Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
Publicité
Archives
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 798 768
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
23 mai 2008

Poésies complètes de Nelligan - L'oeuvre

Nel2Poésies complètes 1896-1899 / Émile Nelligan ; introduction de Luc Lacoursière. – Nouv. éd. -- [Montréal] : BQ, c1989. -- ISBN : 2-89406-022-X (br.)

L’œuvre:

Les poèmes de Nelligan ne furent tout d’abord publiés ensemble que lors de la parution du livre Emile Nelligan et son œuvre puis avec le recueil Poésies complètes.

Les poésies de Nelligan furent traduites une première fois en anglais par P.F. Widdows en 1960. Puis parut en 1983 le recueil The Complete Poems of Emile Nelligan par Fred Cogswell.

L’édition présentée ici des Poésies complètes 1896-1899 comprend une introduction de Luc Lacoursière rédigée en 1951. Cette édition comprend les poèmes que Louis Dantin publia dans Emile Nelligan et son œuvre. L’édition comprend ensuite des poèmes divers qui furent publiés entre 1896 et 1939 dans divers journaux, magazines et revues. Plusieurs de ces poèmes avaient été publiés sous des pseudonymes. D’autres poèmes inédits ont égales été ajoutés. Ce sont principalement des textes retrouvés dans des manuscrits conservés de la famille Nelligan.

Il est parfois difficile de déterminer les versions finales des poèmes. Diverses révisions par Nelligan et par d’autres personnes, dont Dantin, existent. Une chose est certaine, si nous avons ici, la grande majorité des poèmes écrits par Nelligan, nous ne pouvons retrouver le recueil qu’avait d’abord voulu l’auteur mais qu’il n’avait jamais terminé. Quelques plans existent et on peut avoir une idée des poèmes qu’il voulait faire figuré dans son recueil « Du récital des anges ».

Son œuvre entière semble comporter environ 170 textes : poèmes, rondeaux, sonnets et quelques poèmes en prose. On le rattache surtout au symbolisme et on lui donne comme influence, Verlaine, Baudelaire, Poe. On dit aussi que sa poésie est parnassienne et recherche principalement la beauté.  

Commentaires personnels :

Alors que Nelligan avait réussi a attiré l’attention de ses pairs et du public sur son œuvre lors de son vivant, c’est véritablement après sa mort qu’il devient célèbre et reconnu comme un grand poète.

Ses poèmes sont publiés dans diverses éditions et anthologies, des introductions et des commentaires sont publiés. Les critiques, mémoires et thèses se sont multipliés au cours des années. On lit et étudie ses poèmes à l’école. Un prix Émile-Nelligan est donné chaque année depuis 1979 à un poète canadien. Nelligan est définitivement un incontournable de la littérature québécoise.

Je n’essaierai donc pas ici de faire une analyse poussée de sa poésie. Beaucoup d’ouvrages, articles et sites Internet existent... Mais je vais tenter de donner quelques pistes personnelles de lecture de sa poésie… donner quelques unes de mes impressions.

Je ne connais pas beaucoup de gens qui ne connaissaient pas Nelligan. Et il est toujours très populaire. Même au secondaire et au cégep, on le lit volontiers. Ceux qui n’aiment pas la littérature ou la poésie ont quand même un petit penchant pour Nelligan. Il est jeune, tourmenté… il a écrit alors qu’il était un adolescent… il a écrit sa révolte et ses rages (on met souvent de côtés ses autres poésies aux thèmes plus classiques). Et combien de jeunes filles ont eu une image de Nelligan… ce beau jeune homme bohème au regard trouble…

J’ai lu Nelligan au primaire… Soir d’Hiver et le Vaisseau d’Or sont les premiers poèmes de Nelligan que j’ai lus. Puis j’ai encore lu Nelligan au secondaire, et ensuite au cégep, puis encore à l’université. J’ai lu et analysé pour l’école… et j’ai lu et observé pour mon plaisir.

J’ai toujours senti beaucoup de musicalité dans les vers de Nelligan. Les mots semblent là pour être lu à voix haute. Des mélodies me viennent souvent à l’esprit quand je lis les poèmes de Nelligan et on a souvent mis en musique ses vers. Beaucoup de mots étranges dans ses textes, parfois même des néologismes. Des mots tronqués, rassemblés pour former de nouveaux mots… Il joue avec la grammaire, les sens et même l’orthographe.

Les poèmes de Nelligan me semblent souvent mélancoliques, tristes… peu de gaieté dans sa poésie, même si parfois on semble pouvoir valser sur ses vers. L’utilisation de formes classiques pour ses vers nous donne parfois encore plus une impression de mélodie.

Les symboles sont importants dans sa poésie. Nelligan se considérait comme un romantique incompris. Il parle beaucoup de l’enfance, de la mort, de l’amour et de la folie. Parfois quelques thèmes religieux… Il rêve surtout. On sent l’immatériel, l’imaginaire…

Mais je vois surtout dans ses poèmes une sensibilité et une volonté d’affirmer son « moi ». Il est jeune et cherche à retrouver son enfance mais aussi à s’en détacher. Il semble ne pas savoir s’il veut rester enfant ou devenir adulte. Il aime la beauté, l’amour et la lumière mais aussi la mort, le sombre et la morosité. On lit beaucoup de pleurs dans ses poèmes et on voit beaucoup d’hantise. Les saisons semblent aussi rythmer ses vers… mais surtout l’automne et l’hiver. Il y a surtout des fins, mais parfois quelques renaissances et renouveaux.

Voir aussi:

Sources :

Publicité
20 mai 2008

Les poésies complètes de Nelligan - L'auteur

Poésies complètes 1896-1899 / Émile Nelligan ; introduction de Luc Lacoursière. – Nouv. éd. -- [Montréal] : BQ, c1989. -- ISBN : 2-89406-022-X (br.)

Quatrième de couverture :

Nelligan : « Génie éternellement vivant », « phénomène admirable de précocité » (…) peu d’œuvres canadiennes connaissant une faveur aussi grande et qui persiste au-delà des modes. La carrière brève autant que fulgurante du poète nous vaut des poésies qui demeurent l’objet d’un véritable culte.

L’auteur :

Émile Nelligan est né à Montréal un 24 décembre 1879. Son père était irlandais et sa mère québécoise. Deux filles viendrontNel1 s’ajouter à la famille Nelligan. À partir de 1886, Émile fréquente plusieurs écoles dont il s’absentera fréquemment. Jusqu’en 1895, il obtint de bons résultats scolaires. Alors qu’il fréquente le collège Sainte-Marie en 1896, il connaît cependant quelques difficultés dans ses études.

Il publie son premier poème en juin de 1896, Rêve fantasque, dans le Samedi, sous le pseudonyme d'Émile Kovar. Il poursuit ses études en syntaxe au collège Sainte-Marie avec des résultats moyens. En février de 1897, son ami, Arthur de Bussières, poète, fait admettre Nelligan à l’École littéraire, cercle de jeunes « littérateurs » qui se réunissaient toutes les semaines pour discuter de littérature, arts et sciences et pour lire des poèmes. On retrouve cependant son inscription sous le nom de « Lennigan ». Emile Nelligan est le plus jeune membre du groupe.

La même année, à l’âge de 17 ans, il décide d’abandonner ses études et de se consacrer à la poésie. Il essaie de publier ses poèmes dans diverses publications. Il essaie d’abord de publier sous des noms incomplets. Les publications exigent une identité et une adresse pour publier les poèmes. Il publiera quelques poèmes dans le Monde illustré (sous le nom d’Émil Nellighan) et l’Alliance nationale.

Nelligan fut toujours très près de sa mère, pianiste, qui l’a initié à la musique et à l’art. Il a cependant de nombreux disputes avec son père. À l’été de 1898, Nelligan s’engage comme matelot et part pour Liverpool. On ne sait trop si c’est par choix ou si son père, mécontent que son fils ait laissé les études, l’y obligea. Il fera le voyage mais quitte ce poste dès son retour. Il tentera ensuite de travailler comme commissaire-comptable (emploi que son père lui avait trouvé), mais il quitte également cet emploi. À cause de ses nombreuses absences, il ne fait plus à ce moment parti de l’École Littéraire, même si d’autres membres lisent parfois de ses poèmes.

D’autres poèmes de Nelligan sont publiés dans diverses publications. En décembre, il est réadmit à l’École Littéraire.

En 1899, Nelligan travaille à un recueil de poésie qu’il veut appeler «  Le Récital des Anges ». Il continue à assister aux réunions de l’École littéraire ainsi qu’aux séances publiques du groupe. On le décrit alors comme un jeune homme extravagant et bohème. On connaît peu sa vie sentimentale et il ne sembla pas avoir eu de relations amoureuses sérieuses. À travers sa correspondance et sa poésie, on peut déduire le passage de quelques femmes dans sa vie, parfois réelles – sa mère, ses sœurs, sa cousine, et autres femmes – parfois idéales ou imaginaires.

Une critique négative de son poème Le Perroquet, l’attriste beaucoup. Il décide alors de ne plus collaborer au  et délaisse pour un temps les réunions de l’École littéraire. Mais il reprend ensuite ses activités littéraires. Il écrira le poème Monde illustré La Romance du vin, en réponse à la critique négative qu’il avait reçu. Le poème est très bien reçu à sa lecture lors de la 4e séance publique de l’École littéraire. Il est acclamé par ses amis mais cette lecture marque sa dernière apparition à l’École littéraire.

Il publie Les Communiantes dans le Petit Messager du Très Saint-Sacrement en juin de 1899. Mais il travaille beaucoup à son œuvre. Il est cependant surmené et dépressif. Son père demande qu’on le conduise à la Retraite Saint-Benoît, un asile. On lui diagnostique une schizophrénie qu’on nomme alors « démence précoce ». Il y reste jusqu’en 1925. Il sera ensuite conduit à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu. Il y restera jusqu’à la fin de sa vie. Son oeuvre demeurera incomplète.

Il continue d’écrire mais les poèmes qu’il compose pendant ces années d’internement sont peu nombreux. Il retravaille plutôt ses poèmes.  Ses amis font publier quelques uns de ses poèmes inédits et les lisent à l’occasion.

En 1902, Louis Dantin publie une étude sur Emile Nelligan incluant des poèmes inédits dont Soir d’hiver.  Cette étude fera connaître Nelligan du grand public. Dantin prépare également un premier recueil des poèmes de Nelligan. Malheureusement, le projet est suspendu par les supérieurs de Dantin qui n’approuvent pas l’œuvre. Dantin quitte Montréal mais laisse à la famille Nelligan, le recueil qu’il préparait.

En 1904, le livre Émile Nelligan et son œuvre paraît avec une préface de Louis Dantin. Le recueil est bien accueilli par la critique et le public, autant au Canada et en France. Les années qui suivent, plusieurs poèmes inédits de Nelligan sont publiés dans diverses publications.

En 1925 paraît une deuxième édition de livre Émile Nelligan et son œuvre. Et en 1932, la troisième édition. Nelligan est maintenant à Saint-Jean-de-Dieu. Il sort quelques fois mais très rarement. Plusieurs personnes vont le voir et lui demandent de lire ces poèmes.

Émile Nelligan meurt le 18 novembre 1941 à Saint-Jean-de-Dieu. Il sera enterré au cimetière Côte-des-Neiges. La 4e édition Émile Nelligan et son œuvre paraîtra en 1945 et en 1952 paraît la 1e édition des Poésies complètes. Il deviendra un des poètes les plus importants du Québec.

Sources :

À suivre...

Voir aussi:

 

28 avril 2008

Vérité universelle

PluieJe crois que c'est universel... peu importe la ville, la saison, la maison, le moment, la raison... Chaque fois que l'on lave ses fenêtres, il pleut. Que je sois à Montréal ou à Barcelone... Et même s'il a manqué d'eau ces derniers mois et que les gens ont attendu avec impatience les gouttes tombant du ciel... On peut être certain, que lorsque je lave mes fenêtres, le lendemain... il pleut.

Les fleurs et les plantes de mon balcon sont bien heureuses, je dois avouer. Et les escargots s'en donnent à coeur joie - non, je ne les ai pas encore enlevés et transférés dans le parc.

Mais évidemment, cette pluie est à peine assez abondante pour arroser ma verdure balconesque et salir mes fenêtres. La vraie pluie se fait cruellement attendre... La Catalogne a désespérément besoin d'eau. L'hiver fut sec. Et gris. Beaucoup de nuages et de brouillard. Mais pas une seule goutte d'eau. Les cours d'eau sont dangereusement bas ou carrément à sec. Les réserves pratiquement inexistantes... Pas d'eau.

Sauf quelques gouttes pour mouiller mes plantes et salir mes fenêtres.  J'aurais peut-être dû laver mes fenêtres plus souvent...

8 mars 2008

Ô Solitude ! (suite)

Ô Solitude ! / D. Kimm. -- Montréal: Triptyque, 1987. -- 135 p. : 6 photogr. ; 21 cm. – ISBN 2-89031-056-6Solitude

Commentaire personnels

Ô solitude
est un roman poétique. Divisé en 7 parties, les 6 premières identifiées par un chiffre romain, la dernière partie intitulée « La Fille du Capitaine ». Chaque partie – exceptée la dernière – est composée de petits chapitres titrés du nom de trois filles : Anne, Dominique et Edith. Puis, une page grise, suivie d’une photographie d’une statue, puis une page de texte en italique non titrée. L'oeuvre de D. Kimm est dédié « à elles, aux filles-solitaires »… Chaque fille solitaire, comme les statues présentées, semble à la recherche d’elle-même. Le livre nous présente d’abord les 3 filles, Anne, Dominique et Edith, puis nous livre une synthèse des trois dans le texte en italique, peut-être l’auteur… Nous sommes témoins de leurs réflexions, leurs peurs, rencontres et leurs relations avec les autres, et surtout leur solitude. Puis la fille du capitaine, solitaire sur son île nous apparaît. Ne parlant plus, se promenant seule sur la plage, ne sachant pas elle-même si elle est folle, se perd dans le vent et… « trace des paroles secrètes, des mots dans le sable blanc. Elle regarde la lune en pleine face jusqu’à avoir mal aux yeux. Elle fait des incantations. Elle gémit, elle hurle dans sa tête. Elle hurle sa plainte de fille-louve. Elle hule sa plainte de louve-blessée. Elle hurle sa plainte de fille-solitaire. ».

