Un livre ouvert... les pages de ce livre à la fois journal personnel et grimoire propose des réflexions sur l'art, la littérature, le cinéma, l'histoire, le passé, le futur et la vie...
"La vie, ça bouge, ça bourdonne, ça construit et démolit, ça avance et ça recule. Et ça meurt" [Gilbert Langlois]
"Allez... bzzz, bzzz, bzzz... ici et là... je n'ai pas une minute à perdre."
"Mais attends, regarde, ne vois-tu pas cette fleur si jolie, et qui sent si bon ? Arrête une seconde..."
"Pas le temps... la vie passe si vite, la fin est proche... demain, dans une semaine, dans dix ans, dans cent ans, nous ne serons plus là... je ne serai plus là... vite, vite, vite, il faut tout faire..."
"Mais si la vie est si vite passée, si elle est si remplie de vie, ne devrait-on pas s'arrêter pour la regarder passer ?"
"Bzzz, bzzz, bzzz... peut-être, mais il y a tant à faire, il faut construire et refaire ; défaire et reconstructurer... il faut lire et relire, apprendre et désapprendre... avancer et reculer... vivre et mourir."
"Mais cela ne durera qu'un instant, alors que les secondes ne sont qu'éternité. Pourquoi ne pas rendre cette seconde aussi belle que possible ?"
"C'est qu'il faut travailler, travailler, travailler."
"Je sais, je sais et je suis d'accord... mais rien n'empêche de semer un peu de vie dans cette vie. Un peu de couleur et d'odeur. On a beau construire et détruire, vivre et mourir... rien n'empêche de respirer un peu aussi, non?"
"Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs" [Montaigne]
Agonie : roman / Jacques Brault. -- [Montréal] : Boréal Express, 1985. -- 77 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-89052-131-1
Quatrième de couverture
Un viel homme abandonne, sur le banc de parc où il repose immobile, un pauvre carnet rempli de notes et de souvenirs ; un autre homme, plus jeune, le ramasse et l'emporte chez lui pour le lire. Sa lecture va durer toute la nuit. Une nuit qui est la couleur même de la vie du vieil homme. Cette vie, sous les yeux de son lecteur indiscret, peu à peu prend forme, laisse voir son sillage de douleur et de tendresse mêlées, sa ligne simple comme celle de la mort fuie, incontournable, enfin acceptée.
Dans une langue sobre et juste, vibrante d'émotion, ce récit nous touche dans ce que nous avons de plus intime: cette agonie qui, nous le savons, se poursuit lentement en nous, dans la suite de nos joies et de nos peines, et qui nous entraîne doucement vers l'acceptation de ce que nous sommes.
L'auteur
Jacques Brault est né un 29 mars de 1933 à Montréal au Québec. Il étudia d'abord au Collège Sainte-Marie à Montréal. Puis il fit des études universitaires, à l'Université de Montréal ainsi qu'à la Sorbonne de Paris.
Il enseigna à l'Université de Montréal en Études médiévales et en Études françaises de 1960 à 1996. On a pu l'entendre, à partir de 1970, à plusieurs reprises dans diverses émissions culturelle à Radio-Canada. Il écrit surtout de la poésie mais également de nombreux essais, études et ouvrages critiques. Ses textes sont traduits en plusieurs langues et l'auteur a reçu de nombreux prix et distinctions, dont le prix du Gouverneur général du Canada en 1985 pour son premier récit, Agonie.
Bibliographie partielle
Trinôme (collaboration) (1957) - Poésie
La poésie et nous (collaboration) (1958) - Essai
Nouvelles (collaboration) (1963)
Mémoires (1965) - Poésie
Entre Mars et Vénus (1965) - Poésie
Miron le magnifique (1966) - Essai
Alain Grandbois (1968) - Essai
Suite fraternelle (1969) - Poésie
La Poésie ce matin (1971)
Trois partitions (1972) - Théâtre
L'en dessous l'admirable (1975) - Poésie
Poèmes des quatres côtés (1975)
Chemin faisant (1975) - Essai
Vingt-quatre murmures en novembre (1980)
Agonie: roman (1984)
Ductus (1984)
Moments fragiles (1984) - Poésie
La naissance des nuages (1984)
La poussière du chemin (1989)
Effets personnels (1990) - Poésie
Ô saisons, ô châteaux (1991) - Essai
Il n'y a plus de chemin (1990) - Poésie
Au petit matin (en collaboration avec Robert Melançon) (1993) - Poésie
Au fond du jardin (1996) - Essai
Au bras des ombres (1997) - Poésie
Bernard de Clairvaux, anthologie (1999) - Essai
Ce qu'en disent les fleurs (2000) - Poésie
L'Artisan (2006) - Poésie
Résumé
L'oeuvre de Brault débute par un poème de Guiseppe Ungaretti, Agonie. Chaque vers du poème est ensuite repris pour raconter la relation entre un professeur devenu itinérant et son ancien élève. Chaque vers illustre un aspect de la vie de ces hommes qui semblent différents mais qui vont finir par se ressembler. Dans Agonie, la poésie et la réalité finissent par se fondre ensemble.
Les deux hommes se rencontrent d'abord en classe, alors que l'un enseigne et l'autre passe le temps dans un cours qu'il n'aime pas particulièrement. Ils sont loin l'un de l'autre. Puis un soir, l'homme revoit son ancien professeur et lui vole son carnet de notes. Et à travers ce carnet, il va essayer de comprendre ce professeur qu'il méprisait, qu'il ne voulait pas connaître, qui lui parle finalement à travers des mots incomplets et à travers un poème lointain.
"Nous ne l'aimions pas, sans le détester. Il inspirait un calme mépris aux garçons, et aux filles une pitié tranquille. Que d'histoires, pourtant, l'on racontait sur ce minables !" p. 9
"Le noir, ça ne fait pas peur quand on est gris. Mais la douleur revient sur la poitrine, au fond de la gorge. Ça brûle. Les yeux secs. Il n'y a pas d'enfance s'il n'y a pas de larmes." p. 39
Le Collectionneur / Chrystine Brouillet. -- [Montréal] : La courte échelle, 1995. -- 214 p. ; 21 cm. -- ISBN 2-89021-236-X
Quatrième de couverture
Fin d'avril, émoi dans la ville de Québec. Pendant que la neige fond doucement, on vient de découvrir un autre cadavre. Un meurtrier rôde librement, en quête de nouvelles proies. La détective Maud Graham, qui rêvait pourtant d'un printemps doux et tendre, aurait bien apprécié mener une enquête plus simple. Car l'assassin ne commet jamais la moindre erreur : ces meurtres sont l'oeuvre d'un véritable professionnel, organisé et méticuleux.
À première vue, toutes ces femmes mutilées semblent avoir été choisies au hasard. Mais est-ce bien le hasard qui guide le Collectionneur ? Où et quand ce psychopathe frappera-t-il de nouveau ? Et pourquoi ?
Habilement, la détective questionne et cherche à comprendre. Fière et tenace, Maud Graham n'abandonne pas, n'abandonnera jamais.
L'auteur
Chrystine Brouillet est née le 15 février 1958, à Loretteville au Québec. Elle étudiera chez les Ursulines, puis au Collège Notre-Dame-de-Bellevue. Elle fait ensuite ses études collégiales au Séminaire de Québec, puis étudiera en littérature à l'Université Laval.
Elle commence à écrire très jeune et publie Chère voisine, son premier roman, en 1982. Ce premier roman remporte l'année suivante, le prix Robert-Cliche. Elle poursuit son métier d'écrivaine et écrit de nombreux romans, autant pour les adultes que pour la jeunesse. Elle écrit aussi plusieurs nouvelles ainsi que des chroniques pour la radio et des revues. Elle part pour la France en 1985, mais revient fréquemment au Québec.
Roman très court. Mais ma lecture ne fut tout d'abord pas aisée. J'ai eu quelques difficultés à d'abord entrer dans l'intrigue. Mais je dois avouer qu'après ces débuts difficiles, je ne pouvais plus poser le livre. Et cela fait longtemps que cela ne m'était arrivée !
L'intrigue est très bien menée et la narration passe d'un personnage à l'autre avec aisance. L'auteur réussit très bien à mettre en place l'intrigue mais aussi les personnages. Le personnage principal est bien décrit et elle nous ait immédiatement sympathique.
Brouillet nous présente donc une intrigue policière assez classique. Une enquêtrice de la police doit résoudre des meurtres en série. L'auteur ne réinvente pas le genre, il est certain. Mais est-il bien nécessaire de le réinventer à tout coup ?! L'intrigue est efficace, les personnages bien campés, et le dénouement intéressant. Que demander de plus?
J'aurais cependant aimé qu'on approfondisse plus certains personnages. Et il m'a semblé que ceux-ci auraient pu avoir droit à un roman bien à eux... complètement en dehors de cette intrigue policière. Des personnages fournis qu'on ne fait qu'effleurer. Quelques intrigues sans dénouement aussi... on parle de certains éléments mais finalement ils ne sont jamais élucidés. Je trouve parfois certains romans policiers trop longs... ici... quelques pages supplémentaires auraient été appréciées.
Le roman de Chrystine Brouillet a été adapté au cinéma en 2002.
"Le retour des oies blanches était un spectacle qui enchantait Graham. C'était son père qui l'avait amené à la pointe de l'île la première fois. Il avait tendu l'index vers le ciel, désignant un énorme nuage sombre qui fonçait sur eux. Puis la rumeur qui s'amplifiait, les battements d'ailes par miliers, la rumeur qui volait au-dessus de leurs têtes en formaiton fléchée, la rumeur qui descendait pour s'égailler sur les battures. Les longs cous bruns, les becs noirs, les grandes ailes blanches frémissantes avaient charmé Graham pour la vie, même si elle savait qu'elle n'aurait jamais autant de discipline que ces oiseaux. " p.72
"Le jour n'en finissait pas de mourir, comme s'il avait décidé qu'il durerait aussi longtemps qu'en juin. Le soleil avait tant brillé que les immeubles, les arbres, les pelouses délavées par la fonte des neiges gardaient sa lumière. L'air était doré, léger, affable et les sizerins qui gazouilliaient dans l'érable semblaient inviter Graham à profiter dde la douceur du crépuscule." p. 108
Et un autre crime littéraire. C'est toujours un peu gênant d'en parler. On n'ose pas trop. J'ai déjà osé parler de ce crime qui peut avoir multiples facettes. Vous savez, ces livres que je ne lis pas. Il y a plusieurs raisons à cette non-lecture.
- Il y a ceux qui se sont égarés sur les tablettes de mes bibliothèques. De pauvres livres faisant partis de ma liste à lire, mais qui se sont trouvés placés sur les étagères et que j'oublie tout simplement de lire.
- Il y a ceux que je ne voulais pas. Des livres qui atterrissent chez moi sans mon invitation. Je ne peux les laisser partir, mais je ne les lis pas.
- Il y a ceux que je ne lirai jamais pour des raisons complètement irrationnelles mais qui me semble très logiques dans mon incohérence littéraire personnelle.
Et finalement, il y a ces pauvres livres... ceux que je lirai pas - enfin qu'il me coûte de lire. Disons le carrément : dont j'ai peur d'ouvrir la couverture. Pourquoi? Tout simplement parce que j'ai vu les images avant de lire les mots.
Je regarde un film... et j'adore. Il m'emballe, il me séduit, il m'émeut, il me fait rire, il me fait pleurer. Parfois, je ne savais pas que c'était l'adaptation d'un roman, parfois je le savais. Et donc, je vois le film et il s'empare de moi.
Et puis... je croise le livre. Il arrive que je savais qu'il existait et je me rappelle soudainement de son existence. Ou alors, je me promène sur la toile et je lis un article à son sujet. Et je découvre alors son existence. Ou je le rencontre au détour d'une librarie... Enfin, peu importe le comment, je me cogne sur le livre.
Et je ne sais plus que faire. J'hésite. Et souvent. Très souvent. En fait la plupart du temps. Je suis incapable de lire ce livre. Comment lire "Do Androids Dream of Electric Sheep?" quand Blade Runner a si complètement bouleversé mon univers cinématographique... Puis-je lire le roman de Irvine Welsh maintenant que j'ai vu Trainspotting au cinéma ? Comment puis-je croiser les personnages de Big Fish maintenant que je les connais par l'imagination de Tim Burton ?
Je suis très ouverte aux adaptations cinématographiques de romans et pièces de théâtre. Je n'ai habituellement pas de problème de voir l'adaptation au cinéma d'un roman que j'ai lu et aimé. Oh, il m'arrive parfois d'appréhender la mise en images d'un roman. Et il m'arrive de rouspéter sur les choix faits par le réalisateur. Oui, je suis parfois déçues de voir en images les oeuvres que j'ai aimées,
mais en général, je suis très très ouverte aux adaptations. Mais il m'est beaucoup plus difficile de vivre le contraire. Je sais, c'est anormal. Habituellement, il coûte aux gens de voir l'adaptation cinématographique d'un livre qu'ils ont aimé. Mais moi, c'est le contraire. Il m'est très difficile de lire un livre que j'ai d'abord connu au cinéma. Je sais que sa vie première est en mots, mais pour moi, c'est maintenant une série d'images.
