Je l'aime bien la ville. Avec ses belles maisons, ses beaux parcs, ses gratte-ciel, grafittis, ses ruelles, ... J'aime même ses échangeurs mal-aimés, d'une beauté bétonnée, d'un majesté démesuré à la limite du disgrâcieux.

Ils sont parfois vieux, trop vieux. Ils ont perdus de leur lustre. Les cicatrices et les béquilles les agressent. Mais ils résistent et s'entrelacent dans une danse sans fin.

Ils se couvrent et se découvrent. Ils s'entrecoisent et se caressent presque. On ne pourrait que voir leur laideur cimentée par leur utilité, leurs défauts de fabrication, leur grisailles fanées et jaunâtres. Ils bloquent le ciel et la végétation. Ils font obstacles au bleu et au vert.

Mais je ne peux m'empêcher d'y voir un ballet de routes liées et déliées. Et d'admirer leur existence concrète ainsi que les absences qui laissent percer un peu de ciel, un peu d'espace et toujours et partout la nature qui déchire le béton. J'aime cet entrelacement de possibilités, cet enchevêtrement de féerie urbaine.

"La plus grande beauté d’une ville n’est pas dans les édifices, elle est dans l’espace libre entre les édifices. Les grands artisans de villes sont des sculpteurs d’espace." [Georges Duhamel]

4 octobre 2011

Byebye Poppy Corn...

Ce n'est rien... mais j'ai quand même quelques larmes aux yeux...

Il y a déjà quelques mois... mon PisTout passait la tondeuse. Vous savez quand on a une cours... ben faut passer la tondeuse. Une des joies d'avoir une cours avec du gazon. On est bien content, remarquez, de passer la tondeuse !

Soudain... il arrive en courant dans la maison : "oh my god... viens vite dehors... j'ai passé proche de faire une catastrophe!!!" me crie-t-il sans plus d'explication. Je cours dehors... ne sachant trop de quoi il parle. "J'ai passé proche de faire quelque chose d'horrible" me répète-t-il encore. Il tremble presque... et je n'exagère pas. "Tu vois... je passais la tondeuse... je voyais une tache grise là-bas et je me disais que c'était sûrement un champignon ou une feuille... et sans plus y penser, j'allais passer dessus avec la tondeuse" "... la grosse tondeuse..." "Viens voir", me dit-il devant mon air interrogatif et complètement : mais de quoi tu parles?!?!?

Et là, je vois la tache gris dans le gazon... la tache grise bouge. C'est un minuscule petit écureuil... tout petit, encore les yeux fermé... tombé de l'arbre, du nid que l'on voit tout en haut... il crie, il bouge à peine... PisTout tremble encore et me décrit les images d'horreur pleines de sang qui passent devant ses yeux.

Mais rien n'est arrivé... il est là tout petit. Et on ne sait pas quoi faire ! On ne peut le remettre dans son nid... sa mère viendra-t-elle le chercher ? Va-t-il finir dans le ventre d'un chat errant, d'une corneille voisine ?

Je ne sais que faire... quelques recherches sur Internet plus tard... je sais qu'on peut le recueillir et le sauver. Mais que faire ? PCLaisser la nature suivre son cours ? Des bébés écureuils meurent tous les jours... c'est sûrement son destin. Mais je ne suis pas capable... il est là dans ma cours, devant chez moi et il pleure. Je vais le prendre et le mettre dans le noeud de l'arbre. Il pleure encore plus... semble perdu, semble chercher ma présence... il est seul.

J'appelle soeurette qui fut pendant longtemps une technicienne en santé animale et qui est la "maman chat" comme on l'appelle. Elle est radicale... "il mourra sûrement si tu le laisses là". Mais elle propose de le prendre. Elle en prendra soin.

Et c'est ce qu'on a fait. Je l'ai pris dans mes mains. Il a pleuré mais s'est blotti dans le creux de ma main. Et nous sommes allés le porter chez elle. Pendant 4 jours et 4 nuits, à tous les 4 heures (heureusement, maintenant traductrice, elle travaille de la maison), elle l'a nourri au biberon. Puis, il a ouvert les yeux. Il a passé ses jours et ses nuits chez elle. Accourant quand elle arrivait. Se blottissant sur elle. Jouant avec les chats...