Difficile de parler du livre de D. Kimm sans retourner dans mes souvenirs. Première année de cégep, cours de création littéraire par Philippe Haeck… lectures obligatoires, textes à écrire et rencontre avec auteurs. Premier livre de la session : Ô Solitude ! de D. Kimm. J’aimais déjà beaucoup lire et j’aimais la poésie, mais à 17 ans, mon expérience littéraire était encore jeune. Le livre de D. Kimm me transporta littéralement… Les mots m’émurent et je me perdis dans la lecture de ce livre trop court. Les photographies de statues me touchèrent profondément, surtout celle de la couverture qui est une de mes statues préférées de Montréal. J’avais trouvé les mots significatifs, vibrants, poétiques et réels. Et puis, D. Kimm fut invitée dans mon cours. Et elle parla. Mon amie et moi fûmes véritablement ensorcelées par sa présence, par ses mots et par son livre. Longtemps nous avons dit qu’elles nous avaient ensorcelées à être des filles, à rester jeunes.

J’ai relu le livre la semaine dernière. Et même si je suis d’accord que la relecture est souvent importante et nécessaire, mais je crois aussi qu’il y a certains livres qu’il ne faut pas relire. Comme il y a des films qu’il ne faut jamais revoir.

Et je crois fermement que je n’aurais pas dû relire ce livre. Il m’avait tellement marqué, tellement touché… et cette relecture m’a plu, mais sans plus. J’ai vu des choses que je n’aurais pas voulu voir… Et j’ai eu des réflexions que je n’aurais pas voulu avoir… et je me dis que même si j’ai encore aimé cette lecture, j’ai perdu un peu de l’ivresse que me donnaient ces mots. Je me suis sentie triste, vide… Perdre ses illusions… ses souvenirs… perdre le moment… La lecture m’a encore plu, mais j’ai perdu l’ivresse… C’est un peu triste. Mais j’aime encore les mots. Je les vois simplement autrement.

Citations

« Je suis quelque chose entre la fée, la fille et la sorcière. Disons que je passe de la princesse à la folle. Quand je marche dans la rue, des milliers d’oiseaux défilent derrière moi. C’est fabuleux. Des milliers de corbeaux, des milliers de vautours. Quelle désolation – c’est fabuleux ! » p. 25

« Elle trouve étrange cette nostalgie soudaine pour son enfance. Elle pense que ce n’est pas son genre. Et puis tout de suite après, presque en même temps, elle pense… pourquoi pas ? Qui a décidé, qui peut décider de son genre ? » p. 49

« J’ai les mains glacées. Je suppose que je dois y voir le signe d’une malédiction. Je ne suppose rien. Les mains glacées vous obligent à demeurer solitaire. Ne pas se toucher, ne pas se laisser toucher, ne toucher personne. » p. 109

Premier article

7 mars 2008

Ô Solitude !

Ô Solitude ! / D. Kimm. -- Montréal: Triptyque, 1987. -- 135 p. : 6 photogr. ; 21 cm. – ISBN 2-89031-056-6

Quatrième de couverture

D. Kimm est une fille…………………. née en 1959………………. vit à Montréal……………….. elle aime les statues……………. la solitude, elle………………son premier livre…………………

L’auteur

Solitude2D.Kimm est née en 1959. Elle a fait des études en histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle publie son premier roman en 1987, Ô Solitude !. Elle touche à plusieurs domaines artistiques : l’écriture, la performance, la mise en scène, la danse, … Elle organise plusieurs ouvrages collectifs : Le Montréal des écrivains en 1988, l’Anthologie de la poésie des femmes en 1990 et en 2003. Elle publie également dans plusieurs revues.

Elle participe et présente divers spectacles de danse, de théâtre et de poésie. À partir de 1994, elle prend la direction artistique de plusieurs événements et spectacles. Ces spectacles, tels Le Bestiaire, Dérives pour voyeurs consentants, Le Marché des Mots Dits, Auteurs et personnages: Cabaret littéraire à double tranchant (quelques exemples) regroupent à la fois des artistes, danseurs, musiciens, comédiens ainsi que des écrivains et poètes.  En 1995, elle créa le spectacle Pas de chicane dans ma cabane présenté dans le cadre du Festival des Francophonies de Limoges. Elle dirige également l’organisme à but non lucratif Les Filles électriques. Ce groupe a pour mandat de « créer, diffuser et archiver des œuvres et événements artistiques interdisciplinaires liés au texte performé. » Les Filles électriques produisent entre autres le Festival Voix d’Amérique, proposant des œuvres liées à la littérature orale, au « spoken word », au texte performé.

Elle présentera en 1999, un spectacle multidisciplinaire La Suite mongole qui sera publié en 2001, sous forme de livre accompagné d’un cédérom. Artiste versatile et très active, elle crée avec l’artiste Alexis O’Hara, un spectacle. Et elle a sorti il y a peu de temps, un disque solo Le Silence des hommes.

Une biographie plus détaillée sur le site de l’auteur : . On peut visionner une entrevue avec D. Kimm à l’émission Ça manque à ma culture.

Bibliographie

  • Ô Solitude! (1987),
  • Chevale (1989)
  • Tableaux (1991)
  • La Suite mongole, livre+cédérom (2001)

Commentaires à suivre... 

Publicité
5 mars 2008

Dois-je abandonner ou continuer ?

J'aime bien les romans policiers. J'aime me perdre dans une intrigue, j'aime parcourir les pages rapidement ne pouvant m'arrêter de lire. J'aime qu'en plein milieu de la journée, je me demande soudain qu'est-ce qui va arriver ensuite et ronger mon frein en attendant le moment où je pourrai reprendre mon livre et lire, lire, lire. Ce sont des moments qui me permettent de décrocher, relaxer et me perdre dans les mots. Beaucoup d'autres types de livres me permettent de me perdre dans leurs mots, mais pas de la même façon que le roman policier...

Et donc régulièrement, parfois à des moments bien choisis, je m'engloutis dans la lecture d'une intrigue. Parmis les romansPat policiers que je choisis, il y a parfois certains auteurs qui reviennent dans mes choix, Kathy Reichs, Minette Walters, Agatha Christie, Patricia Cornwell, et autres... Quand ces auteurs sont contemporains, je me procure toujours leur dernier ouvrage. Et donc, quand j'ai découvert Patricia Cornwell avec Postmortem, je me suis empressée d'acheter les autres romans qu'elle avait publié ensuite. J'ai lu les suivants rapidement avec empressement et heureuse de mes lectures. Comme plusieurs auteurs, un personnage se distingue de ses romans, Kay Scarpetta, et j'aimais particulièrement les romans mettant en vedette ce personnage. Kathy Reichs a aussi son personnage principal Tempe Brennan. D'un roman au suivant, le personnage revient ainsi que les personnages secondaires. Certaines relations évoluent, certaines informations s'ajoutent. On apprend à mieux connaître le personnage.

Mais les derniers romans de Patricia Cornwell m'ont semblé moins prenants. Et puis, le personnage central et les personnages secondaires me semblent prendre trop de place. Alors qu'habituellement dans ce genre de série, même si le personnage central récurrent est important, c'est néanmoins l'intrigue qui est importante. On peut lire le 3e ou 5e roman utilisant ce personnage et très bien suivre l'histoire. Mais petit à petit, il me semble que ce n'est plus le cas avec les romans de Cornwell et Scarpetta. Certains vont apprécier ces développement de personnages, mais je ne suis pas certaine...

Toujours est-il que malgré un refroidissement, j'achète toujours les romans de Patricia Cornwell. Dernièrement, j'ai acheté Predator. Je me le réservais pour un moment "spécial". Donc, quand j'ai commencé la lecture, je me suis bien installée prête à disparaître dans ce nouveau roman policier de Cornwell. Quelques dizaines de pages plus tard. Je décide de faire autre chose. Chaque soir, je reprends mon livre. Cela fait plusieurs jours - bon quelques semaines - que j'ai commencé Predator, et je n'ai que le quart de lu... sur quelques 400 pages. J'aurais dû terminer depuis longtemps. Je n'arrive pas à accrocher mais je n'arrive pas à le mettre de côté. J'ai véritablement de la difficulté avec les personnages. Trop d'informations, trop de références à des événements  qui ont eu lieu dans d'autres romans. Impliquant qu'il faut avoir lu les livres précédants pour bien comprendre. Si je voulais lire une série, je lirais une série... pas besoin de lire tous les livres d'Agatha Christie pour lire un roman avec Hercule Poirot.

Et où est la cuisine de Scarpetta ? Pas encore une trace... Et trop de Lucy... on s'en fout de Lucy... et c'est quoi ces états d'âme de Marino ? et c'est quoi l'intrigue au juste ? de petites pistes... ça tarde à se dessiner un peu, trop de "méchants"... et quand parlera-t-on un peu de médecine légiste ?  Bon... enfin... je ne suis pas prête à abandonner encore.  Retournons aux pages du livres...

14 février 2008

Quelques mots...

"On ne s'aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de vous ou du monde"

[Jean Anouilh]

"Le véritable amour c'est quand un silence n'est plus gênant."

[Jean-Jacques Goldman]


"L'amitié, comme l'amour, demande beaucoup d'efforts, d'attention, de constance, elle exige surtout de savoir offrir ce que l'on a de plus cher dans la vie : du temps ! "

[Catherine Deneuve]

  
Amour
" We're so wonderfully wonderfully wonderfully
Wonderfully pretty!
Oh you know that I'd do anything for you...
We should have each other to tea huh?
We should have each other with cream
Then curl up by the fire
And sleep for awhile
It's the grooviest thing
It's the perfect dream"

[Love Cats - The Cure]

14 octobre 2007

Haunting of Hill House, The (Maison hantée)

Maison hantée / Shirley Jackson. – [Paris] : Presses Pocket, 1993. – 253 p.; 18 cmMaisonHant_e1. – ISBN2-266-05527-5

Titre original : The Hauting of Hill House

Quatrième de couverture

Une maison est comme un visage. Quand elle exhale l’arrogance et la haine, quand elle est sans cesse à l’affût, elle ne peut être que dangereuse. Et Hill House semblait s’être érigée seule, selon ses propres plans. Il n’y avait pas en elle la moindre place pour l’homme, ni pour l’amour, ni pour l’espoir. Elle était l’abomination, la mort. Elle m’attendait, maléfique et patiente…

Résumé

L’histoire se déroule dans les années ’50 aux Etats-Unis. Le Dr. John Montague est anthropologue et docteur en philosophie. Il se passionne pour la parapsychologie et les phénomènes surnaturels. Pour une de ses recherches, il veut passer quelques temps dans une maison réputée hantée. Son choix s’arrête sur Hill House. Il y amènera 3 autres personnes afin d’étudier non seulement la maison mais également les réactions d’autres personnes.

Ces invités sont Luke, le futur héritier de la maison et deux jeunes femmes, Théodora et Eléonore, toutes deux ayant des dons paranormaux. Ils se rendront rapidement compte que la réputation de la maison n’est pas exagérée. Dès leur première nuit dans la maison, des phénomènes inexpliqués et inquiétants ont lieu. Petit à petit, ils découvriront l’histoire de Hill House. Les phénomènes se multiplient et semblent souvent se centrer sur Eléonore. Ils resteront une semaine dans cette maison.

L’auteur

SJShirley Jackson est née un 14 décembre en 1916 à San Francisco en Californie – bien que l’auteur a souvent déclaré qu’elle était née en 1919 afin de paraître plus jeune que son époux. Elle vécut dans la ville de Bulingame jusqu’en 1939 alors que sa famille déménage à Rocherster dans l’état de New York. Elle obtint un diplôme de l’Université de Syracuse en 1940. Pendant son séjour dans cett université, elle travaillera dans le magazine littéraire du campus. Elle y rencontrera son futur époux, Stanley Edgar Hyman – qui sera critique littéraire.

Ils s’établiront dans le Vermont où ils eurent quatre enfants. Stanley Hyman sera professeu de littérature pour le Bennington College. Shirley se consacra à l’écriture. Elle avait toujours aimé écrire et avait gangner un prix pour ses poésies à l’âge de 12 ans. Elle écrivit plusieurs romans, pièces de théâtre, de nombreuses nouvelles et quelques œuvres pour les enfants. Ses œuvres les plus connues demeurent la nouvelle « The Lottery », « The Haunting of Hill House » et « We Have Always Lived in the Castle ».

Elle souffrira toute sa vie de différentes névroses et maladies psychosomatiques. Elle décède le 8 août 1965 à l’âge de 48 ans dans son sommeil d’un arrêt cardiaque. Son décès fut attribué à son surpoids et au fait qu’elle fumait beaucoup. Mais on souligna également qu’elle prenait beaucoup de médicaments pour contrôler ses psychoses et dépressions et que cela a pu contribuer à sa mort.

Elle a inspiré de nombreux auteurs fantastiques et Stephen King a dit de son roman « The Haunting of Hill House » que c’est le « meilleur roman fantastique de ces cents dernières années. »

Bibliographie (partielle)

  • The Road Through the Wall, 1948 (également connu sous le titre de The Other Side of the Street)
  • The Lottery, or, The Adventures of James Harris, 1949
  • The Lottery, 1950 (scénario)
  • Hangsaman, 1951
  • Life Among the Savages, 1953
  • The Bird's Nest, 1954 (également connu sous le titre de Lizzie)
  • The Witchcraft of Salem Village, 1956 (J)
  • Raising Demons,      1957
  • The Sundial, 1958
  • The Haunting of Hill House, 1959
  • The Bad Children: A Play in One Act for Bad Children, 1959
  • We Have Always Lived in the Castle, 1962
  • Nine Magic Wishes, 1963 (J)
  • Famous Sally, 1966 (J, post.)
  • Come Along With Me: Partie d’un roman, Sixteen Stories and Three Lectures, 1968 (post.)