Et j'ai une pile de livres que je ne lis pas... et j'ai une liste de livres que je n'achète pas ou n'emprunte pas. Peur de lire le roman... et de ne pas retrouver la magie des images qui
m'ont capturée. Peur de découvrir que le film n'arrive pas à la hauteur
des lignes écrites par le romancier et de perdre ainsi l'enchantement
qui m'avait envahie lors du visionnement dudit film. Peur de lire le livre et de ne voir que les images. Peur d'être déçu par le livre. Peur de voir trop de différences. Peur...
Il m'arrive de lire le livre tout de même. Parfois avec un dénouement heureux... parfois avec tristesse. J'ai lu The Outsiders après avoir vu le film et ce fut une expérience merveilleuse. Mais The Witches of Eastwick a perdu de son charme après que j'ai lu le livre et découvert que tout avait été changé.
Mais il y a des titres que je n'ose, et que je crois ne jamais pouvoir oser, lire... Et dans ma PAL resteront Naked Lunch, Less than Zero, Jean de Florette, La Planète des singes,....
206 bones / Kathy Reichs. -- New York, London, Toronto : Pocket Books, [c2009]. --423 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-1-4391-8992-4
Quatrième de couverture
There are 206 bones in the human body. and one shattering secret hidden among them...
Cold
and alone, bound hands to feet, Tempe Brennan regains consciousness
locked in a dark cell-or is she buried alive in a tomb?-and begins to
reconstruct the twisted chain of events that led her to this terrifying
place. Tempe and Lieutenant Ryan had recently accompanied the remains
of a missing heiress from Montreal to the Chicago morgue, and suddenly
Tempe is accused of mishandling the autopsy. After an incriminating
phone call and another shocking death, Tempe's unseen enemy closes
in-even as the corpse of a second, and then a third, elderly woman
turns up in the woods of Montreal. Who wants Tempe dead, or at least
out of the way, and why? Who would resort to sabotage to destroy the
secrets hidden in the bones? Only Tempe can uncover the truth-if she
can escape the deadly fate someone has designed for her.
L'auteur
Kathleen Joan Reichs, mieux connu
aujourd’hui sous le nom de Kathy Reichs, est née en 1950 à Chicago. Elle est diplômée en anthropologie de diverses universités américaines.
Professeur aux États-Unis et au Québec, elle partage son temps entre les villes de Charlotte et
Montréal. Elle est également anthropologue judiciaire pour le compte
de l’Office of the Chief Medical Examiner de l’état de la Caroline du Nord et a
également ce poste à Montréal pour le Laboratoire de Sciences Judiciaires et de
Médecine Légale de la Province de Québec.
Elle est appelée à
témoigner lors d’enquêtes criminelles et son expertise est souvent
sollicitée. Ses nombreuses expériences comme
anthropologue judiciaire l’ont amenée à écrire des romans policiers qui sont
devenus pour la plupart des best-sellers. Ses livres sont directement inspirés
de cas sur lesquels elle a travaillé personnellement. En plus de ses romans,
elle a également écrit de nombreux travaux, articles et recherches en
anthropologie.
Son oeuvre a été adaptée pour la télévision et elle produit aujourd'hui l'émission américaine Bones inspirée de ses personnages.
Le roman débute avec le personnage principal, Temperance Brennan, reprenant conscience dans ce qui semble être un tombeau. Elle est blessée, ligotée et ne se souvient de rien. Tout en essayant de se libérer de ses liens, elle tente de se rappeller les événements qui l'ont menée dans cette tombe.
Nous assistons donc à des retours en arrière nous ramenant d'abord quelques semaines auparavent alors que Brennan et Andrew Ryan, son partenaire de la Sureté du Québec, sont à Chicago pour rendre des comptes sur une enquête qu'ils ont menée il y a quelques temps sur la mort d'une vieille dame. Brennan est accusée d'avoir mal conduit ses examens. Elle réussit cependant à chasser tout soupçon. Ils retournent à Montréal, mais malheureusement les problèmes ne cessent de s'accumuler. Non seulement d'autres morts semblent liées à la victime de Chicago mais les erreurs semblent s'accumuler.
Les enquêtes sont sérieusement compromises et Brennan commence à se douter qu'on tente de la compromette. Tout en continuant d'enquêter sur les morts violentes de plusieurs femmes âgées, elle cherche à savoir qui tente de saboter sa carrière et sa réputation. Elle réalise aussi rapidement que sa propre vie est en danger.
Commentaires personnels
Les romans de Kathy Reichs sont toujours très bien écrits et les intrigues bien ficelées. Je ne peux cependant pas dire que j'ai été très enthousiasmée par 206 Bones.
Je dois cependant dire que j'ai maintenant totalement réussi à dissocier le personnage de Brennan-livre du personnage Brennan-télévision. Ce ne fut pas facile mais c'est chose faite !!!
L'oeuvre commence cependant très bien. Bon j'avoue que de savoir Brennan encore une fois "menacée", "poursuivie", "captive", etc., ça commence à faire. Mais l'histoire commence bien. Elle ne se souvient de rien et tente donc de retrouver la mémoire. Nous assistons donc à de nombreux "flash back" qui petit à petit explique comment elle a pu se retrouver enfermée dans un tombeau.
L'auteur connaît son métier et l'aime passionnément.On ne peut que le ressentir dans son oeuvre. Les détails sont tout simplement passionnant. J'ai cependant ressenti un certain relâchement au niveau de l'intrigue. Les meurtres semblent passés au deuxième rang pour laisser la place aux erreurs qui s'accumulent autour de Brennan. Il est clair qu'on veut la compromettre et ternir sa réputation. Et c'est ce qui prend toute la place dans le roman. On comprend rapidement que ce travail de sabotage est relié au fait que Brennan se retrouve prisonnière dans un tombeau. Mais malheureusement, on comprend aussi très rapidement qui est derrière tout cela et pourquoi. Je diras même que c'est très très prévisible et cela m'a vraiment attristée car c'est inhabituel pour Kathy Reichs.
L'intrigue policière entourant les meurtres prend donc un second plan pour laisser la place aux problèmes de Brennan. Mais bizarrement, on passe peu de temps sur les personnages. J'avoue que c'est ce qui me plaît habituellement dans les romans avec Brennan. On ne s'attarde pas trop sur l'évolution des personnages centraux pour se concentrer sur les intrigues policières. Mais ici, l'auteur semble osciller entre en dire plus sans en dire trop... et c'est un tantinet achalant. La relation entre Brennan et Ryan est mis en avant plan, mais me semble mal menée. Enfin...
Après réflexion, je crois que le "personnage principal" dans ce roman est tout simplement le travail d'anthropologue judiciaire. L'importance de bien mener les analyses, les autopsies afin d'aider dans les enquêtes. Le problème des erreurs commises lors d'enquêtes, du manque de rigueur de certains enquêteurs, des qualités nécessaires à l'anthopologue judiciaire, etc. sont mis de l'avant et l'auteur défend sa profession avec toute sa passion. Cela se sent et c'est ce qui rend 206 Bones un très bon roman.
Mais je ferme le livre légèrement déçue... et j'attends avec impatience de lire le prochain.
"Scooching forward, I began yelling and beating the brick with my fists. Tears streamed down my cheeks. Over and over I called out, hoping to attract the attention of a passerby. A worker. A dog. Anyone." p. 5
"English speakers profane by reference to body functions and parts. Don't need to elaborate. French c=Canadians rely on liturgical reference. Ostie: host. Câlice: chalice. Tabarnac and tabarnouche: tabernacle." p.171
Ok... je m'avoue vaincue... pour le moment, on s'entend ! Non
seulement, les derniers jours furent bien remplis par:
- les
visites aux compagnies de gaz, eau, électricité
- les visites aux banques
- les visites de mon papa en or... dont je vais m'ennuyer beaucoup
beaucoup...
- les visites aux futurs clients qui se réveillent quelques semaines
avant que je quitte le pays
- les visites de vagues connaissances de passage à Barcelone et qui
veulent absolument nous dire un bonjour...
- les boîtes, les boîtes, les boîtes ...
- les victoires de l'Espagne au Mundial (wouhou Viva España!!!)
- la chaleur complètement folle qui assaille Barcelone
- les milliers de emails en retard que je dois encore répondre...
Mais
en plus, nous partons demain matin, pour une semaine de vacances (oui,
bon, on a bien droit d'oublier le déménagement pendant quelques jours...
et profiter de la proximité de la Croatie pour aller se perdre dans ce
sublime pays... oui, oui, je vous le conseille et reconseille... courez
vers la Croatie !).
Donc, je remets mes textes et réflexions et
mes commentaire sur vos merveilleux articles à tous... à dans quelques
semaines ! Ce blog est officiellement en pause ! Yep ! De retour le 19
juillet pour passage temporaire car le vol vers Montréal est le 30
juillet ! J'espère venir vous faire quelques coucous... mais snif snif,
je ne promets rien !
De gros bisous à tous ! Et à bientôt !
Profitez bien de l'été ! :D
"Rêve ta vie en couleur, c'est le secret du bonheur" [Walt Disney]
Sur la plage, une cousine toute enveloppée de couleurs, heureuse de se baigner. Heureuse de toucher la mer. Heureuse d'être bercer par le soleil. Dèjà trop chaud. Trop brûlant.
J'aime ces couleurs qui l'entourent et s'entortillent sur son corps. J'aime son sourire resplendissant. C'était hier.
Cette photo je la regarde et je me souviens de cette journée. Un peu. Une journée ordinaire. Mais douce. Une journée sans événement, sans course, sans soucis. Une journée calme et tranquille.
J'aime me rappeler ces journées remplies de couleurs, mais simples. Ces journées sans rien de remarquable qui les marque mais si délicieuses à vivre. On les oublie souvent... on s'en rappelle à peine. Elles s'effacent de notre mémoire, s'entremèlent dans nos souvenirs... On ne sait plus bien c'était quelle date, quel jour de la semaine... Les moments se mélangent, on ne sait plus bien ce que nous avons exactement fait, tout est un peu flou. Une journée ordinaire, banale, mais si remplie de couleurs...
Une journée pour rêver, pour respirer, pour ralentir et s'oublier...
"La mémoire, comme le rêve, dilue les couleurs, la mémoire est une photographie exposée au soleil" [José Carlos Llop]
Nous avons une date. Pour ce vol aller-simple qui nous énerve un tout petit peu. Pour cette destination que cette statue bien connue de Barcelone est sensée pointer du doigt...
(Oui, car cette statue de Christophe Colomb datant de 1888, est supposée pointer le doigt vers les Amériques... c'est bien entendu une légende, car le doigt pointe tout simplement vers la mer Méditérannée et pas du tout vers l'Amérique ! Mais c'est une légende que les gens aiment raconter...)
En fait, nous avons notre date depuis un moment... mais tant que tout ne commençait pas à s'aligner et à se réaliser, nous n'en parlions pas beaucoup.
Et donc, le vendredi 30 juillet 2010, nous prenons l'avion à Barcelone, nous faisons escale à Genève et nous partons vers Montréal. Ce billet est un aller-simple. Comme le fut le billet Montréal-Barcelone, il y a presque 7 ans déjà.
Ce qui ne veut pas dire que nous ne reviendrons pas souvent à Barcelone. Mon père reste en Espagne et nous reviendrons donc le voir souvent. Et puis nous ne voyons plus le temps et les déplacements avec les mêmes yeux qu'avant. Un voyage à Barcelone n'est que 6-7 heures de vol... des pinottes !
Mais nous avons bien hâte de mettre les pieds à Montréal. Même si nous sommes tristes de quitter Barcelone. C'est un tourbillon d'émotions qui se promènent dans nos têtes !
Plusieurs me demandent pourquoi nous quittons l'Espagne. À date, je réponds toujours :"un tas de petites raisons et quelques plus grandes". Avec quelques personnes, nous avons discuté un peu plus en profondeur du sujet. Ce n'est pas toujours facile d'expliquer pourquoi. Mais je vais tenter d'y répondre un peu ici... ça sera un peu comme un aide-mémoire, et aussi une façon de démèler tout ça dans ma tête. Une série de posts sur les "Petites et grandes raisons" !
Oui, je vous préviens donc... vous risquez d'en entendre parler de ce déménagement ! Que vous le vouliez ou non ! :D
"Une maman ne dort jamais tout à fait ; elle est liée au sommeil de son enfant" [Jean Gastaldi]
Elle surveille attentivement. C'est qu'ils sont turbulents. Enfin, pas tous. Mais mieux vaut bien les surveiller tous. Un incident est si vite arrivé.
Mais il ne faut pas trop les couver. Ils doivent apprendre les petits. La rivière est si dangereuse. Il est préférable de bien les préparer. Et les laisser sauter à l'eau de temps en temps. Il suffit de bien les surveiller. Si c'est trop difficile, il suffira de les aider un tout petit peu.