Il était grand maintenant. Sa belle queue toute touffue. Il était magnifique. Il commençait à cacher ses pinottes dans les pots des plantes et se faisait des nids pour se cacher. Il courait partout, semait la pagaille, affolait les chats, se cachait dans le cou de soeurette quand il savait avoir fait un mauvais coup. Soeurette disait qu'une fois l'hiver passé, elle le ramenerait ici, et le laisserait aller... Il serait mieux dehors, mais avec moi qui serait là pour le nourrir un peu... car on le sait, je nourris les écureuils, malgré les ravages à mes fleurs !

Mais après l'hiver... car il était trop domestiqué et peu habitué à la nature et au froid... donc pas tout de suite. Il était en santé, vigoureux, plein de vie et d'espièglerie !

Et puis, ce matin, elle s'est levée... et il était mort. Sans avertissement... sans signe... sans cri... Il était simplement couché dans son nid. Elle ne comprend pas... et nous pleurons tous ce petit écureuil rescapé de la méchante tondeuse...

Ce n'était qu'un petit écureuil tombé de son nid... des écureuils il y en a partout ici... mais Poppy Corn, tu étais unique...

28 septembre 2011

Car on peut bien tricher

VacancesBien entendu... car on a bien le droit d'avoir quelques jours de vacances... mais comme je sais que je suis beaucoup moins présente qu'avant... j'ai voulu laisser quelques textes... ici et là. En trichant un peu... et en les écrivant d'avance pour qu'ils apparaissent alors que je n'étais pas lá !

Et puis... avec ce changement d'emploi, les vacances se sont envolées en fumée ! Car je ne pensais pas vraiment changer d'emploi donc nous avions prévu nos vacances en septembre. Mais en changeant d'emploi en juillet... pouf... il fallait oublier les vacances. Pas de repos pour moi.

Mais j'ai négocié mon emploi et j'ai obtenu une semaine tout de suite... oui, car c'était ça ou le nervous breakdown dans quelques mois ! Car la dernière année fut plus que stressante ... dans tous les aspects possibles de ma vie... alors...

... yep... j'ai pu prendre quelques jours pour changer d'air... et comme ces oiseaux croisés dans une petite ville au milieu des Ètats-Unis, nous avons envahi la route pendant une dizaine de jours. Á défaut de parcourir les routes d'Europe, nous nous sommes réappropriés les routes de l'Amérique... Pleins de souvenirs... à venir...

Retour au travail... heureux - car je suis plus que contente de ma décision - mais difficile - car les voyages ne sont jamais reposants ! Mais la tête pleine de projets et d'idées... pleins de textes en cours de recherche et rédaction... Et on ne parle pas de l'Halloween qui arrive !!! :D Vivement les textes pleins de fantômes, frissons et cris !

Oh... que ce clavier espagnol m'agace... et pourtant avant, je le maìtrisais parfaitement... mais maintenant que je travaille avec d'autres ordi... pfiff.. c'est le bordel total ! vous m'excuserez tous ces accents dans tous les sens...ok??? :)

7 juin 2011

Agonie de Jacques Brault - Commentaires (très) personnels

DSC_1654Agonie : roman / Jacques Brault. -- [Montréal] : Boréal Express, 1985. -- 77 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-89052-131-1

Quatrième de couverture

Un viel homme abandonne, sur le banc de parc où il repose immobile, un pauvre carnet rempli de notes et de souvenirs ; un autre homme, plus jeune, le ramasse et l'emporte chez lui pour le lire. Sa lecture va durer toute la nuit. Une nuit qui est la couleur même de la vie du vieil homme. Cette vie, sous les yeux de son lecteur indiscret, peu à peu prend forme, laisse voir son sillage de douleur et de tendresse mêlées, sa ligne simple comme celle de la mort fuie, incontournable, enfin acceptée.

Dans une langue sobre et juste, vibrante d'émotion, ce récit nous touche dans Jaime_la_plumeQce que nous avons de plus intime: cette agonie qui, nous le savons, se poursuit lentement en nous, dans la suite de nos joies et de nos peines, et qui nous entraîne doucement vers l'acceptation de ce que nous sommes.

 

Poème:

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Commentaires (très) personnels

Un poème ouvre le livre. Agonie de Ungaretti marque le texte dès la première page. Le texte de Brault passe ensuite de la poésie à la prose. La poésie martelant la prose et structurant le récit. Chacun des vers est repris en début de chapitre. Il titre chaque chapitre. Et devient en quelque sorte le thème de ce chapitre. Faisant partie de la trame narrative, chaque vers est non seulement le titre et le thème du chapitre mais est "expliqué" par un des personnages.