Sources

Citations

« Maintenant, nous allons entendre un nouveau bruit, songea Éléonore en écoutant l’intérieur de sa tête. C’est en train de changer. Les coups s’étaient tus, comme s’ils avaient compris qu’ils ne servaient à rien, et ils faisaient place à un mouvement précipité qui fonçait d’un bout à l’autre du corridor, comme un animal qui y aurait fait les cent pas en bouillant d’impatience, observant une porte après l’autre, tendant l’oreille au moindre son dans l’une des chambres. Puis ce fut de nouveau le léger murmure babillard dont Éléonore se souvenait. Est-ce moi qui fais cela? Se demanda-t-elle vivement. Est-ce moi?  » p. 208

Commentaires sur l'oeuvre à suivre...

27 décembre 2007

Cherchez le tupperware... introduction

J’ai déjà exprimé – de façon très modérée, je dois dire – le fait que je ne suis pas particulièrement heureuse du choix de mon père en ce qui concerne sa nouvelle relation « amoureuse ». Cela va bientôt faire un an qu’il m’a annoncé l’existence de cette relation mais ça fait au moins un an et demi – peut-être plus, on ne peut pas vraiment savoir – qu’elle existe.

Au delà du fait que j’aurais évidemment préféré – en tant que petite fille – qu’il n’y ait pas de nouvelle femme dans sa vie (après tout, il a eu 70 ans cette année et il passait son temps à dire qu’il ne voulait personne d’autres dans sa vie, qu’il était bien ainsi et qu’il ne voulait pas remplacer ma mère), c’est beaucoup moins le fait qu’il y ait quelqu’un queTupperware1 la façon dont ce fut fait et maintenant, surtout la personne en elle-même.

Bon... une fois le choc passé lors de l’annonce de la relation

(un joyeux 3 janvier de 2007, mon père me dit qu’il vient me voir, qu’il n’aura pas besoin de prêt pour son nouvel appartement... j’attends toute la journée, me demandant pourquoi, et il arrive finalement avec cette dame me disant qu’ils vont vivre ensemble...enfin)

et que tous les mensonges –bien enfantins et bien inutiles - furent plus ou moins découverts et qu’ils eurent plus ou moins cessé

(« je ne la connais que depuis cet automne... bon depuis août... bon depuis juillet... ce sera juste une coloc... bon on couchera dans la même chambre... non, elle ne vit pas ici, seulement dans le prochain appartement...heu non non, les crèmes cachées sous les serviettes dans la chambre de bain ne sont pas les siennes.. »)

et la surprise provoquée par certains comportements complètement atypiques fut plus ou moins passée

(des voyages avec la dame alors qu’il déteste voyager, des repas au restaurant alors qu’il fut toujours impossible de l’y amener, des visites dans la famille de la dame alors qu’on ne pouvait jamais aller visiter les oncles et tantes avant, et j’en passe...)

et que son attitude de jeune adolescent se fut plus ou moins modérée

(achat de nouveaux vêtements, car elle n’aime sa façon de s’habiller, visite chez le coiffeur alors qu’il fut toujours fier de dire qu’il se coupait les cheveux lui-même,...)

et que la blessure provoquée par certaines paroles et actes fut plus ou moins cicatrisée

(ne pas comprendre que je préfère que la dame ne soit pas là pour venir chercher les cendres de ma mère, répéter des paroles dictées par une autre, car pas du tout sa façon de s’exprimer...)

je me disais finalement que s’il était heureux, s’il se sentait moins seul, et bien c’était une bonne chose. Il n’était pas très vieux, il lui reste encore de nombreuses années à vivre et donc, une nouvelle amie pouvait être quelque chose de bien.

Évidemment, c’était sans vraiment connaître, celle que j’appelle désormais, « la petoune espagnole ». Les histoires sont nombreuses, mais je passe sur celles-ci pour le moment. Peut-être que je laisserai aller à écrire sur ces histoires un autre jour. Pour le moment, disons seulement, que les comportements atypiques continuent, les attitudes d’adolescent font encore parfois leurs apparitions, et surtout les agissements et paroles autant de lui que d’elle blessent encore.

Mais que vient faire la recherche de tupperware dans tout cela ?

J'y viens...

26 décembre 2007

Quelques livres de plus

Chanson1Cette année, à venir jusqu’à maintenant les Fêtes sont assez tranquilles. C’est ce que je voulais...

Tous les cadeaux étaient achetés et donc samedi, le 22 décembre, nous en avons profité pour faire tranquillement des commissions. Puis dimanche, nous sommes partis pour Montpellier. De Barcelone, la route n’est pas très longue, mais nous sommes passés par la côte, notre chemin préféré. Après la Costa Brava et ses petites routes dans les falaises, nous avons fait un premier arrêt à Banyuls pour manger un énorme croque-monsieur. Puis direction Montpellier pour un souper chez un ami québécois, son épouse française et ses deux garçons. Le repas fut excellent, la conversation agréable et la marche après le repas dans un Montpellier  illuminé, superbe.

Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, nous sommes allés faire un dernier tour à Montpellier, histoire de voir le Marché de Noël (évidemment) et d’aller au FNAC !!! Il y a bien un FNAC à Barcelone, mais la sélection de livres en français (et en anglais) est limitée. Et bien que j’achète quelques livres en espagnol, je préfère tout de même lire en français ou en anglais. Et donc… ce furent quelques heures très agréables de bouquinage et de dépenses – beaucoup trop de dépenses… et bon yen quand vais-je pouvoir lire tout ça ? ;-)  Mais cela était nécessaire à ma vie de lectrice !

Et puis ensuite, nous sommes revenus en passant par quelques endroits que nous aimons bien… l’Abbaye de Valmagne où nous avons acheté d’autres livres et quelques bouteilles de vin, puis un détour par quelques petits villages des Corbières… et évidemment, Quéribus... enfin… un 24 décembre un peu différent. Ce dont j’avais bien besoin !Catedral

Le lendemain, nous avons fait notre souper de Noël, mon copain et moi, tous les deux. Et puis nous nous sommes échangés nos cadeaux. Et devinez quoi ! J’ai reçu deux autres livres !!!

CaligraLe livre « Catedral del Mar » de Ildefonso Falcones, en édition de luxe avec une carte de Barcelona du XIVe siècle. Le livre est magnifique et je voulais lire ce roman depuis longtemps. Et surtout, la cathédrale Santa Maria del Mar est ma préférée de Barcelone. J’ai également reçu un superbe livre ancien datant de 1906 « Album Caligráfico Universal » avec de magnifiques planches de différentes calligraphies. Il me connaît bien :-)

Il est certain que sans ma soeurette qui est à Montréal et la nouvelle situation de mon père, les Fêtes de Noël sont différentes... Et sans ma mère... qui aimait tant Noël... soupirs...

J’ai bien d’autres choses à dire à propos du repas chez mon père et les Fêtes ne sont pas terminées... mais pour le moment c’est tout...

Quelques livres de plus et un peu de tranquillité... et je dois dire que je suis bien contente !

25 octobre 2007

Les archives de Pauline: Chasser les chauves-souris

Quand elle était petite, elle aimait bien jouer. Elle avait beaucoup de responsabilités mais elle avait tout de même le temps pour quelques jeux. Parfois, elle suivait son grand frère – qui avait une année de plus qu’elle – dans la grange pour faire la chasse aux chauves-souris. Ou bien était-ce dans la « shop » ou la « shed »? Je ne sais plus trop. Mais je sais qu’ils y allaient souvent. Avec d’autres amis. Je ne me souviens plus non plus s’ils avaient le droit d’y aller. Mais j’ai vaguement le souvenir que non.CV

Et donc, un jour – ou était-ce un soir ? Cela aurait plus de sens si c’était un soir, mais cela me surprendrait aussi beaucoup, car je ne crois pas qu’elle aurait pu jouer dehors le soir, mais une chose est certaine, il faisait sombre dans le lieu-dit. Enfin… reprenons : Un jour, elle jouait dans la grange avec son frère et ils chassaient les chauves-souris. Les armes utilisées pour chasser les chauves-souris étaient des bâtons, des branches, des balais et surtout des bâtons de base-ball. Le but étant de frapper les chauves-souris. Jeu cruel comme beaucoup de jeux d’enfants. Mais pour leur défense, il était très rare qu’ils réussissent à même effleurer les chauves-souris. Les chauves-souris ayant nettement l’avantage dans cette lutte. Question d’ultrasons. Elle m’a dit que c’était presque impossible de les toucher et que c’était faux que les chauves-souris s’accrochaient aux cheveux. J’ai vérifié dans une encyclopédie. Il est en effet totalement vrai que c’est faux.

Ils courraient dans le bâtiment sombre à la poursuite de souris ailées. Il est plus facile de chasser un animal nocturne dans la noirceur. C’est plus excitant aussi. Mais cela rend les choses difficiles. Et alors qu’ils courraient dans tous les sens, son frère, qui voulait frapper une chauve-souris qui virevoltait, lui donna un grand coup de bâton de base-ball sur la tête. Elle m’a dit qu’elle avait vraiment vu des étoiles.

Elle s’est effondrée et a nettement pu voir de belles étoiles devant ses yeux et partout dans la grange avec quelques tâches noires qui semblaient rire, probablement les chauves-souris qui se moquaient de la situation. Enfin, c’est ce qu’il lui sembla, en fait, elle dit que c’était plus comme une résonance proche du son de cloches. Elle fut donc complètement sonnée et étoilée. Évidemment… ce fut la panique. Son frère convaincu de l’avoir tuée… les parents paniqués l’amenant dans la maison. Je ne me souviens plus s’il y a eu hôpital ou médecin, mais je me souviens qu’elle m’a dit avoir eu une belle grosse prune sur la tête comme Fred Flintstone dans les Flintstones. Et que son frère a été un peu moins turbulent pendant quelques temps… il avait vraiment eu peur de l’avoir tuée. Il fut aussi pendant quelques jours un peu plus prévenant avec elle. Pas longtemps… le temps d’oublier avoir blessée sa petite sœur. Elle soigna longtemps sa belle bosse et jouit quelques jours des attentions de tout le monde. Puis, elle retourna jouer dehors, mais elle n’est plus retournée chasser les chauves-souris.

15 octobre 2007

Haunting of Hill House, The (Suite)

MaisonHant_e222Maison hantée / Shirley Jackson. – [Paris] : Presses Pocket, 1993. – 253 p.; 18 cm. – ISBN2-266-05527-5

Titre original: The Hauting of Hill House

L’oeuvre

Le roman de Shirley Jackson est simple et efficace. Son style d’écriture, sans fioriture, offre pourtant de magnifiques descriptions. Son choix de mots est juste et précis. Le roman est classé habituellement dans les romans fantastiques et d’horreur, cependant jamais nous ne trouveront d’images excessives ou sensationnalistes. On a parfois plus l’impression de lire un roman psychologique que d’horreur. Mais l’horreur et le fantastique sont bien présents. La narration demeure étonnamment calme et posée, voire détachée et froide, malgré la peur et l’angoisse que l’on sent atteindre les personnages.

Les personnages sont réels et bien cernés, même si certains traits de caractères sont parfois moins développés. Les personnages principaux sont de toute évidence, Eléonore et la maison elle-même. La maison semble réellement vivre et est un personnage à part entière. Certaines critiques négatives ont soulignés justement que les autres personnages sont un peu sous-développés. Beaucoup de place a été en effet fait à Eléonore et à son rapport avec la maison. On a parfois l’impression que les autres protagonistes n’ont que peu d’importance dans l’histoire.

Il existe deux adaptations cinématographiques du roman. Une première qui fut réalisée par Robert Wise en 1963 sous le titre de « The Hauting » (La maison du diable) et une deuxième adaptation en 1999 par Jan de Bont également intitulée « The Hauting » mais « Hantise » en français. L’adaptation de Wise, en noir et blanc (par la volonté du réalisateur) est excellente et rend de façon fidèle et efficace le roman. On ne « voit » rien, tout est subtil, mais très effrayant. La musique et la bande sonore sont un chef d’œuvre et soulignent à merveille chaque moment. Ils en deviennent presque un personnage à part entière. L’actrice qui interprète Eléonore est excellent et a su nous montrer l’évolution du personnage au cours de son séjour dans la maison. L’adaptation de 1999 est malheureusement beaucoup moins réussie. On a misé sur des effets spéciaux inutiles – et non demandés par l’histoire –, par des ajouts qui veulent expliquer le pourquoi du comment et surtout par une fin non conforme au roman. Les acteurs sont connus et adéquats pour la plupart, mais il n’arrive à rendre les émotions des personnages.

Commentaires personnels

J’ai vu le film de Wise avant de lire le roman. J’ai vu ce film une nuit de travaux intense pendant mon cégep. J’avais besoinMaisonHant_e2 d’une pause et j’ai ouvert la télévision pour quelques instants. Malheureusement pour mon travail de littérature je n’y suis pas retournée. Mais j’ai pu voir, cette nuit-là, un des meilleurs films « d’horreur » qu’il m’ait été donné de regarder. Rien. On n’y voit pratiquement rien et pourtant, j’étais complètement figée pendant tout le film. Des sons, des mots, des plans… et ce sont tout. On n’hurle pas, il n’y a pas de sang, mais on sent toute la malveillance, l’horreur de cette maison.

J’ai donc longtemps hésité à lire le livre. Encore une fois, j’avais peur d’être déçu… ou du film ou du roman. Je n’ai pas regretté d’avoir lu le livre. Le roman est extrêmement bien construit. Le style est direct et réaliste. On nous présente les personnages et la situation comme très normaux malgré le fait que la maison est toute sauf normale. Dans le livre, on sent la maison vivre.

Le livre est tout aussi froid que le film. Pas de fioritures, pas de sang, tout est suggéré. Mais on peut aussi critiquer cette froideur et le détachement de la narration – alors même que d’autres y voit une force. On a parfois de la difficulté à s’attacher aux personnages, même le personnage principal, Eléonore. Tout est décrit de son point de vue, même si au tout début, c’est un point de vue extérieur. Rapidement, la maison et Eléonore ont un lien et c’est parfois agaçant. On voit Eléonore se transformer au cours du roman, pour devenir complètement paranoïaque et angoissée… mais il aurait été intéressant de voir plus les réactions des autres personnages. La peur est elle aussi un « personnage » du roman. On en vient à presque la voir. Elle se transforme au cours du roman. Elle est, à la fois impalpable et très présente. On passe des frissons à l’hystérie totale. Et ce, même si les personnages ne « voient » rien…

On peut se sentir aussi un peu frustré par la fin puisqu’on ne peut être certain des causes de tous ces phénomènes mais personnellement, j’ai trouvé cette fin très adéquate.  