Elle les trouve beau. Il n'y en a pas un d'identique. Ils sont tous différents. On ne le remarquerait peut-être pas de si loin, mais ils sont uniques. Et chacun a son petit caractère ! Mais c'est qu'elle trouve charmant. Même si parfois, elle aimerait bien se reposer... c'est qu'ils sont turbulents !
Et ils sont parfois bien ingrats. Ils ne cherchent qu'à s'amuser et à nager. Sauf quand c'est l'heure du dîner... alors là, ils veulent manger tout de suite. Elle n'a pas une minute à elle. Elle ne se rappelle plus quand elle a vraiment dormi pour la dernière fois. Mais elle les regarde tendrement et se dit que c'est ça être maman.
"L'amour d'une maman, c'est la conviction que ses poussins sont des cygnes , ce qui est la meilleure façon de donner du moral à des enfants qui sont convaincus d'être de vilains petits canards." [Pam Brown]
Sukkwan Island : roman / David Vann ; traduit de l'américain par Laura Derajinski. -- [Paris] : Gallmeister, 2009. -- 191 p. ; 21 cm. -- ISBN 978-2-35178-030-5. -- (Nature Wrinting)
Quatrième de couverture
Une île sauvage du Sud de l'Alaska, accessible uniquement par bateau ou hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim décide d'emmener son fils de treize anspour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs personnels, il voit là l'occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu'il connaît si mal.
La rigueur de cette vie et les défaillalnces du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu'au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.
Sukkwan Island est une histoire au suspence insoutenable. Avec ce roman qui nous entraînen au coeur des ténèbres de l'âme humaine, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.
L'auteur
David Vann est né en Alaska, sur l'île Adak, en 1966. Il étudia à l'Université Stanford et y obtient un Master of Fine Arts (MFA) en Création Littéraire. Il publie régulièrement dans divers magazines The Atlantic Monthly, Esquire, Men's Journal, Outside's GO, National Geographic Adventure, Writer's Digest, et plusieurs autres. En 2005, il publie ses mémoires intitulées A Mile Down: The True Story of a Disastrous Career at Sea, racontant son périple sur les mers. Il a en effet parcouru plus de 40 000 milles sur les océans.
Il a enseigné à plusieurs universités: Stanford, Cornell SF State et Florida State University. Aujourd'hui, il vit en Californie avec son épouse et enseigne à l'Université de San Francisco. Il construit également un catamaran et prévoit repartir en mer pour un tour du monde solitaire.
A Mile Down: The True Story of a Disastrous Career at Sea (2005)
Legend of a Suicide (2008)
Résumé
Un homme, vivant une période difficile de sa vie, décide de partir pendant une année et de vivre dans une île isolée d'Alaska. Il demande à son fils de 13 ans, de vivre l'expérience avec lui et de l'accompagner sur l'île.
Ils partent donc tous les deux pour vivre dans une cabane sur l'île Sukkwan, accessible uniquement par bateau ou hydravion. Ils arrivent à l'île avec quelques provisions et matériel, prêts à travailler dur pour affronter la prochaine année. Mais dès le début, il semble que le père n'est pas du tout préparé à vivre cette expérience. Les difficultés s'accumulent et le père se laissent aller à sa dépression, laissant son fils complètement désemparé.
Le père et le fils se retrouvent pris dans un engrenage qui se terminera par un geste horrible qui changera leurs destins.
Sukkwan Island n'est pas à proprement parler un roman. Le titre est en fait une nouvelle qui fut publiée dans le recueil "Legend of a suicide" en 2008. Sukkwan Island est la nouvelle principale du recueil qui en contient 6 au total. La majorité des nouvelles prennent place en Alaska. Le personnage principal des nouvelles est principalement un jeune garçon nommé Roy. Les nouvelles ont également pour principal thème le suicide.
Le père de David Vann s'est suicidé suite à une dépression en 1980. David Vann avait alors 13 ans. Avant de mettre fin à ces jours, son père aait demandé à son fils de partir avec lui pour une île en Alaska. Vann a lui-même expliqué que Sukkwan Island est une tentative de comprendre son père et son état psychologique. Par son récit, il essaie de se rapprocher de son père. Il a dit dans une entrevue que sa nouvelle est aussi une façon de se venger de son père... le faire payer en quelque sorte pour la culpabiblité qu'il ressent face au suicide de son père. Comme beaucoup de proches de suicidés, il s'est longtemps senti responsable de la mort de son père. Il a porté longtemps sur ses épaules le suicide de son père et dans la nouvelle, il se fera en quelque sorte porter par son père.
La nouvelle a pour thème principal la relation entre le père et le fils. C'est une analyse des rapports entre un père et son enfant. Et surtout un questionnement sur les responsabilités du parent face à son enfant. Un père a-t-il le droit de mettre son enfant dans une situation non contrôlé ? Éloignés de tous, sans moyens de communication fiable, sans véritables connaissances de la survie en nature... A-t-il le droit de mettre son enfant en danger ? Et a-t-il le droit de raconter à son fils de telles confidences ? Quand peut-il cesser d'être le père pour être un simple homme ? A-t-il le droit de se reposer sur son fils encore très jeune ?
Très rapidement, on sent que le père est malade. Il est faible, dépressif, suicidaire et surtout imprudent et irresponsable. Il n'est pas préparé pour vivre dans cet isolement. Ni d'un point de vue pratique, ni d'un point de vue psychologique. Il met volontaire son fils face à des situations difficiles. Il le laisse seul, il l'amène dans des promenades dangereuses, il se blesse volontairement, il pleure toutes les nuits et confie des choses délicates et inappropriées à son fils. Il est extrêmement égocentrique et centré sur lui-même et utilise même le chantage émotif pour que son fils reste sur l'île. Il est incapable de s'occuper de son fils et a donc échoué comme père. Le personnage est détestable et on sent vraiment le règlement de compte de l'auteur avec son propre père.
Le texte est divisé en deux parties et ce n'est un secret pour personne - puisque la publicité et le marketing entourant l'oeuvre fut très explicite - que la première partie se termine à la page 113 par un événement choc qui changera tout. La première partie est essentiellement la vie des deux personnages sur l'île. Leur tentative pour y survivre. Cette partie est essentiellement la raison pour laquelle le livre fait partie de la collection "Nature Writing" c'est-à-dire "Écriture de la nature". L'île d'Alaska est presque un personnage à part entière. On voit et on sent l'île... sa nature, ses intempéries, sa beauté et son aspect sauvage. Le père et le fils doivent apprendre à vivre sur l'île et à affronter ses éléments.
Cette première partie se termine par une mort. Les prochaines pages se concentrent essentiellement sur la culpabilité du survivant et le poids de cette mort sur lui.
La première partie est lente... les minutes semblent passées difficilement pour les personnages. On les sent souffrir dans chaque page. On sent les inquiétudes du fils et son désillusionnement face à son père. On ressent les échecs de son père, son désespoir. J'ai cependant eu beaucoup de difficulté à accepter les personnages. Ils m'ont semblé improbables. Ils sont essentiellement des émotions que l'auteur a assemblé dans deux personnages représentant le "père" et le "fils". Comme plusieurs lecteurs je ne suis pas capable de croire à la situation. Ce projet irréel... comment un père peut-il amener son fils pendant un an sur une île déserte en y étant pas préparé ? comment une mère peut-elle laisser son fils partir avec un père instable ? J'ai eu aussi de la difficulté à croire à certains événements... toute l'histoire de l'ours, par exemple, m'a semblé incroyable... j'avais l'impression qu'elle était fausse, "arrangée". Une simple mise en scène.
Malgré tout, c'est la partie que j'ai trouvé la plus agréable à lire. Évidemment, tout au cours de la lecture, on est en attente de "l'événement". On sent donc une tension qui s'installe. Plus les jours passent, plus on sent la situation devenir dramatique. Cependant, je n'ai pas senti la noirceur ou le cauchemar, comme plusieurs l'ont ressenti. La situation est tense mais prévisible. On sent qu'il y aura quelque chose d'irréversible qui se produira. Parce qu'on nous y a préparé... Et honnêtement... cet événement n'est pas bien difficile à prévoir ! Dès les premières pages, j'avais un doute. Et puis après la chute "accidentelle" du père, je savais plus ou moins ce qui allait venir... les événements suivants confirmaient petit à petit: les planches à faire, la cache à creuser et recreuser, les marches en pleine nuit, l'avion manqué, la pluie, les pleurs et confidences du père, les fusils, etc. Mais honnêtement... cet évènement n'était pas inévitable. Il m'a même paru un peu exagéré et "gros". Il a lieu car l'auteur a besoin qu'il arrive... pour pouvoir régler ses comptes avec son propre père. Car même si j'avais deviné ce qui allait arriver... en vérité cet événement arrive un peu n'importe comment et pour rien. La situation était difficile mais pas à ce point tragique ! Pour expliquer un tel geste, il en faut un peu plus. Je répète.... cette mort a lieu car sinon l'auteur ne pouvait exorciser ses propres démons.
Et donc, à la page 113, je ne fus pas surprise. Suicide ou meurtre... ce n'est pas vraiment important... c'est en fait le même acte pour l'auteur.
La deuxième partie m'a semblé vaguement inutile. Et encore plus improbable. Selon moi, elle n'est finalement qu'une métaphore des sentiments de culpabilité que l'on peut ressentir face à des gestes hors de notre contrôle... et que l'auteur tente d'exorcicer. Il se venge et en même temps pardonne à son père. Il lui donne la possibilité de payer son crime à travers le désespoir du survivant du texte. En quelque sorte, il nous raconte comment il vit les émotions contradictoires qu'il ressent face à son père. Désillusion et colère, culpabilité et rage, amour et haine. Mais j'ai trouvé la lecture de cette deuxième partie longue et fade... une longue suite de plaintes et d'apitoiement sur soi-même. Je suppose que pour l'auteur elle est la suite logique et essentielle. Tout comme la conclusion, essentielle elle-aussi. Elle vient boucler la boucle. Le cercle de la mort dans laquelle l'auteur voulait sortir. Ils sont tous morts.
Sukkwan Island est essentiellement un texte introspectif et libérateur pour l'auteur. L'histoire n'est pas sans charme mais manque cruellement de cohérence. La plume de l'auteur est très inégale. Elle est surtout thérapeutique et donc elle varie au gré des émotions que l'auteur cherche à transmettre. Même si j'ai apprécié la lecture, je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Et je crois qu'essentiellement mon appréciation vient du fait que je comprends, aujourd'hui, le drame personnel que Vann a voulu décrire et se libérer. Mais sans cette information, le livre m'a d'abord apparu un peu ennuyant, invraisemblable et exagérément tragique. Ce qui me fait questionner... Si je dois connaître la vie de l'auteur et ses motivations pour apprécier la lecture de son texte... quelle valeur a à mes yeux cette nouvelle ? Si je ne peux apprécier les mots sans connaître cette information c'est que le texte n'a pas réussi à me rejoindre. Malheureusement.
"Roy se sentait mis sur un pied d'égalité avec son père. Aucun d'eux ne savait quoi faire et ils allaient devoir apprendre ensemble. Il grimpa la courte distance qui le séparait des toilettes et vit les plantes déjà piétinées lors de leur précédent passage. Ils creuseraient des sentiers à tous les niveaux, partout où ils iraient." p. 20
"Il n'était qu'à une centaine de mètres de la dernière pointe quand il entendit le ronronnement du moteur, il s'arrêta pour voir l'avion décolleer de la baie, se détacher de sa propre écume et s'élever maladroitement au-dessus du chenal. Roy resta planté là en fixant le point où l'appareil avait disparu, la respiration saccadée, tenaillé par le sentiment qu'un événement terrible était survenu." p. 81
Langue: Anglais (VO) Année: 1990 Durée: 105 min. Pays: États-Unis Réalisateur: Tim Burton Producteurs: Tim Burton, Denise Di Novi, Richard Hashimoto, Caroline Thompson Scénario: Tim Burton et Caroline Thompson Cinématographie: Stefan Czapsky Musique originale: Danny Elfman
Distribution: Johhny Depp (Edward Scissorhands); Winona Rider (Kim Boggs); Dianne Wiest (Peg Boggs); Anthony Micheal Hall (Jim); Vincent Price (The inventor)
Synopsis (attention spoilers)
La première scène du film nous présente une vieille femme qui raconte à sa petite-fille l'histoire de l'homme aux mains d'argent qui fut créé par un inventeur habitant un vieux château gothique au sommet d'une colline. L'inventeur aimait sa création mais il mourut avant de l'avoir complété. Et il laissa Edward avec des ciseaux à la place des mains.
Edward se retrouva seul dans le château jusqu'au jour où une vendeuse de produits Avon, Peg Boggs, décida d'aller sonner à la porte de cette étrange maison que personne n'avait jamais osé approcher. Elle découvre alors Edward et le prenant en pitié, elle décide de le ramener chez elle dans la banlieue au pied du château.