Deux personnages. Un professeur inintéressant, fade et gris. Un étudiant, non intéressé, banal et incolore. Le premier semble effacé et sans vie, l'autre est arrogant et insipide. Le deuxième juge le premier. Mais le deuxième finit par être avalé par son obsession pour le premier. Un intérêt démesuré pour une vie qu'il juge morne et ratée.

Suite à une rencontre forfuite, l'ancien étudiant vole le carnet de notes de son ancien professeur - qui, nous laisse-t-on entendre, est maintenant un clochard. La lecture de ce carnet est l'occasion de nous ramener dans ces cours qu'il avait suivi pour passer le temps et s'assurer une bonne note. Le professeur est la risée des étudiants... un raté, un homme insignifiant.

Mais la lecture du carnet, ramène des souvenirs de ces cours, de cet homme gris. Et l'ancien étudiant apprend à connaître le professeur, à connaître cette vie terne, mais surprenante... et finit par devenir le professeur. 

La prose est poétique mais franche et directe. Les temps du roman se croisent et se recroisent et nous laissent contamment dans le doute... nous parle-t-on de hier ou d'aujourd'hui ? Ou de demain ? Le texte passe du carnet de note au poème du début qui continue à être le pivot central, le moteur du roman. Pendant une nuit, l'ancien étudiant devenu homme va lire le carnet et comprendre la finalité de l'ancien professeur et finalement sa propre finalité... et comme les oiseaux du poème comprendre la mort.

Le roman raconte la vie du professeur. Mais le roman raconte aussi la lecture de cette vie. Et l'interprétation et analyse de cette vie vue par les yeux d'un homme qui est devenu ce qu'il redoutait tant :  ce professeur même. Deux temps, deux hommes. Mais les flottements entre ces deux vies nous laissent entendre une même vie, une même mort. Le narrateur, le professeur... l'auteur... La poétique permet de vivre ce questionnement de temps, de voix, de vie. On sent nettement, un soupir devant ces vies grises et jugées médiocres, mais on sent également un cri pour rétablir la légitimité de ces vies. La beauté de ces vies. Une lutte pour la vie.

Jacques Brault est poète. Il écrit surtout de la poésie. Ce roman est donc définitivement une prose poétique. Les phrases se confondent aux vers. Et un poème guide la prose. Cela aurait pu être trop "délicat" ou "aérien". Mais Brault réussit à ancrer ses mots dans le réel. Dans un quotidien, dans des gestes ordinaires et familiers. La poésie est concrète et le lyrisme est prosaïque.

L'avis de Gallo sur le Club des Rats de biblio-net.

Lire aussi sur ce blog:

Extraits

"Le  monde n'a pas bougé depuis cent mille ans. Les humains glissent sur les choses comme un soupir de dieu endormi. Le temps a des allures de libellule sur une fleur." p. 19

"Et puis, le carnet en témoigne. Il n'a pas changé ; il est devenu ce qu'il était. Il comprendra. Il me dira peut-être ce que sous-entend le carnet. Il me dépouillera. Il  me réhabillera. Je vivrai. Il est mort. Il devinait qu'il allait mourir." p.23

Sources à consulter

18 septembre 2011

Le moment captif d'un dimanche : détailler les souvenirs

11_09_29"On ne marchande pas avec les rêves, les hasards et les coïncidences". [Claude Lelouch]

Mais peut-on marchander avec ses souvenirs ? Leurs demander de se rappeler des choses qui n'ont pas existé ? Ou qui se sont passer différemment ? Et si je me rappelle des moments qui sont étrangement plus réels que ceux qui ont habité ma vie, suis-je une marchande de vide pour autant ?

Des incertitudes m'assaillissent... où, quand, qui ? Des imprécisions s'infiltrent dans les instants passés. Et parmi, les heures précises se faufilent des minutes inventées. Elles sont souvent plus belles que les réelles mais pas nécessairement. Parfois je me chicane avec ma mémoire. De longues discussions s'ensuivent. Qui a dit quoi, où cela s'est-il passé, qu'ai-je vu après ceci, quelle musique y avait-il à ce moment ? On se contredit sans arrêt. S'ensuivent même des nuits sans sommeil à la recherche d'une seconde furtive qui se cache résolument dans un coin de mon cerveau.

Alors je me rappelle comme je crois que je devrais me rappeler. Et ce n’est pas parce que c’est imaginaire que ce n’est pas réel. Et puis quel rapport entre ceci et cela... si cela n'en a pas dans mes souvenirs. Ce sont mes souvenirs après tout !!!

"La mer ? Quel rapport entre la mer et mes poissons ?" [Ordralfabétix]

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Quelques pages d'un autre livre ouvert...
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