J’ai vu la deuxième adaptation cinématographique du roman. Elle est nettement inférieure. Le réalisateur n’a, selon moi, pas compris le roman. Ou alors il a succombé à la tentation de le rendre plus «  commercial ». On voit trop de choses. On explique trop de choses. Quelques scènes sont magnifiques, mais n’ont rien à voir avec le roman. Mais contrairement à la plupart des critiques, j’ai trouvé les acteurs bien choisis, particulièrement Catherine Zeta-Jones (que je n’aime pas habituellement), elle dégage toute la froideur de son personnage.

Mais je conseille de livre le roman et de voir la première adaptation cinématographique. Et d’oublier la deuxième adaptation. Ce qui me peine car j’aime beaucoup l’actrice Lily Taylor.

Sources

Castricano, J. “Shirley Jackson’s The Haunting of Hill House and the Strange Question of Trans-Subjectivity.” Jung: the e-Journal of the Jungian Society for Scholarly Studies 2.3 (2006):26 pp. [date retrieved] http://www.thejungiansociety.org/Jung%20Society/e-journal/Volume-2/Castricano-2006.html .

Citations

« Aucun organisme vivant ne peut connaître longtemps une existence saine dans des conditions de réalité absolue. Les alouettes et les sauterelles elles-mêmes, au dire de certains, ne feraient que rêver. Hill House se dressait toute seule, malsaine, adossée à ses collines. En son sein les ténèbres. Il y avait quatre-vingts ans qu’elle se dressait là et elle y était peut-être encore pour quatre-vingt ans. À l’intérieur, les murs étaient toujours debout, les briques toujours jointives, les planchers solides et les portes bien closes. Le silence s’étalait hermétiquement le long des boiseries et des pierres de Hill House. Et ce qui y déambulait, y déambulait tout seul. » p. 9



Premier article: Haunting of Hill House, The (Maison hantée)

15 juin 2007

Le Survenant (Lecture obligatoire)

survenant44C'est la première chose qui vient à l'esprit de bien des gens... et je m'inclus dans ces gens. Depuis quelques années certaines personnes pourraient peut-être penser au film. La version de 1995, évidemment, pas la version de 1957.

J’ai dû lire trois fois le Survenant. Et je l’ai lu 5 fois en tout. Donc, trois lectures obligatoires et deux lectures pour le plaisir.

Et je dois avouer que ma première lecture… hum hum… mes deux premières lectures du roman de Guèvremont furent ardues. 

Secondaire 4, 15 ans, première lecture du Survenant. Roman de la terre écrit avec un langage disons-le légèrement archaïque à mes oreilles. Malgré le fait que j’adorais lire, je dois avouer que la lecture « obligatoire » du roman fut difficile. Je l’ai lu rapidement, en biais et je n’ai absolument rien apprécié, ni compris. Je n’ai retenu que le langage de mes « aïeux » et quelques souvenirs de ma grand-mère : les « veillées », les « contes » et autres coutumes. Mais je n’ai pas réellement lu le roman.

Première année de Cégep, 17 ans et des poussières… autre lecture obligatoire du Survenant. J’étais alors dans le programme de Lettres, mais le cours qui obligeait la lecture du livre était un cours obligatoire pour tous, le cours de français intitulé : Littérature québécoise. Le roman étant un incontournable, il fait partie de la plupart des cursus des cours de littérature québécoise. Encore aujourd’hui… même si certains professeurs sortent des sentiers battus.

Toujours est-il que cette seconde lecture fut à peine plus intéressante. Disons tout de même que je l’ai lu complètement et non en biais, et que je l’ai trouvé légèrement plus intéressant. Quelques personnages m’apparurent plus intrigants et intéressants, mais sans plus.

Et puis ce fut l’analyse en classe. La discussion de groupe. Et puis certaines choses s’éclaircirent, quelques passages se distinguèrent. Et je l’ai relu. Pour moi… pour le comprendre mieux. Et cette troisième lecture non-obligatoire fut agréable. J’ai commencé à lire le livre d’une façon différente. À lire l’histoire, à voir les symboles, à comprendre la poésie des mots utilisés.

Première année d’Études françaises à l’Université de Montréal, 19 ans, ce fameux cours d’une année où il y a 80 livres à lire –sans compter les livres des autres cours-. Dans cette liste de 80 livres, certains étaient obligatoires et communs à tous, d’autres libres. Parmi les livres obligatoires… Le Survenant. Mais cette fois j’étais contente. J’ai donc relu le livre. Et en plus cette fois, j’avais eu des cours d’histoire de mon coin de pays… et j’avais une meilleure idée de contexte social, historique, culturel…

Cette lecture fut particulièrement incroyable… non seulement, je lisais le livre en comprenant finalement l’époque, les symboles, les thèmes… mais maintenant, je pouvais me perdre dans l’histoire… essayer de comprendre le Survenant, ayant de la compassion pour le père Didace et également pour son fils et sa femme… sourire devant les gestes et pensées d’Angélina et le Survenant…

Et puis, il y a quelques mois, j’ai relu le livre… encore une fois, pour moi… bien sûr le nouveau film – pas mauvaise adaptation, il faut le dire – m’a donné envie de relire les mots.

Et je le dis et je le répète c’est un chef d’œuvre… un point marquant dans l’histoire littéraire du Québec mais aussi une histoire touchante, un cri pour la liberté… même si une partie de moi aurait bien voulu que le Survenant reste avec sa « belle brune »…

Et cette lecture obligatoire devient obligatoire car on se doit de lire ce livre… pour son histoire, pour son importante littéraire, pour sa représentation d’une époque de l’histoire québécoise… parce que telle une étoile, le Survenant passe dans notre vie pour ressortir sans avis mais en ayant complètement changé notre perception…

Mais bon… je comprends la difficulté de lire le livre… ma cousine de 16 ans ne l’a pas trouvé bien intéressant… peut-être plus tard…

- Commentaires sur l'auteur
- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (suite 2) - Commentaires personnels
 

21 mai 2007

Le Survenant

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X


Quatrième de couverture : 

- Vous autres, vous savez pas ce que c’est d’aimer à voir du pays, de se lever avec le jour, un beau matin, pour filer fin seul, le pas léger, le cœur allège, tout son avoir sur le dos. Non! Vous aimez mieux piétonner toujours à la même place, pliés en deux sur vos terres de petite grandeur, plates et cordées comme des mouchoirs de poche.

L'auteur :

Germaine Grignon est née à Saint-Jérôme (au Québec) en 1893. Son père qui était avocat et sa mère qui s’adonnait à la peinture étaient tout deux des rêveurs et aimaient la littérature. Sa mère était une parente du fameux curé Labelle qui est renommé pour son implication dans le développement de la colonisation du pays.Germaine Germaine Grignon est également la cousine de l’auteur Claude-Henri Grignon qui a écrit entre autre le très connu roman : « Un homme et son péché ».

On lui fit faire des études chez les sœurs de Sainte-Croix à Sainte-Scholastique, ville de son enfance, puis chez les sœurs de Sainte-Anne à Saint-Jérôme et à Lachine. Son éducation fut complétée par des cours de piano et d’anglais à Toronto.

Elle occupa un poste au palais de justice de Saint-Scholastique puis à Sorel, pendant quelques années. Lors d’un voyage à Ottawa, elle rencontra Hyacinthe Guèvremont et ils se marièrent en 1916. Le couple vivra d’abord à Ottawa. Quatre ans plus tard, ils s’installent à Sorel qui est la ville natale de son mari. Ils auront cinq enfants.

En 1926, après la mort d’une de ses filles à l’âge de trois ans, Germaine Guèvremont décide d’écrire et devint tout d’abord journaliste pour le journal montréalais The Gazette. Elle écrira également pour le Courrier de Sorel. Lorsqu’elle s’installe à Montréal en 1935, elle interrompt brièvement sa carrière journalistique pour la reprendre en 1938, alors qu’elle écrit pour la revue Paysanna divers articles sur la culture. Elle y publie également des contes et des romans feuilletons.

Elle collaborera à la rédaction de la série des « Belles histoires des Pays d’en haut » avec son cousin Claude-Henri Grignon. Elle écrira également, en 1939, une pièce de théâtre « Une grosse nouvelle » ainsi qu’un roman-feuilleton intitulé « Tu sera journaliste » et qui est à caractère autobiographique. Dans beaucoup de ses œuvres et notamment dans ses contes, on peut retrouver comme sujets principaux la vie au Chenal du Moine ainsi que la famille Beauchemin.

À partir de 1940 jusqu’en 1942, elle écrit pour la revue L’Oeil, un billet mensuel. Elle utilise alors un pseudonyme « La femme du postillon ». C’est en 1942 qu’elle publiera un recueil de ses meilleurs contes intitulé « En pleine terre ».

Elle publie son œuvre principale et la plus célèbre « Le Survenant » en 1945. Ce roman qu’elle prend deux ans à écrire reprend l’univers de ses contes et elle y introduit de nouveaux éléments dont les célèbres personnages du Survenant et d’Angélina. Le livre est immédiatement reconnu comme une œuvre importante de la littérature canadienne-française (« québécoise »). Il recevra d’ailleurs les prix Duvernay (prix de la Société Jean-Baptiste) en 1945 et David en 1946. Il recevra également le prix Sully-Olivier de Serres en 1946 en France (prix de l’Académie francaise).

Ce succès est immédiatement suivi de la publication en 1947, d’un autre roman, qu’elle intitule « Marie-Didace ». Ce dernier qui est une suite du Survenant connaît également un vif succès. La même année elle reçoit la médaille de l’Académie canadienne-française qui est lui est décernée pour l’ensemble de son œuvre. Elle avait prévu une suite à ses deux romans. Ce roman, qui devait s’intituler « Le plomb dans l’aile »  restera une ébauche.

Elle sera élue membre, en 1949, à cette même Académie – aujourd’hui nommée l’Académie des lettres du Québec. Les deux romans seront traduits et publiés à New York et Londres en 1950. La traduction du Survenant, intitulé « The Outlander » obtiendra le prix du Gouverneur Général au Canada.

Germaine Guèvremont  adaptera ensuite ces œuvres, tout d’abord pour la radio sous le titre « Chenal du Moine » (radioroman) et ensuite pour la télévision (téléroman). Ces deux œuvres seront diffusées avec succès jusqu’au début des années 60.

La Société royale du Canada l’invitera à devenir membre en 1961. L’année qui suivit elle participe au Nouveau Journal. Elle recevra aussi de l’Université Laval à Québec et de l’Université d’Ottawa des doctorats « honoris causa ». Elle publie dans le journal Le Devoir et le magazine Châtelaine, certains passages d’un recueil de souvenirs qu’elle est en train de rédiger et qui doit s’intitulée « Le Premier Miel ». Ce recueil demeurera inachevé puisqu’elle décède en 1968 à Terrebonne au Québec.

Bibliographie :

Tu seras journaliste (1939) – Roman sous forme d’un feuilleton
En pleine terre. Paysanneries. Trois contes (1942) - Contes
Le Survenant (1945) – Roman
Marie-Didace (1947) – Roman

 Sources :

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://jydupuis.apinc.org/dotclear/index.php/2005/05/28/78-le-survenant-de-germaine-guevremont


Commentaires à suivre...

 

- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (suite 2) - Commentaires personnels
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

 

23 avril 2007

Un livre et une rose

En ce 23 avril, la Catalogne célèbre ! On fête le patron de la Catalogne, Saint Georges, ou plutôt Sant Jordi. C'est la journée duSanJordi livre et de la rose. Et puis, finalement, cette fête fut déclarée officiellement par l'UNESCO, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.

Plusieurs légendes entourent Saint Georges. Militaire romain, martyr chrétien au IVe siècle, combat avec le dragon...

Georges était originaire de Cappadoce et servait dans l'armée romaine. Il arriva un jour dans une ville nommé Sylène (en Lybie) terrorisé par un dragon. On lui donnait régulièrement une offrande - des brebis - mais on fut rapidement obligé d'offrir des sacrifices humains.  Lorsque la fille unique du roi fut désignée comme victime, Georges fut touchée de son sort - et de ses larmes - et décida de la sauver "au nom du Christ".

Il combattit le dragon avec sa lance. Il le blessa d'abord. Il dit alors à la princesse, de tenir en laisse le dragon avec sa ceinture qui se mit à la suivre. Lorsque les habitants de la ville ainsi que le roi furent témoin de ce "miracle", ils se convertirent immédiatement et se firent baptiser. Georges tua alors le dragon avec son épée. On dit que de la blessure du dragon infligée par Saint Georges, jaillit du sang et que lorsque celui-ci toucha le sol, un rosier émergea. Saint Georges cueillit une rose de l'arbuste et l'offrit à une princesse. Celle-ci, touchée par le geste, lui offrit un livre pour lui témoigner sa gratitude ainsi que son amour. Ces deux gestes incitèrent tout le peuple à se convertir au christianisme. un nouveau rosier renaît chaque année à ce même endroit.

Et on perpétua cette tradition - directement issue de la "Légende dorée" (ouvrage rédigé au XIIIe siècle qui relate entre autres les vies de saints, saintes et matyrs chrétiens) - particulièrement en Catalogne et elle devint la "fête des amoureux". Lors de cette fête, beaucoup plus populaire que la Saint Valentin, les amoureux s'échangent une rose et un livre. Traditionnellement, l'homme offre une rose à son amoureuse et la femme offre en retour, un livre. Aujourd'hui, on s'échange un livre et une rose en cette journée - peu importe son "sexe"...
 
La Sant Jordi - la Saint Georges - est également devenu un symbole de l'identité catalane. De plus, l'association entre la Sant Jordi et l'anniversaire de la mort de Cervantes - ainsi que Shakespeare, et de la Vega - tous trois auteurs célèbres et décédés un 23 avril de 1616,  fut également une raison pour célébrer le "Jour du Livre" en cette journée. On célèbre également ce 23 avril pour promouvoir le livre et la culture à travers le monde. Et donc la tradition catalane devint une fête internationale.