Edward tente comme il peut de s'adapter à la vie dans cette banlieue ordinaire où tout et tous lui semblent étranges. Peg et sa famille tentent de le protéger contre leur entourage qui sont d'abord curieux et méfiants puis qui, fascinés par ses ciseaux, tentent de l'utiliser pour toutes sortes de raisons. Edward a un grand coeur, est innocent, et se laisse trop facilement manipuler par les gens. Il tombe amoureux de Kim, la fille de Peg, qui finira par aussi s'attacher à Edward.
Mais petit à petit, les incidents s'accumulant, la méfiance des gens à l'égard d'Edward revient. La famille Boggs réalise petit à petit qu'Edward ne peut rester avec eux dans leur banlieue et devrait peut-être retourner se cacher dans son château. Alors que les Boggs tentent de célébrer Noël, Edward blesse accidentellement Kim puis Kevin, son jeune frère. La population se tourne contre lui. Edward tente de se réfugier au château mais les gens le poursuive. Kim le suit pour tenter de le protéger. Mais son petit ami, Jim, les suit également et tente de tuer Edward. Ce dernier arrive à se défendre mais tue Jim. Kim avoue à Edward qu'elle l'aime mais qu'elle doit le laisser pour le protéger de la population. Elle le quitte et annonce aux gens qui arrivent que Jim et Edward se sont entretués. Les gens retournent dans la banlieue, laissant Edward à nouveau seul dans son château.
La dernière scène nous présente à nouveau la vieille dame qui termine son récit à sa petite-fille.
À propos
Titre original: Edward aux mains d'argent
Tim Burton a travaillé de nombreuses années sur ce film. On dit qu'il travaillait sur cette idée et ce personnage depuis son adolescence. Pendant la réalisation du film Beetlejuice, il engagea Caroline Thompson pour adapter son idée en scénario. Le succès de Batman permit ensuite à Burton de travailler rapidement sur ce projet qu'il avait tant à coeur.
Tim Burton basa son personnage principal sur l'apparence du chanteur de The Cure dans les années 80, Robert Smith. On dit qu'il s'inspira de sa propre coiffure pour celle d'Edward. Plusieurs acteurs furent proposés ou manifestèrent leur intérêt pour le rôle d'Edward: Tom Cruise, Tom Hanks, William Hurts, Robert Downey Jr et même Micheal Jackson. Tim Burton opta finalement pour Johnny Depp. Ce film marqua le début d'une longue collaboration entre les deux artistes qui dure encore aujourd'hui.
Le personnage principal est prénommé Edward en l'honneur du réalisateur et acteur, Ed Wood, que Burton admire beaucoup. Il réalisera un film sur sa vie quelques années plus tard. Quelques critiques placent d'ailleurs Edward Scissorhands et Ed Wood dans une trilogie qui comprend aussi Big Fish (avec son personnage principal d'Ed Bloom). Ces trois personnages au prénom de "Ed" sont trois versions différentes d'un même personnage rêveur que Burton présente dans ses films.
On peut aussi noter que le film est la dernière apparition de l'acteur
Vincent Price, célèbre pour sa contribution au cinéma fantastique. Il
meurt en 1993. Le rôle de l'inventeur fut d'ailleurs écrit pour lui.
La banlieue présentée dans le film serait une critique par Burton de sa ville natale, Burbank en Californie. Il la présente comme un endroit qui semble parfait, mais qui est fade et sans intérêt. Burton aurait
créé une caricature de la banlieue typique des années 70-80 où les gens semblent tous pareils. Le village de Land O'Lakes en Floride fut choisi pour le tournage.
La collaboration entre Burton et le compositeur Danny Elfman est également notable. Cette 4e collaboration est remarquable et la musique fait partie intégrante du film. Edward Scissorhands reçut plusieurs nominations et prix.
Granma: "Before he came down here, it never snowed. And
afterwards, it did. If he weren'tup there now, I don't think it would be
snowing. Sometimes you can still catch me dancing in it"
Edward Scissorhands est un film multiple, mélangeant le drame, le fantastique et la comédie. Mais le film est avant tout un conte. Et c'est l'aspect le plus important du film. Le film suit les règles d'un conte et c'est ce qui fait qu'on peut adorer le film ou alors le trouver simple et invraisemblable. Dans un conte tout est possible. Les gens peuvent dormir 100 ans, mesurer quelques centimètres, avoir un chat qui porte des bottes ou encore avoir des ciseaux à la place des mains.
Car un conte nous raconte avant tout les péripéties - souvent invraisemblables - vécues par un personnage. Le film nous présente l'histoire d'Edward. Le récit se déroule dans un autre temps. Comme tout conte, il semble avoir lieu dans un passé, non défini... "il était une fois"... Et dans un lieu également non défini... une banlieue... Une banlieue de quelle ville ? On ne sait pas. L'époque est aussi incertaine. Le film nous offre des paramètres provenant de différentes époques, et il est difficile de déterminer si on se trouve dans les années 50 ou 90. Nous sommes, nous le lecteur ou auditeur, séparés du temps et du lieu évoqués dans le conte. Nous sommes donc en dehors du monde actuel et donc les événements, les actions, les personnages peuvent être différents de ce que nous connaissons... être presque irréels !
L'univers du conte est souvent manichéen et caricatural. Les traits des personnages sont exagérés pour bien les cerner. Le bien et le mal sont facilement reconnaissables même s'ils ne se trouvent pas toujours dans les personnages habituels. Les habitants de la banlieue sont bien typés. Nous retrouvons des personnages très stéréotypés à la limite du ridicule... des personnages qui poussent les traits jusqu'à la caricature. Et même s'ils vivent dans une banlieue toute pimpante et aux couleurs pastels, ils ne sont pas nécessairement le côté positif du conte. Et bien qu'Edward, tout de noir vêtu, avec des lames à la place des mains, vit dans un château sombre et "hanté", il est loin d'être le côté négatif de l'histoire. Les rôles semblent inversés, mais ils sont présents. Le mal s'oppose à l'innocence et au bien. Il s'agit de renverser les rôles habituels.
La banlieue et le manoir présentent la même opposition paradoxale. Le réalisateur présente la banlieue comme un endroit propre, aseptisée, remplie de couleurs
mais fade. Elle semble parfaite, calme mais sans intérêt. Elle
s'oppose dans le film au château sombre et gothique isolé sur la
colline mais qui renferme un jardin féerique et un homme marginal mais tendre et innocent.
Tout s'oppose dans le film: Edward, sombre et taciturne et Kim, blonde et vive ; la banlieue et le manoir ; la normalité et la marginalité...
On dit que les contes finissent généralement bien. Et on a souvent l'impression qu'ils s'adressent aux enfants...surtout à cause de l'aspect merveilleux. Mais le conte propose souvent une histoire crue et violente... on y retrouve de la souffrance, des combats, des larmes, et parfois, il ne finit pas bien du tout... la mort est souvent la conclusion. Edward devra vivre de nombreuses souffrances et il devra fuir pour se protéger. Il aimera mais ne pourra pas vivre son amour. La mort concluera en quelque sorte le conte. Mais l'espoir restera. Et les flocons de neige qui tombent toujours sur la banlieue sont un témoignage de l'amour et de l'espoir qui parsèment le conte.
Évidemment, comme tout conte, le film comporte également un aspect moralisateur ; à la limite du didactique. Chaque aspect du conte - les personnages, les lieux, les épreuves - cherchent à transmettre à l'auditeur une idée ou une morale. On nous transmet un message... une morale... Ici, la banalité et le conformisme sont les dangers. Il est aussi important d'arriver à voir au-delà des apparences. Ce qui apparaît menaçant cache en fait l'innocence et ce qui apparaît normal cache peut-être un monstre. On voit de la laideur dans le normal et de la beauté dans la marginalité.
Le film est aussi unique en grande partie à cause de la collaboration de Burton avec le compositeur Danny Elfman qui a su créé une musique féerique et unique. Chaque morceau souligne la magie du moment et lors de la scène où Edward sculpte la glace, la musique semble accompagnée chaque flocons de neige qui tombent doucement. Les deux artistes ont su combiner leurs visions et talents pour créer un univers unique.
Le jeu des acteurs est également fantastique. La chimie entre les acteurs principaux est palpable. Johnny Depp semble vivre le rôle de Edward Scissorhands, et malgré le fait qu'il n'a que très peu de lignes à dire, il réussit facilement à transmettre les émotions du personnage. Tous les personnages, même secondaires, sont parfaitement rendus. La relation maternelle entre Peg Boggs et Edward (Dianne Wiest est comme toujours parfaite dans son rôle), la relation amoureuse entre Kim et Edward, l'antagonisme entre Jim et Edward, etc... jusqu'à la performance de Vincent Price comme créateur/père d'Edward... chaque acteur vit son personnage et nous le présente intensément.
Le film peut sembler difficile, voire triste. Mais il ne faut pas oublier qu'un conte demeure un divertissement, une activité ludique pour le lecteur/spectateur qui lui permet de s'évader de son quotidien. Et plusieurs scènes du film sont drôles et plaisantes. On sourit aux gaffes qu'Edward peut parfois faire ou aux absurdités des voisins...
On peut analyser le film à divers niveaux et plusieurs études et articles ont été consacré aux nombreuses lectures possibles de l'oeuvre. Il est très intéressant d'étudier le film et ses différents aspects et thèmes... très intéressant de faire des comparaisons avec différents contes et autres oeuvres, comme par exemple, Frankenstein... Mais Edward Scissorhand devrait tout d'abord être vu comme un conte unique qui nous raconte une fable iréelle remplie de magie.
Il y a de ces voyages importants. Pas de grands voyages, non. Mais des voyages obligatoires et sentimentaux. La première fois que j'ai vu ce village, j'avais 11 ans. Je dois avouer qu'il ne signifiait pas grand chose pour moi. En fait, c'était la finalité d'un voyage en Espagne qui m'exaspérait au plus haut point.
C'était l'été. Mon dernier été avant de commencer le secondaire. J'avais tant de chose à faire, tant de projets avec mes amis... Mais non, nous devions aller en Espagne. Voir la famille. Trois semaines à Barcelone. Puis ce voyage en auto vers l'Andalousie. La destination finale du voyage étant le village natal de mon père. Le minuscule village où mon père était né et avait passé son enfance. Un minuscule village de la province de Granada, perdu dans les montagnes de la Sierra Nevada... Alicún de Ortega.
J'ai peu de souvenirs de ce voyage. Je me souviens d'un long trajet en auto, de champs d'oliviers, de la chaleur, de l'air fatigué de ma mère, de mots que je ne comprenais qu'à moitié, de chambres d'hôtels, de lunchs sur le bord de la route. Et je me souviens vaguement du village. Je me souviens de petites rues. De maisons blanches. Encore de la chaleur. De la place principale. De la fête du patron du village. Des feux d'artifices pendant la fête. De la chèvre que la vieille dame avait égorgé devant nous pour la fête.
Toute ma vie... depuis cette visite en 1982... mon père a dit "Un jour, je vais retourner voir mon village". Mais sans jamais y aller. En remettant chaque année, ce voyage. Alors cette année, j'ai dit : "Ça suffit... on y va, un point c'est tout !" J'ai tout préparé et je ne lui ai pas donné le choix. Et donc, 28 ans plus tard, ce janvier de 2010, nous sommes partis en avion pour Granada. Puis en auto, nous avons suivi la route nous menant vers ce "fameux" Alicún de Ortega.
La route fut impressionnante, je dois l'avouer. Des paysages entre le désert et la montagne. Entre terre et neige. La région avait subi de fortes pluies quelques jours auparavent... et ce, depuis des semaines. Alors, il y avait beaucoup plus de vert qu'à l'habitude.
Et puis nous sommes arrivés. À ce village. Pendant tout le trajet, mon père nous avait raconté des histoires. Des histoires de son enfance. Certaines, je connaissais et avais entendues de nombreuses fois, d'autres étaient nouvelles. Il semblait énervé. Il ne cessait de rire.
Petit village. Oui. Mais plus grand que dans mes souvenirs. Nous nous sommes promenés. "Cette maison... la maison de ta tante Justa... celle-ci... lla famille de mon ami Cristobal y vivait... Ici, c'est la grande place... ils ont changé le nom !... Ces maisons sont nouvelles... Tu vois le panneau annonçant la station de train... il n'était pas là avant, mais c'est à cette station que nous nous sommes rendus (à pied et à dos d'âne) pour déménager à Barcelone... C'est ici que la fête de village a lieu, chaque année, tu t'en souviens quand nous sommes venus en 1982 ?... "
Et puis finalement, nous avons trouvé "LA" maison où il avait grandi... elle avait un peu changé... elle avait une nouvelle peinture, des rénovations... Il n'était pas certain. Une vieille dame s'est arrêtée... "Vous cherchez quelque chose?" Et puis, nous avons commencé à parler. Oui, c'était la bonne maison. Elle se souvenait de la famille de mon père. Elle a parlé de ma grand-mère, de mes cousins... Elle nous a raconté sa vie dans le village... Elle nous a raconté le village aujourd'hui, les nouveautés. Elle nous a parlé du passé, du présent, du futur ! Enfin... nous avons placoté un bon moment. Que de souvenirs !