Depuis quelques jours et plus particulièrement aujourd'hui, en ce 23 avril, les rues de Barcelone font la fête. Les drapeaux catalans, les kiosques de livres et de fleurs envahissent les rues. Et avec ce soleil qui a réapparu depuis quelques jours... Barcelone fait la fête !

29 mai 2007

Le Survenant (Suite 2)

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X

Commentaires personnels :

L’histoire du roman de Germaine Guèvremont peut sembler simple, voire banale. Un homme – un itinérant – cogne à la porte d’une maison à la campagne pour demander un repas. Le père de la famille, non seulement l’invite à les joindre à leur table, mais lui offre le logis en échange de son travail. Cet homme qui survient à l’improviste dans cette famille, va former des liens avec celle-ci et avec les habitants du village. Il transformera leur vie. Puis il part comme il était venu, à l’improviste.

Le roman s’inscrit également dans ce qui est convenu d’appeler « roman de la terre », bien qu’il soit un des derniers représentants du genre. Il présente en effet, les principaux aspects que l’on peut retrouver dans ce genre de roman : la vie rurale ainsi que les traditions, les valeurs et les habitudes des gens vivant de la terre àSurvenant1 cette époque. On nous présente les différentes tâches rurales quotidiennes et annuelles, puisque nous passons une année entière, un cycle complet, sur la ferme des Beauchemin avec le Survenant. Le roman s’inscrit donc parfaitement dans le genre « terroir » par sa peinture de la vie, « de l’âme » paysanne.

On nous présente également l’opposition entre la vie rurale, sédentaire et traditionnelle et la vie nomade, libre, sans attaches et souvent représentée comme n’ayant pas de morale. La « bonne » vie et la « mauvaise » vie. On oppose aussi les gens vivant à la campagne et dans les villages avec les gens sans attaches, les coureurs des bois, mais aussi les gens vivant à la ville.

Les personnages représentent en général assez bien ces archétypes. Les habitants du Chenal-du-Moine sont sédentaires, ancrés dans la tradition et respectueux des valeurs familiales et religieuses. Ils sont attachés à la vie rurale, simple et fruste. Ils préconisent avant trois valeurs qui sont pour eux fondamentales et qui devraient être universelles : la famille, la religion et la terre.  

Le Survenant, quant à lui, représente l’opposé. Un personnage libre, sans attache, sans famille, sans passé, incertain du futur. Il est fort, bagarreur, aime « bien » vivre, boire et fêter. Il représente la vie errante, l’aventure, les terres et la vie inconnues. Il représente également un ancien style de vie qui rappelle aux habitants sédentaires du village, la vie de leurs ancêtres qui sont venus de loin pour coloniser les terres du Québec.

Mais l’auteur va au-delà de ces archétypes. Elle donne plusieurs dimensions à ses personnages et c’est ce qui fait démarquer son roman du style en général et de d’autres romans du genre.

Les membres de la famille Beauchemin présentent plusieurs aspects contradictoires. Le père Didace sympathise immédiatement avec le Survenant et le considère comme un fils adoptif – en remplacement de son propre fils qui le déçoit. Le Survenant permettra au père de réaliser certains rêves, ainsi que de voir une figure de fils qui lui manque. Il lui procure également l’occasion de finalement fuir – symboliquement et ensuite physiquement - un peu cette famille qui le déçoit ainsi que sa vie qu’il considère terne (alors qu’avant il l’a considérait comme naturelle et remplie de valeurs traditionnelles et importantes). Sa famille est en crise et il le sait.

Le fils Beauchemin et sa femme ne voient pas du même œil la présence du Survenant dans leur maison. Ils sont jaloux, se sentent menacés par cette présence. Mais cette présence les pousse également à exprimer leur véritable nature, leurs désirs et espoirs.

Bien que plusieurs des habitants et voisins sont réticents à la présence du Survenant, ils l’acceptent tout de même pour un temps. Ils viennent le voir, écoutent ses histoires, boivent avec lui, … Le Survenant, bien qu’il amène une rupture dans leur vie traditionnelle, apporte également une pause dans leur vie routinière, tranquille, sûre, mais également lente, répétitive et ennuyante. Cette rupture est à la fois mal vue et souhaitée.

Le Survenant, bien qu’ayant tous les traits typiques du personnage du coureur des bois, du « grand-dieu-des-routes ». Mais il est également un sage qui apporte souvent les bons mots aux bons moments. Malgré ses extérieurs rudes et frustres, il sait se montrer doux et tendre. Il a une personnalité magnétique qui semble attirer les gens à lui, même s’il bouleverse la vie de ceux qu’il croise.

On peut facilement voir dans ce personnage qui arrive, transforme la vie des gens qu’il rencontre, et quitte ensuite sans bruit, une figure de sauveur, presque messianique. Il passe rapidement, le temps d’un cycle annuel, telle une étoile qui guide le chemin. Et son passage va changer la vie de la famille Beauchemin, de l’infirme Angélina et des habitants du village. Il les confronte à eux-mêmes, à leur vie, au choix qu’ils ont fait et aux choix qu’ils doivent faire. Après son départ, les gens ne seront plus les mêmes. Le père Didace prévoit un nouveau mariage, Alphonsine attend finalement un enfant, tous des symboles de renouveau, de recommencement. De plus, certains personnages, comme Amable et Angélina sont plus sûr d’eux-mêmes.

Ce qui rend le roman intéressant et le démarque des autres romans de la terre sont principalement ses personnages uniques ainsi que l’écriture simple mais poétique. On se sent vivre aux côtés des habitants du Chenal-du-Moine, on apprend à les connaître et à les comprendre. Et on veut suivre le Survenant.

Le Survenant est devenu une figure mythique – non seulement dans le roman – mais dans la littérature québécoise. Et ce surtout par cette nouvelle fin que l’auteur a livré quelques mois avant la fin de sa vie. Le personnage demeure maintenant un mystère. Contrairement à la première version du roman, le personnage quitte les Beauchemin et le Chenal-du-Moine sans qu’on ne sache rien de lui que ce qu’il a nous a laissé entrevoir lors de son passage. Son importance demeure d’avoir transformé les vies de ceux qu’il a croisé…

- Commentaires sur l'auteur
- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

Extraits :

« Angélina approchait. Venant l’aperçut.

- Aïe, la Noire ! Veux-tu me servir pour l’amour de la vie ? Je me meurs de faim.

Ce premier tutoiement la remua toute. La voix un peu tremblante, elle dit :

- Si vous voulez ôter votre étoile de sur la table, je vous apporte une assiette enfaîtée.

- Mon étoile ?

- Oui, votre grande main en étoile… 

Il vit sa main dont les doigts écartés étoilaient en effet la nappe. Il éclata de rire. Mais quand il se retourna pour regarder l’infirme, celle-ci avait disparu parmi les femmes autour du poêle. »

Sources :

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://jydupuis.apinc.org/dotclear/index.php/2005/05/28/78-le-survenant-de-germaine-guevremont


 


6 mars 2007

Sept jours du talion, Les (Suite)

Commentaires personnels :

Un roman noir, entre le thriller psychologique et l’horreur, qui nous offre une histoire d’une intensité remarquable. En général ce roman de Patrick Senécal a été bien reçu par la critique et par le public. Le roman diffère des autres romans de l’auteur par le fait que le fantastique n’a pas – ou peu – de place dans le récit. Ce qui n’empêche pas l’auteur de décrire des scènes parfois insoutenables – à la limite de l’horreur.

7_joursOn peut facilement déduire du texte que le thème principal est la légitimité de la vengeance – plus que la vengeance elle-même. On analyse notre rapport à la vengeance – ce qu’on serait prêt à faire, ce qu’on permettrait de faire, au  nom de la vengeance.

On peut lire deux histoires : le récit d’un père qui enlève l’agresseur et assassin de sa fillette pour le punir justement – car il ne croit pas que la justice pourra le punir à la mesure du crime que ce « monstre » a commis ;  et le récit de l’enquête policière qui tente de les retrouver – pour amener le criminel devant la justice « légale » et pour empêcher ce père de devenir lui-même un criminel et un assassin. Pour l’empêcher de devenir peut-être lui-même un monstre.

Les scènes sanglantes parsèment ce roman – le personnage principal (le père) étant un chirurgien, les tortures infligées au « prisonnier » sont très bien décrites, très visuelles et très réalistes… on sent la souffrance de l’homme – autant celle de la victime que celle du bourreau, même si nous ne sommes pas toujours certains de qui joue quel rôle.

Il a peut-être un peu trop de détails, et j’ai trouvé que parfois les scènes moins développées en disaient plus et avaient plus d’impacts que celles très détaillées. Le roman est cependant très habilement mené, et on explore toutes les facettes de la vengeance – autant la délivrance qu’elle peut apporter que la souffrance qu’elle n’efface pas. Mais contrairement à quelques critiques, je ne crois pas qu’on parle ici de « haine ». Le père ne considère pas son prisonnier comme un humain, il le considère comme un monstre, une bête… il veut lui faire subir la douleur et l’horreur que sa fillette a ressenti. La vengeance n’implique pas la haine. Et après avoir terminé son acte de vengeance – qui durera 7 jours et qui se terminera par la mise à mort de ce monstre -  il a l’intention de se livre à la justice. Car il sait qu’il devra payer pour avoir torturer et tuer – même s’il ne considère pas cet « homme » comme un humain. Il est conscient de devoir suivre les « règles » établies. Ce détail rend son acte encore plus froid.

L’écriture est efficace, le rythme rapide –tout en sachant ralentir - et on nous fait vivre les émotions intensément, avant même que les événements ne se réalisent. Plusieurs scènes en huis clos, où on ressent presque l’intimité entre la victime et son bourreau – tout en ne cessant jamais de ce questionner sur les rôles de chacun. Plusieurs scènes de dialogues – sans nécessairement beaucoup « d’actions ».

On se questionne sur cette torture, sur la vengeance et sur l’identité du « monstre ». Le roman nous présente d’ailleurs l’opinion publique face à cet acte… les gens prennent positions, appuient ou condamnent le père. L’éthique, la morale, ou la vengeance ? Doit-on, peut-on, se faire justice soi-même ? Et comment peut-on vivre avec la décision ? Peu importe cette décision…

Certaines personnes ont de toute évidence critiqué les scènes très – trop – bien décrites, la trop grande quantité de détails, de sang, etc. Et il peu parfois être difficile de croire aux personnages. On a parfois l’impression que l’auteur en « met trop », qu’on a compris, qu’il n’est pas nécessaire d’en faire plus. Et même s’il est vrai que parfois, j’avais tendance à dire « ok, ça va, j’ai compris » et que l’aspect psychologique aurait pu être plus développé, je crois que l’intensité des scènes avaient leurs places dans la trame, lorsqu’on les prend dans leur ensemble et non, une à une. La violence et l’horreur servent à mener le lecteur vers le dénouement que plusieurs ont trouvé banal, mais qui selon moi, était évident et simple mais intense.  Il est surtout conséquent et crédible.

Certains peuvent avoir eu de la difficulté à comprendre les personnages ou à s’identifier à eux. Je croix cependant qu’ils sont très crédibles et très réalistes. On peut facile comprendre comment quelqu’un de pacifiste, ordinaire, peut perdre son « bon sens », sa morale, devant un acte aussi horrible commis sur une enfant – son enfant. Reste à voir, s’il peut aller au bout ! Le texte joue sur la capacité du lecteur à se mettre dans la peau des personnages – à la fois du tueur et du père -  et sur les sentiments que l’on aura pour ceux-ci. Identification et sentiment.

Quelques passages un peu hors contexte, selon moi, mais qui ne troublent pas trop le récit ; et qu’une analyse plus poussée permettrait sûrement de remettre en perspective.

Le roman nous fait réfléchir sur nos opinions personnelles – vengeance, peine de mort, torture, etc – et comment ces opinions peuvent être confrontées à la réalité. Notre morale, nos principes peuvent-ils être confrontés à l’horreur ?

Premier article: Sept jours du talion, Les

Sources :

 

4 mars 2007

Sept jours du talion, Les

Les sept jours du talion / Patrick Senécal. – Québec : Éditions Alire, 2002. – 333 p.; 18 cm.

Quatrième de couverture :

« Il s'appelle Bruno Hamel, il a trente-huit ans et il est chirurgien. Avec sa petite famille - Sylvie, sa conjointe, et Jasmine, sa fille de sept ans -, il habite Drummondville et, comme tous les gens heureux, il n'a pas vraiment d'histoire. Jusqu'à ce que Jasmine, par un bel après-midi d'automne, soit violée et assassinée.

Dès lors, l'univers de la famille Hamel bascule. Mais lorsque la police arrête le meurtrier, un terrible projet germe dans l'esprit enténébré de Bruno : il va s'emparer du monstre et lui faire payer ce qu'il a fait à sa petite fille.

Le jour de la comparution du meurtrier, Hamel, qui a minutieusement préparé son coup, kidnappe le monstre, puis transmet aux autorités policières un message laconique : celui qui a violé et tué sa petite tille va souffrir pendant sept jours, après quoi il sera exécuté. Ensuite seulement, lui-même se rendra.

Les Sept Jours du talion : un suspense d'une rare intensité dont personne - et surtout pas le lecteur ! - ne sort indemne. »

L’auteur :

Patrick Senécal est né en 1967 dans la ville de Drummondville au Québec. Il commence très tôt à écrire et produit avec un amisenecalpatrickphoto à l’âge de 10 ans, une bande dessinée. Vers l’âge de 13 ans, il commence à écrire des nouvelles.

Il pensera tout d’abord faire des études de médecine, mais alors qu’il est au Cégep de Drummondville, il décide d’étudier plutôt en Arts et Lettres. Il publiera son premier roman alors qu’il est au Cégep, « La vengeance ». Il poursuivra ses études à l’Université de Montréal en faisant un BAC en Études françaises. Il fera également quelques cours de cinéma.

Il fera partie d’un groupe humoristique pendant quelques années, pour lequel il écrit plusieurs textes, en plus de participer sur scène. Un de ses textes sera présenté sous forme de pièce de théâtre «  Les Aventures de l’inspecteur Hector ». La pièce sera présentée en 1997, au théâtre de la Licorne.

Il publiera son premier roman en 1994, « 5150, rue des Ormes ». La même année, il commencera à enseigner la littérature, le théâtre et le cinéma au Cégep de Drummondville. Ce premier roman reprend une thématique où se retrouvent le suspense et le fantastique et qui le fera connaître comme un auteur de roman d’horreur.

Patrick Senécal aime particulièrement l’écriture forte où les émotions, la tension, le suspense, la terreur et le fantastique se mélangent. Il publiera son deuxième roman en 1995 qui reprend ces thématiques, « Le Passager ».

Il publiera par la suite régulièrement. Ses œuvres sont accueillies favorablement par la critique et le public. Son roman, « Sur le Seuil », publié en 1998, sera porté à l’écran par Éric Tessier et met en vedette les acteurs québécois Michel Côté et Patrick Huard.  Senécal participera à la rédaction du scénario. D’autres romans de Patrick Senécal pourraient être portés à l’écran dans les années à venir.

Il a aussi écrit pour la série « La Chambre No 13 »  (le 7e épisode) diffusée en 2006. Son roman « Aliss » paru en 2000 obtiendra le prix Boréal en 2001. Ses premiers romans furent réédités dans des versions remaniées par l’auteur. Parallèlement à son écriture, Senécal continue aujourd’hui d’enseigner au Cégep de Drummondville.

Bibliographie :

  • 5150, rue des Ormes, (1994) - roman
  • Le Passager. (1995) - roman
  • Sur le seuil. (1998) - roman
  • «Ressac», Roberval fantastique, (1998) -      nouvelle
  • «La Source», Fenêtre secrète sur Stephen King      15, (1999) - nouvelle.
  • «Eaux troubles», Fenêtre secrète sur Stephen      King 16, (1999) - nouvelle.
  • «Nuit d'ancre», Solaris 133, (2000) - nouvelle.     
  • Aliss. (2000) - roman
  • «Retrouvailles», Alibis (2001) - nouvelle
  • Les Sept Jours du talion. (2002) - roman
  • Oniria. (2004) - roman
  • Le Vide. (2006) - roman).

Commentaires personnels à suivre...

 

Sources :

 

15 février 2007

The Hunger (1983)

Fiche Techniquehunger2

Année : 1983
Langue
: Anglais
Durée
: 100 min.
Pays
: États-Unis

Directeur : Tony Scott
Producteur : Richard Shepherd
Scénario
: Ivan Davis et Michael Thomas – Roman de Whitley Strieber
Cinématographie
: Stephen Goldblatt
Musique originale
: Michel Rubini et Denny Jaeger

Distribution : Catherine Deneuve (Miriam Blaylock), David Bowie (John Blaylock), Susan Sarandon (Sarah Roberts), Cliff De Young (Tom Haver)

Synopsis  

Deux vampires modernes, riches et d’une extrême beauté, Miriam et John (Catherine Deneuve et David Bowie), hantent les bars et clubs chics et huppés de New York à la recherche de sang frais. Ils séduisent de jeunes gens qu’ils ramènent à leur luxueux appartement pour des nuits de luxure. Les deux vampires boivent ensuite le sang de leurs victimes afin de vivre éternellement.

Mais John, âgé d’à peine quelques centaines d’années, commence à vieillir à une vitesse accélérée. Dans le but de trouver une cure à ce vieillissement prématuré, John va chercher l’aide d’un médecin spécialiste du vieillissement, Sarah (Susan Sarandon), qu’un nouveau livre a fait connaître publiquement. Il se rend à la clinique mais on ne le croit pas. Pourtant en quelques heures, alors qu’il est dans la salle d’attente, les rides envahissent son visage. Il raconte à Sarah une histoire invraisemblable de vampire, sang et immortalité.

Sarah tout de même intriguée par l’histoire de John décide d’aller voir l’homme à son lieu de résidence. Miriam tombe amoureuse de Sarah et la séduit. Elle lui fait boire de son sang. Sarah retourne chez elle, ignorant ce que Miriam lui a fait. Miriam qui sait que John ne peut être « guérit », cherche une nouvelle partenaire pour partager les prochains siècles.

Commentaires personnels
(attention “spoilers”)

Basé sur un roman paru en 1981, de l’auteur Whitley Strieber –connu entre autres pour ses romans fantastiques -, le film nous présente une histoire résolument ancrée dans cette fin du XXe siècle particulièrement ce début des années 80. Le couple de vampires est moderne, riche, habillé à la dernière mode, beau et séduisant. Ils fréquentent les clubs les plus « in », portent des lunettes fumées, dansent et séduisent de jeunes ensemble leurs victimes – habituellement des couples. Leur sexualité très ouverte fait partie du tableau de cette époque.

Le film débute par une séquence dans un bar new-yorkais à la mode, avec une performance du groupe mythique Bauhaus qui interprète leur chanson « Bela Lugosi’s dead ». L’atmosphère sombre et stylisée du film est donné avec cette ouverture…

HungerLa thématique du vampire est légèrement retravaillée dans ce film. On nous présente ici, une vampire femme, vieille de 3000 ans, qui vampirise ses amants pour qu’ils aient une vie éternelle à ses côtés. Ils demeurent jeunes et beaux, mais uniquement pour un temps. Seule Miriam possède la vraie vie éternelle.

Le film nous présente d’abord le couple heureux, vivant une vie luxueuse et nocturne – même s’ils peuvent sortir le jour – vivant de sexe et sang. Mais John commence soudainement à vieillir et Miriam sait qu’elle devra trouver quelqu’un pour le remplacer. John tente tout de même de trouver une cure dans une clinique, mais doit quitter sans qu’on ait pu l’aider.

Désespéré, de retour à son appartement, il tente de s’enlever la vie, demande à Miriam de le tuer mais il ne peut mourir. Miriam le place alors dans un cercueil, toujours vivant, dans le grenier, parmi d’autres cercueils contenant tous ses anciens amants. Ne pouvant mourir malgré leur vieillissement rapide, elle les garde dans des cercueils dans son grenier. Elle leur a donné une jeunesse pendant quelques siècles mais les a condamné à agonir dans une vieillesse sans fin.

Entre temps, Sarah qui fut tout de même intriguée par l’histoire de John décide d’aller voir l’homme à son lieu de résidence. Miriam tombe amoureuse de Sarah et la séduit. Elle lui fait boire de son sang. Lorsque Sarah apprend ce qui lui arrive, elle est dégoûtée. Mais sa transformation en vampire, cependant, continue. Le fiancé de Sarah, Tom, inquiet, part à sa recherche et la retrouve chez Miriam. Celle-ci sachant que Sarah est de plus en plus affamée pour du sang, envoie Tom à la chambre de Sarah. Celle-ci complètement affolée et affamée attaque son fiancé et boit son sang. Miriam croit alors que Sarah restera avec elle, mais cette dernière horrifiée de son crime, coupe sa propre gorge.

Elle ne peut cependant trouver la mort, mais tombe dans un coma. Lorsque Miriam amène Sarah dans le grenier pour la placer avec ses autres amants, ceux-ci l’attaquent pour se venger d’elle. Ils la poussent en bas des escaliers et lorsqu’elle tombe, elle devient elle-même un corps putréfié.

Les dernières scènes du film ont donné lieu à beaucoup de discussions et de critiques.  Tout d’abord parce qu’elle diffère légèrement de la fin du roman de Whitley Strieber. Ensuite, la scène qui suit l’attaque de Miriam par ses anciens amants montre un agent d’immeuble faisant visiter l’appartement à des potentiels acheteurs et laisse supposer la fin – ou la mort – des vampires. Mais la scène finale nous montre Sarah sur un balcon en compagnie de deux personnes et dans un cercueil, on voit Miriam qui crie.

Dans le livre, c’est Miriam qui change de ville et qui se trouve un nouvel amant. Les producteurs ont décidé de faire ce changement parce qu’ils croyaient que les spectateurs préfèreraient voir Miriam punie mais plusieurs membres de l’équipe et de la distribution dont le réalisateur se sont dits mécontents de ce changement. Personnellement, j’ai préféré la fin du film que j’ai trouvé plus intéressante que celle du livre.

Le film reçut beaucoup de critiques négatives à sa sortie. Tout d’abord à cause de son atmosphère très sombre et stylisé – beaucoup trop selon certains – qui rend parfois le film très lent, lourd et froid. On a aussi critiqué le jeu des acteurs. Et finalement, une seule scène est souvent mentionnée et retenue du film : la scène de séduction et de sexe entre Sarah et Miriam. Bien que cette scène est magnifiquement filmée et est une scène importante pour le cinéma homosexuel, il est malheureux que ce soit souvent la seule scène mentionnée de ce film.

Malgré que ce soit un film sur les vampires, la thématique est retravaillée et va au-delà des mythes et références habituelles. D’ailleurs la fameuse performance par le groupe Bauhaus annonce que le film veut se démarquer des autres films de vampires – se détacher des symboles habituels : « Bela Lugosi’s Dead »… le symbole par excellence du film de vampire est mort… Les vampires se promènent le jour, on ne voit pas de crocs, pas de crucifix, etc. De plus, on nous laisse entendre que le surnaturel n’a pas vraiment sa place dans l’histoire – le vampirisme a une explication scientifique, génétique. On retrouve cependant toujours le lien entre le sang, l’immortalité, le sexe et l’amour éternel. Le thème principal du film cependant n’est pas le vampirisme, mais la peur de la vieillesse, la mort et leur aspect inévitable.

Sources:

http://www.imdb.com/title/tt0085701/
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Hunger

http://rogerebert.suntimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/19830503/REVIEWS/305030301/1023 http://www.moria.co.nz/horror/hunger.htm  
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Pr%C3%A9dateurs

27 décembre 2006

La Chasse-galerie: II. Commentaires

La Chasse-galerie, légendes canadiennes / Honoré Beaugrand, Montréal, 1900, 123 p.; Fides, 1979, 107 p.

Commentaires :

Ce conte fait partie du patrimoine québécois autant d’un point de vue littéraire que traditionnel. Au Québec, c’est la version d’Honoré Beaugrand qui est le plus connu.  L’auteur s’est inspiré de légendes et folklores du Québec, mais également de la vie quotidienne. Il raconte l’histoire du Québec, sa vie quotidienne, ses coutumes et traditions.

chasseLa « Chasse-Galerie » s’inscrit parfaitement dans le contexte de l’époque : la vie des coureurs des bois, les traditions et coutumes de ces hommes des bois, les traditions de Noël et du Jour de l’An, les croyances et peurs dans le fantastique, le diable, la présence incontournable de la religion dans la vie des gens, et même la consommation d’alcool… On note aussi dans son récit, la fascination pour un monde qui demeurait mystérieux pour la majorité des gens : le monde de la route, des coureurs des bois, des hommes qui s’enfonçaient pour des mois dans les profondeurs de la forêt. Forêts et routes, mondes remplis de mystères, de créatures étranges, de noirceurs…

On retrouve également dans ce conte la recherche du fantastique et le goût de s’effrayer…On peut facilement voir les craintes et les peurs des gens de cette époque : le diable, l’enfer, la perte de son âme… Et on voit également la présence de l’église et de la religion qui jouait volontiers avec ces peurs pour garder les gens dans le droit chemin. Le conte était également une occasion de provoquer une rupture avec le quotidien et permettait d’entrer dans un autre ordre du temps, de l’espace, … un autre univers extraordinaire. On le dit toujours rituellement au début du conte : on va maintenant conter une histoire qui va changer la vie des auditeurs.

Ce conte fait partie des traditions orales du Québec. Il était conté lors des veillées en famille ou dans les réunions de paroisses. Il a forgé l’imaginaire québécois et nous offre non seulement une histoire fabuleuse mais également un regard sur la société de cette époque. 

Mais si ce conte fait partie de la culture québécoise, on sait que les premiers colons ont mélangé des éléments de légendes françaises avec des mythes amérindiens qui parlent de canoës volants.  Cette légende est connue dans plusieurs cultures à travers le monde, sous différents noms.

Il y a tout d’abord, la légende française qui parle d’un noble très riche qui aimait la chasse et qui selon certaines traditions auraient eu le nom de Gallery. Un jour au lieu d’aller à la messe, il décide d’aller chasser. Il fut alors condamné à errer dans le ciel tout en étant lui-même chassé par des cheveux et des loups.

Dans la Banque de dépannage linguistique panfrancophone, un article très intéressant fait venir le mot « chasse-galerie » du parlers de l’Anjou, du Poitou et de la Saintonge. Le mot ne serait attesté en France que depuis 1829 (ou peut-être depuis 1791), et il serait arrivé au Canada au XVIIe siècle au Québec et en Acadie. On y traite également de l’étymologie du mot « chasse-galerie ». Le mot chasse devrait être pris dans son sens collectif qui englobe les chasseurs, les chiens de chasse, l’équipement, etc. Le mot « galerie » pourrait venir du nom du noble qui avait été condamné à errer dans le ciel. Ou encore le mot serait rattacher aux mots « galier » et « gaille » qui en ancien français ou en patois signifieraient « cheval ».

On dit aussi que l’histoire viendrait aussi de la « troupe infernale ». La troupe composée de diables, démons, sorciers, etc. courraient dans les airs pendant la nuit, et faisait un grand vacarme : hurlement, aboiement, sifflements, etc. La légende de la chasse-galerie sert alors à expliquer les bruits étranges de la nuit…

On rattache également la légende à ce que les anglo-saxons appellent la « Wild Hunt ». Cette chasse comprenait un groupe de chasseurs –souvent des spectres- qui se lançaient dans une course folle dans les cieux. Voir cette Chasse sauvage n’était pas un bon présage et annonçait des catastrophes. Si on se trouvait dans le chemin des chasseurs, on pouvait être enlevés et amené aux Enfers. Cette légende se trouve en Angleterre, Allemagne et même dans les pays Scandinaves. On pourrait en dire beaucoup plus sur les origines de la.Wild Hunt.

On peut même faire remonter les origines de la légende de la Chasse-Galerie aux Vikings. On parle alors de ressemblances avec des récits mythiques liés au dieu Wotan. Ce dieu de la guerre chevauchait un cheval ailé à 8 pattes, il transmettait la rage à ses combattants, et ses apparitions avaient apparemment lieu entre Noël et l’Épiphanie. Les apparitions du dieu sont accompagnées de cris. Les récits concernant le dieu se sont transformés a leur introduction en France et avec la christianisation. On peut la rattacher aussi à la croyance française que lorsqu’on s’enrageait, on était condamné à notre mort à errer dans le ciel pour toujours.