Et puis nous avons continué la promenade... pour aller finalement luncher dans le seul petit bar ouvert en ce vendredi de janvier. On nous regardait un peu bizarrement. Surtout, que nous parlions en français (j'ai bien essayé de parler en espagnol avec mon père... mais c'est impossible... il a vécu près de 40 ans au Québec, il nous a toujours parlé en français... donc ensemble on parle en français !). Et puis, après le repas, somme toute très bon, nous avons continué notre visite.
La dernière chose que mon père voulait faire avant de partir était d'acheter des saucissons, qu'il disait unique à Alicún. Principalement du chorizo et de la morcilla. La seule charcuterie semblait fermée. Mais une dame balayant son porche nous proposa d'aller chercher le propriétaire qui lunchait chez lui à deux pas. Ce que nous avons fait ! Et mon père est reparti avec 10 kilos de saucissons ! Et avec l'assurance du charcutier qui affirmait qu'il suivait encore la recette établie il y a des années par les femmes du village - et dont ma grand-mère faisait partie ! (Verdict: mon père dit que c'est très semblable mais pas tout à fait ! ;) ).
Puis nous avons quitté le village. Notre voyage continuait vers Granada et d'autres villages. Je ne sais quand je reverrai ce petit village. Mon père, quant à lui, promet de revenir cet été ! Et que cette fois-ci, il le fera... il veut absolument revoir la fête annuelle de son village, au moins une dernière fois !
Alicún de Ortega
Communauté autonome : Andalucia
Province : Granada
Région : Guadix
Altitude : 687 m.
Population : 570 à 783 Alicuneros (varie selon les sources)
Rivière bordant le village : Guadahortuna
Montagne : Cerro de Alicún
Cultures : Vignobles et Oliviers
Plats typiques : Migas, Gachas, Andrajos, Alfajores, Embutidos, ...
Précipitations : Rares mais violentes
Fêtes populaires : 12 et 13 mai Fête de la Vierge de Fátima -- 15 au 18 août, Fête de la Virgen del Carmen
Petit village aux limites de la région de Granada en Andalousie, situé dans la Sierra nevada-Baza. Le village a perdu beaucoup de ses habitants après la guerre civile. La plupart a quitté le village pour émigrer dans d'autres villes, notamment en Catalogne (Comme la famille de mon père). Tranquille pendant les mois d'hiver. La population se compose alors plutôt de gens plus âgés ; les gens plus jeunes se déplacent dans les villes plus importantes pour travailler. L'été, le village voit sa population augmenter, principalement pendant les vacances estivales et les fêtes locales.
Il y a peu de tourisme au village, même s'il possède quelques monuments (sanctuaire, église du XVIe siècle, etc.). Les fêtes locales amènent cependant beaucoup de visiteurs. Elles sont ponctuées de feux d'artifices, de repas communs et parfois encore "d'abattage" publics des porcs et autres animaux qui seront mangés lors des fêtes. Mais cette tradition tend à disparaître et même à être interdite.
Le village est considéré comme un des plus anciens de la région. Il est connu sous différents noms: Acatucci (romain), Agatugia et on mentionne le village dans plusieurs textes arabes du Moyen-Âge sous le nom de Al-liqun. Le nom évolua ensuite, on retrouve les graphies de Al-liqún, puis Al-liqut, Alicum, Alicur, et finalement Alicún.
L'endroit où se trouve le village a été occupé depuis la préhistoire et on a retrouvé de nombreux vestiges. Les Romains occupèrent aussi l'endroit ainsi que les musulmans. L'histoire a aussi marqué le village et la région au XIVe siècle.
Près d'Alicún de Ortega est située une station balnéaire très connue: Alicún de las Torres. (C'est là que nous avions logé en 1982... je me souvients très bien des piscines !!!). Les eaux sulfatées, bicabonatées et très minéralisées ont des propriétés curatives et se maintiennent habituellement aux alentours de 35ºC. Selon les propriétaires du site, les romains utilisaient déjà ces eaux à des fins thérapeutiques. La structure hydraulique serait encore celle installée par les Maures.
La région offre beaucoup d'autres endroits à visiter: un immense ensemble de dolmens (environ 200), des formations géologiques impressionnantes, plusieurs maisons troglodytes, grottes, vestiges néolithiques et ibères, gravures en pierre (Pétroglyphes) et autres villages sympathiques.
Qumran / Eliette Abécassis. -- [Paris] : Ramsay, [c1996]. -- 474 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-253-14363-4. --(Livre de poche, 14363)
Commentaires personnels
Ce premier roman d'Eliette Abécassis demanda à l'auteur, en plus de ses connaissances personnelles sur la culture religieuse et juive, plus de 3 annnées de recherche, incluant des voyages en Israël et aux États-Unis. Le résultat est un roman mélangeant aventures, suspence, thriller, histoire, religion et métaphysique.
Qumran met en scène, Ary Cohen, un jeune Hassid qui vit dans un des quartier les plus orthodoxes de Jérusalem. Il n'a plus vraiment de contact avec sa famille, ne partageant pas les mêmes convictions religieuses.
Mais il devra bietôt faire face à son passé, sa famille et sa prétendue destinée. Il sera entraîner malgré lui dans une histoire de meurtres rituels impliquant son père et le vol des manuscrits de la Mer Morte, qui furent découverts en 1947 dans les grottes de Qumran et qui remettent en question l'histoire religieuse mondiale et la foi de nombreux croyants.
L'auteur nous plonge dans l'histoire, dans la religion, dans le passé, mais aussi dans le monde contemporain... dans une Israël et un monde juif encore profondément inconnus et incompris. On sent la connaissance intime de l'auteur avec certains sujets et on sent les recherches qu'elle a effectuées pour compléter son savoir - parfois un tantinet trop... alors que le texte devient par endroit assez difficile à lire. Mais toujours extrêmement fascinant ! On découvre un univers très fermé au monde extérieur. Et on se trouve plongé dans un monde envahi par les manuscrits, les secrets et les révélations religieuses et métaphysiques. L'oeuvre est complété par des extraits des manuscrits de la Mer Morte. Sans oublier l'histoire d'amour impossible - qui ne m'a pas exaspérée pour une fois !
Le style est érudit et scientifique. Parfois un peu difficile à suivre. Et malgré - et surtout à cause - l'érudition du texte, on se perd parfois un peu dans le fil de l'histoire. Beaucoup d'information. J'ai adoré l'ensemble, mais j'ai parfois légèrement décroché de l'histoire, à cause de toute cette information - intéressante, passionnante même, cela va sans dire, mais qui me faisait oublier l'intrigue. On sent parfois que l'auteur a voulu inclure trop de connaissances, trop de faits, trop d'information... comme si elle voulait tout mettre, tout expliquer. Mais le thriller est bien mené - bien qu'il ne tienne de toute évidence pas la place centrale. Et la conclusion satisfaisante, quoique un tantinet trop rapide, comme c'est souvent le cas. Il est important de se rappeler que malgré le côté érudit et informatif de l'oeuvre, cela demeure un roman. Et si on cherche à connaître plus sur les manuscrits de la Mer Morte, il faut aller plus loin.
On se trouve devant un mélange de roman policier, roman historique et roman ésotérique. Le roman d'Abécassis est passionnant et il me tarde de lire les suites pour conclure cette trilogie. Quoique Qumran m'apparaît comme une oeuvre complète.
"Nazareth n'est jamais mentionnée,
que ce soit dans l'Ancien Testament, le Talmud ou les écrits de Flavius
Josèphe. Et pourtant ce dernier, commandant en chef des juifs lors de
la guerre contre les Romains en Galilée, ne manquait jamais de noter
tout ce qu'il voyait. Si Nazareth avait été une ville importante de
Galilée, comment se peut-il que Flavius Josèphe, qui se battqait dans
cette province - qu'il décrit par ailleurs en détail -, n'en fasse pas
même mention ? C'est que Nazareth n'est pas le nom d'une ville, mais le
nom d'une secte." p.269
"À Noël, amusons-nous, profitons-en, car Noël ce n'est qu'une fois par an" [Thomas Tusser]
De mon petit coin de pays présentement dans le brouillard et la pluie ! Je vous souhaite que les rires, la musique, les bons petits plats, l'amour, l'amitié et les moments magiques illuminent cette journée unique et féérique !!!
Alors à tous... (oui, oui, même à ceux qui pestent contre le Temps des Fêtes ;) )
"Le temps, c'est quand on va d'un Noël à l'autre" [Paul Vileneuve]
Cette photo date. Presque deux hivers déjà ! Un certain décembre de 2007. Dans un village... en Alsace. Un marché de Noël.
Je ne suis plus la même. Mes cheveux ont changé. Oui, c'est vrai. Mais les changements les plus importants ne sont pas visibles sur cette photo. Mais moi, je les vois.
Sur cette image, je vois Noël. Je vois ce temps de l'année que j'aime tant. Je vois un marché de Noël dans une petite ville de France, si près de l'Allemagne. Je vois un temps froid où on se sent bien emmitouflé dans un foulard bien chaud.
Et je vois, une fille, plus très jeune, qui sait qu'elle n'est plus une fille. Elle aime Noël et elle aimera toujours Noël. Elle restera une petite fille, complètement émerveillée à chaque Noël... qui regarde chaque lumière comme une étoile qui enveloppe son coeur et qui la remercie de venir lui donner un peu de magie. Mais elle sait qu'elle n'est plus une fille... et elle l'accepte avec joie.
Et je vois un temps qui fut merveilleux mais qui bientôt changera sûrement. La fille qui est là, change à tous les jours. Elle vit au rythme des livres... et elle veut revivre parmi les livres. Peut-être bientôt...
"Comme des bibliothèques aux multiples rayons que l'on classe, déplace, aménage, lentement nos identités se recomposent" [Viviane Chocas]
"J'ai la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes... une route qui conduise aux confins de la terre... où l'esprit est libre..." [Henry David Thoreau]
Parfois les images nous rappellent des moments passés. Des moments révolus. Mais parfois les images nous projette dans notre futur. Il nous rappelle les décisions qui viennent vers nous. Ces choix qu'il faudra faire. Et que l'on remet au lendemain car l'indécision est trop importante.
Une route. Cette route s'est dirigée vers des horizons lointains. Un chemin vers des racines méconnues. Elle a permis des rencontres extraordinaires, des découvertes merveilleuses. Une réunion et une confrontation avec mes racines espagnoles. Beaucoup de choses me furent révéler et je ne regrette rien. Même les moments difficiles.
Mais il faut aussi avoir le courage de regarder la route et de reconnaître son chemin, ses sorties, ses déviations et ses destinations. Il faut être capable de faire des détours, de reprendre des routes déjà parcourues. Et découvrir qu'en fait il reste pleins de kilomètres à découvrir et à redécouvrir.
Ces moments de repos permettent la réflexion. Les décisions sont proches. Elles font peur. Mais elles sont pleines de promesses.
"J'ai besoin de l'hiver. Car pendant que la nature se repose, l'esprit, lui, peut entrer en ébullition." [Jan Sverak]
Comme chaque année, j'aime me perdre dans ce mois d'octobre que j'adore. L'année dernière, l'année précédente... je tente de souligner ce mois d'automne, ce mois d'Halloween. D'autant plus que qu'ici à Barcelone, il est difficile de vraiment s'envelopper de cette atmosphère halloweenesque ! Et puis, je me rend compte que j'ai ouvert ce carnet, un certain mois d'octobre 2006 ! Raison de plus de célébrer ce mois cher à mon coeur !
Cette année je vais essayer une fois de plus de me mettre en mode Halloween, et ce, malgré l'absence de décorations espagnoles (quoique qu'il y a déjà un peu plus de décorations dans les magasins qu'il y a 5 ans !). Je vais donc y aller de textes sur ce thème et cette fête que j'aime tellement.
Et cette année, je me suis inscrite au Bloody Swap de Lou ! J'avoue que cela aide à se mettre dans le "mood", toute cette préparation de colis ! J'ai bien hâte d'envoyer mon colis... et de recevoir le mien, bien entendu !
Oh mais je regarde ces photos prises il y a déjà plusieurs années à Montréal et je suis légèrement nostalgique...
Bloodletting / Concrete Blonde
There's a crack in the mirror
and a bloodstain on the bed -
There's a crack in the mirror
and a bloodstain on the bed -
O you were a vampire and baby
I'm the walking dead
O you were a vampire and baby
I'm the walking dead
(chorus)
I got the ways and means
to New Orleans I'm going
down by the river
where it's warm and green
I'm gonna have drink, and walk around
I got a lot to think about oh yeah oh yeah
There's a rocking chair by the window
down the hall
I hear something there in the shadow
down the hall
O you were a vampire and now I am
nothing at all
O you were a vampire and now I am
nothing at all
(chorus)
They used to dance in the garden in the
middle of the night
Dancing out in the garden in the
middle of the night
O you were a vampire
and I may never see the light
O you were a vampire
and I may never see the light
The Suspicions of Mr. Whicher, or, The Murder at Road Hill House / Kate Summerscale. -- London, Berlin, New York: Bloomsbury, [c2008]. -- 372 p., [16] p. de pl. : ill. (certaines en coul.) ; 20 cm. -- ISBN 978-0-7475-9648-6
Comprend des notes. Comprend une bibliogr. et un index.