Peu importe les origines de la légende, elle fait aujourd’hui partie des traditions québécoises…

Premier article: La Chasse-galerie: I. L'auteur et le récit

Sources :

http://www.chez.com/feeclochette/lachasse.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse-galerie
http://www.ratsdebiblio.net/beaugrandhonore.html
http://www.forum.umontreal.ca/numeros/1999-2000/Forum00-02-21/article06.html
http://en.wikipedia.org/wiki/Wild_Hunt

© 2006 Laila Seshat

25 décembre 2006

La Chasse-galerie: I. l'auteur et le récit

La Chasse-galerie, légendes canadiennes / Honoré Beaugrand, Montréal, 1900, 123 p.; Fides, 1979, 107 p.

Ce recueil d’Honoré Beaugrand comporte plusieurs contes très intéressants, dont mon préféré, « La Chasse-Galerie ».

L’auteur :

Honoré Beaugrand est né un 24 mars de 1848 à Saint-Joseph-de-Lanoraie au Québec. Il fera des études classiques au Collège Joliette. Il fréquentera l’école militaire de Montréal brièvement après son expulsion du Collège. Il joindra les forces militaires françaises de l’empereur Maximilien et partira pour le Mexique. Il y sera blessé à plusieurs reprises et même emprisonné. Il ira en France en 1867 avec les troupes françaises après la chute et l’exécution de Maximilien.

Il devra quitter la France à cause d’activités antigouvernementales et il séjournera alors la Nouvelle-Orléans où ilhb sera journaliste. Il retournera au Mexique puis s’installera au Massachusetts où il fonde un journal « L’Écho du Canada » en 1873. Il y rencontre et épouse Éliza Walker avec qui il aura une fille. Il voyagera ensuite dans l’Ouest des Étars-Unis après avoir vendu son journal. Il fondera en 1875, un 2e journal « La République » dans lequel il publiera en plus de ses opinions sur la religion –notamment sur ses allégeances franc-maçonniques - et la politique, les premiers chapitres d’un roman sur l’émigration : « Jeanne la fileuse ».

Il déménage ensuite en 1878 à Ottawa où il fonde le journal « Le Fédéral » qui ne paraît que quelques mois. Il part ensuite pour Montréal où il fonde plusieurs journaux : « Le Farceur », puis le journal « La Patrie ». Il restera propriétaire du journal jusqu’en 1897. Le succès de ce journal libéral lui permettra de se lancer en politique. Il sera maire de Montréal en 1885-1886.

Il fera une carrière politique mais demeure également connu pour la publication de nombreux essais et récits de voyages. Il sera un défenseur de la cause des Canadiens Français. Honoré Beaugrand est connu comme journaliste, romancier, essayiste, et comme homme politique. Il recevra en 1885, la croix de la Légion d’Honneur française.

Il écrivit de nombreux récits et contes dont le fameux récit : « La Chasse-Galerie » qui parut pour la première fois le 13 décembre 1891 dans « La Patrie ». Le conte sera réimprimé plusieurs fois et le titre sera repris pour un recueil de contes publié en 1900.

Honoré Beaugrand meurt le 7 octobre 1906 à 58 ans. Sa vie très remplie mérite d’être lue en détail. Quelques liens pour en savoir plus sur sa vie et sa bibliographie.

- L'ÎLE, le Centre de documentation virtuel sur la littérature québécoise. – URL : http://www.litterature.org/ile32000.asp?numero=55
- Wikipédia
. – URL :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_Beaugrand 
- 
L'univers du conte québécois du XIXe siècle. -- URL : http://home.ican.net/~galandor/littera/conteurs.htm#beaugrand
-  L’Encyclopédie de l’Agora. – URL : http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Honore_Beaugrand

Le récit :

« La légende qui suit a déjà été publiée dans la Patrie, il y a quelque dix ans, et en anglais dans le Century Magazine de New York, du mois d'août 1892, avec illustrations par Henri Julien. On voit que cela ne date pas d'hier. Le récit lui-même est basé sur une croyance populaire qui remonte à l’époque des coureurs des bois et des voyageurs du Nord-Ouest. Les “gens de chantier” ont continué la tradition, et c'est surtout dans les paroisses riveraines du Saint-Laurent que l'on connaît les légendes de la chasse-galerie. J'ai rencontré plus d'un vieux voyageur qui affirmait avoir vu voguer dans l'air des canots d'écorce remplis de “possédés” s'en allant voir leurs blondes, sous l'égide de Belzébuth. […] ». H.B.

La « chasse-galerie » d’Honoré-Beaugrand raconte l’histoire de coureurs des bois qui pour aller retrouver leurs petites amies vont passer un pacte avec Satan. Très loin dans les bois, en une veille du jour de l’An bien arrosée, un jeune homme se laisse entraîner par ses camarades à faire la chasse-galerie. Il s’agit de faire un pacte avec le diable, qui permettait de partir en canot dans les airs. On voyageait à plus de 50 lieues à l’heure et on pouvait se rendre très loin. Il fallait être revenu dans les 6 heures et on ne devait pas prononcer le nom de dieu pendant le trajet, ni accrocher les clochers d’Église.

Le jeune hésite mais se laisse convaincre par un compagnon qui dit avoir déjà fait la chasse-galerie 5 fois. Il s’agit de ne pas prendre de boisson en route pour ne pas perdre la tête. Il faut être huit pour faire le voyage et il embarque donc. Il faut cependant faire un serment à Satan. Il répéta avec ses compagnons l’incantation et le canot s’éleva à toute vitesse dans les airs.

Le voyage d’aller se passe bien et ils arrivent au réveillon pour voir leurs amis et surtout leurs copines. Mais un des compagnons ne peut résister à l’alcool et prend plus d’un verre à la fête. Le voyage du retour est plus difficile et les coureurs des bois passent bien proche de mourir et de perdre leur âme. Heureusement, ils en sont quittent pour une vilaine chute et l’histoire se termine sur la morale qu’il vaut mieux attendre l’été pour aller embrasser sa petite amie !

Œuvre disponible en-ligne :

La chasse-galerie: légendes canadiennes (format PDF, Bibliothèque électronique du Québec) 

Commentaires à suivre...

© 2006 Laila Seshat - Résumé

24 avril 2016

Le moment captif d'un dimanche : des vieilleries

2016-03-02"Le grand public pense que les livres, comme les oeufs, gagnent à être consommés frais. C'est pour cette raison qu'il choisit toujours la nouveauté." [Johann Wolfgang von Goethe]

Chaque semaine, je vois de nouveaux livres naître. Je lis les quatrièmes de couverture de tant de livres qui sont publiés. Et j'en choisis certains qui me semblent intéressants, qui je crois vont plaire aux lecteurs de ma bibliothèque. Petit à petit, ils arrivent. Nous les accueillons, nous les décrivons, nous les recouvrons, nous les préparons pour leur exposition dans la section des nouveautés.

Finalement, ils sont placés sur nos présentoirs. En avant. Et ils seront empruntés. Les gens se dirigeront directement vers le présentoir des nouveautés. C'est merveilleux. Les livres seront empruntés. Ils seront lus. Ils vivront pendant quelques semaines.

Parce que dans quelques jours d'autres livres arriveront. Tout aussi intéressants. Et les premiers iront rejoindre les étagères de la fiction. Ils ne seront plus des nouveautés. Ils seront des romans, des livres. À lire. Mais loin du présentoir des nouveaux livres, les vedettes du moment.

Et ils se perdront. Ils deviendront invisibles. Ils verront les gens passer près d'eux sans les voir. Ils essaieront d'attirer l'attention. Pour se faire lire. Pour que la main s'étende, les prenne, les regarde et décide de les lire ou non. Mais que cette main prenne une décision. La plupart du temps, je pleure car il y a tant de livres invisibles. Ils ont été la vedette pendant quelques temps mais la minute qu'ils ne sont plus à l'avant, ils sont oubliés. Ce sont des vieilleries.

24 février 2015

Point de vue - Suite

019b_1980Je continue... (Voir le premier texte).

Je ne raconterai pas tous les détails. Résumons en disant que R. n'était pas la seule mais était la principale source de mon malheur.

Mais le temps passe et je suis à environ 6 mois de la fin de mon primaire. Pour une raison que j'ignore, notre enseignante avait décidé que nous ferions un grand projet en équipe qui s'étalerait sur plusieurs semaines. Et encore pour une raison inconnue, elle décida de former elle-même les équipes. J'étais horrifiée. J'avais quand même une ou deux copines et quelques enfants avec qui je m'entendais assez bien et voilà que j'étais en équipe avec trois enfants qui me niaisaient régulièrement ou qui m'ignoraient royalement. Il y avait entre autre un garçon, P., qui était le plus populaire de l'école. Vous savez la star. Il était de ceux qui me trouvait insignifiante, nerd, kétaine ; mais, il me trouvait si insignifiante qu'il se faisait un point d'honneur à ne jamais me parler.

Nous commençons notre travail. Tous les jours, nous étions en équipe pour une partie de la journée. Heureusement, ces enfants n'étaient pas les pires et en gros ils étaient finalement bien contents d'être avec la "bol", car je faisais tout le travail. Au fil des jours, j'ai commencé à relaxer. Je m'habituais. Je trouvais les idées, écrivais les textes, mais je parlais le moins possible. En gros je laissais les autres s'amuser, faire des farces, rire et ne rien faire. Mais leurs farces n'étaient pas dirigées vers moi donc je respirais un peu.

Je vous ai déjà dit que R., même si elle régnait sur l'école, faisait quand même un peu peur à tout le 134_1981monde. Je vous rappelle aussi qu'elle était haïtienne. Un jour, nous travaillions en équipe. C'était un vendredi. Je m'en souviens. Il était presque 15h00. La journée et la semaine étaient presque terminées et j'avais hâte de jouer dans ma cour avec mes vraies amies (qui n'allaient pas à la même école que moi). Je me souviens aussi que j'étais fatiguée. Soudainement, nous entendons R. commencer à parler plus fort. Une des petites filles de mon équipe dit qu'elle espérait qu'elle ne ferait pas une "crise". P. dit alors un commentaire raciste qui la traitait de "négresse". Et moi, sans même y penser, j'ai dit : "ce n'est pas une négresse, c'est une tigresse".

Et alors, vous me direz. Mais c.est que les trois se sont mis à rire aux éclats. Et P., le garçon le plus populaire de l'école m'a poussé un peu et dit : "je savais pas que tu pouvais être cool". Il me semble que la cloche a sonné quelques secondes après, mais peut-être pas, c'est flou. Car, la petite solitaire que j'étais, a tellement été heureuse de se faire traiter de "cool" par le gars le plus cool de l'école que je n'entendais plus rien. Je suis partie chez moi. C'était étrange. Je me sentais déjà coupable d'avoir dit une "méchanceté", mais j'étais tellement heureuse. Et puis, je me suis sentie conne. C'était vraiment des sentiments confus pour la petite fille que j'étais.

Et puis, les semaines suivantes furent différentes. Oh j'avais encore des problèmes et R. me faisait encore la vie dure. Mais P. et ses amis me disaient "allô" quand je passais près d'eux et on m'a un peu laissée tranquille. Parce que vous savez... le gars le plus cool me saluait et me trouvait ok, finalement. Et l'année s'est terminée dans un calme assez nouveau pour moi. Le primaire était fini et j'allais au secondaire. J'ai réussi à sortir de ce cycle... Une autre école, une autre vie. Tout le monde a son chemin. Le mien m'a menée vers de la musique que mes parents ne comprenaient pas et un look qu'ils comprenaient encore moins. Mais ils savaient que j'allais mieux, j'allais bien. Et que j'étais heureuse - bon "plus" heureuse qu'avant. Mais c'est une autre histoire.

Mais l'histoire que je raconte n'est pas terminée.

272_1996J'avais 25 ans. J'habitais en appartement depuis quelques années. Mais je retournais au moins une fois par semaine chez mes parents. Même s'ils n'habitaient plus dans ce quartier, un des trajets en autobus pour aller chez mes parents passait par celui-ci. J'étais assise dans l'autobus. En avant. Je me souviens même de la place. J'avais mes écouteurs et j'étais un peu dans mon monde. Puis, j'ai vu cette fille assise en face de moi me faire des sourires et me faire signe de la main. J'ai enlevé mes écouteurs. Je n'avais aucune idée de qui c'était. Une grande fille noire de mon âge. Je ne la reconnaissais pas du tout. "K. ? C'est toi, K.?", qu'elle me dit. "Heu... oui?", que je réponds. "C'est moi, R. Tu te souviens on a été à Ste-L. ensemble".

Je ne sais pas comment l'exprimer. Mais je me suis sentie mal... Dans un roman, il y aurait une multitude de façons de le dire : mon sang n'a fait qu'un tour, la couleur a quitté mon visage, je suis devenue blanche, etc. ... Je ne sais pas. Mais je sais que je me suis sentie mal et désemparée.

Elle souriait. Je répète : elle souriait. Et elle continuait à parler. Je ne me souviens pas de tout ce qu'elle disait car honnêtement, je ne comprenais pas trop pourquoi elle me parlait. J'entendais des mots... école, ballons, amis, enfance... Et puis, une phrase. Puis, elle s'est levée. "C'est mon arrêt."

Une phrase. Je vais être honnête, je ne me souviens pas des mots exacts. Mais je me souviens parfaitement de ce qu'elle a dit. Elle a dit qu'elle était vraiment heureuse de m'avoir revue. Que j'étais un de ses meilleurs souvenirs du primaire parce que j'étais "fine" contrairement aux autres. Et elle m'a embrassée sur les deux joues avant de descendre. Je ne me souviens même pas si j'ai dit un seul mot. J'imagine que oui. Mais je ne me souviens pas de ce que j'ai pu dire. J'étais comme dans un cauchemar/rêve... Au ralenti.