Quatrième de couverture
It is midnight on 30th June 1860 and all is quiet in the Kent family's elegant house in Road, Wiltshire. The next morning, however, they wake to find that their youngest son has been the victim of an unimaginably gruesome murder. Even worse, the guilty party is surely one of their number - the house was bolted from the inside. As Jack Whicher, the most celebrated detective of his day, arrives at Road to track down the killer, the murder provokes national hysteria at the thought of what might be festering behind the closed doors of respectable middle-class homes - scheming servants, rebellious children, insanity, jealousy, loneliness and loathing.
This true story has all the hallmarks of a classic gripping murder mystery. A body, a detective, a country house steeped in secrets and a whole family of suspects - it is the original Victorian whodunnit.
L'auteur
Kate Summerscale est née en 1965. Pendant sa jeunesse, elle vécut au Japon, en Angleterre et au Chili. Elle étudia à l'Université Oxford ainsi qu'à l'Université Stanford où elle obtint une maîtrise en journalisme.
Elle travailla pour le quotidien The Independent et écrivit des notices nécrologiques pour le Daily Telegraph entre 1995 et 1996. Elle fut également l'éditeur littéraire pour ce même journal. Elle a écrit des articles pour The guardian, The Daily Telegraph et The Sunday Telegraph. En 1998, elle publie The Queen of Whale Cay. Son ouvrage "The suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House" a obtenu le Prix Samuel Johnson for Non-Finction en 2008.
Elle vit aujourd'hui à Londres. Elle continue d'écrire.
Bibliographie
The Queen of Whale Cay (1998)
The suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House (2008)
Résumé
Le matin du 30 juin 1860 va changer la vie des membres de la famille Kent vivant à Road, dans le Wiltshire. Le plus jeune fils de la famille a disparu et sera retrouvé mort, assassiné, quelques heures plus tard. Une enquête policière commencera alors, qui boulversera la société anglaise de l'époque. Car on en vient rapidement à la conclusion que le meurtre n'a pu être commis que par quelqu'un de la maisonnée.
Jack Whicher, célèbre détective de l'époque, est appelé sur les lieux. Il tentera de résoudre le mystère, mais ses efforts seront sans succès. Le suspect qu'il tente d'amener en justice est relâché et sa carrière sera mise en péril. Des années plus tard, le meurtrier confessera finalement. Mais est-ce que la vérité fut véritablement révélée ?
Commentaires personnels
Relatant un véritable crime s'étant déroulé à la fin du 19e siècle, l'ouvrage de Kate Summerscale se situe entre le reportage, l'enquête policière et le roman. Un meurtre a lieu. Un jeune garçon de trois enfant est retrouvé assassiné sur la propriété de ses parents. Rapidement, on en vient à la conclusion que seul, une personne vivant sur les lieux, a pu tuer l'enfant. Le public est scandalisé. Un enfant est tué sauvagement par un membre de sa famille ou des personnes travaillant pour celle-ci. Donc, par quelqu'un qu'il connaissait.
C'est non seulement, un crime que l'on tente d'élucider, mais c'est une famille "respectable" qui est analysée et exposée à tous. On entre dans la sphère privée d'une bonne famille anglaise... ce qui à l'époque est difficilement concevable.
Mais plus qu'une enquête sur un crime spécifique, le livre de Summerscale se veut aussi une analyse des pratiques policières de l'époque. La façon dont les policiers mènent leurs enquêtes fut complètement bouleversée par l'arrivée des enquêteurs que l'on nomme maintenant "détectives". Le livre nous donne un portrait détaillé de la société anglaise du 19e siècle ainsi qu'un historique précis de l'évolution des enquêtes policières de l'époque ainsi que de la perception du public de celles-ci.
Le crime de Road Hill House marqua le public de l'époque et fut déterminant pour l'avenir des enquêtes et des détectives. On critiqua énormément le principal enquêteur, Jack Whicher, qui auparavent s'était démarqué par son savoir-faire et sa perspicacité. Son incapacité à faire condamner son principal suspect - faute de preuves concluantes - et le fait que le crime ne fut pas résolu par les détectives, contribua non seulement à fragiliser sa carrière, mais à remettre en question le travail des détectives.
Le principal suspect avoua finalement des années plus tard, mais les archives nous revèlent que la vérité n'était peut-être pas entièrement connue. Nous fermons donc le livre avec encore des doutes. Ce crime horrible ayant eu lieu en 1860 ne fut donc jamais tout à fait résolu.
Le livre est passionnant. Cette enquête policière historique nous tient en haleine jusqu'à la fin. On peut parfois déplorer l'abondance de détails historiques et même littéraires qui s'éloignent souvent de la résolution du crime lui-même. On perd parfois légèrement le fil de l'enquête et on aimerait à l'occasion qu'on accélère la résolution du meurtre de ce pauvre garçon. Il semble parfois un peu se perdre dans l'histoire. On parle de sa famille, de ses parents, de ses frères, soeurs, demi-frères, demi-soeurs, de sa gouvernante, des détectives qui mènent l'enquête, de l'opinion publique, des juges, de la société de l'époque, des écrivains qui se sont inspirés du crime (tels Collin, Dickens, Elliot, Conan Doyle, ...), de tout et chacun... sauf de ce pauvre petit garçon de 3 ans qui fut tué un matin du mois de juin 1860. C'est mon seul reproche.
Car l'objectif de Summerscale est clair. Elle veut non seulement nous raconter la résolution de ce crime, mais aussi nous présenter une société traditionnelle anglaise en plein changement. C'est une histoire des détectives qu'elle retrace... l'évolution des procédures policières. Et cela m'a captivé jusqu'à la dernière page.
"The Word 'clue' derives from 'clew', meaning a ball of thread or yarn. It had come to mean 'that which points the way' because of the Greek myth in which Theseus uses a ball of yarn, given to him by Ariadne, to find his way out of the Minotaur's labyrinth. The writers of the mid-nineteenth century still had this image in mind when they used the word." p.68
"He had been almost forgotten. For all the brillance with which he investigated the Road Hill murder, Whicher had been powerless to give the public the certainty that they craved or to deliver them from the evils that he saw. He was punished for his failure. From now on, the detective heroes of England would be found only in the realm of fiction." p.276
Des rideaux blancs dans le noir... voilà tout ce qu'il fut nécessaire pour me causer une terreur presque quotidienne et inoubliable. Ma deuxième peur fut plus terrible, intense et courte. Elle ne dura que quelques heures, mais je dois avouer que jamais je n'ai ressenti une peur aussi forte. Une véritable "panique" irrationnelle.
La deuxième...
J'étais une jeune adolescente d'environ 15 ans. J'étais très indépendante et relativement sûre de moi. J'allais me promener seule ou avec mes amies au centre-ville. Je sortais le soir. Je gardais des enfants depuis mes 12 ans -et soeurette depuis mes 10 ans. Je restais seule chez moi sans problème.
Mes parents avaient été invités chez des amis. Je n'avais aucune envie d'aller chez des inconnus pour la journée et la soirée. Ils partirent donc avec ma soeurette me laissant seule chez moi. Malgré quelques recommendations d'usage, mes parents n'étaient pas du tout inquiets pour moi. Ils savaient que je pouvais très bien prendre soin de moi et que j'étais très prudente. Et ce n'était pas la première fois que je restais seule.
L'après-midi passe rapidement et très agréablement. Être toute seule dans la maison n'était pas fréquent. Je me souviens avoir écouter de la musique très fort ; avoir dansé dans le corridor ; parlé au téléphone sans me faire avertir ; m'avoir fait du pop-corn en plein après-midi et avoir mangé du gâteau pour souper. Un bel après-midi de liberté adolescente !
Puis après le souper, j'ai descendu au sous-sol pour écouter la télévision. Un film qui passait à la télévision. Je crois que c'étaitStaying Alive, mais je ne suis pas certaine. En tout cas c'était un film léger. Il faisait noir dehors et il ventait très fort. La fenêtre du sous-sol donnait sur la cour arrière de la maison. Je regardais tranquillement la télévision. Un bruit dehors. Je lève les yeux vers la fenêtre. Silence. Je retourne à mon film. Un autre bruit plus fort. Je lève encore les yeux à la fenêtre. Rien. Je retourne au film mais je me sens un peu moins tranquille. Je me questionne... toutes les fenêtres sont-elles bien fermées en haut ? J'étais certaine des portes, mais pas des fenêtres.
Et puis là... un très très gros bruit se fit entendre dehors juste devant la fenêtre du sous-sol et une ombre noire derrière les rideaux... Une peur incontrôlable me prit tout d'un coup. Je suis monté en courant à toute vitesse jusqu'à la cuisine. Et là j'ai carrément paniqué ! Affolée, je ne savais pas quoi faire... (inutile de me dire, de regarder dehors, c'était hors de question... et je ne semblais pas pouvoir me rendre au téléphone qui était trop près de la fenêtre de la cuisine), j'ai couru au tiroir et j'ai pris le plus gros couteau de cuisine et je me suis enfermée dans la salle de bain. La seule pièce qui se verroullait et qui n'avait qu'une minuscule fenêtre inacessible de l'extérieur !
Et c'est couché - ou plutôt, recroquevillé sur moi-même - sur le tapis de la salle de bain avec le couteau dans les mains que j'ai passé les heures suivantes !!! Ce que je ressentais... je ne crois pas qu'on peut appeler cela de la "peur"... j'étais momifiée dans une terreur panique, complètement paralysée, à l'affût du moindre son. C'était, quand j'y ai repensé par la suite, totalement irrationnel !!! J'ai eu des peurs depuis ce soir-là, mais jamais je ne me suis sentie aussi terrorisée qu'à ce moment. Je me rappelle une sensation de froid, de calme bizarre et de blanc... Une terreur panique complète... Je sentais intérieurement que c'était ridicule mais je ne pouvais vraiment pas bouger !
Quand j'ai entendu l'auto de mes parents, je me suis levée rapidement et ouvert la porte. Tout était calme dans la maison, seul le bruit de la télévision se faisait entendre dans le sous-sol. J'ai couru ranger le couteau et je me suis pris un verre d'eau. Mes parents et ma soeur sont entrés dans la maison. Je les accueillis dans l'entrée.
"Alors, tu as passé une belle journée?" m'a demandé ma mère. "Oui, super", j'ai répondu. Ma soeur a couru au sous-sol pour s'empresser de changer le poste, en bonne soeurette insupportable qu'elle était à cette époque. J'ai descendu avec elle. La vie a repris son cours dans la maison. Des bruits dans le salon, dans la cuisine, des voix connues, des sons familiers...
Finalement, quelques heures plus tard, j'ai regardé dans la cour arrière. Sur la fenêtre du sous-sol, il y avait un grand sac de vidange noir.
Trois p'tits chats / René Boulanger. --[Montréal] : VLB Éditeurs, 2006. -- 111 p. ; 23 cm. -- ISBN 978-2-890005-938-2 Quatrième de couverture
« Une des chansons enfantines les plus connues, Trois p’tits chats,
recèle d’étranges images qui évoquent la mort et la furie guerrière.
Elle fait penser à ces dessins que les psychologues font faire aux
enfants qui vivent des traumatismes à la suite de bombardements. La
théorie de l’inconscient suggère que de grandes catastrophes de
l’histoire peuvent être perçues, revécues, intériorisées à travers les
contes et les légendes. J’ai choisi de reconstituer le récit que cette
chanson évoque. Le drame, enfoui sous la légèreté musicale, réapparaît
ici dans une action qui se situe durant la Seconde Guerre mondiale, en
juin 1940, dans une colonne de réfugiés. »
L'auteur
René Boulanger est né à Saint-Paulin (conté de Maskinongé) au Québec, en 1951. Son père est bucheron et sa mère est cuisinière sur les chantiers. Ils auront 6 enfants. En 1963, sa famille déménage à Montréal.
Durant son adolescence, il s'engagera dans dans diverses causes, dont la lutte nationale. Il aura plusieurs petits emplois qu'il perdra ou quittera rapidement. En 1980, il s'inscrit finalement à l'université (à l'UQAM) et obtient un certificat en scénarisation cinématographique puis un baccalauréat en Études littéraires. Il écrit quelques scénarios de court métrage dont deux seront filmés: "En plein coeur" et "La vieille dame". Il écrit également des textes pour la radio, pour le théâtre ainsi que de nombreux articles.
Il publie son premier roman "Rose Fenian" en 1993. Puis, "Les feux de Yamachiche" en 1997. Ses premiers romans sont des récits historiques et il se penche alors résolument sur l'histoire du Québec.
Il vit présentement à Montréal mais a également une maison en Mauricie. Il continue à écrire des romans, des articles et des scénarios.
Bibliographie partielle
Rose Fenian (1993)
Les feux de Yamachiche (1997)
Trois p'tit chats (2006)
Résumé
Nous sommes en juin 1940, à Paris. Les Nazis ont envahi la France et les gens fuient la ville pour se réfugier en campagne. Une femme et sa fille quittent également Paris et veulent rejoindre Bordeaux où les attend son époux, aviateur pour l'armée. Elles tentent d'abord de quitter par train, mais doivent bientôt rejoindre les milliers d'exilés qui marchent sur les routes de France.
À leur départ, elles amènent avec elles, des valises et trois petits chats que Sophie, la fillette, garde dans ses bras. La marche est difficile et petit à petit, elles doivent abandonner leurs possessions. Tout au long de leur chemin, elles rencontreront plusieurs personnages et devront vivre cet exil du mieux qu'elles le pourront...
Commentaires personnels
Le quatrième de couverture est explicite... et c'est mon plus grand reproche au roman ! Quelle idée d'expliquer tout de suite sa propre démarche!!! Nous aurions bien fini par comprendre... Enfin... Donc, René Boulanger, pour son roman Trois p'tits chats, a utilisé la comptine enfantine bien connue, pour raconter son histoire. Chaque chapitre commence par un des mots de la comptine. Ce mot devient donc le sujet central du chapitre... Trois p'tit chats, chapeau d'paille, paillasson, somnambule... La comptine, suite de mots en apparence sans lien logique, prend donc, petit à petit, une signification assez sombre et raconte la la fuite d'une mère et sa fille pendant la guerre. Car derrière les histoires, chansons et comptines pour enfants, on peut parfois trouver des aspects sombres et lugubres. La comptine semble légère, pourtant elle renferme des mots tristes ou étranges... "fou de rage", "courtisane" "fugitif", "typhoïde", "veuve de guerre"... Et si ces mots d'enfants cachaient une réalité sombre, qu'une mélodie joyeuse permettait d'effacer pendant quelques instants ? Quand la réalité est insoutenable, se réfugier dans l'imaginaire et l'absurde est parfois la seule issue possible.
L'auteur est québécois, mais a choisi de parler de la Seconde Guerre Mondiale, qu'il n'a pas connu - étant né au Québec au début des années 50. Mais il avoue lui-même que son récit est le récit d'une invasion... et qu'on peut l'associer à toutes les histoires d'un pays, d'un peuple, d'une région subissant l'invasion, la guerre, la violence, la perte de liberté.
Le récit suit le chemin douloureux, la triste fuite d'une mère et de sa fille. Nous suivons pas à pas, la perte de leurs illusions, de leurs possessions, de leur naïveté... autant de la petite fille que de la mère. Parfois les mots décrivent brutalement la réalité de la guerre et de cet exil, parfois ils s'échappent dans la poésie et le rêve... mais toujours ils restent attachés à la comptine. On a parfois du mal à comprendre le lien entre le mot de la comptine et la réalité de leur périple, mais toujours le lien se fait, doucement et douloureusement.
Dans leur fuite, la mère et sa fille rencontreront des compagnons, des amis, des ennemis... elles lutteront, pleureront, auront peur, ... mais jamais elles n'abandonneront : "[...] Mais ce n'est pas le plus important ! Tu sais ce que c'est ? -- Non ! Alors Brigitte fait arrÊter la voiture, se penche vers sa fille aux yeux de déesse blonde et lui caresse les cheveux. Elle lui donne un baiser sur le front puis les joues et la bouche. Elle colle sa tête sur la sienne: -- Vivre, ma chérie ! Vivre enconre et encore !" (p105).
Le texte est rempli de poésies, de souvenirs difficiles et durs ainsi que d'espoirs. Il se lit rapidement, presque aussi vite que la comptine. On a peut-être parfois l'impression de suivre un exercice de style (l'auteur doit bien sûr suivre la comptine, ce qui n'est pas toujours évident) et j'ai parfois trouvé certains passages un peu mièvres et remplis de "bons sentiments" lègèrement naïfs. Mais contrairement à certaines critiques, je n'ai pas eu l'impression de lire un texte excessivement nationaliste.
En conclusion, ce petit livre est joliment construit et se laisse lire avec plaisir !
Citations
"Elle répète à nouveau: "Maman!" Et Brigitte lui répond: "Je suis là, ma chérie!" Puis les trois petits chats viennent s'endormir dans les bras de Sophie et font une boule qui ronronne au milieu du monde hostile. Toute blanche, la boule s'enroule et la blonde Sophie s'endort sur ce paillasson qui porte ses rêves." p.15
"Sébastienne cherche son mouchoir puis essuie le sang du visage de Sophie aux yeux effarés et qui, la tête pleines de songes et de pensées inouïes, voit son avenir se dérouler devant elle. Un avenir effrayant, rempli d'angoisse. Elle songe un instant à Marcel, le jeune matelot de la péniche, à qui elle a dit: "J'ai peur." Maintenant, elle n'a plus peur. Sa peine est trop forte!" p. 98-99
À la table des seigneurs, des moines et des paysans du Moyen Âge / texte Eric Birlouez. -- [Rennes] : Editions Ouest-France, [c2009]. -- 127 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 978-2-7373-4629-3. -- (Coll. Histoire)
Quatrième de couverture
En nous invitant à découvrir la table au Moyen Âge, Éric Birlouez nous entraîn dans un univers d'une éblouissante richesse sensorielle et symbolique. A la table des seigneurs, les plats étaient parfois colorés en jaune orangé ou en rouge vif. Ils étaient généreusement assaisonnés de coûteuses épices aux subtifs arômes. Certains mets présentaient un degré de raffinement inouï, tels ces cygnes au bec et aux pattes dorés à l'or fin, servis revêtus de leurs plumes et avec les ailes déployées. Le festin médiéval était un spectacle "total", qui se déroulait selon un rituel très codifié et qu'agrémentaient musiciens et conteurs, jongleurs et acrobates.
Cet ouvrage nous parle aussi du pain et des bouillies de céréales, des humbles légumes et des modestes plats de fèves. C'est-à-dire de la nourriture des pauvres... qui constituaient les neuf dixièmes de la population ! Il évoque également l'alimentation des moines et nous rappelle que l'Église imposait, aux religieux comme aux laïcs, la stricte alternance des jours "gras" et des "maigres". Le style d'alimentation du mangeur médiéval devait impérativement être conforme à son rang social. C'est pourquoi, en nous penchant sur les tables du Moyen Âge, nous en apprenons beaucoup sur la société de l'époque, sur son organisation et ses activités économiques, sur ses normes cultuelles et sa symbolique.
L'auteur
Éric Birlouez est tout d'abord un ingénieur agronome qui s'est spécialisé en histoire de l'alimentation. Il est également sociologue et consultant. Il enseigne en Histoire de l'alimentation et sociologie des comportements alimentaires à plusieurs universités françaises et étrangères. Il a également publié des ouvrages et articles sur les sujet de l'alimentation et des aliments toujours en y soulignant les aspects historiques et sociologiques.
Bibliographie
Le lait, premier aliment de l'homme (2001) (Avec Inès Birlouez-Aragon)
La civilisation du blé : pain, amidon, froment, épi, engrain, farine (2002)
A la table des seigneurs, des moines, et des paysans du Moyen Age (2009)
Résumé et Commentaires personnels
C'est une invitation à s'asseoir à une table - ou plutôt des tables - médiévale que nous propose Eric Birlouez avec son ouvrage "À la table des seigneurs, des moines et des paysans". L'auteur qui est un spécialiste de l'histoire de l'alimentation, nous fait découvrir les habitudes alimentaires des gens du Moyen Âge. L'ouvrage pose le sujet en soulignant les différences alimentaires importantes entre les différentes couches de la société. En effet, on ne mange pas de la même façon, ni la même chose si l'on fait partie de la noblesse/bellatores(seigneurs et chevalerie), du clergé/oratores (moines et religieux) ou des paysans/laboratores (pauvres, humbles, travailleurs, etc.).
L'ouvrage traite différents sujets tous reliés évidemment au monde de l'alimentation au Moyen Age. Cette période étant très vaste (environ mille ans), il est évident que l'auteur ne peut couvrir tous les aspects reliés à la cuisine, la table, l'alimentation. Il ne peut que survoler certains de ces thèmes.
- On nous présente d'abord les trois groupes sociaux de l'époque et on distingue bien les différentes habitudes alimentaires associées à chacun. Les codes alimentaires et sociaux sont très stricts et on les suit à la lettre.
- L'auteur nous parle ensuite de différents aliments présents dans les plats médiévaux: céréales, pain, légumes, chairs, miel, vin,... La nourriture change et évolue.
- On décrit ensuite les différentes étapes des repas, particulièrement les festins et banquets. On y traite du service, du rituel du repas et surtout de l'importance des couleurs en cuisine médiévale.
- Un chapitre complet nous parle ensuite des épices, omniprésente dans les mets.
- Le mobilier, les ustensiles et les bonnes manières de table sont ensuite présentés.
- Finalement, l'auteur s'attarde sur la cuisine et les cuisiniers.
Le livre est riche en information sur les habitudes alimentaires de cette vaste époque et on découvre les origines de nombres de coutumes encore en vigueur aujourd'hui. Manger et "bien manger" est depuis toujours au centre de nos préoccupations. Et étudier comment on s'alimentait au Moyen Age nous en apprend beaucoup sur la société de l'époque.
Cette collection des Éditions Ouest-France est dédiée principalement au Moyen Âge est un excellent moyen de se familiariser avec cette époque. Les ouvrages sont agréables à lire et abondamment illustrés. Les ouvrages sont évidemment brefs et ne prétendent pas faire le tour des sujets qu'ils abordent. C'est un premier contact, une première approche. On nous propose un survol du sujet en tentant de couvrir le plus d'aspects possibles.
Comme tous les ouvrages de cette collection, ce livre est richement illustré. On nous propose quantité de gravures et enluminures pour illustrer les propos. Cependant, l'ouvrage semble légèrement "plus" illustré que d'autres livres de la collection et même peut-être un peu "trop", selon moi. Les illustrations prennent souvent toute la place dans la page et laissent peu d'espace pour les textes qui se trouvent ainsi très réduits. Il manque aussi d'explications plus détaillées des illustrations. Même si nous savons que le livre n'est qu'une introduction, un peu plus d'informations aurait été intéressant. Et quelques recettes auraient ajoutées un petit élément intéressant selon moi.
On passe rapidement sur les sujets, il y a peu de chronologies et on fait peu de nuances entre les habitudes alimentaires dans une même couche de la société. Évidemment, on s'attarde plus aux habitudes alimentaires des nobles, la documentation étant plus détaillée sur cette classe de la société.
Ceci dit, l'ouvrage est très intéressant et même passionnant. Une chose est certaine... je vais continuer mes lectures sur cet aspect peu connu de la vie au Moyen Âge.
Extraits
"Comme le haricot et les courges dont nous avons déjà parlé, d'autres légumes "américains" - et pas des moindres - sont totalement absents du répertoire alimentaire des hommes du Moyen Age: la pomme de terre, le maïs, la tomate, les poivrons et les piments, le topinambour... ne débarqueront sur l'Ancien Continent qu'au début du XVIe siècle (mais faudra attendre encore près de trois siècles pour que les Français acceptent enfin de consommer tomates et pommes de terre!)" p. 42-43
"[...] les plats chauds arrivent couverts d'un autre plat retourné afin qu'ils ne refroidissent pas trop. En effet, dans les grandes demeurent des familles nobles, la cuisine est éloignée des autres pièces d'habitation pour limiter les risques de propagation d'un éventuel incendie. Cet usage est à l'origine de l'espression "mettre le couvert"." p. 83
"Au Moyen Age, la notion de salle à manger", c'est-à-dire de pièce dédiée de manière permanente aux repas, n'existe pas. Chez les paysans et les citadins pauvres, c'est dans l'unique pièce du logement que l'on mange. Dansl es châteaux, le spalais princiers, les hôtels aristocratiques et les grandes demeures bourgeoises, on prend les repas dans la pièce que l'on juge la plus appropriée aux circonstances... [...] Ce choix est d'autant plus aisé à concrétiser qu'il n'existe pas (ou peu) de tables de repas fixes. Lorsqu'approche le moment de manger, on pose une planche sur des tétraux, matériel que l'on range à l'issu du repas. C'est de cette pratique que viennent les expressions "dresser" la table ou "mettre" la table..." p. 107
L'univers féerique / Édouard Brasey. -- [Paris] : Pygmalion, [c2008]. -- 863 p. ; 21 cm. -- ISBN 978-2-7564-0188-1
Ce volume rassemble les titres suivants, parus aux éditions Pygmalion / Gérard Watelet à Paris: C1999, Fées et Elfes; c1999, Nains et Gnomes; c1999, Sirènes et Ondines; c2000, Géants et Dragons; c2000, Sorcières et Démons.