Je suis arrivée sur mes parents. Et ce n'est que le soir chez moi, que j'ai pu revivre ce moment. Je pense que j'ai pleuré pendant toute la nuit. Et puis, j'ai réalisé des choses :

  • R. était une tof de l'école.
  • R. terrorisait nombre d'enfants, dont moi.
  • R. me ciblait particulièrement et régulièrement. Elle m'a blessée psychologiquement ET physiquement.
  • R. souffrait de terribles crises d'épilepsie qui la stigmatisait, l'isolait, faisait qu'on avait peur d'elle et qui devait la faire horriblement souffrir.
  • Un commentaire stupide et raciste sur R. et dont j'avais honte même à l'époque, a fait que pour les derniers mois de mon primaire, certains enfants qui me "niaisaient" m'ont ensuite trouvée "ok".
  • Pendant un moment, j'ai été vraiment heureuse qu'on me trouve "cool". Même si je savais très bien que c'était parce que j'avais moi-même été méchante envers quelqu'un d'autre.
  • R., des années plus tard, se rappelait de moi comme de quelqu'un qu'elle avait bien aimé au primaire parce que j'étais gentille avec elle. J'étais un bon souvenir de sa vie.

Et donc, rien n'est aussi simple qu'on le pense. Les enfants sont méchants. On ne sait rien de la vie de ces enfants. Parfois rien n'explique et rien n'excuse. Parfois, il y a des nuances.

Si vous vous demandez si j'ai pardonné à R., je vous dirais que non. Et je vous dirais que oui. Elle a été horrible avec moi. (Je répète, ce ne fut pas la seule, mais c'est l'histoire que je raconte). Et je la déteste encore. Mais je lui pardonne. Je la remercie même. Mais quand je repense à ces années qu'elle m'a gâchée, j'ai envie de crier. Mais je sais que cela ne sert à rien.

C'est confus. Je sais. Je rêve parfois à des années de primaire sans toutes ces larmes et tout ce stress. Mais aujourd'hui, je suis celle que je suis à cause et grâce à ces larmes. Ces larmes n'étaient pas nécessaires. Elles n'auraient dû exister. Mais elles ont existé. Mais j'ai compris assez rapidement - dans un sens, parfois inconsciemment - que ce n'était qu'un moment. Des moments. Que j'étais jeune. Que je grandirais. Que je vieillirais. Que je vivrais d'autres choses. Je sais que pour certains, c'est plus long. Mais il faut croire en soi. Croire que ces mots ou même ces gestes sont sans importance ou seront sans importance... éventuellement ... ou plutôt qu'ils perdront l'importance qu'on leur donne.

Je n'ai pas de solution miracle car chaque personne est différente. Et chaque situation est unique. Mais moi, j'ai survécu. Je ne suis pas particulièrement forte. Mais j'aimais trop de choses dans la vie pour abandonner. J'ai pleuré. J'ai détesté la vie. Et j'ai détesté ma vie. Mais j'ai laissé ma vie l'opportunité de m'apporter d'autres souvenirs.

C'est tout. Vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai mis tant de photos. Simplement parce que je voulais vous montrer qu'on peut sourire tout de même. Parce qu'on peut sourire et rire quand même. Parce que ma famille a fait toute la différence.

C'est tout. Je ne sais pas trop quoi ajouter. C'est une histoire. Comme une autre.

5 juin 2016

Le moment captif d'un dimanche : la vérité choque...

2016-06"Ce qui me gêne, ce n'est pas mon âge, mais l'âge des gens qui ont mon âge." [Roger Ferdinand]

La vérité choque mais je ne peux la nier. Les années passent et je ne peux les retenir. C'est une sensation un peu déstabilisante et perturbante. Je me sens tomber et je ne trouve rien pour me rattraper.

Dans quelques jours, j'aurai 45 ans et la vérité... c'est que je m'en fous éperdument ! Oh, c'est bien une vérité qui est un peu troublante. En fait, c'est tout simplement étrange. Mais je n'ai jamais eu peur de l'inconnu alors je plonge !

Évidemment, il arrive que je ressente les changements de mon corps et de mon esprit avec toutes ces années qui s'accumulent. Et il arrive que je pense avec nostalgie à un âge différent de celui que j'ai à ce moment. Mais j'aime tous ces âges. Chaque année a eu ses merveilles et ses tourments. Chaque âge a été difficile et incroyable, triste et heureux.

Mais c'est étrange, je l'avoue. Et c'était égaleement étrange quand j'ai eu 10 ans et 18 ans, 25 ans, 30 ans ou encore 40 ans... et cela sera étrange à 50 ans... et imaginez à 75 ans ! Et ensuite, ouf... Mais que la vie est étrange ! Et merveilleuse !

"Les gens de mon âge me paraissent plus âgées que moi." [Maurice Chapelan]

 

4 avril 2016

Grease 2 (1982)

Grease2_01À l'affiche ce soir :  Grease 2 (1982)

Fiche technique

Langue : Anglais (VO)
Année : 1982
Durée : 114 min.
Pays : États-Unis
Réalisation et chorégraphie : Patricia Birch
Production : Allan Carr, Robert Stigwood
Scénario : Ken Finkleman
Cinématographie : Frank Stankey
Musique originale : Louis St.Louis

Distribution: Maxwell Caulfield (Michael Carrington) ; Michelle Pfieffer (Stephanie Zinone) ; Lorna Luft (Paulette Rebchuck) ; Adrian Zmed (Johnny Nogerelli) ; Maureen Teefy (Sharon Cooper) ; Alison Price (Rhonda Ritter) ; Peter Frechette (Louis DiMucci) ; Christopher McDonald (Goose McKenzie) ; Didi Conn (Frenchy) ; Eve Arden (Principal McGee) ; Sid Caesar (Coach Calhoun).

Synopsis (attention spoilers - en fait c'est toute l'histoire)

En 1961, deux après la graduation des célebres finissants de Grease, une nouvelle année scolaire commence. Alors que les nouvelles Pink ladies et les nouveaux T-Birds entâment leur dernière année de "high school", Michael, le cousin de Sandy arrive d'Angleterre et compte sur Frenchy, une ancienne Pink Lady (qui doit retourner à l'école) pour réussir son intégration à la vie scolaire américaine.

Évidemment, le sage Michael, un brin nerd et beaucoup trop sage et bon garçon, tombe pour la hyper cool leader des Pink Ladies, Stephanie. C'est un amour amour impossible car les Pink Ladies ne peuvent sortir qu'avec les T-Birds, tout le monde sait cela et c'est ce que Frenchy s'empresse de dire à Michael. Mais si cet obstacle n'était pas en soit suffisant, en plus, Stephanie en a marre des règles et des T-Birds et elle rêve d'un "cool rider".

Alors évidemment que va faire Michael ? Mais s'acheter une moto et devenir ce "cool rider" bien sûr ! Et cacher le fait qu'il est ce mystérieux motocycliste qui défait les méchants - les mêmes qu'il y a deux ans - et qui séduit Stephanie - bien qu'elle ne voit jamais son visage. Parallèlement, notre jeune nerd réussit tout de même à s'approcher de la belle en devenant son tuteur. Enfin, à quelques détails près, c'est la même histoire que dans le premier film. Mais en inversant les rôles féminin-masculin.Grease2_02

À propos

Genre: Comédie musicale

Après le succès de Grease, il était évident que le studio voulait une suite. Et même plus d'une. En fait, deux autres films - on parle parfois d'une franchise de quatre films - et une télésérie étaient prévus. Originalement, les producteurs voulaient que les acteurs principaux du premier film reviennent dans la suite. Mais ni John Travolta, ni Olivia Newton-John n'ont accepté de reprendre leur rôle. Les studios ont ensuite tenté de convaincre Jeff Conaway et Stockard Channing d'avoir des petits rôles dans cette suite, mais encore une fois les acteurs ont refusé. Les compositeurs du premier film ont également refusé de participer.

Finalement, devant le peu de succès de Grease 2 à sa sortie, les autres projets furent abandonnés. Les critiques du film furent et sont encore très négatives. Malgré ces critiques, la performance de Michelle Pfeiffer fut tout de même reconnue et elle fut même nommée pour un Young Artist Award en 1983, dans la catégorie Best Young Motion Picture Actress. Ce ne fut malheureusement pas le cas pour Maxwell Caulfield qui a vue sa carrière freinée par les mauvaises critiques du film.

Grease 2 devait se faire dans les 3 ans qui suivaient le premier film. Les producteurs demandèrent à Patricia Birch, la chorégraphe de Grease, de réaliser la suite. Le tournage fut difficile et Birch a déclaré que ce dernier a commencé alors même que le scénario n'était pas terminé. Plusieurs scènes furent filmées puis coupées au montage.

Petite anecdote : on dit que Tom Cruise auditionna pour le rôle de Johnny Nogerelli, le leader des T-Birds. On ne le choisit pas et Adrian Zmed eut le rôle.

Pour moi, Grease 2 c'est...

Pauvre petit film si mal aimé ! Je le dis tout de suite, j'adore Grease 2, presque autant que le premier film... et je connais toutes les chansons par coeur... Des deux films en fait. Mais je dois avouer que j'aime plus les chansons du 2e film, spécialement "Back to school" et "Reproduction", quoi que je ne peux jouer au bowling avec soeurette sans chanter "Score tonight" - ou sans lancer au moins une fois la boule à la Fred Caillou, remarquez !

Il faut cependant le dire, le film a été et est en général, assez mal reçu. On le considère comme un film raté. Et il est vrai, je l'avoue, qu'on peut critiquer en long et en large, les acteurs, l'histoire, etc. Mais soit-dit en passant, on peut dire la même chose du premier film ! Et oui, on a beau aujourd'hui avoir tendance à louanger Grease - et j'adore le film - mais honnêtement, ce n'est pas un chef d'oeuvre. Mais revenons à Grease 2.

Grease2_03Tout le monde s'entend également pour dire que Michelle Pfieffer est la star du film. C'est grâce à ce rôle que l'actrice se fit découvrir. Son personnage et son interprétation sont nettement supérieurs au reste des autres acteurs du film - et à ceux d'Olivia Newton-John. Stephanie de Grease 2 en a marre de vouloir être la "petite amie" d'un gars. Elle n'est pas très brillante, mais elle le sait, connait ses limites et veut les dépasser. Elle est indépendante et elle sait ce qu'elle veut. Même si ultimement, elle veut tout de même un petit copain "cool", au moins c'est un personnage féminin fort. Et il ne faut pas oublier qu'elle est supposée être une adolescente à la fin de son "high school". Et qu'est-ce que beaucoupd d'adolescentes veulent à cet âge... un pett ami.

Évidemment, l'actrice avait 24 ans au tournage - Olivia Newton-John en avait 34 ans - et tous les acteurs sont beaucoup plus vieux que les "entre 16 et 18 ans" qu'ils sont sensés avoir. Alors on a tendance à oublier que c'est un film d'ados léger avec des préoccupations de jeunes : réussir ou non ses cours, sortir entre amis, avoir ou non un copain ou une copine, se faire accepter par les autres, etc.

Une des lacunes du film sont les personnages masculins. Ni Johnny, le leader des T-Birds, ni Michael ne furent des personnages charismatiques aux yeux du public. Johnny a souffert de la comparaison avec Danny (John Travolta) et Kenickie (Jeff Conaway) - bien que personnellement, j'ai toujours trouvé que John Travolta jouait assez mal et que Jeff Conaway (qui jouait Danny dans la comédie musicale originale) était bien meilleur. Mais le pauvre Adrian Zmed n'a pas réussi à séduire le public. C'est dommage car il est très honnête dans son interprétation d'un "macho" en voie de changement. Personnellement, je les aime bien les T-Birds de ce film. Ils sont clairement moins "durs" que leurs prédécesseurs, mais ils sont quand même sympathiques. Et j'adore la scène où Paulette remet Johnny à sa place, il semble si perdu !Grease2_04

Une critique qui revient parfois, c'est le message négatif que les deux films semblent véhiculer : il y a les cools et les autres, le but étant de se faire accepter par les jeunes qui sont les cool de l'école, et pour ce faire, il faut obligatoirement se changer. Et les bons petits garçons et les bonnes petites filles, tranquilles et légèrement nerds sont plates et fades. Ils doivent se transformer pour être acceptés par la gang cool. Dans le premier film, c'est la fille qui doit changer ses cheveux, ses vêtements et "fumer" ; dans le deuxième c'est le gars qui doit paraître moins intelligent, changer ses vêtements et conduire dangereusement une moto...

Bon, j'avoue que pris au pied de la lettre c'est un peu réducteur et je suis d'accord que ce n'est pas le message le plus positif.... mais quand on regarde bien les films, il y a plus... Dans le premier, Danny est prêt aussi à changer pour Sandy, et dans le deuxième, Stephanie apprécie l'intelligence de Michael... Bon, à la fin, c'est la coolitude qui gagne, mais quand j'avais 11 ans, j'en étais bien heureuse !!!! Je voulais être Stephanie - pas mal plus que Sandy, même après sa transformaton à la fin. Car même à 11 ans, je trouvais Stephanie pas mal plus cool que Sandy. Parce que Sandy était nounoune tout le long du film et en plus elle se changeait pour un gars, alors que Stephanie faisait ce qui lui plaisait et c'était le gars qui se changeait pour elle. Et même si je trouvais Michael un peu kétaine, non seulement il était cool sur sa moto mais en plus, il lisait !

Générique du début :

Grease 2 - Back To School Again (1982)

Pour voir d'autres extraits, on peut faire un tour sur youtube.

Citations

The Pink Ladies: "The Pink Ladies pledge to act cool, to look cool and to be cool, till death do us part, Think Pink!"

Stephanie Zinone: "Johnny just hasn't learned when you're dead, lie down. Besides, there's gotta be more to life than just makin' out.Paulette Rebchuck: "Y'know, I never thought of it that way!"

Paulette Rebchuck: [after Johnny gives her an order] "Yeah? Well, you wanna hear my 'final word' Mr Push-everyone-around Nogarelli? You may be able to bully some of the chicks in this school, but this chick has been bullied by one Johnny Nogarelli for the last time. I may not be the classiest chick in this school, but I'm the best you're ever gonna get. So take it or leave it!"

Pour en savoir un peu plus...

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 > >>
Publicité
Quelques pages d'un autre livre ouvert...
Publicité