Quatrième de couverture
Grand connaisseur du monde féerique, Édouard Brasey est parti sur les traces de créatures fascinantes, partout où on les rencontre, dans les contes et les mythes, le folklore, les chroniques locales, les recueils anciens. Ce volume nous révèle absolument tout sur ces êtres, bienfaisantes ou maléfiques, insouciants, espiègles, redoutables, parfois cruels, qui habitent le monde de nos rêves: leur histoire, leur habitat, leur habillement, leurs secrets, leurs amours et les croyances dont les hommes les entourent. Largement popularisés par la littérature fantastique, la bande dessinée et le cinéma, ils continuent pa susciter notre fascination et leurs aventures nous donnent bien souvent des leçons de vie.
Vous saurez donc tout sur les fées, les elfes, les sorcières, les démons, les loup-garous, les vampires, les succubes, les incubes, les lamies, les goules, les sirènes, les ondines, les naïades, les océanides, les nymphes, les roussalkas, les marimorgan, les vouivres, les nixes, la lorelei, les géants, les dragons, les ogres, les dracs, les tarasques, les coulobres, les nains, les gnomes, les lutins, les gobelins, etc.
L'Univers féerique nous invite à une passionnante et troublante plongée dans les mystères de l'imaginaire.
L'auteur
Édouard Brasey est né à Marseille, en France, en 1954. Il étudiera tout d'abord en politique et en droit pour finalement faire des études en sciences économiques. Il travaillera dans un cabinet d'audit américain pendant quelques temps puis se dirige vers une carrière de journaliste économique. Il écrira également comme journaliste littéraire pour le magazine Lire.
En 1984, il obtient un DEA en études cinématographiques. À cette même époque, il commence à écrire quelques essais. Il se lance également dans l'étude et la l'écriture de contes.
Il devient rapidement un spécialiste des contes, mais également du monde imaginaire des êtres féeriques qui peuplent les contes. Il continue d'écrire des essais et des contes, mais se lance également dans la rédaction de romans largement inspirés des mythes, contes, légendes, folklores de divers pays. Tous ces écrits sont toujours le fruits de nombreuses recherches et études.
Parallèlement à ses activités d'écrivain, il est également reconnu pour ses talents de conteur et conférencier. Il fut également figurant dans divers films. Il présente encore aujourd'hui de nombreux spectacles de contes, participe à des émissions de télévision, dirige une collection de contes,, de traités ésotériques, etc., présente des conférences, voyage beaucoup et continue d'écrire, particulièrement sur le monde des fées. Il vit présentement à Paris.
Bibliographie partielle (bibliographie complète sur les sites de l'auteur)
L'effet Pivot (1987)
Quand le ciel s'éclairera (1994)
Enquête sur l'existence des anges rebelles (1995)
Le Voeu d'étoile (1996)
Ça s'est passé en Haute-Provence (1997)
Rue de l'oublie ou Les ombres d'Istambul (1998)
Fées et Elfes (1999)
Nains et Gnomes (1999)
Sirènes et Ondines (1999)
Géants et Dragons (2000)
Sorcières et démons (2000)
La Lune, mystères et sortilèges (2003)
Les loups de la Pleine Lune - Carnet retrouvé dans un manoir en ruines (2005)
Édouard Brasey est un auteur prolifique. Il écrit beaucoup, sur divers sujets. Mais ses sujets principaux demeurent les thèmes ésotériques, notamment, les peuples féeriques, les mythes et légendes et les êtres surnaturels. Bien que certaines de ces oeuvres sont très vulgarisées et générales, on ne peut lui reprocher un manque de recherche. Brasey semble beaucoup se documenter sur les sujets qu'il choisit.
L'Univers féerique est en fait une réedition en un seul volume de 5 ouvrages qu'il a d'abord publié séparément: Fées et Elfes (1999), Nains et Gnomes (1999), Sirènes et Ondines (1999), Géants et Dragons (2000) et Sorcières et démons (2000). Ces ouvrages ne semblent plus disponibles séparément. Le recueil traite donc des différentes catégories d'êtres féeriques que l'on retrouve dans les contes, les légendes et les mythes. L'auteur nous présente brièvement les êtres dont il sera question dans la section, puis nous rapporte des histoires, des légendes, des anecdotes les concernant, dans un désordre total. On passe de références dans des livres anciens à des contes connus, puis on nous présente une légende régionale ou un mythe commun... On passe d'analyses de textes médiévaux à la relation de contes. On rapporte d'antiques légendes mais aussi des légendes récentes et modernes. Les êtres féeriques font parties de l'imaginaire de nos ancêtres mais aussi de notre époque moderne. Bien que la plupart des informations proviennent de la France, on nous propose aussi des histoires de l'Europe et d'autres parties du monde - mais trop peu... cela reste très français comme ouvrage.
Le livre semble parfois un peu long. Je dois avouer que j'ai parfois trouvé la relation d'histoires ou de contes, un peu longue. Certaines histoires moins intéressantes que d'autres et surtout elles n'apportaient aucune nouvelle lumière sur l'être féerique dont on traitait dans le chapitre. J'aurais aimé un peu plus d'information sur les origines de ces êtres qui peuplent nos contes et légendes, sur leurs significations, leur symbolisme...
On nous parle donc de fées, d'elfes, de sirènes, de dragons... Cependant, on doit souligner que l'ouvrage n'étudie pas en profondeur les origines des mythes ou la nature des ces êtres "imaginaires" ou non... On se penche plutôt sur les les histoires, les légendes, les contes, le folklore... Les gens semblent avoir toujours cru en des êtres féeriques et ils semblent que ces croyances ne sont pas tout à fait disparues du folklore contemporain !
Extraits
"On les appelle les Bonnes Marraines, les Dames Blanches, Noires ou Vertes, les Bienvellantes, les Bonnes et Franches Pucelles, les Fileuses de Destin, les Lavendières de Nuit. Elles font partie du pPetit peuple, que l'on nomme aussi les Bons Voisins, laPetite Noblesse, le Peuple de la Paix ou les Habitants des Collines.
Les expressions imaginées ne manquent pas pour désigner ces êtres fantastiques auxquels les Anciens évitaient de donner leur vrai nom, de peur de les fâcher." p. 11
"Faire alliance avec la fée, c'est faire alliance avec la vie, avec la magie de la vie et l'amour infini qu'elle contient. C'est croire en la providence, faire confiance en sa chance, accorder foi auc coïncidence et aux rencontres heureuses, qui se produisent toujours au bon moment. C'est croire aux forces de l'esprit qui animent la matière. p.158
La conjuration de la Sixtine: roman / Philipp Vandenberg ; traduit de l'allemand par Susi et Michel Breitman. -- [Montréal] : Libre Expression, [c1999]. -- 328 p. ; 22 cm. -- ISBN 2-89111-864-2
Titre original: Sixtinische Verschwörung
Quatrième de couverture
La restauration de l'oeuvre peinte par Michel-Ange au plafond de la chapelle Sixtine est l'occasion d'une consternante découverte. Sous la suie et les vernis apparaissent des lettres qui, au fil du nettoyage, finssent par composer un nom énigmatique. Qu'est-ce que cache cette inscription mystérieuse ? Par-delà les siècles, le génial artiste se vengerait-il de ces papes qui l'ont tant fait souffrir ? Le cardinal Jellinek est bien décidé à tirer au clair cette énigme. Quitte à risquer sa propre foi. Quitte à ébranler l'Église toute entière.
La Conjuration de la Sixtine nous entraîne dans les coulisses du Vatican où sont enfouis les secrets les mieux gardés. Dans un tourbillon oú l'on passe de l'atelier de Buonarroti, du vivant de l'artiste, à la chambre d'agonie de Jean-Paul 1er, la très secrète Prophétie de Jérémie va permettre au cardinal Jellinek de remonter le temps jusqu'aux origines du christianisme. Et jusqu'à la plus inattendue et la plus terrible des révélations...
Un suspense machiavélique qui captivera tous les esprits. En particulier ceux des amoureux de l'art, de la religion, du Moyen-âge et de la Renaissance.
L'auteur
Hans Dietrich Hartel, connu plus tard sous le nom de Philipp Vanderberg, est né à Breslau en Allemagne en 1941. Son enfance, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, fut vécut en partie chez une nourrice puis dans un orphelinat. Il obtient en 1963, son diplôme d'études secondaires à Burghausen, puis entreprit des études en histoire de l'art et en études germanique à l'Université de Munich.
Il travaillera pour différents journaux et magazine dès 1965, entre autres, le Abendzeitung, le Quick et le magazine Playboy. Il commença à écrire, principalement des essais
Bibliographie partielle
La malédiction des pharaons (1973) (Roman)
Nefertiti (1975) (Essai)
Ramsès II (1977) (Essai)
Auf den Spuren unserer Vergangenheit (1977) (Essai)
Der vergessene Pharao, Bertelsmann (1978)
(Roman)
Das Geheimnis der Orakel (1979)(Essai)
Nero. Kaiser und Gott, Künstler
und Narr (1981) (Essai)
Der Gladiator (1982)
(Roman)
Das versunkene Hellas (1984) (Essai)
Die Pharaonin (1984) (Roman)
Die Hetäre (1984) (Roman)
Cäsar und Kleopatra
(1986) (Essai)
La conjuration
de la Sixtine (1988)
(Roman)
Der Pompejaner (1986) (Roman)
Klatscht Beifall, wenn das Stück gut war (1988) (Roman)
Das Pharao-Komplott, Lübbe (1990)
(Roman)
Die heimlichen Herrscher (1991) (Essai)
Das Tal. Auf den Spuren der Pharaonen (1992) (Essai)
Le cinquième
Évangile (1993)
(Roman)
Der grüne
Skarabäus, Lübbe (1994)
(Roman)
Der Schatz des Priamos.Wie Heinrich Schliemann sein Troja erfand (1995) (Essai)
Der Fluch des
Kopernikus (1996)
(Roman)
Le magicien des
miroirs (1998)
(Roman)
Purpurschatten (1999) (Roman)
Der König von Luxor (2001) (Roman)
Der vergessene Pharao, Bastei Lübbe (2002) (Essai)
Die Akte Golgatha (2003)
(Roman)
Das vergessene Pergament (2006) (Roman)
Résumé et Commentaires personnels
L'action commence à Rome, de nos jours. Lors de la restauration de la Chapelle Sixtine au Vatican, on découvre des inscriptions mystérieuses et inconnues à ce jour, laissées selon toutes les apparences par Michel-Ange lors de la création de son chef d'oeuvre. Une enquête commence alors pour déchiffrer, tout d'abord, le message laissé par l'artiste - qui fut obligé de peindre ses tableaux contre son gré - puis pour cacher au monde la signification de ce message qui pourrait faire tomber l'Église, le Vatican et la société moderne.
On retrouve dans ce roman un mélange de religions et de sectes, de complots ésotériques et de quêtes existentielles, d'arts et de sciences. Résolument thriller moderne, le roman mélange enquête policière et roman historique. On nous promène de la chapelle Sixtine aux archives secrètes du Vatican... on nous parle d'art, de mysticisme, de politique, d'économie, de sociétés secrètes, de mafia, de Moyen Âge, de Renaissance et de science... On nous promène à travers les siècles à travers des personnages fictifs et réels.
Et donc, Michel-Ange se serait vengé de l'Église en cachant dans son oeuvre une révélation incroyable sur l'humanité... ses origines, sa raison d'être... Il s'agit maintenant de déchiffrer l'énigme laissé par l'artiste avant que d'autres ne s'emparent de ce secret gardé par le Vatican depuis des centaines d'années.
Bien documenté, bien mené, et bien écrit, le roman de Vandenberg réussit à nous tenir en haleine du début à la fin. L'intrigue est intéressante et plausible. Et surtout, la fin acceptable. J'ai lu ce roman plusieurs années avant la sortie du DaVinci Code, roman auquel il est malheureusement souvent comparé, bien que Vandenberg publia son oeuvre 15 ans avant Dan Brown. La Conjuration de la Sixtine est nettement mieux ridigée et documentée. Les personnages sont très bien décrits et on s'attache facilement à leurs aventures. Je considère personnellement ce roman comme un magnifique exempleà lire du genre thriller art-ésotérisme-religion-science...
Citations
"D'ailleurs, nul ne possédait d'autre exemplaire de la clef donnant accès à la pièce la plus secrète des archives secrètes. Ce qui ne signifiait aucunement qu'il était au courant de tout le mystère qui s'y trouvait renfermé ni des raisons de l'impèrieux silence qui règnait à son propos." p. 37
"Sur ce thème du salut éternel, il aurait eu beaucoup a dire mais son bon sens l'obligeait au silence. D'autant que ce qu'il aurait eu à dire, il l'avait confié à ses fresques de la Sixtine. Que celui qui a des yeux voie." p 48
" -- Il m'arrive parfois de douter, dit-il après une petite hésitation, que Socrate ait eu raison d'assurer que le meilleur bien pour un homme était la connaissance et le pire des maux l'ignorance. À l'évidence, la connaissance a déjà causé bien des malheurs en ce monde." p. 104